De notre confrère paraguayen lanacion.com.py – José Miguel Fernández Zacur
La franc-maçonnerie est une institution philosophique, initiatique, progressiste, civilisatrice et philanthropique formée par des hommes qui cherchent à être meilleurs en cultivant des valeurs éthiques et morales.
La présence de la franc-maçonnerie au Paraguay commence avec le Conway Naval Lodge, qui opérait sur le vapeur britannique Locust sous le commandement du commodore (et vénérable maître) Ernest Hotham. Son frère, Sir Charles Hotham, chevalier commandeur et capitaine de la marine accrédité en mission spéciale pour le Río de la Plata, est celui qui, arrivé dans la baie d’Asunción en décembre 1852, reconnut l’indépendance du Paraguay au nom de Sa Majesté le La reine Victoria, le 4 janvier 1853.
La tradition dit qu’à cette époque, une loge clandestine appelée Pitágoras fonctionnait également à Asunción, dont la vénération est attribuée à l’immigrant italien Enrico Tuba.
Drapeau national du Paraguay
La Grande Loge Unie d’Angleterre (Grande Loge Mère, fondée le 24 juin 1717) reconnaît l’autonomie de la franc-maçonnerie paraguayenne le 2 mars 1910 et lui attribue une ancienneté qui remonte à l’année 1869.
Cette année-là, les événements suivants se sont produits :
1. Le 18 juillet 1869, la Faith Lodge a été fondée sous les auspices du Grand Orient du Brésil dans la vallée des Bénédictins (séparée jusqu’en 1882 du Grand Orient du Brésil dans la vallée de Lavradio ). , qui a travaillé dans la langue portugaise.
2. Le 18 septembre 1869, la Loge de l’Union paraguayenne n° 30 a été fondée sous les auspices de ce qu’on appelait alors la Grande Loge d’Argentine. Ce numéro « 30 » n’appartient pas à la liste paraguayenne mais à la liste argentine, succédant à la Loge Fraternité n° 29 de Goya et précédant la Loge Egalité n° 31 de Buenos Aires.
Ces deux premières Loges se partageaient la location du même Temple situé à Independencia Nacional y Justicia (aujourd’hui General Díaz) pour 300 Patacones Fuertes par mois. La Faith Lodge a ouvert un chapitre rosicrucien et a fini par se diviser en quatre autres qui ont fini par s’appeler la foi elle-même, la fraternité maçonnique, l’asile de la vertu et Fede e Laboro. En même temps, les Loges de l’Espoir, de la Charité et de l’Amour de la Vertu ont été établies à Humaitá. La Cruz Lodge opérait également sur l’île de Cerrito, fondée le 27 août 1871 dans la résidence du capitaine de frégate José Marques Guimarães et transférée plus tard à la base navale de Ladário, dans le Mato Grosso do Sul.
Toutes ces cellules sont devenues orphelines en 1876 lorsque les forces alliées ont quitté le territoire national.
Cela a donné lieu à une deuxième ère de l’Ordre au Paraguay (en vigueur encore aujourd’hui), inaugurée avec les Loges Aurora n ° 66 en 1887 et Sol Naciente n ° 74 en 1892, toutes deux sous les auspices du Grand Orient de l’Uruguay. Celles-ci, renumérotées avec les ordinaux 1 et 2, constituaient un nouveau « Gran Oriente del Paraguay » avec les Loges Federico el Grande Nº 3, Libertad Nº 4 et Universo Nº 5.
Les statuts civils du Grand Orient du Paraguay ont été approuvés le 12 juin 1895, date à laquelle la Journée du franc-maçon paraguayen est rappelée par le décret du Grand Maître n ° 3/90 du 10 mai 1990.
La Lettre patente de franc-maçonnerie symbolique (les trois premiers degrés : apprenti, compagnon et maître) au Paraguay a été conférée par ce qui est aujourd’hui la Grande Loge de la franc-maçonnerie d’Uruguay le 3 janvier 1896.
La juridiction des Loges sous le Grand Orient du Paraguay a formé la Grande Loge Symbolique du Paraguay à Tenida Magna qui s’est tenue le 13 mai 1923.
En novembre 2005, la maçonnerie symbolique paraguayenne a subi un schisme. La communauté maçonnique internationale reconnaît à une large majorité la lignée que préside le soussigné comme la continuation du tronc historique au Paraguay après la scission.
Cependant, la Grande Loge Symbolique du Paraguay promeut la réunification dans sa juridiction territoriale. Les maçons ne peuvent pas résoudre nos différences à partir de la dissociation, contribuant à l’illusion manichéenne des contraires irréconciliables.
La géométrie est la partie des mathématiques qui a pour objet la mesure de l’étendue et l’étude de ses propriétés.
Terrae mensuras per multas dirigo curas (Avec précision, je mesure la terre).
La géométrie se partage en géométrie plane et géométrie de l’espace suivant qu’elle étudie les figures tracées ou non dans un même plan. Elle est dite analytique, descriptive ou encore infinitésimale lorsqu’elle s’occupe des relations entre les éléments infiniment voisins d’une figure. L’étude des tangentes, des plans tangents, de la courbe appartient à la géométrie infinitésimale.
«La Géométrie est à même de permettre à ses dévots de passer, comme sur un pont, à travers l’obscurité de la nature physique, comme voltiger au-delà des mers sombres jusqu’aux régions lumineuses de la réalité parfaite». La géométrie est l’art de la mesure, au sens propre comme au sens figuré : elle donne le sens de la proportion, de la limite, de l’harmonie, de la beauté, du vrai et du juste.
L’origine de la Géométrie remonte à la plus Haute Antiquité : Pour les Anciens, la géométrie est indéformable, éternelle et insondable : c’est la langue de Dieu, rendue accessible par la lecture des nombres. On s’accorde généralement à en placer le berceau en Égypte ; mais c’est en Grèce que naquit la vraie géométrie scientifique. Il est dit dans les Étymologies d’Isidore de Séville, au livre IIIe, qu’Euclide fut l’un des inventeurs de la géométrie et qu’il la nomma ainsi, aux environs de 300 avant notre ère à cause des partages des terrains faits au temps de la construction des digues et fossés pour se protéger des inondations du Nil . Euclide écrivit également LesDonnées qui se situent dans le cadre de la géométrie plane et sont considérées par les historiens comme un complément de ses Éléments, mis sous une forme plus adéquate à l’analyse de problèmes. L’ouvrage contient douze définitions, expliquant ce que signifie qu’un objet géométrique est donné en position, en forme, en grandeur, ainsi que 94 théorèmes. Ceux-ci expliquent comment si certains éléments d’une figure sont donnés, d’autres relations ou éléments peuvent à leur tour être déterminés.
Thalès et Pythagore, les premiers, considèrent d’une manière abstraite les vérités géométriques et c’est à Pythagore que l’on doit la découverte du célèbre théorème du carré de l’hypoténuse. Après eux, la science atteignit son plus grand développement dans les démonstrations d’Archimède et des savants de l’école d’Alexandrie, d’Apollonius, surnommé le grand géomètre, et d’Euclide dont les éléments forment encore aujourd’hui la base de l’enseignement.
À propos du temple de Delphes, Plutarque écrit : «La plupart des oracles d’Apollon prouvent combien ce dieu est versé dans la dialectique… Ainsi l’oracle par lequel il ordonnait de faire un carré double de celui de l’autel de Délos (ce qui est une opération de la plus haute géométrie) ne regardait pas proprement cet autel, suivant Platon, mais était un ordre donné aux Grecs de s’appliquer à la géométrie.»
La civilisation arabe utilise la géométrie du cercle pour composer de complexes figures géométriques et la civilisation gréco-romaine a privilégié la géométrie du carré. D’après les attestations de Proclus, l’origine de l’art géométrique est attribuée à Pythagore: «à part quelques propriétés géométriques attribuées, sans doute à tort, à Thalès, les pythagoriciens ont été les premiers à étudier la géométrie et les nombres.» Elle permet le tracé des figures mères ou formes archétypes, appelés aussi Théorie des Idées par Platon. Il s’agit des idées archétypes, pures, absolues, primitives, qui servent de modèle à toutes les formes visibles. L’univers est le créateur du modèle de la réalité, il utilise la géométrie comme technique logique de création, donc comme technologie pour harmoniser la réalité, les lois de la géométrie sont les lois de la vérité. Le compas est l’instrument du temps et de l’espace, le cercle fige le temps pour décrire le contenu de son espace.
Au-delà des mathématiques, la géométrie préfigure l’architecture, objet spécial des études du compagnon, lui qui doit construire son temple intérieur avec l’aide de ses voyages, ses quêtes, ses travaux, muni de la règle et surtout du compas. Comme on le voit sur la gravure du XVIe s. de Martin de Vos «Geometria», la Géométrie y est coiffée d’une couronne de murailles, synonyme de maçonnerie et d’architecture.
L’éloge particulier de la géométrie qui, dès l’époque médiévale, apparaît synonyme de Maçonnerie, trouve sa justification dans le fait que l’homme travaille toujours par mesure. La géométrie est citée en cinquième place après la grammaire, la rhétorique, la dialectique et l’arithmétique dans les arts libéraux. Elle est, selon le terme scolastique la quintessence (quinta essentia), la science la plus noble de toutes, celle qui ouvre sur toutes les autres. Jean Bullant (architecte et sculpteur français de la Renaissance) écrit, en faisant référence au Livre de la sagesse de Salomon, XI, 20 : «sur tous les arts qui sont dits libéraux, servant à tous, tant doctes que ruraux, le principal après l’Arithmétique est le savoir appelé Géométrique, pour parvenir grâce à lui à ceux qui sont plus hauts… Dieu a créé [réglé] les corps et animaux, depuis le ciel jusqu’aux minéraux, par nombre, poids et mesure harmonique. Heureux est donc qui un tel savoir explique, et qui entend secrets si généraux sur tous les arts.»
Bernard de Clairvaux (1090-1153) , abbé de Cîteaux, fit étudier la géométrie par les moines bâtisseurs que ceux-ci nommèrent le «Trait» et l’adaptèrent à l’architecture religieuse dont les ouvriers du bâtiment tirèrent un enseignement qu’ils transformèrent en science dans l’art de concevoir et bâtir des édifices et qui engendrèrent le Compagnonnage avec ses règles strictes de connaissance et de secret.
Pour le franc-maçon, la relation entre géométrie, art royal de l’architecture et édification spirituelle est incontestable, inspirée de la maxime platonicienne, «Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre», inscrite au-dessus de la porte de l’école de Pythagore. Et Platon de rajouter : «La géométrie est une méthode pour diriger l’âme vers l’être éternel, une école préparatoire pour un esprit scientifique, capable de tourner les activités de l’âme vers les choses surhumaines…» Mais n’oublions pas qu’il a ajouté à cette célèbre phrase «mais que nul n’y demeure s’il n’est que géomètre».
Histoire et Géométrie de la chapelle de Calberte avec Daniel Darnas et Jean-Claude Pasca (V3). Les Sentiers Initiatiques
Être géomètre, c’est être capable de démontrer les choses par soi-même. Comme il est écrit dans le texte La géométrie sacrée de Pacioli (p.13) : «la Géométrie s’occupe de formes pures et la géométrie philosophique retrace l’épanouissement de la forme de celle-ci. C’est la manière par laquelle le mystère essentiel de la création est rendu visible. Le passage de la création à la procréation, de l’idée formelle pure et non manifestée à l’idée de l’ici-bas, le monde qui fait durer au coup du divin originel, peut être dressé avec la géométrie et pratiqué à travers les exercices de géométrie.»
Il convient de noter le plus ancien de tous les documents maçonniques connus, le manuscrit de Halliwell (parfois appelé le Poème de Régius), s’ouvre sur la ligne : Hic incipiunt constituciones artis gemetriae secundumEucyldem (Ici commencent les constitutions de l’art de la géométrie selon Euclide).
On trouve dans le CookeManuscrit d’environ 1410 : «Vous devez savoir qu’il y a sept sciences libérales ; grâce à elles, toutes les sciences et techniques de ce monde ont été inventées. L’une d’elles, en particulier, est à la base de toutes les autres, c’est la science de la géométrie. Parmi les sept sciences libérales par lesquelles toutes sciences et tous métiers au monde ont été fondés à l’origine, la géométrie [bien que classée 5ème ou 6ème] est la cause de tout [dans la tradition compagnonnique] : c’est-à-dire que la science de la géométrie est au-dessus de toutes les autres, «car il n’est pas d’art travaillé par la main des hommes qui ne le soit, par la géométrie.» Cette idée se trouve dans la partie historique des Old Charges, comme dans le Manuscrit Inigo Jones de 1607 : Les gens de la terre, les marins, les planteurs, tous ont recours à la Géométrie, car ni la Grammaire, ni la Logique et aucune des autres Sciences ne peuvent exister sans la Géométrie ; science des plus estimables et des plus honorables. Le Manuscrit Dumfries (1710) attire l’attention sur la géométrie et raconte comment elle fut amenée en France par un certain Minus Grenatus, alias Green, qui avait aidé à construire le Temple de Salomon et comment son œuvre fut grandement aimée par Charles Martel. Pour des évocations de la suprématie de la géométrie sur les autres sciences dans les textes, consulter le Dictionnaire des symboles maçonniques par Jean Ferré à partir de la page 166.
Pour William Preston dans son Discours sur le deuxième grade, la lettre G signifie bien Géométrie et énonce dans le premier alinéa de la clause 9: «Quelle est la signification morale de la géométrie? Dans cette recherche, nous sommes en mesure de retrouver la nature sous ses formes diverses et dans ses recoins les plus secrets, comme si par le biais de cette science, il nous y était possible de découvrir la Sagesse, le Pouvoir et la Bonté du Grand Architecte de l’Univers et examiner avec un plaisir sans bornes, les proportions sublimes qui unissent et sanctifient les fruits de la création.»
Sur le frontispice des Constitutions d’Anderson on retrouve la figure du théorème du fameux triangle rectangle de Pythagore «qui est le fondement de toute la Maçonnerie, sacré, civile, et militaire» ; manière de le reconnaître, sans doute, comme le père de la géométrie mais insistant, aussi, sur le nécessaire savoir qu’apporte la géométrie à un esprit éclairé.
Pour Mackey, la géométrie et la maçonnerie étaient à l’origine termes synonymes, «la géométrie est de nature divine et morale, enrichie de connaissances les plus utiles, de sorte que même si elle prouve les merveilleuses propriétés de la nature, elle démontre les vérités les plus importantes de la moralité. À n’importe qui sauf un franc-maçon le l’idée de géométrie fournissant la vérité morale divine est tout à fait étrangère et incompréhensible. Pourtant, pour nos premiers frères, c’était presque certainement le cas. La géométrie et ses alliés, les branches de la trigonométrie, de l’architecture et de l’astronomie, était la seule science exacte connue, et en tant que tel, il est devenu un emblème de la perfection morale».
Comme le dit Jean-Michel Mathonière, « la géométrie, cette science hors du commun qui trouve son sommet dans la stéréotomie, matérialise en quelque sorte l’aptitude du maçon à saisir la complexité du monde. Car le «maçon de pratique» doit maîtriser à la fois l’action très physique de la taille et de l’appareillage des pierres avec de lourds outils mais aussi la subtile discipline de l’art du trait et de ses délicates épures. Penser la matière et construire le monde, c’est peut-être cela que les «opératifs» ont transmis à leurs lointains descendants «spéculatifs». Ce secret des origines est encore au cœur de leur identité maçonnique ».
La géométrie sert de passerelle entre le nombre et le symbole. Dans bien des cas, le symbole est d’inspiration géométrique, mais toute forme géométrique n’est pas symbolique car enfin nul n’entre ici s’il n’est que géomètre.
Ancêtre de la géométrie moderne, la géométrie de Platon était donc exclusivement une science spirituelle dont la finalité n’était pas de former les étudiants à l’esprit mathématique, ni aux méthodes de mesures quantitatives, mais plutôt à ouvrir leurs intuitions à l’appréhension des réalités spirituelles et à leur rendre intelligibles les lois de la création métaphysique du cosmos et la terre, ces espaces où se déploient les «formes», c’est-à-dire, les corps physiques. Euclide n’a-t-il pas donné le nom de Géométrie à ce qui est appelé maintenant Maçonnerie à travers toutes les nations ? On comprend l’intérêt des francs-maçons pour la géométrie. Fille de la géométrie, la Maçonnerie peut reconnaître en Euclide son génial précurseur. Elle peut se retrouver dans les constructeurs des pyramides et leurs secrets, et faire d’Hiram l’architecte du Temple de Salomon, un Maître et son exemple.
Le terme générique paganisme est employé depuis le VIe siècle par des chrétiens pour designer la religion de ceux qui ne sont ni chrétiens ni juifs. Il remonte au latin paganus : au VIe asiècle, ce mot pouvait servir à désigner les habitants des campagnes par opposition à ceux des villes ou bien les civils par opposition aux militaires. Entre le IIe et le IIIe siècle, Tertullien opposait déjà les milites christi, les « soldats du Christ », aux pagani fideles, ceux qui restaient fidèles à leur pays, à leurs traditions et à leurs racines.
Le terme a ensuite été adopté dans la littérature chrétienne. Même s’il y désigne toujours ceux qui ne sont pas chrétiens, son acception y est cependant ambiguë. Il est parfois employé de façon péjorative pour désigner ceux qui sont tenus pour être des ignorants, parfois de façon neutre pour désigner les philosophes grecs, parfois encore pour désigner des chrétiens jugés mal convertis ou tièdes dans leur foi. À partir de 370, des lois impériales regroupées au Ve siècle dans le code théodosien emploient le terme paganus pour désigner ceux qui pratiquent la magie, ceux qui sont considérés comme superstitieux ou dans l’erreur. Le terme a depuis conservé une connotation péjorative.
De nombreux pères de l’Église ayant écrit « contre les païens », le paganisme a eu une première existence sous forme de fiction littéraire, comme s’il s’agissait de la religion de ceux qui ne sont pas chrétiens. Le paganisme tel qu’il a été exposé par les Pères de l’Église n’était cependant pas à proprement parler une religion mais plusieurs entre autres choses, il s’agit plutôt de l’ensemble sans homogénéité des positions philosophiques et des croyances rejetées par les Pères de l’Église. Le paganisme est ainsi, dans l’antiquité tardive, une attitude combattue par des chrétiens puis par les autorités. C’est surtout à l’époque moderne, avec l’essor de l’histoire des religions que le paganisme commence à être perçu et étudié comme une religion parmi d’autres. Le paganisme peut aujourd’hui être revendiqué sous forme de néo-paganisme, ou bien comme une position philosophique tel que l’a fait Marc Augé dans Le génie du paganisme.
Le mot paganus n’a pas son correspondant chez les écrivains chrétiens de langue grecque qui utilisent le terme moins péjoratif de « nations » ou « religions nationales » (ethnikoï) (décalque de l’hébreu).
Il s’agit, dans presque tous les cas, du rejet de toutes les formes de comportement religieux pré-chrétien, principalement de tout polythéisme (antique), et assez vite de tout ce qui peut s’interpréter (de la part d’une orthodoxie chrétienne en devenir) comme une hérésie (ethnophrone). Les païens sont de la sorte les populations à évangéliser, convertir et/ou combattre et soumettre : prosélytisme, Grande Mission, nouveau chrétien, nouvelle évangélisation (1979), croisade.
Le pouvoir corrompt, nous le savons depuis longtemps. La psychologie expérimentale vient de montrer à quelle vitesse l’exercice du pouvoir fait diminuer l’empathie et d’autres vertus sociales. En loge nous avons intérêt à le savoir et pratiquer la vigilance .
Guy Debord nous dépeignait naguère la société du spectacle, dans laquelle nous baignons en permanence. Tous les jours nous voyons qu’il avait raison, devant la déferlante de turpitudes que les politiciens se font entre eux. Nous avons tendance à voir dans ce milieu politique des exemplaires un peu atypiques de l’humanité : les narcissiques, psychopathes et autocrates y seraient surreprésentés. Ce n’est pas faux, probablement, mais il y a une autre cause. Explications.
Machiavel avait donné des leçons de management musclé, ou en tous cas peu portées sur le respect des faibles. Lord Acton, historien et philosophe anglais du XIXème siècle, avait popularisé la formule suivante. « Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument. » La seconde partie de la formule vise directement le pouvoir dictatorial, mais elle est précédée d’une prémisse inquiétante.
Notre frère Montesquieu avait aussi repéré la chose avec cette déclaration : « Que quiconque possède le pouvoir ait tendance à en abuser est une vérité éternelle ». Remarquons qu’ici ce n’est pas que le microcosme politique qui est visé. Serions-nous devant un invariant de l’humain ?
Invariant humain, il serait alors aussi présent dans nos loges ?
Euh, ben oui : qui n’a pas aperçu cette résistance de certains vénérables au moment de prendre la place de couvreur à leur descente de charge ? Qui n’a vu d’anciens vénérables dire à leurs successeurs cet inacceptable « il faut que tu … » ? Qui n’a vu des fondateurs de loge se mettre presque à « casser le jouet » désormais aux mains d’autres ?
Plusieurs équipes de chercheurs se sont penchés sur la question, dont ceux de l’université Columbia ( Galinski et al. ). Le CNRS et les universités françaises participent aussi aux recherches ( Laurent Bègue-Shankland, entre autres ) . C’est autour de la faculté de s’approprier la pensée d’autrui que la recherche est menée. Par faculté, il faut comprendre la capacité de faire et l’utilisation effective de cette capacité. Si la faculté est en baisse, on conclura être en présence d’une transformation du comportement, signe d’un « dégât » dû à l’exercice du pouvoir.
Le test de discrimination porte le vilain nom technique de « test de décentration perceptive spontanée ». C’est en fait simple. Vous demandez à la personne examinée de tracer un E majuscule sur son propre front. Mais elle doit être tracée de manière à ce que les autres puissent la lire. Cela paraît fastoche comme ça, et pourtant c’est discriminant. A certains participants on avait demandé juste avant le test de se remémorer un événement où elles avaient été en position de domination sur d’autres . Chez celles-là, la proportion des personnes écrivant la lettre correctement était divisée par trois !
Et chez les personnes qui avaient déjà occupé des fonctions élevées les scores étaient encore inférieurs.
D’autres tests concernent la reconnaissance des émotions au vu de photographies : là aussi les personnes de pouvoir ( exercé auparavant ou évoqué ) affichent de plus bas scores.
Une étude américaine a montré que les comportements transgressifs au volant augmentent avec le prix de la voiture.
On voit donc le lien entre le statut social et l’autorisation de l’individu à ne pas respecter certaines règles. Cette caractéristique est très connue chez les narcissiques : « les règles, c’est pour les autres ». J’en conclus qu’il faut éviter les maillets de trop belle facture dans nos ateliers !
Autre test : on observe, dans un groupe où un leader vient d’être désigné, une tendance à s’approprier une plus grande proportion de choses ( par exemple des gâteaux ) que la moyenne du groupe, et de les consommer de manière moins discrète. Le pouvoir incite donc très vite à des comportements incivils ou désinhibés.
Le psychologue Keltner a nommé ces phénomènes le paradoxe du pouvoir. Une fois le pouvoir conquis, on perd certaines qualités qui ont été nécessaires pour l’obtenir.
Conscient de ces problèmes, notre frangin Montesquieu en avait conçu l’idée de séparation des pouvoirs : pas mal, non ?
Dans nos loges, zoomons bien sur le rôle de l’orateur. L’orateur doit se concentrer sur le strict respect de la règle, et s’interdire de donner son avis sur le fond des choix, qui appartiennent au vénérable . Et que tous se remémorent la fragilité de nos petits cerveaux face à l’intensité du plaisir lié au pouvoir et sa capacité à créer immédiatement de l’addiction !
Bref : vigilance et responsabilité individuelle de tous pour agir dès qu’il le faut
Depuis presque une quinzaine d’années, le rédacteur en chef Benjamin John, le Grand Maître Adjoint en charge des Affaires Extérieures et du développement, inlassablement, adresse à des milliers de maçons abonnés (ou pas) la lettre d’information de son Obédience la Grande Loge Française de Misraïm : LE BULIM. Cette lettre de 36 pages est un habile moyen de nous donner des nouvelles maçonniques et promouvoir son obédience la Grande Loge Française de Misraïm créée en 1996. On y trouve aussi des informations pratiques. Nous vous proposons ce mois-ci de découvrir le dernier numéro que vous pourrez télécharger intégralement en fin d’article.
Pour s’abonner cliquez sur ce lien et demandez et envoyez votre adresse au rédacteur en chef.
De la page 1 à la page 14, on y trouve l’actualité mensuelle renouvelable. De la page 15 à la page 27, des informations sur l’Obédience. De la page 28 à la dernière page, on y trouve des pages d’instruction au Rite de Misraïm.
Au cours du mois de mai, la Grande Loge du Chili a fêté les 160 ans de sa fondation dans le pays. C’est dans ce contexte que différentes activités culturelles seront menées pour rapprocher les gens des clés de la franc-maçonnerie, révéler les jalons de l’institution, raconter les histoires de ses plus grands représentants et mettre à la disposition du public des pièces clés qui font partie de la tradition républicaine de notre pays.
Dans ce scénario, l’exposition maçonnique a été inaugurée au Musée historique national, qui compile en 24 panneaux les événements les plus pertinents de la Grande Loge du Chili depuis sa fondation, mettant en évidence les figures d’anciens présidents, politiciens, médecins, écrivains et musiciens liés à la franc-maçonnerie et qui a apporté de grandes contributions au pays.
L’exposition, ouverte au public sur présentation du Mobility Pass, sera disponible jusqu’au 23 juin dans la salle des gouverneurs du lieu situé en face de la Plaza de Armas à Santiago, du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 : 00h00 De plus, l’exposition sera présente dans les zones Bibliometro du métro, plus précisément dans les stations Plaza de Armas, Quinta Normal, Vespucio Norte et Baquedano.
L’exposition maçonnique touchera également les régions. Du 6 juin au 6 août, l’exposition sera exposée au Musée régional d’Atacama, dans la ville de Copiapó, tandis que jusqu’au 30 juin, les panneaux seront exposés à la Bibliothèque régionale de Concepción.
Réouverture du Musée maçonnique
Après une fermeture forcée à la suite de l’épidémie sociale et de la pandémie, le Musée maçonnique a rouvert ses portes. Le site a obtenu un Fonds pour l’amélioration intégrale des musées 2021, de la sous-direction nationale des musées, pour mettre en œuvre de nouvelles mesures de sécurité, protection de la conservation des pièces, projet d’éclairage, développement du scénario du musée, entre autres.
Le musée possède des pièces clés pour l’histoire de la République, en fait, les plus anciennes remontent à 1862. Parmi elles se trouvent le tablier de Salvador Allende, des articles de Blanco Encalada, des documents de Vicente Huidobro, des articles de Sótero del Río, des archives de José Miguel Carrera et plusieurs objets appartenant à des présidents du Chili liés à la franc-maçonnerie, tels que Carlos Ibañez, Gonzales Videla et les radicaux.
La « Franc-Maçonnerie » et, plus précisément le « Rite Écossais Ancien et Accepté » qui est le sujet spécifiquement abordé dans cet ouvrage, a donné lieu à de multiples publications fort documentées. Le propos des auteurs n’est pas d’en reprendre d’une quelconque façon les données historiques ou conceptuelles, mais seulement d’en présenter une approche particulière : celle faisant référence aux données traditionnelles extrême-orientales donnant préséance au concept « d’énergie ».
En effet, envisagé sous une telle optique, il faut fondamentalement comprendre le rapport « matière / énergie » non pas en termes binaires, duels, mais en tant que « continuum » comportant à une extrémité l’énergie la plus subtile : « l’Energie », et à l’autre extrémité l’énergie la plus dense : « la Matière ». Ce faisant, la compréhension des Rituels revêt une nouvelle dimension parce que, tout en respectant parfaitement la forme et le contenu, apparaît une vision d’ensemble en rendant l’approche de la Franc-maçonnerie en général et du Rite Écossais Ancien et Accepté en particulier beaucoup plus évidente et compréhensible.
LES AUTEURS
Alain Robert est un ancien pilote, passionné d’histoire religieuse et en particulier de celle des cathares dans sa région occitane. Au cours de son parcours de plus de trente ans dans l’univers maçonnique, il fut pendant de longues années Expert du Rite Écossais Ancien et Accepté. Féru d’alchimie, il essaye de transmettre ces bases dans une volonté de synthèse et de simplicité abordable par le plus grand nombre au sein de son obédience et de sa juridiction. Jean-Claude Darras est docteur en médecine de la Faculté de Paris, diplômé de médecine aéronautique, chargé de cours d’Acupuncture à la faculté de médecine de Paris. Professeur et directeur de l’enseignement de l’institut du Centre d’Acupuncture de France, Président de l’Académie Médicale d’Acupuncture, il a participé à nombre de travaux et de recherches médicales spécialisées dans l’acupuncture, en particulier sur « l’exploitation isotopique des méridiens » à l’hôpital Necker. Il a publié de nombreux ouvrages dont un traité médical sur l’acupuncture en cinq volumes. Président de l’Union Mondiale des Sociétés d’Acupunctures, il a été également membre du Bureau de la World Research Foundation (USA), ainsi que Membre d’honneur de nombreuses sociétés d’acupunctures internationales. Il est devenu, à ce titre, un conférencier mondialement connu et apprécié lors de ces interventions internationales. Spécialisé dans la Médecine Chinoise Traditionnelle, il a effectué de nombreux séjours d’étude en Extrême-Orient et en particulier en République Populaire de Chine. Son long parcours maçonnique, exclusivement au sein du Rite Écossais Ancien et Accepté lui a permis d’aborder ce rite sous un éclairage original.
Chaque jeudi soir, du 23 juin au 1er septembre, à 19h30, Christian Roblin, Président du Collège Maçonnique, vous invite à une série de conférences sur le thème :
« Identités/Altérité : soi et les autres »
Un rendez-vous estival proposé aux Sœurs et aux Frères de toutes les Obédiences.
Parmi les devoirs du maçon, il y a sa présence, fréquemment, aux réunions maçonniques, que nous appelons aussi « travaux en loge ». Ces réunions peuvent être hebdomadaires, bimensuelles ou avoir lieu à un autre moment, selon les règles spécifiques à chaque cas. À Loja Perseverança, à Paranaguá, par exemple, des réunions régulières ont lieu une fois par semaine, avec des réunions supplémentaires occasionnelles tout au long de l’année.
Au fur et à mesure que l’initié progresse dans son apprentissage, le nombre de rencontres hebdomadaires tend également à augmenter. Il est également possible, et même encouragé, de visiter sporadiquement le travail d’autres loges, dans la même ville ou dans d’autres, toujours à la recherche d’une plus grande coexistence fraternelle.
Comme indiqué, le Temple maçonnique est « l’endroit où les maçons se réunissent périodiquement pour pratiquer les cérémonies rituelles qui leur sont permises, dans un environnement fraternel et propice à concentrer leur attention et leurs efforts pour améliorer leur caractère, leur vie spirituelle et développer leur sens des responsabilités, les faisant méditer sereinement sur la mission de l’homme dans la vie, leur rappelant sans cesse les valeurs éternelles dont la culture leur permettra de s’approcher de la vérité.
C’est donc dans ces réunions que se produit la transmission, aux initiés, des enseignements maçonniques, à travers la tradition des significations symboliques présentes dans les rituels des Loges, étant la fréquence nécessaire à l’apprentissage adéquat.
Bien que « rituels », « rituel » et « rite » soient des concepts qui provoquent dans l’imaginaire populaire la fausse impression que la franc-maçonnerie est une religion (ce que nous avons déjà démontré auparavant qu’elle ne l’est pas), en réalité ils ne représentent, pour les francs-maçons, que partie des outils qui composent la pédagogie de la franc-maçonnerie, c’est-à-dire la manière de transmettre une sagesse très ancienne entre les générations. Cela se fait à travers plusieurs « Rites », chacun avec ses particularités, plus ou moins ésotériques, et avec son propre contenu historique, mais tous avec le même objectif commun, l’amélioration de l’homme pour la meilleure construction de l’édifice social.
Par conséquent, en franc-maçonnerie, par définition, le « rite » est l’ensemble des règles d’une cérémonie dans laquelle les degrés sont communiqués ; ou l’ensemble des cérémonies de chaque système maçonnique. Ces cérémonies se déroulent également conformément à d’autres définitions du « rite », telles que « une série de procédures invariables dans l’accomplissement d’une certaine chose ; coutume, habitude », ou « ensemble de formalités qui doivent être observées pour qu’un acte soit considéré comme valable ».
Le rituel, quant à lui, est le « livre qui contient les rites établis » (…) « et la manière d’accomplir les cérémonies », c’est-à-dire « l’ensemble des actes et des pratiques propres à une cérémonie rituelle », ou « l’ensemble des rituels » des règles socialement établies qui doivent être observées dans tout acte solennel , cérémonial. » Il n’y a aucun aspect religieux impliqué dans cela.
Chaque Loge est directement liée à un seul Rite, une infinité de rites étant pratiqués dans différentes Puissances, quelle que soit leur régularité. Ainsi, toujours à titre d’exemple, dans la Loge Perseverança le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) est pratiqué, avec seulement six autres pratiqués dans d’autres Loges du Pouvoir Grande Oriente do Brasil (GOB) régulier, à savoir Rito Adonhiramita, Rito Brasileiro, Rite Moderne, Rite Schröder, Rite York et Rite Écossais Rectifié – RER.
La semaine prochaine, nous continuerons à analyser les principaux aspects de la tradition ritualiste en franc-maçonnerie.
D’après les informations de « Qu’est-ce que la franc-maçonnerie » – GOB-PR ; gob.org.br ; gob-pr.org.br ; Dictionnaire en ligne des langues d’Oxford.
De notre confrère colombien eltiempo.com – Par LAURA VALENTINA MERCADO HERNÁNDEZ
« Ni sages, ni moralistes, ni philosophes, ni saints. »
C’est ainsi que sont décrits les membres de la philosophie maçonnique au sein du Kopp Mansion, un lieu qui a près de 100 ans d’histoire et qui est aujourd’hui le siège de la Grande Loge de Colombie, le plus grand centre de connaissance de la franc-maçonnerie au monde.
Située sur la Carrera 5 avec la Calle 17, cette construction emblématique est quelque peu cachée, puisque les passants ne voient à première vue qu’un grand parking et un mur blanc, avec un blason de la Grande Loge et une petite publicité indiquant qu’à 100 mètres de là est un restaurant de cuisine péruvienne et japonaise.
Dès le départ, une certaine atmosphère de secret et de mystère se crée. Que se cache-t-il derrière ses murs ?
Au bout dudit parking, on peut voir une immense maison à deux étages, élégante et classique, avec un jardin à l’extérieur qui contient plusieurs figures emblématiques de la philosophie maçonnique , et les statues de personnalités reconnues ayant fait partie de cet ordre : Galileo Galilei, Jorge Eliécer Gaitán, Tomás Cipriano de Mosquera, Eduardo Santos, entre autres.
Deux statues se détachent : l’une d’un homme aux yeux et aux mains bandés, et l’autre d’un personnage tenant un ciseau et un maillet dans ses mains.
Les chiffres expriment la symbologie utilisée par les maçons.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
Le premier chiffre exprime « ce sentiment d’aveuglement constant qui vous pousse à utiliser la pensée », explique Rafael Enrique Conde, qui est dans la Loge depuis plus de 35 ans et a servi ces derniers mois comme Grand Économe du lieu.
« L’idée est que vous pouvez vivre sans attaches. Le maçon est un homme libre avec de bonnes habitudes, avec une pensée différente. La connaissance est générée dans la mesure où vous êtes capable de casser les paradigmes » , assure-t-il.
La deuxième figure, selon les mots de Condé, représente l’homme se trouvant. « Nous sommes une Pierre brute, nous commettons des erreurs, nous vivons constamment menacés par le vice et les échecs, mais nous devons vivre en attendant la construction. »
En se rendant à l’entrée principale de la maison, les visiteurs sont accueillis par les figures d’un maître et d’un apprenti maçon , tous deux portant une armure et tenant une épée.
L’apprenti et le maître à l’entrée du manoir Kopp.
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Nestor Gomez. LE TEMPS – Ses premiers propriétaires
La construction a été conçue et réalisée en 1923 par l’architecte Alberto Manrique Martín pour Leopoldo Kopp Castello -fils de l’Allemand Leo Siegfried Kopp, fondateur de la Bavière- et son épouse Olga Dávila Alzamora.
Là, le couple a vécu avec leurs quatre enfants -Leopoldo, Olga, Elsa et Beatriz- jusqu’à ce que, en 1938, Leopoldo Kopp décède.
En 1953, Dávila a épousé l’ancien président Alfonso López Pumarejo, et ils auraient vécu dans le manoir jusqu’en 1955, quatre ans avant la mort de l’ancien président à Londres alors qu’il était ambassadeur en Angleterre.
La Grande Loge de Colombie a acquis la propriété en août 1988 ; cependant, son lien avec la franc-maçonnerie est ancien. Leo Siegfried Kopp était un franc-maçon engagé, même pendant des années, on a dit que c’était lui qui habitait le manoir et non son fils.
Le portrait de Leo Kopp dans la Grande Loge de Colombie.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
Et il fallait s’y attendre, puisque Don Leo, comme on l’appelle aussi, prit en 1917 l’initiative de construire sa propre maison pour son temple maçonnique, et fit don de cinq mille pesos d’or pour le démarrer.
En tant qu’homme d’affaires, il a non seulement été une étape importante pour l’industrie de la bière en Colombie – créant le célèbre terme « pola » pour désigner la boisson – mais il s’est également engagé à aider les moins fortunés, en particulier au sein de son entreprise, honorant la générosité qui est promu dans l’Ordre.
L’historien Luis Fernando Molina, dans son livre ‘Leo S. Kopp 1858-1927, Historia De Un Visionario’, rappelle que l’Allemand a soutenu la lutte contre la lèpre, aidé ses ouvriers à acquérir un logement, créé les premières salacunas pour les femmes qui avaient des enfants et travaillaient et garantissaient la santé et un bon salaire alors que les droits du travail n’existaient pas encore en Colombie.
Statue et tombeau de Leo Kopp, fondateur de la Bavière. Des centaines de personnes lui rendent visite au cimetière central.
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Avec l’aimable autorisation de l’Institut du patrimoine culturel du district
Pour ces raisons, les gens vont probablement visiter sa statue au cimetière central , pour lui demander à l’oreille du travail, de la nourriture et un logement.
Et bien que beaucoup le voient comme un personnage de miracles, la chose curieuse est qu’il n’était pas réellement catholique. Selon Molina, il s’est déclaré déiste, c’est-à-dire qu’il croyait à l’existence d’un être suprême, mais sans suivre de religion.les sociétés secrètes
Si leur existence était connue, ils étaient considérés comme des conspirateurs.
En visitant le manoir Kopp, déclaré bien d’intérêt culturel à Bogotá, on traverse aussi, d’une certaine manière, l’histoire de la Colombie. Selon Condé, 28 présidents ont fait partie de la Grande Loge.
En entrant par la porte principale, vous pouvez voir une salle avec des statues de grandes figures de l’indépendance, qui furent les premiers maçons du pays. Francisco de Paula Santander, Antonio Nariño et Simón Bolívar en font partie.
Figure de Francisco de Paula Santander.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
« Tous ces héros de l’indépendance qui sont allés à Paris, ou qui se sont rendus à Londres pour affaires, ont commencé à s’initier aux idées des Lumières, et c’est là que la franc-maçonnerie est entrée « , explique Molina.
Au début , ces groupes d’hommes se réunissaient en secret , puisque Rafael Conde affirme que « les hommes qui avaient une façon de penser différente n’étaient pas acceptés. Parce que si leur existence était connue, ils étaient considérés comme des conspirateurs.
« Pendant de nombreuses années, les francs-maçons étaient apparentés à des êtres athées, en raison de l’ignorance des prêtres de l’époque, qui n’avaient pas une idée claire de la doctrine de ce groupe de personnes, donc ils étaient persécutés et rejetés dans la société » , ajoute l’historienne Molina.
La réception du manoir est ornée d’une table basse, de quelques fleurs et de quelques canapés autour. Sur le côté gauche se trouve l’entrée du restaurant, seul lieu ouvert au public.
Juste en face se trouve le Salón Santander , un espace où se tiennent constamment des réunions et où sont invitées des personnalités importantes de l’élite du pays. Il a été nommé en l’honneur de Francisco de Paula Santander, ancien président et quintuple Grand Maître de la Grande Loge.
Salle Santander, dans le manoir Kopp.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
On pourrait dire que Santander, avec Bolívar, sont l’exemple que dans la franc-maçonnerie, il peut y avoir des membres de toutes sortes de pensées et de croyances.
Mais, dans son cas, les différences entre les deux atteignirent l’extrême, puisque Santander participa à la conspiration de septembre, un plan qui fut exécuté le 25 septembre 1828 et chercha à tuer Bolívar, qui réussit à échapper à l’attaque.
« Le fait que nous soyons frères ne signifie pas que nous n’avons pas de différences. Mais on ne peut pas croire qu’il ait été le protagoniste de la Conspiration Septembrine, que cela se soit passé entre frères » , ajoute Condé.
Bolívar, pendant son mandat, a interdit la réunion des loges. Malgré cela, il continue de se démarquer comme un membre distingué de l’Ordre à cette époque. Les francs-maçons qui sont allés vers « l’orient éternel »
La franc-maçonnerie est un système moral qui rassemble des symboles et des allégories importants pour les civilisations de différentes époques, car bien qu’elles aient officiellement émergé en 1717, à Londres, on pense que les associations d ‘«hommes libres» existaient depuis longtemps.
En montant l’escalier principal du manoir Kopp, vous voyez un immense vitrail au plafond qui rassemble précisément ces symboles.
Vitrail avec la symbologie des francs-maçons dans le manoir Kopp.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
« Celle du plafond est une très belle œuvre, elle a tous les symboles sur lesquels on travaille. Les signes du zodiaque, les tabliers, les épées, les truelles, le compas et l’équerre, le ciseau et le maillet, l’étoile à cinq branches » , dit Condé, qui souligne que les francs-maçons n’étudient que des savoirs qui ne sont ni conventionnels ni approuvés. par la science traditionnelle.
Les murs du deuxième étage du manoir Kopp sont le reflet des plus de 100 ans que la franc-maçonnerie existe en Colombie et regorgent de photos de personnes ayant appartenu à l’Ordre.
Le compas est le symbole de la pensée, c’est-à-dire que vous pouvez ouvrir votre pensée autant que votre boussole s’ouvre.
Bien sûr, les membres de la Loge préviennent qu’ils gardent une certaine discrétion avec les noms de certains des frères qui sont morts ou, comme il y est mentionné, qui sont allés dans « l’orient éternel ».
Charles Chaplin, Cantinflas, Winston Churchill, John Wayne, George Washington sont parmi les francs-maçons les plus reconnus.
Certains des ornements utilisés pour les rituels et les événements importants sont également exposés dans le bâtiment, ainsi que des diplômes, des épées, des récompenses, entre autres objets.
Les degrés du rite York, une des voies pour devenir Grand Maître.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
Deuxième étage du manoir Kopp.
En Colombie, on parlait de cette philosophie depuis le XIXe siècle. Mais, en raison du secret qui l’envahit, ce n’est que jusqu’à il y a 100 ans, le 19 février 1922, que cinq loges se sont réunies -Filantropía Bogotana, Estrella del Tequendama, Manuel Murillo Toro, Propagadores de la Luz et Luz de Girardot- pour créer la Grande Loge de Colombie, et ainsi « avoir une reconnaissance avant la Loge d’Angleterre », explique Condé.
Il est à noter que cette société est à l’origine réservée aux hommes, une tradition qui se maintient en Colombie. Cependant, dans d’autres pays non rattachés à la Loge d’Angleterre, des Loges féminines ou mixtes sont déjà autorisées, comme c’est le cas aux Etats-Unis ou en France.
Entrer dans le bureau du Grand Maître, Nelson Fernando Gutiérrez Correa, c’est comme être transporté dans le style d’une maison des années 1920, chaque détail est impeccablement préservé.
Dans ce lieu, comme dans le reste du manoir, il y a des images avec des symboles dont la signification est très importante au sein de la franc-maçonnerie, comme le célèbre Œil de la Providence, également appelé ‘Œil qui voit tout’ , qui a caractérisé l’Ordre et, selon Condé, « dans le monde symbolique, il est Horus, le dieu de la sagesse en Égypte ».
Un des tableaux présents dans le bureau du Grand Maître.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
À côté du bureau du Grand Maître se trouvent une paire d’épées, enterrées dans une pierre. Ils sont séparés par une petite table en bois qui contient un livre, surmonté d’ un compas et d’une équerre, objets qui se trouvent à l’intérieur des armoiries de la Grande Loge.
« La boussole est le symbole de la pensée, c’est-à-dire que vous pouvez ouvrir votre pensée autant que votre boussole s’ouvre. Mais tu ne peux le mettre que sur quelque chose qui te met au même angle et à la même longueur que moi (le carré), nous sommes pareils, je ne peux pas passer par-dessus toi, ni toi par-dessus moi » , explique Condé.
Le compas et l’équerre.
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Le bureau du Grand Maître dispose d’une salle de réunion où se trouvent des peintures de tous les Grands Maîtres de l’histoire du pays, des personnalités reconnues dans les sphères politiques et académiques qui sont élues tous les deux ans, avec la possibilité d’être réélues jusqu’à deux fois.
Nous sommes les mêmes, je ne peux pas passer par-dessus toi, ni toi sur moi
Pour atteindre ce poste, de longues années d’études sont nécessaires dans les différents ordres existants, en apprenant la symbologie maçonnique à travers la littérature et auprès de confrères maçons à des niveaux plus avancés, jusqu’à atteindre le plus haut degré de franc-maçonnerie, 33.
Les personnes qui entrent doivent passer par un processus d’initiation qui se déroule dans certaines chambres situées dans un sous-sol de la Grande Loge, un lieu totalement réservé aux membres de l’Ordre.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
Salle de réunion du Grand Maître.
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En repartant vers le jardin du Kopp Mansion, par la porte d’un restaurant exclusif pour maçons, également appelé «la salle à manger du village», se trouve le couloir qui mène au grand temple.
Sur l’un des murs on peut voir tous les éléments ou outils qui représentent le travail que les Maçons font intérieurement pour devenir des hommes libres, corrects en société, solidaires, et de bonnes mœurs : le maillet, le ciseau, le marteau, l’équerre, le compas , levier, règle, cube, etc.
Outils symboliques de la franc-maçonnerie.
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Ensuite la philosophie des francs-maçons se résume en une phrase : « Les francs-maçons ne sont ni sages, ni moralistes, ni philosophes, ni saints. Ils n’aspirent qu’à être des hommes intrinsèquement dignes ; des hommes profondément respectueux de la personne humaine et vénérant la pensée créatrice ; des hommes qui combattent activement l’ignorance, la paresse, l’injustice et la violence sous toutes ses formes. Ils donnent l’exemple et s’abstiennent de tout prosélytisme intéressé. »
Bien que cette philosophie soit loin de la religion, Condé indique qu’ils croient en « un être supérieur », mais ils n’ont pas de nom pour cela. « Il est une émanation de l’Univers, quelqu’un qui est au-dessus de notre compréhension de la façon dont cela s’est produit. »
Photo située à l’entrée du grand temple maçon.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
Bien sûr, cela souligne que l’une des raisons pour lesquelles quelqu’un peut être expulsé de la Loge est d’être dogmatique, c’est-à-dire quelqu’un qui croit que ses opinions sont des vérités absolues et essaie d’en convaincre les autres.
Ce qu’on vient faire en franc-maçonnerie, passer des ténèbres à la lumière
D’un côté de l’entrée du temple on peut voir deux tableaux, l’un qui représente la justice, et l’autre qui exprime « ce qu’on vient faire dans la franc-maçonnerie, pour passer des ténèbres à la lumière », dit Condé.
De l’autre côté se trouve une représentation des muses ou des sept arts libéraux : le trivium (grammaire, rhétorique et dialectique) et le quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie et musique).
Les Muses ou les Sept Arts Libéraux.
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Nestor Gomez. LE TEMPS
Enfin, en entrant dans le temple, lieu où peu de photos peuvent être prises compte tenu de son importance et de son caractère privé pour les maçons, on peut voir les drapeaux des 44 loges rattachées à la Grande Loge de Colombie.
Le toit sphérique du lieu représente l’univers, puisqu’il possède les constellations, les signes du zodiaque, les galaxies, tout ce qui fait partie du savoir maçonnique. Au fond se trouve une chaise pour le Grand Maître, et à ses côtés se trouvent le Soleil et la Lune.
Là les maçons entrent habillés en gala. C’est le lieu qui réunit les apprentis avec les maîtres, et qui unit les maçons au milieu de la différence.