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Le Symbolisme de la grenade

La belle et très accessible – par son prix – collection « Les Symboles Maçonniques » nous offre une lecture traitant de la symbolique d’un aliment. Il s’agit du 104e volume !

Thomas Grison.

Thomas Grison, pratiquant le Rite Écossais Rectifié pourrait reprendre à son compte, avec profit et plaisir, s’il y a banquet, la phrase du vénérable maître « … Je vous invite tous à un banquet frugal et fraternel, venez y goûter dans une société de Frères, les charmes de l’égalité… » Et il s’agit bien, ici et maintenant, de frugalité. Se nourrir de peu, certes, mais s’enrichir d’une nourriture spirituelle, oh combien, généreuse.

Cet ouvrage est une belle invitation à laquelle nous succombons volontiers. En trois chapitres, nous entrons dans les « Données antiques », puis parcourons le « Moyen Âge et temps modernes » pour s’achever avec la « Franc-Maçonnerie ». Pour mémoire, l’époque moderne, appelée aussi les temps modernes, est une période historique généralement comprise entre 1492, avec la découverte de l’Amérique et 1789, au moment de la Révolution française.

Nous apprenons que la grenade est un fruit originaire de la région s’étendant de l’Iran à l’Inde du Nord, mais cultivée et appréciée dans de nombreuses régions du monde depuis l’Antiquité. Fruit de forme ronde, légèrement plus gros qu’une orange, avec une peau dure et lisse qui varie du jaune-vert au rouge foncé, elle est divisée en plusieurs compartiments contenant de nombreuses graines entourées d’une pulpe juteuse et sucrée appelée arille. Ces arilles peuvent varier en couleur du blanc translucide au rouge foncé.

De son symbolisme, nous reteindrons que ce fruit est depuis les temps anciens synonyme de fertilité, d’abondance et de vie éternelle. Elle est souvent présente dans l’art et la mythologie de nombreuses cultures. Dans le récit biblique, par exemple, la Terre Promise est décrite comme un « pays de blé et d’orge, de vigne, de figuier et de grenade ». Dans la mythologie grecque, Perséphone mange des graines de grenade, ce qui la lie au monde souterrain. Elle reste profondément enracinée dans l’histoire et la culture de nombreuses civilisations.

Grenades, monument des Droits de l’homme et du citoyen, détail.

Thomas Grison aborde tous les aspects symboliques du fruit qui revêt une signification dans de nombreuses cultures à travers les âges. Dans l’ancienne Égypte, des grenades ont été retrouvées dans de nombreuses tombes pharaoniques, y compris celle de Toutankhamon. Les Égyptiens anciens croyaient que la grenade possédait des propriétés de longévité et d’immortalité.

Statue de Perséphone- Isis – Musée Héraklion, Crète.

Dans la mythologie grecque, l’une des histoires les plus célèbres liées à la grenade est celle de Perséphone et Hadès. Perséphone est enlevée par Hadès et emmenée dans le monde souterrain. Avant d’être libérée, elle mange quelques graines de grenade, ce qui la lie au monde souterrain pendant une partie de chaque année. Cette histoire est souvent utilisée pour expliquer les saisons : les mois pendant lesquels Perséphone est avec Hadès correspondent à l’automne et à l’hiver, et son retour sur terre au printemps et à l’été. Dans le judaïsme, cette fois-ci, la grenade est souvent associée à la justice et à la droiture. On pense que le fruit contient 613 graines, correspondant aux 613 commandements de la Torah.

Rosh Hashanah.

C’est ainsi que lors de Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, il est courant de consommer des grenades pour espérer une année remplie de bénédictions aussi nombreuses que les graines de grenade. Dans l’art chrétien, la grenade est souvent un symbole de la résurrection et de la vie éternelle. Elle peut aussi symboliser l’Église, dont les nombreux fidèles forment un seul corps.

Grenades, monument des Droits de l’homme et du citoyen, détail.

Dans certaines représentations de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus, la grenade est un symbole de la passion du Christ et de son sacrifice. Enfin dans l’islam, le Coran mentionne la grenade à plusieurs reprises, la citant comme un exemple des merveilles de la création divine. Elle est considérée comme un fruit du paradis et est associée à la santé et au bien-être. L’hindouisme et le bouddhisme reprennent les mêmes symboliques (prospérité, fertilité et l’abondance) et est également associée à certaines divinités et rituels.

L’Alchimiste par David Teniers le Jeune, vers 1640.

Enfin, dans l’art et la pratique alchimiques, la grenade est parfois utilisée comme un symbole de transformation et de renaissance. Quant à la littérature, celle-ci considère la grenade, avec sa richesse de graines et sa couleur éclatante, comme une source d’inspiration pour de nombreux artistes et écrivains à travers les âges. Elle représente souvent la passion, l’amour, le désir, mais aussi la renaissance et le renouveau.

La grenade, avec sa structure unique et ses multiples graines, reste pour le maçon, objet du dernier chapitre un symbole puissant de multiplicité, d’unité, de fertilité et de renouveau. Pour nous, elle est d’une profonde résonance culturelle et spirituelle. Elle est, à jamais, l’unité dans la diversité. Les nombreuses graines de la grenade sont un symbole de notre fraternité maçonnique : nombreux sont les frères et sœurs frères provenant de différentes origines et traditions, mais unis dans un même but et des idéaux communs.

Grenades, monument des Droits de l’homme et du citoyen, détail.

Thomas Grison signe ici son huitième ouvrage dans cette collection. Enseignant, l’auteur est également historien de l’art, passionné par l’iconographie sacrée et le monde des symboles.

Photos © Yonnel Ghernaouti, YG – Grenades du monument des Droits de l’homme et du citoyen, Paris VIIe arr., jardins du Champ-de-Mars, avenue Charles-Risler.

Le Symbolisme de la grenade

Thomas GrisonMdV Éditeur, Coll. Les Symboles Maçonniques, 2023, 128 pages, 12,50 €

Photo source blog http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/

Devoirs de l’homme envers la nature

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   « Pour une écologie créative, positive, spirituelle »

« … La Nature nous parle disait dès le XIX ème siècle Victor Hugo, mais nous ne l’écoutons pas ! … »

Non seulement elle n’a pas été écoutée, mais elle subit l’hubris hérité de Descartes qui affirmait que l’homme – conscience supérieure- pouvait et devait maîtriser la Nature et le monde, ou comme certains n’écoutant que leur instinct de pouvoir et/ou de profit, l’ont exploitée à outrance ouvrant la voie à toutes les prédations et pollutions, sans oublier aussi notre désir toujours insatisfait de consommer plus pour notre seul plaisir.

Heureusement une lente prise de conscience se fait jour : alors comment passer concrètement – et pas seulement en belles paroles – d’une utopie dominatrice, consommatrice de nos réserves naturelles, d’une myopie égoïste… à une écologie apaisée, créative, innovatrice et si possible spirituelle.

Telle est la grande question qui nous concerne tous …

Un rapide constat préalable s’impose

Pour bien apprécier les enjeux, il convient de dresser un constat sur l’état objectif des pollutions de la planète. L’humanité s’enfonce de plus en plus au-delà des limites nécessaires à la régénération naturelle et biologique de la Nature

Le monde extrait et brûle 8,1 milliards de tonnes de charbon par an, 4,3 milliards de tonnes de pétrole et 4 milliards de m³ de gaz !! C’est colossal !

Parmi 9 facteurs de risques écologiques étudiés, six d’entre eux ne permettent plus à la terre une capacité naturelle de régénération et de résilience ; on doit les citer :

– le changement climatique dû au réchauffement de la planète : la limite adoptée de concentration de CO2 dans l’atmosphère est de 350 ppm ; or en 2022 elle a déjà atteint 417 ppm et ce n’est pas fini !!!

– la déforestation sans limite qui amoindrit l’oxygénation de la terre

– la perte de la biodiversité (plantes, insectes, animaux de toutes espèces…) : la limite acceptable serait déjà 10 fois supérieure au taux moyen des disparitions constatées sur les 10 derniers millions d’années et le rythme s’accélère encore …

– la quantité de produits chimiques déversés, dont la pollution des plastiques

– la raréfaction de l’eau douce (sécheresses endémiques, surconsommation d’eau tant individuelle que collective, dont l’agriculture intensive)

– l’équilibre du cycle de l’azote ou le seuil limite est largement dépassé

Deux autres sont proches du seuil d’alerte :

– l’acidification des océans (et la lente dégradation des coraux)

– la concentration des particules fines polluantes dans l’atmosphère

 Il faut savoir de plus que ces facteurs critiques sont inter actifs entre eux !

Seul l’état de la couche d’ozone reste en dessous du seuil d’alerte.

Ces limites critiques ou seuils d’alerte ont été étudiés en 2009 par le Stockholm

Résilience Center ; ils constituent une référence internationale dans les Sciences de la Terre et sont repris dorénavant lors de tous les Colloques (COP..) et par le GIEC dans ses rapports . Ces limites indiquent que les écosystèmes que nous polluons et dégradons ne permettent plus de garantir une habitabilité durable de notre planète !

Un indicateur pertinent de ces dégradations : le jour de dépassement

Sur la base de ces 6 ou 9 indicateurs de risques et en les croisant, d’une part avec la biocapacité de la Terre à se régénérer convenablement, et d’autre part avec les ressources nécessaires au plan mondial pour produire les biens consommés et/ou gaspillés, divers Instituts de recherches en écologie, diverses ONG qualifiées ont mis au point un indicateur nommé « JOUR DE DEPASSEMENT » à savoir le jour de l’année où l’humanité a épuisé les ressources naturelles de la planète et vit à crédit sur les possibilités de régénération de la terre : et donc entame inexorablement le processus de sa dégradation !!

Ce jour de dépassement était situé à fin novembre en 1980, au 11 octobre en 1990,

au 23 septembre en 2020 et en 2022 il se situait déjà au 28 juillet ! Ce qui signifie qu’il faudrait l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale. Mais les disparités entre pays sont plus inquiétantes encore : pour la France ce jour de dépassement était en 2023 au 5 mai (soit le besoin de 2,9 Terre) ; quant à la Chine (fin février) et aux Etats-Unis (fin janvier/début février) le mal est pis encore. A eux deux ils constituent plus des 2/3 des pollutions mondiales.

Quand on pense au désir des pays en voie de développement à rattraper le niveau de vie des nations riches on voit toute la difficulté à répartir les efforts écologiques.  !..

Comment faire évoluer nos comportements ?

Face à ces dégradations de notre planète, comment aborder une meilleure prise en compte de l’ECOLOGIE et faire évoluer dans nos têtes et nos habitudes de « sur consommation » la nécessaire évolution de nos comportements ?

Je propose de nous appuyer sur 3 documents qui me semblent importants :

o au plan de nos Institutions maçonniques, je me suis procuré le Livre 3 « Franc -Maçonnerie et Ecologie » du Grand Orient de France (dont je ne suis pas membre) édité tout récemment sous l’égide de leur Commission Nationale de réflexion sur le développement durable.

Eh bien, divine surprise ! C’est un plaidoyer intelligent, bien construit, bien argumenté pour réfléchir sur nos pensées et nos futures attitudes concernant ce vaste domaine de l’écologie. Il ne développe pas – ou très peu- les poncifs politiques ou idéologiques de la gauche française, mais s’efforce d’aborder la question sous ses angles philosophiques, humanistes, sociétaux à travers des chapitres tels que « Universalisme et Ecologie », « Emancipation et Ecologie », « Ecologie et Solidarité », « Utopie et Ecologie ».

C’est un ouvrage instructif que je recommande à tout Maçon(e) de lire…

o au plan spirituel, et pour élargir le domaine de notre pensée franco-française, je vais reprendre les écrits du grand philosophe anglo indien (et initié dans les arcanes du vedanta/jaïnisme), SATISH KUMAR dont j’avais rapidement présenté les thèses voici 3 ou 4 ans à la Credho de Bourgogne. Voici ce que j’avais écrit de façon plus générale sur ce sujet de l’écologie spirituelle :

« A l’origine, les tribus premières (et non primitives) avaient une vision holistique donc globale de leur présence sur terre : leurs membres ne faisaient qu’un avec la Nature, ils vivaient avec respect et harmonie avec elle, parfois avec crainte devant des phénomènes qui les dépassaient. Mais peu à peu cette vision globale s’est désagrégée laissant place à de multiples attitudes et polythéismes, nous poussant très vite à nous considérer comme maîtres de la Nature et la gérer à notre guise jusqu’à la défigurer et la massacrer pour notre seul profit ! Tel est le triste bilan de notre actuelle « civilisation » occidentalisée, l’orient géographique y étant tout aussi inclus.

Les bouddhistes ont eu de tout temps le plus grand respect de cette Nature et de la vie jusqu’aux plus petits insectes – qu’ici on caractérise souvent de nuisibles. L’adepte de Bouddha a une vision naturellement écologique du monde dans lequel il vit, de cette « pacha mama » que d’autres civilisations respectent encore aujourd’hui.

Ce n’est plus le cas en occident (même si une récente forte prise de conscience se fait jour depuis 2 ou 3 décennies, notamment chez les jeunes) ; c’est pourquoi en 2015 le Pape François a-t-il rédigé une belle encyclique pour la sauvegarde de notre maison commune. Mais son texte « LAUDATO SI » (Loué sois tu !) est beaucoup trop dense, intellectuel et peu accessible au plus grand nombre. J’y reviendrai.

Alors la vision spirituelle et politique de Satish KUMAR remet avec beaucoup de simplicité les choses en place :

– au plan spirituel, dans son livre « Pour une écologie spirituelle » son nouveau ternaire holistique « Soil, Saul, Society « (Terre Ame Société) replace bien l’homme au sein du cosmos et de la société des vivants (humains, végétaux, plantes, animaux…) On peut aussi décliner ce ternaire en « Humains, Société, Nature »

– au plan politique, en calquant sa vision de l’action sur les principes prémonitoires

de Gandhi qui a conduit par sa méthode non violente à la libération de l’Inde.

En tant que Franc Maç… ouvert à cette vision holistique de notre place dans le monde je pense que cette approche globale renouvelle le ternaire occidental « Corps, Ame, Esprit » très antropomorphé et balaye le postulat dualiste de Descartes « Je pense donc Je suis » trop égocentré sur l’homme et sa seule raison. Postulat que je reformulerais ainsi : « Je pense que tu es, donc je suis » : car je n’existe que face à l’Autre, mon alter ego ! (cf Lévinas)

C’est pourquoi j’invite à lire attentivement ce philosophe dont la pensée et les principes peuvent être lus et mis en œuvre par tout être lucide et de bonne volonté, en Orient comme en Occident : l’écologie étant une valeur universelle.

o au plan des actions sociétales et de formation

dès 1990, dans son livre « Le Contrat Naturel » Michel SERRES proposait de passer un contrat de bienveillance avec la Nature ; à la suite de quoi un certain nombre de spécialistes en formation ont établi -sous l’égide de l’Unesco – des programmes  éducatifs et rédigé une « Charte de la Terre, pour la Terre » affirmant dans le préambule de ce document d’une quinzaine de pages « que la protection de la vitalité, de la diversité, de la beauté de la Terre est une responsabilité sacrée et universelle ! » (Document disponible sur demande à la Credho)

Encore quelques pensées générales pour avancer ..

Ces bases philosophiques, humanistes, spirituelles étant posées, il faut agir et passer concrètement des dires aux actes ; Je me limiterai à quelques propositions concernant notre pays, ces quelques idées pouvant être reprises au plan européen, international.

En France nous avons une propension à préconiser politiquement une écologie agressive (voire violente, ex les ZAD) idéologique, parfois décroissantiste, toujours urgente en paroles à mettre en œuvre !! Un peu de modération dans les propos et les actes ne nuirait pas – à mon sens – pour organiser une gestion apaisée, positive, et créative des problèmes écologiques : car ni l’économie, ni les mentalités n’évoluent aussi vite : l’écologie est un « paquebot » politique et sociétal qui prend du temps à faire bouger …Il faut donc favoriser une économie écologique de transition, une écologie verte de croissance et de consommations durables en soutenant fortement d’une part les innovations de conversion de nos industries polluantes (élargir le rôle de la BPI..), et, d’autre part, en démultipliant par des aides concrètes les nombreuses initiatives privées qui voient régulièrement le jour dans nos régions par des créateurs individuels de produits et services, comme dans les associations, les collectivités locales (penser « global », agir « local »)

Quittant le domaine économique et politique exposé ci-dessus, je vous propose un instant de remettre nos pieds dans la glaise : en évoquant quelques aspects du dernier livre de Gaspard KOENIG intitulé « HUMUS » Rappelons-nous tout d’abord que

L’humus est l’essence même de nos vies, et que de ce mot dérivent les concepts d’HOMME, d’HUMIDITE, sans oublier HUMILITE, (un ternaire qui pourrait être le support d’un très beau tracé dans nos Loges ?) Son livre évoque d’une manière humoristique, romancée, sans jamais oublier les fondements scientifiques et philosophiques, toute l’importance des vers de terre dans la terre/humus, et dont l’action bénéfique, régénératrice permettrait aux sols de se passer de pesticides si on commençait à les laisser agir « naturellement ». (certains agriculteurs le font déjà..)

Aux vers de terre j’associe l’importance des arbres, du réseau de leurs racines aussi vaste dans les sols que dans leur canopée, racines qui communiquent entre elles, reçoivent l’action régénératrice du travail des vers de terre, favorisant une synergie vivante et harmonieuse entre ciel et terre …

…sans oublier le rôle de tous les êtres vivant au ras sol :

Bactéries, champignons, insectes, abeilles etc, etc..Bref toute une écologie naturelle et holistique qui pourrait aisément s’auto-gérer si on voulait bien la laisser faire (en diminuant peu à peu nos cultures agressives et nos consommations polluantes)

Pour favoriser ce respect de la terre nourricière, il serait utile d’engager ces pratiques que nos anciens connaissaient bien : agriculture raisonnée, biodiversité, labours profonds, agroforesterie, plantation d’arbres à l’orée des cultures, replantation de haies en lisières des prés, j’en oublie certainement

Malgré quelques gaulois des champs toujours « irréductibles », en France tout ceci se met lentement en marche : alors ne désespérons pas trop vite d’un possible et nécessaire changement !

Notamment il convient d’avoir une action majeure, rapide et voire coercitive sur la production des plastiques, véritable catastrophe pour nos sols et nos océans, y compris la faune terrestre et maritime gangrenée par les micro plastiques ingérés.

Certes, il y a d’autres causes de pollutions à éradiquer, mais le respect de la Terre me semblait important à valoriser : c’est que, pour vivre, nous avons absolument et durablement besoin d’elle, alors que Mère Nature peut très bien survivre sans nous !

Quelques propositions pour une écologie positive, progressive et de proximité

 o au plan global

vers un PIB Ecologie : Hubert VEDRINE préconisait en juin 2020 de créer au-delà du simple PIB actuel, un nouvel indicateur qu’il dénommait « Pib Ecologique » : il

suffirait d’affecter à tous nos produits et services un coefficient global d’empreinte carbone (tenant compte des importations de pollutions dans leur fabrication) pour déterminer la valeur écologique nationale de nos productions ; cette méthode permettrait de mieux sensibiliser les entreprises à la qualité environnementale de leurs produits et services ; (c’est ce qui se fait déjà avec l’empreinte énergétique, ou par la relocalisation en cours de certaines fabrications) : il faut développer l’idée !

Ce PIB Ecologique aurait aussi valeur d’objectif économique : à améliorer d’année en année (au même titre que les indices actuels, inflation, chômage, Pib…)

– à cette idée de Pib Ecologique » j’associe volontiers la proposition de Guillaume

POITRINAL, ancien directeur d’Unibail, reconverti dans l’action écologique, consistant à étiqueter ou à visualiser tous les produits et services fabriqués et importés de pastilles rouges (néfastes pour l’environnement et l’écologie) ou vertes pour ceux ayant un caractère bénéfique pour la planète. Il n’est pas plus compliqué, dit-il, de calculer l’empreinte écologique d’un produit que celui effectué pour les Nutriscores ou celui mesuré pour la réparabilité de certains articles ménagers. Ainsi les produits pourraient passer progressivement à l’orange, puis au vert.

Il suffit de le vouloir : ce qui inciterait tous les consommateurs/citoyens à mesurer l’impact de leurs achats – souvent impulsifs comme sur TikTok ou Amazon.

faire du recul progressif du Jour de dépassement un enjeu national majeur

 Chacun peut aisément comprendre que l’on ne peut durablement vivre à crédit.

 Cumuler les dettes dans son foyer, dans la Nation et dans les prélèvements sur la terre conduit à coup sûr à la faillite ou à l’épuisement de la nature…et aux catastrophes climatiques !

 En reprenant les données prises en compte dans les 6 critères les plus dangereux pour la planète (évoqués plus haut), il conviendrait de sélectionner quelques actions concrètes à privilégier collectivement et individuellement pour faire reculer ce jour de dépassement, régulièrement d’année en année, pour atteindre d’ici 2035 par ex l’équilibre permettant à la terre de se régénérer naturellement, sans que nos productions et consommations ne « pompent » sur ses ressources.

 On pourrait se donner comme objectif national de faire reculer ce jour critique de

 15j/an sur les 4 ou 5 premières années, puis fixer cet objectif à 1 mois de recul par an les années suivantes, ce qui permettrait d’atteindre l’équilibre souhaité à fin décembre 2035…Un calendrier des objectifs « jour de dépassement/par année » serait institué et promu comme indicateur national pour sensibiliser les populations à ces objectifs. (en France passer concrètement du 5 mai en 2023, au 25 mai en  2024, au 5 juin en 2025, …pour atteindre fin décembre en 2035).

 La chose a été entreprise et réussie en 2022 concernant la diminution de 10 % des consommations d’électricité grâce à une forte mobilisation nationale : il peut et doit en être pareillement pour le recul progressif de ce jour de dépassement.

 C’est utopique ??? Alors tentons-le !!!

o au plan local

généraliser, –dans toutes les écoles, collèges, surtout en milieux urbains- les initiatives de découverte de la Nature et des interactions entre le Vivant et cette

 Nature : importance et fonctions des sols, de l’eau, des vers de terre, des arbres, des abeilles, des plantes et fleurs, etc...

 Auxquelles on peut dans les collèges, les Lycées y associer l’écologie du gaspillage,de la production des déchets, la protection de nos environnements, la sensibilisation

 à de nouveaux comportements, etc

 La Charte pour la Terre peut constituer une aide pédagogique pour traiter ces sujets.

 Après chaque visite ou action sur le terrain, demander aux élèves de rédiger un petit devoir personnel ou de groupe sur ce qu’ils ont vu, vécu, et ce qu’ils pensent de la préservation de leur environnement : car la pédagogie sur les comportements n’est pas seulement un exercice ludique, mais nécessite aussi une part d’effort.

Au plan local, s’il était possible d’associer les associations de parents d’élèves, quelques responsables ou spécialistes de l’environnement à ces visites sur le terrain, ce n’en serait que plus bénéfique pour tous.

– faire un inventaire des initiatives locales, régionales en matière d’économie d’énergie, de services à l’économie locale, de reconquête des territoires ruraux par les services à la personne etc… Nos communes, nos pays ruraux foisonnent d’idées créatives – souvent réussies- mais qui souvent ne dépassent pas le cadre de leur territoire : or c’est une formidable richesse d’expériences qu’il conviendrait de recenser et de valoriser au bénéfice du plus grand nombre.

 Je propose que des Lycées, des sections Universitaires s’attèlent à faire l’inventaire de ces initiatives (auprès des journaux locaux, des télés régionales, voire nationales qui relatent ces initiatives dans leurs infos) afin de créer région par région une vraie Banque de donnée des Réussites locales, accessible à tous les entreprenants individuels, à toutes les Collectivités locales qui pourraient ainsi dupliquer ces réussites et les mettre en œuvre au profit de leur territoire local.

Ces données seraient classées par grands thèmes d’actions, présenteraient succinctement le contexte de leur mise en œuvre et les coordonnées de leurs promoteurs qui pourraient être facilement consultés. En France, nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons 1000 et une idées concrètes, originales, innovantes pour effectuer la transition écologique, positive et progressive de notre pays et de nos territoires : alors, tout simplement, osons innover !

Et la spiritualité dans tout ça ?

Les quelques idées proposées peuvent a priori sembler de nature plutôt économique ou sociétale : mais en vérité elles concourent largement à concrétiser ce ternaire écologique et de nature spirituelle présenté plus haut « les Humains, les Vivants et la Société, la Nature » Je conclurai donc mon propos en redonnant la parole au Pape François qui depuis son encyclique de 2015 nous stimule afin que nous trouvions les clés pour agir dans le sens d’une véritable conversion écologique. Il l’a redit dans son discours de Marseille « nous pouvons envisager la crise écologique comme un appel à imaginer de nouvelles manières de vivre ensemble. Vies minérale, végétale, animale, humaine ne peuvent plus être pensées les unes contre les autres. Devant nos vies fragmentées, violentées, l’écologie intégrale est une quête d’unification. Elle demande de penser simultanément la relation à soi, aux autres, à la planète et Dieu »

La clameur de la Terre et la clameur des humains sont liées ! Ce qui est porteur de vie c’est d’être en relation « je pense que tu es, je pense que je vis sur l’humus de notre terre Mère, donc je suis « 

Voilà ma conclusion : Ouroboros, la boucle est bouclée !

René A. SPITZ

Dijon, octobre 2023

NB : tout commentaire, toute critique argumentée et pertinente (pas de polémique politicienne), toute idée nouvelle, toute proposition concrète… seront bien entendu bénéfiques et bienvenues pour alimenter le débat.

Quelques éléments de bibliographie :

– Le contrat Naturel : Michel SERRES, Editions François Bourin (1990)

– Pour une écologie spirituelle : Satish KUMAR Editions Belfond (2018)

– Humus : Gaspard KOENIG (roman) Editions de l’Observatoire (2023)

– Franc Maçonnerie et Ecologie, Livre 3 GODF Conform Editions (2023)

– Charte de la Terre pour la Terre Unesco (2002)

 Document en PDF, sur demande à la CREDHO Bourgogne

 Gilles ARROUAS Président ; g21arrouas@gmail.com 06 60 62 19 54

et les nombreux livres édités sur la vie, la fonction des arbres…

Bonnes lectures…

France Culture : Jérusalem, histoire d’une terre sainte…

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De notre confrère radiofrance.fr

Emmanuel Macron était mardi à Jérusalem pour s’entretenir avec Benyamin Netanyahou de l’offensive menée par l’armée israélienne à Gaza. La ville sainte cristallise les tensions entre les trois religions monothéistes. À l’aune de ce conflit, quelles dynamiques sont observées entre les communautés ?

Avec

  • Frère Olivier-Thomas Venard Vice-directeur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, directeur exécutif du programme de recherches La Bible en ses traditions
  • Sylvaine Bulle Sociologue, chercheuse à l’EHESS et professeure de sociologie à l’ENSA de Paris Cité

Elle revient sur la démographie de la ville. Il existe une division sociale entre les Juifs ashkénazes et les Juifs orientaux, issus pour la plupart de l’Irak ou du Yémen notamment. Selon la sociologue, deux catégories de populations quittent la ville : les ashkénazes et les étudiants, ce qu’elle considère comme une grande perte. Sylvaine Bulle distingue également les Palestiniens de Jérusalem-Ouest, ayant la nationalité israélienne, et ceux résidant dans l’est. Ces derniers disposent d’un permis de résidence et de travail, ont le droit de vote, mais n’ont pas de passeport national : « cette catégorie concerne 300 000 personnes. Je qualifierai ce phénomène de périphérisation des esprits. Tous les Palestiniens travaillent en Israël, mais il n’y a jamais eu aucune appartenance politique ni culturelle à la ville de Jérusalem, car l’annexion n’est pas reconnue. »

Une cohabitation possible ?

Si la cohabitation semble impossible, la sociologue perçoit un signe d’espoir : « les seuls espaces de cohabitation, en dehors des commerces, sont les universités et l’hôpital. Au sein de l’université hébraïque, 30 % des étudiants sont palestiniens. Cela est très précieux en termes de savoir et d’émancipation des esprits dont Jérusalem a besoin ».

Depuis le 7 octobre, la ville de Jérusalem est à l’arrêt : les hommes israéliens ont été recrutés dans la réserve et les Palestiniens ne disposent plus de permis de travail. Mais elle croit en la capacité de la jeune génération à se mobiliser : « je pense que la jeune génération de Jérusalem-Est est capable de se regrouper en communauté, d’élaborer son propre narratif. Il existe des activistes écologistes qui se mobilisent. Les Palestiniens ne votent plus depuis l’annexion en 1967, conformément au mot d’ordre de l’Organisation de Libération de la Palestine. Mais une liste municipale sera candidate aux prochaines élections municipales en 2024 », déclare Sylvaine Bulle.

Les démonstrations de haine contre les chrétiens en hausse

Si les actes de haine à l’égard des chrétiens ont toujours existé en Israël, le phénomène est en hausse, selon Frère Olivier-Thomas Venard : « C’est vrai qu’avec le gouvernement israélien actuel, qui sont des gens poursuivis par la justice de leur propre pays, il y a un déblocage de la parole et des comportements. Je dis à ceux tentés par l’identitarisme quel qu’il soit : voilà ce que ça donne lorsque la parole est relâchée. »

Jérusalem : sociologie d’une ville fracturée

Sylvaine Bulle décrit la ville sainte comme un espace marqué par beaucoup de visions, de tensions et d’appropriation : « C’est une somme de mosaïques. Ce qui reste de Jérusalem en tant que ville symbolique, spirituelle et culturelle, c’est malheureusement son passé. »

Grande Loge de France : Plein feux sur l’histoire, la culture et la spiritualité

Rappelons que la démarche initiatique en Grande Loge de France est essentiellement humaniste – l’homme étant au cœur de celle-ci.

Démarche qui est aussi spirituelle, dans le sens où le Rite Écossais Ancien et Accepté propose à l’homme en recherche une démarche qui le transcende et le dépasse. C’est également une démarche de tradition.

Thierry Zaveroni, Grand Maître.

Sous la direction éclairée du Grand Maître Thierry Zaveroni, le 29 août dernier une conférence publique exceptionnelle réunissant près de 200 participants et qui s’est révélée être un triomphe inspirant, nous présentions, au-delà de présenter la GLDF comme l’obédience de tradition, ce nouveau cap vers plus d’histoire, plus de culture et plus de spiritualité !

Pressentiment confirmé par, ce samedi 21 octobre, au siège de la Grande Loge de France, la première conférence de reprise des travaux de la Commission Histoire de la Grande Loge de France, sous l’égide de sa Loge de Recherche Marquis de La Fayette. Est-il besoin de rappeler que La Fayette (1757 – 1834) est surnommé le « Héros des deux mondes »…

Avec pour thème « La Grande Loge de France pendant la Seconde Guerre mondiale ».

Blason de la famille Motier de La Fayette et de la Loge de Recherche.

Il est vrai que les travaux historiques portent souvent su les siècles passés, dès l’origine de l’art royal, ceux concernant le XXe siècle et la deuxième guerre mondiale ne sont pas légion.  

Au programme donc, « La Grande Loge de France dans la Résistance » par Jean Laurent Turbet, « Les sept compagnons de la Libération de la Grande Loge de France » par Jean-Pierre Thomas. Trois l’étaient avant le second conflit mondial, quatre le sont devenus francs-maçons après.

Rappelons qu’un compagnon de la Libération est un membre de l’ordre de la Libération, créé le 16 novembre 1940 par le général de Gaulle en tant que « chef des Français libres » pour « récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’œuvre de libération de la France et de son empire » durant la Seconde Guerre mondiale. Mille trente-huit personnes, cinq communes et dix-huit unités combattantes ont ainsi été nommées compagnons de la Libération. Parmi ces 1 038 compagnons, sept ont été membres de la GLDF.

Médaille de compagnon de la Libération.

Chacun a encore en mémoire Hubert Germain nommé compagnon de la Libération en 1944, il est l’ultime membre de cet ordre jusqu’à son décès le 12 octobre 2021.

Hubert Germain (1920-2021) s’était engagé dans les Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale et mène ensuite une carrière politique, au cours de laquelle il est maire de Saint-Chéron dans l’Essonne et député de la quatorzième circonscription de Paris (13e arr.). Il est, entre 1972 et 1974, ministre dans les gouvernements Messmer.

Initié au sein de la Grande Loge de France en le 24 octobre 1975 au sein de la Loge « James Anderson » N° 868, il passe compagnon le 26 novembre 1976 et devint maître le 27 avril 1978. Il a été aussi est aujourd’hui membre fondateur de la Loge « Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération » N° 1165, créée à son initiative en 1994. Il était Grand Maître Honoris Causa de la Grande Loge de France. Initié au 4e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté le 8 janvier 1982, il était membre de la Juridiction du Suprême Conseil de France. Le Très Illustre Frère Hubert Germain, était 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. depuis décembre 2014.

Sur Pierre Brossolette, nous vous invitions à regarder la vidéo sur les « FM célèbres de la GLDF »

Vint ensuite les discours de Jean-Laurent Turbet sur « L’impossible réunion de la Grande Loge de France/Grand Orient à la Libération » et « L’abolition des lois de Vichy contre la franc-maçonnerie par la France libre » par Jean-Pierre Thomas.

Jean-Laurent Turbet.

La France libre étant le régime de résistance extérieure fondé à Londres par le général de Gaulle à la suite de son appel du 18 juin 1940. Jean-Pierre Thomas rappela que le 15 décembre 1943, une ordonnance du Comité Français de Libération Nationale d’Alger, l’une parmi les toutes premières visant au rétablissement de la légalité républicaine, abrogeait la totalité de la législation antimaçonnique de Vichy.

Jean-Pierre Thomas.

Ces conférences étaient ouvertes, comme à son habitude, aux sœurs et frères de toutes obédiences dès le premier degré. Les prochaines conférences auront lieu les troisièmes samedis matin des mois de janvier, mars et mai 2024.

Notons que le vénérable maître de la respectable Loge Marquis de Lafayette et président délégué de la Commission d’Histoire n’est autre que notre très cher frère historien Christophe Bourseiller.

Christophe Bourseiller.

Beau succès pour une reprise de travaux où près d’une cinquantaine de maçons s’étaient retrouvés pour leur plus grand profit et plaisir. L’annonce de la publication des conférences, sous forme de livret , a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par l’assistance. C’est pourquoi, nous ne dévoilerons pas le contenu de cette belle matinée et vous laissons le soin d’acheter l’ouvrage dès parution en 2024.

L’Atrium de la Grande Loge de France.

Nous remarquons que la Grande Loge de France a toujours placé son musée, sa bibliothèque et ses archives à la place qui incombe à cette grande obédience et ce, dès 1911, où elle s’installe dans un ancien couvent de la fin du XIXe siècle, rue Puteaux à Paris. C’est ainsi qu’en 1970 le Grand Maître Pierre Simon décide de porter une attention particulière aux collections éparses que conserve la Grande Loge en créant la « fondation musée maçonnique ». Puis, en 1992, le musée, les archives et la bibliothèque sont réunis pour former l’association MAB.

Vitrines du musée.

De beaux atouts pour la mémoire, l’histoire et la culture des frères.

En soi, c’est une forme de reconnaissance pour ceux qui contribuent de manière significative à l’éducation et à la diffusion de la culture maçonnique…

Sources : GLDF, RL Marquis de La Fayette

Statue du marquis de La Fayette, campus du Lafayette College à Easton – Pennsylvanie, USA.

Réalité augmentée : L’Égypte des pharaons comme si vous y étiez

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De notre confrère LeHuffPost

EXPOSITION – Les pharaons, leurs pyramides et les hiéroglyphes continuent de fasciner, 5 000 ans après. L’Égypte Antique, considérée comme un berceau de notre civilisation, est la source de nombreux fantasmes mais aussi un immense terrain de recherche.

La collection d’antiquités égyptiennes du Louvre, l’une des plus larges au monde, en est la preuve. Et la nouvelle expérience « L’Égypte augmentée », lancée ce mercredi 18 octobre, offre une immersion encore jamais vue dans cette ancienne civilisation. Le musée du Louvre et Snapchat se sont associés pour mettre la réalité augmentée au profit de la culture et de l’histoire, comme le montre notre reportage vidéo en tête d’article.

Avec le D.N.R.F.-G.D.D.G., la franc-maçonnerie rectifiée est présente sur l’île de La Réunion

Le D.N.R.F.-G.D.D.G., kesako ? Le « Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaules » (D.N.R.F.-G.D.D.G.), constitué à Lyon le 15 décembre 2012, est l’héritier du Grand Directoire des Gaules, fondé à l’initiative de Camille Savoire (1869-1951) sous les auspices du Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie en mars 1935, Grand Directoire des Gaules qui a été réveillé.

Le Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaules, souhaite revenir et conserver en fidélité, les fondements initiatiques du Régime Écossais Rectifié selon la conception willermozienne, et dans le respect de ce que voulut Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) pour l’Ordre, en se rattachant à l’essence de la Réforme de Lyon engagée au Convent des Gaules (1778), entérinée au Convent de Wilhelmsbad (1782). Le D.N.R.F.-G.D.D.G. est présent sur l’ancienne île Bourbon.

Île de La Réunion, vue aérienne

L’art royal dans l’océan indien*

D’après les Archives départementales de La Réunion « L’histoire de la franc-maçonnerie dans les Mascareignes commença avec Eléonore Perrier de Salvert, enseigne des vaisseaux du roi, qui fonda à Saint-Denis le 13 février 1777 la loge de la Parfaite Harmonie. Il avait reçu patente du Grand Orient de France datée du 23 janvier 1776 pour « régulariser et même constituer des loges dans la partie des Indes »… »

Armoiries de La Réunion. La devise latine signifie : “Je fleurirai partout où je serai plantée“. la Bannière de la Préfecture du Directoire s’en inspire.

Ça, c’est l‘histoire d’avant. Désormais, elle se conjugue aussi avec une belle présence du Régime Écossais Rectifié sous l’autorité du D.N.R.F.-G.D.D.G. à La Réunion.

En effet, depuis janvier 2022, son responsable Philippe Jegot, qui fête en 2023 ses 40 ans de maçonnerie rectifiée, anime depuis deux ans déjà la structure complète du régime, à savoir une Préfecture, une Commanderie, et une juste et parfaite loge de saint Jean très active.

Blason de loge La Foi et les Œuvres N° 17

Elle porte un nom évocateur : La Foi et les Œuvres* N° 17 à l’Orient de Saint Paul de la Réunion.

Philippe Jegot

Philippe Jegot confie à 450.fm que « Malgré la distance, j’ai pu grâce à des Frères de grande qualité sur place, d’accueillir un grand nombre de jeunes Frères qui viennent partager les vertus du Christianisme Primitif que nous transmettons dans nos travaux. La dynamique de nos Frères réunionnais qui nous ont rejoints va nous permettre d’ouvrir une deuxième loge en 2024. Elle portera le titre d’« Alliance Saint Jacques » et permettra à un plus grand nombre de profanes et de Frères de nous rejoindre ».

Croix de Chevalier bienfaisant de la Cité sainte (CBCS).

Afin d’en savoir plus, nous vous invitons à prendre contact sur place prefetiledelareunion@dnrf-gddg.org

Alors, le sens du mot « réunion » pourrait avoir été purement symbolique… Certes pour débaptiser cette dénomination trop attachée à l’Ancien Régime d’île Bourbon. En vérité, la Convention nationale décide, le 19 mars 1793, de donner à cette dépendance le nom de La Réunion. Un nom qui ne peut qu’inspirer notre idéal maçonnique !

* NDLR : L’île de La Réunion a fort heureusement, comme de nombreux territoires à travers le monde, une histoire maçonnique. D’un point de vue purement historique la franc-maçonnerie est présente à La Réunion depuis le XVIIIe siècle. Les premières loges maçonniques ont été établies dans les années 1760, à peu près au même moment où la franc-maçonnerie se propageait dans d’autres colonies françaises.

Blason de la Commanderie.

Elle a, comme dans de nombreux endroits sur la surface de la Terre,  joué un rôle dans la société, notamment en matière d’éducation, de culture et parfois de politique. La franc-maçonnerie réunionnaise, servant elle-aussi à la fois de lieu de réflexion philosophique, spirituelle et de réseau de solidarité, est liée à celle de la métropole à travers ses obédiences et ses traditions. Cependant, les loges de La Réunion ont également leurs particularités locales en raison de la culture unique et diversifiée de l’île.

**Nous ne pouvons que vous recommander la lecture de Dans l’intérêt des frères. Nouvelle maçonnique (Dervy, Coll. Renaissance Traditionnelle, 2000, rééd. 2012) de Rudyard Kipling (1865-1936), prix Nobel de littérature (1907), où il nous entretient de la loge Faith and Works 5837, E.C. (La Foi et les Œuvres n° 5837, Constitutions anglaises).

Un ouvrage disponible chez DETRAD.

Sources : Wikimedia Commons, Archives départementales de La Réunion, D.N.R.F.-G.D.D.G.

Les « catéchismes » maçonniques

Le titre de « catéchisme maçonnique » peut laisser perplexe ; c’est pourtant celui qui est communément employé pour désigner ce qu’on appelle aussi « Instruction », un échange de questions-réponses inclus dans tous les rituels. Parfois intégré à la Tenue, comme dans le Rite Français traditionnel, il doit, dans tous les cas, être appris par cœur, en tout ou partie, pour tout changement de grade. On constate d’ailleurs que les variations d’un rituel à l’autre ne sont pas substantielles et l’essentiel des références demeure. Voici quelques exemples de ces catéchismes :

  • « – Qu’est-ce qu’un Maçon ? – C’est un homme libre, également ami du pauvre et du riche, s’ils sont vertueux. » (Rite Français traditionnel) ;
  • « – Comment faut-il être pour se rendre digne d’être Maçon ? – Juste, droit, né libre, être majeur, d’un jugement sain et de bonnes mœurs. » (Rite Émulation) ;
  • « – Que venez-vous faire en Loge ? – Vaincre mes passions, soumettre ma volonté (à mes devoirs) et faire de nouveaux progrès en maçonnerie. » (Rite Écossais Ancien et Accepté).

En fait la méthode du catéchisme, en tant que procédé d’enseignement par échange de brèves questions-réponses qui en appellent à la mémoire, avait été instaurée par Calvin en 1541 dans son fameux Formulaire (Formulaire d’instruire les enfants en la Chrétienté). Les catholiques reprennent l’idée en 1555 avec le Catechismus minor de Pierre Canisius, tandis qu’en 1566 le Pape Pie V donne un statut au genre en accompagnant d’un motu proprio la parution du Catéchisme romain.

C’est néanmoins la fameuse Bibliothèque Bleue de Troyes qui donnera sa popularité à cette forme dialoguée.

Robert Mandrou nous en explique la création dans son ouvrage De la culture populaire aux XVIIe et XVIIIe siècles, (Paris, 1975) : « C’est dans les premières années du XVIIe siècle qu’un certain Nicolas Oudot a l’idée d’utiliser des caractères fatigués et des bois défraîchis pour éditer aux moindres frais des contes, quelques romans médiévaux déjà récrits au cours du XVIe siècle et un certain nombre de vies de saints ; les textes sont repris, simplifiés pour ainsi dire, par des ouvriers typographes, et publiés sans nom d’auteur ni d’autre indication que le titre et le nom de l’éditeur. La formule ainsi définie réussit assez bien pour qu’à sa mort, en 1636, l’opération se soit déjà étendue à une centaine de titres. » Le nom de Bibliothèque Bleue lui viendra de la couverture bon marché des livres, un carton souple de couleur bleu foncé. L’idée sera, bien entendu, copiée par d’autres éditeurs du XVIIIe siècle et on la retrouve aujourd’hui actualisée dans Le livre de poche et autres collections de même type…

Or, parmi les ouvrages de cette collection, il en est un dont le succès ne s’est pas démenti durant plus d’un siècle, c’est L’enfant sage à trois ans, contenant les demandes que lui fit l’empereur Adrien et les réponses de l’enfant. Il s’agissait d’un texte du début du XVIe siècle qui empruntait au catéchisme de Calvin le mode d’expression par demandes et réponses. Il est clair qu’autant l’empereur que l’enfant sont des personnages fictifs, le prestige du premier servant de faire-valoir au second, un enfant n’ayant pas « l’âge de raison » et dont, pourtant, les réponses, très doctes, ne peuvent qu’émerveiller le lecteur. Voici le début de leur dialogue.

« D. L’Empereur. Comment est fait le Ciel ?

R. L’Enfant. S’il eût été fait par main d’homme, il seroit déjà tombé, et s’il eût été né, il seroit mort depuis long-temps.

D. Qu’est-ce que Dieu fit premièrement ?

R. Lumière et clarté en tout temps.

D. Comment peut-on entendre que la Trinité soit en un seul Dieu régnant en trois personnes ?

R. Par le soleil auquel tu trouveras touts choses, c’est à savoir substance, splendeur et chaleur, qui sont inséparables ; car l’une ne peut être sans l’autre. » Etc.[1]

Or on retrouve ce même procédé dans les Old Charges britanniques du XVIIe et du début du XVIIIe siècles. Mais l’intention en est sensiblement différente : il ne s’agit plus d’un simple procédé mnémotechnique de connaissances, mais s’y ajoute un but de reconnaissance, de « tuilage », qui permet de vérifier si celui qui est questionné est réellement franc-maçon.

Cette façon de procéder avait des antécédents, non seulement dans les cultes à mystères, en particulier chez les pythagoriciens qui masquaient leurs secrets sous des sentences anodines, mais jusque dans le récit biblique où est évoqué le mot de passe des Galaadites que leurs ennemis, les Ephraïmites, ne savaient pas prononcer, ce qui permettait de les démasquer (Jg 12, 5-6).

Cela étant, ni une formule énigmatique ni un simple mot de reconnaissance ne recouvrent la variété des questions et la longueur des réponses d’un catéchisme. En fait, il était lié à l’« Art de la Mémoire » préconisé par William Schaw (1550-1602) dès le début des Statuts qu’il fit adopter à la Saint-Jean d’hiver de 1598 afin de doter la maçonnerie opérative du royaume d’Écosse de règles communes. Or cet « art » – entendons par là un savoir-faire, une aptitude que chaque Homme porte en soi et qu’il peut développer et optimiser par le travail –, fut développé par de nombreux auteurs de la Renaissance, en particulier par Giordano Bruno[2].

Les premiers catéchismes maçonniques apparaissent à la fin du XVIIe siècle avec la naissance de la Maçonnerie spéculative. L’un des plus anciens est le Manuscrit d’Édimbourg daté de 1696. Sa provenance écossaise renforce indéniablement la thèse actuelle qui situe en Écosse la source de la maçonnerie spéculative[3]. On y retrouve le schéma qui est toujours le nôtre, mais avec certaines étrangetés.

Par exemple :

« – Qu’est-ce qui rend la loge juste et parfaite ?

  • Sept maîtres, cinq apprentis, à une journée de marche de la ville, pour que l’on ne puisse entendre ni l’aboi d’un chien ni le chant du coq.
  • Moins de maçons ne rendent la loge juste et parfaite ?
  • Cinq maçons et trois apprentis reçus.
  • Rien d’autre ?
  • Plus on est et plus il y a de la joie, moins on est meilleure est la chère. […]
  • Quelle est la clef de la loge ?
  • Une langue bien pendue.
  • Où repose cette clef ?
  • Dans une boîte d’os. »[4]

Si dans le Manuscrit d’Édimbourg l’existence du grade de Maître n’est pas certaine, elle l’est en revanche dans le manuscrit « Sloane 3329 » daté de quatre ans plus tard, 1700, qui décrit en outre les mots et les signes des Francs-maçons et éclaire certaines énigmes du manuscrit précédent :

« – Qu’est-ce qu’une loge juste et parfaite, ou juste et légitime ?

  • Une loge juste et parfaite, c’est deux apprentis entrés, deux compagnons et deux maîtres, plus ou moins. Plus on est, plus on rit. Moins on est, meilleure est la chère. En cas de nécessité, cinq suffiront : deux apprentis, deux compagnons et un maître. Tous réunis sur la plus haute colline ou la vallée la plus profonde dans le monde, là où l’on n’entend ni le coq chanter ni le chien aboyer. […]
  • En quoi est faite la clef de la porte de la loge ?
  • Ni de bois, ni de pierre, ni de fer, ni d’acier, ni d’aucun autre métal. C’est la langue de bonne renommée qui peut parler devant un frère aussi bien que dans son dos. […]
  • Combien y a-t-il de lumières dans la loge ?
  • Trois : le soleil, la lune et l’équerre. »

Dans ce même manuscrit, très riche, on trouve aussi quelques indications précieuses comme « la poignée de main, pour les compagnons [qui] consiste à se saisir mutuellement la main droite en pressant avec le bout du pouce la troisième jointure de l’index. » De même la griffe de maître est révélée et le texte ajoute qu’« il est un mot, qu’ils appellent “Mot de maître, qui est Mahabyn, et qu’ils divisent toujours en deux. Ils sont debout l’un contre l’autre, poitrine contre poitrine, pied droit contre pied droit, faisant de leur main droite la poignée de maître, la main gauche appuyant fortement sur le dos de l’autre. Ils restent ainsi le temps de se murmurer à l’oreille l’un Maha, l’autre Byn. » 3

Car le catéchisme n’est pas isolé ; il vient après des explications dont il est le couronnement. Il remplit, en fait, une triple fonction : d’explication de la doctrine du grade, de « tuilage » qui unit les initiés, et de résumé à retenir, comme dans les manuels scolaires de l’époque. Il révèle aussi le Mot de Maçon, « the Mason word », qui n’est pas qu’un mot, mais la façon de le communiquer, tant il est vrai que « l’art n’est pas dans la lettre, mais dans sa manière », dans la façon de dire bien plus que dans ce qu’on dit, comme le savaient bien les maîtres de la magie, eux qui connaissaient les liens tissés entre l’homme, la nature, l’univers et Dieu, eux qui avaient perçu le mystère de l’Un.

Ces catéchismes ont été des divulgations, mi-documents diffusés entre initiés mi-diatribes antimaçonniques. On en trouve jusqu’en 1760, avec Les Trois coups distincts, et ils sont à la source de notre histoire maçonnique…

ENCARTS :

Dans le chapitre 21 du Protreptique, le grand philosophe néo-platonicien Jamblique (environ 250-330 apr. J.-C.), auteur d’une Vie de Pythagore, révèle les mystères des pythagoriciens.

Voici, à titre d’exemple, son explication de l’un de ces préceptes « cachant sous des symboles les entretiens et les écrits qu’ils échangeaient ».

Symbole n° 12 : « Ne parle pas sans lumière des préceptes de Pythagore. » Le commentaire de Jamblique est le suivant : « Mais surtout “ ne parle sans lumière des préceptes de Pythagore ” est une invitation à l’intellect selon la sagesse. Il ressemble, en effet, à la lumière de l’âme, et elle qui est indéterminée il la détermine, et il la tourne comme des ténèbres vers la lumière. Ainsi, dans toutes les belles circonstances de la vie il convient de leur préposer l’intellect comme guide, surtout à propos des dogmes de Pythagore ; ceux-ci, en effet, sans lumière ne se peuvent connaître. »

On ne saurait mieux dire de la Franc-Maçonnerie !

« À Édimbourg, le 28e jour de décembre, en l’an de Dieu mille cinq cent quatre-vingt-dix-huit.

Statuts et ordonnances qui doivent être observés par tous les maîtres maçons du royaume, arrêtés par William Schaw, Maître des ouvrages de Sa Majesté et Surveillant Général du Métier, avec l’approbation des maîtres après désignés.

Premièrement, ils observeront et conserveront toutes les ordonnances arrêtées dans le passé, qui concernent les privilèges du métier, par leurs anciens de fort bonne mémoire. »

Comment mieux se référer à la tradition et à sa transmission orale ?


[1] In François LEBRUN, Croyances et cultures dans la France d’Ancien Régime, Éditions du Seuil, collection Points Histoire N° H 283, Paris, 2001.

[2] On ne peut ici que recommander l’étude exceptionnelle de Frances A. YATES, L’art de la mémoire, Gallimard, 1987.

[3] Cf. les ouvrages du professeur David STEVENSON.

[4] In Jean FERRÉ, Histoire de la franc-maçonnerie par les textes (1248-1782), Éd. du Rocher, 2001. La dernière partie des réponses se réfère au secret qui ne doit pas sortir de la tête (crâne).

Lieu symbolique : Saint-Cannat, ce mystérieux village médiéval des Templiers (Bouches-du-Rhône)

À seulement une heure de Marseille se cache un ancien village médiéval. Certains vestiges perdurent encore et font le plaisir des curieux de l’histoire. Saint-Cannat, commune située dans le département des Bouches-du-Rhône, est situé au pied de la chaîne de la Trévaresse, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est un ancien village de Templiers.

Blason de la ville

Saint-Cannat est bâti d’une manière très irrégulière. Il regroupe quelques belles demeures sur sa route principale. S’il est avant tout intéressant pour son architecture médiévale et son cadre typiquement provençal, il abrite aussi une curiosité historique.

L’église du village a été construite par les Templiers, qui avaient à Saint-Cannat une maison dont on voit encore quelques restes.

Dans l’imaginaire commun, les Templiers sont souvent perçus comme un groupe obscur et nourrissent de nombreux fantasmes. En réalité, ils n’étaient qu’un ordre issu de la chevalerie chrétienne. Ces militaires religieux jouaient un rôle de ‘’gendarme’’, apportant une protection aux pèlerins chrétiens se rendant en Terre sainte est le territoire où pour les catholiques se déroule l’histoire sainte, notamment la vie de Jésus relatée par les Évangiles. À Jérusalem...

Un point de passage pour les pèlerins

Dans leurs périples, les pèlerins traversaient la Provence. Lorsqu’au XIIe siècle, le régime des rois de Sicile qui règne sur la région s’éteint, les Templiers installent des points de passage dans certains villages. En pleine période de croisade, Saint-Cannat est vite devenu un endroit clef pour ces chevaliers. Le passage des pèlerins s’intensifie et les chevaliers commencent à revendiquer les terres.

L’église du village est un héritage du temps des Templiers

Trois ans plus tard, les Templiers obtiennent un bail de l’évêque de Marseille pour la création d’un monastère à Saint-Cannat.

Ces chevaliers s’y installèrent durablement, construisant des maisons, des fermes, mais surtout une église, à côté de l’ancienne chapelle du village : Notre Dame de Vie.

Un des vestiges de cette époque est une maison située au centre du village de Saint-Cannat, à peu de distance de l’église. On distingue encore les fenêtres anciennes et somptueuses pour le temps.

Histoire… de l’Antiquité aux Templiers

Le village tient son nom de Canus Natus, homme d’église romain du Ve siècle qui deviendra évêque de Marseille. Quelque temps après son enterrement, un hameau voit le jour.

Au Moyen Âge et plus particulièrement au XIIe siècle, l’archevêque Pierre inscrit Castrum Santi – Cannati dans un de ses écrits. D’ailleurs, le village n’est réellement connu qu’à cette époque, date à laquelle il apparaît dans les archives

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d’Anjou. Le roi de France, Charles VI, intervient et envoie le sénéchal de Beaucaire, Enguerrand d’Eudin, qui fait la conquête de Saint-Cannat à l’été 1383. Lorsque Louis Ier meurt et que sa veuve, Marie de Blois, arrive en Provence pour défendre les droits de son fils Louis II, elle réclame que le sénéchal lui cède la ville, ce qu’il refuse par instruction du roi de France.

Les Templiers et les Hospitaliers

C’est au XIIe siècle que les villageois se rebellent contre leur archevêque et se tournent vers le baron des Baux-de-Provence, puis vers les rois de Sicile (plus exactement, Frederic III d’Aragon et éventuellement Louis XIII). Cependant, ce régime prend fin trois ans plus tard. À la même époque, les Templiers s’établissent en ces lieux. L’église du village a donc été construite par les Templiers, qui avaient à Saint-Cannat une maison dont on voit encore quelques restes.

Les Templiers obtiennent aussi un bail de l’évêque de Marseille pour la création d’un monastère à Saint-Cannat. Les chevaliers s’y installèrent durablement, construisant des maisons, des fermes, mais surtout une église, à côté de l’ancienne chapelle du village : Notre Dame de Vie (Les restes de la chapelle Notre-Dame-de-Vie – XIIe siècle – s’inscrivent dans un petit jardin public qui porte son nom. Cette chapelle a été détruite lors du séisme de 1909).

Les Templiers s’établissent dans la Commanderie de la Bargemone, aujourd’hui devenue une cave vinicole réputée.

L’église a subi l’outrage et du temps et du tremblement de terre du 11 juin 1909.

Toutefois, la petite chapelle Saint-Cannat, construite en 1657, qui fût dédiée au Saint, pour le remercier d’avoir protégé le village contre la peste en 1629 a été miraculeusement épargnée par le séisme de 1909.

Pierre de Suffren, par Pompeo Girolamo Batoni.

Pierre André de Suffren, dit « le bailli de Suffren », franc-maçon, reste le personnage emblématique du village

Également connu sous le nom de « Suffren de Saint-Tropez », « le bailli de Suffren » est un vice-amiral, bailli et commandeur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Fichier Bossu – BnF-Gallica.

Né le 17 juillet 1729 au château de Saint-Cannat et mort le 8 décembre 1788 à Paris, il fait partie en 1786 de la loge « L’Olympique de la Parfaite Estime » et de la Société Olympique. Il fut en 1782 membre de la loge « Saint-Jean d’Écosse du Contrat Social ».

Sources : actu.fr Provence-Alpes-Côte-d’Azur ; Wikipédia ; Wikimedia Commons ; bulle de manou

L’égrégore à tire « d’elles »

Quel objet d’admiration que le chemin maçonnique ! Du cabinet à la tenue, dans les degrés bleus, harnachés des suivants, qualifiés sans vergogne de « supérieurs » un peu partout. Et on se pâme devant cette superbe pédagogie. En fait le nom propre est « psychagogie », pour signifier la transmission de messages initiatiques, je constate que ce cheminement n’a guère de solidité psychagogique.

Même si l’on prétend que le chemin maçonnique passe en revue notre existence passée pour remédier à nos errances, il reste beaucoup à reprendre comme je le développe dans mon « Plaidoyer pour la survie de la Franc-maçonnerie ».

            Mais au fond peu importe peut-être : les miettes psychagogiques se ramassent quand le Frère, la Sœur, le désirent. Alors pourquoi s’échiner à vouloir faire un chemin maçonnique conforme aux normes professionnelles de la transmission des savoirs-être et des savoir-faire ? Ce serait faire dégringoler dans nos sensibilités un risque d’inefficacité et de désenchantement. Comme si le squelette de nos rites, mythes et symboles se contentait d’un assemblage osseux et mal articulé ? Et pourtant, notre cheminement sacré fonctionne pour une bonne partie d’entre nous. Comment est-ce donc possible ?  Ma bien ancienne expérience maçonnique m’a fait prendre conscience, à un âge vénérable, d’un mystère. Il parcourait, sans trembler, le défilé des degrés. Ce dispositif caché et puissant est au cœur battant de la fraternité. Qui détient le secret. Comment l’appeler ? Je propose, faute de mieux, car mon expression est compliquée : « La déclinaison de l’acquisition de la sensibilité fraternelle ».

Pour être plus clair : parfois le Frère, la Sœur parcourt les quatre strates, sans se forcer, grâce au travail en tenue(s) sur tel ou tel arcane ; du vécu strictement personnel jusqu’à l’impression de vivre, avec les autres, une lecture universelle. Cette dernière strate dépasse la seule Franc-maçonnerie en rejoignant d’autres cheminements initiatiques, spirituels. Que les initiés(es) en soient plus ou moins conscients, l’affaire n’est pas là ; l’important, c’est le frémissement ensemblier des plongées initiatiques. Elles sont bien tapies sous notre attirail symbolique merveilleux. En fait les deux ; les contenus échangés et les strates de la fraternité sont souvent mêlés. Le propos est ici de les distinguer arbitrairement. Le seul travail sur les arcanes, cache, en fait, la naissance renouvelée et la croissance de la fraternité. Et là, en catimini, nous chantons parfois ensemble, dans le couloir sans fin de l’union vers la lumière. Je te propose donc cette lecture chuchotée et peu publicitaire. Mais qui livre peut-être, le bien-être cardiaque de la Loge, dans une fraternité diamantine.

            Je ressens quatre strates de ressenti de nos arcanes, de la plus individuelle à la plus unifiante, « UniversELLE ». Et je rappelle, une fois encore que la manière dont les arcanes sont travaillés s’enlace avec la progression éventuelle des strates de la fraternité. Les deux phénomènes s’embrassent sans cesse mais un des partenaires reste dans l’ombre, celui de la naissance, de la croissance et de l’éclatance de notre fraternité. Voici donc les quatre strates.

  • D’abord l’appréhension « Personn-ELLE » que j’ai de tel ou tel arcane : mythe, rite, symbole.Elle est dictée par ma spontanéité ou pendant la tenue, grâce au déploiement du rite. Un exemple que je vais faire défiler, celui des colonnes de l’entrée de la Loge, les historiques Jakin et Boaz. Ma lecture Personne-ELLE pourrait être : « Les deux colonnes, c’est l’entrée dans la Loge et non dans le Temple comme on l’entend dire abusèrent
  • Vient la phase « Interpersonnelle » . Je sens bien que ma première lecture est partagée, dans ce qui est proféré ci et là, à ce sujet, sur les colonnes ; mais surtout dans les mimiques imperceptibles perçues lors des premières prises de parole ; et dans le vécu commun du rite qui oriente les regards dans la même direction. Les ressentis diffèrent encore mais s’alignent sur l’immuabilité du rituel. Les deux colonnes marquent toujours l’entrée de la Loge. On s’en aperçoit les uns, les autres à travers nos déclarations et nos regards. La lecture est la même et on la sent partagée.

            Avant de présenter la strate 3, je voudrais bien insister sur un point : pas de dualisme tueur ; il n’y a pas, d’un côté, le travail en tenue, bien visible relaté par le(la) Secrétaire; et de l’autre, les quatre strates de l’accouchement de la fraternité.

            Les partenaires s’aiment et enfantent l’universalité humaine. A noter que cette intégration successive des quatre ELLES ne signifie pas que le sens des colonnes s’enrichisse nécessairement. C’est capital : nous ne sommes pas avec les ELLES, dans une réflexion, un approfondissement de tel ou tel arcane, mais dans sa diffusion dans les cœurs, de plus en plus large, des compréhensions PersonnELLES à la dernière, l’UniversELLE. Mais c’est une lecture cachée sous l’approfondissement des contenus, l’objet des planches et des prises de parole, qui reste la partie la plus visible, et l’objet officiel d’un travail en tenue. Pas d’oukase ! Strates et travaux sur les sens symboliques se mêlent : ce n’est pas parce que nous arrivons à la strate 3 : L’Intrapersonn-ELLE que la Loge aurait progressé sur les sens symboliques des deux colonnes ; pour continuer l’exemple.

  • Justement, dans la strate 3, citée ci-dessus : la relation « Intrapersonn-ELLE », ajoute à la lecture raisonnée ( ?) des deux premières, une autre dimension ; l’union ne se fait plus seulement sur les savoirs, le dit, la raison. Continuons l’exemple… Les deux colonnes vibrent sourdement ou en tonitruance, cela dépend des Loges et de la conduite des travaux. Non ! Les deux colonnes descendent, sous les mots, dans les sensibilités partagées. Affleure alors l’alliance avec l’autre dimension classique de la lecture symbolique, celle du partage de l’émotion. Pour toi comme pour moi, les deux colonnes me font vivre une verticalité double un peu troublante ; et je sens que nous partageons cette vibration sensitive, sensuelle.
  • Enfin, dans les meilleurs des cas, la strate est ou tend à être, « Univers-ELLE ». Alors, les Frères, les Sœurs se retrouvent, soudés(es), dans une perception sensible et spirituelle des deux colonnes. Être debout, silencieux devant soi et le monde, en toute verticalité. Le taoïsme, l’hindouisme, la chrétienté… chantent aussi cette relation Univers-ELLE. Alors le cheminement maçonnique est aussi une voie d’unité partagée. Avec le rêve de plus en plus ténu : la lente métamorphose de « l’homo démens » car il n’a jamais été sapiens, on le sait bien aujourd’hui en « humanimal naturens ».

Un outil oublié…

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la pierre, matière immortelle

Sur le plateau de Guizeh, près du Caire en Egypte, les trois Pyramides, Kéops, Képhren et Mykérinos – ces imposants blocs de roche superposés – règnent en majesté depuis plus de 4500 ans, la plus haute à 136 mètres (147m à l’origine).

La fièvre constructrice n’a pas cessé d’enflammer les hommes à travers le monde après cet exploit ascensionnel. Trois millénaires plus tard, notamment en Europe, quelque 600 cathédrales, ont progressivement lancé leurs flèches vers la voûte céleste, jusqu’à 70 mètres pour leur part, à la gloire du Créateur supposé. Ces merveilles monumentales, qui ont élevé cette pierre à la fois dans ce ciel et au sommet de la perfection technique, continuent de traverser le temps…

N’a-t-on jamais songé que ces gigantesques réalisations humaines, en fait ce semis de poussières d’étoiles, autant dire des milliards de grains minéraux initialement agglomérés par la Nature puis façonnés, empilés et assemblés par les glorieux bâtisseurs, n’existeraient pas sans un outil indispensable, parmi ceux du bâtiment : le tamis !

C’est bien lui qui, manié par des mains expertes, retient et filtre les granulats, le gravier et les impuretés pour permettre le passage dans ses mailles des particules pulvérisées, nécessaires à la fabrication du mortier de qualité. Lequel assure pour des siècles le jointoiement des pierres. Et au final produit un édifice qui tient debout !

Outils et Maillets
Outils et Maillets

Curieusement, cet instrument – constitué d’une toile de fils d’aciers entrecroisés, ajourée et fixée dans un cadre de bois circulaire (au vrai, une sorte de passoire) ne figure pas dans la batterie d’outils généralement symbolisés, selon les rites, par la maçonnerie spéculative : maillet, ciseau, règle, fil à plomb, niveau, équerre, compas, levier, truelle. Neuf outils, auxquels il convient d’ajouter, à mon sens, ce dixième qu’est le précieux tamis ! Ce que je me permets de faire ici !

Autant ce tamis est utile sur le chantier, autant contient-il une riche symbolique, à même d’enrichir la batterie figurative d’outils mentaux de la maçonnerie de réflexion !

Nous venons de le voir, sa première fonction opérative est de « retenir » les matériaux impropres à la construction. Par comparaison, chacun, chacune de nous, possède dans son cerveau un « dispositif de retenue » qui est aussi, un tamis, un filtre, et qui nous évite de commettre de mauvaises actions.

C’est tout simplement notre conscience du bien et du mal, que la philosophie appelle la morale, que la psychanalyse nomme le Surmoi et que le langage populaire désigne comme le bon sens. Le romancier Albert Camus résume très bien cet acte de la volonté dans son roman « Le premier Homme » en faisant dire à l’un de ses personnages « Un homme, çà s’empêche, voilà ce que c’est un homme… ». Il est judicieux en effet qu’en citoyen (ne) éclairé (e) nous sachions repérer et refréner nos tentations malsaines, dans la vie quotidienne !

Les graviers, granulats et autres cailloux, heureusement retenus par le tamis des « normopathes » que nous sommes peuvent avoir pour nom dans le psychisme certains homo sapiens inachevés : jalousie, rancœur, acrimonie, mesquinerie, amertume, vanité, médisance, méchanceté, xénophobie, racisme, etc., mauvais sentiments si courants aujourd’hui. Autant de « passions tristes » qu’il convient d’écarter, nous rappelle de son côté Baruch Spinoza !

La mort de Socrate
La mort de Socrate

D’un philosophe l’autre. Et qui dit philosophie, dit Socrate, l’un des premiers d’entre eux !

Ce grand sage aimait en ville le contact avec les passants. Un jour, il est abordé dans une rue d’Athènes par un voisin surexcité qui lui dit :

  • Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami Platon ?
  • Je t’en prie, calme-toi avant de me parler, et dis-moi d’abord si tu as passé ce que tu veux me dire par les trois tamis !
  • Les trois tamis ?
  • Je vais t’expliquer ! Le premier tamis est celui de la Vérité. Avant de me raconter ce que tu as à me dire, as-tu vérifié par toi-même si c’est vrai ?
  • Non, j’en ai seulement entendu parler !
  • Donc, tu n’en sais rien. Tu ne sais pas si c’est vrai on non !

Socrate sourit et enchaîne : – Maintenant, dis-moi si tu as passé par le deuxième tamis, celui de la bonté ce que tu veux me raconter. Est-ce au moins quelque chose de bon ?

  • Ah non, bien au contraire !
  • Donc, tu désires me rapporter des choses mauvaises sur Platon sans être sûr qu’elles soient vraies !

Le voisin est soudain un peu embarrassé.

  • Bon, dit Socrate, remets-toi ! Est-ce que tu as passé par le troisième tamis, qui concerne l’utilité, ce que tu veux me dire sur Platon ? Est-ce vraiment utile de me le raconter ?
  • Utile ? Non, pas vraiment !
  • Donc, conclut Socrate, si ce que tu veux me dire à propos de Platon n’est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi m’en faire part ?! Aucun intérêt, je préfère ne rien savoir ! Et je te recommande de l’oublier !

Ce petit conte de sagesse nous montre toute la subtilité que peut évoquer le tamis. Taire les choses et se taire sont parfois nécessaires. Tout comme en tenue, à certains moments, ne pas demander la parole est préférable : le silence est le gant blanc de la parole.

Le tamis nous renvoie aussi, par un jeu de mots phonétique et taquin, à l’Amitié, avec le grand ami et même à l’Amour avec le petit ami ! Grand tamis, petit tamis, puisse cet outil existant, de bon usage et particulièrement utile, prendre en loge, sa place et à son office.