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Le dictionnaire de Dieu

Quel bel outil offert par Pierre Chavot*, écrivain passionné d’histoire, que cet ouvrage de référence contenant des informations sur Dieu… dans les trois grandes religions monothéistes.

Il éclaire ce que le maçons peut entendre. N’oublions pas que la franc-maçonnerie n’adore pas un « dieu » spécifique comme le ferait une religion traditionnelle mais qu’elle utilise souvent le terme Grand Architecte de l’Univers (GADLU) pour désigner une puissance supérieure ou un principe créateur universel. Cela permet aussi aux membres de différentes croyances religieuses de s’y retrouver…

Traitant des trois grandes religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, l’auteur nous fait comprendre que, malgré leurs différences théologiques, historiques et pratiques, ces religions partagent finalement plusieurs points communs – textes sacrés, prophéties, bien et mal, vie après la mort, éthique et morale, Abraham, etc.

Revenons, dans un premier temps, sur le sous-titre « 620 mots pour connaître et comprendre le judaïsme, le christianisme et l’islam » qui nous ouvre la voie à l’étude des concepts, des noms, des attributs et des perspectives associés à la divinité à travers différentes les trois religions .

Cet ouvrage qui peut être considérer comme un vade-mecum, un guide pratique ou encore un outil pédagogique, servira, n’en doutons pas, de ressource précieuse pour le cherchant.

Sans faire de « zozotérisme », rappelons que le nombre 620 n’est pas universellement reconnu comme ayant un symbolisme spécifique dans la plupart des traditions religieuses ou mystiques majeures. Cependant, dans certaines études, cultures ou systèmes de croyances, tous les nombres peuvent avoir une signification ou un symbolisme associé.

C’est ainsi que dans la Kabbale juive, le nombre 620 a une signification, car il est lié au mot Keter qui est la première des dix sefirot (attributs/émanations à travers lesquelles Dieu interagit avec le monde). Keter, signifiant couronne en hébreu, a une valeur numérique, en gematria, de 620. C’est un symbole de l’union entre l’infini (Ein Sof) et la création manifestée. Alors, hasard ou divine providence ?

Aaron, lithographie d’Henry Schile, vers 1874.

L’ouvrage commence avec la nombreuse bibliographie de Pierre Chavot, immédiatement suivie d’un mode d’emploi. Il nous précise que chaque entrée est suivie d’un symbole représentant la ou les religions concernées. Pour celui souhaitant aller plus loin, il offre la possibilité de consulter des notices. Enfin, un index complet permet de retrouver d’autres mots. L’auteur a aussi simplifié la prononciation phonétique et la graphie des différents termes. Il nous dit pourquoi il a aussi choisi le terme de Dieu. Passez les sources et l’avant-propos nous entrons dans le dictionnaire avec Aaron, connu pour être frère aîné de Moïse et premier grand prêtre d’Israël, inaugurant la lignée sacerdotale lévitique. 619 mots plus tard, il se clôture avec celui de Zélotes, ce mouvement politique et religieux actif en Judée au Ier siècle après J.-C., dont leur fervente opposition à la domination romaine en Judée et leur désir de voir un État juif indépendant leurs firent jouer un rôle clé dans la première révolte juive contre Rome (66-73 après J.-C.).

Passés les remerciements, les annexes nous donnent les sources des trois religions : la Bible hébraïque ou Tanakh, la Bible chrétienne et le Coran ainsi que la liste des Sourates. Elle nous offre aussi le calendrier des fêtes.

Un ouvrage fort utile qui, de plus, se consulte facilement. Il donne des repères quant au lecteur qui souhaite mieux appréhender les nombreuses similitudes et interconnections, mais les différences distinctes des trois religions monothéistes.

Pierre Chavot

*Pierre Chavot, écrivain, passionné d’histoire, vit près de Bordeaux. Dans ses nombreux travaux sur les croyances et l’histoire des religions, il s’intéresse aux racines qui façonnent notre présent et notre avenir. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages parmi lesquels Sur les traces de Moïse (Gallimard jeunesse, 2001), Jésus, homme ou fils de Dieu (Hachette, 2000), L’Herbier des dieux (Dervy, 2009) et Le Bestiaire des dieux (Dervy, 2013).

Le dictionnaire de Dieu

620 mots pour connaître et comprendre le judaïsme, le christianisme et l’islam

Pierre ChavotDervy, 2023, 368 pages, 24,90 €

Concoctez-vous un Noël maçonnique : Petit tour d’horizon des boutiques

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Bientôt les fêtes de fin d’année, C’est le moment de commencer le shopping et pour bien démarrer voici quelques bonnes adresses…

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Nos Colonnes

Detrad

Scribe

Eosphoros

Catiwiki

Collier d’obsidienne orné d’un pendentif franc maçon – Connaissance, Harmonie, Recherche spirituelle.
Réalisé main.

La franc-maçonnerie est une association d’hommes libres, qui fait remonter son origine aux corporations et confréries du Moyen Age. Elle admet en son sein des hommes qui se réunissent en toute fraternité pour travailler à leur perfectionnement moral et spirituel. Les francs-maçons se reconnaissent entre eux comme frères et considèrent leur alliance comme une alliance de frères.

Dimensions :
– longueur du collier : 51cm.
– poids : 24g.
– perles : 0.45cm (environ).
– amulette en métal doré ouvragé: 3.6*3.3cm (sans l’attache).
Fermoir à ressort poinçonné gold filled 14K. Anneau gold filled Or 14K.
Monté sur un fil acier japonais gainé nylon.

Dans les premiers temps de son développement, la franc-maçonnerie ne connait pas de difficulté majeure avec les églises en général. Sa naissance dans des pays ou la culture biblique et l’appartenance religieuse sont constitutives de large pan de la société et de l’identité nationale, les éléments religieux se retrouvent naturellement dans le corpus symbolique des rituels maçonniques, comme dans les premières codifications réglementaires des usages de la franc-maçonnerie.
Les textes premiers dits des Anciens devoirs intègrent dans leurs fondements les principes religieux de la croyance en Dieu.

Les symboles :

– L’œil unique, sans paupière, est par ailleurs le symbole de l’Essence et de la Connaissance divine. Inscrit dans un triangle, il est en ce sens un symbole à la fois maçonnique et chrétien.
L’œil divin qui voit tout est encore figuré par le soleil : c’est l’œil du monde. l’Œil de la Providence était un symbole chrétien, et les premiers exemples de son utilisation se trouvent dans l’art religieux de la Renaissance pour représenter Dieu.
– Le triangle équilatéral symbolise la divinité, l’harmonie, la proportion. Le triangle équilatéral, dans la tradition du judaïsme, symbolise Dieu, dont il est interdit de prononcer le nom. On sait l’importance accordée par la Franc-Maçonnerie au triangle, qu’elle nomme le « Delta lumineux ».
– L’équerre est le symbole de la matière.
– Le compas est le symbole de l’esprit.
Associé à l’équerre, le compas est un outil de recherche spirituelle emblématique.
Avec l’équerre, le compas complète le volume de la loi sacrée pour former les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie. Le compas ouvre le domaine de la pensée, alors que l’équerre ouvre celui de l’action.

Enfin, posés sur le Volume de la Loi Sacrée, ils constituent avec celui-ci les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie, qui tracent un chemin d’élévation balisé par la tradition, la rigueur et l’intuition

Les rayons de lumière qui sont souvent montrés émanant du symbole sont également un signe préexistant du rayonnement de Dieu dans l’iconographie chrétienne.

Obsidienne : pierre bouclier contre les énergies négatives, elle offre un lien solide avec la terre, et écarte les influences spirituelles néfastes. L’Obsidienne est une pierre sans frontières ni limitations, elle agit rapidement avec une force hors du commun. Il convient de la manipuler avec soin et respect.
Bien que ce soit une pierre noire elle n’encre pas , au contraire, c’est une pierre qui ouvre aux monde invisible.

Photos prises avec une lumière artificielle led, à l’aide d’un boitier photo.
Les pierres précieuses sont généralement traitées pour améliorer la couleur ou la clarté. Aucune recherche n’a été effectuée concernant cet objet spécifique.
Expédition en recommandé avec numéro de suivi.

En cas d’achats multiples les lots seront regroupés dans le même envoi. Le trop payé en frais de ports sera remboursé.

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Les 8 sépultures d’artistes les plus surprenantes sont… !

De notre confrère beauxarts.com – Par Joséphine Bindé

Notre confrère Beaux Arts nous propose cette semaine un banc d’essai des 8 sépultures les plus insolites. Enfilez vos chaussures, nous partons en expédition… Les dernières demeures d’artistes sont parfois de véritables œuvres en soi. Émouvantes ou extravagantes, voici huit pierres tombales qui méritent qu’on leur rende une petite visite.

1. La plus émouvante : celle de Vincent van Gogh

Une simple pierre plantée dans la terre. Véritable lieu de pèlerinage niché dans le petit cimetière municipal d’Auvers-sur-Oise, la sépulture de Vincent van Gogh (1853–1890), aujourd’hui célèbre dans le monde entier, est si modeste qu’elle en est bouleversante. À ses côtés, Théo, son frère et unique soutien, repose sous une stèle jumelle. Tel un édredon, un tapis de lierre planté en 1924 par le fils du docteur Gachet – médecin et ami du peintre lors de ses derniers mois passés au village – recouvre les deux dormeurs. Un tableau humble et solitaire, à l’image de la vie de ce grand incompris…

Cimetière municipal d’Auvers-sur-Oise

Avenue du Cimetière • 95430 Auvers-sur-Oise
www.ville-auverssuroise.fr

2. La plus exubérante : celle du facteur Cheval

Surchargé de décorations en pierre enroulées comme des torsades de guimauve, cet étonnant mausolée, sculpté dans le cimetière de Hauterives, a demandé huit ans de travail au facteur Ferdinand Cheval (1836–1924), qui s’y est attelé à l’âge de… 78 ans ! L’artiste, qui y repose avec toute sa famille – dont sa fille morte prématurément – aurait préféré être enterré (si la ville ne l’en avait pas empêché) dans son chef-d’œuvre de même style : son improbable et féerique Palais Idéal, bijou d’art brut et d’architecture naïve érigé au cœur du village, de 1879 à 1912.

Cimetière communal de Hauterives – L’Ancienne Église • 26390 Hauterives

3. La plus branchée : celle d’Andy Warhol

À première vue, la tombe d’Andy Warhol (1928–1987), pape du pop art américain, semble bien banale. Hormis quelques boîtes de soupe déposées par des fans, elle ne se distingue pas de ses voisines dans ce paisible cimetière de Bethel Park, non loin de Pittsburg, ville natale de l’artiste en Pennsylvanie. Du moins en apparence. Car, depuis le 6 août 2013, sur une proposition du musée Andy Warhol en partenariat avec Earth Cam, la sépulture est filmée en continu, en plan fixe, afin que chacun puisse la visionner en direct sur Internet ! Une idée originale qui aurait certainement plu à la star.

Cimetière catholique de St. John the Baptist Byzantine – Connor Road • Bethel Park

4. La plus colorée : celle de l’assistant de Niki de Saint Phalle

Difficile de manquer cette tombe au cimetière Montparnasse ! Tout en rondeurs, haut d’un mètre cinquante, un gros chat en mosaïque blanche ornée de fleurs colorées est assis sur la pierre, comme s’il veillait son maître. Célèbre créatrice des Nanas, l’artiste Niki de Saint Phalle (1930–2002) livre ici un hommage émouvant à son ami et assistant Ricardo Menon, décédé en 1989 à seulement 37 ans.

Cimetière Montparnasse – Division 6

3 Boulevard Edgar Quinet • 75014 Paris
www.paris.fr

5. La plus romantique : celle de Théodore Géricault

À la fin de sa vie, le peintre romantique Théodore Géricault, paralysé suite à une chute de cheval, était contraint de peindre allongé. C’est dans cette pose, sa palette à la main et le regard perdu au loin, et sur un socle orné de reproductions en bas-relief de trois de ses œuvres les plus célèbres (dont Le Radeau de la Méduse) que l’a représenté le sculpteur Antoine Étex pour décorer sa tombe érigée au cimetière du Père-Lachaise.

Cimetière du Père-Lachaise – Division 12

8 Boulevard de Ménilmontant • 75020 Paris
www.parisinfo.com

6. La plus maçonnique : celle d’Antonio Canova

Basilica di Santa Maria dei Frari interno – Monumento di Canova

À Venise, la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari abrite de nombreux trésors, dont le tombeau du sculpteur Antonio Canova (1757–1822), chef-d’œuvre en trois dimensions ciselé dans le marbre par ses disciples d’après un dessin qu’il destinait à la sépulture du Titien. Gardée par un lion ailé symbole de Venise, une « porte de l’au-delà » – vers laquelle se dirigent plusieurs personnages allégoriques à taille humaine – évoque l’entrée d’une pyramide égyptienne. Cet étrange triangle est en vérité un symbole franc-maçon : le Delta du Grand Architecte de l’Univers…

Basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari – Campo dei Frari • 30125 Venezia
www.basilicadeifrari.it

7. La plus exotique : celle de Paul Gauguin

C’est en Polynésie française, où il avait trouvé refuge et l’inspiration, que Paul Gauguin (1848–1903) a été inhumé. Ombragée par un frangipanier, sa tombe (à deux pas de celle du chanteur Jacques Brel) jouit d’une vue paradisiaque sur les eaux turquoises de la baie d’Atuona, sur l’île d’Hiva Oa aux Marquises. Un temps abandonnée, la sépulture du peintre a repris de l’allure grâce à plusieurs interventions, dont l’installation, en 1973, d’une version en bronze de sa sculpture Oviri, déesse du deuil dans la mythologie tahitienne.

Cimetière du Calvaire – Atuona, Île d’Hiva, Îles Marquises, Polynésie française

8. La plus pensive : celle d’Auguste Rodin

À Meudon, dans le parc de la Villa des Brillants où Auguste Rodin (1840–1917) a vécu les vingt dernières années de sa vie, la tombe du sculpteur se dresse devant la façade du château d’Issy. Veillé par son célèbre Penseur, l’artiste y repose avec sa femme, Rose. L’occasion de méditer face au val de Seine avant de visiter la maison du maître, sa superbe galerie des plâtres et son atelier des antiques, écrin de sa collection de sculptures gréco-romaines.

Villa des Brillants – 19 Avenue Auguste Rodin • 92190 Meudon
www.meudon.musee-rodin.fr

Lectorat numérique étude et analyse

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Comment les français lisent-ils et qu’en est-il des francs-maçons?

En préambule et pour se défier de biais cognitifs :  Selon Jean Yves Dormagen professeur de Science politique à Montpellier dans un ouvrage récent (Introduction à la Sociologie) on remarque que les sondages en ligne excluent une partie de la population non connectée qui serait proche de 14 millions en France soit environ 21% de ses habitants.

Quels sont les nouveaux comportements de lecture ?

Bibliotheque
Bibliothèque

Si l’étude ONE NEXT, reprise par le FIGARO note que les mordus de la presse sur smartphone sont surtout à 83% des catégories sociales favorisées (CSP+) mais surtout à 91% des femmes de 15 à 35 ans qu’en est-il des  autres supports tablette ou papier ?

La même étude nous apprend que  ces deux catégories consacrent en moyenne 20mn/J  aux supports papier ou numérique ordinateur

Une autre étude du CREDOC  (Source Ministère de l’économie et des finances)  nous précise les évolutions de lecture entre 2016 et 2020  en notant une chute de 10% des lectures papier  tandis que les navigations Internet sont en croissance de 40%  avec , pour détailler : une utilisation quotidienne  qui croit pour l’ordinateur de 10% entre 2019 et 2022 tandis qu’elle décroit de 4% sur l’usage des mobiles.

Quels sont les freins à l’usage des outils numériques ?

  • Non maîtrise des outils (25%)
  • Equipement obsolète (12%)
  • Accès Internet difficile (9%)
  • Absence d’équipement numérique (11%)

Si les réseaux sociaux disputent la place aux sources légitimes d’information (médias mainframe) en augmentation de + 15% entre 2017 et 2022 pour les réseaux , on imagine que la pandémie en est probablement l’une de causes, mais peut-être, pas que.

Par ailleurs l’étude CREDOC interroge : quels services Internet  semblent indispensables aux français ?

Entre 2016 et 2022 = Chute de 11% en ce qui concerne l’info liée à l’actualité mais augmentation de 3%  sur les possibilités d’achat par Internet

Qu’en est-il de la population Senior ? liens avec population maçonnique ?

Plusieurs personnes les mains liées
Plusieurs personnes les mains liées au centre d’une pièce

Sachant que l’âge moyen – toutes obédiences confondues – dépasse les 60 ans , nous avons consulté l’étude SILVER VALLEY de mai 2021 Une étude qui intéresse  les 16 millions de citoyens français de plus de 60 ans

En ce qui concerne l’acquisition de matériel = Si 15% de cette population ne possède qu’un seul matériel (ordinateur) – 35% d’entre-eux sont cependant équipés du trio (Ordi – smartphone- tablette)  

Leur opinion sur la nécessité d’utiliser les outils numériques  à un âge avancé oscille entre

  • Important (48%)
  • Fondamental (41%)

Ils déclarent savoir suivre une visioconférence (88%) savoir effectuer une recherche  avec moteur de recherche (94%) et bien entendu maîtriser les envois d’e-mails (97%)

Quels sites maçonniques sont les plus visités ?

 Nous renvoyons nos lecteurs à la dernière classification  mars 2023 (source SIMILARWEB)

On retrouve en permanence le site du journal maçonnique en ligne 450.fm CLASSÉ N°1 EN FRANCE

devant N°2 Hiram.be. Tous deux devançant largement les sites « officiels »  des Obédiences avec un doublement du nombre de visiteurs.

Il est recommandé – en particulier- de noter les « durées de visite » de chaque lecture de page , durée significative du degré d’intérêt de lecture, cette durée pouvant varier de 41 secondes pour le site N°8 à 6mn22 pour le site N°1…

A ce jour, premier novembre 2023 et selon les sources SIMILARWEB  le nombre de visites mensuelles pour 450.fm est passé de 50 000 (Juillet) à 78 000 (Août) et 80 000 (Septembre) ce qui représente une progression significative de 38% de lecteurs supplémentaires.

Pouvons-nous suggérer  aux  principaux dignitaires obédientiels français d’accepter,  enfin,  de « booster » leur communication sur les médias numériques français congruents ?

Jacques Carletto

Au Bénin, berceau du vaudou, les croyants déplorent le déclin constant des forêts qu’ils vénèrent comme sacrées

De notre confrère apnews.com – PAR  SAM MEDNICK

PORTO-NOVO, Bénin (AP) — Pour de nombreuses personnes au Bénin, les forêts leur ont donné du pouvoir avant leur naissance ou au cours des premiers mois de leur vie.

Les femmes stériles effectuaient des rituels vaudous près des arbres sacrés pour tomber enceintes. D’autres ont été amenés nouveau-nés par des parents cherchant à éloigner les mauvais esprits. Certains sont arrivés à un carrefour en tant qu’adultes, demandant conseil.

Au berceau du Vaudou, les forêts étaient des lieux d’espoir. Pourtant, à mesure que les forêts rétrécissaient, en raison du développement économique et d’autres facteurs, cela a porté un coup dur aux communautés qui luttaient pour protéger les esprits censés y vivre.

Lorsque les habitants du village de Houeyogbe ont accepté de laisser le gouvernement détruire une grande partie de sa forêt pour construire des routes et installer l’électricité, les habitants affirment que les esprits ont déclenché une épidémie, entraînant des décès inexplicables et une multiplication des maladies.

À Ouidah, l’épicentre du vaudou au Bénin, une station-service qui a remplacé la forêt d’Aveleketezou il y a des années n’a pas généré de bénéfices, affirment les habitants. Les employés de la station ont déclaré que lorsqu’ils remplissaient les voitures d’essence, celle-ci se transformait en eau.

Le Bénin abrite des milliers de forêts sacrées, qui, selon les croyants, sont vitales pour une religion enracinée dans la nature. Ils voient les forêts comme des foyers pour les esprits, que les prêtres prient et demandent conseil.

Mais depuis des décennies, les forêts de ce pays d’Afrique de l’Ouest sont menacées, d’abord par des attaques anti-Vaudou, puis par l’expansion de l’agriculture et de l’urbanisation.

Entre 2005 et 2015, la superficie totale des forêts du Bénin a diminué de plus de 20 %, tandis que le taux de déforestation se poursuit à plus de 2 % par an, selon la Banque mondiale.

Alors que le gouvernement s’efforce de préserver les forêts tout en développant le pays, les fidèles vaudous craignent que la perte de ses espaces n’ait de profondes conséquences. Non seulement il s’agit d’un problème environnemental, mais les croyants affirment que cela menace le tissu social des 13 millions d’habitants du Bénin, dont environ 11 % pratiquent le vaudou.

« Quand (le gouvernement) a ouvert des routes vers notre région et que nous avons dû tout arrêter dans la forêt sacrée, les gens ont commencé à tomber malades et à avoir toutes sortes de problèmes », a déclaré Benoit Sonou, un prêtre vaudou qui a été témoin de la destruction de la forêt de sa communauté. un jeune homme.

Quelque 50 ans plus tard, il est assis sur la route de gravier où se trouvait autrefois la forêt, à côté des deux arbres restants que la communauté a récupérés. Ils sont encerclés derrière un mur de béton dans l’espoir de ne pas être touchés.

L’une des religions les plus anciennes du monde, le vaudou est originaire du royaume du Dahomey – l’actuel Bénin – et est enraciné dans l’animisme, la croyance que toutes choses, des roches et des arbres aux animaux et aux lieux, ont un esprit. Aujourd’hui, des millions de personnes le pratiquent, se tournant vers les prêtres vaudous pour accomplir des rituels visant à éloigner les mauvais esprits, vaincre la maladie et réussir professionnellement et personnellement.

Même si le Bénin compte de nombreux chrétiens – représentant près de la moitié de la population – le vaudou est ancré dans la vie de la plupart des gens.

Les rassemblements ne commencent pas sans jeter de l’eau sur le sol, un rituel qui rend hommage aux ancêtres. L’initiation au vaudou prend de nombreuses années. Et à quelques exceptions près, seuls les initiés sont autorisés à pénétrer dans les forêts sacrées. De nombreux parcs interdisent les femmes, car elles croient qu’elles deviendront folles si elles y entrent. Les hommes doivent entrer nus.

En Occident, le vaudou est parfois considéré comme maléfique ou confondu avec la sorcellerie. Au Bénin, les prêtres vaudous affirment que la religion est fondée sur la positivité, basée sur la tolérance et l’acceptation, et qu’elle respecte un ensemble de règles strictes.

Des histoires soigneusement gardées sur quels esprits habitent quelles forêts ont été transmises de génération en génération. Les croyants disent que les esprits vivent généralement dans les baobabs ou les Iroko, considérés comme les plus sacrés, et sont des lieux où les prêtres accomplissent des rituels, comme boire de l’eau bénite ou du gin, manger des noix de cola ou s’asseoir dans un endroit sacré, comme à l’intérieur d’un arbre.

« La forêt sacrée est une zone vitale », a déclaré Dada Daagbo Hounon Hounan II, le chef spirituel suprême du vaudou. « C’est un espace qui permet la réception d’énergies positives et de vibrations positives pour diriger et gouverner le monde. »

Seuls certains prêtres peuvent communiquer avec les esprits, par le biais de chants, de prières ou en faisant du bruit comme celui d’une cloche.

Lors d’une visite en octobre dans plusieurs forêts sacrées du sud du Bénin, l’Associated Press a entendu ce qui ressemblait à un vent tourbillonnant intense émanant de deux forêts après que des prêtres vaudous aient appelé les esprits.

On ne sait pas exactement quels étaient ces sons, mais les experts religieux affirment que ce qui compte, c’est que les gens croient qu’ils peuvent communiquer avec la forêt.

« Tout cela renvoie à l’idée que nous ne vivons pas dans un monde où les seuls acteurs sont les humains », a déclaré Danny Hoffman, anthropologue culturel et directeur de la Henry M. Jackson School of International Studies de l’Université de Washington. 

La perte de ces forêts élimine les lieux d’expérimentation et d’innovation, a-t-il déclaré. « Lorsque nous perdons des espaces réservés aux pratiques spirituelles, ce sont des espaces où les gens se rassemblent et tentent de comprendre comment ils vont répondre aux nouveaux défis et aux nouvelles difficultés. »

Debout devant un arbre sacré, le prêtre Gilbert Kakpo a déclaré que les femmes ayant des problèmes d’accouchement s’y rendaient pour obtenir de l’aide.

« Notre divinité est la protectrice des femmes », dit-il. « Si vous êtes une femme qui a fait une fausse couche ou qui a donné naissance à des enfants mort-nés et que vous venez ici pour des rituels, vous n’endurerez plus jamais ces épreuves… Je ne peux pas compter le nombre de personnes qui ont été guéries ou soignées. ici. »

Il est difficile de quantifier l’ampleur de la perte d’espace sacré au Bénin et d’en identifier la cause profonde.

Les habitants et les autorités se tournent vers le début des années 1970. Le gouvernement de l’époque avait réprimé les croyants vaudous, arrêtant et lynchant des personnes et abattant des arbres considérés comme sacrés. Des décennies plus tard, de nouvelles administrations ont fait amende honorable auprès de la communauté vaudou, mais le développement avait alors explosé.

Entre 2001 et 2012, environ 45 % des forêts sacrées du Bénin ont disparu ou ont été diminuées, selon le Cercle de Sauvegarde des Ressources Naturelles. Le groupe humanitaire tente de préserver les forêts sacrées en travaillant avec les communautés pour délimiter les frontières, sensibiliser la population à l’abattage des arbres et enseigner aux gens comment tirer un bénéfice financier de la récolte du miel ou de l’élevage d’escargots.

L’urbanisation et la désertification ont réduit les forêts, mais le facteur le plus important a été l’expansion agricole entraînée par la pauvreté, a déclaré Bienvenu Bossou, directeur exécutif du groupe. L’économie du Bénin dépend des exportations agricoles, notamment du coton et des noix de cajou, et Bossou affirme que de nombreuses personnes, incapables de se permettre d’acheter des engrais, ont étendu leurs fermes dans la forêt pour utiliser ses riches sols.

D’autres accusent les efforts de développement du gouvernement.

Plus tôt cette année, dans le village d’Ouanho, les habitants ont déclaré que le gouvernement avait détruit une partie de la forêt pour construire des routes sans préavis. Aujourd’hui, les esprits, qui ont besoin de protection, sont trop exposés à cause du déclin des forêts, disent les habitants.

Le gouvernement fait ce qu’il peut pour protéger les espaces, mais ne peut pas toujours demander l’autorisation de construire, a déclaré un responsable.

« L’État fait de son mieux pour ne pas construire là où se trouvent des forêts sacrées. Nous ignorons souvent les forêts sacrées parce que nous ne voulons pas qu’elles nous empêchent de développer le pays », a déclaré Florent Couao-Zotti, conseiller technique au ministère de la Culture.

Le gouvernement a interdit l’abattage d’arbres sans l’approbation de l’État et a investi depuis 2016 quelque 3 milliards de dollars dans les secteurs de la culture et du tourisme, ce qui aidera indirectement les forêts, a-t-il déclaré.

Alors que la population du Bénin croît de près de 3 % par an, les communautés tentent de concilier comment développer leurs terres tout en préservant les forêts.

« Il est très difficile de voir comment nous pouvons faire face au développement tout en préservant notre patrimoine culturel », a déclaré André Todonou, un animateur de jeunesse à Houeyogbe, où la forêt a été réduite à une poignée d’arbres.

De nombreux villageois affirment que la création de routes, d’eau et d’électricité était nécessaire pour se sentir davantage connectés au reste du pays. D’autres estiment que permettre à tout développement de prendre le pas sur les forêts est un sacrilège et risque de provoquer la colère des esprits.

« Nous ne voulons pas de travaux topographiques ou d’urbanisation qui détruiraient nos forêts et apporteraient l’instabilité à notre communauté », a déclaré Sa Majesté Oviga Toffon, roi de la région d’Adjarra. Les divinités garantissent la tranquillité d’esprit et la stabilité et ne devraient pas être mises en colère, a-t-il déclaré.

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La couverture religieuse d’Associated Press reçoit un soutien grâce à la collaboration de l’AP avec The Conversation US, avec un financement de Lilly Endowment Inc. L’AP est seul responsable de ce contenu.

Rites et rituels

Les Éditions de l’Art Royal (EAR) est maison d’édition fondée en 2019 et rattachée à la société SCRIBE (117, rue de Saussure – 75017 Paris). Jusqu’à présent, elle offrait trois collections, à savoir : Franc-Maçonnerie, Vécus initiatiques, Symboles & Tradition. Elle s’enrichit désormais des « Enjeux initiatiques ».

Les Éditions de l’Art Royal

Avec quel objectif ?

L’enjeu initiatique fait référence aux défis, transformations et évolutions qui surviennent dans le cadre d’une initiation, que ce soit dans une tradition spirituelle, religieuse, culturelle ou même dans des contextes plus contemporains comme des récits de fiction. Le terme même d’initiation renvoyant à une transition, souvent marquée par des rites et des épreuves, qui permettent à l’individu de passer d’un état ou d’une identité à un autre. Cela peut être l’entrée dans un groupe particulier, l’atteinte d’un nouveau niveau de compétence ou de conscience, ou le passage d’une étape de la vie à une autre.

En maçonnerie régulière et de tradition, les enjeux initiatiques répondent aux attentes de tous les frères (apprentis, compagnons et maîtres) des loges bleues ou symboliques. Mais pas seulement, car elle peut susciter l’envie à tout profane de mieux connaître des thèmes tels que la beauté, la bienfaisance, la bienveillance, l’ésotérisme, la force, la justice, la quête, le sacré, le Temple intérieur, le vari désir, etc.

Ici et maintenant, c’est du numéro 20 de ladite collection dont nous souhaitons vous parler. Une publication que nous devons à Christophe Bressy, Grand Maître Provincial Neuilly-Bineau de la Grande Loge Nationale Française, que certains ont eu le bonheur d’entendre le 7 octobre dernier lors des Rencontres Culturelles Maçonniques lyonnaises-14e Salon du livre maçonnique Lyon à l’occasion de la table ronde  « Échapper aux injonctions du monde profane » où il a témoigné sur ce que sont les outils fondamentaux pour se déconnecter des contraintes du monde profane et s’immerger dans une atmosphère spirituelle et symbolique.

Tablier VM, Rite Français – Source Scribe

Quatre parties, passé l’avant-propos, forment la colonne vertébrale de l’ouvrage. De « L’introduction aux Rites et rituels », par l’« Approche anthropologique », philosophique, l’auteur nous rappelle que les rites sont des cheminements initiatiques.

Il commence tout d’abord par définir ce qu’est un rite et un rituel on donne l’essence même.

En effet, Rite et rituel sont deux termes qui, au regard des profanes, sont souvent utilisés de manière interchangeable. Ils ont cependant des nuances dans leur signification.

Société initiatique, la franc-maçonnerie utilise un ensemble de rites et de rituels pour transmettre ses enseignements et ses valeurs. Un rite maçonnique fait référence à un système ou une tradition spécifique, qui a ses propres rituels, symboles et enseignements. Comme chacun le sait, il existe plusieurs rites maçonniques à travers le monde. Quant au rituel maçonnique, il fait référence à l’ensemble précis des cérémonies, des paroles et des actions utilisées lors des réunions maçonniques, de l’initiation ou d’autres événements importants au sein d’une loge. Il s’agit de la manière dont les enseignements sont transmis et des cérémonies sont conduites. Le rituel est donc la mise en pratique du rite, la manière dont les cérémonies sont effectuées. Chaque rite maçonnique a ses propres rituels. En résumé, le rite est le système ou la tradition, tandis que le rituel est la pratique concrète de ce système à travers des cérémonies et des actions spécifiques.

Tablier MM REAA – Source Scribe

Une fois passée cette mise au point, Christophe Bressy, dans sa deuxième partie, décortique les différents rituels de passage religieux, saisonniers et calendaires, politiques, thérapeutiques et de guérison, d’affiliation et de solidarité, envisageant aussi leur vision ethnologique. Il ne peut faire l’impasse sur les premiers rituels connus, concernant les sépultures remontant au moins à 100 000 ans. Abordant aussi les rituels à caractère initiatique – rite de passage, initiation religieuse –, il se consacre aussi à l’approche philosophique avec Platon, Aristote, Confucius, Eliade, Foucault, Taylor… Et de nous parler aussi des rites et rituels au sein des courants philosophiques : stoïcisme, néoplatonisme, bouddhisme, philosophie de la religion.

Enfin, sa dernière partie est consacrée aux six rites pratiqués au sein de la GLNF : le Rectifié, le Rite Émulation, l’Écossais Ancien et Accepté (le plus pratiqué), le Français, le York et le Standard d’Écosse.

Christophe Bressy – Photo source Le Parisien.

Un ouvrage bien conçu avec une belle approche qui donne une vision claire de la thématique traitée. À un prix plus qu’abordable !

Notons, par ailleurs, que Christophe Bressy, en 2022, avait déjà postfacé le Mary Poppins, sorcière des temps modernes : une initiation contemporaine à l’ésotérisme traditionnel, de James Toland, déjà chez EAR. Nous informons que début 2024 devrait, dans la même collection, paraître son nouvel opus Le Maître de la Loge.

Rites et rituels

Christophe BressyÉditions de l’Art Royal, Coll. Enjeux initiatiques, 2023, 56 pages, 9 €/Disponible chez Scribe ou site de vente Amazon.

Les sorcières modernes sont partout : qui sont-elles et quelles sont leurs pratiques ?

De notre confrère actu.fr

Dans les livres, les films, les séries… les sorcières sont incontournables. Qu’est-ce qui explique le retour en grâce de cette figure historique aussi détestée qu’adulée ?

Ariane* baigne dans l’ésotérisme depuis le plus jeune âge. Elle raconte même être devenue sorcière sans s’en rendre compte. « J’ai perdu ma petite sœur à l’âge de deux ans. Pendant des années, j’ai communiqué avec son esprit, je jouais chaque jour avec elle, mais les autres pensaient que c’était une simple amie imaginaire ».

Quatre ans plus tard, c’est son grand-père qui décède et, selon ses dires, entre en contact avec elle. Entendre et ressentir la présence des défunts fut ainsi sa porte d’entrée vers la sorcellerie. « Je connais le monde de l’invisible et des énergies depuis toujours et j’ai aussi bénéficié toute ma vie des savoirs ancestraux de ma grand-mère qui s’est éteinte très récemment, à plus de 100 ans », explique cette quinquagénaire, employée dans le secteur du service à la personne à Marmande (Lot-et-Garonne).

Chez les sorcières, « la magie est partout ! »

Chez elle, l’encens brûle du matin au soir. On trouve aussi quelques pierres, des figurines (dont quelques sorcières), des bougies, de nombreuses plantes, mais aussi de simples plumes ou encore des coquillages. Une véritable caverne d’Ali Baba. « La magie est partout ! », s’exclame-t-elle.

Certains peuvent trouver ça bizarre, car c’est différent de ce qu’ils ont l’habitude de voir, mais c’est juste mon univers, mon mode de vie. Ariane

Et la pièce maitresse de ce mode de vie justement, c’est sa boule de cristal. « Lire l’avenir avec, c’est faisable, mais je n’en vois pas la nécessité. Je préfère pratiquer la gratitude au quotidien, peu importe ce qui m’arrive dans la vie », poursuit Ariane.

Sa boule de cristal sert avant tout « à se décharger » , évacuer les tensions et « nettoyer les énergies négatives » notamment, ainsi qu’à se rassurer et se centrer sur ses ressentis.

Ariane pratique aussi la télépathie, notamment avec ses filles. Elle vit au rythme des saisons, du calendrier lunaire et s’inspire librement du wiccanisme, un mouvement basé sur diverses croyances telles que le chamanisme, le druidisme et les mythologies gréco-romaine, slave, celtique et nordique.

Je n’ai rien appris dans les livres, tous mes rituels se sont construits au fil du temps grâce à l’héritage de ma grand-mère et à mon instinct.Ariane

C’est donc tout naturellement qu’elle s’apprête à fêter Halloween ou plutôt… Samhain. Datant d’il y a près de trois millénaires, cette fête aux origines tantôt celtiques, tantôt gauloises, marque le passage de la saison claire à la saison obscure. Il s’agit aussi d’une période, toujours autour du 31 octobre, durant laquelle la frontière entre le monde des morts et celui des vivants serait particulièrement perméable.

« Je fais brûler pendant six jours de l’encens sur un autel avec une poupée de chiffon représentant la Catrina mexicaine, des bougies et des fleurs en offrande pour honorer les défunts », détaille-t-elle.

Toutes ces pratiques, c’est ce qui rend Ariane heureuseépanouie et sereine, malgré une vie souvent difficile, émaillée par la perte de plusieurs êtes chers ou encore par l’incendie de sa maison. « Ma boule de cristal en est ressortie intacte », raconte-t-elle en la caressant tel un animal de compagnie. « C’est un phare, un repère. »

« Je dors avec mon pendule »

Isabelle Creuzet aussi a trouvé le chemin du bonheur et de l’apaisement grâce à l’ésotérisme et à la spiritualité. « Chez moi, c’est resté en sommeil pendant 53 ans ! », raconte-t-elle depuis son cabinet du centre-ville de Marmande.

Anne-Diandra Louarn
Isabelle Creuzet, à Marmande, fait partie des sorcières « guérisseuses », elle travaille notamment au pendule dans son institut Energetica. ©Anne-Diandra Louarn

Il y a quelques années, en pleine carrière dans le BTP et les transports, Isabelle est victime d’un grave burnout qui l’empêche de travailler pendant 18 mois. « Une période de bouleversements et de quête personnelle », se remémore-t-elle. « Je n’avais aucune pratique spirituelle avant, mais je faisais déjà confiance à mes intuitions dans les affaires, je voyais l’importance de l’aura et de l’énergie. »

Elle apprend alors peu à peu à s’écouter, à faire confiance à ses intuitions.

C’est peut-être tout simplement cela être une sorcière aujourd’hui, ou en tout cas le point de départ : apprendre à lire ses ressentis dans un monde qui va trop vite.Isabelle Creuzet

L’apprentie sorcière se forme alors à la radiesthésie (la médecine des vibrations), au magnétisme et à différents soins énergétiques, auprès de pointures comme le respecté chamane Gérard Grenet, à Paris. Elle fait aussi de la médecine de l’habitat, pour purifier les intérieurs.

Tout ceci étant désormais son métier à temps plein. Elle s’est ainsi reconstruit une carrière en se reconstruisant elle-même.

J’ai installé le sacré dans ma vie de tous les jours, dans tout ce que je fais j’y mets de la gratitude, de l’amour, de la passion.Isabelle Creuzet

Contrairement à Ariane, Isabelle n’a pas de boule de cristal. Sa pratique, c’est plutôt la connexion avec la nature – elle marche en moyenne une heure par jour en forêt – la lithothérapiel’olfactothérapie et les encens, et même le druidisme dont elle a emprunté de petits œufs translucides en matière « primordiale » avec lesquelles elle nettoie les vies antérieures.

Elle s’entoure, elle aussi, de figurines symboliques, des animaux totems : la louve « pour ne rien lâcher », la lionne « pour la protection » et l’éléphante « pour la force ». « Pas de mâle… on n’est pas sorcières pour rien ! », plaisante-t-elle.

Mais le plus important de ses « outils sacrés », c’est son pendule. « Il permet de prendre des décisions et de protéger des mauvaises énergies. Il m’accompagne toute la journée, je dors même avec. » 

La militante, la guérisseuse et l’Instagrammeuse

Les héritages et croyances sont si nombreux qu’on peut aisément dire qu’il n’existe pas deux sorcières identiques. « On peut les voir partout, il y a beaucoup de sorcières qui s’ignorent, de sages du village qui ne sont pas identifiées en tant que telles, mais dont les petites habitudes du quotidien sont étroitement liées à la sorcellerie ; et c’est particulièrement vrai en milieu rural », commente la Lot-et-Garonnaise Clara Lemonnier, anthropologue et autrice.
Et de poursuivre : « Être sorcière, c’est avant tout des pratiques libres, créatives, qui font appel à l’imaginaire et qui parlent à chacune. » Elle distingue trois grands profils de sorcières modernes : « la très politisée qui se situe dans la mouvance historique. Elle milite collectivement pour des causes, la plupart du temps, féministes et écologistes, anticapitalistes également. » Il y a ensuite la guérisseuse, « une thérapeute avec des pratiques sorcellaires, qui a conscience des problèmes sociaux et écologiques, mais qui fait sa part, individuellement, à son échelle… La figure du colibri en somme ». Le troisième type, c’est la sorcière « tendance » ou « sorcière Instagram ». « Elle a une vision beaucoup plus individualiste, son but c’est le développement personnel. Elle est capable d’acheter sa sauge sur Amazon… C’est un peu un objet de consommation, une sorcière à conscientiser », résume Clara Lemonnier.
Dans tous les cas de figure, on retrouve « une réappropriation des héritages historiques et mystiques. » Autrefois proches de la nature et expertes en plantes, elles se retrouvent aujourd’hui dans les luttes écologistes et les médecines alternatives. Autrefois vues comme dangereuses et opprimées par les hommes, elles participent aujourd’hui à la libération de la parole des femmes. Autrefois marginalisées et même brûlées vives, elles sont aujourd’hui stigmatisées et parfois craintes.

« À la campagne, on nous prend pour des folles »

Au quotidien, leur plus grand obstacle c’est celui du regard des autres. « Ce n’est pas facile d’être une sorcière à la campagne », reconnaît Isabelle Creuzet. « On nous prend pour des folles. Je comprends que ce que je fais ne parle pas à tout le monde, ma pratique tient avant tout à mon histoire personnelle, à ce qui me fait vibrer. Forcément, ça marche chez certains, mais pas pour d’autres. »

C’est d’ailleurs pour cette raison que les sorcières sont aussi beaucoup associées à des charlatans. « En Allemagne, les personnes qui pratiquent des médecines non allopathiques sont encadrées. Ce sont des ‘Heilpraktiker’ qui possèdent une sorte d’agrément pour éviter les débordements », explique Clara Lemonnier, anthropologue de la région du Grand Marmandais et autrice du Grand livre des Guérisseuses (éd. L’Iconoclaste).

L’experte regrette que la France ne se contente, pour l’instant, que de la Miviludes, son observatoire public des pratiques sectaires. « Ce n’est pas suffisant, car ça ne concerne qu’un seul aspect et ça stigmatise, voire décrédibilise l’ensemble des pratiques alternatives. Une instance officielle permettrait de se repérer alors qu’aujourd’hui on ne peut compter que sur la réputation et le bouche-à-oreille

*Prénom modifié par souci d’anonymat

Institut Energetica à Marmande : 06.82.30.28.80 ou institut-quantique-energetica.fr

Francs-maçons célèbres… : « Papus »

Gérard Anaclet Vincent Encausse, dit Papus, né le 13 juillet 1865 à La Corogne et mort le 25 octobre 1916 à Paris, est un médecin et occultiste français, cofondateur de l’Ordre Martiniste avec Augustin Chaboseau.

Il a été une des figures pittoresques et hautes en couleur de la Belle Époque. Il s’est défendu d’être un thaumaturge ou un inspiré et s’est présenté comme un savant, un expérimentateur.

Biographie

Né le 13 juillet 1865 à La Corogne en Espagne, d’un père français, le chimiste Louis Encausse, et d’une mère espagnole, Gérard Encausse passe sa jeunesse à Paris, où il est reçu docteur en médecine en juillet 1894. Avant même de terminer ses études, dès 1886 environ, il se donne pour tâche de lutter contre le scientisme de l’époque en diffusant une doctrine synthétisant divers aspects de l’ésotérisme occidental d’alors, représenté par le chimiste Louis Lucas, le mathématicien Wronski, l’alchimiste Cyliani, le pythagoricien Lacuria, le magnétiseur Hector Durville, Antoine Fabre d’Olivet, Alexandre Saint-Yves d’Alveydre. Encausse se fait appeler Papus d’après le nom d’un esprit du Nuctaméron, attribué à Apollonius de Tyane. La pensée de Louis-Claude de Saint-Martin a laissé sur lui une trace profonde à partir de 1889 environ, peu après sa rupture (1890) avec la Société Théosophique de Mme Blavatsky.

L’Ordre martiniste

Papus fonde avec Augustin Chaboseau en 1891 l’Ordre Martiniste, qui doit son nom au souvenir de Louis-Claude de Saint-Martin et à celui de J. Martinès de Pasqually. Paul Adam, Maurice Barrès et son ami d’enfance Stanislas de Guaita, Victor-Émile Michelet, Joséphin Péladan, Camille Flammarion, Emma Calvé, Albert de Rochas d’Aiglun sont parmi les premiers martinistes. L’ordre créera des groupes dans de nombreux pays, notamment en Russie, dans l’Empire ottoman, aux États-Unis, dans l’empire d’Autriche-Hongrie. Dans L’Initiation, que Papus fonde en 1888, et qui sera la revue officielle de l’Ordre, on relève les noms de Stanislas de Guaita, Peladan, Charles Barlet, Matgioi, Marc Haven, Paul Sédir, Albert de Rochas d’Aiglun, Lucien Chamuel, Fernand Rozier. Mais, pendant longtemps, les noms de Martines de Pasqually, Saint-Martin, ou Willermoz y sont beaucoup moins cités que ceux de Fabre d’Olivet et d’Éliphas Lévi.

Ordres divers

Gérard Encausse par Eugène Pirou

Papus est reçu, tout au long de sa vie, dans de nombreuses organisations initiatiques, à la Société théosophique de Helena Blavatsky en 1887, l’ordre kabbalistique de la Rose-Croix de Peladan et de Guaita en 1888, à l’Église gnostique de France de Jules Doinel en 1892, à l’Hermetic Order of the Golden Dawn en 1895, à la franc-maçonnerie de rite Swedenborgien en 1901, dont il sera le Grand maître, au Rite de Memphis-Misraïm en 1908, à l’Ordo Templi Orientis. Il entre à plusieurs reprises en conflit avec les tenants des loges maçonniques dites « régulières » et le 24 juin 1908, il organise à Paris une conférence internationale maçonnique à laquelle participent des représentants d’obédiences maçonniques « de frange ».

D’autre part Papus constitue, en décembre 1889, un groupe organisant des recherches, des cours et des conférences sur les divers aspects de l’ésotérisme occidental, le Groupe Indépendant d’Études Ésotériques (GIEE) qui devient le cercle extérieur de l’Ordre Martiniste, et prend le nom de Faculté Libre des Sciences Hermétiques en mars 1897. Les cours sont nombreux (une douzaine par mois environ), les sujets étudiés traitent de la Kabbale, de l’Alchimie, du tarot divinatoire, en passant par l’histoire de la philosophie hermétique. Papus, Sédir, Victor-Émile Michelet, Fernand Rozier et A. Chaboseau, entre autres, en sont les enseignants. La section Alchimie, dirigée par François Jollivet-Castelot, est à l’origine de la Société Alchimique de France.

Ce vaste mouvement hermétique, dont Papus est l’une des âmes agissantes, a nourri la littérature et les arts de l’époque, Péladan, Catulle Mendès, Paul Adam, Villiers de l’Isle-Adam, donnent quelques textes aux premiers numéros de L’Initiation. August Strindberg, lors de son séjour à Paris, participe aussi mais davantage pour partager ses expériences d’alchimie. Les ouvrages de Papus ont marqué également les jeunes peintres dit Nabis.

Avec Stanislas de Guaita, Papus est mêlé à l’affaire Boullan, qui les oppose à Jules Bois et à J.-K. Huysmans, en 1893.

Séjours en Russie

La légende veut qu’en automne 1905, Nicolas II, aux prises avec les troubles sociaux, l’ait appelé à Tsarskoïe Selo pour lui demander conseil. Papus aurait évoqué alors, au cours d’une opération magique, l’esprit d’Alexandre III, préconisant la répression pour éviter une révolution de grande envergure. Papus aurait affirmé au tsar que cette révolution n’éclaterait pas tant que lui-même serait vivant. Or Papus n’est pas venu en Russie à cette époque où Raspoutine avait déjà fait son entrée auprès du couple impérial. Par contre Papus est venu, en 1901, pour rencontrer les occultistes et les martinistes russes, et pour accompagner le Maître Philippe de Lyon, son « maître spirituel », invité à la cour russe. Philippe devait jouir quelques mois durant d’une grande autorité morale auprès du tsar, à qui il prédit la naissance d’un successeur au trône. Papus et Philippe seront expulsés à la suite de manigances policières. Les visites de Papus en Russie, on a même évoqué à leur égard un possible travail d’espionnage pour le compte du gouvernement français, gardent encore leur mystère. Papus qui avait des liens avec plusieurs grands-ducs et grandes-duchesses affiliés au martinisme, a réellement rencontré la tsarine, éprise de merveilleux, mais pas le tsar lui-même. Papus, sous le pseudonyme de Niet, fit paraître, à son retour, dans la presse française, La Russie d’Aujourd’hui, un constat pessimiste de la politique russe en s’inquiétant d’une possible révolution.

Le docteur Encausse

Tombe de Papus (Famille d’Encausse) au Père Lachaise

Papus a suivi dans son travail de médecin, une voie tout aussi originale, en utilisant notamment l’hypnose, l’homéopathie, la dosimétrie, l’électrothérapie. Il a créé, avec son père chimiste, rue Rodier dans le IXe arrondissement de Paris, un institut de santé, spécialisé dans les bains, les fumigations et les massages. Il a ouvert également un cabinet de consultations médicales, rue Balzac à Tours, attirant une nombreuse clientèle. Il a résidé à Paris, à différentes adresses de la villa Montmorency (XVIe), au 5 rue Séguier (Ve), au 67 rue de Rochechouart (IXe) et, jusqu’à la fin de sa vie, au 60 boulevard de Clichy (XVIIIe).

Papus meurt le 25 octobre 1916, à Paris des suites de son service de médecin-major des armées sur le front de l’Est pendant l’automne et l’hiver 1914. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, à la (93e division).

Œuvre

Papus a laissé 160 ouvrages, almanachs, revues et articles, cette production littéraire impressionnante, qui lui a valu le surnom de « Balzac » de l’occultisme. D’aucuns lui reprochent cependant d’avoir manqué de rigueur dans ses travaux sur la Kabbale notamment. Par ses talents de vulgarisateur, il a contribué à ouvrir les esprits de son temps aux sources vives de la pensée analogique et de l’imagination créatrice, poursuivant en cela le travail qu’Éliphas Lévi avait entrepris.

Thèses

Dans sa brochure Ce que doit savoir un maître maçon, il dénonce l’influence d’agents étrangers sur la franc-maçonnerie française, et lui reproche de s’être laissée aller à un engagement politique, d’être tombée dans le matérialisme et de s’être coupée de la franc-maçonnerie universelle à cause de la querelle du Grand Architecte de l’Univers.

Papus a particulièrement insisté sur les analogies et correspondances, entre autres dans son ABC illustré d’occultisme (posthume, 1922). Tout objet terrestre fait partie d’une chaîne analogique qui part de cet objet pour aboutir à un astre, un règne, un Élément, un ange… Tout se correspond dans l’univers, par grandes chaînes, astrologiques, élémentaires, « la Terre, correspondant au règne minéral ; l’Eau, correspondant au règne végétal ; l’Air, correspondant au règne animal ; enfin, le Feu, correspondant au monde des forces et des intelligences » (p. 239). « La science antique est donc surtout constituée par des tableaux, qui établissent les relations entre tous les êtres et tous les objets de l’Univers » (p. 167).

Tableau de correspondances selon Papus (ABC illustré d’occultisme, posthume, 1922, Dangles, p. 247)

PlanètesÉlémentsSignespierresvertuscouleurs
MarsFeuBélieraméthystehardirouge
VénusTerreTaureauhyacintheingénieuxsombre
MercureAirGémeauxchrysopraseami des jeuxjaune
LuneEauCancertopazevagabondnoirâtre
SoleilFeuLionbérylgrande âmedoré
MercureTerreViergechrysolithepieuxvert
VénusAirBalancesardoineami de la justicepourpre
MarsEauScorpionsardonyxtyrannoir
JupiterFeuSagittaireémeraudecolèreflamme
SaturneTerreCapricornecalcédoineambitieuxblanc
SaturneAirVerseausaphirmarchandbleu
JupiterEauPoissonsjaspefécondcendré

Vive l’école !

2

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Il faudra bien qu’un jour, nous empruntions la voie du cœur. Je ne vous parle pas de la morale. Je vous parle du cœur. Il y a beau temps qu’à notre corps défendant parfois, nous évitons de nous réfugier derrière la morale, tant, chez beaucoup, elle renvoie plus à un prêche qu’à une pratique, même si nous nous offusquons régulièrement du fait que le monde politique, se réclamant sans excès de scrupules d’un réalisme aligné sur ses intérêts, s’affranchisse si souvent avec indécence d’une morale élémentaire, tant il se sent supérieur, à régenter les hommes.

En toute modestie, il s’agit ici seulement du cœur car il bat en tout être humain et, sauf à de rares exceptions près, celui-ci peut l’entendre malgré tout – au-delà de ses dérèglements, de ses déchirements voire de ses déchaînements, comme on l’observe trop tristement aujourd’hui. Il faut croire aux vertus du cœur et ce, d’autant plus qu’elles rejoignent celles de la raison. C’est bien là la profonde unité de l’Homme or la politique doit assurer un avenir à tous et, si elle consume son talent sans y parvenir, à défaut d’y perdre leur gouvernement, les hommes y perdent leur gouverne. Ils sont désorientés. Ils ne croient plus à rien.

C’est pourquoi nous devons redonner du lustre et même de la gloire à la politique, pour que, comme son nom l’indique, elle soit pleinement une affaire collective : une mission réellement partagée par les citoyens, qu’il leur faut apprendre, assimiler, entretenir, et ce, dans le dialogue, par la voie du civisme et la connaissance des institutions, le plus tôt possible et  progressivement, dès qu’on atteint l’âge de raison qui est aussi celui d’un éveil du cœur envers l’autre, dans la formation de la conscience, c’est-à-dire tout au plus dès sept ou huit ans, me semble-t-il.

L’école, alors, – qui ne saurait être le champ clos de sourdes rivalités et encore moins d’affrontements fracassants – doit redevenir, sans clivages ni luttes d’influence, un lieu de communion dans des valeurs plus hautes, désamorçant, étape après étape, par la familiarisation avec les différences, par l’apprentissage des débats argumentés et par la maîtrise des oppositions respectueuses, les tentations conflictuelles du repli sur soi, sinon les germes mortifères de la paranoïa, jusqu’aux risques fulgurants des haines inexpiables. L’éducation à une raison sensible, comme eût dit Michel Maffesoli[1], conduit à se déprendre des logiques obstinées comme des passions inflammables, aidant chacun à se défier des artifices de la communication, à se maintenir à l’écart de l’effervescence perpétuelle des réseaux sociaux et à construire peu à peu, dans un respect mutuel guidé par quelques principes de référence, son éthique personnelle, sans leçon générale.

Raphaël : Platon et Aristote devisant sur la politique ?

Je sens bien que vous pensez que mon idéal pêche par idéalisme. Entre politique de l’autruche et politique de gribouille, entre embûches  et trahisons, le terme de politique est, de nos jours, par trop sali pour inspirer confiance, de sorte que les affaires de l’État, par nature, d’essence noble, représentent dans l’opinion plus de bassesses que de prestiges, sans compter que la vulgarité qu’entraîne le plus souvent le simple emploi du mot « politique » s’ancre non seulement dans ce rejet que nombre de nos contemporains en éprouvent mais plus encore, à force de promesses souillées, de discours véhéments comme de déclarations vides, dans celui que beaucoup en subissent.     

Cependant, vous conviendrez assez volontiers que toute notion de respect repose sur un bien commun, celui-là même qu’on appelle « république ». Bien entendu, il est antinomique du cynisme de trop de dirigeants. En cela, l’amour de la politique devrait être une sorte d’anti-pouvoir personnel, c’est-à-dire procéder, au cœur de l’écoute, à une parole lestant les mots d’un contenu de réalité, les dénudant des chimères dont se repaissent parfois les idées – et, tendant des rameaux plutôt que des brandons, conformer les propos à des priorités d’action, sans travestissement ni échappatoire. « Vaine prière et trop sublime espoir ! » croyez-vous. Mais, humbles colibris que nous sommes, avons-nous réellement d’autre choix que de verser une eau apaisante voire régénérante sur des terres brûlées, plutôt que de souffler sur des braises toujours fumantes ?

Nous le savons et nous devons y faire attention : les mots prophétisent. C’est pourquoi il vaut mieux s’accorder non seulement sur ce qu’ils énoncent mais aussi sur ce qu’ils annoncent.  Bref, il est urgent de retrouver une langue commune, premier talisman de la démocratie, clé de tout combat contre la discorde et la démagogie. Certes, nous avons tous un  rapport flou au vocabulaire et il ne s’agit pas d’espérer une univocité de sa compréhension mais de cerner les acceptions par l’échange, pour définir des trajectoires auxquelles, les uns et les autres, nous puissions au moins consentir, sinon toujours adhérer. Chacun son tour, en quelque sorte, et si possible, le plus souvent ensemble.

C’est, soit dit en passant, ce que nous faisons en Loge, sur le plan symbolique, humaniste et spirituel où nous nous situons, en ayant constamment soin de définir les notions que nous employons, en en retraçant l’histoire, en en dégageant les perspectives. Inlassable et bénéfique entraînement mis pacifiquement à l’épreuve d’autres interprétations, exercice qui n’a d’autre vocation que de nous ouvrir au monde avec bienveillance, approfondissement et largesse d’esprit. Ainsi, tout comme y sont invités les non-maçons qui liront cet éditorial, nous nous mettons en condition d’assumer chaque jour, par nos pensées et par nos actes, les conséquences de ce diagnostic formel concluant que, plus le monde est complexe, moins – aimable paradoxe ! – nous ne pouvons échapper à la prise en main de notre destin.

Alchimie laboratoire
Alchimie laboratoire

Sachant que, par un second paradoxe au regard des premières recommandations de cette chronique, dans la tradition maçonnique à laquelle j’appartiens, nous proscrivons toute discussion politique en Loge. Et même religieuse. Or je ne connais point de meilleure école pour apprendre à débattre au dehors, à ciel ouvert, de tous les sujets. La maçonnerie est un  laboratoire, ce n’est pas l’arrière-boutique de nos disputes, c’est la fabrique de notre dignité. Comprenne qui voudra : Vive l’école !


[1] Michel Maffesoli, Éloge de la raison sensible, Grasset, 1996, 286 p. Édition de poche : La Table Ronde, 2005, 304 p.

L’extrême droite et ses symboles, “pour conquérir le territoire de la pensée”

De notre confrère actualitte.com – Par Antoine Oury

La montée internationale des mouvements d’extrême droite s’accorde avec une légitimation des discours racistes et fascistes, du « Grand remplacement » à la stigmatisation de certaines populations, qui s’entend dans les médias, auprès des responsables politiques et même au Parlement. Elle s’entend et elle s’observe : des symboles ou gestes symboliques se multiplient aussi dans l’espace public. Le site Indextreme recense, analyse et explique ces manifestations graphiques, pour mieux les identifier.

ActuaLitté : Comment est né ce projet ? Combien de temps avez-vous travaillé dessus avant sa mise en ligne ? A-t-il vocation à évoluer, à s’enrichir ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Bonjour et tout d’abord un grand merci de prendre le temps d’échanger, de nous lire et de comprendre ce projet d’importance graphique et politique ! Ce projet est né très simplement d’une rencontre entre le designer Geoffrey Dorne et le photojournaliste Ricardo Parreira. Depuis quelques années, Geoffrey avait pour ambition de répertorier, sous la forme d’un outil numérique, les symboles liés au fascisme, à l’extrême droite, notamment sur les affiches, les tatouages, dans l’espace public.

De son côté, Ricardo travaille depuis longtemps en tant que journaliste et publie du contenu sur ce sujet au travers de différents médias. Geoffrey a donc tout naturellement contacté Ricardo pour lui présenter les maquettes de son projet et Ricardo, quant à lui, a répertorié, rédigé, sourcé le contenu. Tous les deux ont ainsi vu naître, de plusieurs mois de travail, ce projet : indextreme.fr

Le site s’enrichit chaque semaine de nouveaux symboles qui sont analysés, répertoriés, sourcés, redessinés et enfin intégrés sur le site Internet.

Les symboles de l’extrême droite datent-ils tous de l’époque moderne ? Sont-ils aussi vieux que l’extrême droite elle-même ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Ce que l’on explique sur le site Internet, c’est que l’extrême droite n’a « inventé » que très peu de symboles à proprement parler. Cependant, elle est une véritable machine qui instrumentalise l’image et sa symbolique… et donc l’imaginaire des gens. 

Nous avons créé plusieurs infographies, précisément pour expliquer l’origine historique de certains symboles qui se trouvent sur le site et leur récupération par des mouvements d’extrême droite à partir de 1945. Lorsque nous étudions ces symboles, nous pouvons facilement conclure que l’extrême droite les récupère puisque ceux-ci portent en eux-mêmes une très forte charge identitaire et nationaliste.

Avez-vous observé des points communs dans l’expression graphique de l’extrême droite ? À l’inverse, des « tendances » de l’imagerie d’extrême droite existent-elles selon les époques, les « courants » ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Graphiquement, l’extrême droite réemploie et détourne avant tout des symboles dont la charge émotionnelle est forte : la tête de mort, l’aigle, l’engrenage, le feu, etc. Elle le fait également sur des symboles historiques puissants comme la croix de Lorraine, la fleur de lys, ou bien des symboles catholiques. Il n’y a donc pas de tendance esthétique à proprement parler, mais bel et bien un ensemble d’expressions graphiques variées qui permet à l’extrême droite d’essayer de servir idéologiquement son discours auprès de la sensibilité de chacun : que ce soit sur ses origines, son patrimoine historique, sa religion, son discours politique originel, etc.

L’extrême droite française s’inspire aussi des symboles de son époque avec, par exemple, des personnages de comics (le Punisher, Captain America, etc.), des logos venant de la musique (Run-D.M.C.) ou encore de la mode (the North Face, etc.). Avec cette stratégie, son objectif est de faire plus facilement partie du paysage visuel et intellectuel contemporain.

Le crâne du Punisher, personnage des comics Marvel, sur la voiture d’un soutien de Donald Trump, en 2021 (illustration, Gilbert Mercier, CC BY-NC-ND 2.0)

Les symboles de l’extrême droite sont-ils interchangeables selon les pays ? L’idéologie d’extrême droite semble en effet la même d’un pays à l’autre, qu’en est-il de ses expressions graphiques ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Aujourd’hui, l’extrême droite dispose d’un énorme réseau, et ses membres communiquent et organisent des rencontres entre eux. Comme nous l’expliquons sur le site indextreme.fr, de nombreux symboles utilisés en France proviennent des États-Unis, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie, etc. D’autres éléments comme le « grand remplacement », théorie créée par le fasciste Renaud Camus, parcourent le monde, et servent à justifier certains attentats terroristes.

Quand on parle de sémiotique et de graphisme, il est important de comprendre qu’avant le symbole, il y a l’idée et sa charge émotionnelle. On retrouve ainsi dans chaque symbole, des valeurs et dans ce contexte, des anti-valeurs. C’est pourquoi aujourd’hui encore, un large éventail de symboles nazis sont utilisés sans vergogne par l’extrême droite et cela inclut divers partis politiques en Europe.

L’idéologie d’extrême droite s’appuie sur un retournement du discours, la manipulation et le mensonge : diriez-vous que son expression graphique actionne les mêmes leviers ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Le problème réside dans le fait que la symbolique choisie par l’extrême droite pour composer leurs logos, drapeaux, autocollants, etc., est, si on peut le dire ainsi, critiquable d’un point de vue historique. Puisque pour la plupart, des symboles, avant d’être récupérés, représentent déjà des valeurs religieuses, conservatrices, issues de l’idéologie impérialiste, colonialiste, raciste, etc. Il n’y a pas besoin « d’actionner les mêmes leviers », car ce qui est recherché dans ces symboles est généralement déjà présent. 

(illustration, Pierre-Selim, CC BY-SA 2.0)

L’expression graphique de l’extrême droite donne l’impression de s’appuyer sur deux mouvements : rendre visible, d’un côté, et, de l’autre, dissimuler, à l’aide d’un système de code connu seulement par les initiés. Est-ce l’intention que vous avez mis au jour par vos recherches ? Quelles sont les finalités de ces symboles, pour faire simple ?

Geoffrey Dorne et Ricardo Parreira : Ces groupes d’extrême droite, néo-nazis, néo-fascistes, identitaires, etc., cherchent à banaliser leur idéologie et augmenter leurs rangs. Quoi de mieux, que de réutiliser les symboles historiques, qui touchent directement notre identité, donc une partie du « récit national », touchant les idéaux nationalistes, pour réveiller l’empathie de la population. 

Concernant le graphisme de certains de ces symboles, ils sont en effet parfois dissimulés, discrets ou réservés aux initiés, à ceux qui savent les identifier  (le symbole lambda, l’odal, le geste OK ou le kuhnen par exemple). Cela renforce la cohésion, le groupe et la sensation de « faire partie de ceux qui savent » afin de commettre des actions illégales et violentes.

Pour faire simple, ces symboles sont là pour conquérir le territoire de la pensée, des imaginaires et créer aussi de la confusion au sein des citoyens. Si un symbole vous est précieux et que vous découvrez qu’il est en train d’être détourné et réapproprié par l’extrême, qu’allez-vous faire ? Ne plus l’utiliser ? Adhérer à la pensée fasciste que l’extrême droite tente d’imposer ? Ignorer que tout cela existe ? Vous battre pour reconquérir votre symbole ? 

C’est aussi pour que chacun puisse se poser ces questions que nous avons créé indextreme.fr

Voire également leur Infographie des symboles nazis : 

Photographie : manifestation de militants de l’extrême droite russe à Moscou, le 4 novembre 2017 (Matthias Berg, CC BY-NC-ND 2.0)