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17/09/22 : Conférence maçonnique dans les Balkans à Sofia

HUMANISME : « L’humain, au centre du cercle de la pensée maçonnique », une conférence.

Pour la première fois à Sofia (Bulgarie) une conférence exceptionnelle au Grand Hôtel Sofia sera organisée le samedi 17 septembre 2022, à 14h00. Elle sera suivie d’une soirée de Gala à 20h00.

Cet évènement est organisé par Stéphane Bañuls, Vice-Président Trésorier du CLIPSAS.

Les invités sont :

François Padovani et Stéphane Banuls
  • François PADOVANI – Past Président du CLIPSAS,
  • Renato GIURCA – Past Grand Maitre de la GLISRU, la Grande Loge Universelle de Bulgarie,
  • La Grande Loge Féminine de Bulgarie,
  • Et bien d’autres…

Le 17 septembre à 14h00 : Prise de parole par l’organisateur Stéphane BAÑULS, effectuant le préambule de cette manifestation, suivi par François PADOVANI, qui nous exposera sa planche d’introduction :

« Être Franc-Maçonne, être Franc-Maçon au XXIè siècle »

Ensuite les conférenciers liront leurs planches sur le thème de l’évènement :

« L’humain, au centre de la pensée maçonnique »

Pour rappel, Stéphane BAÑULS est Vice-Président Trésorier du CLIPSAS, Très Puissant Souverain Grand Commandeur du REEA, Past Grand Maître de la GLISRU.

Au programme de cette première conférence

Les récents événements tant sanitaires ont mobilisé toute l’énergie des organisateurs pour re-lancer la maçonnerie dans cette partie du monde que sont les Balkans. Stéphane BAÑULS a proposé la thématique « L’humain, au centre du cercle de la pensée maçonnique » pour ce premier évènement public à Sofia. Les principaux intervenants sont des frères et des sœurs reconnues en Franc-maçonnerie.

– Exposé d’ouverture par Stéphane BAÑULS

– Planche d’introduction par François PADOVANI

– Intervenants : Renato GIURCA, Lubov PANAYOTOVA, Ivailo GUROV, …

– GLMF, GLISRU, GLFB, GLUB, CLIPSAS, CHLOE INTERNATIONAL, …

En clôture de cet évènement, une soirée de Gala, et un peu de musique.

Rendez-vous est donné le samedi 17 septembre 2022

Inscription obligatoire (pour raison de sécurité) : http://sofia.clhoe.org

La conférence se tient au sein du Grand Hôtel Sofia, au cœur du centre-ville de Sofia (Bulgarie).

Infos pratiques : Pour réserver votre chambre https://bookings.grandhotelsofia.bg/97316?groupID=3541397#/guestsandrooms

La Franc-Maçonnerie à voix haute

Morceaux d’Architecture du Grand Orateur – Allocutions du Grand Maître

Jean-Pierre Servel

Scribe, 2018, 142 pages, 14 € :

Un ouvrage qui étanchera notre soif de lecture estivale en offrant des thèmes immémoriaux chers au cœur du Maçon.

Jean-Pierre Servel – image de la vidéo réalisée à l’occasion de l’exposition « La Franc-Maçonnerie » à la BnF du 12 avril au 24 juillet 2016

Jean-Pierre Servel a été Grand Maitre de la Grande Loge Nationale Française de 2013 à 2018. Grand Maître d’Honneur, éminent avocat pénaliste et ancien bâtonnier de Toulon, il est désormais président délégué du Hyères Football Club.

Dans cet ouvrage, il nous offre ces Morceaux d’Architectures prononcés, tout d’abord, en qualité de Grand Orateur, puis ces Allocutions, cette fois-ci en qualité de Chef de l’Ordre Maçonnique en France.

La préface de l’Assistant Grand Maître d’alors, le Frère Jean-François Variot, réalisée avec tout l’amour, la tendresse et la sagacité que nous lui connaissons, nous parle d’une rencontre. Non pas d’une rencontre fortuite mais d’une de ces rencontres qui marquent les hommes et les esprits.

Une rencontre avec un Frère qui sera « The right man at the right place ». Il s’agit d’une belle rencontre, avec une belle personne. D’une rencontre exceptionnelle !

Jean-Pierre Servel nous livre donc huit Morceaux d’Architecture en qualité de Grand Orateur. Des discours sur les vertus et les valeurs maçonniques (Fidélité, Honneur, Loi d’Amour, Liberté, Impératif d’Humanité, Installation, Ordre Initiatique et Loyauté) dont le contenu moral ne peut que fortifier les Frères dans leurs démarches. En décembre 2002, le Grand Orateur aborde « La Fidélité » et en 2009 « La Loyauté », en quelque sorte l’alpha et l’oméga des devoirs du Maçon.

Bijou Ancien Grand Maître – source SCRIBE

Puis vint le temps des « Allocutions du Grand Maître ». Si allocution signifie harangue, exhortation d’un chef à ses troupes, gardons en mémoire que l’acception religieuse du terme sont des propos doux et tendres.

Tel un chef d’orchestre, Jean-Pierre Servel a su fabriquer l’harmonie. Son premier Travail nous présente son « projet pour la Grande Loge ». Avec le retour de la paix et de la sérénité, « construire ensemble » est un objectif naturel. Des discours marquent intelligemment le Maçon avec des sujets riches qui traitent des trois piliers « Beauté, Force, Sagesse », du « Bonheur », de la « Confiance ». Après « L’Unité de la Grande Loge », c’est le thème de « L’Idéal de la Fraternité » qui achève le cycle des six discours. Si l’idéal n’a qu’une existence intellectuelle, Jean-Pierre Servel a su cependant nous en faire (com)prendre toute la mesure et la portée, de la création spontanée du lien de fraternel à la réalisation de l’idéal de fraternité. Une fraternité que notre Grand Maître souhaite « intacte et bien vivante ».

Paul Marc Joseph Chenavard (1807-1895). Allégorie du « Bonheur ». Plume et lavis sur papier. 1807-1895. Paris, musée Carnavalet, Histoire de Paris. Notons l’emploi des termes ordre, travail, famille

La lecture est un moyen de s’introduire dans un monde magique rempli de possibilités. Avec cet ouvrage, vous aurez la possibilité et le désir non seulement de vous enrichir, de réfléchir, de méditer même, mais surtout d’échanger avec votre Frère, votre voisin, vos amis car, comme Franc-Maçon, vous avez promis de porter parmi les autres hommes, les vertus dont vous avez juré de donner l’exemple.

Prenez du plaisir et lisez avec joie ce recueil de Travaux. Qu’il soit votre compagnon de route et qu’il éclaire vos pensées. Comme un guide. De vos paroles et de vos actions.

La fabuleuse histoire de l’épopée de Gilgamesh

Et dire que l’épopée de Gilgamesh aurait pu tomber dans l’oubli, recluse à jamais dans les archives du British Muséum! C’était sans compter sur l’audace, la pugnacité d’un homme qui comme le héros d’Uruk surpassa sa condition sociale et sa condition humaine. Récit de la mise en lumière du premier récit de l’humanité par George Smith. Et d’une Epopée qui continue son périple, comme si son caractère romanesque devait veiller sur le sommeil des hommes pour que jamais ils n’oublient leur premier berceau.

Comment l’épopée de Gilgamesh a bien failli ne jamais être traduite.

Londres 1840

Le jeune George Smith, issu de la classe moyenne de l’Angleterre victorienne est un doux rêveur. Mais rêver est presque anachronique en ce siècle austère gorgé d’ennui et les hivers londoniens s’étirent lentement dans la brume mêlée aux fumées des usines. Le Mythe de Sisyphe s’abat partout en Europe, la vie est rude. Et les cadences infernales lourdes comme l’enclume sabordent les plus grands rêves des idéalistes. Le travail à l’usine est le lot commun et la norme pour toutes les familles peu fortunées. George Smith est un élève brillant, pourtant il ne fera jamais d’études supérieures. Sa famille n’en n’a guère les moyens. La réalité souffre toujours du contingent de la nécessité. Le jeune George ne se plaint pas et s’estime heureux lorsqu’il trouve à quatorze ans une place comme apprenti imprimeur dans un atelier de gravure sur billets. C’est toujours mieux qu’une usine de biens manufacturés ou pire une usine d’armement! George est patient, minutieux et il a le soucis du détail, le sens de l’observation. Son patron est content de lui.

Il a surtout cette chance de travailler face au British Muséum. Pendant que ses collègues traquent le repos après le déjeuner dans la poussière de l’atelier, le jeune Smith caresse des yeux l’éternité dans les allées du musée et ses splendors veritatas. Son goût se porte sur la civilisation assyrienne. Le conservateur du musée le prend en amitié et lui fait part des dernières découvertes archéologiques. Et vante surtout celles des français dont la très célèbre expédition d’Egypte de Bonaparte. Le monde a les yeux tournés vers l’Egypte. Mais George préfère de loin les écritures cunéiformes et les tablettes exhumées par les britanniques en 1840, au cœur d’une cité encore mystérieuse aux abords de Mossoul en Irak. Sans le savoir, l’Angleterre dispose du premier récit de l’humanité au fond de ses archives. Et face à l’enthousiasme et l’insistance du jeune Smith, les instances du musée ne vont pas tarder à lui confier la traduction de l’épopée de Gilgamesh.

George Smith. Traducteur de la tablette XI de Gilgamesh

Le réveil de Gilgamesh après 4500 ans de sommeil dans la poussière

Comme pour les hiéroglyphes égyptiens, l’assyrien demande de partir de zéro et toutes les bonnes volontés sont à l’époque bienvenues. Pendant quelques années John Smith se forme à l’écriture cunéiforme. Devenu père de famille et tout en continuant son travail à l’imprimerie, il étudie, compare les jeux d’écriture souvent tard le soir. Un historien de renom, Henry Rawlinson le prend sous sa coupe. En 1866, Smith parvient à préciser une pièce fondamentale qui permet un pas de géant dans la connaissance de ces énigmatiques signes: la date de l’hommage rendu à Salmanazar II par le roi Jéhu du Royaume d’Israël. A compter de cette date, le destin de George Smith semble lié à l’archéologie et sa condition sociale s’en trouve amplement dépassée.

1872: Traduction de la tablette XI de l’épopée de Gilgamesh

Gilgamesh TABLETTE XI

En décembre 1872 peu de jours avant Noël , George Smith donne enfin lecture de sa traduction de la tablette XI de l’épopée de Gilgamesh. Le cœur battant, il présente ses années de labeur au premier ministre britannique et devant un parterre de personnalités publiques ébahies par la nature du texte:

Ils (les Dieux) ont établi la vie et la mort, mais le jour de la mort ils ne la révèlent pas

tablette XI de l’épopée de Gilgamesh signée par le grand scribe Sin-Leqi-Unninni

Smith enchaine sa traduction par le récit d’un déluge qui a des traits communs avec le déluge biblique. L’assemblée comprend que ce moment a le parfum exquis de la postérité historique. Et surtout, que l’histoire de l’humanité est consignée dans cette petite tablette d’argile. Dès lors, Smith est nommé assistant au département d’assyriologie et quitte définitivement la poussière de l’imprimerie au profit de la poussière des siècles du sol irakien et syrien. En 1876 il décédera de dysenterie lors d’une campagne de fouilles à Alep. Ses travaux ont marqué l’histoire de l’archéologie et tracé la voie à d’autres assyriologues .

Un grand récit se devait d’avoir sa Grande Histoire !

La folle histoire d’une tablette XI vieille de 3500 ans

En 1991, l’Irak ploie sous le tumulte et le chaos de la première guerre du golfe. Une tablette d’argile du premier récit de l’humanité s’offre alors une seconde épopée inattendue dans la clandestinité. Il s’agit d’une version assyrienne de la tablette XI que Smith a traduite dans le passé. La tablette est subtilisée dans le chaos de la guerre et quitte l’Irak par le biais de trafiquants d’œuvres d’art. Elle aurait été vendue à une mystérieux collectionneur britannique qui l’aurait à son tour revendue avec de faux papiers à un collectionneur américain en 2004 pour la modique somme de 50.000 euros.

Comment la tablette se retrouve au musée de la Bible à Washington

Dès 2005 la tablette volée de l’épopée de Gilgamesh se retrouve exposée au musée de la Bible de Washington. Peu d’informations circulent quant à son acquisition par le musée américain qui restera soucieux de préserver le mystère. Pour que la tablette retourne en Irak, le ministre des affaires étrangères saisit l’Unesco. Mais les pourparlers s’enlisent durant dix longues années. La tablette a été restituée à l’Irak il y’a quelques mois. Un moment historique pour la culture irakienne qui n’en finit pas de voir son territoire violé et son patrimoine pillé, quand il n’est pas tout simplement détruit par des barbares.

A lire, l’indispensable traduction de Jean Bottero de l’épopée de Gilgamesh

C’est l’âme de l’archaïque population de nos plus vieux parents discernables au loin, qui nous est, de la sorte, entrouverte par la lecture de ce chef-d’œuvre immortel, ruine superbe et opulente.

l’épopée de Gilgamesh. Jean Bottero

Il y a 80 ans, la rafle du Vel d’Hiv’ – Yvonne Hagnauer parmi les Justes

Il y a tout juste 80 ans, la rafle du Vel d’Hiv était organisée par René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, par 4500 policiers et gendarmes français qui ont arrêté plus de 13 152 personnes de confession juive, dont 4115 enfants, à Paris et en région parisienne les 16 et 17 juillet 1942. Moins de 100 adultes survivront à la déportation et aucun enfant déporté ne survivra.

80 ans, c’est une vie humaine, ce sont des mémoires qui longtemps se sont tues et pourtant la nécessité de transmettre. Transmettre la mémoire des crimes des autorités de Vichy à l’heure où certains cherchent à atténuer le rôle de Philippe Pétain, où le négationnisme et l’antisémitisme fleurissent sur les réseaux sociaux.

Au regard de ce passé vichyssois qui ne passe pas, sachons aussi rendre hommage aux hommes et aux femmes qui par diverses actions résistèrent aux nazis et aux autorités de Vichy. Résister, c’est sans doute combattre, mais c’est aussi faire plus : c’est se refuser d’avance à accepter la loi de la défaite.

En cette « Journée Nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État Français et d’hommage aux Justes parmi les Nations », sachons aussi garder le souvenir de celles et de ceux qui protégèrent au péril de leur vie, les juifs persécutés.

Parmi les 3000 justes français, figure notre Sœur Yvonne Hagnauer du DROIT HUMAIN, qui au sein de la Maison d’enfants de Sèvres, sauva plusieurs dizaines d’enfants juifs de la déportation.

Comme elle, sachons mettre nos principes humanistes en œuvre, ne soyons pas des témoins passifs du monde tel qu’il va.

L’acacia, symbole maçonnique de la résilience !

Popularisée en France par Boris Cyrulnik à partir de son utilisation dans les ouvrages anglo-saxons de sciences humaines, la résilience peut se définir comme la capacité physiologique de surmonter les conséquences psychologiques d’un stress important pour reprendre le cours de la vie.

Sa découverte est relativement récente (20ème siècle) ; on sait aujourd’hui que ce phénomène est lié en particulier au système immunitaire, à l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, au Système Nerveux Autonome (et les neuromodulateurs associés), ainsi qu’aux systèmes endocannabinoïde et endorphine (dopamine, sérotonine et ocytocine). Les chercheurs n’ont pas entièrement reconstitué le déroulement des problèmes pathologiques liés à la résilience.

Si le terme est récent, le phénomène lui existait comme un mode de réactivité de l’être vivant à l’agression subie.

Les sages taoïstes en parlent (sans bien sûr utiliser le mot) lorsqu’ils décrivent la spécificité de l’énergie Taë Yang.  D’un point de vue schématique, on pourrait dire que c’est l’énergie qui permet à la vie de perdurer dans des conditions extrêmes ; on cite souvent comme exemple le stade végétatif de la graine qui survit dans des conditions climatiques difficiles en attendant que les conditions reviennent pour lui permettre de donner naissance à une pousse.

Dans d’autres cultures, il a été décrit des procédés thérapeutiques pour permettre à un rétablissement plus rapide après un affaiblissement de l’organisme entraînant une certaine incapacité ; ainsi en est-il de la technique japonaise du Kintsugi.

Ce qui est sûr c’est que la résilience se définit comme un mécanisme psychologique indispensable pour dépasser le sentiment d’impuissance qui peut apparaître après des chocs psychologiques et/ou physiques remettant en cause nos motivations de vivre.

Je pense avoir été parmi les premiers auteurs à avoir fait le lien entre la résilience et le symbolisme de l’acacia.

Cette relation apparaît naturelle si on se réfère à l’importance du meurtre d’Hiram pour les membres de la communauté maçonnique qui le vénéraient.

Face à la disparition du Hiram, que s’est-il passé : il a fallu le rechercher, s’apercevoir qu’il avait été tué, découvrir le lieu de son sépulcre et faire lien avec la branche d’acacia et enfin procéder au rituel d’élévation du corps qui permet la transmission de l’énergie vitale encore présente dans le corps du défunt pour que le nouveau maître reprenne force et vigueur !

L’acacia, dans son contenu symbolique, nous renvoie à tout ce processus !

On voit bien l’originalité du message de cette légende d’Hiram qui nous permet de continuer d’exister, génération après génération, sans interruption de cette chaîne de la vie initiatique.

La tradition maçonnique nous invite à nous concentrer sur l’essentiel : comme l’acacia qui est capable de résister aux pires conditions environnementales, nous pouvons trouver dans notre for intérieur l’énergie nécessaire pour, malgré les épreuves consécutives à la lâcheté, à l’intérêt personnel, à l’hypocrisie ou au simulacre, persévérer dans l’engagement maçonnique sincère et authentique.

Que ce soit dans notre vie profane, ou dans notre vie maçonnique, nombreuses sont les situations où nous pouvons rencontrer le découragement consécutif aux échecs vécus.

Nombreux sont les frères et les sœurs qui après avoir fait une démarche d’adhésion à une loge maçonnique se disent déçus d’y trouver des comportements qu’ils jugent indignes des hautes valeurs morales qu’ils pensaient trouver.

Cette déception peut être tellement douloureuse qu’elle puisse entrainer un éloignement et une démission.

Pour surmonter cette épreuve, qui se rencontre aussi dans d’autres circonstances de la vie professionnelle ou de la vie personnelle, l’espoir thérapeutique doit faire intervenir le processus de la résilience.

Il ne sert à rien de se révolter ou de vouloir qu’une condamnation collective isole les brebis galeuses.

La résilience pour être réussie doit s’accompagner d’une acceptation d’un constat : oui, tout n’est pas propre dans le vécu des loges, dans le vécu des obédiences et dans l’histoire de notre ordre : des petites mesquineries du quotidien aux faits historiques dans lesquels des maçons se sont trouvés impliqués es qualités dans des horreurs de l’expérience humaine, ce constat de notre imperfection collective doit être regardé avec objectivité et c’est le rôle des vrais historiens de décortiquer les conditions qui ont favorisé la survenue de tels faits.

Accepter n’est pas résignation mais ce peut être le départ d’un renforcement de nos convictions éthiques.

C’’est la marque de la maturité des grandes organisations sociétales que d’être capable d’affronter l’épreuve du miroir pour y voir toutes les imperfections dont nous sommes capables.

Sachant méditer sur ce beau symbole, tellement vrai, sachons puiser en lui cette force capable de nous aider à surmonter un « passage à vide », un doute, une remise en question !


Voir aussi :

Les mystères de L’HISTOIRE ou le coup de gueule de l’été !

Les mystères de L’HISTOIRE – Les scandaleuses – numéro 15

Les femmes en franc-maçonnerie – En 2022, toutes pour une, une pour toute.

Vivamédia Groupe, juillet/septembre 2022, 146 pages, 12,90 €

La mission d’un chroniqueur littéraire n’est-elle pas de valoriser le travail des auteurs et des éditeurs en rédigeant des chroniques claires et argumentées. J’aime aussi à me déclarer « chronicœur ».

Mais parfois, il me prend l’envie d’être critique littéraire, c’est-à-dire non pas en faire une étude circonstanciée et présenter un compte rendu, mais, au sens littéral du terme, de critiquer. Donc d’examiner un ouvrage par la critique – celle-ci étant l’émission d’un jugement négatif – pour en faire ressortir les qualités et les défauts.

Exercer son intelligence à démêler le vrai du faux, le bon du mauvais, le juste de l’injuste en vue d’estimer la valeur d’une revue n’est cependant aps chose facile.

Et pourtant, au-delà du prix de ce numéro, que pouvons-nous retenir ?

Une première de couverture trompeuse pour ne dire mensongère. Il est inscrit clairement, en haut à droite, « 200 pages – numéro double ». Que nenni, puisqu’il n’en contient que 146 !

Ensuite le titre « Les scandaleuses »

Quelle en est la définition selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) ; SCANDALE : Ce qui paraît incompréhensible et qui, par conséquent, pose problème à la conscience, déroute la raison ou trouble la foi.

Voici les synonymes de scandaleuse : Abjecte ; éhontée ; ahurissante ; épouvantable ; avilissante ; criante ; dégradante ; déplorable ; déshonorante honteuse ; incroyable ; indigne ; infamante ; infâme ; injurieux ; inqualifiable méprisable obscène ; révoltante (source http://www.synonymo.fr/)

Nous ne pouvons donc que nous étonner – pour ne pas dire plus – de ce qualificatif concernant la gent féminine en général et nos Bien-Aimées Sœurs en particulier.

En quoi des femmes pionnières dans la défense de l’égalité de droits est-ce scandaleux ?

En quoi des femmes, des Sœurs, engagées dans l’histoire d’hier, d’aujourd’hui et bien sûr de demain, est-ce scandaleux ?

En quoi le féminisme est-ce scandaleux ?

Et puis le terme de « scandaleuse » peut être compris dans un sens péjoratif. Ne renverrait-il pas à ceux de « pétroleuse » ou « tricoteuse ». Rappelons que le mythe de la pétroleuse naît au début de l’été 1871, et alors que les femmes impliquées dans la Commune sont traduites devant les conseils de guerre, elles viennent fournir à l’opinion publique des représentations efficaces de ces allégories noires ou négatives de la Commune comme règne du chaos et de la destruction.

Quant à la tricoteuse, femme du peuple qui, pendant la Révolution française de 1789, assistait aux séances de la Convention nationale, des clubs populaires et du tribunal révolutionnaire tout en tricotant, elle eut pour surnom ceux d’« enragées » ou de « furies de la guillotine ».

Quant à l’ours, donnant la liste des collaborateurs dudit numéro, nous ne rentrerons pas dans les réelles compétences à écrire sur l’Art Royal…

Heureusement, en page 3 (la 1re et la 2e de couverture étant paginées respectivement 1 et 2), nous sommes informés par la mention « une revue de presse réalisée à partir d’archives ». Ouf !!! Le magazine a donc puisé aux meilleures sources. Du moins, le croit-on !

En réalité, beaucoup de copier-coller de sites obédientiels. Ou de références sourcées sur des sites Net, par exemple comme en page 98 – fm.fr.org, cairn.info, gldf.org, mondedesgarndesecoles.fr, glnf.fr, droithumain-france.org, lamaconne.over-blog.com, gpdg.org, , etc.

Sinon, aucune bibliographie !

À la lecture du sommaire – 3 grandes parties « De la légende à l’histoire » ; « Dans le secret des rites » ; « Une influence jusque dans le plus hautes sphères du pouvoir » –, nous constatons finalement que le « dossier » annoncé sur la couverture est seulement traité dans le chapitre consacrée à la Grande Loge Féminine de France et intitulé « La Grande Loge Féminine de France et la place des femmes en franc-maçonnerie », de la page 65 à 68, soit à peine 4 pages. Cela fait cher payer (12,90 €) pour cela ! Numéro double ? Prix double ?

Voici pour mon coup de gueule de l’été ! Gardez vos sous !

Sinon, souvenons-nous qu’en journalisme, un marronnier est un magazine (ou article ou un reportage d’information) de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Ici la Franc-Maçonnerie et les femmes, nos Sœurs !

Rappelons aussi que les sujets abordés dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres… Dixit Wikipédia !

Les Amphis VDR : Sacré programme !

VDR, comme Vallée du Rhône. Là où le savoir coule à flots !

Le 22 novembre avec pour thématique le soufisme, ne manquez pas Faouzi Skali, né en 1953 à Fès (Maroc), docteur en anthropologie, ethnologie et sciences de religions. Écrivain francophone, il se situe entre l’Orient et l’Occident et œuvre pour le dialogue des hommes et des cultures.

Et en cette prochaine année 2023, anniversaire du tricentenaire des Constitutions d‘Anderson, la traditionnelle réunion interobédientielle, le mercredi 25 janvier, sur… les Constitutions d’Anderson !

Intitulées très précisément Constitution, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés, elles sont considérées comme l’un des textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie moderne.

Les Amphis Vallée du Rhône, pou en savoir + : http://www.lesamphis.org/blog/

Rejoignez le Facebook https://www.facebook.com/groups/lessamphisvdr

À propos

Vous venez d’une Loge de Saint Jean.

Les Amphis VDR – Groupe privé est un espace privilégié où règne la paix, l’harmonie et la concorde.

Le respect des règles, cher à la Franc-Maçonnerie, est scrupuleusement observé.

Les Amphis VDR est un lieu de recherche artistique, spirituelle, intellectuelle, respectant les croyances de chacun et excluant tout débat d’ordre politique.

Nous offrons ici une vitrine spirituelle dans le respect des anciens Landmarks, us et coutumes.

http://www.lesamphis.org/blog/

Les Amphis VDR sont très amis avec Les Sentiers Initiatiques.

YouTube : https://www.youtube.com/LesSentiersInitiatiques

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Privé : Seuls les membres peuvent voir qui est dans le groupe et ce qui est publié.

Visible : Tout le monde peut trouver ce groupe.

Basilique Notre-Dame de Fourvière – Lyon, la « Capitale des Gaules » peut se targuer aussi du titre de capitale de l’ésotérisme

Mythe, Légende, Symbole et les autres…

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13 septembre 490 avant Jésus-Christ, 40 kilomètres au nord-est d’Athènes.

Un soleil de plomb en fusion embrase le vaste cirque de Marathonas. Quelques 20.000 envahisseurs perses, soldats de Darius 1er, alignés derrière leurs boucliers, lances en main, attendent le signal de la charge. En face, sur l’autre versant, l’armée athénienne, forte seulement de 10 000 guerriers Hoplites, conduites par Miltiade, se déploie astucieusement en arc de cercle. Dans les deux camps, écrasés de chaleur et d’angoisse, l’attente est lourde, interminable.

Et soudain, déchirant le silence, une double clameur monte de la plaine. Les deux troupes, enfin libérées, telles deux vagues d’acier, déferlent l’une contre l’autre sur 2 kilomètres d’une course sauvage. Un choc effroyable de fer et de chair !

La horde perse, supérieure en nombre, enfonce vite les lignes grecques en leur centre, volontairement étiré au profit des ailes. Le fin stratège Miltiade les referme alors en tenaille sur son ennemi, pris au piège. La bataille, monstrueux et sanglant corps à corps, s’achève après plusieurs heures, par le massacre de plus de 6000 perses, contre moins de 200 grecs tués.

Acheminer rapidement à Athènes, la nouvelle du triomphe des grecs sur les perses, dans ce combat inégal, est l’idée subite et généreuse d’un guerrier hoplite, Philippides. Ce soldat, jusque-là ignoré, enjambant les cadavres ennemis sur le sol fumant, s’élance en courant vers la capitale, distante de quelques 42 kms.

Partant du village de Marathonas, « l’hémérodrome » – appellation des estafettes de l’époque – en armes, souillé de poussière et de sang, traverse toute la province de l’Attique par Vrana, escalade la colline d’Agios, culminant à 400 mètres, pour descendre enfin sur Athènes, dont il devine au loin les faubourgs. Alors que le ciel s’enflamme au soleil couchant, les athéniens prévenus par la rumeur, se massent pour voir passer et applaudir le vaillant coursier. Haletant, titubant, les yeux hagards, seulement porté par l’enthousiasme et le désir d’annoncer le premier la grande nouvelle aux Anciens de la Cité, il arrive enfin pour s’effondrer devant les Sages, réunis dans le Grand Temple.

« Réjouissez-vous, nous les avons vaincus ! », murmure-t-il à leurs pieds, dans un souffle, avant d’expirer, le visage radieux, au centre de l’enceinte.

Philippidès le héros, est entré à jamais, dans l’histoire de l’humanité…

Ainsi naît le mythe (du grec muthos, discours, parole inventée). De cette péripétie historique que fut la célèbre bataille de Marathonas, a surgi le récit – qui traverse le temps depuis vingt cinq siècles – d’une fabuleuse course à pied d’endurance devenue précisément mythique, jusqu’à prendre le nom du lieu. Il importe peu que l’évènement soit authentique, ce qui compte, c’est sa représentation et le sens qu’il produit : l’image de l’effort extrême, du courage hors du commun d’un homme qui a repoussé les limites de l’impossible !

Si les mots évoquant des évènements réels ou des fictions extraordinaires ont des significations voisines jusqu’à être interchangeables, il ne faut pourtant pas les confondre. Ainsi le synonyme de mythe n’est pas légende. Le mythe positionne le cadre et décrit la bataille de Marathonas. La légende raconte l’aventure du guerrier héroïque, à l’intérieur du mythe.

A noter que la création mythique, à la différence du conte ou du roman, comporte une « fin ouverte » qui permet sans cesse des ajouts par la réitération, caractéristique humaine. En cela, il est dit que le mythe est « interminable » et « qu’il reste toujours quelque chose à accomplir ». Preuve en est les Jeux Olympiques modernes qui, tous les quatre ans, depuis la fin du dix-neuvième siècle, ont repris la tradition du marathon, devenue épreuve reine.

Pourquoi le mythe ?

Puisque nous sommes des êtres de répétition, dès lors le besoin de croire qui nous anime en entraîne un autre, particulier : celui d’entendre puis de réentendre, comme autant de nutriments continuels de l’esprit, des histoires fondatrices. Nous aimons que l’on nous raconte, et raconter à notre tour. Rappelons-nous notre enfance et cette propension à nous faire répéter des contes de fée avant le sommeil, tel le Petit Chaperon rouge, le Chat botté ou le Petit Poucet. Ces récits insolites ont permis à chacun de nous, identifié à un héros provisoire, de se créer une mythologie personnelle. « Dis-moi quel est ton conte de fée préféré et je te dirai qui tu es » affirme le psychologue Bruno Bettelheim. Qui dit mythe, dit passé. Nous rejoignons ici un grand fantasme de l’homme : s’attribuer une rétrospective et revendiquer une origine toujours plus lointaine ! A preuve, le succès grandissant de la généalogie familiale !

Or, lorsque l’imagerie nous ramène à Adam, au hasard des pages illustrées d’un catéchisme, que découvre-t-on en regardant bien ? L’homme premier n’a pas de nombril, il ne s’est pas créé lui-même ! De la sorte, depuis la genèse, les populations se perpétuent mais ne cessent de s’interroger sur leur créateur initial ! Pour surmonter ce mystère, elles ont d’abord inventé des divinités génitrices, puis du polythéisme sont passées au polythéisme, avec les religions du Livre. Autant de symboles « compensateurs » afin d’apaiser leur angoisse existentielle. L’homo modernus, subit la même et il continue d’éprouver une identique obsession lancinante, frustrante : celle d’un début à connaître, d’un point de départ de l’univers, et partant, de sa propre histoire.

Tous les groupes humains se sont ainsi construits à partir de récits mythiques fondateurs. Sous cet angle, le mythe joue un rôle d’intégrateur social, en ce qu’il maintient la cohésion des ensembles en cause. Les anthropologues affirment que le mythe est une réalité qui détermine la vie du présent, les activités et les destinées de l’humanité.

Nous pouvons citer, au fil de l’histoire occidentale, les mythes édifiés, par exemple, à partir d’Abraham, Moïse, Salomon, Jésus-Christ, Napoléon, de Gaulle, Kennedy, Che Guevara. Ces personnages ont donné lieu ensuite, à des légendes « post-mythiques » qui continuent d’illustrer leur vie, et partant, de les faire exister ! En France, l’histoire, la littérature, le théâtre, le cinéma, la chanson, ont également créé des mythes, à travers leurs « monstres sacrés ». De Vercingétorix à Jeanne d’Arc ; d’Œdipe à Don Juan ; d’Arthur Rimbaud à Victor Hugo ; de Greta Garbo à Gérard Philipe, d’Edith Piaf à Claude François. Sachant qu’il existe aussi dans le domaine artistique des mythes vivants, tel Johnny Hallyday ! Mais c’est un fait, la mort embellit le mythe et magnifie mieux encore la légende ! Il n’est qu’à prononcer le nom d’Elvis Presley…

A l’image des sociétés primitives qui vénéraient des dieux ou glorifiaient des objets de la nature, la franc-maçonnerie spéculative s’est inventée elle-même une mythologie en s’instituant société initiatique. Ses fondateurs, Jean-Théophile Désaguliers et James Anderson, évoquent Hiram Abi, l’architecte du Temple de Salomon, dès la première édition des Constitutions maçonniques (1723). Ils le citent encore dans la seconde édition (1738) en évoquant le deuil profond qui suivit sa mort. En fait, les deux pasteurs ont repris le passage de la bible, où Hiram est présenté, selon les éditions, comme un dessinateur, à la fois métallier, bronzier, fondeur et tisserand.

Ce personnage d’Hiram apparaît, promu architecte, dans la dramaturgie maçonnique du 18è siècle, au sein de plusieurs loges anglaises lorsqu’est crée le premier rituel sur le thème des bâtisseurs. L’articulation du mythe en légende aurait – sans certitude aucune – une origine rosicrucienne, nombre de rose-croix étant alors francs-maçons.

Qui dit « société initiatique » dit mythe correspondant à l’objet de cette société. Sur la forme, la franc-maçonnerie est liée par nature à la symbolique de la pierre et de la construction : le mythe d’Hiram décrivant son assassinat par trois mauvais compagnons dans le Temple même, est donc en parfaite adéquation. Sur le fond, ce mythe valorisant le cycle figuratif mort/renaissance des êtres et des choses, s’inscrit tout à fait dans la structure universelle de l’imaginaire humain.

Preuve de sa puissance fédératrice, il a été retenu par toutes les obédiences maçonniques mondiales. Et partant, il leur a donné une unité de pensée, avec une représentation spectaculaire du vice et de la vertu puis de la morale qui en découle. De la sorte, par le biais du mythe d’Hiram, on peut dire que maçonner, c’est tout autant apprendre à vivre qu’à mourir. Et c’est bien par cet apprentissage initiatique que commence le néophyte, quand il est accueilli en loge. Il sait que celle-ci symbolise le temple de Salomon, lieu de travail auquel il doit se familiariser, entre autres, avec l’usage des outils symboliques, avant d’appréhender et d’analyser plus tard, la fin tragique de son architecte.

Le symbole, c’est quoi ?

Nouveau regard vers Athènes, au temps de la légende.

Sur la colline caillouteuse d’Agios surplombant la grande Cité hellénique et la mer Egée au loin, un paysan est assis sur un tronc d’arbre. Indifférent aux clameurs de victoire des Grecs sur les Perses, qui montent jusqu’à lui. Peu lui importe l’exploit de Philippidès : Il surveille ses moutons et ses chèvres, égayés dans les maigres buissons en contre bas. Alors que le jour décline, il peine maintenant à distinguer chaque tête. Comme d’habitude à cette heure, le maître siffle entre ses dents et le chien à ses pieds, bondit, puis en zigzaguant, rassemble le troupeau. Plus ou moins dociles aux aboiements, les bêtes regrimpent la pente, et finissent par pénétrer, l’une derrière l’autre, dans leur abri de pierres pour la nuit.

Mais comment savoir que tout son bétail est bien rentré, alors qu’il ne sait pas compter ? N’a-t-il déjà perdu plusieurs cabris indisciplinés et récupérés par son voisin ? C’est en voyant la multitude de cailloux répandus sur le sol aride alentour, que le berger a une idée, appliquée dès le lendemain. Il en rassemble des petits, autant qu’il possède d’animaux : un tas de blancs pour les moutons, un tas de bruns pour les chèvres. Et chaque soir, il lui suffit de déplacer un caillou par mouton et par chèvre, qui rentre dans la bergerie sous son contrôle visuel : tous les cailloux formant à la fin deux nouveaux tas, il s’assure ainsi, que chaque bête a bien regagné l’étable ! Eureka !

A son insu, ce grec antique est l’un des « inventeurs » du système de signes qu’on appelle aujourd’hui « symbole ». Ses cailloux, ancêtres du calcul, figurent astucieusement moutons et chèvres : de la sorte, il a découvert qu’un objet peut en représenter un autre !

 Le bassin méditerranéen, s’il est le creuset de notre socioculture gréco-judéo-chrétienne n’est pas le nombril du monde et n’a pas, bien entendu, l’exclusivité du symbolisme ! Le phénomène symbolique, au vrai universel, perdure du fait de la pensée abstraite et analogique, toujours caractéristique du cerveau humain des années 2000.

Pour ce qui nous concerne, le symbole s’impose, si je puis dire, comme « le moteur maçonnique », au sens où il est la locomotive d’un train composé de mythes, légendes, allégories, attributs, métaphores, etc. Autant de « wagons-bibliothèques », à même de donner de l’amplitude à la réflexion des francs-maçons. Il n’est donc pas inutile d’approcher le mécanisme de cette force motrice qui constitue, précisément, la « méthode symbolique ». Et d’en chercher les racines.

Comment ça marche ?

Nous vivons au milieu de signes figuratifs et de signes-objets indiquant le rôle représentatif du symbole – dont l’étymologie grecque première, « sumbollein » puis « symbolon », renvoie à unir, assembler. Son évolution latine en « symbolum » désigne, avec la même idée d’union une chose coupée en deux constituant un signe de reconnaissance pour les porteurs de deux fragments à rapprocher. Dans l’antiquité, les deux morceaux juxtaposables d’une pierre, d’une poterie (dite « tessère d’hospitalité » attestant une bonne entente entre deux hôtes), d’un os cassé, pouvaient ainsi correspondre chacun à la moitié d’un terrain, d’un bois, d’un bâtiment, donné en héritage par un père à ses deux enfants. La preuve de cette propriété étant fournie à la demande par les deux héritiers, en accolant les deux parties du même objet, pierre, poterie, os !

Si le signifié du symbole équivaut apparemment à un « non-formulé », un non-dit (en soi, l’équivalent d’un contrat liant les deux bénéficiaires) tous les mots descriptifs composant l’histoire en cause – donc le signifiant également – existent bel et bien : ils sont en l’occurrence stockés et disponibles dans la pensée des deux frères, en fonction du vocabulaire qu’ils ont reçu ou acquis et « engrangé » dans leur vie. De la même manière, chacun de nous est pétri de mots. Notre chair, notre intellect sont mots. En cela, venant des autres, nous sommes à la fois nous-mêmes…et ces autres !

Parce que, précisément devenus des êtres de langage, des « parlêtres », nous avons appris, depuis notre naissance et au sein de notre culture, d’abord à entendre les noms des choses, puis à les répéter, pour nommer ces choses nous-mêmes, et classer lesdits noms dans les rayons de notre bibliothèque mémorielle. Choisis, prononcés, transportés par notre souffle, au gré de nos besoins d’expression, les vocables se métamorphosent ensuite en autant de phrases, d’idées, de concepts, produisant à la fois du son et du sens. Puisque tout est d’abord « mot » en nous, dès qu’il désigne une chose, le mot devient symbole, cet outil virtuel qui permet de représenter, donc de penser le monde. En quelque sorte, le symbole est au mot ce que la doublure est au vêtement !

Le constructeur d’automobiles André Citroën était franc-maçon. Ce n’est pas un hasard si ses voitures arboraient et arborent toujours deux chevrons…en forme d’équerres stylisées sur le capot de ses modèles. Ce n’est toujours pas un hasard si le nom de Citroën a été affiché sur trois côtés de la Tour Eiffel, à l’occasion de son inauguration. Surtout si l’on sait que la construction de cette tour fut proposée à l’industriel Gustave Eiffel par deux de ses ingénieurs francs-maçons, pour fêter, en 1889, le centenaire de la Révolution française ! Et ce n’est certainement pas un hasard non plus, si les trois niveaux de cette tour sont réputés symboliser, le premier l’apprenti, le second le compagnon, le troisième le maître-maçon !

Aller plus loin

Pour que les mythes et les légendes vivent et continuent d’être transposés dans la cité, il faut sans cesse les relire, les raconter, bref, les réinventer. Filons la métaphore avec un ultime retour à Marathonas.

Le 29 mars 1896, le coup de pistolet du starter y lâche les premiers marathoniens olympiques modernes, sur la route et les traces de l’illustre ancêtre, parti 2380 ans avant eux. Coïncidence étonnante, c’est un berger grec, Spiridon Louys, qui, en 2heures 58 minutes 50 secondes, parcourt les mythiques 42 kms et franchit le premier la ligne d’arrivée. Une immense vague, grondante de vivats et d’applaudissements des 70 000 spectateurs debout, explose dans le stade. Elle honore à la fois les deux exploits mêlés, l’antique et le contemporain.

Ne peut-on voir dans l’exploit de Philippidès, de Louys et de tous leurs suivants, comme autant de maillons de la grande chaîne ininterrompue de l’effort ? L’image par excellence de la condition humaine, destinée au surpassement !

« Réjouissez-vous, nous les avons vaincus ! » Ne peut-on entendre aussi, dans cette exclamation guerrière, en filigrane sonore, qu’ont été vaincus par le sport, symboliquement, les forces négatives en nous ?

Le franc-maçon, pour sa part, héritier du culte de l’effort des bâtisseurs, et par définition coureur de fond, croit à « l’utopie pédagogique », sans cesse à remettre en chantier. Il continue et continuera de penser, avec l’enthousiasme du messager de la bonne nouvelle, que les êtres humains sont perfectibles et sont à même, s’ils le veulent bien, de « vivre ensemble » en harmonie. Parce qu’il a cette vision d’un monde de paix, parce qu’il croit au bonheur possible sur terre, l’homme à l’équerre et au compas, vise en permanence à travers la mire paisible du symbole, la juste mesure des choses. Son marathon à lui est moins ciblé sur l’atteinte du but que sur le parcours. Il cherche moins la victoire personnelle jusqu’à en mourir, que, en chemin et sur la durée, la proximité fraternelle et conviviale, pour persuader l’autre de partager une existence, en frères aimants et aimés. Il s’agit pour lui de s’identifier au groupe, plutôt que de s’en détacher.

Liberté de l’espace, égalité dans l’épreuve, fraternité dans l’effort. Le marathon maçonnique est bien porteur des représentations de nos valeurs républicaines ! Au vrai, toute société ne progresse que dans l’application d’une suite de symboles humanistes.

Ainsi, maçons de notre état, sans vouloir coûte que coûte être meilleurs qu’autrui, nous assignons-nous dans notre élan, d’« aller un peu plus loin » au quotidien. C’est-à-dire de mettre mythes, légendes et symboles effectivement en actes ! 42km195, est la distance exacte du marathon : elle a été initiée aux Jeux Olympiques de Londres en 1908, au stade de White City. Les 195 mètres ont été ajoutés pour que le marathon s’achève devant la Loge royale. Imaginons qu’ils correspondent mentalement à ces quelques foulées supplémentaires, ces quelques mètres que nous pouvons même dépasser la ligne franchie, pour remporter vraiment le seul succès de prestige qui vaille : la victoire sur nous-mêmes ! La franc-maçonnerie ne se nomme t- elle pas aussi l’Art Royal ? !

« L’essentiel n’est pas de gagner, mais de participer ! » a dit le baron Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux Olympiques.

Quand Valéry Giscard d’Estaing voulait devenir Franc-Maçon !

Valéry Giscard d’Estaing (1926-2020), communément appelé « Giscard » ou désigné par ses initiales « VGE », est un homme d’État français, président de la République du 27 mai 1974 au 21 mai 1981. Polytechnicien, énarque puis inspecteur des finances, il commence sa carrière en qualité de directeur adjoint du cabinet de notre frère Edgar Faure, président du Conseil, en 1955, avant d’être élu l’année suivante député du Puy-de-Dôme….

VGE en 1975

À noter sous la IVe République, quatre Francs-Maçons ont été nommés à Matignon : Paul Ramadier en 1947, Pierre Mendès France en 1954, Edgar Faure en 1955 et Guy Mollet en 1956. 

Mais connaissez-vous le souhait du Président de la République Valéry Giscard d’Estaing de se faire recevoir Franc-Maçon ?

Nous souhaitons donc évoquer un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…

VGE en tenue de scout en 1935

Celui où nos confères du « Canard enchainé » titrait « Il veut se faire franc-maçon – Giscard sonne à la porte de la Loge ».

Le Canard enchaîné

Giscard en Tenue Blanche Fermée

Précisons pour nos amis(ies) profanes – du latin profanus (de pro « devant » et fanum « lieu consacré ») « qui n’est pas consacré » ou « qui n’est plus sacré » et par extension « non initié » –, qu’une Tenue Blanche Fermée, TBF ou T∴B∴F∴, est une réunion maçonnique durant laquelle un non initié s’exprime devant une assemblée de francs-maçons. par opposition à une Tenue Blanche Ouverte, TBO ou T∴B∴O∴, c’est-à-dire une assemblée composée de Sœurs et Frères et de profanes (non maçons) à l’écoute d’un Franc-Maçon.

Le Nouvel Observateur

C’est un document du « Nouvel Observateur », alors surnommé « Le Nouvel Obs », du 7 juillet 1975 qui révèle que M. Valéry Giscard d’Estaing était reçu en « tenue blanche fermée » à la Grande Loge de France dans son article « GISCARD ET LES FRANCS-MAÇONS – Le président de la République, qui n’est pas des leurs, ne néglige pas l’appui qu’il pourrait recevoir des « frères ». Mais il n’est pas sûr qu’il ait frappé aux bonnes portes ».

Giscard demande à être initié…

Lecture et Tradition, revue mensuelle qui se définit comme un « bulletin littéraire contre-révolutionnaire » lui consacre son numéro 075 de mars/avril 1979 « LA FRANC-MAÇONNERIE AUJOURD´HUI OU M. GISCARD ET SES FRANCS-MAÇONS ».

Lecture et Tradition

Finalement, beaucoup d’encre pour pas grand-chose. Même si, à l’époque, cela pouvait sonner comme un coup de tonnerre dans les milieux autorisés. En tout cas, pas de quoi en faire un marronnier. En fait, M. Valéry Giscard d’Estaing aurait demandé à recevoir la Lumière et donc les bienfaits de l’initiation aux trois grades, le même soir, au 55 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8ᵉ arrondissement de Paris, en vérité au Palais de l’Élysée…

Ce qu’aucune Obédience ne lui conféra !

Sources : Le Nouvel Obs bit.ly/2ICh9QO ; Le Canard enchaîné, 1977 ; Lecture et Tradition

Valéry Giscard d’Estaing caricaturé en 1980 par Maurice Tournade

Et une fiche Wikipédia totalement muette sur cette « affaire »

Les mystères révélés des 31 premiers degrés des chevaliers du temple prêtres

Richard Chaigneau & Jean-Pierre Maurice Chevalier

Éditions du Regard Neuf, 2022, 406 pages, 25 €

Un ouvrage attendu depuis tant d’années… enfin publié ! Grand merci à l’éditeur.

Si le Temple du roi Salomon est, quel que soit le rite, le centre de l’union de tous les Maçons et une voie de réalisation spirituelle, force est de reconnaître que le parcours initiatique de tout Frère peut conduire, si tel est son désir, dans les hauts grades, à recevoir des titres chevaleresques. Par exemple avec le Rite/Régime Écossais Rectifié et le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (CBCS), le Rite Ancien York, aussi dénommé York ou d’York selon le structures obédientielles, avec le Chevalier Grand-Croix, ou au Rite Écossais Ancien et Accepté et le Chevalier Kadosh.

Le Grand Collège pour la France des Chevaliers du Temple Prêtres de la Sainte Arche Royale (KTP) est ce qu’il est coutume d’appeler un « Side Degrees ».

Cet ouvrage, écrit à quatre mains et avec deux cœurs par deux frères passionnés d’Art Royal et engagés dans la transmission tout en partageant leur savoir-faire avec plaisir, s’apparente à un véritable tuileur – ou « thuileurs » selon une ancienne graphie, désignant ainsi des livres récapitulant, pour chaque rite et par grades, l’essentiel du contenu rituélique. Devons-nous rappeler que, en mode maçonnique, tuiler consiste à vérifier si quelqu’un, frappant à la porte du temple, est Maçon et à quel grade/degré, ou pas… C’est dire l’importance d’un tel recueil jouant le rôle d’aide-mémoire – qu’il est de nos jours d’assimiler tout l’essentiel de ces connaissances – ou encore de mémento. Le revers de la médaille étant de divulguer au profane le contenu…

En préambule les auteurs nous informe qu’ils ont cherché les sources des rituels datant des XVIIIe et XIXe siècles. Étant toutefois difficiles à trouver, les degrés ne se pratiquant peu ou pas du tout, les trente-et-un rituels proviennent de ceux en langue anglaise trouvés sur Internet faisant partie des cérémonies du KTP pratiquées par les HRA-KTP de Kent en Angleterre. L’Ordre du HRA-KTP, avec son origine sacerdotale qui peut intriguer, est communément appelé Chevaliers du Temple Prêtre, ou simplement KTP. Richard Chaigneau et Jean-Pierre Maurice Chevalier ont traduit fort consciencieusement ces rituels et nous les offre aujourd’hui dans un contenu parfaitement cohérent.

Précisons que le KTP est un Ordre maçonnique chrétien, le plus souvent associé au Rite York. Le conseil principal de l’Ordre dit « Grand College » est situé à York, au Royaume-Uni et l’Ordre est divisé en districts répartis dans le monde entier, subdivisés en Tabernacles, semblables à une Loge dans la Maçonnerie symbolique. Le district étant lui-même dirigé par l’adjoint du Grand Prêtre, le Grand Surintendant et le Haut Prélat. Voici pour la structure de l’Ordre. Mais les auteurs rapportent tout d’abord l’historique du degré de Chevalier du Temple Prêtre qui verrait son origine vers 1794.

L’ouvrage aborde pour les 31 degrés, du premier, celui de Maître funéraire, au 31e, Affranchi de Harodim la même présentation : introduction – situant ledit degré –, ouverture, rituel, cérémonie, fermeture, plan de la loge, ou plutôt du temple, et décor porté par le Frère (tablier, collier, bijoux). Le tout accompagné de remarques critiques.

Nous avons tout particulièrement apprécié la très juste et fort pertinente traduction réalisée concomitamment par les deux auteurs et tout autant aimé les illustrations des décors dessins et croquis, parfois même de la main de Jean-Pierre Maurice Chevalier, par ailleurs grand collectionneur d’objets maçonniques et chevaleresques.

Les illustrations s’appuyant aussi sur les images des tableaux de Loge et bijoux maçonniques des ouvrages de Dominique Jardin et des enluminures de Jean-Luc Leguay, chaleureusement remerciés.

La pratique et le développement des spécificités de l’Ordre des Chevaliers du Temple Prêtres, conformément aux préceptes, traditions, usages, us et coutumes et cérémonies, au sein d’une franc-maçonnique régulière et universelle, est fort bien appréhendée et compréhensible par tous.

De cette façon et depuis des temps immémoriaux, les Frères pourront bien transmettre ce qu’ils ont bien reçu.