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Fête de la Laïcité le 25 juin au square Nadar à Paris

Par notre confrère la licra.org

Fête de la Laïcité
PROGRAMME
14h – 18h30

Organisée par

Le Grand Orient de France
La Grande Loge de France
Le Droit Humain
La Grande Loge Féminine de France
La Grande Loge Mixte de France
La Grande Loge Mixte Universelle
Le Collectif Laïque National
Square Nadar – 75018 PARIS

Temps musical – Tribal World
Ouverture de la Fête de la Laïcité
Daniel BENICHOU
Président de l’Association « Le Chevalier de la Barre »
Temps musical – Tribal World

Interventions des associations
Union des Familles Laïques (UFAL)
Fédération des Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale (DDEN)
Égalité Laïcité Europe (EGALE)
Ligue Internationales contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA)
Temps musical – Tribal World
Conclusion de la Fête de la Laïcité
Daniel BENICHOU
Président de l’Association « Le Chevalier de la Barre »

Travailleurs de Hiram Abif : du secret initiatique (1)

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Les organisations secrètes détiennent un secret, de quelque nature qu’il soit et conformément à ses fins ; ce secret repose sur les choses les plus diverses et prend des formes diverses. C’est un secret de caractère conventionnel. C’est d’une convenance plus ou moins expresse. Par contre, dans les organisations initiatiques  , le secret est inviolable, indicible, incommunicable , et ne peut cesser de l’être. On peut l’appeler une société secrète, mais il n’y a rien d’artificiel dans son caractère.

Pour faire un développement de ce sujet, base fondamentale de l’organisation initiatique, je le décomposerai en plusieurs points :

a) Tout « secret » d’ordre extérieur peut être révélé ou trahi. Le « secret » initiatique ne peut jamais être révélé.

b) Le « secret » initiatique est, de par sa nature même, inaccessible et incompréhensible aux profanes, et ne saurait être pénétré par eux.

c) La connaissance de l’initiation «secrète» est la conséquence de l’initiation elle-même.

d) Le « secret » initiatique est d’une nature telle que les mots ne peuvent l’expliquer.

e) Les enseignements initiatiques ne peuvent être compris qu’au moyen de rites et de symboles, qui suggèrent plus qu’ils n’expliquent.

f) Ce qui est transmis avec l’initiation n’est pas exactement le « secret » initiatique lui-même, puisqu’il est incommunicable. C’est l’influence spirituelle qui est reçue à travers le rite, qui est un support, qui rend possible le travail intérieur, à travers les symboles. Chacun atteindra le « secret » et le pénétrera plus ou moins et selon la mesure de ses possibilités, il le comprendra et le réalisera.

g) Le « secret » que les organisations initiatiques gardent volontairement, légitime ou non, est quelque chose qui n’est au pouvoir de personne, et elles ne peuvent le communiquer, même si elles le voulaient, ni le révéler.

h) Les organismes d’initiation sont fermés, cela est dû au fait qu’ils n’admettent que des personnes qualifiées.

i) Lorsqu’une organisation initiatique devient ouverte, elle court le risque d’admettre des membres non qualifiés et, par conséquent, ce type de personnes peut devenir majoritaire et introduire des aspects profanes à la suite d’un malentendu, et détourner des activités vers des fins qui n’ont rien en commun dans le domaine initiatique.

j) Le « secret » de l’initiation et le caractère fermé des organisations qui la détiennent sont deux choses différentes et ne doivent pas être confondues.

k) Les organisations initiatiques doivent être prudentes lors de l’admission d’un nouveau membre, car un individu « non qualifié » peut créer ce danger de dégénérescence. Pour les initiés « non qualifiés », cela ne passera par leur conscience que comme une lettre morte, c’est-à-dire une formalité vide et sans effet réel, car ces individus sont « insensibles » à « l’influence spirituelle ».

l) Une organisation initiatique a aussi des « secrets » de nature externe et contingente (cela peut en être un) ; sont ces secrets purement accessoires. Ces secrets sont « les sciences » et « les arts traditionnels ». En dehors de l’initiation, il n’est pas possible de comprendre où ils commencent.

ll) Les organisations initiatiques ont aussi d’autres secrets extérieurs dans la même catégorie d’accessoires, tels que : rites – symboles – paroles – attouchements – mots sacrés – mot de passe – pas – etc., tout cela nous permet de nous distinguer des « profanes ». Il a une forme extérieure, il peut donc être découvert ou dévoilé.

L’existence d’un « secret » externe et secondaire dans les organismes initiatiques, certains le jugent pédagogique, s’il est permis de s’exprimer ainsi : la discipline du « secret » constituerait une sorte d’entraînement ou d’exercice dans le cadre des méthodes de ces organisations. . (À suivre demain).

Les Frères lâchent leurs deux membres trafiquants de cocaïne en Côte d’Ivoire

De notre confrère linfodrome.com

La rédaction se faisait l’écho le 7 juin dernier d’une sombre affaire de trafic de cocaïne en Côte d’Ivoire. Cette affaire n’a certainement pas fini de faire parler d’elle tant elle est grave. Les maçons de Côte d’Ivoire n’ont pas attendu pour réagir. Grâce à notre confrère de Jeune Afrique, nous apprenons que la Grande Loge de Côte d’Ivoire a pris la décision de suspendre deux membres de la fraternité.

En effet, par mesure conservatoire, ces deux membres ont été écartés des activités de la Grande Loge. Et ce, depuis le vendredi 10 juin 2022, au cours de la cérémonie d’installation du nouveau Grand maître de la province du Centre, Silue Sinaly, directeur général de l’Autorité Nationale de l’Aviation Civile (ANAC). 

Ce sont Richard Ghorayeb et Dominique Amata qui sont concernés par cette mesure conservatoire. Il estime que la Grande Loge est directement concernée dans cette enquête de saisie de deux tonnes de cocaïne.

Franc-Maçonnerie et Tradition (2)

De notre confrère

Nous avons affirmé précédemment que « ritualisme », « rituel » et « rite » ne représentent pour la franc-maçonnerie qu’une partie des outils qui composent la méthode pédagogique de la franc-maçonnerie.

Nous avons indiqué précédemment que « ritualiste », « rituel » et « rite » ne représentent pour la franc-maçonnerie qu’une partie des outils qui composent la méthode pédagogique de la franc-maçonnerie, étant la forme utilisée pour la transmission, de génération en génération, d’une très ancienne sagesse, à travers plusieurs « Rites », chacun avec ses particularités, plus ou moins ésotériques, et avec son propre contenu historique, mais tous avec le même objectif commun, l’amélioration de l’homme pour la meilleure construction de l’édifice social.

Le « rite maçonnique » n’est donc rien de plus que l’ensemble des règles d’une cérémonie dans laquelle les degrés d’amélioration de l’Ordre sont communiqués, au fur et à mesure que l’apprentissage du maçon progresse ; ou, en d’autres termes, c’est l’ensemble des cérémonies de chaque système maçonnique. Ces cérémonies sont caractérisées comme une « série de procédures invariables dans l’accomplissement d’une certaine chose ; coutume, habitude », ou « ensemble de formalités qui doivent être observées pour qu’un acte puisse être considéré comme valable ou pour l’exécution d’une certaine diligence », ces définitions sont « rite » dans les dictionnaires.

Le rituel, à son tour, est juste et uniquement le « livre qui contient les rites établis », « la manière d’accomplir les cérémonies », ou « l’ensemble des actes et des pratiques propres à une cérémonie rituelle », ou « l’ensemble des règles socialement établies ». règles qui doivent être observées dans tout acte solennel; cérémonial. »

La « tradition », alors, n’est rien d’autre que « la communication orale des faits, légendes, rites, usages, coutumes, etc., de génération en génération ». Ainsi, la franc-maçonnerie utilise des cérémonies rituelles, aux procédures invariables, pour perpétuer la tradition dans le temps, c’est-à-dire transmettre, délivrer, transférer, ses enseignements symboliques et philosophiques à ses membres.

La Tradition maçonnique n’a pas été développée par un seul homme ; c’est le résultat des réflexions et des expériences d’innombrables penseurs qui, tout au long de l’histoire, ont existé dans diverses civilisations. Il n’y a donc aucun mystère à affirmer que les enseignements contenus dans les rituels maçonniques ont une origine très ancienne.

A un certain moment historique, les connaissances mémorables acquises par l’humanité ont été rassemblées, esquissées sous forme de diplômes et placées sous la garde d’hommes dignes en vue de leur conservation et de leur transmission à la postérité. Ce savoir ancestral comporte plusieurs aspects, tels que sociologique, politique, cosmologique, historique, anthropologique et hermétique. Pour assurer son assimilation efficace dans le temps, ce recueil de sagesse est transmis aux initiés de l’Ordre sous la forme d’un drame rituel ou d’un psychodrame.

Ce n’est pas non plus une invention de la franc-maçonnerie. Cette technique d’éducation avancée est liée à la théorie du « monde des idées générales », développée par le philosophe athénien Platon (428 – 347 av. J.-C.). Pour lui, apprendre ne consiste pas à acquérir de nouvelles connaissances, mais à récupérer nos propres connaissances, déjà acquises antérieurement dans le monde des idées générales : il y a un savoir suprême inné à l’homme et qui est enregistré dans son esprit. Cette connaissance intuitive émerge lorsque l’être traverse certaines expériences et expériences émotionnelles.

Le drame rituel ou allégorique est un des moyens efficaces d’éveiller cette connaissance intérieure et d’aider au développement de la personnalité. Cette connaissance intérieure aurait surgi lorsque l’homme des cavernes a commencé à remettre en question les événements autour de lui, et ce questionnement a conduit à la découverte des imperfections de ce système de vie et de la nécessité conséquente de l’améliorer.

En conséquence de ce contexte, le développement de la civilisation, la qualité de la vie et l’amélioration du système social ont commencé, sujets très prisés par les francs-maçons.

D’après les informations de « Qu’est-ce que la franc-maçonnerie » – GOB-PR ; gob-pr.org.br ; maconariadoparana.org.br ; Dictionnaire en ligne des langues d’Oxford.

Responsable : Loja Masônica Perseverança – Paranaguá – PR ( loja159@fgsia.com )

24-25-26/06/2022 : Toulouse – 11e conférence mondiale des Respectables Loges Garibaldi

Toulouse va être, du 24 au 26 juin 2022, la capitale mondiale des Respectable Loges Garibaldi.

Près de 150 Frères de 12 nationalités et 250 Frères de la Province d’Occitanie de la Grande Loge Nationale Française sont attendus à l’occasion de cette manifestation.

Ces Respectables Loges honorent toutes le souvenir de Giuseppe Garibaldi (1807-1882), premier Grand Maître de la Franc-Maçonnerie italienne, universellement reconnu pour son attachement aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité.

La RL Garibaldi n° 2091 et son Vénérable Maître Humberto Calamelli, à l’Orient de Toulouse, porte les valeurs de la Grande Loge Provinciale d’Occitanie (GLPO) sur les cinq continents et la représente sans faillir à chaque conférence mondiale annuelle.

C’est également une Loge d’échange, de partage et de solidarité qui incarne la vocation universelle de la Franc-Maçonnerie et apporte encore plus de force et de vigueur à l’édification du Grand Temple de l’Humanité.

Les Frères de cette Loge ont un sens exacerbé de l’Amour, de l’action, de la bienfaisance, de la fraternité et fortifient les sentiments de liberté et d’égalité parmi les hommes. Ni l’orgueil ni la vanité n’est flattée et l’humilité est l’une des qualités essentielles de chaque Frère de chaque Loge portant le nom d’un des « pères de la patrie » italienne.

Un évènement en deux temps :

Une Tenue réservée aux Frères de la GLNF et aux Maçons des Grandes Loges en amitié avec notre Grande Loge ; samedi 25 juin au matin, les Vénérables Maîtres sont conviés à partager la cérémonie de dédicace de la bannière de la RL Garibaldi, Grand Temple, au siège de la GLPO, par le TRF Pierre Hournarette, Grand Maître Provincial.

Une conférence ouverte à tous et gratuite, l’après-midi, amphithéâtre du Conseil Départemental de la Haute-Garonne, débutera à 14h30, en présence des Autorités civiles, la conférence mondiale sur le thème : « Garibaldi, Voyages en Fraternité. »

D’autres interventions seront proposées aux participants et un concert symphonique par l’orchestre Mozart de Toulouse conclura ce moment d’exception et de pure fraternité.

Affiche : Jean-Luc Beaufils, un des maîtres de l’Art Moderne

Infos pratiques :

Conférence publique et gratuite à 14h30

Conseil Départemental de la Haute-Garonne, 1 boulevard de la Marquette – 31000 Toulouse

Les secrets du château templier de La Cité dévoilés ?

De notre confrère journaldemillau.fr

Ce moment était attendu depuis longtemps par les passionnés de La Couvertoirade : le compte rendu des fouilles réalisées il y a deux ans était présenté lors d’une conférence exceptionnelle donnée par Yoan Mattalia, docteur en archéologie et histoire du Moyen âge de l’Université de Toulouse.

Ce spécialiste des établissements des ordres religieux militaires aux XIIe et XIIIe siècles a mené une campagne de fouille en juillet 2020 dans la cour supérieure du château templier.

Les différentes périodes de confinement ont retardé la présentation de ses travaux et c’est donc avec une vive impatience que les amateurs attendent le résultat. Il n’y a aura certainement pas de scoop renversant mais des indices et des informations complémentaires.

Parmi plusieurs projets en cours, Yoan Mattalia s’intéresse plus particulièrement à la question des premiers temps de l’implantation des Templiers et des Hospitaliers dans le Midi de la France au XIIe siècle en questionnant le rôle des évêques réformateurs méridionaux dans l’implantation et la fondation des premières communautés templières et hospitalières.

Ses travaux récents sur les espaces monastiques, la topographie et l’architecture des lieux religieux ont mis en lumière le problème de l’organisation des espaces résidentiels au sein des commanderies templières et hospitalières méridionales ainsi que la question de la présence ou de l’absence du cloître et de ses fonctions dans ces établissements religieux. Il y aura donc beaucoup d’information à glaner lors de cette conférence qui s’est déroulée ce samedi 11 juin à 18h à la salle des fêtes de la commune. Quant au trésor, il est déjà là, planté sur son éperon rocheux depuis près de 800 ans.

…Une voûte étoilée en guise de toit

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Ce qui attire l’homme vers le ciel, ce sont principalement les étoiles. Ces lumières au milieu de l’obscurité qui surprennent et émerveillent les humains depuis des millénaires. Elles ont été la seule carte sûre pour ceux qui parcouraient le monde par la terre et par les mers. Mais aussi, pour tous ceux qui, comme les marins, cherchaient la route vers la terre nouvelle ou tout simplement le retour à la maison. Mais aussi, pour ceux qui, comme les Mages, ont suivi l’Etoile pour trouver un être divin.

Aujourd’hui encore, nous regardons les étoiles, de manière profane, car elles suggèrent la bonne marche à suivre lorsque, par exemple, nous étudions la position qu’occupent les constellations au moment de notre naissance ou lorsque, même quotidiennement, nous lisons notre horoscope.

Le ciel étoilé, parmi tous les spectacles de la nature, est celui qui est le plus capable de nous secouer profondément, stimulant la réflexion sur notre nature et sur le « sens » de notre existence.

Cela est peut-être dû au fait que, contrairement à d’autres spectacles naturels, le ciel est ressenti comme inaccessible, comme le « dernier horizon » au-delà duquel, comme la haie dans « L’infini » de Leopardi , nous ne pouvons que nous aventurer avec la pensée.

La sensation d’inaccessibilité et d’extension illimitée dans l’espace et le temps génère en nous un mélange de sentiments d’admiration, pour la grandeur et l’immanence du Cosmos, et, en même temps, d’angoisse, au moment où nous confrontons notre limitation à l’infini du ciel, qui nous surplombe, qui dans les moments de fatigue semble même nous écraser, mais peut-être du point de vue maçonnique pouvons-nous dire qu’il nous enveloppe, accueille toute la terre et, avec elle, nous-mêmes.

Il m’arrivait parfois, par les clairs soirs d’été, de lever les yeux vers le ciel en pensant aux innombrables soleils et aux mondes infinis de l’Univers, en imaginant combien et quels êtres étranges pouvaient se trouver dans tant d’infini faisant la même chose.

On ne sait pas, on ne saura jamais ce que sont les étoiles, ou plutôt ce qu’elles signifient. Il est certain qu’elles sont quelque chose de plus et peut-être de différent que de simples accumulations gazeuses. Plus que le « quoi », l’homme s’intéresse au « pourquoi ». Et à ce stade, les questions sont nombreuses.

Est-il possible que la création soit une construction parfaite mais sans but précis ? Peut-être les astres sont-ils les dépositaires discrets et silencieux de ces secrets. Ils représentent l’élément « vivant ».

Il s’agit d’une vie comprise comme évolution et mouvement ; donc mobilité dans le temps car ils ont leur propre durée et, dans l’espace, les gaz qui les composent se dilatent.

Insérés dans des espaces sidéraux vides, ils constituent sa matière vitale, de la même manière que les arbres et les fleurs animent l’environnement naturel sur terre. En un sens, les étoiles sont au cosmos ce que les plantes et les animaux sont à la terre.

Les légendes qui accompagnent les astres sont belles et romantiques : les Grecs voyaient dans le plus grand la nymphe Callisto, aimée de Zeus et le fils Arcade dans le moindre, transformés en constellations par la jalousie d’Héra. Mais les Arabes virent plutôt dans la Petite Ourse un petit cercueil et dans l’Étoile Polaire un meurtrier condamné à l’immobilité éternelle.

Les Romains, quant à eux, appelaient le Grand Char Septem Triones, les sept bœufs qui labourent lentement le ciel autour de l’étoile polaire.

Les constellations ne sont plus de simples récits mythologiques d’édification, mais deviennent des symboles capables de faire vibrer les accords justes dans le cœur de l’observateur.

Deux choses remplissent l’âme d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelles et croissantes, au fur et à mesure que la réflexion s’y attarde : le ciel étoilé au-dessus de moi, et la loi morale en moi.
Kant – Critique de la raison pratique

Un franc-maçon ne peut s’arrêter ni à la lecture scientifique de la voûte céleste ni à l’interprétation religieuse, mais pas même à celle artistique-poétique-musicale. Quelle relation établir, alors, avec les étoiles ? Comment les regarder ? Que pouvons-nous y voir ?

Le ciel reproduit sur la voûte du temple qui n’est en fait pas un lieu délimité mais le cosmos tout entier dans le ciel , représente la nuit et les étoiles visibles.

La voûte étoilée est le symbole ultime de l’idéal de fraternité, chaque frère est enveloppé par le même macrocosme, unis les uns aux autres par les mêmes lumières et le même mystère, par le même secret ; le frère de Loggia est égal, par idéal de fraternité, au frère d’un autre Orient, égal au frère de toute autre langue, physiquement trop éloigné pour être rencontré dans la vie profane.

Le temple de la franc-maçonnerie n’est pas complet : on travaille à ciel ouvert dans le temple sans toit, qui ne dépend pas seulement de l’incomplétude de la construction : aujourd’hui il manque, il sera construit demain, peut-être.

L’œuvre est sous les étoiles parce que la connexion avec ce monde sombre et mystérieux, mais si fantastiquement lumineux, doit être plus significative.

La voûte est tantôt visible tantôt cachée, mais le ciel étoilé est là, il est là, qu’on le voie ou qu’il reste caché : le jour il n’est pas visible, mais il est là. Lors d’une soirée d’hiver très froide mais claire, il est là : on le voit. Par une soirée d’été étouffante et morne, il est à peine visible, mais il est là. Par une soirée brumeuse ou nuageuse, ce n’est pas visible, mais c’est là.

Dans les minutes maçonniques, il est indiqué que

les francs-maçons se rassemblent sous le point géométrique connu des seuls Fils de la Veuve.

Que signifiera jamais cette déclaration ? Le point géométrique est par définition une abstraction graphique, il n’a pas de frontières, il est sans extension, l’idée exprime donc une « dimension » qui, bien que réelle, est cachée et ne peut être connue que de ceux qui savent ; c’est donc à la fois un symbole et un bâtiment.

La forme rectangulaire et les colonnes de notre temple préfigurent la terre et ses limites, en contraste avec le ciel étoilé du plafond découvert, qui dépeint l’infinité du cosmos, comme un système ordonné et harmonieux, une conception parfaite de l’école pythagoricienne, une métaphore de l’Infini, comme lieu d’ascension de l’homme franc-maçon, visant à la recherche de l’Infini spirituel.

Ce dépassement de la voûte nous invite à élever notre pensée jusqu’aux étoiles les plus proches, afin de conquérir la vérité et de trouver la bonne voie qui nous permette d’éclairer nos œuvres.

En définitive, pour le franc-maçon, l’Infini est le but qu’il doit viser, et son but est le Grand Architecte de l’Univers, le lien entre la réalité et l’irréalité de nos vies.

Le ciel étoilé était, est et sera un signe, un symbole qui oriente notre chemin et notre vie.

De la table d’Émeraude :

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas pour faire des miracles d’une seule chose. Et comme toutes choses sont et viennent d’un, par l’intermédiaire d’un, ainsi toutes choses naissent de cette seule chose par adaptation.

Témoignage, enquête et questionnement d’une sœur à propos du pass sanitaire

« Du silence assourdissant du Pass SanitairE »

J’aimerais bien que nous parlions enfin de l’application des mesures du pass sanitaire au sein de la franc-maçonnerie française.

Factuellement, le 19 juillet 2021 le Gouvernement français décrète obligatoire le pass sanitaire pour accéder aux locaux dédiés aux rassemblements de plus de 50 personnes (*Décret n° 2021-955, voir bas de page).

En août 2021, en pratique, au DH, la jauge de maximum 50 personnes devient caduque pour accéder aux temples, alors qu’elle ne l’est pas dans le décret. Le Bureau du Conseil National envoie le 23/08/2021 une note d’information à tous les présidents d’atelier, indiquant :  » Le « pass sanitaire » devient donc exigible pour tous les FF:. et SS:. dès la rentrée de septembre dans tous les locaux. » Il nous faudra donc fournir soit un certificat de vaccination complet, un test négatif de moins de 72H ou un certificat de rétablissement de plus de 11 jours et moins de 6 mois. Et on nous recommande le maintien des gestes barrières.

Je suis alors en charge d’un plateau dans une loge du DH du sud-ouest, et en septembre, notre VM nous indique que le pass sanitaire sera demandé à chaque frère et sœur, et par conséquent l’accès aux locaux leur sera refusé s’ils ne produisent pas un de ces 3 documents. 

Aucun des frères et sœurs concernés, donc je suis, ne s’est présenté. 

Qui sont les membres qui n’ont pas pu accéder aux travaux ?

  • Il y a ceux qui ne voulaient pas à avoir à respecter les gestes barrières, pour préserver l’idée qu’ils ont de l’expérience d’une tenue,
  • Ceux qui ne voulaient pas se faire tester, pour préserver leurs émotions et leurs corps,
  • Ceux qui ne souhaitaient pas se faire vacciner anti-covid, pour préserver leur santé,
  • Ceux qui ne pouvaient pas se faire vacciner anti-covid, pour préserver leur santé,
  • Ceux qui étaient contre la mise en œuvre de ces procédures de ségrégation entre initiés, pour préserver leurs valeurs,
  • Et ceux qui combinaient plusieurs de ces possibilités.

Je suis sûre qu’aucun d’entre nous ne tomberons dans le piège grossier de l’étiquetage simpliste « anti-vax ». D’abord parce que ces produits injectables anti-covid, encore en cours de test, ne sont pas des vaccins comme les autres, que leur efficacité était déjà à l’époque sujette à caution, au point qu’il faut plusieurs injections. Ensuite parce que certains avaient plus peur du produit inconnu que de la maladie. Par ailleurs chacun est responsable des décisions à prendre pour sa propre intégrité.

J’ai écumé le net public et maçonnique et n’ai trouvé qu’un seul et unique article de fin août 2021 sur le sujet, ce qui m’a intriguée. Il s’agit d’un article scandalisé sur Agoravox du profane Bernard Dugué, d’Appel aux francs-maçons ; contre la loi sanitaire et pour la défense des valeurs républicaines (*) qui n’a eu aucun écho.

Docilement, certains montrèrent leur pass, sans se soucier des traces digitales qui resteront quelque part sur les réseaux, et d’autres restèrent chez eux.

En voilà, une institution qui se tient sage, pour paraphraser le titre du film de David Dufresne « Un pays qui se tient sage » (*).

En tant que franc-maçon et citoyenne, je m’interroge. Où sont passés les frères et sœurs indociles ? N’y a-t-il pas d’opposants à cette mesure ? 

Un frère toulousain de la GLDF m’explique  que la mesure a été mise en œuvre de façon vraiment stricte pour éviter les éventuels problèmes juridiques, pas de cluster, pas de plainte. De surcroît, comme me le précise le Grand Maître de la GLEFU, nous devons respecter les lois de la République et nous l’avons fait par principe de précaution. Je suis évidemment d’accord, conceptuellement, mais il y a une nouvelle situation à prendre en compte.

Il ne s’agit pas d’une loi émise par le parlement qui nous représente, mais d’un décret d’état d’urgence sanitaire, émis par le gouvernement suite à un conseil de défense secret, sans contrôle démocratique. Et c’est ici que resurgît la problématique philosophique qui confronte légalité et légitimité. De mon point de vue, ces arguments autorisent au moins la réflexion, l’éventuelle remise en cause, voir le choix de la désobéissance.

Quant au principe de précaution, c’est bien évidemment raisonnable d’être prudents, mais la mise en œuvre de la prudence doit être économe en ressources. La question qui se pose pour la Nation comme pour la franc-maçonnerie française, c’est : Pourquoi choisir d’imposer un contrôle sur l’ensemble de la population et exclure ceux en bonne santé ne satisfaisant pas au contrôle, plutôt que de confiner les plus fragiles et les malades ? (C’est démocratiquement et économiquement beaucoup plus couteux).

Quant à nous francs-maçons, on le dit enfin à haute voix que c’est en radical désaccord avec nos valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité ? Ces valeurs que nous proclamons à chaque batterie, plusieurs fois par tenue (*exemple d’exposé de nos valeurs, DH).

Du 20 au 26 mai 2022, j’ai sollicité 25 GM de France en poste pour les interviewer. J’ai fait 25 courriers, sur les sites officiels de chaque obédience.

Voici les questions que je leur ai posées. L’intention est d’éclaircir comment s’est déroulée la mise en œuvre du pass sanitaire dans chaque obédience de France et tenter de mettre en lumière une première vision des conséquences sur la franc-maçonnerie française, vision de juin 2022.

  • Quelle est l’instance décisionnaire de chaque obédience qui a examiné la demande de mise en œuvre du pass et de qui est-elle composée ? Le GM ? Une assemblée de 33e ?
  • L’obédience a-t-elle décidé d’appliquer le pass sanitaire ? Si oui, avec quelles modalités ? (Quelles sont les raisons retenues par l’obédience ? Quelles sont les mesures décidées pour sa mise en pratique ?)
  • Les rassemblements de moins de 50 personnes sans pass ont-ils été autorisés, comme le prévoit le décret du 19 juillet 2021 ?
  • Y a-t-il eu des exceptions ou des dérogations ?
  • Y a-t-il eu des réfractaires, des désobéissants ou des conflits ? Le cas échéant, comment ont été géré ces conflits ?
  • Y a-t-il eu des retours d’expérience de cette mesure ?
  • L’obédience a-t-elle étudié l’impact de cette mesure sur les démissions, fermetures, mises en sommeil, essaimages ? 
  • Du point de vue des effectifs : Combien y avait-il de membres et de loges en 2019 et combien y en a-t-il aujourd’hui ?
  • Du point de vue des valeurs : Quelle est l’analyse globale de l’obédience de cette expérience ?

M’ont demandé des gages de bonne franc-maçonnerie sans me répondre : le GODF (47 000 FF&SS*), la GLMF (4200 FF&SS*), la GLFF (11 700 SS*).

Les GM de l’ORS (100 FF), la GLEFU (150 FF) et la GLMM (300 FF&SS*) m’ont répondu et plusieurs frères et sœurs en leur nom propre (merci à eux). Et c’est tout.

En septembre 2021, comme l’ORS, l’OITAR autorise les réunions de moins de 50 personnes sans pass si le bailleur du temple ne l’exige pas, contrairement au DH, au GODF, à la GLDF, à la GLEFU, à la GLMM, la GLFF et la GLNF pour ce que j’en sais. Globalement toutes les obédiences ont respecté le décret avec ou sans la jauge des 50 personnes. Quand cette jauge a disparu avec l’avènement du pass vaccinal, là, personne ne m’a dit ce qu’il s’est passé.

Nous ne pourrons pas faire de synthèse globale aujourd’hui, compte tenu du peu de réponses que j’ai obtenues. Comment justifier cette « confidentialité » ? 

On me dit que je pose des questions délicates, que le sujet est explosif.

Pourquoi ne pourrait-on pas l’aborder sereinement ? C’est tellement gênant d’admettre de vivre des difficultés ? Y a-t-il effondrement de nos effectifs ? … De nos valeurs ?

Parlons effectifs

Selon mes observations, 2 à 5 membres par loge ont été exclus. Ils ne sont pas venus contester cette mesure devant les temples. Ils ont démissionné, ou sont en congés. Des loges entières se sont mises en sommeil ou ont fermé (50% pour la GLEFU, plus que 11 loges en France en 2022).

Nous étions 170 000 francs-maçons en France en 2019. Combien sommes-nous aujourd’hui ? 140 000 ? 130 000 ? Moins ? On sait déjà que les initiations depuis mars 2022 ne couvrent pas les démissions et les départs pour la grande loge éternelle.

Parlons valeurs.

Comment expliquer l’absence de contestation face à ce pass ?

Où sont les indignés d’entre nous ? Il s’agissait quand même d’exclure des initiés de nos travaux !

Il s’agissait, même si c’était ponctuel, de mettre en place une ségrégation, une sélection, une exclusion, un tri, un bannissement ! 

Cela parle aussi de l’abandon de sa souveraineté personnelle pour l’obéissance à l’obédience.

Quel que soit le rôle distribué, ségrégationniste et exclu, nous avons tous été dociles, dans le silence assourdissant de la fabrication d’un tabou.

Je suis sûre que certains d’entre nous étions scandalisés mais aucun n’en a parlé, à part dans la discrétion de face à face. Ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient fournir le pass ne sont pas venus, en silence, certains ont démissionné sans bruit, d’autres ont constitué de nouveaux ordres, obédiences et loges mais toujours sans bruits, dans un silence assourdissant.

Que nous est-il arrivé ? Avons-nous été sidérés par la peur de mourir, comme tous les français ? Alors que nos enseignements nous préparent à cette ultime étape ! Nous sommes-nous laissés paralyser par la manipulation gouvernementale, par l’effet cliquet sans retour en arrière possible, sans voir venir la menace de dérive liberticide ?

Un frère toulousain de la GLDF m’expliquait qu’au-delà des adaptations sanitaires du rituel, les sujets traitant de politique sont hors du spectre de leurs travaux et que même aux agapes ce sujet n’a jamais été abordé.

Comme en témoigne une sœur VM d’une petite loge du DH de Paris, « sur le moment tout le monde était d’accord, même ceux qui ne pouvaient pas venir à cause du pass, on trouvait ça raisonnable, on a tous accepté sans râler. ». 

Mais je m’interroge à propos du présent. Il est temps, nous avons un peu de recul, nous devons nous interroger sur ce que nous avons accepté de septembre 2021 à mars 2022 comme privation de libertés individuelles, nous francs-maçons, qui sommes sensés être un contre-pouvoir garantissant la démocratie et ses valeurs, avec les syndicats, la presse, les ONG et le conseil constitutionnel.

Comme nous tous, jusqu’en août 2021, j’étais vraiment fière d’être franc-maçon. C’est bien joli de se gargariser de notre histoire sous la 3e république, mais en septembre 2022, en France, comment se peut-il qu’aucun d’entre nous n’ait signifié son désaccord au pass sanitaire ? Où sont passés les libres penseurs, les dissidents, hommes et femmes libres et de bonnes mœurs que j’espère trouver dans nos rangs ?

Quelles peuvent être les conséquences ?

Celles que j’ai pu constater moi-même ou dont j’ai eu témoignage, il y a eu :

  • Des retards d’initiation,
  • De nombreuses démissions sèches, 
  • Des changements de loge ou d’obédience, 
  • Des mises en sommeil ou des fermetures définitives de loges,
  • Des créations de nouvelles obédiences ou ordres, de nouvelles loges indépendantes et souveraines, loin des appareils institutionnels que sont les grandes obédiences.

Vue de ma petite fenêtre provinciale, cette péripétie politique française a bouleversé nos membres dans leurs valeurs et leur identité de franc-maçon. Les cartes sont rebattues au moins factuellement en termes d’effectifs de francs-maçons et d’obédiences français. 

Je constate que les anciens traités d’amitiés sont des obstacles aux nouvelles structures, avec la réponse que m’a faite le GODF, la GLFF et la GLMF. Ils m’ont demandé des gages de bonne maçonnerie avant de ne pas me répondre. Mon Ordre, créé en 2019 et ma loge, allumée cette année, m’auraient-ils « désinitié » ? 

Ne sommes-nous pas tous initiés ? Avec l’Amour, n’est-ce pas ça l’essentiel ? Ne serait-il pas temps que nous nous reconnaissions enfin véritablement comme tels ?

Peut-on demander à des humains de bonifier leur humanité et à la fois leur demander de ne pas poser les questions gênantes ? N’est-ce pas en se confrontant aux difficultés que nous grandissons, individuellement et collectivement ?

Et pour ceux d’entre nous qui sont restés, comment fait-on pour redevenir fier d’être maçon ? Comment fait-on pour vivre avec ces injonctions contradictoires ?

Voilà. 

Je pose ça là, au centre du Naos, pour que nous puissions commencer à y travailler tous ensemble, parce que j’aimerais bien que tous les avis s’expriment, les consensuels, les poltrons, ceux de mauvaise foi, les politiques, les courageux, les irrités, les sages, les rigolards, et tous les autres, avec mesure et fraternité, mais qu’ils s’expriment enfin !

Sources :

Effectifs (non datés, supposément avant le covid) du site http://obediences.maconniques.fr/OBEDIENCES-MACONNIQUES/effectifs.php

S:. B:., une S:. d’une R:.L.:. de Salomon

S’initier soi-même

Au début du troisième millénaire, « la tonalité maçonnique » a incontestablement changé. Les hommes et les femmes qui demandent l’entrée du Temple semblent beaucoup moins préoccupés par le « croire » et le surnaturel. Bien mieux informés que je ne l’étais en arrivant en maçonnerie – j’approuve tout à fait à la fois leur culture actuelle et leur curiosité – ils ne font pas toutefois une « fixette » sur le passé de l’Art Royal ! Les figures et valeurs d’antan sont respectées mais non vénérées. Il n’y a pas d’offense à constater que les pionniers – qui nous ont passé les commandes d’une belle entreprise humaniste – sont maintenant dans cet autre monde, que nous appelons « l’Orient éternel », où ils méritent d’être laissés en repos bien mérité !

Les mots du vocabulaire précité aussi, changent lentement de sens. L’initiation, n’est plus perçue aujourd’hui comme une grâce, (donc une faveur impliquant quelque soumission) fut-elle divine, voire mystique ou magique pour certains – qui serait spécifique à la franc-maçonnerie – mais un classique « rite de passage » dont le protocole ancestral, signifie symboliquement, nous le savons, la mort à un temps de vie et la renaissance à un autre (et non une résurrection !). L’initiation, en tant qu’ouverture d’un chemin, n’est pas en soi un commandement, ni un itinéraire à suivre, mais une carte routière ! Il est bon d’insister sur ce point, souvent oublié ou occulté : Si cette initiation est symboliquement reçue d’un « passeur », il convient d’être conscient que, en même temps que le relais s’effectue, chacun (e) s’initie soi-même. C’est à dire que l’initié (e) qui s’engage sur la voie maçonnique s’impose à la fois des devoirs (moraux et citoyens) et, en adulte qu’il (qu’elle) est, se donne des justes droits (savoir dire oui, savoir dire non) dans son exercice. L’initié (e) est un franc-maçon, une franc-maçonne responsable. Et non une personne soumise. Observer et évaluer, garantir et décider, accepter ou refuser, sont autant « d’opérations » qui constituent la responsabilité. Tout le contraire de subir ou supporter ! La tolérance trop longtemps prônée par une franc-maçonnerie indulgente est aujourd’hui limitée par l’intolérable. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur !

 Il est dans la nature de l’homme, animal social – ne pouvant assujettir son milieu – de chercher à dominer ses semblables. La franc-maçonnerie, organisation humaine, n’échappe pas à ce phénomène. L’autorité, l’ascendance, la puissance, l’influence, l’emprise, les mots affluent pour désigner la possibilité d’agir sur quelqu’un ou quelque chose. Ils se résument en un seul, qui renforce souvent le sentiment d’exister (ou même de surexister !) chez le « désirant » : LE POUVOIR.

Nous ne pouvons faire l’économie d’évoquer cette réalité dans le cadre maçonnique !

La franc-maçonnerie est le reflet des époques qu’elle traverse. Au siècle précédent, le livret d’instruction reçu lors de mon élévation à la maîtrise – soigneusement conservé (1987) – m’indiqua que le dessein de ce degré était le combat contre l’ignorance, le fanatisme et la superstition. Aujourd’hui, signe du temps, sur le même document l’ambition « déréglée » a remplacé la superstition, en tant que défaut – avatar de la religion – à éliminer.

Au vrai, l’ambition a un double sens. Le premier indique une pulsion axiale, cette force psychique inconsciente, présente en chacun de nous, qui nous pousse à croître, à nous perfectionner, à persévérer dans notre être. Il s’agit de notre capital énergétique : il dépasse même notre instinct de conservation. Il est donc tout à fait normal, sain même, d’avoir de l’ambition, en termes de progression personnelle.

En revanche son deuxième sens, pointe la démesure qui peut saisir un être, et rejoint notre propos ci-dessus : le désir ardent de dominer, de prendre un pouvoir, d’obtenir des avantages, de s’imposer. Peu importe si c’est au détriment des autres qu’il s’agit alors d’écarter, voire de mépriser ! Pour faire image, cette ambition nocive, est à la fois, métaphoriquement, liquide et solide. Liquide, elle est le carburant de la vanité, la « substance empoisonnée », qui propulse les carrières personnelles, notamment en entreprises ! Solide, c’est un système de conditionnement – le pouvoir précité – qui organise une structure. Les membres du groupe, avides de récompenses (flatteries, honneurs, signes distinctifs, appellations pompeuses) se soumettent à ce que le neurobiologiste et philosophie Henri Laborit, nomme les « hiérarchies de dominance ». Se construit ainsi, adossé aux composantes des faiblesses humaines (convoitise, besoin de reconnaissance, jalousie) le rapport dominant/dominé, qui conduit à l’inféodation, donc à l’infériorisation. Il est judicieux d’écouter ce Professeur : Il a beaucoup travaillé sur le conditionnement, cette forme perverse de pouvoir.

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. » (Commentaire d’Henri Laborit dans le film « Mon Oncle d’Amérique d’Alain Resnais – 1980)

Une longue phrase à méditer. L’ambition démesurée de certains membres des loges – assoiffés de parures (la « cordonite ») et du regard de l’autre, rime avec la domination précitée. Celle-ci boute alors la franc-maçonnerie, hors de son champ initiatique. Et, à l’évidence, la détourne de l’un ses « credo » majeurs : l’humilité !

Des mots aux faits

Initié (e). Qui dit Initiation, dit Initié (e).

« Etes-vous franc-maçon ? »

« Mes frères et mes sœurs me reconnaissent comme tel ! »

Cet échange rituel n’est évidemment pas suffisant comme réponse. Au-delà des mots, il s’agit de se connaître et reconnaître soi-même ! Ce qui permet d’être et vivre à sa place ! La franc-maçonnerie propose une méthode de vie pratique basée sur la production de concret à partir de la fiction. Autrement dit, est-ce que j’aime la poésie, les mythes et les légendes ? Est-ce que les métaphores, les allégories et le symbolisme « me parlent » ?! Comme de pain et d’eau, j’ai besoin de récits et de contes pour vivre. Mais mon imaginaire me donne-t-il envie de rencontrer l’autre, de partager, de m’enrichir de lui et de l’enrichir, de penser et de bâtir en commun ? Voilà ce que signifie d’abord le mot « initié » : celui qui est informé de lui-même, de ses désirs, de ses capacités. Celui qui veut du pouvoir, oui, mais pas pour dominer. Pour donner et recevoir ! L’initiation vise la maîtrise de soi. Pas des autres ! Comme au tir à l’arc, il s’agit d’atteindre le centre. Son propre centre.

Tradition. Il n’y a pas de poétique sans valeurs. L’Art Royal a trouvé les siennes à sa façon dans une suite de traditions qui en sont porteuses (Traditions   biblique,          égyptienne,         gréco-romaine,   ésotérique, kabbalistique, alchimique, compagnonnique, chevaleresque).Que ces traditions soient des doctrines et des pratiques répétitives, qu’on les nomme coutumes, habitudes, folklores, elles sont des traces dans le temps des activités et mouvements humains. Mais en aucun cas des vérités ! Le mot Tradition vient du traditio, transmettre. Cette transmission s’opérant généralement par la parole ou l’exemple – donc la réflexion, l’imagination – il y a forcément transformation, amélioration, progrès de la « chose transmise », annonce même parfois d’une nouveauté, qui remplace la précédente. Elle devient ainsi un savoir, une pré-science. Ainsi sont nées, progressivement, les « sciences de l’homme », par définition, observatrices des cultures humaines.

Philosophie, linguistique, anthropologie, psychologie, psychanalyse, analyse transactionnelle, programmation neuro-linguistique, autant de « sciences naturelles », auxquelles s’ajoute l’histoire. Celle-ci fait entrer de plain-pied la franc-maçonnerie dans ces sciences humaines. D’autant que, grande emprunteuse, elle les utilise largement avec bonheur. On peut dès lors s’étonner que nombre de maçons – nourris que d’un symbolisme excluant – écartent encore ces sciences de leur « chemin initiatique » au XXIème siècle ! Or, ce n’est pas de reconnaissance entre obédiences – futilité corporatiste – dont la franc-maçonnerie d’aujourd’hui aurait vraiment besoin, mais d’être reconnue d’utilité publique, comme institution sociétale ! La tradition – au sens éducatif du terme prendrait ici tout son sens ! A suivre !

 Rite. Issu du latin ritus (usage) et du sanskrit rita (ordre), le rite est en soi le conducteur, « l’acte cérémoniel », qui, décliné en divers rituels, formalise et rythme la tenue maçonnique. Il ne constitue en aucun cas une liturgie religieuse, encore moins une discipline magique, voire mystique ! Constitués de degrés, les rites maçonniques, aux appellations fleuries, produits de la créativité foisonnante du XVIIIème siècle, restent encore très marqués par leurs titres ronflants, susceptibles d’en masquer le contenu philosophique ou moral. Un symbolisme trop imaginatif peut aller jusqu’à illustrer des cartes de visite ! Et faire entrer certains dans le domaine des croyances, jusqu’à faire du rite, une relique intouchable. Et de dangereux « ritolâtres » !

Symbole. Réalité donnée à voir, le symbole, sous diverses formes suggestives, parle sans mots, démultipliée en signifiants et signifiés. Offert à l’imagination de chacun, le soleil, par exemple, il évoque aussi bien la lumière que la chaleur, la circularité que la vie ! Il n’exprime lui non plus aucune vérité. C’est la pensée qui crée le symbole !

Sacré. La confusion est fréquente pour qui vit en maçonnerie une religion de substitution. Le sacré, figure du respect sous toutes ses formes, peut être parfaitement laïque. Il est à même d’être à lui seul, la motivation du franc-maçon dans la cité ! Chacun de nous est sacré !

Spiritualité. Le processus de réflexion qu’il évoque a longtemps été l’apanage des religions. Le domaine de l’esprit n’est pas uniquement celui de la croyance ! Il a fallu que la philosophie introduise la notion de spiritualité laïque pour le rappeler. Il est bon de répéter que la spiritualité est liée à la famille latine spir : le souffle, c’est à dire la vie !

Grand Architecte de l’Univers. La preuve de l’existence d’un Dieu « constructeur et organisateur » du monde ne sera sans doute jamais révélée à l’intelligence humaine. Il semblerait que le philosophe Spinoza, qui parle d’une puissance persévérante, donne l’une des meilleures définitions de ce mystère. La franc- maçonnerie, qui l’a parée de l’appellation poétique de Philibert de l’Orme, pour désigner soit un Dieu révélé, un symbole ou un principe créateur, demeure évidemment dans ce domaine de l’imaginaire.

En ce sens, il est étonnant que des obédiences maçonniques exigent de leurs adhérents la croyance en Dieu. Quand il convient en priorité de croire en l’Homme ! Et de diriger vers lui toute spiritualité, cultuelle ou laïque !

La Saint-Jean d’Eté : un exemple du symbolisme chrétien en Franc-maçonnerie

Cela fait partie de nos habitudes ! Chaque année il nous faut célébrer Saint Jean Baptiste, un des deux saints patrons les plus connus de la franc-maçonnerie.

C’est l’occasion de repréciser un certain nombre de mots clés et peut-être de réfléchir à transformer une habitude, qui pourrait sembler désuète, pour en faire un temps fort de nos agendas.

Le symbolisme maçonnique originel, tel qu’il apparaît en Angleterre et en Ecosse à la fin du XVIIème siècle, est imbibé du symbolisme biblique et donc du symbolisme chrétien !

Quoi de plus normal lorsqu’on sait que la Bible est le livre de référence à cette époque ; suite à la traduction impulsée par le Roi Jacques Ier, qui paraît au début du XVIIème siècle, la King James Version Bible (KJVB) connaîtra une large diffusion. Les références bibliques contenues dans les Constitutions d’Anderson et dans les rituels maçonniques sont largement inspirées de cette King James Version Bible d‘inspiration.

Au point que l’on peut très bien comprendre les rituels maçonniques en se référant uniquement à l’aspect chrétien de nos symboles.

La tradition des saints patrons :

Rappelons que c’est vers la fin du moyen-âge (1650 environ), que la tradition des saints patrons apparaît ; ce sont des saints protecteurs de confréries et de lieux. Cela existe dans l’église catholique anglicane et orthodoxe. Les protestants s’y opposent !

Si aujourd’hui Saint Jean Baptiste et Saint Jean l’Évangéliste semblent unanimement reconnus comme les deux saints patrons de la franc-maçonnerie, cela n’a pas toujours été le cas.

Pour mémoire, citons saint Thomas, « patron des architectes et des constructeurs » (souvent représenté porteur d’une équerre en « T » et de la règle des bâtisseurs).

Il y a aussi les Quatre saints couronnés (Quatuor Coronati), patrons des maçons, mentionnés en 1390 dans le manuscrit « Regius ». Selon la légende, Claude (Claudius), Symphorien (Simpronianus), Nicostrate (Nicostratus) et Castorius sont des sculpteurs romains convertis au christianisme et qui, refusant d’exécuter une statue d’idole (Esculape) pour l’empereur Dioclétien, furent martyrisés dans des cercueils de plomb et précipités dans la mer en l’an 306. Saints patrons dans toute l’Europe des tailleurs de pierre et des maçons, vénérés dans l’ancien compagnonnage germanique « Claudius est représenté avec une équerre, Nicostratus, avec le compas, Castorius avec la règle et un livre ouvert, Simpronianus, avec le niveau et un sceptre ». (source wikipedia)

Ne pas confondre solstice et saint Jean

Le solstice d’été se déroule entre le 19 et le 22 juin et le solstice d’hiver entre le 19 et le 22 décembre !

Si les deux solstices d’été et d’hiver sont l’occasion de fêtes solsticiales depuis l’antiquité, les francs-maçons eux, fidèles à la tradition chrétienne, fêtent les deux Saint Jean : Saint Jean Baptiste le 24 juin et Saint-Jean l’Évangéliste le 27 décembre.

Les références aux saints Jean en franc-maçonnerie

Une devise de la Franc-Maçonnerie : « Erected to God and dedidicated to Holy Saints John ! » : Erigée pour Dieu et dédiée aux Saints Jean !

Symbole associant le point (souvent associé à l’initié), le cercle (la limite du bien et du mal) et les deux tangentes (représentant les deux saints Jean , le baptiste à gauche et l’évangéliste à droite) : D’autres interprétations sont données.

Loge de Saint Jean :

  • L’expression est employée par le chevalier Ramsay qui fait allusion aux chevaliers de Saint Jean de Jérusalem
  • l’expression est retrouvée dans les rituels :
    • au REAA : Lorsqu’on frappe à la porte du temple le tuileur demande « d’où venez vous ? » – il est répondu « d’une loge de Saint Jean »
    • au RER :  dans les instructions au 1er degré à la question « Comment s’appelle la loge », la réponses est : « Une loge de Saint Jean ».

Rappel sur Jésus-Christ :

  • Naissance : -5 ?
  • Mort : + 33 ?

Saint Jean Baptiste

  • Dates :
    • 24 juin (jour de sa naissance) : Pour les Églises catholiques et orthodoxes, la fête du 24 juin, six mois avant Noël, célèbre la Nativité de Jean Baptiste,
    • 29 août (jour de sa décollation)
  • Naissance et mort :  né vers 100 avant J.-C et décédé (décollation) 30 après JC
  • Ecrits :
  • Symboles associés :
    • manteau « à poil de chameau » ou une peau de mouton
    • bâton (croix à l’extrémité) avec un agneau (symbole du Christ).
  • Reconnu par le Coran : Un hadith dit : « Chaque prophète a transgressé ou a eu envie de le faire, excepté Jean, qui n’a ni péché, ni eu envie de le faire. »

Saint Jean l’Evangéliste, « le disciple que Jésus aimait »

  • Naissance et mort : 1 janvier 10 à Bethsaïde (Israël). mort le 1 janvier 100 à Éphèse (Turquie) ??
  • Date : 27 décembre
  • Apôtre
  • Ecrits :
    • L’apocalypse
    • Evangile selon Saint Jean (œuvre collective)
  • Symboles associés :
    • l’Aigle
    • la coupe empoisonnée
    • le serpent
    • chaudron d’huile bouillante
    • palme du paradis

Volume de la Loi Sacrée ouvert à la page de l’évangile selon Saint Jean

La 1ère Grande Loge d’Angleterre s’est réunie pour la 1ère fois le 24 juin 1717 le jour de la Saint Jean

En dehors de la référence aux deux saints Jean, la presque totalité des symboles maçonniques sont des symboles chrétiens.

La particularité des loges des obédiences dites libérales et en particulier du GODF, c’est d’accepter une interprétation des rituels et des symboles qui s’éloigne du symbolisme chrétien.

C’est ainsi que l’on a pu associer au symbolisme des deux saint Jean, le symbolisme solsticial et aussi celui des deux Janus romains.

Ceci ne doit pas nous dispenser de faire l’effort de comprendre la signification première de ces symboles chrétiens ; cela nous permet de resituer l’approche symbolisme dans la diversité culturelle et de ne pas se limiter à une lecture un tant soit peu dogmatique !

Le poème, que je vous présente ci-dessous, a la prétention d’illustrer une vision nouvelle de cette fête de Saint Jean Baptiste.

Au-delà d’un Saint Patron ne pourrait-on pas dépasser le cadre strict qui prévaut encore actuellement ?

Ce pourrait être l’occasion d’élargir à d’autres ateliers et d’inviter des amis qui partagent notre idéal de fraternité humaine. Et pourquoi pas un grand festival de la Fraternité ?

Chers ami-e-s profitez de cette période de l’été pour honorer la fraternité universelle, l’espérance et la joie de partager !