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(VIDEO) Rencontre avec Pierre-Alexandre Nicolas – Géobiologie et lieux sacrés de Lyon (partie 1 – Durée : 28mn50)

Pierre-Alexandre nous présente une brillante introduction à la géobiologie sacrée. Dans un langage clair et avec des illustrations parlantes nous pénétrons les mystères des réseaux énergétiques terrestres. La compréhension de cette science très ancienne qu’est la géobiologie permet de comprendre pourquoi la ville de Lyon est devenue la capitale européenne de l’ésotérisme, car c’est avant tout une « capitale énergétique ». Avec la jonction de ses deux fleuves majeurs, la Saône et le Rhône, Lyon bénéficie d’une situation géographique, géologique, et énergétique exceptionnelle. En effet, à partir de la Cathédrale Saint-Jean, huit lignes énergétiques irriguent la ville et servent de tracé directeur sur lesquels ont été construits des lieux sacrés, les grandes églises et les autres lieux de culte.

D’après une idée originale de Daniel Robin,
Réalisation/montage : Georges Laurent.
Production : Nagib Kary
Vertical Project Media

Alain Bauer : « La franc-maçonnerie est née dans les auberges »

Alain Bauer, écrivain gastronome, ancien Grand maitre du Grand Orient de France : « La franc-maçonnerie est née dans les auberges ».

Par Yves Deray – Contributeur

Alain Bauer est un homme multiple. On l’a connu franc-maçon éminent, expert en questions de sécurité, conseiller de Nicolas Sarkozy, mais il est aussi un fin gastronome. En cette fin d’année synonyme d’agapes et de mets fins, il publie un livre avec 60 chefs cuisiniers qui se mettent à table ! Une invitation à la gourmandise…

Vous publiez un livre avec une soixantaine de chefs cuisiniers. C’est votre coming-out de gastronome ?

Alain Bauer : Pas vraiment ! J’ai déjà écrit deux « Que sais-je ? » sur la question, plusieurs articles et même une « Gastroménologie », un essai sur phénoménologie du goût avec le grand critique Marc de Champérard… Mais ce livre me permet d’aller beaucoup plus loin dans l’histoire de la gastronomie, du restaurant et des chefs. Et surtout, il permet à ces cheffes et chefs, cuisinières et cuisiniers, restauratrices et restaurateurs de partager leurs parcours et leurs passions. Je les ai interrogés à une période très particulière, quand leurs établissements étaient fermés du fait de la crise sanitaire, et donc toutes et tous ont eu le temps de se confier en profondeur.

D’où vous vient cette passion ?

A. B. : Elle m’a été transmise par mon père, grand gastronome qui récompensait mes efforts scolaires par une gratification comestible. À chaque fois, il m’emmenait dans un restaurant différent. D’abord dans la proximité lyonnaise de mes origines familiales, puis au fil du temps, dans le reste du pays, d’étoilé en étoilé. Il m’a ainsi permis un apprentissage formidable.

Alain Bauer : Je pense que la haute gastronomie connaît une révolution, un renouvellement et une remise en cause tout à fait utiles.

Vous avez été, incognito, inspecteur de guide pendant près de 40 ans. Cela vous amusait ?

A. B. : Beaucoup ! C’est une activité que j’ai adorée : c’était anonyme, on payait l’addition et on en profitait pour découvrir de nouvelles tables. Évidemment, au fil du temps, l’anonymat s’est estompé et l’exercice changeait un peu de nature. Mais j’avais une technique secrète : en regardant comment étaient traités les autres convives, je pouvais me faire une idée assez précise de la qualité réelle de l’établissement que je visitais, même quand j’étais reconnu. Il m’arrivait aussi de me faire accompagner d’amis ou de proches qui déjeunaient à une autre table et prenaient les mêmes plats. Et nous comparions qualité, quantité et service.

Comment jugez-vous l’évolution actuelle de la haute gastronomie, sous l’influence d’Instagram et de la télévision ?

A. B. : Je pense que la haute gastronomie connaît une révolution, un renouvellement et une remise en cause tout à fait utiles. Bien sûr, le fait de photographier son plat plutôt que de le déguster a parfois un côté déroutant pour la personne qui l’a conçu et vous le sert. Mais on peut aussi dire que cela force à l’humilité. Et puis aujourd’hui, un restaurant et son personnel doivent répondre à des problématiques nouvelles comme la proximité, le zéro déchet, la relation entre tradition et innovation.

La suite sur Forbes.fr

https://www.forbes.fr/luxe/alain-bauer-ecrivain-gastronome-ancien-grand-maitre-du-grand-orient-de-france-la-franc-maconnerie-est-nee-dans-les-auberges/

Le livre

Confessions gastronomiques – Avec 59 chefs, cuisiniers et restaurateurs (Fayard, 839 pages, 26 €)

Présentation de l’éditeur :

Souvent, on parle nourriture, cuisine, restauration. On débat des produits, du bio, du durable. On commente, on critique, on félicite les cuisiniers. Parfois, on les interroge. La télévision a trouvé un filon en mettant la gastronomie au cœur de ses programmes, alternant cuisiniers et pâtissiers, amateurs et professionnels.

Paul Bocuse avait réussi à faire sortir les chefs de leur cuisine. Ils sont maintenant devenus les héros et les hérauts de la culture gastronomique française. On les note, on les classe, on les étoile. On parle beaucoup d’eux. Quand on les interroge, c’est plus souvent sur leurs recettes que sur leur vie.

Cinquante-neuf cuisiniers, parfois accompagnés de leur muse ou de leur alter ego, ont bien voulu utiliser un temps d’incertitude, de doute et de crise pour se confier sur leur parcours, leur évolution, leurs projections.

Avec Alain Bauer, ils se sont livrés comme jamais au regard bienveillant, mais interrogateur, d’un client qui « sait manger », sans pour autant s’imaginer cuisinier. Un gastronome critique qui, parallèlement à son parcours académique, a pu les fréquenter, créer des liens amicaux, obtenir leur confiance dans cet exercice inédit de « confessions gastronomiques ».

Voici le premier panorama du paysage gastronomique français de l’«  après  », une vision optimiste de lendemains mieux cuisinés.

PAYS-BAS : Pour une fois, malgré la porte fermée, regardez à l’intérieur chez les francs-maçons à Almelo

De notre confrère hollandais tubantia.nl – Par Jeroen de Kleine

Le feu crépite et crépite. La pluie fouette les vitres et le vent bat à la porte. Comme si la franc-maçonnerie n’était pas déjà assez mystérieuse. « Mais nous ne sommes pas si secrets. » Bienvenue à la franc-maçonnerie à Almelo.

Norbert Wolberink (59 ans) soupire et dit : « Quand les gens entendent que je suis franc-maçon, on me demande souvent si je veux révéler le secret de la vie. Il se graisse la gorge avec du café et poursuit : « Je dois les décevoir. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. »

De Almeloër est prêt à admettre que la société a des côtés mystérieux et mystiques. La proximité est un bon exemple. Lorsque les messieurs se rencontreront mercredi, la porte sera verrouillée. « Vous n’avez pas besoin de devenir franc-maçon pour le mystère. Alors vous serez probablement bientôt prêt », dit Norbert. Non pas que la loge Almelo Fraternité ne souhaite pas de nouveaux membres. « Au contraire. Ils sont simplement les bienvenus.

Belle addition

Les frères Norbert Wolberink et Herbert de Witte (53) racontent leur histoire dans le bâtiment du lodge, situé à l’ombre de l’église de la ville De Bleek sur la Hofstraat. Où Norbert va à l’église le dimanche. « La franc-maçonnerie est parfois décrite comme une secte ou une religion, mais ce n’est pas vrai », dit-il. « Vous pouvez être parfaitement religieux et franc-maçon. Ils se complètent magnifiquement.

Alors c’est quoi? Sur Internet, vous trouverez d’innombrables pages d’explications. Des livres épais ont été écrits à ce sujet. Selon Herbert, il est préférable de consulter la source elle-même. « Bien sûr, vous pouvez aller sur le Web », dit-il. « Presque tout y est. Jusqu’au contenu de nos rituels. En même temps, vous trouverez beaucoup d’informations qui sont incorrectes. 

Il regarde dans le feu et dit : « Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas autorisés à regarder sur Internet. Certaines choses que vous avez juste à expérimenter par vous-même. C’est la beauté de la franc-maçonnerie. Cela se déroule lentement mais sûrement. » « Bien qu’il n’y ait pas de WiFi ici », dit Herbert avec un sourire.

Construire

Les francs-maçons sont une société active au niveau international avec de nombreuses branches régionales, entre autres, à Almelo, Hengelo, Oldenzaal et Enschede. À Almelo depuis plus de cent ans. Les membres aspirent au développement spirituel et moral et le font, entre autres, par des rassemblements où les frères (et maintenant parfois les sœurs) approfondissent toutes sortes de thèmes dans une atmosphère amicale et respectueuse.

Quand nous nous réunissons, nous ne portons pas tous du noir maussade pour rienHerbert de Witte, franc-maçon

« Et vraiment profond », dit Norbert. « Pour beaucoup de gens, la vie se termine par le travail, les relations et les belles voitures, mais cela ne s’applique pas à nous. Réfléchissez bien au « confort » ou au « chagrin ». Quand vous en parlez, les exemples de votre propre vie viennent au premier plan. Vous le mettez sur la table. Le but est d’apprendre les uns des autres. Nous ne discutons pas. Ce qui est discuté reste aussi privé. « Il faut pouvoir dire n’importe quoi ici. Cela ne fonctionnera que si vous pouvez le faire en toute sécurité. Nous ne le vendons pas.

Le temple

Les murs du bâtiment sont recouverts de peintures : au compas et à l’équerre. Le symbolisme et les rituels jouent un rôle important. Le symbolisme du bâtiment revient souvent. « Nous décrivons l’homme comme une pierre brute qui doit être polie », explique Herbert.

Je voulais en savoir plus, je cherchais les réponses aux questions de la vieHerbert de Witte, franc-maçon

Le professeur de la Zone.college nous conduit à l’« atelier » de la loge, aussi appelé le temple. Une porte en bois avec un lourd heurtoir ferme la pièce. Connaissez-vous au-dessus de l’entrée. Le temple rectangulaire est baigné de lumière bleue. Trois bougies scintillent au milieu de la pièce. L’œil qui voit tout scrute l’espace. 

a frappé à la porte

Les initiations ont lieu dans ce cœur du lodge. Herbert a rejoint la confrérie ici il y a sept ans. « Je voulais en savoir plus. Je cherchais les réponses aux questions de la vie. Cela m’a poussé à frapper à la porte », dit-il. « Voilà comment cela fonctionne. Une partie intéressée doit se déclarer. Nous ne sélectionnons pas.

Cela peut prendre jusqu’à six mois pour que le membre soit intronisé. « C’est un processus minutieux, dit Norbert. « Un processus de nombreuses conversations, dans lequel les membres potentiels doivent clairement indiquer pourquoi ils veulent cela. De cette façon, nous empêchons généralement quelqu’un d’abandonner immédiatement. C’est autorisé, mais si vous traînez et parlez si intensément les uns avec les autres, c’est dommage. Il est absurde d’interdire aux gens de se désengager.

Amitié 

Même s’ils ne l’approfondissent pas, il est clair qu’Herbert et Norbert se sentent ici chez eux. Et pas seulement parce qu’ils couvrent des sujets lourds chaque semaine. Les membres deviennent souvent de bons amis. « Nous sommes aussi une véritable association. Les belles soirées d’été, nous ouvrons la porte de derrière et mangeons et buvons ensemble. Des hommes entre eux. C’est tout aussi important, même si vous ne devriez pas simplement vous asseoir ici pour vous amuser.

Ils accordent également ce sentiment de fraternité aux autres. « Nous sommes un club sain avec environ 50 membres. C’est super, mais les nouveaux membres plus jeunes sont certainement les bienvenus. » C’est pourquoi il y a une après-midi d’information le 19 décembre, au cours de laquelle les francs-maçons expliquent leurs activités aux intéressés. Tout le monde est le bienvenu. « C’est un malentendu que nous soyons un club riche ou un club service », dit Herbert. «Quand nous nous réunissons, nous ne portons pas tous du noir discret pour rien. De cette façon, toutes les différences disparaissent.

Inscrivez-vous : secretaris@fraternite.nl

Herbert de Witte (à droite) et Norbert Wolberink allument une bougie dans l'atelier, comme on appelle souvent le temple des francs-maçons.
Herbert de Witte (à droite) et Norbert Wolberink allument une bougie dans l’atelier, comme on appelle souvent le temple des francs-maçons. © Wouter Borre

BELGIQUE : Le mystère de la mort de Mozart, de l’empoisonnement par Salieri à la maladie, en passant par les Francs-Maçons

De notre confrère belge rtbf.be – Par Céline Dekock d’après la chronique de Cécile Poss

Ce dimanche 5 décembre marquait les 230 ans du décès de l’un des compositeurs les plus connus de l’histoire de la musique classique, Wolfgang Amadeus Mozart. Beaucoup de mythes et de légendes circulent autour de sa mort, survenue le 5 décembre 1791. Mais que savons-nous réellement sur la fin de vie de Mozart ? Cécile Poss nous livre quelques éléments de réponse.

La piste de l’empoisonnement, un mythe alimenté par Salieri et Mozart

C’est toute une légende qui s’est formée autour de la relation entre les compositeurs Antonio Salieri et Wolfgang Amadeus Mozart.

Salieri, compositeur important et respecté à son époque a-t-il vraiment été jaloux du jeune prodige qu’était Mozart ? Cette prétendue jalousie qu’aurait éprouvée Salieri a même poussé certains à croire que ce dernier serait à l’origine de la mort de Mozart, survenue le 5 décembre 1791. C’est d’ailleurs autour de cette « jalousie légendaire » que se base le célèbre film Amadeus de Milos Forman, sorti en 1984.

Cette jalousie romancée, Milos Forman ne l’a pas inventée, il s’est inspiré de la pièce de théâtre de Pouchkine, écrite en 1830, qui porte sur la jalousie entre les deux compositeurs et sur l’empoisonnement de Mozart par Salieri.

Mais qu’est-ce qui relève du mythe et qu’est-ce qui relève de la réalité ? Mozart et Salieri, une relation basée sur la jalousie ou sur le respect et l’admiration mutuelle ?

Un halo mystérieux recouvre la fin de vie de Mozart et 230 ans après sa mort, les raisons de sa disparition restent incertaines. Parmi les mythes qui entourent la mort du génie viennois, l’un des plus célèbre est celui du requiem et de l’empoisonnement par Salieri.

Vers la fin de sa vie, Salieri, sénile, délire de temps en temps et dans ces moments-là, il s’accuse d’avoir tué Mozart et il le fait à plusieurs reprises. Lorsqu’il avait des moments de lucidités, Salieri revenait sur ces déclarations, mais la rumeur va tout de même faire son chemin et elle va convaincre du monde, notamment un certain Beethoven.

Mais pourquoi le vieux Salieri s’accuse d’avoir empoisonné Mozart, de cinq ans son cadet ? Cela peut être de la pure sénilité mais cela peut être également un peu de culpabilité. Car dans les années 1790 et 1791, Mozart et Salieri se sont rapprochés. Salieri côtoie alors un compositeur de 34 ans en mauvaise santé, qui se tue à la tâche, qui écrit comme un forcené pour vivre et pour rembourser ses dettes. Or, il est arrivé à Salieri de mettre des bâtons dans les roues de Mozart pour l’empêcher de créer telle œuvre ou tel opéra, comme les Noces de Figaro. Mais Salieri n’a pas empoisonné Mozart. C’est d’ailleurs ce que confie en 1823 un Salieri aux portes de la mort à Ignatz Moscheles.

Francs-Maçons, Acqua Tofana et Requiem

Parmi les autres hypothèses autour de la mort de Mozart, on retrouve la piste des francs-maçons qui auraient supprimé le compositeur parce qu’il aurait révélé les secrets de l’initiation dans son opéra de La Flûte enchantée. Il n’en est rien, sans quoi toutes les personnes qui ont participé à la création de l’opéra auraient été victimes du même sort.

Par contre, à la fin de sa vie, Mozart lui-même pensait avoir été empoisonné, il nommait même le poison qu’on lui aurait fait absorber à son insu, l’Acqua Tofana, une sorte d’arsenic qui agit lentement lorsqu’il est administré à petites doses et ce poison affaiblit la victime jusqu’au décès.

Son épouse, Constance, a elle aussi véhiculé l’hypothèse de l’empoisonnement de son mari, plus de quarante ans après le décès de ce dernier. D’après les témoignages, le corps de Mozart avait enflé après sa mort et c’est ce qui avait fait penser à un empoisonnement. Et si empoisonnement il y a, ce n’est pas les faits d’un meurtrier mais plutôt des conséquences médicales des nombreuses maladies contractées par Mozart qui ont abouti à une septicémie. Il souffrait également d’insuffisance rénale chronique, ce qui entraîne des états dépressifs comme la paranoïa.

D’ailleurs, Niemetschek, l’un des premiers biographes de Mozart, raconte que lorsque le compositeur écrivait son Requiem, il disait ceci : « J’écris ce Requiem pour moi, je ne le sens que trop, je n’en ai plus pour longtemps. On m’a empoisonné, c’est certain. On ne peut pas me libérer de cette idée. »

Écrit par: CÉLINE DEKOCK D’APRÈS LA CHRONIQUE DE CÉCILE POSS

Gloire au Travail ? Mon œil ! De l’aveuglement idéologique

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Avertissement (ou trigger warning pour nos contemporains) : ce billet contient des éléments de politique susceptibles de heurter la sensibilité des plus réactionnaires. Si vous êtes dans l’un des cas de la liste (non exhaustive) suivante, je vous invite à passer votre chemin pour préserver votre santé : abonné du Figaro, militant du parti républicain ou de partis affiliés, adhérent aux paroisses traditionalistes de type Saint-Nicolas du Chardenet, adepte du néo-libéralisme, soumis à la tentation de l’extrémisme ou boomer investi d’idéologie ordo-libérale.

Je rentrais de Loge hier soir quand je décidais d’écouter la radio avant d’aller me coucher. Ah Seigneur mon Dieu, quelle erreur ! Il a fallu que je tombe sur l’analyse politique des discours des candidats à l’investiture du grand parti de droite. Les discours des deux finalistes étaient mis en perspective et, ô surprise, c’étaient les mêmes propos, le même fond. Seul l’emballage différait. Et évidemment, le fonds est celui de la droite réactionnaire néo-libérale : travailler plus (du moins pour ceux qui ont encore un emploi), détruire encore plus les services publics, réformer une nouvelle fois les assurances sociales, réduire la fameuse « dette », et faire du travail une valeur…

Ces candidats peuvent se prévaloir d’études dans les grandes écoles de commerce ou d’économie, on n’en disconviendra pas. Mais visiblement, ils n’ont pas fait usage de leur droit à la formation continue (droit que leurs équivalents au pouvoir en politique ou que leurs adeptes aux commande en entreprise écornent très grossièrement). Les idées présentées ne sont pas neuves, loin de là. Je dirais même, mais ceci n’engage que moi, qu’il s’agit d’idées particulièrement d’arrière-garde.

Prenons par exemple la promesse de « supprimer les 35 heures ». Bon, s’il s’agissait de réduire le temps de travail, ce qui ferait du bien à tout le monde, et encore plus à la civilisation et son environnement, ça se comprendrait. Mais non, il s’agit de revenir à la semaine de 40 heures voire plus et de supprimer des jours de congé. Je vois ici trois choses qui posent problème.

Premièrement, cet acharnement à prononcer cette antienne, « supprimer les 35 heures » est à placer non sous l’angle économique, mais plutôt sous l’angle symbolique : il s’agit de supprimer un héritage du dernier vrai gouvernement socialiste. Ce qui amène alors mon deuxième point. Des études très sérieuses ont montré que travailler moins était non seulement possible mais souhaitable. Un article récent paru dans le Courrier International fait justement le point dessus. Par ailleurs, un petit calcul simple montre que travailler moins est nécessaire pour endiguer l’épidémie de chômage : le pays a été désindustrialisé par les mêmes que ceux qui prônent la « vile maxime » d’Adam Smith : « Tout pour nous, rien pour les autres » (je vous invite à lire l’ouvrage de Noam Chomsky Requiem pour le rêve américain à ce propos). Ce qui fait donc moins de postes disponibles et moins d’heures à travailler pour la population. Donc mathématiquement, si on augmente le nombre d’heures à travailler pour un nombre d’heures disponibles en baisse, on aboutit à une grave impasse : ceux qui auront un emploi travailleront plus, mais leur nombre diminuera, augmentant le chômage. D’où le troisième point gênant : ces gens qui prônent le « travailler plus pour gagner moins » sont soit mal conseillés, soit dans un aveuglement idéologique : leurs décisions seront au service d’un ordre du monde mensonger. Ou au service d’intérêts socio-économiques particuliers, ce qui serait plus grave. Dans tous les cas, doit-on laisser à des gens aveuglés notre destin commun ? Je n’en ai pas vraiment envie.

Toujours dans les discours emprunts d’idéologie néo-libérale, on a le traditionnel « réduire le nombre de fonctionnaires ». Mais quelle bonne idée ! Réduisons le nombre de soignants hospitaliers, en cette période de pandémie ! Réduisons le nombre d’enseignants. Encore que le comportement des dirigeants de l’Education Nationale y contribue déjà énormément, les enseignants français étant parmi les plus mal payés selon les classements de l’OCDE. Réduisons le nombre de militaires, ça coûtera moins cher et le beau matériel neuf acheté à grand frais par l’État ne sera pas trop usé ! Et réduisons le nombre de policiers et de magistrats, tant qu’on y est, ça fera toujours moins de blessés à l’hôpital.

Plus sérieusement, j’ai l’impression que nos candidats n’ont pas compris qu’un service public de qualité est un facteur important de redistribution des richesses et de luttes contre les inégalités, voire de cohésion nationale… Sauf s’ils veulent contribuer au creusement des inégalités par aveuglement idéologique. A ce stade, je me dois de rappeler que dans sa Politique, Aristote expliquait qu’une société inégalitaire était vouée à l’instabilité. Mais je suppose que les écrits d’Aristote sont trop compliqués pour des néo-libéraux. En attendant, cette posture confirme bien le vrai projet de ces gens-là : « tout pour nous, rien pour les autres ». Et la fameuse rigueur a la même pertinence que la saignée comme remède. Mais les Diafoirus de l’économie politique ne connaissent visiblement rien d’autre que la rigueur pour soigner la dette…

Quitte à faire des économies, peut-être pourrait-on réduire le train de vie de l’État comme cela se fait en Scandinavie ? Ou cesser de subventionner des entreprises qui versent des dividendes après avoir reçu des aides d’État ? Ou mieux, lancer un cercle vertueux : augmenter les salaires, surtout ceux des femmes, pour augmenter les cotisations sociales ?

Quant au travail comme valeur, c’est une fichue imposture. Surtout qu’il s’agit ici non pas de travail mais bien d’emploi, et l’emploi n’est qu’une nécessité, souvent mal reconnue particulièrement quand l’emploi est indispensable. Je vous invite à voir ou revoir le dernier documentaire de François Ruffin, Debout les femmes, pour vous faire une idée sur la question.

A écouter ces gens, on a l’impression que les Français, leurs électeurs donc, sont des gens paresseux, des profiteurs de l’État-providence à l’instar de la Welfare Queen de Ronald Reagan et qu’ils choisissent de ne pas contribuer à la société et que leur échec à s’insérer est de leur faute. On a aussi l’impression que ces candidats veulent défendre une société à l’américaine ou à l’anglaise : inégalitaire, inefficace et instable. Cette vision est renforcée par des médias peu scrupuleux, plus préoccupés de vendre des passions tristes que de rechercher la vérité, au service d’intérêts douteux. La vision que nous offrent ces candidats est décidément très sombre, outre les mensonges sur lesquels elle est basée. Devoir travailler toujours plus, toujours plus longtemps quand d’autres cherchent à s’insérer sans espoir pour une société qui se basera sur des principes inégalitaires, dans laquelle la richesse produite sera confisquée par quelques uns avec la complicité d’un Etat dévoyé, tel est le monde que ces gens veulent nous offrir. Est-ce ce monde que nous voulons offrir à nos enfants ? Un monde dans lequel les perspectives d’une vie humaine digne seraient désormais bien minces ?

Pour enrichir votre réflexion sur ces thèmes, je partage avec vous une source remarquable : l’enquête dessinée Le choix du chômage de Benoît Collombat et Damien Cuvillier (voir ici), un ouvrage remarquable, qui, sans complaisance, retrace l’histoire des quarante années de choix politiques et idéologiques, qui nous ont menés à ce que nous vivons aujourd’hui. C’est passionnant et ça fait un beau cadeau à mettre sous le sapin. Mais ça dégoûte des personnes politiques, mais ça, c’est une autre histoire, que l’Histoire jugera…

J’en entends déjà râler, m’expliquant que mon billet est politique et pas maçonnique. La réponse est : oui et je l’assume (et puis, je vous ai prévenus). Toutefois, quand nos valeurs maçonniques et humanistes à l’origine des valeurs fondatrices de la République sont ainsi menacées par des forces réactionnaires et obscurantistes, je crois qu’il est temps de se lever, de se questionner et surtout d’agir. Nous ne devons pas laisser ces sombres forces nous emporter. Préparons-nous à être de vrais Hospitaliers et à recueillir et soigner les blessés de cette salve réactionnaire à venir, car en ces temps sombres, nos serments chevaleresques d’amour du prochain et d’assistance aux plus démunis vont prendre tout leur sens.

Je vous embrasse.

ITALIE : Le grand maître de la Grande Loge d’Italie Luciano Romoli arrive à Foggia

De notre confrère italien immediato.net

Luciano Romoli, Grand Maître de la Grande Loge d’Italie, se rendra dans les Pouilles prochainement le 9 décembre à Foggia, le 10 décembre à Tarente et le 11 à Bari pour rencontrer les membres de la communauté maçonnique. Samedi 11 décembre à 12h00, à l’hôtel Majesty de Bari, il tiendra une réunion avec les médias régionaux pour illustrer les valeurs et les finalités de la franc-maçonnerie universelle, en évoquant les qualités qui distinguent les francs-maçons. Les trois jours du GM Luciano Romoli représentent, en effet, pour les Pouilles une preuve d’estime pour la croissance, tant en visibilité qu’en représentation, laborieusement obtenue grâce à une communication innovante des activités de la fraternité initiatique. La franc-maçonnerie s’ouvre sur l’extérieur, comme en témoigne déjà le don à la Croix-Rouge italienne en pleine pandémie de Covid.

« La franc-maçonnerie – explique Luciano Romoli , Grand Maître de la Grande Loggia d’Italie – est l’une des plus grandes et des plus anciennes confréries qui, à ce jour, se caractérisent dans la structure sociale comme une institution associative où se trouvent les principales traditions ésotériques, réunies et reconnectées en Europe et en Méditerranée. La franc-maçonnerie est née comme une association exclusivement masculine, mais la Grande Loge d’Italie s’est toujours distinguée pour être une institution libérale ouverte à tout être humain, sans distinction d’ethnie, de sexe et de conviction politique ou religieuse ; en fait notre communauté est composée à 70 % d’hommes et à 30 % de femmes ».

 Identité et fraternité. « La pensée maçonnique est le patrimoine de l’homme, homme de son temps et aujourd’hui plus qu’hier car les idéologies n’existent plus, les religions peinent à suivre le rythme de la science et de la technologie, tandis que la franc-maçonnerie est toujours d’actualité car elle place l’homme au centre.

 Égalité des genres . « Il est impossible de penser que les femmes puissent être exclues. Les femmes apportent une grande contribution à la recherche parce qu’elles permettent aux hommes de voir ce que nous en voyons pas. Dans notre obédience nous avons environ 30% de sœurs. »

BRESIL : Un séminaire maçonnique pour marquer les 32 ans du Grand Orient du Brésil-Sergipe

De notre confrère brésilien 93noticias.com.br

Le Grand Orient du Brésil Sergipe (GOB-SE) a organisé, ce week-end, un Séminaire maçonnique, dont l’ouverture a eu lieu le vendredi 3 au soir, dans l’auditorium de la Bibliothèque Epifânio Dória, par un récital de la chorale du chant fraternel, et le lancement du livre « La Franc Maçonnerie pour tous», organisé par Valtênio Paes de Oliveira, actuel président de l’Académie maçonnique Sergipana des Arts, Sciences et Lettres. Ce séminaire marque les 32 ans de la fondation GOB-SE – 3 décembre 1989.

Le séminaire maçonnique a démarré dans l’auditorium de la bibliothèque Epiphane Doria Bibliothèque. La cérémonie a été ouverte par un discours d’accueil du Grand Maître du GOB-SE, Clairton Santana, qui a parlé de la joie de l’événement, après une longue période des activités sans présentiel, en raison de la pandémie de Covid-19. Il a souligné le travail du secrétaire d’État à l’Éducation et à la Culture du GOB-SE, Marcus Éverson Santos, chargé d’organiser le séminaire.

Ensuite, il y a eu un récital d e la chorale du chant fraternel de la Franc-Maçonnerie Sergipe, qui est leur première activité publique depuis le début du Covid-19, puis une conférence d’Antônio Neto, vénérable de la Loge Etoile de David, portant sur « La Franc-Maçonnerie du siècle XXI : défis et opportunités ».


Il y eu après la présentation du livre « La franc-maçonnerie pour tous » composé d’une collection de 35 articles écrits par 25 francs-maçons. « Parce qu’il est éclectique et pluriel dans ses principes, l’Ordre maçonnique abrite dans ses rangs tous les membres de tous les courants de pensée spirituelle et scientifique, sans faire aucune distinction. Cet ouvrage corrobore cette compréhension en publiant, sans touches idéologiques, scientifiques, culturelles et religieuses, des réflexions sur certaines de ses composantes », précise la présentation du livre.

Le séminaire s’est poursuivi le samedi 4 au matin, cette fois à la Loge maçonnique Tiradentes, à Ponto Novo, avec trois conférences exclusives pour les maçons : De l’opératif au spéculatif : notes sur l’effondrement de la Maçonnerie », dont le conférencier était professeur-Docteur Marcus Éverson Santos; « Astronomie disséquée », par le professeur Dr. Jorge Gonçalves ; et « Décrypter les énigmes de l’Arc royal sacré », sous la responsabilité du professeur Rocelito Paulo Pinto.

Pour le docteur professeur et organisateur du séminaire, Marcus Éverson, « cet événement est un moment de reprise. Nous avons traversé une pandémie et la franc-maçonnerie a pratiquement utilisé toutes les ressources qu’Internet mettait à disposition pour les réunions. Nous avons échangé avec des francs-maçons de tout le Brésil, nous avons écouté des conférences, mais maintenant, avec la diminution de la pandémie, l’objectif était de reprendre les activités en face à face ».

Marcus Éverson a souligné que le choix du lieu pour l’ouverture du séminaire était emblématique, car Epifânio Dória était un franc-maçon. Il a été initié à la loge symbolique de Cotinguiba le 8 mai 1920 et a été deux fois vénérable de celle-ci – entre 1926 et 1927 et entre 1930 et 1931. Epifânio était un bibliographe, journaliste et chercheur, né en 1884, dans le quartier de Poço Verde et est décédé en 1976, à l’âge de 92 ans.

Pour l’année prochaine, Marcus Éverson planifiera une deuxième édition du Séminaire maçonnique, si possible avec plus de journées d’études, impliquant toute la famille maçonnique : les fraternités féminines, les jeunes et, bien sûr, les maçons.

La méditation qu’en attendre ?

Je médite depuis un certain nombre d’années et suis des enseignements de différentes écoles bouddhiques (tradition tibétaine et tradition theravada d’Asie du sud-est) depuis plus d’une trentaine d’années. J’ai également suivi des cours sur l’histoire du bouddhisme, avec l’Institut d’Etudes Bouddhiques de Paris.

Je ne pense pas être une théoricienne de la méditation mais plutôt une pratiquante qui conceptualise à partir de sa pratique.

Mon intervention d’aujourd’hui est un « témoignage » de ce que la méditation m’a apportée et les leçons que j’en ai tirées.

La méditation s’appuie sur une connaissance du fonctionnement de l’esprit, des émotions et de la souffrance et c’est cela qui m’a intéressée, c’est une vision non dualiste du corps et de l’esprit.

« Dukkha » en pâli signifie « le mal-être », « la souffrance existentielle » si prégnante dans nos sociétés et qui l’était d’autant plus pour moi qui ai rencontré de graves problèmes de santé il y a quelques années. Ce sont les enseignements et la méditation, ainsi que d’autres techniques comme le yoga et la psychanalyse, qui m’ont aidée à m’en sortir.

Dans ma recherche pour comprendre la maladie et tenter une guérison, il était important que cette pratique ne me serve pas uniquement à sortir de la maladie mais qu’elle soit également une leçon de vie, et une pratique altruiste allant vers les autres. Je ne souhaitais pas uniquement m’enfermer dans un « bien-être personnel ».

La méditation m’a aidée à prendre conscience de mon fonctionnement mental, à prendre de la distance avec ce corps malade et à aller de l’avant plutôt que de me morfondre sur les conséquences de la maladie. La méditation m’a permis d’acquérir un état d’esprit, peut-être une forme de distance avec un corps qui ne répondait plus à mes attentes d’une jeune femme d’une trentaine d’années.

Elle m’a aidée au quotidien à « tenir le coup » même lorsque mon corps faiblissait, mais également à faire des projets pour l’avenir immédiat, alors qu’à certains moments, aller chez l’épicier d’en face me demandait un effort surhumain.

Aujourd’hui, que je suis « sortie » de cette maladie, non pas guérie, est-on jamais guérie d’un sillon que l’on a creusé à un moment donné, sans le

vouloir consciemment ? Aujourd’hui donc, la pratique de la méditation m’aide à voir le monde tel qu’il est et à assumer le mieux possible mon humanité, en tous cas je l’espère.

Comme le disait Swami Prajnanpad qui fut le maître d’Arnaud Desjardins :

« Vous ne vivez pas dans LE monde, vous vivez dans votre monde ».

Les enseignements du Bouddha abordent depuis plus de 2500 ans ces notions par le biais de deux de ses principes essentiels, complémentaires et indissociables : l’interdépendance des êtres et des phénomènes et l’impermanence : penser et vivre en prenant conscience que tout ce qui existe est en mutation et transformation constante. Cette attitude pragmatique, donne une grande adaptabilité à ce que nous ressentons, aux êtres et aux circonstances.

En ce qui me concerne, au bout de quelques années de « maladie », bien que mon état se fût amélioré, je restais fragile. J’avais perdu de vue que je pouvais guérir. Mais comme le disait Rainer Maria Rilke « il faut savoir que les choses sont sans espoir, et tout faire pour les changer ».

Je continuais ma vie en souhaitant seulement pouvoir prendre encore un peu de plaisir, pas uniquement le plaisir des sens qui est un plaisir égocentrique et superficiel, mais trouver en moi-même une certaine JOIE: le simple fait de vivre et de goûter les choses…. En fait le yoga m’a appris une chose importante : le dépassement de soi et j’avais et ai toujours une devise : trouver du plaisir dans la contrainte.

Nous ne pouvons pas prévoir ou changer les évènements qui arrivent dans notre vie, que ce soit personnel ou collectif, mais ce que nous pouvons changer, c’est notre façon de les percevoir, de les accueillir.

Ainsi, la manière dont nous appréhendons la réalité conditionne notre vision de nous mêmes, des autres, de l’existence. La voie bouddhiste apprend à s’en tenir aux faits, rien qu’aux faits et la méditation nous permet d’appréhender nos émotions, non pas de nous en détacher mais de ne pas les laisser nous envahir ni de « rester » sur leurs conséquences, voir d’être dans un mode répétitif voir obsessionnel.

Il ne s’agit pas de ne plus éprouver d’émotions mais de ne pas se laisser envahir par elles. Cette maîtrise induit au fur et à mesure des états intérieurs différents qui changent notre vision du monde. Nous avons moins de peur et de ce fait devenons plus ouverts aux autres, plus altruistes, plus coopératifs pour créer en commun.

Notre altruisme nous amène vers tout ce qui est VIVANT, humains et non humains, nous avons une plus grande conscience de notre environnement.

Nous sommes des êtres émotionnels, ces émotions venant des cinq sens nous permettent d’une certaine façon d’appréhender le monde, mais ces sensations peuvent nous amener dans une spirale qui ne nous permet pas toujours d’en sortir.

Méditer c’est aussi mettre fin à un flot incessant d’idées, à un assaut de jugement que l’on est toujours prompt à appliquer à ce que l’on observe, biaisant aussi notre capacité de perception en la soumettant à des préjugés, à des concepts dont on n’a même plus conscience et pour certains dont on n’a même pas vérifié l’authenticité.

La méditation change notre rapport au monde, nous permet d’appréhender et sentir notre place dans l’univers, de nous concentrer de manière plus intense, d’être plus lucide.

La seule vraie question qu’il faut se poser c’est : dans quel but ?

Est-ce uniquement pour moi personnellement ? ou est-ce aussi dans un but altruiste ?

Le danger aujourd’hui, dans la rapidité avec laquelle se diffuse « la méditation de pleine conscience » c’est qu’elle risque de perdre son sens car coupée de ses racines bouddhistes ce qui veut dire coupée de l’altruisme et de l’éthique.

« Le risque est qu’elle soit instrumentalisée de manière opportuniste ou utilisée comme un produit. Il est de la responsabilité de tous ceux qui sont impliqués dans ce mouvement de veiller à ce que l’intégration de la pleine conscience se fasse de manière éthique, afin qu’elle contribue pleinement à l’apaisement dont nos sociétés ont besoin ». Je cite ici Jon Kabat-Zinn, professeur émérite de médecine, à l’université du Massachussets et fondateur d’une méthode « la méditation de pleine conscience » destinée à la réduction du stress. Jon Kabat-Zinn a suivi des enseignements de maîtres zen ainsi que de moines de la tradition Theravada – moines de la forêt (bouddhisme du Sud-Est asiatique).

En effet, le danger est grand, de nos jours où le « tout, tout de suite » et le « prêt-à-porter » spirituel sont à la mode, que très peu de personnes comprennent ce qu’implique un travail intérieur en pratiquant régulièrement la méditation. C’est un long cheminement, parfois semé d’écueils et de difficultés à surmonter, qui tend vers un accomplissement transcendant notre vision ordinaire de l’existence. Vouloir mettre la méditation à la portée de tous participe d’une excellente motivation, mais cette bonne volonté doit aller de pair avec une réflexion de fond : se rappeler que cette technique est issue d’une spiritualité et que ce n’est pas saupoudrer la vie mondaine ou séculière de quelques outils spirituels en vue d’un développement personnel ou de l’optimisation de performances. L’enjeu véritable est celui d’un changement radical de notre vision de l’esprit, du monde et des autres.

Méditer, c’est mettre une certaine distance vis-à-vis de l’acte de consommer ou de l’idée de compétitivité, en cultivant l’empathie avec les êtres humains et je dirais même avec les êtres non humains.

Méditer c’est donc retrouver le sens du don, de l’échange, de l’écoute.

Pour parvenir à une certaine émancipation, le bouddhisme propose ainsi un grand nombre de méthodes ou de moyens appropriés, qui tous se regroupent au sein des trois entraînements :

  • la discipline éthique (sila) qui modifie le comportement du pratiquant à l’égard de lui-même et d’autrui,
  • le recueillement méditatif (samadhi) qui concerne la maîtrise de l’esprit et de ses fonctions,
  • et la connaissance éminente de la nature de la réalité qui en résulte.

On en est venu à parler de « méditation laïque », terme pour le moins étrange. Qu’y-a-t-il en effet de laïc ou de non laïc dans le fait de méditer ? La laïcité est un concept moderne occidental impliquant en principe l’existence d’un espace public neutre à l’égard des religions instituées, sans hostilité, ni phobie. Est-ce pour se démarquer de la tradition bouddhique que l’on a ajouté ce terme, comme pour s’assurer qu’il ne s’agit plus là d’une pratique spirituelle ou religieuse ? Et dans quel but ?

Il me semble qu’il faut se poser les vraies questions…. Comme je l’ai proposé plus haut : quelles sont mes réelles motivations ou mes réelles intentions pour pratiquer la méditation ? Car celle-ci n’est pas une technique de plus à « consommer » mais un véritable outil de travail

L’intention qui est un dessein délibéré d’accomplir un acte, par la volonté qui est très importante dans la démarche de méditer régulièrement.

Peut-être faudrait-il parler de méditation universelle comme le préconise Sofia Stril River, ce qui pourrait englober toute forme de méditation, qu’elle émane d’une religion, d’une spiritualité ou d’un monde athée ?

Alors pour en revenir à la question : la méditation qu’en attendre ?

Je serais tenter de dire de ne RIEN attendre, car être en attente n’est peut-être pas la meilleure posture dans la méditation.

Elle requiert du lâcher-prise. Il peut y avoir des méditations inspirantes qui laissent une trace dans les heures, voir les jours à venir. Mais il peut y avoir également des méditations qui n’apportent rien sur le moment, en tous les cas c’est l’impression que nous en avons. Rien n’est moins sûr car en fait un « travail » continue à se faire dans la persévérance de méditer régulièrement.

Cette régularité permet au mental parfois de lâcher prise et nous pouvons au fur et à mesure du temps comprendre que ces « petits lâchers prises » se cumulant nous amènent à plus de sérénité dans la vie au quotidien. Nous pouvons nous surprendre à être plus serein (e) dans certaines situations où auparavant nous aurions réagi très rapidement. AGIR et non REAGIR est préférable comme le spécifiait Ajahn Medhino – moine de la tradition theravada, moine de la forêt.

Ce « confort » personnel (le lâcher prise dans la vie quotidienne) se diffuse autour de nous et permet le plus souvent d’apaiser des situations où le conflit n’est jamais très loin. Nous vivons dans une époque où les rapports de force sont très présents. Nous n’avons pas toujours envie d’y entrer ou nous n’en avons pas toujours les moyens, nous trouvant débordés par l’émotionnel. La méditation au fur et à mesure de notre travail régulier instaure intérieurement un état plus calme qui permet de ne pas entrer systématiquement dans des rapports de force.

Ces rapports de force, peuvent exister également avec un corps malade, la dualité corps-esprit s’instaure alors qu’en dépassant cette dualité il semble possible de trouver une harmonie. C’est souvent la douleur à répétition qui soutient cette dualité, l’esprit pourrait-être plus calme s’il n’y avait pas cette douleur bien souvent répétitive. La douleur existe, bien évidemment mais si le mental est plus apaisé nous réagirons différemment.

Je tente au travers de ces lignes, de vous donner une approche différente de la méditation, il ne s’agit pas seulement de s’en servir comme un objet de consommation qui permet « d’être mieux dans sa peau » mais d’un véritable travail intérieur pour aller vers une autre dimension qui nous permet d’être plus lucide dans LE MONDE et de ce fait d’AGIR en conséquence.

Dans mon chemin de vie, J’avais perdu de vue depuis un bon moment l’idée de guérir, mais je souhaitais continuer encore un bout de ce chemin de vie, difficile certes mais si exaltant. Je dis bien souvent que la vie est bien plus créative que nous, qu’elle nous amène à vivre des évènements auxquels nous n’aurions même pas pensé. Des évènements bénéfiques et d’autres beaucoup moins, « l’art de cet amour de la vie » c’est de comprendre ce qui est en jeu et d’y plonger afin de vivre en pleine conscience ce qui se présente avec un regard bienveillant, envers soi mais aussi envers les autres. C’est une gymnastique un peu difficile mais qui permet bien souvent de mieux passer les épreuves.

Ce regard bienveillant permet la rencontre avec les autres, que ce soit dans le domaine familial, professionnel, également dans le domaine de la santé. J’ai été soignée, aidée, accompagnée pendant plusieurs années par un médecin et son équipe, et nous avions alors des rapports de bienveillance les uns par rapport aux autres. Ce n’était pourtant pas une époque qui les facilitaient. Il est toujours possible même lorsque nous sommes envahis par nos peurs, de tenter de changer de vision et par là-même de comportement.

Et pour terminer et clarifier mes propos, je voudrais citer un maître du bouddhisme tibétain : Chogyam Trungpa qui parle de la médiation en ces termes :

« La méditation ne consiste pas à essayer d’atteindre l’extase, la félicité spirituelle ou la tranquillité, ni à tenter de s’améliorer. Elle consiste simplement à créer un espace où il est possible de déployer et de défaire nos jeux névrotiques, nos auto-illusions, nos peurs et nos espoirs cachés. Nous produisons cet espace par le simple recours à la discipline consistant à ne rien faire »

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La pierre de comparaison

On ne peut pas la prendre dans sa main immédiatement car il faut du temps, beaucoup de temps pour appréhender justement la comparaison, l’intime conviction. Comment comparer et qui suis-je pour comparer ? Comparer ce que la nature à créé ? Impossible puisque évidemment, le « tout » est harmonie.

D : Quels sont les trésors des bons cousins ?

R : La forêt, la hache et la pierre de comparaison.

C’est la dernière demande de l’instruction des fendeurs.

En préambule, la simple information que je voudrais préciser, concerne le rite de forestier en général et l’origine de notre rituel des modernes, en particulier, qui n’a rien de moderne mais plutôt enraciné dans des valeurs ésotériques, initiatiques, occultes, des choses de l’intérieur, réservés aux seuls adeptes et hermétiques, alchimiques, issu d’hermès trismégiste, de Thot.

En effet, il se fixe vers l’année 1723. Ce qui veut dire qu’il existe quelques fondements avant cette date, puisque d’inspiration celte, donc d’avant la christianisation de la gaule, à coût de massacres et de malheurs pour ce qui concerne les femmes et les hommes en relation direct avec les éléments de natura naturumda, à savoir les guérisseurs et les rebouteux de tout poil, des druides et de tout homme issu du paganisme; bref, tous ceux qui n’acceptaient pas cette « ingénue flexion ».

Notre rite est donc mis en œuvre par John Tallent et compères comme Cagliostro et autres. Il apparaît nettement que le premier mouvement maçonnique forestier fut en fait bien loin d’une revendication de filiations dite de métiers et encore plus de tout ce qui pourrait être chevaleresque. Nous sommes en face d’un vaste mouvement d’émancipation de l’individu par le développement intellectuel et moral et une meilleure diffusion des sciences. C’était le rêve de Roger Bacon, Paracelse, Agrippa, Francis Bacon, en leur temps… et le temps était venu. La Royal Society brillait de mille feux sous la direction d’Isaac Newton et tous les obscurantismes médiévaux étaient remis en question par la science. Puis, Villermoz, avec d’autres, font circuler. Ces bons cousins travaillent leurs connaissances  intimes sans téléphone, sans Internet et sans télé. « Je suis un homme libre et de bonnes mœurs », disaient-ils.

Donc, quels sont ces trésors des bon cousins ?

D’abord, nous avons deux mots principaux :

trésors : fortune, caché, secret, valeur, conservation, grande qualité …

et bons cousins, c’est nous ; Bons cousins en général : fendeur, charbonniers ou forgeron.

Mais quels sont ces trésors ?

Notre rituel peut se lire au premier degré, compréhensible à tous les forestiers débutants ; peut se lire au deuxième degré, puis en un troisième degré. Il faut se souvenir que le sens des mots et des phrases ainsi que leur construction et le vocabulaire usité cachent toujours un ou deux sens cachés.

Si je suis la ligne de pensées de nos ancêtres cousins, je m’oriente vers les valeurs dites nobles. A savoir :

la forêt : c’est le lieu où l’on se sent protégé. Un lieu apaisant où l’on peut tout dire. Notre arbre écoute, en silence. Cette mère sagesse, la foret, entend son enfant. C’est la valeur immuable de la pensée du commencement de la création.

La hache : pour nous, cousins, et à ce stade de la formation, nous pourrions la voir comme instrument des travaux opératifs des bûcherons. Essayons plutôt de percevoir l’outil qui va nous servir à trancher, à fendre en deux ou trois parties égales ou non (on fait ce que l’on peux) un ou plusieurs problèmes qui pourraient survenir. Voici un précieux appareil de justice. Trancher pour savoir si notre jugement est bon ou moins bon : mais en fonction de quoi et surtout de qui. La justice ? Avec cette arme tranchante, être juste ? Comment oserai-je l’espérer ? Quel merveilleux exercice pour se regarder en face. Ma conscience face à ma conscience sans l’influence des livres des lois écrits par des hommes aux desseins orientés, et des jurisprudences. Alors, me direz vous, cette hache n’est qu’un instrument, un accessoire, un objet, une fantaisie . Oui mais, si on la retourne, le filet vers notre père ciel, cette hache devient le fil du rasoir, l’axe de la balance de la justice, de la vérité-justice, la pesée.

Vient, pour achever cette trilogie ou cette triade,

la pierre de comparaison. Naturellement, il ne faut pas voir une pierre minérale, mais plutôt le scarabée que l’on posait sur le corps du pharaon à la place du cœur momifié. Ce cœur qui nous sert à vivre du mieux possible, pour notre bien et celui de notre famille, de notre territoire et peut-être pour les autres. Par contre, si cette pierre est de pierre, je vous conjure que celui qui la possède en tant que tel à la place de son cœur de justice et d’amour, n’a rien à faire parmi nous. Cette pierre pourrait-être d’émeraude. Pierre alchimique ; un grall, le grall. Cette pierre qui transforme le plomb en or, pierre qui élève l’esprit, pierre de l’utopie. On ne peut pas la prendre dans sa main immédiatement car il faut du temps, beaucoup de temps pour appréhender justement la comparaison, l’intime conviction. Comment comparer et qui suis-je pour comparer ? Comparer ce que la nature à créé ? Impossible puisque évidemment, le « tout » est harmonie.

Ce que je viens de vous dire n’est que ce que je ressens d’un enseignement précieux, que j’essaie de conserver chaque seconde dans mes deux vies, profane et initiatique et qui, je le crois, est accroché en mon ADN.

En conclusion, ces trois mots, qui passent dans le rituels, sont quasiment invisibles. Il nous informe de ces petites choses futiles qui changent la vie pour celui qui sait observer avec attention. Chaque ligne de notre rituel transmet de intentions à méditer, à sentir, à digérer, à distiller et surtout à transmettre.  

Lisons notre rituel car le bonheur est dans les lignes …. et dans la

forêt ….

J’ai bûché

Cousin Maître Thierry BUISINE

Toujours mieux se connaître?

SE CONNAÎTRE TOUJOURS MIEUX

Enrichissons- nous grâce à la méthode du  dialogue intérieur entre les Sœurs, et les Frères

Au début de notre quête, « connais-toi toi-même ».

L’introspection ? Oui, nous pouvons désormais être plus pénétrants !  Grâce à une méthode qui se répand comme une trainée de poudre, le Dialogue Intérieur ; j’en ai mesuré, en trois week-ends, toute la puissance sur ma connaissance de moi-même et la déconcertante facilité apparente. Elle est née aux États-Unis, dans les années 80, de la recherche d’un couple de psychologues, Hal et Sidra Stone. Voici comment ils présentent leur enfant : « outil de communication à la simplicité trompeuse mais au pouvoir puissant »  Plusieurs livres ont déjà paru sur cette pratique, traduits en français. Ce qui est pour nous, Maçons, extraordinaire, c’est l’aisance avec laquelle elle dévoile notre approche initiatique. Elle nous fait passer de notre conscience ordinaire, fonctionnelle à la vision lucide de celui, celle que nous sommes vraiment.. C’est notre chance, à nous, Francs-maçons qui honorons le « connais-toi toi-même » comme première, permanente et fondamentale étape de notre voyage spirituel. Impossible de la passer sous silence. D’où cet article.

Serions-nous emprisonné-e-s dans nos rôles ?

Pour que tu saisisses le mieux possible, je vais te résumer les étapes du Dialogue intérieur en quelques lignes. Ce n’est pas bien compliqué ! Ensuite, je passerai à son adaptation à notre belle Voie.
Les Stone posent que nous sommes tous composés de plusieurs personnages qui forment plus ou moins harmonieusement notre personnalité : le protecteur, l’activiste, le perfectionniste, le critique, le téméraire et d’autres, une dizaine environ, plus spécifiques à chacun(e). Or ces personnages ses sont développés dès la naissance pour protéger notre Enfant vulnérable. Il s’agit de le retrouver absolument. Car si nous ne parvenons pas à notre Enfant vulnérable, tous nos efforts pour mieux nous connaître donc mieux accepter les autres resteront vains. La finalité ? Libérons-nous progressivement des rôles que nous jouons souvent à notre insu. Ils sont apparus, au cours des ans pour protéger notre Enfant vulnérable L’idée de base c’est qu’un « facilité » apprend à être plus lucide sur lui-même, grâce à un « faciliteur »  qui l’écoute et le relance Dans le langage des symboles, débarrassons-nous des chaînes qui nous entravent.

Voici un exemple résumé des étapes d’une séance de Dialogue intérieur qui peut durer plus d’une heure. Il y faut plusieurs séances pour parvenir à la libération progressive des rôles qui nous enferment. Dans notre langage, plusieurs tenues sur deux, trois ans pour chaque degré.

Le faciliteur et le facilité(e) sont assis face à face, à quelques mètres l’un de l’autre. Le facilité(e) commence là où il(elle) veut et le sent Le faciliteur le-la relance sur un personnage, un rôle qui apparaît dans le discours du facilité(e). Par exemple, une dizaine de minutes permettent d’ identifier le personnage de la victime. Alors le facilité(e), spontanément ou aidé le plus discrètement possible par le faciliteur, évoque le personnage opposé qui finit toujours par se révéler : « Ah ! si je n’étais pas si souvent la cible… » Ce serait, dans l’exemple, le conquérant, approfondi à son tour. Et ainsi de suite pour les autres personnages qui apparaissent dans les propos du facilité(e).À chaque fois le facilité(e) change de chaise, à chaque nouveau personnage. Puis au bout d’une heure au moins, le facilité(e) vient à côté du faciliteur écouter le résumé neutre que celui-ci présente. Alors peu à peu, le facilité(e) identifie ses personnages dominants, opposés, reniés…et son Enfant vulnérable. Moment souvent émouvant et qui demande quelques séances. C’est en écoutant son faciliteur que le facilité prend du recul, se positionne en pleine conscience pour chaque personnage. Ainsi se développe la « vision lucide ». Il pense : « Je ne suis plus dupe des jeux de mes personnages. Je sais désormais exprimer mon Enfant vulnérable quand il le faut. » Voilà j’ai résumé tout le processus En taisant les qualités qu’un faciliteur doit avoir : plus que de l’empathie, de la « résonance affective ». Ce sera également un point d’accroche pour la Voie maçonnique.

Sept personnages qui décrivent le Maçon idéal.

Dans un entretien de Dialogue intérieur, les personnages sont issus du facilité ; ce sont les siens. Dans la Voie maçonnique, ces personnages qui constituent la personnalité d’un Maçon idéal sourdent, sans cesse, de nos arcanes, les mythes, ritèmes et symboles. Ils incarnent notre idéal.
 Mon expérience m’amène à en compter 7. Mais sans doute en sens-tu moins ou plus, au fond de toi
Voici les 7 personnages que j’ai trouvés et qui sont inlassablement présentés dans nos cérémonies et nos tenues. Au bout de 7 ans, sois sûr qu’ils sont en nous, composant notre personnalité maçonnique. Les voici, avec, pour chacun d’eux, les références à nos pratiques pédagogiques:

• Le Frère, la Sœur Amour. La fraternité est exigée dès le serment. Ce qui invite à travailler sur sa réserve et ses reculs à l’égard de certains membres de la loge. C’est très difficile parce que cela ne se décrète pas. Il y faut le temps ! C’est aussi l’estime de soi dont certain(e)s sont cruellement dépourvu(e)s
• La Sœur le Frère, Bâtisseur. L’allégorie de la construction du temple de Salomon nous est servie à toute occasion. Ce qui nous est soufflé : nous nous construisons, nous nous sculptons, pour tendre vers le Maçon idéal.
• Le Frère, la Sœur Silence. Nous nous y entraînons sans cesse : un seul, en tenue, parle à la fois et pour que les élans soient mesurés, chacun(e) demande la parole dans les formes requises. Attention ! Ce n’est pas simplement pour bien écouter ; c’est aussi une invitation à faire taire la conscience ordinaire en soi.
• La Sœur, le Frère, Obéissant. Ne faut-il pas apprendre, dans un parcours initiatique tel que le nôtre, que nous devons accepter notre nature profonde parce qu’elle est plus puissante que ce que notre volonté le voudrait ? Le serment à l’initiation nous le rappelle
•Le Frère, la Sœur, Membre du groupe-loge. C’est ce personnage qui donne à la fraternité sa plus grande résonance. Dès l’initiation, sur les parvis, chacun(e) vient embrasser le nouvel Apprenti(e). Encore un point pour la fraternité. Et je suis émerveillé quand je sens la très bonne entente qui règne dans la bonne majorité des loges que je visite.
• La Sœur, le Frère Transmetteur. Les Maîtres s’entendent dire sans cesse qu’ ils doivent (c’est, en effet, un devoir) transmettre dans le monde profane, par l’exemple de leurs actes, les valeurs qu’ils ont acquises. Cette transmission s’effectue aussi à l’intérieur de la loge, par les plus anciens aux génération qui les suivent.

Quand je rencontre mon Enfant vulnérable

Peu à peu de tenue en tenue, année après année, ces six premiers personnages m’imprègnent. J’arrive à la pleine conscience. Je sais à présent de quoi ma personnalité est composée. Et je comprends la grande leçon du Dialogue intérieur : ces personnages, quels qu’ils soient, je les ai forgés, pour protéger le petit être que je fus, fragile et soumis aux désirs comme aux peurs. 
 Alors je parviens enfin à mon Enfant vulnérable. Cette rencontre est un grand moment. Je me retrouve en mon centre, éperdu de manque et de demande d’amour.
Tous les parcours initiatiques, des Dogons aux chrétiens, des Aborigènes d’Australie aux Inuits des vastes plaines gelées du Canada… remontent ainsi à la naissance. Pour renaître, libéré du poids des personnages et disponibles pour une nouvelle vie. Le génie maçonnique a magnifié cet événement d’une manière admirable. Tu auras reconnu la cérémonie d’initiation. Tout commence là. L’initiation est bien, selon les sensibilités, un accouchement dans la loge-mère ou une remontée dans le ventre maternel. Ni nu ni vêtu évidemment pour rappeler la nudité du nouveau-né.
Dès la fin de la cérémonie, le néophyte a appris les premiers pas hésitants, les premiers baisers et son âge sera de trois ans. Alors le chemin des tenues et celui des degrés amènent le déploiement de la fraternité et la croissance jusqu’à sept ans. Ne sait-on pas que « tout se joue avant six ans » comme l’assène, dans un livre essentiel, F. Dodson. Je reste ébahi par cette intuition superbe et pénétrante, des ancêtres de notre chaîne d’union.
Continuons notre introspection.
Se libérer en chaleureuse fraternité.

Comme nous l’avons vu plus haut, nous apprenons à identifier nos personnages. Mais ce n’est pas suffisant pour en avoir une vraie vision lucide. On sait qu’au fur et à mesure que se construit, dans notre esprit, un personnage, son opposé est évoqué,, par nous-même, comme un repoussoir. Par exemple, celui qui a un personnage d’activiste considèrera de facto que le personnage du paresseux (comme il le perçoit) est à fuir à tout prix. Tandis que celui qui est décontracté et prend son temps se méfiera comme de la peste de celui, celle qui est agité(e). En bref chacun(e) est prisonnier de ses représentations et tombe dans le gouffre sans fond du dualisme qui induit le désespoir et l’isolement. La méthode du Dialogue intérieur prend ce danger en charge : le faciliteur aide le facilité à reconnaître ses opposés, voire ses personnages reniés..
Et là, encore un coup de génie de notre Voie maçonnique, qui, décidément, a tout compris : En effet, le rite avec ses arcanes met en évidence les opposés, parfois reniés, des six personnages. Mais que l’on reconnaît vite chez les autres, puisque nous les taxons de faiblesses voire de défauts. Il s’agit des personnages Haine, Démolisseur, Bavardage, Rébellion, Isolement et Égocentrisme. En les reconnaissant, nous apprenons à situer chaque rôle à sa juste place. Par exemple : Où est-ce que je me situe réellement entre la haine et l’amour ? Faut-il encore que le faciliteur m’y amène. Chez nous, c’est le rituel qui joue ce rôle :il nous présente les si au cours de nos cérémonies. À nous de les mettre en rapport avec nos personnages qui les mettent, de près ou de loi, en scène dans notre vie.

Le Haineux (Amour) est évoquée de loin à l’initiation avec les épreuves. Le Démolisseur (Bâtisseur)Un peu aussi au degré de Maître et plus au-dessus. Le Bavard (Silence) quand des Frères, des Sœurs prennent la parole et refont une planche, dans l’impatience générale. Rebelle (Obéissant) à l’élévation à la Maîtrise bien sûr. L’Isolé quand, sur les parvis, personne ne lui adresse la parole et qu’il-elle fait de même. L’Égocentrique quand les anciens ne transmettent plus….
Mais cette découpe à la hache des qualités et des défauts humains nous fait tituber dans l’illusion Personne n’est totalement ceci ou cela. Deux parades : d’abord chaque personnage dont nous avons pris conscience se situe, dans notre réalité entre les deux pôles. Et ce sont les autres qui nous en font prendre conscience. Ensuite chaque pôle a ses forces et ses faiblesses, tout en nuances. Voyons cela plus précisément en deux temps.

Quand Jacques et Marie-Paule se découvrent mutuellement

Progressivement, le Frère, la Sœur va voir de plus en plus clairement en lui ses personnages et leur opposé positivé. Les uns et les autres forment des continuum sur les quels la Sœur, le Frère se positionnent désormais avec plus de réalisme que le sinistre dualisme des qualités et des défauts, si prisé naguère chez les Francs-maçons
Un exemple : Le Frère Jacques, compagnon, jusqu’à peu, se glorifiait d’être attaché à la qualité de ses productions .Il ne laisse rien en plan. Il trouve, sans grande conscience de son jugement à la hache, que la Sœur Marie-Paule ne finit jamais rien, ne se prépare pas beaucoup, d’ailleurs, pour y arriver. Vraiment pour lui, c’est du laisser-aller. Et puis, il commence à assimiler son degré de Compagnon fait de rencontres, de partage et de fraternité. Le Premier Surveillant lui a expliqué qu’il avait intérêt, et sa Sœur Marie-Paule aussi, à chercher et à trouver, les bons aspects de ce « laisser-aller ». Au cours d’une tenue, la réponse lui est venue soudain : Sa Sœur est à l’aise, calme et détendue et lui, souvent sous tension.
 Du coup il est revenu du jugement qu’il porte sur le personnage qu’il croit être soi., le Perfectionniste. En fait il est mu par ce personnage et les rôles qui en dépendent. Lui aussi, comme sa Sœur, se situe quelque part entre la lune et le soleil. Il voit désormais clair dans sa position. Entre le Perfectionniste et le Détendu. Grâce à cette vision lucide, il devient moins exigent vis-à-vis des personnes très détendues. Il a bougé. Conséquence : sa fraternité s’est accrue.
 On peut faire la démonstration à partir des yeux de Marie-Paule. Et cela pourrait donner ceci en miroir. Le Frère Jacques est « pointilleux, il n’est jamais satisfait… ». Elle s’efforce de positiver : elle trouve que ce Frère est, en fait, soigné, attentif à ce qu’il fait. Elle comprend que son jugement était faussé par son propre côté détendu. C’est la vision lucide qui l’enjoint de revoir sa position : il y a à prendre des deux côtés. Désormais cette Sœur non seulement ne sera plus agacée par le perfectionnisme du Frère Jacques mais, en plus, elle s’en inspirera pour faire bouger une détente qui, parfois, confine au laisser-aller.

Les opposés ne le sont pas tant que ça…

Reprenons les opposés que nous avons découverts. Par la raison ou, mieux, par l’imagination et grâce à cette fraternité qui est l’alpha et l’oméga de la Voie , traduisons-les en attitudes positives. Nous obtenons alors les conversions suivantes : La Haine devient le combat pacifique pour la paix, le refus de la soumission ; le Démolisseur devient la capacité de se remettre en cause ; le Bavardage devient l’enthousiasme à partager ses points de vue ; la Rébellion nous aide à marquer les limites de la tolérance ; l’Isolement nous rappelle qu’in fine, on ne s’initie que par soi-même ; l’Égocentrisme débouche sur cette estime de soi, défaillante chez plusieurs…Tu auras remarqué que ces opposés positifs sont favorisés par le rituel et notre morale.. Nous sommes arrivés à cette constatation : il n’y a pas de mauvais et de bons côtés mais une continuité entre deux pôles qui ne sont que des repères. Pour aller plus loin.

Œuvrons pour demain

La démarche maçonnique est prodigieuse : elle est lisible avec les outils de compréhension de l’Homme les plus récents et qui annoncent déjà demain. Cette Voie initiatique est un des plus beaux présents que l’Homme s’est forgé pour s’approfondir, grandir et aimer.
Je te propose, pour terminer, une belle phrase annonciatrice de Philippe, Orateur d’une de mes loges, qui chante la labilité de nos personnages : Chacun de nous sera prêtre et fidèle en même temps ; il sera, en même temps citoyen et métèque, croyant et athée. Il sera le premier, il sera le dernier. Ici même il sera la Terre, il sera le Ciel, il sera l’Eau, il sera le Feu. Il sera la houle, il sera le rivage.

Il sera la Mort, il sera la Vie. Mais qui ou quoi qu’il soit, quoi qu’il fasse, il devra garder les yeux grand ouverts sur lui-même, pour voir tel qu’en lui-même l’initiation le change.