Mes chers Frères et Sœurs, quelques derniers maçons, mais ils ne sont pas très nombreux, professent une idéologie très étrange. Ils la nomment la bienveillance. Il s’agit, selon eux, de veiller au bien de leurs frères et sœurs, car plus ils iront bien, plus le bonheur se diffusera sur terre. Cela commence bien entendu par respecter quelques règles élémentaires :
- Pas de critiques gratuites
- Pas de nuisances
- Pratiquer la solidarité
- Être présent par l’écoute et la douceur
- …

Ces quelques points de départ permettraient, paraît-il, de poser les bases d’un vivre-ensemble en fraternité plus harmonieux.
On se demande vraiment pourquoi il est utile de formuler ces règles. Tout cela devrait aller de soi, non ? On est en Loge, pas dans une cour de récréation. On est censés être des adultes éclairés, pas des enfants qui ont besoin qu’on leur rappelle de ne pas tirer les nattes de la voisine.
Pourtant, il faut croire que pour certains maçons, cela va sans dire… mais mieux encore en le disant. Et quand je dis « certains maçons », je pense à quelques noms bien précis. Mais comme je commence officiellement ma cure de bienveillance depuis ce matin à 6 h 47 (heure à laquelle j’ai décidé de ne pas répondre à un certain mail), je vais les garder pour moi.
Je vous assure que c’est comme arrêter de fumer : c’est pas facile. On a des envies soudaines de balancer une petite vérité bien sentie, de lâcher un sarcasme bien affûté, ou simplement de rappeler à untel qu’il n’est pas le centre du monde. Mais non. On respire. On sourit. On pratique la bienveillance. C’est dur. C’est même douloureux.
Je vous tiendrai au courant la semaine prochaine de l’avancée de ma cure. Pour l’instant, tout va bien. Je n’ai encore mordu personne. Bonne semaine à toutes et tous et surtout… essayez d’être bienveillants.
Ou au moins, faites semblant. C’est déjà ça.
Le Vénérable Maître
(qui fait de son mieux, promis)
