Le thème des Journées du Patrimoine 2022 est « le Patrimoine durable ». C’est un thème qui s’impose, car si nous n’étions pas farouchement attachés à la survie de notre Patrimoine, ouvririons-nous nos maisons et nos collections au public, accueillerions-nous nos visiteurs 350 jours par an, ferions-nous des animations, des conférences tous les dimanches et prendrions-nous la peine de récolter durant toute l’année ces graines si précieuses à la préservation des espèces, des variétés et de la biodiversité qui ont totalement disparu de catalogues et de la plupart des jardins modernes ?
La guerre en Ukraine est-elle pour quelque chose dans l’augmentation du prix des plants de végétaux ? C’est probable car les prix d’automne dans les jardineries sont positivement effrayants. Aussi, le château de Mongenan, à Portets, est-il encore plus heureux de pouvoir maintenir les efforts qu’il accomplit, sans subvention d’aucune sorte, depuis quarante ans en distribuant gratuitement pour les Journées du Patrimoine, les 17 et 18 septembre prochains, les graines et les boutures récoltées dans son jardin botanique classé Monument Historique.
Cette distribution qui est à volonté, car pour nous, le Patrimoine, c’est le partage, la fraternité et la générosité, est naturellement accompagnée de commentaires, tant sur les plantes en elles-mêmes que sur l’histoire et la symbolique des jardins. La botaniste Nicole Puisné accompagnera les visiteurs dans leur voyage botanique et les conférenciers du SIGM évoqueront l’histoire de Mongenan, celle du XVIIIe siècle, de la Révolution, de la Franc-Maçonnerie…
Une part essentielle est faite à son engagement maçonnique, permettant la visite de l’unique Temple conservé du XVIIIe siècle. Le Temple Maçonnique datant des premières prohibitions de 1738 a conservé la totalité de son matériel rituel d’époque. Il porte les messages toujours vivants des Jacobites, des Illuministes et des Frères travaillant tant au Rite Écossais qu’au Rite Français qui, en s’unissant à Montesquieu et à ses collègues des Académies, ont fait de Bordeaux le sanctuaire philosophique inspirant tant l’Europe et l’Amérique que toutes les escales du monde.
Pour revenir aux fleurs, les rosiers Dorothy Perkins, Lutea Bank’s, Noisietta, Paul and Scarlett climbing, Lili Marlène, Queen Elisabeth, Albéric Barbier, Sénateur La Follette seront de la fête, avec leurs boutures qui ne demandent qu’à transporter en un autre lieu l’amour des jardins et le souvenir de leur éternelle beauté.
Naturellement, pour cette fête, la visite du musée demeure guidée et commentée avec une ouverture de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h le samedi et le dimanche. L’entrée demeure gratuite pour le jeune public jusqu’à 12 ans.
Pour bien comprendre la franc-maçonnerie « moderne », il ne faut pas hésiter à remonter à la source. Et même s’y attarder. Restons un moment, au début de ce premier millénaire avant notre ère. Laissons la fiction se mêler à la réalité : imaginons, écoutons…
…Nous sommes dans la salle de lecture de la loge, ce soir frisquet de fin décembre, après le travail. Peter, un Maître-maçon, y forme ses trois Apprentis, après le travail. Andrew, James et John.
Alors qu’un pâle soleil couchant londonien taquine les vitraux du majestueux édifice de Westminster et auréole la chevelure de l’expert, celui-ci propose à ses protégés de réaliser avec lui une expérience. Il prend une auge à mortier bien creuse et la pose vide sur la table de travail. Il la garnit lentement avec une dizaine de pierres brutes, qu’il pose les unes sur les autres. Lorsque le récipient est rempli de pierres, le maître-maçon demande s’il est effectivement plein.
– « Sans aucun doute, Maître ! » répondent en chœur les trois jeunes gens.
« Moi, je ne crois pas, mes Frères ! » dit le maître malicieux, tout en saisissant un broc de graviers, qu’il verse aussitôt dans l’auge. Ceux-ci s’infiltrent et roulent jusqu’au fond du récipient, entre les pierres.
A nouveau, Peter demande si l’auge est pleine. Les trois Apprentis qui flairent une astuce de leur Maître, s’exclament d’une seule voix :
« Bien sûr que non, Maître ! »
« Effectivement, mes Frères ! » enchaîne le Maître Peter qui verse maintenant un broc de sable entre les pierres. Le sable glisse immédiatement entre les pierres et les graviers.
Une nouvelle fois, le Maître s’exclame :
« Et maintenant, l’auge est-elle vraiment pleine, mes Frères ? »
« Non, non, Maître ! » répondent narquois, les trois Apprentis amusés.
« Vous avez raison, mes Frères ! » dit Peter, en versant cette fois un broc d’eau dans l’auge. L’eau s’écoule et remplit le récipient à ras bord.
– « Quelle vérité ai-je ainsi voulu vous démontrer, mes Frères ? » demande alors le Maître Peter
« Que la tâche n’est jamais finie, que l’on peut toujours ajouter un travail à un autre… ! » répond Andrew, qui s’enflamme et parle toujours trop vite.
« Que l’on peut toujours enrichir son savoir, qu’il y a toujours un nouveau métier à apprendre et à faire… ! », ajoute James, qui aime les expériences créatives.
« Que notre emploi du temps n’est jamais tout à fait plein, qu’il y a toujours une place pour une occupation de plus… ! » ajoute John, qui est avide de rencontres.
« Non, mes Frères, vous n’y êtes pas ! » répond le Maître Peter. « La vérité que j’ai voulue vous démontrer est que si vous ne mettez pas les pierres d’abord dans l’auge, vous ne pourrez pas les y faire entrer ensuite… ! »
A l’écoute de ces propos trop évidents, les trois Apprentis restent dubitatifs : Andrew, penaud, regarde ses souliers, James lève les yeux au ciel et John fixe l’horizon…Le bon Maître Peter leur dit alors :
– « Imaginez-vous que ces pierres représentent les choses les plus importantes de votre vie. Par exemple, votre santé, celle de votre famille, de vos amis. Par exemple encore, votre désir d’apprendre, de comprendre, d’aimer et d’aider les démunis, d’éduquer la jeunesse. Par exemple enfin, de prendre des loisirs, de réaliser un rêve, de vous occuper de vous tout simplement…Si vous ne placez pas en premier vos pierres dans ce grand récipient qu’est la vie, vous risquez précisément de ne pas bien remplir la vôtre !
Si vous remplissez d’abord votre vie de petites choses sans importance, tels que les symbolisent ici le gravier, le sable, l’eau, vous n’aurez plus assez de temps à consacrer aux choses réellement importantes. Donc, mes Frères, demandez-vous quelles sont les pierres majeures de votre vie…et déposez-les en premier dans votre auge ! Vous y glisserez après seulement les petites choses… ! Il faut prendre le temps des choses et faire chaque chose en son temps… ! »
A ces mots, porteurs d’une philosophie si belle et si pratique, les trois Apprentis restent cloués sur leur siège, l’air ravi et pensif : longuement, Andrew se gratte le crâne, James le menton, et John l’oreille. Le bon Maître Peter sourit, satisfait d’avoir conduit ses trois Apprentis à la réflexion profonde. A leurs pieds, Oliver, le chat roux et blanc, qui lui paraît indifférent, se gratte le ventre…
Après cet exercice intellectuel, le sage invite ses disciples à boire une pinte de cervoise à la Golden Tavern, à deux pas de Westminster Abbay. A l’emplacement même, où mille ans plus tard, les francs-maçons français, entre autres, viendront admirer le travail de leurs illustres prédécesseurs, d’un coup d’Eurostar !
La construction est une vieille affaire : l’homme a vite compris que son court passage sur terre était lié aux pierres, ces « matériaux éternels » partout présents, à la fois objets concrets et symboles de survivance. Il a deviné leur utile superposition, et, depuis l’âge néolithique, les a empilées sur la planète entière. D’abord en montant des murs protecteurs, ensuite des abris et enfin des maisons habitables, qui, regroupées près des points d’eau, sont devenues villages. Y ont alors fait leur apparition, avec la vie en communauté, les animaux domestiqués puis d’élevage, et bien entendu, les indispensables cultures autour.
Ainsi, peut-on dire que la pierre a « maçonné » (de l’anglais to make, faire), a donc bâti l’homme et l’a élevé, dans les deux sens du terme ! Instruit par cette affinité avec « la roche mère », sa volonté, son effort de maîtrise des ressources naturelles, l’ont par étapes, modelé physiquement, en le dotant d’un corps mieux adapté, et sociologiquement, en induisant son nécessaire rapport aux autres. Et même aujourd’hui, la pierre, si elle remplacée dans les grands travaux immobiliers, par le béton et le fer, laisse d’évidence en eux son empreinte !
« L’eau dans tous ses États », tel est le thème des prochaines Rencontres euro-méditerranéennes se dérouleront le dimanche 16 octobre 2022 à Valence, en Espagne.
Blason de la ville de Valence
Un colloque, oh combien d’actualité, qui s’ouvrira avec une conférence et débat sur « L’eau dans le bassin méditerranéen : enjeux, états des lieux et perspectives ».
Rappelons-nous simplement les trois états de l’eau, cette matière que nous utilisons au quotidien : pour boire, nous laver, cuisiner, nettoyer, etc.
Nous la rencontrons également sous forme de pluie, de brouillard, etc.
Elle existe donc sous 3 états différents :
– Liquide : la pluie, l’eau du robinet, l’eau des mers ou des rivières, le brouillard, la buée ;
– Solide : la glace, la neige, la grêle, le verglas ;
– Gazeux : sous cette forme, l’eau est invisible mais elle est présente quand même dans l’air qui nous entoure.
Nous vous invitons à vous reporter au programme ainsi qu’à la liste des intervenants.
Banquet d’honneur sur place ouvert également aux visiteurs.
Réservation et règlement obligatoires pour tous les participants :
Comme chaque semaine, nous vous proposons un tour d’horizon des sociétés secrètes. Cette semaine, nous braquons nos projecteurs vers un groupe de sociétés peu fréquentables et certainement peu spirituel dans tous les sens du terme. Nous les connaissons toutes car elles font parler d’elles dans la rubrique des faits divers de l’actualité. Elles sont toutes orientées vers la violence et le pouvoir par la force.
1° Euskadi ta Askatasuna
Euskadi Ta Askatasuna, plus connu sous son acronyme ETA (pour « Pays basque et liberté » en basque), est une organisation basque indépendantiste d’inspiration marxiste-léniniste active du 31 juillet 1959 au 2 mai 2018 (officiellement). Plusieurs organisations ont porté ce nom depuis la création de la première ETA en raison de plusieurs scissions.
Fondée en 1959, l’organisation a évolué d’un groupe résistant au régime franquiste vers une organisation terroriste.
Devise : Bietan jarrai « Continuer dans les deux voies »
À partir de 1968, selon les chiffres officiels et les communiqués d’ETA, ETA a tué 829 personnes, fait des centaines de mutilés, commis des dizaines d’enlèvements et de nombreuses extorsions de fonds.
ETA est une partie du mouvement nationaliste basque dénonçant la répression et les crimes imputés au régime franquiste. Selon la fondation Euskal Memoria, depuis 1960, 4949 personnes ont été tuées, 22 417 personnes ont été incarcérées dont 4 774 ont porté plainte pour avoir été torturées. Néanmoins, l’avènement de la démocratie en Espagne en 1977 ne fera pas baisser le nombre des attentats. Au contraire, le bilan de ceux-ci, les séquestrations d’entrepreneurs et de personnalités publiques augmenteront fortement les années suivantes.
Le groupe est proscrit comme organisation criminelle par les autorités espagnoles. Il est placé sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni et l’était jusqu’en 2009 sur celle de l’Union européenne mais n’apparaît plus en 2010. En avril 2018, encore 281 prisonniers sont incarcérés dans des prisons en Espagne (228), en France (52) et au Portugal (1). Parmi eux, seulement 3 sont incarcérés au Pays basque.
Carte : Territoire revendiqué par les indépendantistes basques (Crédit le-cartographe.net)
La plupart des revendications d’ETA portent sur l’indépendance du Pays basque ou Euskal Herria et ce, dans un courant marxiste-léniniste. La devise d’ETA est « Bietan jarrai » et signifie « continuer dans les deux voies ». Elle se rapporte aux deux figures du symbole, un serpent (représentant la sagesse, et par extension la politique) enroulé autour d’une hache (représentant la force, et par extension la lutte armée).
Le 5 septembre 2010, l’ETA annonce un cessez-le-feu dans une vidéo remise à la chaine d’information anglaise BBC. Le 10 janvier 2011, ETA annonce un cessez-le-feu « permanent, général et vérifiable », ce qui correspond à l’appel dit « déclaration de Bruxelles », signée par différentes organisations internationales, et à l’« accord de Guernica », signé par les principales forces de la gauche abertzale, qui appelaient ETA à franchir ce pas. Dans ce communiqué, l’organisation se donne pour objectif d’obtenir la « fin de la confrontation armée » au Pays basque. Le 20 octobre 2011, l’organisation indépendantiste basque annonce « la fin définitive de son action armée ». Le 16 avril 2018, l’organisation écrit une lettre annonçant sa dissolution, et sa publication dans la presse internet espagnole le 2 mai 2018 signale la dissolution du groupe.
2° Action directe
Action directe (AD) est le nom d’un groupe terroriste communiste, issu de la lutte anti-franquiste et du mouvement autonome.
Son existence se place dans le contexte de ce que l’on a appelé les « années de plomb », qui ont vu apparaître des mouvements tels que la Fraction armée rouge en Allemagne ou les Brigades rouges en Italie. Il emprunte son nom à la théorie anarchiste de l’« action directe ».
Ses membres ont revendiqué plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français entre 1979 et 1987. Action directe est interdit pour apologie de la lutte armée par un décret du 24 août 1982 portant dissolution du groupement par l’effet de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. L’organisation est, depuis, officiellement considérée comme terroriste par les autorités françaises. Les derniers militants de l’organisation ont été arrêtés en 1987, puis jugés et condamnés par une formation spéciale de la cour d’assises de Paris sous les chefs d’inculpation d’assassinat de l’industriel Georges Besse, de celui de l’ingénieur général de l’armement René Audran, de tentatives d’assassinat sur le contrôleur général des armées Henri Blandin et du vice-président du Conseil national du patronat français (CNPF) Guy Brana, et des attentats contre les locaux d’Interpol et ceux de l’Union de l’Europe occidentale.
Selon le criminologue Jean-François Gayraud, l’organisation compta environ 200 sympathisants et militants sur huit ans d’existence. Au plan international, Action directe mène notamment des actions avec les Cellules communistes combattantes (Belgique), la Fraction armée rouge (Allemagne), divers groupes armés italiens (Brigades rouges, communistes organisés pour la libération prolétarienne, Prima Linea), les Fractions armées révolutionnaires libanaises et des groupes marxistes turcs.
3° Fraction armée rouge
La Fraction armée rouge ou FAR (allemand : Rote Armee Fraktion ; également connue sous le sigle RAF) est une organisation terroriste allemande d’extrême gauche, ou, selon sa propre phraséologie, une organisation de guérilla urbaine qui a opéré en Allemagne de l’Ouest de 1968 à 1998, contribuant au climat de paranoïa et de renforcement sécuritaire de ce que l’on a alors appelé l’« Automne allemand » (de) et plus généralement en Europe occidentale les « années de plomb ».
Elle est souvent surnommée bande à Baader ou groupe Baader-Meinhof, ou encore « groupe Baader-Mahler-Meinhof », d’après les noms de ses dirigeants les plus connus.
4° Front de libération de la Bretagne
Le Front de libération de la Bretagne (FLB) est une organisation terroriste indépendantiste bretonne active de 1966 jusqu’à l’amnistie de 1981. Elle est surtout connue pour l’attentat du château de Versailles (juin 1978). Deux branches armées se disputeront l’appellation FLB, l’Armée républicaine bretonne ou ARB, dès 1968, et l’Armée révolutionnaire bretonne, à partir de 1971. De cette date à 1974, les deux ARB revendiquaient leurs attentats.
Le sigle F.L.B. (Front de libération de la Bretagne) a été remarqué pour la première fois à Pontivy, où des inscriptions avaient été tracées sur la chaussée, dans la nuit du 25 au 26 septembre 19634. En 1966, un communiqué du mouvement clandestin est publié dans le journal fédéraliste L’Avenir de la Bretagne de Yann Fouéré, en adoptant un ton et un style proches de ceux des déclarations irlandaises. « Nous reprenons le combat progressiste et révolutionnaire que chaque génération de Bretons a entrepris pour la liberté de la Bretagne et pour le droit des Bretons à rejeter le statut colonial afin de se gouverner lui-même. » Après une action manquée en juin 1966 contre la perception de Saint-Brieuc et revendiquée FLB, un FLB-ARB prend réellement forme dès l’année suivante et se fait remarquer par une série d’attentats (environ 30) en Bretagne contre des symboles de l’État français (édifices publics, préfectures, casernes de gendarmerie, bureaux de perception…).
Le mouvement breton n’appartenait à aucun parti politique précis, ses militants allant de l’extrême droite à l’extrême gauche, souhaitaient tous une Bretagne libre de ses divergences politiques, revendiquant :
la fin de la « colonisation forcée » de la Bretagne par la France (ruine de l’économie bretonne à compter du xviiie siècle) ; le strict respect des traités de 1532 liant la Bretagne à la France (Lettre de Vannes, Édit d’Union, Édit du Plessis-Macé). « Lesquels traités sont bafoués depuis la Révolution de 1789 » et la fameuse nuit au cours de laquelle fut votée par les députés du tiers état l’abolition de tous les privilèges. De nombreux attentats à la bombe sont perpétrés contre des préfectures, des perceptions, des monuments et locaux administratifs, des casernes, des gendarmeries, tout ce qui peut représenter l’« État français » en Bretagne.
Le FLB « historique » a disparu de la circulation depuis le procès du 3 au 10 octobre 1972 pour renaître de ses cendres quelques années plus tard. L’ensemble de l’Emsav (mouvement breton), à l’exception notable de l’Union démocratique bretonne (UDB), refuse de condamner le FLB.
5° Armée républicaine irlandaise
L’Armée républicaine irlandaise (en anglais : Irish Republican Army, IRA ; en irlandais : Óglaigh na hÉireann) est le nom porté, depuis le début du xxe siècle, par plusieurs organisations paramilitaires considérées comme terroristes par l’Irlande et le Royaume-Uni luttant par les armes contre la présence britannique en Irlande. Les différents groupes se réfèrent à eux comme Óglaigh na hÉireann (« volontaires d’Irlande »).
Photocopie de l’image reproduite, prise pendant la guerre d’indépendance de l’Irlande.
L’Irish Republican Army appelée aussi Old IRA, issue de l’union en 1916 entre l’Irish Citizen Army (proche du Parti travailliste irlandais) et les Irish Volunteers (alors généralement proches de l’IRB), est active entre janvier 1919 et décembre 1921, pendant la guerre d’indépendance irlandaise. Si ceux qui ont accepté le traité anglo-irlandais forment les Forces de Défense irlandaises, une partie de l’organisation, refusant cet accord, se constitue en une nouvelle Irish Republican Army, illégale.
L’Irish Republican Army anti-traité apparaît entre avril et juin 1922 du fait du refus du traité anglo-irlandais par une partie de l’Old IRA. Elle participe ainsi à la guerre civile irlandaise de juin 1922 à mars 1923. Elle maintient son activité dans les deux Irlandes (État libre d’Irlande, indépendant, et Irlande du Nord, britannique), mais concentre son action sur les intérêts britanniques, surtout en Irlande du Nord. En 1969 l’organisation se divise, donnant naissance à l’Official Irish Republican Army et à la Provisional Irish Republican Army, minoritaire, moins socialiste et plus activiste.
L’Official Irish Republican Army, proche de l’Official Sinn Féin, plus socialiste et moins nationaliste que la Provisional Irish Republican Army, mène des campagnes d’attentats principalement entre 1969 et 1972 durant le conflit nord-irlandais, avant de décréter un cessez-le-feu.
La Provisional Irish Republican Army, minoritaire après la scission de 1969 (d’où son nom de provisional, « provisoire ») devient rapidement grâce à son militantisme la principale organisation armée républicaine du conflit nord-irlandais. Le terme de provisional est d’ailleurs abandonné vers la fin des années 1970. Elle fut active de 1969 à 1997 (date du cessez-le-feu définitif), puis déposa définitivement les armes en 2005. Refusant le processus de paix, deux organisations scissionnèrent d’avec la PIRA : la Real Irish Republican Army et la Continuity Irish Republican Army.
La Continuity Irish Republican Army est issue d’une scission d’avec la Provisional Irish Republican Army dès 1986. Opposée à l’accord du Vendredi saint de 1997, elle continue son action armée jusqu’à aujourd’hui. La Real Irish Republican Army est une scission opposée au processus de paix de la Provisional Irish Republican Army, apparue en 1997 et encore active aujourd’hui. L’Irish Republican Liberation Army naît en 2006 d’une scission de la Continuity Irish Republican Army.
Ne manquez pas l’occasion de visiter Freemasons’Hall lors des portes ouvertes 2022 de Londres, les 10 et 11 septembre prochains.
C’est l’un des plus beaux bâtiments Art déco de Londres, construit comme un mémorial de la paix pour les Frères morts en service lors de la Première Guerre mondiale.
Au programme : rencontres, musiques, avec orchestre s’il vous plaît, et le très populaire Freemasons’ Hall Children’s Trail de retour cette année !
Et pourquoi pas profiter aussi du bar désormais ouvert, non seulement aux membres, mais aussi aux visiteurs du musée ainsi qu’au grand public – café est ouvert de 9h30 à 17h30 du lundi au samedi et le bar est ouvert de 12h à 22h du lundi au samedi.
A la demande du Dalaï-lama et dans l’esprit de ses enseignements, ce texte a été dirigé par Sofia Stril-Rever, revu et édité avec le vénérable Samdhong Rimpoché, le professeur Robert Thurman, président de Tibet House et professeur titulaire de la chaire Je Tsongkhapa de tibétologie de l’université de Columbia de New-york, le professeur Eric Etzkin, directeur de l’Héritage immuable à Johanessburg, biographe du mahatma Gandhi.
Cette version a été finalisée avec le Dalaï-lama, à Oxford le 15 septembre 2015.
Trois prises de conscience et onze engagements de vie
Première prise de conscience : paix intérieure et réalité partagée de la vie
Je suis né-e sur cette Terre, enfant de la vie, au sein du cosmos.
Mes codes génétiques incorporent les messages de l’univers. Je suis relié-e à tous les vivants dan la réalité partagée de la vie.
La même énergie qui fait battre mon cœur entraîne aussi la Terre et les corps célestes. La respiration, mouvement source de la vie, unit chacun de mes souffles au souffle de tous les êtres et au grand souffle de l’univers.
La sagesse première des peuples d’autrefois connaissait le secret de la paix entre les hommes et le monde. Depuis la Révolution industrielle, l’homme a oublié le secret de la paix. Son cœur endurci est parti en guerre contre lui-même, en guerre contre la vie. Le poison de son esprit a empoisonné la terre nourricière, infecté les sources des fleuves, acidifié les océans, pollué l’atmosphère. L’air de la planète surchauffée est devenue irrespirable dans les mégalopoles des cinq continents, dont les lendemains semblent voués au désastre de grandes souffrances.
Mais, aujourd’hui, l’homme des temps modernes recherche la voie de la douceur, de la paix et de la guérison intérieure. La physique contemporaine, à l’instar des philosophies de l’âge axial, expose les principes de l’interdépendance fondamentale, au niveau de la matière, mais aussi sur les plans subtiles de l’esprit et des émotions. Je réalise que chacune de mes actions, de mes paroles et de mes pensées dépose des empreintes de conscience qui traversent l’espace et le temps. Mes actes hostiles viennent grossir les vagues de haine destructrice qui agitent l’océan des douleurs du monde. Mes actes d’amour bienveillant voyagent comme des ondes de joie aux confins de l’univers.
Je prends conscience que le bien-être de tous les vivants dépend de l’équilibre des écosystèmes, eux-mêmes dépendant de la paix dans le cœur des hommes et de l’esprit de justice dans les sociétés humaines, où nul ne doit être laissé pour compte, mutilé par la faim, la pauvreté et le dénuement. Dans un esprit d’équanimité, libre de partialité, d’attachement et de haine, je contribue à maintenir et rétablir l’harmonie de la vie.
Vivre la paix et la guérison intérieure dans chacun de mes gestes, dédiés au bien de toutes les existences, humaines et non humaines, est un grand appel à être vivant, dans la joie de l’amour universel qui est la vie de la vie.
Deuxième prise de conscience : notre humanité intérieure
Je suis né-e sur cette Terre, enfant de la vie, au sein de l’humanité, ma famille.
Des liens irrévocables m’unissent à mes 7 milliards de frères et sœurs ainsi qu’à tous les êtres non humains, qui partagent l’aventure de la vie. Je prends conscience que ce qui nous rapproche est plus fort que ce qui nous sépare et, trop souvent nous divise.
Quelles que soient ma couleur de peau, ma nationalité, ma religion, mes ressources et mes convictions personnelles, je suis en essence un être humain pareil à tous les autres, partageant le même désir d’être heureux, d’aimer et d’être aimé. En me fondant sur mon humanité intérieure, je reconnais qu’aujourd’hui je ne peux vivre coupé-e du monde. Des évènements survenus dans une région lointaine m’affectent et affectent aussi toute la planète. Chaque problème local a une incidence globale qui transcende les frontières.
Je prends conscience que, dans un contexte d’interdépendance démultipliée par la mondialisation et la technologie, l’épanouissement des sociétés humaines et la protection de l’environnement se fondent, avant tout, sur l’entraide. Seul l’altruisme me motive à agir pour le bien de tous les vivants, en assumant ma responsabilité universelle.
Paix intérieure, amour et compassion, n’expriment pas seulement un idéal noble, mais sont aussi une solution pragmatique, au sein de la nouvelle réalité, garantissant l’intérêt général contre la déshérence du lien social et le délitement des solidarités.
La nécessité de coopérer m’amène à reconnaître que la base la plus sûre d’un développement durable du monde repose sur ma pratique individuelle et partagée de la paix intérieure, de l’amour et de la compassion.
Je ré-enchante ainsi l’espérance et la confiance dans la communauté du destin de l’humanité.
Troisième prise de conscience : satyagraha – la force de la vérité
Je suis né-e sur cette Terre, enfant de la vie, au sein de la grande paix universelle.
Mais les livres d’histoire, comme l’actualité, rapportent une succession de guerres, de conflits, de catastrophes et de faits divers violents. La tentation est grande de conclure que le mal est plus fort que le bien. Pourtant, quand je calme l’agitation de mon mental et que je regarde profondément en mon esprit, je deviens la paix. Je touche ma vérité, aimante et connaissante. Je prends conscience de la nécessité d’entraîner non seulement ma logique rationnelle mais aussi toutes les autres facultés remarquables de mon esprit, telles que l’amour, la compassion, la générosité et le pardon.
Je prends conscience que la puissance du mal n’est pas fondée et qu’elle peut être dépassée. La haine est une illusion, un effet de l’ignorance. Ainsi relié-e à ma vraie nature, je découvre l’immense générosité de la vie et ses pouvoirs. La réalité profonde et inéluctable de la bonté me révèle que satyagraha, la force de la vérité, est irréductible quand elle se manifeste dans l’amour.
A l’ère d’internet et de la mondialisation, quand je me sens manipulé-e et instrumentalisé-e par la culture techno-économique, je prends conscience qu’il me faut incarner une sagesse de la responsabilité universelle, basée sur la force de la vérité et de l’amour, appelée satyagraha par le mahatma Gandhi.
Diversement traduit par « force de la vérité » ou « force d’âme », satyagraha est l’arme de mon combat non violent contre l’injustice. Car, dès que la vérité passe à travers moi pour s’exprimer, je suis invincible. Satyagraha exige que j’accepte la souffrance et le sacrifice, sans recourir à la violence, dans ma lutte contre toute forme d’exploitation et d’agression d’êtres humains ou non humains.
En vivant satyagraha au quotidien, je deviens, parmi d’autres et avec d’autres, artisan de la paix, de justice et de vérité. Citoyen-ne du monde, j’assume un nouveau lien civique de responsabilité universelle.
Sans forcer ni culpabiliser personne dans le respect du pluralisme, c’est par la force de l’exemplarité que j’inspire à d’autres la détermination d’assumer leur responsabilité universelle. De sorte que les générations futures verront, un jour, advenir ce monde auquel j’aspire, mais que je ne verrais peut-être pas.
A la mesure de mes moyens, je m’efforce donc de construire avec constance, dans un esprit de paix et d’amour, la nouvelle réalité d’une Terre Fraternelle.
Ida Radogowski
Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaitent connaître un peu mieux le bouddhisme.
La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr
L’institution maçonnique est connue pour garder l’équidistance des discussions politiques, l’un de ses dogmes étant la lutte contre le sectarisme politique et tous les francs-maçons l’apprennent dès qu’ils sont initiés aux « mystères » de la franc-maçonnerie. Dans la Constitution du Grand Orient du Brésil – GOB (art. 2, VII) il y a une déclaration que l’interdiction de discussion ou de controverse sur les partis politiques, les questions religieuses et raciales, à l’intérieur ou à l’extérieur des temples, sont des postulats universels de l’Institution maçonnique, en votre nom.
Cependant, les plus grands dirigeants de la franc-maçonnerie du Mato Grosso ont laissé de côté cette règle d’or et, comme largement médiatisé, se sont récemment réunis dans le bureau du gouverneur Mauro Mendes pour affirmer que toutes les obédiences soutiennent sa revendication de réélection au palais Paiaguás, comme exprimé à l’occasion, les Grands Maîtres du Grand Orient de l’Etat du Mato Grosso, de la Grande Loge du Mato Grosso et du Grand Orient du Brésil Mato Grosso.
Cette déclaration de soutien commun véhiculée par les médias, a laissé étonnés pour ne pas dire indignés, plusieurs Francs-maçons des Puissances du Mato Grosso précitées, car le Gouverneur Mauro Mendes n’est pas Franc-maçon et quelques Francs-maçons éminents, en plus des femmes de Francs-maçons qu’ils appellent belles-sœurs, elles contestent les élections en tant qu’opposition au chef de Paiaguás.
Le fait que l’actuel président du PSD, le franc-maçon Geraldo Macedo, soit sorti en jetant des pierres contre le sénateur Carlos Fávaro, un franc-maçon de la Grande Loge du Mato Grosso et qui a été soutenu par lui lors des dernières élections pour le poste laissé vacant par le sénateur Selma Arruda, dont le mandat a été révoqué par le Tribunal électoral. Il est également à noter que l’actuel Grand Maître du Grand Orient de l’État du Mato Grosso, Gelson Menegatti Filho, occupe également le poste de président du Conseil d’État de l’Éducation.
La situation s’est un peu compliquée ces derniers jours lorsque plusieurs francs-maçons ont critiqué cette décision qui n’avait pas l’aval des loges, partant de l’action solitaire des Grands Maîtres qui se mêlent de politique, suggérant même l’annulation des mandats de leurs principaux dirigeants, c’est-à-dire une destitution maçonnique.
Des informations en coulisses révèlent que les Grands Maîtres ont l’intention de contourner la confusion politique qu’ils ont créée en publiant une déclaration commune pour informer quels francs-maçons et belles-sœurs sont candidats aux prochaines élections, réaffirmant que les francs-maçons sont libres de choisir qui ils devraient voter aux élections. Ce serait un moyen de mettre un frein aux hosties maçonniques et d’éviter que les dégâts internes ne s’accroissent au détriment de la politique interne de l’institution.
Les francs-maçons contactés ont déclaré que la franc-maçonnerie, contrairement à la croyance populaire, n’est pas apolitique, car il existe une dialectique de la politique dans la loge et que les francs-maçons peuvent adhérer à des partis politiques et mener les activités qui en découlent ; mais la franc-maçonnerie, avant tout, doit être non-partisane et ne déclarer jamais son soutien à tel ou tel candidat ou candidate, car cela va à l’encontre de l’idéal de liberté enseigné au quotidien dans ses meetings.
Il est certain que la performance des dirigeants maçonniques a provoqué chez certains de leurs plus grands représentants un sentiment de méfiance interne à l’égard du physiologisme, avec l’établissement inutile d’un rapport de pouvoir politique guidé par la prise de décision en échange de faveurs ou d’autres avantages à des intérêts privés, n’ayant rien à voir avec les idéaux élevés de la franc-maçonnerie.
La rentrée maçonnique 2022-2023 s’accompagne aussi de la traditionnelle rentrée littéraire, elle aussi, maçonnique.
Une tradition qui ne faiblit pas, même si les nouveautés dans le domaine de l’Art Royal sont beaucoup moins nombreuses que dans le domaine classique…
1re de couverture
Cependant, un livre attirera l’attention du Maçon en général et du Maçon rectifié en particulier. Le dernier Jean-Marc Vivenza, à paraître chez Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel.
Pour certains, la publication est attendue soit le 15 septembre prochain, soit le 22.
Personnellement, nous sommes très heureux de savoir que notre très cher et bien-aimé Frère Jean-Marc soit désormais publié par un grand éditeur de la place…
Présentation de l’éditeur :
Le Régime Écossais Rectifié, constitué à Lyon en 1778, à l’initiative de Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), en tant que système maçonnique, possède cette originalité unique de détenir une « doctrine » qui demeure mal ou très peu connue. Or cette doctrine, fascinante à bien des égards, est un « enseignement » ésotérique offrant des lumières singulières sur l’origine du monde matériel, la nature actuelle de l’homme et sa destination finale. Ainsi La Doctrine initiatique du Régime Écossais Rectifié en dix leçons essentielles met pour la première fois à la disposition des lecteurs – sous une forme claire et pédagogique facilitant la compréhension des principaux concepts du Régime Écossais Rectifié – les clés permettant d’entrer dans les mystères d’une connaissance secrète jusqu’alors réservée à une frange limitée d’initiés.
Jean-Marc Vivenza
Biographie de l’auteur :
Jean-Marc Vivenza, né en 1957, philosophe, écrivain, étudia préalablement les penseurs néoplatoniciens de par son intérêt initial envers la question métaphysique de la « non-substance », engageant une recherche approfondie au sujet du dépassement « méta-ontologique » du réel, développant une réflexion à l’égard de la problématique du « rien » et du « néant », ce qui le conduisit à engager un travail d’approfondissement de la question de la « vacuité » dans la pensée du moine indien Nâgârjuna (IIIe siècle).
Après un temps de jeunesse de fort intérêt pour l’œuvre de Julius Evola et René Guénon, il s’est ensuite orienté, à la faveur d’un approfondissement des thèses de Jacob Boehme et de Joseph de Maistre, vers l’ésotérisme occidental, abordant des auteurs comme Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin ou encore Jean-Baptiste Willermoz, l’amenant ainsi à produire de nombreux ouvrages portant sur les sources, historiques, spirituelles et doctrinales, de l’illuminisme initiatique et mystique.
La doctrine du Régime reste, aux yeux de nombreux Maçons, fascinante si ce n’est énigmatique… Ne doutons pas que cet ouvrage sera un éclairage sur l’enseignement « ésotérique » de ce rite, de l’origine de notre monde matériel, de notre nature actuelle et enfin de notre destination finale.
Un essentiel donc de votre bibliothèque ! avec une magnifique première de couverture. Où nous découvrons Maître Hiram, dégagé de ses linceuls, ressuscitant et sortant glorieusement de son tombeau. Le troisième tableau du 4e grade du RER, celui de Maître Écossais de Saint André (MESA).
La doctrine initiatique du Régime Écossais Rectifié en dix leçons essentielles, 24 €
À cette heure, certains sites le donnent avec 200 pages, d’autres composé de 296, sans illustration…
Les maçons Ancients se présentent au XVIIIe siècle, sous la forme d’un regroupement assez disparate de petites loges indépendantes les unes des autres et regroupées autour de ce que Patrick Négrier appelle le Rite du Mot de Maçon. Le regroupement de ces Loges d’«Antients» fut réalisé par six d’entre elles, indépendantes, sous l’égide de Laurence Dermott, artisan fourreur et intellectuel bourgeois d’origine irlandaise. La véritable appellation de cette assemblée fut, d’abord : La plus Ancienne et Honorable Fraternité des Maçons libres et acceptés, puis,Grande Loge des maçons libres et acceptés selon les anciennes Institutions.
Laurence Dermott précise dans une lettre aux membres de la confraternité (ajoutée à la 3ème édition de sa Constitution Ahiman Rezon), sur la différence qui existe entre l’ancienne et la moderne Maçonnerie en Angleterre : «les maçons de métier…furent formés en 1410 sous les nom et titre de Société des Francs-maçons, et William Hankstow second roi d’armes, leur accorda des armes en 1477. Les maçons modernes se sont arrogé ce titre ; mais, seule la Confrérie susdite a le droit de prétendre au nom de francs-maçons d’Angleterre. Jamais les anciens et acceptés maçons ont-ils prétendu à un autre titre ? Celui qu’ils ont adopté est le titre de Francs et acceptés maçons.»
La Constitution, écrite par Lawrence Dermott, est publiée pour la première fois en 1756. Elle est, pour les Ancients, le correspondant de ce que sont les Constitutions dites d’Anderson sont pour les Moderns. Elles sont dédicacées à William Comte de Blessington. Le titre complet de l’ouvrage de 1756 présente son contenu [à lire pour comprendre les Ancients] : Ahinam Rezon Ou Aide à un Frère montrant l’excellence du secret, et la Cause ou Motif premiers, de l’Institution de la Franc-maçonnerie, les principes de l’art, et le profit découlant de leur respect absolu, quels genres d’hommes devraient être initiés à son mystère et quelles sortes de maçons sont aptes à gouverner les loges, leur Conduite à l’intérieur et à l’extérieur de la loge. De même, les prières dites dans les loges juives et chrétiennes, L’ancienne façon de constituer de nouvelles loges, et tous les devoirs, etc. Avec les anciens et les nouveaux règlements, La façon de choisir et d’installer le Grand-Maître et les Officiers, et d’autres détails utiles trop nombreux à citer ici. À quoi il faut ajouter la plus importante collection de chants maçonniques jamais publiée, et maints prologues et épiloques amusants. Et Temple de Salomon, oratorio, tel qu’il a été représenté au profit des francs-maçons.
Une deuxième édition fut publiée en 1764 avec ce titre : Ahiman Rezon : ou une aide pour tous ceux qui sont ou seraient des maçons libres et acceptés ; contenant la Quintessence de tout ce qui a été publié sur le sujet de la Franc-maçonnerie, avec de nombreux ajouts, ce qui rend cet ouvrage plus utile que tout autre livre de constitution existant actuellement. Par Lau. Dermott, secrétaire. Londres, 1764.
Une troisième édition a été publiée en 1778, avec le titre suivant : Ahiman Rezon : ou une aide à tous ceux qui sont ou seraient des maçons libres et acceptés (avec de nombreux ajouts). Par Lau. Dermott, DGM Imprimé pour James Jones, Grand Secrétaire ; et vendu par Peter Shatwell, sur le Strand. Londres, 1778.
Ahiman Rezon ( אֲחִימָן רְזוֹן) pourrait signifier, inspiré par Ligou, que pour comprendre l’Art Royal, Dermott a demandé son aide (en hébreu «aide-moi», Ezor (עזור), d’où le néologisme Rezon (רְזוֹן) à Ahiman (אֲחִימָן), un des gardiens de la Porte du [palais du] Roi cités dans la Bible (1Chroniques 9,17).
On trouve également cette hypothèse de Mackey qui a consacré plusieurs pages dans son Encyclopédie (à partir de la p.83/2132) sur les conjectures de la signification d’Ahiman Rezon pour retenir : «Ahiman Rezon» qui signifie en hébreux ahim=frères, manah=choisir, ratzon=loi, volonté, donc le titre signifierait : la volonté de Frères sélectionnés – la loi d’une classe ou d’une société d’hommes qui se sont choisis ou sélectionnés parmi le reste du monde comme Frères.
Cependant, à la lecture de ladite Constitution de 1756, Dermott rapporte qu’ayant eu l’intention d’écrire l’Histoire de la Franc-maçonnerie, il fit un rêve dans son sommeil où il rencontre quatre frèresvenus de la ville sainte de Jérusalem; Shallum, Ahiman, Akhub et Talmon (établis à la Porte du Roi, à l’Est. Ce sont là les portiers des camps des Lévites, versets 17 à 34) : je leur ai dit que j’écrivais une histoire de la maçonnerie, et j’ai demandé leur aide, etc. Une HISTOIRE de la Maçonnerie ! (dit Ahiman) depuis le Jour de la Dédicace du Saint Temple jusqu’à présent, je n’ai pas vu d’Histoire de la Maçonnerie, [xii] bien que certains aient prétendu (pas seulement) décrire la Longueur, la Largeur, la Hauteur, le Poids, la Couleur, la forme et la substance de chaque chose à l’intérieur et autour du temple ; mais aussi pour en dire la signification spirituelle, comme s’ils connaissaient l’esprit de celui qui a donné des ordres pour ce bâtiment, ou l’a vu terminé. Et Ahiram lui explique : Par quoi il apparaît clairement que tout le Mystère a été communiqué à un très petit nombre à cette époque ; qu’au Temple de Salomon (et pas avant)elle reçut le nom de Franc-Maçonnerie, parce que les maçons de Jérusalem et de Tyr étaient alors les plus grands cabalistes du monde ; que le Mystère a été, pour la [xv] majeure partie, pratiqué parmi les Constructeurs depuis le Temps de Salomon.
L’illustration de ce rêve se trouve peut-être sur le frontispice de la 4ème édition de 1780 où l’on voit le Maître, tenant un compas, enseignant les secrets de l’Art royal à un compagnon (bavette baissée) semblant prêter serment (on y remarquera le théorème de Pythagore). En effet, cette Constitution insiste tout particulièrement sur «l’excellence du silence et avec quel soin il faut le garder» lui consacrant l’ouverture du texte.
La vision de Mackey concernant l’origine hébraïque du titre de l’ouvrage n’est pas partagée par tous. Les auteurs ultérieurs à l’auteur américain voient en Ahiman Rezon une étymologie espagnole : Ahi (prononcé Ah-ee) est démonstratif et signifie « là », pointant vers une chose ou un lieu, man viendrait de monta, traduisible par «le compte» ou «le montant», dans le sens d’une somme totale. Enfin, Razon ou Rezon signifie en espagnol «raison, principe, justice», la justice étant le mot utilisé afin d’exprimer la loi. D’après l’origine hispanique, le titre se traduit par «Il est le compte-rendu complet de la loi.»
On dénombre de nombreuses éditions jusqu’en 1813.
La seconde parution de 1764 présente pour la première fois le blason de la Grande Loge des anciens.
Le frontispice de la 3ème édition de 1778 est explicite. «Les trois figures sur le dôme représentent les grands maîtres du tabernacle. Les deux figures couronnées avec celle à leur droite représentent les trois grands maîtres du saint temple de Jérusalem. Les trois personnages de gauche représentent les trois grands maîtres du second temple de Jérusalem. Les trois colonnes portant des tabliers de Maçons aux armes d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse et soutenant l’ensemble du tissu, représentent les trois Grands Maîtres… qui ont sagement et noblement formé une triple union pour soutenir l’honneur et la dignité de l’Ancien Métier, pour lequel les noms de seigneurie seront honorés et vénérés tant que la franc-maçonnerie existera dans ces royaumes».
C’est à partir de la deuxième édition que Dermott commença ses attaques sévères contre les Moderns, par exemple, faisant plaisamment remarquer que ceux-ci auraient vu dans les initiales des colonnes deux variétés de rhum, Barbade et Jamaïque et autres propos pamphlétaires à propos de leurs banquets.
Par une lettre aux membres de la confraternité -ajoutée à la 3ème édition de sa Constitution- sur la différence qui existe entre l’ancienne et la moderne Maçonnerie en Angleterre, les marches des Moderns furent ironiquement critiquées par Laurence Dermott : «on inventa encore des marches tellement ridicules, que je crois que la première a été imaginée par un homme qui souffrait horriblement de la sciatique, la deuxième par un marin très accoutumé au mouvement d’un vaisseau et la troisième par un homme qui, pour se recréer, ou par une suite d’abus de l’usage des liqueurs, s’est habitué à danser le Paysan ivre.»
Avouez que cela n’a pas manqué de vous faire sourire !
Remarquons aussi qu’Ahiram fut un roi phénicien de Byblos qui régna vers 1000 av. J.-C., certainement sans rapport avec Dermott puisque son sarcophage ne fut découvert qu’en 1923.
De notre confrère chilien eldinamo.cl – Par Christian Méza
« La franc-maçonnerie est consciente que le Chili traverse un moment crucial où il est nécessaire d’unir les volontés, de promouvoir le dialogue fraternel et de respecter les différences », a déclaré le Grand Maître de la Grande Loge du Chili, Sebastián Jans.
« être uni dans la diversité » est le message que la franc-maçonnerie chilienne propose dans la quatrième version de Fraternitas de la República, une cérémonie républicaine, laïque et démocratique, où elle nous invite à « réfléchir sur le pays que nous voulons ».
L’événement aura lieu le samedi 10 septembre à 11h00, dans le Grand Temple de la Grande Loge du Chili, situé à Marcoleta 659, Santiago. De plus, il sera diffusé sur toutes les chaînes régionales d’Arcatel, et en direct sur la chaîne YouTube de la Grande Loge du Chili.
« La franc-maçonnerie est consciente que le Chili traverse un moment crucial où il est nécessaire d’unir les volontés, de promouvoir le dialogue fraternel et de respecter les différences », a déclaré le Grand Maître de la Grande Loge du Chili, Sebastián Jans, qui a ajouté que « Fraternitas, cette année, met fortement l’accent sur le besoin d’unité, sur la recherche du pays que nous voulons tous dans notre diversité, mais aussi dans notre sentiment de fraternité ».
L’invitation a été lancée à tous les pouvoirs de l’État, pour lesquels l’assistance est attendue de la Présidence de la République, des autorités du Congrès national et de la magistrature, ainsi que des autorités civiles, des Forces armées, des universitaires, de la presse, des dirigeants syndicaux, unions et ecclésiastiques.
Pour le Grand Maître de la Grande Loge Féminine du Chili, Adriana Aninat, « en ce moment très spécial où nous discutons de la Charte Fondamentale qui nous gouvernera dans le Chili du futur, nous lançons un appel au respect et à la valorisation de cette diversité, privilégier l’empathie et la capacité d’écoute, revendiquer le dialogue, la tolérance et la coopération ; être humble et capable de céder pour construire des accords qui respectent les droits à la libre pensée, à l’éducation, à la protection sociale, à la justice et à l’équité, un pacte social fondé sur la paix et l’amour fraternel ».
À son tour, le Grand Maître de la Grande Loge Mixte du Chili, Margarita Carvajal, a souligné que « Fraternitas représente un espace d’union, de respect et de tolérance, face à la diversité idéologique et religieuse, en appliquant les principes qui soutiennent et maintiennent la maçonnerie ».