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Michel Onfray : La franc-maçonnerie, origines et principes

Partie 11 : La franc-maçonnerie, origines et principes · Michel Onfray · Michel Onfray Contre-histoire de la philosophie, vol. 8 (2ème partie) (Les Ultras des Lumières 4) ℗ Radio France, Frémeaux & Associés, Grasset, Université Populaire de Caen.

Le chemin initiatique

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Entamer la démarche maçonnique. Pour quelle finalité ? C’est la question importante que je me suis posée dès mon initiation en apprenant mon « devoir de silence » sur les colonnes pendant mon apprentissage. Puis, en ayant remarqué dans le miroir avec amusement que mes deux oreilles, comme tout un chacun, étaient en forme de point d’interrogation, j’en ai déduit que je devais commencer par écouter les échanges de mes frères et sœurs.

Pour les comprendre et me comprendre. Pour faire ma connaissance ! Et ouvrir le chemin initiatique devant moi. Aujourd’hui, après mes nombreuses années de marche, je le constate : Penser, évaluer, communiquer, interagir avec les autres, affine raisonnements, jugements, langages et attitudes. L’homme-maçon que je suis n’est plus de la sorte taraudé par le sempiternel « QUI suis-je ? ». Se dégager de cet autocentrisme, c’est enfin accéder au « QUE Suis-je ? ».

 Autrement dit, c’est non seulement découvrir mon identité, mais en passant du Moi social au Soi profond – cet espace intime que nous nommons notre « temple intérieur » – c’est trouver ma place dans la société des hommes (en tant qu’être inscrit dans un récit, familial, amical, professionnel, associatif). Pas uniquement pour conquérir une position sociale ou maçonnique, mais aussi et surtout pour bénéficier d’un « espace de contentement » privé où je peux me sentir heureux et d’où je peux rendre heureux mon entourage. Dans la reconnaissance et considération mutuelles, aimer et être aimé. Mon épanouissement dépend de cette harmonie qui est elle-même stimulante, engageante à entreprendre et croître. L’ambition n’est pas un défaut quand il s’agit d’augmenter ma « puissance d’être », d’élargir mon esprit, de découvrir et de créer en bonne compagnie. Bref, de mieux être pour mieux vivre, de mieux échanger pour mieux partager.

Ainsi pour le franc-maçon, la franc-maçonne, friand (e) de symbolisme, tailler sa pierre, ne consiste pas à y sculpter un personnage artificiel, mais – c’est bien différent – à s’extraire soi-même de cette gangue socio-culturelle ambiante qui au gré des tendances et modes, l’emprisonne. Et partant du précepte socratique « Connais-toi toi-même », il, elle rejoint celui de Pindare « Deviens ce que tu es ». Cette naissance de soi, c’est bien le sens de l’initiation : L’Homme rendu à lui-même ! Libre !

Le fait de penser et communiquer, de choisir et de décider, produit des attitudes et des comportements uniques sans équivalents dans le règne animal. L’immense majorité des êtres humains ne vit plus vraiment au sein de la nature, mais dans un milieu culturel, social, technique et économique, forgé au fil des générations. La qualification de « sapiens » attribuée par l’anthropologie à cet homme évolutif est fondée en termes de connaissances, d’acquisitions et d’applications de son intelligence, mais ne fait pas de lui le « sage » annoncé. Il a les défauts de ses qualités. Par exemple, curiosité, volonté, courage, orgueil, sont autant d’adjectifs qui peuvent engendrer intrépidité, entêtement, imprudence, vanité. Son intelligence « faussée » est alors à même de créer un ego boursoufflé dont la surdimension entraîne le fameux « hubris », terme qui chez les Grecs anciens désignait la démesure. On peut ainsi constater que le rêve d’Icare – ce désir chimérique de voler comme l’ oiseau – habite toujours son inconscient. La dernière tour construite à Dubaï qui culmine a plus de mille mètres, confirme cette inquiétante et inutile grandiosité.

 La démarche maçonnique qui permet de conjuguer nature et culture, nous ramène à l’humilité. Nous venons de l’humus et y retournerons. Si nous ne pouvons modifier notre programme génétique nous pouvons changer de regard sur le monde. Et rectifier si besoin notre comportement. Nous ne serions plus vraiment humains sans désirs, sans projets, sans la main sur le cœur et le cœur sur la main. Mais comme nous ne sommes pas parfaits, nous aurons toujours des obstacles à franchir, quelque défi à relever, quelque peur à dompter, une adversité à vaincre. Le Mal est la doublure du manteau du Bien. Ce sont les difficultés surmontées qui fondent nos valeurs existentielles. Le franc-maçon, la franc-maçonne savent qu’ils ont besoin du désordre pour bâtir l’ordre. C’est des oscillations du fil à plomb que vient sa parfaite fixité. Et des lapsus dans nos discours qui en font la vérité. Il s’agit de se respecter et de respecter les autres en leur assurant solidarité et générosité. Aider quelqu’un à se relever, c’est s’élever soi- même. L’Homme debout vaut un gratte-ciel.

Comment les Vénitiens ont conquis l’Angleterre et créé la franc-maçonnerie

De notre confrère fakeoff.org – Par Denis Pogrebenchuk

Jerry Rose est membre du comité de rédaction de l’Executive Intelligence Review et du comité exécutif de la réunion du Comité international du travail. Il s’est produit le 5 septembre 1993.

Au fil des années, depuis mon étude de la Révolution américaine, je me suis de plus en plus intéressé aux raisons pour lesquelles l’Angleterre était à l’origine d’un tel mal. Cela concerne non seulement le niveau géopolitique et l’incroyable sauvagerie que l’Empire britannique a commis dans son usure et son esclavage, mais aussi au niveau culturel. La création britannique de Bacon, Hobbes, Locke et Hume, conduisant au satanisme pur et simple de Bertrand Russell, Aldous Huxley, Aleister Crowley, etc., met en évidence la motivation qui a créé l’Empire britannique. Si l’on y regarde de plus près, il ne fait aucun doute que le New Age est venu d’Angleterre. Il s’agit avant tout de la création des Jacobins par Lord Shelburne et de la création du communisme – avec son double mal, le fascisme – au sein du ministère britannique des Affaires étrangères par Lord Palmerston et dans sa collaboration avec Giuseppe Mazzini.

L’objectif déclaré du Nouvel Âge est la destruction de la religion monothéiste et un retour au paganisme pur et simple. La franc-maçonnerie est l’instrument créé pour réaliser ce retour au paganisme. Aujourd’hui, notre sujet est la prise de l’Angleterre par les Vénitiens et la création de la franc-maçonnerie.

Je pense qu’il est important ici de mentionner le principal mal satanique qu’est réellement Venise. Il existe deux œuvres d’art qui reflètent le plus efficacement les méthodes de Venise. Il s’agit de « Le Juif de Malte » de Christopher Marlowe et de « Le Voyant fantôme » de Friedrich Schiller.

Dans les deux chefs-d’œuvre, nous voyons un portrait du mal pur, où il n’y a ni bien ni mal, il n’y a que la corruption. La clé en est Aristote, et il n’est pas surprenant que ce soit l’Université de Padoue, gouvernée par Venise, qui ait enseigné à l’élite de Venise sous Aristote. Aristote rejette la méthode platonicienne d’approches successives de la perfection, rapprochant l’individu du Créateur. Pour Aristote, le Créateur n’a rien à voir avec la révélation de l’Univers et la création en cours. Pour Aristote, le progrès humain n’est qu’une illusion et nous sommes toujours infiniment loin du Créateur. Pour Aristote, il n’y a pas de bien ou de mal car il n’y a pas de vérité connaissable. Pour Aristote, il n’y a que l’éthique, mais pas de morale, et l’éthique n’est qu’une question de convention. Dans The Ghost Seer, Schiller reflète cela de la manière la plus profonde. Il montre que l’essence de Venise est qu’elle est toujours des deux côtés dans toute question, mais que l’essence de sa méthode est la corruption : trouver la faiblesse de l’ennemi, puis le corrompre. C’est satanique. C’est le mal pour le mal. Sa méthode est d’humilier l’humanité et d’en prendre plaisir. Nous vous raconterons comment ce mal vénitien s’est emparé de l’Angleterre et a créé le New Age.


Guerre culturelle

Comment est né le Nouvel Âge ? Cette histoire sera racontée aujourd’hui. Nous arrivons ensuite au résultat le plus étonnant : nous apprenons que ce que nous appelons la méthode scientifique moderne est, en fait, une croyance occulte créée par la franc-maçonnerie dans le but de détruire l’œuvre du cardinal Nicolas de Cues. C’est la création vénitienne de la franc-maçonnerie qui a imposé à la science une scission radicale entre la science de l’Esprit, c’est-à-dire la théologie, et la science de la matière. Comme vous l’apprendrez, c’est littéralement gnostique. Ce n’est pas une épithète ; c’est littéralement vrai. Notre principal problème durant cette période est que nous essayons de traquer deux sociétés secrètes : les rosicruciens et les francs-maçons. Si vous étiez Sherlock Holmes, vous ne les trouveriez jamais. S’ils étaient prudents, ils laisseraient des indices contradictoires et vous ne seriez jamais en mesure de tirer une conclusion sur leur identité en utilisant les méthodes empiriques traditionnelles.

La façon de procéder? vous devez utiliser la méthode Nécessaire Existant.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Nous devons partir de ce que nous savons être le cas.

Que savons-nous de toutes les guerres ? Quatre-vingt-dix pour cent sont culturels et seulement 10 pour cent sont physiques.

Et surtout, la culture. Analysez la culture et quel que soit le nom donné aux choses, vous ne serez jamais trompé.

C’est au niveau culturel que notre ennemi doit baisser la garde. Il n’est pas si intelligent que ça, et lorsque Satan est mis à l’écart au niveau culturel, il prend peur. Comme nous pouvons le constater, après le premier débat avec Lyndon LaRouche sur l’économie, ces sectaires n’ont plus jamais osé discuter avec lui. Comme Satan, ils sont avant tout des escrocs.

Nous nous concentrerons sur la prise de contrôle vénitienne de l’Angleterre, puisque c’est l’Angleterre qui a eu le malheur de devenir la nouvelle Venise et le lieu où devait s’implanter la franc-maçonnerie.

Lors de notre conférence il y a un an, Webster Tarpley a présenté une documentation montrant comment Venise a créé la Réforme et la Contre-Réforme pour provoquer le Nouvel Âge [publiée dans une version plus longue dans le New Federalist en trois parties : 22 mars, 5 avril, 12 avril et 1992] . Il est important de le préciser car toute approche compétente doit se concentrer sur le climat culturel comme base sur laquelle toute opération de renseignement peut être menée. Il serait à première vue incompétent de supposer que l’histoire est gouvernée par le meurtre et les commérages sans d’abord réfléchir aux paradigmes culturels qui sont combattus.

Passons maintenant à notre histoire.


Réformateurs vénitiens

Après que la Ligue de Cambrai ait presque détruit Venise en 1509-1513, Gasparo Contarini, issu de l’une des principales familles nobles de Venise, créa un groupe connu plus tard sous le nom de « I Spirituali » qui décida qu’avec l’hédonisme surmontant la domination vénitienne, les familles devraient changer. Contarini a pu créer un groupe de « réformateurs » qui ont créé tous les fondements du protestantisme, tout en restant nominalement dans le cadre de l’Église catholique. Gasparo Contarini a étudié avec Pietro Pomponazzi, un éminent aristotélicien de l’Université de Padoue. Sous couvert de piété chrétienne, Contarini a opéré un retour spectaculaire à Aristote dans l’Église catholique. C’est Contarini qui a créé la commission qui a conduit à la création du Contarini de Trente, qui mènerait la guerre contre la Réforme, tandis que d’un autre côté, comme le documente Webster, Contarini et ses associés ont créé Luther. Quel était le but de ceci ?

D’un point de vue limité, il était clair que l’existence même de l’Église catholique et d’une Espagne puissante menacerait toujours Venise, dont la puissance navale était énorme, mais dont la capacité de se défendre sur terre était très limitée en raison de sa taille. Comme les Vénitiens l’ont vu dans la Ligue de Cambrai, l’existence même de ces institutions constituait une menace pour Venise.

Cependant, à un niveau plus profond, quelque chose de bien plus destructeur se produisait. Comme LaRouche l’a souligné dans son article « Sur le thème de Dieu », l’adhésion continue à l’aristotélisme découle d’une vision du monde oligarchique qui exprime un grand mépris pour l’humanité en tant qu’imago viva Dei. L’aristotélisme est une maladie oligarchique. C’est le christianisme qui affirmait que tous les hommes étaient créés à l’image de Dieu, ce qui représentait une menace mortelle pour l’oligarchie vénitienne. Ils se considéraient comme les « dieux de l’Olympe » et se considéraient au-dessus de la loi de Dieu. En effet, ils se considéraient comme les créateurs du droit. Ils détestaient le christianisme et le renouveau de cette idée à la Renaissance, et ce à un niveau profondément personnel.

Nous pourrions développer cela davantage si nous avions plus de temps. Je voulais mentionner cela parce que la franc-maçonnerie et le Nouvel Âge sont une tentative vénitienne d’effacer le christianisme de la surface de la terre.


Venise envahit l’Angleterre

Ce n’est pas un hasard si Venise a concentré l’essentiel de son attention sur l’Angleterre.

Les Vénitiens l’ont dit eux-mêmes. Dans les rapports des ambassadeurs vénitiens auprès du Sénat vénitien, maintenant publiés, l’Angleterre était la clé de la destruction de l’Espagne. Un rapport note que la Flandre et les Pays-Bas étaient l’atelier de l’Empire espagnol. Si vous pouviez contrôler la Manche, vous pourriez interrompre la route maritime espagnole vers les Pays-Bas et affaiblir l’Espagne de manière irrévocable. Il est étonnant de constater à quel point le récit vénitien est précis à ce sujet. En fait, c’est exactement ce qui se passe pendant la guerre de Trente Ans.

Je crois que cette histoire commence avec le départ d’Henri VIII de l’Europe continentale et la fondation de l’Église anglicane. Ce cataclysme dans l’histoire anglaise a ouvert la voie à la guerre de religion qui allait déchirer l’Angleterre pendant des siècles.

Les hommes de la Renaissance tels qu’Erasmus et Colet, et en particulier Sir Thomas More, espéraient que l’Angleterre deviendrait une île de grande connaissance et bénéficierait à toute l’humanité. Erasmus a dédié son Enchiridion du militant chrétien à Henri VIII d’Angleterre, tout comme il a dédié son Éducation d’un prince chrétien à l’empereur romain germanique Charles Quint.

Les Vénitiens n’auraient pas dû permettre que cela se produise. Le grand souci de Venise, depuis que la Ligue de Cambrai les avait presque détruits, était de s’assurer que l’Espagne ne fasse plus jamais d’alliance avec la France et l’Angleterre. La papauté s’y intéressait, puisque la lutte entre la France et l’Espagne se déroulait généralement sur le sol italien. Je dis cela parce que la papauté fut une des premières à former la Ligue de Cambrai et à déclarer la guerre à Venise. La Ligue fut à deux doigts de les écraser pour toujours, mais la papauté fut la première à rompre les rangs et à faire la paix avec Venise. Si l’on regarde la diplomatie anglaise lors de la Ligue de Cambrai, lorsque l’Espagne est entrée dans la ligue, l’Angleterre l’a également rejoint. Lorsque l’alliance s’est effondrée et que l’Espagne s’est disputée avec la France, Henri a immédiatement déclaré la guerre à la France. Le point évident est que même si Henri VIII était marié à Catherine d’Aragon, fille du roi d’Espagne, la capacité de manipuler Henri contre l’Espagne était considérablement réduite. Cette situation atteint son paroxysme après le sac de Rome. Lors de la bataille de Pavie en 1525, les forces françaises furent si durement vaincues par Charles Quint que le roi de France fut capturé et détenu contre rançon.

Venise était en panique. Outre le fait que l’armée espagnole victorieuse se trouvait sur le sol italien, les Français, qui avaient joué un rôle décisif dans le rapport de force de Venise contre l’Espagne, venaient de s’effondrer. C’était en 1525. Du point de vue de Venise, l’Angleterre devait rompre avec l’Espagne.

Il n’y avait qu’un seul moyen d’y parvenir : forcer Henry à divorcer de Catherine. La raison du divorce était l’incapacité de Catherine de produire un héritier mâle. Apparemment, cette aventure a rendu Henry fou, s’il ne l’était pas déjà. Il existait des moyens par lesquels Henri aurait pu résoudre ce problème de manière pacifique, sans divorce ni rupture avec Rome. Une solution – même Henry l’a suggéré – était de légitimer son fils illégitime afin que cette progéniture puisse devenir son héritier légal. Ceci, soit dit en passant, a été sanctionné par la papauté à une occasion antérieure. Une autre option était d’épouser sa bien-aimée Anne Boleyn tout en restant marié à Catherine afin de produire une progéniture mâle. Des mesures similaires avaient déjà été prises pour des raisons d’État avec la sanction du pape.

D’une part, la papauté, qui était sous contrôle espagnol, ne pouvait rien permettre de tout cela, mais, plus important encore, il semble qu’Henri ait été contraint d’emprunter la voie la plus brutale. Son principal conseiller au début était le cardinal Wolsey. Wolsey était parfaitement heureux d’obtenir une sorte de permission du pape pour Henry. Wolsey ne voulait pas que quelque chose de trop soudain se produise car il prétendait être élu pape avec l’aide de la France.

Puis quelque chose de dramatique s’est produit. Henry abandonna Wolsey et la famille Howard devint les principaux conseillers d’Henry. Parmi eux se trouvait le meilleur agent vénitien, Thomas Cromwell – je veux dire, littéralement formé à Venise. On peut spéculer sur la manière exacte dont cela a été fait, mais il ne fait aucun doute que le schisme a été contrôlé par les Vénitiens.

Au milieu de cet événement, en 1529, entre en scène le moine vénitien et kabbaliste Francesco Giorgi (Zorzi). Il est recherché par Thomas Cranmer, qui deviendra bientôt le premier archevêque de Cantorbéry à accepter de rompre avec Rome. Le prétexte pour faire venir George était qu’il puisse lire l’Ancien Testament hébreu original afin de déterminer si le mariage d’Henri avec Catherine était même valide. L’histoire est que Catherine était à l’origine mariée au frère aîné d’Henry, le prince héritier Arthur, décédé quelques mois plus tard. Il y a un passage dans l’Ancien Testament reconnaissant l’obligation pour un homme d’épouser la femme de son frère décédé, et un autre passage l’interdisant. Pour couvrir toutes les possibilités, une dispense papale fut émise autorisant le mariage d’Henri avec Catherine. George devait maintenant convaincre Henry que le passage biblique interdisant un tel mariage faisait autorité et que le passage contraire était inapplicable. La dispense sur laquelle était fondé le mariage d’Henri, parce qu’elle était contraire aux Saintes Écritures, était invalide. Selon George, le pape a outrepassé son autorité en le libérant. Le témoignage fiable de Catherine selon lequel son premier mariage n’a jamais été consommé a été tout simplement ignoré.

Ainsi, selon George, Henry n’a jamais été légalement marié à Catherine. Georges, s’appuyant sur toute la puissance de Venise, assura à Henri qu’il serait soutenu dans sa rupture. Henry était alors devenu épris d’Anne Boleyn, la petite-fille de Thomas Howard, deuxième duc de Norfolk, et s’empara avec empressement des découvertes de Georgie.

Dès que Cranmer fut nommé archevêque de Cantorbéry, il prit formellement une nouvelle décision en utilisant les arguments de George. L’appel à Rome était désormais considéré comme une trahison.


George et l’occulte

George n’était pas un personnage mineur. Sa famille était l’une des dix plus hautes familles dirigeantes de Venise et il devint l’un des ambassadeurs de Venise dans les années critiques qui suivirent le sac de Rome en 1527.

Cependant, plus important que son interprétation des Écritures concernant le divorce, aussi critique soit-elle, c’est qu’il était la courroie d’entraînement du mouvement contre-culturel qui devait aboutir à la prise de contrôle occulte de l’Angleterre et finalement conduire à la création d’une franc-maçonnerie spéculative. . Il est étonnant que George sache qui était son principal ennemi. Dans son œuvre principale, Harmonice Mundi, Georges attaque Nicolas de Cuse. Dans ce qui devrait devenir la déclaration la plus fondamentale de la franc-maçonnerie spéculative, George déclare : « Le chercheur de la Monade (l’Unique) peut se retirer dans la théologie négative et la Docta Ignorantia, ou il peut chercher à suivre la divine Monana dans son expansion. en trois mondes. »

Harmonice Mundi est l’une des premières œuvres systématiques de la Kabbale néoplatonicienne dite chrétienne. George lance une attaque culturelle meurtrière contre l’Angleterre. Il introduit deux concepts importants qui ont préparé l’Angleterre à la franc-maçonnerie. Premièrement, l’idée néoplatonicienne selon laquelle « l’Un » est directement connaissable. Dans le dialogue Parménide de Platon, il soutient qu’il n’y a qu’une seule façon pour les gens de connaître l’Un. Il le prouve par une méthode appelée plus tard «docta ignorantia» par Cusa, une méthode visant à démontrer de manière exhaustive que toute approche qui tente de résoudre le paradoxe de l’un et du multiple conduit à une contradiction désespérée. Par conséquent, il laisse au lecteur du dialogue la nécessité d’émettre une hypothèse sur une solution différente. L’idée selon laquelle l’Un est directement connaissable est une déformation directe de Platon.

L’idée selon laquelle Dieu peut être connu directement est un concept mystique. Nous arrivons ici directement à l’essence de l’épistémologie vénitienne. Comme Lin l’explique dans son article « L’histoire en tant que science », le visage du mal est l’empirisme, ou la croyance que la seule chose que l’on peut savoir est ce qui est directement confirmé par nos sens. Il semblerait que le mysticisme et l’empirisme soient aux antipodes. C’est exactement le contraire de l’empirisme. La logique du mystique George est qu’en fait nous ne pouvons connaître qu’à travers nos sens ; par conséquent, la seule façon de vraiment connaître Dieu est de faire l’expérience de Lui directement à travers nos sens. C’est l’essence du mysticisme. C’est aussi de l’empirisme.


A l’assaut de la Renaissance

C’est ici que je souhaite développer ce qui peut sembler être une fausse piste, mais sans une telle discussion, il est impossible de comprendre ce qui va se passer ensuite. Frances Yates, notre ennemie à l’Institut Warburg, a accompli, du point de vue de l’ennemi, un travail utile en créant un renouveau païen autour de l’Académie platonicienne de Florence. Je dois ajouter ici une mise en garde qui montre comment nos ennemis créent des mythes. L’Institut Warburg est le plus grand institut de recherche de la Renaissance. C’est Yeats de Warburg qui tente de prouver que la Renaissance résulte d’un retour occulte aux religions préchrétiennes et d’un renouveau du néoplatonisme.

Ainsi, à sa manière habituelle, elle va trop loin, mais son identification à la tendance est irréfutable. L’attaque contre les scolastiques aristotéliciens issus de la Renaissance est utile et a pour effet secondaire, notamment en Angleterre, de créer un groupe hautement alphabétisé autour de John Colet et d’autres qui vont à Florence et étudient le grec ancien. Ils se regroupent autour d’Erasmus et de Sir Thomas More. Ils créent l’épanouissement du véritable christianisme et de la culture qui mène à Shakespeare.

Il convient également de noter qu’Erasme est issu du grand mouvement pédagogique des Frères de la Vie Commune, et non pas principalement de l’Académie platonicienne de Ficin.

Il faut comprendre quelle folie ce fut pour Aristote de rester la force dominante dans les universités pour comprendre quel soulagement ce fut de réintroduire Platon dans l’original. Cet ouvrage utile a été traduit par Ficin et financé par Cosme de Médicis.

Cependant, cela s’est accompagné de la tromperie néoplatonicienne et de la traduction d’un ancien mystique nommé Hermès Trismégiste. Selon une légende du XVe siècle émanant de Lactance, le Père de l’Église, Hermès Trismégiste était censé prédire la venue du Christ. Hermès Trismégiste, dans La Parole Parfaite, utilise ces mots : « Le Seigneur et Créateur de toutes choses, que nous avons cru juste d’appeler Dieu, parce qu’il a rendu le second Dieu visible et sensible… Parce qu’il l’a donc créé le premier, et seulement, et seulement, il lui paraissait beau et plein de tous bienfaits ; et il l’a sanctifié et l’a aimé généralement comme son Fils. La tromperie perpétrée par les néoplatoniciens du deuxième siècle était qu’Hermès était censé avoir vécu à l’époque de Moïse et de son histoire de création et de la citation que je vous ai lue. tout s’est passé environ 1500 ans avant la naissance du Christ. En fait, elle remonte au IIe siècle après J.-C. Ficin ne le savait pas. Par conséquent, la vénération d’Hermès était basée sur la croyance qu’il avait prédit la venue du Christ il y a 1 500 ans.

Dans les œuvres hermétiques que Ficin traduisit, il fut personnellement très frappé par certains des éléments de magie naturelle présents dans ces œuvres. Il ne voulait pas d’hérésie et a ensuite été défendu par le pape, mais cela a ouvert la porte à la légitimation de ce qui s’est avéré être une fraude néoplatonicienne. Le danger ici est le même qui a toujours été inhérent aux néoplatoniciens, par opposition au véritable Platon. Les néoplatoniciens croyaient en un esprit universel et que l’esprit pouvait être amené à pénétrer dans la matière grâce à l’utilisation de l’âme, qui se trouvait à mi-chemin entre l’esprit et la matière. Cette utilisation de l’âme est ce qu’on appelle la magie. Augustin fut dégoûté par cette pratique et réprimanda fortement Hermès pour avoir pratiqué une telle magie.


Cabale

Le pire aspect de tout cela est venu du Pico della Mirandola. Il revient à l’idée de l’âme du monde, arguant que l’homme ne participe qu’en tant que réceptacle de l’âme du monde. Apparemment, le corps est mort, mais l’âme du monde a continué à vivre. Cela niait l’âme individuelle et le caractère unique de l’individu. Pico, dans son Oraison sur la dignité de l’homme, donne la formulation la plus dramatique de cette idée :

« …Quelles que soient les graines que chaque personne cultive, elles pousseront et porteront du fruit en lui. S’ils sont végétatifs, ce sera comme une plante. S’il est sensible, il deviendra impoli. S’il est intelligent, il deviendra un être céleste. S’il est intelligent, il sera un ange et un fils de Dieu. Et si, heureux du sort de l’incréé, il se retire au centre de son unité, alors son esprit, devenu un avec Dieu, dans les ténèbres solitaires de Dieu, placé au-dessus de toutes choses, les surpassera tous. Qui n’admirerait pas notre caméléon ? Ou qui pourrait admirer autre chose de plus ? C’est précisément l’homme qu’Asclépios d’Athènes, arguant de la variabilité de son caractère et de sa nature auto-transformatrice, affirme à juste titre que Protée le symbolisait dans les mystères. D’où ces métamorphoses connues chez les Juifs et les Pythagoriciens.

Pico est également allé encore plus loin dans le mysticisme, en insistant sur le fait que la Kabbale était la source de la sagesse ancienne que Moïse a transmise aux disciples d’élite, une doctrine ésotérique qui ne pouvait être interprétée que par quelques privilégiés. C’est l’idée selon laquelle, grâce à la manipulation de symboles, vous pouvez accéder directement à Dieu et à son univers. C’est l’abandon de la méthode scientifique au profit de la manipulation des symboles.

Pico a écrit : « 35. De la même manière, lorsque la véritable interprétation de la Loi fut révélée par le commandement de Dieu, divinement transmis à Moïse, elle fut appelée Kabbale, mot qui chez les Juifs équivaut à « acceptation » chez nous. ; pour la raison, bien sûr, qu’un homme d’un autre, par une sorte de droit héréditaire, a reçu cet enseignement, non par des écrits, mais par une succession régulière de révélations… Ces livres contiennent principalement, comme Esdras d’une voix claire a justement déclaré la source de la compréhension, c’est-à-dire la théologie ineffable d’une divinité supra-essentielle ; la source de la sagesse, c’est-à-dire la métaphysique exacte des formes intellectuelles et angéliques ; et le courant de la connaissance, c’est-à-dire la philosophie la plus persistante des choses naturelles.

C’est à ce mouvement qu’appartient Georges, et cette branche de la philosophie vénitienne a fondé la franc-maçonnerie et le Nouvel Âge.

C’est un moment d’une grande importance. L’une des principales idées fausses de l’Église catholique moderne au sujet de la Renaissance est que les Aristotéliciens de l’Église ont utilisé la définition de ce problème néoplatonicien pour attaquer la Renaissance comme étant païenne et humaniste, alors qu’en fait elle a été lancée comme une opération. Aristotéliciens padouans sous couvert de platonisme afin de détruire Cuza et le christianisme.

Ce néoplatonisme et cette cabalisme occultes se sont répandus en Angleterre. Pas moins d’un personnage que Christopher Marlowe s’est prononcé contre lui.

Dans sa pièce de Faustus, Marlowe identifie le problème de l’ensemble de l’élite élisabéthaine. Marlowe lui-même était un officier du renseignement et était présent lorsque des décisions importantes étaient prises par Walsingham, qui, dans un sens, était le chef de la CIA sous Elizabeth.

Marlowe résume le problème de l’époque et expose le mysticisme et la nécromancie à la cour d’Elizabeth. Tout l’intérêt de Faust était qu’il était fatigué de toute connaissance. On suppose qu’il s’agissait d’une attaque contre les scolastiques aristotéliciens, mais Faustus finit par conclure un pacte avec le diable. En cela, Marlow révèle la vérité sur la relation entre l’arisotélisme et le mysticisme.

La pièce de Marlowe a fait sensation dans les réseaux vénitiens autour d’Elizabeth. Comme un coup de grâce, Marlow fait directement référence à Georgie. Lorsque Méphistophélès apparaît à Faust et qu’il est trop laid, Faust dit : « Va ramener le vieux moine franciscain, cette sainte image convient le mieux au diable. »

Peu de temps après avoir écrit cette pièce, Marlowe fut assassiné.


Création de la franc-maçonnerie

Nous continuons maintenant l’histoire des années 1580 et comment les Vénitiens ont créé la franc-maçonnerie en Angleterre.

Comme je l’ai dit, l’occultisme a envahi l’Angleterre. Après la défaite de l’Armada espagnole, le groupe vénitien autour de Fra Paolo Sarpi, appelé les Giovani, décide de devenir plus agressif.

Venise entre en guerre contre la papauté en 1606. Il s’agit d’un conflit de compétence concernant l’argent et le droit de juger les criminels qui se trouvent sous la juridiction papale. Le pape impose un interdit à Venise. Sarpi est choisi par Venise pour défendre la cité-État et est excommunié. Il écrit avec succès plusieurs pamphlets contre Rome, qui sont immédiatement traduits en anglais et largement diffusés. Après que Venise ait remporté cette bataille, Sarpi est presque tué et, malgré plusieurs blessures au cou et à la tête, il survit. La tentative d’assassinat est à juste titre placée au seuil de Rome. À ce moment, Sarpi devient la personne la plus célèbre de Venise et d’Angleterre. Henry Wotton, diplomate anglais, entretenait constamment des contacts avec Sarpi par l’intermédiaire d’intermédiaires.

L’escalade suivante eut lieu en 1616, lorsque eut lieu le mariage royal. Ce mariage était évoqué en Angleterre et appelait le mariage de la Tamise et du Rhin. La fille de Jacques Ier devait épouser l’électeur palatin. Ce mariage protestant-anglican était, aux yeux de Venise, un contrepoids important aux Habsbourg.

C’est alors que la chose la plus étrange se produit. L’année du mariage, le premier traité rosicrucien fut rédigé. Ça s’appelle « Fama ». Il appelle à la formation de la Fraternité Rose-Croix et à la réforme de tous les savoirs. Ce n’est pas très loin de ce que réclame Francis Bacon, l’ami de Sarpy. Peu de temps après, un autre document est écrit, la Confession, encore une fois clairement rosicrucien. Il appelle le pape l’Antéchrist. Tous deux sont rédigés en allemand et circulent sur le territoire de l’électeur palatin.

C’est du pur kabbale néoplatonicien. Voici une description de la tombe de Christian Rosenkreutz tirée de la première brochure Fama :

« Le lendemain matin, nous avons ouvert la porte et nous avons vu une voûte à sept côtés et angles, chaque côté ayant cinq pieds de large et huit pieds de haut. Même si le soleil n’a jamais brillé dans cette voûte, elle était néanmoins éclairée par un autre soleil, qui l’apprenait du soleil et se situait dans la partie supérieure, au centre du plafond. Au milieu, au lieu d’une pierre tombale, il y avait un autel rond recouvert d’une plaque de cuivre, sur lequel était gravé ce qui suit : « Tout cela est clair et lumineux, comme le sont les sept côtés et les deux heptagones : c’est pourquoi nous nous agenouillions et a rendu grâce au seul Dieu sage, au seul puissant et au seul Dieu éternel, qui nous a enseigné plus que tout esprit humain ne pouvait savoir, loué soit son saint nom. Nous avons divisé cette voûte en trois parties : la partie supérieure ou plafond, le mur ou côté, le sol ou plancher. « Vous ne comprendrez rien de plus à la partie supérieure à l’heure actuelle, sinon qu’elle était divisée en sept côtés dans un triangle, qui était au centre clair ; mais ce qui y est contenu, vous, par la volonté de Dieu (qui voulez notre compagnie), le verrez de vos propres yeux ; mais chaque côté ou mur est divisé en dix figures, chacune avec ses propres figures et propositions, telles qu’elles sont effectivement montrées et exposées dans le Concentrum ici dans notre livre.

Plusieurs autres documents ont été rédigés sur la thèse rosicrucienne, tous reconnaissant avoir résolu le mystère de la relation entre le microcosme et le macrocosme. C’est le nom du livre de Robert Fludd. Kepler attaque Fludd comme un mystique qui utilise les nombres comme forme de symbolisme cabalistique et s’engage dans une défense sauvage de ses écrits. Presque immédiatement, plusieurs documents rosicruciens furent rédigés et diffusés, publiés par la même maison d’édition du Palatinat.

Le côté politique et vénitien de tout cela était évident. Le conseiller militaire de l’électeur était Christian Anhalt, ami de Henry Wotton et Paolo Sarpi. Ils espéraient qu’une ligue protestante se formerait autour du prince et tenterait de s’emparer de la couronne tchèque et de vaincre les Habsbourg. L’électeur subit une défaite massive. Cet incident marqua le début de la guerre de Trente Ans. On rapporte que la raison pour laquelle il a été si vaincu était que Jacques d’Angleterre a refusé de suivre le plan. Nous ne serions pas loin de la vérité si nous disions que du point de vue de Venise, James était inadéquat et que Venise devait porter au pouvoir un gouvernement plus radical. Ce sont eux qui ont soutenu Oliver Cromwell. Venise a toujours voulu la souveraineté parlementaire comme forme de gouvernement capable de contrôler n’importe quel roi.

Que faisaient les Vénitiens ? Maintenant, ça devient intéressant. Regardons deux citations, l’une de Sarpi et l’autre de Paruta. Vous représentez une attaque fondamentale contre la méthode scientifique. Paruta était un empiriste :

« Bien que notre esprit puisse être divin dès sa naissance, il vit ici-bas parmi ces membres terrestres et ne peut accomplir ses actions sans l’aide des sensations corporelles. Avec leur aide, dessinant des images de choses matérielles dans sa conscience, il imagine ces choses et forme ainsi ses propres concepts à leur sujet. Pour la même raison, il s’élève généralement à la contemplation spirituelle non pas de lui-même, mais éveillé par des objets sensoriels. »

Sarpi était aussi un empiriste : « Il y a quatre manières de philosopher : la première – uniquement avec la raison, la seconde – uniquement avec le sentiment, la troisième – avec la raison puis avec le sentiment, et la quatrième – en commençant par le sens et en terminant par la raison. La première est la pire, car elle nous permet de savoir ce que nous aimerions être et non ce que nous sommes. La troisième est mauvaise, car nous déformons souvent ce qui est en ce que nous aimerions, au lieu d’ajuster ce que nous aimerions à ce qui est. La seconde est vraie, mais grossière et nous permet d’en savoir peu, plus sur les choses que sur leurs causes. Le quatrième est le meilleur que nous puissions avoir dans cette vie misérable.

C’est la méthode inductive de Francis Bacon. Les idées de Bacon sur la méthode inductive sont tirées de The Art of the Mind et d’autres écrits de Sarpi.

Ici, je voudrais citer la série de Webster Tarpley dans The New Federalist : « Sarpy ressemble beaucoup à Bacon, Hobbes, Locke et Hume. Cela n’est pas surprenant puisque Sarpi et Micanzio étaient en contact étroit avec Hobbes et Bacon, parfois directement et parfois par l’intermédiaire de William Cavendish, comte de Devonshire, ami de Francis Bacon et employeur de Thomas Hobbes. Bacon, bien sûr, était un ardent irrationaliste, un rosicrucien à la vénitienne et un pédéraste. Cavendish a peut-être présenté Bacon à Hobbes, qui sont rapidement devenus un couple. Chatsworth House, à Cornwall, abrite un manuscrit intitulé Traductions des lettres italiennes de Hobbes, contenant 77 lettres de Micanzio au comte (appelé Candiscio). Selon Dudley Carleton, Cavendish visita Venise et Padoue en septembre 1614, accompagné de Hobbes. Ensuite, des rencontres avec Sarpi et Micanzio auraient dû être à l’ordre du jour.

« Cela a clairement inspiré les spéculations méthodologiques décousues de Francis Bacon. » Et maintenant le résultat le plus étonnant.

Bacon, Fludd et Descartes prétendent tous être rosicruciens ou recherchent des rosicruciens. La coïncidence est stupéfiante.

De quel genre de mouvement s’agissait-il ? Elle devient la British Royal Society et la Franc-maçonnerie. Ce culte vénitien dirige en réalité l’establishment scientifique de l’Europe occidentale ! Nos scientifiques d’aujourd’hui sont le groupe le plus corrompu épistémologiquement de tous les groupes de la société !


Société royale

Parlons maintenant de la création de la British Royal Society. Nous datant de l’éducation plus tôt qu’on ne le pensait auparavant. En 1640, une série de réunions ont lieu en Angleterre. C’est une année importante car elle marque le début du Long Parlement. Comenius et Samuel Hartlieb y ont participé. Comenius était originaire de Bohême et vivait dans le Palatinat pendant les années fatidiques du rosicrucianisme, aux côtés de l’Anglais Samuel Hartlib, avec lequel il entretenait des contacts étroits. Après la défaite du Palatinat, ils se retrouvent tous deux en Angleterre de manière différente. Au début du Long Parlement, il y eut un nouvel élan de littérature enthousiaste. L’une des œuvres écrites par Hartlieb en 1640, Une description du célèbre royaume de Macaria, est une œuvre utopique adressée à l’attention du Long Parlement. Un an plus tard, Comenius écrivit La Voie de la Lumière. Ils réclament la création d’un « Collège invisible », nom de code des Rosicruciens.

Maintenant, l’intrigue devient plus compliquée. En 1645, une réunion a lieu pour discuter des sciences naturelles. Sont présents à la réunion M. Theodor Haack du Palatinat et le Dr John Wilkins, qui était à l’époque aumônier de l’électeur palatin. Wilkins était l’homme derrière les réunions d’Oxford qui devinrent la British Royal Society en 1660. Un autre fondateur de la Royal Society fut Robert Boyle, qui mentionne à nouveau le collège invisible dans des lettres de 1646. John Wilkins écrit un livre intitulé Mathematical Magic en 1648, dans lequel il mentionne explicitement la Rose-Croix et rend hommage aux occultistes Robert Fludd et John Dee.

La clé de la véritable tradition rosicrucienne au sein de la British Royal Society est Elias Ashmole. Il était un rosicrucien sans vergogne et écrivit en 1654 une lettre demandant « aux rosicruciens de lui permettre de rejoindre leur confrérie ». Son travail scientifique a été défendu par les ouvrages de John Dee, notamment Monas Hieroglyphicas et Theatrum Chemicum Britanicum 1652 de Dee. Il s’agit d’un recueil de tous les ouvrages alchimiques d’auteurs anglais. Au début de cet ouvrage, il fait l’éloge de l’événement mythique au cours duquel le frère de la Rose de la Croix guérit le comte de Norfolk de la lèpre.

Ashmole était l’un des membres fondateurs officiels de la British Royal Society. Isaac Newton était une autre figure majeure clairement rosicrucienne. Il possédait des exemplaires du Fama et des Confessions, et le livre Theatrum, compilé par Ashmole, était la bible de Newton. De plus, comme nous l’avons appris plus tôt, Newton avait une série d’articles sur le livre de Daniel, consacrés aux calculs de la fin des temps.

L’historien Francis Yates, dans son livre Rosicrucianisme des Lumières, dans le chapitre intitulé « Rosicrucianisme et franc-maçonnerie », cite un certain De Quincey, qui déclare : « La franc-maçonnerie n’est rien d’autre que le rosicrucianisme, modifié par ceux qui l’ont propagé en Angleterre ». , d’où il était réexporté vers d’autres pays européens. De Quincey soutient que Robert Fludd était l’homme le plus responsable de l’introduction du rosicrucianisme en Angleterre et de son nouveau nom. Ce qui est surprenant, c’est qu’Elias Ashmole a été l’un des premiers intronisés enregistrés, mais en fait, le premier intronisé enregistré était le Dr Robert Moray à Édimbourg en 1641. Ashmole et Moray étaient tous deux membres fondateurs de la British Royal Society. Bien qu’il existe de nombreuses histoires sur les origines anciennes des francs-maçons, voici une annonce d’une de leurs réunions en 1676 : Les Adeptes et la Compagnie des Maçons Acceptés… » Il est intéressant de constater à quel point cette tradition est claire.

En conclusion, nous avons démontré que Venise a créé le mouvement rosicrucien, qui domine l’Angleterre et crée la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie crée à son tour la British Royal Society, qui mène une guerre totale contre l’influence de Cuza sur Kepler et Leibniz. Nous avons également obtenu un résultat étonnant dans la compréhension de la guerre grâce à ce qu’on appelle la méthode scientifique moderne.

Ce discours a été préparé en collaboration avec Webster Tarpley et David Cherry.


Liens

« Ce que nous appelons la méthode scientifique moderne est une croyance occulte créée par la franc-maçonnerie pour détruire l’œuvre de Nicolas de Cues. C’est la création vénitienne de la franc-maçonnerie qui a conduit à une scission radicale dans la science entre la science de l’esprit, la théologie et la science de la matière. »

(Bacon, Ashmolean, monument de Newton) :

Galerie nationale de portraits

Sir Francis Bacon (1561-1626), à partir de 1618, baron Verulam et Lord Chancelier d’Angleterre. Bacon, qui correspondait avec le super-espion vénitien Paolo Sarpi, est crédité à tort d’avoir contribué à la création de la méthode scientifique.

Elias Ashmole (1617-1692), alchimiste, l’un des fondateurs de la Royal Society. Ashmole était profondément intéressé par le rosicrucianisme et a écrit pour défendre l’astrologue élisabéthain John Dee.

Musée Fitzwilliam, Cambridge

Monument à la fraude scientifique Isaac Newton, un autre rosicrucien majeur de la première Royal Society. Intitulé Monument allégorique à Isaac Newton, il a été peint par l’artiste vénitien Giovanni Battista Pittoni.

« L’histoire commence avec le départ d’Henri VIII de l’Europe continentale et la fondation de l’Église anglicane. Ce cataclysme dans l’histoire anglaise a jeté les bases d’une guerre de religion qui allait déchirer l’Angleterre pendant des siècles. »

«Tant qu’Henri VIII était marié à Catherine d’Aragon, fille du roi d’Espagne, la capacité de Venise à manipuler Henri contre l’Espagne était considérablement réduite. Cela a atteint son apogée après le sac de Rome.

Musée anglais

Henri VIII (1491-1547) à la fin de sa vie, dessin de Cornslees Matsys.

Galerie nationale de portraits

La reine d’Henri VIII, Catherine d’Aragon, était l’incarnation vivante et éclatante de l’alliance traditionnelle entre l’Angleterre et l’Espagne. Artiste inconnu.

Duc de Norfolk

Thomas Howard, 2e duc de Norfolk, dirigea le parti vénitien parmi la noblesse anglaise jusqu’à sa mort en 1524.

Galerie nationale de portraits

Anne Boleyn, petite-fille du deuxième duc de Norfolk, a été utilisée comme appât sexuel pour séparer Henry de Catherine. Le moine vénitien et kabbaliste Francesco Giorgi informa Henri que son mariage avec Catherine n’avait jamais été valide.

Collection Frick, New York

Thomas Cromwell (1485-1540) devint le premier ministre d’Henri lorsque le parti vénitien arriva au pouvoir. Cromwell avait une idée claire de l’état immoral en tant que loi, tel que décrit par Aristote dans son Éthique à Nicomaque.

« Le travail de George était la courroie de transmission du mouvement contre-culturel qui culminerait avec la prise de contrôle occulte de l’Angleterre et conduirait finalement à la création d’une franc-maçonnerie spéculative. »

« Venise a créé le mouvement rosicrucien, qui domine l’Angleterre, et a créé la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie a à son tour créé la British Royal Society, qui a mené une guerre totale contre l’influence de Cuza sur Kepler et Leibniz. »

Les écrits alchimiques, occultes et mystiques attribués à Hermès Trismégiste vers le troisième siècle après JC furent introduits dans la tradition judéo-chrétienne par ses ennemis. Robert Fludd a poursuivi cette tradition dans l’Angleterre élisabéthaine, tout comme Newton (1642-1727) depuis son poste de président de la Royal Society. Dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant du coin supérieur gauche : deux gravures sur bois d’Hermès Trismégiste ; illustration de la page de titre du livre de Fludd Summum Bonum, défendant le rosicrucianisme.

Plongée dans la loge maçonnique gaillacoise

De notre confrère ladepeche.fr

La Loge Orion s’est ouverte en 1813. Une « grande loge dans une petite ville ». À l’occasion du 250e anniversaire du Grand Orient de France, les « frères » gaillacois ont créé leur « Mur des Illustres ».

Le Grand Orient de France fête cette année les 250 ans de son appellation. Sa loge gaillacoise a voulu marquer cette célébration par la réalisation d’un mur mémoriel honorant six de ses anciens membres qui se sont illustrés dans la vie de la loge et de la société.

Rendez-vous est pris avec Robert, un « frère », sur une place de la ville. Il nous conduit dans une rue du centre historique. Une porte anonyme ouvre sur une galerie. Sur la droite, des fac-similés de « J’accuse » de Zola dans l’Aurore, de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » d’Olympe de Gouges, et une gravure illustrant la plantation d’un arbre de la Liberté.

En face, les photos des illustres frères Fos de Laborde (1750-1814), délégué du Tiers Etat et maire de Gaillac : c’est lui qui fonda la Loge La Parfaite Harmonie en 1774 qui devint Orion en 1813. Paul Marchandeau, six fois ministre de la troisième République et maire de Reims, fut initié à Orion en 1904. Paul Bousquet (1907-1983) résistant gaillacois, en fut le Vénérable pendant quatorze ans. Pendant la guerre, il cacha chez lui les archives de cette Loge Orion, puis relança son activité à la Libération.

Hubert Landes (1905-1982) chef de la brigade de Vabre, sauva de nombreux juifs et fut reconnu en 2021 Juste parmi les Nations. Roger Navarrot (1907-1963) impulsa dès 1940 la Résistance sur Gaillac aux côtés de Renée Metge, Lucien Flour et Pierre Vendeven, dit « Vendôme ». Robert Labrusse, ancien Préfet, fut membre du Conseil de l’Ordre.

Rites et Fraternité

En juin, les frères ont tenu une cérémonie inaugurale rappelant qu’une « petite ville peut avoir une grande loge ». Robert indique que jusqu’en 2021, l’édifice abritait trois loges, mais la Grande Loge Féminine de France est partie à Albi. Restent Le Grand Orient de France et Le Droit Humain.

Robert préside l’Association Philanthropique, propriétaire des locaux. « Sous Vichy, ils avaient été vidés, mais le maire avait résisté pour garder le bâtiment et y recueillir des réfugiés. Un charpentier s’y est installé et l’a maintenu en l’état. Puis le Comité de Libération a demandé, dès sa première réunion, d’y réinstaller la Loge ». Comité que présidait un frère, Roger Navarrot.

Ce sont des Francs Maçons qui ont travaillé à gratter, piquer et jointer les briques. L’an dernier, l’édifice a été mis en accessibilité. Robert poursuit le guidage vers la cuisine et la salle où ils se retrouvent deux fois par mois. « Ici, nous mangeons avant la tenue. Ailleurs, c’est souvent l’inverse. À tour de rôle, trois frères se chargent du repas ».

À l’étage, la bibliothèque et, derrière une porte où il faut taper avant d’entrer, se trouve le Temple. Une pièce où l’éclairage indirect maintient une pénombre bleutée propice à la réflexion. Sur les côtés, des fauteuils alignés comme dans une stalle, un parquet ciré, une estrade parée des signes maçonniques : triangle, équerre et compas.

Robert parle à voix basse. « Ici, on apporte sa vision sans affrontement. La Loge est une école de maîtrise de soi, on apprend à écouter. Au-delà des sujets de société abordés, il y a les relations interpersonnelles, la fraternité qui règne entre nous ». La visite se termine, la porte se referme sur leurs secrets. Ils se retrouveront lors de la prochaine tenue. Quand et sur quel thème ? Robert sourit en guise de réponse.

Liberté religieuse et affiliation maçonnique : La controverse autour de la décision d’Oligui Nguema

De notre confrère magazinesuperstar.com – Par Rhonny Starr Biyong

L’annonce récente selon laquelle le président gabonais, Brice Oligui Nguema, aurait refusé le poste de Grand Maître de la Grande Loge du Gabon, a déclenché un débat intense sur sa foi chrétienne et son affiliation à la Franc-maçonnerie. Cependant, une enquête plus approfondie révèle des éléments importants à considérer.

Oligui Nguema : Franc-maçon ou non ?

Pour prétendre à un poste de Grand Maître dans une loge maçonnique, il est impératif d’être un membre de la Franc-maçonnerie. Le Grand Maître est généralement un franc-maçon expérimenté, respecté au sein de sa loge et de son obédience maçonnique. Selon ces informations, il est confirmé qu’Oligui Nguema est effectivement un franc-maçon. Cela met malheureusement ou heureusement en lumière une dimension de sa vie personnelle que le public n’avait peut-être pas pleinement réalisée.

Remise en question de sa foi chrétienne

La GLG (Grande Loge de Gabon) n’est pas opposée à la foi chrétienne. Au contraire, elle encourage la foi chrétienne parmi ses membres, en se basant sur les enseignements des versets bibliques, du Coran et de tous les livres saints qui sont en relation avec le Créateur. Cette caractéristique est exclusive aux obédiences régulières. Si Brice Oligui n’était pas chrétien, il ne serait peut-être pas admis parmi les membres de la GLG. La Franc-maçonnerie accueille des membres de diverses confessions religieuses, y compris des chrétiens, sans imposer une religion spécifique. Cependant, certaines églises chrétiennes, telles que l’Église catholique à laquelle Oligui Nguema pourrait appartenir, découragent fortement l’adhésion à la Franc-maçonnerie en raison de divergences avec leurs croyances. Il est important de noter que malgré cela, la foi est une question personnelle, et être membre de la Franc-maçonnerie ne signifie pas nécessairement renoncer à ses croyances religieuses. La foi est personnelle.

Son refus du poste de Grand Maître : une clarification nécessaire.

Il a été largement rapporté que le président Oligui Nguema a refusé le poste de Grand Maître, suscitant des spéculations sur les raisons de ce refus. Cependant, une enquête approfondie révèle des informations contradictoires.

– 1. La Grande Loge du Gabon est la première Grande Loge Régulière d’Afrique Francophone.  Elle place Dieu au centre de ses activités et ses initiations et serments se font sur la Sainte Bible.  Pour y être membre, il faut obligatoirement croire en Dieu.

– 2. Pour prétendre à la fonction de Grand Maître de la GLG, il faut obligatoirement au préalable être un grand officier dans la GLG.  Qualité que Brice Oligui n’a pas car étant simple Maître Maçon, c’est à dire un troisième degré.  Par conséquent, ayant une parfaite connaissance de ces règles cardinales, il ne pouvait donc pas prétendre à une telle fonction, largement au-dessus de son grade. Et personne ne lui en a fait la proposition. 

– 3. Le Grand Maître de la GLG est désigné parmi les grands officiers de l’ordre. Et pour être candidat, il faut déjà en faire partie.  Ce que Brice Oligui n’est pas. Il n’a donc pas fait acte de candidature.  Par conséquent, il est important de souligner que l’affirmation selon laquelle Oligui Nguema aurait refusé le poste est inexacte et semble avoir été manipulée à des fins non spécifiées. Sa décision peut être davantage liée à des critères maçonniques, plutôt qu’à un refus catégorique.

En conclusion, cette controverse autour de la relation entre Oligui Nguema, sa foi chrétienne et sa franc-maçonnerie souligne l’importance de respecter la liberté religieuse et d’association de chaque individu. Les affiliations religieuses et maçonniques sont des aspects personnels de la vie de quelqu’un et ne devraient pas être exploités pour des objectifs politiques ou sensationnalistes.

14/11/23 : « Les pierres sauvages », un dîner-spectacle de la comédienne Mady à L’Ephémère (Paris)

La comédienne, metteur en scène et professeur, Mady Mantelin, engagée depuis longtemps dans l’oralité et le verbe, nous offre toute la force du texte du roman de l’architecte Fernand Pouillon* (1912-1986) « Les Pierres sauvages »**. Ce roman qui imagine le journal du maître d’œuvre de l’abbaye du Thoronet – abbaye cistercienne dans le Var, classée monument historique – est publié le 1er septembre 1964 aux éditions du Seuil et reçoit le prix des Deux Magots l’année suivante.

Mady Mantelin

Mady Mantelin, après avoir été douze ans avocate à la Cour d’Aix-en-Provence, fonde la Compagnie Théâtre à deux voix.

« Texte en scène » est un concept original développé par le Théâtre à deux voix mettant ainsi en place une forme originale de spectacle, à savoir la rencontre proposée au public se fait à partir d’une recherche littéraire et par l’offre d’un travail d’acteur sur le texte et dans l’espace.

Mady Mantelin construit elle-même ses spectacles. Elle assure la recherche et le choix littéraire, organise l’agencement cohérent des textes entre eux : extraits d’une même œuvre, ou textes d’auteurs, ou parcours d’œuvres différentes d’un même auteur.

Photo P.M. © Bibliothèque du Grand Orient de France.

La pierre ne joue-t-elle pas un rôle central dans l’art royal ? La franc-maçonnerie n’est-elle pas fondée sur la construction et son symbolisme ? Et le maçon se doit de tailler sa pierre… brute tout d’abord, véritable image de l’être humain travaillant sur lui-même afin de se perfectionner.

Alors, que dire des pierres sauvages…

C’est pourquoi nous vous attendons nombreux pour entendre ce magnifique texte de Fernand Pouillon et soutenir Mady Mantelin. Une belle soirée en perspective !

*Fernand Pouillon, né le 14 mai 1912 à Cancon (Lot-et-Garonne) et mort au château de Belcastel (Aveyron) le 24 juillet 1986, est un architecte et urbaniste français.

Fernand Pouillon.

Admirateur d’Auguste Perret, il fut l’un des grands bâtisseurs des années de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale en France.

Résidence Salmson – Le Point du Jour– Boulogne-Billancourt.

Il a réalisé de nombreux équipements et bâtiments publics à Marseille, Aix-en-Provence, en région parisienne, en Algérie ainsi qu’en Iran. Ses réalisations se caractérisent par une insertion dans le site, un équilibre des masses né de proportions harmoniques rigoureuses, des matériaux nobles — y compris dans le logement social — et la collaboration d’artistes sculpteurs, céramistes, paysagistes.

**Dans son roman Les Pierres sauvages paru au Seuil, Fernand Pouillon imagine le journal du maître d’œuvre de l’abbaye du Thoronet. Présentation de l’éditeur : « Les formes, les volumes, les poids, les résistances, les poussées, les flèches, l’équilibre, le mouvement, les lignes, les charges et les surcharges, l’humidité, la sécheresse, la chaleur et le froid, les sons, la lumière, l’ombre et la pénombre, les sens, la terre, l’eau et l’air, enfin tous les matériaux sont, tous et toutes, contenus dans la fonction souveraine, dans l’unique cerveau de l’homme ordinaire qui bâtit. Cet homme sera tout : argile et sable, pierre et bois, fer et bronze. Il s’intégrera, s’identifiera à tous les matériaux, à tous les éléments, à toutes les forces apparentes et internes. Ainsi, il les portera, les évaluera, les auscultera, les verra avec son âme comme s’il les tenait dans ses mains. » © Le Seuil

Infos pratiques : Mardi 14 novembre à 19h

Restaurant L’Éphémère 228 avenue du Maine Paris 14 – Métro Aleésia

Dîner-spectacle ; Texte en scène – Conception et direction artistique Mady Mantelin

Deux formules proposées : Entrée 10 €, dîner carte à partir de 17 €

Réservation conseillée : contact letheatreadeuxvoix@gmail.com/Tel. 06 62 60 84 18 Website https://theatreadeuxvoix.org/

Le secret de la tour Eiffel (2/2)

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(Tiré de l’ouvrage : Au cœur de la Franc-maçonnerie « Huit récits contemporains » Éditions NumérilivreDécouvrir l’Article 1/2)

Reprise de la conversation avec Mathilde, par téléphone, en soirée, huit jours après notre rencontre. J’ai devant les yeux le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, que je me suis acheté. Il est ouvert au mot « Rites ». Je suis affolée, je compte vingt pages sur ce mot ! Je me lance, un peu contractée quand même :

  • Il y a donc plusieurs rites en franc-maçonnerie…

Mathilde qui m’entend feuilleter mon gros livre et sent mon inquiétude, éclate de rire :

-Et il y a autant de franc-maçonneries que de rites ! Allez Camille, ne vous tracassez pas avec cette question pour l’instant. Retenez seulement qu’au XXIème siècle, il existe une dizaine de grandes obédiences en France, et selon l’historique et les options de ces organisations, quatre rites principaux y sont pratiqués : le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Rite Emulation, le Rite Français et, pour ce qui me concerne, le Rite de Memphis-Misraïm. On verra ça en détail !

 Je vous précise que Misraïm veut dire Egypte en Hébreu. Et pour vous qui êtes passionnée d’histoire, j’ajoute que ce Rite de Memphis-Misraïm n’est pas tout à fait une pure création française, en vérité. En effet, les soldats de Bonaparte en question ont découvert au Caire, une minorité religieuse venue du Liban, « Les Druzes ». Une sorte d’antique « maçonnerie » pratiquant les rites hermétiques de ces grands « emprunteurs » qu’étaient les Templiers bâtisseurs, et qui, cinq cents ans plus tôt, sont passés par l’Egypte, au retour des Croisades ! Une fois démobilisés, ces fidèles bonapartistes se sont appuyés sur ces coutumes initiatiques très anciennes pour lancer leur nouveau rite. La méditerranée est un petit monde, finalement…

-En somme, les templiers étaient à la fois des « récolteurs » et des « semeurs » !

-Des « essaimeurs » même, pour reprendre une autre image, avec un jeu de mot. Comme les essaims d’abeilles quittant une ruche pour un autre abri, ces templiers n’ont cessé de se déplacer et de se regrouper dans le bassin méditerranéen, de commanderies en abbayes et en sites divers, pour importer et exporter des « façons de vivre », des cultes et des cultures. C’est le principe même des obédiences qui se sont multipliées et se multiplient encore de nos jours, par segmentation.

-Est-ce qu’on peut dire par là que les Templiers sont les « inventeurs » du concept de loges maçonniques ?

-Ils ont pu y contribuer en tout cas, puisqu’en revenant des Croisades, ils sont montés jusqu’en Ecosse et que le système des loges de chantiers s’y est imposé avec le début de la construction des cathédrales, à laquelle ils auraient participé. Lorsque l’Ordre des Templiers a été dissous, au XIVème siècle, est né en France le Compagnonnage, avec tous ses corps de métiers du bâtiment, sur le principe de déplacements des ouvriers de villes en villes. Il a été avancé par plusieurs historiens que les templiers en sont les créateurs. Mais puisque la transmission orale était la règle des confréries médiévales, rien ne peut vraiment être affirmé aujourd’hui, précisément, par manque documentaire !

-Il y a donc beaucoup de mythes et de légendes autour de la construction des grands édifices et dans l’histoire maçonnique !

-C’est ce qui en fait le charme et l’intérêt, car on sait que l’homme a besoin des métaphores conséquentes, pour se construire lui-même, donc pour produire du sens, en donner à sa vie et à celle des autres. Le but même de la franc-maçonnerie « spéculative » actuelle !

-Ce qui n’est pas une légende, et si je comprends bien, c’est qu’il a existé une maçonnerie « opérative », celle des bâtisseurs de cathédrales, et qu’il existe maintenant la « spéculative », cette maçonnerie de réflexion dont vous me parlez maintenant…

-…Oui, Camille, je vois que vous possédez déjà une belle culture maçonnique, bravo ! Ce sont les historiens qui ont fait cette distinction. Quand la construction des grands édifices religieux à cessé en Europe et en France, au XVIIIème siècle, beaucoup des ouvriers de ces chantiers se sont reconvertis dans le Compagnonnage, qui lui a perduré, au service d’entreprises privées. C’est la religion, et en l’occurrence le protestantisme, qui a imaginé en Angleterre, une nouvelle maçonnerie, je dirais « intellectuelle », à partir de la symbolique des outils du bâtiment. On a vu fleurir alors des loges composées d’architectes, de banquiers, d‘hommes d’églises, de médecins, d’occultistes aussi. Autant de gens qui ont participé à l’élaboration d’un rite maçonnique anglais…

-Et en France ?

-Cette maçonnerie a traversé la Manche en 1725, et elle s’est d’abord fortement imprégnée de catholicisme au nord de la Loire, puis à l’inverse, de principes laïques purs et durs, après la Déclaration des Droits de l’Homme. D’où une succession d’obédiences et de rites ensuite sur tout le territoire. Et bien entendu, une opposition avec l’Eglise catholique, qui n’est pas encore vraiment apaisée aujourd’hui.

-En résumé, il y a donc eu en France une double pénétration de la franc-maçonnerie. Au début du 18ème siècle, par le nord, avec le rite anglais francisé et cent ans après, par le sud, avec le rite égyptien, aménagé lui aussi, à la française !

-Que l’on a d’ailleurs appelé à sa naissance, « le rite templier », on y revient ! En fait, il s’agissait pour les deux frères Bédarride, concepteurs du rite et anciens soldats méridionaux de Bonaparte devenu Napoléon, de contrer malicieusement à leur façon « l’Art Royal » de ces anglais, restés ennemis dans leur tête de militaires. Avec une maçonnerie à coloration égyptienne certes, mais bel et bien née en France ! Tout cela, c’est du passé et depuis le nouveau millénaire, la Grande Loge Symbolique de France a unifié les rites Memphis et Misraïm, avec ses spécificités, mais dans le cadre reconnu de la maçonnerie française et de ses diverses obédiences ! Mais au fait, Camille, il n’y a que moi qui parle, il faudra que vous me parliez à votre tour de votre métier de journaliste ! D’ailleurs, la lumière, l’écriture et la franc-maçonnerie, ça crée des liens, non ? Et si on se tutoyait toutes les deux, qu’est-ce que vous en pensez ?!

– Oh ! avec grand plaisir, Mathilde, soyons simples…si tu veux bien, j’ai l’impression qu’on se connaît depuis très longtemps ! Merci pour ce cours d’histoire maçonnique.

– Ah ! on m’appelle sur mon portable… Je te quitte Camille !

Je suis initiée à la Grande Loge Symbolique de France, depuis trois ans maintenant. J’appartiens à l’un des ateliers mixtes de cette obédience, « Les Jardins du Nil », situé dans le 14ème arrondissement de Paris. Hubert – avec qui j’ai beaucoup échangé sur l’Egypte depuis que je le connais ! – et Mathilde, en sont encore respectivement Vénérable Maître et première surveillante. Ils vont descendre de charge dans un mois, juste après mon élévation à la maîtrise, si je suis acceptée à ce degré. Et je regrette déjà qu’ils quittent leur « plateau ».

Ce soir, revêtue comme à chaque tenue de mon aube blanche, et assise parmi mes sœurs et de mes frères – eux en costume sombre et nœud papillon – je laisse courir mon regard et ma pensée…Pourquoi suis-je entrée en maçonnerie ? Cette question surgit pendant la lecture du rituel d’ouverture des travaux, dans ce lieu à la fois étrange et familier, qu’est « ma » loge, où je viens assidument tous les quinze jours. Etrange, par son décor théatro-cultuel : perpendiculaires aux murs, les deux travées de trois bancs, avec nos têtes alignées face à face ; au fond, l’imposante chaire de bois clair, surélevée et parée de deux chandeliers scintillants, où siège la Vénérable Maîtresse ; le sol parquetté et recouvert au centre d’un grand échiquier ; les murs tendus de tissu rouge, ornés d’images égyptiennes, assorties de hiéroglyphes et de lettres hébraïques, comme autant de points d’interrogation. Familier, parce que ces représentations murales des temples majestueux de Louxor et d’Assouan, ces deux grands lions dorés sur leur socle qui encadrent la porte à double battants, cet aigle vert aux ailes déployées suspendu au-dessus, qui semblent chacun observés par l’œil stylisé du Grand Architecte de l’Univers dans son triangle à l’Orient, forment un ensemble d’une somptueuse beauté. Je me sens maintenant intégrée à cette harmonie. Jusqu’à éprouver un sentiment de plénitude quand je lève les yeux vers l’arrondi du plafond étoilé, suggérant l’immensité bleu nuit du cosmos.

Seul un meuble dérange mon vécu sensoriel, l’autel des serments en plexiglas où est posé l’outillage ancestral des bâtisseurs. Je trouve que cette touche de modernité heurte le dessin classique du compas, de l’équerre et de la règle entrelacés. A moins que ce ne soit plutôt ma sensibilité qui s’en trouve heurtée ?! Plusieurs frères et sœurs partagent mon avis sur l’intrusion de la matière plastique dans la loge ! D’autres disent aussi à l’inverse, que la transparence accroche la lumière et accentue la beauté et le mystère des symboles en présence. Il n’y a pas de définition, encore moins de vérité en matière d’esthétique ! Quoi qu’il en soit de ce détail, je quitte toujours la loge, à la fois sereine et tonifiée, avec une sensation de plaisir, depuis ce premier soir mémorable, où j’ai été initiée.

Je suis entrée en maçonnerie, bien sûr conquise par le « discours » chaleureux de Mathilde, auquel s’est ajusté celui d’Hubert, tout aussi convaincant. Et passionné ! Mais il est vrai que, avant même d’entendre leur bons développements historiques, la découverte livresque de la traversée surprenante du temps par cette institution, m’avait déjà frappée. Sans remonter jusqu’au roi Salomon, mais en partant simplement de la maçonnerie spéculative du 18ème siècle, il est à mes yeux rassurant, qu’elle perdure de la sorte depuis trois siècles ! C’est bien qu’elle apporte aux hommes et aux femmes qui la pratiquent de générations en générations, une satisfaction particulière ! Et qu’elle soit utile à la Cité.

Si je m’étais laissé influencer par les « marronniers » des hebdomadaires, présentant régulièrement la maçonnerie comme un vaste réseau affairiste, je n’y serais jamais entrée ! Ma quête n’est pas celle-là. Mon carnet d’adresses professionnelles me suffit pour exercer convenablement mon métier. Mère célibataire, je ne cherche pas non plus un mari, j’ai fait un choix dans ce domaine. Mes trois coups symboliques frappés à la porte du Temple ont été et sont toujours motivés par le besoin d’élargir mon regard et ma pensée sur le monde, en rencontrant ceux et celles des autres. Je suis comblée sur ce plan, dans une loge de quelque quarante frères et sœurs – de 30 à 80 ans passés – aux professions les plus variées et d’opinions les plus diverses. Nous n’y achetons ou vendons pas des produits, mais échangeons des idées. Afin de poursuivre notre construction interpersonnelle, pour mieux vivre, pour mieux être. Avec nous-mêmes, avec les autres.

Les phrases du rituel, égrenées par le jeu des questions-réponses de la Vénérable Maîtresse et des deux surveillants, me renvoient à mon année d’apprentissage. Je me rends compte que, très attachée par métier à l’esthétique, donc aux décors, aux gestes, aux déplacements rythmés des officiers dans la loge, j’ai d’abord mobilisé mes yeux avant mes oreilles ! Aujourd’hui, sur mon banc, je comprends mieux le rôle et le sens du rite et sa mise en œuvre par les paroles prononcées, à chaque tenue. Avec, à la fois l’apaisement que ce cérémonial procure en « dissolvant » l’agressivité venue de la Cité, et l’effet-miroir de la symbolique des outils qui m’a engagé à la rencontre de moi-même. Cette auto observation, cette auto-analyse plus précisément, je l’ai poursuivie au degré de compagnonne. Depuis deux ans, j’ai réussi à prendre un peu plus de distance avec les choses de la vie, en fait à canaliser mon énergie, à hiérarchiser mes activités, et aussi à distinguer l’essentiel du superflu, si présent dans mon secteur journalistique. Pour enfin, me recentrer et éprouver le « bonheur d’être », au monde et dans la société des hommes, alors que les jours passent si vite… Regarder la Seine couler au Pont Mirabeau, mieux que la voir ; écouter un concerto de Mozart chez moi, mieux que l’entendre en voiture ; déguster une pêche au marché, plutôt que la dévorer ; sentir une rose dans le parc Citroën, au lieu de la respirer ; caresser la tête de mon chat au lieu de l’effleurer distraitement. Autant de gestes simples, naïfs sans doute, que je me surprends…à réapprendre au quotidien. J’ai réveillé mes cinq sens, et commencé en même temps, si je puis dire, une rééducation philosophique au siècle de la vitesse, de l’urgence, des gens pressés – dont je fais encore partie – en dehors du temple ! Certes, je ne suis pas devenue philosophe pour autant. Grâce à la maçonnerie, je viens de redécouvrir les penseurs antiques, qui avaient tout compris de l’existence, il y a deux mille cinq cents ans. Il me faut trouver le temps de les lire !

 Je n’y avais jamais pensé. Pour Mathilde, la Tour Eiffel – dont elle m’a déjà parlée sur le plan technique – est bel et bien une Pyramide moderne, de fer et de lumières ! C’est au cours d’une réunion dinatoire d’apprentis, à son domicile, à Puteaux, qu’elle nous en a dit davantage et expliqué la symbolique. Car il existe une symbolique de la Tour Eiffel ! Première nouvelle pour moi et mes deux « collègues » d’initiation, Candice et Thomas !

Je savais pour ma part que cette « dame de fer », inaugurée à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889, commémorait en même temps le premier centenaire de la Révolution française de 1789. Mais ce que j’ignorais, c’est que sa construction avait été suggérée à Gustave Eiffel, par deux de ses ingénieurs, francs-maçons. Et que le projet de ce pylône insolite de quelque 1000 pieds a remporté le concours ouvert par la Ville de Paris, devant plus de 700 maquettes de monuments en pierre, aux formes les plus baroques. Construite en 26 mois par deux cent compagnons charpentiers du fer, elle ne cesse depuis 120 ans de bénéficier des avancées technologiques. Et les centaines de visiteurs qui empruntent chaque jour ses ascenseurs informatisés, ignorent sans doute pour la plupart, les évocations maçonniques de la Tour. Elles sont exposées aux yeux de tous, et en même temps invisibles pour les non-avertis…Le secret de la Tour Eiffel !

Mathilde, « ingénieur lumière », nous a éclairés ce soir-là, au moment du dessert :

– La Tour Eiffel contient 7 symboles maçonniques, voulus par ses concepteurs ! D’abord, 4 symboles géométriques, par sa forme même. Elle peut en effet être vue à la fois comme une pyramide stylisée, une colonne avec son long col, un fil à plomb inversé et un delta lumineux à son sommet.

-« Delta lumineux ?…

-Oui, Candice, le triangle au-dessus de la chaire du Vénérable Maître, en loge…

-Ensuite, la Tour Eiffel comporte 3 symboles figuratifs, avec ses 3 plates-formes. Elles représentent les 3 degrés de la progression maçonnique. Apprenti, Compagnon, Maître.

– Tu peux nous en dire plus ?!

– Thomas, le premier étage, c’est l’homme en devenir que figure l’apprenti. Comme un jeune enfant, il n’a monté que quelques marches, il est encore près du sol, si je puis dire, et ne voit pas très loin devant lui ! Le deuxième étage symbolise, l’adolescent, le compagnon qui commence à s’élever et découvre l’horizon. Il va pouvoir se mettre en marche et voyager. Et le troisième étage, bien sûr, c’est l’homme accompli, le maître-maçon, parvenu en quelque sorte au sommet de son art. Il prend conscience, avec le phare tournant au-dessus de lui, de son rôle « d’éclaireur du monde » !

-Mais, Mathilde, est-ce que la Tour Eiffel, vue comme métaphore des trois premiers degrés maçonniques, n’est pas à même de donner aussi une image de l’homme vaniteux, celui qui veut toujours monter plus haut ?…

-Non, Camille, là tu confonds avec la symbolique de la Tour de Babel, construite par des mégalomanes qui voulaient atteindre le ciel et égaler Dieu !! Ce que tu oublies avec la représentation de la Tour Eiffel, c’est qu’une fois arrivé au sommet, il faut redescendre ! Et la descente, si tu prends les escaliers, marche par marche, vers la terre ferme, n’est-ce pas l’expression de l’humilité même ?! D’ailleurs, de « humus », la terre, vient le mot « humilité » … Humus, homme, humilité !

C’est après cette « révélation » que Mathilde nous a proposé à chacun un exercice tant pratique que symbolique, en trois séquences distinctes, pour accompagner et illustrer notre progression maçonnique individuelle : monter seul au premier étage de la Tour Eiffel, dans l’année de notre initiation, puis au second, le degré de compagnon acquis. Et enfin, atteindre le 3ème étage, une fois élevé à la maîtrise. Nous nous engageons à ce protocole original. J’ai effectué pour ce qui me concerne les deux premiers « voyages », dans les conditions requises d’application et de réflexion. Avec, sur la première et large plate-forme, le ressenti d’une évidente prise d’altitude mais aussi, en levant les yeux vers les impressionnantes poutrelles métalliques, la conscience d’un long travail à accomplir pour atteindre la cime ! Et avec au second étage, ce jour brumeux d’avril, la sensation d’avoir progressé, mêlée d’une envie bien consciente de percer la couche de nuages. Pour aller plus loin. Plus haut !

Mais il faut prendre le temps des choses et faire les choses en leur temps ! Mon horloge interne, emballée par les exigences du monde de la presse – au double sens du terme ! – a réappris la patience depuis ma première initiation. En présence permanente dans la loge de la règle à 24 divisions, outil et symbole basique offert à ma vue, j’ai progressivement réenregistré que les journées n’ont que 24 heures ! Ma fille, qui me retrouve plus souvent pour partager nos repas et aller avec moi au cinéma, apprécie les bienfaits de ma rééducation par la méthode symbolique !

Après avoir porté un an le tablier de toile écrue et à bavette relevée de l’apprentie, puis deux ans celui de compagnonne avec bavette rabattue, je viens de recevoir le tablier de cuir blanc bordé de rouge de maître-maçonne, avec le baudrier bleu correspondant. Troisième initiation, troisième tenue solennelle qui a réuni à nouveau tous les frères en costume noir, toutes les sœurs en aube blanche, autour des trois récipiendaires, Candice, Thomas, Camille…Une cérémonie saisissante à la fois par le décor de la loge aux murs tendus de noir, et le psychodrame qui s’y joue au 3ème degré du Rite de Memphis-Misraïm : dans le temple en construction du Roi Salomon, son fidèle architecte Hiram est assassiné par trois compagnons tricheurs, en quête d’une qualification supérieure imméritée. Ils symbolisent l’ignorance, le fanatisme, l’ambition démesurée, les trois vices combattus par tous les francs-maçons du monde.

 Pour la troisième fois, notre Vénérable Maître Hubert a posé sur ma tête et mes épaules, la lame de son épée me consacrant au 3ème degré du Rite de Memphis-Misraïm. Une initiation ne se raconte pas, elle se vit. Comme mon frère, comme ma sœur, initiés avec moi, j’ai « intériorisé » symboliquement Hiram, censé renaître en moi, avec ses valeurs d’amour et de courage. Eternel thème de la mort et de la renaissance, propre à la nature. Et à toute initiation depuis les premiers rituels humains.

J’ai honoré ma promesse à Mathilde. Avec une petite entorse au contrat, j’ai emmené ma fille avec moi. En tant que maître-maçonne, parvenue à ce 3ème degré du Rite, je suis ce dimanche après-midi de septembre sur la 3ème plate-forme de la Tour Eiffel. A 320 mètres du sol ! Pendant que Lauriane, l’œil rivé à l’une des longues-vues de service, cherche à repérer notre immeuble, je tourne en rond avec les touristes le long du bastingage grillagé. Soleil radieux, ciel d’azur, pas un nuage, juste quelques rafales de vent. La Seine serpente à perte de vue vers la Normandie, entre les larges semis de maisons miniatures et les grands damiers de champs verts et jaunes. Aujourd’hui, elle charrie de l’or en fusion. L’horizon bleuté, au-delà des Tours de la Défense, semble ceinturé par une forêt circulaire vaporeuse. Prendre de la hauteur, je ressens bien l’expression, jusqu’au vertige même ! Changer le monde, travailler au progrès de l’humanité, est-ce possible pour la petite bonne femme que je suis ?! Je me sens si minuscule au-dessus de cette gigantesque carte routière déroulée devant moi….

J’ai l’impression de déambuler dans la nacelle d’un ballon arrêté en plein ciel. Au centre de la plate-forme, un bureau vitré reconstitué, genre Musée Grévin suspendu, stoppe ma promenade. Gustave Eiffel, assis derrière une table à dessin, converse avec sa fille Claire et l’ingénieur américain Thomas Edison, venu lui offrir un phonographe, me dit une affichette détaillée. Sa lecture et mon imagination aidant, ces personnages de cire s’animent sous mes yeux…

…Nous sommes le 6 mai 1899, date de l’inauguration de l’Exposition Universelle. Sur la flèche de la Tour, qui ne s’appelle pas encore Eiffel, est hissé le drapeau tricolore. Je lève les yeux. Le Ministre du Commerce, le franc-maçon Edouard Lockroy, entre dans le bureau pour féliciter Gustave Eiffel et son équipe d’ingénieurs et d’ouvriers. Thomas Edison pose un disque sur le phonographe et tourne la manivelle. La Marseillaise retentit, pour célébrer le prestigieux monument de fer étincelant de tous ses rivets, et le centenaire de la Révolution Française…

-Camomille !

Ce cri joyeux qui éclate dans mon dos, à la fois me crispe et me sort de ma rêverie éveillée. Qui m’interpelle ainsi, en haut de la Tour Eiffel ?! Je me retourne, presqu’en colère et je reconnais immédiatement sa chevelure rousse bouclée.

Clovis ! Ça alors ! Qu’est-ce que tu fais ici ?

– Même question pour toi ! Moi, je prépare un rallye pédestre pour une association et je cherche des énigmes. Il y a plein de symboles sur cette Tour, tu sais ! Je n’y étais pas remonté depuis mon enfance…

– Depuis qu’on y est venus ensemble, avec l’école ?!

– ça se pourrait bien ! Dis-donc, on va fêter çà, je t’invite à prendre un pot, dès que nous serons à terre !

– D’accord, Clovis, à condition que tu m’appelles Camille et qu’on récupère ma fille. Tiens, la voilà ! Et aussi qu’on redescende à pied ! Je t’expliquerai pourquoi !  J’y pense, un de ces jours, il faudra que j’organise un défilé de mode dans le salon du Ier étage de cette Tour Eiffel…

Le Dessin de… Jissey « BD et maçonnerie »

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Le dernier ASTERIX serait-il maçonnique, en valorisant les symboles et en référant au développement personnel ? C’est ce que suggère, peut-être, l’article récent de Yonnel Ghernaouti.

Jissey, quant à lui, s’interroge sur les confusions orales que pourrait faire un « profane » interrogé sous le bandeau. Des CONTES aux MYTHES …. comme par exemple sur la création historique de la Franc-Maçonnerie, rien n’empêche les confusions. Il est vrai que certaines questions peuvent aussi, parfois, friser l’énigme intellectuelle voire le bizutage culturel… Soyons donc compatissants envers ceux qui acceptent d’entrer dans une démarche d’éternel apprentissage !

« Les Ordres du Mal » la nouvelle série Netflix qui fait très peur

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De notre confrère netflix-news.com – Par Simon Janvier

Il ouvrira le Festival de Sitges le 5 octobre prochain et s’annonce déjà très prometteur : le nouveau film d’horreur Paco Plaza va venir vous hanter quelques jours avant Halloween sur Netflix et ne devrait pas vous laisser indifférent (pour ne pas dire indemnes). Intitulé Les ordres du mal (ou Hermana Muerte en version originale), ce prequel de Verónica saura, en effet, vous conquérir par son atmosphère étrange et sa sombre luminosité. Alors, curieux d’en savoir plus ? On vous en dit plus dans cet article ! 

Le cinéaste connu pour avoir réalisé [REC] et Abuela nous plongera une fois de plus dans l’ univers inquiétant de Verónica, à la différence près qu’ici, l’intrigue se déroulera dans une époque plus ancienne, plus précisément dans l’Espagne d’après-guerre.

Nous y suivrons Narcisa, une jeune novice dotée de pouvoirs surnaturels alors qu’elle arrive dans un ancien couvent reconverti en école de jeunes filles pour y devenir enseignante. À mesure que les jours passent, les événements étranges et les situations de plus en plus perturbantes qui la tourmentent la poussent à dénouer le terrible écheveau de secrets qui entourent le couvent et hantent ses occupantes.

Ecrit par Jorge Guerricaechevarria (dont on a déjà pu constater le talent avec le thriller d’action Hasta el cielo disponible sur  Netflix depuis janvier), Les ordres du mal réunit au casting Aria Bedmar, Almudena Amor, Maru Valdivielso, Luisa Merelas, Chelo Vivares et  Consuelo Trujillo. La distribution est complétée par de nouveaux talents qui feront leur début  : ara Roch, Olimpia Roch, Adriana Camarena,Martina Delgado et Claudia Fernández Arroyo. 

QUAND SORT LE FILM “LES ORDRES DU MAL” SUR NETFLIX ? 

Les Ordres du mal est disponible en exclusivité sur Netflix depuis le vendredi 27 octobre 2023. 

Ces célébrités françaises qui font appel à la cartomancie et au surnaturel pour connaitre l’avenir

De notre confrère pressamedia.com

L’ésotérisme, tout comme l’art divinatoire ou la guidance, représentent des pratiques exercées par certains groupes sociaux. Ces pratiques et ses variantes se sont étendues de génération en génération, mais également de siècle en siècle, laissant l’opportunité désormais à toutes personnes d’apprendre.

Même si la pratique de l’ésotérisme, la voyance, peuvent toujours être perçues d’un avis mitigé, les langues se délient à propos des pratiques occultes. Vous serez d’ailleurs surpris de découvrir certaines des personnalités publiques et des stars qui ne se cachent plus de s’intéresser à la voyance et aux tarots.

Virginie Despentes ne se définit que par guidance et lecture de tarot

Virginie Despentes en mars 2012, à l’avant-première du film Bye Bye Blondie.

Virginie Despentes (de son vrai nom Virginie Daget) est une grande fan de voyance et de guidance par les cartes, aussi bien de tarot ou d’oracle. Devenue célèbre pour ses différentes œuvres littéraires et leurs adaptations cinématographiques, il était un peu difficile de faire le rapprochement entre la réalisatrice et l’univers de la cartomancie ou encore de l’ésotérisme.

L’auteur et réalisatrice a reçu d’ailleurs de nombreuses distinctions pour ces différents romans, nouvelles, essais et autobiographies. En 1998, elle décroche le Prix de Flore, ainsi que le Prix Saint-Valentin l’année d’après, en 1999. Virginie Despentes est ensuite distinguée pour le Prix Renaudot en 2010, le Prix La Coupole en 2015 et le Prix de la BNF en 2019.

La célébrité a confié que son intérêt pour la cartomancie l’aura par ailleurs poussé à créer son propre jeu de cartes pour faire de la guidance par l’oracle. Ainsi, après plusieurs best-sellers, la réalisatrice Virginie Despentes a publié son tout premier Oracle Rock.

Les stars et les artistes sont très habituellement des personnes éveillées aux arts divinatoires d’où ils peuvent puiser de puissantes inspirations. Virginie Despentes affirme avoir depuis toujours tiré les cartes et donc la création d’un oracle s’est faite instinctivement.

L’oracle Rock dont les illustrations s’inspirent de stars de la musique

L’oracle Rock de la réalisatrice Virginie Despentes reprend tout son univers et sa personnalité. Sa plume se distingue à travers les messages présents sur les cartes et les couleurs des illustrations sont majoritairement composés de rouge et de noir.

La tatoueuse et graphiste Rata a été choisie par Virginie pour collaborer avec elle sur la création de l’oracle Rock. Les jeunes femmes ont choisi de s’inspirer du traditionnel jeu de 32 cartes, présentant des stars de la musique en raison de leurs impacts significatifs.

Par exemple, la star Tina Turner est la célébrité choisie pour illustrer l’As de cœur du jeu d’oracle représentant la sérénité. Quant à la star Beyoncé, elle incarne dans l’oracle la carte du 10 de cœur dont la symbolique est la loyauté.

La star Frédérique Bel choisit ses tournages selon ce que prédisent les cartes

Frédérique Bel – Source photo IMDb

Connue pour sa prestation dans le film culte français, Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu, la star Frédérique Bel ne se cache pas de ses croyances ésotériques. La voyance et la guidance par les cartes d’oracle ou de tarot sont devenues ses grandes alliées face à certains de ses choix professionnels.

Pour dissiper ses doutes concernant un rôle ou une offre professionnelle, Frédérique Bel se fie à ce que les cartes ont à lui annoncer. Sa grande aspiration à la spiritualité lui a par exemple aidé à anticiper de longs et importants tournages à l’étranger, a-t-elle confié durant une interview.

Frédérique Bel confie également avoir grandi avec une sœur aînée medium, une sœur plus jeune qui est chamane et avec sa mère qui est guérisseuse. La guidance et la voyance à travers la lecture de tarot ou le tirage de carte sont ses dons particuliers.

La voyante des stars, Marie-Claire Estevin

Marie-Claire Estevin est la jeune femme surnommée la voyante des stars pour son aptitude à prédire l’avenir. Déjà perçue aux côtés de Gérard Depardieu, elle avait en 2012 fait des prédictions sur un avenir sombre pour la planète avec différentes guerres, crises ou accident nucléaire en France.

Marie-Claire a surtout été le conseil de stars du showbiz français, mais aussi du monde entier pour de l’hypnose, l’échange avec des défunts ou soulager des patients. Toutefois, avant de devenir la voyante des stars, elle avait acquis le surnom de diseuse de bonne aventure parce qu’elle tirait les cartes avant de faire des émissions en direct comme Radio France Toulouse. Elle finit alors cartomancienne professionnelle qui reçoit différents clients pour de la lecture de tarot ou de la guidance à travers les oracles.

Marie devient la voyante des stars françaises après les années 1990 quand elle arrive à Paris pour participer à des émissions télévisées. Son carnet d’adresses se constitue alors de célébrités à l’instar de Gérard Depardieu (comme dit plus haut), Jean Roucan, Sophie Davant ou Maïté.

Ses consultations de voyance amour gratuit sont que des guides, les clients continuent de garder leur libre arbitre. Ces derniers sont simplement éclairés sur leurs actions, afin d’améliorer ou pas le cours de leur existence.

Ces stars françaises qui se montrent transparentes sur leurs expériences surnaturelles

Le tabou autour de l’ésotérisme semble bien prendre fin avec toutes ces stars et influenceurs qui parlent ouvertement de spiritualité, rêves prémonitoires ou de guidance par les cartes.

Pascal Légitimus est le premier de cette liste à s’exprimer ouvertement sur le surnaturel. L’humoriste et scénariste né en France, connu pour son rôle dans Les Inconnus, a en effet signé la préface du livre Des célébrités face au surnaturel de Sandrine Chopin.

Cet ouvrage retrace les expériences que certaines stars françaises ont vécues et qu’elles désirent partager au reste du monde. Il s’agit notamment des célébrités à l’instar de :

  • Frank Leboeuf
  • Nathalie Marquey-Pernaut
  • Pascal Légitimus
  • Marie Fugain
  • Maurice Barthélemy
  • Anne Roumanoff
  • Mirelle Dumas
  • Patrick Chesnais
  • Marc Toesca
  • et Jean-Louis Étienne.

En conclusion, il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de célébrités françaises qui s’exercent à la lecture de tarot ou aux pratiques ésotériques. Si pour certains, il est simple d’en parler et de ne pas se cacher de cette pratique, pour d’autres stars, exposer au monde leurs croyances reste tabou.

Tout comme avec les religions, il s’agit de croyances qui peuvent faire polémique quand un contexte favorable n’est pas créé pour en parler convenablement. Particulièrement maintenant que l’ésotérisme semble être une pratique en vogue.