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Hiram ou la défaillance du père : une leçon incomprise ?

Il est banal de dire que le personnage d’Hiram dans la dramaturgie de la pensée maçonnique est fondamental. Et pourtant, ce personnage apparaît de façon impromptue. On ne l’attendait pas et voilà qu’il prend toute sa place pour imprégner ce 3ème grade qui n’était pas initialement prévu.

Hiram est notre Maître et pourtant la légende le fait disparaître dramatiquement, assassiné par trois des nôtres !

Tout se passe comme si, nous, ses disciples, nous nous retrouvions sans Maître ! Les substituts du Maître, par la parole substituée, peuvent donner le change ; ils ne remplaceront jamais tout à fait ce maître qui contrairement à celui que certains nomment comme son modèle, ne sera pas ressuscité !

En psychologie, cette défaillance du Père se comprend comme une incapacité, une faiblesse, quelque chose qui fait défaut  !

La maturation de l’enfant (garçon ou fille) passe par la reconnaissance du père en tant que tel. Cette reconnaissance est nécessaire à la résolution du complexe d’Œdipe.

Lorsque du fait de cette défaillance du père, la mère tente d’assumer les deux rôles , paternel et maternel, cela ajoute une complexité supplémentaire pour l’enfant.

Parmi les effets de cette défaillance paternelle, on peut citer :

  • Le refuge de l’enfant dans un monde de rêve,
  • Une difficulté à vivre sa masculinité,
  • L’idéalisation du père absent,
  • Une carence de la notion d’autorité qui peut induire une personnalité inconsistante, une fausse socialité de surface, une capacité de réflexion perturbée.

D’un point de vue sociologique on retrouve la problématique de la défaillance de l’autorité !

« L’autorité est généralement considérée par les sociologues1 comme un pouvoir légitime : un pouvoir qui n’a donc besoin que d’un minimum de coercition pour se faire respecter et obéir. « On parle de l’autorité d’une personne, d’une institution, d’un message », écrivent Boudon et Bourricaud, « pour signifier qu’on leur fait confiance, qu’on accueille leur avis, leur suggestion ou leur injonction, avec respect, faveur, ou du moins sans hostilité ni résistance, et qu’on est disposé à y déférer » (1982, p. 24). L’autorité ne peut donc être considérée purement et simplement comme un attribut du pouvoir car il s’agit d’un concept relationnel. » (Source : Pouvoir, autorité, légitimité par Jacques Coenen-Huther – Revue européenne des sciences sociales)

Jacques Arènes dans un article publié dans la revue « Raison publique » affirme :

« Tous s’accordent … sur le même diagnostic : un certain type d’autorité, en rapport avec un fondement sacré, fût-il laïc et républicain, termine de se déliter. L’autorité de la tradition, du religieux et de la loi, ainsi que celle conférée par l’âge ou l’expérience, s’effacent. » 

Chacun connaît les conséquences de cette défaillance de l’autorité sociétale avec en particulier le développement des actes de violence urbaine, les zones hors la loi, l’importance de l’économie souterraine.

Dans la gouvernance maçonnique aussi on retrouve la défaillance de l’autorité !

L’état de la franc-maçonnerie avec l’inconsistance des autorités obédientielles, les querelles inter-obédientielles, la difficulté pour les loges de gérer les conflits inter-personnels et la tendance à vouloir magnifier outrageusement certains personnages ou certains faits de l’histoire maçonnique ne peuvent-ils pas se comprendre comme la conséquence de ce paradoxe symbolique qu’est la mise en exergue d’une modélisation de l’absence ?

A ce titre, l’actualité nous offre un exemple particulièrement caractéristique : la commémoration maçonnique du soi-disant engagement maçonnique pendant la Commune de Paris !

Ce fut en 1971 que le Grand Maître d’alors du GODF, Jacques Mitterrand (1908-1991) eut l’idée de créer un événement médiatique en honorant par un dépôt de gerbe au mur des fédérés « l’élan révolutionnaire de la Commune de Paris« . Cette année-là la manifestation du GODF fut relativement confidentielle.

Et puis cela sembla tomber dans l’oubli !

Jusqu’à la Grande Maîtrise de Philippe Guglielmi qui en 1998 réactiva la commémoration. Et  depuis lors, chaque année c’est devenu un rituel : dépôt de gerbes, discours et parades : au GODF, se sont associées d’autres obédiences !

Pourquoi cette manifestation :

  • La commune de Paris se trouve parée de toutes les qualités : avant-gardiste, féministe, moment clé de l’ouvrage républicain !
  • « Les » francs-maçons auraient réalisé « ce compagnonnage avec les forces républicaines de manière éclatante lors des évènements de la Commune. »
  • Au total on retrouve l’idéalisation d’un fait historique qui est allègrement récupéré sans nuance et au mépris de la réalité historique !

Car la vérité historique voit les choses autrement :

  • La violence révolutionnaire de la commune de Paris est une tragédie liée aux jusqu’au-boutistes de deux logiques va-t-en-guerre : Thiers d’un côté, le comité de salut public de l’autre !
  • Deux loges parisiennes ont pris fait et cause pour la Commune alors que le conseil de l’ordre du GODF et la plupart des loges s’étaient opposés à cette aventure !

Dans son ouvrage paru en 2015 sous le titre « Commune de Paris (Mars-Mai 1871). la Franc-Maçonnerie Déchirée », l’historien André Combes se permet d’écrire : « Les francs-maçons, mais aussi leurs détracteurs, aiment les histoires à défaut de l’Histoire. La Révolution française est généralement le terrain de jeu favori des « complotistes » de tous genres. 

La Commune de Paris participe également des contes et légendes de la franc-maçonnerie. A ce détail près que, cette fois-ci, ce sont les maçons, du moins certains d’entre eux, qui tentent de se donner le beau rôle. Ainsi, chaque année, le Grand Orient de France, mais aussi la Grande Loge de France, la Grande Loge Féminine de France, le Droit Humain envoient, le 1er mai de chaque année, des délégations, bannières en tête, au mur des Fédérés pour commémorer la mémoire des frères qui ont participé à cet événement bref dans le temps, mais qui a durablement marqué les mémoires. Une revendication posthume et tardive qui laisse dubitatifs certains.»

Tout cela n’est pas très important et on peut comprendre que les responsables obédientiels ont besoin de se mettre en valeur et de jouir de l’autosatisfaction !

Toujours est-il que ce genre de dérives a très bien été décrit comme une conséquence de la défaillance de l’autorité !

Branche d'acacia dans les mains sur tissu rouge
Branche d’acacia dans les mains sur tissu rouge

L’originalité de la franc-maçonnerie est d’avoir mis en scène cette perte de l’autorité !

La question pourrait être « Mais dans quel but ? »

Il est difficile d’être péremptoire dans cette réflexion sur l’exégèse d’une légende ; tout au plus peut-on mettre des limites :

Si l’autorité devient impuissante avec toutes les conséquences que cela peut avoir, que peut-on en déduire ?

  • Est-ce pour nous dire « Faîtes attention ! Ne tombez pas dans le piège qui vous est tendu ! » ? Par cette déduction, il s’agirait de ne pas s’imaginer que nous puissions être un substitut de cette autorité défaillante !
  • Si l’autorité a été mise à mal au point d’être assassinée, n’est-ce pas pour nous enseigner que nous devons la respecter et que ce jeu d’une contestation sans fin de l’autorité est un jeu suicidaire !
  • Cette légende mortuaire ne nous invite-t-elle pas à créer les conditions d’une ré-émergence de l’autorité morale ?

L’originalité de la franc-maçonnerie c’est d’avoir une légende fondatrice qui met en scène un  « looser » ; Hiram, le grand architecte célébré par la Bible, l’homme d’excellence se retrouve incapable d’échapper au meurtre réalisé par trois tocards à la recherche d’un « secret » !

Et aujourd’hui, ces trois tocards semblent avoir fait des milliers d’adeptes qui recherchent à se faire mousser, à se faire des sous et qui règnent en maîtres déchus qu’ils sont !

La prétention, les divisions, l’autosatisfaction continuent à faire leurs ravages !

Manifestement, on ne peut pas dire que cette leçon d’humilité ait été comprise !  

Et pourtant il est bien dit qu’il faut rassembler ce qui est épars et que la loge doit être le centre de l’union !

Cette approche montre s’il en était besoin qu’il faut se méfier des raccourcis et des lieux communs !

Pour aller plus loin

Franc-maçonnerie : secrète ou discrète ?

De notre confère espagnol nuevatribuna.es – Par EDOUARD MONTAGUT

On a beaucoup discuté du sens secret ou discret de la franc-maçonnerie. Aujourd’hui l’idée prévaut qu’il s’agit d’une société discrète plutôt que secrète. En cela il y a un certain consensus entre les francs-maçons. Une autre question différente est le rôle que les francs-maçons devraient avoir dans la société, s’ils devraient ou non avoir plus de visibilité, et dans le cas où ladite visibilité est approuvée, comment devrait-elle l’être et dans quel but. Au sein de la franc-maçonnerie, ce débat a lieu.

Eh bien, dans cette pièce, nous faisons un exercice historique qui tourne autour de certaines de ces questions, sur la discrétion et l’austérité que les francs-maçons devraient pratiquer, sur la base de certaines recommandations que les autorités du Grand Orient d’Espagne ont publiées dans le Journal officiel de lui-même, juste au moment de la renaissance de la franc-maçonnerie espagnole dans le sexennat démocratique (son grand maître était Manuel Ruiz Zorrilla , le protagoniste politique incontesté du moment).

Nous pensons qu’ils sont intéressants, car ils affectent à quel point c’était et c’est compliqué d’être franc-maçon, mais pas par rapport à l’éventuelle masophobie dont on pourrait souffrir, et, par conséquent, comme moyen de se protéger, mais de suivre les Principes maçonniques, précisément à une époque de liberté comme celle-là, où il commençait à ne plus être dangereux d’être et/ou d’apparaître comme franc-maçon, ainsi que de rendre dignes les signes maçonniques eux-mêmes. Sauf les distances temporelles et historiques, certaines choses peuvent servir ou être liées à notre situation actuelle. Nous laissons cela au bon lecteur.

« Précautions » est le titre de ces recommandations, parues dans le numéro neuf du Bulletin, en date du 1er septembre 1871.

Le texte précisait dès le début que l’Ordre exigeait de tous ses membres la « plus grande prudence » dans les relations avec le monde profane, c’est-à-dire en dehors des loges et des temples maçonniques, règle de conduite qui différenciait la franc-maçonnerie du reste des établissements. Pour cette raison, un franc-maçon n’était pas autorisé à afficher ses actions. C’était le devoir d’un initié de rejeter ou d’être très prudent lors de la réception de tout signe ou signe maçonnique dans le monde, ce qui se faisait sans la réserve nécessaire, sur un coup de tête, parmi des personnes déjà connues. Ces attitudes ont été classées comme affichage inutile dans les lieux publics.

Par contre, un signe maçonnique, bien que, comme on le sait, ils aient été créés pour être interprétés uniquement par des maçons, ce n’était pas un moyen d’avoir la certitude absolue d’être réellement devant un maçon car déjà à cette époque beaucoup de gens pouvaient être conscients d’eux-mêmes, précisément à cause de l’abus qu’on faisait des signes. Il fallait avoir plus de certitudes avant d’entrer dans une relation maçonnique avec un inconnu. Ces précautions n’étaient pas seulement nécessaires pour ne pas être surpris, elles devaient aussi être prises en compte pour que les signes maçonniques ne soient pas l’objet de moqueries.

Nous avons travaillé avec le Bulletin cité dans le texte de l’article, et qui peut être consulté dans la Bibliothèque numérique des journaux de la Bibliothèque nationale d’Espagne.

Visite de la librairie de la Grande Loge du Chili

De notre confrère du Chili granlogia.cl

Située au deuxième étage de la Grande Loge du Chili, la Bibliothèque Occidentale est un lieu visité par les membres de la Fraternité mais aussi par ceux qui ne sont pas Francs-Maçons, notamment pour acquérir un livre qui traite de l’histoire du Chili ou de ladite Grande Loge.

Lors de la célébration de la Journée du Livre, nous vous invitons à connaître ce lieu de connaissance.

Les origines historiques

Le mot « bibliothèque » vient du latin « libraria », qui à son tour est dérivé de « liber », qui signifie « livre ». Dans les temps anciens, la « bibliothèque » était le lieu où étaient conservés les livres pour l’étude et la lecture, et au fil du temps, elle comprenait également l’activité de distribution et de vente de textes imprimés.

La Western Library possède de nombreux textes maçonniques et pour tout public

La Franc-Maçonnerie au Chili de Benjamín Oviedo Martinez est l’un des livres préférés du public.

La Western Library possède divers objets maçonniques

De même, chaque 23 avril est célébrée dans le monde entier comme la « Journée du livre et de la lecture », une date qui trouve son origine dans la mort des écrivains Miguel de Cervantes, Williams Shakespeare et Inca Garcilaso de la Vega vers le même jour en 1616. En 1995, l’UNESCO a déclaré le 23 avril Journée internationale du livre et du droit d’auteur, en hommage à l’importance du livre comme moyen de diffusion de la culture et du savoir, ainsi qu’à la protection du droit d’auteur des écrivains et des créateurs de contenu. Depuis lors, la célébration de la Journée mondiale du livre s’est répandue dans le monde entier.

Le livre a été pendant de nombreuses années le principal moyen par lequel l’histoire, la culture et la doctrine maçonnique ont été diffusées et transférées de génération en génération et l’un des textes les plus importants dans ce domaine sont les Constitutions Anderson qui ont été publiées il y a précisément 300 ans et qui revêt une importance particulière en cette année 2023.

Au fil du temps, de nombreux textes ont été publiés qui abordent de nombreuses dimensions de l’activité maçonnique, c’est pourquoi en 1928, le Grand Maître Héctor Boccardo a soulevé la nécessité d’avoir une librairie au siège de la Grande Loge du Chili, mais en raison de la grave crise économique qui a touché le pays dans ces années, l’idée n’a pas été réalisée. Les livres publiés des années plus tard devaient être achetés directement auprès du Grand Trésor du GLCH.

En 1984, le Grand Maître Oscar Pereira Henríquez fit installer une petite pièce au premier étage de la Grande Loge pour vendre quelques livres et une cassette de musique maçonnique.

Pendant la période du Grand Maître Marino Pizarro Pizarro, lorsque la Grande Loge a augmenté la production de livres, la librairie a été déplacée au deuxième étage, où elle fonctionne encore aujourd’hui.

La Bibliothèque Occidentale aujourd’hui

La librairie de la Grande Loge du Chili dispose d’un grand nombre de livres disponibles exclusivement pour les membres de l’Ordre, ainsi que pour le grand public qui souhaite approfondir sa connaissance de notre histoire et de l’histoire du Chili. Il propose également des romans, des livres de poésie, des essais, des biographies, des périodiques, des articles à usage maçonnique et des souvenirs à vendre.

Sa gérante est Chadia Najib et elle nous précise que les horaires d’ouverture sont du lundi au vendredi entre 10h00 et 13h00 le matin et de 14h00 à 18h30 l’après-midi du lundi au vendredi . Il dit que parmi les titres les plus achetés par ceux qui visitent la Librairie figurent « La Franc-Maçonnerie au Chili » de Benjamín Oviedo Martinez, « La synagogue de Satan – Église et franc-maçonnerie au Chili-Les bases du conflit » de Felipe Santiago del Solar et « La Franc-Maçonnerie au Chili » qui réfléchit sur les changements que le pays exige, entre autres textes qui sont régulièrement acquis.

Chadia Najib a ajouté que l’année dernière, les livres les plus achetés étaient « Le secret des héros« , « Histoire nationale, la construction du mythe« , « L’éveil de l’âme » et « Le train de la laïcité » parmi d’autres textes à la fois pour exclusif utiliser l’adhésion ainsi que ceux achetés par des acheteurs non-maçonnerie.

La Librería Occidente ajoute régulièrement de nouveaux titres à son catalogue, consultable sur le site www.granlogia.cl, rubrique librairie , que nous vous invitons à visiter lors de cette Journée du livre ou quand vous le souhaitez.

Salutations de l’écrivain Roberto Rivera Vicencio de Letras Laicas à l’occasion de la Journée du livre

METTĀ : philosophie et pratique de l’amour universel

Traduction d’un enseignement oral de Joseph Goldstein – Traduction de Jeanne Schut

Le deuxième aspect de la pensée juste est metta, la bienveillance, la gentillesse, la générosité. C’est l’ouverture du cœur qui souhaite simplement le bonheur de chacun. Bien que le ressenti et la pratique de metta nous apportent beaucoup, nous ne l’offrons pas en espérant quelque chose en retour. Et lorsque nous dirigeons nos pensées de bienveillance vers nous-mêmes, c’est seulement pour avoir accès à l’ouverture du cœur.

Parce qu’il n’y a aucune attente, metta ne dépend pas des conditions extérieures, des autres ou de nous. C’est aussi pour cela que ce sentiment ne se transforme pas en déception, haine ou jalousie comme cela arrive si souvent avec l’amour empreint de désir et d’attachement. Ce qui donne à la bienveillance son grand pouvoir de rayonnement, c’est qu’à la fin, quand elle est développée et pratiquée, elle ne fait aucune distinction entre les êtres. Mettā a le pouvoir d’embrasser tous les êtres avec le simple vœu : « Puissiez-vous être heureux. » C’est pour cette raison qu’on l’appelle « incommensurable. »

Il y a une pratique que je trouve utile : pratiquer mettā en marchant dans la rue. Quand on souhaite du bien à toutes les personnes que l’on rencontre, il est impressionnant de sentir le degré de connexion silencieuse qui se fait à partir de ce simple vœu : « Soyez heureux. »

La pratique de mettā

La première fois que j’ai pratiqué mettā de manière intensive, j’étais en Inde, à Bodhgaya, dans le monastère birman. Mon enseignant me donnait les instructions progressives, en commençant par faire des vœux de bienveillance envers moi-même, puis envers un bienfaiteur, et ensuite envers un ami. L’étape suivante, m’a-t-il dit, est de rayonner mettā pour « une personne neutre ». Au début, je n’ai pas bien compris ce que cela pouvait vouloir dire mais il a expliqué que c’est quelqu’un envers qui on n’a pas de sentiment particulier. À ce moment-là, il y avait un vieux jardinier indien au monastère, quelqu’un que je croisais plusieurs fois par jour et j’ai été choqué de découvrir qu’il était effectivement pour moi une personne « neutre » dans la mesure où je ne lui avais jamais accordé la moindre pensée.

J’ai commencé ma pratique de mettā envers ce jardinier en lui souhaitant : « Puissiez-vous être heureux » pendant plusieurs heures par jour et quelque chose d’extraordinaire a commencé à se produire : mon cœur s’illuminait chaque fois que je le voyais et j’avais des sentiments incroyablement chaleureux et aimants envers cette « personne neutre ». Il n’était plus neutre du tout. Ce fut un véritable tournant dans ma pratique ; j’ai compris qu’en dernier ressort, nos sentiments ne dépendent pas de l’autre personne ni même de son comportement. Ce que nous ressentons pour les autres ne dépend que de nous.

Il y a une grande pureté et un bonheur paisible dans les moments de mettā authentique parce que ces instants ne sont empreints de rien de néfaste, ni pour soi ni pour les autres. On souhaite simplement que tous les êtres soient heureux, libres de toute hostilité et de toute haine, en paix. Un instant de mettā est un instant d’or pur.

Tandis que ces ressentis de bienveillance et de gentillesse nous apaisent, notre esprit et notre cœur deviennent plus lisses, plus délicats, plus souples. De ce fait, il y a beaucoup moins de réactions de jugement et de commentaires sur nous-mêmes et les autres. Nous devenons plus patients, plus attentifs face aux difficultés et aux perturbations. Et, comme nous sommes moins impulsifs, moins piégés par des réactions d’aversion ou de désir, il y a davantage de place pour la sagesse et le discernement. Nous voyons alors plus clairement ce qui est vraiment bénéfique dans notre vie et ce qui est nuisible, et nous sommes en mesure de faire des choix plus sages. À partir de là, il y a automatiquement plus de bonheur, plus de joie et plus de mettā. C’est une spirale ascendante. Faites-en l’expérience : la prochaine fois que vous marcherez dans la rue, commencez à pratiquer mettā pour tous les passants. Vous pourrez l’exprimer avec un simple vœu : « Soyez heureux. » Ensuite, remarquez la différence entre les fois où vous offrez mettā et les fois où vous ne le faites pas – et où vous êtes, très probablement, perdu dans les méandres de votre esprit.

Distinguer désir et bienveillance

Bien qu’il soit facile de reconnaître la valeur et les bienfaits de ce sentiment de bienveillance, il y a malheureusement bien des fois où nous constatons qu’il faut défaut dans notre vie, des moments où le cœur n’est ni doux ni ouvert, où l’esprit n’est pas souple. Il est bon de savoir pourquoi.

Il y a une force très puissante dans l’esprit qui se cache sous le déguisement de l’amour mais qui, en réalité, le bloque et l’obscurcit. On l’appelle « le proche ennemi de mettā » parce que cela ressemble à de la bienveillance mais c’est, en fait, très différent. Ce proche ennemi est l’état d’esprit de désir, d’attachement, de nostalgie et de besoin. La confusion entre ces deux états, amour et désir, a d’énormes implications dans nos relations et notre vie.

Pensez aux moments où vous vous sentez le plus aimant. C’est une générosité du cœur, l’offrande d’un simple vœu : « Soyez heureux. » Maintenant pensez aux moments où vous avez ressenti un désir ou un attachement très fort pour quelqu’un. Il y a l’envie de prendre et de garder quelque chose pour vous. Cela peut être l’envie d’un plaisir, d’un accomplissement ; l’envie d’être accepté ou même le désir d’être aimé. Face à ces deux états, les mouvements d’énergie dans notre cœur sont à l’opposé l’un de l’autre. D’un côté, on offre ; de l’autre, on prend, on retient. Si nous sommes très attentifs, aussi bien en méditation formelle que dans la vie, la distinction entre mettā et le désir devient de plus en plus claire.

Il est révélateur et libérateur de voir clairement, à partir de notre propre expérience, la différence entre bienveillance et désir. Il devient alors possible de les démêler peu à peu dans notre vie. Nous comprenons plus profondément les conséquences de chacun de ces états d’esprit. Dans nos relations proches, est-ce que la peur, l’insécurité, la possessivité, les projections, viennent de mettā ou d’une attente, d’un désir ? Lequel de ces sentiments nous apporte le bonheur, l’épanouissement et le contentement ?

Cultiver la bienveillance

Quand nous apprenons à distinguer ces deux sentiments et leurs conséquences, nous pouvons faire des choix plus sages : il y a des pensées et des sentiments que nous voudrons pratiquer et cultiver et d’autres que nous verrons et que nous lâcherons. Agir ainsi, c’est prendre à cœur les paroles du Bouddha : « Ce à quoi nous pensons et réfléchissons souvent devient la tendance de l’esprit. » Cela ne veut pas dire que, dès que nous aurons prononcé la première phrase de mettā, tous nos désirs et nos attachements vont disparaître. Mais, lorsque nous nous familiarisons avec les caractéristiques uniques de la bienveillance, nous sommes capables de voir quand elle est présente, nous la pratiquons et, au fil du temps, elle devient davantage ce que nous sommes que ce que nous faisons. Tout cela fait partie de la pratique de la Pensée Juste, la deuxième étape du Noble Octuple Sentier.

Se concentrer sur les qualités des personnes

Ce qui permet le plus facilement à la bienveillance de s’éveiller, c’est de se concentrer sur les belles qualités des personnes, y compris les nôtres. Chacun de nous est un mélange de qualités et de défauts, certains moins souhaitables que d’autres. Quand on ne voit pas ce qu’il y a de bien chez les autres et que l’on se concentre sur leurs défauts agaçants et irritants, l’aversion, les jugements, la colère et même la haine peuvent facilement apparaître. Mais si nous nous appliquons à chercher ce qu’il y a de bon chez la personne et à nous relier à cela, le sentiment de bienveillance grandit tout naturellement.

Au début, cette pratique peut requérir un certain effort, un changement dans les habitudes mentales. Mais nous avons tous une télécommande intérieure, alors, quand nous sommes noyés dans un état d’aversion ou même un ressenti neutre, nous devons apprendre à changer de chaîne. La chaîne mettā est toujours disponible ; il suffit de nous brancher dessus ! Lorsque nous développons l’habitude de voir les qualités de l’autre, même en reconnaissant la complexité de l’ensemble de la personne, nous commençons à répondre de manière plus généreuse et plus aimante.

Il y a aussi un lien intéressant entre attention et mettā. Dans le silence de la méditation, nous pensons parfois à des gens auxquels nous n’avons plus pensé depuis des années, souvent avec une tendresse qui n’était peut-être pas là à l’époque. Lorsque notre esprit s’ouvre et laisse tomber ses défenses, nous commençons à sentir que mettā est une qualité de conscience fondamentale. Un jour, quelqu’un a demandé à Dipa Ma s’il devait pratiquer l’attention ou mettā. Dipa Ma a répondu : « D’après mon expérience, il n’y a pas de différence. Quand le cœur est plein de bienveillance, n’es-tu pas pleinement présent et conscient ? Et quand tu es pleinement présent et conscient, n’est-ce pas aussi l’essence de l’amour ? » Pour Dipa Ma, mettā et pleine conscience ne font qu’un.

Dipa ma est une enseignante indienne du bouddhisme theravada.

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

Lieu symbolique : Brocéliande, le Tombeau de Merlin

On a souvent de Merlin l’image populaire véhiculée par Walt Disney : un magicien un peu farfelu à la longue barbe blanche et au chapeau pointu… Pourtant, son histoire va bien au-delà…

Panneau de l’Office du Tourisme de de Brocéliande.

Comme tous les personnages issus de la mythologie, Merlin a une conception extraordinaire : c’est le fils du diable et d’une pure jeune fille.

Merlin vu par Aubrey Beardsley, 1893.

Ni homme, ni dieu, prophète et détenteur du savoir, Merlin apparaît dans la littérature à partir du XIIe siècle dans les Prophetia Merlini de Geoffroy de Monmouth (c.1095-1155), évêque au service du roi Henri Ier d’Angleterre (c.1068-1135),

Le roi Arthur demande l’épée Excalibur à la Dame du Lac, illustration de Walter Crane, 1911.

connu pour avoir été le premier à rédiger une version très étendue de la légende arthurienne et qui a servi de modèle à l’ensemble des récits arthuriens postérieurs – textes toutefois largement dépourvus de toute base historique. Geoffroy de Monmouth évoque tour à tour druide, enchanteur, devin, savant maîtrisant la valeur symbolique et curative des plantes, métamorphoses, etc.

De tout temps, les hommes ont été fascinés par Merlin l’enchanteur, maître de la nature et du savoir universel.

Merlin et Viviane dans Brocéliande, d’après une gravure de Gustave Doré.

Une histoire d’amour féérique

Merlin est-il mort au sens où nous l’entendons aujourd’hui ? Dans la légende, ce serait l’amour qui aurait perdu Merlin pour toujours… La fée Viviane, ou la Dame du Lac, désireuse de le garder auprès d’elle pour l’éternité, aurait enfermé son maître et bien-aimé dans une prison d’air d’où s’échappe parfois des volutes argentées… Phénomène peut-être trop abstrait pour des homo sapiens cartésiens, il semblait donc plus simple d’’imaginer le célèbre enchanteur prisonnier d’un tombeau.

Merlin, tel que représenté dans l’édition originale des Chroniques de Nuremberg d’Hartmann Schedel, 1493.

Merlin, enterré depuis le Ve siècle ?

Avant que le site du Tombeau de Merlin ne soit en partie détruit au XIXe siècle, le monument était une sépulture mégalithique : une allée couverte de schiste rouge de 12 mètres de long, datant de la période Néolithique. Aujourd’hui seules deux pierres subsistent. Deux roches, l’une contre l’autre… Ou l’irréelle présence des deux amoureux liés à jamais par un enchantement ? Qui peut savoir…

Doué de pouvoirs magiques, Merlin l’Enchanteur aide le royaume de Grande-Bretagne à accomplir son destin : conseiller du roi Uther Pendragon, il guide ensuite son fils Arthur dans son accès au trôle en organisant le fameux défi de l’épée Excalibur.

Une invention datant de 1820…

Le Tombeau de Merlin se situe dans la forêt domaniale de Paimpont en direction de Saint-Malon-sur-Mel. Le site, proche de la route, est aménagé avec des sentiers et des panneaux d’information.

Brocéliande, panneau indicatif.

Au début du XIXe siècle, M. Jean Côme Damien Poignand, ancien avocat, juge d’instruction au tribunal de Montfort,  membre du Conseil administratif d’arrondissement et auteur notamment d’une notice historique rédigée à la demande du ministère de l’intérieur sur quelques antiquités de Bretagne, spécialement de l’arrondissement de Montfort, en est convaincu. Il l’affirme en 1820 dans une brochure.

Brocéliande, une forêt légendaire imaginée par Chrétien de Troyes à la fin du XIIe siècle.

Il est bel et bien l’inventeur du Tombeau de Merlin en forêt de Paimpont – appelée forêt de Brécilien jusqu’au XVᵉ siècle – en 1820. Une « découverte archéologique » ouvrant ainsi la voie à l’implantation du légendaire arthurien en forêt de Paimpont.

Merlin, le conseiller du roi Arthur, celui qui succomba aux charmes de Viviane avant de se faire enfermer par la belle, a été enterré vers la fin du Ve siècle en forêt de Brocéliande dans un endroit appelé les Landelles près de Saint-Malon-sur-Mel.

Le Tombeau de Merlin.

Les dalles du Tombeau de Merlin

Quelques années plus tard le buzz est amplifié par la revue « Le Magasin Pittoresque », parue la première fois en janvier 1833 sous la forme d’un fascicule de huit pages, qui propose même un dessin représentant un cromlec’h.

« Le Magasin Pittoresque », couverture de 1850.

On y montre un trou d’eau circulaire entouré de quelques pierres. Disons-le tout de suite, sous cette forme, ce lieu n’existe pas en forêt de Brocéliande…

Offrandes.

Quand Tradition et porte-bonheur…

par Claudine Glot, femme de lettres française, spécialiste de la légende arthurienne, de la mythologie celtique et du patrimoine de Bretagne du Centre de l’imaginaire Arthurien* (CIA)

Claudine Glot – Festival Médiéval Rennes.

Devant ces pierres investies de l’aura de Merlin, les fidèles déposent quotidiennement petits mots, menus cadeaux, couronnes et bouquets de fleurs. Alors, allée couverte ? Faux tombeau ? Ou vraie boîte aux lettres ? Il importe finalement assez peu. Juste un détail, qu’il faut signaler ici : Merlin n’écrivait pas. Il laissait cette charge à son vieil ami et conseiller Blaise. Alors peut-être suffit-il de penser très fort à votre vœu et de l’envoyer ainsi à Merlin, gardien toujours bien présent de la vieille terre de Brocéliande…

Insigne du Centre de l’imaginaire arthurien (CIA).

Brocéliande

Aussi appelée forêt de Brocéliande, est une forêt mythique et enchantée citée dans plusieurs textes, liés pour la plupart à la légende arthurienne. Ces textes, datés du Moyen Âge pour les plus anciens, y mettent en scène Merlin, les fées Morgane et Viviane, ainsi que certains chevaliers de la table ronde. D’après ces récits, la forêt de Brocéliande héberge le Val sans retour, où Morgane piège les hommes infidèles jusqu’à être déjouée par Lancelot du lac ; et la fontaine de Barenton, réputée pour faire pleuvoir. Brocéliande serait aussi le lieu de la retraite, de l’emprisonnement ou de la mort de Merlin. Le premier texte à la mentionner est le Roman de Rou, chronique versifiée rédigée par le poète normand Wace vers 1160.

Tombeau de Merlin.

*Le Centre de l’imaginaire arthurien (CIA) est un centre culturel soutenu par une association loi de 1901, consacré à la matière de Bretagne et tout particulièrement la légende arthurienne.

Château de Comper.

Fondé en mai 1988 à Rennes sous l’impulsion de différents spécialistes de la légende arthurienne, d’élus locaux, d’artistes et d’écrivains, son siège est situé au château de Comper en forêt de Paimpont (Brocéliande) depuis 1990.

La fée Viviane donnant l’épée Excalibur au roi Arthur.

Il organise chaque année une exposition consacrée à une thématique de la matière de Bretagne et une saison culturelle avec de nombreux événements, parmi lesquels la « Pentecôte du roi Arthur », les « Rencontres de l’imaginaire de Brocéliande » et la « Semaine du dragon ».

Sources : Office du Tourisme de Brocéliande, https://broceliande.guide/ ; Wikipédia, https://www.broceliande-vacances.com/ ; Wikimedia Commons ; Photos Yonnel Ghernaouti, YG

Une des origines du nom de Merlin, dont celle de sa la forme latine Merlinus, une euphonie de la forme celtique, pour rapprocher Merlin du merle en lequel, avec ses pouvoirs chamaniques, il peut se métamorphoser.
Borne en forêt de Brocéliande.
Ex-voto.
Tombeau de Merlin.
Tombeau de Merlin.
Tombeau de Merlin.
Tombeau de Merlin.

Les mystères du pentagramme selon Mysteria

Certains d’entre vous connaissent déjà Tony Miotto, le youtubeur toulousain aux 288 000 abonnés, plus connu sous le nom de « Mysteria ». Ce mois-ci est consacré au Pentagramme, symbole bien connu de la Franc-maçonnerie

1er tournoi d’échecs du district maçonnique

De notre confrère des philippines manilatimes.net

Tout était prêt pour l’organisation du 1er tournoi d’échecs du district maçonnique le mardi 25 avril à Tangub City, Misamis Occidental.

Le conseil d’administration de la Fédération nationale des échecs des Philippines (NCFP), Rey Urbiztondo, a déclaré que le tournoi en trois divisions était soutenu par le gouverneur de Misamis Occidental, Henry Oaminal. Il était ouvert à tous les passionnés d’échecs, quel que soit leur âge.

Le tournoi comprenait les divisions 12-under, 17-under et Open qui offre P3,000 (Peso philippin = 0,016 Euro)pour les champions de division.

Les deuxième à cinquième places ont reçu respectivement P2 000, P1 000, P750 et P500 tandis que les 6e à 10e placers rapportaient à chacun P200.

La meilleure junior et la meilleure féminine ont empoché chacune P500.

Tiradentes : initié en France et fondateur de la 1ère Loge brésilienne en 1796

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

En résumé, nonobstant les versions dominantes de l’histoire, ce qui compte vraiment en termes de civilité et de patriotisme, c’est que les idéaux de la franc-maçonnerie étaient, et sont, très similaires aux idéaux des Inconfidentes, tels que Tiradentes.

Au Brésil, le 21 avril, la Journée Tiradentes est célébrée. Nommé Joaquim José da Silva Xavier, il est considéré comme l’un des héros nationaux du Brésil. Bien qu’il puisse sembler que la civilité et le patriotisme soient actuellement des pratiques et des sentiments relégués au second plan, servant plus de prétexte à des « vacances » que d’idéaux, le mythe de Tiradentes reste un symbole de la lutte pour l’égalité des droits et la justice sociale. 

Oeuvre qui intègre la collection du Museu Paulista de l’USP. Fonds du Musée Paulista – FMP

Le sens de « mythe » utilisé ici est le récit des temps héroïques, avec un arrière-plan de vérité. La vérité sur Tiradentes est de plus en plus contestée. Il y a maintenant presque un consensus sur le fait que ce qui a été enseigné dans les écoles pendant des générations de Brésiliens, sur les événements de l’Inconfidência Mineira, est une histoire avec un fond de vérité, mais en grande partie inventée à l’avènement de la République, compte tenu de la nécessité créer pour le peuple un héros qui, pour avoir donné sa vie pour la liberté, a supplanté les héros de la monarchie (tels que Pedro I, Pedro II et Isabel Redentora).

Inconfidência Mineira était un mouvement qui, à la fin du XVIIIe siècle, rassemblait plusieurs groupes de l’élite coloniale du Minas Gerais, d’origines et d’idéologies politiques différentes, notamment des intellectuels, des hommes d’affaires et des dirigeants locaux, mécontents de l’exploitation économique et politique de Brésil par le gouvernement portugais. Ils pensaient que le Brésil (bien que pour eux il se limitait au Minas Gerais et à Rio de Janeiro) devait devenir indépendant du Portugal, le pouvoir politique et économique local étant exercé par les Brésiliens eux-mêmes, c’est-à-dire par eux-mêmes.

Le mouvement a commencé à se renforcer au milieu des années 1780, lorsque l’économie de la région était en crise et que la population était mécontente des impôts élevés et du monopole commercial exercé par la métropole portugaise, ce qui a conduit les « inconfidentes » (« traîtres ») à planifier une révolte armée pour renverser le gouvernement portugais et établir une république indépendante au Brésil, peut-être inspirée par ce qui se passait simultanément en France.

Tiradentes écartelé – Pedro Américo (1893).

Comme les autres, Tiradentes était censé être un homme aux idéaux libéraux, qui a dirigé ou du moins participé activement à l’ Inconfidência Mineira . Officier militaire subalterne, il rejoint des hommes influents et cultivés qui partagent les Lumières et les idéaux républicains, avec des valeurs telles que l’égalité, la liberté, la fraternité et la justice sociale. Plus tard, peut-être de la même manière qu’une histoire crédible sur Tiradentes a été créée, cette idéologie a également été associée aux principes fondamentaux de la franc-maçonnerie. 

Tout naturellement, on suppose que Tiradentes, et de nombreux autres Inconfidentes, étaient des francs-maçons. Cette affirmation fait toujours l’objet de controverses, même dans les milieux maçonniques. Le fait est que Tiradentes a été exécuté en 1792 et que les premières loges maçonniques au Brésil n’ont été fondées que des années plus tard, en 1796 et 1797, à Pernambuco et à Bahia, et seulement en 1801 à Rio de Janeiro. 

C’est aussi un fait que le début de l’histoire documentée de la Grande Loge Unie d’Angleterre, la plus ancienne organisation maçonnique au monde, remonte à 1777, il est donc tout à fait possible que des marchands, des voyageurs et des membres des élites brésiliennes aient ont été initiés en tant que francs-maçons à l’étranger , ayant accès à des informations et à des ressources pour aider à diffuser l’organisation au Brésil. Cependant, rien ne prouve qu’Alferes Joaquim José faisait partie de ces initiés. 

Il est vrai que, 30 ans après la mort de Tiradentes, la franc-maçonnerie a joué un rôle important dans la diffusion des idées révolutionnaires. Beaucoup de ses membres, dont D. Pedro I lui-même, ont activement participé à la lutte pour l’indépendance du Brésil. 

En résumé, nonobstant les versions dominantes de l’histoire, ce qui compte vraiment en termes de civilité et de patriotisme, c’est que les idéaux de la franc-maçonnerie étaient, et sont, très similaires aux idéaux des Inconfidentes, comme Tiradentes, qui croyait à la raison, à la science et la liberté individuelle comme les meilleurs outils pour construire une société plus juste et égalitaire.

Basé sur wikipedia.org et travaux de C. Ginzburg, JM Carvalho, JAG Lima et CGMota, RJ Ribeiro

Responsable : Perseverança Masonic Lodge – Paranaguá – PR ( loja159@fgsia.com )

Franc-maçonnerie et institutions, dialogue entre les corps intermédiaires de la société

De notre confrère italien grandeoriente.it

Le jeudi 4 mai 2023, à 18h00, dans la salle de conférence du Bcc Valdostana à Aoste, viale Garibaldi 3, la rencontre consacrée à « Franc-maçonnerie et Institutions. Dialogue entre les corps intermédiaires de la société » au cours de laquelle le Grand Maître du Grand Orient d’Italie Stefano Bisi présentera son dernier livre « Palazzo Giustiniani. Une injustice en silence contre les francs-maçons italiens » (Éditions Perugia Libri) D

La soirée, organisée par la Fondation Émile Chanoux et par l’Institut Historique de la Résistance et de la Société Contemporaine de la Vallée d’Aoste, comprend, après un salut de Marco Gheller, président de la Fondation Émile Chanoux, un aperçu de l’histoire de la franc-maçonnerie en Vallée d’Aoste. d’Aoste au siècle dernier par le professeur Andrea Désandré. La rencontre se poursuivra ensuite par un discours de Sergio Monticone, Premier Grand Surveillant du Grand Orient d’Italie, et par un dialogue intitulé Franc-Maçonnerie et Institutions, un dialogue entre les corps intermédiaires de la société entre le Grand Maître Stefano Bisi et le Maire de la ville Gianni Nuti.

Pour plus d’informations : info@fondchanoux.org

Les vestiges d’une commanderie templière livrent leurs secrets à Yssingeaux

De notre confrère lacommere43.fr

Une experte de l’histoire de l’art médiéval s’est rendue la semaine dernière à Yssingeaux pour expertiser des vestiges sculptés de la Commanderie des Templiers de Montredon, achetés par la commune voilà 70 ans.

Des vestiges d’une ancienne commanderie templière de Haute-Loire appartiennent à la Ville d’Yssingeaux. Une vingtaine de pierres sculptées sont ainsi entreposées dans un hangar de la commune et attendent d’être mises en valeur. « On les a déplacées sept fois en trente ans. Ces pierres ont failli être ensevelies à plusieurs reprises », raconte Nicolas Haeusser, président de l’association d’histoire d’Yssingeaux.

Ces vestiges ont été achetés à la fin des années 50 par Marie Kaeppelin, maire de 1947 à 1965, sans que l’on sache ce que l’élue envisageait d’en faire.

Une maîtresse de conférence venue spécialement de Pau

Yssingeaux – Laurence Cabrero-Ravel – Commanderie templière – Crédit photo LaCommere43

Le travail d’expertise vient de commencer grâce à Laurence Cabrero-Ravel, maîtresse de conférences en histoire de l’art médiéval, venue tout spécialement de Pau où elle exerce à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.

Ces vestiges concernent des éléments architecturaux, des modillons pour la plupart mais aussi des consoles et des chapiteaux, taillés dans un granit local, un matériau difficile à travailler.

Des fleurs, des humains… et des animaux

Sur ces éléments sont représentés des formes géométriques, florales, végétales, des visages humains ou des animaux (lapin, lion, bélier).

« Cet ensemble mériterait d’être étudié, mis en valeur et accessible au public », estime Laurence Cabrero-Ravel, qui se dit très attachée à l’art roman du Velay et qui prévoit de publier son travail dans la revue de la Société académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire.

Montredon et Bessamorel dépendaient du Puy

Yssingeaux – Laurence Cabrero-Ravel – Commanderie templière – Crédit photo LaCommere43

Bernard Sanial, président de cette société académique, livre son éclairage sur la provenance de ces pierres, à savoir la Commanderie templière de Montredon, à Bellevue-la-Montagne. « La commanderie existe toujours. A l’origine, une grande église templière Saint Barthélémy, existait au Puy-en-Velay, près de la place de la Libération, à la place de la Cité Negocia. Deux antennes en découlaient : à Montredon et à Bessamorel. A Montredon, le nouveau propriétaire après la Révolution s’est empressé de vendre les pierres. On retrouve deux portails issus de cette commanderie à Lissac près de Saint-Paulien et sur la chapelle d’une congrégation à Saint-Paulien. A Montredon, la chapelle existe toujours. Mais elle a perdu de sa superbe. »


Vers une mise en valeur ?

Nicolas Haeusser espère désormais que l’intérêt porté par ces spécialistes va encourager la mise en valeur à Yssingeaux des vestiges de cette ancienne commanderie templière (puis hospitalière), un précieux pan de l’histoire du territoire.