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Et si le voyage écologique était maçonnique (et vice-versa) ?

De notre confrère Low-Tech Journal – lowtechjournal.fr – Par Jacques Tiberi

Préférer le chemin à la destination : voilà un principe sur lequel tous les rituels maçonniques s’accordent. Appliqué à notre vie profane, il transforme notre approche du voyage, l’éloigne du tourisme consumériste et le rapproche d’une de l’écologie.

Le paradoxe du voyageur contemporain, c’est qu’il tue l’objet de son plaisir. À chaque fois que le touriste foule le sol d’une merveille du monde, il contribue à la détruire, impitoyablement. Le tourisme est un luxe. Celui d’une minorité qui, forte de son pouvoir d’achat, s’amuse à traverser un lieu étranger, dont il exploite les ressources, sans aucun égard pour l’empreinte qu’il y laissera. Une forme de blitz colonisation.                                              

À l’opposé, prenez la famille Poussin. Elle n’a probablement rien d’écolo. Et pourtant, elle pratique un éco-tourisme innovant et à vélo, en associant le tandem de papa-maman à la carriole de Léane (8 ans) qui tracte la remorque de Chouky, un bichon-maltais. Un moyen de transport étonnant, mais surtout pratique, bien plus écolo qu’une voiture, et simple puisqu’ils l’ont fabriqué eux-mêmes.

Mais ce “carvélo” n’est pas qu’une simple alternative à la voiture. Car cela va bien plus loin : c’est une véritable transformation du concept même de “voyage en famille” que proposent les Poussin.

Le tourisme moderne n’a rien d’un voyage !

En maçonnerie, le voyage est toujours une quête de soi, une rencontre avec soi-même. Une façon d’aller voir là-bas si on y est. Cette philosophie a donné naissance au Grand Tour (d’Europe) qui formait la jeunesse aristocratique du XVIIIè siècle au début du XXè.

Mais point d’initiation dans le tourisme “de masse” moderne. On se rue vers une destination où l’on croit trouver autre chose que son quotidien… et où l’on ne retrouve que sa zone de confort. Les seuls obstacles que l’on rencontre sont la douane, la lutte pour choper un taxi ou le combat contre la tourista.

Alors qu’un voyage maçonnique se compose d’une préparation, d’une épreuve qui symbolise la mort et d’une renaissance, le voyage touristique contemporain se borne à acheter d’un billet hors de prix, pour se livrer sur place à une orgie dépensière, puis un revenir au bercail et retourner au boulot. Ce n’est pas un cycle, c’est un cercle vicieux !

Voyager écolo ?

Au contraire, la démarche du voyage écologique est bien plus proche de la philosophie maçonnique. Mais d’abord, que veut dire “voyage écologique” ?

Tout commence par un recentrage sur l’essentiel, aussi bien en matière d’hygiène, d’alimentation, de confort thermique, de mobilité, de numérique, etc… “Ai-je vraiment besoin de prendre une douche tous les jours, d’un smartphone, de manger des animaux morts, de racheter un nouveau jean dès qu’il se déchire… ?” Un recentrage et un questionnement qui permettent de dépasser ces diktats consuméristes, pour reléguer le superflu au rang de “luxe” et de vanité.

Le but, c’est le chemin

Cette définition devrait conduire un(e) passionné(e) de voyages à tirer un trait sur les destinations lointaines accessibles en avion, pour se concentrer sur des lieux accessibles à pied, en vélo, en auto-stop, en train, en bateau à voile ou les cinq à la fois. Ça laisse quand même de la marge pour partir à la découverte de l’autre.

Alors, c’est vrai : ça oblige à réapprendre à voyager. Et même à redéfinir le sens du voyage. Où est l’essentiel : dans la destination, ou dans l’expérience, le “tour”, la promenade, le sentier de grande randonnée, l’euro-véloroute, la colline tout là-bas, l’effort, le plaisir, le couchsurfing, le gîte, le bivouac… et les rencontres. L’aventure humaine quoi ! Prendre un billet d’avion et acheter un guide de voyage… C’est un truc inventé par les vendeurs de pneus ! Au passage, saviez-vous que le guide Michelin a été inventé par la fameuse marque au bibendum pour forcer les Français à user leurs pneus en roulant, non plus sur les routes nationales bien goudronnées, mais sur de petites routes de campagne en quête d’une bonne table perdue au fin fond d’on-ne-sait-où ?

Se creuser la tête pour imaginer une aventure bas carbone, accessible à toutes et tous, ludique et pimentée : le voyage écolo est initiatique !

J’entends déjà s’élever les voix… Vade retro modèle Amish ! V.I.T.R.I.O.L* oui, New-âge, non !

Pourtant, il ne s’agit pas de rejeter l’idée de tourisme, mais de la remettre au service de l’humain et du vivant. On peut donc être écolo et prendre un co-voiturage, un train de nuit, un équipement de qualité. Mais, de grâce, halte aux “semaines sans prise de tête à deux heures de charter”, aux parcs à thème et les complexes hôteliers désertés neuf mois sur douze, aux hotspots artificialisés, surfréquentés et pollués !

L’esprit du voyage écolo, c’est juste d’avoir assez de répondre à son envie d’ailleurs, sans que cela provoque une trop grande nuisance écologique ou sociale.

En un mot : il s’agit de discernement. Une volonté de réintroduire des limites à nos déplacements, parce qu’ils consomment toujours plus d’énergie – et souvent “d’énergie grise”, c’est-à-dire non comptabilisée et invisible dans les statistiques officielles. “Euh frangin, c’est obligatoire de faire une visio ? On est que deux pour cette réunion. On ne peut pas juste se passer un coup de fil ?”

Révolution douce en cours

Vous l’avez compris : on entre dans une recherche systématique de frugalité, dans tous les domaines.

En matière de voyage, on préfèrera donc une visite “classique” de l’Italie à une action écolo-humanitaire pour installer des panneaux solaires en Ouganda (pour aider les ONG locales, faites des dons et laissez les équipes locales faire le reste).

Effectuer un voyage écolo, c’est partager sa démarche maçonnique avec sa famille. C’est se retrouver tous ensemble à planifier un road trip collectif à vélo ou à pied accompagné d’un âne, une remontée de la Seine en Canoë, une semaine à caboter sur un voilier monocoque, une traversée de la France en Rosalie… et pour les plus téméraires et fans du PSG, pourquoi pas un aller-retour Nantes-Paris en char à voile !

Les embarquer dans la préparation de ce voyage, chercher comment faire avec moins de pétrole et d’électricité, c’est déjà une initiation en soi.

Chercher à réduire la place de l’argent dans sa vie, en la remplaçant par l’amitié et la fraternité, en rejoignant une asso, une communauté, avec qui partager son périple, échanger des moyens de transport, un hébergement, des services et des outils… C’est déjà une façon de transformer sa vie.

www.lowtechjournal.fr

Vivre ensemble une aventure authentique, pas toujours confortable, avec ses bourrasques et ses coups de chaud, ses ensauvagements, ses drôles de rencontres et ses coups de pompe, renouer avec l’émerveillement de l’enfance… c’est là le sel du voyage, la source du réenchantement. Bref, voyageons pour nous sentir vivants !

  • Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.

Jacques Tiberi est journaliste, rédacteur en chef du Low-Tech Journal, magazine dédié technologies douces, qui a récemment publié un hors-série intitulé “Voyages sans pétrole ni électricité (www.lowtechjournal.fr)

Un conférencier extérieur peut-il animer efficacement une Tenue ?

De nombreuses Loges s’interrogent sur le bien-fondé de faire intervenir un conférencier extérieur. Est-ce bénéfique pour l’Atelier ? Est-ce autorisé par l’Obédience ? Quels sont les bénéfices ? … nous avons interrogé un spécialiste de cette question en la personne de notre chroniqueur Jacques Carletto qui pratique en Loge partout en France et ailleurs depuis des années.

Quel est votre avis sur cette question Jacques Carletto ?

Proposer un conférencier extérieur est une façon d’ouvrir les regards d’un atelier sur d’autres visions, qu’elles soient profanes ou maçonniques. Dans le dernier cas, ce peut être une façon de « voyager » tant pour les Maîtres et Compagnons que pour les Apprentis qui découvrent que le chemin maçonnique est parfois semé d’imperfections…Dans le cas d’invités profanes, l’intervention d’un conférencier extérieur ayant publié plus de 10 ouvrages maçonniques et étant lui-même Directeur de collection maçonnique (DERVY) est un gage de notoriété pour le contenu de la conférence.

Est-il utile ou nécessaire que l’Obédience donne son autorisation ?

Après plus de 40 conférences dans 8 Obédiences différentes, l’expérience prouve que cette autorisation semble parfois obligatoire et semble parfois laissée à l’appréciation du Vénérable et de son collège d’Officiers. Que chacun fasse au mieux. Ne sommes nous pas des maçons libres dans une organisation démocratique ?

Quel est le secret d’une bonne intervention en Loge ?

Une intervention brève : suivie de questions/réponses permet une durée de 40 mn largement suffisante compte tenu d’un Ordre du jour classique et de la durée habituelle du Rituel d’une Tenue.

Quel sont vos thèmes d’interventions et l’utilité pour les travaux de la Loge ?

• Sur la forme = j’utilise une conférence orale illustrée de video projection de dessins d’humour.
NB/Je fournis Ordi et vidéoprojecteur. L’Atelier prévoit un grand écran « (minimum 140 cm de large) placé entre les colonnes ou sur porte d’entrée
• Sur le fond= Le Ton très sérieux de mon discours est pris à contrepied par mes dessins d’humour qui sont un clin d’œil malicieux aux imperfections du cheminement maçonnique.

En ce qui concerne « l’utilité » je constate, par la multiplicité des questions qui suivent, que la conférence éveille des centres d’intérêts tant sociétaux que philosophiques ou ésotériques. Ceci me semble un éveil positif aux autres comme une introspection salutaire pour soi. Quand il s’agit d’une TBO les Ateliers me confirment la mise en route de nouvelles candidatures dans la semaine qui suit. Mais j’en remets le mérite essentiel aux organisateurs qui ont su inviter les candidats ad hoc.- Mon intervention confirme simplement qu’une Organisation qui peut faire de l’humour sur ses imperfections relève rarement d’une SECTE…

Vous êtes rodé à l’exercice, expliquez-nous les recettes d’une bonne conférence en Loge (durée, rythme…)

Mon intervention : Discours et projection concomitante= durent 16 mn
Les questions/réponses qui suivent durent en général 30 mn et c’est le Vénérable Maître qui les gère.
Quand il s’agit d’une TBO, seuls les Officiers sont décorés. Les membres de l’atelier peuvent ainsi répondre par témoignages « anonymes » de ce qu’ils connaissent ou dont ils ont pu prendre connaissance par personnes interposées.

Est-ce que cela coûte cher de faire intervenir un conférencier extérieur ?

J’interviens gracieusement en Ile de France
Si déplacement province = compter un billet SNCF tarif Senior.
Pour éviter des frais d’hôtellerie je suis régulièrement invité chez un Frère ou une Sœur après tenue et je reprends le train le jour suivant.
Lorsque les participants à la conférence veulent en savoir plus sur les activités
de l’orateur => des dédicaces d’ouvrages peuvent avoir lieu lors des agapes qui suivent, en général.

Selon votre expérience, préconisez-vous une Tenue classique, une TBO ou une conférence ?

Mes conférences se déroulent lors de Tenues classiques OU TBO
Deux de mes conférences sont réservées aux initiés et initiées :
• L’humour maçonnique est-il une thérapie ?
• Y a-t-il une méthode maçonnique ?
Une de mes conférences peut être utilisée en TBO :
• Le Franc-Maçon est-il un original ?
NB/ Original est sémantiquement ambivalent. Un euphémisme pour signifier que le FM pourrait être quelqu’un de « décalé »… ce qui est à la fois vrai et faux, et que l’humour souligne avec poésie.

Pour découvrir les travaux, vidéos et expériences de Jissey (Jacques Carletto) visitez sa fiche et écrivez-lui

Les francs-maçons mettent les cavaliers handicapés en selle avec une subvention de 10 000 £

De notre confrère expressandstar.com – Par Mark Andrews

Un organisme de bienfaisance qui encourage les personnes handicapées et défavorisées à faire de l’équitation a reçu un gros coup de pouce grâce à une subvention de 10 000 £ des francs-maçons [NDLR : soit 11 126,92 €].

L’argent permettra au Cavalier Centre, basé dans le Shropshire, qui utilise 14 chevaux et poneys pour fournir un soutien aux personnes handicapées des West Midlands, d’étendre ses opérations.

L’organisme de bienfaisance, qui est dirigé par cinq membres du personnel et 200 bénévoles, gère un centre équestre à Much Wenlock.

Il propose une gamme de programmes pour améliorer la santé physique, mentale et émotionnelle grâce à l’activité équestre.

Le centre, à Bradley Farm à Farley, dessert 140 cavaliers et chauffeurs de calèche réguliers du Shropshire, du Staffordshire, du Black Country, du Worcestershire et de Birmingham par le biais du programme Riders for the Disabled. Elle vient également en aide à 100 autres personnes par le biais de ses activités ponctuelles.

Il s’agit notamment de séances tranquilles avec des poneys, visant à aider les personnes souffrant de dépression ou d’anxiété.

Il organise également des séances thérapeutiques de soins aux poneys destinées aux enfants à besoins éducatifs particuliers ou handicapés, ou pris en charge par les services sociaux.

Les séances d’équitation et d’attelage du centre aident les personnes handicapées à améliorer leur coordination, leur équilibre, leur communication et leurs habiletés sociales.

Il gère également le programme pionnier At Home with Horses qui s’adresse aux enfants et aux familles confrontés à un traumatisme, y compris les réfugiés.

Il gère également un programme de renforcement de la confiance pour les personnes qui surmontent des obstacles ou qui cherchent à réintégrer le marché du travail ou l’éducation.

Pour les personnes âgées, le centre propose également des séances régulières de « thé avec un poney » pour favoriser la conversation et la connexion pour les personnes atteintes de démence, leurs familles et leurs soignants.

La subvention de la Masonic Charitable Foundation, étalée sur deux ans, financera en partie le salaire d’un membre du personnel, lui permettant d’étendre ses opérations.

La directrice du Cavalier Center, Rachel Lambert-Jones, a déclaré que la subvention ferait une grande différence.

« Cela signifie que nous pouvons aller plus loin dans la communauté et nous assurer que les personnes qui bénéficieraient de passer du temps avec nos chevaux et les gens pourront le faire.

Masonic Charitable Foundation

« Il est difficile de mettre des mots sur les changements que nous constatons chez nos participants, mais nos chevaux opèrent une sorte de magie particulière.

« C’est une telle joie de les voir grandir en confiance et en capacité.

« Nous sommes extrêmement reconnaissants à la Masonic Charitable Foundation d’avoir reconnu notre travail de cette manière. »

La franc-maçonnerie se raconte : le Grand Maître invité à Monza

De notre confrère italien ilcittadinomb.it – Par Christian Pouglisi

Stefano Bisi, journaliste siennois au sommet du Grand Orient d’Italie, invité par les Lions à Monza : l’occasion de parler de la franc-maçonnerie. Les « secrets » de la Franc-maçonnerie au centre d’une soirée organisée au Sporting Club par le Lions Club Monza Corona Ferrea (présidé par Edoardo Cavallé) avec un invité d’exception : le Grand Maître du Grand Orient d’Italie, Stefano Bisi*. 

Tenu mercredi soir dernier, le rendez-vous, réalisé en collaboration avec les autres Lions de Monza et avec les clubs de Desio et de Lissone, a été l’occasion de réaliser une interview sur le rôle de la franc-maçonnerie dans la société italienne.

Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie ? Et quelle contribution a-t-elle apportée à l’histoire de notre pays ?
« Dans notre siège national à Rome, il y a la salle des grands maîtres, avec toutes leurs photos : l’un d’eux était Giuseppe Garibaldi, un autre Ernesto Nathan, maire de Rome. Parmi les francs-maçons, il y a eu des personnalités qui ont beaucoup donné à l’histoire italienne. Pensez, par exemple, à Mario Cevolotto , à qui l’on doit l’article 1 de la Constitution. Beaucoup l’ignorent, mais l’Italie regorge d’histoires et de symboles liés à la Franc-maçonnerie, même dans les petites villes. La Franc-maçonnerie peut se connaître par l’étude et la lecture, même si la curiosité des gens vise plus souvent à connaître le nom de ses membres. Expliquer ce qu’est la Franc-maçonnerie est cependant plus difficile. C’est le vrai « secret maçonnique » : vous ne pouvez pas définir une telle expérience si vous ne la vivez pas ».

L’image de la Franc-maçonnerie en Italie a été à un moment « sali » par l’histoire de la loge P2…
« La P2 a été une page noire dans la vie du Grand Orient, qui est une confédération de loges : aujourd’hui il y en a 864 dans toute l’Italie . La Loge « Propagande » est née à l’origine à la fin du XIXe siècle, pour accueillir des personnes ayant des rôles politiques ou institutionnels importants et a été mise en place pour la raison inverse de ce que l’on pense, c’est-à-dire pour empêcher quelqu’un, en vertu de la contrainte de confrérie, a profité de la présence de frères illustres pour demander un soutien pas toujours légitime. Le P2 dans les années soixante-dix a été transformé, sous la direction de Licio Gelli, en quelque chose qui n’était plus une loge. Les frères du Grand Orient s’en aperçoivent et Gelli est expulsé. Une loge où les frères se réunissent le soir ,dans leur quartier général, revêtent les vêtements, allument les trois lumières et effectuent les travaux rituels, qui concernent des sujets de nature symbolique »

Dans le Grand Orient d’Italie coexistent divers rites, chacun avec son propre système de « degrés« : parmi ceux-ci le rite « égyptien » de Memphis-Misraïm et le Rite Ecossais Ancien et Accepté . Comment ça marche?
« La Franc-maçonnerie comporte trois degrés : apprenti, compagnon et maître. Le troisième complète le chemin. Ensuite, il y a ce que l’on peut appeler des « insights ». Ceux qui ont atteint le rang de maître peuvent choisir de rejoindre un corps rituel. Cependant, et je ne veux pas amoindrir leur rôle, ce qui compte, c’est le cheminement depuis l’apprenti, c’est-à-dire depuis le moment où l’on est initié, jusqu’au maître. En Italie, il y a 17 000 maîtres sur 23 000 maçons ».

Quelle est la relation entre l’Église et la Franc-maçonnerie aujourd’hui ? L’impression est qu’après la coexistence difficile du passé, les choses ont changé.
« Au XIXe siècle, l’anticléricalisme était un trait distinctif des francs-maçons. Mais le monde change. L’excommunication de 1738 n’est plus dans le Code de droit canonique depuis 1983. Le cardinal Ratzinger de l’époque, en accord avec le pape, s’est empressé de préciser comment les francs-maçons étaient de toute façon en état de péché grave. Aujourd’hui, les prêtres de nombreuses paroisses donnent encore la communion aux francs-maçons. Le 27 septembre dernier, j’ai été frappé par le fait que, lors de l’inauguration de la maison maçonnique de Terni, outre les autorités civiles, l’évêque était également présent pour la coupe du ruban ».

On demande souvent à la Franc-maçonnerie de rendre publics les noms de ses membres…
« Cette histoire vient de loin. Pendant le fascisme, les squadristes, dans les attaques contre nos bureaux, ont voulu s’emparer des listes des francs-maçons. Cette demande a ensuite été reçue à plusieurs reprises, comme lors des deux auditions que j’ai tenues il y a quelques années devant la Commission parlementaire anti-mafia, à l’époque présidée par l’honorable Rosy Bindi. Le 1er mars 2017, la commission a saisi des listes de frères de 1990 à 2017, y compris ceux qui étaient morts, ceux qui avaient été expulsés et ceux qui étaient « endormis ». »

Ici, en effet, lorsqu’un franc-maçon veut quitter l’institution maçonnique, on dit qu’il est « endormi ». Peut-on vraiment sortir de la Franc-maçonnerie ?
« Un prêtre reste toujours un prêtre, donc un maçon reste toujours un maçon. Il y a, tout simplement, un détachement des œuvres rituelles».

Stefano Bisi

* Le Grand Maître Stefano Bisi est à la tête du Grand Orient d’Italie depuis le 6 avril 2014 et en est à son deuxième mandat pour la période quinquennale 2019-2024.

Né à Sienne le 15 octobre 1957, il appartient depuis 1982 à la Loge Montaperti (722) de sa ville. Avant d’être élu Grand Maître, Bisi a occupé de nombreuses fonctions, locales et nationales, et a gouverné le Collège Circonscriptionnel de Toscane pendant deux mandats, de 2007 à 2013. Il appartient au Rite York et est le 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Journaliste, il est diplômé en Sciences de l’Administration de la Faculté des Sciences Politiques de l’Université de Sienne, et sa profession est le couronnement d’un rêve qu’il a mûri à l’école. Il a travaillé dans les périodiques « Siena Nord » et « La Gazzetta di Siena », et, en tant que réalisateur, dans les diffuseurs « Antenna Radio Esse » et « Televideosiena ».

Sceau du Grand Orient d’Italie

Il a été directeur adjoint du Groupe Corriere, qui comprend les éditions de Pérouse, Terni, Sienne, Arezzo, Grosseto, Rieti et Viterbe. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « Mitre et Compas », consacrés aux relations entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie, la « Feuille de route maçonnique de Sienne », « Massofobia », « Carnet de voyage. Notes d’une traversée » et co-auteur de « Maires en rouge » (avec Vittorio Feltri et Renato Brunetta), « Maires en noir et blanc » et de « Massoneria FAQ. ».

Il a reçu les prix « Paolo Maccherini », « Journaliste sportif de l’année », « Porsenna », « Medioevo presente ». Il est Officier de l’Ordre du Mérite de la République.

Source : Grand Orient d’Italie (GOI)

Colloque public de la Commission Nationale de la Laïcité : « Sport et République, agir dans la Cité pour l’universalisme et contre les communautarismes »

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Nous vous en parlions dans notre édition du 30 novembre dernier. Cette manifestation a été entièrement enregistrée et nous avons le plaisir de la partager aujourd’hui. Le 10 décembre 2022 a eu lieu le Colloque public de la Commission Nationale de la Laïcité : « Sport et République, agir dans la Cité pour l’universalisme et contre les communautarismes »

La Commission Nationale de la Laïcité de la Grande Loge Féminine de France dans le cadre des Rencontres de la GLFF organise le samedi 10 décembre 2022 de 15h00 à 17h30 un colloque public sur le thème de « Sport et République, agir dans la Cité pour l’universalisme et contre les communautarismes » en présence de la Grande Maîtresse Catherine Lyautey et de l’Ancienne Ministre des Sports Marie-Georges Buffet.

INTRODUCTION
par Véronique BURY-DAGOT Présidente de la Commission Nationale de la Laïcité de la GLFF

ÉCOLE, SPORT, LAÏCITÉ, TOUS GAGNANTS par Jean-Michel SAUTREAU Ancien Président de l’Union Sportive de l’Enseignement du Premier degré Ancien membre du Conseil d’Administration du Comité National Olympique et Sportif Français

LA LAÏCITÉ GARANTE DE L’UNIVERSALITÉ DES DROITS DANS LE SPORT par Marie-Georges BUFFET Ancienne Ministre des Sports Ancienne Députée

CONCLUSION par Catherine LYAUTEY Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France

https://glff.org/10-decembre-2022-col…
Réalisation Christophe Hély / https://productionmedia.fr/

Les Sentiers Initiatiques : Le Mutus Liber – Décodage par Patrick Burensteinas

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Le Mutus Liber, ou Livre muet est un ouvrage de philosophie hermétique paru à La Rochelle en 1677. Il figure parmi les recueils majeurs d’alchimie de son époque, au même titre que l’Atalanta Fugiens de Michael Maier. Il fait régulièrement l’objet de nombreuses rééditions. Composé principalement de planches illustrées le Mutus Liber suscite des interprétations contradictoires.

Son explication a longtemps été l’apanage d’auteurs comme Eugène Canseliet et Serge Hutin, qui se revendiquaient alchimistes initiés. Des travaux plus récents s’attachent à l’étudier dans sa réalité historique.

Éditions

La première édition du Mutus Liber date de 1677, chez Pierre Savouret à La Rochelle. Le tirage n’a pas dû dépasser quelques dizaines de livres. Douze exemplaires originaux sont conservés dans les principales bibliothèques occidentales. Il est possible que davantage d’exemplaires existent.

Mutus Liber, édition originale de 1677

Dès 1702, une seconde édition avec de nouvelles gravures est faite à Genève sous la direction de Jean-Antoine Chouet et Jean-Jacques Manget.

Eugène Canseliet affirme qu’il a vu quelques pages d’une édition parisienne qui daterait de 1725. Mais cette édition n’est pas établie. C’est vers 1760 qu’une troisième version du Mutus Liber est entièrement gravée à neuf à Paris. Cette troisième édition est rarissime.

Tombé temporairement dans l’oubli, le Mutus Liber connaît un regain éditorial dans la seconde moitié du xixe siècle. Depuis le début du xxe siècle, les éditions se sont multipliées parfois accompagnées de préfaces qui présentent plus ou moins clairement son contenu. Les principales éditions du Mutus Liber sont les suivantes :

1867, chez Thibaud éditeur à Clermont-Ferrand ;
1914, Éditions Nourry, préface de Pierre Dujols alias Magophon ;
1943, Paul Derain éditeur ;
1966, Éditions Pauvert, préface d’Eugène Canseliet ;
1967, Éditions L’Unité, préface de Serge Hutin ;
2015, Éditions à l’envers, édition limitée en taille-douce (facilement-similé) sur la base des gravures de 1677.

Histoire des attributions

Le Mutus Liber précise le nom de son auteur et de son inventeur. Le premier est Altus, « savant en haute chimie d’Hermès ». Le second est Jacob Saulat, sieur des Marez. Si ces affirmations ont rapidement été tenues pour fictives, la question de l’auteur du Mutus Liber est longuement restée en suspens. Le R.P. Arcère, historien de La Rochelle, affirme que Jabob Tollé en est l’auteur. Personnage méconnu par les historiens, son existence a même été mise en doute. Toutefois, Tollé est un médecin rochelais réputé à son époque pour pratiquer la chimie et maîtriser la perspective. Ces deux qualités expliquent que cette attribution soit admise durablement. Depuis l’article de Jean Flouret, il est établi que l’auteur du Mutus Liber est Isaac Baulot.

En s’appuyant sur des indices du Mutus Liber et des documents contemporains, Patrick Sembel propose l’implication de trois personnes autour d’Isaac Baulot. Abraham Thévenin a probablement participé au travail de gravure, comme en atteste la présence de son symbole monétaire sur la première page gravée du Mutus Liber. Élie Bouhéreau et Élie Richard ont dû contribuer à la conception du livre. Médecins, lettrés, pratiquant la chimie, ils possèdent des relations nombreuses qui facilitent la publication du livre. Élie Richard étudie à Groningue avec Samuel Des Maretz, philosophe dont le patronyme est utilisé pour désigner celui qui aurait découvert le Mutus Liber. Élie Bouhéreau connaît Valentin Conrard, secrétaire de l’Académie française, ainsi que de nombreux auteurs et philosophes majeurs de cette époque. C’est lui qui désigne Isaac Baulot comme étant l’auteur du Mutus Liber.

Interprétations

Mutus Liber, édition originale de 1677

La forme du Mutus Liber explique qu’il fait l’objet de nombreuses interprétations. Il est possible de distinguer quatre types de lectures.

L’interprétation la plus répandue est celle des « initiés alchimistes » inaugurée par Pierre Dujols, sous le pseudonyme de Magophon. Elle est prolongée par Eugène Canseliet et Serge Hutin. Ces auteurs disent que le Mutus Liber présente la démarche à suivre pour l’accomplissement du Grand œuvre dont le but est d’obtenir la pierre philosophale.

Le psychanalyste Carl Gustav Jung a étudié et possédé un exemplaire du Mutus Liber de 1677. Il l’a utilisé notamment pour illustrer son ouvrage intitulé Psychologie et alchimie. Dans ce livre Jung explique que l’alchimie est une pensée spéculative à la recherche d’un équilibre spirituel dont la forme métaphorique est la pierre philosophale. Ce processus s’accompagne de la création d’un répertoire d’images mentales, ou archétypes, qui s’agrègent progressivement en un inconscient collectif.

Plus récemment, Lee Stavenhagen s’est intéressé à la structure narrative utilisée pour illustrer le Mutus Liber.

Dans leurs recherches Jean Flouret et Patrick Sembel s’attachent à cerner le contenu du Mutus Liber en l’inscrivant dans le contexte religieux, intellectuel et scientifique qui est le sien.

Notes et références

  1. Jean Flouret, « À propos de l’auteur du Mutus Liber », Revue française d’histoire du livre, no 11 – N.S., avril-juin 1976, p. 206-211.
  2. ↑ Patrick Sembel, Hermès Atlantique, Le Mutus Liber, 1677, L’éloge d’éther, 2015, 65 p. (ISBN 978-2-9555442-0-4).
  3. ↑ Louis-Étienne Arcère, Histoire de la ville de La Rochelle et du Pays d’Aunis, tome 2, chez Desbordes, La Rochelle, 1757, p. 394.
  4. ↑ Balthasar de Monconys, Journal des Voyages, Lyon, Boissat & Remeus, 1665, p. 20
  5. ↑ Pierre Dujols, alias Magophon, Hypotypose du Mutus Liber, Paris, Éditions Nourry, 1914.
  6. ↑ Eugène Canseliet, L’Alchimie et son livre muet, Paris, Pauvert, 1967.
  7. ↑ Serge Hutin, Commentaires sur le Mutus Liber, Paris, Le lien, 1967.
  8. ↑ Carl Gustav Jung, Psychologie et Alchimie, Buchet/Chastel, 1970, 756 p.
  9. ↑ Lee Stavenhagen, « Narrative Illustration Techniques and the Mute Books of Alchemy », Explorations in Renaissance Culture, vol. 5 (1979), 56-69.

04/02/23 : Journée internationale de la fraternité humaine

Les Nations Unies ont décidé de faire du 4 février, jour anniversaire de la signature du « Document pour la fraternité humaine » par le pape François et le grand imam Ahmad Al-Tayyeb en 2019, une « Journée internationale de la fraternité humaine ». Les États membres sont invités à inscrire cette célébration dans leur calendrier à partir de 2021.

C’est une résolution à forte portée symbolique qu’ont adopté à l’unanimité les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies, mardi 22 décembre. À compter de l’année 2021, le 4 février sera consacré à la « Journée internationale de la fraternité humaine ». La résolution était portée par l’Égypte, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, la Guinée équatoriale, le Maroc, le Burkina Faso et le Venezuela.

Le pape François salue le grand imam égyptien Azhar Ahmed Al-Tayeb après avoir signé des documents lors de la réunion de la fraternité humaine au Mémorial des fondateurs à Abu Dhabi le 4 février 2019.

○ Pour la paix mondiale et la coexistence commune

Le 5 décembre 2019, le Haut comité pour le Document pour la fraternité humaine avait proposé dans une lettre signée par le pape François, actuel évêque de Rome, chef d’État du Vatican et 266e pape de l’Église catholique, et l’imam Ahmad Al-Tayyeb l’instauration d’une « Journée mondiale de la fraternité humaine ».

Ce comité, présidé par le cardinal Miguel Angel Ayuso Guixot, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, est chargé de faire appliquer les engagements du « Document sur la fraternité humaine », signé à Abou Dabi. Il s’agit d’une liste d’engagements en matière de dialogue interreligieux et de lutte contre les discriminations et violences religieuses.

Chaîne d’Union

○ Célébrer cette journée « de la manière la plus appropriée »

À cette occasion, les États membres et toutes les organisations civiles et privées sont invitées à célébrer cette Journée « de la manière qu’ils jugeront la plus appropriée ». Ces célébrations doivent être financées « au moyen de contributions volontaires uniquement », souligne la résolution.

○ Rejeter la « haine et violence » au nom de Dieu

La résolution invite aussi tous les États membres à « continuer d’œuvrer pour une culture de paix afin de contribuer à la paix et au développement durable ». Cela passe notamment, selon le document, par la mobilisation des « efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de la tolérance, de l’inclusion, de la compréhension et de la solidarité ».

Quid de la fraternité maçonnique ?

La fraternité, du latin fraternitas, dérivé de frater (« frère »), cette valeur fondamentale tant chérie par les Francs-Maçons, et principe républicain, est cependant dans la bouche et les planches – de nombreux Frères mais peu dans des actes concrets

Et pourtant, dans ses Constitutions, le pasteur presbytérien James Anderson (1684-1739) indique les valeurs que le Maçon doit faire siennes. Il y est question d’honneur, de bienfaisance, d’honnêteté, d’obéissance à la loi morale, de liberté de conscience, de dignité, de respect des institutions mais aussi d’amour fraternel !

Le 27 mars 1953, le gouvernement canadien a présenté 7 portes d’entrée destinées à l’édifice de l’Assemblée générale, au Siège de l’ONU à New York. Des panneaux en bas-relief y symbolisent la fraternité (en médaillon), la paix, la justice et la vérité. Photo Nations Unies

Sources : Diocèse de Besançon, site des Nations-Unies, Wikipédia, Wikimedia Commons, Adobe Stock

La Franc-maçonnerie au Liban

De notre confrère thesquaremagazine.com

C’est la Grande Loge d’Ecosse et, de manière quelque peu surprenante, la Grande Loge de New York, qui ont été responsables de certaines des loges régulières situées dans ce pays. La première loge écossaise a été formée à Beyrouth en 1862, travaillant en français. Après plusieurs périodes d’inactivité, elle cessa ses activités en 1895. Quatre autres loges écossaises furent érigées au Liban jusqu’à l’époque de la Première Guerre mondiale, mais seules certaines d’entre elles ressuscitèrent par la suite.

Le Liban a une histoire maçonnique sans précédent.

Le Grand Orient de France était ensuite au Liban, formant une loge en 1869, travaillant en arabe. Deux autres loges ont suivi.

Aucune n’a survécu à la Première Guerre mondiale. D’autres nouvelles loges formées avant la Grande Guerre étaient une loge à Beyrouth sous la Grande Loge ottomane (plus tard la Grande Loge de Turquie), et une loge sous la Grande Loge nationale d’Égypte, érigée vers 1914.

Un certain nombre d’autres loges garanties par l’Égypte ont été affrétées par la suite, et après la Première Guerre mondiale, elles ont été formées en une grande loge de district.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il semblerait que ces loges étaient éteintes, fusionnées ou séparées en divers faux corps « maçonniques ».

Une exception semble être un « Grand Orient du Liban », fondé en 1938, issu de la Grande Loge d’Egypte et de la Grande Loge d’Ecosse qui existe encore aujourd’hui, et avec un succès relatif.

Jusqu’à ces dernières années, cinq loges écossaises avaient survécu au Liban, quelques autres ayant moins de chance.

Les trois loges de Beyrouth se sont réunies au bien nommé Peace Lodge Building, dans la rue Beshara, à Beyrouth. Avec le début de la guerre civile libanaise en 1975, les loges écossaises ont trouvé la continuité impossible et toutes les cinq sont devenues inactives.

La première loge à charte de New York était la loge syrio-américaine n ° 1, formée en 1924 par des immigrants américano-libanais de retour. Plusieurs autres pavillons ont été érigés avant la Seconde Guerre mondiale, et par la suite.

À l’exception d’une loge érigée à l’origine en Syrie, toutes les loges à charte de New York dans son district Syrie-Liban (dix au total) ont fonctionné ces derniers temps.

Pendant la guerre civile libanaise , la plupart des loges sont devenues inactives, bien qu’au moins la loge syrio-américaine ait continué à se réunir par intermittence.

Depuis la fin de la guerre civile, seules deux des cinq loges écossaises ont repris leurs travaux, même si l’on espère que les trois restantes inactives seront restaurées à l’avenir.

Toutes les loges new-yorkaises ont repris vie après la guerre civile, bien que certaines éprouvent encore des difficultés à se réunir. Un autre lodge traditionnel a déjà été affrété au Liban.

Il s’agit de Fraternità Italo-Libanse, érigée à Jounieh en 1989 sous le Grand Orient d’Italie. Cependant, il est signalé qu’elle ne se réunit pas actuellement.

Un large éventail d’autres loges et Grandes Loges opèrent au Liban. Le Grand Orient de France dispose de deux loges à Beyrouth.

Au fil des ans, un grand nombre de Grandes Loges fausses et/ou autoconstituées ont été érigées au Liban.

D’autres incluent la Grande Loge Libanaise, la Grande Loge Fédérale du Liban, et la Grande Loge Unie pour le Liban, la Grande Loge Libanaise Unie, et une vingtaine d’autres corps dits maçonniques. 

Beaucoup de ces «grandes loges» ont une loge constituante et un « Grand Maître pour la vie ». 

Quelques-unes vendent des diplômes maçonniques à des fins lucratives. L’existence de ces fausses et peu recommandables « Grandes Loges » ne fait rien pour améliorer le profil public de la maçonnerie au Liban, ou dans le monde arabe au sens large.

Un groupe de frères maçonniques qui travaillaient sous le parrainage étranger a appelé à l’établissement, respectivement, sous les auspices du Grand Forum égyptien.

Quelque temps après la création de ces forums, et afin de faciliter la conduite des affaires en leur sein, un certain nombre de Présidents Distingués se sont rencontrés et ont présenté à Son Altesse le Prince Mohammed Ali, le Grand Maître du Grand Forum National Egyptien, une pétition dans laquelle ils espéraient établir un forum régional travaillant sous son autorité au Liban, en Syrie et en Palestine, dirigé par Son Altesse Al-DAMAD Ahmed Nami Bey en tant que grand professeur régional, et c’était au début de 1923.

JUGE RAGHEB IDRISS BEY, GRAND MAÎTRE DE LA GRANDE LOGE D’ÉGYPTE DE 1891 À 1923
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Après une longue leçon et des révisions répétées, le 30 décembre 1923, le Grand Maître d’Egypte édicta une haute ordonnance n° 535 autorisant la création d’un grand forum régional sous le nom de grand forum rural régional de Syrie et de Palestine (Liban et La Syrie était alors un seul pays) et a nommé Son Altesse Al-DAMAD Ahmed Nami Bey comme grand inspecteur régional.

La diffusion de ce plus grand forum régional travaille dur et activement jusqu’à ce que ses forums au Liban deviennent douze forums rejoints par de nombreux Fils de forums opérant sous des autorités étrangères, malgré l’amitié et la coopération qui existaient avec eux.

Après que la période légale de sept ans se soit écoulée depuis la création du grand forum régional, les frères ont fait appel aux présidents du Liban et le 22 juin 1930, ils ont soumis une pétition à Son Excellence le Grand Maître du grand forum national égyptien, M. Mohamed Fahmy Bey, dans laquelle ils ont demandé l’octroi de l’indépendance au Grand forum rural régional sous le nom de Grand Orient du Liban.

Cette pétition a été signée par le Grand Maître régional, Son Altesse DAMAD Ahmed Nami Bey, représentant le forum Rashid n° 225, le forum Beyrouth n° 226, le forum force n° 224, le forum Walid n° 246 et l’Union n° 240 et le forum de la connaissance n° 247 à l’est de Beyrouth, le forum de Phénicie n° 237 à l’est de Hadath au Mont-Liban, le forum du port d’Amin n° 245 et l’Hermon n° 238 à l’est de Tripoli, le forum Hermon n° 242 à l’est de Rashaya al- Wadi, forum Bekaa al-Aziz n° 250 dans l’est de Zahlé et forum Hermel n° 252 dans l’est d’Hermel.

Les distingués frères Amin Abu Morshed, Badie alhashem, Georgy bendley, Kamel Gemayel et Elias almadour, membres du Haut Conseil égyptien, Jamil al-Khatib, président du forum Al-Waleed, Tawfik Abu Morshed, président du Hermon Rashia Forum, Mahmoud Abu Hamza, président du Knowledge Forum, Awad Ibrahim, président du forum Bekaa, Farhan al-Emad, président du forum Hermel, George bendley, président du forum Al-Mina Al-Amin, et Alexander bendley, président du forum Hermon Tripoli, également signé avec lui.

Cette pétition a été renvoyée au Comité permanent, qui s’est réuni le 15 octobre 1930 et a approuvé à l’unanimité la création du Grand Est libanais indépendant et l’a signalé à toutes les autorités alliées au Grand Forum national égyptien.

Le 20 octobre 1930, le Grand Maître Mohammed Fahmy Bey publia une ordonnance n° 637 déclarant le Grand Orient du Liban une autorité maçonnique indépendante et souveraine, et Son Altesse Al-DAMAD Ahmad Nami Bey assuma l’autorité du Grand Maître.

AHMAD NAMI HABILLÉ EN TENUE MAÇONNIQUE COMPLÈTE EN 1925.
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

La Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, et les autorités mandataires au Liban ordonnent la fermeture des forums à toutes ses aurores, si bien qu’à la fin de la guerre, le Grand Orient du Liban se remet au travail sous la présidence du grand professeur d’État Sami Bey. Al-Solh.

En 1958, le grand poste de professeur a été attribué à Son Excellence frère Selim Bey Al-Turk, qui était triste de voir la franc-maçonnerie comme des partis et des diasporas, alors il a fait de son mieux pour la réunir et établir une loi moderne qui correspondait au renouvellement approprié.

En 1960, il a eu une rencontre avec le Grand Maître du Grand Forum National Syro-Libanais au Liban, Son Excellence Bashir Bek Al-Awar, et le Grand Maître du Grand Forum National Syro-Libanais en Syrie, Son Excellence Mohammed Bek Al -Meydani, et ils ont convenu d’unifier l’édifice libre. Ils se sont ensuite tous réunis sous une nouvelle Autorité maçonnique appelée le Grand Orient libanais pour le Liban et les Libanais dans les pays de la diaspora, pour être une continuation de l’autorité précédente qui portait ce nom tout en conservant son grand maître, à qui ses confrères y avaient cédé une autorité exclusive.

SAMI BEY AL-SOLH.
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Le 13 novembre 1964, le gouvernement libanais reconnut le Grand Orient du Liban comme autorité suprême de la franc-maçonnerie au Liban sous le drapeau et la nouvelle n° 235/1 D.
Le 27 novembre 1964, sous le n° 941/4 P, le Le ministre de l’Intérieur a adressé une lettre à la grande chaire l’informant que la science et l’actualité sont considérées comme un règlement du statut de tous les forums opérant au Liban depuis la date de leur création à l’époque ottomane et au-delà.
La Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, et les autorités mandataires au Liban ordonnent la fermeture des forums à toutes ses aurores, si bien qu’à la fin de la guerre, le Grand Orient du Liban se remet au travail sous la présidence du grand professeur d’État Sami Bey. Al-Solh.

Les Grands Maîtres du Grand Orient du Liban

1958 – 1960Premier ministre Sami Bey El Solh
1960 – 1970Salim bey el terek                                                       
1970 – 1973Mohammad Al Bacha (écrivain)
1973 – 1974            Bahij Chaban
1974 – 1980 Kamil Berberi
1980 – 1982 Premier ministre Rashid El Solh
1982 – 1990Moustafa Mokaddem
1990 – 1992Alexie Haye
1992 – 1993Dr Antoine Nashanakyan
1993 – 1999Dib Younès
2000 – 2003 Khalil Abou Jawdé
2004 – 2006Gaby Awad (Avocat)
2006 – 2009Ahmad Lakis
2010 – 2012 Docteur Nabil Khoury                                                     
2012 – 2014Assad Kenaan
2014 –  2014Dr Michel Khoury (Limogé) 
2015 – 2018Dr Walid Abou Dehn                                            
2018 – 2021Dr Walid Abou Dehn                                            
2021 –Dr Walid Abou Dehn                                            
GRAND MAÎTRE DR WALID ABOU DEHN
CRÉDIT IMAGE : FOURNI PAR L’AUTEUR
MEMBRES DE LA LOGE
CRÉDIT IMAGE : FOURNI PAR L’AUTEUR

Célèbres francs-maçons libanais

Les maçons libanais ont joué un rôle important en tant qu’HOMMES dans l’histoire du Liban. La franc-maçonnerie libanaise a été à la fois témoin et parfois participante aux événements qui se sont produits. De plus, les événements et les forces qui ont façonné notre monde depuis le début jusqu’à aujourd’hui nous ont influencés.

Kahlil Gibran (1883–1931) était un artiste, poète et écrivain libano-américain. Il est principalement connu dans le monde anglophone pour son livre de 1923 « The Prophet ».

KAHLIL GIBRAN, PHOTOGRAPHIE, AL-FUNOON, 1, N° 1 (AVRIL 1913)
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L’ émir Majid Arslan était une personnalité politique nationale ayant joué un rôle dans l’indépendance du Liban, un membre de longue date du Parlement libanais et un ministre du gouvernement à plusieurs reprises.  

Charles Debbas (1885 – 1935) était une personnalité politique libanaise grecque orthodoxe. Il a été le premier président du Liban.

Camille Nimr Chamoun (1900-987) a été président du Liban de 1952 à 1958.

Riad as-Solh (1894–1951) fut le premier Premier ministre du Liban (1943–1945)

Antoun Saadeh (1904-1949) était un philosophe, écrivain et homme politique libanais syrien.

Charles Habib Malik (1906-1987) était un philosophe et diplomate libanais, Malik a représenté le Liban à la conférence de San Francisco au cours de laquelle    les Nations Unies ont été    fondées.

Mikhail Naimy (1889 1988) était un auteur et poète libanais de la New York Pen League.

Bachir Gemayel (1947-1982) était un homme politique libanais, commandant de milice et président élu.

Rashid El-Solh était un homme politique libanais et ancien Premier ministre, parent de l’une des                       familles sunnites les plus puissantes du pays .

Ibrahim al-Yaziji (1847-1906) était un philologue, poète et journaliste libanais. Chrétien catholique

Adel Osseiran était un éminent homme politique et homme d’État libanais, ancien président du Parlement libanais et l’un des pères fondateurs de la République libanaise.

02/03/2023 : à St-Brieuc « Joséphine Baker, un pli pour vous… »

Joséphine Baker, femme au destin exceptionnel, visionnaire d’un monde fraternel, n’a pas fait que danser et chanter ! Elle s’est engagée dans la résistance, a lutté contre le racisme et a ouvert largement son cœur en adoptant douze enfants de races, religions et cultures différentes (sa « tribu arc en ciel »). Rêve splendide mais démesuré ! Dans cette pièce créée et magistralement interprétée par Pierrette DUPOYET, nous la retrouvons au moment où elle doit affronter les huissiers venus l’expulser de son Château des Milandes…

Ce spectacle présenté au festival d’Avignon et salué par la presse est un magnifique hommage à son courage, à sa générosité et à la force de son combat pour la Tolérance.

Le parcours citoyen de Joséphine BAKER rejoint beaucoup d’idéaux fraternels portés par la franc-maçonnerie dont elle a par ailleurs rejoint les rangs. Cette représentation unique au Petit Théâtre italien de la Passerelle de Saint-Brieuc le 2 mars prochain sera ainsi suivie par une présentation du DROIT HUMAIN, l’obédience pionnière des mixités en franc-maçonnerie.

Places à 15€ à réserver via colibris.link/baker22

La Franc-maçonnerie dans la tempête. L’enquête Cordoue en 1992 : « Trois grands centres pour loges secrètes »

De notre confrère italien iacchite.blog – Par Pantaleone Sergi – Source : La Repubblica, 1992

Sans mémoire, il ne peut y avoir d’avenir. En ces jours où toute l’Italie a pu reconnaître que le fugitif de Messine Denaro a été rendu possible aussi et surtout grâce à ses dissimulations maçonniques, il est clair que toutes les enquêtes qui ont impliqué les loges au fil des ans arrivent à lumière.secret. Depuis le tristement célèbre P2. À l’aube des années 90, l’enquête du magistrat Agostino Cordova a donc fait sensation, qui a commencé dès la Calabre, mais que beaucoup semblent avoir oubliée. Ci-dessous, un article de Pantaleone Sergi publié dans La Repubblica en 1992.

Le post-Gelli de la franc-maçonnerie n’était pas orphelin du vénérable P2. Le bras long du grand maître aux mille complots se devine en effet dans la maxi enquête des juges de Palmi. Qui ont les idées bien claires : papiers et listes saisis, ajoutés aux déclarations de dizaines de maçons « repentis » ont permis de reconstituer de lourds scénarios.

Les loges secrètes, après la découverte de P2, n’ont pas disparu. Chaque obédience aurait la sienne. L’un serait basé à Florence, l’autre à Milan (et tous deux renaîtraient des cendres du P2), un troisième est à Rome et serait dirigé par un ancien grand maître. Trois structures parallèles et secrètes, donc, mises en place en violation de la loi Anselmi, pour faire des affaires avec l’aide de nombreux frères. Rendre encore plus inquiétant le tableau de la situation serait la « structure lombarde » à laquelle adhéreraient d’excellents, mais vraiment excellents, noms de la politique et de la finance.

Tant la franc-maçonnerie qui a une reconnaissance internationale que celle qui n’en a pas sont impliquées dans l’enquête. L’enquête du parquet de Palmi sur les loges parallèles vise désormais le sommet du Grand Orient d’Italie. Le procureur adjoint Francesco Neri a eu accès aux mémoires confidentielles des ordinateurs de la franc-maçonnerie et a trouvé des noms impensables sous ses yeux. Neri et le procureur Agostino Cordova ont décidé de pousser encore plus loin l’accélérateur, de nouvelles perquisitions ont été menées, d’autres ont été ordonnées.

Toute l’élite de la franc-maçonnerie de Villa Medici del Vascello est sous observation, le sommet qui est reconnu dans le courant appelé « Arc Royal de Jérusalem ». A l’intérieur, il y a d’excellents noms parmi les frères maçons : parmi eux, il y a eu des fuites, il y a l’avocat Augusto De Megni, une figure de proue de l’économie ombrienne (grand-père et homonyme de l’enfant enlevé par une bande de Sardes). L’intérêt des juges Palmi s’est alors tourné vers un ancien grand maître adjoint, à l’époque où Armando Corona dirigeait le Goi. Il s’agit de l’ingénieur Ettore Loizzo, de Cosenza, ancien membre du PCI, qui a opté pour le tablier et la boussole lorsque le parti l’a contraint à faire un choix.

Nous en sommes au stade des acquisitions définitives et de la vérification des preuves déjà dans les archives. Des procès qui impliquent fortement des personnalités du monde politique et industriel, des magistrats et des journalistes. Peut-être aussi pour cette raison, due à la délicatesse du moment d’enquête, les magistrats de Palmi évitent soigneusement de rencontrer des journalistes. Et le procureur Neri, qui a participé à l’émission télévisée Rai Telefone Giallo, a catégoriquement refusé de parler de l’enquête en cours. Cependant, le bras droit de Cordova a tenu à apporter quelques précisions. L’idée, a soutenu Neri, que « la franc-maçonnerie est quelque chose d’entièrement illégal doit être dissipée. Je tiens à souligner que nous sommes dans une démocratie et que les associations sont l’une des plus hautes expressions de la liberté individuelle. C’est pourquoi nous ne voulons pas tirer dans la foule. Notre enquête se veut un moment de vérification exclusivement sur le plan judiciaire. Et il me semble que les dirigeants de la franc-maçonnerie eux-mêmes l’ont reconnu. En fait, je crois que c’est une chance historique pour la franc-maçonnerie elle-même : elle pourrait sortir de ce contrôle judiciaire la tête haute ou nettoyée ». Mais pourquoi – lui avons-nous demandé – le parquet de Palmi se retrouve-t-il à « Nous avons une ligne d’investigation qui nous emmène dans toute l’Italie ». Rien de plus et il est inutile d’insister. Mais pourquoi – lui avons-nous demandé – le parquet de Palmi se retrouve-t-il à enquêter sur un phénomène qui n’est pas seulement calabrais ? « Nous avons une ligne d’investigation qui nous emmène dans toute l’Italie ». Rien de plus et il est inutile d’insister.

Cependant, il est certain que le pool de magistrats qui collaborent avec Cordoue (le procureur adjoint Antonio Amato s’occupe du nord de l’Italie, le député Neri du centre, le député Roberto Bellelli des régions du sud) fait visiter diverses personnes par les carabiniers qui pourraient apporter des « contributions » à l’enquête. Les enquêteurs se sont rendus chez l’avocat De Megni à Pérouse, sont retournés en Ligurie (à Bordighera, ils ont perquisitionné la papeterie de Cesare Perfetto, personnage également bien connu pour être l’organisateur du « salon international de l’humour » qui se tient chaque année dans la région ligurienne ville), arrivent également à Florence, où ils s’emparent des listes de la grande loge d’Italie dirigée localement par Gualfredo Scardigli. Autres recherches à Cosenza et Bologne.