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Le nouveau blason de la GLNF…

C’est sur le compte Twitter de la Grande Loge Nationale Française, créée en octobre 2013, en date du 17 courant et sous l’intitulé « Message du Grand-Maître de la GLNF » que nous découvrons le nouveau logo/blason de la GLNF.

Un ancien modèle :

Un compte Twitter qui précise : « Grande Loge Nationale Française – @GLNFofficial – 32 000 Frères 🤵‍♂️ – 1437 Loges 🏠En amitié avec 212 Grandes Loges Étrangères ✨ – Grande Loge Régulière où on ne parle ni politique, ni religion »

De l’ancien blason revisité dans les années 2000 :

Le nouveau blason, vraisemblablement en cours d’achèvement (ne pas tenir compte du fond, par exemple).

Alors logo ou blason ?

Quelques éléments portés à votre réflexion

Définition du mot logo : Le logo est l’abréviation du mot logotype. Il correspond à la représentation symbolique et graphique d’une marque, d’une entreprise et fait partie de son identité visuelle. Le logo sert à identifier une marque et à la différencier de ses concurrents.

Définition du mot blason : Ensemble des pièces formant l’écu héraldique d’un État, une ville, une famille ou encore l’ensemble des signes distinctifs et emblèmes d’une famille noble, d’une collectivité.

Les blasons peuvent être divisés en différentes classes, selon les entités qu’ils représentent et peuvent également être classés selon la catégorie de l’entité qu’ils représentent :

Blasons : représentent un monarque ou un état souverain ;

Blasons de titulaires : représentent le titulaire d’une position ou d’un honneur ;

Blasons de famille : représentent, dans un sens étroit, le chef de famille et, au sens large, toute la famille ;

Blasons ecclésiastiques : représentent un titulaire ecclésiastique ou une entité collective religieuse ;

Blasons corporatifs : représentent une entité morale collective, à la fois civile et militaire.

À noter l’apparition de la date de création de l’Obédience en 1913 qui fêtera donc, l’an prochain, 110 ans.

Gironde : Un château aux influences maçonniques

Par notre correspondante en Gironde Florence Mothe

Le château de La Brède appartient au petit nombre des lieux inspirés que compte la France. Les siècles n’ont pas eu de prise sur lui et il demeure aujourd’hui dans l’état où Montesquieu l’a connu « avec sa nature au saut du lit » et « campagne gothique » qui faisaient les délices du maître.

Même si la bibliothèque du philosophe a disparu car elle est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque municipale de Bordeaux, on y retrouve Montesquieu dans ses meubles, dans ses objets coutumiers, hésitant au fil des journées entre sa correspondance avec les  puissants, ses préoccupations philosophiques et ses occupations ménagères en compagnie de son valet, le bien nommé Léveillé,  avec lequel il s’enfermait dans son chai pour veiller à l’ouillage de ses vins ou à quelque adjonction discrète et  peu licite d’Hermitage de Bénicarlo.

Et la Franc-maçonnerie dans tout ça ?

Elle est partout à La Brède. Dans cet univers de simple harmonie, dans le dessin des douves, octogone en forme de baptistère, dont le tracé est scrupuleusement repris par  la lisière des arbres du parc, dessinée par l’Abbé Guasco, lui aussi initié dans une Loge de Poitiers, bien que prétendument espion du Pape, dans ces échappées végétales récemment retrouvées que l’on découvre depuis les fenêtres de la librairie et qui reprennent la croix de Malte, symbole de l’arbre de vie, installée sur le pavé mosaïque de l’entrée quand les enfants de Montesquieu, revenus d’Emigration, retrouvèrent  le château, miraculeusement préservé par les villageois, mais abandonné à la voracité des termites qui nécessitèrent le soutien des poutres de la librairie par quatre colonnes – le philosophe étant passé à l’Orient éternel – auxquelles vinrent s’ajouter Jakin et Boaz, généreusement offertes par le curé de la Brède dont l’église, moins heureuse que le château, avait subi quelques améliorations révolutionnaires, dans la malle de l’écrivain, toujours prête à être remplie, pour peu que la duchesse de Keroual le convoque dans sa terre d’Aubigny-sur-Nère pour y rejoindre Désaguliers « le plus grand Belzébuth de tout l’univers ».

Bref, Montesquieu est toujours présent dans ses murs, dans ce mobilier conservé de sa chambre, de son  cabinet de toilette, jusqu’aux objets les plus simples, comme son écritoire, d’où jaillirent tant de chefs-d’œuvre, comme les traces de ses pieds sur le montant de la cheminée car Montesquieu écrivait sur ses genoux, dans sa petite chapelle où, de fureur, après une conversation musclée avec l’Intendant Boucher, il fit dessiner des équerres, des compas et des entrelacs d’amour.

Un seul reproche : alors que les héritiers de Montesquieu n’ont jamais fait mystère de son engagement maçonnique et que certains de ses descendants travaillent toujours de midi à minuit, il n’est fait nulle  part référence dans le commentaire de la visite à cette appartenance, pourtant si importante pour comprendre les subtilités de l’œuvre . C’est dommage car le pèlerinage de La Brède restitue  le philosophe dans toutes ses dimensions littéraires et humaines. On y retrouve l’aristocrate, l’académicien, le vigneron, l’amoureux de la marquise de Graves et de la petite comtesse de Pontac-Belhade, le travailleur acharné, le visionnaire inspiré que cette nature, à mesure d’homme, n’a jamais dérangé dans ses rêves.

Le château de La Brède est ouvert à la visite tous les jours de 10 h à 18 h du 1er juillet au 31 août , et du mercredi au dimanche et les jours fériés du 3 mars au 13 novembre de 14 h à 18 h. Parc seul visité 4 €, visite commentée du château 9,50 €.

Florence Mothe

Le Cercle de Pérignon organise un cycle de visioconférences, inscrivez-vous

Faut-il se préoccuper des bouleversements de notre société ?

Sécurité intérieure et extérieure – insécurité et violences – Bioéthique – Islamisme radical – Communautarisme – Flux migratoires – Laïcité etc… En tant que maçons, pouvons-nous rester des spectateurs passifs ou devons-nous être des acteurs déterminés, apolitiques, indépendants, objectifs et lucides. Notre « Devoir » ne passe-t-il pas par le respect de la devise « amener au dehors l’œuvre commencée… » ?

Nous n’avons pas la prétention de résoudre tous les maux de la société, mais au moins, nous avons le mérite d’y réfléchir et de proposer nos solutions.

C’est pour cela que le Cercle de Pérignon organise régulièrement des débats en visioconférence afin de pouvoir nous exprimer sur ce qui nous préoccupe ou ce qui nous inquiète.

Découvrez tous les détails ci-dessous

 

26 juillet Jean-Robert DAUMAS

Membre de la Grande Loge de France – Secrétaire du Collège maçonnique et Président de l’Université maçonnique.

Le multiculturalisme, outil de déconstruction de notre civilisation occidentale.  

9 août Gérald GOBBI

Education Nationale : Chronique d’une faillite annoncée.

16 août Pierre MARECHAL

Administrateur d’entreprises de spectacles et culturelles  – Ecrivain.

La mixité au présent, l’humanité au futur.

23 août Alain LEDAR

Les Français ont un sentiment de laissez-aller en matière de sécurité,  à qui la faute ?

30 août Pierre LEOUTRE

Ecrivain

L’influence du groupe Wagner.  Une menace pour l’Europe et pour la France ? 

     

Lien à adresser à vos amis et à tous ceux qui souhaitent participer aux réunions ZOOM : Cliquez ici

ID de réunion : 799 645 3424

Code secret : SCDO

« J’ai été ce que vous êtes, vous serez ce que je suis » : Mathusalem France a besoin de bénévoles

Avez-vous déjà entendu le slogan : « J’ai été ce que vous êtes, vous serez ce que je suis ». C’est celui de Mathusalem. Aujourd’hui, gros plan sur cette association d’entraide maçonnique qui agit au-delà des genres, des Rites ou des Obédiences puisque tout le monde ou presque y participe déjà. Notre rédaction a rencontré le Président François Avale. Il nous a raconté cette merveilleuse aventure. Il lance aujourd’hui un appel pour accueillir les bénévoles qui veulent se joindre à l’association fraternelle. Les candidatures sont à envoyer sur ce lien : https://mathusalem-france.fr/contact/

Tout le monde connait ou a entendu parler de Mathusalem, ce vénérable vieillard, fils d’Hénoch et grand-père de Noé, qui vécut suivant la Bible 963 ans ! C’est notre ancêtre à tous, il nous amène à réfléchir sur le temps qui passe et sur la meilleure manière de vieillir.

Un peu d’histoire :

C’est le 5 octobre 1987, sous l’impulsion des Frères Jacques SIOU du GODF et Raymond RICHARDSON de la GLDF qu’a été créée à Paris l’association loi de 1901 pluri-obédientielle MATHUSALEM. Le but : « Renouer le lien avec les frères et sœurs coupés de leur attache maçonnique parce que malades ou plus grave encore à cause de difficultés financières ». Respectueuse de la chaine d’union, son second objectif a été de créer un maillage dans toute la France avec le logotype « Mathusalem » et mention de la région dans laquelle elle est active. En 2022, il existe une vingtaine d’associations dans toute la France ainsi qu’aux DOM TOM dont l’objectif est identique : « le lien avec nos aînés ». Le rayon d’action de chaque association est cependant limité aux départements de sa région.

Mathusalem Paris I.D.F poursuit la construction en encourageant l’autonomie dans la région Ile-de-France. Nos aînés peuvent désormais s’appuyer sur Mathusalem Yvelines et Mathusalem Essonne.

Puis en 2019, ce fut la naissance de MATHUSALEM FRANCE, qui est l’interface entre toutes les associations Mathusalem régionales, départementales y compris les territoires ultramarins . L’objectif est de favoriser leur développement par une communication avec les obédiences, et une mise en commun des expériences.

Un site Web national est consultable www.mathusalem-france.fr
Il permet d’entrer en contact avec tous les Mathusalem.

En 2022, François AVALE, Frère de la GLTSO est élu Président de Mathusalem France.

Son action :

• D’être un lien entre les institutions nationales et les associations régionales;
• De faciliter le lien entre ces mêmes associations régionales, qui ont comme objectifs communs la bienfaisance, la solidarité, l’assistance et l’accompagnement de personnes en difficulté physique, morale ou financière;
• De mettre à disposition tous les moyens de communication;
• De soutenir les associations en difficultés;
• D’aider à la création de nouvelles associations en France et en Outre-Mer;
• D’organiser toute réunion et manifestation répondant à ces objectifs;
• De mettre en commun l’expérience de ses membres;
• De constituer des groupes de réflexion et d’études en cas de besoin.

Le tronc commun à tous les Mathusalem est le maintien du lien avec nos aînés par des contacts téléphoniques, des visites à domicile, accompagnement lors des rendez-vous médicaux, conseils sur les droits sociaux mais chacun avec sa spécificité.

  • Pour ne prendre que l’exemple non exhaustif de Mathusalem Paris IDF, il organise des déjeuners-débats maçonniques le 3ème jeudi du mois qui portent sur des thèmes variés comme : Alexandra David Néel, le Miroir aux Alouettes, ou tout récemment sur les Contes, Légendes et Mythes, la résonnance du rituel.
  • Les membres reçoivent un bulletin de liaison qui comprend une rubrique qui leur est réservée et intitulée : « Nos aînés planchent. »
  • Autres exemples d’actions concrêtes : Le 24 décembre, les Frères et des Sœurs, seuls durant la période des fêtes sont conviés à partager un déjeuner festif avec échange de cadeaux ou invités au théâtre.
  • L’été, une sortie est organisée pour ceux qui ne sont pas en vacances.
  • Tous les 2 ou 3 ans, la journée d’échange avec les Frères et Sœurs d’associations Mathusalem régionales permet la découverte d’une région et d’établir des contacts qui renforcent les liens.
  • D’autres associations, organisent des vide-greniers, des lotos.
  • Mais le plus important est sans nul doute les visites rendues par les adhérents bénévoles à des Frères et des Sœurs à la santé fragile qui trop souvent n’ont pour seul contact que le médecin, le livreur de repas ou la famille.

Vous l’avez compris, le but est d’apporter une présence, rompre une solitude qu’engendre toujours la maladie ; solitude à laquelle nous tous seront un jour confrontés. Le rôle de l’assocation est celui de relais de la loge, car le monde profane est chronophage et les frères et sœurs hospitalier(e)s n’ont pas toujours la possibilité de consacrer du temps aux aînés. Avec l’appui des frères et sœurs bénévoles, Mathusalem transmet le message des fondateurs :

« Soyons ce pont qui nous relie à nos anciens car sans eux nous ne serions pas ce que nous sommes. »

Siège Social : MATHUSALEM France : S/c LIEN , 20 quai Lunel 06300 NICE – Tel : 06.81.49.62.22
Courriel : mathusalemfrancefr@gmail.com – Site: www.mathusalem-france.fr

Lorsqu’on demande à François Avale pourquoi Mathusalem , plus que jamais est aujourd’hui utile, il nous répond par des points concrets :

  • Parce que : si le développement des connaissances médicales permet à chacun d’envisager une vie de plus en plus longue, il ne le met pas à l’abri de l’affaiblissement de ses facultés.
  • Parce que : l’évolution de la pyramide des âges due au « Papy-boom » et l’allongement continu de la durée de vie (79,5 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes) créent une nouvelle problématique à laquelle sont confrontées toutes les Obédiences.
  • Parce que : si la vieillesse est faite de moments de joies et de petits bonheurs, elle charrie également son lot de détresses morales, physiques ou financières et ses moments de solitude.
  • Parce que : souvent une démission masque le poids devenu trop lourd d’une capitation d’une Sœur ou d’un Frère dont la retraite a réduit les capacités pécuniaires.
  • Parce que : leur absence prolongée sur les colonnes, puis leur disparition du Tableau de leur Loge les effacent « naturellement » de notre mémoire.
  • Parce que : si le maintien à la matricule de nos ainé(e)s est moralement, humainement et éthiquement pleinement justifié, cette juste reconnaissance de ce qu’ils ont fait avant nous et pour nous, ne règlera pas la problématique essentielle de l’aide et l’assistance morale et matérielle dans tous les actes de leur quotidien jusqu’à leur passage à l’orient éternel, que ni les Loges, ni les Sœurs ou les Frères, ni les Obédiences, ni même quelque fois leur propre famille, ne peuvent pleinement assumer.
  • Parce que : le jour de son initiation, le Franc-Maçon a prêté serment d’aide et assistance à ses Frères et Sœurs ; qu’il s’est engagé à mettre en pratique la grande loi de la solidarité, et à porter assistance aux faibles.

Découvrez la lettre de témoignage d’un membre bénévole

MM TT CC SS, MM TT CC FF
Je vous prie d’abord de bien vouloir m’excuser pour mon absence aujourd’hui mais j’avais pris depuis plusieurs mois des engagements pour le 27 octobre et je ne pouvais m’y soustraire sauf à manquer à ma parole.
A la demande d’une sœur de Mathusalem qui, je le suppose, me prêtera sa voix, je vais essayer de brièvement témoigner de ma relation avec le frère Gérard que j’ai découvert, il y a quelques années, quand j’ai rejoint l’association.
C’est toujours le même rituel et la même émotion quand j’arrive chez Gérard. Je compose le code d’accès à son immeuble, je relève son courrier, je l’appelle par l’interphone, je prends le petit ascenseur qui me mène au 5 étage et là, sans que j’aie besoin de sonner à sa porte, il m’accueille bras ouverts avec son regard pétillant, sa grande barbe blanche frémissante dans une grande accolade fraternelle. Gérard, tu es l’image du grand-père malicieux (que je n’ai pas connu) que j’avais forgé dans mon imaginaire d’enfant.
Ce sentiment est encore plus fort quand le grand-père est un frère et ça change tout. Nous ne sommes pas de la même génération, pas de la même loge, pas de la même ville, nous ne nous connaissons que depuis trois ans et pourtant, par un phénomène que je n’explique pas, c’est comme si nous nous connaissions depuis toujours. C’est peut-être le « miracle » de la fraternité maçonnique, incommunicable et incompréhensible pour qui ne la vit pas.
Ce que je sais en revanche, c’est la subtile intuition de notre sœur quand elle nous a mis en relation. Car nous partageons les mêmes centres d’intérêt, la Franc- Maçonnerie bien sûr, son projet, ses symboles, ses mythes, ses rites mais aussi l’Histoire, la Politique, le débat d’idées, sans oublier bien entendu la bonne chère accompagnée de poudre de qualité.
Sans que nos rencontres fassent l’objet d’un calendrier immuable, je rencontre régulièrement Gérard sous la forme d’agapes chez lui ou, plus rarement, dans un restaurant proche. Ce plaisir de la table, c’est surtout le plaisir d’être ensemble, d’évoquer nos vies, nos familles, nos convictions, nos engagements, nos espoirs et nos peines. C’est aussi l’occasion de commenter l’actualité et d’imaginer, autant que faire se peut, l’avenir.
En dehors de ces moments privilégiés, nous communiquons assez souvent par téléphone pour évoquer un sujet particulier ou, plus simplement, pour prendre des nouvelles l’un de l’autre.
Que dire de plus, si ce n’est un mot, un signe, un livre qu’on prête, une carte postale qu’on envoie, une photo prise ensemble, un petit cadeau pour mes petits-enfants, des démarches et des courses pour éviter les déplacements pénibles, ces petits gestes qui touchent, qui rendent la vie un peu moins difficile et la solitude un peu moins pesante.
Je m’en voudrais de ne pas ajouter que notre frère Gérard conserve des liens assez forts avec sa loge, en particulier avec le frère hospitalier Jacky qu’il apprécie beaucoup.
Permettez-moi de conclure en remerciant Mathusalem pour son dévouement et m’avoir permis de connaître Gérard, un frère que j’aime beaucoup parce que….parce que…. « Parce que c’était lui parce que c’était moi ».
J∴-M∴ JOL

Mario Piromalli : « Maurice est une terre maçonnique »

De notre confrère lexpress.mu – Par Audrey Harelle

Créée il y a moins de dix ans, avec environ 2 000 frères au total, la Grande Loge Traditionnelle de France est pourtant déjà implantée à Maurice. Comme nombre d’autres, au fur et à mesure, depuis presque trois siècles. Son grand maître était de passage la semaine dernière. Il prône une ouverture aux autres obédiences.

Votre loge a été consacrée en 2013 parce que certains frères en avaient assez de «la matérialité». Comment est-elle née ?

Nous allons fêter nos 10 ans l’an prochain ; c’est une jeune obédience, qui a quand même 10 ans. Nous sommes pour la plupart issus de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), d’un schisme (NdlR, la GLNF a connu une crise dans les années 2010, accusée d’affairisme notamment et subissant la dérive autoritaire du grand maître d’alors, François Stifani). Nous avons voulu prendre ce qu’il y avait de mieux à la GLNF et retirer ce qui nous semblait moins bien.

 Le mieux, c’est quoi ?

Une maçonnerie pour les frères. Ma mission, c’est de m’occuper des frères, notre obédience est tournée vers eux, pour eux. Notre but est de faire en sorte que les frères s’élèvent par eux-mêmes.

 Vous parlez beaucoup d’ouverture dans votre présentation sur votre site web. Qu’entendez-vous par là ?

Nous venons d’une obédience où l’ouverture était prohibée. La Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), un peu la holding mondiale de la maçonnerie, choisit dans chaque pays une obédience avec laquelle elles se reconnaissent entre elles. L’obligation de cette obédience reconnue est de ne surtout pas coopérer, parler, visiter les autres obédiences. Nous avons pris le contrepied, nous avons voulu faire une obédience régulière, mais tournée vers les frères et les autres obédiences, une maçonnerie plus universelle.

 Vous insistez sur l’universalité, vous voulez accueillir chacun dans sa diversité. Comment peut-on y arriver quand on n’est pas mixte ? Sur la photo de votre consécration, on voit des hommes d’un certain âge, pas représentatifs de la société en général.

Il y a deux exceptions: nous n’acceptons pas les femmes et nous demandons que le profane qui postule chez nous croie en Dieu. Ne pas accepter la mixité, c’est un parti pris. Qui ne nous gêne pas parce qu’il y a des obédiences juste féminines, d’autres mixtes et d’autres masculines ; donc il y en a un peu pour tout le monde. Nous avons choisi, certainement parce que nous sommes faibles, de rester entre hommes, on travaille mieux ensemble.

 La chair est faible ?

Oui. Cela fait partie en tout cas de la chose. Quand on travaille en loge, on doit se dévêtir, dans le sens où on doit enlever le vernis parce qu’on se fait confiance, par un tas de processus. C’est un peu plus difficile quand on est mélangé. C’est sûrement faux ce que je dis, parce qu’il y a des loges mixtes. Mais c’est un parti pris. La deuxième chose qu’on demande c’est de croire en Dieu. Alors là, c’est la question du siècle. Parce que vous l’avez déjà rencontré, vous, Dieu ?

 Non, jamais. Et si vous me posez la question, je vous dirai que ce sont plutôt les hommes qui l’ont inventé.

On pourrait aussi se demander s’il est féminin ou masculin ou peut-être les deux. Mais en fait, on veut rencontrer des hommes qui ont l’espérance, qui se disent que les choses ne sont pas arrivées par hasard, qu’il s’est bien passé quelque chose. Par facilité on l’appelle Dieu, ou le Grand Architecte de l’Univers, parce que l’on ne sait pas vraiment le définir, et ce n’est peut-être pas le plus important. Le plus important c’est d’avoir l’espoir en demain, donc l’espoir entre nous les hommes, ce côté humain.

 Des athées pourraient avoir de l’espoir. On a quelque chose de tangible, réel, sous les yeux, qui s’appelle l’humanité, c’est concret. Pourquoi faut-il croire ?

Ce que vous dites, c’est croire. Ce qui perturbe le jeu, c’est qu’on y mette le mot Dieu ou Grand Architecte parce qu’on personnifie quelque chose. Alors que ce dont on parle là, c’est la croyance en l’humanité. Ensuite on confond Dieu avec la religion. Dieu, c’est un principe créateur. La religion, c’est quelque chose d’humain que beaucoup de personnes ont suivi en fonction de là où elles sont nées ou de leur famille. Mais ce n’est pas la même chose. On est au-delà de cela, on est dans le principe créateur. À notre consécration ne sont venus qu’un certain nombre de frères, sans doute les plus anciens. On a beaucoup de jeunes, heureusement, car il faut rajeunir l’institution. On peut entrer en maçonnerie qu’à partir de 18 ans, c’est l’âge du plus jeune chez nous. Ce n’est pas une question d’années mais de maturité d’esprit. Toutes les professions sont également représentées.

 Faites-vous une forme de prosélytisme ? Le Grand Maître du Grand Orient est venu récemment, a donné des interviews. Il y a une quinzaine d’années, on voyait moins les maçons. Est-ce une volonté de vous dédiaboliser ou de recruter, parce que vous êtes un peu comme l’Église qui a du mal à embaucher des jeunes ?

Les jeunes d’aujourd’hui ont plus que jamais besoin de sens. Dans un monde qui va de plus en plus vite, on clique, on zappe beaucoup. Quand on interroge les jeunes – nous avons fait des sondages – on s’aperçoit qu’à côté de cette vie trépidante, les jeunes ont besoin d’une vraie quête de sens et la maçonnerie répond en partie à cela. On ne parle pas de recrutement parce que ce n’est pas joli, même si cela veut dire la même chose.

Quand vous faites quelque chose de bien, que vous avez réussi quelque chose, en ce qui me concerne, j’ai envie de la transmettre à quelqu’un. C’est la même chose, quand les frères vivent une belle maçonnerie, quand ils sont bien, qu’ils se sont améliorés, transformés, qu’ils s’accomplissent en transmettant ces choses-là et en espérant que quelqu’un d’autre vienne à nous. Pas pour recruter, même si on en a besoin, mais vraiment pour transmettre. L’idée noble de la maçonnerie, que je partage complètement, c’est que j’essaie de m’améliorer et de m’élever en espérant que d’autres en fassent de même. Je les aide en parlant aujourd’hui à un journaliste mais cela peut être demain quelqu’un que je remarque et qui en a besoin.

 Votre obédience représente combien de personnes ?

Nous avons 2 000 membres, dont la majorité est en France, environ 1 500, et 500 en dehors – à Maurice, la Réunion, en Thaïlande, aux USA, en Afrique, en Suisse et en Italie. À Maurice, nous avons deux loges, les Chevaliers de l’arche créée en 2015, et Jean Émile Daruty, en 2020, avec 35-40 frères au total. C’est une obédience vivable, à taille humaine. Jean Émile Daruty est un Mauricien, spécialiste de l’histoire maçonnique, qui a écrit Recherches sur le rite écossais ancien accepté, paru en 1879-80.

 Il appartenait à la Triple Espérance, fondée en 1778. On voit que la maçonnerie remonte à loin à Maurice et continue d’essaimer…

Il existe ici une longue tradition, pour toutes les obédiences. On est sur une terre très maçon- nique à Maurice.

 À la GLTF, «le règne de l’être remplace celui du paraître», dites-vous. C’est-à-dire ?

Dans la vie, quand vous prenez conscience de qui vous êtes, de votre propre être, quand vous êtes tout seul dans votre coin, c’est difficile de développer cela. Si vous avez la chance de rencontrer des francs-maçons ou une obédience comme la GLTF, vous rencontrez plein d’autres personnes qui comme vous veulent s’élever et développer leur propre être, avec le miroir de l’autre. C’est avec l’autre que je me découvre moi-même . Mes forces, mais aussi mes faiblesses. J’ai la volonté de vouloir m’améliorer, les surmonter, c’est exactement cela que l’on fait en loge. La vraie matière c’est l’humain. Les rites et l’obédience, c’est le côté solennel, décorum, mais la vraie matière, c’est nous.

 C’est un couteau à double tranchant. La vraie matière peut être un trésor mais aussi celle qui pervertit complètement la franc-maçonnerie ?

Tout à fait. Et c’est arrivé. C’est le vrai problème quand on se retrouve entre francs-maçons en dehors. En loge, on a enlevé tout le vernis. Vous me voyez tel que je suis sans défense et vous pourriez en profiter ou je pourrais en profiter. C’est pour cela que beaucoup de frères sont rejetés. Que certains quittent des obédiences et veulent en former d’autres pour vivre cette maçonnerie pure là.

 La frontière entre le soutien indéfectible qu’on est censé accorder à un frère et le lobby ou le réseautage ou les affaires est ténue. Quel contrôle avez-vous dans la vie de tous les jours ?

On ne peut pas tout voir. Vous avez raison, la frontière est ténue. C’est pour cela que le côté organisationnel d’une obédience existe et qu’il y a chez nous non pas un tribunal maçonnique mais des personnes qui sont là pour élucider ce genre de problèmes quand ils nous sont révélés.

 C’est une fonction spécifique avec un nom ?

Elle s’appelle le Grand Porte-Glaive. C’est le magistrat qui va régler ces éventuels problèmes.

 Par exemple, un politicien accusé de scandale se trouve dans votre loge. Comment on gère cela ?

Cela dépend de quel scandale mais, la plupart du temps, on lui demande de se retirer, qu’il soit un politicien, un chef d’entreprise ou une personne qui a un différend. Cela peut arriver qu’un frère ait un différend avec un autre. On demande aux deux de sortir et de ne pas revenir tant qu’ils n’ont pas réglé leur problème. Ce n’est pas si évident d’appeler l’autre mon frère. Cela demande un effort particulier. C’est un travail sur soi et de l’autodiscipline.

«La vraie matière c’est l’humain»

On essaye de faire en sorte que les gens soient le plus juste possible. Avec ma personnalité, on parle beaucoup de bienveillance, mais, au-delà, de bienfaisance. Être bienveillant quand tout se passe bien, c’est facile mais quand cela ne se passe pas bien, c’est plus difficile. Dans notre jeune obédience, pour l’instant, on n’a pas tous ces problèmes de réseautage ; on est plutôt très concentrés à s’élever spirituellement les uns et les autres.

Nous faisons un gros travail sur l’élévation de soi. La différence avec le Grand Orient, par exemple, c’est que nous ne traitons pas des sujets de société, que des sujets spirituels. C’est très égoïste. On cherche que chaque frère s’améliore à travers un rituel, un comportement, des vertus que l’on développe et on espère que cela rayonne autour de nous. C’est déjà pas mal. Les sujets qui touchent à la politique, la cité, la religion, ce n’est pas notre domaine.

 Vous avez des exemples de thèmes sur lesquels vous planchez ?

Les vertus. On peut aussi parler de justice, pas celle du tribunal mais de justice entre les hommes. De force, de vengeance, est-ce que l’homme a le droit de se venger ? Ce genre de choses.

 Peut-on facilement changer d’obédience ?

Oui, parce qu’on adhère à une association ; on ne vous retient pas si vous voulez démissionner.

 On a cependant l’impression qu’une fois entré dans une obédience, on est persuadé que la sienne est la meilleure…

Toujours, évidemment. Jusqu’au jour où on prend un peu d’ampleur et on se rend compte, c’est très rare, qu’on s’est trompé. Une personne veut parler de faits de société ou le contraire. Ou alors des frères se disent pourquoi je ne suis pas avec les sœurs, pourquoi cette ségrégation ? Et ils vont dans une obédience mixte.

Quel est l’intérêt d’être régulier ? Pour la reconnaissance ?

Non, dans le monde maçonnique il y a deux choses, la reconnaissance et la régularité. La reconnaissance, c’est ce réseau d’obédiences géré par la GLUA, qui reconnaît dans chaque pays une obédience et pas les autres. La régularité, c’est le fait d’être uniquement masculin, de travailler avec les trois grandes lumières – l’équerre, le compas, la Bible – et de croire en Dieu. Vous pouvez être régulier reconnu mais que régulier et pas reconnu. La reconnaissance, c’est une forme de franchise.

La GLUA avait retiré sa reconnaissance à la GLNF, pendant la crise et l’a redonnée après. Nous, elle ne nous reconnaît pas. Mais ce n’est pas grave parce que nous reconnaissons toutes les autres obédiences. Nous sommes ouverts sur le monde maçonnique alors que les autres sont fermés sur ce monde et ouverts qu’entre eux.

Du Profane au Sacré : L’initiation écossaise

Jean-Claude Mondet – Éditions Numérilivre, 2022, 450 pages, 26 €

Ingénieur de formation et de métier, Jean-Claude Mondet a pratiqué la transformation de la matière au cours d’une carrière consacrée à la chimie. Qui lui a permis, aussi, de découvrir la Franc-Maçonnerie en général et le Rite Écossais Ancien et Accepté en particulier, et l’art des transmutations spirituelles. Fondateur de plusieurs Loges et à de de nombreuses reprises Vénérable Maître, il se déclare volontiers « éveilleur » de Francs-maçons de divers niveaux.

Il a décidé de mettre par écrit, et ainsi de transmettre, ce que plusieurs décennies d’échanges et d’expériences, ainsi que son goût du sacré, lui ont offert en cadeau.

Un grand merci déjà à Jean-Claude Mondet, prix littéraire 2018 de l’Institut Maçonnique de France, catégorie Symbolisme pour La Genèse – Volume de la connaissance sacrée (Éd. Numérilivre, 2017) d’avoir eu un jour envie d’écrire afin de nous éclairer de ses lumières !

Il est aussi l’auteur de la trilogie La Première Lettre, consacrée aux trois premiers grades et édité par les éditions du Rocher : L’Apprenti au Rite Écossais Ancien et Accepté (2005), Le Compagnon Écossais (2006) et Le Maître Maçon Écossais (2007). Deux ouvrages sur les hauts grades – La Maîtrise Parfaite et Du Chevalier d’Orient au Chevalier Kadosh – Étude du quinzième au trentième degré du Rite écossais ancien et accepté – viennent compléter cette collection.

D’ailleurs, c’est dans la lignée de La Première Lettre – L’Apprenti au Rite Ecossais Ancien et Accepté (Éd. du Rocher, 2005), venant alors combler un manque car peu d’ouvrage était consacré au premier grade dudit rite, l’auteur approfondit l’approche du Sacré à laquelle nous convie l’initiation écossaise dont le premier rituel des trois premiers degrés du REAA, présenté sous les auspices du Suprême Conseil, est le rituel dit de 1829, dont l’original est à la Bibliothèque Nationale de France, succédant au Guide des Maçons Écossais de 1815. C’est bien le rituel d’origine du REAA de 1804, proche de celui des « Anciens », que l’auteur décrypte.

Jean-Claude Mondet, dans son introduction, annonce non seulement son projet mais donne l’ossature, en trois parties, de son dernier opus – à retrouver sur la quatrième de couverture.

D’abord, en toute logique, les sources du sacré, puis l’examen minutieux des rituels et enfin, dans la dernière partie intitulée « Gros plans » des compléments de réflexion – maçonnique, philosophique, symbolique – et d’information – en réalité des développements des points exposés précédemment – Alchimie, Bible, Amour fraternel, Voûte étoilée, Quintessence,Cabbale, etc. Le tout au sein d’une pratique de l’Art Royal spiritualiste, comme à l’origine, au XVIIIe siècle.

Son prologue pose la vraie question du sens de la vie. Une question que tout le monde se pose et pourquoi pas, lui fait franchir le pas et passer la porte.

Dans ce monde compliqué, devant le comportement de certains êtres humains, comment trouver sa voie et rechercher un juste équilibre, l’auteur apporte deux réponses la Spiritualité et la Tradition avec, à ce terme aussi, une majuscule !

Illustration Natalia Leschi

Nous aimons particulièrement l’illustration, d’or sur fond d’azur, de la première de couverture que nous devons à la graphiste, maquettiste et illustratrice Natalia Leschi.

Quel que soit le rite pratiqué, Sœurs et Frères iront, avec profit et plaisir, à la rencontre du REAA et feront leur miel de ce qui n’est pas encore des mémoires, mais que nous pouvons qualifier d’encyclopédie, c’est-à-dire l’ouvrage d’un homme de l’être !

OITAR 1974-2014

Renaissance d’une franc-maçonnerie initiatique et traditionnelle

Collectif

Éditions DETRAD aVs, Coll. Récits maçonniques, 2022, 2nd éd., 284 pages, 21 €

La première édition datée de 2014, année anniversaire des quarante années d’existence de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal, fait l’objet d’une réédition enrichie d’un avant-propos signé du Grand Maître Général Laurence Sidersky dite « Bretagne la rayonnante ».

Un Ordre dont le but pleinement avoué est de faire vivre un rite nouveau : le Rite Opératif de Salomon (ROS). En effet, après plusieurs noms, comme ceux de Rite moderne de tradition rétablie ou encore de Rite Universel, c’est naturellement que l’image du roi Salomon, présenté comme un prophète et roi d’Israël réputé pour sa richesse et sa sagesse et réputé avoir construit le temple de Jérusalem, et la notion d’opérativité – en référence au compagnonnage – aboutissent au choix de Rite Opératif de Salomon et par là-même de « Justes et Parfaites Loges de Salomon », présidées par un(e) Vénérable Maître d’Œuvre.

Ce livre, fruit d’un collectif de Sœurs et de Frères, exprime donc plusieurs sensibilités. L’objectif restant identique : nous faire mieux connaître un Ordre si particulier et un rite.

Les cinq chapitres retracent donc la vie d’un Ordre de sa naissance à nos jours.

« De bâtir l’OITAR : une épopée humaine » où nous vivons les premiers jours d’une nouvelle structure maçonnique – allumage de feux, fondateurs, dirigeants, etc. – à « Bâtir le Rite Opératif de Salomon », une façon aussi d’en connaître l’esprit, la spécificité et la finalité spirituelle mais aussi les motivations de Jacques de la Personne (1926-2012) dit « Soutien de Salomon », nous entrons dans l’intimité de l’un des rares rites maçonniques créés au XXe siècle, si ce n’est le seul.

Vient ensuite la déclinaison en province avec son essaimage tout naturel. Le chapitre « Dynamique territoriale » fait donc son tour de France en passant par le Nord, l’Île-de-France, la Martinique, la Province et la région lyonnaise…

Le chapitre « Ces spécificités que nous cultivons » place la Loge, et donc l’humain, au centre du rite qui se veut un outil de transformation, non pas de, mais pour l’Homme.

« L’OITAR hier, aujourd’hui, demain », chapitre ultime cultivant les différences qui font l’Ordre et le rite et ouvrant des perspectives, bornées par un respect de la souveraineté, socle de la liberté tout en s’entourant de confiance et de diversité.

De l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal, nous retenons aussi de Jacques Fontaine, en fin d’ouvrage, le calligramme en forme de flamme – et dénommé « La Flamme du ROS » – qui déclame toutes les vertus et la bienveillance de ce rite. Après tout, en poésie, la flamme n’est-elle pas comme synonyme d’amour : « déclarer sa flamme » ou symbole de paix

Pour mémoire, partie du feu, la flamme comporte une symbolique riche : lumière rassurante, chaleur réconfortante et force d’expansion

Le principe de Liberté

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

La Franc-Maçonnerie a comme principe la Liberté, composante de sa devise, étant l’une des exigences essentielles pour ses membres, ne pouvant être véritablement franc-maçon que les êtres libres en tous points.

Le concept de Liberté peut cependant être vu sous plusieurs aspects. Mahatma Ghandi a déjà enseigné que « la prison n’est pas les barreaux et la liberté n’est pas la rue ; il y a des hommes piégés dans la rue et d’autres libres en prison. C’est une question de conscience. »

L’État moderne doit garantir la liberté civile, qui englobe les droits naturels de l’homme. « Parmi celles-ci, se distingue la liberté d’action, qui permet aux citoyens de faire tout ce qui n’est pas interdit par la loi et selon les modalités qu’elle détermine ; la liberté de penser et d’exprimer ses pensées en toute indépendance sur tous les sujets, philosophie, religion, gouvernement, etc.; la liberté politique de jouir des droits que la Constitution et les lois du pays accordent à chaque citoyen ; et la liberté de conscience qui donne le droit de professer les opinions religieuses que l’on croit les plus conformes à la vérité, etc.

La « liberté morale », cependant, est propre et personnelle à chaque individu. Elle « se manifeste par le libre arbitre de choisir, parmi les impulsions des appétits, des désirs, des intérêts et des idées de la raison, tout ce qui constitue le bien pour lui-même ». Le libre arbitre, défini comme « la faculté qu’a l’individu de déterminer sa propre conduite », oppose l’homme à l’action instinctive typique des animaux. Autrement dit, c’est la possibilité exclusive de l’homme « entre deux ou plusieurs raisons suffisantes de vouloir ou d’agir, de choisir l’une d’elles et de la faire prévaloir sur les autres ».

La vraie liberté pour l’homme consiste « à rompre les liens qui le rattachent strictement aux choses matérielles, à les faire converger vers le savoir philosophique, moral et spirituel, considérant que la liberté par excellence s’acquiert par la conscience du bien dans le juste culte du devoir, et seule la satisfaction d’un devoir rempli suffirait pour que nous comprenions que liberté signifie responsabilité.

« C’est dans la pensée que l’homme jouit d’une liberté illimitée, car il ne connaît pas d’obstacles. » En ce sens, « l’action donne une continuité aux pensées, mais ce sont les pensées qui engendrent les actions. Nous avons donc deux occasions de les corriger. Premièrement, dans le domaine créatif de l’esprit, avant la formation des idées. Après les pensées déjà formées ou irradiées, nous pouvons les maintenir par la maîtrise de soi, ne les laissant pas devenir des actions, interrompant leur réalisation.

L’esprit est donc « l’atelier où nous devons commencer notre travail le plus digne de réajustement de nos pulsions (…). Mais si dans les premières attaques nous ne pouvons pas contrôler nos pensées, nous attaquerons nos actions, car si penser des choses qui dérangent est une faute plus ou moins grave, il est beaucoup plus grave de faire ce que nous pensons. Selon les mots de l’écrivain Simone de Beauvoir, « l’homme est libre ; mais il trouve la loi dans sa propre liberté. »

D’après les œuvres de N. Aslan, JA Cícero de Sá et AA Marinho. 

Responsable : Perseverança Masonic Lodge – Paranaguá – PR ( loja159@fgsia.com )

Mitterrand et sa relation à la spiritualité et à l’occulte

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Quatre mois seulement après son arrivée à l’Élysée, François Mitterrand annonça les débuts d’une entreprise pharaonique : les « Grands Travaux », parmi lesquels figureront la Pyramide du Louvre, la Grande Arche de la Défense, la Très Grande Bibliothèque, les Colonnes de Buren, l’Opéra Bastille…

Ces monuments, de par leur emplacement, leur architecture, de par l’attrait que l’on connaissait au Président pour ce qu’il nommait « forces de l’esprit », ont donné lieu à de nombreuses interprétations.

On y a vu des symboles cachés, liés à la franc-maçonnerie, à l’Égypte antique, à l’occultisme, certains y ont lu un désir de laisser son empreinte, à la manière d’un monarque… Le président souhaitait-il transmettre un message caché ?

Était-il un grand initié comme certains le disent ?

Scénario : Olivier Krasker-Rosen Réalisation : José Fosse ©Ampersand

À suivre… (cette semaine)

De la Perpendiculaire au Niveau

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Comment passe-t-on de la Perpendiculaire au Niveau ? Nous devrions le découvrir par nous-mêmes. L’Apprenti en route vers le « Compagnonnage » effectue cinq voyages, utilisant de nombreux outils ; le dernier, cependant, est à mains nues.

Mais que veut dire cette expression ? Il peut s’agir de son ego, pour lequel le travail d’ébauche indiquerait de le réduire, il pourrait s’agir de ses propres vices, pour lesquels l’engagement pourrait être de les transformer en vertus.

Si la pierre était vraiment malmenée. nous sommes prêts à continuer avec un travail plus « fin », celui du Compagnon.

Le Vénérable Maître a pour tâche de surveiller le lissage des pierres du chantier.

La parole refusée à l’Apprenti est désormais accordée, mais en vain, car l’intellect, le raisonnement, l’érudition, la culture n’ont pas leur place au Second Degré : paradoxalement on utilise des mots pour « dire » qu’ils ne servent à rien.

La parole est l’outil de l’Apprenti. Toute question non posée est une occasion manquée. Ceux qui ne demandent pas continuent d’être assis dans le Cabinet de Réflexion, morts stériles.

Dans la chambre de Compagnon, le “je”ne compte pas, le “nous” compte. Les cinq sens comptent et parmi eux le mot n’apparaît pas.

Ici on nous demande d’apprendre à voir avec les yeux de l’autre, à écouter avec les oreilles de l’autre, à sentir avec le nez de l’autre, à goûter avec la bouche de l’autre, à toucher avec la main de l’autre. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons faire partie de sa réalité et partager.

Ici on nous demande de dominer les sens : non de les réprimer ; se libérer de leur domination, apprendre à les utiliser avec talent et savoir, et interpréter ce qu’ils racontent – sans parler. En fait, ce qui compte, c’est le cœur, instrument et objectif à la fois, auquel il est demandé de partager, métaphoriquement et réellement, de l’arracher de sa poitrine et de l’offrir à l’autre.

La main griffe sur la poitrine, et n’avons pas besoin d’en dire plus.

L’Augmentation de Salaire est aussi symboliquement liée aux deux Colonnes que l’on retrouve à l’entrée du Temple qui représentent celles de gauche et de droite, respectivement « B » et « J », placées à l’entrée du Temple de Salomon.

C’est au pied des colonnes respectives, en effet, que les ouvriers, chacun selon son degré d’habileté, recevaient leur salaire. D’où le terme le plus utilisé, Augmentation de salaire, ou de Diplôme ou de Lumière, d’un pigiste d’Apprenti à Compagnon d’Art puis à Maître.

La tradition veut que dans la construction du Temple de Salomon, tant les tailleurs de pierre qui travaillaient dans les carrières que les bâtisseurs plaçaient des symboles sur les pierres qui permettaient ensuite aux surintendants de définir le travail effectué par chaque travailleur et de définir leur salaire. Tradition qui s’est répétée au fil du temps et dans diverses œuvres monumentales, comme les cathédrales.

Aujourd’hui encore, on retrouve dans ces œuvres, des symboles démontrant ce qui a été réalisé par les francs-maçons. Même en « Franc-Maçonnerie Spéculative« , l’Augmentation de Salaire doit correspondre à un travail réel effectué en atelier sur la Pierre Brute et ne doit pas être uniquement une conséquence du temps passé en loge.

Dès lors, une plus grande connaissance des symboles maçonniques, des rites, et des résultats de l’engagement sur soi doit correspondre à chaque passage de degré.

L’Augmentation de Salaire est donc comparable à l’initiation et à l’élévation au grade de Maître. Sinon, cela pourrait ressembler à un simple « intermède » d’attente au moment fatal du passage à la Chambre du Milieu. Il faut donc que la même intensité et empathie soit recréée, re-proposée.

Les degrés de connaissance qui nous sont attribués à l’extérieur ne coïncident pas toujours avec ce qui se passe à l’intérieur

Celles-ci ne visent pas et ne doivent pas viser à réaliser de simples hiérarchies mais doivent être le résultat de notre engagement réel.

Cependant, nous sommes toujours des hommes qui vivons dans un monde réel, qui nous conditionne et nous pousse vers des solutions pas toujours optimales. Il faut avoir de l’humilité pour être plus conscient de la façon dont nos progrès formels ne sont pas toujours aussi solides et fermes en nous.

Ce n’est que lorsque l’apprenti sera prêt que son salaire sera augmenté et, devenu Compagnon, il devra à nouveau travailler profondément sur lui-même, pour pouvoir corriger les mauvais sentiments et pensées résiduels.

Si vous avez laissé suffisamment de temps à l’Apprenti et à votre partenaire pour maîtriser les instincts, si vous n’avez pas été trop pressé de le « promouvoir » et si les Maîtres ont fait leur travail avec conscience et sérieux, vous obtiendrez un excellent Apprenti et un excellent Compagnon : que s’il a bien travaillé et qu’il a été assidûment « suivi », il deviendra un nouveau professeur, qui pourra être un exemple pour les sentiments et les pensées qui l’animent ; il est devenu un homme qui sait affronter la vie avec amour et désintéressement, qui a appris à penser indépendamment de toute coercition et en harmonie avec les lois de l’éthique, soucieux de cette « aude savante » de Kant.

Il faut toujours se rappeler que la franc-maçonnerie est héritière de la pensée d’Erasme, Giordano Bruno, Locke, Hobbes, et des Lumières comme Kant, Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot ; tout cela conduit à lutter contre la superstition, les préjugés et certaines formes d’absolutisme d’origine dictatoriale ou cléricale et aussi à professer la raison, la liberté, l’égalité, la fraternité, la démocratie, le droit d’être citoyens et non sujets.

Il faut souligner que la tolérance doit avoir une place privilégiée dans l’esprit du maçon car, comme le dit Voltaire

la tolérance n’a jamais déclenché de guerre civile, l’intolérance a couvert la terre de carnage ;

c’est pour cette raison qu’on n’affirmera jamais assez qu’il faut que le Maçon sache lutter contre les coercitions et les tergiversations obscures de tout pouvoir obscurément absolutiste, afin de se présenter au monde dans l’intégralité de la valeur humaine ; valeur initialement placée par Dieu dans chaque cœur.

C’est avec cette prise de conscience que nous pourrons, dans notre existence, apprendre à être meilleurs en nous-mêmes et envers les autres. Il est important de comprendre et de pénétrer le vrai sens des rites initiatiques, en changeant ses attitudes même dans le monde profane, en essayant de transmettre des principes maçonniques, sans penser à être meilleur que les autres ou pire que ceux qui transforment leur savoir en arrogance.