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Rites et rituels

Les Éditions de l’Art Royal (EAR) est maison d’édition fondée en 2019 et rattachée à la société SCRIBE (117, rue de Saussure – 75017 Paris). Jusqu’à présent, elle offrait trois collections, à savoir : Franc-Maçonnerie, Vécus initiatiques, Symboles & Tradition. Elle s’enrichit désormais des « Enjeux initiatiques ».

Les Éditions de l’Art Royal

Avec quel objectif ?

L’enjeu initiatique fait référence aux défis, transformations et évolutions qui surviennent dans le cadre d’une initiation, que ce soit dans une tradition spirituelle, religieuse, culturelle ou même dans des contextes plus contemporains comme des récits de fiction. Le terme même d’initiation renvoyant à une transition, souvent marquée par des rites et des épreuves, qui permettent à l’individu de passer d’un état ou d’une identité à un autre. Cela peut être l’entrée dans un groupe particulier, l’atteinte d’un nouveau niveau de compétence ou de conscience, ou le passage d’une étape de la vie à une autre.

En maçonnerie régulière et de tradition, les enjeux initiatiques répondent aux attentes de tous les frères (apprentis, compagnons et maîtres) des loges bleues ou symboliques. Mais pas seulement, car elle peut susciter l’envie à tout profane de mieux connaître des thèmes tels que la beauté, la bienfaisance, la bienveillance, l’ésotérisme, la force, la justice, la quête, le sacré, le Temple intérieur, le vari désir, etc.

Ici et maintenant, c’est du numéro 20 de ladite collection dont nous souhaitons vous parler. Une publication que nous devons à Christophe Bressy, Grand Maître Provincial Neuilly-Bineau de la Grande Loge Nationale Française, que certains ont eu le bonheur d’entendre le 7 octobre dernier lors des Rencontres Culturelles Maçonniques lyonnaises-14e Salon du livre maçonnique Lyon à l’occasion de la table ronde  « Échapper aux injonctions du monde profane » où il a témoigné sur ce que sont les outils fondamentaux pour se déconnecter des contraintes du monde profane et s’immerger dans une atmosphère spirituelle et symbolique.

Tablier VM, Rite Français – Source Scribe

Quatre parties, passé l’avant-propos, forment la colonne vertébrale de l’ouvrage. De « L’introduction aux Rites et rituels », par l’« Approche anthropologique », philosophique, l’auteur nous rappelle que les rites sont des cheminements initiatiques.

Il commence tout d’abord par définir ce qu’est un rite et un rituel on donne l’essence même.

En effet, Rite et rituel sont deux termes qui, au regard des profanes, sont souvent utilisés de manière interchangeable. Ils ont cependant des nuances dans leur signification.

Société initiatique, la franc-maçonnerie utilise un ensemble de rites et de rituels pour transmettre ses enseignements et ses valeurs. Un rite maçonnique fait référence à un système ou une tradition spécifique, qui a ses propres rituels, symboles et enseignements. Comme chacun le sait, il existe plusieurs rites maçonniques à travers le monde. Quant au rituel maçonnique, il fait référence à l’ensemble précis des cérémonies, des paroles et des actions utilisées lors des réunions maçonniques, de l’initiation ou d’autres événements importants au sein d’une loge. Il s’agit de la manière dont les enseignements sont transmis et des cérémonies sont conduites. Le rituel est donc la mise en pratique du rite, la manière dont les cérémonies sont effectuées. Chaque rite maçonnique a ses propres rituels. En résumé, le rite est le système ou la tradition, tandis que le rituel est la pratique concrète de ce système à travers des cérémonies et des actions spécifiques.

Tablier MM REAA – Source Scribe

Une fois passée cette mise au point, Christophe Bressy, dans sa deuxième partie, décortique les différents rituels de passage religieux, saisonniers et calendaires, politiques, thérapeutiques et de guérison, d’affiliation et de solidarité, envisageant aussi leur vision ethnologique. Il ne peut faire l’impasse sur les premiers rituels connus, concernant les sépultures remontant au moins à 100 000 ans. Abordant aussi les rituels à caractère initiatique – rite de passage, initiation religieuse –, il se consacre aussi à l’approche philosophique avec Platon, Aristote, Confucius, Eliade, Foucault, Taylor… Et de nous parler aussi des rites et rituels au sein des courants philosophiques : stoïcisme, néoplatonisme, bouddhisme, philosophie de la religion.

Enfin, sa dernière partie est consacrée aux six rites pratiqués au sein de la GLNF : le Rectifié, le Rite Émulation, l’Écossais Ancien et Accepté (le plus pratiqué), le Français, le York et le Standard d’Écosse.

Christophe Bressy – Photo source Le Parisien.

Un ouvrage bien conçu avec une belle approche qui donne une vision claire de la thématique traitée. À un prix plus qu’abordable !

Notons, par ailleurs, que Christophe Bressy, en 2022, avait déjà postfacé le Mary Poppins, sorcière des temps modernes : une initiation contemporaine à l’ésotérisme traditionnel, de James Toland, déjà chez EAR. Nous informons que début 2024 devrait, dans la même collection, paraître son nouvel opus Le Maître de la Loge.

Rites et rituels

Christophe BressyÉditions de l’Art Royal, Coll. Enjeux initiatiques, 2023, 56 pages, 9 €/Disponible chez Scribe ou site de vente Amazon.

Les sorcières modernes sont partout : qui sont-elles et quelles sont leurs pratiques ?

De notre confrère actu.fr

Dans les livres, les films, les séries… les sorcières sont incontournables. Qu’est-ce qui explique le retour en grâce de cette figure historique aussi détestée qu’adulée ?

Ariane* baigne dans l’ésotérisme depuis le plus jeune âge. Elle raconte même être devenue sorcière sans s’en rendre compte. « J’ai perdu ma petite sœur à l’âge de deux ans. Pendant des années, j’ai communiqué avec son esprit, je jouais chaque jour avec elle, mais les autres pensaient que c’était une simple amie imaginaire ».

Quatre ans plus tard, c’est son grand-père qui décède et, selon ses dires, entre en contact avec elle. Entendre et ressentir la présence des défunts fut ainsi sa porte d’entrée vers la sorcellerie. « Je connais le monde de l’invisible et des énergies depuis toujours et j’ai aussi bénéficié toute ma vie des savoirs ancestraux de ma grand-mère qui s’est éteinte très récemment, à plus de 100 ans », explique cette quinquagénaire, employée dans le secteur du service à la personne à Marmande (Lot-et-Garonne).

Chez les sorcières, « la magie est partout ! »

Chez elle, l’encens brûle du matin au soir. On trouve aussi quelques pierres, des figurines (dont quelques sorcières), des bougies, de nombreuses plantes, mais aussi de simples plumes ou encore des coquillages. Une véritable caverne d’Ali Baba. « La magie est partout ! », s’exclame-t-elle.

Certains peuvent trouver ça bizarre, car c’est différent de ce qu’ils ont l’habitude de voir, mais c’est juste mon univers, mon mode de vie. Ariane

Et la pièce maitresse de ce mode de vie justement, c’est sa boule de cristal. « Lire l’avenir avec, c’est faisable, mais je n’en vois pas la nécessité. Je préfère pratiquer la gratitude au quotidien, peu importe ce qui m’arrive dans la vie », poursuit Ariane.

Sa boule de cristal sert avant tout « à se décharger » , évacuer les tensions et « nettoyer les énergies négatives » notamment, ainsi qu’à se rassurer et se centrer sur ses ressentis.

Ariane pratique aussi la télépathie, notamment avec ses filles. Elle vit au rythme des saisons, du calendrier lunaire et s’inspire librement du wiccanisme, un mouvement basé sur diverses croyances telles que le chamanisme, le druidisme et les mythologies gréco-romaine, slave, celtique et nordique.

Je n’ai rien appris dans les livres, tous mes rituels se sont construits au fil du temps grâce à l’héritage de ma grand-mère et à mon instinct.Ariane

C’est donc tout naturellement qu’elle s’apprête à fêter Halloween ou plutôt… Samhain. Datant d’il y a près de trois millénaires, cette fête aux origines tantôt celtiques, tantôt gauloises, marque le passage de la saison claire à la saison obscure. Il s’agit aussi d’une période, toujours autour du 31 octobre, durant laquelle la frontière entre le monde des morts et celui des vivants serait particulièrement perméable.

« Je fais brûler pendant six jours de l’encens sur un autel avec une poupée de chiffon représentant la Catrina mexicaine, des bougies et des fleurs en offrande pour honorer les défunts », détaille-t-elle.

Toutes ces pratiques, c’est ce qui rend Ariane heureuseépanouie et sereine, malgré une vie souvent difficile, émaillée par la perte de plusieurs êtes chers ou encore par l’incendie de sa maison. « Ma boule de cristal en est ressortie intacte », raconte-t-elle en la caressant tel un animal de compagnie. « C’est un phare, un repère. »

« Je dors avec mon pendule »

Isabelle Creuzet aussi a trouvé le chemin du bonheur et de l’apaisement grâce à l’ésotérisme et à la spiritualité. « Chez moi, c’est resté en sommeil pendant 53 ans ! », raconte-t-elle depuis son cabinet du centre-ville de Marmande.

Anne-Diandra Louarn
Isabelle Creuzet, à Marmande, fait partie des sorcières « guérisseuses », elle travaille notamment au pendule dans son institut Energetica. ©Anne-Diandra Louarn

Il y a quelques années, en pleine carrière dans le BTP et les transports, Isabelle est victime d’un grave burnout qui l’empêche de travailler pendant 18 mois. « Une période de bouleversements et de quête personnelle », se remémore-t-elle. « Je n’avais aucune pratique spirituelle avant, mais je faisais déjà confiance à mes intuitions dans les affaires, je voyais l’importance de l’aura et de l’énergie. »

Elle apprend alors peu à peu à s’écouter, à faire confiance à ses intuitions.

C’est peut-être tout simplement cela être une sorcière aujourd’hui, ou en tout cas le point de départ : apprendre à lire ses ressentis dans un monde qui va trop vite.Isabelle Creuzet

L’apprentie sorcière se forme alors à la radiesthésie (la médecine des vibrations), au magnétisme et à différents soins énergétiques, auprès de pointures comme le respecté chamane Gérard Grenet, à Paris. Elle fait aussi de la médecine de l’habitat, pour purifier les intérieurs.

Tout ceci étant désormais son métier à temps plein. Elle s’est ainsi reconstruit une carrière en se reconstruisant elle-même.

J’ai installé le sacré dans ma vie de tous les jours, dans tout ce que je fais j’y mets de la gratitude, de l’amour, de la passion.Isabelle Creuzet

Contrairement à Ariane, Isabelle n’a pas de boule de cristal. Sa pratique, c’est plutôt la connexion avec la nature – elle marche en moyenne une heure par jour en forêt – la lithothérapiel’olfactothérapie et les encens, et même le druidisme dont elle a emprunté de petits œufs translucides en matière « primordiale » avec lesquelles elle nettoie les vies antérieures.

Elle s’entoure, elle aussi, de figurines symboliques, des animaux totems : la louve « pour ne rien lâcher », la lionne « pour la protection » et l’éléphante « pour la force ». « Pas de mâle… on n’est pas sorcières pour rien ! », plaisante-t-elle.

Mais le plus important de ses « outils sacrés », c’est son pendule. « Il permet de prendre des décisions et de protéger des mauvaises énergies. Il m’accompagne toute la journée, je dors même avec. » 

La militante, la guérisseuse et l’Instagrammeuse

Les héritages et croyances sont si nombreux qu’on peut aisément dire qu’il n’existe pas deux sorcières identiques. « On peut les voir partout, il y a beaucoup de sorcières qui s’ignorent, de sages du village qui ne sont pas identifiées en tant que telles, mais dont les petites habitudes du quotidien sont étroitement liées à la sorcellerie ; et c’est particulièrement vrai en milieu rural », commente la Lot-et-Garonnaise Clara Lemonnier, anthropologue et autrice.
Et de poursuivre : « Être sorcière, c’est avant tout des pratiques libres, créatives, qui font appel à l’imaginaire et qui parlent à chacune. » Elle distingue trois grands profils de sorcières modernes : « la très politisée qui se situe dans la mouvance historique. Elle milite collectivement pour des causes, la plupart du temps, féministes et écologistes, anticapitalistes également. » Il y a ensuite la guérisseuse, « une thérapeute avec des pratiques sorcellaires, qui a conscience des problèmes sociaux et écologiques, mais qui fait sa part, individuellement, à son échelle… La figure du colibri en somme ». Le troisième type, c’est la sorcière « tendance » ou « sorcière Instagram ». « Elle a une vision beaucoup plus individualiste, son but c’est le développement personnel. Elle est capable d’acheter sa sauge sur Amazon… C’est un peu un objet de consommation, une sorcière à conscientiser », résume Clara Lemonnier.
Dans tous les cas de figure, on retrouve « une réappropriation des héritages historiques et mystiques. » Autrefois proches de la nature et expertes en plantes, elles se retrouvent aujourd’hui dans les luttes écologistes et les médecines alternatives. Autrefois vues comme dangereuses et opprimées par les hommes, elles participent aujourd’hui à la libération de la parole des femmes. Autrefois marginalisées et même brûlées vives, elles sont aujourd’hui stigmatisées et parfois craintes.

« À la campagne, on nous prend pour des folles »

Au quotidien, leur plus grand obstacle c’est celui du regard des autres. « Ce n’est pas facile d’être une sorcière à la campagne », reconnaît Isabelle Creuzet. « On nous prend pour des folles. Je comprends que ce que je fais ne parle pas à tout le monde, ma pratique tient avant tout à mon histoire personnelle, à ce qui me fait vibrer. Forcément, ça marche chez certains, mais pas pour d’autres. »

C’est d’ailleurs pour cette raison que les sorcières sont aussi beaucoup associées à des charlatans. « En Allemagne, les personnes qui pratiquent des médecines non allopathiques sont encadrées. Ce sont des ‘Heilpraktiker’ qui possèdent une sorte d’agrément pour éviter les débordements », explique Clara Lemonnier, anthropologue de la région du Grand Marmandais et autrice du Grand livre des Guérisseuses (éd. L’Iconoclaste).

L’experte regrette que la France ne se contente, pour l’instant, que de la Miviludes, son observatoire public des pratiques sectaires. « Ce n’est pas suffisant, car ça ne concerne qu’un seul aspect et ça stigmatise, voire décrédibilise l’ensemble des pratiques alternatives. Une instance officielle permettrait de se repérer alors qu’aujourd’hui on ne peut compter que sur la réputation et le bouche-à-oreille

*Prénom modifié par souci d’anonymat

Institut Energetica à Marmande : 06.82.30.28.80 ou institut-quantique-energetica.fr

Francs-maçons célèbres… : « Papus »

Gérard Anaclet Vincent Encausse, dit Papus, né le 13 juillet 1865 à La Corogne et mort le 25 octobre 1916 à Paris, est un médecin et occultiste français, cofondateur de l’Ordre Martiniste avec Augustin Chaboseau.

Il a été une des figures pittoresques et hautes en couleur de la Belle Époque. Il s’est défendu d’être un thaumaturge ou un inspiré et s’est présenté comme un savant, un expérimentateur.

Biographie

Né le 13 juillet 1865 à La Corogne en Espagne, d’un père français, le chimiste Louis Encausse, et d’une mère espagnole, Gérard Encausse passe sa jeunesse à Paris, où il est reçu docteur en médecine en juillet 1894. Avant même de terminer ses études, dès 1886 environ, il se donne pour tâche de lutter contre le scientisme de l’époque en diffusant une doctrine synthétisant divers aspects de l’ésotérisme occidental d’alors, représenté par le chimiste Louis Lucas, le mathématicien Wronski, l’alchimiste Cyliani, le pythagoricien Lacuria, le magnétiseur Hector Durville, Antoine Fabre d’Olivet, Alexandre Saint-Yves d’Alveydre. Encausse se fait appeler Papus d’après le nom d’un esprit du Nuctaméron, attribué à Apollonius de Tyane. La pensée de Louis-Claude de Saint-Martin a laissé sur lui une trace profonde à partir de 1889 environ, peu après sa rupture (1890) avec la Société Théosophique de Mme Blavatsky.

L’Ordre martiniste

Papus fonde avec Augustin Chaboseau en 1891 l’Ordre Martiniste, qui doit son nom au souvenir de Louis-Claude de Saint-Martin et à celui de J. Martinès de Pasqually. Paul Adam, Maurice Barrès et son ami d’enfance Stanislas de Guaita, Victor-Émile Michelet, Joséphin Péladan, Camille Flammarion, Emma Calvé, Albert de Rochas d’Aiglun sont parmi les premiers martinistes. L’ordre créera des groupes dans de nombreux pays, notamment en Russie, dans l’Empire ottoman, aux États-Unis, dans l’empire d’Autriche-Hongrie. Dans L’Initiation, que Papus fonde en 1888, et qui sera la revue officielle de l’Ordre, on relève les noms de Stanislas de Guaita, Peladan, Charles Barlet, Matgioi, Marc Haven, Paul Sédir, Albert de Rochas d’Aiglun, Lucien Chamuel, Fernand Rozier. Mais, pendant longtemps, les noms de Martines de Pasqually, Saint-Martin, ou Willermoz y sont beaucoup moins cités que ceux de Fabre d’Olivet et d’Éliphas Lévi.

Ordres divers

Gérard Encausse par Eugène Pirou

Papus est reçu, tout au long de sa vie, dans de nombreuses organisations initiatiques, à la Société théosophique de Helena Blavatsky en 1887, l’ordre kabbalistique de la Rose-Croix de Peladan et de Guaita en 1888, à l’Église gnostique de France de Jules Doinel en 1892, à l’Hermetic Order of the Golden Dawn en 1895, à la franc-maçonnerie de rite Swedenborgien en 1901, dont il sera le Grand maître, au Rite de Memphis-Misraïm en 1908, à l’Ordo Templi Orientis. Il entre à plusieurs reprises en conflit avec les tenants des loges maçonniques dites « régulières » et le 24 juin 1908, il organise à Paris une conférence internationale maçonnique à laquelle participent des représentants d’obédiences maçonniques « de frange ».

D’autre part Papus constitue, en décembre 1889, un groupe organisant des recherches, des cours et des conférences sur les divers aspects de l’ésotérisme occidental, le Groupe Indépendant d’Études Ésotériques (GIEE) qui devient le cercle extérieur de l’Ordre Martiniste, et prend le nom de Faculté Libre des Sciences Hermétiques en mars 1897. Les cours sont nombreux (une douzaine par mois environ), les sujets étudiés traitent de la Kabbale, de l’Alchimie, du tarot divinatoire, en passant par l’histoire de la philosophie hermétique. Papus, Sédir, Victor-Émile Michelet, Fernand Rozier et A. Chaboseau, entre autres, en sont les enseignants. La section Alchimie, dirigée par François Jollivet-Castelot, est à l’origine de la Société Alchimique de France.

Ce vaste mouvement hermétique, dont Papus est l’une des âmes agissantes, a nourri la littérature et les arts de l’époque, Péladan, Catulle Mendès, Paul Adam, Villiers de l’Isle-Adam, donnent quelques textes aux premiers numéros de L’Initiation. August Strindberg, lors de son séjour à Paris, participe aussi mais davantage pour partager ses expériences d’alchimie. Les ouvrages de Papus ont marqué également les jeunes peintres dit Nabis.

Avec Stanislas de Guaita, Papus est mêlé à l’affaire Boullan, qui les oppose à Jules Bois et à J.-K. Huysmans, en 1893.

Séjours en Russie

La légende veut qu’en automne 1905, Nicolas II, aux prises avec les troubles sociaux, l’ait appelé à Tsarskoïe Selo pour lui demander conseil. Papus aurait évoqué alors, au cours d’une opération magique, l’esprit d’Alexandre III, préconisant la répression pour éviter une révolution de grande envergure. Papus aurait affirmé au tsar que cette révolution n’éclaterait pas tant que lui-même serait vivant. Or Papus n’est pas venu en Russie à cette époque où Raspoutine avait déjà fait son entrée auprès du couple impérial. Par contre Papus est venu, en 1901, pour rencontrer les occultistes et les martinistes russes, et pour accompagner le Maître Philippe de Lyon, son « maître spirituel », invité à la cour russe. Philippe devait jouir quelques mois durant d’une grande autorité morale auprès du tsar, à qui il prédit la naissance d’un successeur au trône. Papus et Philippe seront expulsés à la suite de manigances policières. Les visites de Papus en Russie, on a même évoqué à leur égard un possible travail d’espionnage pour le compte du gouvernement français, gardent encore leur mystère. Papus qui avait des liens avec plusieurs grands-ducs et grandes-duchesses affiliés au martinisme, a réellement rencontré la tsarine, éprise de merveilleux, mais pas le tsar lui-même. Papus, sous le pseudonyme de Niet, fit paraître, à son retour, dans la presse française, La Russie d’Aujourd’hui, un constat pessimiste de la politique russe en s’inquiétant d’une possible révolution.

Le docteur Encausse

Tombe de Papus (Famille d’Encausse) au Père Lachaise

Papus a suivi dans son travail de médecin, une voie tout aussi originale, en utilisant notamment l’hypnose, l’homéopathie, la dosimétrie, l’électrothérapie. Il a créé, avec son père chimiste, rue Rodier dans le IXe arrondissement de Paris, un institut de santé, spécialisé dans les bains, les fumigations et les massages. Il a ouvert également un cabinet de consultations médicales, rue Balzac à Tours, attirant une nombreuse clientèle. Il a résidé à Paris, à différentes adresses de la villa Montmorency (XVIe), au 5 rue Séguier (Ve), au 67 rue de Rochechouart (IXe) et, jusqu’à la fin de sa vie, au 60 boulevard de Clichy (XVIIIe).

Papus meurt le 25 octobre 1916, à Paris des suites de son service de médecin-major des armées sur le front de l’Est pendant l’automne et l’hiver 1914. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, à la (93e division).

Œuvre

Papus a laissé 160 ouvrages, almanachs, revues et articles, cette production littéraire impressionnante, qui lui a valu le surnom de « Balzac » de l’occultisme. D’aucuns lui reprochent cependant d’avoir manqué de rigueur dans ses travaux sur la Kabbale notamment. Par ses talents de vulgarisateur, il a contribué à ouvrir les esprits de son temps aux sources vives de la pensée analogique et de l’imagination créatrice, poursuivant en cela le travail qu’Éliphas Lévi avait entrepris.

Thèses

Dans sa brochure Ce que doit savoir un maître maçon, il dénonce l’influence d’agents étrangers sur la franc-maçonnerie française, et lui reproche de s’être laissée aller à un engagement politique, d’être tombée dans le matérialisme et de s’être coupée de la franc-maçonnerie universelle à cause de la querelle du Grand Architecte de l’Univers.

Papus a particulièrement insisté sur les analogies et correspondances, entre autres dans son ABC illustré d’occultisme (posthume, 1922). Tout objet terrestre fait partie d’une chaîne analogique qui part de cet objet pour aboutir à un astre, un règne, un Élément, un ange… Tout se correspond dans l’univers, par grandes chaînes, astrologiques, élémentaires, « la Terre, correspondant au règne minéral ; l’Eau, correspondant au règne végétal ; l’Air, correspondant au règne animal ; enfin, le Feu, correspondant au monde des forces et des intelligences » (p. 239). « La science antique est donc surtout constituée par des tableaux, qui établissent les relations entre tous les êtres et tous les objets de l’Univers » (p. 167).

Tableau de correspondances selon Papus (ABC illustré d’occultisme, posthume, 1922, Dangles, p. 247)

PlanètesÉlémentsSignespierresvertuscouleurs
MarsFeuBélieraméthystehardirouge
VénusTerreTaureauhyacintheingénieuxsombre
MercureAirGémeauxchrysopraseami des jeuxjaune
LuneEauCancertopazevagabondnoirâtre
SoleilFeuLionbérylgrande âmedoré
MercureTerreViergechrysolithepieuxvert
VénusAirBalancesardoineami de la justicepourpre
MarsEauScorpionsardonyxtyrannoir
JupiterFeuSagittaireémeraudecolèreflamme
SaturneTerreCapricornecalcédoineambitieuxblanc
SaturneAirVerseausaphirmarchandbleu
JupiterEauPoissonsjaspefécondcendré

Vive l’école !

2

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Il faudra bien qu’un jour, nous empruntions la voie du cœur. Je ne vous parle pas de la morale. Je vous parle du cœur. Il y a beau temps qu’à notre corps défendant parfois, nous évitons de nous réfugier derrière la morale, tant, chez beaucoup, elle renvoie plus à un prêche qu’à une pratique, même si nous nous offusquons régulièrement du fait que le monde politique, se réclamant sans excès de scrupules d’un réalisme aligné sur ses intérêts, s’affranchisse si souvent avec indécence d’une morale élémentaire, tant il se sent supérieur, à régenter les hommes.

En toute modestie, il s’agit ici seulement du cœur car il bat en tout être humain et, sauf à de rares exceptions près, celui-ci peut l’entendre malgré tout – au-delà de ses dérèglements, de ses déchirements voire de ses déchaînements, comme on l’observe trop tristement aujourd’hui. Il faut croire aux vertus du cœur et ce, d’autant plus qu’elles rejoignent celles de la raison. C’est bien là la profonde unité de l’Homme or la politique doit assurer un avenir à tous et, si elle consume son talent sans y parvenir, à défaut d’y perdre leur gouvernement, les hommes y perdent leur gouverne. Ils sont désorientés. Ils ne croient plus à rien.

C’est pourquoi nous devons redonner du lustre et même de la gloire à la politique, pour que, comme son nom l’indique, elle soit pleinement une affaire collective : une mission réellement partagée par les citoyens, qu’il leur faut apprendre, assimiler, entretenir, et ce, dans le dialogue, par la voie du civisme et la connaissance des institutions, le plus tôt possible et  progressivement, dès qu’on atteint l’âge de raison qui est aussi celui d’un éveil du cœur envers l’autre, dans la formation de la conscience, c’est-à-dire tout au plus dès sept ou huit ans, me semble-t-il.

L’école, alors, – qui ne saurait être le champ clos de sourdes rivalités et encore moins d’affrontements fracassants – doit redevenir, sans clivages ni luttes d’influence, un lieu de communion dans des valeurs plus hautes, désamorçant, étape après étape, par la familiarisation avec les différences, par l’apprentissage des débats argumentés et par la maîtrise des oppositions respectueuses, les tentations conflictuelles du repli sur soi, sinon les germes mortifères de la paranoïa, jusqu’aux risques fulgurants des haines inexpiables. L’éducation à une raison sensible, comme eût dit Michel Maffesoli[1], conduit à se déprendre des logiques obstinées comme des passions inflammables, aidant chacun à se défier des artifices de la communication, à se maintenir à l’écart de l’effervescence perpétuelle des réseaux sociaux et à construire peu à peu, dans un respect mutuel guidé par quelques principes de référence, son éthique personnelle, sans leçon générale.

Raphaël : Platon et Aristote devisant sur la politique ?

Je sens bien que vous pensez que mon idéal pêche par idéalisme. Entre politique de l’autruche et politique de gribouille, entre embûches  et trahisons, le terme de politique est, de nos jours, par trop sali pour inspirer confiance, de sorte que les affaires de l’État, par nature, d’essence noble, représentent dans l’opinion plus de bassesses que de prestiges, sans compter que la vulgarité qu’entraîne le plus souvent le simple emploi du mot « politique » s’ancre non seulement dans ce rejet que nombre de nos contemporains en éprouvent mais plus encore, à force de promesses souillées, de discours véhéments comme de déclarations vides, dans celui que beaucoup en subissent.     

Cependant, vous conviendrez assez volontiers que toute notion de respect repose sur un bien commun, celui-là même qu’on appelle « république ». Bien entendu, il est antinomique du cynisme de trop de dirigeants. En cela, l’amour de la politique devrait être une sorte d’anti-pouvoir personnel, c’est-à-dire procéder, au cœur de l’écoute, à une parole lestant les mots d’un contenu de réalité, les dénudant des chimères dont se repaissent parfois les idées – et, tendant des rameaux plutôt que des brandons, conformer les propos à des priorités d’action, sans travestissement ni échappatoire. « Vaine prière et trop sublime espoir ! » croyez-vous. Mais, humbles colibris que nous sommes, avons-nous réellement d’autre choix que de verser une eau apaisante voire régénérante sur des terres brûlées, plutôt que de souffler sur des braises toujours fumantes ?

Nous le savons et nous devons y faire attention : les mots prophétisent. C’est pourquoi il vaut mieux s’accorder non seulement sur ce qu’ils énoncent mais aussi sur ce qu’ils annoncent.  Bref, il est urgent de retrouver une langue commune, premier talisman de la démocratie, clé de tout combat contre la discorde et la démagogie. Certes, nous avons tous un  rapport flou au vocabulaire et il ne s’agit pas d’espérer une univocité de sa compréhension mais de cerner les acceptions par l’échange, pour définir des trajectoires auxquelles, les uns et les autres, nous puissions au moins consentir, sinon toujours adhérer. Chacun son tour, en quelque sorte, et si possible, le plus souvent ensemble.

C’est, soit dit en passant, ce que nous faisons en Loge, sur le plan symbolique, humaniste et spirituel où nous nous situons, en ayant constamment soin de définir les notions que nous employons, en en retraçant l’histoire, en en dégageant les perspectives. Inlassable et bénéfique entraînement mis pacifiquement à l’épreuve d’autres interprétations, exercice qui n’a d’autre vocation que de nous ouvrir au monde avec bienveillance, approfondissement et largesse d’esprit. Ainsi, tout comme y sont invités les non-maçons qui liront cet éditorial, nous nous mettons en condition d’assumer chaque jour, par nos pensées et par nos actes, les conséquences de ce diagnostic formel concluant que, plus le monde est complexe, moins – aimable paradoxe ! – nous ne pouvons échapper à la prise en main de notre destin.

Alchimie laboratoire
Alchimie laboratoire

Sachant que, par un second paradoxe au regard des premières recommandations de cette chronique, dans la tradition maçonnique à laquelle j’appartiens, nous proscrivons toute discussion politique en Loge. Et même religieuse. Or je ne connais point de meilleure école pour apprendre à débattre au dehors, à ciel ouvert, de tous les sujets. La maçonnerie est un  laboratoire, ce n’est pas l’arrière-boutique de nos disputes, c’est la fabrique de notre dignité. Comprenne qui voudra : Vive l’école !


[1] Michel Maffesoli, Éloge de la raison sensible, Grasset, 1996, 286 p. Édition de poche : La Table Ronde, 2005, 304 p.

L’extrême droite et ses symboles, “pour conquérir le territoire de la pensée”

De notre confrère actualitte.com – Par Antoine Oury

La montée internationale des mouvements d’extrême droite s’accorde avec une légitimation des discours racistes et fascistes, du « Grand remplacement » à la stigmatisation de certaines populations, qui s’entend dans les médias, auprès des responsables politiques et même au Parlement. Elle s’entend et elle s’observe : des symboles ou gestes symboliques se multiplient aussi dans l’espace public. Le site Indextreme recense, analyse et explique ces manifestations graphiques, pour mieux les identifier.

ActuaLitté : Comment est né ce projet ? Combien de temps avez-vous travaillé dessus avant sa mise en ligne ? A-t-il vocation à évoluer, à s’enrichir ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Bonjour et tout d’abord un grand merci de prendre le temps d’échanger, de nous lire et de comprendre ce projet d’importance graphique et politique ! Ce projet est né très simplement d’une rencontre entre le designer Geoffrey Dorne et le photojournaliste Ricardo Parreira. Depuis quelques années, Geoffrey avait pour ambition de répertorier, sous la forme d’un outil numérique, les symboles liés au fascisme, à l’extrême droite, notamment sur les affiches, les tatouages, dans l’espace public.

De son côté, Ricardo travaille depuis longtemps en tant que journaliste et publie du contenu sur ce sujet au travers de différents médias. Geoffrey a donc tout naturellement contacté Ricardo pour lui présenter les maquettes de son projet et Ricardo, quant à lui, a répertorié, rédigé, sourcé le contenu. Tous les deux ont ainsi vu naître, de plusieurs mois de travail, ce projet : indextreme.fr

Le site s’enrichit chaque semaine de nouveaux symboles qui sont analysés, répertoriés, sourcés, redessinés et enfin intégrés sur le site Internet.

Les symboles de l’extrême droite datent-ils tous de l’époque moderne ? Sont-ils aussi vieux que l’extrême droite elle-même ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Ce que l’on explique sur le site Internet, c’est que l’extrême droite n’a « inventé » que très peu de symboles à proprement parler. Cependant, elle est une véritable machine qui instrumentalise l’image et sa symbolique… et donc l’imaginaire des gens. 

Nous avons créé plusieurs infographies, précisément pour expliquer l’origine historique de certains symboles qui se trouvent sur le site et leur récupération par des mouvements d’extrême droite à partir de 1945. Lorsque nous étudions ces symboles, nous pouvons facilement conclure que l’extrême droite les récupère puisque ceux-ci portent en eux-mêmes une très forte charge identitaire et nationaliste.

Avez-vous observé des points communs dans l’expression graphique de l’extrême droite ? À l’inverse, des « tendances » de l’imagerie d’extrême droite existent-elles selon les époques, les « courants » ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Graphiquement, l’extrême droite réemploie et détourne avant tout des symboles dont la charge émotionnelle est forte : la tête de mort, l’aigle, l’engrenage, le feu, etc. Elle le fait également sur des symboles historiques puissants comme la croix de Lorraine, la fleur de lys, ou bien des symboles catholiques. Il n’y a donc pas de tendance esthétique à proprement parler, mais bel et bien un ensemble d’expressions graphiques variées qui permet à l’extrême droite d’essayer de servir idéologiquement son discours auprès de la sensibilité de chacun : que ce soit sur ses origines, son patrimoine historique, sa religion, son discours politique originel, etc.

L’extrême droite française s’inspire aussi des symboles de son époque avec, par exemple, des personnages de comics (le Punisher, Captain America, etc.), des logos venant de la musique (Run-D.M.C.) ou encore de la mode (the North Face, etc.). Avec cette stratégie, son objectif est de faire plus facilement partie du paysage visuel et intellectuel contemporain.

Le crâne du Punisher, personnage des comics Marvel, sur la voiture d’un soutien de Donald Trump, en 2021 (illustration, Gilbert Mercier, CC BY-NC-ND 2.0)

Les symboles de l’extrême droite sont-ils interchangeables selon les pays ? L’idéologie d’extrême droite semble en effet la même d’un pays à l’autre, qu’en est-il de ses expressions graphiques ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Aujourd’hui, l’extrême droite dispose d’un énorme réseau, et ses membres communiquent et organisent des rencontres entre eux. Comme nous l’expliquons sur le site indextreme.fr, de nombreux symboles utilisés en France proviennent des États-Unis, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie, etc. D’autres éléments comme le « grand remplacement », théorie créée par le fasciste Renaud Camus, parcourent le monde, et servent à justifier certains attentats terroristes.

Quand on parle de sémiotique et de graphisme, il est important de comprendre qu’avant le symbole, il y a l’idée et sa charge émotionnelle. On retrouve ainsi dans chaque symbole, des valeurs et dans ce contexte, des anti-valeurs. C’est pourquoi aujourd’hui encore, un large éventail de symboles nazis sont utilisés sans vergogne par l’extrême droite et cela inclut divers partis politiques en Europe.

L’idéologie d’extrême droite s’appuie sur un retournement du discours, la manipulation et le mensonge : diriez-vous que son expression graphique actionne les mêmes leviers ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Le problème réside dans le fait que la symbolique choisie par l’extrême droite pour composer leurs logos, drapeaux, autocollants, etc., est, si on peut le dire ainsi, critiquable d’un point de vue historique. Puisque pour la plupart, des symboles, avant d’être récupérés, représentent déjà des valeurs religieuses, conservatrices, issues de l’idéologie impérialiste, colonialiste, raciste, etc. Il n’y a pas besoin « d’actionner les mêmes leviers », car ce qui est recherché dans ces symboles est généralement déjà présent. 

(illustration, Pierre-Selim, CC BY-SA 2.0)

L’expression graphique de l’extrême droite donne l’impression de s’appuyer sur deux mouvements : rendre visible, d’un côté, et, de l’autre, dissimuler, à l’aide d’un système de code connu seulement par les initiés. Est-ce l’intention que vous avez mis au jour par vos recherches ? Quelles sont les finalités de ces symboles, pour faire simple ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Ces groupes d’extrême droite, néo-nazis, néo-fascistes, identitaires, etc., cherchent à banaliser leur idéologie et augmenter leurs rangs. Quoi de mieux, que de réutiliser les symboles historiques, qui touchent directement notre identité, donc une partie du « récit national », touchant les idéaux nationalistes, pour réveiller l’empathie de la population. 

Concernant le graphisme de certains de ces symboles, ils sont en effet parfois dissimulés, discrets ou réservés aux initiés, à ceux qui savent les identifier  (le symbole lambda, l’odal, le geste OK ou le kuhnen par exemple). Cela renforce la cohésion, le groupe et la sensation de « faire partie de ceux qui savent » afin de commettre des actions illégales et violentes.

Pour faire simple, ces symboles sont là pour conquérir le territoire de la pensée, des imaginaires et créer aussi de la confusion au sein des citoyens. Si un symbole vous est précieux et que vous découvrez qu’il est en train d’être détourné et réapproprié par l’extrême, qu’allez-vous faire ? Ne plus l’utiliser ? Adhérer à la pensée fasciste que l’extrême droite tente d’imposer ? Ignorer que tout cela existe ? Vous battre pour reconquérir votre symbole ? 

C’est aussi pour que chacun puisse se poser ces questions que nous avons créé indextreme.fr

Voire également leur Infographie des symboles nazis : 

Photographie : manifestation de militants de l’extrême droite russe à Moscou, le 4 novembre 2017 (Matthias Berg, CC BY-NC-ND 2.0)

Michel Onfray : La franc-maçonnerie, origines et principes

Partie 11 : La franc-maçonnerie, origines et principes · Michel Onfray · Michel Onfray Contre-histoire de la philosophie, vol. 8 (2ème partie) (Les Ultras des Lumières 4) ℗ Radio France, Frémeaux & Associés, Grasset, Université Populaire de Caen.

Le chemin initiatique

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Entamer la démarche maçonnique. Pour quelle finalité ? C’est la question importante que je me suis posée dès mon initiation en apprenant mon « devoir de silence » sur les colonnes pendant mon apprentissage. Puis, en ayant remarqué dans le miroir avec amusement que mes deux oreilles, comme tout un chacun, étaient en forme de point d’interrogation, j’en ai déduit que je devais commencer par écouter les échanges de mes frères et sœurs.

Pour les comprendre et me comprendre. Pour faire ma connaissance ! Et ouvrir le chemin initiatique devant moi. Aujourd’hui, après mes nombreuses années de marche, je le constate : Penser, évaluer, communiquer, interagir avec les autres, affine raisonnements, jugements, langages et attitudes. L’homme-maçon que je suis n’est plus de la sorte taraudé par le sempiternel « QUI suis-je ? ». Se dégager de cet autocentrisme, c’est enfin accéder au « QUE Suis-je ? ».

 Autrement dit, c’est non seulement découvrir mon identité, mais en passant du Moi social au Soi profond – cet espace intime que nous nommons notre « temple intérieur » – c’est trouver ma place dans la société des hommes (en tant qu’être inscrit dans un récit, familial, amical, professionnel, associatif). Pas uniquement pour conquérir une position sociale ou maçonnique, mais aussi et surtout pour bénéficier d’un « espace de contentement » privé où je peux me sentir heureux et d’où je peux rendre heureux mon entourage. Dans la reconnaissance et considération mutuelles, aimer et être aimé. Mon épanouissement dépend de cette harmonie qui est elle-même stimulante, engageante à entreprendre et croître. L’ambition n’est pas un défaut quand il s’agit d’augmenter ma « puissance d’être », d’élargir mon esprit, de découvrir et de créer en bonne compagnie. Bref, de mieux être pour mieux vivre, de mieux échanger pour mieux partager.

Ainsi pour le franc-maçon, la franc-maçonne, friand (e) de symbolisme, tailler sa pierre, ne consiste pas à y sculpter un personnage artificiel, mais – c’est bien différent – à s’extraire soi-même de cette gangue socio-culturelle ambiante qui au gré des tendances et modes, l’emprisonne. Et partant du précepte socratique « Connais-toi toi-même », il, elle rejoint celui de Pindare « Deviens ce que tu es ». Cette naissance de soi, c’est bien le sens de l’initiation : L’Homme rendu à lui-même ! Libre !

Le fait de penser et communiquer, de choisir et de décider, produit des attitudes et des comportements uniques sans équivalents dans le règne animal. L’immense majorité des êtres humains ne vit plus vraiment au sein de la nature, mais dans un milieu culturel, social, technique et économique, forgé au fil des générations. La qualification de « sapiens » attribuée par l’anthropologie à cet homme évolutif est fondée en termes de connaissances, d’acquisitions et d’applications de son intelligence, mais ne fait pas de lui le « sage » annoncé. Il a les défauts de ses qualités. Par exemple, curiosité, volonté, courage, orgueil, sont autant d’adjectifs qui peuvent engendrer intrépidité, entêtement, imprudence, vanité. Son intelligence « faussée » est alors à même de créer un ego boursoufflé dont la surdimension entraîne le fameux « hubris », terme qui chez les Grecs anciens désignait la démesure. On peut ainsi constater que le rêve d’Icare – ce désir chimérique de voler comme l’ oiseau – habite toujours son inconscient. La dernière tour construite à Dubaï qui culmine a plus de mille mètres, confirme cette inquiétante et inutile grandiosité.

 La démarche maçonnique qui permet de conjuguer nature et culture, nous ramène à l’humilité. Nous venons de l’humus et y retournerons. Si nous ne pouvons modifier notre programme génétique nous pouvons changer de regard sur le monde. Et rectifier si besoin notre comportement. Nous ne serions plus vraiment humains sans désirs, sans projets, sans la main sur le cœur et le cœur sur la main. Mais comme nous ne sommes pas parfaits, nous aurons toujours des obstacles à franchir, quelque défi à relever, quelque peur à dompter, une adversité à vaincre. Le Mal est la doublure du manteau du Bien. Ce sont les difficultés surmontées qui fondent nos valeurs existentielles. Le franc-maçon, la franc-maçonne savent qu’ils ont besoin du désordre pour bâtir l’ordre. C’est des oscillations du fil à plomb que vient sa parfaite fixité. Et des lapsus dans nos discours qui en font la vérité. Il s’agit de se respecter et de respecter les autres en leur assurant solidarité et générosité. Aider quelqu’un à se relever, c’est s’élever soi- même. L’Homme debout vaut un gratte-ciel.

Comment les Vénitiens ont conquis l’Angleterre et créé la franc-maçonnerie

De notre confrère fakeoff.org – Par Denis Pogrebenchuk

Jerry Rose est membre du comité de rédaction de l’Executive Intelligence Review et du comité exécutif de la réunion du Comité international du travail. Il s’est produit le 5 septembre 1993.

Au fil des années, depuis mon étude de la Révolution américaine, je me suis de plus en plus intéressé aux raisons pour lesquelles l’Angleterre était à l’origine d’un tel mal. Cela concerne non seulement le niveau géopolitique et l’incroyable sauvagerie que l’Empire britannique a commis dans son usure et son esclavage, mais aussi au niveau culturel. La création britannique de Bacon, Hobbes, Locke et Hume, conduisant au satanisme pur et simple de Bertrand Russell, Aldous Huxley, Aleister Crowley, etc., met en évidence la motivation qui a créé l’Empire britannique. Si l’on y regarde de plus près, il ne fait aucun doute que le New Age est venu d’Angleterre. Il s’agit avant tout de la création des Jacobins par Lord Shelburne et de la création du communisme – avec son double mal, le fascisme – au sein du ministère britannique des Affaires étrangères par Lord Palmerston et dans sa collaboration avec Giuseppe Mazzini.

L’objectif déclaré du Nouvel Âge est la destruction de la religion monothéiste et un retour au paganisme pur et simple. La franc-maçonnerie est l’instrument créé pour réaliser ce retour au paganisme. Aujourd’hui, notre sujet est la prise de l’Angleterre par les Vénitiens et la création de la franc-maçonnerie.

Je pense qu’il est important ici de mentionner le principal mal satanique qu’est réellement Venise. Il existe deux œuvres d’art qui reflètent le plus efficacement les méthodes de Venise. Il s’agit de « Le Juif de Malte » de Christopher Marlowe et de « Le Voyant fantôme » de Friedrich Schiller.

Dans les deux chefs-d’œuvre, nous voyons un portrait du mal pur, où il n’y a ni bien ni mal, il n’y a que la corruption. La clé en est Aristote, et il n’est pas surprenant que ce soit l’Université de Padoue, gouvernée par Venise, qui ait enseigné à l’élite de Venise sous Aristote. Aristote rejette la méthode platonicienne d’approches successives de la perfection, rapprochant l’individu du Créateur. Pour Aristote, le Créateur n’a rien à voir avec la révélation de l’Univers et la création en cours. Pour Aristote, le progrès humain n’est qu’une illusion et nous sommes toujours infiniment loin du Créateur. Pour Aristote, il n’y a pas de bien ou de mal car il n’y a pas de vérité connaissable. Pour Aristote, il n’y a que l’éthique, mais pas de morale, et l’éthique n’est qu’une question de convention. Dans The Ghost Seer, Schiller reflète cela de la manière la plus profonde. Il montre que l’essence de Venise est qu’elle est toujours des deux côtés dans toute question, mais que l’essence de sa méthode est la corruption : trouver la faiblesse de l’ennemi, puis le corrompre. C’est satanique. C’est le mal pour le mal. Sa méthode est d’humilier l’humanité et d’en prendre plaisir. Nous vous raconterons comment ce mal vénitien s’est emparé de l’Angleterre et a créé le New Age.


Guerre culturelle

Comment est né le Nouvel Âge ? Cette histoire sera racontée aujourd’hui. Nous arrivons ensuite au résultat le plus étonnant : nous apprenons que ce que nous appelons la méthode scientifique moderne est, en fait, une croyance occulte créée par la franc-maçonnerie dans le but de détruire l’œuvre du cardinal Nicolas de Cues. C’est la création vénitienne de la franc-maçonnerie qui a imposé à la science une scission radicale entre la science de l’Esprit, c’est-à-dire la théologie, et la science de la matière. Comme vous l’apprendrez, c’est littéralement gnostique. Ce n’est pas une épithète ; c’est littéralement vrai. Notre principal problème durant cette période est que nous essayons de traquer deux sociétés secrètes : les rosicruciens et les francs-maçons. Si vous étiez Sherlock Holmes, vous ne les trouveriez jamais. S’ils étaient prudents, ils laisseraient des indices contradictoires et vous ne seriez jamais en mesure de tirer une conclusion sur leur identité en utilisant les méthodes empiriques traditionnelles.

La façon de procéder? vous devez utiliser la méthode Nécessaire Existant.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Nous devons partir de ce que nous savons être le cas.

Que savons-nous de toutes les guerres ? Quatre-vingt-dix pour cent sont culturels et seulement 10 pour cent sont physiques.

Et surtout, la culture. Analysez la culture et quel que soit le nom donné aux choses, vous ne serez jamais trompé.

C’est au niveau culturel que notre ennemi doit baisser la garde. Il n’est pas si intelligent que ça, et lorsque Satan est mis à l’écart au niveau culturel, il prend peur. Comme nous pouvons le constater, après le premier débat avec Lyndon LaRouche sur l’économie, ces sectaires n’ont plus jamais osé discuter avec lui. Comme Satan, ils sont avant tout des escrocs.

Nous nous concentrerons sur la prise de contrôle vénitienne de l’Angleterre, puisque c’est l’Angleterre qui a eu le malheur de devenir la nouvelle Venise et le lieu où devait s’implanter la franc-maçonnerie.

Lors de notre conférence il y a un an, Webster Tarpley a présenté une documentation montrant comment Venise a créé la Réforme et la Contre-Réforme pour provoquer le Nouvel Âge [publiée dans une version plus longue dans le New Federalist en trois parties : 22 mars, 5 avril, 12 avril et 1992] . Il est important de le préciser car toute approche compétente doit se concentrer sur le climat culturel comme base sur laquelle toute opération de renseignement peut être menée. Il serait à première vue incompétent de supposer que l’histoire est gouvernée par le meurtre et les commérages sans d’abord réfléchir aux paradigmes culturels qui sont combattus.

Passons maintenant à notre histoire.


Réformateurs vénitiens

Après que la Ligue de Cambrai ait presque détruit Venise en 1509-1513, Gasparo Contarini, issu de l’une des principales familles nobles de Venise, créa un groupe connu plus tard sous le nom de « I Spirituali » qui décida qu’avec l’hédonisme surmontant la domination vénitienne, les familles devraient changer. Contarini a pu créer un groupe de « réformateurs » qui ont créé tous les fondements du protestantisme, tout en restant nominalement dans le cadre de l’Église catholique. Gasparo Contarini a étudié avec Pietro Pomponazzi, un éminent aristotélicien de l’Université de Padoue. Sous couvert de piété chrétienne, Contarini a opéré un retour spectaculaire à Aristote dans l’Église catholique. C’est Contarini qui a créé la commission qui a conduit à la création du Contarini de Trente, qui mènerait la guerre contre la Réforme, tandis que d’un autre côté, comme le documente Webster, Contarini et ses associés ont créé Luther. Quel était le but de ceci ?

D’un point de vue limité, il était clair que l’existence même de l’Église catholique et d’une Espagne puissante menacerait toujours Venise, dont la puissance navale était énorme, mais dont la capacité de se défendre sur terre était très limitée en raison de sa taille. Comme les Vénitiens l’ont vu dans la Ligue de Cambrai, l’existence même de ces institutions constituait une menace pour Venise.

Cependant, à un niveau plus profond, quelque chose de bien plus destructeur se produisait. Comme LaRouche l’a souligné dans son article « Sur le thème de Dieu », l’adhésion continue à l’aristotélisme découle d’une vision du monde oligarchique qui exprime un grand mépris pour l’humanité en tant qu’imago viva Dei. L’aristotélisme est une maladie oligarchique. C’est le christianisme qui affirmait que tous les hommes étaient créés à l’image de Dieu, ce qui représentait une menace mortelle pour l’oligarchie vénitienne. Ils se considéraient comme les « dieux de l’Olympe » et se considéraient au-dessus de la loi de Dieu. En effet, ils se considéraient comme les créateurs du droit. Ils détestaient le christianisme et le renouveau de cette idée à la Renaissance, et ce à un niveau profondément personnel.

Nous pourrions développer cela davantage si nous avions plus de temps. Je voulais mentionner cela parce que la franc-maçonnerie et le Nouvel Âge sont une tentative vénitienne d’effacer le christianisme de la surface de la terre.


Venise envahit l’Angleterre

Ce n’est pas un hasard si Venise a concentré l’essentiel de son attention sur l’Angleterre.

Les Vénitiens l’ont dit eux-mêmes. Dans les rapports des ambassadeurs vénitiens auprès du Sénat vénitien, maintenant publiés, l’Angleterre était la clé de la destruction de l’Espagne. Un rapport note que la Flandre et les Pays-Bas étaient l’atelier de l’Empire espagnol. Si vous pouviez contrôler la Manche, vous pourriez interrompre la route maritime espagnole vers les Pays-Bas et affaiblir l’Espagne de manière irrévocable. Il est étonnant de constater à quel point le récit vénitien est précis à ce sujet. En fait, c’est exactement ce qui se passe pendant la guerre de Trente Ans.

Je crois que cette histoire commence avec le départ d’Henri VIII de l’Europe continentale et la fondation de l’Église anglicane. Ce cataclysme dans l’histoire anglaise a ouvert la voie à la guerre de religion qui allait déchirer l’Angleterre pendant des siècles.

Les hommes de la Renaissance tels qu’Erasmus et Colet, et en particulier Sir Thomas More, espéraient que l’Angleterre deviendrait une île de grande connaissance et bénéficierait à toute l’humanité. Erasmus a dédié son Enchiridion du militant chrétien à Henri VIII d’Angleterre, tout comme il a dédié son Éducation d’un prince chrétien à l’empereur romain germanique Charles Quint.

Les Vénitiens n’auraient pas dû permettre que cela se produise. Le grand souci de Venise, depuis que la Ligue de Cambrai les avait presque détruits, était de s’assurer que l’Espagne ne fasse plus jamais d’alliance avec la France et l’Angleterre. La papauté s’y intéressait, puisque la lutte entre la France et l’Espagne se déroulait généralement sur le sol italien. Je dis cela parce que la papauté fut une des premières à former la Ligue de Cambrai et à déclarer la guerre à Venise. La Ligue fut à deux doigts de les écraser pour toujours, mais la papauté fut la première à rompre les rangs et à faire la paix avec Venise. Si l’on regarde la diplomatie anglaise lors de la Ligue de Cambrai, lorsque l’Espagne est entrée dans la ligue, l’Angleterre l’a également rejoint. Lorsque l’alliance s’est effondrée et que l’Espagne s’est disputée avec la France, Henri a immédiatement déclaré la guerre à la France. Le point évident est que même si Henri VIII était marié à Catherine d’Aragon, fille du roi d’Espagne, la capacité de manipuler Henri contre l’Espagne était considérablement réduite. Cette situation atteint son paroxysme après le sac de Rome. Lors de la bataille de Pavie en 1525, les forces françaises furent si durement vaincues par Charles Quint que le roi de France fut capturé et détenu contre rançon.

Venise était en panique. Outre le fait que l’armée espagnole victorieuse se trouvait sur le sol italien, les Français, qui avaient joué un rôle décisif dans le rapport de force de Venise contre l’Espagne, venaient de s’effondrer. C’était en 1525. Du point de vue de Venise, l’Angleterre devait rompre avec l’Espagne.

Il n’y avait qu’un seul moyen d’y parvenir : forcer Henry à divorcer de Catherine. La raison du divorce était l’incapacité de Catherine de produire un héritier mâle. Apparemment, cette aventure a rendu Henry fou, s’il ne l’était pas déjà. Il existait des moyens par lesquels Henri aurait pu résoudre ce problème de manière pacifique, sans divorce ni rupture avec Rome. Une solution – même Henry l’a suggéré – était de légitimer son fils illégitime afin que cette progéniture puisse devenir son héritier légal. Ceci, soit dit en passant, a été sanctionné par la papauté à une occasion antérieure. Une autre option était d’épouser sa bien-aimée Anne Boleyn tout en restant marié à Catherine afin de produire une progéniture mâle. Des mesures similaires avaient déjà été prises pour des raisons d’État avec la sanction du pape.

D’une part, la papauté, qui était sous contrôle espagnol, ne pouvait rien permettre de tout cela, mais, plus important encore, il semble qu’Henri ait été contraint d’emprunter la voie la plus brutale. Son principal conseiller au début était le cardinal Wolsey. Wolsey était parfaitement heureux d’obtenir une sorte de permission du pape pour Henry. Wolsey ne voulait pas que quelque chose de trop soudain se produise car il prétendait être élu pape avec l’aide de la France.

Puis quelque chose de dramatique s’est produit. Henry abandonna Wolsey et la famille Howard devint les principaux conseillers d’Henry. Parmi eux se trouvait le meilleur agent vénitien, Thomas Cromwell – je veux dire, littéralement formé à Venise. On peut spéculer sur la manière exacte dont cela a été fait, mais il ne fait aucun doute que le schisme a été contrôlé par les Vénitiens.

Au milieu de cet événement, en 1529, entre en scène le moine vénitien et kabbaliste Francesco Giorgi (Zorzi). Il est recherché par Thomas Cranmer, qui deviendra bientôt le premier archevêque de Cantorbéry à accepter de rompre avec Rome. Le prétexte pour faire venir George était qu’il puisse lire l’Ancien Testament hébreu original afin de déterminer si le mariage d’Henri avec Catherine était même valide. L’histoire est que Catherine était à l’origine mariée au frère aîné d’Henry, le prince héritier Arthur, décédé quelques mois plus tard. Il y a un passage dans l’Ancien Testament reconnaissant l’obligation pour un homme d’épouser la femme de son frère décédé, et un autre passage l’interdisant. Pour couvrir toutes les possibilités, une dispense papale fut émise autorisant le mariage d’Henri avec Catherine. George devait maintenant convaincre Henry que le passage biblique interdisant un tel mariage faisait autorité et que le passage contraire était inapplicable. La dispense sur laquelle était fondé le mariage d’Henri, parce qu’elle était contraire aux Saintes Écritures, était invalide. Selon George, le pape a outrepassé son autorité en le libérant. Le témoignage fiable de Catherine selon lequel son premier mariage n’a jamais été consommé a été tout simplement ignoré.

Ainsi, selon George, Henry n’a jamais été légalement marié à Catherine. Georges, s’appuyant sur toute la puissance de Venise, assura à Henri qu’il serait soutenu dans sa rupture. Henry était alors devenu épris d’Anne Boleyn, la petite-fille de Thomas Howard, deuxième duc de Norfolk, et s’empara avec empressement des découvertes de Georgie.

Dès que Cranmer fut nommé archevêque de Cantorbéry, il prit formellement une nouvelle décision en utilisant les arguments de George. L’appel à Rome était désormais considéré comme une trahison.


George et l’occulte

George n’était pas un personnage mineur. Sa famille était l’une des dix plus hautes familles dirigeantes de Venise et il devint l’un des ambassadeurs de Venise dans les années critiques qui suivirent le sac de Rome en 1527.

Cependant, plus important que son interprétation des Écritures concernant le divorce, aussi critique soit-elle, c’est qu’il était la courroie d’entraînement du mouvement contre-culturel qui devait aboutir à la prise de contrôle occulte de l’Angleterre et finalement conduire à la création d’une franc-maçonnerie spéculative. . Il est étonnant que George sache qui était son principal ennemi. Dans son œuvre principale, Harmonice Mundi, Georges attaque Nicolas de Cuse. Dans ce qui devrait devenir la déclaration la plus fondamentale de la franc-maçonnerie spéculative, George déclare : « Le chercheur de la Monade (l’Unique) peut se retirer dans la théologie négative et la Docta Ignorantia, ou il peut chercher à suivre la divine Monana dans son expansion. en trois mondes. »

Harmonice Mundi est l’une des premières œuvres systématiques de la Kabbale néoplatonicienne dite chrétienne. George lance une attaque culturelle meurtrière contre l’Angleterre. Il introduit deux concepts importants qui ont préparé l’Angleterre à la franc-maçonnerie. Premièrement, l’idée néoplatonicienne selon laquelle « l’Un » est directement connaissable. Dans le dialogue Parménide de Platon, il soutient qu’il n’y a qu’une seule façon pour les gens de connaître l’Un. Il le prouve par une méthode appelée plus tard «docta ignorantia» par Cusa, une méthode visant à démontrer de manière exhaustive que toute approche qui tente de résoudre le paradoxe de l’un et du multiple conduit à une contradiction désespérée. Par conséquent, il laisse au lecteur du dialogue la nécessité d’émettre une hypothèse sur une solution différente. L’idée selon laquelle l’Un est directement connaissable est une déformation directe de Platon.

L’idée selon laquelle Dieu peut être connu directement est un concept mystique. Nous arrivons ici directement à l’essence de l’épistémologie vénitienne. Comme Lin l’explique dans son article « L’histoire en tant que science », le visage du mal est l’empirisme, ou la croyance que la seule chose que l’on peut savoir est ce qui est directement confirmé par nos sens. Il semblerait que le mysticisme et l’empirisme soient aux antipodes. C’est exactement le contraire de l’empirisme. La logique du mystique George est qu’en fait nous ne pouvons connaître qu’à travers nos sens ; par conséquent, la seule façon de vraiment connaître Dieu est de faire l’expérience de Lui directement à travers nos sens. C’est l’essence du mysticisme. C’est aussi de l’empirisme.


A l’assaut de la Renaissance

C’est ici que je souhaite développer ce qui peut sembler être une fausse piste, mais sans une telle discussion, il est impossible de comprendre ce qui va se passer ensuite. Frances Yates, notre ennemie à l’Institut Warburg, a accompli, du point de vue de l’ennemi, un travail utile en créant un renouveau païen autour de l’Académie platonicienne de Florence. Je dois ajouter ici une mise en garde qui montre comment nos ennemis créent des mythes. L’Institut Warburg est le plus grand institut de recherche de la Renaissance. C’est Yeats de Warburg qui tente de prouver que la Renaissance résulte d’un retour occulte aux religions préchrétiennes et d’un renouveau du néoplatonisme.

Ainsi, à sa manière habituelle, elle va trop loin, mais son identification à la tendance est irréfutable. L’attaque contre les scolastiques aristotéliciens issus de la Renaissance est utile et a pour effet secondaire, notamment en Angleterre, de créer un groupe hautement alphabétisé autour de John Colet et d’autres qui vont à Florence et étudient le grec ancien. Ils se regroupent autour d’Erasmus et de Sir Thomas More. Ils créent l’épanouissement du véritable christianisme et de la culture qui mène à Shakespeare.

Il convient également de noter qu’Erasme est issu du grand mouvement pédagogique des Frères de la Vie Commune, et non pas principalement de l’Académie platonicienne de Ficin.

Il faut comprendre quelle folie ce fut pour Aristote de rester la force dominante dans les universités pour comprendre quel soulagement ce fut de réintroduire Platon dans l’original. Cet ouvrage utile a été traduit par Ficin et financé par Cosme de Médicis.

Cependant, cela s’est accompagné de la tromperie néoplatonicienne et de la traduction d’un ancien mystique nommé Hermès Trismégiste. Selon une légende du XVe siècle émanant de Lactance, le Père de l’Église, Hermès Trismégiste était censé prédire la venue du Christ. Hermès Trismégiste, dans La Parole Parfaite, utilise ces mots : « Le Seigneur et Créateur de toutes choses, que nous avons cru juste d’appeler Dieu, parce qu’il a rendu le second Dieu visible et sensible… Parce qu’il l’a donc créé le premier, et seulement, et seulement, il lui paraissait beau et plein de tous bienfaits ; et il l’a sanctifié et l’a aimé généralement comme son Fils. La tromperie perpétrée par les néoplatoniciens du deuxième siècle était qu’Hermès était censé avoir vécu à l’époque de Moïse et de son histoire de création et de la citation que je vous ai lue. tout s’est passé environ 1500 ans avant la naissance du Christ. En fait, elle remonte au IIe siècle après J.-C. Ficin ne le savait pas. Par conséquent, la vénération d’Hermès était basée sur la croyance qu’il avait prédit la venue du Christ il y a 1 500 ans.

Dans les œuvres hermétiques que Ficin traduisit, il fut personnellement très frappé par certains des éléments de magie naturelle présents dans ces œuvres. Il ne voulait pas d’hérésie et a ensuite été défendu par le pape, mais cela a ouvert la porte à la légitimation de ce qui s’est avéré être une fraude néoplatonicienne. Le danger ici est le même qui a toujours été inhérent aux néoplatoniciens, par opposition au véritable Platon. Les néoplatoniciens croyaient en un esprit universel et que l’esprit pouvait être amené à pénétrer dans la matière grâce à l’utilisation de l’âme, qui se trouvait à mi-chemin entre l’esprit et la matière. Cette utilisation de l’âme est ce qu’on appelle la magie. Augustin fut dégoûté par cette pratique et réprimanda fortement Hermès pour avoir pratiqué une telle magie.


Cabale

Le pire aspect de tout cela est venu du Pico della Mirandola. Il revient à l’idée de l’âme du monde, arguant que l’homme ne participe qu’en tant que réceptacle de l’âme du monde. Apparemment, le corps est mort, mais l’âme du monde a continué à vivre. Cela niait l’âme individuelle et le caractère unique de l’individu. Pico, dans son Oraison sur la dignité de l’homme, donne la formulation la plus dramatique de cette idée :

« …Quelles que soient les graines que chaque personne cultive, elles pousseront et porteront du fruit en lui. S’ils sont végétatifs, ce sera comme une plante. S’il est sensible, il deviendra impoli. S’il est intelligent, il deviendra un être céleste. S’il est intelligent, il sera un ange et un fils de Dieu. Et si, heureux du sort de l’incréé, il se retire au centre de son unité, alors son esprit, devenu un avec Dieu, dans les ténèbres solitaires de Dieu, placé au-dessus de toutes choses, les surpassera tous. Qui n’admirerait pas notre caméléon ? Ou qui pourrait admirer autre chose de plus ? C’est précisément l’homme qu’Asclépios d’Athènes, arguant de la variabilité de son caractère et de sa nature auto-transformatrice, affirme à juste titre que Protée le symbolisait dans les mystères. D’où ces métamorphoses connues chez les Juifs et les Pythagoriciens.

Pico est également allé encore plus loin dans le mysticisme, en insistant sur le fait que la Kabbale était la source de la sagesse ancienne que Moïse a transmise aux disciples d’élite, une doctrine ésotérique qui ne pouvait être interprétée que par quelques privilégiés. C’est l’idée selon laquelle, grâce à la manipulation de symboles, vous pouvez accéder directement à Dieu et à son univers. C’est l’abandon de la méthode scientifique au profit de la manipulation des symboles.

Pico a écrit : « 35. De la même manière, lorsque la véritable interprétation de la Loi fut révélée par le commandement de Dieu, divinement transmis à Moïse, elle fut appelée Kabbale, mot qui chez les Juifs équivaut à « acceptation » chez nous. ; pour la raison, bien sûr, qu’un homme d’un autre, par une sorte de droit héréditaire, a reçu cet enseignement, non par des écrits, mais par une succession régulière de révélations… Ces livres contiennent principalement, comme Esdras d’une voix claire a justement déclaré la source de la compréhension, c’est-à-dire la théologie ineffable d’une divinité supra-essentielle ; la source de la sagesse, c’est-à-dire la métaphysique exacte des formes intellectuelles et angéliques ; et le courant de la connaissance, c’est-à-dire la philosophie la plus persistante des choses naturelles.

C’est à ce mouvement qu’appartient Georges, et cette branche de la philosophie vénitienne a fondé la franc-maçonnerie et le Nouvel Âge.

C’est un moment d’une grande importance. L’une des principales idées fausses de l’Église catholique moderne au sujet de la Renaissance est que les Aristotéliciens de l’Église ont utilisé la définition de ce problème néoplatonicien pour attaquer la Renaissance comme étant païenne et humaniste, alors qu’en fait elle a été lancée comme une opération. Aristotéliciens padouans sous couvert de platonisme afin de détruire Cuza et le christianisme.

Ce néoplatonisme et cette cabalisme occultes se sont répandus en Angleterre. Pas moins d’un personnage que Christopher Marlowe s’est prononcé contre lui.

Dans sa pièce de Faustus, Marlowe identifie le problème de l’ensemble de l’élite élisabéthaine. Marlowe lui-même était un officier du renseignement et était présent lorsque des décisions importantes étaient prises par Walsingham, qui, dans un sens, était le chef de la CIA sous Elizabeth.

Marlowe résume le problème de l’époque et expose le mysticisme et la nécromancie à la cour d’Elizabeth. Tout l’intérêt de Faust était qu’il était fatigué de toute connaissance. On suppose qu’il s’agissait d’une attaque contre les scolastiques aristotéliciens, mais Faustus finit par conclure un pacte avec le diable. En cela, Marlow révèle la vérité sur la relation entre l’arisotélisme et le mysticisme.

La pièce de Marlowe a fait sensation dans les réseaux vénitiens autour d’Elizabeth. Comme un coup de grâce, Marlow fait directement référence à Georgie. Lorsque Méphistophélès apparaît à Faust et qu’il est trop laid, Faust dit : « Va ramener le vieux moine franciscain, cette sainte image convient le mieux au diable. »

Peu de temps après avoir écrit cette pièce, Marlowe fut assassiné.


Création de la franc-maçonnerie

Nous continuons maintenant l’histoire des années 1580 et comment les Vénitiens ont créé la franc-maçonnerie en Angleterre.

Comme je l’ai dit, l’occultisme a envahi l’Angleterre. Après la défaite de l’Armada espagnole, le groupe vénitien autour de Fra Paolo Sarpi, appelé les Giovani, décide de devenir plus agressif.

Venise entre en guerre contre la papauté en 1606. Il s’agit d’un conflit de compétence concernant l’argent et le droit de juger les criminels qui se trouvent sous la juridiction papale. Le pape impose un interdit à Venise. Sarpi est choisi par Venise pour défendre la cité-État et est excommunié. Il écrit avec succès plusieurs pamphlets contre Rome, qui sont immédiatement traduits en anglais et largement diffusés. Après que Venise ait remporté cette bataille, Sarpi est presque tué et, malgré plusieurs blessures au cou et à la tête, il survit. La tentative d’assassinat est à juste titre placée au seuil de Rome. À ce moment, Sarpi devient la personne la plus célèbre de Venise et d’Angleterre. Henry Wotton, diplomate anglais, entretenait constamment des contacts avec Sarpi par l’intermédiaire d’intermédiaires.

L’escalade suivante eut lieu en 1616, lorsque eut lieu le mariage royal. Ce mariage était évoqué en Angleterre et appelait le mariage de la Tamise et du Rhin. La fille de Jacques Ier devait épouser l’électeur palatin. Ce mariage protestant-anglican était, aux yeux de Venise, un contrepoids important aux Habsbourg.

C’est alors que la chose la plus étrange se produit. L’année du mariage, le premier traité rosicrucien fut rédigé. Ça s’appelle « Fama ». Il appelle à la formation de la Fraternité Rose-Croix et à la réforme de tous les savoirs. Ce n’est pas très loin de ce que réclame Francis Bacon, l’ami de Sarpy. Peu de temps après, un autre document est écrit, la Confession, encore une fois clairement rosicrucien. Il appelle le pape l’Antéchrist. Tous deux sont rédigés en allemand et circulent sur le territoire de l’électeur palatin.

C’est du pur kabbale néoplatonicien. Voici une description de la tombe de Christian Rosenkreutz tirée de la première brochure Fama :

« Le lendemain matin, nous avons ouvert la porte et nous avons vu une voûte à sept côtés et angles, chaque côté ayant cinq pieds de large et huit pieds de haut. Même si le soleil n’a jamais brillé dans cette voûte, elle était néanmoins éclairée par un autre soleil, qui l’apprenait du soleil et se situait dans la partie supérieure, au centre du plafond. Au milieu, au lieu d’une pierre tombale, il y avait un autel rond recouvert d’une plaque de cuivre, sur lequel était gravé ce qui suit : « Tout cela est clair et lumineux, comme le sont les sept côtés et les deux heptagones : c’est pourquoi nous nous agenouillions et a rendu grâce au seul Dieu sage, au seul puissant et au seul Dieu éternel, qui nous a enseigné plus que tout esprit humain ne pouvait savoir, loué soit son saint nom. Nous avons divisé cette voûte en trois parties : la partie supérieure ou plafond, le mur ou côté, le sol ou plancher. « Vous ne comprendrez rien de plus à la partie supérieure à l’heure actuelle, sinon qu’elle était divisée en sept côtés dans un triangle, qui était au centre clair ; mais ce qui y est contenu, vous, par la volonté de Dieu (qui voulez notre compagnie), le verrez de vos propres yeux ; mais chaque côté ou mur est divisé en dix figures, chacune avec ses propres figures et propositions, telles qu’elles sont effectivement montrées et exposées dans le Concentrum ici dans notre livre.

Plusieurs autres documents ont été rédigés sur la thèse rosicrucienne, tous reconnaissant avoir résolu le mystère de la relation entre le microcosme et le macrocosme. C’est le nom du livre de Robert Fludd. Kepler attaque Fludd comme un mystique qui utilise les nombres comme forme de symbolisme cabalistique et s’engage dans une défense sauvage de ses écrits. Presque immédiatement, plusieurs documents rosicruciens furent rédigés et diffusés, publiés par la même maison d’édition du Palatinat.

Le côté politique et vénitien de tout cela était évident. Le conseiller militaire de l’électeur était Christian Anhalt, ami de Henry Wotton et Paolo Sarpi. Ils espéraient qu’une ligue protestante se formerait autour du prince et tenterait de s’emparer de la couronne tchèque et de vaincre les Habsbourg. L’électeur subit une défaite massive. Cet incident marqua le début de la guerre de Trente Ans. On rapporte que la raison pour laquelle il a été si vaincu était que Jacques d’Angleterre a refusé de suivre le plan. Nous ne serions pas loin de la vérité si nous disions que du point de vue de Venise, James était inadéquat et que Venise devait porter au pouvoir un gouvernement plus radical. Ce sont eux qui ont soutenu Oliver Cromwell. Venise a toujours voulu la souveraineté parlementaire comme forme de gouvernement capable de contrôler n’importe quel roi.

Que faisaient les Vénitiens ? Maintenant, ça devient intéressant. Regardons deux citations, l’une de Sarpi et l’autre de Paruta. Vous représentez une attaque fondamentale contre la méthode scientifique. Paruta était un empiriste :

« Bien que notre esprit puisse être divin dès sa naissance, il vit ici-bas parmi ces membres terrestres et ne peut accomplir ses actions sans l’aide des sensations corporelles. Avec leur aide, dessinant des images de choses matérielles dans sa conscience, il imagine ces choses et forme ainsi ses propres concepts à leur sujet. Pour la même raison, il s’élève généralement à la contemplation spirituelle non pas de lui-même, mais éveillé par des objets sensoriels. »

Sarpi était aussi un empiriste : « Il y a quatre manières de philosopher : la première – uniquement avec la raison, la seconde – uniquement avec le sentiment, la troisième – avec la raison puis avec le sentiment, et la quatrième – en commençant par le sens et en terminant par la raison. La première est la pire, car elle nous permet de savoir ce que nous aimerions être et non ce que nous sommes. La troisième est mauvaise, car nous déformons souvent ce qui est en ce que nous aimerions, au lieu d’ajuster ce que nous aimerions à ce qui est. La seconde est vraie, mais grossière et nous permet d’en savoir peu, plus sur les choses que sur leurs causes. Le quatrième est le meilleur que nous puissions avoir dans cette vie misérable.

C’est la méthode inductive de Francis Bacon. Les idées de Bacon sur la méthode inductive sont tirées de The Art of the Mind et d’autres écrits de Sarpi.

Ici, je voudrais citer la série de Webster Tarpley dans The New Federalist : « Sarpy ressemble beaucoup à Bacon, Hobbes, Locke et Hume. Cela n’est pas surprenant puisque Sarpi et Micanzio étaient en contact étroit avec Hobbes et Bacon, parfois directement et parfois par l’intermédiaire de William Cavendish, comte de Devonshire, ami de Francis Bacon et employeur de Thomas Hobbes. Bacon, bien sûr, était un ardent irrationaliste, un rosicrucien à la vénitienne et un pédéraste. Cavendish a peut-être présenté Bacon à Hobbes, qui sont rapidement devenus un couple. Chatsworth House, à Cornwall, abrite un manuscrit intitulé Traductions des lettres italiennes de Hobbes, contenant 77 lettres de Micanzio au comte (appelé Candiscio). Selon Dudley Carleton, Cavendish visita Venise et Padoue en septembre 1614, accompagné de Hobbes. Ensuite, des rencontres avec Sarpi et Micanzio auraient dû être à l’ordre du jour.

« Cela a clairement inspiré les spéculations méthodologiques décousues de Francis Bacon. » Et maintenant le résultat le plus étonnant.

Bacon, Fludd et Descartes prétendent tous être rosicruciens ou recherchent des rosicruciens. La coïncidence est stupéfiante.

De quel genre de mouvement s’agissait-il ? Elle devient la British Royal Society et la Franc-maçonnerie. Ce culte vénitien dirige en réalité l’establishment scientifique de l’Europe occidentale ! Nos scientifiques d’aujourd’hui sont le groupe le plus corrompu épistémologiquement de tous les groupes de la société !


Société royale

Parlons maintenant de la création de la British Royal Society. Nous datant de l’éducation plus tôt qu’on ne le pensait auparavant. En 1640, une série de réunions ont lieu en Angleterre. C’est une année importante car elle marque le début du Long Parlement. Comenius et Samuel Hartlieb y ont participé. Comenius était originaire de Bohême et vivait dans le Palatinat pendant les années fatidiques du rosicrucianisme, aux côtés de l’Anglais Samuel Hartlib, avec lequel il entretenait des contacts étroits. Après la défaite du Palatinat, ils se retrouvent tous deux en Angleterre de manière différente. Au début du Long Parlement, il y eut un nouvel élan de littérature enthousiaste. L’une des œuvres écrites par Hartlieb en 1640, Une description du célèbre royaume de Macaria, est une œuvre utopique adressée à l’attention du Long Parlement. Un an plus tard, Comenius écrivit La Voie de la Lumière. Ils réclament la création d’un « Collège invisible », nom de code des Rosicruciens.

Maintenant, l’intrigue devient plus compliquée. En 1645, une réunion a lieu pour discuter des sciences naturelles. Sont présents à la réunion M. Theodor Haack du Palatinat et le Dr John Wilkins, qui était à l’époque aumônier de l’électeur palatin. Wilkins était l’homme derrière les réunions d’Oxford qui devinrent la British Royal Society en 1660. Un autre fondateur de la Royal Society fut Robert Boyle, qui mentionne à nouveau le collège invisible dans des lettres de 1646. John Wilkins écrit un livre intitulé Mathematical Magic en 1648, dans lequel il mentionne explicitement la Rose-Croix et rend hommage aux occultistes Robert Fludd et John Dee.

La clé de la véritable tradition rosicrucienne au sein de la British Royal Society est Elias Ashmole. Il était un rosicrucien sans vergogne et écrivit en 1654 une lettre demandant « aux rosicruciens de lui permettre de rejoindre leur confrérie ». Son travail scientifique a été défendu par les ouvrages de John Dee, notamment Monas Hieroglyphicas et Theatrum Chemicum Britanicum 1652 de Dee. Il s’agit d’un recueil de tous les ouvrages alchimiques d’auteurs anglais. Au début de cet ouvrage, il fait l’éloge de l’événement mythique au cours duquel le frère de la Rose de la Croix guérit le comte de Norfolk de la lèpre.

Ashmole était l’un des membres fondateurs officiels de la British Royal Society. Isaac Newton était une autre figure majeure clairement rosicrucienne. Il possédait des exemplaires du Fama et des Confessions, et le livre Theatrum, compilé par Ashmole, était la bible de Newton. De plus, comme nous l’avons appris plus tôt, Newton avait une série d’articles sur le livre de Daniel, consacrés aux calculs de la fin des temps.

L’historien Francis Yates, dans son livre Rosicrucianisme des Lumières, dans le chapitre intitulé « Rosicrucianisme et franc-maçonnerie », cite un certain De Quincey, qui déclare : « La franc-maçonnerie n’est rien d’autre que le rosicrucianisme, modifié par ceux qui l’ont propagé en Angleterre ». , d’où il était réexporté vers d’autres pays européens. De Quincey soutient que Robert Fludd était l’homme le plus responsable de l’introduction du rosicrucianisme en Angleterre et de son nouveau nom. Ce qui est surprenant, c’est qu’Elias Ashmole a été l’un des premiers intronisés enregistrés, mais en fait, le premier intronisé enregistré était le Dr Robert Moray à Édimbourg en 1641. Ashmole et Moray étaient tous deux membres fondateurs de la British Royal Society. Bien qu’il existe de nombreuses histoires sur les origines anciennes des francs-maçons, voici une annonce d’une de leurs réunions en 1676 : Les Adeptes et la Compagnie des Maçons Acceptés… » Il est intéressant de constater à quel point cette tradition est claire.

En conclusion, nous avons démontré que Venise a créé le mouvement rosicrucien, qui domine l’Angleterre et crée la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie crée à son tour la British Royal Society, qui mène une guerre totale contre l’influence de Cuza sur Kepler et Leibniz. Nous avons également obtenu un résultat étonnant dans la compréhension de la guerre grâce à ce qu’on appelle la méthode scientifique moderne.

Ce discours a été préparé en collaboration avec Webster Tarpley et David Cherry.


Liens

« Ce que nous appelons la méthode scientifique moderne est une croyance occulte créée par la franc-maçonnerie pour détruire l’œuvre de Nicolas de Cues. C’est la création vénitienne de la franc-maçonnerie qui a conduit à une scission radicale dans la science entre la science de l’esprit, la théologie et la science de la matière. »

(Bacon, Ashmolean, monument de Newton) :

Galerie nationale de portraits

Sir Francis Bacon (1561-1626), à partir de 1618, baron Verulam et Lord Chancelier d’Angleterre. Bacon, qui correspondait avec le super-espion vénitien Paolo Sarpi, est crédité à tort d’avoir contribué à la création de la méthode scientifique.

Elias Ashmole (1617-1692), alchimiste, l’un des fondateurs de la Royal Society. Ashmole était profondément intéressé par le rosicrucianisme et a écrit pour défendre l’astrologue élisabéthain John Dee.

Musée Fitzwilliam, Cambridge

Monument à la fraude scientifique Isaac Newton, un autre rosicrucien majeur de la première Royal Society. Intitulé Monument allégorique à Isaac Newton, il a été peint par l’artiste vénitien Giovanni Battista Pittoni.

« L’histoire commence avec le départ d’Henri VIII de l’Europe continentale et la fondation de l’Église anglicane. Ce cataclysme dans l’histoire anglaise a jeté les bases d’une guerre de religion qui allait déchirer l’Angleterre pendant des siècles. »

«Tant qu’Henri VIII était marié à Catherine d’Aragon, fille du roi d’Espagne, la capacité de Venise à manipuler Henri contre l’Espagne était considérablement réduite. Cela a atteint son apogée après le sac de Rome.

Musée anglais

Henri VIII (1491-1547) à la fin de sa vie, dessin de Cornslees Matsys.

Galerie nationale de portraits

La reine d’Henri VIII, Catherine d’Aragon, était l’incarnation vivante et éclatante de l’alliance traditionnelle entre l’Angleterre et l’Espagne. Artiste inconnu.

Duc de Norfolk

Thomas Howard, 2e duc de Norfolk, dirigea le parti vénitien parmi la noblesse anglaise jusqu’à sa mort en 1524.

Galerie nationale de portraits

Anne Boleyn, petite-fille du deuxième duc de Norfolk, a été utilisée comme appât sexuel pour séparer Henry de Catherine. Le moine vénitien et kabbaliste Francesco Giorgi informa Henri que son mariage avec Catherine n’avait jamais été valide.

Collection Frick, New York

Thomas Cromwell (1485-1540) devint le premier ministre d’Henri lorsque le parti vénitien arriva au pouvoir. Cromwell avait une idée claire de l’état immoral en tant que loi, tel que décrit par Aristote dans son Éthique à Nicomaque.

« Le travail de George était la courroie de transmission du mouvement contre-culturel qui culminerait avec la prise de contrôle occulte de l’Angleterre et conduirait finalement à la création d’une franc-maçonnerie spéculative. »

« Venise a créé le mouvement rosicrucien, qui domine l’Angleterre, et a créé la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie a à son tour créé la British Royal Society, qui a mené une guerre totale contre l’influence de Cuza sur Kepler et Leibniz. »

Les écrits alchimiques, occultes et mystiques attribués à Hermès Trismégiste vers le troisième siècle après JC furent introduits dans la tradition judéo-chrétienne par ses ennemis. Robert Fludd a poursuivi cette tradition dans l’Angleterre élisabéthaine, tout comme Newton (1642-1727) depuis son poste de président de la Royal Society. Dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant du coin supérieur gauche : deux gravures sur bois d’Hermès Trismégiste ; illustration de la page de titre du livre de Fludd Summum Bonum, défendant le rosicrucianisme.

Plongée dans la loge maçonnique gaillacoise

De notre confrère ladepeche.fr

La Loge Orion s’est ouverte en 1813. Une « grande loge dans une petite ville ». À l’occasion du 250e anniversaire du Grand Orient de France, les « frères » gaillacois ont créé leur « Mur des Illustres ».

Le Grand Orient de France fête cette année les 250 ans de son appellation. Sa loge gaillacoise a voulu marquer cette célébration par la réalisation d’un mur mémoriel honorant six de ses anciens membres qui se sont illustrés dans la vie de la loge et de la société.

Rendez-vous est pris avec Robert, un « frère », sur une place de la ville. Il nous conduit dans une rue du centre historique. Une porte anonyme ouvre sur une galerie. Sur la droite, des fac-similés de « J’accuse » de Zola dans l’Aurore, de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » d’Olympe de Gouges, et une gravure illustrant la plantation d’un arbre de la Liberté.

En face, les photos des illustres frères Fos de Laborde (1750-1814), délégué du Tiers Etat et maire de Gaillac : c’est lui qui fonda la Loge La Parfaite Harmonie en 1774 qui devint Orion en 1813. Paul Marchandeau, six fois ministre de la troisième République et maire de Reims, fut initié à Orion en 1904. Paul Bousquet (1907-1983) résistant gaillacois, en fut le Vénérable pendant quatorze ans. Pendant la guerre, il cacha chez lui les archives de cette Loge Orion, puis relança son activité à la Libération.

Hubert Landes (1905-1982) chef de la brigade de Vabre, sauva de nombreux juifs et fut reconnu en 2021 Juste parmi les Nations. Roger Navarrot (1907-1963) impulsa dès 1940 la Résistance sur Gaillac aux côtés de Renée Metge, Lucien Flour et Pierre Vendeven, dit « Vendôme ». Robert Labrusse, ancien Préfet, fut membre du Conseil de l’Ordre.

Rites et Fraternité

En juin, les frères ont tenu une cérémonie inaugurale rappelant qu’une « petite ville peut avoir une grande loge ». Robert indique que jusqu’en 2021, l’édifice abritait trois loges, mais la Grande Loge Féminine de France est partie à Albi. Restent Le Grand Orient de France et Le Droit Humain.

Robert préside l’Association Philanthropique, propriétaire des locaux. « Sous Vichy, ils avaient été vidés, mais le maire avait résisté pour garder le bâtiment et y recueillir des réfugiés. Un charpentier s’y est installé et l’a maintenu en l’état. Puis le Comité de Libération a demandé, dès sa première réunion, d’y réinstaller la Loge ». Comité que présidait un frère, Roger Navarrot.

Ce sont des Francs Maçons qui ont travaillé à gratter, piquer et jointer les briques. L’an dernier, l’édifice a été mis en accessibilité. Robert poursuit le guidage vers la cuisine et la salle où ils se retrouvent deux fois par mois. « Ici, nous mangeons avant la tenue. Ailleurs, c’est souvent l’inverse. À tour de rôle, trois frères se chargent du repas ».

À l’étage, la bibliothèque et, derrière une porte où il faut taper avant d’entrer, se trouve le Temple. Une pièce où l’éclairage indirect maintient une pénombre bleutée propice à la réflexion. Sur les côtés, des fauteuils alignés comme dans une stalle, un parquet ciré, une estrade parée des signes maçonniques : triangle, équerre et compas.

Robert parle à voix basse. « Ici, on apporte sa vision sans affrontement. La Loge est une école de maîtrise de soi, on apprend à écouter. Au-delà des sujets de société abordés, il y a les relations interpersonnelles, la fraternité qui règne entre nous ». La visite se termine, la porte se referme sur leurs secrets. Ils se retrouveront lors de la prochaine tenue. Quand et sur quel thème ? Robert sourit en guise de réponse.

Liberté religieuse et affiliation maçonnique : La controverse autour de la décision d’Oligui Nguema

De notre confrère magazinesuperstar.com – Par Rhonny Starr Biyong

L’annonce récente selon laquelle le président gabonais, Brice Oligui Nguema, aurait refusé le poste de Grand Maître de la Grande Loge du Gabon, a déclenché un débat intense sur sa foi chrétienne et son affiliation à la Franc-maçonnerie. Cependant, une enquête plus approfondie révèle des éléments importants à considérer.

Oligui Nguema : Franc-maçon ou non ?

Pour prétendre à un poste de Grand Maître dans une loge maçonnique, il est impératif d’être un membre de la Franc-maçonnerie. Le Grand Maître est généralement un franc-maçon expérimenté, respecté au sein de sa loge et de son obédience maçonnique. Selon ces informations, il est confirmé qu’Oligui Nguema est effectivement un franc-maçon. Cela met malheureusement ou heureusement en lumière une dimension de sa vie personnelle que le public n’avait peut-être pas pleinement réalisée.

Remise en question de sa foi chrétienne

La GLG (Grande Loge de Gabon) n’est pas opposée à la foi chrétienne. Au contraire, elle encourage la foi chrétienne parmi ses membres, en se basant sur les enseignements des versets bibliques, du Coran et de tous les livres saints qui sont en relation avec le Créateur. Cette caractéristique est exclusive aux obédiences régulières. Si Brice Oligui n’était pas chrétien, il ne serait peut-être pas admis parmi les membres de la GLG. La Franc-maçonnerie accueille des membres de diverses confessions religieuses, y compris des chrétiens, sans imposer une religion spécifique. Cependant, certaines églises chrétiennes, telles que l’Église catholique à laquelle Oligui Nguema pourrait appartenir, découragent fortement l’adhésion à la Franc-maçonnerie en raison de divergences avec leurs croyances. Il est important de noter que malgré cela, la foi est une question personnelle, et être membre de la Franc-maçonnerie ne signifie pas nécessairement renoncer à ses croyances religieuses. La foi est personnelle.

Son refus du poste de Grand Maître : une clarification nécessaire.

Il a été largement rapporté que le président Oligui Nguema a refusé le poste de Grand Maître, suscitant des spéculations sur les raisons de ce refus. Cependant, une enquête approfondie révèle des informations contradictoires.

– 1. La Grande Loge du Gabon est la première Grande Loge Régulière d’Afrique Francophone.  Elle place Dieu au centre de ses activités et ses initiations et serments se font sur la Sainte Bible.  Pour y être membre, il faut obligatoirement croire en Dieu.

– 2. Pour prétendre à la fonction de Grand Maître de la GLG, il faut obligatoirement au préalable être un grand officier dans la GLG.  Qualité que Brice Oligui n’a pas car étant simple Maître Maçon, c’est à dire un troisième degré.  Par conséquent, ayant une parfaite connaissance de ces règles cardinales, il ne pouvait donc pas prétendre à une telle fonction, largement au-dessus de son grade. Et personne ne lui en a fait la proposition. 

– 3. Le Grand Maître de la GLG est désigné parmi les grands officiers de l’ordre. Et pour être candidat, il faut déjà en faire partie.  Ce que Brice Oligui n’est pas. Il n’a donc pas fait acte de candidature.  Par conséquent, il est important de souligner que l’affirmation selon laquelle Oligui Nguema aurait refusé le poste est inexacte et semble avoir été manipulée à des fins non spécifiées. Sa décision peut être davantage liée à des critères maçonniques, plutôt qu’à un refus catégorique.

En conclusion, cette controverse autour de la relation entre Oligui Nguema, sa foi chrétienne et sa franc-maçonnerie souligne l’importance de respecter la liberté religieuse et d’association de chaque individu. Les affiliations religieuses et maçonniques sont des aspects personnels de la vie de quelqu’un et ne devraient pas être exploités pour des objectifs politiques ou sensationnalistes.