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Frères de sang, frères de sens

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« Tiens, prends-le dans tes bras, c’est ton petit frère ! »

Le garçonnet, assis au chevet de sa maman souriante, dans une chambre de la maternité, est d’abord tout étonné. Puis ravi de recevoir sur ses genoux, un poupon aux yeux fermés, la peau rose toute fripée et qui émet des sons plaintifs, en se tortillant dans sa brassière. Sous l’œil attendri de papa, attentif de l’autre côté du lit, il ne sait pas trop comment tenir, protéger ce fragile cadeau. Cet autre lui-même en miniature, c’est son frère. Un nouvel être surgi dans la famille, à accueillir, à choyer, à aimer. Dont il est déjà fier, dont il se sent soudain responsable. Avec qui il va falloir vivre, éprouver, partager au quotidien. Un frère, un nouveau mot aussi, qu’il va devoir comprendre.

 Ce frère, ce second de la fratrie, c’est moi ! Qui, en naissant sept ans après lui, a dérangé un enfant déjà grand, dans sa tranquillité. Qui a bousculé son statut d’enfant unique. Et en a fait un frère aîné ! Je ne me suis vraiment rendu compte qu’adulte devenu, de la bienveillance et de la générosité qu’il faut à un frère pour en accepter un autre. C’est-à-dire, en premier lieu, partager ses parents, qu’il avait auparavant pour lui seul. En revanche, j’ai compris très vite en grandissant, que malgré toute l’attention, tout l’amour reçu, le cadet doit de son côté, trouver, inscrire et occuper sa place dans le cercle de famille. Parce que la fraternité ne va pas de soi !

L’expression populaire « se faire violence » est tout à fait descriptive : s’imposer une attitude, une contrainte, une restriction. Si j’ai trouvé ma place au sein de la fratrie, c’est bien que mon frère a cédé une part de la sienne. En se faisant, comme il me l’a dit, « une douce violence », c’est-à-dire, en montrant d’abord une jalousie instinctive puis en me « recevant » progressivement, avec plaisir.

Des fictions aux réalités

Adam et Eve

Si nous nous retournons vers le lointain passé, nous nous apercevons, précisément, qu’au commencement… était la dure violence !

Dès ses premières pages, la Bible la rapporte : Adam et Eve engendrent deux fils, Caïn puis Abel. L’aîné, irascible de caractère, devient un paysan tourmenté et envieux, avide d’agrandir ses terres. Le cadet, doux-rêveur et désintéressé, se fait berger, pour élever paisiblement moutons et brebis. Une inspiration leur dicte un beau jour de se présenter devant Dieu en témoignage d’adoration, avec une offrande. Caïn propose au Créateur une corbeille débordante de raisins, d’abricots, de pommes et de pêches. Abel lui tend deux jeunes agneaux de son troupeau. L’Etre suprême écarte la corbeille de fruits et prend sur son coeur les agnelets. Caïn se sent alors très humilié par le choix divin. Au retour, au coin de son champ, ivre d’une jalousie rageuse, il se jette sur son frère Abel et l’égorge.

L’histoire humaine commence très mal. Elle se poursuit sur le même mode fratricide. Dans la mythologie grecque, avec Etéocle et Polynice, les deux fils d’Œdipe, le premier trucidant le second pour exercer son pouvoir sur la ville de Thèbes. Puis dans l’antiquité latine, avec Romulus fondateur de la cité romaine, massacrant son frère Remus, parce qu’il en a franchi les limites et est ainsi suspecté de vouloir se l’approprier.

En passant des fictions bibliques et antiques aux réalités historiques contemporaines, celles-ci nous rappellent les suites de tueries commises par des armées cruelles, temporairement dominantes, privilégiant une funeste « conception ethnique » au principe de la fraternité universelle. Cette représentation avilissante de races jugées néfastes (par leurs spécificités génétiques, politiques ou confessionnelles) a généré au XXème siècle les génocides arméniens, ukrainiens, juifs, tsiganes, tutsis, entre autres. Autrement dit l’anéantissement de groupes ethniques par un autre. Soit le massacre de l’homme par l’homme. Du frère par le frère.

Remarquons au passage que la jalousie, sous toutes ses formes, – envie, dépit, ombrage – est toujours présente dans le mécanisme haineux puis criminel. Elle en est le moteur même. Qu’il s’agisse des peuples ou des familles ! Et notons que l’antipathie oppose depuis la genèse, les fratries entre elles, bien davantage qu’à leurs parents. Ainsi le principe freudien du meurtre du père, que le fils doit symboliquement tuer pour le remplacer, est largement dépassé par la réalité des millions de fratries qui se haïssent en permanence sur la planète ! Une détestation qui peut passer par la violence tant morale que physique. Et qui tendrait à prouver que, depuis les origines, toute fraternité s’appuie sur un fratricide, davantage que sur un parricide, qu’il soit symbolique, ou malheureusement, réel. Ce qui permet d’évoquer une violence intra-fraternelle fondatrice.

 Les successeurs de Freud ont ainsi devant leurs yeux un champ immense d’investigation, s’ils veulent bien passer de l’étude du « meurtre du père » à ceux des fils, entre eux. La fratrie, si elle intéresse les anthropologues, a en effet jusqu’à présent très peu éveillé l’intérêt des psychologues et des psychanalystes. Pour sa part, le philosophe Michel Serres observe même avec pertinence que le processus freudien s’inverse totalement avec le constat des politiciens de toutes les nations, c’est-à-dire les pères, qui envoient se faire tuer dans les guerres depuis des générations, des millions de jeunes soldats. C’est-à-dire leurs fils !

 Si l’on en croit la mythologie et le sens métaphorique à en retirer – sachant que les hommes, pères et fils, sont tous frères – cette folie assassine serait le socle nécessaire de l’apaisement, de l’harmonie attendue après la tragédie : du fratricide, la fraternité ! La rivalité féroce motivant les fratries Caïn/Abel, Etéocle/Polynice, Romulus/Remus, aurait ainsi une issue commune, celle d’avoir permis, par la disparition sanglante de l’un des deux protagonistes, l’épanouissement de la vie sociale. Comme si tout début nécessitait, non seulement une mort, mais un meurtre systématique (un être tué par un autre) pour prospérer et devenir un film à épisodes ! Car le mythe, sachons-le, contrairement au roman, comporte toujours une fin ouverte. Ce qui permet à la légende d’Hiram, pour en poursuivre l’aventure, de devenir le mythe d’Hiram, dans les Hauts Grades maçonniques !

Les religions primitives n’ont pas manqué – devant le schéma répétitif des images mythiques précitées – d’introduire dans leur pratique, autour du « mécanisme fraternel », la notion de « sacrifice », (étymologiquement de sacer, saint, puis de sacrificare, accomplir la volonté divine). C’est-à-dire le principe d’offrande symbolique rituelle à Dieu (donc renouvelée) afin de lui plaire et d’obtenir des faveurs, des grâces, voire pour détourner son courroux éventuel ! Et la religion catholique, à la suite, a vu dans le sacrifice le concept de rachat du péché originel, l’obtention du pardon. La mort du Christ, pour les hommes, ses frères, s’inscrit dans cette vision.

Des frères de hasard

Poignée de mains de la fraternité

La fratrie englobant les enfants des deux sexes, il n’est pas inutile ici de poser la question : Au vrai, qu’est-ce qu’un frère ? Qu’est-ce qu’une sœur ? Les dictionnaires nous répondent : Un frère, une sœur, sont celui et celle nés des mêmes parents. (frère germain, sœur germaine, du latin germanus, qui est du même sang). Une définition dont en déclinent deux autres, pour l’enfant né d’un même père (frère consanguin, sœur consanguine) et pour l’enfant né de la même mère (frère utérin, sœur utérine). Enfin pour être précis, notons que « le Petit Robert » ajoute : Les frères et les sœurs sont des collatéraux parents au deuxième degré.

Au-delà de cette parenté rapprochée, aux appellations quasi « techniques », il est surtout intéressant de pointer dans ces définitions et à notre niveau, ce qui fait la caractéristique de la fratrie, qu’il s’agisse de frères et sœurs, de demi-frères et de demi-soeurs : elle constitue entre des personnes, un lien. Un lien indéfectible, qui peut être tissé d’amour ou de haine, nous venons de le voir, et qui rapproche des frères aimants ou sépare des frères ennemis.

En glissant ici un brin de poésie, je dirai que le lien considéré trouve son origine dans un regard, celui échangé entre les deux parents, dont la rencontre a produit un premier enfant, puis éventuellement un second, et plus, grâce auxquels s’est constituée la fratrie considérée. A l’évidence, sans les parents, pas d’enfants, mais aussi pas de bons liens, sans bons parents. Je veux dire des parents présents bien sûr, mais encore des parents qui veillent à préserver l’harmonie entre les frères et les sœurs. Je prendrai l’image de l’équerre pour symboliser à la fois la verticalité et l’horizontalité que les parents représentent. Verticalité en termes de surplomb d’une fratrie traitée à « égalité d’amour » et horizontalité signifiant l’acceptation du départ, et autant que possible, l’accompagnement des frères et sœurs vers leur destinée.

Combien de jalousies sont dues à la préférence marquée d’un enfant, qui demeure à vie le « chouchou » ou la « chouchoute » des parents ? Combien de rancœurs naissent du constat par un frère ou une sœur de la non-reconnaissance de sa singularité ? Combien de conflits parents-enfants, trouvent leur origine dans la répétition d’un modèle conflictuel fourni par les parents fâchés avec leurs propres frères et sœurs ? Au vrai le fonctionnement d’une fratrie relève d’une véritable alchimie. Quand, dans « l’athanor familial », bouillonnent tour à tour des émotions et sentiments mêlés, voire des situations contradictoires : amour et tendresse, identification et admiration, rejet et frustration, imitation et complicité, jalousie et tristesse, joie et rire, orgueil et compétition, agacement et fâcherie, générosité et secours, domination et soumission, silence et éloignement, pardon et réconciliation, etc.

C’est bien de cette effervescence des « jeux de la vie » dans ledit fourneau que surgit l’or de la fraternité ! Celle-ci n’est donc pas à considérer comme un alignement permanent de vertus, mais plutôt comme une suite de combats dans le temps. Pour conserver, préserver coûte que coûte – malgré les désaccords voire les ruptures passagères – et d’orages en embellies, ce trésor qu’est l’amour filial entre deux ou plusieurs êtres. Ainsi la biologie n’explique ni ne justifie une fraternité qui perdure. Il n’est pas obligatoire d’estimer quelqu’un parce que nous provenons du même ventre maternel. Rien n’exige en fait de « fraterniser » ! Mais pour paraphraser Montaigne, je pourrai dire : Pourquoi j’aime mon frère ? Parce que c’est lui, parce que c’est moi !

La fraternité ne dépendant pas d’une grâce mais de l’entretien permanent d’un précieux « cordon relieur » par les frères et sœurs de sang, dans ce que nous appelons le « monde profane », comment fonctionne-t-elle en milieu maçonnique, dans une fratrie construite ? Il convient, pour répondre, de revenir à la mythologie et à ses fables, précisément parce que l’imaginaire des francs-maçons y puise du sens. Entre autres, le sens du semblable.

A l’évidence, si maçons et maçonnes sont frères et sœurs, il a existé des parents dans leur histoire ! Selon les légendes et l’ordre « d’entrée en scène » des rites au fil du temps, cette fratrie est fille de plusieurs héros mythiques. Qu’il s’agisse de Noë d’abord, le patriarche du déluge biblique, d’Osiris ensuite, le dieu Egyptien ou encore de Jacques de Molay, le chef des Templiers. Et enfin d’Hiram Abif, l’architecte-bronzier du roi Salomon. C’est celui-ci qui est unanimement reconnu et « opérationnel » dans la plupart des rites. Les maçons et maçonnes sont donc les fils et filles de la veuve d’Hiram : d’où l’expression « les enfants de la veuve », laquelle symbolisant l’institution. Cette fraternité illustre constitue à la fois son fondement et son ciment. Elle est spécifique de toutes les obédiences maçonniques.

Mais qu’en est-il au juste de cette bienveillance en loge « entre des personnes qui n’auraient normalement jamais dû se rencontrer » selon les pasteurs Anderson et Desaguliers, pères fondateurs de la maçonnerie dite « spéculative » (Constitutions de 1723) ? Cette « fraternité choisie », comme on l’a qualifiée, qui est bien davantage une « proximité provoquée » par les circonstances, n’est pas non plus automatique. Prudence oblige ! Il serait faux d’affirmer que dans une loge, les maçons, anciens « installés » et nouveaux arrivants « réservés » deviennent « copains d’enfance » sur le champ. La mayonnaise prend lentement, et c’est bien ainsi ! Pour atteindre la cohésion, ces « frères de hasard » doivent d’abord pouvoir se mesurer, se jauger, bref se rencontrer, au sens noble de ce verbe.Dans une vie, nous croisons des milliers de gens, mais nous en rencontrons très peu !

Sans aucun doute parce que la vraie rencontre, celle qui permet la communication authentique, « la mise en commun » des pensées entre deux ou plusieurs personnes, est un évènement exceptionnel, rare même…

A demain pour la suite…

164 ans se sont écoulés depuis la création du Suprême Conseil argentin du 33e degré : de quoi parle cette loge argentine historique ?

De notre confrère argentin misionesonline.net

Le 1er septembre, le 33e Conseil suprême du pays a eu 164 ans. Dans ce cadre, Pablo Lázaro, président de la Grande Loge argentine des maçons libres et acceptés, a déclaré que la franc-maçonnerie est une institution philosophique, philanthropique, laïque et progressiste. « Nous avons besoin de gens qui pensent totalement différemment« , a-t-il déclaré.

Du point de vue politique, on recherche qu’il y ait des péronistes, des radicaux, des socialistes partisans, apolitiques et du point de vue religieux, des catholiques, des juifs, des musulmans ainsi que des athées. En revanche, il existe des loges aux objectifs différents à Posadas, dans la province et dans tout le pays : « Le point commun est d’essayer de parvenir à un accord pour faire une société plus fraternelle« , a-t-il ajouté.

Dans la franc-maçonnerie argentine, une grande variété de personnes aux idéologies différentes sont entrées depuis la création de l’institution, qui a également traversé de nombreux processus historiques avec des personnages célèbres tels que Sarmiento, Belgrano, San Martín, Moreno, entre autres maçons.

En ce sens, Lázaro a souligné que la Loge d’enseignement a forgé la Loi 1 420 sur l’éducation libre, laïque et gratuite, qui a égalisé le système éducatif en Argentine. D’autre part, l’organisation a apporté d’autres contributions à la société telles que la loi sur le mariage civil, la loi contraignante sur le divorce et le projet de loi sur l’éducation environnementale, approuvé à l’unanimité au Congrès national il y a un an.

En ce qui concerne la méthode maçonnique, il a dit qu’elle est basée sur le travail convenu pour lequel le projet d’éducation environnementale a l’approbation de 16 universités nationales, qui ont une idéologie politique différenciée. « L’organisation a toujours essayé de générer une société fraternelle, non seulement en Argentine mais dans le monde, car la méthode consiste à travailler pour un bien commun« , a-t-il déclaré.

La franc-maçonnerie a toujours recherché une société plus fraternelle, a fait remarquer Lázaro. En ce qui concerne les changements qu’ils ont traversés, à ses débuts, la franc-maçonnerie était une société secrète, puisque les membres « risquaient leur vie » dans les révolutions. Cependant, avec la construction des Constitutions Modernes, les institutions se font discrètes.

De même, il a souligné que le mystère persiste toujours dans le pays et que par ailleurs à ces années passées, les francs-maçons sont devenus un mouvement populaire comme aux États-Unis, qui compte 4 millions de membres. Selon Lázaro, l’Argentine abrite un grand nombre d’immigrants espagnols francs-maçons composés d’exilés de ce pays, persécutés par le régime franquiste.

Actuellement, un travail est fait pour mettre en avant la démocratie : « J’ai 44 ans et 20 en tant que franc-maçon. Il n’y a rien à cacher mais beaucoup à dire », a-t-il ajouté. La franc-maçonnerie est une institution philanthropique mais sa devise est de résoudre les problèmes qui affligent le citoyen ou l’humanité. » Il y a des Loges avec des objectifs différents qui sont tournés vers la société », a-t-il affirmé.

Dans le monde, la Grande Loge d’Argentine appartient à une Confédération appelée la Régularité, qui compte environ 300 Grandes Loges avec la participation presqu’exclusivement masculine. Cependant, il a assuré que dans les pays conservateurs, la discussion sur la franc-maçonnerie et l’inclusion des femmes avait déjà eu lieu.

A ce sujet, il a commenté que la fondation de la Loge composée de femmes argentines aura 20 ans en 2022 et a précisé que « ce sont des institutions séparées par des naissances différentes, mais aujourd’hui c’est la même institution. 99% du travail se fait en commun ».

Pour adhérer au mouvement, il a averti qu’historiquement, toute personne intéressée à rejoindre la franc-maçonnerie pouvait être invitée ou approchée pour discuter de son intérêt. « L’adhésion a quintuplé probablement parce que les pôles crack ou radicalisés laissent au milieu un grand nombre de citoyens qui veulent discuter avec d’autres qui pensent différemment, c’est pourquoi nous grandissons de plus en plus », a-t-il déclaré.

En outre, il existe actuellement plusieurs sites Web tels que masonería-argentina.gob.ar, des chaînes YouTube et de nombreuses autres façons de mener l’entretien et de découvrir en quoi consiste l’organisation. Toutes les personnes intéressées peuvent remplir la demande d’admission formelle.

Pour conclure, Lazare a affirmé qu’en raison de la célébration des 164 ans du Suprême Conseil du 33e degré, il y aura plusieurs visites internationales et différents événements sur le territoire argentin. « La franc-maçonnerie en est une, le maître est celui qui administre les premiers degrés de la franc-maçonnerie et puis il y a d’autres organismes qui choisissent les voies du perfectionnement comme l’Arche Royale ou le Suprême Conseil Degré 33°, où s’approfondissent les enjeux philosophiques et politiques ».

Le Grand Temple des symboles : c’est le palais maçonnique après la restauration

De notre confrère uruguyen elpais.com.uy – Marie des anges Orfila

La Grande Loge de la Franc-Maçonnerie a ouvert son palais pour El País ; le seul jour où il est ouvert au public est lors de la Journée du Patrimoine.

Pylore des arrecteurs. En latin pour correspondre à la mystique. Mario Pera est allé au premier siège sur le côté droit en regardant de l’autel vers la porte. Plus tard, il apprit que c’était d’est en ouest. Ce jour-là en 1996, il était apprenti et ignorait tout ce qui l’entourait. Lettres, signes, dessins, couleurs, allégories de la foi, de l’espérance, de la charité, de la prudence, de la fraternité, du travail. Les Arrectors pilorum sont les minuscules muscles que nous avons tous à la base de chaque poil et ils ont révélé chez Pera une émotion forte. Le même qu’il dit ressentir à chaque fois qu’il entre dans ce monument historique national (MHN), l’un des plus intrigants de la ville de Montevideo.

« Nous l’avons restauré grâce à la pandémie », a déclaré celui qui est aujourd’hui le Grand Maître de la Grande Loge de la franc-maçonnerie d’Uruguay . Les travaux dans le Grand Temple du Palais maçonnique ont duré plus d’un an et l’objectif a été atteint : lui redonner sa splendeur et la forme qu’il avait presque au moment de son inauguration. Ouvert depuis 1915 (après l’achat de la résidence à la famille d’Eduardo Mac Eachen), les œuvres étaient basées sur des photographies de 1925, les plus anciennes retrouvées dans les archives. Le public pourra le visiter le week- end des Fêtes du Patrimoine (les 1er et 2 octobre prochains), la première fois qu’il ouvre le samedi et le dimanche. C’est la seule opportunité de l’année et qu’El País a pu avancer.

Grand temple maçonnique

Grand temple maçonnique. Photo: Juan Manuel Ramos

L’univers.

Le Grand Temple est une plante rectangulaire orientée symboliquement vers les quatre points cardinaux et, bien qu’elle ne soit pas grande, Álvaro Zunino , membre de la Commission du patrimoine historique maçonnique , a raison lorsqu’il dit qu’elle est impressionnante. « Tous les symboles tombent sur vous », a-t-il résumé. « La première fois que je suis entré, j’étais émerveillé. Tout est inconscient; puis tu vas chercher ce que tu considères ou que tu as envie de comprendre », précise celui qui étudie depuis 1995.

Il n’y a pas deux temples identiques dans le monde. Bien que la conception intègre des éléments caractéristiques, Pera et Zunino ont convenu que ce Grand Temple a « l’identité de l’Uruguay » et cela est confirmé par la déclaration de Monument Historique National reçue en 2020. Aussi la participation à chaque Journée du Patrimoine , depuis qu’ils ont été résistance interne, a été surmontée et les portes ont été ouvertes. « Une fois, nous avons cessé de compter à 7 000 personnes », a déclaré Zunino.

Grand Maître Mario Pera
Grand Maître Mario Pera. Photo: Juan Manuel Ramos

L’une des plus grandes interventions a été la reconstruction des dossiers des chaises. Les étoiles qui brillent désormais dans la résine avaient été sculptées dans le bois pour l’inauguration du premier quartier général (le bâtiment qui est aujourd’hui le Musée militaire le 18 mai 1811) ; de nombreuses moulures et meubles ont ensuite été déplacés vers le bâtiment actuel. « Le bois était entièrement mangé par les mites et il y avait beaucoup d’étoiles brisées », a déclaré Pera. La majorité de ces étoiles ont été brisées par négligence : dans chaque siège il y a une épée et lors du rangement, les bris étaient fréquents.

Il existe deux types d’épées : celles avec une boule peinte en blanc sur le manche et celles avec une boule peinte en bleu. Les derniers sont dédiés aux Grands Maîtres et sont sur les chaises disposées sur l’autel ; les autres ont été remis aux frères qui ont accompli 50 ans dans l’institution et qui sont déjà décédés. Ils sont la représentation des idéaux chevaleresques qui animent le Rite Écossais Ancien et Accepté pratiqué par la Franc-Maçonnerie d’Uruguay.

Le plafond est une incroyable représentation d’un ciel qui va de la nuit (à l’entrée du Grand Temple) vers le jour (la lumière de la connaissance) au-dessus de l’autel. « C’est notre chemin » , a expliqué Pera. Il a également été restauré pendant la pandémie; même, si vous faites attention, vous remarquez un certain effet d’optique qui fait que les nuages ​​bougent au fur et à mesure que vous marchez. « Nous avons des constellations dessinées. Il y a Orion, la Petite Ourse, la Grande Ourse, Cassiopée, le Taureau… L’étoile la plus brillante du Taureau (Aldebaran) est sur l’autel », a-t-il dit.

Grand temple maçonnique
Grand temple maçonnique. Photo: Juan Manuel Ramos

Les représentations du Soleil et de la Lune sur l’autel ont été remises à la place qu’elles avaient il y a près de 100 ans grâce à d’anciennes photos. Il existe d’autres symboles astronomiques comme la ceinture zodiacale.

Objets dans la salle des pas perdus.

Plusieurs portraits retiennent l’attention dans la Salle des Pas Perdus, l’antichambre du Grand Temple. L’un d’eux est de Gabriel Pérez, fondateur de la franc-maçonnerie uruguayenne . Devant elle sont exposées les premières minutes de la Madre Asilo de la Virtud Lodge Numéro 1, qui a commencé à fonctionner en 1830. Un autre grand tableau est le portrait du docteur Fermín Ferreira y Artigas, qui a été récemment restauré. Il était membre de la Loge Persévérance de Montevideo. Un autre objet remarquable est la Sculpture du franc-maçon se sculptant lui-même. C’est ainsi que le Grand Maître Mario Pena l’a expliqué : « Nous sommes une pierre brute et nous nous fabriquons nous-mêmes ; ne sera jamais un être humain complet. Il est toujours en construction jusqu’au dernier jour de sa vie. Dans les Loges féminines on retrouve le même symbole mais avec une femme.

D’autres bustes et peintures correspondent à Giuseppe Garibaldi, Leandro Gómez, Ángel Luisi Pisano, Carlos de Castro, Julio Bastos, Manuel Oribe et Juan Antonio Lavalleja. On peut également voir l’épée flamboyante du Grand Maître (à cause de sa forme en langue de feu), le maillet du Grand Maître, l’équerre et le compas de la Grande Loge, un piano droit et un harmonium de 1860 qui accompagnaient les cérémonies jusqu’au milieu du 20ème siècle. .

Salle des Pas Perdus Temple Maçonnique
Salle des Pas Perdus. Photo: Juan Manuel Ramos

La signification du paradis est la même que celle de la statue du maçon auto-sculpteur que vous voyez avant d’entrer et de la pierre brute et de la pierre polie qui se trouvent près de la porte d’entrée. A côté se trouvent les piliers identifiés par les lettres B et J qui rappellent ceux qui traversaient l’accès au temple mythique de Salomon. Ils s’appellent Boaz et Jakin et sont surmontés respectivement d’une sphère terrestre et d’une sphère céleste. Si l’on veut résumer le Grand Temple, on peut dire qu’il s’agit d’un univers miniature, orienté vers la lumière.

Il y a deux symboles qui se démarquent des autres car ce sont ceux qui ont le plus de propagande (comme sur le billet d’un dollar). L’un d’eux est celui qui représente le Grand Architecte de l’Univers , qui se compose d’un compas, d’un carré et d’un G de gnose qui, comme l’a expliqué Pera, n’a pas à pointer vers un être, mais peut être un « principe supérieur ». L’autre est « l’œil qui voit tout » qui est clairement visible au-dessus de l’autel.

Une heure dans le Grand Temple ne suffit pas pour tout comprendre (sans parler d’une visite Journée du Patrimoine qui est beaucoup plus rapide). Zunino avait déjà prévenu avant d’entrer : « Le langage des francs-maçons est un langage de symboles. C’est un bombardement des sens ». Mais c’est une bonne introduction pour aller chercher ce que signifie l’aigle à deux têtes ou quel est le nom de chaque degré ou pourquoi la liberté, l’égalité et la fraternité ont été choisies comme les grandes idées de la franc-maçonnerie (elles sont gravées en caractères d’imprimerie sur la porte du Grand Temple) et ce qui est fait pour les respecter.

La Rotonde.

L’appellation MHN revient également à « La Rotonda » qui est un curieux espace circulaire à l’entrée du bâtiment. Il ne fait pas partie de l’original mais a été une modification apportée par l’architecte et également son frère Julio Vilamajó dans les années 1940.

La rotonde du palais maçonnique
La rotonde du palais maçonnique. Photo: Juan Manuel Ramos

Bien que cela n’en ait pas l’air, il y avait à sa place une cour carrée avec des colonnes tournées –deux ont été récupérées et restaurées et sont visibles à l’intérieur d’une salle de bain–.

La chose la plus remarquable, outre la forme, est le dôme avec 33 fenêtres, une pour chaque degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. Les symboles, qui sont soignés, ont été mis en place il y a quelques années, après avoir changé toutes les ouvertures pour de l’aluminium, car le fer d’origine était déjà corrodé et fuyait.

Une particularité de ce lieu est son acoustique. C’est le seul endroit où les maçons peuvent perdre leur discrétion caractéristique : l’écho est si grand qu’il est impossible de parler en secret.

Nancy Muñoz : dans les pas de la franc-maçonnerie féminine au Chili

De notre confrère chilien ovallehoy.cl – Par l’Équipe d’OvalleHOY

Une partie de ses expériences en tant que franc-maçon pendant 45 ans et son expérience en tant que Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine du Chili, font partie de cette interview dans laquelle Muñoz fait également référence au processus constituant, soulignant que la proposition d’une nouvelle constitution « de toutes les voies va être meilleure que celle que nous avons aujourd’hui, qui a été faite par la dictature ».

En 1983, la Grande Loge Féminine du Chili (GLFCH) est née dans notre pays, une institution composée uniquement de femmes et dont l’objectif est que ses membres réalisent leurs aspirations de croissance spirituelle, de recherche de sens et de contribution à un meilleur société. , par l’étude et la réflexion tant individuellement qu’en groupe.

Cette organisation qui se définit comme « initiatique, essentiellement humaniste, philosophique et philanthropique », a captivé de nombreuses femmes dans notre pays au cours de ses 39 années de vie. Cependant, on sait peu de choses sur son travail et ses membres, malgré le fait que ces dernières années , elles ont commencé à avoir une position plus médiatisée.

Pour cette raison, il n’est pas de notoriété publique qu’une ovallina ait dirigé cette organisation pendant deux périodes (1996 – 2000 / 2004 – 2007), occupant le poste de Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine du Chili. Il s’agit de Nancy Muñoz Miranda et l’hebdomadaire Limarí Global, d’OvalleHoy.cl, s’est entretenu avec elle pour en savoir plus sur cette expérience.

Nancy Muñoz est née à Ovalle, a étudié à l’école Amalia Errázuriz, a émigré de la capitale Lima alors qu’elle était en sixième “humanités”, entre 1956 et 1957; sa destination était Santiago, où elle est allée à l’université et s’est mariée. Elle y a étudié le service social, puis a travaillé pendant 43 ans comme assistante sociale dans le système judiciaire, plus précisément dans l’ancien tribunal pour mineurs, aujourd’hui tribunal de la famille. Elle retournait toujours dans son pays natal pendant les vacances, dans la ville de La Silleta, où vivaient ses parents.

Elle appartient actuellement à deux loges féminines à Santiago, Lodge Acacia et Lodge Hipatia.

Comment êtes-vous venu à la franc-maçonnerie ?

Mon mari était maçon, il est rentré de la loge très heureux de commenter les travaux. A cette époque, il y avait des centres pour femmes, où les épouses des francs-maçons pouvaient entrer. C’étaient des temps difficiles, sous la dictature, donc il n’y avait pas de grand développement culturel, on vivait très fermé, et je suis entrée dans les centres pour femmes. Il y avait là d’autres femmes qui formaient la première loge féminine, j’ai donc eu l’opportunité d’être parmi elles en y adhérant en 1977. Je suis maçonne depuis 44 ans.

Comment se sont passées les premières années de la franc-maçonnerie féminine ?

La première loge de femmes a été formée en 1970, mais il s’avère que le coup d’État est arrivé et que le travail a été suspendu pendant un certain temps. Comme dans l’année 1976-77, la loge a été refondée à nouveau et beaucoup de femmes ont commencé à entrer, et d’autres loges y sont nées. À la suite de cela, la Grande Loge Féminine du Chili a été fondée en 1983 et là nous avons grandi de plus en plus, rêvant d’abord, Quand allons-nous atteindre tout le Chili ? Et la vérité est que cela ne nous a pas pris si longtemps, vraiment ce rêve pourrait se réaliser petit à petit. Maintenant, il y a environ 40 loges, nous formons aussi des loges en dehors du Chili, en Argentine, en Bolivie et en Uruguay et les grandes loges de ces pays sont formées par nous.

Ce fut une croissance rapide et cela nous a remplis de joie. Nous nous sommes battus pour le féminisme depuis les années 1970, car les pionnières devaient avoir beaucoup de force, car à l’époque nous vivions dans un monde tellement machiste et elles ont pu former une loge. Maintenant, en regardant cela en perspective, par Dieu, ces femmes étaient courageuses, et c’est grâce à elles que nous pouvons continuer à donner de l’espace à plus de femmes.

Quelle a été votre relation avec Logia Gea, la loge féminine de la ville d’Ovalle ?

La vérité a été très proche, malgré le fait que j’ai été la plupart du temps à Santiago. Je me suis toujours senti ovallina et pour moi, même la nature ici est ce qui me manque.

Que diriez-vous aux ovallinas qui s’intéressent à la franc-maçonnerie ?

Qu’elles soient enthousiastes à l’idée d’appartenir à une organisation comme la nôtre, dans laquelle elles auront un espace de développement personnel, de partage avec d’autres personnes, c’est leur propre espace, et les femmes ont très peu d’espaces, et c’est un espace pour philosopher, en quoi un vrai privilège! Cette terre mérite d’avoir donné aux femmes, avec enthousiasme, une envie d’aller de l’avant, non seulement elles, mais aussi de pouvoir la transmettre à celles qui les entourent, qui s’engagent auprès d’elles, et s’engagent pour la ville qui les abrite.

Quels sont vos souvenirs en tant que Grande Maîtresse de la GLFCH ?

Nous avons eu une rencontre latino-américaine en l’an 2000, une rencontre des Grandes Loges d’Amérique latine venues du Venezuela, du Brésil, de l’Uruguay, de la Bolivie, de l’Argentine. Nous avons été très bien reçues à cette occasion. J’ai beaucoup de souvenirs car j’ai installé la Grande Loge de Bolivie, d’Uruguay, nous avons fait un voyage en France. Il y a tellement de beaux souvenirs qui laissent vraiment le cœur heureux.

Votre vie aurait-elle été différente sans la franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie fait partie de ma vie, ça fait 45 ans, c’est difficile d’y penser car je suis entrée jeune et les conditions à cette époque étaient différentes, en fait parce que nous vivions dans une dictature, nous étions très limitées.

Comment voyez-vous le processus constituant ?

Malgré tous les regrets, la propagande qui disqualifie tant toutes les tâches des constituants, j’espère et souhaite que nous puissions accepter cette nouvelle constitution, car en tout cas elle sera meilleure que celle que nous avons actuellement, qui a été faite pour le dictature. J’espère que nous pourrons profiter d’un meilleur bien-être, avec une constitution plus favorable.

La maçonnerie américaine fait du business… la preuve

Comme nous le savons tous, la Franc-maçonnerie du vieux continent et celle d’outre Atlantique sont assez différentes. Sans vouloir parler ici des Rites ou des coutumes, nous allons parler des accessoires. Vous vous souvenez, il y a quelques jours, la collection de baskets maçonniques ? Aujourd’hui, le projecteur de la rédaction se tourne vers les accessoires, mugs, T-shirts, pins ou autres bagues maçonniques… il ne manque presque rien. A toutes fins utiles, nous vous donnons les adresses des sites fournisseurs si vous voulez réellement commander. Tout cela à vos risques et périls bien entendu.

Cravates

Mugs

Bagues

Accessoires

Skate maçonnique

T-Shirts maçonniques

Coques de Téléphones maçonniques

Parlons de la « Parole Perdue »

De notre confrère expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

La première fois qu’ils m’ont chuchoté la Parole Perdue à l’oreille, je n’en ai pas compris le sens ! Je ne pouvais même pas décoder le son et les lettres. Je ne comprenais même pas quelle langue ils utilisaient. A l’époque j’étais jeune et inexpérimenté dans la vie, pas seulement maçonnique.

Chaque fois qu’un « vieux maçon » s’approchait pour le prononcer lors d’une Tenue, j’essayais de me concentrer le plus possible pour déchiffrer ce chuchotement.

Ils m’ont dit !

« Ne lA répétez à personne, ne la gravez sur rien, ne l’écrivez pas »

Je ne comprenais tout simplement pas pourquoi.

Il m’a fallu énormément de temps pour comprendre que la « Parole Perdue » n’est rien d’autre qu’un concept omniprésent et fascinant dans la Franc-Maçonnerie avec toutes ses implications, mais qui nous pousse inévitablement à aller au-delà de la petite symbolique, car nous sommes à la source de un corpus de savoirs, d’expériences et de pratiques « initiatiques ».

Ne soyez pas mal compris cependant; la Parole Perdue est bien explicité par un mot, mais ce n’est pas un aboutissement.

On dit qu’elle a été perdue avec le meurtre du maître Hiram et que sa recherche perpétuelle commencerait alors après sa mort.

Une autre interprétation de la légende d’Hiram dit que Salomon, ayant appris la nouvelle de la mort du Maître, décida que ce qui jusque-là avait été sa parole serait alors remplacée par les premières paroles prononcées lorsque son corps fut retrouvé.

Ce qui s’est passé ensuite n’est que le résultat de décisions prises par d’autres hommes, dans des contextes différents et dans des Obédiences différentes.

Je veux penser à la Parole Perdue comme un stimulus, ce mantra à me répéter chaque fois que je me trouve dans un moment de difficulté ou de perte. Mais aussi comme une incitation et une jubilation pour un objectif atteint.

Nous, francs-maçons contemporains, avons presque l’obligation de le préserver car si ce n’était pas le cas, cela reviendrait à se perdre et à perdre une partie de cette mémoire maçonnique qui, au fil du temps, s’est transmise simplement grâce au fait d’avoir pu précieusement la conserver.

De plus, elle apporte avec elle toute l’étude, la passion, l’espoir avec lesquels a été érigé ce Temple Universel et Atemporel qui, à ce jour, existe toujours, en effet, il est en construction continue, un travail incessant.

Que la Parole Perdue nous aide à trouver la paix en nous-mêmes, nous permettant de la rendre à un monde qui souffre, qui veut sortir des luttes et des ténèbres et aspire à la Lumière, à l’amour et à la paix.

En effet, nous prêchons la Parole Perdue parmi ces Frères qui, pour des raisons obscures, l’ont oubliée, ne l’ont jamais vraiment écoutée ou partagée avec la sourde oreille ; rappelons-le à leur mémoire.

La franc-maçonnerie existera tant qu’il y aura un frère chuchotant la Parole Perdue à l’oreille d’un autre. On la retrouvera chaque fois qu’Hiram ressuscitera par l’initiation d’un Frère qui, de Compagnon deviendra Maître Maçon.

La franc-maçonnerie au Liban à l’époque ottomane de Saïd Chaaya

De notre confrère libnanews.com –  Par Jinane Chaker Sultani Milelli

Vient de paraître aux éditions Masadir, à Philadelphie, aux Etats-Unis, le nouvel ouvrage du Dr. Saïd Chaaya : « La franc-maçonnerie au Liban à l’époque ottomane, la tolérance face au fanatisme des Jésuites ».

Voici, en avant-première, l’interview avec l’auteur, réalisé par Jinane Milelli.

JM : Dr. Saïd Chaaya, qu’est-ce qui vous a incité à écrire un livre sur ce sujet : la franc-maçonnerie au Liban à l’époque ottomane et pourquoi en ce moment ?

SC : Ce livre est issu de ma thèse de doctorat en histoire contemporaine soutenue à Paris, à la Sorbonne. En relation avec l’ensemble de mon cursus universitaire, qui m’a conduit à m’intéresser à l’histoire, certes, mais aussi à la philosophie et à la théologie, j’ai choisi ce sujet, car d’une part il touche à tous ces domaines, mais d’autre part et surtout, il permet d’aborder des questions qui se posent encore aujourd’hui et d’évoquer des solutions auxquelles les hommes et les femmes de notre temps devraient réfléchir.

Dans cette optique, j’ai retravaillé le texte de ma thèse en vue de l’édition, sans bien sûr m’éloigner de la méthodologie scientifique mais en élaguant ce qui pourrait paraître trop abscons et en ayant en vue ce que l’on appelle « le public cultivé. »

JM : La franc-maçonnerie était-elle donc active au Liban et plus largement dans les provinces arabes de l’Empire ottoman ?

SC : Non seulement la franc-maçonnerie a été active au Liban, mais encore elle a bel et bien commencé à Beyrouth pour rayonner et se répandre un peu partout au Proche-Orient.

En effet, au moment où les missionnaires européens et nord-américains portaient leur intérêt sur le monde arabe, ils en découvraient de même toutes les potentialités tant sur le plan religieux que culturel, et pouvaient y espérer un renouveau de la foi chrétienne, qu’ils pouvaient alors trouver quelque peu recroquevillée et manquant d’audace sociale.

Or, vers le milieu du XIXe siècle, Beyrouth prend son essor et devient rapidement une ville cosmopolite qui attire diplomates, militaires, commerçants, ingénieurs, orientalistes et archéologues du monde entier. Des loges maçonniques ont été implantées par eux dans toutes les grandes villes, Beyrouth, Damas, le Caire, Alexandrie, Lattaquié, Alep, Haïfa.

Pour ce qui est du Liban, comme je le montre, textes en mains, la franc-maçonnerie s’y est solidement implantée au long de la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’aux années qui précédèrent la chute de l’Empire ottoman. Une maçonnerie orientée vers les débats politiques du moment s’est répandue avec le mandat français.

Je viens de mentionner Beyrouth, où se trouvaient la plus ancienne loge du monde arabe, la Loge Palestine, fondée par la Grande Loge d’Écosse le 6 mai 1861, bientôt suivie par d’autres, la Loge Le Liban, la Loge Chaine d’union, la Loge Paix, deux autres loges se constituant l’une à Tripoli, la Loge Qadisha, et la seconde à Dhour Shweir au Mont Liban, la Loge Sunneen. Des loges ont vu le jour à Baakline au chouf et même à Marjeyoun. Les frères de ces loges se fréquentaient volontiers, se rendant visite à l’occasion des travaux maçonniques.

JM : Qu’entendez-vous par fanatisme des jésuites utilisé comme sous-titre de l’ouvrage ?

SC : En premier lieu, il faut comprendre le terme fanatisme dans son contexte du XIXe siècle, c’est-à-dire en relation avec les chocs que l’Église catholique a vécus en Europe. Les conflits ont été importés au Liban par les missionnaires qui y ont travaillé.

Dans la seconde moitié du siècle, des intellectuels catholiques, exégètes et historiens, ont voulu soumettre à une saine critique des opinions, voire des affirmations doctrinales, dont ils contestaient la justesse . On se souvient par exemple du prêtre et professeur Ignaz von Döllinger, chef de file des opposants au dogme de l’infaillibilité pontificale proclamée en 1870.

Les travaux des scientifiques, croyants ou non, je pense, pour ne nommer que lui, à Darwin, étaient ainsi évalués sur de nouveaux critères. Déjà sévèrement condamné en 1864 par le Syllabus du pape Pie IX qui s’élève contre la liberté des sciences et de la philosophie, tout cela allait déboucher sur ce qui a été appelé la crise moderniste, concomitante aux revendications politico-sociales qui commençaient d’agiter sérieusement l’Europe et même le Nouveau Monde.

Les Jésuites ont tôt joué au Proche-Orient le rôle de fer de lance du maintien et le cas échéant du retour à l’ancienne mode de penser la théologie et de diriger l’Église catholique centrée sur Rome. Les premiers écrits imprimés contre la maçonnerie au Liban sont la production des jésuites qui ont importé le conflit vécu en Europe au Proche-Orient sans distinction de la particularité culturelle et politique de la région. Les Églises locales n’avaient aucun avis à ce sujet si ce n’est de suivre aveuglement et avec subordination ce que les jésuites décrétaient !

Aussi le livre de Louis Sheikho imprimé en arabe est la figure emblématique de la lutte que les jésuites vont mener au Liban contre les maçons. Ce combat cache un autre qui lui-est sous-jacent , celui de combattre par proxy les Protestants et du même coup contrecarrer les intérêts des allemands, des britanniques et des américains ! Les jésuites faisaient feu de tout bois pour protéger coûte que coûte leurs intérêts de toute concurrence !

Ainsi, quand les francs-maçons libanais voulaient ouvrir leur monde sur une société faite de liberté, de fraternité et de progrès social, les Jésuites leur répondaient par une farouche détermination à empêcher tout progrès, accompagnée de jugements et de réprobations aussi intolérantes qu’intransigeantes, ce qu’il faut bien appeler du fanatisme. Dans mon livre, je rends compte d’événements qui en sont la preuve.

JM : On a reproché aux francs-maçons de cultiver le secret. Y en a-t-il un et si oui, de quelle nature est-il ?

SC : On a beaucoup glosé sur le secret, voire le mystère précieusement conservé par les francs-maçons. Disons-le sans détour : la franc-maçonnerie n’est pas une société secrète, elle est simplement discrète. C’est une société dans laquelle on entre par une initiation, qui comme telle, pour conserver sa valeur spirituelle, a lieu dans l’espace clos de la loge.

Quant aux travaux maçonniques, qui ont pour but de permettre à l’initié de mieux se connaître en connaissant mieux ses frères et celui de qui tous tiennent la vie, Dieu, appelé Grand Architecte de l’Univers. Ils sont dirigés en suivant un rituel codifié, dans l’intimité d’un débat au cours duquel nul n’a crainte de s’exprimer , parce qu’il sait qu’il sera fraternellement écouté et accompagné avec bienveillance, afin de forger une opinion solide. Faut-il aussi rappeler, que la plupart des rituels maçonniques ont été divulgués, voire imprimés, et ce depuis quelque trois cents ans ? Tout le monde peut les lire et rien en ce sens n’est caché !

JM : Qui étaient ces francs-maçons, que l’on rencontrait dans ces loges ?

SC : Dans les tout premiers temps, des étrangers y étaient nombreux, puisqu’ils étaient ceux qui importèrent dans notre pays « l’art royal », comme on appelle parfois le travail maçonnique. Très tôt, dès le début, des Libanais ont cependant été initiés, rejoints par quelques autres Orientaux, Turcs ou Persans, en résidence au Liban.

Les rituels étaient au commencement conduits en français, mais très rapidement on s’est décidé à employer aussi la langue arabe, quitte pour cela à traduire les formulations originelles. Une langue, c’est une culture et parce qu’une culture, une histoire aussi. En passant à l’arabe, la franc-maçonnerie s’est inculturée chez nous.

Je souligne dans mon livre, combien elle cesse alors d’être un phénomène étranger importé, pour devenir une réalité culturelle locale. On y retrouvera d’ailleurs plusieurs grands noms de ceux qui ont construit le Liban intellectuel et politique, entre autres Ibrahim Al-Yazigi, Nassif Michaka, l’Émir Mohamad Arslan, qaimmaqam des Druzes, les poètes Khalil Gibran et Amin al-Rihani, les fondateurs et rédacteurs de journaux comme Al-Ahram par Bichara Taqla, Sawt al-Ahrar par Saïd Sabbagh et Annahar par Gibran Tueni, pour n’en citer que quelques-uns.

JM : En terre d’islam, les musulmans avaient donc leur place en franc-maçonnerie à cette époque ?

SC : Bien entendu ! Non seulement ils avaient leurs places, mais ils étaient aussi des pionniers de cette aventure humaine et spirituelle. Rappelons que parmi les fils de l’Émir Abd al-Kader al-Jazzairi, deux étaient membres de la première loge à Beyrouth, Mohamad et Mohieddine.

D’autres élites de Beyrouth, du Caire et de Damas ont rapidement participé à l’essor de la franc-maçonnerie au Proche-Orient, les noms qui pourraient être cités ne manquent pas. Cependant, je voudrais plutôt souligner la présence de plusieurs religieux musulmans actifs dans les loges, des grands réformateurs, des cheicks, par exemple Jamal Al-Din Al-Afghani, Cheick Mohamad Abdo, Cheick Youssef Al-Assir, très fervent musulman a été l’un des traducteurs de la Bible en arabe, ce qui montre sa grande ouverture d’esprit.

Les savants musulmans, il faut le noter, étaient très motivés et convaincus par l’entreprise nouvelle, dont les loges très incitatrices pour se lancer avec conviction en vue de dynamiser la société arabe. Il est important de ne pas oublier, que les premiers écrits, tracts et imprimés, outre les harangues, contre la franc-maçonnerie dans les provinces arabes de l’Empire ottoman n’étaient pas le fruit de l’islam, mais participaient bel et bien de l’action des Jésuites à Beyrouth. Ils s’y sont montrés, comme ailleurs, les farouches adversaires de la modernité et les premiers opposants et diffamateurs de la franc-maçonnerie au Proche-Orient.

JM : Quelles réalisations de ces hommes retenez-vous en premier lieu ?

SC : Puisque j’ai d’abord nommé l’émir Mohamad Arslan et sans exposer ici ses multiples actions en bien des domaines, je cite la Société scientifique syrienne à Beyrouth, première société de lettrés arabes qu’il a fondée en 1867, qui sera un creuset où se brassèrent idées et intuitions et où s’élaborèrent des actions bientôt mises en pratiques.

Or, la divulgation des idées nouvelles s’est faite grâce à l’imprimerie et aux journaux et revues fondés et dirigés par d’autres francs-maçons, Chahine Makarios nommé à l’instant et encore Faris Nimr, et par des hommes de lettres et pédagogues tels Yaakoub Sarrouf et Girgi Zaydan, Amin al-Rihani et Maroun Abboud tous francs-maçons et tant d’autres poètes, écrivains et intellectuels. Ces noms cités m’amènent à parler des écoles et du combat mené par les francs-maçons pour l’école libre, émancipée de la tutelle des religieux, de quelque confession ou religion qu’ils puissent être.

Qu’on n’imagine pas, toutefois, que ces hommes étaient athées et réclamaient la mort de Dieu ! Sait-on que ce sont des francs-maçons, dont je parle dans mon livre, qui se sont attelés à la traduction de la Bible en arabe, et l’ont publiée à l’aide de caractères d’imprimerie facilement lisibles par tous, et l’ont largement distribuée dans tous le Bilad al-Sham ?

JM : Précisément, à propos de la Bible, les francs-maçons croient donc en Dieu ?

SC : La franc-maçonnerie est une société initiatique, qui sous le couvert de symboles et d’emblèmes, travaillant « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », vise à mener ses membres à se découvrir mieux, pour mieux tenir leur place dans la société des hommes. Or, comment mieux se comprendre, qu’en se comprenant comme un vis-à-vis du Dieu, qui nous a appelés à la vie en qui nous croyons ?

Pour cela, la franc-maçonnerie de tradition exige la foi en ce Dieu révélé qu’elle désigne comme étant le Grand Architecte. Cela, afin que chaque croyant puisse y reconnaître le Dieu qu’il prie et en qui il place son espérance, qui se révèle dans la Bible, l’Évangile, le Coran ou les livres saints de toute autre religion révélée. Si les francs-maçons croient donc en Dieu, en loge ils s’abstiennent de tout dogmatisme. De la sorte peuvent s’y retrouver tous les hommes de bonne volonté, prêts à tendre la main dans le geste de la prière comme dans celui de la solidarité !

JM : Et ceux qui ne sont pas de bonne volonté ?

SC : Ceux-là se manifestent non sans ardeur et même violence contre la franc-maçonnerie en général et contre les francs-maçons en particulier. Je montre, dans mon livre, quels ont été les grands adversaires de la franc-maçonnerie au Liban : les Jésuites, je viens d’en parler ! L’islam n’avait aucune rancune contre la franc-maçonnerie.

En revanche, l’influence des Jésuites était telle auprès des Églises chrétiennes orientales et du même coup sur tout leur entourage musulman, que la haine s’est subrepticement diffusée durant des décennies. Les Jésuites réglaient ainsi leurs vieux comptes avec la laïcité occidentale et les francs-maçons de l’Europe en se vengeant des francs-maçons en Orient ! J’ajoute, que n’a pas été en reste leur antagonisme aux Églises protestantes, dont les missionnaires à cette époque jouaient chez nous un rôle fondamental dans l’éducation populaire et dans la santé, et qui pour plusieurs d’entre eux étaient francs-maçons, tels Cornelius van Dyck, Eli Smith, Simeon Calhoun, sans oublier les fondateurs du Syrian Protestant College, devenu l’Université Américaine de Beyrouth.

Je rapporte plusieurs événements, je cite des documents, qui révèlent combien ils se sont évertués à détruire, quand les francs-maçons construisaient, n’hésitant pas à recourir aux manœuvres les plus perverses. C’est qu’ils avaient compris, qu’il y avait là un risque pour la mainmise qu’ils exerçaient – ou s’efforçaient d’exercer – sur les consciences, avec les revenus qu’ils en espéraient.

L’affaire de l’école laïque en est un exemple. Ils condamnaient alors le fait que, dans les loges, toutes les religions étaient placées sur un rang d’égalité, et peu importe que l’on soit chrétien ou musulman ; catholique, orthodoxe ou protestant ; druze, chiite ou sunnite ! Dans les loges, en effet, la vérité est regardée en ses nuances, qui n’excluent pas qu’elle soit une. D’où, pour les francs-maçons une recherche constante du dialogue et un rejet catégorique de l’intolérance et du fanatisme, qui l’accompagne.

JM : Vous parlez de ce qui s’est passé au Liban il y a un siècle ou un siècle et demi. Qu’apporte votre livre aujourd’hui ?

SC : Notre époque n’est pas moins bouleversée, que celle qu’a connue la fin de l’Empire ottoman. Guerres, problèmes identitaires, déplacements de populations, exodes, crises économiques, à quoi s’ajoutent les problèmes climatiques… Les hommes que l’on voit penser et agir dans les pages de ce livre, nous invitent aujourd’hui à nous unir dans le noble but de nous écouter, afin d’imaginer comment sortir du marasme, ce qui ne se fera que si nous sommes prêts pour le travail commun, dans la concorde et la solidarité fraternelle.

Il est grand temps, aujourd’hui, pour la réflexion, à condition qu’elle débouche sur l’action !

Conférence débat du DROIT HUMAIN à Belfort le vendredi 16 septembre 2022

Le vendredi 16 septembre 2022, une conférence-débat organisée à l’initiative de la Loge terrifortaine “Ouverture et Fraternité” du DROIT HUMAIN  se tiendra dès 18h à la Maison du Peuple située 1, place de la Résistance à Belfort.

Amande PICHEGRU, Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN s’exprimera sur la thématique des “Voyages en mixitéS” au sein de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.

Ici tout est symbole. Demande et on te répondra” nous dit le rituel d’initiation du DROIT HUMAIN…Le débat est donc ouvert avec Amande PICHEGRU ce vendredi 16 septembre à Belfort. Un verre de l’amitié clôturera cet évènement.

https://www.droithumain-france.org/conference-franc-maconnerie-a-belfort/

Ouvriers d’Hiram Abiff. Vie et Chemin

De notre confrère elnacional.com – Mario Munera Muñoz PGM

Dans ce plan physique que nous habitons, nous remplissons une mission qui, parce que notre état de conscience est voilé, ne nous permet pas de connaître notre objectif dans ce cycle de vie, mais nous avons tacitement dans notre être que nous devons faire quelque chose pour accomplir un but qui est basé sur lui : ce que je veux être et ce que je devrais être. Notre roue du Karma et du Dharma tourne sur ces deux prémisses, qui sont des énergies qui se manifestent dans le cycle de la vie, et qui à travers les cycles rendent notre évolution spirituelle possible (croyances du bouddhisme et de l’hindouisme). 

Tout d’abord, définissons ce que chacun des deux termes signifie : Karma, avec lequel justice est rendue pour chaque acte de l’être humain, est la loi de cause à effet, c’est la cause et ses résultats. C’est la loi que tout a son retour et que les conséquences de vos actions, bonnes ou mauvaises, sont perçues. le dharma, ou existence cyclique, serait le chemin correct vers une vie spirituelle élevée, dans laquelle le Maître Bouddha nous enseigne les Quatre Nobles Vérités et l’octuple chemin pour mener correctement ce chemin vers la transcendance de la raison et du plan physique : « Premièrement, la vie implique « la souffrance », elle est inhérente à l’existence humaine, à la vieillesse, à la maladie, à la mort et aux désirs. Deuxièmement, la cause de la souffrance est « les désirs, l’ignorance, l’anxiété, la haine, la jalousie, l’égoïsme, l’hypocrisie, l’attachement et l’incertitude ». Troisièmement, « la souffrance est temporaire », c’est comme un nuage qui obscurcit notre chemin à travers ce plan, mais il passe, il est basé sur le détachement, l’élimination des désirs, l’attachement, etc., la cessation de la « souffrance » est le « Nirvana » , pleine spiritualité. Quatrièmement, vivre éthiquement.

Maître Bouddha propose le « Chemin Octuple », qui mène à l’élimination de la souffrance, vers l’éveil, vers la plénitude spirituelle. Le chemin qui mène aux huit branches, le « Chemin Octuple :

1- Le Discernement Juste, la meilleure façon d’être juste c’est de ne pas juger son prochain, il faut d’abord être inquisiteur (recherche de la vérité), il faut être compatissant et entente. 

2- Forger des fins nobles, c’est différent de proposer un but, qui est la souffrance, à un but noble qui donne la vie spirituelle, et ne donne pas de souffrance, se sentir utile, servir des activités nobles. 

3-Soyez honnête et prudent dans la parole. En tant que maîtres maçons, nous savons et comprenons que la parole est constructive, mais c’est aussi une arme à double tranchant : elle détruit. Quand le mot exprime la Lumière, c’est comme le parfum d’un parfum de rose pour le monde. 

4-Ne pas nuire ou dépasser. Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse (Confucius). Personne ne peut être heureux, s’il blesse avec le mot. 

5-Gagner sa vie, grâce à l’effort. Le travail cimente la dignité, transforme l’être humain, c’est une façon de servir, même s’il est rémunéré, l’important est que vous ne nuisiez pas aux autres avec votre travail. 

6-Cultivez la vertu. « La vertu est l’effort qui domine les passions, pour qu’elle existe il faut qu’il y ait lutte, volonté. C’est l’intégrité d’esprit et la bienveillance au profit de l’humanité » (R. de A). 

7-Observation ouverte, attention. Nous devons faire attention à notre façon d’agir. La voie initiatique a « l’Attention » comme l’une de ses bases, une personne sans méfiance et naïve est une proie facile pour les basses passions. Voici venir la phrase qui se trouvait à l’entrée du Temple de Delphes en Grèce : « Connais-toi toi-même », Cela fait partie de l’Attention. 

8-Apprenez à calmer l’esprit. Lorsque l’esprit est emporté par les émotions et les désirs, il perd de sa puissance. La pratique de l’Octuple chemin nous conduit à la sagesse et à la transcendance de la raison. Il nous conduit à l’harmonie avec notre cœur. Dans le but de la vie, nous avons dit que les entités sont : ce que je veux faire et ce que je dois faire. « Ce que je veux faire » est couvert de malheur, car l’anxiété du progrès et de la réalisation des objectifs est inévitable, ce qui, comme les désirs, ne sont jamais satisfaits : il y a toujours quelque chose de mieux devant nous. 

Cet avion est une mer de compétition, qui est le meilleur, le plus grand et le dominant. Dans toutes les facettes de la vie. Nos ressources physiques et mentales sont limitées, nous ne sommes donc pas complètement satisfaits de tout. Quand je fais ce que je « dois faire », c’est que j’ai un équilibre entre le cœur et le cerveau. Je suis indifférent à l’orgueil et indifférent à l’humilité. Je travaille pour le bien de tous sans exclusion. 

Quand j’agis avec ce « je dois faire » il n’y a pas de souffrance, j’agis en tant que service, sans compétition et sans angoisse. Si ce que je fais ne fonctionne pas, cela m’aide à grandir. Pour faire ce que je dois faire, je dois d’abord être détaché, et deuxièmement, être détaché. Quand je suis libéré des dogmes, du fanatisme, des ambitions démesurées, des hypocrisies, je suis sur le chemin de ce que je dois faire. La Vérité et ce que je dois faire sont sujets au détachement. 

Le Pélican, animal spirituel et symbolique en Franc-maçonnerie ?

De notre confrère spbdnevnik.ru – Youri Nezhinsky

Le blason de l’Université pédagogique d’État russe Herzen représente une scène terrifiante : un pélican déchire sa poitrine et, mourant, nourrit ses enfants, petits pélicans gourmands, avec sa propre chair. On dit aux étudiants qu’il s’agit d’un symbole de sacrifice pédagogique envers leurs élèves. Devenus enseignants, les diplômés diffusent ces informations, les introduisant dans l’esprit des écoliers. Mais les « savants« , bien sûr, comprennent qu’il s’agit en réalité d’un terrible symbole maçonnico-rosicrucien, signe d’alchimistes et de théurgistes spiritualistes.

Et tu sais quoi ? En fait, les deux ont raison.

Commençons par le début, c’est-à-dire avec des « bestiaires » médiévaux, des descriptions d’animaux, n’ayant pour la plupart rien à voir avec la réalité, mais très fantasmagoriques, curieuses et instructives. 

Le pélican était décrit dans les bestiaires comme un oiseau qui, en cas de faim, déchire sa poitrine et nourrit ses poussins en se sacrifiant. 

Il semble que l’image soit née du fait que chez certaines espèces de pélicans, les plumes de la poitrine de la femelle sont parfois colorées en rouge.

Le célèbre théologien médiéval Thomas d’Aquin a probablement été le premier à comparer le sacrifice d’un pélican au sacrifice expiatoire de Jésus-Christ. En conséquence, le pélican est devenu un élément commun de l’héraldique et du symbolisme chrétien. Rappelons simplement que le christianisme fait du pélican le symbole du sacrifice, du martyr et de la résurrection, comparant l’oiseau au Christ se sacrifiant pour la rédemption des pécheurs. Il symbolise également pour les chrétiens l’amour paternel qui ne recule devant aucun sacrifice. 

Les bestiaires étaient largement utilisés non seulement par les théologiens et les chevaliers médiévaux, mais aussi par les alchimistes et les magiciens de la Renaissance. Ils aimaient se référer au prototype antique tardif des bestiaires médiévaux « Physiologue » (II-III siècles av. J.-C.).

Dans un sens alchimique, le pélican se déchirant la poitrine est devenu un symbole des Rose-Croix. Qui sont-ils ? Au début du XVIIe siècle, plusieurs manifestes sont apparus dans lesquels un groupe de magiciens et de sages ont déclaré leur existence, ce qui est apparu grâce à un certain chevalier médiéval Christian Rosencreutz, qui s’est rendu en Terre Sainte et a uni les connaissances mystiques de l’Orient et de l’Occident. Apparemment, les manifestes rosicruciens étaient à l’origine un canular de plusieurs intellectuels. Mais ils ont fait une forte impression sur les contemporains.

En conséquence, des groupes occultes apparaîtront de temps à autre en Europe pendant plusieurs siècles, prétendant être les mêmes mystérieux Rosicruciens. Au milieu du XVIIIe siècle, les « successeurs » suivants se sont déclarés être de vrais Francs-maçons dans le sens où la Franc-maçonnerie a été créée précisément par les rosicruciens, mais seulement imitée en tant que maçons.

La Franc-maçonnerie domestique a réagi à cela de différentes manières. Certains ont accepté sans condition de mystifier les frères des degrés symboliques avec des histoires sur les maçons, et seulement dans les plus hauts, après avoir effectué une sélection importante, leur révéler la vérité sur les Rose-Croix. Ces Francs-maçons ont eu de la chance : bien qu’ils fussent minoritaires, c’est d’eux que fut conservé le plus grand nombre de documents, ce sont eux qui ont été les mieux étudiés, ce sont eux qui ont fait le plus autorité sur les mystiques maçonniques : c’est le célèbre éditeur et dissident de l’époque de Catherine II Novikov, qui était assis dans la forteresse Pierre et Paul et à Shlisselburg, il s’agit de Alexander Labzin (1766–1825), figure de proue des Lumières russes qui a développé un système mystique idiosyncrasique et a fondé une loge maçonnique influente à Saint-Pétersbourg , The Dying Sphinx. Labzin en est le Vénérable Maître. Cette loge maçonnant à l’Orient de l’île Vassilievski, et de Pozdeev, le prototype du maçon-mentor Pierre Bezukhov de Guerre et Paix.

Le « résurrecteur » suivant du rosicrucianisme fut Papus, un magicien qui évoqua pour Nicolas II l’esprit de son père à Tsarskoïe Selo en 1905 et créa en fait une école occulte en Russie au début du XXe siècle, qui, comme toujours, prétendait être « la vraie Franc-maçonnerie ».

D’autres Francs-maçons ont simplement incorporé le rosicrucianisme comme un ou plusieurs de leurs diplômes, comme la « Franc-maçonnerie française », qui comprenait, par exemple, A. S. Stroganov, le propriétaire du palais Stroganov sur Nevsky Prospekt et le laboratoire alchimique qu’il contient (et aussi le créateur du  bœuf Stroganov, recette traditionnelle de la cuisine russe) ou DPSHU, selon lequel la majorité des maçons domestiques modernes « travaillent« , y compris à Saint-Pétersbourg.

Yuri Nezhinsky: « À propos des vrais pélicans » – Candidat en sciences historiques, auteur de livres et de cours d’histoire, de critique d’art, d’études culturelles sur le symbole du sacrifice pédagogique

Une autre chose est que vous ne trouverez pas le pélican rosicrucien sur les façades et même à l’intérieur des bâtiments de Saint-Pétersbourg. Mais celle « traditionnelle », liée au thème du sacrifice, est très courante. Et sur la façade du bâtiment principal de l’Université Herzen, à l’origine une maison d’enseignement, et à l’intérieur du bâtiment du conseil d’administration de l’orphelinat de Kazanskaya, 7.