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Le Temple de Jérusalem-Héritages

Comme il est difficile de donner, en ce début de troisième millénaire, un nombre précis de livres qui ont été écrits sur le Temple de Jérusalem…

Un sujet qui a fasciné et inspiré les écrivains, les chercheurs, les théologiens et les historiens pendant des siècles. Et même les francs-maçons. Et qui les passionnent encore et toujours ! Des commentaires talmudiques anciens et des textes chrétiens à la recherche académique moderne au rituel, quels que soient les rites – exceptés ceux liés aux Rites Égyptiens.

Ces livres peuvent être des monographies détaillées, des articles académiques, des ouvrages de vulgarisation, des romans historiques, des guides pour les pèlerins et bien d’autres. Paru dans la collection fondée par Richard Moreau, Professeur émérite à l’université de Paris XII, « Religions et Spiritualité », celui de Judith Guerry aborde le Temple sous différents angles. Rappelons que la genèse de cet ouvrage, son premier, a été initié dans le cadre de sa conversion au judaïsme.

Le Tabernacle.

Le premier chapitre, sur un livre qui en compte trois, nous mène à la découverte du Mishkane, qui signifie « lieu de résidence » ou « domicile » en hébreu, et fait référence à la tente du sanctuaire construite par les Israélites après leur sortie d’Égypte, durant leur période de pérégrination dans le désert. Ce sanctuaire portatif était l’endroit où Dieu résidait parmi son peuple et était le centre du culte israélite jusqu’à la construction du Premier Temple à Jérusalem par le roi Salomon. L’élément le plus sacré du Mishkane était l’Arche d’alliance, placée dans le Saint des saints, qui contenait les Tables de la Loi (les Dix Commandements). L’Arche était placée dans le Saint des Saints, la partie la plus intime et la plus sacrée du Mishkane. Jusqu’au Beit HaMikdash hérodien, c’est-à-dire le Temple rénové par Hérode, reconnu pour sa beauté et sa grandeur architecturale.

Le Temple du roi Salomon.

Pour mémoire, la signification spirituelle et culturelle du Temple de Jérusalem est centrale dans la théologie juive. Le texte s’accompagne d’une brève chronologie historique sous forme de tableau offrant plusieurs avantages : clarté, vue d’ensemble, comparaisons, références… mais aussi de plusieurs plans : camp du désert, Temple hérodien, corps du Temple, niveaux de sainteté, etc.

Le second chapitre nous conduit « De l’architecture du Temple à la « pensée » du Temple » » décrivant  la société juive à l’époque du Second Temple à l’organisation mise en place pour servir le sacré. De cette institution religieuse et sociale qu’est le Temple, l’auteure ne s’exonère pas d’une approche symbolique.

C’est avec le troisième partie que Judith Guerry nous parle d’« Héritages », sous-titre de son ouvrage. Synagogue, rituels et pratiques (prière, règles de pureté), textes de la tradition, sont étudiés. Enfin, avant de conclure sur l’ensemble de la conservation de l’héritage du judaïsme, elle pose la question, et y répond, sur la question du Temple dans le judaïsme moderne et contemporain.

L’ouvrage bénéficie d’un glossaire dont les noms ont fait l’objet d’une translittération, processus consistant à représenter phonétiquement les lettres ou les caractères d’un alphabet par ceux d’un autre.

Partagez et transmettre à un très large public à animer Judith Guerry. Une belle façon de présenter et nous faire mieux comprendre l’histoire du Temple de manière claire et concise.

Le Temple de Jérusalem-Héritages

Judith GuerryL’Harmattan, coll. Religions et Spiritualié,2023, 116 pages, 13 €

Atlantis I de Patrice Valot, 2016.

Annick de Souzenelle : Joyeux anniversaire pour ses 101 ans

Annick de Souzenelle, née Meaulle le 4 novembre 1922, est une écrivaine d’ouvrages de spiritualité. Après des études de mathématiques, Annick de Souzenelle a longtemps été infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute. D’abord catholique, elle se convertit en 1958 à la religion orthodoxe, et étudie la théologie, ainsi que l’hébreu. Elle poursuit au fil des décennies qui suivent un chemin spirituel d’essence judéo-chrétienne, ouvert aux autres traditions.

Elle est l’auteur de nombreux ouvrages de spiritualité. Sa recherche s’inspire de la spiritualité cabaliste, de la psychologie jungienne et de la philologie hébraïque.

Elle se spécialise dans l’étude de la tradition hébraïque et de la Bible, dont elle fait une lecture particulière. Elle estime qu’il existe dans la civilisation judéo-chrétienne un culte de la souffrance et du sacrifice, et préconise l’abandon de l’opposition morale entre bien et mal au profit d’une perception de « l’inaccompli » et « l’accompli » et d’un cheminement vers l’accomplissement. Elle définit des « lois ontologiques » et estime notamment que la crise écologique est intimement liée à la transgression de ces lois, et qu’il sera donc impossible de stopper la dégradation de l’environnement sans renouer avec un travail spirituel.

Elle crée en 2016 l’association Arigah pour assurer la transmission de son travail, rassembler ceux qui cheminent avec son enseignement et assurer l’animation de l’Institut d’Anthropologie Spirituelle.

Quand les Compagnons nous donnent à admirer leurs chefs-d’œuvre

Du site agoravox.fr – Fergus

Il existe dans la plupart des villes, notamment dans les métropoles régionales, des musées d’un grand intérêt dont certains sont parfois trop méconnus du public. La ville de Tours n’échappe pas à ce constat : à son musée des Beaux-Arts, dont les très belles œuvres picturales et sculpturales valent assurément une visite, s’ajoute un passionnant musée du Compagnonnage. Je vous invite à en pousser la porte…

« Le devoir de chaque compagnon, c’est de transmettre » (Joël Robuchon dit Poitevin La Fidélité).Chefs d’œuvre de charpentiers. Au premier plan, celui des Compagnons du devoir de Liberté de Tours, dénommés « Indiens » (1869)

Visiter ce musée, c’est découvrir (ou redécouvrir) – outre les origines légendaires remontant au roi Salomon et au mythiques Maître Jacques et père Soubise – l’histoire des ouvriers et des artisans qui, à partir du 15e siècle, se sont groupés au sein d’un mouvement de compagnonnage. Avec pour objectifs, rappelle le musée tourangeau, de renforcer la « solidarité entre compagnons », de mettre en place des processus de « perfectionnement professionnel » et, dimension importante dans la philosophie de la démarche, d’être porteur d’une « transmission des valeurs morales ». Ainsi sont nés les Compagnons du Tour de France qui, au fil des siècles, ont compté jusqu’à 30 métiers différents dans leurs rangs.

Après avoir connu son apogée au milieu du 19e siècle, le compagnonnage a subi un déclin lié à l’émergence de l’industrialisation et à la création des syndicats ouvriers. Il n’a pas disparu pour autant et connait un renouveau depuis quelques décennies. Il est même présent désormais dans certaines régions où il était absent autrefois. Le Tour de France, encore pratiqué de nos jours par les grandes associations de compagnonnage, consiste à tourner durant plusieurs années – en général 4 à 7 ans – dans différentes régions à raison d’une ou deux étapes par an afin de s’imprégner des connaissances et des pratiques locales dans le but de parfaire sa professionnalisation et si possible de tendre vers la perfection du geste.

Durant leur Tour de France, les Aspirants (voir ci-dessous) et les compagnons sont accueillis, dans les régions où ils tournent, au sein d’une maison dénommée cayenne,à la fois siège régional, lieu d’hébergement, de formation et de réunion. La cayenne est dirigée par une femme nommée la « Mère » à laquelle Aspirants et Compagnons témoignent le plus grand respect, notamment pour ses qualités de conseil et d’aide dans l’accomplissement des démarches. Ils prennent pension dans la cayenne et sont embauchés, par l’entremise d’un autre personnage d’importance, le rouleur (également nommé rôleur : celui qui distribue les emplois), dans l’une des entreprises locales avec lesquelles a été passé une convention.

La Mère des compagnons maréchaux-ferrants de Marseille en 1910

Pour être reçu comme Aspirant, l’apprenti doit avoir réalisé une première œuvre destinée à montrer son savoir-faire. Il doit aussi avoir démontré des qualités éthiques et morales irréprochables. Lors de la cérémonie d’Adoption, il est doté d’un nom compagnonnique qui, dans les échanges avec ses pairs, prendra désormais le pas sur son patronyme officiel. Ce nom est constitué d’un rappel de l’origine de l’aspirant et de la mention d’une vertu. Au nom compagnonnique s’ajoutent les attributs spécifiques du compagnonnage : la canne et la gourde, symboliques de l’itinérance de ceux qui s’apprêtent à « voyager la France », ainsi que, sous forme de ruban ou d’écharpe, la couleur frappée des symboles du métier exercé.

Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco

Au terme de quelques années, l’Aspirant peut prétendre au titre de Compagnon. Il doit pour cela présenter un chef d’œuvre destiné à mettre en valeur sa maîtrise des techniques à un jury de Compagnons en vue d’être admis dans leurs rangs au cours d’une cérémonie de Réception riche en symboles. Ce sont près de 400 de ces chefs-d’œuvre qui peuvent être admirés dans le musée de Tours. Ils sont signés, entre autres, par le bottier Languedoc la Franchise, le chaudronnier Provençal la Clé des Cœurs et le ferronnier Bourguignon le Vainqueur, ou bien encore le maréchal-ferrant Tourangeau Cœur fidèle, le menuisier Avignonnais La Vertu et le pâtissier Solognot le Consciencieux.

Les hospices de Beaune en pâte à nouilles de Georges Bouché, dit Bourguignon le Disciple Sainte-Baume (1976)

Une mention particulière, car très émouvante, au chef d’œuvre réalisé par Marcel Constantin, dit Angoumois la Fidélité. Dénommé « L’échelle » par son auteur, cet « Escalier à quatre départs et quatre arrivées » a été réalisé en 1943 dans le stalag disciplinaire où était détenu ce Compagnon. Durant 7 mois, il a travaillé des matériaux récupérés sur des wagons endommagés avec des outils de fortune. C’est le commandant allemand du camp qui a fait rapatrier ce remarquable escalier en France par le biais de la Croix-Rouge. Exposé au Grand Palais, ce chef d’œuvre a été restitué à son créateur en 1945 après qu’il ait été libéré de sa captivité. Il en a fait don au musée de Tours en 2004.

Contrairement à une idée reçue, la Franc-Maçonnerie n’est pas issue du Compagnonnage. Bien que certains symboles de métier soient communs, ce sont des associations distinctes, la franc-maçonnerie – née en Angleterre au 17e siècle – étant de nature initiatique, philosophique et philanthropique. Au-delà de l’usage de rites très codifiés lors des cérémonies, il existe cependant un point commun : la fraternité revendiquée. Sans doute faut-il voir là l’explication du fait qu’il y a eu, et c’est encore le cas, des Compagnons francs-maçons. À noter enfin que de nombreux Compagnons bénéficient également, ce dont nul ne s’en étonnera eu égard à leur grand talent, du titre de Meilleur Ouvrier de France (MOF).

Le musée du Compagnonnage est situé au cœur du vieux Tours, dans une agglomération qui présente une étonnante et spectaculaire particularité : elle est coupée en deux de manière parfaitement rectiligne sur une longueur de 7 kilomètres par l’ancienne « route royale d’Espagne ». C’est sur cet axe, désormais colonisé par les voies du tramway, qu’est implantée – au n°8 de la rue Nationale – l’entrée de ce musée. Récemment installé dans un bâtiment moderne, l’accueil donne accès à une boutique et à deux salles d’exposition d’un grand intérêt didactique dont l’une, la plus grande, occupe l’ancien dortoir des clercs bénédictins de l’abbaye Saint-Julien*.

Depuis novembre 2010, le Compagnonnage est inscrit par l’Unesco sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité. Outre le musée de Tours, il existe 6 autres espaces dédié au Compagnonnage en France dans les villes d’Arras, Bordeaux, Limoges, Paris, Romanèche-Thorins et Toulouse.

Après qu’un premier espace ait été dédié en 1911 au Compagnonnage, le musée de Tours a été fondé et installé à Saint-Julien en 1968 avant de faire l’objet d’un agrandissement et d’une rénovation en 2022.« L’escalier à quatre départs » de Marcel Constantin, dit Angoumois la Fidélité

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Franc-maçonnerie en forte agitation : le Grand Maître du GOL suspend l’une des plus grandes loges du Nord

De notre confrère visao.pt – CARLOS RODRIGUES LIMA

Fernando Cabecinha a signalé plusieurs irrégularités à la Loge Estrela do Norte, interdisant à ses membres de participer aux sessions maçonniques.

Le Grand Maître de la Grande Oriente Lusitanienne (GOL), Fernando Cabecinha, a décidé de suspendre la Loge Estrela do Norte, l’une des plus grandes de Porto, interdisant à ses membres de « participer à toute session maçonnique pendant la période de suspension », selon Décret 005/23.24, auquel VISÃO a eu accès.

Grand Maître Fernando Cabecinha.© DR/Grande Oriente Lusitano

La décision du nouveau grand maître provoque de nombreux troubles internes au sein du GOL, la plus grande obédience maçonnique du Portugal, car elle est considérée comme « sans précédent ». « Autant que je me souvienne, un grand maître n’a jamais agi ainsi devant une loge », a déclaré à VISÃO un membre de la Grande Oriente Lusitano.

Dans le décret en question, signé par Fernando Cabecinha et Pedro Farmhouse (Grand Secrétaire général), sont répertoriées plusieurs irrégularités présumées commises par les responsables de Loja Estrela do Norte, comme le défaut d’envoi de « tableaux de travailleurs » actualisés avec des noms symboliques (tels qu’identifiés à l’intérieur du magasin) et profanes (vrais noms) et rapports mensuels.

« Au vu de ces faits, il devient impossible d’établir la fiabilité du Personnel (nombre et identification respective – incertitude dans les initiations, affiliations et régularisations, règlements et irradiations ou élévations et exaltations), ainsi que la valeur de la dette envers le Grand Trésor Général», lit-on dans le document qui met en évidence une série de démarches réalisées par le Grand Secrétaire Général de Loja Estrela do Norte et qui, de l’avis des dirigeants du GOL, n’ont pas reçu de réponse satisfaisante.

« En résumé, nous concluons que Loja Estrela do Norte est en situation irrégulière avec GOL au moins depuis mars 2017 et n’a pas démontré une volonté effective de clarifier et résoudre correctement les situations, ni devant le Grand Secrétariat Général ni devant le Grand Trésor. -Général, malgré plusieurs appels à l’attention, s’étant limité, jusqu’à aujourd’hui, à envoyer des documents de remplacement sur documents de remplacement », font référence, dans le décret, à Fernando Cabecinha, qui n’a pas répondu aux contacts de VISÃO, et à Pedro Farmhouse, qui a refusé de faire toute déclaration sur des « questions internes ».

Fernando Cabecinha a été élu, en novembre 2021, Grand Maître de la Grande Oriente Lusitanienne (GOL), la plus ancienne obédience de la franc-maçonnerie portugaise, en remplacement de Fernando Lima, qui occupait ce poste depuis 2011. Le chef d’entreprise est une histoire de l’organisation, ayant présidé , quatre fois, sur la Grande Diète (le Parlement maçonnique).

(Vidéo) L’art des charpentiers japonais

Le 25 octobre dernier, nous vous proposions d’entrer au cœur de l’architecture en bois traditionnelle au Japon avec l’exposition temporaire à la Maison de la culture du Japon, à Paris. Cette fois-ci, nous vous invitions, si tel est votre désir, à visionner notre diaporama.

Démocratisant l’accès à la culture, à l’histoire et à la spiritualité, 450.fm permet ainsi aux frères et sœurs loin de Paris de rendre cette expo disponible pour tous, indépendamment des contraintes physiques, géographique, matérielles ou encore temporelles…

Infos pratiques : Du mercredi 18 octobre 2023 au samedi 27 janvier 2024

Maison de la culture du Japon (MCJP) 101 bis, quai Jacques Chirac 75015 Paris

Tél. 01 44 37 95 01/contact@mcjp.fr – Salle d’exposition (niveau 2)/Entrée libre

Mardi-samedi 11h-19h/Fermé les jours fériés et pendant les vacances de Noël/Dernière entrée à 18h30 – Photos © Yonnel Ghernaouti, YG ; Montage : FM 1717

La loi et le sacré

Dirigée par Bruno Pequignot, Jean-Paul Chagnollaud et Denis Rolland, la collection « Questions contemporaines » comprend près de 1330 titres à son catalogue.

Le pari de ladite collection est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, souhaitent exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.

Vous l’imaginez bien, au sein du telle collection, nous sommes loin de la toute-puissance venant de Dieu et où tout souverain, rendant sur Terre la justice, le faisait en son nom.

Et pourtant, la Professeure agrégée honoraire, Nicole Péruisset-Fache, poète à ses heures et autrice de plusieurs publications (sciences humaines, anthropologie, sociologie, philosophie) aux éditions L’Harmattan, ne peut manquer, dans son introduction, de faire le constat de la loi supposée dictée par Dieu.

Constatant qu’à notre époque contemporaine, tout se passe comme si les préceptes enseignés par les religions et les traditions (croyances, sagesses, légendes, cosmogonies), que l’être humain a mis des millénaires à bâtir, il faudrait en quelque sorte remettre les compteurs à zéro…

Face avant de la stèle du Code de Hammurabi. Musée du Louvre.

Partant aussi du Code d’Hammourabi, un des plus anciens ensembles de lois écrites connus, composé de 282 lois écrites en cunéiforme et datant d’environ 1754 avant J.-C., qui couvre divers aspects de la vie quotidienne, y compris le commerce, le mariage, les droits de propriété, et la justice criminelle –, nous réalisons combien ce code entraîne encore des conséquences de nos jours : principe de légalité, influence des systèmes judiciaires, philosophie pénale, protection des faibles, etc.

C’est en trois parties que l’auteur a décidé de nous présenter les relations loi/sacré. En commençant de tenter d’examiner la question de la loi et du respect de celle-ci dans notre société occidentale, puis la place qu’elle occupe dans notre quotidien. La deuxième partie aborde la question du système économique appelée néolibéralisme. Ce dernier étant une philosophie économique et politique qui soutient les politiques de marché libre, la réduction de l’intervention de l’État dans l’économie, la privatisation, la déréglementation, et une forte protection des droits de propriété.

Milton Friedman, en 2004.

Il est associé à des figures telles que Friedrich Hayek ou encore l’économiste américain considéré comme l’un des plus influents du XXe siècle Milton Friedman (1912-2006) et d’autres économistes de l’école monétariste et de l’école autrichienne. Le titre du chapitre « Le chaos et la terreur » ne saurait créer une grande frayeur chez le franc-maçon qui sait bien qu’Ordo ab chao, signifiant littéralement l’ordre à partir du chaos. Devise maçonnique donnant sens à la démarche initiatique…

Enfin, pour terminer, l’autrice essaiera d’évaluer la place du sacré dans notre monde. Le sacré y a-t-il toujours sa place ? Aujourd’hui et demain…

Nicole Péruisset-Fache appuie toujours son analyse sur de nombreuses contributions d’experts.

Avec tous les avantages : crédibilité du travail, profondeur et précision des écrits, interdisciplinarité, actualité et pertinence, recherche rigoureuse, etc.

L’illustration de la première de couverture est à elle seule édifiante puisqu’il s‘agit du bouddha assis en lotus est représenté dans la position dite Bhumisparsha Mudra, littéralement ‘’Mudra de la prise de la terre à témoin’’. La main droite pointe vers la terre, les doigt touchent le sol tandis que la paume de la main gauche est tournée vers le ciel. Dans sa dernière méditation avant l’éveil, Bouddha subit les attaques de Mara, personnification du mal, qui tenta d’interrompre sa méditation en niant la réalité de l’éveil du Bouddha, arguant qu’il n’y avait pas de témoin. Celui-ci toucha alors la terre, pour la prendre à témoin.

La bibliographie, imposante s’il en est,  ne comporte pas moins de onze pages ! Pour aller plus loin, si tel est votre désir.

La loi et le sacré

Nicole Péruisset-FacheL’Harmattan, Coll. Questions contemporaines, 2023, 134 pages, 15 €

Lieu symbolique : Zugarramurdi, le village sorcière (Pays basque)

Les lendemains d’Halloween sont sans doute toujours aussi difficile… Après tout, n’avons-nous pas choisi de subir l’épreuve « Un bonbon ou un sort » ? Originellement, « Trick or Treat », qui pourrait se traduire par « La charité s’il-vous-plaît ».

Explorons, en ce vendredi 3 novembre, un petit village de l’Euskadi, le Pays basque, une communauté autonome du nord de l’Espagne aux traditions culturelles très présentes.

Zugarramurdi est un village et une municipalité de la Communauté forale de Navarre, près de la frontière française et situé à 83 kilomètres de la capitale de la communauté, Pampelune.

Zugarramurdi, vue générale.

Village où la langue basque est coofficielle avec l’espagnol. Toutefois, le nom de la commune s’écrit de la même manière (mais le phonème Z se prononce de façon plus dentale en castillan). Selon Mikel Belasko, en basque le nom du village doit se prononcer parfois comme Zugamurdi, Zamurdi ou Zuenburdi, formes syncopées du mot. Un lieu où la population parlant le basque représentait 92.1 % en 2018. Ses 232 habitants sont appelés les « Zugarramurdiarrak ».

Blason de Zugarramurdi.

L’origine du toponyme Zugarramurdi, inconnue, est certainement d’origine basque. Le philologue Koldo Mitxelena proposa que le nom pût évoquer un lieu où se trouvent des ormes (zugar) misérables (andur) en grand nombre (le suffixe di indique l’abondance).

Mais Zugarramurdi est célèbre pour son histoire liée à la sorcellerie.

Voici un bref aperçu de cette mystérieuse et intrigante histoire…

La grotte tout d’abord.Avant même les événements liés aux sorcières, Zugarramurdi était connu pour sa grotte spectaculaire, formée par l’action érosive de la rivière Hell. La grotte, avec ses vastes salles et ses passages, est devenue une partie centrale de l’histoire de la sorcellerie du village. Selon la tradition locale, c’est dans cette grotte que se tenaient des akelarres ou sabbats de sorcières.

Les grottes.

Puis vint le procès des sorcières

Il s’agit de l’épisode le plus célèbre de l’histoire du village. Cela s’est déroulé au début du XVIIe siècle. En 1610, la chasse aux sorcières a atteint son apogée dans la région, et de nombreux habitants de Zugarramurdi ont été accusés de sorcellerie par l’Inquisition espagnole. Après un procès à Logroño, plusieurs personnes ont été condamnées à être brûlées sur le bûcher.

La chasse aux sorcières à Zugarramurdi, le contexte

Cette chasse peut être comprise dans le contexte plus large des persécutions des sorcières en Europe. Cependant, le Pays basque a connu une intensité particulière de ces persécutions. Les accusations ont souvent été fondées sur des rumeurs, des jalousies ou des querelles locales, et l’Inquisition a joué un rôle majeur dans l’arrestation, la torture et la condamnation de présumés sorciers.

Le musée.

Le Musée de la Sorcellerie

Aujourd’hui, pour préserver cette histoire unique, Zugarramurdi abrite le Musée de la Sorcellerie – au 18 Beitikokarrika –, qui offre aux visiteurs un aperçu détaillé de la chasse aux sorcières dans la région, du contexte culturel de la sorcellerie basque, et des événements tragiques de 1610.

Et maintenant, que reste-t-il ?

Un impact culturel toujours aussi fort. Nous retenons du peuple basque fierté et forte identité Forte, indépendance d’esprit – esprit qu’ils sont combatifs –, mais aussi attachement à la terre et sens de la communauté. Bien au-delà de leur passion pour leur gastronomie que nous savons riche et diversifié, les basques ont un sens aigu de l’hospitalité.

Ceci expliquant sans doute cela. La légende des sorcières de Zugarramurdi est encore bien vivante dans la culture basque. Le village accueille des festivités liées à la sorcellerie, et l’histoire a inspiré de nombreux livres, chansons et films, comme le film « Les Sorcières de Zugarramurdi » d’Álex de la Iglesia.

Notons que, malgré la tragédie de son passé, Zugarramurdi est aujourd’hui un lieu de célébration de la culture et de l’histoire basques, et un rappel des dangers de l’intolérance et de la superstition.

Sources : Wikimedia Commons ; lurpea.eus

Connaissez-vous Kat Von D, star du maquillage qui a renoncé aux forces occultes… ?

De notre confrère madame.lefigaro.fr – Par Victoria Hidoussi

Fondatrice de la marque de maquillage du même nom, elle vient d’annoncer sa conversion au christianisme sur ses réseaux sociaux. Mais certains remettent en question l’authenticité du baptême de cette ancienne adepte des pratiques ésotériques. Portrait.

«Katherine von Drachenberg, par ta profession de foi en le Seigneur Jésus-Christ et en obéissance à son commandement divin, je te baptise, ma sœur, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit», proclame le pasteur devant son assemblée, avant de plonger la nouvelle convertie dans un bain d’eau bénite. Chevelure jais, yeux fardés de noir, ongles laqués de couleur ébène, visage tatoué, rouge à lèvres rouge-brun… Le look de «Kat Von D» détonne dans cette église baptiste située à Vevay, dans l’Indiana. Et la vidéo de ce sacrement hors du commun, visionnée plus de 5 millions de fois sur le compte Instagram de la principale intéressée, a choqué aussi bien ses fans que la communauté chrétienne, suscitant un véritable débat dans les commentaires sur le réseau social. Et pour cause : la vie de la tatoueuse amatrice d’univers macabres pourrait sembler incompatible avec le milieu religieux. Pourtant, sa conversion n’est peut-être pas aussi inattendue qu’elle n’y paraît. En effet, depuis quelques années, la femme d’affaires de 41 ans laissait planer la volonté d’un changement de vie radical.

Une enfance traumatisante

Son tempérament rebelle s’est forgé dès son plus jeune âge. C’est à Montemorelos, une petite ville de l’État de Nuevo Leon au Mexique, qu’est née Katherine von Drachenberg de son vrai nom. Fille de parents missionnaires et membres de l’Église adventiste du septième jour, elle grandit dans un milieu plutôt conservateur. «Nous étions pauvres et ne prenions pas beaucoup de vacances», raconte-t-elle dans un article paru dans le magazine britannique Times en avril 2022. «Quand j’avais cinq ou six ans, nous avons déménagé en Amérique. Nous vivions à San Bernardino, une petite ville à deux heures à l’est de Los Angeles. C’était assez désertique et il ne s’y passait pas grand-chose : il n’y avait ni Starbucks ni aucun magasin de grande chaîne». Tout bascule le jour où un thérapeute familial recommande un traitement scolaire spécial pour Kat. En cause : la jeune fille commence à «écouter de la musique punk-rock» et à s’habiller «un peu différemment des autres enfants de l’école ou de ceux de l’église». Elle confie elle-même qu’elle était considérée comme le «mouton noir» de la famille : «à l’âge de 15 ans, j’ai été envoyée dans le même établissement pour adolescents en difficulté dans l’Utah que celui où Paris Hilton s’est rendue et j’ai été exposée à la manière choquante dont ils traitaient les élèves. Je suis surprise qu’il soit encore ouvert : ce fut la période la plus traumatisante de ma vie», poursuit-elle, faisant référence à l’établissement Provo Canyon School, où Paris Hilton dit effectivement avoir été victime de toutes sortes «d’abus». «J’ai passé ces six mois traumatisants de mon adolescence pour en repartir avec un syndrome de stress post-traumatique majeur et d’autres traumatismes dus aux protocoles non réglementés, contraires à l’éthique et abusifs de cette école», a déclaré Kat Von D dans une longue vidéo postée sur Instagram en octobre 2020, révélant notamment qu’elle y avait été enfermée «sans jamais voir le soleil».

Alors qu’elle abandonne sa scolarité pour se lancer dans une carrière de tatoueuse, le personnel encadrant tente même de la dissuader de poursuivre sa vocation en lui faisant croire qu’elle est séropositive. «Ils m’ont dit que j’avais contracté le VIH à cause d’un tatouage, et cela après avoir fait une analyse de sang, de selles, d’urine et tout cela. Donc vous êtes assis là avec quelqu’un que vous pensez qualifié, mais qui absolument n’a aucun diplôme», déplore-t-elle dans un épisode du podcast de Paris Hilton, Trapped in Treatment , diffusé en mars 2022. Elle passe son adolescence en pensant posséder ce virus potentiellement mortel, jusqu’à ce qu’elle fasse un nouveau test à 18 ans qui infirme le diagnostic de l’école. Dans sa vidéo à cœur ouvert sur Instagram, elle affirme que cette expérience a été «la racine» de son alcoolisme et de sa consommation de drogues futurs.

Ascension fulgurante

C’est lorsqu’elle déménage à Hollywood, à l’âge de 17 ans, que la jeune Katherine retrouve une certaine liberté. «L’aspect musical m’a séduit, ainsi que le fait que l’art y soit tellement cultivé. C’était accueillant pour les étrangers et j’ai finalement réussi à m’intégrer», poursuit-elle dans l’article du Times, se réjouissant de ne plus être considérée comme une «dingue» dans cette ville éclectique. Après des débuts à la télévision dans l’émission américaine dédiée aux tatoueurs Miami Ink, elle lance sa propre télé-réalité en 2007, LA Ink, qui suit l’évolution de son salon à Los Angeles, High Voltage Tattoo. Le look de la boutique – tapisserie rouge, bougies dégoulinantes, crucifix, logo à tête de mort – donne le ton. C’est à cette époque que sa notoriété grandit de façon fulgurante. «Il y a des bus touristiques qui passent tout le temps devant le magasin. Les gens sont obsédés par elle. C’est fou», racontait Ashton Williams, responsable des produits dérivés du salon à l’époque, dans une interview au média Racked en 2017. «Nous avons tout le monde, des grands-mères d’Angleterre aux punks rockers. (…) Les gens font la queue devant les vitrines du magasin et regardent quand Kat est en train de tatouer. Elle tatoue à la vue de tous sur l’une des tables installées dans la boutique décloisonnée.» Son succès est tel que sa liste d’attente de rendez-vous s’étend sur plusieurs années, l’obligeant à refuser des demandes pour rattraper son retard.

En 2007, elle établit le record du monde Guinness du plus grand nombre de tatouages sur une période de 24 heures, en gravant 400 logos de Los Angeles sur autant de personnes. Certaines ont fait la queue 48 heures à l’avance pour tenter de se faire tatouer par Kat, à tel point que la police a dû disperser une foule de plus de 1.000 personnes, selon la World Record Academy.

Pionnière de la cosmétique sans cruauté animale

Celle qui se définit comme «un véritable bourreau de travail» et qui n’a «jamais pris de vacances» veut aussi conquérir le monde de la beauté. Maquilleuse passionnée, elle se professionnalise en fondant sa propre marque de make-up éponyme l’année suivante, «Kat Von D Beauty», aux couleurs de son univers rock et gothique. À cette époque, cette militante pour les droits et le bien-être des animaux révolutionne la cosmétique cruelty-free et commence également à ouvrir la voie vers la notion d’inclusivité. En 2016, la gamme devient même purement végane, retirant du marché tous les produits contenant des ingrédients d’origine animale. Son entreprise, qui devait générer 2 millions de dollars de ventes au détail chez Sephora aux États-Unis la première année selon les prévisions, accumule finalement 12 millions de dollars, d’après les informations de WWD . L’un de ses tout premiers lancements, le rouge à lèvres Studded Kiss dans la teinte «Lolita», devient même le tube le plus vendu du distributeur en 2015, comme le rapporte l’édition américaine de Glamour à l’époque. Lorsque sa ligne arrive enfin chez Sephora en France en 2017, le succès est toujours au rendez-vous : le public est tout aussi friand de la qualité de ses produits longue tenue et ultra-pigmentés… comme des tatouages.

Demeure de sorcière

Si l’esthétique de ses créations plaît, son style de vie atypique intrigue. Son goût pour les forces occultes et les pratiques ésotériques (sorcellerie, tirage de tarot, magie Wicca…), ainsi que son domicile insolite ont des airs de décor d’une série d’Halloween. En effet, en 2016, elle fait l’acquisition d’un manoir gothique qui ressemble à s’y méprendre au château de Dracula : située dans le quartier de Windsor Square à Los Angeles, cette maison de l’époque Victorienne en briques rouge et aux toitures ébène se dresse devant un jardin taillé en labyrinthe. La demeure cache même une piscine rouge sang accessible par une porte secrète.

Entretenant le mythe, le 2 juin 2018, elle scelle son union avec Rafael Reyes, un membre du groupe rock gothique californien Prayes, lors d’une cérémonie pour le moins… non conventionnelle. Vêtue d’une robe de mariée rouge et parée de cornes dans les cheveux, la mariée débarque dans une salle pourpre extravagante, décorée de bougies en lévitation, de roses noires et autres cranes posés sur les tables, devant ses invités tous vêtus de noir de la tête aux pieds. Le moment a été immortalisé dans une vidéo postée sur Youtube qui cumule plus de 2 millions de vues à ce jour.

Rupture avec le monde de la beauté

Star du tatouage, femme d’affaires au sommet de sa gloire, épouse comblée… Kat Von D semble avoir sa vie bien en main. Pourtant, les premiers signes avant-coureurs d’un changement radical apparaissent en 2020, lorsqu’elle décide de vendre son enseigne de cosmétiques à Kendo, filiale du groupe de luxe français LVMH. «Je ne peux pas mener de front tous ces projets à 100%. C’est pourquoi, j’ai décidé de quitter mes fonctions de fondatrice (et de toutes autres responsabilités) au sein de Kat Von D Beauty, et de vendre l’intégralité de mes parts à Kendo, mon partenaire depuis douze ans», expliquait-elle dans un communiqué officiel en janvier 2020. Quelques jours plus tard, dans le podcast «Second Life», elle avouait qu’avec l’âge, elle n’était plus certaine «de trouver sa place» dans l’industrie de la beauté. «Il s’agissait de créer une plateforme pour nous, les marginaux, et nous avons été la première marque à réellement exprimer l’inclusivité. Il s’agissait de ne pas correspondre à ce qui est attendu et aux idéaux de la société en matière de beauté», rappelle-t-elle, regrettant que ce monde soit désormais rempli «d’influenceurs qui vous disent continuellement que vous devez acheter, et si vous ne le faites pas, vous n’êtes pas cool… Ou bien, qui vous disent « Voici à quoi la beauté doit ressembler »… Vous voyez, cela me ramène à ce que je ressentais quand j’étais enfant, en quelque sorte.» Elle admet également s’être «beaucoup éloignée, en partie volontairement» du monde des cosmétiques depuis la naissance de son fils Leafer Von D Reyes, en 2018. Kat Von D s’est aussi consacrée à ses deux nouveaux projets ; d’une part, sa marque de chaussures véganes, et d’autre part, sa carrière dans la musique, en lançant son premier single en 2021, Exorcism.

De l’ombre à la lumière

Le tournant s’opère véritablement en juillet 2022, lorsque Kat Von D annonce qu’elle prend définitivement ses distances avec toutes ses activités liées à l’occultisme. Elle publie sur Instagram des photos de ses grimoires, tarots, livres sur le satanisme et autres objets de curiosités funèbres en annonçant avoir «pris conscience de choses assez significatives». «Aujourd’hui, j’ai parcouru toute ma bibliothèque et j’ai jeté des livres qui ne correspondent pas à qui je suis et à qui je veux être. J’ai toujours trouvé la beauté dans le macabre, mais à ce stade, je devais simplement me demander : « Quelle est ma relation avec tout ce contenu ? »», a-t-elle écrit dans ce post Instagram. «La vérité est que je ne veux tout simplement pas inviter ces choses dans la vie de notre famille, même si elles sont déguisées dans de belles couvertures, ramassant la poussière sur mes étagères.» Elle évoque même pour la première fois une éventuelle conversion : «En ce moment, il n’a jamais été aussi clair pour moi qu’il y a un combat spirituel en cours, et je veux m’entourer, moi-même et ma famille, d’amour et de lumière.»

J’ai toujours trouvé la beauté dans le macabre, mais à ce stade, je devais simplement me demander : « Quelle est ma relation avec tout ce contenu ? »KAT VON D

Elle ferme également son salon de tatouage historique de Los Angeles, puis met en vente son fameux manoir en janvier 2022. Sur ses réseaux sociaux, Kat confirme à ses abonnés que sa famille et elle déménagent définitivement dans l’Indiana, où elle prévoit d’ouvrir un nouveau studio privé. Le couple a acheté et rénové une nouvelle demeure, où il réside désormais.

Transformation physique

Prouvant que son changement d’état d’esprit n’est pas qu’une remise en question passagère, Kat Von D prend une décision encore plus radicale. Elle annonce sur Instagram en juin 2022 qu’elle souhaite faire disparaître ses propres tatouages. Ou plutôt, les dissimuler… sous une couche d’encre noire. «C’est extrêmement rafraîchissant pour moi de voir tous ces tatouages, que j’avais gribouillés sur ma jambe en état d’ivresse avant de devenir sobre, être recouverts par l’élégance et la simplicité», écrit-elle sur le réseau social, dévoilant une première ébauche de son camouflage.

En octobre 2023, après 17 séances et près de 40 heures de travail plus tard, elle annonce avoir terminé «à environ 80 %» le noircissement de son corps». «J’ai eu beaucoup de tatouages qui représentaient une partie de ma vie et qui ne correspondent plus à qui je suis aujourd’hui. Certaines personnes acceptent de garder ces types de marques – personnellement, j’en ai eu marre de me réveiller et de voir ces souvenirs constants chaque fois que je me regardais dans un miroir», raconte-t-elle dans son nouveau post. Elle précise qu’elle avait déjà essayé de retirer ses tatouages au laser, avant de se rendre compte qu’elle «n’était pas la bonne candidate» pour cette méthode, «compte tenu de la quantité» de dessins qu’elle souhaitait faire disparaître.

Conversion controversée

Ultime étape de sa transformation, Kat Von D révèle ainsi sa conversion au christianisme sur Instagram le 3 octobre 2023, par le biais de la fameuse vidéo de son baptême, devenue virale. Les images n’ont pas manqué de faire réagir vivement les internautes, très partagés par cette annonce dans les commentaires. «C’est vraiment triste pour moi donc je me désabonne», «Quelle blague», «Combien t’ont-ils payé pour réaliser cette vidéo déchirante ?», «Cela ressemble tellement à une mise en scène», «Je ne pensais pas que tu pourrais être encore plus pathétique», «Tout ceci n’est probablement qu’un coup de publicité pour qu’elle essaie de rester intéressante», «C’est la chose la plus bizarre qui soit, quitter la sorcellerie pour un culte semble inutile», lui assènent ses détracteurs, pour n’en citer que quelques-uns. Heureusement, la nouvelle baptisée peut compter sur les louanges de nombreuses personnes de la communauté chrétienne. «Félicitations ! Je suis tellement heureuse pour toi», «Si fière de toi et de ton engagement public envers le Christ !», «C’est tellement beau ! Bienvenue dans la famille ma sœur», «La meilleure chose que j’ai vue sur Instagram depuis très longtemps ! Jésus change tout !», «Que Dieu te bénisse !», Dieu soit loué, je prie pour toi ma sœur», «C’est magnifique, merci d’avoir partagé cela publiquement», peut-on lire notamment de leur part.

Je ne me sens pas vraiment qualifiée pour être l’exemple du christianismeKAT VON D

Quelques jours après son post, Kat Von D a pris la parole sur Instagram en réponse à toutes les réactions et questions qu’elle a reçues. Dans cette vidéo de 12 minutes, elle prévient d’abord qu’en dehors d’un podcast, elle ne parlera «probablement pas beaucoup» de sa foi sur la Toile à l’avenir et qu’elle ne compte pas devenir un porte-parole de la religion. «Je ne me sens pas vraiment qualifiée pour être l’exemple du christianisme. Je suis encore en train d’apprendre, ce faisant, je deviendrai plus apte», explique-t-elle, avant de clarifier : «Donc, si vous avez commencé à me suivre parce que vous pensez que cela deviendra une sorte de plateforme chrétienne, cela n’arrivera pas.»

«Les chrétiens étaient les pires»

Katherine évoque ensuite la vague de négativité que cet événement a aussi engendrée. «Je sais que la majorité de mes fans et de mes abonnés ne sont pas chrétiens, je sais que c’est une déception pour beaucoup de gens. Je sais que chacun suit son propre chemin et que ce n’est pas pour tout le monde», confie-t-elle, «mais mon baptême était une démonstration publique de là où j’en suis avec ma foi, pour que les gens sachent que je n’ai pas honte.»

Si vous pensez que je ne suis pas chrétienne tant que je ne supprime pas tout ce que j’ai posté avant, ou que je dois arrêter d’écouter The Cure… Vous vous trompezKAT VON D

Elle déplore ensuite que la plupart des critiques reçues venaient de ses pairs. «On pourrait penser que la haine venait des gens qui sont contre la religion ou la chrétienté, alors qu’en fait, c’étaient vraiment les chrétiens qui étaient les pires», regrette-t-elle. Accusée de vouloir faire le buzz, elle rétorque : «Ce qui revenait sans cesse dans les commentaires, c’est que je faisais semblant, et que c’était juste un coup de promo pour avoir des clics, des abonnés ou des vues. Ce qui est très bizarre, car mon compte Instagram n’est pas monétisé, donc je ne suis pas payée». Elle s’étonne également des jugements sur son apparence physique et son accoutrement durant la cérémonie. Car Kat Von D a conservé ce trait d’eye-liner noir XXL, ce rouge à lèvres rouge, cette coloration noir corbeau ou encore ces tatouages en forme de pluie d’étoiles sur le visage qui la caractérisent tant. «Il y a une certaine esthétique stéréotypée et une façon de s’habiller chez les chrétiens, mais je ne me parerai jamais comme ça», clame-t-elle. Et de conclure : «Si vous pensez que je ne suis pas chrétienne tant que je ne supprime pas tout ce que j’ai posté avant, ou que je dois arrêter d’écouter The Cure… vous vous trompez.» Ainsi soit-il.

Malédiction, sectes, dame blanche… Les secrets de l’inquiétante « porte du Diable » près de Dijon

De notre confrère france3-regions.francetvinfo.fr – Par François Latour

C’est un endroit que beaucoup de Dijonnais connaissent, ou bien ont connu dans leur jeunesse : la « porte du Diable », située entre Plombières-lès-Dijon et Daix (Côte-d’Or). Un lieu qui attire aussi les amateurs d’ésotérisme. On vous en dit plus sur cette mystérieuse construction.

Envie de frissonner avant Halloween ? France 3 revient sur le mystère de la « porte du Diable », avec Clément Lassus-Minvielle, guide-conférencier à Dijon Archéo Tour, historien et auteur du livre « Dijon mystérieuse ». Cette porte, on y accède par une petite route, après avoir traversé la commune de Plombières-lès-Dijon. La rue Bernard Courtois amène à une petite côte, à un lieu-dit, et la porte est visible depuis la route.

Un ancien domaine au lieu-dit « Champmoron »

L’édifice se dresse de façon mystérieuse en bordure de forêt : une porte en pierre et aucune ruine aux alentours. De quoi interroger. Cette porte a plusieurs noms : « porte du Diable »« porte de la Dame Blanche » ou encore « porte Bonnet ». 

Les témoignages sont multiples : certains ont vu le diable, d’autres une dame blanche. Des témoignages racontent que leur voiture est tombée en panne devant la porte, d’autres affirment que des sectes se réunissent sur place la nuit…

« La légende dit que si l’on franchit cette porte et que l’on ressort au même endroit, nous sommes damnés sur peut-être plusieurs générations » explique le guide-conférencier Clément Lassus-Minvielle.

Ce qui participe au mystère, c’est que « ce monument n’a pas du tout sa place dans cette forêt », reconnaît Clément Lassus-Minvielle. On se demande qui « a décidé de placer cette porte ici dans un but étonnant, assez mystérieux, à côté d’un ancien château. On ne sait pas pourquoi il a décidé de faire cela. »

Malheureusement pour les amateurs d’ésotérisme, la présence de cette porte en pierre à cet endroit s’explique par des faits tout à fait rationnels.

Pourquoi la »porte du Diable » ?

Le guide-conférencier affirme, au risque de détruire certaines croyances, que « cette porte n’a jamais été placée pour un quelconque couvent. En réalité, c’est un encadrement de porte qui vient d’un autre endroit à Dijon. »

Au sommet de la porte, au centre, il y a « un drôle de petit visage qui a été martelé, avec deux oreilles, qui ressemble à un diable. On confond trop souvent cette figure avec celle qui est juste au-dessus, qui est celle d’un bonnet. »

Au centre de la porte, une figure de diable et au-dessus, un bonnet
Au centre de la porte, une figure de diable et au-dessus, un bonnet • © François Latour – France Télévisions

L’explication à cela est assez simple : « Cela a un rapport avec le propriétaire des lieux, un certain Hias Bonnet. Il décide d’acquérir cette ferme qui lui aurait été cédée par son père. À cette époque, on est en plein romantisme, il y a des ruines romantiques un peu partout. Pour décorer ce nouveau terrain, il décide de récupérer des blocs décorés d’un hôtel particulier en vente à Dijon, après la Révolution. » Cet hôtel particulier deviendra par la suite l’actuel site… des archives départementales.

Le domaine est une ferme construite à partir d’un château. Hias Bonnet « décide d’en faire quelque chose de luxueux, quelque chose qui rappelle la grandeur de cette ancienne forteresse. Il va placer la porte ici, qui symbolise un accès piéton d’entrée de domaine, et bien plus haut, il faut marcher une bonne dizaine de minutes, il y a une porte en accolade magnifique du même style, le gothique flamboyant. Tout cela appartenait à l’hôtel Bernardon à Dijon. »

Un diable, mais d’autres interprétations possibles

La tête de diable est peut-être aussi « une tête de chauve-souris », ou alors « comme à Seurre, une tête d’agneau ». L’agneau symbolisant le sacrifice de Jésus pour le peuple, « ceci expliquant pourquoi cela a été martelé à la Révolution, sans doute », avance Clément Lassus-Minvielle.

Le dictionnaire de Dieu

Quel bel outil offert par Pierre Chavot*, écrivain passionné d’histoire, que cet ouvrage de référence contenant des informations sur Dieu… dans les trois grandes religions monothéistes.

Il éclaire ce que le maçons peut entendre. N’oublions pas que la franc-maçonnerie n’adore pas un « dieu » spécifique comme le ferait une religion traditionnelle mais qu’elle utilise souvent le terme Grand Architecte de l’Univers (GADLU) pour désigner une puissance supérieure ou un principe créateur universel. Cela permet aussi aux membres de différentes croyances religieuses de s’y retrouver…

Traitant des trois grandes religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, l’auteur nous fait comprendre que, malgré leurs différences théologiques, historiques et pratiques, ces religions partagent finalement plusieurs points communs – textes sacrés, prophéties, bien et mal, vie après la mort, éthique et morale, Abraham, etc.

Revenons, dans un premier temps, sur le sous-titre « 620 mots pour connaître et comprendre le judaïsme, le christianisme et l’islam » qui nous ouvre la voie à l’étude des concepts, des noms, des attributs et des perspectives associés à la divinité à travers différentes les trois religions .

Cet ouvrage qui peut être considérer comme un vade-mecum, un guide pratique ou encore un outil pédagogique, servira, n’en doutons pas, de ressource précieuse pour le cherchant.

Sans faire de « zozotérisme », rappelons que le nombre 620 n’est pas universellement reconnu comme ayant un symbolisme spécifique dans la plupart des traditions religieuses ou mystiques majeures. Cependant, dans certaines études, cultures ou systèmes de croyances, tous les nombres peuvent avoir une signification ou un symbolisme associé.

C’est ainsi que dans la Kabbale juive, le nombre 620 a une signification, car il est lié au mot Keter qui est la première des dix sefirot (attributs/émanations à travers lesquelles Dieu interagit avec le monde). Keter, signifiant couronne en hébreu, a une valeur numérique, en gematria, de 620. C’est un symbole de l’union entre l’infini (Ein Sof) et la création manifestée. Alors, hasard ou divine providence ?

Aaron, lithographie d’Henry Schile, vers 1874.

L’ouvrage commence avec la nombreuse bibliographie de Pierre Chavot, immédiatement suivie d’un mode d’emploi. Il nous précise que chaque entrée est suivie d’un symbole représentant la ou les religions concernées. Pour celui souhaitant aller plus loin, il offre la possibilité de consulter des notices. Enfin, un index complet permet de retrouver d’autres mots. L’auteur a aussi simplifié la prononciation phonétique et la graphie des différents termes. Il nous dit pourquoi il a aussi choisi le terme de Dieu. Passez les sources et l’avant-propos nous entrons dans le dictionnaire avec Aaron, connu pour être frère aîné de Moïse et premier grand prêtre d’Israël, inaugurant la lignée sacerdotale lévitique. 619 mots plus tard, il se clôture avec celui de Zélotes, ce mouvement politique et religieux actif en Judée au Ier siècle après J.-C., dont leur fervente opposition à la domination romaine en Judée et leur désir de voir un État juif indépendant leurs firent jouer un rôle clé dans la première révolte juive contre Rome (66-73 après J.-C.).

Passés les remerciements, les annexes nous donnent les sources des trois religions : la Bible hébraïque ou Tanakh, la Bible chrétienne et le Coran ainsi que la liste des Sourates. Elle nous offre aussi le calendrier des fêtes.

Un ouvrage fort utile qui, de plus, se consulte facilement. Il donne des repères quant au lecteur qui souhaite mieux appréhender les nombreuses similitudes et interconnections, mais les différences distinctes des trois religions monothéistes.

Pierre Chavot

*Pierre Chavot, écrivain, passionné d’histoire, vit près de Bordeaux. Dans ses nombreux travaux sur les croyances et l’histoire des religions, il s’intéresse aux racines qui façonnent notre présent et notre avenir. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages parmi lesquels Sur les traces de Moïse (Gallimard jeunesse, 2001), Jésus, homme ou fils de Dieu (Hachette, 2000), L’Herbier des dieux (Dervy, 2009) et Le Bestiaire des dieux (Dervy, 2013).

Le dictionnaire de Dieu

620 mots pour connaître et comprendre le judaïsme, le christianisme et l’islam

Pierre ChavotDervy, 2023, 368 pages, 24,90 €