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Bande d’arriérés !

Il y a quelques temps, lors de l’écriture de mon premier ouvrage, l’Ethique en Franc-maçonnerie (disponible sur le site des éditions Numérilivre ou chez votre libraire), j’avais fustigé la virilité imbécile et la phallocratie institutionnelle (relisez les pages 92 et suivantes). En m’inspirant des travaux du docteur Christophe Dejours, j’en concluais que les stéréotypes virils de la réussite constituaient une nouvelle banalité du mal : glorification de la violence des vrais hommes, mépris des personnes les plus vulnérables et dénigrement du soin, juste bon pour les gonzesses. Que peut-on alors penser d’un régime politique qui consacre le droit à porter des armes à feu pour n’importe quel clampin et qui revient sur une avancée majeure du droit des femmes, à savoir l’interruption volontaire de grossesse ?

Lorsque la nouvelle est tombée, j’ai cru à une mauvaise blague. Mais non. La Cour Suprême des Etats-Unis a annulé l’arrêt Roe-Wade autorisant l’interruption volontaire de grossesse.

Il faut savoir que contrairement au droit européen dans lequel tout est écrit et codifié, le droit américain est avant tout prétoriel : il existe des règles communes, comme la liberté d’expression et le droit à porter des armes, mais tout le reste est soumis à l’autorisation d’un juge. Ainsi, durant la ségrégation (en 1969), il a fallu la décision d’un juge pour que la mathématicienne Mary Jackson puisse suivre la formation d’ingénieur (normalement réservée aux blancs) nécessaire à son poste à la NASA.
Le droit américain est donc écrit dans les prétoires. Il est malheureux qu’il s’exprime à coup de pétoires…

La Cour suprême a donc décidé d’adopter le point de vue de fondamentalistes religieux (généralement « mâles blancs dominants »), de type WASP, comme leur ancien président, celui qui privilégiait les « faits alternatifs » à la réalité.
C’est très choquant de notre point de vue d’européen, mais au final, cela s’explique. Selon Noam Chomsky, les américains sont un peuple d’arriérés. Il estime que 30 % de la population croit encore au miracle et que le monde a été façonné par une divinité en 7 jours (cf. le résumé de ses conférences et entretiens ici). Dans ces conditions, on peut plutôt se demander comment le droit à l’interruption volontaire de grossesse a pu être ajouté dans le droit et comment il a tenu aussi longtemps…

De la même manière, après une énième tuerie dans une école (massacre d’Uvalde au Texas il y a quelques semaines), l’État de New-York a lancé des restrictions au port d’armes automatiques, sans grand espoir de succès. La preuve, la Cour suprême a consacré le droit à porter une arme à feu, en même temps qu’elle a annulé le droit à l’IVG. On appréciera le symbole : les mêmes qui interdisent aux femmes de disposer de leurs corps au nom d’une idéologie pro-vie, autorisent les hommes (et les femmes aussi) à porter et utiliser des armes semi-automatiques… Vous la sentez, la cohérence, là ? A se demander si ces braves gens n’ont pas un léger problème avec la maternité d’un côté et leur propre virilité de l’autre !

Ainsi, pas besoin de développer plus : l’autoproclamée plus grande démocratie du monde, qui s’imagine fondée à porter ses valeurs dans le monde entier n’est qu’un pays d’arriérés. Notons que ce sont les élites de ce même pays qui se permet d’expliquer aux représentants de l’État français que la Sécurité Sociale, les assurances sociales, bref, toutes les déclinaisons du solidarisme ne sont pas rentables et qu’il faut tout privatiser (cf. la Lettre au futur locataire de l’Elysée par l’équipe de Charlie Hebdo). En effet, il est tellement mieux, tellement plus éthique de faire payer les soins directement par les patients, comme la banale somme de 30 000 Euros pour un accouchement qui se passe bien… Ou de présenter la facture aux survivants d’un massacre de masse du fait d’un tireur isolé.

Et en Europe, sommes-nous protégés contre cette grave régression du droit des femmes ? A en juger par les récents événements en Pologne, clairement, non. Nous ne sommes pas à l’abri d’un recul drastique du droit des femmes au nom d’une idéologie prétendument pro-vie, qui est en fait le retour du religieux dans la sphère politique. On peut aussi s’interroger sur les conséquences des actions des militants prétendument pro-vie : je rappelle qu’une femme est morte en Pologne après qu’on lui a refusé une interruption médicale de grossesse (la poche des eaux s’étant déchirée très prématurément, condamnant le fœtus et la mère). Cette femme avait trois enfants, désormais orphelins. Bravo les pro-vie. A se demander quelle vie ils prétendent défendre.

Ce qu’avaient compris le Frère Pierre Simon, Lucien Neuwirth et ceux qui les ont suivis, c’est qu’une femme qui veut avorter le fera. Alors autant leur donner la possibilité de le faire en protégeant leur vie à elles. Tel est l’esprit des lois Veil et Neuwirth. On ne peut pas, on ne doit pas, à moins d’être une belle ordure, laisser une femme mettre sa vie en danger. C’est avant tout à cela que servent les centres de planning familial : permettre une interruption volontaire de grossesse dans les meilleures conditions possibles, et les protéger des conséquences d’accidents de la vie sexuelle, comme une infection sexuellement transmissible, et accessoirement, donner aux jeunes un complément salutaire d’éducation sexuelle, ce que l’Education nationale ne semble plus en mesure de faire, faute d’enseignants d’un côté, faute d’arguments à opposer à la pudibonderie religieuse des familles d’élèves de l’autre. Vouloir remettre leur existence en cause est criminel.

N’en déplaise à Michel Sardou, il est temps de mettre une distance salutaire avec les Ricains, ce peuple d’arriérés en proie aux délires de sectes diverses et désormais incapable de se donner une réelle éthique publique. Et plus proche de nous, il me semble plus que nécessaire de rappeler que les convictions religieuses relèvent de l’intime et ne doivent pas être utilisées comme argument dans le débat politique (on peut se référer à mon ouvrage Ethique et athéisme pour nourrir sa réflexion). Les lobbies religieux font trop de dégâts pour être considérés comme inoffensifs. Leur action doit cesser, ce qui requiert un certain courage, vertu manquant à nos politiques. L’avenir est de plus en plus sombre.

La Grande Loge Féminine de France a émis un communiqué pour marquer son indignation, de même que la Fédération de Droit Humain. Des forces obscurantistes sont à l’œuvre pour faire régresser le droit et la liberté, plus que jamais, restons vigilants.

Le Compas et l’Équerre, une histoire d’union

Les personnages de l’union, le Compas et l’Équerre

Le Compas 

Une légende raconte qu’à la suite du meurtre de Talos par son oncle Dédale (jaloux de sa découverte de la scie et du compas),  « le compas se sauva sur ses jambes pointues », et tombe amoureux de la règle, d’origine céleste car « née des baisers du Soleil et de l’Ombre ». Pour la séduire car elle commence par le repousser, il lui tient ces propos : « toutefois nos amours produiront des enfants qui vaincront le trépas. De nous deux sortira la belle architecture et mille nobles arts pour polir la nature…. Le compas aussitôt sur un pied se dressa, et de l’autre, en tournant, un grand cercle traça. La règle en fut ravie, et soudain vint se mettre dans le milieu du cercle, et fit le diamètre. » Variétés historiques et littéraires, recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers, Tome VII  Les amours du Compas et de la Règle, et ceux du Soleil et de l’Ombre, p.293, 1637

Le Compas «conduit et mesure les choses». Il permet en effet de matérialiser les segments que l’on veut reporter ou multiplier, sans pour autant passer par la mesure abstraite des nombres. Si tu ne peux le calculer, montre le.

Le mot compas vient du verbe latin « compassare » qui veut dire : mesurer avec le pas. Cet instrument sert à prendre une mesure pour la reporter à l’identique, traçant ainsi un cercle dont l’ensemble des points se situent à égale distance d’un point appelé centre. Ainsi, le compas délimite le monde mais, aussi, définit ce qu’il contient. C’est ainsi que Dante, dans Le Paradis  (XIX, 40-42), désigne le dieu créateur comme : «celui qui de son compas marqua les limites du monde et régla au-dedans tout ce qui se voit et tout ce qui est caché». Le compas est donc symbole de création du monde. Il combine le cercle qui est la figure de l’Infini, avec le point qui représente le début de toute manifestation. En latin, «centrum» est la branche fixe du compas autour de laquelle l’autre pivote. L’éternel et le contingent, l’Origine et l’actuel cohabitent donc dans le symbole du Compas.

Si le cercle est, dès la plus haute antiquité, associé à la création et/ou à un dieu créateur, le compas en Occident, et dès le Moyen Âge, se substitue au cercle : il est l’outil par excellence du créateur.

L’utilisation du compas implique une rotation, donc un mouvement, c’est pourquoi il est perçu comme l’activité dynamique de la pensée et de l’esprit ; la pointe du compas étant la décision, ce qu’il permet de tracer étant la réalisation. Il matérialise également ces vertus fondées sur la mesure que sont la prudence, la justice, la tempérance et la sagesse.

Le compas est au ciel ce que l’équerre est à la terre. En effet chacun de ces deux outils est muni de deux branches, celles du compas sont mobiles concrétisant l’universalité du macrocosme, ainsi capables d’exprimer l’ouverture d’esprit, alors que celles de l’équerre, fixes, sont là pour appeler à la rectitude. «Le compas, instrument majeur de la géométrie et de l’astronomie, permet de cerner les rapports entre macrocosme et microcosme et devient ainsi l’un des outils de l’adepte dans sa quête de la pierre philosophale» (Michael Maier, Atalanta fugiens, 1618).

Symbole maçonnique qui, croisé avec l’équerre, représente la Maçonnerie en général, le compas délimite le champ d’action de l’homme.

Sur le frontispice des Constitutions dites d’Anderson, on peut voir le duc de Montagu, Grand Maître descendant de charge (en 1722), qui transmet au nouveau Grand Maître, le duc de Wharton, lesdites Constitutions avec un compas. Sa présence met en relief l’importance des sciences, de la géométrie en particulier, pour la maçonnerie spéculative à ses origines. Le compas serait le cosmos, l’équerre la science et la raison qui permettent de l’approcher et de le comprendre.

Dans la Confession d’un maçon (1727) le compas est lié au serment de l’initié qui le tient alors piqué sur sa poitrine ouvert à 90° (qui est la mesure de l’équerre). Dans le Régime Rectifié le Vénérable Maître dit à l’initié : «prenez ce compas ouvert en équerre et posez en la pointe avec la main gauche sur votre cœur à découvert… le compas sur le cœur est l’emblème de la vigilance avec laquelle vous devez réprimer vos passions et réguler vos désirs.»

Lié au serment de l’initié, alors  ouvert, piqué sur sa poitrine, servant de mise en mémoire par un affect d’un contenu signifiant l’ouverture de conscience. Le Rituel de Swedenborg de 1870 explique : «Ainsi, vous êtes reçu à l’occident avec les pointes d’un compas non ouvert appuyé sur le côté ouest de votre poitrine gauche. La raison morale de cette empreinte sur votre poitrine est de vous enseigner comment ressentir une première impression et comment en produire une en présence de n’importe quel individu.» Le symbolisme moral du compas est aussi exprimé par  Bernard Palissy, dans son ouvrage Dessein du jardin délectable : « Le Compas disait : II m’appartient l’honneur [d’être premier des outils] car c’est moy qui conduis et mesure toutes choses ; aussi quand on veut réprouver un homme de sa despense superflue, on l’admoneste de vivre par compas.» (Référence).

Le Compas symbolise ainsi les limites que le Maçon doit s’imposer à lui-même dans ses désirs et dans sa conduite.

Le Compas, après avoir été dominé par la matière, devient au cours du chemin initiatique  dominant à son tour ; il a les pointes découvertes et n’est plus protégé. Selon une tradition du compagnonnage, attestée depuis Perdiguier, le compagnon est celui qui sait manier le compas, qui a donc dépassé le stade de l’équerre et acquis la maîtrise du trait. Le mouvement de l’équerre au compas est en fait la traduction du passage symbolico-cosmique de la terre au ciel ou, dit de manière plus maçonnique par le système Émulation, d’une surface horizontale à une vivante perpendiculaire. Notons également que l’Équerre, instrument du Maître de la loge, suggère l’espace, la rationalité et l’immanence, tandis que le Compas, outil du Grand Architecte, évoque le temps, la spiritualité et la transcendance.

Placé sur l’autel du travail, le Compas, parce que de métal, focalise les énergies de la loge vers le Vénérable qui les reçoit et les renvoie chargées de son énergie de sagesse.

Dans la Franc-maçonnerie universelle dite  régulière, au premier degré le Compas est toujours associé à l’Équerre et à la Bible ouverte (volume de la Loi Sacrée), formant ensemble les « trois grandes lumières de la Franc-maçonnerie » et dont la présence sur l’autel ou sur le plateau d’orient est une condition expresse de la régularité des loges (un landmark).

Au deuxième degré le Compas marque symboliquement, et tout particulièrement, l’élargissement des cercles de pensée exprimant un franchissement progressif dans les degrés de la connaissance (dans certaines loges il est ouvert à 30° au premier grade, à 45° au deuxième, à 90° au troisième). L’approche ordinale des tracés des figures inscrites dans le cercle, par le compagnon franc-maçon, est une méthode visant à ce franchissement.

Les artistes disposent d’un compas spécial, instrument composé de deux branches fixées entre elles vers le milieu, chacune possédant une pointe à chacune des quatre extrémités. L’astuce est que les deux branches sont fixées de manière à ce que le point de fixage se trouve sur les points de proportion d’or des branches. Ainsi, par une simple utilisation du théorème de Thalès, si on écarte deux des pointes sur un segment, les deux autres pointes correspondront au segment considéré, multiplié ou divisé par le nombre d’or.

On  trouve cet outil au 12ème degré de Grand Maître Architecte du REAA.

Le Rav Yehia dévoile avec humour la connaissance de soi avec un compas : L’homme ressemble à un cercle :

Les amateurs de compas s’appellent des circinusophiles.

L’Équerre 

L’origine étymologique du mot vient du bas-latin exquadrare, dessiner des angles droits, rendre carré, équarrir (rendre quarré). En latin classique, l’équerre se disait norma, d’où le mot français norme. Outil d’origine compagnonnique, l’Équerre, croisée avec le Compas, forme le plus connu des symboles maçonniques.

Il s’agit d’une pièce, à l’origine uniquement en bois, qui sert à tracer des angles droits ou élever des perpendiculaires. Les traces de cet outil et de sa valeur symbolique peuvent être retrouvées dans la plus haute Antiquité : sur les monuments chaldéens (4500 av J.C.), dans les plus anciens livres sacrés de la Chine, sur les portes des temples en Inde centrale.

Les équerres romanes et du premier art gothique, se présentent comme de fausses équerres, c’est-à-dire qu’il leur manque le côté de l’hypoténuse, ce qui est parfaitement classique, mais les plus anciennes d’entre elles possèdent une particularité remarquable : leurs bras sont de largeurs inégales, et, fait plus étrange encore, les bords n ‘en sont pas parallèles deux à deux, ils convergent et divergent, créant un angle droit interne, situé sur un axe différent de l’externe : ainsi sous l’apparence d’un seul instrument fixe, il y a deux équerres. 1) Équerres à branches de largeur différente et à bords parallèles deux à deux : Ce sont les plus anciens instruments. Ex : Équerre de la construction de la Tour de Babel, dans le Manuscrit Hortus delicorum d’Herrade de Lamberg (1175-1185), Équerre du cloître de la cathédrale de Gerone. 2ème moitié du Xlle siècle. 2) Équerres à bords divergents 2 à 2 : Ce sont les plus intéressantes car les plus inattendues par leurs formes. Elles s’étendent de la fin du Xlle au premier quart du XlVe siècle. Ex : Carnets de Villard de Honnecourt, 1220-1235, B.N., Tombe de Hue Libergier – Reims (après 1263). (cf. Alain Sené. Un instrument de précision au service des artistes du moyen âge : l’équerre. In: Cahiers de civilisation médiévale, 13e année (n°52), Octobre-décembre 1970. pp. 349-358).

L’équerre est devenue l’outil de tout métier de construction. Marquant l’angle droit, l’équerre opérative est un outil de vérification de la taille cubique de la pierre, elle symbolise la perfection fondamentale du carré pour les bâtisseurs. «l’Escarre dit : c’est à moy à qui l’honneur appartient, car, pour un besoin, on trouvera deux reigles en moy ; aussi c’est moi qui conduis les pierres angulaires et principales du coin, sans lesquelles nul bâtiment ne pourroit tenir.» (Bernard Palissy, Dessein du jardin délectable, p.92)

L’équerre ne sert pas pour les tracés qui ne se font qu’avec règle et compas.

Il existe de nombreuses formes d’équerre professionnelle : équerre à épaulement ; équerre d’ajusteur ; équerre à chapeau ; équerre optique équipée de prismes ; double équerre ou té ; équerre graduée ; équerre de charpente dite équerre alsacienne ; fausse équerre  ou sauterelle ; équerre à double onglet qui: permet d’obtenir directement les angles ou équerre à pans ; équerre à  pinule et à prisme, équerre d’arpenteur. (référence)

Dans la Franc-maçonnerie spéculative, le symbole de l’Équerre est attesté dès 1725.

Portée en bijou mobile, en particulier par le Vénérable Maître gardien de la tradition, elle symbolise  le droit, la rectitude de la raison. L’Équerre est considérée comme étant l’emblème de la perfection des travaux d’une loge dont le Vénérable Maître doit diriger toutes les orientations. Elle indique au maçon que s’il remplit avec exactitude tous ses devoirs, il pourra espérer parvenir à la vraie lumière.

Au niveau de la gestuelle, on trouve dans de nombreuses gestuelles la mise à l’équerre. Le signe, après la mise à l’ordre, rappelle au frère ou à la sœur l’obligation de respecter son serment lors de son initiation, il invite à la droiture. Par ailleurs, mettant les pieds en équerre, un frère (ou une sœur) doit toujours avoir en vue l’équité, la justice, la fidélité et l’irréprochabilité dans ses mœurs. Se mettre à l’ordre est l’incarnation même de l’équerre. En effet le maçon se tient droit, il est en équerre par rapport au sol, ses pieds sont en équerre et son pouce forme une équerre par rapport aux autres doigts de la main. L’équerre apparaît dans les signes d’ordre qui doivent tracer l’horizontale puis la verticale, marquant ainsi l’union des complémentaires. Elle représente l’action de l’homme sur la matière comme sur lui-même ; elle est reconnue comme symbole de bonnes mœurs.

Le maniement de l’équerre permet d’approfondir les concepts de droiture, d’équité et d’équilibre. L’utilisation mentale de l’équerre permet de donner aux mots leur sens propre afin qu’ils expriment des idées précises suivant des raisonnements droits. Grâce à l’équerre, le travail des maçons, pierre qu’il est, pourra lui faire bénéficier d’une juxtaposition parfaite sans laquelle la construction du temple serait impossible pour un vivre ensemble harmonieux.

L’équerre, moyen d’établir des figures géométriques d’une parfaite rectitude, est une indication pour  la vie de l’adepte ; il se doit d’être d’une droiture sans faille. S’il n’a pas pour ses propres actions cette implacable exigence, il n’obtiendra rien de durable au point de vue moral et moins encore au point de vue initiatique.

Le niveau est constitué par une équerre au sommet de laquelle est suspendu un fil à plomb. Pour cette raison, l’équerre est souvent choisie comme symbole de l’équité. L’équerre qui concilie le symbolisme du niveau du premier surveillant (horizontale = égalité) et celui de la perpendiculaire du deuxième (second) surveillant (verticale = hiérarchie) est donc en maçonnerie l’instrument primordial car elle dirige le dégrossissement de la pierre brute. Autrement dit, elle dirige la formation de l’individu en vue de l’exact accomplissement de sa fonction humanitaire et sociale.

Sur la poitrine du Vénérable Maître la branche la plus longue de l’équerre pythagoricienne se trouve du côté droit ; ceci marque la prépondérance de l’actif (côté droit) sur le passif (côté gauche). L’hypoténuse n’est pas matériellement représentée parce que, du fait de la mort de l’Architecte, le Temple n’est pas et ne sera jamais terminé. Une autre équerre d’origine égyptienne, construite sur le nombre d’or dans les proportions de la grande pyramide, serait un bijou plus authentique pour le vénérable.

C’est parce que son rôle est de former de parfaits maçons que le Vénérable Maître porte l’équerre, outil indispensable pour transformer la pierre brute en pierre cubique.

L’équerre forme avec le compas et le volume de la Loi Sacrée les trois grandes lumières de la Franc-maçonnerie dite régulière.

Remarquons que l’équerre peut symboliser le fanatisme. Le compagnon qui attaque Hiram avec l’équerre est un sectaire, il détient l’outil qui permet de vérifier l’équerrage de la pierre taillée et l’applique à tous oubliant sans doute de se l’appliquer à lui-même.

Les relations d’union de l’Équerre et du Compas

La réunion des formes des outils équerre et compas tracent le carré dans le cercle, la matière entourée du spirituel. Les retrouvailles du corps et de l’esprit peuvent s’appuyer sur la quête de la quadrature du cercle.

Dans la mythologie chinoise, il y a deux personnages Nüwa et son frère Fúxī, «leur queue de serpent formant la partie inférieure de leur corps s’enroulant l’une autour de l’autre. Ils se font face ou se tournent le dos, tenant en main l’équerre (Fuxi) et le compas (Nuwa) qui pourraient symboliser la création du monde.» Les instruments peuvent être remplacés par la lune et le soleil, symboles du Yin et du Yang :

Le Ms Dumfries N° 4 (1700) stipulait que la Maçonnerie était «un travail d’Équerre». Mais n’omettons pas non plus l’importance du Compas qui fut assimilé au Maître de la Loge dans la Maçonnerie anglaise : « Le Compas appartient au Maître » indique le Prichard de 1730. Sur les vieux tracés de loge on peut trouver soit l’équerre seule à l’orient, soit le compas à l’orient et l’équerre à l’occident. Ainsi, sur certains Tableaux de Loge (comme sur celui de Pérau 1745) l’Équerre est représentée seule sans les luminaires. Pas de présence de compas. Le compas fera son apparition ultérieurement. Comme l’Équerre est représentée originellement à l’Orient, en opposition, le Compas sera représenté à l’Occident. D’abord séparés, en les rassemblant on obtient la configuration contemporaine.

Pour Michel Koenig, Newton a voulu «qu’au symbole du Grand Architecte cosmique, symbolisé par le compas, réponde en miroir la figure humaine du petit architecte maniant l’équerre, symbolique de la construction matérielle». Leur alliance se retrouve dans l’entrecroisement de leurs branches, ce qui donne son identité, depuis près de trois siècles, à la Franc-maçonnerie symbolique.

Les deux éléments principaux de la géométrie sacrée, le cercle et le carré, dans leur action de se subdiviser, donnent naissance aux trois racines sacrées. Les racines sont considérées comme des  puissances génératives ou des puissances dynamiques à travers lesquelles des formes apparaissent et changent en d’autres formes.

Dans les rites les plus courants, sauf au RER traditionnel, parfois ouvert à 90°, au grade de maître, le compas est placé sur l’équerre. En se libérant de l’équerre, le compas fait passer le franc-maçon de la matière à l’esprit tout en exprimant l’équilibre entre la matière et l’esprit.

Si la Grande Loge des Anciens a représenté les outils du métier dispersés sur le frontispice d’Ahiman Rezon, le Three Distincts Knocks de 1760 rassemble l’équerre et le compas sur la Bible.

La variation de position de l’équerre par rapport au compas, au fil des degrés, est spécifique des formes maçonniques dites anciennes.

L’équerre est souvent en bois et rappelle les forces telluriques. Le compas est en métal et rappelle les forces électriques. En général sur les tapis de loge, les pointes du compas sont dirigées vers l’occident, celles de l’équerre vers l’orient. Mais là aussi, on trouve des variantes. Au Rite émulation, contrairement au rite REAA, l’autel des serments étant placé sur le bureau du vénérable et dirigé vers le lui, équerre et compas sont positionnés vers le regard du Maître de Loge.

L’équerre indique le carré, le compas indique le cercle. De leurs positions respectives, découlent des enseignements sur les relations de prégnance entre le matériel et le spirituel propre à chaque grade. «L’Homme est sa propre règle, il s’identifie à l’équerre.C’est pourquoi les 3 modes d’enlacement de l’équerre (image de l’Homme) et du compas (symbole du Grand Architecte) expriment la triple étape de l’identification du premier au second» (Robert Ambelain, Symbolique maçonnique des outils, Scala Philosophorum).

L’équerre, c’est la terre, le monde matérialisé, ce qui correspond à tout ce qui va et doit disparaître.  Le compas, pour les rites déistes, représente la divinité ou le GADLU, le principe créateur universel (si clairement illustré par William Blake avec la représentation gnostique d’Urizen, l’Ancien des jours mesurant et repoussant l’obscurité), tout ce qui échappe à l’homme comme le ciel qui est imposé à l’homme. L’entrelacement de ces outils au grade de compagnon, icône du degré recouvrant des valeurs humanistes et universelles, montre, cependant, l’insuffisance de sa perfection à celui qui n’a pas encore réalisé en lui l’Homme universel, but de son travail. Le compagnon doit accomplir la pierre cubique à pointe et devenir, par cela même, un compagnon fini, un maître. D’un point de vue géométrique, l’entrecroisement met l’accent sur le fait que ce sont les intersections des lignes tracées par l’usage alterné de ces deux instruments qui produisent le tracé servant de base à toute œuvre. Le compas ferait alors référence à l’unité qui contient tous les possibles et l’équerre à la réalité déterministe et duale que nous produisons.

Au Rite Français Traditionnel dit de Roettiers de Montaleau, le compas n’est pas avec l’équerre : le compas est ouvert à 90° sur le plateau du Vénérable et l’équerre est sur le coussin bleu au pied de la chaire où s’agenouillent les impétrants.

Aux rites égyptiens, la règle est toujours associée, dans différentes positions, aux deux autres outils ; ce sont les «vivants symboles» [joyaux de la Loge] comme dit dans le contenu du serment que doit prêter l’apprenti entrant. «Et en cela, que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide et les vivants symboles que je touche de ma main.»

Rite Émulation. Quand vous avez été reçu apprenti les deux pointes étaient cachées. Dans le deuxième grade, l’une était découverte. Dans celui-ci les deux sont exposées pour signifier que, dorénavant, vous êtes libre de travailler avec les deux pointes afin de compléter le cercle de vos devoirs de maçon.

Dans les catéchismes maçonniques antérieurs (Rituels du Mot de maçon), le compas symbolisait YHVH (Éternel) qui était apparu à Jacob au sommet de l’échelle céleste (Genèse 28,13), échelle céleste à laquelle Jésus de Nazareth avait précisément comparé, par avance, la croix sur laquelle il mourrait (Jn 1,51 et Genèse 28,11-13) ; et l’équerre symbolisait cette croix.

Oswald Wirth en parlant de son frère Albert Lantoine : «L’instrument de vérité, qui trace des cercles et mesure avec minutie, le maintient dans le domaine du strict positif et lui interdit de sacrifier au rêve des légendes. L’équerre lui prescrit, d’autre part, l’équité la plus rigoureuse : aucune partialité, ni complaisance pour les amis, ni prévention à l’égard des adversaires » (Lettre au souverain pontife / Albert Lantoine ; préface par Oswald Wirth).

Entre Équerre et Compas, c’est là où se retrouve tout maître maçon comme il est dit dans le catéchisme de maître : Si un maître était perdu où le retrouveriez-vous? Entre l’équerre et le compas, lui étant impossible de s’en écarter, car c’est le chemin de la vertu et de la probité ou encore parce que l’un et l’autre sont les symboles de la sagesse et de la régularité. Lire le texte de René Guénon La grande triade, p.118 . On ne peut nier qu’il existe un conflit entre le sacré et le profane dans les approches initiatiques. L’homme accompli est au milieu. Il serait dangereux de tout vouloir sacraliser, l’histoire des religions en livre de tristes exemples. Mais aller jusqu’au bout du profane est une autre forme de totalitarisme, alors le sacré revient de manière destructrice par des manifestations d’intégrisme. C’est pourquoi l’homme, et le franc-maçon tout particulièrement, doit être au milieu du profane et du sacré, au centre du conflit sacré-profane, il doit réussir une alliance d’univers et une alliance d’humanité dans ce que Mircea Eliade appelle une kratophanie et que les francs-maçons appellent entre-équerre-et-compas.

L’équerre définit le plan géographique, le compas celui du ciel. À partir de là, les espaces sacrés s’offrent sous deux perspectives, tantôt de profil (pyramide, montagne, axis mundi, ou toute verticalité spirituelle), tantôt comme variété planaire (temple excluant l’illimité profane, lieux saints, autel, tapis de Loge, ou toute enceinte réservée). Vu en plan, l’espace sacré croît en sainteté au fur et à mesure que l’on y pénètre. Cette pénétration projette simplement la montée vers le sacré (pour mieux comprendre cette convergence, lire Michel Serres, Les origines de la géométrie, entre autres p.130 et 131,  éd. Champs Flammarion, 1993).

À remarquer qu’un compas peut remplacer une équerre pour le tracé d’un angle droit, une équerre ne tracera jamais un cercle.

En Alchimie, bien avant la Franc-maçonnerie spéculative, l’équerre (la rectitude, le travail sur la matière) est associée au compas (l’esprit) comme on peut le voir sur une gravure de Basile Valentin illustrant en 1659 l’androgynie dans son traité Azoth, ou le Moyen de faire l’Or caché des Philosophes  (qui a servi d’illustration de l’article).

Il existe un rapport entre la franc-maçonnerie et les OVNIS… oui mais lequel ?

Projection et conférence de Georges Combe, le jeudi 30 juin 2022 à Paris au Studio 104.

Des films sur les OVNIS, cela ne manque pas. Les USA en produisent un grand nombre de très bonne qualité, depuis pas mal d’années. Vous avez également plusieurs documentaires sur le sujet, documentaires dont on ressort le plus souvent des images floues et de témoignages tout aussi peu nets…

Georges Combe, réalisateur qui a beaucoup filmé la franc-maçonnerie (notamment à l’occasion de son 250ème anniversaire, où il réalisa un film passionnant pour France 3) propose ici sa vision des choses, entre documentaire et fiction. J’ai aimé dans son film qu’il commence par s’insurger contre une injustice : je veux bien croire aux OVNIS, mais pourquoi est-ce que moi je n’en vois jamais ?

Georges Combe, beaucoup de francs-maçons, et un nombre important de personnages curieux (curieux de curiosité, les francs-maçons étant très curieux de nature mais d’autres humains non-maçons aussi…) le connaissent. Par exemple, pour sa série de DVD sur l’alchimie « Le Voyage alchimique », coécrite avec Patrick Burensteinas. Si vous n’avez vu aucun opus de cette série de sept DVD, visionnez au moins le plus étonnant de tous, le numéro 4 sur Rocamadour. Vous y verrez un propos étonnant sur l’alchimie, mais également une grande leçon de cinéma : quand la nature obéit au réalisateur et au scénario…

Revenons aux OVNIS. Si vous avez la tête un peu scientifique, vous raisonnerez comme l’un des intervenants du film, l’un des spationautes français. A savoir qu’il y a statistiquement de grandes probabilités que la vie, voire des vies évoluées, existent sur d’autres planètes que la nôtre. De là à imaginer des hommes verts, le pas est assez grand à franchir, mais si la possibilité existe, même infime, la moindre des choses est d’étudier toutes les pistes.

Et pourtant, ce n’est pas ce que propose le film de Georges Combe… Il nous propose plutôt de nous interroger sur le réel : que voit-on exactement, que ressent-on, quand on regarde le monde, quand on interroge le ciel ? Pourquoi certains voient et pas d’autres ? Quel est finalement le statut du réel et comment se combine-t-il avec l’imaginaire, avec les archétypes, avec les mythes qui fondent les grands récits de l’homme ? C’est sur ce plan-là que le réalisateur nous emmène, nous entraine… et mon petit doigt (qui se replie parfaitement bien, je vous rassure !) me dit que c’est bien le genre d’interrogations que beaucoup de francs-maçons travaillent dans leurs loges respectives…

J’aurai l’occasion de revenir sur ce film lorsqu’il sortira en intégralité au mois de décembre à Paris et dans d’autres grandes villes. Pour l’instant, voici le lien vers la conférence, illustrée d’extraits du film, proposée le jeudi 30 juin, par « l’observatoire du réel »… « Observatoire du réel », on ne saurait mieux dire !

Voici le lien pour la conférence

02/07/22 : L’été maçonnique commence à Luchon

Dans le cadre du début de la saison estivale 2022 de la ville de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), la « reine des Pyrénées », le Frère Yonnel Ghernaouti, l’un des contributeurs de 450.fm, interviendra dans le cadre d’une conférence publique baptisée « Causerie initiatique des Estivales » sur le thème : « Des corporations d’antan à la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui ».

Blason Estivales Maçonniques
Blason Estivales Maçonniques

Celle-ci se veut un trait d’union entre les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon 2021 qui connurent un véritable succès et celle à venir en 2023.

Notre Frère traitera, à cette occasion, des confréries d’autrefois et dressera un tableau exhaustif des cinq grandes Obédiences composants le paysage maçonnique français (PMF), dont notre Grande Loge, en passant par l’apparition de la Franc-Maçonnerie moderne dite « spéculative ».

Mme Sophie Dufor, libraire-bouquiniste luchonnaise « Au Coeur à l’Ouvrage » https://librairie-aucoeuralouvrage.fr/, proposera de nombreux ouvrages touchant à nos centres d’intérêt.

« Au Coeur à l’Ouvrage »

Un pot de la fraternité clôturera la conférence.

Infos pratiques :

Lieu : Pavillon Normand, Bagnères-de-Luchon

Date : samedi 2 juillet 2022 – Horaires : 17 heures

Renseignements complémentaires : Yonnel Ghernaouti : yg@glnf.com

Office du Tourisme de Bagnères-de-Luchon au 05 61 79 21 21

Même les Maçons de la Grande Loge d’Italie à Rome fêtent le solstice d’été

De notre confrère italien centropagina.it

La célébration du solstice d’été a lieu au Sheraton Hôtel Parco de Medici. « L’événement a une valeur hautement symbolique », déclare Luciano Romoli, Grand Maître de la Grande Loge d’Italie de l’Alam.

La Grande Loge d’Italie des Maçons Alam-Anciens et Libres Acceptés célèbre le solstice d’été , jour de lumière et de dialogue pour la construction de la paix universelle. Aujourd’hui, samedi 25 juin, la Grande Loggia d’Italie célèbre la cérémonie du solstice d’été. L’événement, qui se déroule dans le cadre prestigieux de l’hôtel Sheraton Parco de ‘Medici à Rome, à partir de la cérémonie à 16 heures, a vu 2 700 « sœurs et frères » de toutes les juridictions d’Italie arriver dans la capitale. La Ville Éternelle est le « lieu » d’élection de la culture de la rencontre qui, pour la franc-maçonnerie, est le moteur premier de la coexistence démocratique.

« L’événement a une valeur hautement symbolique , le jour astronomiquement le plus long – explique Luciano Romoli , Grand Maître de la Grande Loge d’Italie de l’Alam – notre regard doit aller embrasser l’univers. Dans le monde interconnecté, la fraternité est l’outil qui peut rétablir la géopolitique et réaffirmer la valeur de la communion et le bien suprême de la paix, mis en péril par la grave crise qui a éclaté au cœur de l’Europe. « Ce que nous allons vivre est un moment particulier : cette date, placée au début de l’été, nous invite à réfléchir, à dépasser la diversité, qui dans le monde d’aujourd’hui se traduit par une propension positive à la comparaison, comme possible outil de croissance. commun ».


L’étymologie peut aider à comprendre la multiplicité des symboles qu’il faut manier pour interpréter correctement le sens de cette fête. Solstice vient du latin « sol stat », qui signifie : « le soleil s’arrête ». En fait, il semble que l’étoile la plus brillante du firmament s’attarde dans cette position, avant de reprendre sa trajectoire descendante, d’atteindre sa déclinaison positive maximale par rapport à l’équateur céleste, puis de reprendre la trajectoire inverse avec le début de l’été astronomique. Dans ce temps suspendu, il semble ressentir le souffle de l’univers, une « pause » spirituellement intense dans laquelle nous pouvons recevoir le maximum d’énergie solaire.

« C’est un intervalle propice qu’il faut savoir exploiter – poursuit Romoli – car si le ciel et la terre selon l’ancienne liturgie peuvent dialoguer en se rapprochant idéalement, nous aussi nous pouvons abattre les distances et retrouver l’autre dans le respect des droits universels, qui sont le fondement de la « bonne société » que nous devons construire ensemble. Rappelons-nous qu’au jour du triomphe du soleil, on ne peut se permettre de sous-estimer le danger des ombres, sans jamais se lasser de continuer idéalement à chercher le moyen de les gommer ».

Le parchemin brûlé dans le trépied représente la phase culminante de la cérémonie. La combustion sert, allégoriquement, à consommer tous les effets négatifs que cette période néfaste a produits pour l’ensemble de l’humanité, de la pandémie à toutes les guerres et conflits présents sur notre planète. « La vérité – conclut le Grand Maître – est un chemin, une tendance vers, personne ne peut penser à la posséder, donc nous devons nous sentir le devoir de la poursuivre, afin de créer les conditions d’un développement humain authentiquement universel ».

Patrick Coussot-Bex s’est attaqué à plusieurs Temples… avec de la peinture

Le Frère Patrick Coussot-Bex est un génie de la peinture. Il est né le 21 août 1949 à Paris et il a appris la peintre comme un autodidacte. Il croise la route de Salvador Dali en 1976, d’où il puise son inspiration surréaliste.

Après de nombreuses années en tant que copiste des plus grands musées parisiens (Louvre, Orsay…). Parmi ses reproductions, il est capable de reproduire Mucha, Sorolla, Hooper, Canaletto, Eugène Boudin ou un impressionniste. Il s’oriente ensuite vers l’abstraction et les effets de matière. Il a exposé à Paris et Athènes.

Parlons Franc-maçonnerie…

Côté maçonnique, notre Frère a laissé sa trace dans certains Temples, qui sont habillés par son art. Parmi ceux-ci on peut citer le Temple de Versailles, celui de la rue Pisan à la GLNF, ou encore Ajaccio, et d’autres Temples comme celui de l’Oise. Il laisse sa trace avec son Art. Après plus de 50 ans de pratique, il nous confirme qu’il est toujours capable de réaliser n’importe quelle copie de tableau.

Patrick Coussot-Bex
http://www.thehigherclique.fr
pcoussot@wanadoo.fr
T. 06 62 26 00 38

Nouvelles des Frères de Miami de la GLTF

Un petit mot sur les 2 loges en Floride affiliées à la « Grande Loge Traditionnelle de France » qui s’étoffent et s’épanouissent de tenue en tenue (en langue française).

« La Fraternité Universelle de Floride » : Loge n° 81 à l’Orient de Fort Lauderdale travaillant au REAA créée en novembre 2017, soit il y a moins de 5 ans, aujourd’hui plus de 40 membres et surtout 85 tenues malgré la pandémie.

« La Parfaite Amitié »: Loge 103 à l’Orient de Miami travaillant au RER, qui vient d’ouvrir en mars.

L’avenir semble prometteur grâce au soutien de tous les Frères.

En Novembre comme chaque année, ils organisent pour l’anniversaire de la Loge 81, une semaine découverte du 9 au 16 novembre départ de la France.

Ils ont prévu des festivités attrayantes avec un programme d’une semaine alliant de grands moments maçonniques, jumelage d’une nouvelle loge, 2 tenues, mais aussi la visite de Miami, des Everglades, shopping, une petite croisière de 3 jours au Bahamas, un diner de gala typique.

Cette invitation est ouverte à tous les frères du monde et leurs compagnes.

Voici le programme:

Agence organisatrice : CONTACT LLC

8551 W Sunrise Blvd – Suite 105 Plantation, FL 33322. 

Votre interlocutrice : BERTILLE : bertille@contact-usa.net.      (001) 954 332-6090 Fax (415) 598 2611

Pour les info maçonniques :         Christian Guerin  floridafm17@gmail.com

  • 09 au 16 Novembre 2022

Mercredi 09 Novembre 2022 : MIAMI

Arrivée à l’aéroport de Miami et accueil par notre guide francophone local

Transfert à l’hôtel en bus. Aperitif de bienvenue. Diner libre, Logement MIAMI  à l’hôtel THE GATES ***sup ou similaire

Jeudi 10 Novembre 2022 : MIAMI

Petit-déjeuner & Journée libres  Découverte Miami  Déjeuner & Diner libres

Tenue pour les hommes le soir (transfert à organiser par nos frères ) agapes sur place

Logement à l’hôtel THE GATES ***sup ou similaire

Vendredi 11 Novembre 2022: MIAMI – CRUISE.         23 Jaw Dropping Pictures of the Freedom of the Seas

Petit-déjeuner

Transfert au port de Miami et embarquement à bord du FREEDOM OF THE SEAS à 12h00. Déjeuner à bord. Départ du bateau à 16h00

Diner et nuit à bord

Samedi 12 Novembre 2022 : NASSAU BAHAMAS de 07h00 a 20h00. 5 things to do at Junkanoo Beach Nassau in the Bahamas!   

Petit-déjeuner    Déjeuner & Diner.   Nuit à bord

Dimanche 13 Novembre 2022: COCOA CAY de 07h00 a 17h00 A perfect day at Coco Cay, 🇧🇸 BAHAMAS 🇧🇸 #cococay - YouTube

Petit-déjeuner  Déjeuner & Diner. Nuit à bord

 Lundi 14 Novembre 2022 : MIAMI

Petit-déjeuner  Retour au port de Miami et transfert à l’hôtel en bus

Journée libre  Déjeuner & Diner libres

 Tenue pour les hommes le soir (transfert à organiser par nos frères) agapes sur place

Logement à l’hôtel THE GATES ***sup ou similaire

Mardi 15 Novembre 2022 : MIAMI EXCURSION & SHOPPING

Petit-déjeuner

Départ pour la visite des Everglades et Tour en Air boat Everglades Airboat Tour + Transportation | $29

Puis route vers SAWGRASS MALL 45o boutiques toutes les marques à prix discounts

Déjeuner libre au Mall. Après-midi shopping

Retour en fin d’après-midi sur Miami

Diner de gala (transport à organiser par nos frères)

Logement à l’hôtel THE GATES ***sup ou similaire

Mercredi 16 Novembre 2022 : MIAMI – OUT

Petit-déjeuner Déjeuner libres

Transfert à l’aéroport de Miami

FIN DE NOS SERVICES

 TARIFS NET TTC PAR PERSONNE EN US DOLLARS BASE DOUBLE
Sous réserve de Disponibilité au moment de la confirmation des dates
 Base 45-49 Payants 40-44 Payants 35-39 Payants 30-34 Payants 25-29 Payants 20-24 Payants
 Tarifs 1699 euros 1715 euros   1732 euros 1759 euros 1799 euros   1830 euros
 Supplément SGL : 780 euros Supplément Cabine balcon : 140 Euros / personne base double Supplément départ province : 95 Euros / personne

 

Le TARIF COMPREND :

  • Le transport en autocar 49 pax tout confort selon programme
  • Le transport aérien départ Paris
  • Les services d’un guide francophone local pour les transferts et journée Everglades / Sawgrass
  • L’hébergement dans l’hôtel cité au programme, sous réserve de disponibilité au moment de la réservation
  • Les repas selon le programme
  • La croisière de 3 nuits a bord du FREEDOM OF THE SEAS – En cabine vue mer avec hublot, taxes portuaires et pourboires a bord inclus
  • Le service et les taxes locales

 NOTRE TARIF NE COMPREND PAS : De GRATUITE / Les boissons alcoolisées / Les repas non mentionnés / Les dépenses personnelles / Les assurances annulation, santé, bagages et rapatriement / Toute prestation non mentionnée dans notre programme / Les pourboires au guide et au chauffeur de bus ($ 8 par jour et par personne)

 Souhaitez-vous souscrire à une assurance en cas d’annulation ? le tarif est de 80 Euros / personnes, vous trouverez le détail en attachement

Bien sûr, elle n’est pas obligatoire

+ d’infos Contactez Bertille

 La croisière : Royal Carribean 

Protocole pour l’instant . Tous les passagers : tests obligatoires avant la croisière

Avant le jour de l’embarquement, vous devrez passer un test COVID-19 par vous-même, à vos propres frais.

• Les passagers vaccinés doivent présenter un résultat négatif au test COVID-19 pour un test PCR ou antigénique effectué au plus tard 2 jours avant le jour de l’embarquement. REMARQUE : Les enfants de 11 ans ou moins qui ont été vaccinés peuvent présenter une preuve de vaccination complète et suivre les protocoles de test pour les passagers vaccinés.

• Les enfants non vaccinés âgés de 2 à 11 ans doivent présenter un résultat de test négatif pour un test PCR (pas d’antigène) effectué au plus tard 3 jours avant le jour de l’embarquement.

• Le test pré-croisière des enfants non vaccinés ne peut pas être effectué le jour de l’embarquement, car cela peut affecter l’échantillon prélevé lors du test des enfants au terminal. 

• PRÉ-CROISIÈRE POUR LES PASSAGERS QUI NAVIGUENT AU DEPART DES PORTS AMÉRICAINS, DE PORTO RICO ET DU CANADA

• Les passagers vaccinés doivent passer leur test de pré-croisière au plus tard 2 jours avant l’embarquement. Les enfants non vaccinés (11 ans et moins) doivent passer leur test de pré-croisière au plus tard 3 jours avant l’embarquement et ne peuvent pas passer leur test de pré-croisière le jour de l’embarquement. En effet, les enfants sont également testés au terminal avant l’embarquement – ​​et selon les directives du CDC, les invités non vaccinés ne peuvent pas être testés deux fois en une journée car cela peut affecter l’exactitude des résultats du test.

• Les enfants de 11 ans ou moins qui ont été vaccinés peuvent présenter une preuve de vaccination complète et suivre les protocoles de test et les délais pour les invités vaccinés.

• Lorsque vous calculez les jours où vous pouvez passer votre test, sachez que le jour où vous embarquez n’est pas compté comme l’un des jours.

Comment calculer les jours pour passer votre test :

• Passagers vaccinés : Si vous embarquez un samedi et que vous devez passer le test pas plus de 2 jours avant, vous pouvez passer votre test le jeudi ou le vendredi. Vous pouvez également le prendre le samedi matin si nécessaire — bien sûr, nous vous déconseillons d’attendre la dernière minute.

• Enfants non vaccinés : si vous embarquez un samedi et que vous devez passer le test pas plus de 3 jours avant, vous pouvez passer votre test le mercredi, le jeudi ou le vendredi, mais pas le samedi. Les passagers non vaccinés ne peuvent pas passer leur test le jour de l’embarquement.

• Les passagers de moins de 2 ans n’ont pas besoin de passer un test avant la croisière.

Pythagore et la franc-maçonnerie (II)

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

La sagesse de Pythagore, un livre écrit par Kulapati Ekkirala Krishnamacharya (connu sous le nom de Maître EK… Maître de la Sagesse Ancienne, conservateur, écrivain et poète. Conférence donnée à Paris le 15-11-1982) écrit sur la sagesse de Pythagore sous ses trois aspects : philosophique, mathématique et spirituel. Je vais faire un bref résumé de cet important livre sur Pythagore. 

Le Maître E.K. souligne que les chefs spirituels ne prétendent pas que leurs enseignements viennent d’eux, ce serait très égoïste et ignorant s’ils le faisaient, partant du principe que rien n’est nouveau dans le monde spirituel et même dans la science, seulement que ceux qui sont qualifiés enlèvent le voile et recevoir la connaissance; comme on dit en franc-maçonnerie : on vient apprendre ce qu’on a déjà « appris ». Exemple : Siddhartha Gautama (Bouddha 33) a donné ses enseignements, il a dit: C’est ce qu’ont dit les bouddhas des temps passés, et le Maître Jésus, lorsqu’il a donné ses enseignements, c’est ce qu’ont dit Moïse et ses prophètes, ou cela vient de mon Père, qui m’a envoyé. 

De Pythagore, on sait peu de choses sur lui, mais il a fait l’histoire avec les mathématiques, et il est même appelé le père des mathématiques. Plus de 326 théorèmes lui sont attribués, et tous ne relèvent pas de la géométrie, mais des mathématiques spirituelles. Pythagore a transmis ses enseignements sans distinction de race, de croyance et de philosophie. C’est une âme universelle. Il faut souligner qu’au temps de Pythagore, l’éducation était pieuse, dès l’âge de cinq ans, comme une initiation spirituelle, comme un sacrement. Le détournement de cette manière d’enseigner nous laisse aujourd’hui avec une humanité très inhumaine et matérialiste dans laquelle l’éducation se négocie (sans détachement et attachement aux monnaies).

Ce système est encore pratiqué en Inde. Les plus grands centres de sagesse des temps anciens étaient l’Inde, l’Égypte et la Grèce. Au temps de Pythagore, vivait un grand philosophe nommé Thalès de Milet (Contes : Dieu du Soleil) une grande lumière en son temps, Pythagore lui apparut et fut admis à son école en tant que disciple. Seuls ceux qui étaient qualifiés pour transmettre des enseignements et de la sagesse étaient acceptés. Après avoir terminé les enseignements avec le sage Thalès de Milet, suggéré par lui-même, il s’est rendu en Égypte pour chercher plus de connaissances. Matières très jalouses, qui ne pouvaient être commercialisées : droit, médecine et théologie (Science de Dieu). Ces carrières étaient destinées au « service de l’humanité », et quiconque les exerçait était rémunéré par l’État. En les commercialisant, ils ont perdu le sens du service, et même la théologie elle-même, combien y a-t-il d’écoles chargées de transmettre des enseignements spirituels. C’est l’état d’esprit de la société d’aujourd’hui : le dieu est l’argent, et ils ont tort. Tout cela fait une société craintive, stressée et fanatique dans son ignorance. En Egypte, il a passé vingt-deux ans, ce n’était pas facile pour lui au début, les professeurs ne croyaient pas en lui, donc il a traversé plusieurs épreuves sévères, après quoi les professeurs ont compris son niveau de conscience et ont transmis leur enseignement et sagesse.

Il étudie à Memphis, Héliopolis et Thèbes, et s’initie aux secrets des mathématiques, de la géométrie, des « sciences des astres » (astronomie, astrologie, astrobiologie, astro latrie, astro médecine, astro psychologie et sciences des correspondances), solaire systèmes, galaxies et sciences de la symbologie (c’est la base de la connaissance de la franc-maçonnerie). 

Dans le « Traité de médecine d’Hippocrate », vous trouverez la science des correspondances ainsi que les rapports entre le zodiaque et la constitution humaine, les fonctions des divers organes du corps et des planètes, et vous vous rendrez compte à quel point la constitution humaine est une entier dans son mode de fonctionnement et comment le système solaire est lui-même une personnalité et la personnalité humaine est une photographie miniature du système solaire ». 

Ces sciences, telles qu’elles étaient, n’existent plus aujourd’hui. Dans la « science de la symbologie », Pythagore a fondé cette École, où il fallait avoir une « qualification » pour être admis. S’il devait entrer à l’école et qu’il n’avait pas de qualifications, le professeur Pythagore a imaginé un moyen de filtrer l’entrée, car les gens se filtrent et s’éloignent en raison de leurs défauts personnels et de leur ignorance. Comme l’a dit le Maître Jésus : « beaucoup sont appelés et peu sont élus ». Mais parfois, l’entrée de personnes spirituellement non qualifiées est inévitable, et elles deviennent des « magiciens noirs », causant beaucoup de dégâts aux institutions. La franc-maçonnerie sera-t-elle une institution auguste qui suivra les traces de Maître Pythagore ? Tout comme dans l’école pythagoricienne et aujourd’hui, sur ses traces, dans la franc-maçonnerie, un Initié n’agit jamais contre la société, ni contre le gouvernement,

Dans l’école pythagoricienne, il est recommandé qu’un membre ne fasse pas partie d’un mouvement politique, où les idées sont commercialisées et vont à l’encontre des vertus et des principes. Celui qui comprend ces vérités reçoit le nom de : Grand Maître des Rituels, le contraire est la cérémonie morte. La sagesse doit être transmise comme un sacrement, elle est sacrée.

Lire ou relire article 1

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Ouvriers d’Hiram Abiff. Pythagore et la franc-maçonnerie (IV)
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Le journal Italien Trend Online s’interroge : « Les associations secrètes, comme la franc-maçonnerie, sont-elles légales ? »

De notre confrère de Milan trend-online.com – Par SONIA FASCENDINI

La rédaction de 450.fm vous présentait il y a quelques jours, le portrait et l’œuvre de 7 antimaçons. Le 16 juin dernier, c’était au tour de Marianne et de son premier marronnier de l’été. Aujourd’hui, c’est la presse italienne, coutumière des questions saugrenues concernant notre Art Royal qui s’interroge sur la légitimité de la Franc-maçonnerie… à cause du secret bien évidement.

Agir en secret en rejoignant la franc-maçonnerie ou un autre groupe privé n’est pas un crime. Il n’est cependant pas permis de se cacher pour commettre des faits qui seraient interdits même à la lumière du soleil.

Le terme franc-maçonnerie évoque des images de personnages masqués qui, dans des lieux inconnus et obscurs, accomplissent des rituels d’initiation et tiennent en quelque sorte les rênes du monde entre leurs mains. Des organisations de ce type ont toujours existé au cours des siècles et existent encore aujourd’hui, vivant souvent sans aucun problème avec des personnes tout à fait respectables qui ont une vie tranquille et ordonnée en public.

En réalité, malgré l’aura de mystère qui entoure ce type d’organisation et malgré le fait qu’elles disposent souvent de pouvoirs assez forts, ce n’est pas forcément quelque chose de louche et d’interdit. Ceux qui étaient adultes au début des années 1980 ont probablement en tête le modèle de la loge P2 : une organisation secrète qui avait pour objectif de déstabiliser et de conditionner, par divers moyens, l’État. Mais une association uniquement pour le fait de garder ses membres confidentiels, n’a pas forcément des objectifs illégaux, et à ce titre à condamner. Rien ne nous empêche de faire de manière discrète et légale tout ce que nous pouvons également faire en public.

La franc-maçonnerie est une association

Pour comprendre si la franc-maçonnerie est légale, nous devons comprendre ce que c’est. C’est un groupe de personnes qui se rassemblent pour poursuivre un but commun , qui peut être soit d’obtenir des avantages économiques, soit de poursuivre des buts philanthropiques, d’entraide ou de bénévolat.

Ce type d’organisme, également protégé par la Constitution, est l’un des moyens les plus répandus qui sont utilisés pour atteindre les buts les plus variés et n’est pas nécessairement illégal pour le seul fait de garder ses composants, voire son existence même et ses buts secrets, mais il le devient si, par exemple, il est à la base de commettre des escroqueries.

La Constitution protège également la franc-maçonnerie

Nos pères constituants ont choisi de donner aux citoyens une grande liberté dans leur droit de se réunir et de poursuivre des objectifs communs. L’article 18 de la Constitution dispose que :

« Les citoyens ont le droit de s’associer librement, sans autorisation, à toutes fins qui ne sont pas interdites aux personnes par la loi pénale. Sont interdites les associations secrètes, ainsi que celles qui poursuivent indirectement des buts politiques par le biais d’organisations à caractère militaire. »

La charte constitutionnelle nous dit que non seulement la réunion est autorisée , mais que c’est aussi un droit, c’est-à-dire quelque chose qui nous appartient et qui doit être défendu par la loi contre toute ingérence. Il va ensuite plus loin en disant qu’il ne nécessite aucune sorte d’autorisation . Nous ne sommes donc pas tenus d’informer qui que ce soit d’autre que les personnes directement concernées, donc, même la franc-maçonnerie qui par nature est secrète est tout à fait légale.

La seule limitation semble être celle de ne pas avoir pour finalité de poursuivre des fins ou de réaliser des actes punissables par le droit pénal. Le deuxième alinéa de la loi pose cependant un enjeu en se référant à l’interdiction des sociétés secrètes. Alors, êtes-vous libre de faire ce que vous voulez, mais uniquement en public ?

Quand la franc-maçonnerie est illégale

La disposition de la Constitution, justifiée au moment de sa rédaction par le moment historique particulier dans lequel elle est née, a été intégrée en 1982 à une règle qui, tout en maintenant la structure initiale avec une certaine méfiance envers tout ce qui est caché, précise qui à la fois mauvais secret, qui devrait non seulement être interdit mais aussi pénalement puni. L’article 1 de la loi numéro 17 de 1982 stipule que :

« Selon la Constitution, sont considérées comme interdites les associations qui, même au sein de groupes manifestes, dissimulant leur existence, ou gardant des buts et des activités sociales secrets ou cachant des membres, poursuivent des activités visant à entraver l’activité publique. »

A la lecture de la loi, il s’ensuit que la franc-maçonnerie n’est jamais illégale du simple fait d’exister. Il ne l’est que s’il utilise son propre secret comme moyen d’ entraver l’exercice régulier de l’activité des organes constitutionnels, d’une administration publique ou la fourniture de services publics essentiels. En outre, l’interdiction de poursuivre des fins politiques par l’intermédiaire d’organisations militaires est confirmée.

La participation à des associations de ce type entraîne une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans et une interdiction d’exercer une fonction publique pendant un an. Les peines sont plus que doublées pour les promoteurs qui sont sanctionnés d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et d’une interdiction d’accès au secteur public pendant cinq ans.

Cour constitutionnelle et franc-maçonnerie

Elle a également été appelée à la Cour constitutionnelle pour s’occuper des associations et des buts qu’elles poursuivent. En particulier, avec la phrase numéro 243 de 2001 avec laquelle il a déclaré illégitime l’article 271 du Code pénal qui punit les associations antinationales, il a réitéré que si ce n’est pas une infraction pénale que l’individu fait quelque chose, tant qu’il ne transcende pas la violence, y compris psychologique ou dans d’autres comportements qui portent atteinte à des biens protégés par la Constitution, elle n’est même pas commise par une association.

En définitive, la franc-maçonnerie n’est jamais illégale pour le seul fait de garder confidentiels ses membres et ses objectifs, elle peut devenir illégale si ce qui s’y passe ou les effets de ces actes seraient punis même s’ils étaient commis par l’individu et de manière tout à fait claire.

Le Petit Prince m’a dit…

                           Une question me taraude

                        Ce brave apprenti m’a posé cette question : « Mon Papa, Saint-Ex, m’a élevé dans le respect de l’autre, de ses pensées, de ses appréhensions ou de ses ressentis… ! »

Alors… ?

                        Comment se peut-il que l’on puisse rencontrer des êtres héritiers des Lumières se disant ouverts, mais se fermant à tout ce qui n’est pas de l’ordre de leurs idées, nous brocardant si nous ne sommes pas en accord avec leurs convictions, voire leurs certitudes pour les plus bornés.

                        Comme le souhaitait mon papa je crois sincèrement à la fraternité et à l’humanisme, mais certains comportements rigides et irrationnels sont-ils maçonniques ?

                        Un Franc-Maçon se permettrait-il de juger ses frères à l’aune de ses croyances ou de ses convictions.

                        Est-ce bien maçonnique que d’exiger de tous, l’obéissance aux convictions d’un certain nombre, que ces dernières soient morales ou sociétales ? L’irruption du monde profane dans notre beau monde symbolique me désole.

                        Bref, lorsqu’on n’est pas prêt à se remettre en question, quelle place trouve-t-on sur nos colonnes.

                         Tout cela pour dire qu’une ou qu’un Franc-maçon est et reste libre et de bonnes mœurs le temps qu’il respecte les autres et qu’il ou elle se respecte.

                        Nos rites sont là pour que nous ayons l’esprit libre lors de nos Tenues. Il n’y pas de place pour les erreurs du monde profane, la terreur, c’était il y a un peu plus de deux siècles.

                        L’équité n’est-elle pas supérieure à l’égalité ? Je suis pour la liberté, celle qui implique celle de tous, la fraternité est un serment à respecter jusqu’à notre dernier souffle.

                        Respectons-nous les uns les autres. Faisons en sorte que nous laissions nos métaux à la porte du Temple.                                  

                                                           Le Petit Prince a dit.