Les grottes de Barabar, parfois aussi nommées grottes de Khalatika du nom de la colline à l’époque d’Ashoka, « grottes des Sat-Garha » (des sept caves), sont les plus anciennes grottes artificielles de l’Inde, datant de l’Empire Maurya (322-185 av. J.-C.).
Le contexte historique
Sous le règne d’Ashoka, connu pour sa conversion au bouddhisme et sa promotion de la paix et de la non-violence à travers son vaste empire, l’art et l’architecture ont connu une période de développement significatif. Ashoka a érigé de nombreux stupas, colonnes et édifices à travers l’Inde pour commémorer les enseignements du Bouddha. Les grottes de Barabar, ainsi que les efforts de son petit-fils Dasharatha pour continuer son œuvre, s’inscrivent dans cette tradition de mécénat royal en faveur du bouddhisme.
La porte basse ?
L’architecture
Les grottes de Barabar sont un ensemble de quatre grottes principales : Lomas Rishi, Sudama, Visva Zopri, et Karan Chaupar, chacune avec des caractéristiques distinctes, mais partageant un style architectural cohérent. La plus célèbre, la grotte de Lomas Rishi, est particulièrement remarquable pour son portique décoré, inspiré par les motifs en bois des habitations de l’époque, ce qui témoigne de la transition des techniques architecturales du bois vers la pierre.
L’intérieur des grottes est extrêmement poli, donnant une texture lisse qui réfléchit la lumière, un exploit technique impressionnant compte tenu de la dureté du granite. Les grottes étaient utilisées comme des viharas (monastères) et des chaityas (salles de prière), servant de lieux de retraite pour les moines bouddhistes, ce qui indique l’importance du site dans la vie religieuse et monastique de l’époque.
L’importance culturelle et religieuse
La préservation exceptionnelle des grottes de Barabar permet de mieux comprendre les pratiques religieuses et la vie monastique dans l’Inde ancienne. Les inscriptions en Prakrit, trouvées à l’entrée de certaines grottes, offrent des informations précieuses sur la patronage royal et la dédicace des grottes aux moines ascétiques, mettant en lumière les interactions entre le pouvoir royal et les communautés religieuses.
L’héritage
Les grottes de Barabar ont influencé le développement ultérieur de l’architecture rupestre en Inde, notamment dans les célèbres sites de Ajanta et Ellora, où l’art de tailler des sanctuaires dans la roche a été porté à un niveau de perfectionnement inégalé. Elles constituent un jalon important dans l’histoire de l’art indien, illustrant la transition des structures architecturales en bois vers des monuments pérennes taillés dans la roche.
En somme, les grottes de Barabar ne sont pas seulement un témoignage de l’ingéniosité architecturale de l’Inde ancienne mais aussi un lien culturel et spirituel précieux, offrant un aperçu de la complexité et de la richesse des traditions religieuses et artistiques de l’époque Maurya.
Quid de la symbolique ?
Les grottes de Barabar sont emblématiques de plusieurs niveaux de symbolisme dans l’architecture et la spiritualité bouddhistes :
Développement de l’arche de Chaitya à partir de la grotte de Lomas Rishi
• Retraite et méditation : en tant que viharas (monastères), ces grottes off un lieu de retraite et de méditation pour les moines bouddhistes. Leur emplacement simple et leur conception architecturale une destinée à favoriser la réflexion et le spirituel. Elles sont comme un étendard vers le monde extérieur, symbolisant la quête bouddhiste de l’illumination à travers la méditation.
• Harmonie avec la nature : creusées dans le granite, les grottes symbolisent l’harmonie entre l’homme et la nature, un thème récurrent dans le bouddhisme. Cette intégration avec l’environnement naturel reflète la compréhension bouddhiste de l’interdépendance de tous les êtres et la recherche d’un équilibre avec le monde naturel.
• Permanence et impermanence : bien que taillées dans la pierre, les grottes représentent à la fois la permanence, par leur durabilité, et l’impermanence, par leur fonction de refuges temporaires pour les moines. Ce dualisme rappelle la doctrine bouddhiste de l’anicca (impermanence), selon laquelle tout dans l’univers est en constante évolution et transformation.
Le polissage « miroir » des parois de granite
• Lumière et obscurité : L’utilisation de la lumière naturelle dans les grottes, créant des jeux d’ombre et de lumière, peut être interprétée comme une métaphore de la quête de la connaissance spirituelle, naviguant entre l’ignorance (obscurité) et la sagesse (lumière).
L’histoire et la symbolique des grottes de Barabar s’entremêlent pour offrir un témoignage poignant de l’ancienne spiritualité et de l’architecture de l’Inde. Elles ne sont pas seulement des monuments historiques, mais aussi des symboles vivants de la quête humaine de sens, de l’harmonie avec l’univers et de la profondeur de la pratique spirituelle bouddhiste. À travers ces structures séculaires, nous pouvons entrevoir la complexité de la pensée religieuse et philosophique de l’Inde ancienne, ainsi que l’engagement des dirigeants Maurya envers la promotion et la protection du bouddhisme.
Barabar, le site archéologique du futur, le film complet par les Bâtisseurs de l’ancien monde. Leur présentation commence ainsi : « Il y a 2 300 ans, en Inde, 5 chambres ont été taillées à l’intérieur d’énormes roches de granite. Selon des inscriptions sommaires gravées à leurs entrées, elles auraient été offertes par un roi pour servir d’abris contre la pluie à une secte. Mais de récentes analyses de scans 3D et de relevés sonores montrent que leurs formes géométriques complexes ont été réalisées avec une précision moderne et témoignent de connaissances mathématiques, acoustiques et techniques très au-delà des capacités accordées par notre Histoire à cette époque de l’Humanité… »
La franc-maçonnerie est délibérément anthropomorphiste . Elle naîtrait aujourd’hui, sous une autre forme bien sûr, qu’elle ne se concentrerait sans doute plus sur une adhésion à une spiritualité de symboles affichés et bien fichus mais limités dans cet anthropomorphisme. Car elle ne pourrait plus ignorer les découvertes de l’éthologie : L’humain montre, il est vrai, une surpopulation d’humanimaux (Daniel Béresniak) considérable. Même si la dénatalité apparait aujourd’hui dans plusieurs pays, non comme une décision mais comme une évolution naturelle. Au-delà des bonnes raisons classiques : politiques, économiques, sociales… Avec les risques de plus en plus élevés et visibles d’écraser la biodiversité.
Dans cette perspective, les « lois » de la nature vont, sans doute, se manifester, quelles que soient les piteuses explications des experts et autres rationalistes d’envergure soumise.
Qu’en disons-nous dans nos rites et notre philosophie ?? Pas grand-chose ! Sinon une manière de dénégation du grand départ : c’est le message du relèvement du cadavre d’Hiram, à la cérémonie d’élévation au degré de maîtrise. Le candidat, sous le rôle de l’architecte, est réputé assassiné et allongé mort sur le sol. Mais, ce « mais » est fondamental, il est relevé et étreint. C’est l’Amor qui l’emporte sur la pourriture du cadavre, la Mort ! Bien sûr des milliers de lignes ont glosé sur cet élément du rituel. Aves la fameuse phrase sentencieuse : « Hiram renait dans ses disciples » Pourquoi pas ? C’est rassurant ! Restons plus simples ; laissons à chacun-e le droit de ressentir sa lecture inconsciente ; ce fatras de représentations de l’ « Âme hors » du corps. A chacun-e de trembler ou de jouir de ses représentations de l’au-delà qui fourmillent dans ses méandres apeurés de désirs et de peurs tout emmêlés ! Après tout, comme l’énonce avec sagesse, Madame Michu : « A chacun sa vérité ».
La franc-maçonnerie a retenu une des lectures les plus apaisantes que l’humain ait trouvé pour le grand départ. Il se déroule dans l’effusion la plus tendre : le candidat est relevé et étreint. L’Amor est plus puissant que la Mort. Mais oui ! Croyance épuisée par les religions.
Le message est original, créatif mais surtout apaisant pour les Frères et les Sœurs : un-e initié-e ne meurt pas dans les méandres couloirs des trouilles angoissantes de notre inconscient qui vient à notre secours. Oui, le rite nous laisse admettre que l’âme est évanouie : » L’Âme hors ». Jeu de neurones effrayés, vite apaisé par la résonance si apaisante de « L’Amor ». A preuve, l’étreinte du candidat relevé, dans le racontar apaisant de la reprise de la vie.
Bien sûr je ne m’aventurerai pas dans les multiples interprétations possibles du symbole du relèvement d’Hiram mort. A chacun ses circonvolutions apaisantes ! Juste à noter qu’une fois encore, notre belle Maçonnerie a su saisir les envies et, ici, fuites, inconscientes, qui nous gouvernent. Sous l’affabulation de la volonté que tant d’entre nous prisent dans le désir hurlant de trouver la paix, devant l’horreur éventuelle, enfouie en eux.
Bravo, les francs-maçons : grâce, une nouvelle fois, à nos champs symboliques, nos peurs sont affrontées mais l’espoir de les noyer dans nos méandres neuronaux, nous ouvre le grand portail du « rassurement ». Après tout, la souffrance serait-elle si libératrice ? Je préfère nettement la paix dans mon âme et mon esprit, comme le chantent, sans sourciller nos champs spirituels. Dans l’apaisement de nos troubles au bénéfice de nos fraternités proclamées !
Aujourd’hui, 450 est heureux de vous présenter le texte de Mina Djaad, docteure en sociologie des organisations, qui a contribué audit « Cahiers » avec un article particulièrement pertinent.
Pour introduire l’article « Camus et le sacré » de Mina Djaad, docteure en sociologie des organisations, publié dans les Cahiers de l’Alliance-Revue d’études et recherche maçonniques (Édition Numérilivre, 2024), il convient de souligner l’importance de l’approche de l’auteure – son titre étant « Camus et le sacré » – qui explore les intersections complexes entre la philosophie de l’écrivain Albert Camus (1913-1960), lauréat du prix Nobel de littérature en 1957, et la notion du sacré. Mina Djaad, en analysant les textes de Camus, cherche à mettre en lumière comment les thèmes de l’absurde et du divin se tissent à travers son œuvre, proposant ainsi une perspective nouvelle sur la quête de sens et les contradictions inhérentes à la condition humaine.
Ce travail, autorisé pour reproduction par 450.fm, enrichit la discussion sur le sacré dans la littérature moderne, offrant une lecture profonde et nuancée qui invite à une réflexion sur notre propre rapport au monde et à l’inexplicable.
Un grand merci aux Cahiers de L’Alliance. Nous vous souhaitons une bonne lecture !
Mina Djaad
Mina Djaad : « Camus et le sacré
Toute l’œuvre de Camus est une ode au sacré, le sacré de la Nature et de ses éléments mais aussi celui des mythes grecs anciens célébrés au plus près des corps et des pierres qui ont servi à édifier les temples. Dans le sacré camusien il y a toute la révolte de l’homme contre le sacré chrétien qui, selon l’auteur de Noces[1], désincarne la vie et le visage humain du Christ portant la croix. Rien de plus mystique et troublant selon Camus que le mystère chrétien de l’Incarnation, qu’il définit comme « la mise en contact du divin et du charnel dans la personne de Jésus-Christ[2] ».
Lire Camus au-delà de la « philosophie de l’absurde » et de l’image sartrienne d’un « moraliste » tourné contre l’histoire, c’est le projet de nombreux auteurs qui, des premiers textes, L’Envers et l’Endroit et Noces (écrits entre 1935 et 1937), au dernier grand « récit » d’Albert Camus, La Chute (publié en 1956) – ont éclairé l’immanence et le sacré qui sous-tendent ses écrits.
Le sacré camusien de l’homme sans Dieu
Le sacré camusien, par sa dimension païenne, n’est pas rattaché à l’idée d’une transcendance ou d’une divinité, mais, au contraire, exalte les valeurs du royaume terrestre. Camus s’insurge même contre cette idéologie « désincarnée » et, en faisant le chemin inverse, du Ciel vers la terre, tente de réhabiliter les mythes grecs occultés par la tradition judéo-chrétienne.
Les critiques et les philosophes se sont beaucoup intéressés à la question du sacré dans l’œuvre camusienne. Ainsi, Carole Auroy-Mohn s’interroge sur la manière dont l’auteur entend vivre « sans Dieu[3] », alors que Linda Rasoamanana évoque le refus du sacré rituel chrétien et la prédilection de Camus pour le sacré grec[4]. Arnaud Corbic, dans son livre Camus et l’homme sans Dieu[5] part d’une réflexion de Camus à propos de Pascal pour illustrer le refus du philosophe de l’absurde de souscrire à la pensée pascalienne: « Je suis de ceux que Pascal bouleverse et ne convertit pas. Pascal, le plus grand de tous, hier et aujourd’hui[6] ».
Les propos mêmes de Camus au sujet du Christ témoignent de l’admiration profonde pour l’humanité du fils de Dieu : « J’ai conscience du sacré, du mystère qu’il y a en l’homme, et je ne vois pas pourquoi je n’avouerais pas l’émotion que je ressens devant le Christ et son enseignement. Je n’ai que respect et vénération devant la personne du Christ et devant son histoire : je ne crois pas à sa résurrection[7] ».
La force des mythes païens
Mythes païens et mythes chrétiens sont constamment confrontés dans l’imaginaire camusien, soumis à un examen critique. Il en ressort que les mythes grecs, qui évoquent une nature familière et non hostile comme dans les mythes chrétiens, permettent d’établir une relation plus harmonieuse entre l’homme et le monde et font naître un sentiment du sacré qui relève davantage de l’immanence que de la transcendance. Ils permettent d’exalter la vie ici-bas, sans vaines promesses d’un royaume lointain réservé à ceux qui se seront privés de toute jouissance terrestre.
Néanmoins, tout en critiquant le nihilisme de l’idéologie chrétienne, laquelle, fondée sur l’espoir dans une autre vie, détourne le croyant de la seule et unique existence terrestre, Albert Camus reconnaît la grandeur humaine de la figure du Christ. Si le penseur éprouve une telle familiarité avec les valeurs antiques, c’est parce que celles-ci illustrent au mieux sa conception du sacré païen : en refusant toute transcendance, il entend sacraliser la vie et appréhender le monde à travers une approche sensorielle où tous les sens entrent en jeu.
« La pensée catholique me paraît toujours douce-amère. Elle séduit puis me heurte », avait-il confié, jeune lycéen, à son professeur de philosophie, Jean Grenier. Pour lui, la question de Dieu est indécidable. Incroyant, Camus sait pourtant ne pas se reposer dans l’incroyance. Il réfute d’ailleurs qu’on le reconnaisse comme athée.
Camus ne justifie pas son agnosticisme mais il nous explique « Le Christ est peut-être mort pour quelqu’un, mais ce n’est pas pour moi », écrit-il dans les Carnets. « Il ne dit pas que la vérité chrétienne est illusoire, mais seulement qu’il n’a pas pu y entrer. Camus est sensible, exclusivement mais profondément, à l’humanité du Christ[8] ».
Pour Camus, le sacré peut faire référence à ce qui a une valeur absolue en étant digne de respect et qui peut se manifester sous différentes formes dans la réalité, en désignant la nature, l’homme ou le divin. Cependant, la nature et l’homme sont, dans leur horizontalité, les lieux du sacré qui ont une importance particulière pour Camus.
Albert Camus photographié en 1957
Camus va plus loin dans son interprétation personnelle de la figure christique et évoque, dans ses Carnets, la figure étonnante du Christ-Pan, un Christ médiateur et païen[9] qui représente une image syncrétique des deux mythologies – judéo-chrétienne et païenne. On sait que le dieu Pan symbolise dans la mythologie grecque les cultes pastoraux, la nature sauvage, son apparence étant mi-humaine, mi-animale. En attribuant au Christ les caractéristiques du dieu païen, Camus tente peut-être de réconcilier l’homme avec le monde qui l’entoure, avec la nature à l’état sauvage dont le christianisme l’avait séparé, de lui faire retrouver cette communion avec les éléments, célébrée symboliquement sous la forme sacralisée des « noces ». Cette figure insolite du Christ-Pan qui réunit en elle seule trois natures – divine, humaine et animale – pourrait représenter pour Camus l’homme- dieu parfaitement capable de communier avec la nature. En tant qu’image synthétique de l’esprit chrétien et antique, le Christ-Pan symbolise un être mythique, doué de l’énergie « génésique » du dieu païen dont le nom signifie « tout », qui s’unirait aux forces élémentaires. Ainsi, selon Laurent Bove, Camus présenterait Meursault, sur les traces de Nietzsche, comme un « Christ ou un Antéchrist d’un tout autre type : un Christ d’avant la théologie chrétienne, d’avant l’invention de la faute, du péché, du sacrifice et du rachat, un Christ essentiellement innocent, en communion immédiate avec Dieu dans une expérience vécue d’une béatitude qui n’est pas le privilège d’un seul ou de quelques-uns mais qui peut être partagée par tous[10] ».
L’ambivalence inscrite au cœur de l’élan sacrificiel
Camus opte pour une existence sans Dieu, mais non sans sacré. C’est un sacré empreint d’hellénisme, marqué par la présence charnelle du monde, du cosmos et de la nature. Son éthique de la révolte et de l’amour n’est pas non plus exempte de sacré. Chez Camus, l’amour enveloppe la révolte et lui évite de sombrer dans le nihilisme. C’est une révolte qui débouche sur la vie.
« L’homme révolté est l’homme situé avant ou après le sacré, et appliqué à revendiquer un ordre humain où toutes les réponses soient humaines, c’est-à-dire raisonnablement formulées », écrit Camus. La notion de sacrifice est alors entachée de négativité, en ce qu’elle suppose la soumission aveugle à un ordre transcendant et la remontée d’un fond obscur de violence.
Camus est né dans une époque d’exaltation du sacrifice, valorisé aussi bien par un certain discours religieux doloriste que par les appels patriotiques. Il a connu le siècle du sang versé et des ivresses de destruction. Mais il ne peut ignorer pour autant le courage du don de soi, l’oblation généreuse des résistants ou de révolutionnaires avides de fraternité. L’ambivalence inscrite au cœur de l’élan sacrificiel appelle donc, au croisement des réflexions historiques, morales et métaphysiques qui traversent l’œuvre camusienne, cette question : l’homme peut-il être replacé au cœur « d’un ordre humain où toutes les réponses soient humaines » ?
Le sacré est inscrit dans le cœur même de l’œuvre camusienne comme une ode à la vie célébrée dans l’opalescence des sens, l’ouverture de Noces à Tipasa en témoigne avec ce ravissement inégalé à le lire : « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil (…) Nous marchons à la rencontre de l’amour et du désir. Nous ne cherchons pas de leçons, ni l’amère philosophie qu’on demande à la grandeur. »
Et, enfin, à Camus de conclure dans une allégorie philosophique célébrant le sacré de Mère Nature : « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure[11] ». Phrase augustinienne comme un hymne à l’amour de Dieu, « la mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure », revue par Camus pour être gravée sur une pierre tournée aux vents de la Mer en témoignage à la grandeur sacrée de son œuvre. »
Ce cahier de l’Alliance résonnait particulièrement avec le temps pascal – moment de sa publication – et nous invite toujours à réfléchir sur la valeur du Sacré, telle que perçue par Albert Camus. Une lecture enrichissante pour les esprits curieux et les chercheurs de sens. Pour vous procurer ce cahier et les numéros précédents, vous pouvez vous rendre sur le site de l’Alliance Maçonnique Française ou chez Numérilivre.
[1] Albert Camus, Noces, suivi de L’Été, Paris, Gallimard, Folio, 1959.
[2] Albert Camus, Carnets III, Paris, Gallimard, NRF, 1989, p. 177-178.
[3] Carole Auroy-Mohn, « La question de l’incroyance », dans le cadre du colloque « Albert Camus : littérature, morale, philosophie », ENS, 2007.
[4] Linda Rasoamanana, « Refus de Dieu et sens du sacré chez Camus », in : Camus et le sacré, Actes du 7e colloque international de Poitiers, 31 mai, 1er et 2 juin 2007, Biard, Imprimerie Nouvelle, 2009.
[5] Arnaud Corbic, Camus et l’homme sans Dieu, Paris, éditions du Cerf, 2007.
[6] Albert Camus, Cahier III, avril 1939 – février 1942, In : Œuvres complètes II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2006, p. 909.
[7] Déclarations d’Albert Camus citées par Roger Quilliot dans les Commentaires de L’Homme révolté, dans l’édition de la Pléiade.
[8] Arnaud Corbic, interview au Journal La Croix – 15 mars 2010.
[9] Camus propose cette figure du Christ dès 1958, dans les Carnets III, avril 1939 – février 1942, In : Œuvres complètes II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2006, p. 220.
[10] Laurent Bove, « Le dernier homme. Le silence de la mère et le corps du Christ : une philosophie pour L’Etranger » dans l’ouvrage édité avec André Comte-Sponville et Patrick Renou, Albert Camus. De l’absurde à l’amour, Vénissieux, Paroles d’Aube, 1995 (rééd. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 2002).
[11] Extraits de « Noces à Tipasa », in Noces, Albert Camus, Editions Gallimard, 1959.
Peintre autodidacte et graveur animalier, Bernard Vercruyce est né à Reims, en 1949. Il est « imprégné » de peinture dès son plus jeune âge, par son grand-père, le peintre naïf Camille Van Hyfte. Il s’installe ensuite à Auvers-sur-Oise avec ses parents, et, heureuse coïncidence, se trouve être le voisin de la maison du Docteur Gachet. Ce docteur qui accepte de veiller sur Vincent Van Gogh le temps de son passage à Auvers. Ce philanthrope est aussi un grand amoureux des chats. Il en eût jusqu’à dix-sept.
C’est en 1971 qu’il se met à peindre de façon régulière. Vers 1975, Vercruyce commence à réaliser des éditions de gravures pour la Galerie Pierre Hautot, rue du Bac à Paris. En 1978, il fait la connaissance du critique d’art Anatole Jakovsky, surnommé « Le Pape des naïfs » qui n’a cessé de le défendre et de l’encourager. Ils deviennent très proches et c’est tout naturellement qu’il assistera Renée, son épouse, pour l’accompagner à sa dernière demeure en 1983.
Puis, il entre sous contrat à la Galerie Jacques Boulan, rue des Saints-Pères (Paris, 7e arr.). En 1990, c’est avec la Galerie Art-Expo, rue Saint-Paul à Paris (4e arr.) et par son intermédiaire qu’il expose dans de nombreuses galeries en France et à l’étranger. Il collabore régulièrement avec l’étude Coutau-Bégarie et l’étude Ader dans des ventes à Drouot.
En 1983, son travail s’oriente vers l’art animalier et plus particulièrementfélin. Il est sollicité pour illustrer des ouvrages par de nombreux auteurs : Giordano Alberghini, Hervé Bazin, Brigitte Bulard-Cordeau, Christian Grente, Anatole Jakovsky, José Moinaut, Jean-Marie Pelt, Philippe Ragueneau… Ainsi que pour des livres de bibliophilie en eaux-fortes originales sur des textes inédits de Robert de Laroche, Louis Nucéra, Irène Frain, aux éditions du « Chat Mage ».
Il figure dans plus de trente musées français et étrangers.
– Le 11 octobre 1994, Bernard Vercruyce est nommé Académicien du Chat par l’Accademia dei gatti magici de Rome pour l’ensemble de son œuvre.
– En mai 2000, le Muséum d’Orléans lui consacre une rétrospective de son œuvre animalière. (Huiles et aquarelles.)
L’incroyable chatterie de Richelieu au Palais-Royal. Avant de mourir, il prit soin d’inscrire ses 14 chats sur son testament pour leur attribuer une maison et une pension.
– Exposition de ses aquarelles au Musée International du Chat de la ville de Richelieu (Juin à octobre 2004).
– Au printemps 2005, suite à la donation d’environ 300 de ses œuvres, dessins, aquarelles, huiles et surtout gravures, le Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky de la ville de Nice organise la rétrospective de son œuvre gravée, (Eaux-fortes et aquatintes) assurant ainsi la pérennité de la genèse de l’artiste. (24 mars au 9 mai 2005)
– Le Musée Utrillo Valadon de Sannois (95110) lui consacre une exposition du 14 janvier au 12 mars 2017.
– Chaque année, il réalise l’affiche du Summer Music Festival de Colorado Springs /USA (1998 à 2016).
– Il est le réalisateur de l’Affiche du Salon Art-Nature-Animaux de Paris (de 2001 à 2006).
– Membre d’honneur du Salon National des Beaux-arts – Carrousel du Louvres – Paris. (Ancien président de la section gravure).
– En 2006 il est élu chef de file de la section d’Art Naïf du Salon Comparaison dans le cadre d’Art en Capital– Grand-Palais – Paris. Il est le commissaire du Salon de 2014 à 2017.
– En 2009 il est nommé président du Musée Daubigny de la ville d’Auvers-sur-Oise jusqu’en 2012 ou le Musée devient municipal avant de devenir Musée de France.
-En 2019, dans le cadre du colloque « L’Amour des animaux/Animal Love » de l’Université de Toulouse. Réalisation d’une conférence sous le titre : « L’HOMME ET LE CHAT » : Une histoire et un avenir communs ? Des origines à l’intelligence artificielle à l’Hôtel d’Assézat – Toulouse. À cette occasion le Musée du vieux Toulouse l’expose sous le titre : « L’Homme et le chat… »
Bernard Vercruyce vit et travaille à Auvers-sur-Oise, une commune située dans le département du Val-d’Oise en région Île-de-France.
Ne manquez pas cette belle exposition temporaire !
« Souverains chats pitres » ; les œuvres félines et maçonniques de Bernard Vercruyce s’exposent à la Fédération française du DROIT HUMAIN, Maison Maria Deraismes.
Renseignements pratiques
Jusqu’au 30 juin 2024 – Maison Maria Deraismes – 9 rue Pinel 75013 Paris
Accessible aux jours habituels d’ouverture à partir de 18h00
Avec Terres de fiction-De quel côté du miroir sommes-nous ? (BONZON2X, 2024), Lorenzo Soccavo* nous entraîne dans une réflexion profonde sur les enjeux de l’écriture fictionnelle. Chercheur en littérature, l’auteur explore les arcanes de la création littéraire et nous invite à plonger au-delà des miroirs des textes et des limites de nos vies.
Sa passion pour la littérature et ses mondes imaginaires est ancrée dans une enfance marquée par l’utilisation du jeu comme moyen d’évasion et de découverte de nouveaux territoires. Cette passion a évolué vers une quête de liberté et d’expression au travers de la lecture et de l’écriture, permettant à Lorenzo Soccavo de se réinventer en tant que fictionaute – un voyageur entre les mondes de fiction, porteur de son propre vécu dans ces univers alternatifs.
L’essai de Lorenzo Soccavo n’est pas seulement une réflexion sur l’acte de lire mais aussi une invitation à reconnaître et à embrasser le rôle actif que nous jouons en tant que lecteurs dans la création de sens et d’expérience au sein des textes que nous explorons. Il souligne le fait que, tout en lisant, nous traversons un miroir vers un espace où la réalité et l’imaginaire se fondent, où les limites entre le créateur et le consommateur de fiction s’estompent.
Cette vision de la lecture comme une pratique créative et immersive offre une nouvelle perspective sur l’importance de la littérature dans la société contemporaine. Elle met en avant le potentiel des récits fictionnels à enrichir notre expérience du monde, à étendre notre compréhension de nous-mêmes et des autres, et à cultiver un espace où l’imagination peut prospérer sans contrainte.
D’ailleurs, le sous-titre même de l’ouvrage « De quel côté du miroir sommes-nous ? » interpelle le lecteur sur la position que nous occupons dans ce flux narratif.
Lorenzo Soccavo lui propose donc une exploration méticuleuse et introspective de notre relation intrinsèque avec la fiction. Il dépeint l’humain non seulement comme un conteur inné mais aussi comme un fabricateur d’histoires qui cherche à donner un sens et une structure à l’expérience chaotique de la vie.
Ce roman, bien qu’étranger à la franc-maçonnerie, tisse un voile de symbolisme dans son discours, rappelant les expressions initiatiques et la quête de connaissance propre à l’Art Royal. Phrases telles que « Par les imaginaires qu’elles explorent, nos lectures de certains romans s’apparentent à une épreuve du feu… » évoquent la transformation spirituelle et intellectuelle à laquelle aspirent les maçons. L’auteur, en employant des expressions comme « Il faut chercher le seuil à franchir… », invite à une réflexion sur les passages et les transitions, des thèmes chers aux rites maçonniques où les seuils à franchir symbolisent souvent les étapes de la progression personnelle et spirituelle.
Alchimie…
Les références à « le monde des alchimistes » et à « la pensée magique » dans le livre font écho aux explorations de la réalité sous-jacente que les francs-maçons entreprennent à travers symboles et allégories, approchant les mystères de l’existence de manière que Marcel Proust lui-même aurait pu apprécier dans son approche singulière du chamanisme. Enfin, Lorenzo Soccavo en employant l’expression « Par le langage, par l’écriture puis la lecture, nous nous octroyons l’illusion de notre élection divine parce que nous nommons… » résume magnifiquement comment, à travers le verbe et le symbole, l’initié cherche à toucher au divin, une aspiration profondément enracinée tant dans la franc-maçonnerie spirituelle et de tradition que dans la littérature.
Terres de fiction est un appel à reconnaître et à comprendre le pouvoir des récits dans la construction de notre réalité personnelle et collective. Lorenzo Soccavo offre une réflexion profonde sur la puissance narrative, sur la façon dont nous nous servons des histoires pour façonner notre identité et notre compréhension du monde. C’est un essai qui challenge le lecteur à s’interroger sur sa propre vie comme une œuvre narrative en perpétuelle évolution.
Les éditions BOZON2X
« Espace d’éditions créé au sein de CDM2047asbl dans la perspective de révéler et valoriser des œuvres littéraires inédites d’auteurs méconnus, des œuvres résolument contemporaines. Nous aimons les inclassables, ces ovnis littéraires qui, pour flirter avec tel ou tel genre, ne se fixent à aucun.
Nous aimons l’originalité sans sophistication, et l’audace formelle sans frime avec la forme. Notre goût ne nous porte donc ni vers le genre pur, ni vers l’esprit scolaire, ni vers quelque parti pris idéologique que ce soit.
Les éditions BOZON2X créent un espace de prédilection pour appréhender le réel et y porter un regard singulier. Bienvenue dans notre accélérateur de particules neuronales ! »
Lorenzo Soccavo
*Chercheur en prospective et futurologie de l’édition, des dispositifs et des pratiques de lecture, Lorenzo Soccavo intervient régulièrement sur l’avenir du livre et de l’édition lors de conférences en milieux professionnels ou pour le grand public. Ses ouvrages majeurs sont De la bibliothèque à la bibliosphère (Morey-Éditions, 2011) et Gutenberg 2.0-Le futur du livre (M21 éditions, 2008).
Terres de fiction-De quel côté du miroir sommes-nous ?
Lorenzo Soccavo – BOZON2X, 2024, 144 pages, 16 €
Disponible sur le site de l’éditeur. Diffusé par CEDIF et distribué par Pollen, l’ouvrage est aussi disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, à vous inspirer, à vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier !
De notre confrère belge vrt.be – Par Eric Steffens
La façade dépouillée du numéro 6-8 de la rue du Persil, à deux pas de la Place des Martyrs dans le centre de Bruxelles, ne laisse rien paraître de ce que l’on peut découvrir à l’intérieur de ce bâtiment austère. Derrière la porte grise se cache un gigantesque temple égyptien de 11 mètres de haut. Il ne s’agit pas d’un musée ni d’un décor de théâtre mais bien d’un temple maçonnique du Cercle des Amis philanthropes.
L’hebdomadaire bruxellois BRUZZ, destiné aux bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale dans sa rubrique « Big City ».
C’est en ces lieux hautement symboliques que se réunissent les membres de loges issues des Amis philanthropes, l’une des plus anciennes loges maçonniques de Bruxelles, qui existe depuis la fin du 18e siècle et qui fait partie du Grand Orient de Belgique.
On peut citer parmi ses anciens membres les plus éminents : Jules Bordet, lauréat du prix Nobel de médecine en 1919, Charles Buls Bourgmestre de Bruxelles, Victor Horta, architecte de l’art nouveau et Theodore Verhaegen, fondateur de l’Université libre de Bruxelles. Le « Grand Temple » de la rue du Persil était jadis considéré comme le plus beau temple maçonnique d’Europe et a servi d’exemple à d’autres temples.
Mais à côté de ce temple de style égyptisant, le bâtiment abrite aussi d’autres plus petites salles, chacune dans un style différent, où 53 loges se réunissent chaque semaine.
Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie ?
La franc-maçonnerie n’est pas une religion, ni une secte mais plutôt une confrérie humaniste dont les membres s’entraident dans une recherche d’élévation spirituelle et morale.
Les francs-maçons se réunissent dans des loges qui présentent des caractères très différents selon les obédiences. Les bâtiments abritant les loges sont appelés temples ou ateliers, par analogie avec les temples égyptiens ou les ateliers de construction médiévaux, auxquels la franc-maçonnerie a emprunté de nombreux symboles.
La franc-maçonnerie est active dans plus de 60 pays et compte de nombreux membres en France et en Belgique. C’est une société initiatique très unie qui se réclame de valeurs telles que la liberté, l’égalité et la fraternité. Les membres présentent des sortes de « conférences » sur des sujets divers qui leur tiennent à cœur. Les francs-maçons se reconnaissent entre eux pour frères ou sœurs et se nomment mutuellement ainsi.
Même si le lieu où se réunit une loge s’appelle un temple, tous les temples ne sont pas de style égyptien. Il y en a de style Art nouveau, par exemple, d’autres très dépouillés et certains même semblent sortis d’un film d’Harry-Potter.
Le temple de style égyptien de la rue du Persil a été construit à la fin du XIXe siècle. Il reproduit l’ambiance d’une cour intérieure de nuit, car le plafond est orné d’un ciel étoilé et les murs sont décorés de colonnes colorées, d’ornements et de peintures symboliques.
Les campagnes napoléoniennes et l’égyptomanie
Cette influence remonte à Napoléon, lors de son expédition en Egypte(1798-1801), l’empereur fut très impressionné par l’héritage des anciens égyptiens . A son retour, Napoléon proclama sa fascination pour ce qu’il y avait découvert. En partie sous son impulsion, une véritable égyptomanie se développa en Europe, notamment chez les francs-maçons. Ce n’est pas un hasard, car Bonaparte avait des liens étroits avec la franc-maçonnerie. Une grande partie de son entourage en faisait partie et son influence sur la franc-maçonnerie française ne doit pas être sous-estimée. Il est donc évident qu’ils partageaient sa fascination pour l’Égypte. Pour les francs-maçons, cette civilisation était une source d’inspiration. Ils voyaient dans ses grandes idées en matière de science, de médecine, d’organisation de la société et d’architecture une référence historique à laquelle se raccrocher. Certains estiment aussi que les francs-maçons, défenseurs de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ont opté pour l’égyptomanie pour se détacher de l’architecture judéo-chrétienne.
A visiter lors d’une prochaine Journée du patrimoine ?
La symbolique maçonnique puise un grand nombre de ses sources dans l’Égypte ancienne. L’équerre et le compas sont des exemples, mais le style architectural des loges a également subi des influences orientales de plus en plus marquées à partir de cette époque.
Le grand temple de la rue du Persil n’est certes pas unique, mais il est particulier. Aménagé à la fin du 19e siècle il a été restauré une première fois en 1932 et une deuxième fois en 2015 pour lui redonner son aspect d’origine. Il avait été classé en 1998.
Malheureusement, il n’est pas facile de le visiter. Toutefois, cela peut se réaliser au cours de certaines années, lors des Journées du patrimoine; ou alors il faut poser sa candidature et tenter de devenir membre de cette loge.
Mes très chères sœurs, mes très chers frères et chers amis profanes, nous vous invitons à prendre connaissance du communiqué du Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO) Philippe Cangemi, à la suite de la dégradation du Temple de Madrid (Espagne) :
« Le 15 avril,
Notre site de Madrid ou notre Loge GENESIS et bien d’autres se réunissent faisait l’objet de dégradations.La nature des signes tagués sur la façade est la signature des ignobles auteurs de ces dégradations, inutile de les nommer, c’est le témoignage que le pire est toujours une option pour certains.
Ce qu’ont subi nos frères dépasse très largement ce contre quoi nous luttons symboliquement en loge et qui sont les passions les plus funestes de l’homme : l’ envie, l’avarice, l’orgueil. Non, là il est question de haine de l’autre pour ce qu’il est, au point de lui souhaiter ce tragique destin que les peuples du monde entier s’étaient promis, au lendemain de la 2nde Guerre mondiale, de ne plus le laisser se reproduire.
Nous sommes très proches de nos frères madrilènes dans les moments difficiles qu’ils traversent.
Le Grand Maître
Philippe CANGEMI »
Drapeau de l’Espagne
[NDLR : En Espagne, l’antimaçonnisme a des racines profondes et est souvent lié à des mouvements conservateurs et religieux, notamment l’Opus Dei, soit en français« Œuvre de Dieu », également appelé prélature de la Sainte Croix et Opus Dei, une prélature personnelle de l’Église catholique, apostolique et romaine fondée en 1928 par Josemaría Escrivá de Balaguer (1902-1975). Il a été canonisé par saint Jean-Paul II (1920-2005), le 6 octobre 2002.
Blason de la ville de Madrid
Depuis le XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie a été perçue par l’Église catholique comme une menace à son autorité et à ses enseignements. Plusieurs papes ont publié des documents condamnant la franc-maçonnerie, affirmant qu’elle promouvait des idéologies incompatibles avec la foi catholique. L’Opus Dei, en tant que partie intégrante de l’Église, maintient cette position. Historiquement, la franc-maçonnerie a été associée à des idées libérales et progressistes, ce qui a entraîné des conflits avec les structures conservatrices et catholiques du pays.
Francisco Franco
Pendant la dictature de Franco en Espagne, la franc-maçonnerie était interdite et activement réprimée. Franco et son régime considéraient la franc-maçonnerie comme une menace sérieuse à l’ordre et la stabilité de l’État espagnol, en grande partie parce qu’ils associaient les maçons avec des mouvements républicains et anticléricaux. La loi de 1940 sur la répression de la franc-maçonnerie et du communisme en est un exemple, où les francs-maçons pouvaient être emprisonnés et leurs biens confisqués. L’antimaçonnisme en Espagne, tout comme dans d’autres parties du monde, s’appuie souvent sur des théories du complot et une méfiance envers les élites perçues comme opaques ou secrètes. Cette méfiance persiste, bien que dans une moindre mesure, même après la transition de l’Espagne vers la démocratie.]
Le jeudi 18 avril 2024, en l’Hôtel de la Grande Loge de France, 450.fm a eu l’honneur d’assister au premier petit-déjeuner « enjeux et perspectives » organisé par la Grande Loge de France (GLDF), en présence de l’invité spécial M. Bruno Jeudy, éditorialiste et directeur délégué de La Tribune Dimanche.
Bruno Jeudy et Dominique Losey
L’événement, qui s’est tenu dans le cadre convivial et chaleureux, mais aussi culturel et muséal de l’Atrium, a rassemblé des membres de la GLDF et des amis(ies) profanes. L’objectif de ce petit-déjeuner était de créer un espace de réflexion et de dialogue autour de la question : « Peut-on encore croire à l’information ? »
Thierry Zaveroni
Thierry Zaveroni, Grand Maître, prononça quelques mots de bienvenue précisant à l’auditoire les deux types de conférences offertes par la Grande Loge et ouvertes au public avec le cercle culturel « Condorcet-Brossolette » où l’intervenant est franc-maçon et les « Rencontres Enjeux et Perspectives » où le conférencier est non maçon. Elles apportent, toutes deux, un éclairage sur les grands défis contemporains.
Il présente Dominique Losay conseiller fédéral en charge de la culture et de l’événementiel qui est à l’initiative de cette rencontre. Le format petit-déjeuner offrant un cadre qui favorise un échange dynamique et détendu que le Grand Maître avait déjà mis en place au château Saint-Antoine à Marseille. Après avoir remercié M. Bruno Jeudy, il céda la parole à Dominique Losay qui le présenta.
Le Grand Maître rappelle à l’assistance venue nombreuse qu’elle est toujours la bienvenue et il réitère que la Grande Loge, depuis quelques années, souhaite s’ouvrir au monde au travers ces nombreuses conférences publiques et qu’il aura l’occasion de nous accueillir lors des Journées européennes du patrimoine des 21 et 22 septembre prochains.
Afin de « Porter au dehors l’Œuvre commencée dans le Temple », Thierry Zaveroni, en guise de conclusion, présente « Fraternité & Humanisme », le fonds de dotation de la Grande Loge qui a pour buts essentiels de mettre en œuvre la solidarité qui doit relier et unir tous les êtres humains. Et de rappeler aussi la troisième représentation d’un pièce de théâtre le 3 juin prochain au théâtre de Passy. Une façon de porter, au travers des acteurs,des messages forts autour de valeurs de la GLDF, obédience de tradition, de spiritualité adogmatique, de fraternité et d’humanisme.
Une grande et belle première
C’est dans un lieu inhabituel que Bruno Jeudy, journaliste et éditorialiste qui a occupé divers postes de responsabilité dans plusieurs médias au cours de sa carrière et s’est forgé une réputation d’expert en politique et en communication, tout en remerciant le public, se confie sur une aventure qu’il qualifie tant éditoriale que managériale ou encore presque industrielle.
M. Bruno Jeudy retraça, dans un premiers temps, l’histoire de La Tribune Dimanche. Et de retracer aussi, médiatiquement parlant, son parcours. Rappelons, qu’au cours de sa carrière, il a également été chroniqueur et intervenant dans diverses émissions de télévision et de radio mais aussi auteur de plusieurs ouvrages sur la politique et la communication, dont « La Campagne de toutes les peurs » (2007), « Les Dessous de la campagne » (2012), et « Les Derniers Jours de la Ve République » (2016).
En octobre 2023, il lance La Tribune Dimanche dont il devient le directeur délégué.
M. Bruno Jeudy a ouvert la discussion en partageant son analyse des défis auxquels fait face le monde de l’information aujourd’hui, tels que la désinformation, les fake news (infox, fausses nouvelles, fausses informations, informations fallacieuses), la perte de confiance du public et les bouleversements technologiques. Il a souligné l’importance de préserver et de promouvoir une information de qualité, fiable et indépendante, pour garantir un débat public éclairé et une démocratie saine.
Comme à l’accoutumée, la parole circula, notamment sur des questions touchant à la responsabilité et à l’éthique, comme avec l’arrivée de l’intelligence artificielle. Les interventions ont mis en lumière la nécessité de soutenir le journalisme d’investigation, de renforcer l’éducation aux médias et à l’information, et de favoriser la transparence et la pluralité des sources, soulignant l’importance d’un journalisme de qualité et de la vérification des faits en tant que fondements de l’information fiable.
Ce premier petit-déjeuner « enjeux et perspectives » a été l’occasion de tisser des liens entre les participants et de renforcer les synergies entre la GLDF et les acteurs du monde médiatique, politique et économique. Les échanges riches et constructifs ont démontré l’importance du dialogue et de la réflexion collective pour relever les défis auxquels fait face l’information et garantir un avenir où la vérité et la confiance prévalent.
Photo GLDF Officiel
Cette initiative de la Grande Loge de France a permis de créer un espace de rencontre et de réflexion précieux, où les valeurs humanistes et universelles portées par la franc-maçonnerie peuvent contribuer à éclairer les enjeux liés à l’information et à la confiance dans les médias. Gageons que ce premier petit-déjeuner sera le début d’une série d’événements fructueux et inspirants.
Rendez-vous est pris pour le prochain petit-déjeuner, le jeudi 16 mai à 8 h 30 avec comme invité Son Excellence Mr Josué Pierre Dahomey, ambassadeur de la République d’Haïti en France, sur le thème : « Haïti : peut-on croire possible de sortir du chaos ? » Vous pouvez déjà vous y inscrire en cliquant ICI.
Nous vous rappelons aussi que le 23 mai à 20h30, nous pouvez assister à la conférence « enjeux et perspectives » avec comme invité Cédric Villani, mathématicien, ancien député, président de la fondation de l’écologie politique. Il sera interrogé sur le thème : « Quels lendemains nous prépare la science ? » et le jeudi 13 juin à 8 h 30 avec comme invitée Mme Élodie Mielczareck, sémiologue qui interviendra sur « Peut-on croire encore que les mots ont un sens ? »
Dominique Losey
Renseignements pratiques : Les petits-déjeuners « enjeux et perspectives »
Grande Loge de France – 8, rue Louis Puteaux 75017 Paris (métro Rome)
Responsable : Dominique Losay, Délégué à la vie culturelle de la GLDF – adresse de contact.
Ces petits déjeuners sont ouverts à tout public. En revanche, l’inscription préalable sur le site de réservation est obligatoire.
Aujourd’hui, et c’est bien naturel, nous vous rendons compte, en exclusivité, de cette belle soirée qui fut telle une communion des cœurs.
Comme elle s’y était engagée, la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) a organisé le jeudi 18 avril dernier, en association avec la Grande Loge de France (GLDF), un concert exceptionnel autour de l’œuvre du premier lauréat du « Prix d’Art sacré de L’Alliance », Matthieu Stefanelli.
Pour ce concert unique, une belle assistance était au rendez-vous au temple protestant du Saint-Esprit, à Paris VIIIe arr., pour découvrir « Les Fleurs du Paradis », un hommage à la cathédrale Notre-Dame de Paris, et Missa Brevis, une évocation du mystère de la Création portée par des chants grégoriens de tradition mozarabe.
La salle a d’emblée ressenti chez les musiciens, solistes et choristes, dirigés par Olivier Cangelosi, la joie d’interpréter cette musique et de la partager avec un auditoire conquis.
La création en 2023 par la GL-AMF d’un « Prix d’Art sacré », à l’initiative de Francis Bardot, a pour ambition d’ouvrir le dialogue entre l’Art et la Maçonnerie, entre l’artiste et l’initié. Ce Prix se veut la manifestation d’une Franc-maçonnerie qui met résolument la spiritualité au cœur de son cheminement.
La soirée s’est achevée par des ovations et des applaudissements nourris, récompensés par la reprise du « gloria » de la Missa Brevis dans un grand moment d’émotion partagée. Source : Jean-Claude Tribout – Illustrations GL-AMF
De gauche à droite, Francis Bardot, le porteur de ce projet et animateur très actif des activités culturelles et spirituelles de L’Alliance, Pierre Lucet, Grand Maître de la GL-AMF, Matthieu Stefanelli, le lauréat, Thierry Zaveroni, Grand Maître, et Dominique Losay, délégué à la Culture de la GLDF.
Alors que le Grand Maître du Grand Orient de France Guillaume Trichard est attendu ce dimanche pour une conférence publique à Rivesaltes, un frère catalan, Serge Llorca a décrypté pour L’Indépendant le lexique de cet ordre initiatique désormais plus discret que secret.
– GODF ou GO : Né en 1773, le Grand Orient de France est la plus ancienne et grande obédience maçonnique française. Basée rue Cadet à Paris, elle est toujours la plus représentée en France et en Europe, comptant aujourd’hui 1 450 loges, hors métropole, et 55 000 membres.
– La Grande Loge de France : Installée rue Puteaux à Paris elle s’est constituée en 1894-1895 et regroupe actuellement 36 000 frères. Ses loges sont exclusivement masculines et travaillent presque toutes au REAA, rite écossais ancien et accepté.
– La Grande Loge Nationale de France : Sise rue Christine-de-Pisan à Paris, elle a connu une crise qui a ramené ses effectifs à 26 000 frères dans l’Hexagone.
– Le Droit Humain : Forte de 17 000 sœurs et frères en France, l’obédience mixte et internationale travaille au REAA.
– La Grande Loge féminine de France : Exclusivement féminine, elle fédère 14 000 sœurs.
– Obédience : Groupement de loges maçonniques.
– Temple : C’est le nom symbolique donné au lieu où se réunissent les loges maçonniques pour pratiquer leurs rituels, dans le cadre de leurs réunions.