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Le vieux maçon et la loge close

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par William Régal

Il était une fois un vieux maçon qui n’avait pas fréquenté sa loge depuis 20 ans. Un jour, il décida d’aller voir ce qu’elle était devenue en son absence. À son arrivée, il trouva des planches aux fenêtres et un cadenas sur la porte avec une pancarte indiquant « FERMÉ ».

Alors qu’il regarda ce triste bâtiment isolé, un jeune homme s’approcha et regarda avec le vieil homme.

Le vieil homme dit : J’ai été membre ici pendant de nombreuses années.

Le jeune homme répondit : J’étais le secrétaire.

Je ne comprends tout simplement pas comment cette loge a pu s’assombrir au point de fermer. J’ai payé ma capitation à vie il y a 50 ans, dit le vieil homme.

À cela, le jeune homme répondit que chaque membre de l’Atelier était également membre à vie.

Intrigué, le vieil homme dit : si tout le monde avait une adhésion à vie, que se passa-t-il ? Comment les Lumières se sont-elles éteintes ?

Le jeune homme répondit que personne n’assistait plus aux Tenues, ni ne s’impliquait.

Conclusion :

Il ne suffit pas de payer une capitation à vie, il ne suffit pas de déclarer que nous sommes maçons. Nous devons être présents, nous impliquer et demander à tous d’en faire autant.

L’histoire du vieux maçon et de la loge fermée est riche d’enseignements précieux. Il souligne qu’être membre d’une organisation, comme la maçonnerie, nécessite une participation et un engagement actifs, plutôt que de simplement être membre ou payer une Capitation. Dans tout groupe ou communauté, c’est l’engagement et l’implication de ses membres qui maintient prospère et empêche de devenir inactif ou de « sombrer ». Ce message rappelle que la véritable appartenance et la récolte des bénéfices de la Capitation découlent d’un engagement et d’une contribution actifs.

Par : FanPage franc-maçon

Le secret de la tour Eiffel (1/2)

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(Tiré de l’ouvrage : Au cœur de la Franc-maçonnerie « Huit récits contemporains » Éditions Numérilivre)

Cent vingt ans ! Elle a cent vingt ans et on ne le dirait pas ! Fièrement campée sur ses jambes, les hanches généreuses, un buste effilé qui lui donne ce légendaire port altier, reproduit en millions de photos à travers le monde, non, vraiment, elle ne fait pas son âge ! Aujourd’hui pourtant, une fois n’est pas coutume, la tour Eiffel a la tête dans les nuages, cernée d’une écharpe cotonneuse, comme si elle était grippée ! Je suis au 2ème étage de cette cathédrale d’acier, gigantesque vigie de la Capitale, un peu déçue de ne pas découvrir l’horizon circulaire habituel. Je vois seulement, en baissant la tête, le ruban d’aluminium de la Seine, qui coule en contre-bas. Et, en la relevant, les jardins gazonnés du Trocadéro, encadrés par les deux ailes blanches du Palais de Chaillot.

Ce samedi après-midi, dans la foule des parisiens et touristes qui tournent en rond sur la plate-forme pour tenter un improbable cliché, je remplis ma mission d’exploration. L’accès au 3ème étage n’est pas possible pour cause de brume, mais je n’avais pas l’intention d’y monter. Je me le suis même interdit, promesse maçonnique oblige. Je fais l’expérience, grandeur nature, de la parole donnée. Selon notre protocole, je dois envoyer un témoignage de mon passage ici, à Mathilde ma « première surveillante ». La borne Internet, près du restaurant « Le Jules Verne », tombe bien. J’envoie mon e-mail et aussi, j’en profite, une carte postale avec le tampon spécifique « Tour Eiffel/ Belle Epoque » à Lauriane, ma fille, qui en fait collection. Dernier détail de ma visite, entouré d’une rambarde au centre du palier, le « puits de vision », que j’ai failli rater. La vue plongeante sur le champ de Mars, par le grand hublot de cette cheminée évasée de treillis métalliques, est impressionnante. 120 mètres plus bas, s’agitent en tous sens les promeneurs, points minuscules au bout de mon regard, fil à plomb imaginaire. J’ai le sentiment d’observer des colonies de fourmis au microscope.

Serrés comme des sardines, l’expression convient bien au paquet de gens dans la cabine de l’ascenseur, dont je suis solidaire ! Les poutrelles d’acier entrecroisées défilent et remontent devant mes yeux : impossible de bouger, la descente ultra rapide me chahute un peu. Une sensation de plongée silencieuse dans le vide, de sol qui se dérobe, puis d’atterrissage au ralenti, 1er étage, je ferme les yeux, les rouvrent, voilà les toits de Paris. J’entrevois au loin, dans la lumière transparente d’avril, l’Arc de Triomphe et la masse verte et tremblotante du Bois de Boulogne. Rez-de-chaussée, sortie sur le terre-plein, je reprends mes aises, j’ai horreur d’être compressée. Léger vertige, je déglutis. Fin de mon rallye-promenade.

Je ne sais pourquoi mes parents m’ont appelée Camille. J’ai eu bien du mal à m’y faire, d’autant que mes camarades, filles et garçons, à Belfort, l’ont très longtemps, trop longtemps, transformé en rigolards et lancinants « Camomille ! Camomille ! dans la cour de l’école, à m’en boucher les oreilles, pendant les rondes ! Jusqu’au jour où les épreuves du Bac venues et passées, tout content de m’annoncer la bonne nouvelle avec un retentissant : « Camomille, Camomille…tu es reçue ! », Clovis, un garçon turbulent de ma classe que je connais depuis ses culottes courtes, s’est pris la gifle de sa vie ! Tout le monde m’appelle Camille depuis cet incident ! Mais je regrette encore aujourd’hui mon geste incontrôlé, de colère et de joie, bizarrement mélangés, devant le panneau d’affichage des résultats. J’espère qu’il m’a pardonné, d’autant que lui, je me souviens, n’a pas eu son diplôme, cette année-là !

Mère monoparentale, comme on dit aujourd’hui, je pratique deux métiers complémentaires : je suis journaliste indépendante depuis une quinzaine d’années, spécialisée dans la mode de luxe, à Paris, et en même temps organisatrice d’évènements professionnels pour des agences. Grâce au télétravail, je rédige mes articles chez moi – à destination des journaux et magazines qui m’emploient – tout en m’occupant de ma fille de dix ans. Lorsque je dois m’absenter une soirée pour un défilé de mode, je la confie à Nadine sa marraine, venue comme moi de Belfort et…voisine de palier, on ne peut pas mieux faire ! Nous avons eu la chance de pouvoir louer en même temps deux petits appartements, dans le XVème arrondissement, tout près de la Seine. La circulation urbaine devenue très problématique et coûteuse, j’ai supprimé la voiture, et opté pour le métro. A partir de la station Javel ou Charles Michels, je suis sur les Champs-Elysées, au Palais Royal ou rue Saint-Honoré – mes lieux opérationnels – en moins d’une demi-heure. Et maintenant, je suis toujours exacte à mes rendez-vous. Fini le stress ! En plus, sous terre, j’écoute mes musiques préférées sur mon « Ipod » ! Même debout, accrochée à la barre. J’oublie les gens autour. Et que je suis un peu claustrophobe…

Les quartiers de Paris sont des villages. J’apprécie beaucoup le mien, qui, avec l’avantage d’être isolé de la circulation, propose un bon choix d’activités. L’immense parc André Citroën d’abord, avec ses pelouses, ses jets d’eau, ses petits sentiers fleuris et sa grande attraction qui a accompagné l’enfance de ma fille, l’impressionnant ballon dirigeable bleu, retenu au sol par des câbles, mais qui offre aux enfants dans sa nacelle promenoir circulaire, les frissons d’un baptême de l’air ! Ses dizaines de petites boutiques rue Saint Charles, ensuite, paradis des chineurs. Ses restaurants cosmopolites enfin, qui embaument les trottoirs. Avec le Pont Mirabeau si souvent chanté, la Seine éternelle et ses rives de halage à deux pas, pour les flâneries des soirs d’été. Il suffit de s’assoir sur un banc du quai et d’attendre quelques minutes, le temps qu’une rame du métro aérien traverse le fleuve, sur le pont à étage, vers la Maison de la Radio. Dans le sillage des péniches aux ventres lourds qui rentrent au port, ne tardent pas à surgir sur fond de ciel orangé, une noria de bateaux-mouches, véritables petites villes flottantes de lumière. Et soudain, alors que les grands panneaux publicitaires commencent à clignoter un à un sur les terrasses des tours du quai de Grenelle, la Tour Eiffel s’embrase à son tour, en arrière-plan. Un scintillement doré de quelque 20 000 ampoules, la transforme en un gigantesque arbre de noël, la nuit venue ! A l’assaut du ciel, mais aussi de la terre, puisque les deux faisceaux lumineux du phare qui culmine l’ouvrage, portent à 80 kilomètres à la ronde. Je suis voisine de cette Tour et pourtant je la connaissais bien mal !

C’est Mathilde qui me l’a fait découvrir, de l’extérieur et de l’intérieur, chiffres à l’appui. Elle est devenue pour moi, une véritable « femme de lumière ». Je l’ai rencontrée il y a trois ans, sur une péniche-salon où j’organisais un défilé de mannequins pour un couturier-parfumeur, devant une centaine de journalistes de mode. Au pied de la Tour Eiffel, précisément. Mathilde assurait avec virtuosité les lumières de la manifestation, et lors du cocktail qui, c’est le cas de le dire, nous a mis en contact et elle m’a vraiment éclairée sur sa profession, au gré des petits fours !! L’expression lumineuse, ne se résume pas à des branchements de prises électriques. Par ses couleurs, ses nuances, ses formes, ses directions, ses oppositions, la lumière, interprétée par l’éclairagiste, est à la fois langage et écriture, qui accompagnent et valorisent un évènement, en l’occurrence une présentation de vêtements, portés par des femmes et des hommes superbes. La lumière est aussi une belle occasion d’échanges, puisque, par associations d’idées, de l’électricité, nous sommes directement arrivées à la mythologie grecque avec Electre, bien sûr. Puis aux pierres précieuses avec Elektron, l’ambre jaune, qui, chargée d’énergie dit-on, étincelle du bel éclat solaire, d’où le mot « électricité » tire son origine. Nous avons même évoqué les constructions métaphoriques, tel le Complexe d’Electre, qui, selon le psychanalyste Jung, serait à la fille, ce qu’est pour son confrère Freud, le Complexe d’Œdipe au garçon. Et enfin, le physicien Newton et ses travaux sur le rayon lumineux ! Energie, mythes, légendes, pierres, constructions, symboles, lumière…Une brillante et enrichissante soirée, vraiment inattendue, au cours de laquelle, de fil en aiguille, j’ai appris que Mathilde, outre son métier d’éclairagiste, était une franc-maçonne. De 40 ans d’âge civil, et de 7 ans d’âge symbolique, m’a-t-elle indiqué, avec un grand sourire. Un mystère, parmi d’autres…à éclaircir !

J’aime bien apprendre seule. A l’école, déjà, j’avais besoin de lire et relire mes livres, d’écrire des synthèses avec mes mots, mes images, pour assimiler les cours des instituteurs, puis des professeurs. Il ne s’agissait pas de méfiance envers les enseignants, pas du tout, mais pour comprendre, il fallait que, en quelque sorte, je m’approprie d’abord le sujet !

C’est toujours le cas aujourd’hui et particulièrement pour la Franc-Maçonnerie. Mathilde, avec un merveilleux talent de conteuse, me l’a très bien présentée, comme un film. A tel point que j’ai eu envie de me « reprojeter » ce film ensuite, en l’accompagnant de lectures !

Ce que j’ai découvert avec ce flash-back et des livres, m’a curieusement conduite à un faire un parallèle avec la mode, avec les modèles que je vois défiler sur les estrades toute l’année. Une robe est le résultat, le produit, de toutes les autres robes – et de leurs influences – ayant existé auparavant. Elle est ainsi, devant mes yeux, le condensé de toute l’histoire de la couture ! Je sais, notamment comme journaliste, que celle-ci n’est pas qu’une seule industrie du paraître. Les projecteurs d’une Mathilde mettent aussi en lumière – avec le vêtement moderne donné à voir sur un mannequin qui se déplace le long d’un podium – le parcours et le discours des civilisations antérieures, en filigrane. Il y a bien défilé, en même temps, du paraître et de l’être.

Il en est de même pour la Franc-Maçonnerie, me semble-t-il. J’ai le sentiment qu’on ne peut pas bien saisir le credo de cette institution, encore moins le vivre, si l’on ne sait pas quelles fibres ont constitué les « tissus maçonniques » successifs et quels « couturiers » les ont travaillés, depuis l’origine.

« Tout part du Temple de Salomon » m’a justement dit Mathilde en préambule, sur l’air de « il était une fois… ». Cette simple phrase attestant du début d’une légende ou d’une réalité selon les historiens, a été la gâchette de ma curiosité. J’ai appuyé dessus pour en savoir davantage !

Si je prolonge ma comparaison avec la couture, le Temple de Salomon – construit en 1250 avant Jésus-Christ à la gloire divine, me dit la Bible – est donc de fait, le « patron » du modèle maçonnique et son point de départ. Encore faut-il savoir, me précise ce livre – que je n’avais jamais lu !- qu’il y a un «avant Salomon » avec les patriarches, ancêtres d’Israël, Abraham, Jacob, Moïse, les rois Saul et David. Et un « après Salomon » avec les souverains Nabuchodonosor, Cyrus, Alexandre, le général romain Pompée, Hérode son allié et enfin Pilate, le gouverneur de la Palestine. Autant d’hommes, bons et mauvais couturiers à leur manière, qui ont vêtu et dévêtu un territoire, autour de ce Temple obsédant. Un temple plusieurs fois construit, détruit et reconstruit. Mais en fin de compte toujours inachevé, et en cela même, métaphore de l’homme, tel que j’ai compris l’histoire de ce fantasmatique monument. Et tel que Mathilde me l’a laissé entendre…

…J’ai beaucoup apprécié, lorsque nous nous sommes revus autour d’un pot, qu’elle ne cherche pas à me « faire l’article » pour que j’entre en maçonnerie. « Ce n’est pas le genre de la maison !», m’a-t-elle dit, et j’ai pu vérifier ensuite la sincérité de son affirmation. Ma recherche biblique l’a toutefois bien étonné et quand je lui ai dit que j’étais en train de pousser encore plus loin mes investigations sur les origines de la franc-maçonnerie, elle a carrément été très intriguée !

Au vrai, ma passion soudaine pour l’aventure passée du bassin méditerranéen…m’a surprise moi-même. En découvrant les tribulations ce roi Salomon, à la fois sage, frivole et fervent, j’ai tiré sur un fil et je l’ai remonté pour en savoir davantage ! Apprendre ou réapprendre dans la littérature que, un millénaire plus tard, Jésus serait l’un des descendants de ce souverain, est étonnant. Tout comme mérite l’attention, à nouveau mille ans plus tard, l’épopée de cette chevalerie à Jérusalem. Qu’il s’agisse des Croisés venus défendre le tombeau du Christ, des Templiers progressivement transformés en banquiers, des Hospitaliers de l’Ordre de Malte reconvertis en policiers des mers ou des Chevaliers Teutoniques, avides de nouveaux territoires à conquérir. Tous des constructeurs d’innombrables châteaux et forteresses, tous des bienfaiteurs locaux apporteurs de savoirs et en même temps, tous des guerriers pourfendeurs de Sarrazins ! Le pansement et la truelle dans une main pour soigner et « civiliser », l’épée dans l’autre pour tuer les soi-disant « infidèles ». Le bien et le mal, qui peuvent si facilement se substituer l’un à l’autre selon les cultures, forment un curieux attelage depuis longtemps. Et l’homo sapiens, son cocher, est un être plus curieux encore. Une énigme supplémentaire à élucider, certainement la plus troublante : celle de l’âme humaine !

Je l’ai remarqué, il suffit que je m’intéresse à un sujet en particulier, pour qu’il surgisse souvent dans mon quotidien, sous diverses formes. Au moment même où je veux aller plus loin que le Temple de Salomon, pour mieux comprendre la Franc-Maçonnerie, la presse magazine, comme par hasard, publie une suite de dossiers. C’était ainsi avant la fin du XXème siècle, ça continue au XXIème : il n’est pas un mois de ces années 2000, sans que mes confrères ou consœurs journalistes relatent l’actualité de cette vieille dame turbulente. Comme la Tour Eiffel, la Franc-Maçonnerie traverse le temps ! Mais je l’avoue, auparavant, je n’allais pas plus loin qu’un coup d’œil aux titres accrocheurs et récurrents des couvertures de ces magazines. Ma vision a changé depuis que j’ai rencontré Mathilde. J’ai envie de savoir.

Entendons-nous, que tel ou tel homme politique soit membre d’une loge et « fasse trois pages » dans un hebdomadaire ne m’intéresse guère. Les « marronniers », très peu pour moi ! En revanche, puisque par métier, je peux avoir accès à des supports variés, il me plaît de tomber sur celui qui présente à point nommé, un dossier sur la genèse maçonnique, mon interrogation du moment !

Et justement, j’y retrouve cette chevalerie conquérante, de retour vers l’occident, dans les années 1200, après ses huit croisades, étalées sur plus d’un siècle. Je savais par mes souvenirs scolaires que ces chevaliers étaient guidés par la foi mais je ne me souvenais plus de leur déisme, si je puis dire, à géométrie variable ! Partis en Terre sainte, avec une croyance au Dieu des chrétiens, farouchement ancrée, nombreux en reviennent avec des cultes et philosophies supplémentaires en tête ! A preuve, ceux qui, faisant un détour par l’Iran, la Grèce et l’Egypte, regagnent l’Europe fascinés par Mithra, le dieu des astres, envoûtés par les mystères initiatiques d’Eleusis ou émerveillés par le symbolisme de mort et de renaissance, consacré à la déesse Osiris. Ce sont aussi les chevaliers, seigneurs d’Occitanie, qui en passant par la Bulgarie, se convertissent au manichéisme, une religion d’origine perse. Prise dans leurs bagages, elle changera de nom, en arrivant aux alentours d’Albi, pour s’appeler le catharisme. Un culte qui considère que le corps, réalité mortelle, représente le mal, et que l’esprit entité éternelle, symbolise le bien, ne peut que séduire des chevaliers, récemment porteurs de la truelle et de l’épée ! Il séduira aussi une partie importante de la population languedocienne. L’aventure cathariste se terminera mal pourtant, avec la réaction jalouse et violente de l’Eglise catholique. Fidèle à sa cause exclusive, le chevalier Simon de Montfort, conduira aux bûchers de l’Inquisition des milliers de cathares, autour de Carcassonne en 1215. Et les derniers, avec parmi eux des chevaliers catharistes, périront également dans les flammes, sur le piton rocheux du château de Montségur, en 1244. La même année, les Turcs du Sultan Saladin chasse tous les chevaliers de Jérusalem. Cinquante ans plus tard, les Templiers n’ont de rapport avec Salomon que leur nom. Et une triste fin s’annonce pour eux : alors qu’ils ont construit plus de 10 000 commanderies en méditerranée et son pourtour, dont 2000 en France, alors qu’ils ont introduit le commerce bancaire en Europe à leur retour, ils sont pourchassés en France par Philippe le Bel pour hérésie et pratique d’un improbable culte idolâtre. Et leur chef, Jacques de Molay, est brûlé vif à Paris, en 1307.

J’ignorais que les biens des Templiers avaient été offerts à leurs rivaux, les Chevaliers de Malte. Ceux-ci poursuivent aujourd’hui une belle œuvre humanitaire mondiale. Rien ne se perd, tout se transforme. Avant, pendant et après les Croisades, la chevalerie a produit à la fois un modèle économique prospère « d’autogestion » avec lesdites commanderies, en Europe comme en Orient. Elle a aussi fourni une symbolique très riche, notamment à la franc-maçonnerie, mais, malheureusement en faisant payer à l’adversaire et en payant elle-même le prix fort en capital humain, au nom de croyances différentes ! C’est la conclusion de l’article.

Au total, que penser des Croisades : Est-ce qu’occident et orient ne poursuivent pas aujourd’hui cette interminable guerre de religions, commencée il y a un millénaire, au nom du tombeau du Christ ? Il faudra que j’en discute avec Mathilde, qui connaît bien le sujet !

Que dit-on sur Internet ? Je tape « Croisades » dans « Google » : j’y retrouve les pages oubliées, et enrichies, de mon livre d’histoire de France. Il me revient en lisant sur l’écran que pendant cette turbulente guerrière qui a agité le bassin méditerranéen au Moyen Âge, les échanges commerciaux, intellectuels et techniques, n’ont jamais cessé entre le nord et le sud. La chevalerie a exporté en Judée du cuir et des céréales, des coutumes et des savoir-faire. Des armes, aussi, lances et épées, fléaux à manches, ces boules de fer à chaînes hérissés de pointes…que les agressés ont vite su utiliser pour fendre les armures de leurs « fournisseurs » et, en même temps, assaillants européens. La guerre, cette monstruosité, serait-elle inscrite dans le programme génétique de l’homme ? !

Certains « chevaliers bâtisseurs » – qui ont finalement préféré la truelle à l’épée – sont revenus vers l’Europe avec des « tours de mains » et des secrets de construction, comme l’art des voûtes et croisées d’ogives, admiré au sommet des palais et mosquées. Sans ces procédés géométriques, véritables prouesses de l’architecture arabe, les cathédrales, construites à la même époque, ne seraient certainement pas montées si haut dans le ciel ! Ou n’auraient peut être jamais existé. Ces chevaliers paisibles ont aussi rapporté dans le fourreau de leur épée, des boutures de « la rose de Damas », qui colore et embaume depuis les jardins de France.

 Comme quoi les religions peuvent faire preuve entre elles, d’intelligence créative et de générosité. Comme quoi les choses peuvent aussi se dire avec des fleurs ! « Celui qui offre une rose, en garde le parfum sur la main », dit un proverbe arabe….

C’est décidé ! Après cette nouvelle soirée d’échanges avec Mathilde, invitée à la maison pour une dînette, je trancherai…

Lauriane, est de la fête, tout yeux, tout oreilles. Dès l’apéritif, Mathilde nous raconte son parcours, son enfance à Sceaux, ses études à l’Ecole Supérieure d’Electricité, la résistance de sa mère stupéfaite à l’idée que sa fille s’embarque dans un « métier d’homme ». Et le soutien déterminant de son père, ingénieur électricien aux « Monuments historiques », dont elle a découvert, une par une, toutes les illuminations pendant son enfance. A Paris et autour, de la Tour Eiffel au Château de Versailles ! Mathilde nous indique aussi ses difficultés, aujourd’hui surmontées, dans l’exercice d’un métier de fait longtemps considéré comme masculin. Avec, bien entendu, le machisme correspondant, dont elle sourit maintenant ! Au vrai, elle a acquis ses compétences, son expérience, « sur le tas », comme elle dit, au fil des chantiers variés et de leurs renouvellements. Grâce à l’observation des « anciens » et de leur « savoir en marche » – c’est son expression – qu’ils ont bien voulu lui offrir. « Ce n’est pas l’électricité qui est un courant, mais la vie elle-même, qui passe entre les êtres, et que nous devons, chacun, faire passer à l’autre ! Nous sommes les fils transporteurs de cette vie ! ». Au cours de la soirée, Mathilde me répète plusieurs fois cette idée de passage de témoin, de transmission. J’apprécie à nouveau sa facilité d’élocution. J’aime surtout sa foi en l’Homme, son désir de convaincre. C’est une femme sincère, à l’évidence.

Elle se considère comme une « façonnière », et cette notion de « petits secrets » et de « tours de mains », héritée du Moyen Âge est toujours très forte dans l’artisanat. Qu’il s’agisse pour elle, d’illuminer un simple bal public sur une place de village avec des ampoules multicolores ou de synchroniser les jeux d’eau d’un bassin avec musique et feux d’artifice, dans un parc de château. « Travailler la lumière est un métier d’émotions ! » me dit-elle, les yeux brillants.

– Et votre plus forte émotion dans ce métier, justement ? Sans hésiter, elle me répond :

 Il y a dix ans, devant la Pyramide de Kéops !! J’étais encore stagiaire et j’ai eu la chance de pouvoir me rendre en Egypte avec une équipe de techniciens, pour participer, que dis-je, pour aider à la réalisation d’un spectacle de « sons et lumière », pendant quinze nuits d’été. J’ai frissonné chaque soir, moi minuscule bonne femme, devant cette masse pointue, gigantesque, sculptée par les projecteurs. Sidérée, la Mathilde ! Mon petit rôle, dans la cabine vitrée blottie au pied du Sphinx, consistait à « envoyer » les commentaires enregistrés dans la cabine, aux « tops » hurlés par l’ingénieur du son, avec son casque sur la tête. Il me terrorisait. Je n’avais pourtant qu’à appuyer sur les trois touches différentes, au fur et à mesure des ordres. Un trac, je ne vous dis pas ! J’ai encore dans les oreilles le texte et la voix d’André Malraux, mettant en scène Bonaparte et ses mamelouks. Grandiose ! Je revois les jeux de lumière rasante bleue et orange, qui, l’imagination aidant, transformaient l’immense foule des spectateurs en une mer de soldats. Je sais depuis, croyez-moi, ce que veut vraiment dire le mot « pharaonique » !!

 Ainsi démarre, sous le signe de la grande Pyramide d’Egypte, une longue, très longue conversation, déterminante pour moi.

Dites-moi Mathilde, à vous écouter, votre ingénieur du son est plus impressionnant que les Pyramides. Il hurlait vraiment après vous ? »

– Après moi et les autres, mais je pense que j’étais la seule à avoir vraiment peur de lui ! C’est l’ambiance du moment qui impose ce climat, un peu comme le chef qui donne de la voix dans les cuisines d’un grand restaurant ! Hubert avait une grande responsabilité. Il était en liaison radio avec une vingtaine d’éclairagistes répartis sur le site, et tout devait fonctionner au millimètre et à la seconde, à son commandement. Mais, en dehors du boulot, où la passion l’emporte souvent, Hubert est un homme calme, charmant ! D’ailleurs, je vais tout vous dire, puisque vous en parlez, il est mon parrain maçonnique ! Eh oui, c’est lui qui m’a fait entrer en maçonnerie ! Et dans quelle obédience ? A la Grande Loge Symbolique de France ! Vous ne serez pas étonnée. C’est précisément une organisation maçonnique qui a pris cette appellation pour travailler au Rite Egyptien de Memphis-Misraïm. Mais un rite modernisé aujourd’hui, bien sûr !

-Là, je suis un peu perdue dans les coïncidences…

-Je vais vous expliquer, l’enchaînement est assez simple, en fait…Hubert est à la fois ingénieur du son et passionné d’Egyptologie, depuis son premier « son et lumière » au Caire, où il a commencé stagiaire, comme moi ! Il ne se cache pas d’être franc-maçon, donc je peux le citer. Il a été initié au Grand Orient, puis ses voyages en Egypte l’ont amené à s’intéresser à ce fameux rite égyptien, qui d’ailleurs est né… à Montauban ! Ce sont des soldats de Bonaparte, des maçons faisant partie de la Mission d’Egypte qui l’ont créé à leur retour en France, en 1815. Ils l’ont appelé le rite de Memphis, du nom de la première grande capitale d’Egypte, qui veut dire « La beauté est ici », c’est joli non ? Au fil de l’histoire, ce rite s’est associé ensuite, en 1900, avec le rite de Misraïm, fondé par les « Carbonaris », les brigades italiennes de Garibaldi !

La sonnerie de mon portable interrompt Mathilde, le dîner et arrête le film. Finie la longue conversation prévue ! Je reviens à ma réalité : une agence me propose un « son et lumière » au château de Dampierre, près de Paris. Un remplacement de collègue malade, samedi soir. On est jeudi. Je donne mon accord, mais du coup, j’ai plusieurs coups de fil à passer. Mathilde, très élégamment, me suggère que je la rappelle pour reprendre plus tard notre échange et s’en va, presque sur la pointe des pieds. Je suis à la fois gênée et très frustrée. La glace est en train de fondre dans les assiettes. Lauriane n’a pas perdu son appétit !

Découvrir la suite… (cliquez ici)

« L’Iris blanc », le dernier Astérix est-il maçonnique ?

Le nouvel album d’Astérix L’Iris blanc est disponible dans toute la Gaule depuis le 26 octobre dernier.

« Le nouvel album d’Astérix s’amuse du développement personnel » titre le très sérieux site Livres Hebdo, livrant une analyse du dernier album de notre héros légendaire Astérix – un Gaulois réfractaire ? -, « L’iris blanc » avec des textes de l’auteur de bande dessinée, romancier et musicien français Fabcaro et du dessinateur et scénariste de BD Didier Conrad. Avec une mise en couleurs de Thierry Mébarki.

Un dernier opus où sont raillés, à renfort de citations des plus drôles, les théories du développement personnel…

Nous nous devons cependant de rappeler que certaines de ces pratiques de développement personnel font parfois l’objet d’articles sur le site de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES).

Examinons tout d’abord le titre L’Iris blanc

Concernant les fleurs, leurs symboliques sont variables selon les cultures.

Dans notre culture, dans notre symbolique chrétienne, la fleur exprime la joie simple ressentie par chacun devant la beauté de la nature, elle représente aussi ce qui est agréable à Dieu.

Concernant l’iris blanc, il est important de comprendre que le blanc est synonyme de pureté, de virginité, mais aussi de consolation, de joie, d’élégance, de beauté et surtout de perfection.

Quant à l’iris, sa symbolique à travers les âges et les cultures est très riche et est souvent associé à la pureté, à l’innocence et à la simplicité. Il est souvent utilisé dans les bouquets de mariage pour symboliser une nouvelle vie pure et innocente.

Iris, lécythe peint en technique de Six par le Peintre de Diosphos, v. 500–490 av. J.-C., musée du Louvre.

Le nom « iris » vient du mot grec pour « arc-en-ciel » et est également associé à la déesse grecque fille de Thaumas et de l’Océanide Électre Iris, qui était la messagère des dieux et la liaison entre le ciel et la terre. Elle était souvent représentée comme un arc-en-ciel ou comme une jeune fille avec des ailes d’or. L’iris, en tant que fleur, est donc parfois vu comme un symbole de messages ou de communication céleste.

Par ailleurs, dans certaines cultures, l’iris est un symbole de passage, que ce soit entre la vie et la mort, ou entre différents états de conscience. L’iris blanc, avec sa symbolique de pureté, pourrait être interprété comme un signe d’espoir et de renouveau lors de ces transitions.

Sans oublier que l’iris est aussi parfois associé à la sagesse, à la foi et à la valorisation de l’amitié.

De plus, en France, le lys (souvent confondu avec l’iris) est un symbole royal. L’iris, en particulier l’iris jaune, est représenté dans la fleur de lys, le symbole bien connu de la royauté française.

Pyramide des besoins, dite pyramide de MaslowSource blog goalmap

Que dire du développement personnel

Il englobe une variété de techniques et de pratiques qui visent à améliorer la connaissance de soi, à valoriser ses talents et potentiels, à faciliter la réalisation de ses aspirations et de ses rêves, et à améliorer sa qualité de vie. Certains thèmes majeurs du développement personnel incluent : la confiance en soi, la gestion du stress, la communication efficace, la gestion du temps, l’atteinte d’objectifs, la prise de décision, etc.

C’est exactement les techniques employées et enseignées, par pensée positive, par Vicévertus, personnage incontournable de ce quantième numéro.

Rappelons-nous cette phrase, au Rite Français, prononcée par le second surveillant : « … Ni nu, ni vêtu, pour nous représenter l’état d’innocence, et pour nous rappeler que la vertu n’a pas besoin d’ornement ; dépourvu de tous métaux, parce qu’ils sont l’emblème et souvent l’occasion des vices que le Maçon doit éviter… »

Le maçon ne doit-il pas bâtir des cachots pour les vices et élever des Temples à la vertu ?

La question mérite d’être posée. Existe-t-il vraiment des rapports entre la méthode du développement personnel et la méthode maçonnique ?

La Franc-maçonnerie et le développement personnel partagent certaines similitudes, bien qu’ils soient intrinsèquement différents dans leurs approches et leurs origines.

Examinons les points de convergence

Tant la Franc-maçonnerie que le développement personnel mettent l’accent sur la croissance et l’épanouissement de l’individu. Les francs-maçons sont encouragés à travailler sur eux-mêmes, à se perfectionner moralement et intellectuellement.

Les loges inculquent des valeurs telles que la fraternité, l’intégrité, la loyauté et la recherche de la vérité. De même, de nombreuses techniques de développement personnel visent à renforcer les valeurs personnelles et à vivre en accord avec elles.

Les rituels sont couramment utilisés en Franc-maçonnerie pour transmettre des enseignements et des valeurs. De la même manière, certaines approches de développement personnel peuvent intégrer des rituels quotidiens ou des symboles pour renforcer les habitudes et les croyances positives.

Une loge au XVIIIème siècle : eau-forte, aquarelle, planche dite « Cabanon », 1745 – Musée de la franc-maçonnerie.

Un sentiment d’appartenance. En rejoignant une loge, nous appartenons à une communauté qui offre soutien et fraternité. De nombreux adeptes du développement personnel cherchent également des groupes ou des communautés partageant les mêmes idées pour le soutien et la motivation.

Examinons ensuite les points de divergences, voire les réelles différences

La Franc-maçonnerie a des origines historiques spécifiques et est structurée autour d’une tradition séculaire, tandis que le développement personnel est un champ plus moderne, influencé par divers penseurs, auteurs et mouvements.

Secret et discrétion sont à mettre au crédit de l’art royal et de sa pratique. Alors que le développement personnel et ses techniques sont généralement ouvertes et accessibles à tous.

De même que la maçonnerie opère à travers des loges formelles – ou pour certaines indépendantes pour ne pas dire sauvages – avec des structures (administratives, initiatiques) avec des hiérarchies et des grades, le développement personnel, en revanche, n’a pas de structure formelle universelle.

Similitudes donc entre la Franc-maçonnerie et le développement personnel. Certes, mais principalement autour de la croissance personnelle et des valeurs morales.

Bien évidemment que leurs méthodologies, origines et structures diffèrent. Cela dit, un maçon pourrait certainement incorporer des techniques de développement personnel dans sa propre quête d’amélioration, et inversement.

Tablier de maître du XIXe siècle. source NC.

Nous pouvons donc dire qu’une personne intéressée par le développement personnel pourrait trouver aussi des valeurs dans les enseignements maçonniques.

Dans la quête incessante de l’amélioration de soi et de la compréhension de la place de l’être humain dans l’univers, de nombreuses méthodes et philosophies ont émergé. Parmi elles, notre démarche et sa célèbre méthode maçonnique, vieille de plusieurs siècles. Si la méthode moderne du développement personnel se démarque, notons que bien que distinctes dans leur origine et leur approche, elles partagent des similitudes frappantes…

Alors, sans doute que ce dernier opus a quelque chose de maçonnique dans sa finalité.

L’Amour du prochain, avec un  »A » majuscule, visant à soulager l’autre, tous les autres, tous nos frères en Humanité.

« À quoi cela engage-t-il ? À demeurer attentif à la souffrance des hommes et à leur apporter une aide selon notre compétence. » déclare le philosophe François Chirpaz.

L’Amour du prochain donc, voilà la véritable thérapie universelle !

Astérix-L’Iris blanc, la présentation de l’éditeur

« Pour éclairer la forêt, la floraison d’un seul iris suffit ». L’Iris blanc est le nom d’une nouvelle école de pensée positive, venue de Rome qui commence à se propager dans les grandes villes, de Rome à Lutèce. César décide que cette méthode peut avoir un effet bénéfique sur les camps qui se trouvent autour du célèbre village gaulois. Mais les préceptes de cette école exercent aussi une influence sur les villageois qui croisent son chemin… Qu’est-il arrivé à notre chef Gaulois préféré et pourquoi cette mine renfrognée ? Pour suivre toutes les actualités, rendez-vous sur www.asterix.com

Le mot du dessinateur, Didier Conrad

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver nos amis gaulois et à les dessiner dans des situations inhabituelles, perturbés par les effets d’une nouvelle méthode de pensée, l’Iris Blanc, venue de Rome. Comme Astérix, Didier Conrad est né en 1959. Sa première bande dessinée, Jason, est publiée en 1978. Il se lance ensuite dans l’animation des hauts de pages du magazine Spirou en compagnie du scénariste Yann, avec qui il crée par la suite la série mythique Les Innommables. Suivront de nombreuses productions pleines d’humour, notamment Bob Marone (1980), Le Piège Malais et Donito (de 1991 à 1996) avec Wilbur. En 1996, Didier Conrad s’installe à Los Angeles pour travailler sur le développement visuel et le storyboarding du long métrage d’animation La route d’Eldorado (2000, Dreamworks SKG). Il dessine les aventures gauloises depuis l’album Astérix chez les Pictes (2013).

Le mot du scénariste, Fabcaro

J’avais envie d’un album plutôt centré sur le village et ses alentours. J’aime particulièrement les albums d’Astérix où un élément extérieur s’introduit dans le village et en perturbe l’équilibre, et observer la réaction des villageois, avec leur mauvaise foi légendaire. Et puis c’était l’occasion d’aborder en filigrane un phénomène de société contemporain… Fabrice Caro dit Fabcaro est auteur de bande dessinée et romancier. Parmi son œuvre foisonnante débutée en 1996, on peut citer Le Steak haché de Damoclès (2005), La Bredoute (2007), On est pas là pour réussir (2012). Le succès se concrétise en 2015 avec l’album Zaï zaï zaï zaï. En 2018 paraît une autre œuvre très remarquée, mélangeant humour absurde et satire sociale : Moins qu’hier (plus que demain). Son roman Le Discours (2018) a été adapté au cinéma par Laurent Tirard en 2020. En 2022, il publie Guacamole vaudou, un roman photo humoristique mettant en scène le comédien déjanté Eric Judor.

Astérix-L’Iris blanc / René Goscinny-Albert Uderzo

Fabcaro-Didier Conrad – Hachette Livre, n°40, 2023, 48 pages, 10,50 €

Sources : Livres Hebdo, Wikimedia Commons

La 4e de couverture.

Les réseaux secrets de la police : GLDF, GLNF, GODF passés au crible

« Voici mis en lumière quarante ans de coups tordus dans la police… » C’est ainsi que l’ouvrage est mis en avant sur le site de Nouveau Monde Éditions. Et ce n’est pas une forfanterie, mais bien le fruit d’un travail très sérieux réalisé par le grand journaliste d’investigation Frédéric Ploquin, spécialisé dans les milieux de la police, du banditisme et du renseignement.

Précisons que ce champ disciplinaire n’a jamais été vraiment traité, donnant ainsi à l’ouvrage de Frédéric Ploquin beaucoup de pertinence avec une question centrale, celles des réseaux dans tous les domaines ou filières (loges, appartenance géographie, monde politique ou syndical, etc.

Le livre se fonde essentiellement sur des témoignages. Une méthode adoptée par l’auteur rendant ainsi vivant ses écrits Nous ne pouvons que souligner la diversité et la qualité des sources utilisées. Faits, reportages, théories, hypothèses, conclusions,  l’énumération des titres de chapitres nous invitent à collaborer à une véritable enquête policière.

Avec un style d’écriture accessible au grand public, ne doutons-pas que les maçons de la métropole et ultramarins se passionneront pour le dernier opus de Frédéric Ploquin. Rigueur et profondeur caractérisent cette livraison qui fait du bien !

Nous verrons bien si les avocats des obédiences citées poursuivront toute personne qui serait à l’origine d’un préjudice pour lesdites associations, leurs membres ou leurs représentants ou si encore l’auteur sera mis en demeure de cesser immédiatement toute diffusion, publication, etc., de propos diffamatoires et calomnieux… Bref, le blabla habituel des baveux, vieille expression française d’argot remontant au XIXe siècle pour désigner un avocat qui utilise la parole comme arme (aujourd’hui, le numérique aussi).

Frédéric Ploquin.

Si « Les voies du Seigneur sont impénétrables ! » en sachant qu’il n’est pas donné à certains la pensée profonde et la sagesse infiniment variée de Dieu, nous allons entrer dans les voies qui, elles, sont pénétrables et qui nous sont tracées… C’est-à-dire dans le vif du sujet, avec un sondage express, sur les 100 premières pages d’un ouvrage qui en compte 368, concernant l’emploi des abréviations des noms des trois grandes obédiences françaises, à savoir la Grande Loge de France – nom composé de 17 lettres, abréviation GLF par l’auteur et non GLDF comme l’usage le veut –, la Grande Loge Nationale Française – nom composé de 28 lettres GLNF – et le Grand Orient de France – nom composé de 18 lettres dont l’abréviation utilisée par l’auteur est GO et non GODF.

Sauf erreur ou omission de notre part, nous avons comptabilisé, en termes d’occurrence, 33 GLNF – elle n’est pas belle la symbolique –, 3 GLF et 2 GO. Reconnaissons toutefois plus volontiers l’emploi du nom concernant ces deux dernières que l’abréviation.

Remercions aussi l’éditeur d’offrir au lecteur quelques bonnes feuilles à retrouver dans notre article du 19 courant « Frédéric Ploquin pour Le Parisien : ‘’La franc-maçonnerie est très implantée dans la police’’ » et notamment ce que nous pouvons considérer comme un scoop, dès la page 10, car Frédéric Ploquin nous apprend que le Président de la République Emmanuel Macron aurait été initié à Lyon par Gérard Collomb, ancien ministre d’État, ministre de l’Intérieur au sein des gouvernements Philippe I et II, alors franc-maçon du Grand Orient de France (GODF)

Avant de s’immerger dans cette remarquable enquête, en quête aussi, nous vous vous offrons quelques très belles perles :

Page 13 : «… La Grande Loge Nationale Française (GLNF) d’un côté, un vivier dans lequel a puisé plus d’un ministre de l’Intérieur de droite […] De l’autre, le Grand Orient, auquel était notamment relié les ministres socialistes… »

Raymond Sasia.

Concernant l’Inspecteur Général honoraire de la Police Nationale Raymond Sasia,  le dernier officier de sécurité du Général de Gaulle, page 28 : « … Son ancrage au sein de la GLNF (Grande Loge nationale de France) [sic], lui ouvre des portes, lui qui sera l’année pilier d’une loge particulièrement influente et truffée de politique… », « Sasia a occupé les plus hautes fonctions au sein de la GLNF, où il a été très tôt initié ». 

Michel Baroin, devant la grille du GODF, salle du Conseil de l’Ordre.

Page 40, chapitre sur Michel Baroin : « … non pas le GO de Michel Baroin, mais la GLNF de ses rivaux sur le sol africain et dans des alcôves de la République. Une obédience élitiste qui s’est longtemps contentée de quelque 3000 frères frottant un petit noyau très puissant que l’on ne rejoignait pas sans avoir un niveau financier élevé… » et, même page «  « la GLNF est ensuite entrée dans une autre dimension, avec un nouveau management, sous la houlette du Très Respectable Grand Maître Jean-Charles Foellner. Un certain nombre d’anciens policiers liés au SAC [NDLR : Le service d’action civique (SAC) a été, de 1960 à 1981, une association au service du général de Gaulle puis de ses successeurs gaullistes. À l’origine, il constitue une « garde de fidèles » dévouée au service inconditionnel du général après son retour aux affaires en 1958 mais est souvent présenté comme une « police parallèle » du régime gaulliste] nous ont rejoints, et une partie d’entre eux étaient hors de contrôle ».

La presse italienne – Source La Loge P2 – La Loge Maçonnique.fr

Mais le pompon ne serait-il pas, toujours page 40 « … En 1996, preuve que l’ancien patron des RG avait du nez, et signe de ce nouvel œcuménisme débridé, les responsables de la GLNF se seraient laissés convaincre de recevoir au siège parisien de l’obédience des membres de la loge P2 (Propaganda Due, en italien), qui avait défrayé la chronique en Italie pour abriter en son sein un mélange de membres des services de renseignement, d’intrigants en tous genres, de mafieux et de représentants de l’État. En catimini bien sûr, un samedi matin, quand les bâtiments sont déserts. Une rencontre à haut risque que certains ont interprété comme une tentation de s’allier aux puissances du moment. La loge P2 n’avait-elle, déjà, ouvert une succursale clandestine à Menton (Alpes-Maritimes), fief de la GLNF ?… »

Alain Juillet.

Page 53, sur Alain Juillet : « … Alain juillet réponds par l’affirmative et rejoint une loge de la GLNF, où il passe trois ans en compagnie de ‘’gens de bonne qualité’’.

« On mangeait bien, mais on ne travaillait pas assez. » et plus loin, page 59 «  Le Grand Maître de l’époque (de 2007 à 2012), François Stifani, d’origine italienne et avocat en droit des affaires à Antibes, plutôt sympathique et bon vivant, accepte dans un premier temps de modifier les règles de fonctionnement de l’obédience à la seule fin de freiner cet « affairisme » qui sévit tout particulièrement dans la région PACA… » ou encore « … La GLNF disposait donc d’un nombre conséquent de comptes, une « tuyauterie » susceptible d’être mise à la disposition de telle ou telle cause. Jean-Charles Foellner, patron de l’obédience, avait d’ailleurs clamé haut et fort  »nettoyer les écuries d’Augias » ».

Arrêtons là cette, oh combien, significative litanie. Et encore nous n’abordons pas les références faites à la Corse ou à l’Afrique. Que le lecteur fasse comme dans Matthieu 7,7 «  cherchez, et vous trouverez… ».

Effectivement, nous ne saurions trop recommander à votre attention la lecture de ce remarquable ouvrage, extrêmement bien documenté, car il ne peut guère se trouver de questions qui, concernant la police, ses réseaux secrets (loges, influences et corruptions), ne contiennent la solution.

Si, constitué en 2017, le  »réseau recherche » rassemble des points de contact pour la recherche dans toutes les directions et services centraux de la Police nationale, admettons, qu’ici, il s’agit plutôt de recherche de réseaux pour s’offrir, entre autres pour certains, un joli plan de carrière…

Dans ce contexte, bien sûr, qu’il existe une multitude de réseaux pour faire de l’entrisme : le syndicalisme, la politique, etc. Et l’auteur de traiter du sujet sensible de la fraternelle de la police.

Alain Bauer, SML Paris 2011.

Souvenons-nous, en 2002 déjà, le célèbre professeur de criminologie Alain Bauer, alors Grand Maître du GODF, avait lancé une réflexion sur ces organisations paramaçonniques à un moment où certaines faisaient parler d’elles à propos de scandales, notamment immobiliers. D’ailleurs, le 12 décembre 2002, dans son interview donnée au Nouvel Observateur, il parle de « l’éradication des Fraternelles […] Il y a eu des pourris, des corrompus et des salauds qui se sont servis de la maçonnerie. La question pour nous était de savoir où se situait le réseau. Et ce que nous avons découvert, c’est que cela ne se passait pas dans les loges, mais dans les fraternelles et dans des structures inventées pour permettre à des frères et à des sœurs de se rencontrer et de faire des affaires… »

Gabriel Nicolas de La Reynie (1625-1709) Lieutenant général de police.

Très discrète, mais toujours active, Frédéric Ploquin nous éclaire quant au Club La Reynie, la fraternelle de la police. Un nom que nous devons à Gabriel Nicolas de La Reynie, reconnu comme le premier chef de la police parisienne au XVIIe siècle sous le règne de Louis XIV. Conforme à la tradition de discrétion qui est souvent associée à la maçonnerie, et les activités exactes et la qualité des membres ne transpire nulle part.

Charles Pasqua en 1987.

Frédéric Ploquin n’hésite pas non plus à traiter de la « bande à Pasqua », expression informelle utilisée par certains médias et commentateurs pour désigner un réseau de personnes gravitant autour de Charles Pasqua (1927-2015), grande figure influente de la politique française, membre du RPR (Rassemblement pour la République), et proche de Jacques Chirac. Comme beaucoup de politiciens de haut niveau, Pasqua avait constitué au fil des ans un réseau de fidèles, d’amis et de collaborateurs qui ont occupé des postes clés dans divers domaines, tels que les affaires, les médias et l’administration.

Enfin, le dernier chapitre « Les loges folles » ne manque d’évoquer le scandale de la respectable loge Athanor de L’Alliance, aussi surnommée « l’affaire des barbouzes de la DGSE » (Direction générale de la Sécurité extérieure) – Alain Bauer, en ironisant, la nomme la loge P3 -, impliquant des suspicions d’influences occultes, de conflits d’intérêts et de manipulations des services secrets. Une loge qui, pour les médias, abritait une véritable officine du crime. 

Heureusement que nous avons des hommes tel Frédéric Ploquin pour nous apporter un éclairage sur tout ce qui se trame dans l’ombre. Dans sa postface, il appelle les lecteurs à plancher sur le terme « gardiens de la paix ». Au-delà du grade de « Gardien de la Paix », il porte une symbolique profonde dans le contexte que nous connaissons aujourd’hui. Gardien évoque l’idée de protection et la paix est une condition de tranquillité et de non-violence à préserver comme un bien précieux et rare. Pour protéger et servir !

Nous devons aussi à Frédéric Ploquin, qui était le 14 octobre dernier à la Biennale Culturelle et Maçonnique de Bordeaux sur « Éthique et médias : Est-ce une utopie ?, trois tomes sur Parrains et caïds (Fayard), L’Abominable Docteur Schaefer-Une secte nazie et pédophile dans les Andes (Ring, 2016) coécrit avec Maria Poblete, La Peur a changé de camp: Les confessions incroyables des flics (Albin Michel, Coll. Sociétés, 2018), C’était la PJ-Le temps béni des flics (Fayard, 2019) et Les narcos français brisent l’omerta (Albin Michel, 2021).

Nouveau Monde Éditions

Yannick Dehée.

Comme nous en avons l’habitude, lors d’une première chronique d’un nouvel éditeur, nous avons à cœur de vous le présenter. Nouveau Monde Éditions est une maison d’édition multisupport (CD-ROM et DVD, livres, e-books) et indépendante française, située à Paris, spécialisée dans les ouvrages historiques. Elle est dirigée par Yannick Dehée qui, après un doctorat en histoire à Sciences Po et ses premières armes chez Fayard et Nathan, fonde Nouveau Monde Éditions en 2000, puis en 2012 Numérique premium (www.numeriquepremium.com) qui diffuse des collections d’e-books de sciences humaines en bibliothèques pour une quarantaine de maisons d’éditions francophones. 

En 2016, il s’est associé avec le journaliste judiciaire Stéphane Damian-Tissot pour créer les éditions Sang-Froid. Il est directeur de la publication de la revue Sang-froid, une publication trimestrielle dédiée à la justice, à l’investigation et au polar, créée en mars 2016., ainsi qu’une publication trimestrielle dédiée à la justice, à l’investigation et au polar.

Nouveau Monde Éditions publie majoritairement des essais historiques, des ouvrages de référence et des corpus d’archives.

Les réseaux secrets de la police-Loges, influence & corruption

Frédéric PloquinNouveau Monde Éditions, 2023, 368 pages, 21,90 €

Histoire du Rite… d’adoption

Le Rite d’adoption est un rite maçonnique apparu en France au xviiie siècle. Pratiqué par les loges féminines sous tutelle de loge masculine et dites « loges d’adoption », il existe exclusivement au sein de la « maçonnerie d’adoption » ou « maçonnerie des dames » qui connut un développement en France notamment et en Europe aux xviiie et xixe siècles.

Histoire

La maçonnerie d’adoption ou maçonnerie des dames qui apparaît en France au début du xviiie siècle est le nom donné à la pratique mixte ou féminine de la franc-maçonnerie. Sous tutelle d’obédiences masculines, l’Adoption se pratique au sein d’une loge et d’un rite éponyme.

Évolution et organisation

Le plus ancien rituel officiellement cacheté date de l’année 1761. Celui-ci est intitulé « Maçonnerie des Dames » ou « La maçonnerie d’adoption, par le Prince de Clermont, grand maître des Orients de France, décliné en quatre grades. » Les manuscrits des rituels du Marquis de Gages dont la loge est à Mons aux Pays-Bas Autrichiens sont datés de 1767.

Les rituels pratiqués par la « maçonnerie des dames » aussi appelée « maçonnerie des femmes » peuvent être classés en grandes familles :

  • Simples : « Clermont », « Grand Orient » et « Troisième Tradition »,
  • Mixtes : « Grand Orient et Clermont » et « Grand Orient et Troisième Tradition ».

Thématiques et symboles

Les rituels se distinguent de la franc-maçonnerie masculine car ses rituels ne sont basés sur la construction du temple mais sur d’autres thèmes :

  • Tour de Babel au premier degré;
  • Jardin d’Éden au second degré;
  • Déluge au troisième degré.

Ces thématiques se réfèrent explicitement aux premiers chapitres du Livre de la Genèse. La présence de récits bibliques dans le Rite d’adoption est rapportée, entre autres, par l’étude de tabliers féminins en peau peinte datant de l’époque napoléonienne. Ainsi, les symboles les plus connus de la maçonnerie d’adoption sont : l’Arbre de la connaissance, l’Arche de Noé et l’Échelle de Jacob.

Si les rituels diffèrent de ceux pratiqués par les hommes, les franc-maçonnes d’adoption portent, comme eux, le tablier et les gants.

Pratique des « hauts grades maçonniques »

Au trois degrés symboliques furent ajoutés divers systèmes spécifiques de hauts grades maçonniques, dont il n’est toutefois pas certain qu’ils aient jamais existé ailleurs que sur le papier de leurs rituels. Parmi les thématiques des hauts grades, celui de la Reine de Saba, sous le nom de « Princesse de la couronne » était le sommet d’une échelle en dix grades attestée à la fin du xviiie siècle.

Le Symbolisme de la grenade

La belle et très accessible – par son prix – collection « Les Symboles Maçonniques » nous offre une lecture traitant de la symbolique d’un aliment. Il s’agit du 104e volume !

Thomas Grison.

Thomas Grison, pratiquant le Rite Écossais Rectifié pourrait reprendre à son compte, avec profit et plaisir, s’il y a banquet, la phrase du vénérable maître « … Je vous invite tous à un banquet frugal et fraternel, venez y goûter dans une société de Frères, les charmes de l’égalité… » Et il s’agit bien, ici et maintenant, de frugalité. Se nourrir de peu, certes, mais s’enrichir d’une nourriture spirituelle, oh combien, généreuse.

Cet ouvrage est une belle invitation à laquelle nous succombons volontiers. En trois chapitres, nous entrons dans les « Données antiques », puis parcourons le « Moyen Âge et temps modernes » pour s’achever avec la « Franc-Maçonnerie ». Pour mémoire, l’époque moderne, appelée aussi les temps modernes, est une période historique généralement comprise entre 1492, avec la découverte de l’Amérique et 1789, au moment de la Révolution française.

Nous apprenons que la grenade est un fruit originaire de la région s’étendant de l’Iran à l’Inde du Nord, mais cultivée et appréciée dans de nombreuses régions du monde depuis l’Antiquité. Fruit de forme ronde, légèrement plus gros qu’une orange, avec une peau dure et lisse qui varie du jaune-vert au rouge foncé, elle est divisée en plusieurs compartiments contenant de nombreuses graines entourées d’une pulpe juteuse et sucrée appelée arille. Ces arilles peuvent varier en couleur du blanc translucide au rouge foncé.

De son symbolisme, nous reteindrons que ce fruit est depuis les temps anciens synonyme de fertilité, d’abondance et de vie éternelle. Elle est souvent présente dans l’art et la mythologie de nombreuses cultures. Dans le récit biblique, par exemple, la Terre Promise est décrite comme un « pays de blé et d’orge, de vigne, de figuier et de grenade ». Dans la mythologie grecque, Perséphone mange des graines de grenade, ce qui la lie au monde souterrain. Elle reste profondément enracinée dans l’histoire et la culture de nombreuses civilisations.

Grenades, monument des Droits de l’homme et du citoyen, détail.

Thomas Grison aborde tous les aspects symboliques du fruit qui revêt une signification dans de nombreuses cultures à travers les âges. Dans l’ancienne Égypte, des grenades ont été retrouvées dans de nombreuses tombes pharaoniques, y compris celle de Toutankhamon. Les Égyptiens anciens croyaient que la grenade possédait des propriétés de longévité et d’immortalité.

Statue de Perséphone- Isis – Musée Héraklion, Crète.

Dans la mythologie grecque, l’une des histoires les plus célèbres liées à la grenade est celle de Perséphone et Hadès. Perséphone est enlevée par Hadès et emmenée dans le monde souterrain. Avant d’être libérée, elle mange quelques graines de grenade, ce qui la lie au monde souterrain pendant une partie de chaque année. Cette histoire est souvent utilisée pour expliquer les saisons : les mois pendant lesquels Perséphone est avec Hadès correspondent à l’automne et à l’hiver, et son retour sur terre au printemps et à l’été. Dans le judaïsme, cette fois-ci, la grenade est souvent associée à la justice et à la droiture. On pense que le fruit contient 613 graines, correspondant aux 613 commandements de la Torah.

Rosh Hashanah.

C’est ainsi que lors de Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, il est courant de consommer des grenades pour espérer une année remplie de bénédictions aussi nombreuses que les graines de grenade. Dans l’art chrétien, la grenade est souvent un symbole de la résurrection et de la vie éternelle. Elle peut aussi symboliser l’Église, dont les nombreux fidèles forment un seul corps.

Grenades, monument des Droits de l’homme et du citoyen, détail.

Dans certaines représentations de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus, la grenade est un symbole de la passion du Christ et de son sacrifice. Enfin dans l’islam, le Coran mentionne la grenade à plusieurs reprises, la citant comme un exemple des merveilles de la création divine. Elle est considérée comme un fruit du paradis et est associée à la santé et au bien-être. L’hindouisme et le bouddhisme reprennent les mêmes symboliques (prospérité, fertilité et l’abondance) et est également associée à certaines divinités et rituels.

L’Alchimiste par David Teniers le Jeune, vers 1640.

Enfin, dans l’art et la pratique alchimiques, la grenade est parfois utilisée comme un symbole de transformation et de renaissance. Quant à la littérature, celle-ci considère la grenade, avec sa richesse de graines et sa couleur éclatante, comme une source d’inspiration pour de nombreux artistes et écrivains à travers les âges. Elle représente souvent la passion, l’amour, le désir, mais aussi la renaissance et le renouveau.

La grenade, avec sa structure unique et ses multiples graines, reste pour le maçon, objet du dernier chapitre un symbole puissant de multiplicité, d’unité, de fertilité et de renouveau. Pour nous, elle est d’une profonde résonance culturelle et spirituelle. Elle est, à jamais, l’unité dans la diversité. Les nombreuses graines de la grenade sont un symbole de notre fraternité maçonnique : nombreux sont les frères et sœurs frères provenant de différentes origines et traditions, mais unis dans un même but et des idéaux communs.

Grenades, monument des Droits de l’homme et du citoyen, détail.

Thomas Grison signe ici son huitième ouvrage dans cette collection. Enseignant, l’auteur est également historien de l’art, passionné par l’iconographie sacrée et le monde des symboles.

Photos © Yonnel Ghernaouti, YG – Grenades du monument des Droits de l’homme et du citoyen, Paris VIIe arr., jardins du Champ-de-Mars, avenue Charles-Risler.

Le Symbolisme de la grenade

Thomas GrisonMdV Éditeur, Coll. Les Symboles Maçonniques, 2023, 128 pages, 12,50 €

Photo source blog http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/

Devoirs de l’homme envers la nature

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   « Pour une écologie créative, positive, spirituelle »

« … La Nature nous parle disait dès le XIX ème siècle Victor Hugo, mais nous ne l’écoutons pas ! … »

Non seulement elle n’a pas été écoutée, mais elle subit l’hubris hérité de Descartes qui affirmait que l’homme – conscience supérieure- pouvait et devait maîtriser la Nature et le monde, ou comme certains n’écoutant que leur instinct de pouvoir et/ou de profit, l’ont exploitée à outrance ouvrant la voie à toutes les prédations et pollutions, sans oublier aussi notre désir toujours insatisfait de consommer plus pour notre seul plaisir.

Heureusement une lente prise de conscience se fait jour : alors comment passer concrètement – et pas seulement en belles paroles – d’une utopie dominatrice, consommatrice de nos réserves naturelles, d’une myopie égoïste… à une écologie apaisée, créative, innovatrice et si possible spirituelle.

Telle est la grande question qui nous concerne tous …

Un rapide constat préalable s’impose

Pour bien apprécier les enjeux, il convient de dresser un constat sur l’état objectif des pollutions de la planète. L’humanité s’enfonce de plus en plus au-delà des limites nécessaires à la régénération naturelle et biologique de la Nature

Le monde extrait et brûle 8,1 milliards de tonnes de charbon par an, 4,3 milliards de tonnes de pétrole et 4 milliards de m³ de gaz !! C’est colossal !

Parmi 9 facteurs de risques écologiques étudiés, six d’entre eux ne permettent plus à la terre une capacité naturelle de régénération et de résilience ; on doit les citer :

– le changement climatique dû au réchauffement de la planète : la limite adoptée de concentration de CO2 dans l’atmosphère est de 350 ppm ; or en 2022 elle a déjà atteint 417 ppm et ce n’est pas fini !!!

– la déforestation sans limite qui amoindrit l’oxygénation de la terre

– la perte de la biodiversité (plantes, insectes, animaux de toutes espèces…) : la limite acceptable serait déjà 10 fois supérieure au taux moyen des disparitions constatées sur les 10 derniers millions d’années et le rythme s’accélère encore …

– la quantité de produits chimiques déversés, dont la pollution des plastiques

– la raréfaction de l’eau douce (sécheresses endémiques, surconsommation d’eau tant individuelle que collective, dont l’agriculture intensive)

– l’équilibre du cycle de l’azote ou le seuil limite est largement dépassé

Deux autres sont proches du seuil d’alerte :

– l’acidification des océans (et la lente dégradation des coraux)

– la concentration des particules fines polluantes dans l’atmosphère

 Il faut savoir de plus que ces facteurs critiques sont inter actifs entre eux !

Seul l’état de la couche d’ozone reste en dessous du seuil d’alerte.

Ces limites critiques ou seuils d’alerte ont été étudiés en 2009 par le Stockholm

Résilience Center ; ils constituent une référence internationale dans les Sciences de la Terre et sont repris dorénavant lors de tous les Colloques (COP..) et par le GIEC dans ses rapports . Ces limites indiquent que les écosystèmes que nous polluons et dégradons ne permettent plus de garantir une habitabilité durable de notre planète !

Un indicateur pertinent de ces dégradations : le jour de dépassement

Sur la base de ces 6 ou 9 indicateurs de risques et en les croisant, d’une part avec la biocapacité de la Terre à se régénérer convenablement, et d’autre part avec les ressources nécessaires au plan mondial pour produire les biens consommés et/ou gaspillés, divers Instituts de recherches en écologie, diverses ONG qualifiées ont mis au point un indicateur nommé « JOUR DE DEPASSEMENT » à savoir le jour de l’année où l’humanité a épuisé les ressources naturelles de la planète et vit à crédit sur les possibilités de régénération de la terre : et donc entame inexorablement le processus de sa dégradation !!

Ce jour de dépassement était situé à fin novembre en 1980, au 11 octobre en 1990,

au 23 septembre en 2020 et en 2022 il se situait déjà au 28 juillet ! Ce qui signifie qu’il faudrait l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale. Mais les disparités entre pays sont plus inquiétantes encore : pour la France ce jour de dépassement était en 2023 au 5 mai (soit le besoin de 2,9 Terre) ; quant à la Chine (fin février) et aux Etats-Unis (fin janvier/début février) le mal est pis encore. A eux deux ils constituent plus des 2/3 des pollutions mondiales.

Quand on pense au désir des pays en voie de développement à rattraper le niveau de vie des nations riches on voit toute la difficulté à répartir les efforts écologiques.  !..

Comment faire évoluer nos comportements ?

Face à ces dégradations de notre planète, comment aborder une meilleure prise en compte de l’ECOLOGIE et faire évoluer dans nos têtes et nos habitudes de « sur consommation » la nécessaire évolution de nos comportements ?

Je propose de nous appuyer sur 3 documents qui me semblent importants :

o au plan de nos Institutions maçonniques, je me suis procuré le Livre 3 « Franc -Maçonnerie et Ecologie » du Grand Orient de France (dont je ne suis pas membre) édité tout récemment sous l’égide de leur Commission Nationale de réflexion sur le développement durable.

Eh bien, divine surprise ! C’est un plaidoyer intelligent, bien construit, bien argumenté pour réfléchir sur nos pensées et nos futures attitudes concernant ce vaste domaine de l’écologie. Il ne développe pas – ou très peu- les poncifs politiques ou idéologiques de la gauche française, mais s’efforce d’aborder la question sous ses angles philosophiques, humanistes, sociétaux à travers des chapitres tels que « Universalisme et Ecologie », « Emancipation et Ecologie », « Ecologie et Solidarité », « Utopie et Ecologie ».

C’est un ouvrage instructif que je recommande à tout Maçon(e) de lire…

o au plan spirituel, et pour élargir le domaine de notre pensée franco-française, je vais reprendre les écrits du grand philosophe anglo indien (et initié dans les arcanes du vedanta/jaïnisme), SATISH KUMAR dont j’avais rapidement présenté les thèses voici 3 ou 4 ans à la Credho de Bourgogne. Voici ce que j’avais écrit de façon plus générale sur ce sujet de l’écologie spirituelle :

« A l’origine, les tribus premières (et non primitives) avaient une vision holistique donc globale de leur présence sur terre : leurs membres ne faisaient qu’un avec la Nature, ils vivaient avec respect et harmonie avec elle, parfois avec crainte devant des phénomènes qui les dépassaient. Mais peu à peu cette vision globale s’est désagrégée laissant place à de multiples attitudes et polythéismes, nous poussant très vite à nous considérer comme maîtres de la Nature et la gérer à notre guise jusqu’à la défigurer et la massacrer pour notre seul profit ! Tel est le triste bilan de notre actuelle « civilisation » occidentalisée, l’orient géographique y étant tout aussi inclus.

Les bouddhistes ont eu de tout temps le plus grand respect de cette Nature et de la vie jusqu’aux plus petits insectes – qu’ici on caractérise souvent de nuisibles. L’adepte de Bouddha a une vision naturellement écologique du monde dans lequel il vit, de cette « pacha mama » que d’autres civilisations respectent encore aujourd’hui.

Ce n’est plus le cas en occident (même si une récente forte prise de conscience se fait jour depuis 2 ou 3 décennies, notamment chez les jeunes) ; c’est pourquoi en 2015 le Pape François a-t-il rédigé une belle encyclique pour la sauvegarde de notre maison commune. Mais son texte « LAUDATO SI » (Loué sois tu !) est beaucoup trop dense, intellectuel et peu accessible au plus grand nombre. J’y reviendrai.

Alors la vision spirituelle et politique de Satish KUMAR remet avec beaucoup de simplicité les choses en place :

– au plan spirituel, dans son livre « Pour une écologie spirituelle » son nouveau ternaire holistique « Soil, Saul, Society « (Terre Ame Société) replace bien l’homme au sein du cosmos et de la société des vivants (humains, végétaux, plantes, animaux…) On peut aussi décliner ce ternaire en « Humains, Société, Nature »

– au plan politique, en calquant sa vision de l’action sur les principes prémonitoires

de Gandhi qui a conduit par sa méthode non violente à la libération de l’Inde.

En tant que Franc Maç… ouvert à cette vision holistique de notre place dans le monde je pense que cette approche globale renouvelle le ternaire occidental « Corps, Ame, Esprit » très antropomorphé et balaye le postulat dualiste de Descartes « Je pense donc Je suis » trop égocentré sur l’homme et sa seule raison. Postulat que je reformulerais ainsi : « Je pense que tu es, donc je suis » : car je n’existe que face à l’Autre, mon alter ego ! (cf Lévinas)

C’est pourquoi j’invite à lire attentivement ce philosophe dont la pensée et les principes peuvent être lus et mis en œuvre par tout être lucide et de bonne volonté, en Orient comme en Occident : l’écologie étant une valeur universelle.

o au plan des actions sociétales et de formation

dès 1990, dans son livre « Le Contrat Naturel » Michel SERRES proposait de passer un contrat de bienveillance avec la Nature ; à la suite de quoi un certain nombre de spécialistes en formation ont établi -sous l’égide de l’Unesco – des programmes  éducatifs et rédigé une « Charte de la Terre, pour la Terre » affirmant dans le préambule de ce document d’une quinzaine de pages « que la protection de la vitalité, de la diversité, de la beauté de la Terre est une responsabilité sacrée et universelle ! » (Document disponible sur demande à la Credho)

Encore quelques pensées générales pour avancer ..

Ces bases philosophiques, humanistes, spirituelles étant posées, il faut agir et passer concrètement des dires aux actes ; Je me limiterai à quelques propositions concernant notre pays, ces quelques idées pouvant être reprises au plan européen, international.

En France nous avons une propension à préconiser politiquement une écologie agressive (voire violente, ex les ZAD) idéologique, parfois décroissantiste, toujours urgente en paroles à mettre en œuvre !! Un peu de modération dans les propos et les actes ne nuirait pas – à mon sens – pour organiser une gestion apaisée, positive, et créative des problèmes écologiques : car ni l’économie, ni les mentalités n’évoluent aussi vite : l’écologie est un « paquebot » politique et sociétal qui prend du temps à faire bouger …Il faut donc favoriser une économie écologique de transition, une écologie verte de croissance et de consommations durables en soutenant fortement d’une part les innovations de conversion de nos industries polluantes (élargir le rôle de la BPI..), et, d’autre part, en démultipliant par des aides concrètes les nombreuses initiatives privées qui voient régulièrement le jour dans nos régions par des créateurs individuels de produits et services, comme dans les associations, les collectivités locales (penser « global », agir « local »)

Quittant le domaine économique et politique exposé ci-dessus, je vous propose un instant de remettre nos pieds dans la glaise : en évoquant quelques aspects du dernier livre de Gaspard KOENIG intitulé « HUMUS » Rappelons-nous tout d’abord que

L’humus est l’essence même de nos vies, et que de ce mot dérivent les concepts d’HOMME, d’HUMIDITE, sans oublier HUMILITE, (un ternaire qui pourrait être le support d’un très beau tracé dans nos Loges ?) Son livre évoque d’une manière humoristique, romancée, sans jamais oublier les fondements scientifiques et philosophiques, toute l’importance des vers de terre dans la terre/humus, et dont l’action bénéfique, régénératrice permettrait aux sols de se passer de pesticides si on commençait à les laisser agir « naturellement ». (certains agriculteurs le font déjà..)

Aux vers de terre j’associe l’importance des arbres, du réseau de leurs racines aussi vaste dans les sols que dans leur canopée, racines qui communiquent entre elles, reçoivent l’action régénératrice du travail des vers de terre, favorisant une synergie vivante et harmonieuse entre ciel et terre …

…sans oublier le rôle de tous les êtres vivant au ras sol :

Bactéries, champignons, insectes, abeilles etc, etc..Bref toute une écologie naturelle et holistique qui pourrait aisément s’auto-gérer si on voulait bien la laisser faire (en diminuant peu à peu nos cultures agressives et nos consommations polluantes)

Pour favoriser ce respect de la terre nourricière, il serait utile d’engager ces pratiques que nos anciens connaissaient bien : agriculture raisonnée, biodiversité, labours profonds, agroforesterie, plantation d’arbres à l’orée des cultures, replantation de haies en lisières des prés, j’en oublie certainement

Malgré quelques gaulois des champs toujours « irréductibles », en France tout ceci se met lentement en marche : alors ne désespérons pas trop vite d’un possible et nécessaire changement !

Notamment il convient d’avoir une action majeure, rapide et voire coercitive sur la production des plastiques, véritable catastrophe pour nos sols et nos océans, y compris la faune terrestre et maritime gangrenée par les micro plastiques ingérés.

Certes, il y a d’autres causes de pollutions à éradiquer, mais le respect de la Terre me semblait important à valoriser : c’est que, pour vivre, nous avons absolument et durablement besoin d’elle, alors que Mère Nature peut très bien survivre sans nous !

Quelques propositions pour une écologie positive, progressive et de proximité

 o au plan global

vers un PIB Ecologie : Hubert VEDRINE préconisait en juin 2020 de créer au-delà du simple PIB actuel, un nouvel indicateur qu’il dénommait « Pib Ecologique » : il

suffirait d’affecter à tous nos produits et services un coefficient global d’empreinte carbone (tenant compte des importations de pollutions dans leur fabrication) pour déterminer la valeur écologique nationale de nos productions ; cette méthode permettrait de mieux sensibiliser les entreprises à la qualité environnementale de leurs produits et services ; (c’est ce qui se fait déjà avec l’empreinte énergétique, ou par la relocalisation en cours de certaines fabrications) : il faut développer l’idée !

Ce PIB Ecologique aurait aussi valeur d’objectif économique : à améliorer d’année en année (au même titre que les indices actuels, inflation, chômage, Pib…)

– à cette idée de Pib Ecologique » j’associe volontiers la proposition de Guillaume

POITRINAL, ancien directeur d’Unibail, reconverti dans l’action écologique, consistant à étiqueter ou à visualiser tous les produits et services fabriqués et importés de pastilles rouges (néfastes pour l’environnement et l’écologie) ou vertes pour ceux ayant un caractère bénéfique pour la planète. Il n’est pas plus compliqué, dit-il, de calculer l’empreinte écologique d’un produit que celui effectué pour les Nutriscores ou celui mesuré pour la réparabilité de certains articles ménagers. Ainsi les produits pourraient passer progressivement à l’orange, puis au vert.

Il suffit de le vouloir : ce qui inciterait tous les consommateurs/citoyens à mesurer l’impact de leurs achats – souvent impulsifs comme sur TikTok ou Amazon.

faire du recul progressif du Jour de dépassement un enjeu national majeur

 Chacun peut aisément comprendre que l’on ne peut durablement vivre à crédit.

 Cumuler les dettes dans son foyer, dans la Nation et dans les prélèvements sur la terre conduit à coup sûr à la faillite ou à l’épuisement de la nature…et aux catastrophes climatiques !

 En reprenant les données prises en compte dans les 6 critères les plus dangereux pour la planète (évoqués plus haut), il conviendrait de sélectionner quelques actions concrètes à privilégier collectivement et individuellement pour faire reculer ce jour de dépassement, régulièrement d’année en année, pour atteindre d’ici 2035 par ex l’équilibre permettant à la terre de se régénérer naturellement, sans que nos productions et consommations ne « pompent » sur ses ressources.

 On pourrait se donner comme objectif national de faire reculer ce jour critique de

 15j/an sur les 4 ou 5 premières années, puis fixer cet objectif à 1 mois de recul par an les années suivantes, ce qui permettrait d’atteindre l’équilibre souhaité à fin décembre 2035…Un calendrier des objectifs « jour de dépassement/par année » serait institué et promu comme indicateur national pour sensibiliser les populations à ces objectifs. (en France passer concrètement du 5 mai en 2023, au 25 mai en  2024, au 5 juin en 2025, …pour atteindre fin décembre en 2035).

 La chose a été entreprise et réussie en 2022 concernant la diminution de 10 % des consommations d’électricité grâce à une forte mobilisation nationale : il peut et doit en être pareillement pour le recul progressif de ce jour de dépassement.

 C’est utopique ??? Alors tentons-le !!!

o au plan local

généraliser, –dans toutes les écoles, collèges, surtout en milieux urbains- les initiatives de découverte de la Nature et des interactions entre le Vivant et cette

 Nature : importance et fonctions des sols, de l’eau, des vers de terre, des arbres, des abeilles, des plantes et fleurs, etc...

 Auxquelles on peut dans les collèges, les Lycées y associer l’écologie du gaspillage,de la production des déchets, la protection de nos environnements, la sensibilisation

 à de nouveaux comportements, etc

 La Charte pour la Terre peut constituer une aide pédagogique pour traiter ces sujets.

 Après chaque visite ou action sur le terrain, demander aux élèves de rédiger un petit devoir personnel ou de groupe sur ce qu’ils ont vu, vécu, et ce qu’ils pensent de la préservation de leur environnement : car la pédagogie sur les comportements n’est pas seulement un exercice ludique, mais nécessite aussi une part d’effort.

Au plan local, s’il était possible d’associer les associations de parents d’élèves, quelques responsables ou spécialistes de l’environnement à ces visites sur le terrain, ce n’en serait que plus bénéfique pour tous.

– faire un inventaire des initiatives locales, régionales en matière d’économie d’énergie, de services à l’économie locale, de reconquête des territoires ruraux par les services à la personne etc… Nos communes, nos pays ruraux foisonnent d’idées créatives – souvent réussies- mais qui souvent ne dépassent pas le cadre de leur territoire : or c’est une formidable richesse d’expériences qu’il conviendrait de recenser et de valoriser au bénéfice du plus grand nombre.

 Je propose que des Lycées, des sections Universitaires s’attèlent à faire l’inventaire de ces initiatives (auprès des journaux locaux, des télés régionales, voire nationales qui relatent ces initiatives dans leurs infos) afin de créer région par région une vraie Banque de donnée des Réussites locales, accessible à tous les entreprenants individuels, à toutes les Collectivités locales qui pourraient ainsi dupliquer ces réussites et les mettre en œuvre au profit de leur territoire local.

Ces données seraient classées par grands thèmes d’actions, présenteraient succinctement le contexte de leur mise en œuvre et les coordonnées de leurs promoteurs qui pourraient être facilement consultés. En France, nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons 1000 et une idées concrètes, originales, innovantes pour effectuer la transition écologique, positive et progressive de notre pays et de nos territoires : alors, tout simplement, osons innover !

Et la spiritualité dans tout ça ?

Les quelques idées proposées peuvent a priori sembler de nature plutôt économique ou sociétale : mais en vérité elles concourent largement à concrétiser ce ternaire écologique et de nature spirituelle présenté plus haut « les Humains, les Vivants et la Société, la Nature » Je conclurai donc mon propos en redonnant la parole au Pape François qui depuis son encyclique de 2015 nous stimule afin que nous trouvions les clés pour agir dans le sens d’une véritable conversion écologique. Il l’a redit dans son discours de Marseille « nous pouvons envisager la crise écologique comme un appel à imaginer de nouvelles manières de vivre ensemble. Vies minérale, végétale, animale, humaine ne peuvent plus être pensées les unes contre les autres. Devant nos vies fragmentées, violentées, l’écologie intégrale est une quête d’unification. Elle demande de penser simultanément la relation à soi, aux autres, à la planète et Dieu »

La clameur de la Terre et la clameur des humains sont liées ! Ce qui est porteur de vie c’est d’être en relation « je pense que tu es, je pense que je vis sur l’humus de notre terre Mère, donc je suis « 

Voilà ma conclusion : Ouroboros, la boucle est bouclée !

René A. SPITZ

Dijon, octobre 2023

NB : tout commentaire, toute critique argumentée et pertinente (pas de polémique politicienne), toute idée nouvelle, toute proposition concrète… seront bien entendu bénéfiques et bienvenues pour alimenter le débat.

Quelques éléments de bibliographie :

– Le contrat Naturel : Michel SERRES, Editions François Bourin (1990)

– Pour une écologie spirituelle : Satish KUMAR Editions Belfond (2018)

– Humus : Gaspard KOENIG (roman) Editions de l’Observatoire (2023)

– Franc Maçonnerie et Ecologie, Livre 3 GODF Conform Editions (2023)

– Charte de la Terre pour la Terre Unesco (2002)

 Document en PDF, sur demande à la CREDHO Bourgogne

 Gilles ARROUAS Président ; g21arrouas@gmail.com 06 60 62 19 54

et les nombreux livres édités sur la vie, la fonction des arbres…

Bonnes lectures…

France Culture : Jérusalem, histoire d’une terre sainte…

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De notre confrère radiofrance.fr

Emmanuel Macron était mardi à Jérusalem pour s’entretenir avec Benyamin Netanyahou de l’offensive menée par l’armée israélienne à Gaza. La ville sainte cristallise les tensions entre les trois religions monothéistes. À l’aune de ce conflit, quelles dynamiques sont observées entre les communautés ?

Avec

  • Frère Olivier-Thomas Venard Vice-directeur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, directeur exécutif du programme de recherches La Bible en ses traditions
  • Sylvaine Bulle Sociologue, chercheuse à l’EHESS et professeure de sociologie à l’ENSA de Paris Cité

Elle revient sur la démographie de la ville. Il existe une division sociale entre les Juifs ashkénazes et les Juifs orientaux, issus pour la plupart de l’Irak ou du Yémen notamment. Selon la sociologue, deux catégories de populations quittent la ville : les ashkénazes et les étudiants, ce qu’elle considère comme une grande perte. Sylvaine Bulle distingue également les Palestiniens de Jérusalem-Ouest, ayant la nationalité israélienne, et ceux résidant dans l’est. Ces derniers disposent d’un permis de résidence et de travail, ont le droit de vote, mais n’ont pas de passeport national : « cette catégorie concerne 300 000 personnes. Je qualifierai ce phénomène de périphérisation des esprits. Tous les Palestiniens travaillent en Israël, mais il n’y a jamais eu aucune appartenance politique ni culturelle à la ville de Jérusalem, car l’annexion n’est pas reconnue. »

Une cohabitation possible ?

Si la cohabitation semble impossible, la sociologue perçoit un signe d’espoir : « les seuls espaces de cohabitation, en dehors des commerces, sont les universités et l’hôpital. Au sein de l’université hébraïque, 30 % des étudiants sont palestiniens. Cela est très précieux en termes de savoir et d’émancipation des esprits dont Jérusalem a besoin ».

Depuis le 7 octobre, la ville de Jérusalem est à l’arrêt : les hommes israéliens ont été recrutés dans la réserve et les Palestiniens ne disposent plus de permis de travail. Mais elle croit en la capacité de la jeune génération à se mobiliser : « je pense que la jeune génération de Jérusalem-Est est capable de se regrouper en communauté, d’élaborer son propre narratif. Il existe des activistes écologistes qui se mobilisent. Les Palestiniens ne votent plus depuis l’annexion en 1967, conformément au mot d’ordre de l’Organisation de Libération de la Palestine. Mais une liste municipale sera candidate aux prochaines élections municipales en 2024 », déclare Sylvaine Bulle.

Les démonstrations de haine contre les chrétiens en hausse

Si les actes de haine à l’égard des chrétiens ont toujours existé en Israël, le phénomène est en hausse, selon Frère Olivier-Thomas Venard : « C’est vrai qu’avec le gouvernement israélien actuel, qui sont des gens poursuivis par la justice de leur propre pays, il y a un déblocage de la parole et des comportements. Je dis à ceux tentés par l’identitarisme quel qu’il soit : voilà ce que ça donne lorsque la parole est relâchée. »

Jérusalem : sociologie d’une ville fracturée

Sylvaine Bulle décrit la ville sainte comme un espace marqué par beaucoup de visions, de tensions et d’appropriation : « C’est une somme de mosaïques. Ce qui reste de Jérusalem en tant que ville symbolique, spirituelle et culturelle, c’est malheureusement son passé. »

Grande Loge de France : Plein feux sur l’histoire, la culture et la spiritualité

Rappelons que la démarche initiatique en Grande Loge de France est essentiellement humaniste – l’homme étant au cœur de celle-ci.

Démarche qui est aussi spirituelle, dans le sens où le Rite Écossais Ancien et Accepté propose à l’homme en recherche une démarche qui le transcende et le dépasse. C’est également une démarche de tradition.

Thierry Zaveroni, Grand Maître.

Sous la direction éclairée du Grand Maître Thierry Zaveroni, le 29 août dernier une conférence publique exceptionnelle réunissant près de 200 participants et qui s’est révélée être un triomphe inspirant, nous présentions, au-delà de présenter la GLDF comme l’obédience de tradition, ce nouveau cap vers plus d’histoire, plus de culture et plus de spiritualité !

Pressentiment confirmé par, ce samedi 21 octobre, au siège de la Grande Loge de France, la première conférence de reprise des travaux de la Commission Histoire de la Grande Loge de France, sous l’égide de sa Loge de Recherche Marquis de La Fayette. Est-il besoin de rappeler que La Fayette (1757 – 1834) est surnommé le « Héros des deux mondes »…

Avec pour thème « La Grande Loge de France pendant la Seconde Guerre mondiale ».

Blason de la famille Motier de La Fayette et de la Loge de Recherche.

Il est vrai que les travaux historiques portent souvent su les siècles passés, dès l’origine de l’art royal, ceux concernant le XXe siècle et la deuxième guerre mondiale ne sont pas légion.  

Au programme donc, « La Grande Loge de France dans la Résistance » par Jean Laurent Turbet, « Les sept compagnons de la Libération de la Grande Loge de France » par Jean-Pierre Thomas. Trois l’étaient avant le second conflit mondial, quatre le sont devenus francs-maçons après.

Rappelons qu’un compagnon de la Libération est un membre de l’ordre de la Libération, créé le 16 novembre 1940 par le général de Gaulle en tant que « chef des Français libres » pour « récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’œuvre de libération de la France et de son empire » durant la Seconde Guerre mondiale. Mille trente-huit personnes, cinq communes et dix-huit unités combattantes ont ainsi été nommées compagnons de la Libération. Parmi ces 1 038 compagnons, sept ont été membres de la GLDF.

Médaille de compagnon de la Libération.

Chacun a encore en mémoire Hubert Germain nommé compagnon de la Libération en 1944, il est l’ultime membre de cet ordre jusqu’à son décès le 12 octobre 2021.

Hubert Germain (1920-2021) s’était engagé dans les Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale et mène ensuite une carrière politique, au cours de laquelle il est maire de Saint-Chéron dans l’Essonne et député de la quatorzième circonscription de Paris (13e arr.). Il est, entre 1972 et 1974, ministre dans les gouvernements Messmer.

Initié au sein de la Grande Loge de France en le 24 octobre 1975 au sein de la Loge « James Anderson » N° 868, il passe compagnon le 26 novembre 1976 et devint maître le 27 avril 1978. Il a été aussi est aujourd’hui membre fondateur de la Loge « Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération » N° 1165, créée à son initiative en 1994. Il était Grand Maître Honoris Causa de la Grande Loge de France. Initié au 4e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté le 8 janvier 1982, il était membre de la Juridiction du Suprême Conseil de France. Le Très Illustre Frère Hubert Germain, était 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. depuis décembre 2014.

Sur Pierre Brossolette, nous vous invitions à regarder la vidéo sur les « FM célèbres de la GLDF »

Vint ensuite les discours de Jean-Laurent Turbet sur « L’impossible réunion de la Grande Loge de France/Grand Orient à la Libération » et « L’abolition des lois de Vichy contre la franc-maçonnerie par la France libre » par Jean-Pierre Thomas.

Jean-Laurent Turbet.

La France libre étant le régime de résistance extérieure fondé à Londres par le général de Gaulle à la suite de son appel du 18 juin 1940. Jean-Pierre Thomas rappela que le 15 décembre 1943, une ordonnance du Comité Français de Libération Nationale d’Alger, l’une parmi les toutes premières visant au rétablissement de la légalité républicaine, abrogeait la totalité de la législation antimaçonnique de Vichy.

Jean-Pierre Thomas.

Ces conférences étaient ouvertes, comme à son habitude, aux sœurs et frères de toutes obédiences dès le premier degré. Les prochaines conférences auront lieu les troisièmes samedis matin des mois de janvier, mars et mai 2024.

Notons que le vénérable maître de la respectable Loge Marquis de Lafayette et président délégué de la Commission d’Histoire n’est autre que notre très cher frère historien Christophe Bourseiller.

Christophe Bourseiller.

Beau succès pour une reprise de travaux où près d’une cinquantaine de maçons s’étaient retrouvés pour leur plus grand profit et plaisir. L’annonce de la publication des conférences, sous forme de livret , a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par l’assistance. C’est pourquoi, nous ne dévoilerons pas le contenu de cette belle matinée et vous laissons le soin d’acheter l’ouvrage dès parution en 2024.

L’Atrium de la Grande Loge de France.

Nous remarquons que la Grande Loge de France a toujours placé son musée, sa bibliothèque et ses archives à la place qui incombe à cette grande obédience et ce, dès 1911, où elle s’installe dans un ancien couvent de la fin du XIXe siècle, rue Puteaux à Paris. C’est ainsi qu’en 1970 le Grand Maître Pierre Simon décide de porter une attention particulière aux collections éparses que conserve la Grande Loge en créant la « fondation musée maçonnique ». Puis, en 1992, le musée, les archives et la bibliothèque sont réunis pour former l’association MAB.

Vitrines du musée.

De beaux atouts pour la mémoire, l’histoire et la culture des frères.

En soi, c’est une forme de reconnaissance pour ceux qui contribuent de manière significative à l’éducation et à la diffusion de la culture maçonnique…

Sources : GLDF, RL Marquis de La Fayette

Statue du marquis de La Fayette, campus du Lafayette College à Easton – Pennsylvanie, USA.

Réalité augmentée : L’Égypte des pharaons comme si vous y étiez

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De notre confrère LeHuffPost

EXPOSITION – Les pharaons, leurs pyramides et les hiéroglyphes continuent de fasciner, 5 000 ans après. L’Égypte Antique, considérée comme un berceau de notre civilisation, est la source de nombreux fantasmes mais aussi un immense terrain de recherche.

La collection d’antiquités égyptiennes du Louvre, l’une des plus larges au monde, en est la preuve. Et la nouvelle expérience « L’Égypte augmentée », lancée ce mercredi 18 octobre, offre une immersion encore jamais vue dans cette ancienne civilisation. Le musée du Louvre et Snapchat se sont associés pour mettre la réalité augmentée au profit de la culture et de l’histoire, comme le montre notre reportage vidéo en tête d’article.