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Libre et de bonnes mœurs, la belle affaire !

Être honnête, finalement, c’est déjà pas si mal

La condition historique pour devenir Franc-Maçon est dit-on d’être libre et de bonnes mœurs. L’actualité nous rappelle avec vigueur combien l’évocation des mœurs est sensible.  C’est peut-être avec une certaine clairvoyance cela dit, sachant que les mœurs évoluent avec leurs temps. Il y a des choses que l’on pouvait dire, que l’on pouvait faire à un moment donné et qui ne sont plus acceptables aujourd’hui.  

Certaines obédiences ont cru bon de signifier que libre et probe était largement suffisant, comme s’il valait mieux, parfois, éviter d’entrer dans le champs des mœurs avec son cortège de brigades, d’ennuis et de cybercriminalité en tous genres. Être honnête, finalement c’est déjà pas si mal. Mais ce n’est pas tout à fait la même chose.

Mais avant d’aller plus loin,  puisque l’histoire maçonnique retient ces deux critères dont on peut discuter (et on le fera), c’est toute la question de comment un atelier recrute un frère ou une sœur parmi la multitude de profanes à disposition qui nous intéresse. Quelles sont les qualités requises réellement ? Et puis plus largement, pourquoi il faut francs-Maçons libres et de surcroit de bonnes mœurs, sur la planète, pour quoi faire ?

Les bonnes mœurs c’est quoi ?

La question des mœurs est épineuse à définir. Venant du latin  mos, il s’agit d’un nom masculin qui signifie «volonté, désir; usage, coutume», et qui est utilisé la plupart du temps dans sa forme  plurielle mores c’est-à-dire  «genre de vie, traditions morales, religieuses, habitudes; caractère, comportement; lois, règles»[1]. Les mœurs sont donc l’ensemble de comportements propres à un groupe humain ou à un individu et considérés dans leurs rapports avec une morale collective et les règles de vie,  les modèles de conduite plus ou moins imposés par une société à ses membres. Bref, il y a deux pôles distincts mais indissociables dans ce mot qui parait un peu désuet.

Il y a d’abord l’idée de ce qui conduit la personne dans ces agissements, ce qui la guide, des règles choisies par une personne et qui lui permettent de se comporter en société. Et il y a aussi le fait que bien que ces normes ne soient pas écrites, elles conditionnent néanmoins le jugement moral par les autres individus qui constituent l’entourage.

Les mœurs c’est donc la morale, qui invite à trancher ce qui est bien ou mal, associée au choix individuel d’une personne dans un groupe. On comprend alors ce qui est difficile dans le terme : les mœurs sont à la fois la justification du comportement et ce qui permet de l’empêcher. C’est une interface entre l’individu et le groupe, c’est le rapport entre l’illicite et le légal , entre l’interdit et le possible.

On conçoit mieux pourquoi il faut que le droit s’y intéresse. La loi ne permet pas de définir ce qui est une bonne mœurs mais elle nous prévient clairement : nous sommes tenus de ne pas troubler  l’ordre public[2]. Pour nous aider au cas où, on voit fleurir des brigades des mœurs par exemple. Là, il sera, par exemple, question de définir et d’empêcher que des adultes s’en prennent à des enfants.

C’est François 1er qui introduit , si j’ose dire, dans le droit de la fonction publique, l’enquête de moralité dans la magistrature formellement en 1540. A ce moment, il convenait de ne pas avoir de « vice notable ». Puis, de la période révolutionnaire jusqu’à la mise en place du statut de la magistrature (Loi organique du 22 déc. 1958), il était demandé notamment de faire preuve de « civisme ». Les candidats à l’entrée de l’Ecole Nationale de Magistrature devaient notamment « être de bonne moralité ». Enfin, la loi relative aux droits et obligations des fonctionnaires (n° 83-634 du 13 juillet 1983) a supprimé la condition de bonne moralité en faisant disparaître l’enquête de moralité pour les fonctionnaires et a remplacé cette notion par l’exigence de ne pas avoir de mentions portées au bulletin n° 2 du casier judiciaire qui seraient incompatibles avec l’exercice des fonctions.

On notera que le rituel d’initiation indique que les francs-maçons doivent, comme les juges, les fonctionnaires, être de bonnes mœurs. Mais c’est également le cas de la grande majorité des citoyens. Finalement, les mœurs qu’on en parvient pas à préciser, sont partout, elles sont une moyenne comme en témoigne cette conclusion d’un commissaire du gouvernement français en 1957 : « Notions imprécises et relatives par excellence, les notions de bonne moralité et de bonnes mœurs renvoient à ce qui est moral, au  respect des idées morales communément admises à un moment donné par la moyenne des citoyens ». Reste à savoir qui fait le calcul de cette moyenne ? Alors en franc-maçonnerie comment on vérifie ce savant calcul ? Et bien, les francs-maçons ont suivi l’exemple de la fonction publique, ils ont conservé la même idée que François 1er. Il y a des enquêtes. Trois pour être précis qui sont menées par des Frères et des Sœurs qui ont atteint le grade de maitre. En règle générale, c’est le Vénérable maitre qui les nomme. Et aucun d’eux ne sait qui sont les deux autres. Chacun est chargé de vérifier un domaine de moralité en quelques sortes : l’un va questionner l’impétrant sur son rapport à la croyance, à la spiritualité. Un autre va questionner sur l’engagement social, la manière de penser la citoyenneté et le dernier regarde comment le profane aborde la vie de manière générale, quelles sont les conceptions ou les philosophies qui animent sa manière d’être. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. C’est plutôt des entretiens qui visent à dresser le portrait de celui ou celle qui veut faire partie du groupe. Les trois maitres écrivent un rapport qui est lu en loge et sert de support de décision à l’atelier qui vote pour la poursuite ou pas des démarches d’initiation.

Alors, pour résumer, les mœurs nous interrogent sur notre responsabilité dans le groupe dans lequel on vit mais posent également la question de la supervision des représentants du groupe sur les individus. Les mœurs justifient le jugement individuel et social. Les mœurs sont la clé de voute du groupe. En cela, j’ai envie de dire que réclamer du franc-maçon qu’il soit de bonnes mœurs est à la fois la moindre des choses puisqu’il ne s’agit pas de se regrouper entre bandits mais aussi une certaine fumisterie : qui oserait se présenter devant une assemblée pour en demander l’entrée en prétendant être une personne tordue, immorale, dangereuse ou incontrôlable ?

Dans tous les cas, être de bonnes mœurs impose fatalement de respecter la loi d’une manière ou d’une autre. Reste à savoir de quelles lois il s’agit. Et encore, on ne se pose pas la question de la Justice, celle avec un « J » majuscule. Est-ce que toutes les lois sont justes ? Je ne vous apprendrai rien en soulignant que l’apartheid n’était pas illégal dans certains pays. L’esclavage non plus.


[1] https://www.cnrtl.fr/etymologie/moeurs.

[2] le Code civil (art. 6 ; 21-23,al. 1er ; 1133), dans la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association (art. 3) : « On ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes mœurs. »

Re-définir ce que signifie être libre

La liberté n’est pas plus simple à définir. Tout dépend de quand on parle et surtout de qui en parle. Je vais essayer de faire simple.

Lorsqu’un français du 21ème siècle pense à la liberté, il fait référence à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen[1], à la rencontre entre une initiative individuelle et un ensemble collectif qui s’appuie donc sur un système public contraignant s’imposant à tous sans distinction. Bref, la notion de liberté, centrale, est pour lui un droit naturel et imprescriptible. C’est avant tout le droit de ne pas être opprimé ou asservi, de ne pas subir de contrainte arbitraire c’est-à-dire en dehors de la loi. La liberté se décline de manière universelle en liberté de conscience, d’opinion, d’expression,  d’aller et venir, de réunion, de la presse et des médias, et de culte. Mais ça c’est en 1789, en France. La franc-Maçonnerie est un peu plus vieille. En 1717 (ou 1723), à sa création, la Franc-maçonnerie n’a pas tout à fait la même conception de l’idée de Liberté. A ce moment, être libre c’est de ne pas être une femme, un mineur, ou un esclave c’est disposer de la plénitude de ses droits civiques. En fait, être libre au 18ème siècle c’est un concept assez restreint, ça ne concerne pas tout le monde.

Parler de liberté, dire qu’on est libre, suppose donc de préciser à quel moment on se situe dans l’histoire et sur quelle partie de la planète. C’est d’autant plus vrai que la liberté entretient un lien étroit avec l’idée des bonnes mœurs. « La compréhension et l’appréhension de l’articulation entre les notions d’ordre public, de bonnes mœurs et de contrat peuvent toutefois être mal aisées du fait de la perméabilité des standards juridiques que sont ces deux notions dont le contenu est lié à l’évolution de la société, autrement dit dont le contenu est en perpétuelle évolution. […]Ce principe fondamental du droit puise sa source dans la théorie de l’autonomie de la volonté, qui trouve elle-même ses racines profondes dans la tradition romaine et dans l’Ancien Droit (Code civil 2017, édition Dalloz, article 6) et son épanouissement dans l’individualisme et le libéralisme tel que porté au XVIIIème siècle. Le postulat de la liberté contractuelle repousse, notamment, des interventions de l’État et d’autres personnes publiques dans la détermination du contenu même de l’accord entre deux ou plusieurs personne privées […]qui par leur volonté propre créent ainsi entre elles un « système privé » de droits et d’obligations. Néanmoins, le principe de la liberté contractuelle n’est pas absolu et est limité par un tempérament de taille : le contrat, et plus largement toutes conventions, ne peuvent déroger à l’ordre public et aux bonnes mœurs ( Code civil 2017, édition Dalloz, article 6). Les standards juridiques de l’ordre public et des bonnes mœurs regroupent des principes fondamentaux de notre société dont la valeur est impérative, que la volonté des personnes privées ne peut donc écarter : ces ensembles de postulats impératifs forment un « système public », auquel on ne peut déroger »[2].


[1] https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789

[2] Antoine Dolisi, Étudiant en Droit, Faculté de Droit, de Science Politiques et de Gestion – Université de Strasbourg, https://www.lepetitjuriste.fr/lordre-public-bonnes-moeurs-contrat

« Libre et de bonnes mœurs, c’est relatif en fait !

C’est ainsi qu’on peut souligner toute la relativité de la notion de « Libre et de bonnes mœurs ». Être libre et de bonnes mœurs ne signifie pas la même chose pour tout le monde. Au Droit Humain, il est précisé que l’Ordre «  offre une liberté de pensée et liberté de conscience à tous ses membres.  Fervents défenseurs de la laïcité, en  cette  fin  du  XIXe siècle,  [les]  fondateurs  participèrent activement à la préparation de la loi de décembre1905. Le DROIT HUMAIN ne pouvait donc qu’être imprégné de l’engagement laïc de nos fondateurs. Dans un contexte de laïcisation de la société et de la Franc-Maçonnerie européenne, la laïcité, qui sous-tend la liberté de croyance  ou  de  non-croyance,  la  liberté  de  penser, la liberté d’expression, sera ainsi inscrite comme  un  droit  et  un  devoir  dans  notre  Constitution  Internationale  et  comme  principe  fondateur  de  notre Ordre. En s’affranchissant, du  poids  prépondérant  de  l’Église  Catholique  et  en  initiant  des  membres  qualifiés «d’athées stupides» par Anderson, le DROIT HUMAIN suivra les pas du GODF dans l’émergence de la Franc-Maçonnerie dite libérale. Nous voici ainsi des hommes et femmes libres et de bonnes mœurs »[1].


[1] Les socles du Droit humain, la planche du mois, Orient de Saint jean de Maurienne, 17 mars 2023.

Ce qui est attendu d’un Franc-maçon selon les constitutions d’Anderson

La tradition maçonnique s’appuie en partie sur un vieux texte qu’on nomme les Constitutions d’Anderson pour définir les prérequis et les attendus de celui qui fait sa demande pour franchir la  porte du temple. Ce texte écrit en 1721 par James Anderson,  un pasteur presbytérien et de surcroit écossais, fixe les règles de la première Grande loge en Angleterre. C’est dans ce corpus que les termes de « libres et de bonnes mœurs » sont fixés. Il est composé de 4 chapitres dont le premier raconte l’histoire de l’Art Royal en faisant remonter ses origines à Adam et fait références à ses évolutions au travers de l’histoire.  Il y a également un chapitre dédié aux règlements généraux (39 articles qui expliquent comment fonctionnent une loge), et un autre qui nomme le folklore maçonnique notamment en proposant essentiellement des chants. Dans le chapitre 2, Anderson fait part des devoirs et des obligations des francs-maçons. C’est dans ces paragraphes qu’il nomme expressément les choses. Je ne résiste pas à la tentation de les partager.

Vis-à-vis de Dieu, les choses sont claires : « un maçon est obligé, par sa condition, d’obéir à la loi morale ; et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin. Mais bien qu’aux Temps anciens les Maçons fussent tenus en tout Pays d’appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu’elle fût, on estime cependant, maintenant, plus convenable de ne leur imposer que cette Religion sur laquelle tous les Hommes sont d’accord, et de les laisser libres de leurs Opinions particulières : c’est à dire, être des Hommes bons et loyaux, ou Hommes d’Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations et Croyances qui puissent les distinguer. Ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d’Union et le Moyen de promouvoir la véritable Amitié entre des Personnes qui eussent dû rester perpétuellement séparées »[1]. Le  franc-maçon croit ce qu’il veut, il n’est pas attaché à un culte en particulier, et surtout pas à l’ Eglise catholique. Ceci expliquant peut être cela, les pratiques britanniques en matière de religion et leur distance vis-à-vis du pape a peut-être conditionné certaines réticences de la part des autorités Vaticanes qu’on retrouvera plus tard et encore aujourd’hui.

Plus loin, on trouve : « Les Personnes admises comme Membres d’une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, et d’un Age mûr et discret, ni Serfs, ni Femmes, ni Hommes immoraux et scandaleux, mais de bonne Réputation. ». Cette  fois, c’est le concept de libre en tant que détenteur d’une certaine autorité et de droits qui est mis en avant. Les sujets vulnérables du fait de leur naissance, de leur genre, de leur âge ou de leur condition n’ont pas accès à la plénitude de leurs droits civiques. Ce qui parait injuste aujourd’hui était autrefois le socle de la moralité. Parfois, on ne peut que se réjouir du changement !

« Un Maçon est pour les Pouvoirs Civils un paisible sujet, où qu’il réside ou travaille, et ne doit jamais être impliqué dans des Complots et Conspirations contre la Paix et le Bien-Être de la Nation, ni se conduire irrespectueusement à l’égard des Magistrats subalternes. […]Si bien que si un Frère se rebellait contre l’État, il ne doit pas être soutenu dans sa Rébellion, bien qu’il puisse être cependant pris en pitié comme un Homme malheureux ;». A ce sujet c’est amusant de penser que la franc-Maçonnerie a longtemps dans l’imagination populaire, mais pas seulement, été mentionnée à tort comme une des responsables de la Révolution française ! Il serait fastidieux pour le lecteur de citer toutes les recommandations explicites des Constitutions mais la lecture de ce texte est impérative tant il est riche d’enseignements : le maçon est décrit dans ses comportements à l’intérieur de la loge comme à l’extérieur. Anderson définit les gestes, les paroles et les attitudes entre maçons, avec de profanes, etc. Il montre et explique aussi comment on progresse sur le cheminement maçonnique.

Force est de constater qu’un grand nombre de ces indications impératives ont largement perduré, et sont encore aujourd’hui les bases d’une franc-maçonnerie active. Bien sûr, d’autres textes viendront compléter et parfois contredire Anderson.

En tout cas, ce que ces Constitutions montrent, c’est la très large docilité qui est nécessaire au franc-maçon. Le franc-Maçon, défini par Anderson ,obéit et règle son pas sur celui de ses ainés. La tradition s’impose sans nuance.


[1] James Anderson, Devoirs et obligations, ARCHIVES des LOGES d’Outre mer, et de celles d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, pour l’Usage des Loges de LONDRES, 1721.

Les qualités requises pour devenir Franc-Maçon : une élite ?

Les qualités décrites par Anderson nous offrent un portrait du maçon « libre et de bonnes mœurs » qui se comprend lorsqu’on l’inscrit dans son contexte culturel et historique. La question n’est finalement pas de savoir si le Franc-Maçon est un mouton ou un lion ou une petite main au service de l’existant ou un danger pour les pouvoirs en place ?

Quand on entend « libre et de bonnes mœurs », on peut évidemment chercher à se révolter contre l’injuste, contre ces considérations datées, mysogines, définitivement obsolètes. Toutefois, ce n’est qu’une face du miroir. Derrière ce libre et de bonnes mœurs, il y a la recherche de la compréhension et de la bonté. Il y également l’idée d’une certaine liberté d’expression et de conscience, que la Loge a rendu possible. L’atelier maçonnique choisit ses membres parce qu’il est nécessaire de partager au moins une conviction : c’est dans la confrontation apaisée des opinions que se forge le progrès de soi d’abord et de la collectivité ensuite. J’entends par libre la capacité d’écouter et de prendre en compte des arguments que je n’ai moi-même émis. Pour les mœurs et la probité, il me parait important de souligner la volonté de ne pas nuire à autrui tout simplement. Bien entendu, toutes les lectures restent possibles mais s’il y a de la souffrance et de la production de douleur physique, psychique ou sociale, c’est alors que l’action peut encore être améliorée. Et cela fonctionne pour les mœurs, comme pour toute l’activité humaine. D’une certaine manière, l’œuvre maçonnique consiste à transformer les choses en limitant le plus possible les effets indésirables sur autrui. Le franc-maçon n’est pas un être solitaire, il doit transmettre, être au cœur de l’action.  Le franc-maçon est au contact des autres, y compris des plus vulnérables. Et donc , il vaut mieux qu’il soit sensibilisé et averti que la question des mœurs n’est pas une mince affaire.

Des francs-maçons sur la Terre, pour quoi faire ?

Imaginons un instant le franc-Maçon parfait : celui qui est doté d’un esprit libre, affranchi de tout dogme, qui est capable de douter raisonnablement tout en croyant méthodiquement au progrès, qui sait également garder le silence quand ce n’est pas à lui de parler et ses mains dans la poche quand elles ne doivent pas toucher ou prendre ce qui n’est pas à lui. Le Franc-Maçon parfait sait qu’il est faillible, il se méfie de lui-même en premier. Il a conscience d’être le matériau brut sur lequel il a la possibilité d’agir. Et il en a le désir, et parfois la force et le courage. Mais évidemment un Franc-maçon parfait tout seul, ça ne sert pas à grand-chose. Ça n’empêche pas les salauds de faire tourner la boutique de leurs affaires, de détruire la planète, de voler, de violer, de faire des guerres, de dénigrer son voisin ou de reluquer l’arrière-train de gamines. Pour construire un mur solide et des remparts contre le vice et la destruction, il faut des pierres solides et en grand nombre. Pour transmettre des idées, il faut des générations de francs-maçons. Des anciens et des jeunes, des vieux et des nouveaux, à tous les échelons, dans toutes les strates, sur toutes les parties de la planète. Sans quoi le pari d’un monde meilleur est perdu. Et puis, il faut des francs-maçons parfaits qui savent que le combat sera difficile et probablement perdu d’avance et qui continuent malgré tout de se battre parce que la situation est désespérée. C’est justement parce que l’Humanité ne sera jamais parfaite qu’il faut des hommes et des femmes qui continuent à croire que le monde peut changer et qu’ils ont un rôle à jouer.

Murmures de la Forêt : À la découverte des « Paroles d’Arbres »…

L’architecte international Claude Cuvelier, résidant aujourd’hui au Vietnam et franc-maçon tant opératif que spéculatif depuis quarante-huit ans et par ailleurs fondateur en 1993 de la loge l’Arbre, à l’orient de Paris et, en 2012, de Cay Doi (Arbre de Vie), une loge à l’orient d’Hanoï nous offre, avec Paroles d’Arbres, une perspective originale sur la relation entre l’homme et les arbres.

Rappelons que ses nombreux essais ont concerné en général la franc-maçonnerie et divers aspects de l’ésotérisme dans les rites qu’il a pratiqués mais qu’une partie de ses écrits est consacrée à l’arbre

– du latin arbor, de genre féminin, comme le sont quasiment les noms d’espèces d’arbres –, depuis la création de la première loge portant ce nom.

L’ouvrage explore, en trente-et-un récits ouverts au dialogue philosophique, l’idée que l’arbre, ayant précédé l’homme dans l’univers, a servi de modèle corporel à l’homme, avec ses racines, son tronc et son feuillage comparés aux jambes, au buste et à la tête de l’homme. Claude Cuvelier développe l’idée que, bien que les arbres aient existé depuis des millénaires, il ne leur manquait que la parole, un aspect que l’auteur tente de leur donner à travers ce livre, confirmant ainsi l’intelligence communicante prêtée à ces plantes​. Il aborde également la symbolique de l’arbre dans différentes cultures et mythologies. Il est mentionné comme le lien entre la terre et le ciel, comme l’arbre de la Connaissance dans le jardin d’Eden, l’arbre séphirothique de la Kabbale, et l’Arbre à palabres africain. Claude Cuvelier fait aussi référence à la franc-maçonnerie, notamment aux frères forestiers, ajoutant une dimension spirituelle et philosophique à l’ouvrage. Cuvelier crée ainsi un récit vivant, où les arbres représentent les trois dimensions du temps : les racines du passé, les frondaisons du présent et les fruits du futur.

Les arbres grandissent lentement mais constamment, surmontant souvent des conditions climatiques difficiles. Cette résilience et cette croissance peut symboliser le personnel du développement et le spirituel, à la réflexion sur la patience, la persévérance et l’adaptabilité​.

Cette approche littéraire et philosophique offre une nouvelle perspective sur les arbres, non seulement en tant qu’éléments de la nature, mais aussi en tant que symboles puissants et sources d’inspiration intellectuelle et spirituelle.

Photo – Source Jacques Carletto.

Un livre qui invite finalement à rester connecté avec dame Nature. Les arbres, en tant qu’éléments vitaux de notre écosystème, rappellent l’interdépendance de toute vie. Ils sont notre bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures. Cette prise de conscience renforce notre sentiment d’unité avec la nature et favorise notre profond respect pour l’environnement.

Paroles d’Arbres

Claude CuvelierNumérilivre, 2020, 168 pages, 18 €

13/01/1752 : Il y a 272 ans, le comte Knut Carlsonn Posse fonde « Saint-Jean auxiliaire », qui se déclara « Mère Loge de Suède »

Très vite, elle pratiqua un système en sept grades. Rappelons néanmoins que la maçonnerie suédoise est d’origine française, comme l’est aussi la maçonnerie allemande, dont le rite suédois tire d’ailleurs une partie de ses hauts grades, au travers de la Stricte Observance dite Templière.

Le roi Charles XIII, Grand Maître de la Grande Loge de Suède.

La maçonnerie suédoise fut introduite en Suède par le comte Axel E. Wrede-Spare, reçu apprenti à Paris le 4 mai 1731. La première réunion de sa loge eut lieu chez le baron Sack le 17 mars 1735.

Le baron Carl Fr. Scheffer fut initié à la loge Coustos-Villeroy en mai 1737 et reçut une patente de lord Derwentwater pour créer des loges en Suède. En 1761, la Grande Loge de Suède est fondée. Le baron Scheffer en fut le premier grand maître, et Carl Friedrich Eckleff fut assistant grand maître. Se prévalant d’une patente étrangère, Carl Friedrich Eckleff importa à Stockholm un système de hauts grades en 1759 et fonda le Grand Chapitre des illuminés de Stockholm.

En 1774, le duc de Sudermanie, futur Charles XIII de Suède, succèda au comte Scheffer à la tête de la maçonnerie suédoise, après avoir dirigé la VIIe Province de la Stricte Observance. Il remanie profondément le rite en 1780 puis en 1800, pour fonder le rite suédois aujourd’hui pratiqué dans tous les pays nordiques. C’est un ordre chrétien, chevaleresque, d’inspiration templière, et même mystique pour les derniers grades. Il est reconnu par la Grande Loge unie d’Angleterre depuis 1770.

Le roi Charles XV en habits de chevalier commandeur de la Croix Rouge. Il venait d’être reçu dans l’ordre royal de Charles XIII.

Le rite suédois se décline en dix grades : les trois premiers ou « grades de Saint-Jean » sont ceux d’apprenti, compagnon et maître maçon ; les deux suivants ou grades écossais « de Saint-André » correspondent au quatrième-cinquième grade, celui d’apprenti-compagnon, et au sixième, maître de Saint-André ; viennent ensuite les grades du « Chapitre », soit le septième ou « haut illustre frère chevalier d’Orient », le huitième ou « très haut illustre frère chevalier d’Occident », et le neuvième ou « frère illuminé de la loge de Saint-Jean » ; enfin, le dixième grade ou « frère très illuminé de la loge de Saint-André ». S’y ajoute un grade administratif, « R&K » ou « frère très haut illuminé, chevalier commandeur de la Croix rouge ».

En 1811, le roi Charles XIII crée un ordre de chevalerie, l’ordre royal de Charles XIII. Cet ordre chevaleresque civil est toujours conféré par le roi aux maçons ayant atteint le rang de commandeur de la Croix rouge ; le nombre total des chevaliers est limité à trente-trois (dont trois ecclésiastiques). Tous les grands maîtres de 1774 à 1997 furent membres de la maison royale de Suède. Le dernier en date fut le prince Bertil, grand maître de 1973 à 1997. Depuis cette date, le roi reste le « grand protecteur » de l’Ordre suédois des francs-maçons.


 
Oscar II en chevalier commandeur de la Croix Rouge, faisant parti de l’orde royal de Charles XIII

Vous pouvez vous reporter à notre article du 11 octobre 2023 « Histoire du Rite suédois ».

Les rois de Suède également Grands Maîtres francs-maçons

Il n’est un secret pour personne que la franc-maçonnerie, depuis son expansion en Europe, au 18e siècle, a réuni en ses rangs de nombreux aristocrates, gentilshommes et membres des familles royales. En Suède, la famille royale et même plusieurs rois, sont fortement liés à la franc-maçonnerie, de son installation dans le pays à sa protection. De 1774 à 1973, de nombreux rois de Suède ont assuré la fonction de Grand Maître de la Grande Loge de Suède ou de protecteur de l’ordre des Francs-Maçons de Suède. L’actuel roi de Suède est le premier roi de Suède à ne pas être Grand Maître, ayant laissé cette place à son frère.

Sources : BnF exposition franc-maçonnerie, https://histoiresroyales.fr/, Wikimedia Commons

Le testament philosophique, une tâche incomprise !

Dans le processus de l’initiation, il y a l’épreuve de la Terre vécue lors de l’immersion dans le cabinet de réflexion.

Au cours de cette « épreuve », il sera demandé au profane de rédiger son testament moral et philosophique !  « Tiens, bizarre, bizarre, vais-je mourir ? » peut se dire le ou la profane en question !

Il s’agit de répondre à trois questions ; selon les loges et les obédiences plusieurs formulations sont possibles ; à titre d’exemple, voici trois formulations possibles :​

  1. Quelle est votre croyance sur l’existence d’un Dieu créateur et principe unique de toute chose; sur la Providence et sur l’immortalité de l’âme humaine; et que pensez vous de la religion chrétienne?
  2. Quelle idée vous êtes-vous formée de la vertu considérée dans ses rapports avec Dieu et avec la religion, avec vous-même et avec vos semblables?
  3. Quelle est votre opinion sur les vrais besoins des hommes, et en quoi croyez vous que vous puissiez leur être le plus utile?

ou

  1. Que doit l’homme à ses semblables ?
  2. Que doit l’homme à son pays ?
  3. Que doit l’homme à Dieu ?

ou

1. Quels sont les devoirs de l’homme envers lui-même ?

2. Quels sont les devoirs de l’homme envers sa Famille ?

3. Quels sont les devoirs de l’homme envers la Cité ?

4. Quels sont les devoirs de l’homme envers l’Humanité ?

5. A sa dernière heure chacun laisse une part de lui-même à la postérité ; il laisse en particulier le souvenir de son comportement moral et l’expression de sa philosophie. Et vous, quel souvenir souhaiterez-vous laisser ? Comment vous y prendrez-vous ?

La tendance de la plupart des profanes est de prendre ces questions au premier degré et de s’imaginer rédiger un testament de fin de vie comme cela peut se passer pour n’importe quel individu sachant sa fin proche.

Or il ne s’agit pas du tout de ce genre de testament dont il s’agit !

On ne dit pas assez aux profanes  qu’on est ici dans une toute autre situation. Il s’agit d’une mort d’un état profane qui va muter en une renaissance initiatique. L’initiation agit comme une mue : on va se débarrasser d’un état pour endosser un autre habit.

Le testament moral et philosophique du profane doit être compris comme une prise de conscience de cette volonté de changement vers la perfection. Il est inutile de vouloir faire des déclarations d’intention sur ce qui pourrait être des vertus auxquelles on attache une certaine importance.

Si ce testament doit avoir une valeur c’est parce qu’il pourrait receler tout ce que le profane veut abandonner parce qu’il a conscience qu’une autre dimension l’attend avec d’autres valeurs beaucoup plus motivantes que celles auxquelles il était attaché.

C’est en aidant le (la) profane à se préparer à cet exercice préalable à son changement d’état qu’on facilitera la compréhension même de l’initiation : il s’agit ici de réussir cette mort symbolique préalable à une renaissance initiatique.

Comment les Templiers ont-ils disparu ?

De notre confrère europe1.fr Par Virginie Girod

L’histoire des Templiers a traversé les siècles, au point de devenir une référence récurrente dans la culture populaire que l’on retrouve aussi bien dans Games of Thrones qu’Assassin’s Creed. Cet ordre religieux et militaire est créé au XIIème siècle pour protéger les pèlerins sur la route de Jérusalem. “Ils font partie des légendes les plus populaires du Moyen-Age. La façon dont l’ordre a disparu ne peut qu’interpeller” avance Jean-François Moufflet, archiviste paléographe et conservateur. Il est également commissaire de l’exposition sur le procès des templiers qui se tient du 13 septembre 2023 au 15 janvier 2024 aux Archives Nationales.  

En sa compagnie, Virginie Girod revient sur la chute de l’ordre des Templiers, un épisode aussi brutal que politiquement cynique, où on lit en creux la rivalité entre le roi de France, Philippe Le Bel, et la papauté.  

Apparu dans le sillage des croisades pour défendre les conquêtes en Terre Sainte et protéger les pèlerins, l’ordre du Temple, qui allie l’idéal de chevalerie à la vie monastique, devient rapidement puissant. “Leur influence est due à une reconnaissance par les pouvoirs et au premier chef, la papauté. C’est vraiment un ordre à part, directement rattaché au pape” explique le conservateur. En 1307, les templiers sont accusés d’hérésie par Philippe Le Bel, le roi de France, qui ordonne leur arrestation. Les aveux d’hérésie de 138 templiers obtenus sous la torture par l’Inquisition sont consignés sur un rouleau de plus de 22 mètres, exposé aux Archives Nationales. “Des pratiques hérétiques pouvaient exister mais que de là à affirmer qu’elles étaient pratiquées dans l’ensemble de l’ordre du Temple, évidemment c’est faux” clarifie Jean-François Moufflet. Le “coup de bluff” de Philippe le Bel est payant. En 1312, le pape Clément V est contraint de dissoudre l’ordre du Temple. Mais en voulant les faire disparaître, le roi de France durablement fait rentrer les templiers dans la légende.  

Thèmes abordés : Moyen-Age, templiers, royauté, papauté, croisade 

La Rose et le Petit Prince

Ce qui est frappant dans le récit du petit Prince, c’est la solitude des personnages sur une si petite planète : le roi, le vaniteux, le buveur, le business man, le géographe, mais aussi celle du Petit Prince, quand soudain apparaît une rose.

Que vit le Petit Prince ?

A partir d’une graine venue on ne sait d’où avec toute sa beauté, la Rose s’installe sur la planète et le petit prince en prend grand soin. Tout émerveillé, il s’en occupe avec beaucoup de patience et beaucoup de soin, pensant avoir trouvé une amie. Puis le Petit Prince se rend compte qu’elle ne lui donne pas ce qu’il attendait et il décide donc de la laisser et de partir.

Il part alors pour un voyage loin de sa planète. Il s’agit d’un voyage qui l’amènera à comprendre le monde, les hommes, les grandes personnes, les liens entre eux, et les futilités de l’existence qui font détourner l’esprit de l’essentiel. Et le petit prince qui s’est illusionné sur sa rose, arrivera au terme de son voyage à comprendre comment se crée l’amour véritable. La rose dans le petit prince est le point de départ pour un voyage intemporel, universel.

En cheminant lors de son voyage, le Petit Prince apprivoise cette rose qui est devenue unique pour lui. Qui a apprivoisé qui ? Le petit prince a-t-il apprivoisé la rose, ou bien la rose l’a-t-elle apprivoisé ? Toujours est-il que le lien est ainsi créé entre lui et la fleur, et l’amour naît de ce lien. Un champ de roses toutes semblables n’émeut pas le Petit Prince car c’est l’amour qu’il porte à Sa rose qui lui importe. Le Petit Prince connaît sa rose mieux que personne, car il a pris le temps de s’occuper d’elle. Elle est devenue son amie, il l’a choisie. C’est le temps qu’il a passé à s’occuper de sa rose qui l’a rendue si importante à ses yeux. « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante » Dit le renard

C’est à travers ce que dit le renard que le Petit Prince arrive à comprendre ce qu’il ressent pour sa rose, il arrive à faire sortir de sa fleur un être qui devient, pour lui « unique au monde » et en apprivoisant sa rose, le Petit Prince a ouvert son cœur.

Pourquoi une rose pour raconter cette histoire ?

Le récit du Petit Prince met en scène un pilote perdu dans le désert, tombé du ciel avec son avion en passe. On pourrait alors penser à la rose des vents indiquant la direction ou à la rose des sables qui est une « fleur » du désert, façonnée par la rudesse des vents.

Mais l’histoire du Petit Prince est un récit initiatique qui mène le lecteur à réfléchir sur lui-même. Venue du ciel, elle aussi, la graine de la rose s’enracine sur la planète du petit prince. Elle prend son temps pour s’épanouir et s’ouvrir, dans l’obscurité protectrice de son bouton.

La rose est une fleur d’une grande beauté. Elle est la fleur qui s’épanouit avec ses multiples pétales. On la compare à la fleur de Lotus qui est pour les bouddhistes la fleur de l’épanouissement spirituel : prenant racine dans l’obscurité des eaux troubles, elle monte vers le ciel, resplendissante pour trouver la lumière.

La rose cache et protège la partie de ses organes reproducteurs. Cela fait de la rose une fleur secrète, pudique, sensible. De plus les épines qui s’alignent sur sa tige, découragent les herbivores, sauf les moutons… elle montre une certaine vulnérabilité. La rose aussi se pare de merveilles pour attirer les butineurs : couleurs et parfums sont un enchantement pour les sens. Elle incite à la tendresse, la douceur, la délicatesse et la volupté. Elle exprime l’amour et le bonheur, « Voir la vie en rose ». Par sa beauté, sa forme et son parfum, la rose est la fleur symbolique la plus employée en Occident. Il existe une multitude de variétés de roses. 

Rouge, elle est l’emblème de l’amour, de la passion, offerte par l’amoureux à sa dulcinée, blanche, emblème de la pureté.

Elle se compose de 3 parties : les pétales, la tige, les épines.

La tige qui fait que la rose est reliée à la terre, elle lui permet de se nourrir de s’abreuver, de vivre. Elle s’érige, au bout de cette tige vers le ciel, bien enracinée dans le sol, les pétales doux et soyeux. Cette tige qui fait naître de ses pétales les passions.

Sur cette tige les épines font partie du chemin pour s’élever, elles représentent les épreuves auxquelles nous allons nous piquer pour mieux continuer à nous élever. Les pétales, symbole de l’amour naissant, nous rappellent combien il nous faut vaincre les passions qui nous animent et que nous essayons de maîtriser pour accéder à plus d’amour.

Combien le symbole de la rose est présent dans la symbolique universelle : La Rose était la fleur des déesses de l’Amour Vénus pour les Romains et Aphrodite pour les Grecs.

A la mort d’Adonis l’amant d’Aphrodite son sang avait fait naître les premières roses rouges. La rose devint alors le symbole de l’amour qui parfois vainc la mort.

La rosace gothique et la rose des vents marquent le passage, du symbolisme de la rose à celui de la roue.

La rose, a aussi un rapport avec le sang répandu, elle paraît souvent être le symbole d’une renaissance mystique.  Elle fut utilisée par les rois avant même d’utiliser la fleur de Lys; elle est également utilisée en politique, synonyme d’un certain pouvoir, dans le christianisme, mais aussi par les païens et même par les prostituées.

Et pour nous Francs-maçons que nous révèle la démarche du Petit Prince ?

Elle nous rappelle les voyages effectués lors de notre épreuve initiatique. L’initiée reçoit une rose rouge au terme de la cérémonie car la rose et le rouge sont les symboles du premier degré de régénération et d’initiation aux mystères.

Les pieds dans la terre, liée au monde, nous devrons nous élever vers la spiritualité, maîtriser nos passions, afin de leur donner l’aspect de velours et de douceur que revêtent les pétales.

La rose éveille les sens, rentrant dans le VAKOG, méthode de » conditionnement  » par les effets qu’elle déclenche chez l ‘être humain. Elle réveille la passion en nous, passion qui nous rend vivant et nous détruit, comme pour nous rappeler que se côtoient sans cesse le bien et le mal, le beau et le laid, le noir et le blanc. La dualité est en nous.

A nous de travailler chaque jour pour équilibrer cette balance même pour un temps fugace et éphémère : le temps d’une rose.

Ce regard que le Petit Prince pose sur son environnement nous fait comprendre que nous ne pouvons connaître un individu par un seul regard, nous sommes enfermés dans notre apparence.  C’est en « apprivoisant » que nous pourrons connaître et apprécier les femmes et les hommes qui nous entourent.

Il faudra au Petit Prince un voyage d’un an pour comprendre ses sentiments envers sa rose. Il comprendra, aussi, que le bonheur d’une rencontre peut se terminer par la séparation et donc par la douleur. Apprivoiser un être, c’est accepter de le voir disparaître un jour ou l’autre, en accepter sa finitude.

Il faut du temps, de la persévérance, du travail, pour avancer, se construire pour devenir une belle fleur, construire son temple intérieur et le Temple universel.

Le Petit Prince est devenu responsable de sa rose. L’Amour les a réunis à travers le temps, l’espace. Nous, aussi, devenons responsables lorsque nous aimons ou que nous créons un lien amical ou fraternel. Tout lien implique alors une responsabilité envers l’être « aimé »

« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé… »

Le jardin des roses est un peu comme un groupe de personnes. Chaque membre du groupe est unique, pour la personne ou pour une autre personne, mais parfois comme dans un groupe, nous pouvons être semblables, avoir les mêmes directions, les mêmes envies. C’est en créant des liens particuliers avec une autre personne que nous devenons uniques. Tout au long de l’histoire, le Petit Prince découvre la profondeur de l’amitié, de l’amour, mais aussi ses failles, ses déceptions, la vanité, l’orgueil, ce qui rappelle souvent notre monde humain, ses valeurs, ses imperfections.

On vit les avancées du Petit Prince au fil des chapitres, on le voit passer par les épreuves, par les voyages, par les rites pour avancer et se connaître.

Au fil du temps, nous nous apprivoisons par nos rencontres et nos épreuves. La tige de la rose est notre chemin. Nous y rencontrons les épines, les embûches de la vie qui nous permettrons de nous améliorer, de comprendre, de grandir. Enfin, tout au bout de la tige, apparaissent les pétales, nos amis, notre entourage proche, nos sœurs, leur nombre forme notre groupe, notre bouton unique, notre univers propre. Comme le petit prince, nous souhaitons être aimés, apprivoisés et se connaître et se reconnaître.

La Rose : qu’évoque-t-elle pour nous ?

Elle évoque un délicat parfum émanant de pétales arrondis et réguliers : semblables à des cœurs liés les uns aux autres. « Mignonne allons-voir si la Rose… » et que nos regards se tournent vers la Lumière et puissent admirer les puits de lumière des édifices religieux qu’offrent les rosaces construites par les bâtisseurs de cathédrales.

28/02/24 : L’Occitanie en route pour la soie !

La respectable loge « Les Bâtisseurs Occitans » N° 1070, Loge Provinciale de Recherche de la Province d’Occitanie, Cercle Villard de Honnecourt, de la Grande Loge Nationale Française, vous convie à une remarquable conférence sur le thème de « La Route de la soie-L’orient des spiritualités ». Thierry Zarcone* sera le conférencier d’un soir.

La Province d’Occitanie a su toujours mettre en avant histoire , culture et spiritualité. Nous en voulons pour preuve son implication aux Estivales Maçonniques en Pays de Luchon en 2021. Cette belle Province, issue de la Grande Loge Provinciale Toulouse-Pyrénées, a toujours pris de nombreuses initiatives en matière de conférences (historiques, philosophiques) ouvertes aux profanes et aux sœurs et frères des autres obédiences.

Elle a pendant fort longtemps publié les très sérieux et instructifs Cahiers d’Occitanie, en coédition avec les Grandes Loges Provinciales de Septimanie et Alby-Quercy-Rouergue.

[NDLR : La Route de la soie

C’est un réseau historique de routes commerciales reliant l’Est et l’Ouest, principalement utilisé du IIe siècle avant notre ère au XVIIIe siècle. Elle doit son nom à la marchandise la plus précieuse qui y était transportée : la soie. Cette route permettait non seulement le commerce de biens précieux comme la soie, les épices, le thé et la porcelaine, mais elle a également facilité les échanges culturels, politiques et religieux entre les civilisations asiatiques, moyen-orientales et européennes. La Route de la Soie n’était pas une route unique, mais un réseau de chemins terrestres et maritimes interconnectés.

La Route de la Soie dans la diffusion des spiritualités et des religions

La Route de la Soie, au-delà de son rôle historique en tant que réseau commercial, a également joué un rôle crucial dans la diffusion des spiritualités et des religions. C’est un excellent exemple de la manière dont les routes commerciales peuvent influencer et transformer les paysages culturels et spirituels. Elle a permis aux croyances religieuses et spirituelles de voyager à travers les continents. Le bouddhisme, par exemple, s’est propagé de l’Inde vers l’Asie centrale et la Chine, influençant profondément les cultures locales.

Le christianisme a également emprunté la Route de la Soie pour atteindre l’Asie. Des communautés chrétiennes, comme les Nestoriens, se sont établies en Perse, en Inde, et même en Chine.

Avec l’expansion de l’islam, la Route de la soie est devenue un moyen important pour la diffusion de cette religion, notamment à travers l’Asie centrale.

D’autres croyances et pratiques spirituelles, comme le zoroastrisme et diverses traditions animistes locales, circulaient également le long de ces routes.

Les échanges sur la Route de la soie n’étaient pas limités aux marchandises. Ils incluaient également des idées philosophiques, des pratiques médicales, et des concepts artistiques, tous enrichissant les cultures qu’ils touchaient.

Les villes le long de la Route de la soie, comme Samarkand et Bukhara, sont devenues des centres d’apprentissage où se rencontraient des érudits, des moines, des philosophes et d’autres intellectuels.

L’interaction entre différentes traditions spirituelles et religieuses le long de la Route de la soie a souvent conduit à une synthèse et à l’évolution de nouvelles pratiques et croyances.

En somme, la Route de la soie a été un axe majeur pour le mouvement non seulement des biens, mais aussi des idées spirituelles et religieuses, façonnant de manière significative le paysage religieux et culturel de l’Eurasie.

Thierry Zarcone* est un historien spécialisé dans l’histoire intellectuelle et religieuse des mondes turc et iranien, notamment le soufisme, les confréries, et leurs interactions avec le politique. Né en 1958 à Tunis, il a fait ses études à l’Université d’Aix-Marseille avant de soutenir sa thèse à l’Université de Strasbourg en 1989. Il est actuellement directeur de recherches au CNRS, rattaché au Groupe sociétés religions laïcités (GSRL) et est aussi chargé d’enseignement à Sciences Po Aix-en-Provence depuis 2013. Thierry Zarcone a une riche carrière académique, ayant vécu plusieurs années en Turquie et en Asie centrale, notamment en Ouzbékistan, et effectué des missions régulières dans ces régions. Il a également été professeur invité à l’université de Kyoto et à celle de Fribourg.

Thierry Zarcone

Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels se trouvent :

« Mystiques, Philosophes et Francs-maçons en Islam » (1993, récompensé par l’Académie des sciences morales et politiques).

« La Route du Jade. Un Voyage de 20 siècles » (2001).

« Secret et Sociétés secrètes en islam. Turquie, Iran et Asie Centrale, XIXe-XXe siècles » (2002). « La Turquie moderne et l’islam » (2004). « Le soufisme : Voie mystique de l’islam » (2009). »Le Chamanisme de Sibérie et d’Asie centrale » (2011, avec Charles Stépanoff). « Le croissant et le compas. Islam et franc-maçonnerie, de la fascination à la détestation » (2015).

« Le mystère Abd el-Kader-La franc-maçonnerie, la France et l’islam » ( Les éditions du Cerf, 2019),Prix de l’Académie 2020 – Prix Diane Potier-Boès.

En plus de ses contributions littéraires, Thierry Zarcone est également consultant auprès de l’Office for Democratic Institutions and Human Rights depuis 2000 et codirige le Journal of the History of Sufism​.]

Infos pratiques : Grande Loge Provinciale d’Occitanie (GLPO) – Grand Temple GLNF, 32/34 rue Gabriel Péri 31000 TOULOUSE. Le mercredi 28 février 2024, à 19h30.

Inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles, il est important de réserver rapidement Renseignements et réservation : Louis Lardies par mail de préférence louislardies@wanadoo.fr ou par sms au 06 77 15 16 23

Drapeau de l’Occitanie.
Blason « Les Bâtisseurs Occitans ».
Blason GLPO.

Lieu symbolique : La Synagogue Dohány, la plus grande d’Europe

Également connue sous le nom de Grande Synagogue de Budapest, est en effet la plus grande synagogue d’Europe et l’une des plus grandes au monde. Située dans la capitale hongroise, Budapest, elle est un monument historique et culturel d’une grande importance.

Blason de la ville de Budapest.

Une impressionnante architecture

Construite entre 1854 et 1859 dans un style mauresque, elle présente également des influences byzantines et romantiques.

Ludwig Förster.

Sa conception architecturale est l’œuvre de Ludwig Förster (1797-1863),  un architecte autrichien renommé. Né à Bayreuth, en Allemagne, il a joué un rôle significatif dans l’architecture du XIXe siècle, principalement dans l’Empire austro-hongrois. Son style est caractérisé par une combinaison d’éléments historiques et une utilisation novatrice des formes et des motifs. Il a eu un impact notable sur l’architecture synagogue, avec la Synagogue Dohány comme exemple principal de son approche innovante.

La synagogue peut accueillir environ 3000 personnes, avec 1 492 places assises pour les hommes et

1472 dans les galeries pour les femmes. Elle mesure 75 mètres de long et 27 mètres de large.

La Synagogue Dohány est riche en histoire, notamment en raison de son rôle central dans la communauté juive hongroise.

Theodor Herzl.

Elle a aussi une signification particulière en raison de sa proximité avec le lieu de naissance de l’écrivain, journaliste et théoricien politique austro-hongrois Theodor Herzl (1860-1904), un des fondateurs du mouvement sioniste moderne, visant à établir un foyer national pour le peuple juif en Palestine, alors partie de l’Empire ottoman.

Herzl était un écrivain, journaliste et théoricien politique austro-hongrois dont les idées ont profondément influencé l’histoire juive et la création de l’État d’Israël. Il est connu pour Der Judenstaat (L’État des Juifs) publié en 1896, où il expose sa vision d’un État juif indépendant comme solution au problème de l’antisémitisme, mais aussi pour être l’organisateur du premier Congrès Sioniste Mondial en 1897 à Bâle, en Suisse. Bien qu’Herzl soit décédé en 1904, bien avant la réalisation de son rêve avec la fondation de l’État d’Israël en 1948, son héritage en tant que visionnaire du sionisme reste profondément ancré dans l’histoire juive et israélienne.

À l’arrière de la synagogue se trouve le Mémorial de l’Holocauste, dédié à la mémoire des victimes juives hongroises de l’Holocauste, ainsi que le célèbre arbre de vie métallique, un mémorial aux Juifs hongrois tués pendant la Seconde Guerre mondiale.

Outre sa fonction religieuse, elle sert également de centre pour la communauté juive, avec des événements culturels et éducatifs.

La Synagogue Dohány est non seulement un lieu de culte mais aussi un symbole de la résilience et de l’histoire de la communauté juive en Hongrie.

Sa beauté architecturale et son importance historique attirent des visiteurs du monde entier.

Sources : TripAdvisor, Wikimedia Commons

L’enjambement du cercueil : une pratique rituelle spécifique à la franc-maçonnerie ?

L’enjambement d’un cercueil n’est pas une gestuelle fréquente dans les différents rites pratiqués par les êtres humains. En franc-maçonnerie, le contenu symbolique mérite notre attention !

Dans les rituels maçonniques, il est pratiqué trois fois lors des trois derniers pas de la marche du maître (ou de la maîtresse).

Il est généralement interprété comme l’évocation d’une dimension verticale.

En réalité cette pratique de l’enjambement dans un rituel maçonnique est particulière. D’autant plus que l’on ne retrouve pas, à ma connaissance, cette gestuelle dans d’autres rites chrétiens.

C’est en Afrique que l’on retrouve ce rituel d’enjambement dans les rites mortuaires; en voici une description :

 » Le rituel d’ »enjambement » consistait à prendre la parole devant tous les témoins pour dire ou réaffirmer sa loyauté et sa probité dont on a fait preuve envers un père ou une mère durant sa vie sur terre. En effet, lorsqu’il s’agissait d’une mort de vieillard(e), après l’annonce du décès et dès que les préparatifs sont terminés pour l’enterrement, outre les rites de lavage ou corps, de prise de dernier repas et d’abattage de chien (uniquement pour l’enterrement d’hommes chez certaines communautés moose), avant le rite du dernier tour de la concession mortuaire, intervient le rite d’enjambement du cadre. Les croque-morts apprêtent le cadavre et le posent sur sa terrasse. Tous les fils, filles et proches sont invités à venir rendre un dernier témoignage de leur loyauté et fidélité au(à la) défunt (e). Chaque candidat à l’exercice, s’arrête devant le cadre et prononce le discours du genre: « De ton vivant je ne t’ai jamais trahi ni dit des mensonges sur toi encore moins faire ce qui est interdit envers toi. Si je l’ai fait, toi qui es dans ta vérité, ne me laisse pas. Si je n’ai pas été loyal envers toi qu’en complicité avec les ancêtres, vous attrapez mon pied pour m’y amener ». Il enjambe le corps trois(3) et les femmes quatre(4) fois. Il faut dès lors, savoir que lorsque vous avez commis un forfait, mieux vaut ne pas s’aventurer. Les exemples de forfaits peuvent être l’infidélité dans le couple, le viol, le vol, la calomnie et la médisance ayant conduit à de graves préjudices sur la moralité et/ou sur la notoriété du défunt de son vivant. Lorsqu’un candidat est fautif et s’efforce d’accomplir ce rite, le signe avant-coureur de sa prochaine punition sera de trébucher ou de chuter en public, preuve que le défunt est en train d’« attraper son pied ».

(Sources : Dr Patrice KOURAOGO, Chargé de Recherche, Sociologue au CNRST-INSS)

Une pratique mortuaire également présente aux Antilles

« D’une part, « Les femmes rangeaient la maison, couvraient les miroirs de draps blancs et paraient le lit des plus beaux attributs après qu’une planche ait été posée sur le matelas afin de maintenir le corps bien droit. II était aussi de tradition de faire enjamber la dépouille par tous ceux qui avaient peur des morts ». (Source : Antilles : Les rites funéraires d’antan)

Pessa’h et l’enjambement

Chacun sait que Pessa’h est le nom d’une fête juive ; Bernard Marquier dans son livre « De Moïse à Hiram: Et si c’était cela la franc-maçonnerie ? » y fait allusion :

Pour mémoire, rappelons que l’enjambement, c’est aussi … une technique de versification utilisée en poésie : cf la définition :

« Rejet au début du vers suivant d’un ou plusieurs mots indispensables à la compréhension du sens du premier vers. » (Source CNRTL)

En conclusion :

Tout se passe comme s’il s’agissait d’une gestuelle magique de possession et de transmutation qui permet le transfert de l’âme du défunt vers l’âme de l’officiant. Cela ressemblerait plus à une pratique animiste populaire !

L’enjambement du cercueil vide dans le rituel d’élévation à la maîtrise est un symbole gestuel particulier qui ne semble pas avoir été très documenté  ; sauf ignorance de notre part, ce symbolisme ne se retrouve dans aucune tradition chrétienne de la fin du moyen-âge.

La seule explication logique fait référence à une relation virtuelle entre le corps supposé d’Hiram dans le cercueil et l’exécutant des huit pas de la marche du Maître (ou de la Maîtresse).

2024 année olympique

Dans l’esprit d’une célèbre chanson pour son jeu de mots et sa symbolique, l’expression « 2024, année olympique » pourrait être interprétée comme un hommage à une année marquante pour le sport, la fraternité internationale, et l’excellence humaine... Si toutes les loges du monde voulaient bien se donner la main. En voici la première strophe :

« 2024, année olympique/Où les rêves se tissent en or et en musique/Dans l’éclat de Paris, la ville lumière/S’entrelacent les espoirs, les défis, la fraternité sincère… »

Cette ode à l’année olympique de 2024 reflète l’esprit des Jeux Olympiques, mettant en avant des thèmes tels que l’excellence, la fraternité internationale, et le dépassement de soi, incarnant l’unité et la célébration de la diversité humaine à travers le sport.

Le moment de s’interroger sur valeurs de l’olympisme et nos valeurs maçonniques.

Les valeurs de l’olympisme et les valeurs maçonniques, bien que distinctes, partagent certaines similarités dans leur approche de l’amélioration personnelle et du bien-être collectif.

Commençons par les valeurs de l’olympisme…

Ces valeurs telles que définies par le Comité International Olympique (CIO), sont au cœur de l’idéologie et de la philosophie des Jeux Olympiques. Ces valeurs sont essentielles non seulement dans le sport mais aussi dans la promotion d’une société plus pacifique et inclusive. Elles comprennent : l’excellence, l’amitié, le respect.

The Olympic Museum (Musée Olympique), Lausanne (Suisse).

L’excellence encourage les athlètes et toutes les personnes impliquées dans le mouvement olympique à donner le meilleur d’eux-mêmes, tant sur le plan sportif que personnel. L’excellence ne concerne pas seulement la quête de médailles, mais aussi l’effort, le progrès et la réalisation de son potentiel.

L’olympisme favorise l’amitié entre les nations et les individus à travers le monde. Cela inclut la compréhension mutuelle, la solidarité et le fair-play. La camaraderie qui se développe entre les athlètes de différentes nations pendant les Jeux est un élément clé de cette valeur.

Le respect qui englobe le respect des règles éthiques, le fair-play, le respect d’autrui, de soi-même et de l’environnement. Cela inclut aussi le respect de la diversité, l’égalité des chances, et l’absence de discrimination.

En plus de ces trois valeurs fondamentales, le mouvement olympique intègre également d’autres principes et valeurs, tels que le respect de l’esprit sportif  – promouvoir un comportement éthique, honnête et juste pendant la compétition -, l’éducation par le sport – utiliser le sport comme un moyen d’apprendre des compétences de vie, de développer des qualités telles que la discipline, la confiance en soi et le travail d’équipe -, la contribution à un monde meilleur – utiliser le sport comme un outil pour le développement durable, la paix et la compréhension mutuelle entre les peuples.

Ces valeurs sont destinées à être universelles, transcendant les différences culturelles, sociales et politiques, et visant à unir le monde à travers le sport et l’esprit de compétition positive.

… Et continuons avec nos valeurs maçonniques

Les valeurs maçonniques sont au cœur de l’art royal et de sa pratique. Des valeurs visant à promouvoir le développement moral et spirituel des membres, ainsi qu’à contribuer au bien-être de la société en général. Est-il vraiment besoin de les rappeler ? Cela va sans dire mais cela va encore mieux en le disant !

Nos valeurs incluent :

  • la fraternité, pierre angulaire de la franc-maçonnerie, promouvant des liens forts de camaraderie et de soutien mutuel entre ses membres. Elle souligne l’importance de l’entraide, de la solidarité et du respect mutuel ;
  • la charité, aspect essentiel de notre pratique maçonnique. Elle se manifeste par le soutien aux membres dans le besoin, ainsi que par des actions philanthropiques et des œuvres de bienfaisance pour aider son prochain en dehors du temple ;
  • la recherche de la vérité qui reste notre idéal fondamental. Cela implique l’honnêteté, l’intégrité et la quête constante de la connaissance et de la sagesse, tant sur le plan personnel que spirituel.
symboles maçonniques muraux
mosaïque maçonnique murale.
  • l’idéal d’égalité reste un principe central. Il s’agit de traiter tous les membres avec équité et sans préjugés, reconnaissant la valeur intrinsèque de chaque individu.
  • la franc-maçonnerie encourage ses membres à travailler constamment à leur développement personnel et spirituel. Cela inclut l’autoréflexion, l’amélioration du caractère et le développement des vertus morales.
  • les francs-maçons sont encouragés à être des citoyens respectueux des lois et à contribuer positivement à la société dans laquelle ils vivent.

Les points communs

Ne seraient-ils pas l’amélioration de soi et des autres ? Tant l’olympisme que la franc-maçonnerie mettent l’accent sur le développement personnel et l’amélioration de la société.

Et le respect et la tolérance. Olympisme et maçonnerie valorisent le respect des autres, indépendamment des différences, et encouragent la tolérance et la compréhension.

timbres – Source https://www.theodorechampion.fr/jeux-olympiques-100-timbres-differents

Y aurait-il des différences ?

L’olympisme est principalement axé sur le sport et son rôle dans la promotion de la paix et de l’harmonie, tandis que la franc-maçonnerie est plus centrée sur le développement moral et spirituel à travers des rituels et des symboles spécifiques.

Les Jeux Olympiques aspirent à construire un monde meilleur et plus pacifique à travers le sport.

Au-delà du développement personnel, les maçons visent à contribuer positivement à la société, en œuvrant pour le progrès social, la justice et la paix. La franc-maçonnerie est une fraternité universelle qui aspire plutôt à une portée mondiale, cherchant à unir les personnes de toutes les horizons dans un effort commun pour un monde meilleur et plus éclairé.

Initié au sein de la « Horn Tavern Lodge », à l’orient de Westminster en 1730, le chevalier de Ramsay (1693-1743) n’écrivait-il aps dans son Discours qu’il prononça le 26 décembre 1736 à la loge de Saint-Jean, à l’orient de Paris :

« Le monde entier n’est qu’une république dont chaque nation est une famille, chaque particulier un enfant. »

Siège du CIO, Lausanne.

Vous pouvez aussi vous reporter à notre article du 23 juillet 2023 « Valeurs de l’olympisme, valeurs maçonniques ? »

The Olympic Museum (Musée Olympique), Lausanne (Suisse).