(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)
Pour celles et ceux qui, ce matin, auront lu cet édito peu de temps après sa mise en ligne, qu’ils aient une pensée, cet après-midi, pour cet enfant de quinze ans à peine, qui s’en ira rejoindre sa dernière demeure, ayant choisi la mort plutôt que d’endurer encore et encore les rebuffades et les sarcasmes de harceleurs au petit pied qui s’abreuvent sinistrement de l’éreintement de leurs camarades sur les réseaux sociaux et de brimades obsessives à l’école, dans la visée de les anéantir.
J’irai tantôt lui rendre un dernier hommage à Poissy. Il s’avère que je connais sa mère, une femme qui m’a toujours paru solide et dont je me demande, pourtant, où elle pourra bien trouver le courage d’affronter cet absurde et cruel destin. Qui plus est, fort tristement, je n’ai pas à chercher bien loin pour découvrir d’autres victimes, profondément marquées par ces violences entre jeunes, que ni les institutions ni les adultes ne savent combattre comme il le faudrait : sans relâche et sans relâchement.
Plus globalement, la tranquillité publique est de moins en moins garantie, surtout aux jeunes femmes constamment importunées, molestées voire davantage. Ne se comptent-elles pas par centaines, à Paris seulement, à subir, chaque jour, les outrages d’hommes soulageant sans vergogne leurs bas instincts ?
Tous ces outrepasseurs de la dignité humaine, quel que soit leur âge, ébranlent notre confiance commune, saccagent notre foi en la République car quelle République porterait encore fièrement sa majuscule, en laissant meurtrir, à tous les sens du terme et en si grand nombre, les êtres physiquement ou psychiquement les plus vulnérables ?
Au demeurant, pour arrêter le massacre, il nous faudra d’autres armes que la répression. La répression n’est jamais qu’un recours en situation dépassée. Il faut prendre les devants. Aller à la rencontre de l’autre. Partager la parole. Rebâtir des règles du vivre ensemble, comme on dit aujourd’hui. Réexaminer nos modes de sociabilité, par des cours d’éducation civique nourris de dialogues, par des rencontres conduites par les autorités publiques et les associations, maillant les quartiers, les clubs sportifs, les centres de loisirs… toutes sortes d’initiatives brisant le silence, ouvrant un peu partout des lieux de parole, où l’on ne se sente plus isolé, mais réellement proche de ses semblables.
Nous devons nous dresser tous ensemble pour refuser que soit menacée l’intégrité de quiconque car il n’en va plus seulement de notre idéal mais, très prosaïquement, de notre existence.
Le Suprême Conseil Pour La France du Rite Écossais Ancien et Accepté (65 boulevard Bineau, 92200 Neuilly-sur-Seine) est à l’initiative de grand événement que sont les Rencontres Écossaises.
Créées en 1984, elles réunissent, chaque année, plus de 600 participants sur deux journées.
Plusieurs conférenciers y interviennent sur un thème lié à la spiritualité́, l’ésotérisme et la franc-maçonnerie d’inspiration spiritualiste. Pour 2023, le thème est : « Dire l’indicible », et aura comme invité exceptionnel l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan.
François Schwab.
À cette occasion sera remis le deuxième Prix littéraire des Rencontres Écossaises. Il est décerné à Françoise Schwab pour son ouvrage Vladimir Jankélévitch, le charme irrésistible du je-ne-sais-quoi publié en février 2023 chez Albin Michel.
Il sera remis par Jack Chopin-Ferrier, président du Jury et de la manifestation le samedi 7 octobre à Angers dans le cadre des 39e Rencontres Écossaises.
Deux autres prix seront également remis à cette occasion : un « Prix spécial pour l’ensemble de son œuvre » à Bertrand Vergely, philosophe et théologien et un « Prix coup de cœur du jury » à Sylvain Tesson pour son ouvrage Blanc publié chez Gallimard.
Françoise Schwab est historienne et spécialiste de l’œuvre de Vladimir Jankélévitch (1903-1985). Son ouvrage est la première biographie du philosophe et musicologue d’origine russe et le jury a particulièrement apprécié le travail de Françoise Schwab qui a su croiser les dimensions biographiques et intellectuelles de ce penseur majeur.
Sept ouvrages étaient en finale et présentés à un jury composé de responsables d’associations maçonniques françaises et étrangères, partenaires des Rencontres Écossaises.
Le Prix littéraire des Rencontres Écossaises, créé en association avec le site littéraire La Griffedistingue un ouvrage publié entre le 1er avril de l’année précédente et le 31 mars de l’année en cours. Ces œuvres peuvent être des essais, documents ou biographies dont le sujet est lié à l’ésotérisme, la spiritualité, la philosophie ou la franc-maçonnerie. Les œuvres primées ne peuvent être des œuvres numériques ou auto-éditées.
Les ouvrages finalistes étaient les suivants :
• Bergson, notre contemporain de Emmanuel Kessler (L’Observatoire)
• Blanc de Sylvain Tesson (Gallimard)
• Giordano Bruno de Marion Lieutaud (Classiques Garnier)
• Le souffle de la raison, le défi des Stoïciens de Christelle Veillard (Plon)
• Les Illuminati de Pierre-Yves Beaurepaire (Tallandier)
• Vladimir Jankélévitch de Françoise Schwab (Albin Michel)
• Voyage en haute connaissance de Bertrand Vergely (Le Relié)
Françoise Schwab a été une proche amie du philosophe et de sa famille et elle se consacre depuis de nombreuses années à l’édition des œuvres et écrits posthumes de Vladimir Jankélévitch.
En 205, invitée du 12h 13h Françoise Schwab sur RCJ.
Françoise Schwab a notamment établi l’édition du premier tome de plusieurs œuvres du philosophe chez Flammarion, La philosophiemorale, qui regroupe : La Mauvaise Conscience, Du mensonge, Le Mal, L’Austéritéet la vie morale, Le Pur et l’impur, L’Aventure, L’Ennui, Le Sérieux, Le Pardon.
Elle est également l’auteur de nombreux articles sur Vladimir Jankélévitch et a participé à l’élaboration du catalogue de la Bibliothèque nationale de France consacré au philosophe.
Le livre
L’ouvrage de Françoise Schwab vient combler un vide. Il s’agit de la première biographie du philosophe et musicographe Vladimir Jankélévitch (1903-1985) dont l’importance, non seulement en France, mais aussi à l’étranger, en particulier en Italie et en Allemagne, où ses prises de position contre le nazisme sont toujours au coeur des débats, ne cesse de grandir.
Françoise Schwab, qui fut une de ses proches, a publié les ouvrages posthumes de Vladimir Jankélévitch et organisé de nombreux colloques consacrés à l’actualité et à l’originalité de son œuvre. Son essai se propose de croiser les dimensions biographiques et intellectuelles de ce penseur majeur. On découvre l’itinéraire d’un homme extraordinaire qui fut pris dans les combats de son temps, depuis l’École normale supérieure, où il fut admis avec Raymond Aron et Jean Cavaillès, à sa filiation avec Henri Bergson, mais aussi avec les penseurs russes de l’exil, comme Léon Chestov, sans oublier son combat décisif pour la Résistance pendant la guerre. Au service de l’universalité d’une pensée vive, ravivée au creuset de son identité juive, Vladimir Jankélévitch a questionné la Grèce et les sources chrétiennes. Il a été un homme dans son temps, un Socrate
au milieu de la cité, que ce fût à Prague, à Lyon ou lors des événements de Mai 68, voire lors des états généraux de la philosophie à la Sorbonne en 1979.
Château d’Angers, aussi appelé château des ducs d’Anjou, Angers (Maine-et-Loire).
Pour en savoir plus :
Les Rencontres Écossaises : Les Rencontres Écossaises réunissent chaque année pendant deux journées un ensemble d’intervenants sur un thème lié à la spiritualité, l’ésotérisme ou la franc-maçonnerie. Pour son édition 2023 (7 et 8 octobre à Angers), le thème choisi est : « Dire l’indecible ». Visiter le site des Rencontres Écossaises.
Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien et Accepté
Le Suprême Conseil pour la France est une association franc-maçonne proposant à ses adhérents de poursuivre le parcours offert par le Rite Écossais Ancien et Accepté au-delà des trois premiers degrés communément proposés par les Obédiences et fondateur des Rencontres Écossaises en 1984. Visiter le site du Suprême Conseil pour la France.
Entrer dans le monde de la Franc-Maçonnerie, c’est, pour le commun des mortels, entrer dans un environnement plein de secrets et d’histoires qui remontent à l’origine du pays.
Entrer dans le monde de la franc-maçonnerie, c’est, pour le commun des mortels, entrer dans un environnement plein de secrets et d’histoires qui remontent à l’origine du pays dans ses luttes depuis la vice-royauté du Río de la Plata et en tant que nation ; et à la guerre de 100 ans entre la France et l’Angleterre entre 1337 et 1453.
Il y a une permanence dans le temps de l’influence anglaise, avec ses divisions, et la réapparition il y a environ cinq ans d’une franc-maçonnerie de tendance française, dont il a parlé des principes et des objectifs avec Ricardo Senn, Grand Maître de la Grande Loge Argentine Écossaise, membre du Conseil National Suprême, avec le degré 33 (le maximum) du Rite Écossais Ancien et Accepté reconnu par l’Argentine.
– Pouvez-vous donner une réponse simple sur ce qu’est la franc-maçonnerie ?
– En général, les francs-maçons répètent automatiquement qu’il s’agit d’un ordre philosophique, philanthropique et progressiste. C’est comme dans les films quand on s’interroge sur le rôle des voitures de patrouille : protéger et servir. La franc-maçonnerie est bien plus que cela…
– Et aussi…
– …est un état de conscience. Pour entrer dans notre Grande Loge Écossaise indépendante vous devez passer par une période d’initiation, vous adapter aux symboles et prendre conscience de la vie. Nous regardons en avant et en arrière, d’où nous venons et, sur cette base, nous savons qui nous sommes et où nous allons. Nous sommes des frères qui étudions et grimpons au niveau de conscience et de fraternité. Là, on se reconnaît. Nous ne sommes pas un club, mais la somme d’une société philosophique et spirituelle.
– Le sujet est historiquement prolifique, peut-on se concentrer sur l’ici et maintenant ?
– C’est vrai, cela vient d’Europe, où il y avait des guerres intrareligieuses. Il y avait auparavant et il y a maintenant des personnalités importantes qui sont maçons, quelle que soit leur affiliation religieuse, sociale et/ou politique. Associez-le à un Think Thank, qui œuvre pour un plus grand bien, dans lequel le « nous » est plus important que le « je ». Il y a eu de nombreuses fragmentations au fil des siècles, mais la Grande Loge d’Angleterre et la Grande Loge de France ont prédominé.
– Vous vous identifiez clairement du côté français, pourquoi ?
– J’ai toujours été contre l’absolutisme et la soumission aux monarchies européennes. Sur notre territoire, de nombreuses personnalités ont été déclarées maçons telles que : Vicente López y Planes et 9 des 10 membres de la Première Junte de Gouvernement, qui ont ouvert la voie à San Martín et Alvear, dans le soulèvement contre l’absolutisme espagnol régnant.
– La Révolution française est-elle un point d’ancrage ?
– La franc-maçonnerie a rapproché la fraternité des valeurs d’égalité et de liberté. Ces deux concepts sont antagonistes et unis par la fraternité.
– Voyez-vous un avant et un après de la franc-maçonnerie dans notre pays ?
– Lors de la bataille de Caseros (1852), une Grande Loge fut formée en Argentine. Avec Roque Pérez, il y a un grand changement qui laisse la France de côté. Cela s’est inversé il y a environ 5 ans. Il se lance dans l’initiation et les études pour tenter de faire avancer le pays. Valeurs ? : la conscience dont j’ai parlé ; la justice; l’honneur et la parole. Nous avons sauvé la poignée de main de nos grands-parents et, je le souligne encore, la fraternité.
– Comment sont-ils nourris ?
– Nous avons des sites internet, d’autres réseaux sociaux et le bouche à oreille fonctionne très bien. Chaque personne est responsable de celui qui se présente.
– Y a-t-il un secret ?
– Nous ne sommes pas secrets, nous sommes discrets. Tout le monde sait qu’il existe des rituels, des cérémonies et des paroles par lesquelles on se reconnaît. S’il y a des secrets, c’est à cause de l’époque dans laquelle nous avons vécu ces 300 dernières années. En Espagne, si vous étiez au 18ème degré de la Loge, vous étiez emprisonné et à partir du 19, ils vous fusillaient. Les dictatures ont persécuté les francs-maçons.
– De ce point de vue, qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ?
– C’est un espace social, interreligieux, très œcuménique, dans l’exécution et dans la pensée. Il y a des dirigeants politiques, des hommes d’affaires, des employés, des ouvriers. Il y a une anecdote qui nous raconte : le jardinier de (George) Washington était le président de sa loge. On raconte en plaisantant que lorsque Washington est entré à la Maison Blanche, il a été accueilli par un « Bonjour, Monsieur le Président ! », mais que le soir, c’est Washington qui lui a accordé cette distinction. Ils s’amusaient. Ils ont sorti l’ego de leur vie.
– Nous brisons le sens de la majorité. Pouvons-nous continuer?
– La franc-maçonnerie tente de faire élever les frères au-dessus des passions. Tout le monde peut exprimer ses idées. Nous rendons hommage aux héros antiques tels que Belgrano, San Martín, Sarmiento et Alem (sur le site www.granlogiaargentina.org vous pouvez également voir les photographies, entre autres, de Juan Domingo Perón, Alfredo Palacios, Salvador Allende, Raúl Alfonsín, Hipólito Yrigoyen, José Ingenieros, Arturo Jauretche, Federico García Lorca, Victorino de la Plaza et Alfredo Bravo), sans dénigrer les nouveaux francs-maçons qui aujourd’hui ont pris les devants pour être meilleurs.
– Je suppose que vous ne me donnerez pas les tâches communautaires qu’ils pourraient accomplir ni les noms, n’est-ce pas ?
– Il y a des frères qui, pour des raisons évidentes, sont maçons et décident de ne pas se montrer. Nous constatons qu’il existe une grande incertitude et que le monde évolue vers un nouvel humanisme. L’homme doit être replacé au centre de l’univers, le matériel doit être intégré à une partie spirituelle plus active. Beaucoup de gens sont exclus du système et ce n’est bon ni pour les entreprises, ni pour l’État, ni pour les êtres humains. Notre Grande Loge accomplit une tâche silencieuse et anonyme. Nous ne donnons pas de poisson, nous apprenons à pêcher. Nous fournissons des outils pour couvrir les besoins environnementaux et les catastrophes. Nous n’aimons pas nous vanter.
– Votre vision personnelle de l’Argentine ?
– Pour des raisons personnelles, j’ai des amis à l’étranger, où je voyage fréquemment. La situation chaotique que nous traversons n’est pas exclusive à notre pays. Il y a des fils liés : les nouvelles technologies, les vitesses d’impression qui affectent l’ordre. Évidemment, nous protégerons les libertés contre toute tentative de nous enfermer dans un autre corset de force. Je suis préoccupé par le niveau de frivolité avec lequel des sujets très importants sont abordés. Pour nos petits-enfants, il faut éviter que l’arbre continue à pousser de travers. Ces questions doivent être discutées à un niveau supérieur.
– Cela vous dérange-t-il que les sujets soient traités comme dans une conversation autour d’un café ?
-Il a appuyé sur la touche. J’ai voulu entrer dans la Franc-Maçonnerie parce que j’en avais marre de ces réunions où tout le monde discutait et parlait en même temps. Nous ne nous respections pas, nous payions nos factures et chacun rentrait chez soi. Les « hold » dans la Franc-maçonnerie sont très différents. Pour commencer, c’est une fin et non un moyen. Soyez une meilleure personne, élevez-vous, dans un moment désagréable. Nous n’aimons pas qu’on nous dise quoi penser. On se reconnaît, on retrouve des frères dans des contrées lointaines. Cela peut paraître drôle : on s’oxygène dans de multiples sphères face à des réalités inquiétantes.
– Pouvez-vous expliquer les raisons de cette inquiétude ?
– Le niveau de manque d’intérêt et d’engagement a augmenté. Produit du leadership qui a permis que ce manque d’éducation et de culture se produise, même volontairement. Les phénomènes sont transversaux. Il existe des autoconstructions de châteaux.
– En général, les francs-maçons ne parlent pas et ne s’identifient pas. Comment l’interprètez-vous ?
– Au sein de ma loge j’ai des frères qui appartiennent à tout le spectre politique, il y a toute une gamme que l’on essaie d’inculquer à nos frères, quel que soit le signe : agir vertueusement pour les générations futures, dans un dévouement généreux, avec liberté et pensée archi. iris. Si une école doit être construite, qu’elle le soit, en travaillant avec des écosystèmes appropriés et en respectant les droits de l’homme.
– Que ne faut-il pas oublier en ce moment critique ?
– Ne détruisez pas, ne faites pas sauter les ponts. Nous faisons passer le message, nous construisons et rapprochons les points de coïncidence.
– Comme le pape François ?
– Le Pape, comme tout leader politique et religieux, a sa place dans le scénario actuel. Nous ne sommes pas en désaccord avec ce qu’il a fait, le spirituel est à la base de la Franc-Maçonnerie…
– Question posée par un jeune homme : Que pense la franc-maçonnerie des pratiques orientales de plus en plus influentes ?
– Tout ce qui élève la conscience de l’être humain, sans oublier l’amour fraternel et son environnement, est valable. L’être humain doit chercher à l’extérieur de lui-même et à l’intérieur de lui-même.
– Dans le matériel et le spirituel ?
– Il y a des composantes matérielles et spirituelles sur lesquelles nous ne sommes ni d’accord ni en désaccord. Ce qui ne nous semble pas approprié, c’est que les pratiques matérielles soient utilisées à des fins personnelles. Chacun est libre de penser comme il l’entend, de prier le dieu qu’il veut et de voter pour son candidat. Il ne s’agit pas de convaincre qui que ce soit. Nous rejetons l’ignorance, le fanatisme et l’avidité, qui n’est rien d’autre qu’une ambition excessive.
– Existe-t-il des lignes directrices communes entre vous, francs-maçons ?
– Atteindre la croissance. Avoir foi. Le but d’expliquer aux gens que nous traversons la terre et pour quoi faire ?
– Pouvons-nous savoir qui a inspiré cette floraison de la Grande Loge Écossaise ?
– C’est vrai, il y a un secret discrètement déguisé au plus haut niveau. Nous avons des personnages qui pourraient atteindre la dimension de personnages comme Sarmiento. Nous avons des frères inspirants qui se protègent dans l’anonymat. Les diplômes (il en détient le maximum, 33) ne nous donnent pas de droits. Ils nous donnent des devoirs, envers vous et envers la société.
Publié seulement 1000 exemplaires, le célèbre éditeur Lewis Masonic propose une magnifique réédition, en cette année de tricentenaire des Constitutions d’Anderson.
Originellement intitulées Constitution, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés, les Constitutions sont considérées comme l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative.
Présentation de l’éditeur
Il y a trois cents ans
En 1723, un livre fut publié qui exposait les principes et les objectifs de la franc-maçonnerie anglaise. Des idées qui incluaient l’égalité sociale, la tolérance religieuse, le développement personnel, la récompense et l’avancement pour le mérite, la charité et la bonne volonté envers tous. Ces idées étaient radicales et stimulantes à une époque caractérisée par des conflits religieux et où la naissance et la richesse déterminaient le succès et souvent même la survie.
Ce livre fascinant et magnifique a également fourni un cadre pour la franc-maçonnerie, un livre de règles qui serait imité par de nombreux autres clubs et sociétés laïques en Grande-Bretagne et dans le monde. Les pratiques maçonniques introduites dans les Constitutions de 1723 comprennent l’élection d’officiers soumis à la responsabilité démocratique, un membre détenant une voix ; règle de la majorité; les discours des élus ; gouvernance nationale; et des constitutions écrites.
Introduit par un beau frontispice symbolique, cet ouvrage était non seulement pratique, mais aussi inspirant, contenant une histoire traditionnelle de la franc-maçonnerie et de nombreux chants maçonniques. Riche de perspicacité et de symbolisme maçonniques, il y a autant à trouver dans cet ouvrage pour les francs-maçons modernes qu’il y en avait au jour de sa publication.
Cette édition spéciale contient des photographies de haute qualité de l’un des premiers exemplaires des Constitutions des francs-maçons, imprimés à Londres en 1723.
La bordure de la couverture et le dessin central ont été soigneusement reproduits à partir des copies originales conservées dans les archives du Musée de la Franc-maçonnerie conservé à la Grande Loge Unie d’Angleterre.
Cet ouvrage comprend :
Avant-propos du Grand Maître Métropolitain Sir Michael Snyder
Fac-similé photographique complet de l’exemplaire original appartenant au duc de Richmond, nommé Grand Maître en 1724.
Traduction de l’inscription/dédicace manuscrite de James Anderson en latin. Une introduction historique perspicace par le bibliothécaire Martin Cherry du Museum of Freemasonry de Londres
Les Constitutions des francs-maçons de 1723 : un fac-similé photographique
Grande Loge Unie d’Angleterre – 2023, 142 pages, 40,00 £ (environ 46,6552 €)
Édition limitée – seulement 1 000 exemplaires. Pour commander, c’est ICI. Pour la France, selon le choix soit par Royal Mail Europe Tracked (12,00 £) – prévoir jusqu’à 20 jours pour la livraison -, soit en mode « Courrier suivi Zone 1 » (18,50 £) – livraison sous deux semaines -, il faut donc compter 67,95 €.
Lewis Masonic, un éditeur hors du commun
Lewis Masonic est une entreprise établie de longue date, fondée en 1801, spécialisée dans la publication de textes maçonniques. Alors appelée A Lewis, l’entreprise se concentrait exclusivement sur les livres rituels depuis les diplômes d’artisanat maçonnique jusqu’aux ordres maçonniques secondaires.
Au fil des années, le nom est passé de « A Lewis » à « Lewis Masonic ». De nos jours, les livres rituels restent une priorité chez Lewis Masonic, mais l’objectif de l’entreprise s’est élargi pour couvrir tous les domaines de l’édition maçonnique.
Qu’est-ce qu’un Lewis
Lewis Masonic doit son nom au symbole maçonnique d’un Lewis. Un Lewis est « une crampe de fer à trois branches qui est insérée dans une cavité préparée dans la pierre par laquelle elle peut être abaissée et soulevée avec précision ». Le nom vient du mot latin Leuis, signifiant léviter ou soulever.
Dans la franc-maçonnerie spéculative, un Lewis peut être trouvé dans chaque loge sur le piédestal du surveillant principal, attaché à une pierre de taille parfaite – une pierre finie – qui à son tour est suspendue à un trépied ou à un derrick.
Dans la franc-maçonnerie, un Lewis représente la force. La poigne du Lewis qui soulève la pierre est assimilée à la poigne donnée pour élever le candidat au troisième degré. Pour de nombreux francs-maçons, cela représente la propre capacité de chacun à s’améliorer et à s’élever au-dessus de ses vices et de ses défauts. Un Lewis est également devenu le terme utilisé pour décrire le fils d’un franc-maçon. La raison en est assez simple, comme cela est expliqué dans l’explication du tableau de traçage du premier degré. Le devoir d’un fils de maçon est de soutenir ses parents de la même manière qu’un Lewis soutient et soulève un rocher.
Le but de Lewis Masonic
Lewis Masonic, comme son nom l’indique, a été fondé dans le but de soutenir les francs-maçons et la franc-maçonnerie, son but étant comme le Lewis de donner à chaque franc-maçon les outils pour s’améliorer et l’aider à faire son avancement quotidien dans le savoir maçonnique.
Possible représentation de James Anderson dans une caricature de William Hogarth.
[NDLR : Le très célèbre éditeur Lewis Masonic dévoile une magnifique reproduction à l’identique des Constitutions des francs-maçons, publiées afin de commémorer le tricentenaire de sa première impression à Londres. Mieux connu sous le nom de Constitutions d’Anderson , il s’agit du livre de jurisprudence, d’histoire et d’autres orientations commandé par la première Grande Loge d’Angleterre, dont la paternité est attribuée au révérend James Anderson (c. 1678-1739) qui a joué un rôle important dans la naissance de la franc-maçonnerie moderne, dite « spéculative », en particulier par sa contribution à l’ouvrage connu sous le nom de Constitutions d’Anderson qui sert de base à la création de la première obédience au monde, la Première Grande Loge d’Angleterre. Mais nous pensons aussi, comme de nombreux historiens, que les officiers supérieurs de la Grande Loge ont eu une contribution éditoriale importante.]
L’histoire maçonnique regorge de personnages hauts en couleur, de George Washington à Mozart. Mais qui sont les 13 francs-maçons les plus célèbres ? Cette liste comprend des noms connus comme Benjamin Franklin et Winston Churchill, ainsi que des personnalités moins connues mais non moins impressionnantes comme Mark Twain et Franklin D. Roosevelt. Chacun de ces maçons a apporté une contribution significative à la fraternité et a laissé un héritage durable.
1. Benjamin Franklin nous a rejoint après avoir créé sa propre société
Wikipédia
Quelques années après avoir créé son propre club, le Leathern Apron Club, Franklin rejoint le Saint John’s Lodge à Philadelphie.
Lorsqu’il s’agissait de remplir ses fonctions de héros de la guerre d’indépendance, de père fondateur et d’inventeur, son passage en tant que Grand Maître de l’Ordre de Pennsylvanie n’a pas interféré.
Initié : 1730
2. George Washington a utilisé des rituels maçonniques lors de la pose des fondations du Capitole
Les maçons entretenaient une relation étroite avec le premier président des États-Unis d’Amérique.
Moins d’un an après son initiation, il fut élevé au rang de maître maçon et exécuta des cérémonies maçonniques lors de la pose de la première pierre du Capitole des États-Unis le 18 septembre 1793.
Initié : le 4 novembre 1752.
3. Mozart est devenu maçon et a écrit plus de 600 morceaux de musique au cours de sa vie
Mozart, compositeur autrichien et fils d’un franc-maçon, a composé de nombreuses morceaux au cours de sa longue et productive carrière. Il était membre de la Loge Zur Wohltätigkeit (Charité), située en Autriche.
Initié : 14 décembre 1784.
4. Simón Bolívar était un franc-maçon du 33e degré
Célèbre héros de la guerre d’indépendance contre l’Empire espagnol, le libérateur et leader politique sud-américain Simon Bolivar est aujourd’hui vénéré comme l’un des plus grands dirigeants politiques du monde.
Il appartenait à la loge maçonnique « Lautaro », basée à Cadix, en Espagne, et qui était également la maison d’un certain nombre d’autres pères fondateurs sud-américains. Simón Bolvar reçut le 33e degré d’inspecteur général honoraire en avril 1824.
Initié : 1803
5. Mark Twain a rejoint un lodge de Saint-Louis
Mark Twain est un géant de la littérature. Il était membre de la Polar Star Lodge No. 79, AF & AM à Saint-Louis, où il a rapidement progressé jusqu’au rang de maître maçon quelques mois après en être membre.
À un moment donné, Twain avait été suspendu pour ne pas avoir payé ses cotisations, mais il a été réintégré peu de temps après.
En 1867, il démissionna de l’ordre, mais l’année suivante, il visita une autre loge.
Initié : 22 mai 1861
6. Winston Churchill a été un membre actif de la fraternité maçonnique tout au long de sa vie
En plus d’être Premier ministre britannique pour deux mandats et citoyen américain honoraire, Churchill était membre de la Studholme Mason Lodge n° 1591 d’Angleterre.
Il avait des liens familiaux avec les maçons et plusieurs amis maçons, mais il avait peu d’implication personnelle dans l’ordre en dehors d’événements sociaux restreints. Il démissionna de sa loge en 1912, mais resta actif dans la franc-maçonnerie pour le reste de ses années.
Initié : 24 mai 1901
7. Le fondateur de la Turquie Mustafa Kemal Atatürk
Atatürk a été entouré de francs-maçons tout au long de sa vie en tant que réformateur et fondateur de la République de Turquie.
Six de ses sept militaires supérieurs étaient francs-maçons pendant la guerre d’indépendance. Il était membre de la Loge Veritas de Salonique, gouvernée par le Grand Orient français.
Initié : 1907
8. Franklin D. Roosevelt était maçon honoraire
Franklin D. Roosevelt a été gouverneur de New York, notre 32e président et l’homme qui a dirigé le pays pendant la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale. Il devint plus tard Grand Maître honoraire de l’Ordre de DeMolay.
A la Maison Blanche, qui a accueilli l’événement conférant le titre honorifique. Il était membre du Holland Lodge No. 8 de New York.
Initié : 11 octobre 1911
9. À l’âge de 25 ans, J. Edgar Hoover était devenu maçon
Le FBI a été fondé par J. Edgar Hoover, mais on peut affirmer sans se tromper qu’il est plus connu pour son époque en tant que maçon.
À l’âge de 25 ans, il était maître maçon, inspecteur général honoraire du 33e degré, et en 1965, il reçut la Grand-Croix d’honneur, la plus grande distinction du rite écossais.
Pour lui rendre hommage, la Maison maçonnique du Temple lui a réservé une chambre dans sa salle principale.
Initié : 1920
10. Earl Warren était l’un des cinq juges maçonniques aux États-Unis
Earl Warren a été juge en chef de la Cour suprême des États-Unis de 1953 à 1969.
Il était l’un des cinq juges en chef maçonniques et il a également été Grand Maître des Maçons de Californie pendant un an. Il était également maçon du 33e degré du rite écossais, ce qui en fait l’un des membres les plus anciens de l’ordre.
Initié : 1934
11. Silvio Berlusconi appartenait à une loge noire
Avant son élévation au pouvoir politique, l’actuel Premier ministre italien Berlusconi était membre de la loge maçonnique Propaganda Due, un groupe de personnalités éminentes chargées de la mission de transformer le gouvernement italien en un gouvernement plus autoritaire.
Berlusconi a échappé à la sanction malgré ses mensonges dans son témoignage sur la durée de son adhésion et le montant qu’il a payé en cotisations.
Le Grand Orient d’Italie a révoqué la charte du groupe en 1976.
Lancé : 1978
12. Jesse Jackson reste un membre actif de sa loge
L’un des membres les plus notables des francs-maçons de Prince Hall est le révérend Jesse Jackson, membre à 33 degrés de la fraternité.
Maître maçon, il a obtenu son diplôme en 1987. Le Chicago Harmony Lodge No. 88 est l’endroit où Jackson a élu domicile. Aujourd’hui, il est toujours impliqué dans les activités maçonniques ainsi que dans la lutte contre les violations des droits de l’homme.
Lancé : 25 mai 1987
13. John Elway est membre perpétuel à vie
John Elway est deux fois champion du Super Bowl et vice-président exécutif des opérations de football des Broncos de Denver.
Il a exprimé son intérêt à devenir franc-maçon seulement après la fin de sa carrière de footballeur, mais il est finalement devenu un « membre perpétuel » (c’est-à-dire membre à vie) de la South Denver Lodge No. 93.
Depuis des siècles, les Frères (puis, plus tardivement les Sœurs) paient des capitations/cotisations qui servent à financer la location des Temples, appartenant bien souvent aux Obédiences elles-mêmes. Ainsi, les maçons de tous les orients alimentent génération après génération un patrimoine immobilier dont l’ampleur ne cesse de grossir.
La plus importante et la plus ancienne des Obédiences françaises n’est pas en reste, puisqu’elle contrôle la plus grosse société immobilière du plateau maçonnique. En effet, la SOGOFIM est une SAS au capital de 23 360 000,00 €. Cela représente environ 60 000 ans de capitations. L’an dernier, cette société qui gère une grande partie du patrimoine immobilier du GODF a généré un chiffre d’affaires de 5 334 100,00 €. Depuis le 21 octobre 2022, elle est présidée par le Grand Maître actuel, le Frère Guillaume TRICHARD.
Mais voilà, avec les multiples crises, la gestion immobilière devient plus périlleuse.
Les représentants des Obédiences suivantes : Grande Loge de France, Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, Grande Loge Féminine de France, Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm, Grande Loge mixte de France, Grande Loge Mixte Universelle, Grande Loge Nationale Française, Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra…ont reçu un courrier le 20 décembre 2022, annonçant une augmentation de 40 €, soit 37 %, ce qui surprend, tant par le montant que par la rétroactivité de son application.
Selon certaines sources proches du dossier, il semblerait que cette décision viendrait d’un redressement de l’administration fiscale, ce qui aurait pour conséquence une répercussion du manque à gagner.
La rédaction s’est procuré une copie du courrier et vous propose d’en découvrir le contenu :
SOGOFIM
Monsieur le Président 16 rue Cadet
75009 Paris
Réf : BL/BL/23/001 Paris, le 11 septembre 2023
Courrier en recommandé simple
Objet : Contestation de la facturation complémentaire pour 2023 / 2024
Très Cher Frère Président,
Les représentants des obédiences suivantes :
Grande Loge de France
Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain
Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française
Grande Loge Féminine de France
Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm
Grande Loge Mixte de France
Grande Loge Mixte Universelle
Grande Loge Nationale Française
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra
Réunies à Paris ont fait le constat suivant au sujet des tarifs applicables pour l’occupation ponctuelle de locaux mis à disposition à titre onéreux par la SOGOFIM dans le cadre de tenues maçonniques.
Rappel des faits :
En date du 20 décembre 2022 les Obédiences étaient destinataires d’un courrier du Président de la SOGOFIM annonçant un déficit et une situation inflationniste justifiant une augmentation de la cotisation par sœur ou frère pour l’exercice 2023, à savoir :
Loges symboliques 105 € HT plus TVA de 21 € soit un montant TTC de 126 € par an.
Ateliers de Hauts Grades : 6,75 € HT, plus TVA de 1,35 € soit un montant TTC de 8,10 € par tenue.
En date du 31 mars 2023, un nouveau courrier est adressé indiquant qu’après contrôle du service vérificateur de l’administration fiscale, la SOGOFIM est placée dans l’obligation de déterminer un prix de revient complet de la mise à disposition des temples aux Obédiences, et d’appliquer une marge de 10 % sur cette valeur et d’y affecter un montant de TVA de 20 %, ce dès le 1er janvier 2023.
La conséquence de ce courrier apparait dans la notification qui a été adressée aux Obédiences le 14 juin 2023 mentionnant le nouveau tarif applicable pour l’année 2023, avec effet rétroactif :
Loges symboliques : 138,33 € HT, plus TVA 27,67 € soit un montant TTC de 166 € (au lieu de 126 € TTC annoncé le 20-12-2022)
Ateliers de Hauts Grades : 7,43 € HT, plus TVA 1,48 € soit un montant TTC de 8,91 € (au lieu de 8,10 TTC annoncé le 20-12-2022).
Deux factures ont été émises par la SOGOFIM début juin, l’une basée sur le tarif initial annoncé le 20 décembre 2022 soit 126 € TTC par sœur ou frère des loges symboliques par an, et 8,10 € pour les Hauts Grades par tenue, et l’autre de 40 € et 0,91 € correspondant à la différence entre le nouveau tarif notifié en juin 2023 et celui de décembre 2022.
Un mémo explicatif était joint à ce courrier justifiant l’augmentation du tarif 2023 par la nécessité de distinguer les loges « tierces » des loges du Grand Orient de France, de facturer un coût de revient + une marge (10%) et de continuer d’appliquer la TVA à 20%.
De vives réactions au sein des Obédiences et Loges concernées :
Cette dernière information du mois de juin, a suscité de vives réactions au sein des Obédiences et des Loges concernées, tant par son montant, 40 € soit une augmentation de 37%, que par la rétroactivité de son application.
De nombreuses interrogations ont suivi et, dans le cadre d’une action collective, nous souhaitons les porter à votre connaissance et échanger sur cette situation.
Tout d’abord, concernant le nouveau tarif pour l’exercice 2023, le tarif communiqué aux Obédiences et Loges utilisatrices en décembre 2022, a servi de base pour l’établissement des budgets des loges et la fixation des capitations pour l’année 2023.
Plus de 6 mois après, il n’est absolument pas envisageable pour les Obédiences et Loges d’accepter le complément de 40 € TTC.
Cette rétroactivité ne peut se comprendre d’autant que la modification des statuts de la SOGOFIM, intégrant le nouveau mode de calcul, décidée en AG le 17 mai 2023, n’a été déposée au greffe du Tribunal de Paris que le 19 juin 2023 et n’était pas opposable avant qu’elle ne soit examinable.
Par ailleurs, une grande incompréhension subsiste quant à la justification de ce rattrapage, en effet l’argument de l’application de la TVA n’est pas recevable car elle a toujours été appliquée par la SOGOFIM, preuve en est toutes les factures antérieures à 2023 qui mentionnent bien la TVA à 20%.
Il n’y a donc aucun rattrapage à faire. D’ailleurs, une erreur semble avoir été commise sur l’application du taux de marge imposé par l’administration fiscale car celui-ci doit s’appliquer sur le prix de revient HT et non sur le prix TTC. Or pour les loges symboliques, vous avez appliqué le taux de marge de 10 % sur le montant TTC pour de nouveau appliquer la TVA, il y a donc un double impact.
Pour ces raisons, l’ensemble des signataires conteste la facturation complémentaire au titre de 2023 et considère que seul le tarif qui a été signifié en décembre 2022 est applicable pour 2023 soit 105 € HT, plus 21 € TVA soit un montant TTC de 126 € par an par sœur ou frère des loges symboliques et 6,75 € HT, plus TVA 1,35 € soit un TTC de 8,10 € pour les ateliers des Hauts Grades par membre et par tenue.
Aucun règlement ne sera effectué par les obédiences à ce titre.
La SOGOFIM doit adresser sans délai, à l’ensemble des Obédiences, un avoir correspondant à la facturation complémentaire de 2023.
Quelles modalités de calcul pour le tarif applicable en 2024 ?
Les Obédiences veulent profiter de cette réflexion collective pour d’ores et déjà échanger sur l’avenir et sur les modalités de calcul du tarif qui s’appliqueront en 2024.
Les Obédiences comprennent la nécessité d’appliquer une marge pour les loges des autres Obédiences que le Grand Orient. En conséquence, le prix de revient des loges hébergées doit être inférieur à celui des loges du Grand Orient car la SOGOFIM récupère la TVA sur les dépenses pour les loges hébergées.
Afin de parfaire leur compréhension, elles souhaiteraient avoir connaissance du mode de détermination du prix de revient et des principaux agrégats qui le composent et si possible de la rédaction exacte du passage de l’accord homologué avec l’administration fiscale faisant suite au contrôle fiscal, demandant l’application d’une marge de 10% sur le prix de revient. En effet, il serait pertinent de comprendre ce qui est imposé compte tenu de la difficulté de déterminer une valeur de marché pour notre activité (peu de clients potentiels pour racheter les immeubles en l’état compte tenu de la particularité de leurs agencements et des ouvertures existantes), bien que nous pourrions établir un prix moyen à partir des prix pratiqués par les autres Obédiences disposant de locaux similaires.
La SOGOFIM a décidé d’appliquer un taux de marge de 10 %, taux qui nous paraît trop élevé. Comme vous le savez, l’administration fiscale ne peut imposer un taux, il appartient donc à la SOGOFIM de définir librement le taux de marge applicable pour 2024. Aussi, ce taux doit-il correspondre à une valeur acceptable pour les deux parties.
C’est pourquoi il est proposé que la marge appliquée sur le prix de revient aboutisse à un taux conforme à l’évolution de l’indice à la construction, soit de 3,5 %.
Cette proposition, couplée avec une bonne application de la TVA, permettrait, à leur avis, l’application d’un tarif plus juste et en adéquation avec le marché.
Cette démarche collective a pour but d’instaurer un dialogue afin de préserver des conditions financières et d’hébergement supportables pour les frères et sœurs.
Les Obédiences signataires de ce courrier sollicitent donc une réunion avec le Président de la SOGOFIM afin d’aborder le sujet de l’évolution du tarif de 2024 avec l’espoir de parvenir à une solution satisfaisante pour tous.
Les Obédiences et Loges vous prient de croire, Très Cher Frère Président, à l’assurance de leurs sentiments chaleureux et fraternels.
Grande Loge de France
Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain
Notre « Breaking News » du 1er août dernier vous informait déjà de ce grand évènement culturel de la rentrée maçonnique. Une conférence de Roger Dachez, Président de l’Institut Maçonnique de France et Directeur de la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, sur « LES CONSTITUTIONS D’ANDERSON ET LEUR RÉCEPTION EN FRANCE ».
Roger Dachez.
Entrée en matière
En 1723, il y a donc trois siècles, parait la première édition des « Constitution, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés » qu’on désignera plus tard sous le titre de « Constitutions d’Anderson ». Cet ouvrage est considéré comme l’un des premiers textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie moderne.
Plusieurs fois rééditées, elles connurent un succès mondial et participèrent largement à l’engouement rapide dans le monde entier pour cette forme d’engagement initiatique.
John Theophilus Desaguliers (-1683–1744).
Toute Maçonne et tout Maçon a, au moins une fois, entendu parler de ces Constitutions. Beaucoup d’entre nous ont quelques furtives notions quant à ce qu’elles furent. On mentionne parfois le rôle d’un certain Jean Théophile DÉSAGULIERS, d’un Duc de MONTAGU, ou même d’un Georges PAINE… On ne retient souvent que des généralités, voire des raccourcis erronés sur leur contenu…
Mais combien savent ce qu’elles comportent vraiment et quelle fut leur histoire ?
Les Conférences de Midi à Minuit
En demandant son intervention sur le sujet au plus brillant spécialiste du genre, Roger Dachez, l’association « Les Conférences de Midi à Minuit » poursuit son objectif didactique auprès des membres de toutes les Obédiences.
Quelles furent la genèse et la portée de cette publication à l’époque ? Qui en furent les réels rédacteurs ? Dans quelle intention la première Grande Loge d’Angleterre commanda cet ouvrage ? Qui était cet Anderson ? Comment fut accueilli ce document fondateur en Angleterre et dans la Maçonnerie naissante en France du début du XVIIIe siècle ? Quel fût le devenir de ces Constitutions ?
Tels seront, en effet, les grands axes de l’intervention de l’un des plus éminents historiens contemporains de la Franc-Maçonnerie, Roger Dachez, ce soir-là à Rodez. Sans aucun doute, nous révèlera-t-il, à cette occasion, quelques-unes de ses propres découvertes sur le sujet et les avancées récentes de la recherche maçonnique en la matière !…
On sait combien le Président de l’Institut Maçonnique de France parvient simplement et sans « jargonner » à captiver son auditoire sur des sujets pourtant parfois complexes. On connaît aussi sa rigueur intellectuelle, l’amenant souvent, en se bornant aux principes de l’école historique authentique, à rompre avec des légendes véhiculées par facilité par d’autres maçonnologues…
Tous ceux qui, un jour, ont eu la chance d’assister à une de ses conférences peuvent témoigner du grand moment qu’ils ont vécu. Nul doute donc que les privilégiés qui auront réservé leur place pour le 30 septembre s’en souviendront longtemps !
Vous aussi venez vivre ce grand moment inédit !
La conférence, ouverte aux Sœurs et aux Frères de toutes Obédiences, avec inscription préalable obligatoire, est gratuite.
Un buffet fraternel (participation au buffet : 17 € par personne) et une séance de dédicaces des ouvrages de notre conférencier sont prévus à l’issue afin de poursuivre les échanges de façon plus informelle.
Le lieu et les conditions d’accès seront communiqués aux inscrits quelques jours avant. Ou en scannant le QR Code
Le programme de cette soirée est le suivant :
Accueil dès 19h00/Conférence à 19h30 précises/Séance de dédicace et Buffet : 21h00
L’association « Les Conférences de Midi à Minuit » regroupe, principalement sur les quatre départements de l’Aveyron, du Lot, du Tarn et du Tarn-et-Garonne, des Maçonnes et des Maçons de toutes les Obédiences, désireux de proposer des sujets de culture maçonnique rassemblant ce qui est épars en matière historique et symbolique.
Dernières réalisations :
– Conférences de Pierre MOLLIER, à Cahors, le 31 octobre 2022 sur « L’itinéraire exceptionnel d’un Franc-Maçon lotois : Étienne MORIN »
– Colloque sur l’Alchimie, à Montauban, le 1er avril 2023 avec Françoise BONARDEL, Jean-François BLONDEL, Arnaud des BRUNIS et Jean SOLIS
Prochains rendez-vous :
– Colloque sur « Gnose, gnostiques et gnosticisme » au printemps 2024
– Conférence de Jean-Michel MATHONIÈRE sur « Franc-Maçonnerie et Compagnonnages de métiers » en début d’été 2024
Le Grand Orient d‘Italie (GOI), appartenant à cette franc-maçonnerie qui se réclame de tradition et qui est, depuis peu, régulier et reconnu par la Grande Loge Unie d’Angleterre se pose question sur « L’histoire dans le futur ».
Sceau du GOI.
UGLE
Tout n’est pas que symbole en franc-maçonnerie ! La vie – maçonniquement parlant – n’est pas qu’un long fleuve tranquille… Au regard de la baisse significative des effectifs de cette maçonnerie là.
Nos frères italiens proposent cependant un très beau rendez-vous à la Villa ‘’Il Vascello’’, sur la colline du Janicule, où se dresse cette splendide demeure qui abrite le siège national du Grand Orient d’Italie, pour la célébration du 20 septembre et de l’équinoxe d’automne. À ne manquer sous aucun prétexte.
« L’histoire du futur » sera le thème sous-jacent de la traditionnelle célébration du 20 septembre et de l’équinoxe d’automne que le Grand Orient d’Italie organisera du 17 au 24 septembre en sa Villa ‘’Il Vascello’’ à Rome. Un moment qui se veut également une réflexion sur la phase délicate de l’histoire que nous vivons, marquée,
TRF Stefano Bisi, GM depuis 2014.
comme le souligne le Grand Maître depuis 2014 Stefano Bisi dans le ‘’Manifeste de l’événement’’, de plus en plus par des changements profonds à tous les niveaux, conséquence de la pandémie, de la crise énergétique, le changement climatique, la guerre entre la Russie et l’Ukraine, la révolution numérique et l’utilisation de plus en plus massive de l’intelligence artificielle.
Tiens, une obédience « régulière et de tradition » qui maçonne sur le social et le sociétal. Vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre ! Mais quelle belle et douce surprise*…
Monument Giuseppe Garibaldi et Anita.
C’est pourquoi l’histoire et l’avenir seront les protagonistes de l’événement de cette année à travers une série d’événements ouverts au public organisés par la Fondation Grande Oriente. Les célébrations débuteront l’après-midi du 20 septembre à 15h00 avec l’hommage au monument de Giuseppe Garibaldi et Anita situés sur le Janicule. S’en suivra à 17 heures le dépôt d’une gerbe devant la Brèche de Porta Pia à la mémoire de ceux qui sont tombés le 20 septembre 1870 au nom de l’unification de l’Italie.
Angelo Fortunato Formíggini.
Le 21 septembre, à 18 heures, l’ordre du jour est la présentation du livre intitulé Il Fuoriuscito de Marco Ventura avec la préface d’Aldo Cazzullo (Piemme) qui reconstitue l’histoire et la figure d’Angelo Fortunato Formíggini, éditeur juif et franc-maçon, protagoniste de la culture italienne des années vingt et trente, le premier à se suicider contre les lois raciales et les persécutions du régime fasciste. Il se jette du haut de la tour Ghirlandina à Modène le 29 novembre 1938. Un geste politique, comme il l’écrit lui-même à son épouse, pour démontrer l’absurdité maléfique de ces mesures.
Le 22 septembre, toujours à 18 heures, rendez-vous avec Federico Guiglia, auteur de Garibaldi El Libertador (série Parco Esposizioni Novegro), un livre « dédié à ceux qui rêvent de changer le monde, à ceux qui l’ont changé, à ceux qui qui ont essayé, du beau monde en chemin, et toujours la tête haute. Des gens libres, même pour aimer la vie des autres plus que la leur. Comme un Italien qui, en Amérique du Sud, s’est battu contre un tyran argentin. Et au Brésil, il libéra les esclaves des ennemis capturés au combat. Et en Uruguay, il restitua aux autorités les champs et les biens qui lui étaient offerts en cadeau pour ses actes. Un homme appelé Giuseppe « José » Garibaldi. Mais pour tout le monde, il était simplement « le libérateur ».
Journée clé, le 23 septembre** avec la table ronde « Villes et citoyens du futur« , prévue à 10h30, avec les intervenants de l’historien et philosophe des sciences Stefano Moriggi (Université Milan Bicocca) ; le journaliste et essayiste Luca De Biase ; l’architecte Federico Cinquepalme (Université La Sapienza de Rome).
Villa »Il Vascello ».
Dans l’après-midi du même jour, à 17h30, seront remises les bourses du professeur Letizia Pierucci Mondina, réservées aux élèves des écoles secondaires et à 18h00, les lauréats du Prix Giacomo Treves, réservé aux jeunes auteurs-savants, recevront sur la scène du Vascello, d’essais inédits sur la franc-maçonnerie. Puis le moment attendu par toute la communauté maçonnique GOI : le discours du Grand Maître. La soirée se terminera par « Hommage à Ennio Morricone« , un concert de l’Orchestre du Cinéma Italien composé de musiciens qui ont joué et collaboré avec le Maestro.
Villa »Il Vascello ».
Enfin , le dimanche 24 au matin, la Villa »Il Vascello » ouvrira ses portes au public pour une visite guidée de la demeure historique, qui fut le théâtre de la bataille du Janicule, le dernier chapitre de Le rêve de Mazzini de la République romaine en 1849, et qui est aujourd’hui le siège du Grand Orient d’Italie. Réservation obligatoire, ICI.
Villa »Il Vascello ».
*Rappelons toutefois que la Grande Loge Nationale de Madagascar, à l’invitation de son Grand Maître le TRF Hasina RAKOTOBARISON, avait accueilli la XVe Conférence Mondiale des Grandes Loges Régulières (XVth World Conference of Regular Masonic Grand Lodges) les 24-27 mai 2017 sur la thématique suivante : « Valeurs maçonniques pour le développement humain dans l’équité et la durabilité. »
**Lorsque l’équinoxe d’automne survient, le chapitre de l’été est clos et nous entrons dans la saison de l’automne. Cette année, l’équinoxe d’automne débutera officiellement le samedi 23 septembre 2023 à 08h49 et 56 secondes heure française précisément selon l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides IMCCE (UTC+2). Comme chaque année pendant trois mois, l’automne se poursuivra jusqu’au solstice d’hiver.
D’après le livre d’Israël FINKELSTEIN et Neil Asher SILBERMAN « La Bible dévoilée » – Texte d’Henri ROUSTAN – dont j’ai tenté de faire un résumé qui ne peut remplacer la lecture du livre mais au contraire inciter à le lire.
Contrairement à l’opinion générale, la Bible n’est pas, dans ses premiers livres, l’histoire d’un peuple mais un mélange mythique et légendaire à des fins politico-religieuses. Certes on y trouve des données historiques cependant souvent anachroniques et transformées, la partie imaginaire y est dominante, elle a pour but de satisfaire à des fins politico-religieuses, incitant les Hébreux à reconquérir les royaumes du Nord avec l’aide assurée de Yahvé.
Le début de sa rédaction ne serait pas antérieure à la fin du VIII°S av J.C. (après – 720) et début du VII°S, au pays de Juda (du Sud), après la chute du pays d’Israël (du Nord) anéanti par les Assyriens.
Antérieurement, l’ensemble de la Palestine comprenait le royaume du Nord dit Israël, riche et opulent, installé pour la majeure partie dans les zones fertiles en « pays de Canaan » et ayant une population très développée et instruite, l’écriture y était très bien répandue. Le royaume du Sud dit de Juda était situé dans une zone peu fertile et pauvre en eau, les villages étaient épars, peu peuplés, les habitants pauvres et l’analphabétisme était très important.
Jérusalem n’était qu’une très modeste bourgade sans aucune richesse et n’avait pas les moyens de construire le temple que la Bible attribue à Salomon. Salomon et David n’étaient rien d’autre que ce que nous pourrions appeler des chefs de clan.
A la chute du royaume du Nord (Israël) envahi par les assyriens, une partie de la population estimée entre 30.000 à 45.000 personnes fut prise et envoyée en Syrie pour y apporter leur savoir-faire, une partie demeura sur place et une autre reflua sur le royaume du Sud (Juda), les fouilles archéologiques montrent un accroissement soudain étonnant de sa population. Les habitants de Juda s’adonnèrent alors à une activité intense de purification religieuse et nationale et le temple qu’ils construisirent à Jérusalem concomitamment à la destruction ordonnée des autres sanctuaires permit, dans leur esprits, de conférer à Jérusalem une place politico-religieuse dominante.
Certes la Bible n’a pas commencé « ex nihilo », elle rassemblerait des mythes et légendes que maintenant les spécialistes affirment remonter pour les plus anciens à partir de l’an mil av J.C. Dans ce contexte, la Bible a recueilli, adapté, embelli et parfois totalement transformé un ensemble de mythes, légendes, poèmes, lois, pseudo prophéties, idées philosophiques, prescriptions religieuses, et quelques données historiques dont la chronologie n’est pas toujours exacte.
Que s’est-il réellement passé et comment ?
Les données archéologiques et les écrits retrouvés pour la plupart chez les assyriens et les égyptiens ont permis de revenir vers des données plus réelles.
Pour les quatre premiers livres : la Genèse, l’Exode, le Lévitique et les Nombres, on y rencontre un mélange de diverses œuvres de source « jahvistes » exprimant les idées du royaume de Juda et d’autres de source « éloïstes » (Elohim – El) exprimant les idées du royaume d’Israël, ainsi que des parties afférentes au rituel dont les prêtres étaient à l’origine et s’attachant plus particulièrement aux règles de pureté formelle, de culte et celles des sacrifices.
Le cinquième livre du Pentateuque, le Deutéronome, apporte des idées plus récentes et plus indépendantes des précédents : il condamne impérativement les cultes d’autres divinités, centralise les sacrifices au Temple de Jérusalem et exprime le nouveau mouvement religieux d’une période plus tardive, il a été composé sans doute pour la majeure partie sous le roi Josias (639-609), et peut-être certaines parties lors de l’exil à Babylone (586-538). L’ensemble nécessite de se poser un certain nombre de questions.
Les patriarches.
Les premiers questionnements viennent de savoir qui était et d’où venait Abraham ? Quelle est son histoire et celle de Jacob et de Joseph ?
La préoccupation des divers rédacteurs bibliques n’était pas historique et ainsi la bible contient de nombreux anachronismes tels ceux-ci.
La compilation de leur vie passée a eu lieu fin VIII°S et VII°S Si l’on se fie au texte et qu’on recalcule les années en arrière, on parvient en -2000 pour l’arrivée d’Abraham dans les abords de Canaan dit la Bible d’Ur. Si l’on situe Joseph comme petit fils d’Abraham et fils de Jacob, on devrait avoir comme dates de sa vie une date très proche de -2000. Son histoire parle de chameaux transportant des caravanes, or ce n’est que fin du II° millénaire que ces animaux furent domestiqués et ce n’est qu’après 1000 qu’ils furent employés comme bêtes de somme. De plus la caravane de chameaux qui véhicule Joseph transporte aussi de la « gomme adragante, du baume et du ladanum », commerce surveillé par l’empire assyrien et en activité aux VIII° et VII°S.
Les fouilles archéologiques de Tell Jenmeh ne révèlent une augmentation spectaculaire d’ossements de chameaux qu’à partir du VII°S et ce ne sont que des ossements de bêtes adultes dont l’origine n’était pas locale.
Aucune trace d’arrivée d’un peuple extérieur n’a été retrouvée pour ces époques, on note par contre un va-et-vient entre les villes et les campagnes. Tantôt les villes se dépeuplent au bénéfice des campagnes et vice-versa, sans trace de guerre.
Abraham n’est pas venu d’Ur et le peuple juif est indigène.
Au sujet d’Isaac, le Bible dit qu’il rencontre Abimélek, roi des Philistins, dans la vallée de Gerar, or les philistins originaires de la mer Egée et d’Asie Mineure ne se sont établis à Canaan qu’à partir de 1200 a.c. La ville de Gerar n’était qu’une minuscule bourgade qui ne prit de l’importance que fin VIII°S et début VII° S ac. où elle est devenue un centre administratif assyrien fortifié et important.
Autre anachronisme historique la Bible décrit Jacob et sa famille comme des araméens errants (Dt 26-5). L’histoire du mariage de Jacob et Lea et Rachel et de sa relation avec son oncle Laban le mettant au temps des araméens lesquels ne sont mentionnés comme vivants au Proche Orient qu’à partir de l’an 1100 ac et ne seront importants dans le royaume du Nord qu’au IX°S ac.
De même l’histoire de la borne entre Aram et Israël à l’Est du Jourdain symbolise la partition territoriale entre ces peuples aux IX° S et VIII°S ac (Gn 31- 51-54)
Tous ces récits anachroniques ne font que décrire les relations entre les royaumes d’Israël et de Juda d’avec leurs autres voisins aux IX° et VIII°S ac et tendent à discréditer leur voisin les présentant comme issus d’une union incestueuse (Moab et Amom)
La plus révélatrice d’un montage politico-religieux est l’histoire des deux frères Jacob et Esaü, nés d’Isaac et Rebecca où Dieu déclare à Rebecca enceinte : « il y a deux nations en ton sein, deux peuples, issus de toi, se sépareront, un peuple Dominera un autre, l’ainé servira le cadet » (Gn 25-23). Il est dit ensuite qu’Esaü est l’ainé, Jacob le cadet, l’un géniteur d’Edom, l’autre d’Israël. Jacob (Israël) très sensible et cultivé et Esaü (Edom) un véritable rustre primitif. Ainsi la Bible utilise la parole de YHWH pour fixer les relations politiques alors que ce n’est qu’à partir du VIII°S qu’Edom acquière une identité politique et ne se révèlera un sérieux concurrent de Juda qu’à partir du commerce lucratif avec les arabes. Les preuves archéologiques le confirent. L’histoire d’Esaü est-elle mythique ou légendaire ? On ne sait pas. Que ce soit l’une ou l’autre des qualifications elles sont anachroniques et montées de toute pièce. (cf livre vers p 72 avant et après)
Ces anachronismes et bien d’autres prouvent que la rédaction de ces textes débute fin VIII°S et VII°S ac notamment pour les parties relatives aux patriarches. L’erreur a été de penser que la rédaction de l’histoire des patriarches, telle que racontée par la Bible, était historique alors qu’elle avait pour but de faire croire que le choix d’Abraham était de faire prévaloir le royaume de Juda, d’Hebron et de Shalem (Jérusalem) et ce dès le début de l’histoire d’Israël (pris au sens large du terme).
Au VII°S, le royaume de Juda espérait reconquérir un jour les territoires tombés aux mains assyriennes. Ainsi l’histoire d’Abraham qui poursuit les rois mésopotamiens qui ont capturé son neveu Lot et ce jusqu’à Damas et Dan (Gn 14 – 14-15) et libère son parent du joug mésopotamien rejetant les occupants étrangers loin des frontières Nord du royaume d’Israël sont une allégorie de la libération du royaume du Nord par celui de Juda, qui est leur rêve cher.
Le Deutéronome poursuivra en ce sens prônant l’idée que YHWH donne son soutien à la lignée de David roi de Jérusalem et sa protection au Temple de cette cité.
Qu’en est-il de l’Exode ?
Les recherches archéologiques rendent invraisemblables les récits bibliques relatifs à l’Exode, sans compter tout le merveilleux et invraisemblable que contient ce récit. La réalité est toute autre.
Durant tous ces temps anciens, l’Egypte a été un pays très attrayant notamment pour les gens de Canaan lors des périodes de sècheresse à une époque où le delta du Nil était plus irrigué que de nos jours et comprenant cinq bras (au lieu de deux aujourd’hui). Le commerce avec l’Egypte était soutenu. Certes il y a eu des immigrations de sémites en Egypte en provenance de Canaan suivies d’une expulsion par Ahmosis (XVIII° dynastie en – 1570) qui les poursuivit jusqu’à Tell ed Daba près de Gaza dont l’archéologie constate l’abandon à cette époque de la citadelle. Ensuite Ramsès II entreprend la construction de nombreuses forteresses, notamment le long du bras Est du Nil rendant impossible la fuite d’un peuple, en contradiction complète avec le récit Biblique de la fuite du peuple juif soit disant esclave en Egypte.
Le but de cette fiction habilement inventée est très clairement dit par Boris Cyrulnik dans son livre « La psychothérapie de Dieu » page 128 : « Lors de la sortie d’Egypte, le Dieu des juifs, très en colère, a puni les égyptiens en leur envoyant les Sept Plaies sous forme de pluie de grenouilles, de nuées d’insectes, de morts des premiers-nés et finalement, de noyade de l’armée dans la mer Rouge… Le courroux vengeur de ce Dieu, en sauvant le peuple juif, a exigé pour prix de cette libération une obéissance stricte en punissant les ingrats qui ne se soumettaient pas à sa loi. »
La conquête de Canaan (pages 129 ss)
Comment une petite peuplade du désert a-t-elle pu se rendre maître des terres cananéennes riches et puissamment gardées par des forteresses garnies de guerriers professionnels bien armés et munis de chars de guerre ?
La Bible nous le narre de façon irréaliste, allant de victoire en victoire avec l’aide de YHWH qui fit notamment s’écrouler les murailles de Jéricho, le tout semant une véritable panique chez les habitants des autres cités, soumettant aussi les gabaonites pourfendant les troupes du roi de Yarmut, de Lakish et Eglôn, et là YHWH arrête le cours du soleil de façon à permettre aux armées de Josué d’exterminer ses ennemis. Puis Josué poursuit vers le Nord écrase en Galilée une armée issue d’une coalition de rois cananéens du Nord, armée « nombreuse comme le sable au bord de la mer, avec une énorme quantité de chevaux et de chars » (Jos 11 4), et ils détruisent Haçor la plus importante cité de Canaan qu’ils réduisent en cendres. (Jos 11 – 10)
L’archéologie a étudié les divers lieux de Canaan de l’époque de ladite conquête décrite par la Bible soit vers les années -1230 -1220 ac. Les tablettes retrouvées en Egypte relatives à cette époque, attestent du maintien et de la puissance des cités cananéennes alors provinces égyptiennes où les troupes égyptiennes étaient stationnées. Les puissantes fortifications des villes citées par la Bible n’étaient en ces temps là pas encore érigées, les égyptiens s’y opposant de façon de tout maitriser à partir de leurs bases armées qui défendaient seules Canaan. En ces temps-là Ramsès II était très puissant. Les sites de Beth-Shéan au sud de la mer de Galilée a révélé une véritable place forte égyptienne. Elle contenait des inscriptions hiéroglyphes datant des pharaons Seti 1° (1294 – 1279) Ramsès II (1279 -1213) Ramsès III (1184 – 1153). Megiddo proche de Beth-Shéan, bien que n’étant pas alors une place forte, contient des témoignages d’une forte influence égyptienne jusqu’à Ramsès VI (XII°S ac) c a d bien après la prétendue conquête biblique.
Jéricho ainsi que l’atteste l’archéologie n’était, en ces temps, pas fortifiée, elle n’était alors qu’une modeste et pauvre petite ville sans mur d’enceinte.
L’endroit où Josué aurait prévu son embuscade est le tertre de Khirbet-et-Tell au Nord-Est de Jérusalem, à 2 km au Sud Est de Bethel sont en accord avec la description biblique (el Tell = la ruine en arabe et Aï la ruine en hébreu). C’était une importante cité au temps du bronze ancien abandonnée avant la présumée embuscade.
Au sujet des gabaonites qui demandent la protection des israélites, les fouilles n’ont révélé aucun vestige datant du bronze récent époque de la soi-disant conquête, de même pour les différentes cités soit El-Jib, Kephna, Béérot et Quiryat-Yéarim.
Il en est de même pour les villes mentionnées dans les autres écrits de la conquête et dans la liste des rois de Canaan (Jos 12) telles Arad dans le Neguev et Heshbôn en Transjordanie.
Les spécialistes sont également unanimes pour dire que les destructions de Bethel, Lakish, Haçor et autres cités cananéennes n’étaient pas le fait d’Israélites.
A l’avènement de Josias en 639 dans le royaume de Juda, la « sanctification » et l’unité des terres où se trouvaient les israélites n’était pas réalisée si ce n’est dans la partie centrale du royaume de Juda, le reste était sous domination assyrienne. Puis le pouvoir assyrien faiblit ce qui permit d’avoir recours à Josué et d’espérer une reconquête et le retour à l’unification et la « sanctification » de l’ensemble des royaumes de Juda et d’Israël. Tout un montage littéraire va être bâti à partir de l’histoire de Josué dont la Bible en fait le successeur de Moïse (Jos 1 – 1-9) et (Jos 1 – 16-18) relié à l’Alliance par une cérémonie de renouvellement (Jos 8 – 30-35), elle en fait aussi un fidèle lecteur de la Loi (Jos 1 – 8-9) (2 R 23-25). C’est de la pure idéologie, c’est en réalité le roi Josias que l’on installe derrière le mythe ou la légende de Josué, la proclamation de l’interdit des mariages avec les femmes étrangères et l’union ou plutôt la réunion Nord-Sud.
Qui étaient les israélites ?
Bible ancienne
Les fouilles des villages israélites primitifs, leurs poteries particulières, leurs habitats, silos à grains ont permis de connaitre leur mode de vie et leur identité. On s’est ainsi rendu compte que ces peuplades étaient indigènes de Canaan et qu’elles ont progressivement développé une identité ethnique que l’on nomme israélite.
Il n’existe aucune preuve de conquête par les enfants de Josué et ils ne formaient pas une très ancienne nation comme l’affirme la Bible. Ces populations vivaient à un niveau de richesse et d’évolution très inférieur aux autres cananéens des terres plus riches et qui commerçaient avec les autres contrées et autres pays.
Une étude très étendue géographiquement a permis de découvrir un réseau très dense de villages de montagne prouvant une transformation sociale dans la région montagneuse de Canaan vers -1200. Aucune trace d’invasion violente ni d’infiltration de groupes ethniques étrangers n’est révélée mais une évolution dans les odes de vie, on note l’implantation de 250 communautés qui se considèreront plus tard comme des israélites. Ils pratiquaient l’élevage et les cultures céréalières. Tout était rustique et rudimentaire. On n’y rencontre aucune fortification, aucune arme, aucune trace d’incendie ou d’attaque. La lutte n’était pas contre les autres mais contre la forêt, les rocailles et les rigueurs climatiques. On n’y trouve aucune trace de bâtiments administratifs ni de maisons de dignitaires.
L’étude des fouilles a permis de savoir qu’il s’agissait de nomades qui s’étaient sédentarisés.
La première occupation des hautes terres débute au bronze ancien (3500 – 2200). Vers l’an 2200 la plupart des sites ont été abandonnés.
Une deuxième vague advient au bronze moyen (vers 2000) débutant en petits hameaux épars qui s’étendent progressivement sur 200 sites. Des petites villes apparaissent et on note au total jusqu’à 40.000 habitants. Les centres importants sont Jérusalem, Hébron, Bethel Silo et Sichem.
Puis on assiste à un dépeuplement vers le XVI°S.
Une troisième vague arrive vers 1200 ac par des communautés rurales qui arrivent à atteindre progressivement 250 sites et on l’estime à 45.000 habitants. Des bourgades et des grandes et des grandes cités se développent. Au VIII°S, on dénote 600 sites qu’on estime à 60.000 habitants.
Le résultat des études par les spécialistes aboutit à la conclusion que ce qui s’y est passé est à l’opposé des affirmations bibliques. L’émergence de ce qu’on nomme le peuple d’Israël fut le résultat de l’effondrement du système politique cananéen au XII°S. Les « israélites » ne sont pas venus de l’extérieur conquérir les terres cananéennes, ils sont issus de l’intérieur c a d c’étaient des indigènes. Le pays de Canaan n’a pas été conquis par les israélites.
Si l’on trouve dans bien d’autres endroits du Proche Orient ces mêmes phénomènes, un détail les différencie : aucun ossement de porc n’y a été retrouvé. Le porc n’y était ni élevé ni consommé et ce contrairement aux phéniciens, Amorites et Moabites.
Les « grands rois » David et Salomon
La Bible, dans le livre de Samuel, présente le sacre de David, fils de Jessé, comme roi de toutes les tribus d’Israël, son sacre scellait le processus initié par les promesses que YHWH avait faites à Abraham. Son successeur Salomon étend les territoires du royaume de l’Euphrate aux terres philistines et aux frontières de l’Egypte (1 R 4-24), fortifie Jérusalem et y construit un grand et magnifique temple. Puis il fortifie des centres régionaux qui sont Haçor, Megiddo et Gezer, il construit en entretient des écuries pour abriter 40.000 chevaux et 12.000 cavaliers ainsi que 14.000 chars.
Certes il n’y a pas de doute, David et Salomon ont bien existé mais le récit biblique ne correspond pas du tout à la réalité, elle les a transformés en puissants et légendaires rois d’un immense territoire, alors qu’ils n’ont été que des roitelets d’un petit territoire pauvre et incapable de réaliser ce que la Bible leur attribue.
Les fouilles archéologiques sont tellement contraires à ces écrits que certains ont pensé qu’ils n’avaient peut-être jamais existé. Néanmoins les fouilles ont continué et des découvertes récentes (dernières décennies du XX°S) ont trouvé quelques inscriptions faisant état de la maison de David. Elles ont révélé que la superficie de Jérusalem du X°S était très réduite et le reste du royaume de Juda était très peu peuplé ; aucune trace de temple ni de palais qui aurait pu être édifié à cette époque n’a été trouvée et les ouvrages retrouvés sont d’une époque plus récente confirmé par une inscription assyrienne du IX°S et construites par le roi Ashab roi d’Israël (Nord). Les restes du palais de Megiddo sont de période plus récente.
David et Salomon ont subi le sort des personnages légendaires et ont servi la cause de la recherche d’unification des deux peuples d’Israël et sa justification, sorte de tentative de renaissance nationale destinée à regrouper et unifier ces peuples selon le désir de YHWH.
Fin VIII°S le royaume du Nord a été anéanti, une grande partie de la population déportée en Assyrie ou dans d’autres pays, et une autre a fui vers le royaume du Sud qui s’est alors soudainement développé par l’apport de cette population plus évoluée et plus ouverte commercialement. L’ambition du royaume de Juda et du roi Josias a été de reconquérir les territoires du Nord et d’unifier l’ensemble des terres sous la houlette de Jérusalem et de YHWH à l’exclusion de tout autre et que de ce fait tant le pouvoir temporel que le culte de YHWH devait se concentrer sur Jérusalem, le tout de façon à en faire le thème de la chute irréversible des occupants des terres du Nord et le triomphe de Josias devint un thème centralisateur, la Bible peignant les états de Juda et d’Israël comme des états jumeaux mais aussi antagonistes, ce que Josias allait réduire à néant en unifiant le tout. Pour cela la Bible fait de Josias l’héritier légitime des territoires du Nord de par une promesse faite par YHWH à David. Le tout doit passer par l’épuration religieuse du Nord et la destruction des sanctuaires de Bethel afin de tout concentrer à Jérusalem.
Le Temple dit de Salomon
D’après les tablettes du XIX°S retrouvées à Tell el Amarna en Egypte, (ancienne capitale d’Akhénaton) Les hautes terres du Sud avaient un habitat clairsemé, seule une petite citadelle royale était érigée à Jérusalem, il n’est pas mentionné de temple ; l’économie de Juda tournait autour de la production autarcique des fermes individuelles et de groupes de bergers. Jérusalem et sa région ne comptait que 1.500 habitants. Il n’y a pas d’activité littéraire et l’analphabétisme est quasi général.
Dans ces conditions il était impossible que le temple que décrit la Bible comme étant construit pas Salomon soit édifié.
D’après l’archéologie, les premières véritables constructions datent de deux siècles après Salomon c a d fin VIII°S. La pierre taillée n’apparait qu’au VII°S.
La faiblesse du royaume d’Israël était-elle réelle ?
Une vue d’un paysage paisible de Galilée. (source Wikipedia).
Le Bible dénie ou minimise de façon surprenante les règnes des rois dits « omrides » du royaume d’Israël (de Omri son premier roi).
Qu’en est-il à cette époque ?
Les fouilles entreprises à Samarie révèlent une très importante capitale du royaume dont l’aménagement et les constructions furent entamées à partir de -800 ac.
Au centre, un immense terre-plein de 3 ha a été aménagé accueillant le palais imposant des rois et les divers bâtiments administratifs. La décoration est de style assyro-phénicien.
Megiddo fut construite dans le même style architectural que Samarie. Il y a été établi de solides murailles de fortification et un accès sous terrain à une source d’eau capable de desservir la vie en cas de siège.
De même Haçor a beaucoup de ressemblance avec Megiddo, il y a été aménagé un accès à une source souterraine pour les mêmes raisons.
La ville de Dan au Nord d’Israël près des sources du Jourdain contenaient d’importantes fortifications avec au centre un sanctuaire en belles pierres taillées.
A Jezréel, un terrassement avec murs en casemates identiques à ceux de Megiddo soutenus par un glacis de terre le rendaient plus solidement étayé. Une ancienne douve creusée dans le roc de 8 mètres de largeur et 5 mètres de profondeur offrait une protection supplémentaire.
Gaza était également un site important et fortifié.
L’importance des omrides rois d’Israël est aussi attestée de façon indirecte par une inscription monolithique qu’a fait graver Salmanasar III (858 à 824) prétendant avoir vaincu les armées coalisées de Syrie, Phénicie et Israël, malgré le nombre très important de chars et de guerriers (pour Israël 2000 chars et 10.000 guerriers).
En réalité c’est une vantardise et les armées de Salmanasar III ont du rebrousser chemin en toute hâte. Les chiffres sont-ils exacts ? Peut-être, ou peut-être pas, ce qu’il faut retenir est qu’il a dû reculer devant des armées puissantes, ce qui fait ressortir la force et la puissance des rois d’Israël omrides à ces époques.
Une stèle retrouvée à Mesha indique qu’Omri avait fortifié les villes de Atarot et Jahay en pays moabite, c’est donc qu’ils s’étaient étendus en terres étrangères.
L’étendue de cet état est le signe d’une société multi ethnique avec une population hétérogène et des écosystèmes particuliers ainsi que l’a révélé l’archéologie. Israéliens phéniciens et syriens s’y côtoyaient, un mélange démographique s’était opéré et il a été facilité par les rois omrides pour créer une symbiose dans l’état. Ce mélange a été très critiqué par les rédacteurs de la Bible.
Après la chute des omrides au IX°S ac, la population s’y est maintenue, au VIII°S on l’évalue à 350.000 habitants, ce qui est très important. Le commerce méditerranéen y a été développé, le pays s’est fortement enrichi.
L’imposante puissance militaire des omrides, les remarquables réalisations architecturales et la structuration de son administration jointes à son ouverture d’esprit tant sur la tolérance religieuse que sur les rapports commerciaux font de cette période une époque particulièrement remarquable.
L’intention des judéens du VII°S était de dénaturer ces réalités pour démontrer leur état de péché, et de misère ayant entrainé leur destruction par le courroux de YHWH. Plus les omrides avaient régenté de façon prospère leur royaume, plus la Bible les montre abjectes, malfaisants, arrogants et méprisants. Pour minimiser leur puissance militaire, a recours à un anachronisme grossier en accusant le roi omride Achab de faiblesse pour avoir épargné la vie d’un roi ennemi qu’il venait de vaincre malgré une soit disant injonction de YHWH.
Qu’en est-il de la période post omride en Israël ?
Ces 122 années furent très mouvementées pour le royaume du Nord on y vit une profonde transformation sociale puis un désastre économique ponctué par une menace constante des pays voisins.
Une première invasion fut l’œuvre d’Hazaël roi d’Aram-Damas vers 835, invasion dévastatrice. Uns inscription trouvée à tel Dan indique que Hazaël a tué Joram fils d’Achab, roi d’Israël et Ahasyahu de la maison de David (alors que la Bible impute la mort de Joram à Jehu qu’elle dit être l’auteur d’un coup d’état, lequel se serait ensuite opposé au royaume d’Aram-Damas). Hazaël occupe alors de façon définitive Haçor, Dan et Et-Tell sur la rive Nord de la mer de Galilée, de 850 à 800.
Le royaume d’Aram-Damas, après avoir pillé une bonne partie du Nord d’Israël et les principaux centres de la riche vallée de Jezréel se contente de contrôler la haute vallée du Jourdain. Furent incendiées les cités de Tel Rehor, Beth-Shéan, Tanak et Megiddo. Beth-Shéan et Megiddo furent alors abandonnées par ses habitants pendant plusieurs décennies. De ce fait le royaume d’Israël perdit des terres très fertiles. Il construit alors une ligne de cités fortifiées tout le long de la nouvelle frontière avec Israël. Le tout jusqu’au moment où le roi assyrien Adadnirari III vient en 811, soumettre le royaume d’Aram-Damas et le roi d’Israël Joas put ainsi recouvrir les territoires antérieurement pris par Damas. Son successeur Jéroboam II agrandit encore ses terres c’est le roi d’un règne recouvrant une certaine prospérité à partir de 800. Il reprit notamment Haçor qu’il détruisit et reconstruisit aussitôt. Une nouvelle période d’expansion démographique est attestée par l’archéologie et au VIII°S la population du royaume est estimée à 350.000 personnes contre 100.000 dans le royaume de Juda.
L’alphabétisation du royaume d’Israël se développe mais Jéroboam II meurt en 747 et aussitôt des factions divisent le pays qui voit se succéder une série de rois qui parviennent au pouvoir de façon violente, une dégradation générale s’en suit dans tous les domaines.
En 737 le nouveau roi assyrien Téglat-Phalasar III envahit les divers états voisins de l’Assyrie, notamment Israël qu’il soumet et même asservit, entrainant plusieurs vagues de déportation. C’et ainsi que la capitale d’Israël qui était alors Samarie enregistre la mort de son roi Menahem puis l’assassinat de son fils par un officier Péqah qui tente de réunir une coalition contre les assyriens, ce qui provoque une réaction encore plus violente de Teglat-Phalasar III entrainant de nouvelles destructions et déportations notamment en Galilée. A sa mort en 727, le royaume d’Israël est réduit à quelques pauvres territoires.
Haçor, Dan et Beth-Shéan qui avaient recommencé à revivre furent détruites, Megiddo également sauf la partie administrative et palatiale et transformée en administration assyrienne avec l’arrivée d’une population nouvelle. Il ne reste à Israël qu’une petite portion dans le secteur de Samarie mais de courte durée car soit Salmanasar V, soit Sargon II s’en empare ainsi que de sa région, nouvelle déportation. Certains historiens pensent que ce n’est par Salmanasar V mais Sargon II qui en serait l’auteur en 722, tel que c’est relaté dans les chroniques de Sargon II.
Les deux déportations, celle de Teglat-Phalasar III et celle de Sargon II portèrent au total sur environ 45.000 personnes habitants le royaume du Nord.
Une autre partie importante de la population reflue alors vers le royaume de Juda.
Mais pourquoi le royaume de Juda ne subit-il pas le même sort que celui d’Israël ? Ce pays pauvre et arriéré n’attirait la convoitise d’aucun souverain ce qui va permettre l’afflux de cette population venant du Nord, active et plus évoluée, et ce royaume va se développer malgré des conditions moins favorables.
Le développement du royaume de Juda (pages 344ss)
Ce n’est qu’au VII°S que l’on voit apparaitre une architecture à base de pierres appareillées et de chapiteaux proto-éoliques de style omride, en même temps que des ostraca et des unités de poids en pierre, signe du développement du commerce, et la culture des olivier et de la vigne s’y développe ainsi que des exportations.
Jérusalem qui, au XIV°S ac était estimée à 1.500 habitants se développe à une allure vive et la ville atteint rapidement 75 ha et sa population est alors estimée à 15.000 ha.
L’ensemble des régions agricoles se développe, d’autres centres urbains naissent tels Lakish dans la Shefalah et le pays vient à compter jusqu’à 120.000 ha au lieu de quelques dizaines de milliers antérieurement. L’état et ses rouages se constituent.
Dans le même temps se crée une nouvelle religion nationale, rejetant les diverses déités antérieures pour ne retenir que YHWH, ainsi naquit un monothéisme juif ou plutôt un hénothéisme. En réalité c’est la reprise d’une école de pensée cristallisée fin VIII°S ac qui considérait pour la première fois comme impies les divers cultes anciens pratiqués surtout dans les campagnes.
On aboutit alors au règne du roi Ezéchias qui fortifie Jérusalem, en assure l’alimentation en eau en cas de siège, centralise l’administration du royaume, fortifie d’autres villes, telle Lakish, et prépare une révolte contre l’Assyrie et son nouveau roi Sennacherib.
D’après les écrits assyriens, Sennacherib, à la tête d’une puissante armée, assiégea 46 cités, réalisa un butin magnifique en humains, animaux divers, objets de valeur et emprisonna Ezéchias. Il fait beaucoup de destructions destinées à affaiblir pour longtemps le royaume de Juda
En 698, Manassé, fils d’Ezéchias, peu après son accès au trône, permet à nouveau les pratiques religieuses anciennes et ce en vue d’un apaisement pour les gens des campagnes.
A la mort de Manassé en 642, les deutéronomistes mécontents de sa politique d’apaisement qui redonna à Juda un certain renouveau, le présentent comme un roi cruel, le plus cruel de tous, et le pire des apostats.
Son fils Amon sera assassiné au bout de deux ans et on met son fils Josias au pouvoir, lequel trop jeune sera aux mains des deutéronomistes. Une campagne d’éradication de toutes traces de cultes anciens autre que YHWH est menée manu militari. Le Deutéronome modifie le rituel, ils disent avoir trouvé dans les ruines du Temple « Le Live de la Loi », contenant les principes fondamentaux du monothéisme, présenté comme une découverte lors de la rénovation du Temple.
Tous les sanctuaires autres que le Temple de Jérusalem sont détruits et une « chasse aux sorcières s’instaure dans tout le pays.
On réinvente alors une histoire ancienne de l’ensemble d’Israël, nait alors un sentiment fort de communauté nationale parmi a population.
Cependant les fouilles ont révélé que fin VII°S ac les autres pratiques religieuses n’ont pas été complètement éradiquées, on a retrouvé de nombreuses figurines notamment d’Ashéra debout tenant ses seins entre les mains, qui est sa position caractéristique.
En 609 le roi égyptien Noko II accède au trône, il veut asservir Juda pour des raisons encore inconnues
En 605, le nouveau roi de Babylone Nabuchodonosor envahit l’Assyrie, chasse les égyptiens et en 597 les forces égyptiennes descendent vers le royaume de Juda, pillant tout sur leur passage. Jérusalem et le royaume de Juda sont pillés et soumis, l’aristocratie et le clergé sont déportés à Babylone, et en 587 Nabuchodonosor marche à nouveau vers Juda, nouveau pilla et déportation massive. Le Temple est incendié ainsi que le palais royal et les maisons.
Les religions anciennes locales dans le royaume de Juda
1Rois 14, 22-24 nous dit que les habitants avaient construit sur des collines élevées et dans les arbres verdoyants (chose rare) des stèles et des pieux sacrés. Le 2 Rois 16, 2-4) précise que le roi Achaz a brulé son fils en offrande divine. Les spécialistes ont établi que c’était une pratique répandue sur la base d’un rituel complexe, en vue de se concilier les faveurs célestes pour la fertilité de la terre.
On a découvert de nombreuses figurines en terre cuite, encensoirs, vases de libation et présentoirs d’offrandes. Il s’agissait de pratiques variées et répandues dans tout le royaume. Les figurines étaient pour la plupart des déesses nues de la fertilité. Existaient des rituels propitiatoires pour la fertilité des terres, des bénédictions des ancêtres, des diverses sanctifications des possessions villageoises, champêtres et des pâturages.
D’après les coutumes, l’idée était qu’ils avaient reçu des anciens et de leurs divinités, leurs terres, leurs demeures et leurs tombes.
Des sacrifices étaient offerts soit dans des sanctuaires domestiques de l’enclos familial (au sens large), soit sur les tombes, soit sur des autels en pleine campagne. Un culte était certes voué à YHWH mais aussi à de nombreuses divinités.
Les prêtres brulaient de l’encens sur les hauts lieux des campagnes pour honorer le soleil, la lune et les étoiles. A Kimtillet Ajud, dans le nord est du Sinaï, on a retrouvé des inscriptions faisant référence à la déesse Ashéra épouse de YHWH et datant du début du VIII°S. De même une inscription découverte dans la Shéfalah de Juda mentionne « YHWH et son Ashéra ». L’archéologie a révélé que ce culte de YHWH associé à son Ashérah et à Baal et autres divinités, voire parfois des divinités des peuples voisins, étaient en usage à Jérusalem au VIII°S ac. A Kelosh un culte était rendu au dieu de Moab, à Milkon au dieu d’Ammon, à Astarté à la déesse de Sidon. (1 Rois 11 -5 et 2 Rois 23-13). Le livre d’Ezéchiel ch 8 décrit les « abominations » qui se pratiquaient dans le Temple de Jérusalem et notamment envers le dieu mésopotamien Tammuz. Enfin Jérémie se lamente que le nombre de déités vénérées dans Juda égalait celui des villes et que dans Jérusalem ce nombre égalait celui des rues (Jr 11 – 13)
La période exilique
Le livre de Jérémie décrit ce qui se passe alors à l’intérieur de la Judée et le livre d’Ezéchiel la vie des déportés.
Le royaume de Juda devient Yéhour (Judée) et ses habitants les Yéhoudim.
Miçpa, petite bourgade au Nord de Jérusalem en est le centre administratif. Godolias fils d’Ahikam, gouverne le pays, il tente convaincre les habitants de coopérer avec les Babyloniens mais certains d’entre eux fuient en Egypte.
Chez les exilés, la plupart vivent dans des zones pauvres proches de Babylone.
En 539, les Perses et son roi Cyrus soumettent l’empire babylonien, il permet aux juifs qui le veulent de retourner dans leur pays.
Un premier groupe de 50.000 personnes dirigé par Sheshbaççar sans doute l’un des fils du roi davidique exilé Joiakin ramène les trésors du temple pris par Nabuchodonosor. Ils posent les fondations d’un nouveau temple.
Une deuxième vague vient avec Josué et Zorobabel petit fils de Joiakin, ils construisent un autel.
Les samaritains qui désiraient participer à la construction du nouveau temple sont évincés et se plaignent à Cyrus lui demandant d’interdire sa construction mais Cyrus non seulement le permet mais autorise d’en payer le cout en puisant sur les revenus de l’état, et le temple est achevé en 516.
Le Scribe Esdras arrive avec une troisième vague d’exilés en 458, cependant Esdras constate des mariages avec des non juifs et les sermonne.
A la disparition d’Esdras, Artaxerxès confie l’administration à Néhémie pour reconstruire la ville de Jérusalem et ses remparts. Il y instaure des lois sociales et interdit l’usure. Tous imposent de suivre strictement les lois du Deutéronome réactualisé.
Les rapatriés réussissent à imposer leur autorité sur l’ensemble du royaume. Le peuple de Yéhoud fut gouverné politiquement par l’autorité perse et religieusement par les prêtres et le temple devint le symbole de l’identité du peuple.
L’avenir d’Israël biblique
Bien que le livre n’aborde pas ce sujet je rajouterai que se pose un problème : la reconquête, promise et assurée par Yahvé, n’a pas été obtenue, seules quelques modestes parties ont pu l’être. Pourtant la Bible avait promis l’aide de Yahvé lequel était plus fort que les autres dieux, Yahvé avait-il abandonné son peuple ? Pour éviter cette objection les rédacteurs de la Bible ont inventé la non-observation des principes religieux entrainant des sanctions divines. La Bible va constituer dans les siècles suivants les principes de solidarité et d’identité du peuple ainsi que l’expression cohérente de thèmes fondamentaux de la libération d’un peuple, de la résistance permanente à l’oppression, de la recherche d’égalité sociale et elle lui donne une origine, des espérances et une destinée commune nécessaire à la survie de toute la communauté par une fiction littéraire unique qu’elle est.
Rudyard Kipling, né le 30 décembre 1865 à Malabar Hill (Bombay) en Inde britannique et mort le 18 janvier 1936 à Londres, est un écrivain britannique.
Ses ouvrages pour la jeunesse connaissent dès leur parution un succès qui ne s’est jamais démenti, notamment Le Livre de la jungle (1894), Le Second Livre de la jungle (1895), Histoires comme ça (1902), Puck, lutin de la colline (1906). Il est également l’auteur du roman Kim (1901), de poèmes dont parmi les plus célèbres Mandalay (1890), Gunga Din (1890) et Tu seras un homme, mon fils (1910) et de nouvelles, dont L’Homme qui voulut être roi (1888) et le recueil Simples contes des collines (1888). Il est considéré comme un « innovateur dans l’art de la nouvelle », un précurseur de la science-fiction et l’un des plus grands auteurs de la littérature de jeunesse. Son œuvre manifeste un talent pour la narration qui s’est exprimé dans des formes variées.
De la fin du xixe siècle au milieu du xxe siècle, Rudyard Kipling reste l’un des auteurs les plus populaires de la langue anglaise. Cependant, il est souvent considéré comme un « prophète de l’impérialisme britannique », selon l’expression de George Orwell. La controverse au sujet des préjugés et du militarisme qui seraient présents dans son œuvre a traversé tout le xxe siècle.
En 1907, il est le premier auteur de langue anglaise à recevoir le prix Nobel de littérature, et le plus jeune à l’avoir reçu (à 42 ans). Par la suite, il refuse d’être anobli.
Les loges militaires irriguent alors l’Inde à la suite des régiments comme celui des Mavericks, contingent irlandais, cité dans Kim.
La franc-maçonnerie est alors un instrument de structuration sociale dans la métropole comme dans la colonie. Elle s’adapte à l’une des castes des religions au délicat équilibre : on en trouve trace dans le poème de la Loge Mère lorsqu’il y est dit :
« Nous n’osions pas faire de banquet. De peur d’enfreindre la règle de caste decertains frères. … Chacun de nous se rapportant au Dieu qu’il connaissait le mieux ».
Mais la maçonnerie est aussi un instrument d’administration : la fable de l’Homme qui voulut être roi met en scène un système de self-government très classique, tenu de main ferme par les deux francs-maçons Dravot et Carnelian, le premier prévoyant de demander par écrit une dispense à la Grande Loge pour ce que j’aurais fait en tant que Grand Maître [du Kâfiristân], tout au rêve d’égaler le Raja Brooke à Bornéo. La maçonnerie est bien là pour aider l’homme blanc à porter le fardeau de la civilisation et pour aider l’Anglais à gagner le « Grand Jeu ».
Au-delà de l’Homme qui voulut être roi et du poème de « la Loge Mère », l’œuvre est parcourue par la philosophie et les mythes maçonniques
Selon son biographe Charles Zorgbibe (Kipling édition de Fallois p.168) « l’Histoire de Muhammad DIN » paru cinq mois après son initiation dans la Civil and Military Gazette est une allégorie « ésotérique » bâtie sur le chiffre 7 et le symbolisme de l’apprenti travaillant seul, et en silence ». Kim est bien le récit d’une « recherche », celle du Lama Teshoo sur le « Grand Trunk Road », jusqu’aux confins de l’Himalaya, sur le sens donné à une vie en même temps qu’un roman d’apprentissage, celui de Kim l’enfant anglo-indien. (Source cairn.info – par Charles Zorgbibe – Editions de Fallois, 2010)
Biographie
Joseph Rudyard Kipling est le fils d’Alicia MacDonald, fille d’un pasteur méthodiste, et de John Lockwood Kipling, professeur de sculpture à la Jejeebhoy School of Art and Industry de Bombay ; ses parents se marient le 18 mars 1865 en Angleterre juste avant la nomination de son père à Bombay. Ils viennent à peine d’arriver en Inde, que leur fils naît à qui ils donnent le prénom de Rudyard en référence au lac Rudyard dans le Staffordshire où ils se sont rencontrés. D’après Bernice M. Murphy, « les parents de Kipling se considéraient comme des « Anglo-Indiens » et leur fils devait faire de même, bien qu’il ait passé la plus grande partie de sa vie hors d’Inde. Cela explique pourquoi des problèmes complexes d’identité et d’allégeance nationale marquent ses œuvres de fiction. »
Reçu Franc-maçon en 1885 dans la loge « Hope and Perseverance » no 782 aux Indes, il obtient une dispense du grand maître du district du Pendjab lui permettant d’être initié avant l’âge de 21 ans. Il est ensuite élevé au grade de maître maçon dans la loge de « Marque Fidélité », puis élevé au grade de « Marinier de l’Arche Royale » dans la loge d’« Ark Mariner » du Mont Ararat.
Première Guerre mondiale
La réputation de Kipling était si étroitement liée aux idées optimistes qui caractérisent la civilisation européenne de la fin du xixe siècle qu’elle pâtit inévitablement du discrédit dans lequel ces idées tombèrent pendant la Première Guerre mondiale et dans les années d’après-guerre. L’une de ses premières contributions à la guerre fut de participer au Bureau de la Propagande de Guerre. Alors qu’il circulait le long des lignes de front, il fut frappé par les exactions allemandes contre les Belges. Il fut lui-même durement frappé par la guerre lorsqu’il perdit son fils, le lieutenant John Kipling, tué à la bataille de Loos en 1915. Il écrivit ces lignes
« Si quelqu’un veut savoir pourquoi nous sommes morts, / Dites-leur : parce que nos pères ont menti. »
Il est possible que Kipling ait éprouvé un sentiment de culpabilité pour avoir contribué à faire entrer son fils dans la garde irlandaise de la British Army, alors que le jeune homme avait été réformé à cause de sa myopie.
Ce drame est une des raisons qui poussèrent Kipling à rejoindre la commission créée par Sir Fabian Ware, The Imperial War Graves Commission (La Commission impériale des sépultures militaires) aujourd’hui Commonwealth War Graves Commission, responsable des cimetières de guerre anglais qui jalonnent la ligne du front ouest et que l’on retrouve dans tous les lieux où des soldats du Commonwealth ont été inhumés. Kipling choisit notamment la phrase célèbre, « Leur nom vivra à jamais », tirée de la Bible et inscrite sur les pierres du souvenir des sépultures les plus importantes. C’est également à Kipling que l’on doit l’inscription « Connu de Dieu » sur la tombe des soldats inconnus. Kipling rédigea aussi l’histoire de la garde irlandaise, le régiment où servit son fils. Paru en 1923, l’ouvrage est considéré comme un des exemples les plus admirables de l’histoire régimentaire. Enfin il composa une nouvelle émouvante intitulée Le Jardinier qui raconte ses visites dans les cimetières de guerre.
La voiture automobile étant devenue extrêmement populaire, Kipling devint chroniqueur automobile pour la presse écrite, rédigeant des comptes-rendus enthousiastes de ses voyages en Angleterre et à l’étranger, généralement en compagnie d’un chauffeur.
En 1922, un professeur de génie civil de l’université de Toronto demanda à Kipling, dont l’œuvre en prose et l’œuvre poétique contenaient plusieurs références à des ingénieurs, de l’aider à concevoir les détails d’une prestation de serment et d’une cérémonie de remise des diplômes pour les écoles d’ingénieur. Kipling accepta avec enthousiasme et proposa ce qui allait devenir le Rite d’Engagement de l’Ingénieur, cérémonie qui se déroule aujourd’hui sur l’ensemble du territoire canadien ; les nouveaux diplômés se voient notamment remettre un anneau de fer qui symbolise leurs devoirs vis-à-vis de la société civile.
La même année, Kipling fut élu recteur de l’université de St Andrews, en Écosse, où il succéda à J. M. Barrie. Cette fonction prit fin en 1925.
Mort
Kipling continua à écrire jusqu’au début des années 1930, mais à un rythme moins soutenu et avec un succès moindre. Il mourut au Middlesex Hospital à Londres des suites d’une hémorragie causée par un ulcère gastro-duodénal le 18 janvier 1936, deux jours avant la mort de George V, à l’âge de 70 ans. Son décès avait d’ailleurs été annoncé de façon prématurée dans les colonnes d’une revue à laquelle il écrivit : « Je viens de lire que j’étais décédé. N’oubliez pas de me rayer de la liste des abonnés. »
Les cendres de Kipling reposent dans le Poets’ Corner de l’abbaye de Westminster, aux côtés d’autres personnalités littéraires britanniques. Son épouse est décédée en 1939 à 76 ans.
Poème : La loge mère
Il y avait Rundle, le chef de station, Beazeley, des voies et travaux, Ackman, de l’intendance, Dankin, de la prison, Et Blake, le sergent instructeur, Qui fut deux fois notre Vénérable, Et aussi le vieux Franjee Eduljee Qui tenait le magasin « Aux denrées Européennes ».
Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam ». Dedans c’était : « Mon frère », et c’était très bien ainsi. Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre. Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas !
Il y avait encore Bola Nath, le comptable, Saül, le juif d’Aden, Din Mohamed, du bureau du cadastre, Le sieur Chucherbutty, Amir Singh le Sikh, Et Castro, des ateliers de réparation, Le Catholique romain.
Nos décors n’étaient pas riches, Notre Temple était vieux et dénudé, Mais nous connaissions les anciens Landmarks Et les observions scrupuleusement. Quand je jette un regard en arrière, Cette pensée, souvent me vient à l’esprit : « Au fond il n y a pas d’incrédules Si ce n’est peut-être nous-mêmes !
Car, tous les mois, après la tenue, Nous nous réunissions pour fumer. Nous n’osions pas faire de banquets De peur d’enfreindre la règle de caste de certains frères. Et nous causions à cœur ouvert de religion et d’autres choses, Chacun de nous se rapportant Au Dieu qu’il connaissait le mieux. L’un après l’autre, les frères prenaient la parole Et aucun ne s’agitait. L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets Et le maudit oiseau porte-fièvre ;
Comme après tant de paroles Nous nous en revenions à cheval, Mahomet, Dieu et Shiva Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes.
Bien souvent depuis lors, Mes pas errant au service du Gouvernement, Ont porté le salut fraternel De l’orient à l’Occident, Comme cela nous est recommandé, De Kohel à Singapour Mais combien je voudrais les revoir tous Ceux de la Loge-Mère, là-bas !
Comme je voudrais les revoir, Mes frères noirs et bruns, Et sentir le parfum des cigares indigènes Pendant que circule l’allumeur, Et que le vieux limonadier Ronfle sur le plancher de l’office. Et me retrouver parfait Maçon Une fois encore dans ma Loge d’autrefois.
Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam ». Dedans c’était : » Mon frère « , et c’était très bien ainsi. Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre. Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas !
Poème : Le Palais
Quand j’étais Roi, et Maçon – un maître prouvé et habile, Je me dégageai un emplacement pour élever un Palais, Tel qu’un Roi se doit de construire. Je décidai, et fis creuser selon mes propres instructions. Et juste là, au dessous du limon, j’atteignis Les restes d’un Palais que jadis Tel un Roi, un autre avait fait bâtir.
Il n’avait aucune valeur dans la façon, Et aucune intelligence dans le Plan. Cà et là, ses fondations ruinées couraient au hasard : Maçonnerie grossière, maladroite. Cependant, gravé sur chaque pierre on lisait : » Après moi viendra un autre Bâtisseur ; Dites-lui qu’un jour, j’ai su, moi aussi ! »
M’en servant rapidement pour mes propres tranchées, Où mes fondations, bien conçues elles ! s’élevaient, J’ai placé ses pierres taillées et ses pierres d’angle, Les retaillant et les ajustant à ma façon. De ses plus beaux marbres j’ai fait moudre de la chaux Que j’ai brûlée, éteinte, puis étendue. Et j’ai pris ou délaissé, selon mon bon plaisir, Les cadeaux posthumes de cette humble dépouille.
Pourtant, je n’ai éprouvé ni mépris, ni gloire, Et comme nous les arrachions et les dispersions, J’ai lu dans ces fondations rasées, Au fond du cœur et de l’âme de leur bâtisseur. Pareillement, en son temps il s’était élevé Et avait plaidé et défendu sa cause. Pareillement j’ai compris La forme du rêve qu’il avait poursuivi, En face de l’œuvre qu’il avait réalisée.
Quand j’étais Roi, et Maçon Dans le plein zénith de ma vanité, Ils m’envoyèrent une Parole du fond des ténèbres. A voix basse, et me prenant à part Ils m’ont dit : La fin ultime des choses t’est interdite. Ils m’ont dit : Tu as maintenant joué tout ton rôle. Et ton Palais deviendra comme celui de l’autre, Des décombres dont un roi à son tour, usera pour bâtir.
J’ai dis à mes ouvriers de quitter mes tranchées, Mes carrières, et mes quais, et de laisser là Leurs ciseaux qui travaillaient la pierre. Tout mon ouvrage, je l’ai abandonné et confié au destin De ces années qui n’ont plus foi en l’avenir; Seulement, j’ai gravé sur les madriers, Seulement, j’ai gravé sur la pierre : » Après moi viendra un autre Bâtisseur ; Dites-lui qu’un jour j’ai su, moi aussi ! « .