Réunie en Convent à Bagnolet le week-end dernier, la Grande Loge Féminine de France a largement renouvelé sa confiance à Liliane Mirville, réélue Grande Maîtresse par 324 voix sur 337 votantes. Un résultat massif, qui confirme la stabilité de la première obédience maçonnique féminine du monde, tout en ouvrant de nouvelles perspectives, notamment avec la création d’une juridiction égyptienne, la naissance annoncée d’une obédience féminine traditionnelle au Gabon et le projet d’un musée virtuel destiné à valoriser un patrimoine d’environ 1000 pièces.

Le verdict des urnes est d’une clarté rare
Lors du Convent de la Grande Loge Féminine de France, réuni à Bagnolet, Liliane Mirville a été réélue Grande Maîtresse avec 324 voix sur 337 votantes. Plus de 96 % des suffrages lui accordent ainsi un mandat particulièrement fort pour cette troisième et dernière année à la tête de l’obédience.
Cette réélection ne constitue pas seulement une confirmation personnelle
Elle marque aussi la volonté des loges de poursuivre un chemin déjà engagé, dans un moment où la franc-maçonnerie féminine demeure appelée à conjuguer fidélité initiatique, transmission, visibilité publique et rayonnement international.
Première obédience maçonnique féminine du monde, la Grande Loge Féminine de France occupe une place singulière dans le paysage maçonnique français et international.

Elle incarne depuis plusieurs décennies une voie exigeante, où l’initiation des femmes n’est ni une variante ni une marge, mais une puissance propre, autonome, structurée, pleinement inscrite dans l’histoire contemporaine de l’Ordre.
L’année 2025 avait déjà rappelé cette profondeur historique, avec la célébration des 80 ans de l’indépendance des loges féminines
L’année 2026 prolonge cette dynamique par un vote de confiance très net, mais aussi par plusieurs décisions importantes qui témoignent de la vitalité de l’obédience.
Le Convent a ainsi voté à l’unanimité la création de la Grande Loge Féminine Traditionnelle du Gabon, issue des six loges de la GLFF implantées dans ce pays. Cette décision souligne le rôle majeur de la GLFF dans la construction d’une franc-maçonnerie féminine internationale, enracinée dans les territoires, mais reliée par une même exigence de transmission, de liberté de conscience et de fraternité.
Autre décision notable, la création de la juridiction des grades post-maîtrise

Celle du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm. Ce rite, déjà présent au sein de la GLFF à travers neuf loges symboliques, dispose désormais de sa propre organisation de hauts grades. Marie-Françoise Blanchet, ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, en devient la Grande Matriarche.
La GLFF compte désormais quatre juridictions de hauts grades
Le Suprême Conseil Féminin de France pour le Rite Écossais Ancien et Accepté, le Grand Chapitre Féminin du Rite Français, le Grand Prieuré Féminin pour le Rite Écossais Rectifié, et désormais cette nouvelle juridiction d’inspiration égyptienne. Cette pluralité rituelle confirme que l’obédience n’est pas seulement un corps administratif, mais un véritable espace initiatique, où plusieurs chemins symboliques permettent aux sœurs de poursuivre leur travail intérieur selon des sensibilités différentes.
Le parcours de Liliane Mirville éclaire aussi cette diversité

Initiée en 1998 au sein de la Respectable Loge Thébah n°5, à l’Orient de Paris, au Rite Écossais Ancien et Accepté, elle est également fondatrice de la Respectable Loge Sothis n°506, à l’Orient de Paris, travaillant au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm. Ancienne Grande Trésorière de la GLFF, conseillère fédérale, elle a occupé plusieurs responsabilités importantes avant son accession à la Grande Maîtrise en 2024, où elle avait succédé à Catherine Lyautey.
Cette réélection intervient également alors que la GLFF entend mieux valoriser son patrimoine
L’obédience possède environ 1000 pièces, témoignages matériels d’une histoire féminine, initiatique, rituelle et symbolique encore trop peu connue du grand public. En l’absence de locaux permettant aujourd’hui de présenter pleinement cette collection, une visite virtuelle du musée devrait être organisée sur le site de l’obédience. Ce projet constitue un enjeu important. Il ne s’agit pas seulement d’exposer des objets, mais de rendre visible une mémoire, de donner à voir ce que des générations de sœurs ont reçu, transmis, conservé et enrichi.

Dans une époque où l’image circule vite et où la mémoire se disperse parfois plus rapidement qu’elle ne se transmet, cette perspective de musée virtuel prend une valeur particulière. Elle permettrait à la GLFF de rendre accessible une part de son patrimoine, tout en affirmant que la franc-maçonnerie féminine possède elle aussi ses archives, ses symboles, ses traces, ses outils, ses récits et ses lumières.
Par ce vote massif, les déléguées ont donc choisi la continuité, mais une continuité vivante Elles ont confirmé une Grande Maîtresse, mais aussi une orientation. Elles ont donné force à une obédience qui poursuit son œuvre entre fidélité à la tradition et attention aux mutations du monde.
Avec 324 suffrages sur 337 votantes, Liliane Mirville reçoit bien davantage qu’une reconduction. Elle reçoit un mandat de confiance, dans une obédience qui, forte de ses rites, de ses juridictions, de son rayonnement international et bientôt de son musée virtuel, continue de faire entendre une voix singulière dans le concert maçonnique. Une voix de femmes, de transmission et de lumière.
Le communiqué de presse de la Grande Loge Féminine de France



