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14/11/23 : « Les pierres sauvages », un dîner-spectacle de la comédienne Mady à L’Ephémère (Paris)

La comédienne, metteur en scène et professeur, Mady Mantelin, engagée depuis longtemps dans l’oralité et le verbe, nous offre toute la force du texte du roman de l’architecte Fernand Pouillon* (1912-1986) « Les Pierres sauvages »**. Ce roman qui imagine le journal du maître d’œuvre de l’abbaye du Thoronet – abbaye cistercienne dans le Var, classée monument historique – est publié le 1er septembre 1964 aux éditions du Seuil et reçoit le prix des Deux Magots l’année suivante.

Mady Mantelin

Mady Mantelin, après avoir été douze ans avocate à la Cour d’Aix-en-Provence, fonde la Compagnie Théâtre à deux voix.

« Texte en scène » est un concept original développé par le Théâtre à deux voix mettant ainsi en place une forme originale de spectacle, à savoir la rencontre proposée au public se fait à partir d’une recherche littéraire et par l’offre d’un travail d’acteur sur le texte et dans l’espace.

Mady Mantelin construit elle-même ses spectacles. Elle assure la recherche et le choix littéraire, organise l’agencement cohérent des textes entre eux : extraits d’une même œuvre, ou textes d’auteurs, ou parcours d’œuvres différentes d’un même auteur.

Photo P.M. © Bibliothèque du Grand Orient de France.

La pierre ne joue-t-elle pas un rôle central dans l’art royal ? La franc-maçonnerie n’est-elle pas fondée sur la construction et son symbolisme ? Et le maçon se doit de tailler sa pierre… brute tout d’abord, véritable image de l’être humain travaillant sur lui-même afin de se perfectionner.

Alors, que dire des pierres sauvages…

C’est pourquoi nous vous attendons nombreux pour entendre ce magnifique texte de Fernand Pouillon et soutenir Mady Mantelin. Une belle soirée en perspective !

*Fernand Pouillon, né le 14 mai 1912 à Cancon (Lot-et-Garonne) et mort au château de Belcastel (Aveyron) le 24 juillet 1986, est un architecte et urbaniste français.

Fernand Pouillon.

Admirateur d’Auguste Perret, il fut l’un des grands bâtisseurs des années de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale en France.

Résidence Salmson – Le Point du Jour– Boulogne-Billancourt.

Il a réalisé de nombreux équipements et bâtiments publics à Marseille, Aix-en-Provence, en région parisienne, en Algérie ainsi qu’en Iran. Ses réalisations se caractérisent par une insertion dans le site, un équilibre des masses né de proportions harmoniques rigoureuses, des matériaux nobles — y compris dans le logement social — et la collaboration d’artistes sculpteurs, céramistes, paysagistes.

**Dans son roman Les Pierres sauvages paru au Seuil, Fernand Pouillon imagine le journal du maître d’œuvre de l’abbaye du Thoronet. Présentation de l’éditeur : « Les formes, les volumes, les poids, les résistances, les poussées, les flèches, l’équilibre, le mouvement, les lignes, les charges et les surcharges, l’humidité, la sécheresse, la chaleur et le froid, les sons, la lumière, l’ombre et la pénombre, les sens, la terre, l’eau et l’air, enfin tous les matériaux sont, tous et toutes, contenus dans la fonction souveraine, dans l’unique cerveau de l’homme ordinaire qui bâtit. Cet homme sera tout : argile et sable, pierre et bois, fer et bronze. Il s’intégrera, s’identifiera à tous les matériaux, à tous les éléments, à toutes les forces apparentes et internes. Ainsi, il les portera, les évaluera, les auscultera, les verra avec son âme comme s’il les tenait dans ses mains. » © Le Seuil

Infos pratiques : Mardi 14 novembre à 19h

Restaurant L’Éphémère 228 avenue du Maine Paris 14 – Métro Aleésia

Dîner-spectacle ; Texte en scène – Conception et direction artistique Mady Mantelin

Deux formules proposées : Entrée 10 €, dîner carte à partir de 17 €

Réservation conseillée : contact letheatreadeuxvoix@gmail.com/Tel. 06 62 60 84 18 Website https://theatreadeuxvoix.org/

Le secret de la tour Eiffel (2/2)

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(Tiré de l’ouvrage : Au cœur de la Franc-maçonnerie « Huit récits contemporains » Éditions NumérilivreDécouvrir l’Article 1/2)

Reprise de la conversation avec Mathilde, par téléphone, en soirée, huit jours après notre rencontre. J’ai devant les yeux le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, que je me suis acheté. Il est ouvert au mot « Rites ». Je suis affolée, je compte vingt pages sur ce mot ! Je me lance, un peu contractée quand même :

  • Il y a donc plusieurs rites en franc-maçonnerie…

Mathilde qui m’entend feuilleter mon gros livre et sent mon inquiétude, éclate de rire :

-Et il y a autant de franc-maçonneries que de rites ! Allez Camille, ne vous tracassez pas avec cette question pour l’instant. Retenez seulement qu’au XXIème siècle, il existe une dizaine de grandes obédiences en France, et selon l’historique et les options de ces organisations, quatre rites principaux y sont pratiqués : le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Rite Emulation, le Rite Français et, pour ce qui me concerne, le Rite de Memphis-Misraïm. On verra ça en détail !

 Je vous précise que Misraïm veut dire Egypte en Hébreu. Et pour vous qui êtes passionnée d’histoire, j’ajoute que ce Rite de Memphis-Misraïm n’est pas tout à fait une pure création française, en vérité. En effet, les soldats de Bonaparte en question ont découvert au Caire, une minorité religieuse venue du Liban, « Les Druzes ». Une sorte d’antique « maçonnerie » pratiquant les rites hermétiques de ces grands « emprunteurs » qu’étaient les Templiers bâtisseurs, et qui, cinq cents ans plus tôt, sont passés par l’Egypte, au retour des Croisades ! Une fois démobilisés, ces fidèles bonapartistes se sont appuyés sur ces coutumes initiatiques très anciennes pour lancer leur nouveau rite. La méditerranée est un petit monde, finalement…

-En somme, les templiers étaient à la fois des « récolteurs » et des « semeurs » !

-Des « essaimeurs » même, pour reprendre une autre image, avec un jeu de mot. Comme les essaims d’abeilles quittant une ruche pour un autre abri, ces templiers n’ont cessé de se déplacer et de se regrouper dans le bassin méditerranéen, de commanderies en abbayes et en sites divers, pour importer et exporter des « façons de vivre », des cultes et des cultures. C’est le principe même des obédiences qui se sont multipliées et se multiplient encore de nos jours, par segmentation.

-Est-ce qu’on peut dire par là que les Templiers sont les « inventeurs » du concept de loges maçonniques ?

-Ils ont pu y contribuer en tout cas, puisqu’en revenant des Croisades, ils sont montés jusqu’en Ecosse et que le système des loges de chantiers s’y est imposé avec le début de la construction des cathédrales, à laquelle ils auraient participé. Lorsque l’Ordre des Templiers a été dissous, au XIVème siècle, est né en France le Compagnonnage, avec tous ses corps de métiers du bâtiment, sur le principe de déplacements des ouvriers de villes en villes. Il a été avancé par plusieurs historiens que les templiers en sont les créateurs. Mais puisque la transmission orale était la règle des confréries médiévales, rien ne peut vraiment être affirmé aujourd’hui, précisément, par manque documentaire !

-Il y a donc beaucoup de mythes et de légendes autour de la construction des grands édifices et dans l’histoire maçonnique !

-C’est ce qui en fait le charme et l’intérêt, car on sait que l’homme a besoin des métaphores conséquentes, pour se construire lui-même, donc pour produire du sens, en donner à sa vie et à celle des autres. Le but même de la franc-maçonnerie « spéculative » actuelle !

-Ce qui n’est pas une légende, et si je comprends bien, c’est qu’il a existé une maçonnerie « opérative », celle des bâtisseurs de cathédrales, et qu’il existe maintenant la « spéculative », cette maçonnerie de réflexion dont vous me parlez maintenant…

-…Oui, Camille, je vois que vous possédez déjà une belle culture maçonnique, bravo ! Ce sont les historiens qui ont fait cette distinction. Quand la construction des grands édifices religieux à cessé en Europe et en France, au XVIIIème siècle, beaucoup des ouvriers de ces chantiers se sont reconvertis dans le Compagnonnage, qui lui a perduré, au service d’entreprises privées. C’est la religion, et en l’occurrence le protestantisme, qui a imaginé en Angleterre, une nouvelle maçonnerie, je dirais « intellectuelle », à partir de la symbolique des outils du bâtiment. On a vu fleurir alors des loges composées d’architectes, de banquiers, d‘hommes d’églises, de médecins, d’occultistes aussi. Autant de gens qui ont participé à l’élaboration d’un rite maçonnique anglais…

-Et en France ?

-Cette maçonnerie a traversé la Manche en 1725, et elle s’est d’abord fortement imprégnée de catholicisme au nord de la Loire, puis à l’inverse, de principes laïques purs et durs, après la Déclaration des Droits de l’Homme. D’où une succession d’obédiences et de rites ensuite sur tout le territoire. Et bien entendu, une opposition avec l’Eglise catholique, qui n’est pas encore vraiment apaisée aujourd’hui.

-En résumé, il y a donc eu en France une double pénétration de la franc-maçonnerie. Au début du 18ème siècle, par le nord, avec le rite anglais francisé et cent ans après, par le sud, avec le rite égyptien, aménagé lui aussi, à la française !

-Que l’on a d’ailleurs appelé à sa naissance, « le rite templier », on y revient ! En fait, il s’agissait pour les deux frères Bédarride, concepteurs du rite et anciens soldats méridionaux de Bonaparte devenu Napoléon, de contrer malicieusement à leur façon « l’Art Royal » de ces anglais, restés ennemis dans leur tête de militaires. Avec une maçonnerie à coloration égyptienne certes, mais bel et bien née en France ! Tout cela, c’est du passé et depuis le nouveau millénaire, la Grande Loge Symbolique de France a unifié les rites Memphis et Misraïm, avec ses spécificités, mais dans le cadre reconnu de la maçonnerie française et de ses diverses obédiences ! Mais au fait, Camille, il n’y a que moi qui parle, il faudra que vous me parliez à votre tour de votre métier de journaliste ! D’ailleurs, la lumière, l’écriture et la franc-maçonnerie, ça crée des liens, non ? Et si on se tutoyait toutes les deux, qu’est-ce que vous en pensez ?!

– Oh ! avec grand plaisir, Mathilde, soyons simples…si tu veux bien, j’ai l’impression qu’on se connaît depuis très longtemps ! Merci pour ce cours d’histoire maçonnique.

– Ah ! on m’appelle sur mon portable… Je te quitte Camille !

Je suis initiée à la Grande Loge Symbolique de France, depuis trois ans maintenant. J’appartiens à l’un des ateliers mixtes de cette obédience, « Les Jardins du Nil », situé dans le 14ème arrondissement de Paris. Hubert – avec qui j’ai beaucoup échangé sur l’Egypte depuis que je le connais ! – et Mathilde, en sont encore respectivement Vénérable Maître et première surveillante. Ils vont descendre de charge dans un mois, juste après mon élévation à la maîtrise, si je suis acceptée à ce degré. Et je regrette déjà qu’ils quittent leur « plateau ».

Ce soir, revêtue comme à chaque tenue de mon aube blanche, et assise parmi mes sœurs et de mes frères – eux en costume sombre et nœud papillon – je laisse courir mon regard et ma pensée…Pourquoi suis-je entrée en maçonnerie ? Cette question surgit pendant la lecture du rituel d’ouverture des travaux, dans ce lieu à la fois étrange et familier, qu’est « ma » loge, où je viens assidument tous les quinze jours. Etrange, par son décor théatro-cultuel : perpendiculaires aux murs, les deux travées de trois bancs, avec nos têtes alignées face à face ; au fond, l’imposante chaire de bois clair, surélevée et parée de deux chandeliers scintillants, où siège la Vénérable Maîtresse ; le sol parquetté et recouvert au centre d’un grand échiquier ; les murs tendus de tissu rouge, ornés d’images égyptiennes, assorties de hiéroglyphes et de lettres hébraïques, comme autant de points d’interrogation. Familier, parce que ces représentations murales des temples majestueux de Louxor et d’Assouan, ces deux grands lions dorés sur leur socle qui encadrent la porte à double battants, cet aigle vert aux ailes déployées suspendu au-dessus, qui semblent chacun observés par l’œil stylisé du Grand Architecte de l’Univers dans son triangle à l’Orient, forment un ensemble d’une somptueuse beauté. Je me sens maintenant intégrée à cette harmonie. Jusqu’à éprouver un sentiment de plénitude quand je lève les yeux vers l’arrondi du plafond étoilé, suggérant l’immensité bleu nuit du cosmos.

Seul un meuble dérange mon vécu sensoriel, l’autel des serments en plexiglas où est posé l’outillage ancestral des bâtisseurs. Je trouve que cette touche de modernité heurte le dessin classique du compas, de l’équerre et de la règle entrelacés. A moins que ce ne soit plutôt ma sensibilité qui s’en trouve heurtée ?! Plusieurs frères et sœurs partagent mon avis sur l’intrusion de la matière plastique dans la loge ! D’autres disent aussi à l’inverse, que la transparence accroche la lumière et accentue la beauté et le mystère des symboles en présence. Il n’y a pas de définition, encore moins de vérité en matière d’esthétique ! Quoi qu’il en soit de ce détail, je quitte toujours la loge, à la fois sereine et tonifiée, avec une sensation de plaisir, depuis ce premier soir mémorable, où j’ai été initiée.

Je suis entrée en maçonnerie, bien sûr conquise par le « discours » chaleureux de Mathilde, auquel s’est ajusté celui d’Hubert, tout aussi convaincant. Et passionné ! Mais il est vrai que, avant même d’entendre leur bons développements historiques, la découverte livresque de la traversée surprenante du temps par cette institution, m’avait déjà frappée. Sans remonter jusqu’au roi Salomon, mais en partant simplement de la maçonnerie spéculative du 18ème siècle, il est à mes yeux rassurant, qu’elle perdure de la sorte depuis trois siècles ! C’est bien qu’elle apporte aux hommes et aux femmes qui la pratiquent de générations en générations, une satisfaction particulière ! Et qu’elle soit utile à la Cité.

Si je m’étais laissé influencer par les « marronniers » des hebdomadaires, présentant régulièrement la maçonnerie comme un vaste réseau affairiste, je n’y serais jamais entrée ! Ma quête n’est pas celle-là. Mon carnet d’adresses professionnelles me suffit pour exercer convenablement mon métier. Mère célibataire, je ne cherche pas non plus un mari, j’ai fait un choix dans ce domaine. Mes trois coups symboliques frappés à la porte du Temple ont été et sont toujours motivés par le besoin d’élargir mon regard et ma pensée sur le monde, en rencontrant ceux et celles des autres. Je suis comblée sur ce plan, dans une loge de quelque quarante frères et sœurs – de 30 à 80 ans passés – aux professions les plus variées et d’opinions les plus diverses. Nous n’y achetons ou vendons pas des produits, mais échangeons des idées. Afin de poursuivre notre construction interpersonnelle, pour mieux vivre, pour mieux être. Avec nous-mêmes, avec les autres.

Les phrases du rituel, égrenées par le jeu des questions-réponses de la Vénérable Maîtresse et des deux surveillants, me renvoient à mon année d’apprentissage. Je me rends compte que, très attachée par métier à l’esthétique, donc aux décors, aux gestes, aux déplacements rythmés des officiers dans la loge, j’ai d’abord mobilisé mes yeux avant mes oreilles ! Aujourd’hui, sur mon banc, je comprends mieux le rôle et le sens du rite et sa mise en œuvre par les paroles prononcées, à chaque tenue. Avec, à la fois l’apaisement que ce cérémonial procure en « dissolvant » l’agressivité venue de la Cité, et l’effet-miroir de la symbolique des outils qui m’a engagé à la rencontre de moi-même. Cette auto observation, cette auto-analyse plus précisément, je l’ai poursuivie au degré de compagnonne. Depuis deux ans, j’ai réussi à prendre un peu plus de distance avec les choses de la vie, en fait à canaliser mon énergie, à hiérarchiser mes activités, et aussi à distinguer l’essentiel du superflu, si présent dans mon secteur journalistique. Pour enfin, me recentrer et éprouver le « bonheur d’être », au monde et dans la société des hommes, alors que les jours passent si vite… Regarder la Seine couler au Pont Mirabeau, mieux que la voir ; écouter un concerto de Mozart chez moi, mieux que l’entendre en voiture ; déguster une pêche au marché, plutôt que la dévorer ; sentir une rose dans le parc Citroën, au lieu de la respirer ; caresser la tête de mon chat au lieu de l’effleurer distraitement. Autant de gestes simples, naïfs sans doute, que je me surprends…à réapprendre au quotidien. J’ai réveillé mes cinq sens, et commencé en même temps, si je puis dire, une rééducation philosophique au siècle de la vitesse, de l’urgence, des gens pressés – dont je fais encore partie – en dehors du temple ! Certes, je ne suis pas devenue philosophe pour autant. Grâce à la maçonnerie, je viens de redécouvrir les penseurs antiques, qui avaient tout compris de l’existence, il y a deux mille cinq cents ans. Il me faut trouver le temps de les lire !

 Je n’y avais jamais pensé. Pour Mathilde, la Tour Eiffel – dont elle m’a déjà parlée sur le plan technique – est bel et bien une Pyramide moderne, de fer et de lumières ! C’est au cours d’une réunion dinatoire d’apprentis, à son domicile, à Puteaux, qu’elle nous en a dit davantage et expliqué la symbolique. Car il existe une symbolique de la Tour Eiffel ! Première nouvelle pour moi et mes deux « collègues » d’initiation, Candice et Thomas !

Je savais pour ma part que cette « dame de fer », inaugurée à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889, commémorait en même temps le premier centenaire de la Révolution française de 1789. Mais ce que j’ignorais, c’est que sa construction avait été suggérée à Gustave Eiffel, par deux de ses ingénieurs, francs-maçons. Et que le projet de ce pylône insolite de quelque 1000 pieds a remporté le concours ouvert par la Ville de Paris, devant plus de 700 maquettes de monuments en pierre, aux formes les plus baroques. Construite en 26 mois par deux cent compagnons charpentiers du fer, elle ne cesse depuis 120 ans de bénéficier des avancées technologiques. Et les centaines de visiteurs qui empruntent chaque jour ses ascenseurs informatisés, ignorent sans doute pour la plupart, les évocations maçonniques de la Tour. Elles sont exposées aux yeux de tous, et en même temps invisibles pour les non-avertis…Le secret de la Tour Eiffel !

Mathilde, « ingénieur lumière », nous a éclairés ce soir-là, au moment du dessert :

– La Tour Eiffel contient 7 symboles maçonniques, voulus par ses concepteurs ! D’abord, 4 symboles géométriques, par sa forme même. Elle peut en effet être vue à la fois comme une pyramide stylisée, une colonne avec son long col, un fil à plomb inversé et un delta lumineux à son sommet.

-« Delta lumineux ?…

-Oui, Candice, le triangle au-dessus de la chaire du Vénérable Maître, en loge…

-Ensuite, la Tour Eiffel comporte 3 symboles figuratifs, avec ses 3 plates-formes. Elles représentent les 3 degrés de la progression maçonnique. Apprenti, Compagnon, Maître.

– Tu peux nous en dire plus ?!

– Thomas, le premier étage, c’est l’homme en devenir que figure l’apprenti. Comme un jeune enfant, il n’a monté que quelques marches, il est encore près du sol, si je puis dire, et ne voit pas très loin devant lui ! Le deuxième étage symbolise, l’adolescent, le compagnon qui commence à s’élever et découvre l’horizon. Il va pouvoir se mettre en marche et voyager. Et le troisième étage, bien sûr, c’est l’homme accompli, le maître-maçon, parvenu en quelque sorte au sommet de son art. Il prend conscience, avec le phare tournant au-dessus de lui, de son rôle « d’éclaireur du monde » !

-Mais, Mathilde, est-ce que la Tour Eiffel, vue comme métaphore des trois premiers degrés maçonniques, n’est pas à même de donner aussi une image de l’homme vaniteux, celui qui veut toujours monter plus haut ?…

-Non, Camille, là tu confonds avec la symbolique de la Tour de Babel, construite par des mégalomanes qui voulaient atteindre le ciel et égaler Dieu !! Ce que tu oublies avec la représentation de la Tour Eiffel, c’est qu’une fois arrivé au sommet, il faut redescendre ! Et la descente, si tu prends les escaliers, marche par marche, vers la terre ferme, n’est-ce pas l’expression de l’humilité même ?! D’ailleurs, de « humus », la terre, vient le mot « humilité » … Humus, homme, humilité !

C’est après cette « révélation » que Mathilde nous a proposé à chacun un exercice tant pratique que symbolique, en trois séquences distinctes, pour accompagner et illustrer notre progression maçonnique individuelle : monter seul au premier étage de la Tour Eiffel, dans l’année de notre initiation, puis au second, le degré de compagnon acquis. Et enfin, atteindre le 3ème étage, une fois élevé à la maîtrise. Nous nous engageons à ce protocole original. J’ai effectué pour ce qui me concerne les deux premiers « voyages », dans les conditions requises d’application et de réflexion. Avec, sur la première et large plate-forme, le ressenti d’une évidente prise d’altitude mais aussi, en levant les yeux vers les impressionnantes poutrelles métalliques, la conscience d’un long travail à accomplir pour atteindre la cime ! Et avec au second étage, ce jour brumeux d’avril, la sensation d’avoir progressé, mêlée d’une envie bien consciente de percer la couche de nuages. Pour aller plus loin. Plus haut !

Mais il faut prendre le temps des choses et faire les choses en leur temps ! Mon horloge interne, emballée par les exigences du monde de la presse – au double sens du terme ! – a réappris la patience depuis ma première initiation. En présence permanente dans la loge de la règle à 24 divisions, outil et symbole basique offert à ma vue, j’ai progressivement réenregistré que les journées n’ont que 24 heures ! Ma fille, qui me retrouve plus souvent pour partager nos repas et aller avec moi au cinéma, apprécie les bienfaits de ma rééducation par la méthode symbolique !

Après avoir porté un an le tablier de toile écrue et à bavette relevée de l’apprentie, puis deux ans celui de compagnonne avec bavette rabattue, je viens de recevoir le tablier de cuir blanc bordé de rouge de maître-maçonne, avec le baudrier bleu correspondant. Troisième initiation, troisième tenue solennelle qui a réuni à nouveau tous les frères en costume noir, toutes les sœurs en aube blanche, autour des trois récipiendaires, Candice, Thomas, Camille…Une cérémonie saisissante à la fois par le décor de la loge aux murs tendus de noir, et le psychodrame qui s’y joue au 3ème degré du Rite de Memphis-Misraïm : dans le temple en construction du Roi Salomon, son fidèle architecte Hiram est assassiné par trois compagnons tricheurs, en quête d’une qualification supérieure imméritée. Ils symbolisent l’ignorance, le fanatisme, l’ambition démesurée, les trois vices combattus par tous les francs-maçons du monde.

 Pour la troisième fois, notre Vénérable Maître Hubert a posé sur ma tête et mes épaules, la lame de son épée me consacrant au 3ème degré du Rite de Memphis-Misraïm. Une initiation ne se raconte pas, elle se vit. Comme mon frère, comme ma sœur, initiés avec moi, j’ai « intériorisé » symboliquement Hiram, censé renaître en moi, avec ses valeurs d’amour et de courage. Eternel thème de la mort et de la renaissance, propre à la nature. Et à toute initiation depuis les premiers rituels humains.

J’ai honoré ma promesse à Mathilde. Avec une petite entorse au contrat, j’ai emmené ma fille avec moi. En tant que maître-maçonne, parvenue à ce 3ème degré du Rite, je suis ce dimanche après-midi de septembre sur la 3ème plate-forme de la Tour Eiffel. A 320 mètres du sol ! Pendant que Lauriane, l’œil rivé à l’une des longues-vues de service, cherche à repérer notre immeuble, je tourne en rond avec les touristes le long du bastingage grillagé. Soleil radieux, ciel d’azur, pas un nuage, juste quelques rafales de vent. La Seine serpente à perte de vue vers la Normandie, entre les larges semis de maisons miniatures et les grands damiers de champs verts et jaunes. Aujourd’hui, elle charrie de l’or en fusion. L’horizon bleuté, au-delà des Tours de la Défense, semble ceinturé par une forêt circulaire vaporeuse. Prendre de la hauteur, je ressens bien l’expression, jusqu’au vertige même ! Changer le monde, travailler au progrès de l’humanité, est-ce possible pour la petite bonne femme que je suis ?! Je me sens si minuscule au-dessus de cette gigantesque carte routière déroulée devant moi….

J’ai l’impression de déambuler dans la nacelle d’un ballon arrêté en plein ciel. Au centre de la plate-forme, un bureau vitré reconstitué, genre Musée Grévin suspendu, stoppe ma promenade. Gustave Eiffel, assis derrière une table à dessin, converse avec sa fille Claire et l’ingénieur américain Thomas Edison, venu lui offrir un phonographe, me dit une affichette détaillée. Sa lecture et mon imagination aidant, ces personnages de cire s’animent sous mes yeux…

…Nous sommes le 6 mai 1899, date de l’inauguration de l’Exposition Universelle. Sur la flèche de la Tour, qui ne s’appelle pas encore Eiffel, est hissé le drapeau tricolore. Je lève les yeux. Le Ministre du Commerce, le franc-maçon Edouard Lockroy, entre dans le bureau pour féliciter Gustave Eiffel et son équipe d’ingénieurs et d’ouvriers. Thomas Edison pose un disque sur le phonographe et tourne la manivelle. La Marseillaise retentit, pour célébrer le prestigieux monument de fer étincelant de tous ses rivets, et le centenaire de la Révolution Française…

-Camomille !

Ce cri joyeux qui éclate dans mon dos, à la fois me crispe et me sort de ma rêverie éveillée. Qui m’interpelle ainsi, en haut de la Tour Eiffel ?! Je me retourne, presqu’en colère et je reconnais immédiatement sa chevelure rousse bouclée.

Clovis ! Ça alors ! Qu’est-ce que tu fais ici ?

– Même question pour toi ! Moi, je prépare un rallye pédestre pour une association et je cherche des énigmes. Il y a plein de symboles sur cette Tour, tu sais ! Je n’y étais pas remonté depuis mon enfance…

– Depuis qu’on y est venus ensemble, avec l’école ?!

– ça se pourrait bien ! Dis-donc, on va fêter çà, je t’invite à prendre un pot, dès que nous serons à terre !

– D’accord, Clovis, à condition que tu m’appelles Camille et qu’on récupère ma fille. Tiens, la voilà ! Et aussi qu’on redescende à pied ! Je t’expliquerai pourquoi !  J’y pense, un de ces jours, il faudra que j’organise un défilé de mode dans le salon du Ier étage de cette Tour Eiffel…

Le Dessin de… Jissey « BD et maçonnerie »

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Le dernier ASTERIX serait-il maçonnique, en valorisant les symboles et en référant au développement personnel ? C’est ce que suggère, peut-être, l’article récent de Yonnel Ghernaouti.

Jissey, quant à lui, s’interroge sur les confusions orales que pourrait faire un « profane » interrogé sous le bandeau. Des CONTES aux MYTHES …. comme par exemple sur la création historique de la Franc-Maçonnerie, rien n’empêche les confusions. Il est vrai que certaines questions peuvent aussi, parfois, friser l’énigme intellectuelle voire le bizutage culturel… Soyons donc compatissants envers ceux qui acceptent d’entrer dans une démarche d’éternel apprentissage !

« Les Ordres du Mal » la nouvelle série Netflix qui fait très peur

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De notre confrère netflix-news.com – Par Simon Janvier

Il ouvrira le Festival de Sitges le 5 octobre prochain et s’annonce déjà très prometteur : le nouveau film d’horreur Paco Plaza va venir vous hanter quelques jours avant Halloween sur Netflix et ne devrait pas vous laisser indifférent (pour ne pas dire indemnes). Intitulé Les ordres du mal (ou Hermana Muerte en version originale), ce prequel de Verónica saura, en effet, vous conquérir par son atmosphère étrange et sa sombre luminosité. Alors, curieux d’en savoir plus ? On vous en dit plus dans cet article ! 

Le cinéaste connu pour avoir réalisé [REC] et Abuela nous plongera une fois de plus dans l’ univers inquiétant de Verónica, à la différence près qu’ici, l’intrigue se déroulera dans une époque plus ancienne, plus précisément dans l’Espagne d’après-guerre.

Nous y suivrons Narcisa, une jeune novice dotée de pouvoirs surnaturels alors qu’elle arrive dans un ancien couvent reconverti en école de jeunes filles pour y devenir enseignante. À mesure que les jours passent, les événements étranges et les situations de plus en plus perturbantes qui la tourmentent la poussent à dénouer le terrible écheveau de secrets qui entourent le couvent et hantent ses occupantes.

Ecrit par Jorge Guerricaechevarria (dont on a déjà pu constater le talent avec le thriller d’action Hasta el cielo disponible sur  Netflix depuis janvier), Les ordres du mal réunit au casting Aria Bedmar, Almudena Amor, Maru Valdivielso, Luisa Merelas, Chelo Vivares et  Consuelo Trujillo. La distribution est complétée par de nouveaux talents qui feront leur début  : ara Roch, Olimpia Roch, Adriana Camarena,Martina Delgado et Claudia Fernández Arroyo. 

QUAND SORT LE FILM “LES ORDRES DU MAL” SUR NETFLIX ? 

Les Ordres du mal est disponible en exclusivité sur Netflix depuis le vendredi 27 octobre 2023. 

Ces célébrités françaises qui font appel à la cartomancie et au surnaturel pour connaitre l’avenir

De notre confrère pressamedia.com

L’ésotérisme, tout comme l’art divinatoire ou la guidance, représentent des pratiques exercées par certains groupes sociaux. Ces pratiques et ses variantes se sont étendues de génération en génération, mais également de siècle en siècle, laissant l’opportunité désormais à toutes personnes d’apprendre.

Même si la pratique de l’ésotérisme, la voyance, peuvent toujours être perçues d’un avis mitigé, les langues se délient à propos des pratiques occultes. Vous serez d’ailleurs surpris de découvrir certaines des personnalités publiques et des stars qui ne se cachent plus de s’intéresser à la voyance et aux tarots.

Virginie Despentes ne se définit que par guidance et lecture de tarot

Virginie Despentes en mars 2012, à l’avant-première du film Bye Bye Blondie.

Virginie Despentes (de son vrai nom Virginie Daget) est une grande fan de voyance et de guidance par les cartes, aussi bien de tarot ou d’oracle. Devenue célèbre pour ses différentes œuvres littéraires et leurs adaptations cinématographiques, il était un peu difficile de faire le rapprochement entre la réalisatrice et l’univers de la cartomancie ou encore de l’ésotérisme.

L’auteur et réalisatrice a reçu d’ailleurs de nombreuses distinctions pour ces différents romans, nouvelles, essais et autobiographies. En 1998, elle décroche le Prix de Flore, ainsi que le Prix Saint-Valentin l’année d’après, en 1999. Virginie Despentes est ensuite distinguée pour le Prix Renaudot en 2010, le Prix La Coupole en 2015 et le Prix de la BNF en 2019.

La célébrité a confié que son intérêt pour la cartomancie l’aura par ailleurs poussé à créer son propre jeu de cartes pour faire de la guidance par l’oracle. Ainsi, après plusieurs best-sellers, la réalisatrice Virginie Despentes a publié son tout premier Oracle Rock.

Les stars et les artistes sont très habituellement des personnes éveillées aux arts divinatoires d’où ils peuvent puiser de puissantes inspirations. Virginie Despentes affirme avoir depuis toujours tiré les cartes et donc la création d’un oracle s’est faite instinctivement.

L’oracle Rock dont les illustrations s’inspirent de stars de la musique

L’oracle Rock de la réalisatrice Virginie Despentes reprend tout son univers et sa personnalité. Sa plume se distingue à travers les messages présents sur les cartes et les couleurs des illustrations sont majoritairement composés de rouge et de noir.

La tatoueuse et graphiste Rata a été choisie par Virginie pour collaborer avec elle sur la création de l’oracle Rock. Les jeunes femmes ont choisi de s’inspirer du traditionnel jeu de 32 cartes, présentant des stars de la musique en raison de leurs impacts significatifs.

Par exemple, la star Tina Turner est la célébrité choisie pour illustrer l’As de cœur du jeu d’oracle représentant la sérénité. Quant à la star Beyoncé, elle incarne dans l’oracle la carte du 10 de cœur dont la symbolique est la loyauté.

La star Frédérique Bel choisit ses tournages selon ce que prédisent les cartes

Frédérique Bel – Source photo IMDb

Connue pour sa prestation dans le film culte français, Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu, la star Frédérique Bel ne se cache pas de ses croyances ésotériques. La voyance et la guidance par les cartes d’oracle ou de tarot sont devenues ses grandes alliées face à certains de ses choix professionnels.

Pour dissiper ses doutes concernant un rôle ou une offre professionnelle, Frédérique Bel se fie à ce que les cartes ont à lui annoncer. Sa grande aspiration à la spiritualité lui a par exemple aidé à anticiper de longs et importants tournages à l’étranger, a-t-elle confié durant une interview.

Frédérique Bel confie également avoir grandi avec une sœur aînée medium, une sœur plus jeune qui est chamane et avec sa mère qui est guérisseuse. La guidance et la voyance à travers la lecture de tarot ou le tirage de carte sont ses dons particuliers.

La voyante des stars, Marie-Claire Estevin

Marie-Claire Estevin est la jeune femme surnommée la voyante des stars pour son aptitude à prédire l’avenir. Déjà perçue aux côtés de Gérard Depardieu, elle avait en 2012 fait des prédictions sur un avenir sombre pour la planète avec différentes guerres, crises ou accident nucléaire en France.

Marie-Claire a surtout été le conseil de stars du showbiz français, mais aussi du monde entier pour de l’hypnose, l’échange avec des défunts ou soulager des patients. Toutefois, avant de devenir la voyante des stars, elle avait acquis le surnom de diseuse de bonne aventure parce qu’elle tirait les cartes avant de faire des émissions en direct comme Radio France Toulouse. Elle finit alors cartomancienne professionnelle qui reçoit différents clients pour de la lecture de tarot ou de la guidance à travers les oracles.

Marie devient la voyante des stars françaises après les années 1990 quand elle arrive à Paris pour participer à des émissions télévisées. Son carnet d’adresses se constitue alors de célébrités à l’instar de Gérard Depardieu (comme dit plus haut), Jean Roucan, Sophie Davant ou Maïté.

Ses consultations de voyance amour gratuit sont que des guides, les clients continuent de garder leur libre arbitre. Ces derniers sont simplement éclairés sur leurs actions, afin d’améliorer ou pas le cours de leur existence.

Ces stars françaises qui se montrent transparentes sur leurs expériences surnaturelles

Le tabou autour de l’ésotérisme semble bien prendre fin avec toutes ces stars et influenceurs qui parlent ouvertement de spiritualité, rêves prémonitoires ou de guidance par les cartes.

Pascal Légitimus est le premier de cette liste à s’exprimer ouvertement sur le surnaturel. L’humoriste et scénariste né en France, connu pour son rôle dans Les Inconnus, a en effet signé la préface du livre Des célébrités face au surnaturel de Sandrine Chopin.

Cet ouvrage retrace les expériences que certaines stars françaises ont vécues et qu’elles désirent partager au reste du monde. Il s’agit notamment des célébrités à l’instar de :

  • Frank Leboeuf
  • Nathalie Marquey-Pernaut
  • Pascal Légitimus
  • Marie Fugain
  • Maurice Barthélemy
  • Anne Roumanoff
  • Mirelle Dumas
  • Patrick Chesnais
  • Marc Toesca
  • et Jean-Louis Étienne.

En conclusion, il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de célébrités françaises qui s’exercent à la lecture de tarot ou aux pratiques ésotériques. Si pour certains, il est simple d’en parler et de ne pas se cacher de cette pratique, pour d’autres stars, exposer au monde leurs croyances reste tabou.

Tout comme avec les religions, il s’agit de croyances qui peuvent faire polémique quand un contexte favorable n’est pas créé pour en parler convenablement. Particulièrement maintenant que l’ésotérisme semble être une pratique en vogue.

Le vieux maçon et la loge close

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par William Régal

Il était une fois un vieux maçon qui n’avait pas fréquenté sa loge depuis 20 ans. Un jour, il décida d’aller voir ce qu’elle était devenue en son absence. À son arrivée, il trouva des planches aux fenêtres et un cadenas sur la porte avec une pancarte indiquant « FERMÉ ».

Alors qu’il regarda ce triste bâtiment isolé, un jeune homme s’approcha et regarda avec le vieil homme.

Le vieil homme dit : J’ai été membre ici pendant de nombreuses années.

Le jeune homme répondit : J’étais le secrétaire.

Je ne comprends tout simplement pas comment cette loge a pu s’assombrir au point de fermer. J’ai payé ma capitation à vie il y a 50 ans, dit le vieil homme.

À cela, le jeune homme répondit que chaque membre de l’Atelier était également membre à vie.

Intrigué, le vieil homme dit : si tout le monde avait une adhésion à vie, que se passa-t-il ? Comment les Lumières se sont-elles éteintes ?

Le jeune homme répondit que personne n’assistait plus aux Tenues, ni ne s’impliquait.

Conclusion :

Il ne suffit pas de payer une capitation à vie, il ne suffit pas de déclarer que nous sommes maçons. Nous devons être présents, nous impliquer et demander à tous d’en faire autant.

L’histoire du vieux maçon et de la loge fermée est riche d’enseignements précieux. Il souligne qu’être membre d’une organisation, comme la maçonnerie, nécessite une participation et un engagement actifs, plutôt que de simplement être membre ou payer une Capitation. Dans tout groupe ou communauté, c’est l’engagement et l’implication de ses membres qui maintient prospère et empêche de devenir inactif ou de « sombrer ». Ce message rappelle que la véritable appartenance et la récolte des bénéfices de la Capitation découlent d’un engagement et d’une contribution actifs.

Par : FanPage franc-maçon

Le secret de la tour Eiffel (1/2)

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(Tiré de l’ouvrage : Au cœur de la Franc-maçonnerie « Huit récits contemporains » Éditions Numérilivre)

Cent vingt ans ! Elle a cent vingt ans et on ne le dirait pas ! Fièrement campée sur ses jambes, les hanches généreuses, un buste effilé qui lui donne ce légendaire port altier, reproduit en millions de photos à travers le monde, non, vraiment, elle ne fait pas son âge ! Aujourd’hui pourtant, une fois n’est pas coutume, la tour Eiffel a la tête dans les nuages, cernée d’une écharpe cotonneuse, comme si elle était grippée ! Je suis au 2ème étage de cette cathédrale d’acier, gigantesque vigie de la Capitale, un peu déçue de ne pas découvrir l’horizon circulaire habituel. Je vois seulement, en baissant la tête, le ruban d’aluminium de la Seine, qui coule en contre-bas. Et, en la relevant, les jardins gazonnés du Trocadéro, encadrés par les deux ailes blanches du Palais de Chaillot.

Ce samedi après-midi, dans la foule des parisiens et touristes qui tournent en rond sur la plate-forme pour tenter un improbable cliché, je remplis ma mission d’exploration. L’accès au 3ème étage n’est pas possible pour cause de brume, mais je n’avais pas l’intention d’y monter. Je me le suis même interdit, promesse maçonnique oblige. Je fais l’expérience, grandeur nature, de la parole donnée. Selon notre protocole, je dois envoyer un témoignage de mon passage ici, à Mathilde ma « première surveillante ». La borne Internet, près du restaurant « Le Jules Verne », tombe bien. J’envoie mon e-mail et aussi, j’en profite, une carte postale avec le tampon spécifique « Tour Eiffel/ Belle Epoque » à Lauriane, ma fille, qui en fait collection. Dernier détail de ma visite, entouré d’une rambarde au centre du palier, le « puits de vision », que j’ai failli rater. La vue plongeante sur le champ de Mars, par le grand hublot de cette cheminée évasée de treillis métalliques, est impressionnante. 120 mètres plus bas, s’agitent en tous sens les promeneurs, points minuscules au bout de mon regard, fil à plomb imaginaire. J’ai le sentiment d’observer des colonies de fourmis au microscope.

Serrés comme des sardines, l’expression convient bien au paquet de gens dans la cabine de l’ascenseur, dont je suis solidaire ! Les poutrelles d’acier entrecroisées défilent et remontent devant mes yeux : impossible de bouger, la descente ultra rapide me chahute un peu. Une sensation de plongée silencieuse dans le vide, de sol qui se dérobe, puis d’atterrissage au ralenti, 1er étage, je ferme les yeux, les rouvrent, voilà les toits de Paris. J’entrevois au loin, dans la lumière transparente d’avril, l’Arc de Triomphe et la masse verte et tremblotante du Bois de Boulogne. Rez-de-chaussée, sortie sur le terre-plein, je reprends mes aises, j’ai horreur d’être compressée. Léger vertige, je déglutis. Fin de mon rallye-promenade.

Je ne sais pourquoi mes parents m’ont appelée Camille. J’ai eu bien du mal à m’y faire, d’autant que mes camarades, filles et garçons, à Belfort, l’ont très longtemps, trop longtemps, transformé en rigolards et lancinants « Camomille ! Camomille ! dans la cour de l’école, à m’en boucher les oreilles, pendant les rondes ! Jusqu’au jour où les épreuves du Bac venues et passées, tout content de m’annoncer la bonne nouvelle avec un retentissant : « Camomille, Camomille…tu es reçue ! », Clovis, un garçon turbulent de ma classe que je connais depuis ses culottes courtes, s’est pris la gifle de sa vie ! Tout le monde m’appelle Camille depuis cet incident ! Mais je regrette encore aujourd’hui mon geste incontrôlé, de colère et de joie, bizarrement mélangés, devant le panneau d’affichage des résultats. J’espère qu’il m’a pardonné, d’autant que lui, je me souviens, n’a pas eu son diplôme, cette année-là !

Mère monoparentale, comme on dit aujourd’hui, je pratique deux métiers complémentaires : je suis journaliste indépendante depuis une quinzaine d’années, spécialisée dans la mode de luxe, à Paris, et en même temps organisatrice d’évènements professionnels pour des agences. Grâce au télétravail, je rédige mes articles chez moi – à destination des journaux et magazines qui m’emploient – tout en m’occupant de ma fille de dix ans. Lorsque je dois m’absenter une soirée pour un défilé de mode, je la confie à Nadine sa marraine, venue comme moi de Belfort et…voisine de palier, on ne peut pas mieux faire ! Nous avons eu la chance de pouvoir louer en même temps deux petits appartements, dans le XVème arrondissement, tout près de la Seine. La circulation urbaine devenue très problématique et coûteuse, j’ai supprimé la voiture, et opté pour le métro. A partir de la station Javel ou Charles Michels, je suis sur les Champs-Elysées, au Palais Royal ou rue Saint-Honoré – mes lieux opérationnels – en moins d’une demi-heure. Et maintenant, je suis toujours exacte à mes rendez-vous. Fini le stress ! En plus, sous terre, j’écoute mes musiques préférées sur mon « Ipod » ! Même debout, accrochée à la barre. J’oublie les gens autour. Et que je suis un peu claustrophobe…

Les quartiers de Paris sont des villages. J’apprécie beaucoup le mien, qui, avec l’avantage d’être isolé de la circulation, propose un bon choix d’activités. L’immense parc André Citroën d’abord, avec ses pelouses, ses jets d’eau, ses petits sentiers fleuris et sa grande attraction qui a accompagné l’enfance de ma fille, l’impressionnant ballon dirigeable bleu, retenu au sol par des câbles, mais qui offre aux enfants dans sa nacelle promenoir circulaire, les frissons d’un baptême de l’air ! Ses dizaines de petites boutiques rue Saint Charles, ensuite, paradis des chineurs. Ses restaurants cosmopolites enfin, qui embaument les trottoirs. Avec le Pont Mirabeau si souvent chanté, la Seine éternelle et ses rives de halage à deux pas, pour les flâneries des soirs d’été. Il suffit de s’assoir sur un banc du quai et d’attendre quelques minutes, le temps qu’une rame du métro aérien traverse le fleuve, sur le pont à étage, vers la Maison de la Radio. Dans le sillage des péniches aux ventres lourds qui rentrent au port, ne tardent pas à surgir sur fond de ciel orangé, une noria de bateaux-mouches, véritables petites villes flottantes de lumière. Et soudain, alors que les grands panneaux publicitaires commencent à clignoter un à un sur les terrasses des tours du quai de Grenelle, la Tour Eiffel s’embrase à son tour, en arrière-plan. Un scintillement doré de quelque 20 000 ampoules, la transforme en un gigantesque arbre de noël, la nuit venue ! A l’assaut du ciel, mais aussi de la terre, puisque les deux faisceaux lumineux du phare qui culmine l’ouvrage, portent à 80 kilomètres à la ronde. Je suis voisine de cette Tour et pourtant je la connaissais bien mal !

C’est Mathilde qui me l’a fait découvrir, de l’extérieur et de l’intérieur, chiffres à l’appui. Elle est devenue pour moi, une véritable « femme de lumière ». Je l’ai rencontrée il y a trois ans, sur une péniche-salon où j’organisais un défilé de mannequins pour un couturier-parfumeur, devant une centaine de journalistes de mode. Au pied de la Tour Eiffel, précisément. Mathilde assurait avec virtuosité les lumières de la manifestation, et lors du cocktail qui, c’est le cas de le dire, nous a mis en contact et elle m’a vraiment éclairée sur sa profession, au gré des petits fours !! L’expression lumineuse, ne se résume pas à des branchements de prises électriques. Par ses couleurs, ses nuances, ses formes, ses directions, ses oppositions, la lumière, interprétée par l’éclairagiste, est à la fois langage et écriture, qui accompagnent et valorisent un évènement, en l’occurrence une présentation de vêtements, portés par des femmes et des hommes superbes. La lumière est aussi une belle occasion d’échanges, puisque, par associations d’idées, de l’électricité, nous sommes directement arrivées à la mythologie grecque avec Electre, bien sûr. Puis aux pierres précieuses avec Elektron, l’ambre jaune, qui, chargée d’énergie dit-on, étincelle du bel éclat solaire, d’où le mot « électricité » tire son origine. Nous avons même évoqué les constructions métaphoriques, tel le Complexe d’Electre, qui, selon le psychanalyste Jung, serait à la fille, ce qu’est pour son confrère Freud, le Complexe d’Œdipe au garçon. Et enfin, le physicien Newton et ses travaux sur le rayon lumineux ! Energie, mythes, légendes, pierres, constructions, symboles, lumière…Une brillante et enrichissante soirée, vraiment inattendue, au cours de laquelle, de fil en aiguille, j’ai appris que Mathilde, outre son métier d’éclairagiste, était une franc-maçonne. De 40 ans d’âge civil, et de 7 ans d’âge symbolique, m’a-t-elle indiqué, avec un grand sourire. Un mystère, parmi d’autres…à éclaircir !

J’aime bien apprendre seule. A l’école, déjà, j’avais besoin de lire et relire mes livres, d’écrire des synthèses avec mes mots, mes images, pour assimiler les cours des instituteurs, puis des professeurs. Il ne s’agissait pas de méfiance envers les enseignants, pas du tout, mais pour comprendre, il fallait que, en quelque sorte, je m’approprie d’abord le sujet !

C’est toujours le cas aujourd’hui et particulièrement pour la Franc-Maçonnerie. Mathilde, avec un merveilleux talent de conteuse, me l’a très bien présentée, comme un film. A tel point que j’ai eu envie de me « reprojeter » ce film ensuite, en l’accompagnant de lectures !

Ce que j’ai découvert avec ce flash-back et des livres, m’a curieusement conduite à un faire un parallèle avec la mode, avec les modèles que je vois défiler sur les estrades toute l’année. Une robe est le résultat, le produit, de toutes les autres robes – et de leurs influences – ayant existé auparavant. Elle est ainsi, devant mes yeux, le condensé de toute l’histoire de la couture ! Je sais, notamment comme journaliste, que celle-ci n’est pas qu’une seule industrie du paraître. Les projecteurs d’une Mathilde mettent aussi en lumière – avec le vêtement moderne donné à voir sur un mannequin qui se déplace le long d’un podium – le parcours et le discours des civilisations antérieures, en filigrane. Il y a bien défilé, en même temps, du paraître et de l’être.

Il en est de même pour la Franc-Maçonnerie, me semble-t-il. J’ai le sentiment qu’on ne peut pas bien saisir le credo de cette institution, encore moins le vivre, si l’on ne sait pas quelles fibres ont constitué les « tissus maçonniques » successifs et quels « couturiers » les ont travaillés, depuis l’origine.

« Tout part du Temple de Salomon » m’a justement dit Mathilde en préambule, sur l’air de « il était une fois… ». Cette simple phrase attestant du début d’une légende ou d’une réalité selon les historiens, a été la gâchette de ma curiosité. J’ai appuyé dessus pour en savoir davantage !

Si je prolonge ma comparaison avec la couture, le Temple de Salomon – construit en 1250 avant Jésus-Christ à la gloire divine, me dit la Bible – est donc de fait, le « patron » du modèle maçonnique et son point de départ. Encore faut-il savoir, me précise ce livre – que je n’avais jamais lu !- qu’il y a un «avant Salomon » avec les patriarches, ancêtres d’Israël, Abraham, Jacob, Moïse, les rois Saul et David. Et un « après Salomon » avec les souverains Nabuchodonosor, Cyrus, Alexandre, le général romain Pompée, Hérode son allié et enfin Pilate, le gouverneur de la Palestine. Autant d’hommes, bons et mauvais couturiers à leur manière, qui ont vêtu et dévêtu un territoire, autour de ce Temple obsédant. Un temple plusieurs fois construit, détruit et reconstruit. Mais en fin de compte toujours inachevé, et en cela même, métaphore de l’homme, tel que j’ai compris l’histoire de ce fantasmatique monument. Et tel que Mathilde me l’a laissé entendre…

…J’ai beaucoup apprécié, lorsque nous nous sommes revus autour d’un pot, qu’elle ne cherche pas à me « faire l’article » pour que j’entre en maçonnerie. « Ce n’est pas le genre de la maison !», m’a-t-elle dit, et j’ai pu vérifier ensuite la sincérité de son affirmation. Ma recherche biblique l’a toutefois bien étonné et quand je lui ai dit que j’étais en train de pousser encore plus loin mes investigations sur les origines de la franc-maçonnerie, elle a carrément été très intriguée !

Au vrai, ma passion soudaine pour l’aventure passée du bassin méditerranéen…m’a surprise moi-même. En découvrant les tribulations ce roi Salomon, à la fois sage, frivole et fervent, j’ai tiré sur un fil et je l’ai remonté pour en savoir davantage ! Apprendre ou réapprendre dans la littérature que, un millénaire plus tard, Jésus serait l’un des descendants de ce souverain, est étonnant. Tout comme mérite l’attention, à nouveau mille ans plus tard, l’épopée de cette chevalerie à Jérusalem. Qu’il s’agisse des Croisés venus défendre le tombeau du Christ, des Templiers progressivement transformés en banquiers, des Hospitaliers de l’Ordre de Malte reconvertis en policiers des mers ou des Chevaliers Teutoniques, avides de nouveaux territoires à conquérir. Tous des constructeurs d’innombrables châteaux et forteresses, tous des bienfaiteurs locaux apporteurs de savoirs et en même temps, tous des guerriers pourfendeurs de Sarrazins ! Le pansement et la truelle dans une main pour soigner et « civiliser », l’épée dans l’autre pour tuer les soi-disant « infidèles ». Le bien et le mal, qui peuvent si facilement se substituer l’un à l’autre selon les cultures, forment un curieux attelage depuis longtemps. Et l’homo sapiens, son cocher, est un être plus curieux encore. Une énigme supplémentaire à élucider, certainement la plus troublante : celle de l’âme humaine !

Je l’ai remarqué, il suffit que je m’intéresse à un sujet en particulier, pour qu’il surgisse souvent dans mon quotidien, sous diverses formes. Au moment même où je veux aller plus loin que le Temple de Salomon, pour mieux comprendre la Franc-Maçonnerie, la presse magazine, comme par hasard, publie une suite de dossiers. C’était ainsi avant la fin du XXème siècle, ça continue au XXIème : il n’est pas un mois de ces années 2000, sans que mes confrères ou consœurs journalistes relatent l’actualité de cette vieille dame turbulente. Comme la Tour Eiffel, la Franc-Maçonnerie traverse le temps ! Mais je l’avoue, auparavant, je n’allais pas plus loin qu’un coup d’œil aux titres accrocheurs et récurrents des couvertures de ces magazines. Ma vision a changé depuis que j’ai rencontré Mathilde. J’ai envie de savoir.

Entendons-nous, que tel ou tel homme politique soit membre d’une loge et « fasse trois pages » dans un hebdomadaire ne m’intéresse guère. Les « marronniers », très peu pour moi ! En revanche, puisque par métier, je peux avoir accès à des supports variés, il me plaît de tomber sur celui qui présente à point nommé, un dossier sur la genèse maçonnique, mon interrogation du moment !

Et justement, j’y retrouve cette chevalerie conquérante, de retour vers l’occident, dans les années 1200, après ses huit croisades, étalées sur plus d’un siècle. Je savais par mes souvenirs scolaires que ces chevaliers étaient guidés par la foi mais je ne me souvenais plus de leur déisme, si je puis dire, à géométrie variable ! Partis en Terre sainte, avec une croyance au Dieu des chrétiens, farouchement ancrée, nombreux en reviennent avec des cultes et philosophies supplémentaires en tête ! A preuve, ceux qui, faisant un détour par l’Iran, la Grèce et l’Egypte, regagnent l’Europe fascinés par Mithra, le dieu des astres, envoûtés par les mystères initiatiques d’Eleusis ou émerveillés par le symbolisme de mort et de renaissance, consacré à la déesse Osiris. Ce sont aussi les chevaliers, seigneurs d’Occitanie, qui en passant par la Bulgarie, se convertissent au manichéisme, une religion d’origine perse. Prise dans leurs bagages, elle changera de nom, en arrivant aux alentours d’Albi, pour s’appeler le catharisme. Un culte qui considère que le corps, réalité mortelle, représente le mal, et que l’esprit entité éternelle, symbolise le bien, ne peut que séduire des chevaliers, récemment porteurs de la truelle et de l’épée ! Il séduira aussi une partie importante de la population languedocienne. L’aventure cathariste se terminera mal pourtant, avec la réaction jalouse et violente de l’Eglise catholique. Fidèle à sa cause exclusive, le chevalier Simon de Montfort, conduira aux bûchers de l’Inquisition des milliers de cathares, autour de Carcassonne en 1215. Et les derniers, avec parmi eux des chevaliers catharistes, périront également dans les flammes, sur le piton rocheux du château de Montségur, en 1244. La même année, les Turcs du Sultan Saladin chasse tous les chevaliers de Jérusalem. Cinquante ans plus tard, les Templiers n’ont de rapport avec Salomon que leur nom. Et une triste fin s’annonce pour eux : alors qu’ils ont construit plus de 10 000 commanderies en méditerranée et son pourtour, dont 2000 en France, alors qu’ils ont introduit le commerce bancaire en Europe à leur retour, ils sont pourchassés en France par Philippe le Bel pour hérésie et pratique d’un improbable culte idolâtre. Et leur chef, Jacques de Molay, est brûlé vif à Paris, en 1307.

J’ignorais que les biens des Templiers avaient été offerts à leurs rivaux, les Chevaliers de Malte. Ceux-ci poursuivent aujourd’hui une belle œuvre humanitaire mondiale. Rien ne se perd, tout se transforme. Avant, pendant et après les Croisades, la chevalerie a produit à la fois un modèle économique prospère « d’autogestion » avec lesdites commanderies, en Europe comme en Orient. Elle a aussi fourni une symbolique très riche, notamment à la franc-maçonnerie, mais, malheureusement en faisant payer à l’adversaire et en payant elle-même le prix fort en capital humain, au nom de croyances différentes ! C’est la conclusion de l’article.

Au total, que penser des Croisades : Est-ce qu’occident et orient ne poursuivent pas aujourd’hui cette interminable guerre de religions, commencée il y a un millénaire, au nom du tombeau du Christ ? Il faudra que j’en discute avec Mathilde, qui connaît bien le sujet !

Que dit-on sur Internet ? Je tape « Croisades » dans « Google » : j’y retrouve les pages oubliées, et enrichies, de mon livre d’histoire de France. Il me revient en lisant sur l’écran que pendant cette turbulente guerrière qui a agité le bassin méditerranéen au Moyen Âge, les échanges commerciaux, intellectuels et techniques, n’ont jamais cessé entre le nord et le sud. La chevalerie a exporté en Judée du cuir et des céréales, des coutumes et des savoir-faire. Des armes, aussi, lances et épées, fléaux à manches, ces boules de fer à chaînes hérissés de pointes…que les agressés ont vite su utiliser pour fendre les armures de leurs « fournisseurs » et, en même temps, assaillants européens. La guerre, cette monstruosité, serait-elle inscrite dans le programme génétique de l’homme ? !

Certains « chevaliers bâtisseurs » – qui ont finalement préféré la truelle à l’épée – sont revenus vers l’Europe avec des « tours de mains » et des secrets de construction, comme l’art des voûtes et croisées d’ogives, admiré au sommet des palais et mosquées. Sans ces procédés géométriques, véritables prouesses de l’architecture arabe, les cathédrales, construites à la même époque, ne seraient certainement pas montées si haut dans le ciel ! Ou n’auraient peut être jamais existé. Ces chevaliers paisibles ont aussi rapporté dans le fourreau de leur épée, des boutures de « la rose de Damas », qui colore et embaume depuis les jardins de France.

 Comme quoi les religions peuvent faire preuve entre elles, d’intelligence créative et de générosité. Comme quoi les choses peuvent aussi se dire avec des fleurs ! « Celui qui offre une rose, en garde le parfum sur la main », dit un proverbe arabe….

C’est décidé ! Après cette nouvelle soirée d’échanges avec Mathilde, invitée à la maison pour une dînette, je trancherai…

Lauriane, est de la fête, tout yeux, tout oreilles. Dès l’apéritif, Mathilde nous raconte son parcours, son enfance à Sceaux, ses études à l’Ecole Supérieure d’Electricité, la résistance de sa mère stupéfaite à l’idée que sa fille s’embarque dans un « métier d’homme ». Et le soutien déterminant de son père, ingénieur électricien aux « Monuments historiques », dont elle a découvert, une par une, toutes les illuminations pendant son enfance. A Paris et autour, de la Tour Eiffel au Château de Versailles ! Mathilde nous indique aussi ses difficultés, aujourd’hui surmontées, dans l’exercice d’un métier de fait longtemps considéré comme masculin. Avec, bien entendu, le machisme correspondant, dont elle sourit maintenant ! Au vrai, elle a acquis ses compétences, son expérience, « sur le tas », comme elle dit, au fil des chantiers variés et de leurs renouvellements. Grâce à l’observation des « anciens » et de leur « savoir en marche » – c’est son expression – qu’ils ont bien voulu lui offrir. « Ce n’est pas l’électricité qui est un courant, mais la vie elle-même, qui passe entre les êtres, et que nous devons, chacun, faire passer à l’autre ! Nous sommes les fils transporteurs de cette vie ! ». Au cours de la soirée, Mathilde me répète plusieurs fois cette idée de passage de témoin, de transmission. J’apprécie à nouveau sa facilité d’élocution. J’aime surtout sa foi en l’Homme, son désir de convaincre. C’est une femme sincère, à l’évidence.

Elle se considère comme une « façonnière », et cette notion de « petits secrets » et de « tours de mains », héritée du Moyen Âge est toujours très forte dans l’artisanat. Qu’il s’agisse pour elle, d’illuminer un simple bal public sur une place de village avec des ampoules multicolores ou de synchroniser les jeux d’eau d’un bassin avec musique et feux d’artifice, dans un parc de château. « Travailler la lumière est un métier d’émotions ! » me dit-elle, les yeux brillants.

– Et votre plus forte émotion dans ce métier, justement ? Sans hésiter, elle me répond :

 Il y a dix ans, devant la Pyramide de Kéops !! J’étais encore stagiaire et j’ai eu la chance de pouvoir me rendre en Egypte avec une équipe de techniciens, pour participer, que dis-je, pour aider à la réalisation d’un spectacle de « sons et lumière », pendant quinze nuits d’été. J’ai frissonné chaque soir, moi minuscule bonne femme, devant cette masse pointue, gigantesque, sculptée par les projecteurs. Sidérée, la Mathilde ! Mon petit rôle, dans la cabine vitrée blottie au pied du Sphinx, consistait à « envoyer » les commentaires enregistrés dans la cabine, aux « tops » hurlés par l’ingénieur du son, avec son casque sur la tête. Il me terrorisait. Je n’avais pourtant qu’à appuyer sur les trois touches différentes, au fur et à mesure des ordres. Un trac, je ne vous dis pas ! J’ai encore dans les oreilles le texte et la voix d’André Malraux, mettant en scène Bonaparte et ses mamelouks. Grandiose ! Je revois les jeux de lumière rasante bleue et orange, qui, l’imagination aidant, transformaient l’immense foule des spectateurs en une mer de soldats. Je sais depuis, croyez-moi, ce que veut vraiment dire le mot « pharaonique » !!

 Ainsi démarre, sous le signe de la grande Pyramide d’Egypte, une longue, très longue conversation, déterminante pour moi.

Dites-moi Mathilde, à vous écouter, votre ingénieur du son est plus impressionnant que les Pyramides. Il hurlait vraiment après vous ? »

– Après moi et les autres, mais je pense que j’étais la seule à avoir vraiment peur de lui ! C’est l’ambiance du moment qui impose ce climat, un peu comme le chef qui donne de la voix dans les cuisines d’un grand restaurant ! Hubert avait une grande responsabilité. Il était en liaison radio avec une vingtaine d’éclairagistes répartis sur le site, et tout devait fonctionner au millimètre et à la seconde, à son commandement. Mais, en dehors du boulot, où la passion l’emporte souvent, Hubert est un homme calme, charmant ! D’ailleurs, je vais tout vous dire, puisque vous en parlez, il est mon parrain maçonnique ! Eh oui, c’est lui qui m’a fait entrer en maçonnerie ! Et dans quelle obédience ? A la Grande Loge Symbolique de France ! Vous ne serez pas étonnée. C’est précisément une organisation maçonnique qui a pris cette appellation pour travailler au Rite Egyptien de Memphis-Misraïm. Mais un rite modernisé aujourd’hui, bien sûr !

-Là, je suis un peu perdue dans les coïncidences…

-Je vais vous expliquer, l’enchaînement est assez simple, en fait…Hubert est à la fois ingénieur du son et passionné d’Egyptologie, depuis son premier « son et lumière » au Caire, où il a commencé stagiaire, comme moi ! Il ne se cache pas d’être franc-maçon, donc je peux le citer. Il a été initié au Grand Orient, puis ses voyages en Egypte l’ont amené à s’intéresser à ce fameux rite égyptien, qui d’ailleurs est né… à Montauban ! Ce sont des soldats de Bonaparte, des maçons faisant partie de la Mission d’Egypte qui l’ont créé à leur retour en France, en 1815. Ils l’ont appelé le rite de Memphis, du nom de la première grande capitale d’Egypte, qui veut dire « La beauté est ici », c’est joli non ? Au fil de l’histoire, ce rite s’est associé ensuite, en 1900, avec le rite de Misraïm, fondé par les « Carbonaris », les brigades italiennes de Garibaldi !

La sonnerie de mon portable interrompt Mathilde, le dîner et arrête le film. Finie la longue conversation prévue ! Je reviens à ma réalité : une agence me propose un « son et lumière » au château de Dampierre, près de Paris. Un remplacement de collègue malade, samedi soir. On est jeudi. Je donne mon accord, mais du coup, j’ai plusieurs coups de fil à passer. Mathilde, très élégamment, me suggère que je la rappelle pour reprendre plus tard notre échange et s’en va, presque sur la pointe des pieds. Je suis à la fois gênée et très frustrée. La glace est en train de fondre dans les assiettes. Lauriane n’a pas perdu son appétit !

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« L’Iris blanc », le dernier Astérix est-il maçonnique ?

Le nouvel album d’Astérix L’Iris blanc est disponible dans toute la Gaule depuis le 26 octobre dernier.

« Le nouvel album d’Astérix s’amuse du développement personnel » titre le très sérieux site Livres Hebdo, livrant une analyse du dernier album de notre héros légendaire Astérix – un Gaulois réfractaire ? -, « L’iris blanc » avec des textes de l’auteur de bande dessinée, romancier et musicien français Fabcaro et du dessinateur et scénariste de BD Didier Conrad. Avec une mise en couleurs de Thierry Mébarki.

Un dernier opus où sont raillés, à renfort de citations des plus drôles, les théories du développement personnel…

Nous nous devons cependant de rappeler que certaines de ces pratiques de développement personnel font parfois l’objet d’articles sur le site de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES).

Examinons tout d’abord le titre L’Iris blanc

Concernant les fleurs, leurs symboliques sont variables selon les cultures.

Dans notre culture, dans notre symbolique chrétienne, la fleur exprime la joie simple ressentie par chacun devant la beauté de la nature, elle représente aussi ce qui est agréable à Dieu.

Concernant l’iris blanc, il est important de comprendre que le blanc est synonyme de pureté, de virginité, mais aussi de consolation, de joie, d’élégance, de beauté et surtout de perfection.

Quant à l’iris, sa symbolique à travers les âges et les cultures est très riche et est souvent associé à la pureté, à l’innocence et à la simplicité. Il est souvent utilisé dans les bouquets de mariage pour symboliser une nouvelle vie pure et innocente.

Iris, lécythe peint en technique de Six par le Peintre de Diosphos, v. 500–490 av. J.-C., musée du Louvre.

Le nom « iris » vient du mot grec pour « arc-en-ciel » et est également associé à la déesse grecque fille de Thaumas et de l’Océanide Électre Iris, qui était la messagère des dieux et la liaison entre le ciel et la terre. Elle était souvent représentée comme un arc-en-ciel ou comme une jeune fille avec des ailes d’or. L’iris, en tant que fleur, est donc parfois vu comme un symbole de messages ou de communication céleste.

Par ailleurs, dans certaines cultures, l’iris est un symbole de passage, que ce soit entre la vie et la mort, ou entre différents états de conscience. L’iris blanc, avec sa symbolique de pureté, pourrait être interprété comme un signe d’espoir et de renouveau lors de ces transitions.

Sans oublier que l’iris est aussi parfois associé à la sagesse, à la foi et à la valorisation de l’amitié.

De plus, en France, le lys (souvent confondu avec l’iris) est un symbole royal. L’iris, en particulier l’iris jaune, est représenté dans la fleur de lys, le symbole bien connu de la royauté française.

Pyramide des besoins, dite pyramide de MaslowSource blog goalmap

Que dire du développement personnel

Il englobe une variété de techniques et de pratiques qui visent à améliorer la connaissance de soi, à valoriser ses talents et potentiels, à faciliter la réalisation de ses aspirations et de ses rêves, et à améliorer sa qualité de vie. Certains thèmes majeurs du développement personnel incluent : la confiance en soi, la gestion du stress, la communication efficace, la gestion du temps, l’atteinte d’objectifs, la prise de décision, etc.

C’est exactement les techniques employées et enseignées, par pensée positive, par Vicévertus, personnage incontournable de ce quantième numéro.

Rappelons-nous cette phrase, au Rite Français, prononcée par le second surveillant : « … Ni nu, ni vêtu, pour nous représenter l’état d’innocence, et pour nous rappeler que la vertu n’a pas besoin d’ornement ; dépourvu de tous métaux, parce qu’ils sont l’emblème et souvent l’occasion des vices que le Maçon doit éviter… »

Le maçon ne doit-il pas bâtir des cachots pour les vices et élever des Temples à la vertu ?

La question mérite d’être posée. Existe-t-il vraiment des rapports entre la méthode du développement personnel et la méthode maçonnique ?

La Franc-maçonnerie et le développement personnel partagent certaines similitudes, bien qu’ils soient intrinsèquement différents dans leurs approches et leurs origines.

Examinons les points de convergence

Tant la Franc-maçonnerie que le développement personnel mettent l’accent sur la croissance et l’épanouissement de l’individu. Les francs-maçons sont encouragés à travailler sur eux-mêmes, à se perfectionner moralement et intellectuellement.

Les loges inculquent des valeurs telles que la fraternité, l’intégrité, la loyauté et la recherche de la vérité. De même, de nombreuses techniques de développement personnel visent à renforcer les valeurs personnelles et à vivre en accord avec elles.

Les rituels sont couramment utilisés en Franc-maçonnerie pour transmettre des enseignements et des valeurs. De la même manière, certaines approches de développement personnel peuvent intégrer des rituels quotidiens ou des symboles pour renforcer les habitudes et les croyances positives.

Une loge au XVIIIème siècle : eau-forte, aquarelle, planche dite « Cabanon », 1745 – Musée de la franc-maçonnerie.

Un sentiment d’appartenance. En rejoignant une loge, nous appartenons à une communauté qui offre soutien et fraternité. De nombreux adeptes du développement personnel cherchent également des groupes ou des communautés partageant les mêmes idées pour le soutien et la motivation.

Examinons ensuite les points de divergences, voire les réelles différences

La Franc-maçonnerie a des origines historiques spécifiques et est structurée autour d’une tradition séculaire, tandis que le développement personnel est un champ plus moderne, influencé par divers penseurs, auteurs et mouvements.

Secret et discrétion sont à mettre au crédit de l’art royal et de sa pratique. Alors que le développement personnel et ses techniques sont généralement ouvertes et accessibles à tous.

De même que la maçonnerie opère à travers des loges formelles – ou pour certaines indépendantes pour ne pas dire sauvages – avec des structures (administratives, initiatiques) avec des hiérarchies et des grades, le développement personnel, en revanche, n’a pas de structure formelle universelle.

Similitudes donc entre la Franc-maçonnerie et le développement personnel. Certes, mais principalement autour de la croissance personnelle et des valeurs morales.

Bien évidemment que leurs méthodologies, origines et structures diffèrent. Cela dit, un maçon pourrait certainement incorporer des techniques de développement personnel dans sa propre quête d’amélioration, et inversement.

Tablier de maître du XIXe siècle. source NC.

Nous pouvons donc dire qu’une personne intéressée par le développement personnel pourrait trouver aussi des valeurs dans les enseignements maçonniques.

Dans la quête incessante de l’amélioration de soi et de la compréhension de la place de l’être humain dans l’univers, de nombreuses méthodes et philosophies ont émergé. Parmi elles, notre démarche et sa célèbre méthode maçonnique, vieille de plusieurs siècles. Si la méthode moderne du développement personnel se démarque, notons que bien que distinctes dans leur origine et leur approche, elles partagent des similitudes frappantes…

Alors, sans doute que ce dernier opus a quelque chose de maçonnique dans sa finalité.

L’Amour du prochain, avec un  »A » majuscule, visant à soulager l’autre, tous les autres, tous nos frères en Humanité.

« À quoi cela engage-t-il ? À demeurer attentif à la souffrance des hommes et à leur apporter une aide selon notre compétence. » déclare le philosophe François Chirpaz.

L’Amour du prochain donc, voilà la véritable thérapie universelle !

Astérix-L’Iris blanc, la présentation de l’éditeur

« Pour éclairer la forêt, la floraison d’un seul iris suffit ». L’Iris blanc est le nom d’une nouvelle école de pensée positive, venue de Rome qui commence à se propager dans les grandes villes, de Rome à Lutèce. César décide que cette méthode peut avoir un effet bénéfique sur les camps qui se trouvent autour du célèbre village gaulois. Mais les préceptes de cette école exercent aussi une influence sur les villageois qui croisent son chemin… Qu’est-il arrivé à notre chef Gaulois préféré et pourquoi cette mine renfrognée ? Pour suivre toutes les actualités, rendez-vous sur www.asterix.com

Le mot du dessinateur, Didier Conrad

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver nos amis gaulois et à les dessiner dans des situations inhabituelles, perturbés par les effets d’une nouvelle méthode de pensée, l’Iris Blanc, venue de Rome. Comme Astérix, Didier Conrad est né en 1959. Sa première bande dessinée, Jason, est publiée en 1978. Il se lance ensuite dans l’animation des hauts de pages du magazine Spirou en compagnie du scénariste Yann, avec qui il crée par la suite la série mythique Les Innommables. Suivront de nombreuses productions pleines d’humour, notamment Bob Marone (1980), Le Piège Malais et Donito (de 1991 à 1996) avec Wilbur. En 1996, Didier Conrad s’installe à Los Angeles pour travailler sur le développement visuel et le storyboarding du long métrage d’animation La route d’Eldorado (2000, Dreamworks SKG). Il dessine les aventures gauloises depuis l’album Astérix chez les Pictes (2013).

Le mot du scénariste, Fabcaro

J’avais envie d’un album plutôt centré sur le village et ses alentours. J’aime particulièrement les albums d’Astérix où un élément extérieur s’introduit dans le village et en perturbe l’équilibre, et observer la réaction des villageois, avec leur mauvaise foi légendaire. Et puis c’était l’occasion d’aborder en filigrane un phénomène de société contemporain… Fabrice Caro dit Fabcaro est auteur de bande dessinée et romancier. Parmi son œuvre foisonnante débutée en 1996, on peut citer Le Steak haché de Damoclès (2005), La Bredoute (2007), On est pas là pour réussir (2012). Le succès se concrétise en 2015 avec l’album Zaï zaï zaï zaï. En 2018 paraît une autre œuvre très remarquée, mélangeant humour absurde et satire sociale : Moins qu’hier (plus que demain). Son roman Le Discours (2018) a été adapté au cinéma par Laurent Tirard en 2020. En 2022, il publie Guacamole vaudou, un roman photo humoristique mettant en scène le comédien déjanté Eric Judor.

Astérix-L’Iris blanc / René Goscinny-Albert Uderzo

Fabcaro-Didier Conrad – Hachette Livre, n°40, 2023, 48 pages, 10,50 €

Sources : Livres Hebdo, Wikimedia Commons

La 4e de couverture.

Les réseaux secrets de la police : GLDF, GLNF, GODF passés au crible

« Voici mis en lumière quarante ans de coups tordus dans la police… » C’est ainsi que l’ouvrage est mis en avant sur le site de Nouveau Monde Éditions. Et ce n’est pas une forfanterie, mais bien le fruit d’un travail très sérieux réalisé par le grand journaliste d’investigation Frédéric Ploquin, spécialisé dans les milieux de la police, du banditisme et du renseignement.

Précisons que ce champ disciplinaire n’a jamais été vraiment traité, donnant ainsi à l’ouvrage de Frédéric Ploquin beaucoup de pertinence avec une question centrale, celles des réseaux dans tous les domaines ou filières (loges, appartenance géographie, monde politique ou syndical, etc.

Le livre se fonde essentiellement sur des témoignages. Une méthode adoptée par l’auteur rendant ainsi vivant ses écrits Nous ne pouvons que souligner la diversité et la qualité des sources utilisées. Faits, reportages, théories, hypothèses, conclusions,  l’énumération des titres de chapitres nous invitent à collaborer à une véritable enquête policière.

Avec un style d’écriture accessible au grand public, ne doutons-pas que les maçons de la métropole et ultramarins se passionneront pour le dernier opus de Frédéric Ploquin. Rigueur et profondeur caractérisent cette livraison qui fait du bien !

Nous verrons bien si les avocats des obédiences citées poursuivront toute personne qui serait à l’origine d’un préjudice pour lesdites associations, leurs membres ou leurs représentants ou si encore l’auteur sera mis en demeure de cesser immédiatement toute diffusion, publication, etc., de propos diffamatoires et calomnieux… Bref, le blabla habituel des baveux, vieille expression française d’argot remontant au XIXe siècle pour désigner un avocat qui utilise la parole comme arme (aujourd’hui, le numérique aussi).

Frédéric Ploquin.

Si « Les voies du Seigneur sont impénétrables ! » en sachant qu’il n’est pas donné à certains la pensée profonde et la sagesse infiniment variée de Dieu, nous allons entrer dans les voies qui, elles, sont pénétrables et qui nous sont tracées… C’est-à-dire dans le vif du sujet, avec un sondage express, sur les 100 premières pages d’un ouvrage qui en compte 368, concernant l’emploi des abréviations des noms des trois grandes obédiences françaises, à savoir la Grande Loge de France – nom composé de 17 lettres, abréviation GLF par l’auteur et non GLDF comme l’usage le veut –, la Grande Loge Nationale Française – nom composé de 28 lettres GLNF – et le Grand Orient de France – nom composé de 18 lettres dont l’abréviation utilisée par l’auteur est GO et non GODF.

Sauf erreur ou omission de notre part, nous avons comptabilisé, en termes d’occurrence, 33 GLNF – elle n’est pas belle la symbolique –, 3 GLF et 2 GO. Reconnaissons toutefois plus volontiers l’emploi du nom concernant ces deux dernières que l’abréviation.

Remercions aussi l’éditeur d’offrir au lecteur quelques bonnes feuilles à retrouver dans notre article du 19 courant « Frédéric Ploquin pour Le Parisien : ‘’La franc-maçonnerie est très implantée dans la police’’ » et notamment ce que nous pouvons considérer comme un scoop, dès la page 10, car Frédéric Ploquin nous apprend que le Président de la République Emmanuel Macron aurait été initié à Lyon par Gérard Collomb, ancien ministre d’État, ministre de l’Intérieur au sein des gouvernements Philippe I et II, alors franc-maçon du Grand Orient de France (GODF)

Avant de s’immerger dans cette remarquable enquête, en quête aussi, nous vous vous offrons quelques très belles perles :

Page 13 : «… La Grande Loge Nationale Française (GLNF) d’un côté, un vivier dans lequel a puisé plus d’un ministre de l’Intérieur de droite […] De l’autre, le Grand Orient, auquel était notamment relié les ministres socialistes… »

Raymond Sasia.

Concernant l’Inspecteur Général honoraire de la Police Nationale Raymond Sasia,  le dernier officier de sécurité du Général de Gaulle, page 28 : « … Son ancrage au sein de la GLNF (Grande Loge nationale de France) [sic], lui ouvre des portes, lui qui sera l’année pilier d’une loge particulièrement influente et truffée de politique… », « Sasia a occupé les plus hautes fonctions au sein de la GLNF, où il a été très tôt initié ». 

Michel Baroin, devant la grille du GODF, salle du Conseil de l’Ordre.

Page 40, chapitre sur Michel Baroin : « … non pas le GO de Michel Baroin, mais la GLNF de ses rivaux sur le sol africain et dans des alcôves de la République. Une obédience élitiste qui s’est longtemps contentée de quelque 3000 frères frottant un petit noyau très puissant que l’on ne rejoignait pas sans avoir un niveau financier élevé… » et, même page «  « la GLNF est ensuite entrée dans une autre dimension, avec un nouveau management, sous la houlette du Très Respectable Grand Maître Jean-Charles Foellner. Un certain nombre d’anciens policiers liés au SAC [NDLR : Le service d’action civique (SAC) a été, de 1960 à 1981, une association au service du général de Gaulle puis de ses successeurs gaullistes. À l’origine, il constitue une « garde de fidèles » dévouée au service inconditionnel du général après son retour aux affaires en 1958 mais est souvent présenté comme une « police parallèle » du régime gaulliste] nous ont rejoints, et une partie d’entre eux étaient hors de contrôle ».

La presse italienne – Source La Loge P2 – La Loge Maçonnique.fr

Mais le pompon ne serait-il pas, toujours page 40 « … En 1996, preuve que l’ancien patron des RG avait du nez, et signe de ce nouvel œcuménisme débridé, les responsables de la GLNF se seraient laissés convaincre de recevoir au siège parisien de l’obédience des membres de la loge P2 (Propaganda Due, en italien), qui avait défrayé la chronique en Italie pour abriter en son sein un mélange de membres des services de renseignement, d’intrigants en tous genres, de mafieux et de représentants de l’État. En catimini bien sûr, un samedi matin, quand les bâtiments sont déserts. Une rencontre à haut risque que certains ont interprété comme une tentation de s’allier aux puissances du moment. La loge P2 n’avait-elle, déjà, ouvert une succursale clandestine à Menton (Alpes-Maritimes), fief de la GLNF ?… »

Alain Juillet.

Page 53, sur Alain Juillet : « … Alain juillet réponds par l’affirmative et rejoint une loge de la GLNF, où il passe trois ans en compagnie de ‘’gens de bonne qualité’’.

« On mangeait bien, mais on ne travaillait pas assez. » et plus loin, page 59 «  Le Grand Maître de l’époque (de 2007 à 2012), François Stifani, d’origine italienne et avocat en droit des affaires à Antibes, plutôt sympathique et bon vivant, accepte dans un premier temps de modifier les règles de fonctionnement de l’obédience à la seule fin de freiner cet « affairisme » qui sévit tout particulièrement dans la région PACA… » ou encore « … La GLNF disposait donc d’un nombre conséquent de comptes, une « tuyauterie » susceptible d’être mise à la disposition de telle ou telle cause. Jean-Charles Foellner, patron de l’obédience, avait d’ailleurs clamé haut et fort  »nettoyer les écuries d’Augias » ».

Arrêtons là cette, oh combien, significative litanie. Et encore nous n’abordons pas les références faites à la Corse ou à l’Afrique. Que le lecteur fasse comme dans Matthieu 7,7 «  cherchez, et vous trouverez… ».

Effectivement, nous ne saurions trop recommander à votre attention la lecture de ce remarquable ouvrage, extrêmement bien documenté, car il ne peut guère se trouver de questions qui, concernant la police, ses réseaux secrets (loges, influences et corruptions), ne contiennent la solution.

Si, constitué en 2017, le  »réseau recherche » rassemble des points de contact pour la recherche dans toutes les directions et services centraux de la Police nationale, admettons, qu’ici, il s’agit plutôt de recherche de réseaux pour s’offrir, entre autres pour certains, un joli plan de carrière…

Dans ce contexte, bien sûr, qu’il existe une multitude de réseaux pour faire de l’entrisme : le syndicalisme, la politique, etc. Et l’auteur de traiter du sujet sensible de la fraternelle de la police.

Alain Bauer, SML Paris 2011.

Souvenons-nous, en 2002 déjà, le célèbre professeur de criminologie Alain Bauer, alors Grand Maître du GODF, avait lancé une réflexion sur ces organisations paramaçonniques à un moment où certaines faisaient parler d’elles à propos de scandales, notamment immobiliers. D’ailleurs, le 12 décembre 2002, dans son interview donnée au Nouvel Observateur, il parle de « l’éradication des Fraternelles […] Il y a eu des pourris, des corrompus et des salauds qui se sont servis de la maçonnerie. La question pour nous était de savoir où se situait le réseau. Et ce que nous avons découvert, c’est que cela ne se passait pas dans les loges, mais dans les fraternelles et dans des structures inventées pour permettre à des frères et à des sœurs de se rencontrer et de faire des affaires… »

Gabriel Nicolas de La Reynie (1625-1709) Lieutenant général de police.

Très discrète, mais toujours active, Frédéric Ploquin nous éclaire quant au Club La Reynie, la fraternelle de la police. Un nom que nous devons à Gabriel Nicolas de La Reynie, reconnu comme le premier chef de la police parisienne au XVIIe siècle sous le règne de Louis XIV. Conforme à la tradition de discrétion qui est souvent associée à la maçonnerie, et les activités exactes et la qualité des membres ne transpire nulle part.

Charles Pasqua en 1987.

Frédéric Ploquin n’hésite pas non plus à traiter de la « bande à Pasqua », expression informelle utilisée par certains médias et commentateurs pour désigner un réseau de personnes gravitant autour de Charles Pasqua (1927-2015), grande figure influente de la politique française, membre du RPR (Rassemblement pour la République), et proche de Jacques Chirac. Comme beaucoup de politiciens de haut niveau, Pasqua avait constitué au fil des ans un réseau de fidèles, d’amis et de collaborateurs qui ont occupé des postes clés dans divers domaines, tels que les affaires, les médias et l’administration.

Enfin, le dernier chapitre « Les loges folles » ne manque d’évoquer le scandale de la respectable loge Athanor de L’Alliance, aussi surnommée « l’affaire des barbouzes de la DGSE » (Direction générale de la Sécurité extérieure) – Alain Bauer, en ironisant, la nomme la loge P3 -, impliquant des suspicions d’influences occultes, de conflits d’intérêts et de manipulations des services secrets. Une loge qui, pour les médias, abritait une véritable officine du crime. 

Heureusement que nous avons des hommes tel Frédéric Ploquin pour nous apporter un éclairage sur tout ce qui se trame dans l’ombre. Dans sa postface, il appelle les lecteurs à plancher sur le terme « gardiens de la paix ». Au-delà du grade de « Gardien de la Paix », il porte une symbolique profonde dans le contexte que nous connaissons aujourd’hui. Gardien évoque l’idée de protection et la paix est une condition de tranquillité et de non-violence à préserver comme un bien précieux et rare. Pour protéger et servir !

Nous devons aussi à Frédéric Ploquin, qui était le 14 octobre dernier à la Biennale Culturelle et Maçonnique de Bordeaux sur « Éthique et médias : Est-ce une utopie ?, trois tomes sur Parrains et caïds (Fayard), L’Abominable Docteur Schaefer-Une secte nazie et pédophile dans les Andes (Ring, 2016) coécrit avec Maria Poblete, La Peur a changé de camp: Les confessions incroyables des flics (Albin Michel, Coll. Sociétés, 2018), C’était la PJ-Le temps béni des flics (Fayard, 2019) et Les narcos français brisent l’omerta (Albin Michel, 2021).

Nouveau Monde Éditions

Yannick Dehée.

Comme nous en avons l’habitude, lors d’une première chronique d’un nouvel éditeur, nous avons à cœur de vous le présenter. Nouveau Monde Éditions est une maison d’édition multisupport (CD-ROM et DVD, livres, e-books) et indépendante française, située à Paris, spécialisée dans les ouvrages historiques. Elle est dirigée par Yannick Dehée qui, après un doctorat en histoire à Sciences Po et ses premières armes chez Fayard et Nathan, fonde Nouveau Monde Éditions en 2000, puis en 2012 Numérique premium (www.numeriquepremium.com) qui diffuse des collections d’e-books de sciences humaines en bibliothèques pour une quarantaine de maisons d’éditions francophones. 

En 2016, il s’est associé avec le journaliste judiciaire Stéphane Damian-Tissot pour créer les éditions Sang-Froid. Il est directeur de la publication de la revue Sang-froid, une publication trimestrielle dédiée à la justice, à l’investigation et au polar, créée en mars 2016., ainsi qu’une publication trimestrielle dédiée à la justice, à l’investigation et au polar.

Nouveau Monde Éditions publie majoritairement des essais historiques, des ouvrages de référence et des corpus d’archives.

Les réseaux secrets de la police-Loges, influence & corruption

Frédéric PloquinNouveau Monde Éditions, 2023, 368 pages, 21,90 €

Histoire du Rite… d’adoption

Le Rite d’adoption est un rite maçonnique apparu en France au xviiie siècle. Pratiqué par les loges féminines sous tutelle de loge masculine et dites « loges d’adoption », il existe exclusivement au sein de la « maçonnerie d’adoption » ou « maçonnerie des dames » qui connut un développement en France notamment et en Europe aux xviiie et xixe siècles.

Histoire

La maçonnerie d’adoption ou maçonnerie des dames qui apparaît en France au début du xviiie siècle est le nom donné à la pratique mixte ou féminine de la franc-maçonnerie. Sous tutelle d’obédiences masculines, l’Adoption se pratique au sein d’une loge et d’un rite éponyme.

Évolution et organisation

Le plus ancien rituel officiellement cacheté date de l’année 1761. Celui-ci est intitulé « Maçonnerie des Dames » ou « La maçonnerie d’adoption, par le Prince de Clermont, grand maître des Orients de France, décliné en quatre grades. » Les manuscrits des rituels du Marquis de Gages dont la loge est à Mons aux Pays-Bas Autrichiens sont datés de 1767.

Les rituels pratiqués par la « maçonnerie des dames » aussi appelée « maçonnerie des femmes » peuvent être classés en grandes familles :

  • Simples : « Clermont », « Grand Orient » et « Troisième Tradition »,
  • Mixtes : « Grand Orient et Clermont » et « Grand Orient et Troisième Tradition ».

Thématiques et symboles

Les rituels se distinguent de la franc-maçonnerie masculine car ses rituels ne sont basés sur la construction du temple mais sur d’autres thèmes :

  • Tour de Babel au premier degré;
  • Jardin d’Éden au second degré;
  • Déluge au troisième degré.

Ces thématiques se réfèrent explicitement aux premiers chapitres du Livre de la Genèse. La présence de récits bibliques dans le Rite d’adoption est rapportée, entre autres, par l’étude de tabliers féminins en peau peinte datant de l’époque napoléonienne. Ainsi, les symboles les plus connus de la maçonnerie d’adoption sont : l’Arbre de la connaissance, l’Arche de Noé et l’Échelle de Jacob.

Si les rituels diffèrent de ceux pratiqués par les hommes, les franc-maçonnes d’adoption portent, comme eux, le tablier et les gants.

Pratique des « hauts grades maçonniques »

Au trois degrés symboliques furent ajoutés divers systèmes spécifiques de hauts grades maçonniques, dont il n’est toutefois pas certain qu’ils aient jamais existé ailleurs que sur le papier de leurs rituels. Parmi les thématiques des hauts grades, celui de la Reine de Saba, sous le nom de « Princesse de la couronne » était le sommet d’une échelle en dix grades attestée à la fin du xviiie siècle.