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Une Vie au service de l’Ordre Écossais

Claude Collin, Passé Grand Commandeur – Préfacé par Alain Bernheim

Le Mercure Dauphinois, 2022, 204 pages, 17,50 €

Alain Bernheim photographié en 2006

Pianiste mais aussi grand spécialiste de la Franc-Maçonnerie, Alain Bernheim, auteur, entres autres, de Le rite en 33 grades – De Frederick Dalcho à Charles Riandey (Éditions Dervy, Coll. Bibliothèque de la Franc-Maçonnerie, 2011), signe la préface. Dans laquelle il précise qu’il s’agit bien là d’un livre exceptionnel ! À « lire, relire, et méditer » par tous les membres du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA).

Claude Collin

Claude Collin, ingénieur de l’École centrale de Marseille, dite Centrale Marseille, ayant exercé notamment des fonctions de Direction Générale touchant à la sécurité sous toutes ses formes dans la cité phocéenne, et désormais sur le plan maçonnique Grand Commandeur Honoraire du Suprême Conseil de France (SCPLF), souhaite partager, et donc transmettre, son expérience près de soixante ans de vie d’initié. S’interrogeant sur la problématique de la réserve et de la discrétion, l’auteur retrace toutes ces belles années, riches et intenses, consacrées à ce rite fondé en 1801 à Charleston, aux États-Unis, sous l’impulsion des Frères John Mitchell, colonel de son état, et Frederic Dalcho, sur la base des Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse, le REAA. Pour mémoire, la création initiale du REAA peut être située le 31 mai 1801 à la fondation du premier Suprême Conseil du 33e degré pour les États-Unis d’Amérique, puis le 20 octobre 1804 par celle du Suprême Conseil du 33e degré en France. Rite où il est le pratiqué le plus dans les Ateliers supérieurs – hauts grades.

Ordo ab Chao – devise du Rite Écossais Ancien et Accepté

Nous rappellerons, pour les non pratiquants dudit rite que le SCDF est le gardien et le conservateur du REAA en France. Et qu’en 1894, le SCDF créa la Grande Loge de France. Pour mémoire, le SCDF se structure de la manière suivante : Loges de Perfection (4e au 14e degré) ; Chapitres (15e au 18e degré) ; Aréopages (19e au 30e degré) ; Tribunaux (31e degré) ; Consistoires (32e degré) et Conseil Suprême (33e degré).

Claude Collin, Suprême Grand Commandeur de 2009 à 2018, nous faire revivre sa « carrière maçonnique », au sens noble du terme, depuis le jour de son initiation à son mandat de Suprême Grand Commandeur. Beaucoup d’émotion et une très belle leçon d’humilité. Les jeunes diraient « Respect » ! Séquence confidence, nous avons particulièrement apprécié le chapitre « Négociations avec le Suprême Conseil pour la France en vue de la signature d’une convention ».

Claude Collin – conférence ; capture d’écran

Ainsi que le chapitre suivant traitant de l’approche spirituelle et des confidences dudit Commandeur.

Dans la droite ligne de son précédent opus Origine Et Gouvernance Du Rite Écossais Ancien Et Accepté Par un Grand Commandeur (Le Mercure Dauphinois, 2021), préfacé par Jacques Rozen, l’actuel Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France qui lui a succédé en 2018 à la tête de l’Ordre, Claude Collin est un homme de coeur, un Frère de conviction et d’action qui a placé sa vie aux services des autres. Un exemple pour tous et un chemin à suivre. Avec Sagesse, Force et Beauté.

En puisant aussi aux sources les plus sûres, ce livre vous permettra d’approcher et de comprendre la Tradition du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Bon plan anti-canicule : Visitez l’église du Temple et son exposition à Carentoir (56)

De notre confrère Les Infos du Pays Gallo

« Il va faire très chaud au cours de ces prochains jours. Des températures excessives qui incitent à la prudence vis -à -vis d’un soleil de plomb. Un phénomène qui intervient alors que nous sommes en pleine période touristique…

Expo Templiers

Mais le Morbihan a plus d’un tour dans son sac et surtout un éventail infini de possibilités de sorties-détente capables de faire face à toutes les situations. Il n’y a pas que la plage dans notre département… Ainsi, le week-end prochain qui pourrait être le point culminant des températures prenez donc le temps de visiter l’église du Temple à Carentoir dont les murs épais protègent des excès du soleil. Depuis ce samedi Quittery Desgrées du Loû, une jeune étudiante en histoire à l’UCO* a repris le poste de guide qu’elle occupait déjà l’an dernier.

Gisant en bois

L’église du temple de Carentoir est un site emblématique des Templiers, cet ordre militaire et religieux qui a occupé une place prépondérante dans l’organisation de la France du 12è siècle. Elle était l’une des plus importantes Commanderies des Templiers en Bretagne par sa situation stratégique. Les Templiers avaient pour mission de protéger les pèlerins qui se rendaient en Terre sainte et les lieux saints dont le Saint-Sépulcre à Jérusalem. Ils eurent aussi pour mission d’être les gardiens du trésor royal, peut-être à l’origine du grand mystère qui les entourent…

L’arrestation massive des Templiers le vendredi 13 octobre 1307 marqua la fin de l’ordre, mais aussi l’émergence de légendes qui subsistent toujours dont celle de l’introuvable trésor des templiers qui subsistent toujours aujourd’hui. D’ailleurs Quittery Desgrées du Loû confirme recevoir régulièrement parmi ses visiteurs des passionnés qui n’hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres pour découvrir les différents sites témoins de cette histoire. « Moi, je leur dis que le trésor des Templiers se trouve bien ici… », sourit la jeune fille. En fait, l’église du Temple de Carentoir recèle deux vrais trésors, son retable qui a été restauré et un gisant qui est l’un des 4 derniers connus en France. Daté du XIIIè siècle, il pourrait être celui d’un templier.

On peut aussi découvrir l’organisation de ce lieu de culte qui était à l’origine séparé en deux parties, la chapelle réservée aux Templiers et la nef qui faisait office d’église pour les paroissiens locaux. L’église Saint-Jean Baptise recèle de nombreux autres symboles rares témoins de la présence des templiers.

Et cette année, vous pouvez y découvrir une exposition très riche prêtée par la ville de Troyes (Aube) un des hauts-lieux français de l’Ordre des Templiers.

Pratique : Cette église est fermée toute l’année, sauf pendant l’été. Une occasion unique de la découvrir. Elle est ouverte uniquement le samedi et le dimanche, de 14 à 18 heures et la visite est gratuite.

Attention : Beaucoup de visiteurs confondent cette église avec celle de Carentoir. Celle-ci se trouve dans le hameau du Temple, quelques kilomètres plus loin »

Source : https://www.lesinfosdupaysgallo.com/2022/07/15/carentoir-bon-plan-anti-canicule-leglise-du-temple-et-son-exposition/

Blason Ploërmel

Ploërmel et Questembert sont des communes situées dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Blason Questembert

En savoir + sur l’église Saint-Jean-Baptiste du Temple de Carentoir (Bretagne, Morbihan).

La paroisse de Karantoe est mentionnée en 1182, dans la charte apocryphe de Conan IV confirmant les donations en faveur des Templiers en Bretagne. Dès la fin du XIVe siècle, l’ancien établissement templier de Carentoir est le chef-lieu d’une commanderie hospitalière, car en 1391, on trouve un certain frère Guillaume Gasteau en tant que maître et commandeur de l’abbaye et maisons de l’hôpital de Carentoir appelé temple de la couefferie de mallanzac.

En 1443, frère Jean de La Roussière signe une quittance en qualité de commandeur du temple de Karentoer, c’est la plus ancienne maison connue du Temple de Carentoir. En 1520, frère Jan Briolus est Commandeur de l’hôpital du temple de Carentoir et de ses appartenances qui consistent tant en maisons, jardins, vignes, bois et futaies, prés, viviers, grains. Un demi-siècle plus tard, frère Jean Pelletier fait un aveu en 1574 et précise qu’au Temple de Carentoir il y a maisons et manoirs de la commanderie avec ses églises, cimetières et maisons presbyterales contenant tant en courts et jardins, vignes, prés, pâturages, terres labourables formant environ six journaux.

Église paroissiale – la chapelle au lieu-dit Le Temple

La justice patibulaire est assise sur les landes du temple proche du moulin à vent de la commanderie. Dans un aveu de 1643, le commandeur Gilles du Buisson déplore la destruction du manoir commandal pendant la Ligue : au derrière de ladite église en amont sont les vieilles maïsières ou autrefois étaient le logis et manoir du commandeur qui a été démoli par l’injure de la guerre civile; une grange qui est pour serrer les gerbes de la “dixme”. Mis à part la destruction du manoir commandal, le bourg du Temple conserve sa physionomie jusqu’à la Révolution Française.

En 1744, le commandeur Jacques-René Frin des Touches rénove entièrement le chœur de l’église du Temple et fait construire un imposant retable, puis, le 9 Juillet 1752, la voûte qui sépare la nef du chœur est restaurée aux frais des paroissiens. Sur le cadastre napoléonien de 1825, on distingue aisément un porche en saillie du pignon occidental, mais en 1900, il fut démoli.

Enfin, les dernières traces romanes de l’église du Temple disparaissent pendant la campagne de travaux de l’architecte ordinaire des Monuments Historiques du Morbihan, René Guillaume : destruction des fenêtres romanes de la nef remplacées par de grandes baies en plein-cintre, suppression des hauts contreforts et suppression du mur de refend et de la voûte en berceau qui séparaient la nef du chœur.

Siècles de la campagne principale de construction : 13e siècle ; 16e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle ; 20e siècle – Siècle de campagne secondaire de construction : 12e siècle

Source : Ministère de la culture ; POP : la plateforme ouverte du patrimoine

*L’Université catholique de l’Ouest (UCO), Angers. En chiffres : 12 500 étudiants, plus de 100 formations universitaires dans ses 8 campus.

Qu’apporte la pratique du vivre ensemble en tenue maçonnique ?

La Franc-maçonnerie est un centre d’union polymorphe qui rassemble ce qui est épars sur plusieurs plans : en tant qu’espace d’évolution solitaire, en tant qu’espace de rencontre, en tant que société particulière. 

C’est une évidence, l’absence d’un membre de l’atelier coupe l’espace du chantier en deux. Ici et ailleurs. Cependant, les membres de l’atelier, absents à la tenue, peuvent  dire leur  présence en pensée malgré tout, par le témoignage du Frère ou de la Sœur qui rapporte leurs excuses en loge. Ne pas s’excuser, c’est faire prévaloir, sur le chantier, la prégnance des fantasmes d’abandon, c’est introduire la séparation, la coupure non seulement entre le groupe et l’absent, mais par là même au cœur du groupe. Ne pas respecter le groupe en tant qu’unité, c’est ne pas se respecter soi-même comme appartenant à ce groupe. La responsabilité est un choix et donc une liberté. Travailler en loge fonde le franc-maçon dans sa liberté d’être franc-maçon .

Ne pas transmettre ses excuses sous forme d’obole ou de parole, c’est abandonner le chantier dont la linéarité est celle de l’enchaînement des tenues d’obligation. Mais l’absent sera en manque, car il y a une  formation que la tenue en loge peut donner au franc-maçon et qu’il ne peut trouver ailleurs. Quels en sont les aspects ?

Elle est un espace d’évolution solitaire par le travail et la recherche qui ouvre des voies de la connaissance à partir du travail en loge : la Franc-maçonnerie, par les influences subies à caractère chevaleresque, hermétique, alchimique, compagnonnique, kabbalistique a conservé et rassemblé différents traditions et ésotérismes, c’est ce trésor qu’elle nous offre. Cette synthèse des voies de la connaissance s’appuie sur une méthode d’approche progressive qui se veut initiatique à ces connaissances, le but étant de faire passer le franc-maçon du domaine sensible au domaine de l’intelligible. Elle est un espace de méditation, de réflexion, d’introspection, d’engagement. Elle permet de se renouer avec soi-même, une façon de dire que l’on rassemble ses éparpillements d’êtres pour les réconcilier dans une cohérence solide, une façon de s’accepter tel que l’on est, en se connaissant mieux en soi et à ses limites. Et en vieillissant, cette sérénité est un réconfort inestimable.

La Franc-maçonnerie est une étrange école qui éveille et éduque l’homme au plan moral, intellectuel et spirituel. C’est un outil de développement personnel qui, loin de n’être qu’une gymnastique intellectuelle et spéculative, est avant tout une réelle pratique opérative. Ici l’œuvre n’est pas de pierre mais de chair, d’âme et d’esprit. C’est un travail lent qui présente de grandes difficultés, souvent accompli dans l’ignorance des forces libérées et des résultats acquis. Pas à pas, l’aspirant est conduit le long du sentier de la connaissance de soi. Son caractère et sa nature sont mis à l’épreuve jusqu’à ce que les qualités qui caractérisent la forme soient transmuées en celles qui révèlent l’âme. Par l’interprétation des textes et des symboles, l’homme s’invente et se transforme intérieurement au fur et à mesure qu’il invente de nouveaux sens. S’il en prend conscience lors des évènements et des actes de son cheminement initiatique, c’est parce que les choses et les idées suivent un même ordre causal dans deux séries parallèles et harmoniques : la suite des choses se causant les unes les autres et la succession des idées découlant les unes des autres.

L’espérance ouverte en Franc-maçonnerie est dans la confiance de l’Ordre que chaque frère ou sœur est capable de dégrossir sa pierre pour obtenir sa récompense, la joie d’être soi. Chacun contient en soi son propre télos (le but, la cause finale), c’est-à-dire la tendance innée à réaliser ce qu’il est, à tendre vers l’idéal de sagesse, de bienveillance et de félicité qui associe les efforts du corps et de l’âme. Cette idée de force justifie aux yeux de Leibniz, d’une part l’idée d’une finalité à l’œuvre dans le monde, et d’autre part la réalité concrète de la liberté puisque chaque être peut accomplir ou non sa propre fin, décider des modalités pour y parvenir.

En utilisant les rites et symboles de la Franc-maçonnerie avec différentes approches aussi originales que transdisciplinaires, chacun peut atteindre et réaliser, en accédant à la maîtrise… de soi, un véritable art d’être. Plus rien ne sera comme avant car il va passer enfin de l’autre côté du miroir pour en revenir, dans le meilleur des cas, à jamais transformé par le sens.

La Franc-maçonnerie apporte une telle possibilité, en intégrant  une pratique du corps et de l’esprit, par une gestuelle et des rituels, par un ensemble des composantes de ce qui nous fonde tant sur le plan personnel, intellectuel que spirituel et nous permet de nous comprendre et de nous mettre en œuvre comme approfondissement des médiations données, entrant plus avant dans leurs textures mêmes, leurs matérialités symboliques ou rituelles, leurs figurations, comme si était requis, ici, un humain se nouant à l’intime, au gré de son travail de reprise de lui-même, en corps à corps avec ce qui lui est donné par le rite. 

Elle est un espace de rencontre : L’initiation est en premier lieu un changement d’état, l’ego n’est plus identique à ce qu’il était après ce mécanisme, il devient à la fois un «moi» et un «nous», un sur-moi en somme. On apprend à vivre pendant longtemps avec les autres, s’obligeant à prendre la posture de la fraternité, de la solidarité et de la tolérance, ce qui à terme devient une vraie nature et, ancrée au plus profond de nous, suscite un élan sincère, affectueux et respectueux pour l’autre, tout autre fut-il soi-même, que l’on rencontre dans le temple ou surtout à l’extérieur. La rencontre lucide, exigeante, enthousiaste et fraternelle de l’autre fait de nous des symboles vivants en rapprochant ce qui était séparé.

Les rituels et l’imaginaire nous font changer de monde et nous absorbent dans un autre univers presque réel. En fait réel, parce que les émotions sont un espace-temps vécu comme un présent où ce qui est dit devient réalité : nous avons trois ans et il est midi ou minuit.

C’est un sentiment de communauté fraternelle qui s’instaure pour unir frères et sœurs entre eux, c’est pour chacun simultanément un à part, tout en prenant part. à l’unisson avec une assemblée de francs-maçons, on éprouve souvent un sentiment de bien-être au milieu des siens, presque une symbiose ; le partage des mêmes aspirations avec les autres frères et sœurs nous emplit d’amour pour chacun d’eux.

Depuis des siècles, des francs-maçons ont répété les mêmes paroles de rituels. Chaque degré parle un symbolisme dont la parole, les mots, les rituels sont des clés qui devraient inspirer le maçon. Ces rythmes du vocable, ou des gestuels, produisent des effets. Hors du rituel point d’effet. Le rituel rend une loge capable de s’unifier et d’effectuer ainsi un travail d’ensemble en tant que corps unique fonctionnant d’une manière cohérente. Les coups de maillet répétés, non seulement délimitent dans notre mental l’espace sacralisé, mais surtout réunissent les battements de nos cœurs, en les réinitialisant, par le bruit, sur la même pulsation, nos sursauts en témoignent. L’absent ne peut partager cela.Participer à une tenue fait perdre tout sentiment de sa personne pour devenir une partie, une toute petite partie de cette chaîne qu’est la communauté franc-maçonnique. Ce lien, cette union avec le passé et le présent est un réconfort et un sentiment d’appartenance à une lignée de sagesse, force et de beauté. Même le solitaire peut y trouver le vécu joyeux, non pas tant du lien, que de l’abolition de la séparation.

L’armature des valeurs, des règles et des rites fait de nous une société particulière. Comme le dit Régis Debray au cours de son débat avec Frédéric Lenoir : « Il n’y a pas de « nous » sans un point de fuite, un point d’accroche, une transcendance qui ne soit pas forcément surnaturelle, une majuscule permettant la clôture d’une identité qui se donne des frontières, qui permet la coagulation d’un « nous » et permet à ce « nous » de traverser le temps en se renouvelant comme une œuvre de l’esprit qui garde sa jeunesse, celle de l’enthousiasme, sa profondeur d’analyse et de synthèse et assure sa pérennité. »

Dans son fameux Discours le Chevalier Ramsay en dit :

« La noble ardeur que vous montrez, Messieurs, pour entrer dans le très ancien et très illustre ordre des Francs-Maçons, est une preuve certaine que vous possédez déjà toutes les qualités requises pour en devenir les membres. Ces qualités sont la Philanthropie sage, la morale pure, le secret inviolable et le goût des beaux-arts. »

Avec ou sans nous en tant qu’individu, la FM propose au gré de ses évolutions la recherche de l’ouverture d’esprit, des débats contradictoires dans le respect de la pensée d’autrui, bref tout ce qui fait l’âme et l’honneur du travail en loge et de ceux qui s’y consacrent sincèrement et librement. Il ne saurait exister de vérité finale aussi bien dans le domaine moral que dans le domaine physique, tant que le dernier homme n’aura point déroulé le fil de son expérience, tant qu’il n’aura pas dit son dernier mot. II faut donc accueillir toutes les contributions personnelles, parce qu’elles peuvent apporter une lumière nouvelle et nous rapprocher de plus « d’humanitude ». Un des  buts de l’humanisme est d’atteindre un esprit coopératif ou esprit de groupe et le développement de la conscience de groupe. Ainsi doit apparaître le rôle que joue l’unité dans le tout, et l’interaction de ce rôle dans de plus grandes structures. Par le rituel la Maçonnerie peut apprendre cela. Dans le travail maçonnique et les activités de la loge, les étudiants de l’humanité peuvent voir dépeinte la nécessité pour les hommes de travailler ensemble comme frères. Ils y trouvent ce que Ricœur appelle un vivre ensemble de façon pacifiée, dans des institutions suffisamment justes. 

On peut  relire la Règle 9 pour les candidats   De  l’initiation humaine à l’initiation solaire, prescrite par Alice Bailey : «Que le disciple se joigne au cercle des autres «moi». Mais qu’une seule couleur les réunisse et que leur unité apparaisse. Ce n’est que lorsque le groupe est reconnu et discerné intuitivement que l’énergie peut-être sagement diffusée». Cette unisson dans le service de l’humanité est fondée sur : l’unité de but; l’unité de vibration; l’identité d’affiliation en groupe; des liens karmiques de longue date; la possibilité de travailler en relations harmonieuses.

Il serait dommage que le précepte « Nous devons réunir ce qui fut épars » soit dévoyé de ses nobles intentions, la vérité étant une multiplicité de chemins divers empruntés par les civilisations successives qu’il nous faut remonter comme à la source d’un fleuve pour en comprendre les complexes plans et non pas une tradition s’appropriant la totalité de ce qui est, fut et sera. « Revenons aux sources », disent-ils… Mais à quelles sources? Et où se situent dans le temps ces rituels plus vieux, donc prétendument plus « purs »? Il y a vingt ans? Cinquante ans? Deux cents ans? Aux rituels pratiquement inexistants de la Grande Loge de Londres et de Westminster de 1717, qui n’étaient qu’un bref catéchisme fait de quelques questions et réponses? À ceux d’une époque où les apprentis étaient une sorte de domestiques qui servaient les Compagnons à table et le grade de Maître n’existait pas encore? D’une époque où il n’y avait pas encore de Bible, ni d’Autel pour l’y mettre, ni même de Grand Architecte de l’Univers?

Nous faisons confiance à l’homme, à nos frères et sœurs en particulier, car nous sommes des optimistes. La mise à distance des questions qui peuvent diviser au lieu de rassembler, tout cela a du sens. Autre chose est d’importer dans les loges, consciemment ou non, des préconceptions ou des convictions figées au-dehors.

Voilà, entre autres, pourquoi nous pensons que nous devrions vivre, à chaque instant de nos tenues, non seulement dans l’observance des rituels mais aussi dans leur exigence, ce qui permettra à chacun de vivre sa différence. Alors, comme l’écrivait Daniel Pons dans Le fou et le créateur, son œuvre  maîtresse, et s’adressant à son frère, le créateur humain, celui qui tente de se construire lui-même en harmonie avec la parcelle de l’Unité qui l’habite :

«Créateur, mon frère, lorsque tu sentiras ton corps d’éphémère t’abandonner, souviens toi alors que la barque d’Isis est un char qui conduit, vers l’éternité, tous les corps exténués à force de s’être surpassés…»

Alors comment choisir avec quelle Franc-maçonnerie commencer ou poursuivre la quête ? Ce sera le questionnement du prochain article

Du sacre biblique, le sacre laïque

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« Au commencement était le Verbe » dit la première phrase de l’évangile de Saint-Jean. Le Verbe, c’est-à-dire un discours politique (au sens de la cité et des hommes à construire) déclinant lui-même un enchaînement logique : père, pouvoir, action, discorde, compromis, harmonie, avenir …

D’Eve et d’Adam naissent deux fils. Caïn, de nature possédant jaloux, en hébreu « l’avoir personnifié » puis Abel, au caractère doux rêveur, autrement dit « l’être inspiré ». Le premier devient cultivateur, le second berger. Un jour, les deux frères ressentent le désir d’aller faire une offrande à Dieu, l’Etre suprême et sacré, en témoignage de leur profonde vénération : l’aîné lui présente une corbeille de fruits de sa récolte et le cadet, deux agnelets, nouveau-nés de son troupeau. Le Créateur néglige les produits du sol et accepte les petits des brebis. Une préférence qui rend Caïn fou de colère et de jalousie : au retour, dans son champ, il agresse Abel et le tue…

Du fratricide, la fraternité

Si l’on en croit la métaphore biblique, l’aventure humaine commence mal ! Et si l’on observe les faits mythologiques…elle se poursuit sur sa lancée fratricide. Avec les deux fils d’Œdipe, Etéocle et Polynice, l’un tuant l’autre pour régner sur la ville de Thèbes. Avec encore Romulus – fondateur de l’enceinte romaine – assassinant son frère Remus, qui a osé en franchir le tracé, ainsi soupçonné de vouloir prendre possession de la Cité naissante. Quant aux faits historiques – en nous cantonnant seulement dans la modernité – ils regorgent malheureusement de massacres perpétrés par des troupes sanguinaires et pour un temps dominantes, niant le principe même de « fraternité humaine » à l’avantage d’un « concept ethnique » : cette vision infamante de races jugées nuisibles (par leurs caractéristiques, qu’elles soient génétiques, politiques ou religieuses) a abouti en un siècle aux génocides arméniens, ukrainiens, juifs, tutsis, entre autres. C’est à dire à l’acte ignoble de destruction programmée d’un groupe ethnique par un autre. Pour le formuler autrement : à la tuerie d’êtres humains par des êtres humains.

Il est intéressant de remarquer ici que la jalousie, moteur du mécanisme qui entraîne la haine, puis le crime, oppose depuis toujours les frères entre eux, bien plus qu’aux parents. Dès lors, la détestation du géniteur (ou l’incontestable conflit des générations, socle même du principe freudien instituant « le meurtre symbolique du père par le fils ») est finalement moindre, comparée à la violence, morale ou physique, existant effectivement dans les millions de fratries qui se succèdent sur la planète. La psychanalyse, qui dit-on, n’innoverait plus depuis la disparition de son concepteur, à devant elle avec ce sujet, un champ immense d’investigation ! L’inconscient n’a pas dit son dernier mot ! Qu’en est-il de cette force occulte collective qui peut imposer aux hommes tout à la fois, une attitude de retrait et de crainte, de vénération et de brutalité ? Du secret, le sacré !

Cette violence meurtrière serait la base nécessaire de l’apaisement, de la concorde à venir après le drame : du fratricide, la fraternité ! La compétition féroce animant les fratries Caïn/Abel, Etéocle/Polynice, Romulus/Remus, aurait ainsi un aboutissement commun, celui d’avoir engendré, par la mort sanglante de l’un des deux protagonistes, le développement de la vie sociale. Comme si tout début avait besoin, non seulement d’une mort, mais d’un meurtre (un être tué par un autre) pour prospérer ! Les religions premières n’ont pas manqué – devant le schéma répétitif de ces images mythiques – de récupérer et d’introduire dans leur pratique, la notion de « sacrifice », (étymologiquement de sacer, saint, puis de sacrificare, faire la volonté divine) c’est-à-dire d’offrande symbolique rituelle à Dieu (donc renouvelée) afin de lui plaire et d’obtenir des faveurs, des grâces, voire pour détourner son courroux éventuel !

De la déclinaison, surgit ici le mot « sacrum » désignant l’os constitué par les cinq vertèbres à la partie inférieure de la colonne vertébrale, qui nous fait déboucher lui-même sur le « sacré » : à savoir ici l’os sacré qui était offert aux divinités, lors, précisément, des sacrifices d’animaux. Nous le savons, ces tueries ont été précédées au nom d’odieuses traditions, d’égorgements et immolations d’enfants et d’adultes. Adorer pour recevoir, peut conduire à l’horreur !

L’histoire est donc faite de commencements mais aussi de recommencements. Parce que l’homme, depuis des temps immémoriaux vit dans des croyances acquises ou reçues, tant célestes que terrestres. Elles s’exercent par le biais théiste ou déiste classique de sage et silencieuse reconnaissance d’une puissance supérieure. Lorsqu’elle passe par un culte, la croyance consiste en la vénération effective d’un dieu, en principe désintéressée, sans demande en contrepartie. Les racines latines du mot « religion » (religare, relegere) n’indiquent respectivement pas autre chose que l’entretien d’un lien scrupuleux avec le divin et la volonté de réunir une assistance recueillie et affectueuse dans des lieux consacrés (Eglise, du latin eclesia, assemblée). Et l’injonction philanthrope « Aimez-vous les uns les autres ! » propagée par Jésus le prophète et après lui par les prêtres du christianisme, ne peut mieux exprimer le bienfait d’une sacralité bien comprise.

Mais la croyance s’exerce aussi dans la démesure, voire l’outrance que peuvent constituer les superstitions démonstratives, comportements irrationnels, pensées magiques et autres conduites auto-imposées par la perception de présages et signes, vus selon, comme porte-bonheur ou porte-malheur ! Combien sont blâmables ceux qui se sont ainsi aveuglément soumis à des meneurs fanatiques, eux-mêmes guidés par des préjugés injustifiés ou même les « sciences divinatoires » ! Hitler était l’un de ces sinistres personnages, manipulé et manipulateur, ivre de haine, vociférant et tourmenté par une idée fixe, la pureté. Cette obsession lui a fait craindre la disparition de la race aryenne, qu’il considérait sacrée. Pour ce fou furieux, les juifs, puis les tsiganes, se sont mélangés aux aryens et ont corrompu pendant des siècles, cette ethnie suprême. Le temps était donc venu, selon la résolution hitlérienne, de les capturer et exterminer pour purifier, reconstituer, en un mot revivifier le sang aryen ! D’où, pendant la dernière guerre mondiale, le monstrueux holocauste, dénommé ensuite La Shoah (catastrophe, en hébreu) par le cinéaste-écrivain Claude Lanzmann.

L’ange et le démon

Avec ce crime contre l’humanité, nous rappelons la terrible ambivalence du sacré quand il inspire non seulement la jalousie mais au vrai, la « peur de l’autre » et devient violence, bestiale en l’occurrence. Car c’est bien de la phobie d’un peuple qu’est née dans un esprit dérangé et dramatiquement contagieux, l’idée de son élimination. Et c’est bien, précisément, par l’intermédiaire d’une soldatesque pervertie, hyper-conditionnée et sous serment d’allégeance totale au Führer, que ledit génocide a pu se réaliser. En l’absence totale d’opposition à ses actes coupables, elle a déifié la violence dans des camps de la mort, séparés de la civilisation. C’est-à-dire que cette horde de nazis sans morale ni états d’âme, en clair déshumanisée, a fait du sacrifice de masse, son objet central, en démultipliant au cœur du XXème siècle, les coutumes barbares antiques.

Si la peur de l’autre peut métamorphoser le sacré en violence, il n’est pas étonnant, lorsque Dieu en est le centre, que les cultes s’agressent mutuellement en lançant leurs fidèles les uns contre les autres. La bible nous dit que les trois religions monothéistes, juive, islamique et chrétienne, ont le même père, Abraham. Chacune le revendique, mais n’accepte pas ou mal, cette paternité commune ! Chacune craint que les deux autres ne la confisquent ! Résultat : des conflits armés interminables depuis deux millénaires, des violences de plus en plus meurtrières qui nous renvoient, dans un cycle infernal… au fratricide originel ! Le père est mort depuis longtemps et cette fois, ce sont les trois filles qui s’entredéchirent ! Comme si, individuellement, elles voulaient, au-delà de toute hiérarchie temporelle, être la préférée posthume d’Abraham, et partant, de Dieu. En attendant, elles continuent aujourd’hui de véhiculer ensemble, l’amour et la mort…

Ainsi le sentiment du sacré, lorsqu’il est considéré dans la ligne originelle biblique et même religieuse, me permet, soit de vouloir comme Abel exprimer ma bonté, en gratifiant de mon respect généreux les êtres, lieux et choses, soit de transgresser comme Caïn, en leur imposant ma cruauté, tueuse et destructrice. Car je porte en moi, comme tout homme, comme toute femme, l’ange et le démon ! Le sacré, cette forme de regard à double effet, est donc synonyme de bienveillance ou de violence. Mon choix fait de la première demande néanmoins, en permanence, le contrôle de mes instincts, pour demeurer toujours « en état vigilant de fraternité ». Cette opération interne est possible, à condition, bien entendu, que – même marqué par le sceau initial de la violence – je sois persuadé de la supériorité de la mansuétude sur la vilénie ! Grâce à l’intelligence qui distingue l’humanité de l’animalité.

Il est observable que l’exercice du sacré, version « violence », nécessite un espace délimité. Caïn tue Abel dans son champ ; Etéocle supprime Polynice dans l’enceinte de Thèbes ; Romulus ôte la vie à Remus à l’intérieur du périmètre de la future cité de Rome ; les génocidaires modernes exterminent leurs victimes dans des camps de concentration, pour cacher leurs horribles forfaits. Même schéma pour le sacré, version « amour » et « fraternité », mais cette fois pour des raisons nobles, qui privilégient l’estime de soi et d’autrui. Les commémorations diverses, les cours scolaires et universitaires, les réunions politiques (du grec politikos, les affaires de la cité), les rencontres sportives, les offices religieux, les « tenues » maçonniques, etc, se déroulent toujours en milieu clos (encerclement très bien analysé par Régis Debray dans son livre « le Moment Fraternité » – Editions Gallimard). Mairies, écoles, amphithéâtres, stades, églises, temples, synagogues, mosquées, loges : autant d’espaces sacrés ou sacralisés. Au nom de la République, liberté d’expression, transmission du savoir, distraction. Au titre de la célébration des dieux du ballon rond (trop souvent génératrice de violence !), de la pluralité des confessions, de la perfectibilité de l’Homme…

Dehors, les citoyens distinguent dans le drapeau national – symbole sacré s’il en est flottant à l’horizontale sur les constructions publiques – un signe de ralliement et les croyants voient dans l’élancement de leurs édifices religieux, une force verticale qui les rapproche de leur Dieu. Dedans, les participants ont besoin d’une intimité chaleureuse, d’une complicité de pensée, entre quatre murs, bref, d’un « entre nous ». Pour parler et écouter, pour rire et pleurer, pour échanger et créer du lien social, pour enseigner et apprendre, pour reproduire et produire de la pensée en commun, pour aussi se recueillir et prier dans le silence de l’enceinte. Et parvenir, si possible, à ce que les francs-maçons appellent dans leurs loges « l’égrégore » (vocable sans doute issu du latin gregarius, grégaire, groupe) ce fameux ressenti d’unité et de fusion émotionnelle. Et que d’aucuns, en d’autres lieux de réunions, traduisent par la « dynamique de groupe ».

 Un mécanisme à double détente

Dans une France marquée, qu’on le veuille ou non, par deux mille ans de tradition chrétienne, il est logique que le sacré – vécu comme biblique ou laïque – porte l’empreinte du religieux. Ce qui ne signifie pas qu’il en soit propriétaire ! Au-delà du parvis des lieux de culte et de ses ministres, il y a bien entendu d’autres espaces, d’autres temps, d’autres objets, à caractère sacral, nous l’avons vu. Il y a aussi d’autres temples, d’autres rites, d’autres hommes et femmes, qui ont une vision et une pratique spécifiques du sacré. Le franc-maçon, la franc-maçonne, pour leur part, s’ils apprécient et exploitent dans leurs loges et la cité, les métaphores, légendes et allégories bibliques comme des représentations toujours productrices de sens, s’ils respectent toutes les religions sans exception et ont leurs propres croyances, ils sont aussi conscients, ici et maintenant, de vivre depuis leur initiation, une nouvelle approche du monde et des relations interhumaines. La lumière symbolique qu’ils ont reçue comme « outil réflexif » leur permet entre autres, d’éclairer d’un esprit neuf le sacré et son mécanisme à « double détente » : autant les « interdits-boucliers » qu’il contient dans l’intérêt individuel et général doivent être maintenus, autant le cortège de sacrifices et d’agressions meurtrières qui – étrange paradoxe – l’accompagne et persiste depuis des lustres, ne doit plus forcément être considéré comme une fatalité.

Avant tout, s’impose la compréhension du phénomène. Il est répétitif parce qu’imitatif au fil des générations (finement pointé par le philosophe René Girard qui le nomme « désir mimétique ». Cf « La violence et le sacré » – Editions Hachette littératures). Ainsi s’inscrivent dans l’histoire des hommes – parce qu’ils sont en lutte permanente ! – des listes interminables de victimes expiatoires, à type de boucs émissaires. Pourra-t-on un jour y apposer le mot « fin » ? Oui…si les hommes cessaient de désirer le même objet en même temps, par exemple, argent, industrie, territoire, comme des enfants autour d’un jouet ! Ou, pour le dire sur le mode psychanalytique, si les hommes renonçaient à désirer le désir des autres. Sachant que ce désir n’est que plus exacerbé, lorsque l’objet convoité est unique ou rare et dès lors « sacralisé » par son possesseur. Terres ancestrales, régions viticoles, zones de pêche, champs pétrolifères, etc, les « situations » sont nombreuses où la concurrence fait le conquérant !

Il ne s’agit pas toutefois de prétendre arrêter les conflits entre les hommes : c’est bien la confrontation – partie intégrante de la nature et condition humaine – qui leur permet au final de « faire société ». Soit, au gré d’idées différentes additionnées, de réunir les meilleures pierres à même d’élever l’édifice commun et d’y vivre ensemble. Même si l’œuvre est souvent à remanier…ou à recommencer ! C’est bien aussi par l’antagonisme que s’entretient chez chacun, chacune, le désir d’être, de penser et de faire. Et étouffer le désir serait en même temps asphyxier l’humanité, la couper de ses racines ! Si la guerre économique est devenue la dure règle mondiale, c’est la guerre par les armes qu’il faut coûte que coûte éviter : avec elle surgit évidemment l’atroce violence. Et d’elle, par mimétisme là encore, puis l’intervention d’autres facteurs comme l’injustice et la pauvreté, naît la délinquance, autre forme de guerre (ou de guérilla) urbaine et aussi rurale.

Cinq mots sacrés

Que peut faire le maçon, ce soldat aux mains nues, devant la violence, cette seconde et angoissante face du sacré ? Dans le florilège de pensées orientales, estampillées « Confucius » ou « Lao Tseu », on lit régulièrement « qu’il faut se changer soi-même pour changer les autres ». Voire changer le monde, pourquoi pas ?! La formule est jolie mais il convient de s’entendre sur son sens. Parvenir par un travail sur soi – en maçonnerie notamment – à l’équanimité, la sérénité, la maîtrise et qui sait – suprême approche du bonheur – à la sagesse… c’est une réussite certes, mais qui reste, avant tout, très personnelle. La sagesse n’est pas transmissible : elle est même incommunicable (sinon en paroles) au contraire des réalisations matérielles collectives (qui réunissent nombre de maçons, notamment dans le bénévolat associatif) !

Ma joie intérieure nouvelle, fut-elle rayonnante, n’empêche pas le voleur de m’arracher mon sac à bretelle dans un couloir du métro, avec un coup de poing au visage en prime ! Et si je me présente un samedi soir chez mes voisins festifs, pour me plaindre du bruit infernal de leur musique, à coup sûr, ils monteront le niveau encore plus fort ! Quant à mon fils, trop souvent rivé à la télévision au lieu d’apprendre ses leçons, il reste sourd à ma phrase nostalgique « Dans mon temps, mon père me disait… », absorbé qu’il est par un film où les mitraillettes des gangsters font ruisseler l’hémoglobine ! Violence, quand tu nous tiens ! La référence, l’exemplarité, l’autorité, par les formules et proverbes, qui ont pu fonctionner au siècle dernier et précédemment, ne sont plus suffisantes aujourd’hui : à l’époque du « tout, tout de suite », entre autres par la « magie » de l’électronique, la jeunesse n’attend pas des modèles de vie, auréolés de discours moralistes, donc jugés culpabilisants ! S’il y a « désir mimétique », il passe ici sans aucun doute, par les mails ou les SMS échangés avec les copains et copines ! Vitesse et instantanéité obligent !

Au quotidien, à la maison comme en ville, le changement individuel reviendrait donc davantage, non seulement à méditer dans le silence de notre « cathédrale intérieure », mais encore, à « sortir de soi ». Autrement dit, avant même de tenter de changer les autres, de mieux communiquer avec eux. Déjà en insistant sur la répétition de ces quatre vocables simples, mais qui sont pourtant en eux-mêmes des « mots sacrés » : Bonjour, bonsoir, pardon, merci, au revoir. Vous avez remarqué le vide qui nous sépare soudain de nos interlocuteurs quand ils ne sont pas prononcés lors de tout contact humain – ainsi commence l’incivilité ! – alors même que leur fonction est, tels des sésames, de nous de nous ouvrir et de nous rapprocher les uns des autres. Nous croisons souvent beaucoup de gens dans une journée, mais au vrai, nous en rencontrons très peu !

Sortir de soi, c’est s’exposer. C’est montrer ses qualités et aussi ses défauts. Au temps de mes culottes courtes, j’entendais parler de gens « bien élevés » ou « mal élevés » pour évoquer l’éducation, si défaillante actuellement, hors de l’école même. Je n’entendais pas à l’époque ces expressions, en termes métaphoriques de construction de l’être au monde, comme la franc-maçonnerie me les révèle aujourd’hui. Je déduisais surtout que ces personnes étaient polies, ou mal polies. Un souvenir qui me renvoie aux cinq mots précités, comme étant précisément chacun un premier signe de politesse. Une vertu, en voie de disparition elle aussi, si nous n’y prenons pas garde, tout comme manque souvent à l’appel maintenant ces deux autres, que sont la gentillesse et la douceur. Or, ces trois marques d’attention, et de déférence si précieuses, font bel et bien partie des expressions du « sacré laïque », à l’intérieur des temples et autour ? Le franc-maçon qui se demande comment mettre le symbole en actes dans la cité dispose là, d’un ensemble d’authentiques rites sociaux à remettre d’urgence en valeur. Même si ces rites peuvent paraître désuets à certains, se montrer poli, gentil et doux, est l’une des plus belles et bonnes façons pratiques de « maçonner ». Parce que, devant lui, le problème et la solution de l’homme, c’est l’autre !

Tu ne tueras point, ordonne l’un des dix commandements. Or, sans donner la mort physique comme Caïn à Abel, il y a mille façons de tuer cet autre. De l’arrogance à l’agressivité. Du mensonge à la trahison. De l’humiliation au harcèlement moral. C’est-à-dire de vouloir bouter l’Homme hors du cercle sacré, au centre duquel est sa place. Nous sommes des êtres de verre pouvant nous briser à tout instant. Conscients de notre fragilité, nous devons accepter autrui avec la sienne. Et en prendre soin, le considérer, le respecter, lui permettre d’exister mieux que vivre. Bien entendu dans une démarche réciproque, chacun étant responsable de chacun. Aimer, c’est faire de l’autre un dieu, et non un diable !

Alors seulement, si nous nous donnons pour mission de répandre dans la cité cette forme protectrice de sacré – synonyme d’amour – nous pouvons espérer éclairer alentour les consciences vacillantes. Et, avant qu’il ne soit trop tard, arrêter le geste criminel du violeur d’enfant, du détrousseur de vieillard. Et de l’automobiliste déchaîné, prêt à en assassiner un autre pour une tôle froissée, au bord de l’autoroute…

Autant d’actes terrifiants de l’homme soudain égaré, « désacralisé » et partant, sorti de l’humain.

« Le sacré, c’est tout ce qui maîtrise l’homme d’autant plus sûrement que l’homme se croit plus capable de le maîtriser » dit René Girard.

L’empathie est le fossoyeur potentiel de l’universalisme !

L’empathie est une émotion vue comme très positive par notre monde contemporain. A témoin, les millions de vidéos de gestes de soutien dont regorgent les réseaux sociaux. Mais un mécanisme psychologique de « vase communicant » favorise les communautarismes au détriment de l’universalisme. Voyons cela et comment lutter.  

Nous les maçons l’entendons en permanence : nous devons faire preuve d’empathie, bienfaisante source de tant de conséquences positives . On peut citer la  fraternité, la rassurante cohésion du groupe, la solidarité/charité, etc. Si la méthode maçonnique fonctionne depuis si longtemps, c’est dû à ses deux « jambes » .  D’une part le travail individuel, sur soi donc, avec la connaissance puis l’action, et d’autre part le travail collectif. L’une des forces du collectif est de permettre de surmonter l’aveuglement que nous avons quasiment tous sur nos faiblesses.   

Steven Pinker voit dans l’empathie le moteur qui présentement permet au progrès sociétal de continuer son œuvre civilisatrice. Il le nomme « élargissement du cercle de l’empathie ». Exemple : là où anciennement nous n’avions que mépris pour la condition animale, les études sur la conscience animale et la perception de la souffrance associée sont en plein développement.  

Fort bien, mais les scientifiques ont pris notre empathie bien-aimée sous la loupe, et fait quelques découvertes peu réjouissantes.  

Elles ne concernent pas notre comportement individuel, qui est plutôt orienté vers le progrès comme indiqué par Pinker. Ce qui est concerné est notre comportement en groupe : le niveau sociologique, donc. Et il existe des mécanismes créant une « étanchéité » entre le niveau individuel et le niveau du groupe.

Le premier à avoir décortiqué les relations entre les deux niveaux est René Girard. Tout d’abord, observant les religions, il note que le sacré a pour fonction, entre autres, de détourner la violence interne des groupes humains vers une victime expiatoire. Secundo, ce mécanisme est inconscient :  les individus croient fermement agir à la demande de leur dieu(x), mais en fait ils agissent afin de décharger leur propre violence.

A notre époque, il est plus difficile de glisser nos pulsions négatives sur le dos de notre dieu, mais les boucs émissaires existent toujours : pourquoi donc ?

Pour commencer, les neurologues ont détecté par mesures que la zone orbito-frontale du cortex est très impliquée dans l’empathie…ou son manque : les psychopathes, eux, montrent une très faible activité dans ces zones. Même résultat lorsque la « fibre » assurant la communication entre ces zones et l’amygdale ( centre émotionnel ) présente des dysfonctionnements.

Il ne faut certes pas confondre une activité cérébrale avec un état mental tel que l’empathie. Néanmoins, la corrélation existe et les mesures objectives permettent l’observation pendant diverses expériences.   

L’équipe des psychologues de Lisa DeBruine à l’université de Glasgow a ainsi trouvé une corrélation entre l’intensité de l’empathie et la ressemblance entre la personne sujet de l’ expérience et celle objet de l’empathie .

Ce n’est pas vraiment une surprise : l’humain est un être très mimétique, il suffit de voir les enfants agir pour s’en persuader.

Ce mimétisme nous vient bien sûr du fond des âges, et il a dû sacrément aider à la survie de l’espèce. Dans le laboratoire, il suffit que l’on retouche des photos afin que les personnes ressemblent un peu plus à la personne sujet de l’expérience pour que le score d’empathie grimpe . Ce mécanisme est bien entendu très antérieur à l’espèce humaine et est très présent chez les primates.

La mauvaise nouvelle c’est qu’en cas de dissemblance l’empathie s’effondre rapidement. Et voilà la racine de tous les génocides :  une différence réelle ou alléguée permet de considérer l’autre comme moins humain ou non humain, et toutes les violences deviennent permises.

L’empathie se comporterait donc comme un système de vases communicants, se concentrant sur les membres du groupe, du clan ou de la nation, et permettant l’animosité envers tous les autres.

On comprend pourquoi les problèmes du bout du monde ont du mal à émouvoir « chez nous ». Aime ton prochain se fait au détriment du lointain.

Ce mécanisme explique tous les racismes, vu la facilité de discriminer sur base de la couleur de peau. Il explique aussi pourquoi les groupes se créent rapidement des signes et symboles de reconnaissance . Les maçons n’ont rien inventé de ce côté. Tous les clivages sont possibles puisque les différences créées artificiellement peuvent servir à exclure, et plus. En groupe, les humains peuvent devenir insensibles, c’est à garder à l’esprit.

Bref, ce mécanisme renforce les communautarismes au détriment de l’universalisme.

Nous les maçons, qui tenons tant à notre universalisme, sachons qu’il est menacé en permanence par cette empathie que nous admirons si ardemment.  

Descartes, professant que les animaux étaient comme des machines, a pour longtemps tué l’empathie possible envers les animaux. Une des difficultés à faire naître le respect de l’environnement vient également de là.  L’humanisme, ou sacralisation de l’humain, a permis de progresser vers la pacification, mais au détriment de la nature. 

Alors que faire ? Eh bien, pour te défendre, renseigne-toi sur ton ennemi et trouve ses faiblesses.  

Plus haut nous indiquions que l’aveuglement sur nos turpitudes est un peu moins tenable dans notre monde actuel.

Le procès de Nuremberg a bien montré que le déni reposait sur l’organisation hiérarchisée, permettant aux exécutants d’ «éteindre » leur empathie à la pensée du devoir d’obéissance absolue, qui les déresponsabilise. De leur côté, les décideurs ont maintes fois pu affirmer ne pas savoir, n’ayant pas vu l’horreur de leurs propres yeux.

Une première action est donc de veiller à ce que les individus aient toujours connaissance directe des conséquences de leurs actes, fussent-ils ou non les décideurs.  

Ensuite, rappelons nous que le comportement du groupe est proche de celui du psychopathe . D’où d’ailleurs le titre «  Human Psycho » attribué par Sébastien Bohler à un de ses derniers livres. Inspirons nous des actions possibles face aux psychopathes.

Primo : la contrainte par la loi, au sens large, au risque d’écorner un peu la liberté. La souffrance de la victime doit induire une forme de souffrance du bourreau.

Secundo : l’éducation qui apporte connaissance et est le meilleur outil de prévention . Nul ne doit ignorer les côtés sombres de l’humain. Tous doivent aussi savoir que nos défauts sont universels, et que nul n’est au-dessus des lois. N’hésitons pas à promouvoir une « police intérieure de la pensée ».

Tertio : la tendance à l’action compulsive, sans réflexion sur les conséquences à moyen-long terme, est également à combattre. Le principe de responsabilité aide en cela. Associée à cette responsabilité, nous trouvons les notions de réputation, de contractualisation, de consentement. Décourageons la tendance à manipuler l’autre : l’autre doit toujours être une fin et jamais un moyen.

Quarto : le bien commun doit pour chacun être une notion claire et respectée. Sans cette notion et l’entr’aide, notre espèce aurait disparu depuis longtemps.

Comme la franc-maçonnerie, l’humanité a besoin de sa composante collective autant que de sa partie individualité.  

De L’Oréal à Lhassa – Itinéraire d’un iconoclaste

Robert Salmon : Le Passeur Éditeur, 2016, 288 pages, 19 € ; livre numérique 9.99 €

Le préfacier Marc Ladreit de Lacharrière est un grand dirigeant d’entreprise français, membre de l’Institut de France (Académie des beaux-arts). En quelques lignes, il dresse le portrait de Robert Salmon, nous invitant à découvrir un homme passionnant.

Robert Salmon

«… Robert Salmon est un homme complexe, atypique. Entre l’univers de l’Oréal et celui du Grand Architecte de l’Univers, il y a parfois des mondes …. Son récit nous fait voyager dans de multiples contrés de l’âme et du savoir… »

Nous rajouterons un Frère au parcours, tant profane que maçonnique, riche.

Ne sachant si Robert Salmon a choisi de nous faire vivre son parcours en vingt-deux chapitres, en liaison avec la signification et le symbolisme de ce nombre, qui représente les symboles des grandes ambitions, un état visionnaire, le génie, les grands accomplissements, le grand créateur. Nous y voyons cependant une véritable transmission. Ne devons-nous pas suivre l’exemple de nos frères plus anciens ? Il est donc, lui aussi, un passeur.

Logo de L’Oréal

Sa famille, avoue-t-il « compte dans ses rangs un « original » ». C’est en ces termes qu’il présente le frère de sa mère Henri Hartung (1921-1988). Au cours de ses nombreuses pérégrinations,

Robert Salmon rencontre des personnages tels que Ramana Maharshi (1879-1950) qui est un jñāna-yogin, yoga de la connaissance, et guru indien de l’Advaita Vedānta, Swami Ramdas (1884 – 1963) philosophe, philanthrope et pèlerin indien, reconnu en Inde et en occident comme un maître spirituel, Nirmalâ Sundari Devî (1896-1982),

Mâ Ananda Moyî

grande sainte de l’Inde du XXe siècle et perçue par ses disciples comme un avatar, qui signifie, dans le vishnouisme, l’incarnation d’une divinité sur terre, en réponse à un besoin de l’humanité, Robendra Shankar dit Ravi Shankar (1920-2012), musicien sitariste et compositeur indien, portant le titre honorifique de Pandit, savant connaissant les textes sacrés, puis le Dalaï Lama.

Siège mondial de L’Oréal à Clichy – France

À la lecture de cette autobiographie, la question qui nous vient à l’esprit est de savoir combien de vie en une seule a vécu pour notre Frère Robert, reçu dans de nombreuses structures/Juridictions tant maçonniques que paramaçonniques et compagnon de route – de très longue date – d’Antoine Faivre (1934-2021), historien de l’ésotérisme, docteur ès sciences religieuses (1965)2 et ès études germaniques (1969) et premier à avoir constituer la chaire d’« Histoire de l’ésotérisme occidental » comme spécialité spécifique au sein de la discipline académique « Histoire des religions » à l’École pratique des hautes études.

Sans doute est-ce lié à son métier. Dans le parfum, dont on dit qu’il est la forme la plus spirituelle du corps.

Le Potala – Lhassa (Johann Grueber SJ, en 1661, publié dans Athanasius Kircher, China illustrata, 1667, p. 74)

Nous ne pouvons ignorer que les grandes religions sont l’expression exotérique des traditions ésotériques. Qu’il s’agisse du courant ésotérique ou du courant exotérique, le parfum est présent dans les rites de toutes les traditions depuis la nuit des temps et sur tous les continents. Il a toujours été associé aux rituels, prières, incantations, libations, comme il a été associé aux pratiques telles que l’Alchimie, l’Astrologie avec le système des résonances entre minéraux, végétaux, couleurs, etc.

Un très beau témoignage, sous « l’empreinte de l’acacia », comme l’auteur l’écrit, lui qui a connu plusieurs obédiences et sociétés para maçonniques, avant de rejoindre notre honorable institution.

Robert Salmon est ancien Vice-Président et Directeur Général de la prospective stratégique du groupe L’Oréal, conseiller et auteur. Il est membre du Global Advisory Council de la World Future Society. Ingénieur chimiste licencié en sciences et titulaire d’un MBA de l’INSEAD, Robert Salmon a été l’architecte de L’Oréal Division Luxe au cours de ses 37 années dans le groupe, où il a terminé en tant que senior vice-président de la division de luxe et responsable de la prospective stratégique du groupe. Depuis qu’il a quitté l’Oréal, Robert conseille  des  groupes de luxe dans le monde, grâce à son impressionnant réseau de contacts professionnels et des amitiés personnelles. Etabli dans les Alpes suisses, Robert passe le plus clair de son temps à voyager à travers le monde. Il donne régulièrement des conférences et est l’auteur ou le co-auteurs de plusieurs best-sellers, paru en français, anglais ainsi qu’en allemand, chinois et espagnol, parmi lesquels : Sauvez demain, révoltons-nous préface de Nicolas Hulot (2015), 21défis pour le XXIe siècle (2002), L’intelligence Compétitive, Les nouvelles technologies de l’information et l’entreprise, Les oubliés du monde.com.

Détail 1re de couv. Le palais du Potala, palais d’hiver du dalaï-lama depuis le VIIe siècle, symbolise le bouddhisme tibétain et son rôle central dans l’administration traditionnelle au Tibet

Le Passeur Éditeur est une maison généraliste et indépendante, créée fin 2012, qui invite au dialogue et à la connaissance de l’autre. Elle travaille à développer un catalogue à l’image de son intérêt pour l’homme dans toutes ses composantes, sensibles, rationnelles et spirituelles, à travers littérature, documents et enquêtes, essais philosophiques, artistiques ou polémiques liés aux débats contemporains, récits de voyage et témoignages, beaux livres et albums illustrés.

Robert Salmon, dont le best-seller Tous les chemins mènent à l’homme (InterÉditions, 1994) a reçu le Prix du Livre de l’Entreprise en 1995 – traduit en anglais, allemand, espagnol, chinois et coréen – , est l’auteur du tout récent Sésame pour l’avenir – Comprendre ce qui va bouleverser nos vies (Diateino*, 2022), coécrit avec Rémy, son frère docteur.

*Diateino, une marque du groupe Guy Trédaniel

18/07/1989 : Inauguration de la Grande Arche à Paris

Une Grande Arche… mais est-elle Royale ?

Selon « Ephemeride.com », il s’agit bien du 18. Selon d’autres, l’inauguration a lieu le 14 juillet 1989 lors du bicentenaire de la Révolution française et à l’occasion du G7. Elle est même initialement nommée « La Grande Arche de la Fraternité ».

Bicentenaire de la Révolution française

Cette fenêtre sur le monde, selon l’expression de son créateur, a alors pour mission de devenir un carrefour de la communication, un lieu de rencontres interculturelles, porteur de valeurs humanistes.

Projet initié sous François Mitterrand (1916-1996), le président bâtisseur, dans la lignée des Grands travaux de Paris, c’est à l’issue d’un concours international d’architecture en 1982 pour la Tête-Défense que le danois Johan Otto von Spreckelsen remporte le premier prix du jury et devient l’architecte des fondations du « Cube ».

Johan Otto von Spreckelsen

Elle clôt à l’ouest l’axe venant du Louvre, comme une pierre taillée, polie à l’extrême. « Un cube ouvert, une fenêtre sur le monde », selon son architecte danois JohanOtto von Spreckelsen (1927-1987). Ultime porte, comme dans l’Antiquité, vers le monde des morts, elle rappelle aux frères leur quête absolue de perfection et le passage à « l’Orient Éternel ».

Jean-Pierre Raynaud

Au sommet, le sculpteur et artiste plasticien jean-pierre Raynaud, grand prix de sculpture de la ville de Paris en 1986, a conçu un dallage avec les douze signes zodiacaux, hommage à la voûte céleste, que l’on retrouve dans les nefs des temples maçonniques.

En réalité, Il réalise la Carte du Ciel dans les quatre patios de la Grande Arche de la Défense, 1600 m2 en marbre blanc et granit noir.

La Grande Arche n’est pas exactement dans l’Axe historique de Paris, avec lequel elle fait un angle de 6°33′ pour deux raisons : la première pour une raison d’ordre technique, Erik Reitzel  a dû installer les fondations de la structure de l’Arche en fonction des contraintes du passage de l’autoroute, des  lignes ferroviaires existantes, ainsi que celles du projet de prolongement de la ligne 1 du métro de Paris. La seconde raison est d’ordre plus symbolique, Johann Otto Von Spreckelsen a en effet souhaité décaler la Grande Arche de 6°33′ afin de mettre en valeur le volume du cube et de recréer le décalage existant déjà entre la Cour Carrée du Louvre et la place de la Concorde.

Une esquisse de la Grande Arche – Johan Otto von Spreckelsen

Sources : Le Figaro ; site La Grande Arche

Apprenez à connaître Aleister Crowley, « l’homme le plus méchant du monde »

De notre confrère fr.techtribune.net

Le mystique, romancier, alpiniste et magicien anglais Aleister Crowley a rejeté son éducation chrétienne de la haute société et a exploré les recoins les plus sombres de l’occultisme.

Il était un occultiste, un magicien cérémoniel, un drogué, un toxicomane, un alpiniste, un poète et un «traître au peuple britannique». Il a attiré des foules d’adeptes et des hordes de critiques. Il a été stigmatisé comme mauvais et égoïste, un génie enragé et un messie de l’anti-christianisme. Il est prudent de dire que peu de personnes dans l’histoire moderne ont généré autant de controverse, de choc et de scandale qu’Aleister Crowley.

Les tabloïds l’ont appelé “l’homme le plus méchant du monde” et un “maître des ténèbres”. Mais comment commencer à décrire un homme qui a été banni de l’Italie de Mussolini pour des actes d’extrême dépravation, et qui a également côtoyé les écrivains les plus respectés du XXe siècle tout en écrivant des manuels sur la magie sexuelle tantrique ? Regardons de plus près la vie compliquée d’Aleister Crowley.

Aleister Crowley

Les débuts pas si humbles d’Aleister Crowley

Pour comprendre Aleister Crowley, ou pour se rapprocher de lui autant qu’il le permettrait, il faut commencer par son éducation.

Né Edward Alexander Crowley en 1875, il s’est rapidement retrouvé parmi certains des chrétiens les plus dévots de Grande-Bretagne, à l’opposé du type de personnes qu’il attirerait plus tard dans sa vie. Son père était un évangéliste, et au début, Crowley s’est retrouvé entièrement dévoué à la religion, par respect pour son père.

Mais après la mort de son père alors que Crowley n’avait que 11 ans, il a commencé à éviter fermement tout sens du christianisme. Il soulignait les incohérences dans les enseignements de la Bible lors de groupes d’étude à l’école et défiait carrément la morale chrétienne en fumant, en se masturbant et en ayant des relations sexuelles avec des prostituées. Pour son comportement, sa mère l’appelait «la bête», un titre dont il se délectait.

Crowley a adopté le nom d’Aleister en 1895 alors qu’il avait 20 ans. Ses raisons pour abandonner son ancien nom, décrites dans son autobiographie, semblent préfigurer tous les choix qu’il ferait dans sa vie d’adulte, car elles dépeignent un homme avec de grandes ambitions, des idéaux fermes et un mépris total pour les relations personnelles :

“PENDANT DE NOMBREUSES ANNÉES, J’AVAIS DÉTESTÉ ÊTRE APPELÉ ALICK, EN PARTIE À CAUSE DU SON ET DE LA VUE DÉSAGRÉABLES DU MOT, EN PARTIE PARCE QUE C’ÉTAIT LE NOM PAR LEQUEL MA MÈRE M’APPELAIT. EDWARD NE SEMBLAIT PAS ME CONVENIR ET LES DIMINUTIFS TED OU NED ÉTAIENT ENCORE MOINS APPROPRIÉS. ALEXANDER ÉTAIT TROP LONG ET SANDY A SUGGÉRÉ DE REMaRQUER LES CHEVEUX ET LES TACHES DE ROUSSEUR.

« J’AVAIS LU DANS TEL OU TEL LIVRE QUE LE NOM LE PLUS FAVORABLE POUR DEVENIR CÉLÈBRE ÉTAIT CELUI COMPOSÉ D’UN DACTYLE SUIVI D’UN SPONDÉE, COMME AU BOUT D’UN HEXAMÈTRE : COMME JEREMY TAYLOR. ALEISTER CROWLEY REMPLISSAIT CES CONDITIONS ET ALEISTER EST LA FORME GAÉLIQUE D’ALEXANDRE. L’ADOPTER SATISFERAIT MES IDÉAUX ROMANTIQUES.

Les premières incursions de Crowley dans les sombres profondeurs de l’occultisme

La même année qu’il a changé de nom, Crowley s’est inscrit à l’Université de Cambridge. Sa vie à Cambridge brosse le tableau d’un style de vie digne d’un héros austenien – une âme torturée pratiquant les échecs, écrivant de la poésie et de la littérature inspirée, et imaginant des aventures d’alpinisme exotiques pendant son temps libre.

Cependant, Aleister Crowley était à peu près aussi éloigné que possible du type de M. Darcy. Sous son extérieur poli et collégien se trouvait un homme profondément tumultueux, nourrissant des plans secrets de domination magique, entretenant des relations sexuelles borderline-sadiques avec des hommes et des femmes, et plongeant toujours plus profondément dans le monde de l’occulte.

Une fois son temps à l’école terminé, Crowley a presque envisagé une carrière dans les relations diplomatiques. Mais après une brève maladie qui a déclenché sa compréhension de la moralité et de “la futilité de toute entreprise humaine”, il a encore réduit son attention à l’écriture de littérature occulte et à la publication de plusieurs poèmes érotiques.

En 1898, Crowley rencontra un chimiste nommé Julian L. Baker, membre de l’Ordre hermétique de la Golden Dawn, qu’il rejoignit. L’ordre était consacré à l’étude de l’activité paranormale et de toutes les questions occultes.

Finalement, Crowley a embauché un membre senior du groupe pour être son tuteur personnel à domicile sur le sujet. Ensemble, Crowley et son tuteur ont expérimenté la magie cérémonielle et l’utilisation rituelle de drogues.

Indépendamment, Crowley a continué à explorer sa bisexualité et à rechercher des prostituées. Mais alors que cette vie pour lui était révélatrice et spirituelle, les membres de haut niveau de la Golden Dawn la considéraient comme trop libertine et refusaient de lui permettre d’entrer dans les niveaux supérieurs.

Ayant eu assez de l’Europe après son passage avec la Golden Dawn, Aleister Crowley s’est rendu au Mexique, donner vie à ses rêves passés d’alpinisme. De là, il a voyagé au Japon, à Hong Kong, à Ceylan et en Inde.

Pendant son séjour en Inde, Crowley a commencé à pratiquer le raja yoga, une tradition de méditation hindoue. Il a ensuite accompagné des alpinistes lors de la toute première tentative d’ascension du K2 en 1902.

Voyage à travers l’Europe et tombe amoureux

En novembre 1902, Crowley retourna en Europe, s’installant à Paris et s’immergeant dans le monde de l’art. Encore une fois, son style de vie a peint une image assez différente de celle qu’il vivait vraiment, car il s’est entouré d’artistes célèbres comme le peintre Gerald Kelly et le sculpteur Auguste Rodin.

À la surprise de beaucoup, c’est à Paris qu’Aleister Crowley est tombé amoureux.

Gerald Kelly a présenté Crowley à sa sœur Rose lors d’une réunion, après quoi les deux se sont mariés. Au début, le mariage était un mariage “de convenance” pour l’empêcher de contracter un mariage arrangé.

Mais avant longtemps, les deux sont tombés amoureux pour de vrai. Crowley a même mis de côté ses écrits profanes et sombres et a écrit plusieurs poèmes d’amour pour sa femme.

Malgré leur arrangement initial, Rose et Aleister Crowley ne pourraient pas être une paire plus parfaite. Rose a accompagné Aleister dans ses voyages et a suivi ses plans, et c’est en effet grâce à elle que Crowley a trouvé l’inspiration pour commencer sa propre religion.

La naissance de Thelema, la tristement célèbre nouvelle religion d’Aleister Crowley

Pendant que Rose méditait, elle informa Aleister que le dieu égyptien Horus l’attendait. En 1904, grâce à sa propre méditation, il entendit la voix d’Aiwass, le messager personnel d’Horus.

Utilisant les mots du messager et d’Horus lui-même, Crowley transcrivit Le livre de la loile livre qui allait devenir la base de sa nouvelle religion, Thelema.

L’enseignement principal de Thelema était un principe similaire à celui que Crowley avait vécu toute sa vie: “Fais ce que tu veux.”

Les enseignements étaient destinés à agir en tant que successeur de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée et étaient considérés comme extrêmement similaires aux leurs.

En 1907, Crowley fonda l’ordre occulte, le nommant A∴A∴. Crowley a consacré presque tout son temps à construire l’ordre, à écrire sa littérature et à créer un périodique pour ses membres.

Une vie personnelle tumultueuse à l’ère des deux guerres mondiales

Alors que Crowley était consumé par les paroles d’Horus et son désir de fournir aux masses des informations sur l’occulte, sa femme s’enfonçait dans ses propres ténèbres d’alcoolisme à part entière.

Pendant ce temps, leur fille Lilith était décédée de la typhoïde en 1906. Malgré la maladie, Crowley attribuait toujours sa mort à l’incapacité de Rose à maîtriser le monde qui l’entourait.

Malgré son incapacité apparente à rester sobre, Rose et Aleister ont eu une autre fille, Lola, qui a été confiée uniquement aux soins de Rose lors du divorce du couple en 1909. Finalement, Rose a été internée dans une institution en 1911.

La majeure partie de la vie d’Aleister Crowley après son divorce a été passée à flotter de ville en ville, comme il l’avait fait auparavant, ramassant plusieurs “femmes écarlates” en cours de route, dont l’une lui aurait donné un fils, qu’il a nommé Aleister Atatürk.

Ses voyages ont été entravés par des rumeurs selon lesquelles il travaillait comme espion du renseignement britannique, car plusieurs pays qu’il a traversés faisaient par coïncidence l’objet d’une enquête par les Britanniques.

Il a continué à publier des manuscrits occultes et à avoir des relations sexuelles avec des prostituées au cours des années de la Première Guerre mondiale.

En 1920, il avait déménagé en Sicile, où il avait établi l’abbaye de Thelema comme quartier général. Là, lui et ses partisans ont expérimenté le sexe, la drogue et une série de rituels bizarres.

Mais en 1923, un Anglais est mort dans des circonstances mystérieuses après un rituel où il aurait consommé le sang d’un chat. Le gouvernement de Mussolini était si consterné qu’il a interdit à Crowley d’Italie, forçant le siège à fermer et le groupe à se disperser.

Mais cela ne signifiait pas que Crowley avait fini. Il trouva bientôt un assistant qui l’aida à transcrire ses enseignements et à publier ses livres. Et à la fin des années 1920, il s’est remarié avec une femme nicaraguayenne nommée Maria Teresa Sanchez, afin qu’elle puisse le rejoindre en Grande-Bretagne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a côtoyé des personnalités connues de la communauté du renseignement, telles que Ian Fleming et Roald Dahl, bien que les rumeurs sur l’implication de Crowley dans le renseignement réel n’aient jamais été confirmées.

Cependant, il a offert ses services à la Division du renseignement naval à un moment donné – et il a été refusé.

Le 1er décembre 1947, Aleister Crowley mourut à 72 ans, son corps cédant à une bronchite chronique. Ses funérailles, surnommées la «messe noire», n’ont été suivies que par quelques-uns de ses amis et associés les plus proches – bien que ses paroles aient atteint des centaines de milliers de personnes au fil des ans.

Il semble que même s’il avait acquis l’infamie qu’il avait toujours voulue, on ne se souvenait pas de lui avec affection en tant que personne. Cependant, ses amis et sa famille ont assuré à tout le monde qu’il n’aurait pas voulu l’être.

L’héritage compliqué d’Aleister Crowley

Bien qu’il soit parti, l’impact de Crowley a perduré, non seulement chez les occultistes – peut-être les seules personnes qui se souviennent de lui avec affection – mais aussi à travers les écrivains, les artistes, les philosophes et les musiciens.

L’image de Crowley se trouve, entre autres, sur la couverture de The Beatles’ sergent. Le groupe du club des cœurs solitaires de Pepper album, et sa devise, “Fais ce que tu veux”, est inscrite sur l’album de Led Zeppelin Led Zeppelin III vinyle. David Bowie l’a référencé dans les paroles de “Quicksand”, et Ozzy Osbourne lui a rendu hommage avec une chanson entière intitulée “Mr. Crowley.

Aujourd’hui, l’héritage d’Aleister Crowley est un collage d’intrigues.

Ceux qui se souviennent de lui prêtent souvent leurs idées sur lui à son image de méchant à l’emporte-pièce, une image qui n’est peut-être pas trop éloignée. Son nom est chuchoté avec horreur parmi les fervents chrétiens, avec scepticisme parmi les théoriciens du complot et avec admiration parmi les occultistes et les païens.

En fin de compte, l’objectif de Crowley a été atteint – peu importe ce qu’ils disent quand ils chuchotent son nom, il est encore chuchoté aujourd’hui.

« Franc-maçon, ça aide à trouver du boulot ? » : Alain Bauer répond à la question

Dans l’émission « On revient vers vous » diffusée sur Cadremploi.fr en mars 2010, David Abiker rencontrait une personnalité qui lui confiait ses souvenirs d’entretiens d’embauche. Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, dévoilait la méthode de la franc-maçonnerie pour recruter. L’expert en sécurité révèlait aussi comment il avait été embauché par Nicolas Sarkozy, en moins de trois minutes pour prendre la tête d’une autorité indépendante.

Présentation d’Alain Bauer

Alain Bauer est un professeur de criminologie français, né le 8 mai 1962 dans le 13e arrondissement de Paris.

Professeur de criminologie appliquée au Conservatoire national des arts et métiers, à New York et Shanghai, auteur d’une trentaine d’ouvrages sur la franc-maçonnerie et d’une quarantaine sur la criminalité, il a été conseiller de Michel Rocard et était consulté par le président de la République française Nicolas Sarkozy et par Manuel Valls sur les questions de sécurité et de terrorisme, après avoir été dans la même situation auprès du ministre de l’Intérieur (et de ses prédécesseurs depuis Jean-Pierre Chevènement). Certains sociologues et juristes ont critiqué ses travaux sur le sujet, contestant leur validité scientifique.

Il a également été Grand Maître du Grand Orient de France de 2000 à 2003.

Fils de Georges Bauer et de Monique Ejzenberg, Alain Bauer est un descendant de familles juives ayant fui les pogroms d’Europe de l’Est. Il passe sa jeunesse à Paris. À l’âge de 15 ans, il rejoint le parti socialiste.

Il obtient son baccalauréat en suivant les cours des lycées Simone Weil et Arago, devenant aussi par ailleurs franc-maçon du Grand Orient de France à cette même période.

En 1980, il se lie d’amitié avec Manuel Valls (Il est le parrain de son deuxième fils), et Stéphane Fouks qu’il rencontre à Tolbiac et partage avec eux un engagement politique en faveur de Michel Rocard.

Après une formation de science politique (DESS de politique publique et gestion des organisations), Alain Bauer est enseignant vacataire à l’Institut d’Études Politiques de Paris puis à l’Institut de Criminologie. Il enseigne auprès des universités de Paris I, et Paris V. Il dispense également des cours à l’étranger (John Jay College of Criminal Justice de New York, université de la police de Pékin, Institut International de l’anti-terrorisme à Herzliya en Israël) et a été membre du conseil d’administration de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) jusqu’à fin 2009.

Alain Bauer est, depuis 2013, membre du comité scientifique de la Revue française de criminologie et de droit pénal. Il est également éditeur de l’International Journal of Criminology depuis 2014.

En mars 2009, à la suite d’un décret du président Nicolas Sarkozy créant la première chaire de criminologie appliquée en France, il en devient le premier professeur titulaire après élection par ses pairs au Conservatoire National des Arts et Métiers. La nomination d’Alain Bauer à la chaire de criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers suscite des critiques émanant de personnels du CNAM, de plusieurs universitaires français et de médias.

Sur le même thème, à la suite de cette nomination, une tribune publiée dans Le Monde remet fondamentalement en question le travail d’Alain Bauer dans le domaine de la criminologie. Michel Lallement, sociologue du travail au CNAM, Christine Lazerges, juriste à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Philip Milburn, sociologue à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines affirment ainsi : « Les publications signées par M. Bauer sont contestées par tous les spécialistes reconnus, psychiatres, psychologues, juristes et sociologues de la déviance et des questions pénales. La liste des critiques est saisissante. » Ils étayent leur affirmation en établissant une liste d’erreurs méthodologiques.

Alain Bauer répond le même jour dans ce journal et sur son site web13 que ces attaques personnelles sont pour lui basées sur des motifs « plus militants et politiques que scientifiques ».

Il soutient sa thèse de doctorat en droit : Crime et criminologie : une archéologie juridique, politique et sociale, sous la direction de Christian Vallar, le 14 décembre 2016 à l’université Côte d’Azur.

Missions officielles
Il a été membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme entre 2000 et 2003, et de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (la Halde), de 2005 à 2007. Il a été nommé en 2003 président du conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et, depuis 2007, de la Commission nationale de la vidéo-surveillance.

Conseiller de la police de New York, de la Sûreté du Québec et du Los Angeles Sheriff Department, il a également été cité en qualité d’expert étranger par la commission chargée d’une étude sur le terrorisme interne aux États-Unis en août 2007.

Nommé président de la commission sur le contrôle des fichiers de police, il a publié deux rapports sur le sujet en 2006 et 2008. Il a également été rapporteur du groupe de travail sur la police de sécurité quotidienne, proposant une organisation plus cohérente des services sur le territoire national.

Le président de la République Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon lui ont demandé de diriger une mission pour le rapprochement des instituts de formation, de recherche et d’analyse des questions de sécurité et stratégiques en août 2007. En cette qualité, il a prôné, avec Michel Rocard, la présidentialisation des questions de sécurité en soutenant la création d’un Conseil national de sécurité, sur un modèle différent de celui des États-Unis. Par ailleurs, il a dirigé le groupe de pilotage chargé de la fusion IHEDN/CHEAR et INHES/IERSE25 et de la création d’un Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques le 17 novembre 2009, chargé de mutualiser les crédits de recherche et de les réorienter sur l’université (et non plus sur les organismes privés tels que l’IFRI). Il préside le CSFRS depuis janvier 2010. Il est chargé en avril 2011 avec le Préfet de Police Michel Gaudin, de la rédaction du Livre Blanc de la Sécurité Publique.

Alain Bauer est membre laïc du conseil de direction de l’Institut européen en sciences des religions.

Il est nommé, par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, membre du collège du Conseil national des activités privées de sécurité, organisme public placé sous la tutelle du ministre de l’Intérieur, dont il est élu président en janvier 2012. Il est réélu en 2015. son mandat expire fin 2017, peu avant la publication par la Cour des comptes d’un rapport sévère avec le CNAPS. La Cour s’inquiète que plus de neuf demandes sur dix d’exercer soient satisfaites, doute de la fiabilité des enquêtes administratives préalables et déplore la faible assiduité de certains de ses dirigeants et plusieurs cas de conflits d’intérêts. Elle regrette que moins du tiers des sanctions financières infligées entre 2012 et 2016 aient été recouvrées et que les signalements au parquet demeurent quasi nuls même pour des faits graves, ce qui laisse le secteur de la sécurité dans une situation anarchique.

Il démissionne de la présidence du conseil d’orientation de l’ONDRP et du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie en 2012.

Ouvriers d’Hiram Abiff. Pythagore et la franc-maçonnerie (V)

De notre confrère du Venezuela elnacional.com

Pour conclure ce cycle d’articles sur Pythagore et son merveilleux héritage, en particulier son application dans l’Institution maçonnique d’Auguste, du point de vue symbolique, il est important de préciser au monde « profane », que toute connaissance maçonnique vient de ses symboles et non des livres. Les livres sur la franc-maçonnerie et même les thèmes initiatiques sont écrits par des maçons et des non-maçons, avec beaucoup de compréhension dans l’initiatique, cela ne sert que de lignes directrices, pour enquêter et méditer, et dans ce dernier, c’est là que la vraie connaissance et la sagesse.

Sage est celui qui connaît et maîtrise de nombreux sujets de toute nature. La « sagesse » est la compréhension d’une connaissance profonde, en quelques mots c’est la « conscience ouverte« . Sur le chemin initiatique, ce n’est pas celui qui sait le plus, c’est celui qui comprend le plus, lorsque vous comprenez une connaissance pure.

Il est impressionnant de voir comment les pythagoriciens, suivant les traces de leur maître, ont sacralisé les mathématiques et la géométrie, car à cette époque les mathématiques n’étaient pas étudiées comme aujourd’hui : où, un plus un font deux et deux plus un font trois et trois plus un font quatre, etc. Les nombres et les figures géométriques étaient liés au Créateur et à l’Univers. L’être humain n’a pas inventé les mathématiques, il les a seulement découvertes et a compris les secrets de la Création. 

Pythagore était un grand philosophe, mathématicien et initié. Les mathématiques d’un point de vue spirituel avaient une signification générique dans la Création du Cosmos, et la même dans la musique. Pythagore disait : « Tout s’est fait selon le nombre ». Platon a également fait référence à ce point: « Tout a été fait selon le nombre, le poids et la mesure. » Derrière le nombre, il y a beaucoup de connaissances ésotériques et philosophiques. 

Le un nous sert à compter les unités d’objets, pour Pythagore le un est le commencement de tout, donc il représente le « Un« , la « Monade« , l’Unité Absolue, Le Créateur. Du « Un » surgit le « Deux« , la Dyade, la « Dualité » (le bon – le mauvais, le beau – le laid etc.), surgit aussi le « Trois« , l’équilibre, la « Triade« , ils relient le Père avec le Fils et l’Esprit, le trois est un nombre sacré; en franc-maçonnerie, il est représenté par Trois Points. C’est le nombre parfait, le nombre céleste : il représente la continuité et la perfection du fini. Le « Quatre« , est la manifestation du « Un« , représente la matière dans ses quatre éléments qui composent l’Univers, un autre nombre sacré pour les écoles pythagoriciennes et initiatiques. Le « tetraktys« , figure triangulaire qui contient les quatre nombres : un plus deux, plus trois et plus quatre, est égal à « Dix« , et Un plus Zéro, est égal à : « Un », la Monade. C’est le nombre parfait, il symbolise la Création et la clé de toute doctrine. La lettre « Yod » en hébreu, dixième lettre de l’alphabet, la valeur est dix, première lettre du nom de Dieu, avant qu’il soit interdit aux ivrognes de la prononcer : c’est le début de tout qui contient tout. L’Univers grâce au nombre et l’Univers, vu du point de vue ésotérique, de notre intérieur.

L’ésotérisme cherche à comprendre l’être humain et l’univers à travers leurs causes internes, tandis que l’ésotérisme cherche les causes et les effets à l’extérieur, et pour comprendre ce point dans l' »ésotérisme« , il faut être Initié sur le chemin Initiatique, pour le voir profondément. Le Tout a créé l’Univers par la forme et le nombre, et la géométrie nous fait comprendre comment l’énergie s’organise pour donner forme à tout. Le Tout est la plus haute vibration d’énergie, et il l’a déployée autour d’elle-même en mouvement, et la « Sphère » s’est formée, c’est la première action créatrice du « Tout ». L’énergie expansive et masculine qui lui permet de se projeter, elle requiert l’énergie féminine réceptive pour donner forme à l’espace qui peut engendrer la vie. Dans la Création, le Tout formait jusqu’à sept sphères, six jours de Création : dans la sixième sphère, il symbolise les six jours de Création. La septième sphère, symbolise le septième jour, donne naissance à la soi-disant « graine de vie« , où résident l’essence et la totalité, sept symbolise la perfection divine. Sept est considéré comme un nombre magique, il est composé de trois (la perfection) et de quatre (la terre et ses quatre éléments), il représente l’univers en mouvement comme le Microcosme. 

Après le cycle des sept sphères, l’Esprit Universel se dilate avec plus de sphères qui partent de l’intersection de chacune et forment ainsi « l’Œuf de Vie« , à partir duquel les deux premiers solides platoniques sont formés : le Tétraèdre et l’Exaèdre. 

« Écoute, et tu seras sage. Le commencement de la Sagesse est le silence » (Pythagore).