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Nous ne sommes pas sérieux ! Ainsi soit-il !

Près de quarante-cinq ans de vie maçonnique et l’opportunité liée à une mobilité professionnelle de changer de loges  et de rites m’amènent à cette conclusion : Vraiment dans leur globalité les francs-maçonnes et les francs-maçons ne sont pas vraiment sérieux !!

Dans mon ressenti, ce n’est pas une critique mais un état de fait global qui concerne le mouvement maçonnique dans son ensemble !

Pas sérieux mais capables d’être gentils, sympas, boute en train, plein d’humour et j’en passe !

Psychologiquement parlant on pourrait classer la communauté maçonnique  parmi les communautés velléitaires ! Etre velléitaire se définit comme la distance entre l’expression d’un désir et l’absence de mise en œuvre de ce qui permettrait la réalisation du désir l

Nous avons de belles idées et de beaux projets mais en dehors d’une conviction affichée, aucun engagement ne suit au niveau collectif ! On se gargarise des travaux de quelques célébrités sous prétexte qu’elles figurent sur les tablettes d’une loge mais cela est à la limite d’une appropriation malhonnête !

La Franc-Maçonnerie avait l’image d’une solution d’influence sous la 3ème et la 4ème république ; aujourd’hui un certaine condescendance prend le pas mais on n’en pense pas moins que nous sommes des rigolos !

Nous ne sommes pas sérieux pour plusieurs raisons ; j’en citerai essentiellement cinq :

  1. Foncièrement on pourrait dire que les francs-maçonnes et les francs-maçons se la jouent perso ! Il n’y a pas vraiment d’engagement collectif que cela soit au niveau d’une loge ou au niveau de l’obédience ! On est content lorsqu’une conférence réunit trois cents personnes et cela suffit à satisfaire l’égo de nos petits chefs !
  2. L’organisation maçonnique fonctionne en vase clos ! L’important c’est d’être fidèle à un formalisme ! Et puis on passe à autre chose !
  3. Les membres des obédiences font partie des classes sociales économiquement aisées ; cela permet d’avoir des actions caritatives parfois importantes qui constituent une raison d’être pour de nombreuses obédiences !
  4. La vie des loges n’intéressent personne dans la mesure où elles sont essentiellement chargées de faire rentrer les contributions financières qui permettent à la nomenklatura maçonnique de faire le spectacle !
  5. Tout se passe comme si nos engagements maçonniques étaient virtuels ! Concrètement il n’y a pas de réel engagement !

Ce constat doit être pris en compte dans la règle du jeu de l’implication dans la vie d’une loge ! Car ce ne doit pas être une raison pour laisser tomber ! Cela ne sert à rien de vouloir blâmer un tel ou une telle , c’est comme çà !

Il est inutile de jouer les vierges outrées ! La réalité doit être prise au compte pour aller plus loin ! Si une loge est amenée à décider à voter une résolution, il faut savoir que seule une minorité répondra présent pour passer à l’acte.

Réunir les personnes porteuses de hautes valeurs morales est une bonne feuille de route à condition qu’on ne se trompe pas sur les personnes que l’on veut initier !

On en a actuellement un exemple au GODF à propos du débat sur l’intérêt des commissions nationales : bien que les rapports soient votés à de larges majorités au convent, au niveau des loges seuls quelques frères et sœurs y participent réellement Ces commissions coûtent cher en remboursement de frais divers pour pondre des rapports que personne ne lit et qui ne serviront à rien !

Les maçon-ne-s adorent les grandes gueules qui sont capables de faire vibrer une assemblée en leur adressant des trémolos initiatiques ! Le problème c’est que les grandes gueules c’est généralement pour le théâtre !

Tout cela est vide de sens !

L’essentiel  pour une communauté qui souhaite transformer le monde en le rendant Beau, Juste et Bon n’est-ce pas la capacité collective à être un exemple ?

L’inconvénient de la velléité c’est qu’elle annihile l’autorité ! La pseudo autorité n’est plus crédible car on sait qu’elle ne sera pas suivie ! Il reste la gestion des affaires courantes !

C’est par notre exemple collectif à tous les niveaux des structures maçonniques que nous pourrons prouver que nous ne sommes pas que des flambeurs !

La démarche maçonnique est souvent présentée comme un moyen d’accéder à la Sagesse et à la spiritualité mais avouez que cette affirmation est une escroquerie intellectuelle !

Il n’ y a pas besoin d’une structure collective pour philosopher, réfléchir, se connaître et s’améliorer ! L’ésotérisme, par définition, est le fruit d’un enseignement de maître à élève pas d’une assemblée !

Si certaines communautés religieuses vivent cet engagement initiatique n’est-ce pas d’abord parce qu’elles associent un véritable ésotérisme que la loge est incapable d’offrir ?

L’intérêt de la loge est naturellement d’offrir une dimension collective ; cela constitue un pari difficile qui est bien souvent abandonné ! Deux ou trois ans de vénéralat en ne faisant surtout pas de vagues et en essayant de faire rentrer quelques profanes , c’est déjà beaucoup pour certain-e-s !

Malgré tout il ne faut pas se décourager ! La franc-maçonnerie est belle ! Mais mieux vaut connaître la règle du jeu pour éviter les désillusions !

En réalité il y’a une réelle difficulté à mobiliser les énergies ! Lorsqu’on reste dans le verbiage, là il n’y a pas de problème mais lorsqu’il s’agit de montrer ce que l’on prétend être collectivement, là c’est autre chose !

C’est pourtant possible de changer cet état de fait mais tout se passe comme si les responsables actuels des obédiences se satisfaisaient de cette situation : inconscience, conflit d’intérêts, irresponsabilité, médiocrité ?

Initiation et nudité

Allons, n’hésitons pas ! Retournons-nous jusqu’aux chasseurs-cueilleurs, nos ancêtres de quelques 2/300 000 ans pour rester approximatif et modeste. Osons la suite, qu’elles que soient les cavernes embrumées de ce passé, promenons-nous sur les cabosseries des cinq continents. Aujourd’hui, toujours, des initiations ont lieu de l’Afrique à l’Australie en passant par la Sibérie et autres Bordeaux !

Et confirmons ce que l’on sait des velléités d’extase des humains : partout en tout temps, les humains, ces violents « « homos demens », ont engendré, dans leur esprit fol, les subtils moments d’extase qu’ils connurent un jour et qu’ils tâchent de retrouver, hagards, seuls ou en bandes. Ces chemins de grandes retrouvailles, pour faire simplet, ont, pour noms : la méditation, la mystique et l’initiation ; sans vergogne seul ou en groupe. Tel bouddhiste médite, tels fidèles résonnent leur prière sous les gothismes, et tels autres, les méditants, des croyants, des mystiques délectent ensemble une psychagogie, qui les fait monter, comme d’autres, au dit septième ciel. La psychagogie est le nom formel de la pédagogie qui nous mène à la complétude, aux délices spirituels, à savoir à la jouissance singulière des corps, des sensibilités, des hautes profondeurs de l’extase où tout s’emmêle, en grande unité universelle.

La Franc-maçonnerie est une psychagogie de première qualité, bien que parfois traînarde avec quelques valeurs vieillies et racornies, comme la pudeur, la décence, le bon ton. Ce sont des freins balourds à l’élévation. Oui, balourds, parce que la spiritualité n’a rien à voir avec les valeurs morales d’une époque donnée. En fait, les cheminements initiatiques dont le nôtre, partent du moment superbe que nous connûmes tous. Cette prévie, celle du fœtus, baignée dans la jouissance d’un physique nu et d’un psychisme sans aguets. Partout, les cérémonie initiatiques se jouent ; dans les profondeurs de l’Afrique, chez les aborigènes, au milieu des cris hawaïens… A chacun de ces chemins, sa prosodie, son scénario liés à son histoire et valeurs profanes. Et la Maçonnerie se repait de mises en scène occidentales qui font le délice des timides et le socle du grand bon. Toute cérémonie initiatique nait dans le moment fœtal, jusqu’au retour de la Lumière, en résonance avec l’extase utérine. Je fus nu(e) dans le ventre ? Alors que je revienne à l’état de nudité pour exulter dans cette première lumière sombre, avatar céleste du corps-esprit. Quand je pense qu’un soir j’ai demandé à une Sœur pour quoi l’épaule de la candidate n’était pas dévoilée. La réponse me sidéra : « Par décence ! ». Rien compris ! Autre exemple sidérant : dans un rite, l’Expert répond au Vénérable qui demande « Comment ce candidat se présente-t-il à nous. Et l’Expert : « Ni nu ni vêtu mais dans une tenue décente ! ». « décente » ? je l’ai entendu des dizaines de fois en riant dans ma barbe… à la mode laminante et dominatrice. !

Jetons aux orties ces textiles qui empêchent nos réalités charnelles de se vivre en pleine nature, dans l’exaltation des chairs, des arbres, et de impalas. Ce que fait, en partie l’initiation maçonnique quand elle fait entendre, le mot est trop fort, quand elle fait palper en loucedé, ce message de fond apparent dans nos esprits-corps. Les voyages remettraient en question nos certitudes, présupposés, valeurs, opinions… Mais en fait, pour y parvenir, il nous faut un scénario plus concret, celui des vêtements qui nous affublent et met en guérite notre chair cachée. Quels sont donc ces murs bétonnés de textiles flottant ; les chemises, les jeans, les culottes et tout cet attirail pernicieux des modes, ces cache-misère des meutes : grâce à la mode, je ne suis pas miné par la panique de la perdition : « je suis comme les autres et je suis bien, très bien : la barbe de trois jours, les tennis blanches ? Mais c’est à la mode ! » répond-on. Et ainsi je suis aux anges dans la meute qui m’est assurance. Mais cette mode, celle de Sophocle, des présidents de nos démocraties borgnes, apaisent en nous cette tare insupportable de l’animal humain : la violence. Traitée avec génie par la Franc-maçonnerie dans sa manière de traiter le complexe d’Œdipe, tout à l’inverse de l’horreur des Évangiles.

Les épreuves sont légion dans les chemins initiatiques, particulièrement dans le nôtre. Mais il lui manque toujours une dispositions qui gommerait tout cet attirail hypocrite de vêtements, de bonnes raisons .Ces conceptions empêchent tout retour fondé en chair et en tête, vers l’extase fœtale : a- t-on vu un fœtus ou un spirituel reconnu comme François d’Assise, se soumettre aux raisonnements pitoyables du refus de la nudité ? Que nos épreuves lacèrent, par la planche à bascule, le breuvage amer…, et déchirent les oripeaux que la vie sociale nous a fait endosser, pour « réussir sa vie ». Plus de vêtements ? Alors la boucle de la complétude, de l’extase est enclaironnée par le cheminement initiatique, celle de la fusion en nature bouclée en anneau de lumière lorsque le bandeau tombe. Car c’est ici que les cheminements initiatiques, tels le nôtre, s’enracinent en utérus, se dévêtent et nous retrouvent nus et triomphants dans la Lumière. La boucle spirituelle est clamée, assumée. Nous avons encore du chemin à faire, dans. notre initiation maçonnique : saluer la grandeur spontanée, et naturelle de la nudité. Au loin les pulls et les chaussures du confort laxiste. Que l’on vienne à la seule donnée qui ouvre les portes de la complétude : la nudité. Oui, je suis clair ! A chaque fois que la psychagogie le réclame, mettons-nous à nu. Pour de vrai ! Et sans craindre la honnie promiscuité sexuelle, si gourmande et hâtive. Les naturistes nous l’assurent : le désir n’est pas un sauvageon agressif et dévorant. Pas seulement pour faire bien, comme les autres mais à nu c’est-à-dire sans chemise, ni jupe, ni slip, ni culotte. « Il est fou » ce Fontaine penserez-vous… Stéphane C. a vécu, en Loge, oui en Loge, cette expérience : debout totalement nu et revêtu du tablier d’Apprenti, ce premier objet de la complétude couronnée. Et je sais qu’il n’est pas le(la) seul(e) ! Cela ressemblerait aux cimes de l’extase psycho-sexuelle au-delà de la simple jouissance physique. Ce Frère, grâce à a sa Loge est un pionnier dans cette nudité : un module initiatique nouveau, un modèle de don de soi au monde et un modelage de son esprit vers l’univers ? Je suis sûr qu’il y a, d’autres Loges qui osent vivre le chemin initiatique en esprit et en corps enlacés. Là où il n’y a plus de sexes découpés hommes pénétrants, femmes pénétrées. Merci Sophocle ! Quand Jean de la Croix clame : : « Je suis l’épousée de Dieu ».

Là, maintenant, je dois être plus un narrateur réaliste qu’un abstrait bavard. Quand donc le(la) candidat(e) est nu(e) ? Bien sûr dans le cabinet de réflexion. Plusieurs lectures possibles du cabinet mais je retiendrai celle de la psychagogie néo-natale que nous mettons si bien en œuvre. Ce faisant j’entends bien que d’autres chansons peuvent avoir des gammes très peu ourlées par des élucubrations spontanées comme la mienne : la reprise de la jouissance utérine avec le retour dans les joies de la meute initiée, le moment troublant de la Grande Lumière. Nu, sans déni, dans le cabinet, puis toujours aussi nu dans le franchissement du col : la porte basse. Devant tous ! Quel exhibitionnisme ! pour les uns ; quel contact charnel avec la peau. A chacun de sentir le poids de ses mœurs sociales ingérées inconsciemment et restrictives.

Je sais bien que je rêve et que la nudité est inacceptable pour la majorité des Loges. Pourtant mettons-nous à jour : la France est le pays le plus naturiste avec 500 sites. Et elle tient son rang à l’instar des autres pays « démocratiques ». Tenez, regardez le rétrécissement des jupes, des maillots, les tatouages qui chantent la nudité en la soulignant. En fait remontons à l’Antiquité où la nudité était considérée comme une évidence statuaire, et, évidente dans les bains. Hippocrate, lui-même, promut le naturisme et en fut un des premiers adeptes. Puis le christianisme est arrivé avec le camouflage honteux de la violence. Dans le « plus grand amour » bien sûr. Alors, dans cette évolution, la nudité ? Finie au VIe siècle : Jésus est embâché dans un lambeau qui cache l’horreur de son attirail sexuel !

Le XIXe siècle jettera l’hameçon de l’interdit le plus loin possible. Nous nous en remettons à peine : 68, qu’il est bon de décrier, a réouvert bien des béances sur la nudité. Mais, la Maçonnerie tient bon avec la vieille valeur de « mœurs strictes et de bon renom ». Dégageons-nous, dans nos initiations de ces vieilleries, adulées pour leur ancienneté. En fait elles castrent complètement les cherchants.

Continuons la cérémonie. Les épreuves nous laissent imaginer que nous nous débarrassons de tous nos oripeaux textiles et mentaux. Ceux qui ne cessent de nous aveugler et nous repoussent hors de la vérité nue. Le bandeau est une création merveilleuse annonciatrice de la spiritualité en naissance. Et enfin la Grande Lumière ! Là il est évident que le retour à l’état édénique du fœtus se joue dans la nudité, offerte au monde ? Le futur Frère est sans artifices : il(elle) est dans la nature, au milieu de la meute qui lui fait haie et l’entoure en le reconnaissant dans sa vérité physique : tout(e) nu(e). Il est adoubé et alors il peut reprendre ses déguisements : maintenant, grâce à l’initiation, il n’est plus dupe de ses inventions sépulcrales : la nudité, ce n’est pas correct en tenue maçonnique ! »

Bien sûr, mes propos sont d’une logique de chirurgien : on découpe et enlève ce qui ne va pas ; ici les oripeaux, vêtements et bijoux. Dans les faits, chaque Loge s’attellera à deux missions, d’abord les remises en cause de la nudité devant les autres, et les limites que, avec la meilleure volonté du monde, elle ne pourra dépasser. Mais attention ! Sans arguments de fausse bonne conscience. !

Soyons, nous Francs-maçons, de notre temps : ne nous remet-il pas sur le chemin du naturisme ? Des femmes ont les seins nus sur les plages ; les jupes deviennent très courtes, la pornographie, même, se donne à représenter, en outrecuidance populaire, la nudité . Dans les familles même, le père et la mère se baladent très souvent, le matin, nus devant leurs jeunes enfants . Et quelle jouissance de se baigner nu, dans l’eau de la mer, de la rivière : nous sommes enveloppés de délices universels ! Avec toujours, dans le secret des tenues et des inconscients, la recherche de ce qui pousse bizarrement à fixer des limites à la nudité entre humains. Même Sigmund n’en dit rien. Les bonnes raisons se pressent au portillon de la honte camouflée. Osons : La nudité fonde la relation avec soi, les autres, le monde. En grande extase spirituelle.

Laurent Ridel recherche l’auteur de « La sculpture anonyme »

Du site de Laurent Ridel decoder-eglises-chateaux.fr

Il y a dix jours, Jacques, un abonné, m’envoyait la photo d’une sculpture en bois pour l’identifier. Je ne reconnaissais pas le personnage sculpté, probablement une sainte. Mais, en postant l’image dans ma dernière infolettre, j’ai bénéficié de vos lumières. Et là, contrairement à la photo du mystère de Plazac (rappelez-vous ces vestiges de chaire à prêcher), je pense l’identité du personnage trouvée. 

La sculpture anonyme
À propos de cette sculpture, vos hypothèses reçues par mail ont été nombreuses. La clé se trouve dans l’attribut de la femme, c’est-à-dire l’objet qu’elle tient dans sa main gauche. Sur ce point, vous n’êtes pas d’accord. 
Pour Christian et Pierre-Yves du Béarn, c’est le triangle de la Trinité, c’est-à-dire le symbole unificateur de Dieu (Dieu le père, Jésus et le Saint-Esprit). Je trouve néanmoins le triangle gauchement réalisé pour un symbole censé représenter la perfection divine. Surtout, je n’imagine pas un personnage tenir la Trinité. Cela signifierait qu’il est plus puissant qu’elle. Désolé Christian et Pierre-Yves, mais votre interprétation sent bon l’hérésie. Au Moyen Âge, vous seriez bon pour le bûcher 🙂. La piste du triangle vous a néanmoins séduit bien que je le trouve trop déformé pour en être un. Abdelmalik, Jean-Yves et Geneviève de Seine-Maritime pensent précisément à un triangle musical. Dans l’autre main, on apercevrait un stylet pour le frapper. À cette hypothèse, ma première réaction a été de douter de l’utilisation du triangle dans l’iconographie religieuse. J’ai cependant cherché dans mes photos d’églises. Conclusion : le triangle est bien un instrument représenté au Moyen Âge, comme en témoigne ce vitrail de la cathédrale de Bordeaux. Prise de Veies, enluminure du manuscrit Fr 365 Sur les peintures et les vitraux, les triangles sont habituellement tenus par des anges musiciens. Or, notre personnage inconnu n’est pas un ange. Il lui manque les ailes. Ce qui donne à l’hypothèse du plomb dans… l’aile.  Élisabeth propose cependant que ce triangle musical servît aux lépreuses pour se signaler. En effet, les lépreux du Moyen Âge devaient avertir les passants de leur proximité par un instrument. Mais il s’agissait plutôt d’une crécelle comme on le voit sur cette enluminure d’un manuscrit du XVe siècle (Bibliothèque Nationale de France, Français 9140). Si ce n’est pas un triangle musical, qu’est-ce ? Jeanne du Périgord n’y voit qu’un pli de son manteau (dit « pli cassé ») accentué par la main de notre inconnue. Je pense voir un objet plus qu’un pli. Et puis, votre idée, Jeanne, ne nous arrange pas du tout. Comment reconnaître un personnage quand son unique caractéristique est de plier sa robe ! Non, non, je m’accroche à l’idée d’y voir un objet.  Pour cette raison, je retiens davantage la proposition de Sébastien de la Manche. La femme tiendrait une lanterne et serait donc sainte Lucie. Son nom dérivant du latin Lux, lumière, la lanterne est un de ses attributs courants. Sur cette sculpture, l’objet aurait cependant été en partie bûché. Cependant, j’ai du mal à voir les traces de bûchage sur la sculpture. La surface de la robe ne me paraît pas abîmée.  Eglise néogothique de Vimoutiers Une autre abonnée, Catherine, se demande si l’objet mystérieux ne serait pas une hermine bretonne dont le haut serait caché par la main.   Encore une fois, le lobby breton (très influent) essaie de provoquer le Normand que je suis. Mes chers voisins, je connais votre amour pour votre région, mais ne cherchez pas systématiquement dans mes photos des signes de votre identité !  Si je soumettais Catherine au test de Rorschach (vous savez, cette évaluation psychologique qui consiste à regarder des taches), je suis sûr qu’elle verrait dans l’image suivante le tracé des côtes du Finistère🙂. 
Plus sérieusement, des signes héraldiques peuvent apparaître sur des sculptures de personnages, mais ils sont, à ma connaissance, peints plutôt que sculptés. Donc, je ne pense pas à une hermine ici.  On en arrive (enfin ?) à l’hypothèse que me semble la plus pertinente. Elle est arrivée 27 min après l’envoi de mon infolettre. Sophie donnait pour réponse sainte Apolline. Identification confirmée par Jean-Marie, Bérénice, Dorothée, Marie-Christine de Belgique et approchée par Thierry du Gers.  Marie-Christine, souvent de bons conseils, nous donne l’explication en citant un passage de la Légende dorée, ce célèbre recueil médiéval de vies de saints : « Lors donc que cette bienheureuse vierge [sainte Apolline] fut entre leurs mains, ils [les bourreaux] eurent la cruauté de lui briser d’abord les dents ; ensuite, ils amassèrent du bois pour en dresser un grand billot et la menacèrent de la brûler vive, si elle ne disait avec eux certaines paroles impies. Mais la sainte n’eut pas plutôt vu le bûcher en flammes, que, se recueillant un instant, tout d’un coup, elle s’échappe des mains des bourreaux, et se jette elle-même dans le brasier dont on la menaçait. » Quel courage chez Apolline ! Mais quel est le rapport avec notre photo ? Non, ce récit enflammé ne sert pas d’avertissement à nos deux suspects d’hérésie, Christian et Pierre-Yves. En vérité, sainte Apolline est traditionnellement représentée, munie de la tenaille avec laquelle on lui a arraché les dents.  L’objet non identifié pourrait être cette tenaille. Contrairement à ce que certains pensaient, la brèche qui barre le bas de l’objet ne serait pas une cassure ou une dégradation, mais juste l’extrémité biseautée des pinces. Marie-Christine trouve un argument supplémentaire dans la base sculptée en forme de pomme de pin : ne pourrait-elle pas correspondre aux flammes du bûcher dans lequel Apolline se jeta ?  Je suis séduit par cette identification tout en rappelant cette précaution. Rien ne nous garantit que cette sculpture désignât une sainte. Sa provenance étant inconnue, elle n’ornait peut-être pas une église. Qu’importe si l’identification est incertaine, l’important n’est pas la destination, mais le chemin. Or j’espère vous avoir appris quelques petites choses en chemin. En tout cas, vos réponses m’ont bien fait voyager. Merci d’avoir participé à cette enquête.   Le vocabulaire de la semaine La semaine dernière, je vous annonçais la publication de mon livre numérique « Comment regarder les sculptures médiévales ». Un des lecteurs, David de Bourgogne, m’interrogeait sur la page 40 qui décrit le vocabulaire d’un portail. « Vous indiquez au-dessus du tympan quatre voussures. À cet emplacement de la façade, doit-on parler de voussures ou d’archivoltes ? Quelle est précisément la différence entre voussure et archivolte ? » David, vous soulevez ici un problème de vocabulaire qui partage les historiens de l’art. Le sens d’« archivolte » est débattu. Selon Jean-Marie Pérouse de Montclos, l’archivolte correspond à la moulure qui couvre un arc ou une voussure. Selon d’autres auteurs, elle recouvre l’ensemble des voussures. 
Face à cette incertitude, j’ai préféré ignorer le mot dans mon infographie, mais votre question m’a pris en tenaille. 😊  Pour rappel, le guide « Comment regarder les sculptures médiévales » reste à son prix de lancement jusqu’à dimanche prochain inclus. Vous apprendrez à lire les portails, mais aussi les statues, les gisants, les chapiteaux…
Émission en direct Mercredi 15 novembre, on refait une tentative avec Ludovic. Pendant l’été, il m’avait invité sur sa chaîne Youtube Arcana les Mystères du Monde pour une conférence. Un problème technique nous avait malheureusement contraints à une annulation de dernière minute.  Dans cette émission en direct, je parlerai de différents thèmes sur les églises : – les différents types d’églises (chapelle, cathédrale, basilique…)– les différentes architectures (roman, gothique…)– les images sur les vitraux, les peintures et la sculpture– les symboles plus ou moins faciles à déchiffrer– les sujets débattus : le nombre d’or, les labyrinthes, et l’alchimie dans les cathédrales.

Mysticisme de Samara Art Nouveau – Partie 2

De notre confrère russe sgpress.ru – Par Tatyana Gridneva

Le personnel du Musée d’Art Nouveau, avec sa nouvelle exposition, a soulevé un sujet intéressant, qui faisait partie de l’atmosphère générale qui régnait dans la société au tournant des XIXe et XXe siècles. C’est une passion pour diverses pratiques mystiques, les nouveaux mouvements philosophiques et les théories psychologiques.

Séances spiritualistes, divination, étude de la théorie de Sigmund Freud, des œuvres d’Helena Blavatsky et de Nicholas Roerich, participation à des sociétés et pratiques spirituelles secrètes. Tout cela se reflétait dans la littérature et les beaux-arts de l’âge d’argent. Belle époque est le nom donné à cette période de transition. D’une part, il était plutôt prospère. D’un autre côté, les personnes les plus sensibles et les plus créatives de l’époque ressentaient les signes d’une catastrophe imminente : de longues années de révolutions et de guerres à venir. Les gens ont perdu confiance en eux et se sont tournés vers des forces d’un autre monde. Ceci est la deuxième partie du matériel.

Révolution et francs-maçons

Je suis toujours surpris de voir la justesse des jugements de mon arrière-grand-mère, qui m’a élevé quand j’étais enfant. Je me souviens bien comment j’ai appris l’histoire à ses côtés dans la cuisine pendant qu’elle préparait des tartes. Elle lut à haute voix, pour ne pas s’ennuyer, le chapitre sur la Révolution de Février. L’arrière-grand-mère hocha la tête : « Je me souviens, je me souviens, c’est la révolution que les maçons ont faite. » J’ai été surpris et j’ai pensé qu’elle était une personne sombre qui n’avait fait que quatre années d’école paroissiale et qu’elle confondait donc tout. Au cas où, elle a précisé : « Cette deuxième révolution démocratique bourgeoise russe a été dirigée par Alexandre Kerensky. » Ce à quoi l’arrière-grand-mère a répondu : « C’est vrai, il était le maçon principal ! 

J’étais convaincu que Tatiana Prokhorovna avait raison lorsque je me suis lancé dans l’histoire locale. Après tout, Kerensky est étroitement lié à Samara. Et il est venu ici plus d’une fois entre 1914 et 1916, recrutant non seulement ses camarades politiques parmi l’intelligentsia locale, mais renforçant également les rangs de la loge maçonnique « Grand Orient des peuples de Russie », qu’il dirigeait, avec citadins. L’exposition du Musée d’Art nouveau, consacrée au mysticisme, l’a rappelé. L’une de ses sections est consacrée au thème de la franc-maçonnerie. 

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 2
Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 2

Signes spéciaux 

L’empereur Alexandre Ier a interdit les activités de ce qu’il considérait comme des organisations destructrices en Russie. Et pourtant, leur travail ne s’est pas arrêté. Les décembristes et même Alexandre Pouchkine lui-même sont soupçonnés d’être impliqués dans cet enseignement secret. À la fin du XIXe siècle, le renouveau des sociétés maçonniques s’amorce. Ils sortent de leur cachette. Et pas seulement à Saint-Pétersbourg, mais aussi dans la région de la Volga – Saratov et Samara. L’intérêt pour la connaissance mystique secrète, la recherche d’un Maître et d’enseignements susceptibles d’ouvrir la voie à un avenir meilleur, caractéristiques de l’atmosphère de l’âge d’argent, ont poussé de jeunes intellectuels à rejoindre les loges des « francs-maçons ». À mesure qu’elles se développaient, les sociétés maçonniques commencèrent à jouer un rôle de plus en plus important dans le paysage politique de l’Empire russe. 

Les guides recherchent des signes maçonniques dans l’architecture des bâtiments de Samara. Il s’agissait du « delta radieux », d’une boussole, d’un triangle avec un « œil qui voit tout » au milieu, de tours rondes et autres. Ainsi, les frères Te-Klodt sont accusés d’appartenir à une société secrète. Après tout, dans leur manoir familial, construit sous la forme d’un château de conte de fées, se trouvent des pièces semi-circulaires nécessaires à la réalisation des rituels maçonniques. On dit que le célèbre architecte Alexandre Shcherbatchev, lors de la préparation du projet, a été guidé par les instructions exactes d’Ivan Klodt. Malgré le fait que les Allemands ont apporté les bienfaits de la civilisation aux habitants de Samara, vendant dans leur magasin les articles les plus avancés de l’époque – des voitures à la plomberie en faïence, Karl Klodt, à la veille de la Première Guerre mondiale, a commencé à être soupçonné d’espionnage pour le compte de l’Allemagne. Ivan n’a été sauvé de la calomnie que par le fait qu’il est mort beaucoup plus tôt. Karl semblait être retourné dans son pays natal. Mais sa famille est restée en Russie. Leonid Karlovich Klodt, également accusé d’espionnage, fut abattu en 1942. À l’époque de Khrouchtchev, son fils a réalisé la réhabilitation de son père et de toute la famille. Les biographies des Klodt sont donc pleines de secrets. Et il est tout à fait possible de leur apposer même une étiquette maçonnique. Mais il s’agit très probablement de spéculations. 

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 2

Lieu de rencontre  

C’est exactement là que les maçons de Samara se sont rencontrés – il s’agit du manoir Subbotina-Markison, au 30, rue Alexeï Tolstoï. Notez qu’il est également réalisé dans le style néo-gothique, étrange pour la Russie centrale. Il s’agit d’une pièce entre le Polonais, l’architecte Mikhaïl Kwiatkowski, et les formes historiques de l’architecture de l’Europe médiévale. C’est ce que se souvient le cadet Alexander Elshin, décrivant comment il a été accepté parmi les maçons dans l’appartement du prince Kugushev, qui vivait dans la maison Subbotina-Markison.

« Début juin, A.F. est arrivé à Samara. Kerensky et N.V. Nekrasov. J’étais dans leur chambre – ils logeaient à l’Hôtel National au coin de Saratovskaya et Panskaya… Le lendemain, ils étaient avec moi et la conversation est allée encore plus loin – il s’est avéré que nous parlions de la franc-maçonnerie. Cela m’a extrêmement surpris, car je croyais que cette organisation avec ses rituels d’autrefois n’existait plus. Notre conversation s’est terminée avec mon accord de rejoindre la franc-maçonnerie. La réception était prévue dans l’appartement de Kougouchev. 

Le candidat à la franc-maçonnerie avait les yeux bandés et on lui a demandé d’attendre dans cette position. Au bout d’un moment, il entendit les pas des gens qui entraient. Et puis la voix de Kerensky déclara : 

Elshin se trouve devant la délégation du Conseil suprême de la Fraternité maçonnique. Plusieurs questions ont été posées. Finalement, Elchine réitéra le serment de Kerensky. Après cela, le bandage lui a été retiré. Et directement de là, tous les maçons sont allés célébrer l’événement sur le navire de la société Caucase et Mercure, sur lequel Kerensky et Nekrasov partaient pour Saratov. Tout cela s’est passé le 12 juin 1914.

Kérenski à Samara

Elshin ne soupçonnait même pas que tout au long de son séjour à Samara, des espions de la sécurité locale étaient aux trousses de Kerensky et de ses amis. Leurs rapports sont conservés dans les Archives centrales d’État de la région de Samara. Ce n’est que dans les années 90 que les fonds de l’administration provinciale de la gendarmerie ont été déclassifiés. 

Comme le disent ces documents, Kerensky, appelé Dumsky dans les rapports, s’est rendu à Samara à plusieurs reprises à l’époque pré-révolutionnaire. Encore plus souvent, il traversait notre ville à bord du train Petrograd-Tachkent. La dernière visite du principal franc-maçon russe à Samara remonte à septembre 1916. Le 26, Kerensky prononce au Théâtre de l’Olympe un grand discours imprégné d’idées révolutionnaires. 

D’après un rapport des espions de Samara

« 25 septembre 1916. « Dumsky » vit à l’Hôtel National. À 11 heures 40 minutes. les matins à apt. « Asman » est venu vers la personne observée – Bukeikhanov Alikhan Nurmukhammedov, est resté 20 minutes. A 12 heures 20 minutes. Le jour même, « Ataman » – Ramishvili Isidor Ivanovitch est venu à l’appartement de « Dumsky » – Kerensky, où il est resté 40 minutes, est parti et a marché sans surveillance. A 1 heure 25 minutes. jour « Dumsky » – Kerensky a quitté son appartement et s’est rendu à la maison n° 121 de Karpov sur la rue Dvoryanskaya, à l’appartement du docteur Sholomovich, où il est resté 1 heure 30 minutes, est parti et s’est rendu à la maison n° 41 sur Dvoryanskaya jusqu’à l’appartement de « Vecherny » – Markov Ivan Egorovich, où il est resté 2 heures 40 minutes, est parti avec « Asman » – Bukeikhanov et s’est rendu à la rédaction du journal « Volzhsky Day » dans la rue Dvoryanskaya, où il est resté 1 heure 30 minutes, laissé à l’avocat Elshin… »

La franc-maçonnerie est un mouvement apparu comme une société secrète à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle. Son éthique et sa philosophie s’appuient sur les religions monothéistes, sur les règlements, statuts et codes des « francs-maçons ».

En Franc-maçonnerie, célébrer la Saint Jean d’Hiver c’est exalter le paradoxe de la Présence dans l’Absence

Que reste t-il lorsque tout semble endormi dans les frimas de l’hiver. Quelle Lumière reste t-il pour réchauffer notre Fraternité meurtrie par le froid de nuits trop longues ? Au Septentrion de nos aurores boréales, les particules de Lumière peinent à rendre au jour son plein éclat. Nous ne sommes pas nyctalopes et au cœur de nos « asynchronicités » nocturnes c’est à tâtons que nous marchons, trébuchons, gémissons. Parfois nous nous arrêtons, nous semblons rendre l’âme lorsqu’au jour le plus court où nous pouvons perdre de vue l’espoir de notre « invincible été ».

Rendre l’âme certes… mais à qui ? À qui appartient-elle ? Et où la rendre si on ne sait pas où on l’a prise ? Pour le savoir il faut relever la tête, redresser son corps et enjamber le Léthé qu’est cette nuit la plus longue.

Gémir certes… mais espérer toujours !

L’Absence – Photographie – ©Stefan von Nemau

Espérer tant que la Vie reste un questionnement fût-il quantique… qu’elle soit corpusculaire ou ondulatoire c’est la Vibration qui témoigne de la Vie… peut-être l’a-t-elle créée ? Ou peut-être est-ce l’inverse : la Vie créant la Vibration… je ne sais pas encore… patience… la réponse sera derrière la Porte… peut-être !

La Voie alchimique quantique – Aquarelle sur papier – Collection particulière – ©Stefan von Nemau

Il faudrait convoquer monsieur Schrödinger pour connaître ce qu’il a à dire sur ce sujet mais dans sa « qu’est-ce » de bois est-il mort ou vivant ? Je n’entends que l’écho de son Absence faire résonner mon « corps-diapason » de « clerc-audiant ». Les mots ne sont pas que des mots. Les mots de l’artiste sur sa Voie ne lui appartiennent pas tous. Ils sont intention, énergie, vibration ; mais aussi matière, forme et ego lorsqu’ils créent ou détruisent. Ils sont oubli de soi lorsqu’ils entrent en résonance avec « l’uni-vers » et transmettent La Lumière.

Le Pélican – Photographie – ©Stefan von Nemau

Ce que je connais par contre, c’est qu’au cœur de nos nuits hivernales, glaciales, humides et solitaires, de ces nuits où même le Pélican perd l’espoir du Phénix, il subsiste un battement… une pulsation vitale… un futur « né-an » entre deux décisions… une « dé scission » à accepter : onde ou corpuscule ? Quelle porte de la fente de Young emprunter ?

« Jamais un coup de dé n’abolira le hasard » nous murmure le poète en apparence si Mallarmé

La Beauté secrète de l’hiver : La porte « sub-rosa »

La Voie Sub-Rosa – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

La porte « Sub-Rosa » c’est la secrète, celle du Poète, celle du prince des nuées aux ailes d’albatros.

Elle est pavée des mots que ce « Myste-errant » laisse comme seules traces dans la neige de son labyrinthe. Il a pour seule carte le tracé d’un dessin. Celui d’une caisse vide avec trois trous sur le devant, dessinée par un aviateur perdu en plein Désert à mille milles de toutes les terres habitées. Pour les plus curieux d’entre nous, mille milles cela fait 1852 kilomètres, ça paraît long comme ça mais c’est « juste » l’enjambement du Léthé, l’arc septénaire du Chemin de l’Élan vital qui mène vers l’Invincible Été.

Ainsi le poète se révèle et le Poète se relève lorsqu’il comprend que c’est le temps qu’il a perdu pour sa rose qui fait cette rose si importante. Là seulement son sillage enlumine le Temps.

La Voi(e)(x) du Poète parle par allusions, métaphores, nombres et assonances. Ces mots recèlent souvent une apparente absence de sens. Liberté suprême qu’il nous accorde que celle de nous laisser assez de ciel pour nous envoler vers notre Sens profond. Il lui arrive même « d’oublier » toute forme de ponctuation afin de nous laisser nous approprier son Golem en lui insufflant notre propre rythme ; Don de soie ultime fait à la chrysalide.

L’Absence participe au présent actif d’absum « JE suis absent, JE suis [déjà] ailleurs ». C’est par cet absum que le Poète embrase l’âme de son Puits.

Dans la « via Sub-Rosa » le Poète relevé est celui qui « dys-paraît » en franchissant les labyrinthes du Sens et du Non-sens pour nous transmettre les échos tracés au Compas de « l’uni-méta-verT » de l’émeraude du Sur-sens.

La Force de l’été : la Porte Fractale

La Voie Fractale – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

De l’autre côté de la Voie de la Rose se trouve la Voie Fractale, entrée secrète du Géomètre. Il explore son Monde par sa fracture en chevauchant le dragon impitoyable de la logique, des théorèmes, de la mesure, de la rationalité et des chiffres.

Cette raison résonnante poussée jusqu’à l’abstraction pure de la Forme tente de révéler la Non-forme pour atteindre « l’uni-méta-verS » de la Sur-forme.

Dans l’univers du Géomètre, le solfège du cercle devient musique des Sphères ; les « ternes-aires » se vêtent de leurs pyramidions et deviennent les « Ternaires » « aur-és » de leur Gloire ; les verticales parfaites « s’orthogonnent » aux horizontales absolues. Elles révèlent l’Équerre.

Arrivé aux confins de son Désert le Géomètre rencontrera son Puits. Il s’y désaltérera des Nombres Infinis, irriguant la racine des carrés de ses constructions, cultivant les cercles de son univers, séparant les figures en leurs justes proportions, asymétriques à s’y méprendre.

Il se remémorera ce jour où l’esprit de la Forme a terrassé son dragon retourné ainsi à la « Taire » d’où il était sorti enorgueilli de son « ça-voir » . Ce jour si particulier où au cœur de sa nuit glaciale, juste éclairé par la lueur de son crépuscule austral, il a réalisé que de « d’Eux » « Un » n’est pas la juste moitié.

Au matin de ce soir là, par l’Absence revenu à sa rectitude, le Géomètre ouvrira sa propre Voi(e)(x). Il transmutera les chiffres en « N-ombre » par la secrète opération dévoilées : (1 + 8) + (5 + 2) => 9 + 7 => 16 => 1 + 6 = 7 . En enjambant son Léthé il retrouvera pacifiquement le Poète sur la Voie du « Myste-errant » vers le royaume « Un-fini » du Sur-sens.

Cette nuit là, un autre Puits sera transmuté en phare flamboyant sur l’Infini, guidant le pèlerin jusqu’à cette Porte que le Poète nomme La Destination et que le Géomètre nomme L’Équation : retrouver l’inconnue de soi-même. Les mains jointes dans leur Chaîne d’Union, ils auront ensemble ainsi tracé la Sphère reliant un Pôle à l’autre.

La SAGESSE : Voie de l’équinoxe

La Voie de l’Equinoxe – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

Enfin, il existe une troisième Voie possible pour transcender cette quête de l’Absence. Une voie qu’aucun saumon ne peut explorer ou remonter ; une voie que seule la transmutation du salmonidé en homo-erectus permet d’atteindre le seuil.

Il faut des jambes pour s’agenouiller et franchir la Porte-basse. Il faut être debout pour escalader les marches de la Spirale et cheminer vers l’Orient. C’est une Voie qui commence par la descente au Secret Sacré de la nuit du genre humain.

Ainsi c’est dans le secret que les choses se créent ; paliers après « pas-liés » la Spirale découvre ses épreuves, ses joies et ses peines, ses apogées et ses hypogées, ses doutes et ses exaltations, ses pleins et déliés.

L’aveuglement, le dé et les empereurs – Aquarelle sur papier – ©Stefan von Nemau

En explorant l’Absence, les oscillations aux déséquilibres apparents permettent cette Marche de l’Empereur vers les confins du Mystère dont l’Absence révèle la Présence.

C’est la Voie de ce Puits que certains nomment « Art Royal » et d’autres plus simplement Franc-maçonnerie. Elle nécessite l’abandon de nos « espères-rances ». Elle pose comme certitude l’incertitude de rencontrer notre part des anges, cet idéal d’Espérance.

Et… toujours plus profondément « des-cendres »… dans le sillage du souffle des ailes d’Hermès mettre les derniers vestiges de notre Ombre dans ce pari fou pris contre l’Infini : nous retrouverons notre Nombre Racine dans l’espace-temps sacré d’un battement de « si-Il ».

Cheminer vers l’Aube Nouvelle : révéler la Lumière

La Présence – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

Alors, dans ce futur présent de ce moment là seulement…

Alors, à force de raison, d’intuitions et d’expériences, Chronos embrassera Kaïros et l’Amour des deux Frères retrouvés embrasera l’Aiôn de sa Lumière d’Aur révélée…

Alors à ce moment là le Pélican transmutera en Phénix

Alors à ce moment là le Tout dansera l’Unité

Alors à ce moment là la Beauté exaltera la Joie, la Force rayonnera l’Amour, la Sagesse réalisera la Paix

Alors à ce moment là la Maya sera transcendée.

A ce moment là et à ce moment là seulement, l’Absence deviendra Présence, l’Absurde révélera la Grâce et la Vie s’envolera de son Hiver vers son invincible Été.

L’envol vers l’invincible été – Photographie – ©Stefan von Nemau

Plans déposés pour le plus haut bâtiment d’Adélaïde

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De notre confrère australien indaily.com.au

Des plans pour une tour de 37 étages et 183 mètres et un hôtel derrière le Freemasons Hall, classé au patrimoine de l’État, ont été déposés, dans l’espoir que le gratte-ciel de North Terrace incorporera un nouveau musée de l’histoire de l’Australie du Sud d’ici 2026.

Le Freemasons Hall Trust a déposé une demande de développement le 30 octobre pour sa « Keystone Tower » longtemps évoquée derrière le Freemasons Hall sur North Terrace, le plan étant inscrit au registre public des développements ce mois-ci.

Le projet, d’une valeur estimée à 400 millions de dollars, comprend un hôtel de 240 chambres, des bureaux, un salon d’affaires, un espace de réception, un centre de « bien-être” et un balcon au dernier niveau.

Le History Trust espère également abriter un nouveau musée d’Adélaïde sur l’histoire de l’Australie du Sud sur les cinq premiers étages de la nouvelle tour et dans la salle des francs-maçons, sous réserve du financement du gouvernement de l’État.

Dessins architecturaux déposés auprès de PlanSA. Image : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fourni

Tour des francs-maçons

L’emplacement du site de la tour Keystone. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

Avec ses 183 mètres, la Keystone Tower serait le bâtiment le plus haut d’Adélaïde, éclipsant de 45 mètres l’actuel détenteur du titre Crowne Plaza sur Frome Street.

La proposition est également plus haute qu’un Plan d’hôtel et d’appartements de 180 mètres et 55 étages de l’année dernière < a i=3>approuvé pour le coin de Pulteney et Flinders Street. Depuis, le développeur aurait tenté de confier ce site à un autre acheteur.

Le plan des francs-maçons exigera la démolition de la Grande Salle située à l’arrière de la salle des francs-maçons classée au patrimoine national, tout en conservant sa façade. .

La salle des francs-maçons au 254 North Terrace. Photo : Tony Lewis/InDaily

Le grand bâtiment North Terrace a été érigé en 1927 et ajouté au registre du patrimoine national en 1984.

Henry Davis, adjoint au grand registre des francs-maçons SA/NT, a déclaré que le groupe espérait l’approbation de la planification avant mars 2024 et l’achèvement du projet en 2026.

« L’intention est que ce soit un véritable bâtiment pour Adélaïde et ses habitants et pour que les visiteurs viennent découvrir Adélaïde et voient Adélaïde d’une manière différente », a-t-il déclaré.

Les Plans d’aménagement fournis à InDaily montrent les étages de l’hôtel du niveau 13 au niveau 29, les bureaux au niveau 30 et un espace fonctionnel au niveau 31.

Une plateforme d’observation publique sur trois niveaux comprenant un observatoire, une mezzanine et un balcon est prévue aux niveaux 33 à 35.

Dessins internes présentés au Bureau du design et de l’architecture du gouvernement de l’État. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

L’exploitant de l’hôtel devrait être annoncé la semaine prochaine.

Le PDG de History Trust, Greg Mackie, a déclaré à InDaily que son organisation travaillait avec les francs-maçons et leurs consultants depuis trois ans pour créer un nouveau. Le musée est un « élément majeur dans la reconversion de la Grande Loge des Francs-Maçons ».

« Le musée» ferait 8 000 mètres carrés et, par conséquent, seule une petite partie de cette superficie s’intégrerait dans le bâtiment patrimonial existant », a-t-il déclaré.

« Les cinq premiers étages de la tour seraient reliés au bâtiment de 1927 et offriraient des musées contemporains et des espaces ouverts vraiment souhaitables pour le 21st

Dessins internes présentés au Bureau du design et de l’architecture du gouvernement de l’État. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

Le History Trust, qui gère déjà le Migration Museum de l’État, le National Motor Museum et le South Australian Maritime Museum, envisage depuis longtemps de créer un nouveau musée documentant l’histoire de l’Australie du Sud.

L’ancien gouvernement Marshall a également reçu 250 000 $ pour étudier une analyse de rentabilisation du concept, la salle des francs-maçons étant l’une des trois options identifiées.

Une vue de la tour Keystone la nuit. Image : fournie

Mackie a déclaré que la proposition du musée Freemasons Hall nécessiterait un accord de financement pour le gouvernement « dont aucune institution culturelle publique n’aurait jamais bénéficié auparavant en Australie ».

Il a également déclaré que la proposition d’AMOSAH était particulièrement importante étant donné l’approche du bicentenaire de l’Australie du Sud en 2036.

« L’opportunité d’aligner AMOSA dans nos préparatifs pour cette célébration à l’échelle de l’État est, je pense, culturellement passionnante et assez convaincante », a déclaré Mackie.

Plans détaillés de la manière dont le musée proposé sera intégré à la salle des francs-maçons et à la nouvelle tour Keystone. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

Davis a déclaré que la hauteur supplémentaire était due à la demande du secteur hôtelier pour plus de chambres.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi cette proposition de tour réussirait alors que d’autres développements majeurs ont échoué, Davis a répondu : « Nous avons l’argent.

« Nous avons signé l’accord hôtelier hier, et je pense que la vraie différence est que les personnes derrière cet accord ont une vision… elle n’est pas motivée par l’argent.

L’influence des Constitutions d’Anderson sur la constitution américaine

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De la Chaine officielle de la GLNF

Dans le cadre du tricentenaire des Constitutions d’Anderson, la GLNF a reçu le 29 novembre 2023, Akram R. Elias, Passé Grand Maître de la Grande Loge de Washington D.C. qui a prononcé une conférence sur le thème : « Les Constitutions de 1723. Consolider les fondations de l’Amérique ». Nous vous proposons de revivre cette conférence publique « Villard de Honnecourt ».

00:16 Introduction de Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la GLNF 1:35 Jean-Luc Leguay 23:06 Gérard Icart 30:39 Akram R. Elias 01:09:00 Bruno Pinchard 01:18:26 Thierry Zarcone 01:42:57 Conclusion de Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la GLNF

La Grande Loge d’Argentine donnerait-elle un coup de canif au fameux « Basic Principles » de 1929 ?

C’est notre confrère Guido Berrini, le 13 courant, dans Tiempo de San Juan qui n’hésite pas à titrer « Les francs-maçons se positionnent au second tour : pour qui votent-ils ? » suivi de « Le Grand Maître franc-maçon d’Argentine a établi la position de la loge pour le scrutin du 19 novembre ».

[NDLR : La Grande Loge d’Argentine, fondée en 1857, fait partie d’un paysage maçonnique en Argentine, où le Rite Écossais Ancien et Accepté a eu une grande supériorité, mais d’autres rites tels que le Rite Français, le Rite Anglais Style Émulation et différents Rites Égyptiens se sont également établis. L’histoire de la maçonnerie en Argentine est intimement liée à des événements politiques et sociaux significatifs, notamment la Révolution de mai en 1810 et l’indépendance du pays, où des loges maçonniques ont joué un rôle actif. Des figures importantes de l’histoire argentine, comme le Général Giuseppe Garibaldi et le Général Justo José de Urquiza, ont été associées à la franc-maçonnerie, indiquant l’influence du mouvement sur la formation de la nation.

Quant aux « Basic Principles for Grand Lodge Recognition », souvent appelés les « Basic Principles of 1929 », ils sont un ensemble de règles établies par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) pour déterminer la reconnaissance de la régularité maçonnique d’autres Grandes Loges. Ces principes sont considérés comme des critères pour établir et maintenir les relations entre les différentes obédiences maçonniques à travers le monde et sont souvent référés en tant que landmarks ou repères de la franc-maçonnerie dite régulière et de tradition. Ils définissent les normes en matière de croyance, de souveraineté, d’indépendance, de rituel, et d’autres aspects qui sont essentiels à l’inter-reconnaissance des Grandes Loges.

Le point 7, sur les 8 que comprennent les « Basic Principles », stipule « Prohibition of Certain Discussions: Discussion of religion and politics within the lodge is strictly prohibited », soit « Interdiction de certains débats : La discussion sur la religion et la politique au sein de la loge est strictement interdite ».

Un grand maître qui a tout compris car c’est en loge qu’il ne faut pas avoir de discussion sur la politique et sur la religion.

Les landmards seraient-ils en train de bouger dans cette maçonnerie qui se prétend « régulière et de tradition » ?

Déjà le 10 novembre dernier, le Suprême Conseil du REAA d’Angleterre et du Pays de Galles vient d’écrire à tous ses membres que désormais ils ne seront plus tenus d’adhérer au dogme de la Trinité…

Déjà qu’à la GLUA, pour célébrer la Journée internationale de la femme, le podcast Craftcast sur la franc-maçonnerie féminine avec Christine Chapman, Grand Maître de l’Honorable Fraternité des Anciens Francs-Maçons (HFAF) est toujours en ligne et lecture sur leur site.

https://www.ugle.org.uk/discover-freemasonry/blog/womens-rites

D’autant que depuis 2018, Les francs-maçons anglais de la GLUA acceptent les femmes transgenres qui ont rejoint le groupe en tant qu’hommes…

Mysticisme de Samara Art Nouveau – Partie 1

De notre confrère russe sgpress.ru – Par Tatyana Gridneva

Le personnel du Musée d’Art Nouveau, avec sa nouvelle exposition, a soulevé un sujet intéressant, qui faisait partie de l’atmosphère générale qui régnait dans la société au tournant des XIXe et XXe siècles. C’est une passion pour diverses pratiques mystiques, les nouveaux mouvements philosophiques et les théories psychologiques.

Séances spiritualistes, divination, étude de la théorie de Sigmund Freud, des œuvres d’Helena Blavatsky et de Nicholas Roerich, participation à des sociétés et pratiques spirituelles secrètes. Tout cela se reflétait dans la littérature et les beaux-arts de l’âge d’argent. Belle époque est le nom donné à cette période de transition. D’une part, il était plutôt prospère. D’un autre côté, les personnes les plus sensibles et les plus créatives de l’époque ressentaient les signes d’une catastrophe imminente : de longues années de révolutions et de guerres à venir. Les gens ont perdu confiance en eux et se sont tournés vers des forces d’un autre monde. 

Selon la directrice du musée, Irina Sviridova, le mysticisme, comme un dôme, recouvre toute la culture de l’ère moderne. 

Dans la famille Kurlin

Les Kurlins, propriétaires du manoir le plus luxueux de Samara, n’étaient pas non plus étrangers au mysticisme. Surtout si l’on se souvient de leur sort malheureux, malgré tout leur bien-être matériel. Diplômé de la Faculté de droit de l’Université de Moscou, commerçant prospère et personnalité publique respectée, Alexander Kurlin a soudainement perdu la tête. Sa jeune épouse a été obligée de rendre visite à son mari dans un hôpital psychiatrique, contribuant financièrement à son organisation jusqu’à la mort prématurée de son mari. Leur unique enfant est mort en bas âge. Et après la révolution, la belle Alexandra elle-même partit pour Moscou et mourut complètement seule dans une pièce exiguë d’un appartement commun. On peut imaginer comment cette dame la plus en vogue de Samara prédit l’avenir avec des cartes dans un salon décoré d’orchidées en stuc ou organise une séance, invoquant l’ombre de son mari décédé et la consultant sur ce qu’il faut faire dans les circonstances actuelles. 

L’une des sections de l’exposition est spécifiquement dédiée à la croyance en l’autre monde. Ici vous pouvez voir une grande table ronde qui tournait sous les mains des participants à la séance au rythme des murmures et des cris du médium. Si vous retournez les cartons disposés ici, vous pourrez lire le décryptage des termes utilisés par les esprits voyants. Par exemple, la transfiguration. Il s’agit d’un changement dans l’apparence du médium jusqu’au degré de similitude avec la personne qu’il appelle. La transe est un sommeil magnétique profond permettant de reproduire les actions des esprits. L’ectoplasme est une substance qui apparaît de l’air lors d’une séance et contribue à la matérialisation des fantômes. 

Les visiteurs se voient présenter un portrait photographique des premiers médiums, les sœurs Fox, qui vivaient aux États-Unis.  

Voici des échantillons des premières photographies « transcendantales » qui ont suscité un véritable engouement. Ils représentent des images de personnes réelles, prétendument représentées en compagnie d’esprits surpris. Il est difficile de juger s’il s’agissait d’erreurs dans l’élaboration des planches ou d’actions conscientes des photographes. Parmi ceux qui croyaient en l’authenticité des photographies de ce genre se trouvait Arthur Conan Doyle lui-même. La nature de ces effets a peut-être été discutée par les membres de la Samara Photographic Society, qui se réunissaient régulièrement dans le fumoir d’Alexander Kurlin. 

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1
Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1

Aksakovs et télékinésie

L’un des monuments du mysticisme de Samara est la maison détruite du gouverneur, à l’emplacement de laquelle est aujourd’hui aménagé le parc Aksakov. 

Écrivain et traducteur, neveu de l’auteur de « La Fleur écarlate », Alexandre Nikolaïevitch Aksakov était un ardent partisan du spiritualisme. Il est même devenu l’auteur du terme « télékinésie ». Et dans la seconde moitié des années 1860, il trouva une confirmation de sa philosophie dans les écrits du spiritualiste américain E. J. Davis. Il a écrit des articles sur le magnétisme animal et le spiritualisme et réalisé des traductions thématiques de l’allemand et de l’anglais. Il les publia à Saint-Pétersbourg et à Leipzig. Depuis 1870, il commence lui-même à participer à des séances mystiques. 

Depuis 1874, Aksakov publie à Leipzig la revue mensuelle Psychische Studien, consacrée à l’étude de phénomènes peu connus de la vie mentale. En 1893, en réponse au traité Der Spiritismus d’Eduard Hartmann, il publie son propre livre, Animisme et spiritualisme. 

Le gouverneur de Samara, Grigori Aksakov, et toute sa famille avaient entendu parler des excentricités de leur proche. Mais peut-être ne les ont-ils pas condamnés, mais séparés. Il est désormais difficile de déterminer si Alexandre Aksakov a rendu visite à son cousin à Samara. Mais on peut supposer que les habitants de la maison du gouverneur ont tenté d’évoquer l’esprit de Pouchkine. A cette époque, les cendres du poète étaient bouleversées par tout le monde. D’après les souvenirs de ma grand-mère, un jour, regardant des parents plus âgés prédire l’avenir des mariés à l’aide d’une soucoupe en porcelaine et évoquant l’esprit d’Alexandre Sergueïevitch, elle a également osé poser la question : qui sera ma fiancée ? A quoi « l’esprit de Pouchkine » a répondu : tu es toujours vert ! Cet incident l’a affectée pour le reste de sa vie. Et l’homme croyait fermement au spiritualisme. 

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1
Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1

Extrait du livre « Animisme et spiritualisme » d’Alexandre Aksakov :

« Hartmann dit qu’une relation étroite doit être établie entre le médium et les participants à la séance avant que les transfigurations et les matérialisations puissent avoir lieu. Cette relation s’établit, selon lui, par la répétition fréquente de séances du même médium avec le même cercle. Les phénomènes de transfiguration sont le plus souvent découverts dans les photographies spiritualistes, lorsque la figure du médium, déguisée ou apparaissant de manière floue sur la photographie, ressemble dans ses traits à l’apparence d’une autre personne décédée. 

En 1848, deux très jeunes filles de l’État de New York, les sœurs Maggie et Katie Fox, convainquirent leurs parents et leurs voisins qu’elles pouvaient communiquer avec les morts, qui auraient répondu aux questions par une série de coups. Au départ, ce n’était qu’une blague. Cependant, Leah, la sœur aînée des filles, a vu le potentiel de profit du tirage au sort. Elle a commencé à emmener Maggie et Katie à des séances avec des personnes prêtes à payer pour avoir l’opportunité de parler avec leurs proches décédés. La performance des jeunes spiritualistes prenait de l’ampleur. Bientôt, les filles partirent en tournée en Amérique. Leur activité a prospéré pendant des décennies. D’autres charlatans, voyant le succès des sœurs Fox, reprennent leur idée et se déclarent médiums.

À suivre.

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1

Photos de l’auteur

Une loge dépose plainte contre une autre loge pour l’usage de son nom

De notre confrère brésilien tjsp.jus.br

La 1ère Chambre Réservée de Droit des Affaires du Tribunal de Justice de São Paulo au Brésil a maintenu la décision du 2ème Tribunal de Commerce et d’Arbitrage des Conflits, rendue par le juge Guilherme de Paula Nascente Nunes, qui ne reconnaissait pas le droit exclusif d’utiliser un nom par une Loge maçonnique. 

La Loge a porté plainte pour concurrence déloyale en raison d’une utilisation abusive de sa marque. L’argument est que le défendeur utilise le même nom et le même titre distinctif, sans avoir d’enregistrement légal et, par conséquent, sans personnalité juridique. L’entité est accusée de se présenter de manière inappropriée comme l’auteur, de divulguer des informations et de les représenter devant des organismes publics, créant ainsi une confusion. 

Le rapporteur de l’appel, le juge Fortes Barbosa, a souligné dans son vote que le terme Rangel Pestana ne peut être considéré comme à usage exclusif, car il fait référence à une personnalité historique. Quant au mot loge, « il est utilisé dans la franc-maçonnerie d’une manière tout à fait courante, comme une structure organisée par des assemblées pour les réunions périodiques et les rituels de ses membres ». Pour le juge, « la foi n’est pas un produit et sa propagation, sa diffusion et son culte ne sont pas des services à mettre à disposition sur le marché, ce qui signifie que la pratique d’actes de concurrence en soi n’est pas envisagée ».  Les juges J. B. Franco de Godoi et Cesar Ciampolini constituaient également le jury de première instance. La décision a été unanime.