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G comme Grade en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le grade est, en franc-maçonnerie, chacune des étapes du parcours initiatique, conférée au cours d’une cérémonie propre et dotée de ses symboles, de son enseignement et de ses moyens de reconnaissance. On dit aussi degré. Tous les rites sont organisés en grades, mais leur nombre varie considérablement : trois pour la maçonnerie dite bleue, sept au Rite Français avec ses Ordres de Sagesse, trente-trois au Rite Écossais Ancien et Accepté. Le grade marque une progression de la compréhension plus qu’un rang hiérarchique, et il ne doit pas être confondu avec les offices, ou fonctions, exercés dans la loge.

Définition et vocabulaire

Grades en franc-maçonnerie – Structure of Masonic appendant bodies in England and Wales

Le mot grade vient du latin gradus, « pas », « marche », « degré ». L’image est celle d’un escalier que l’on gravit marche après marche. Au début du XIXe siècle, le Vocabulaire des francs-maçons d’Étienne-François Bazot précise que chaque grade a ses mots, signes et attouchements, ainsi que son costume et son décor. Le grade se reçoit au terme d’une cérémonie : initiation pour l’Apprenti, passage pour le Compagnon, élévation pour le Maître, puis réceptions successives dans les grades supérieurs.

Grade, office, dignité

Le grade ne doit pas être confondu avec l’office, c’est-à-dire la fonction exercée dans la loge — Vénérable Maître, Surveillant, Orateur, Secrétaire, Expert — ni avec les dignités d’une obédience, comme celle de Grand Maître. Un Maître peut présider sa loge sans détenir aucun haut grade, et un titulaire de hauts grades siège en loge bleue comme un simple Maître. Cette distinction protège l’égalité entre membres d’un même atelier.

Naissance des grades

La maçonnerie des premières décennies du XVIIIe siècle ne connaît que deux grades ; un troisième, celui de Maître, est attesté à Londres en 1725 et décrit en 1730 dans Masonry Dissected de Samuel Prichard. Dès les années 1730-1740, des grades supplémentaires apparaissent, d’abord en France avec les « Maîtres écossais ». On en dénombre plus d’une centaine dans les années 1760, avant que des systèmes ne les ordonnent : le Rite de Perfection en vingt-cinq grades, le Rite Français et ses Ordres de Sagesse à la fin du XVIIIe siècle, le Rite Écossais Ancien et Accepté en trente-trois degrés, formé à Charleston en 1801.

Combien de grades selon les rites ?

Grades en franc-maçonnerie – Supreme Council of Scottish Rite Masons, (10-20-25) LCCN2016841156
  • Maçonnerie bleue : Apprenti, Compagnon, Maître, socle commun de presque tous les rites.
  • Rite Français : trois grades symboliques et quatre Ordres de Sagesse, complétés aujourd’hui par un cinquième ordre administratif et de conservation.
  • Rite Écossais Ancien et Accepté : 33 degrés, du 1er au 3e en loge, puis loges de perfection, chapitres, aréopages et consistoires jusqu’au Suprême Conseil.
  • Rite Écossais Rectifié : quatre grades en loge (dont Maître Écossais de Saint-André), puis l’Ordre intérieur et ses chevaliers.
  • Maçonnerie anglaise : trois degrés, auxquels s’ajoute l’Arche royale, et de nombreux ordres dits « side degrees ».

Une progression, non une hiérarchie

La tradition maçonnique insiste sur le fait qu’un grade n’est pas un titre de supériorité. Il ouvre un champ nouveau de réflexion et suppose que les enseignements précédents ont été intégrés. Pour la conception anglaise, la maîtrise est le grade le plus élevé de la franc-maçonnerie, et les autres grades en sont des développements. En France, les hauts grades sont souvent présentés comme des « ateliers de perfectionnement » qui approfondissent la légende et les symboles des trois premiers degrés.

Le passage d’un grade à l’autre suppose généralement un temps de maturation, la présentation de travaux et un vote. On parle familièrement d’« augmentation de salaire », image tirée des corporations de bâtisseurs, où l’ouvrier progressait en compétence et en rémunération.

Signes extérieurs du grade

Le grade se lit sur le décor : tablier à la bavette relevée de l’Apprenti, tablier et cordon du Maître, sautoirs, écharpes et bijoux des hauts grades, qui obéissent à des codes de couleur propres à chaque rite. Les places en loge peuvent aussi en dépendre : dans bien des rites, Apprentis et Compagnons siègent sur des colonnes distinctes.

À retenir

  • Grade vient du latin gradus, « marche ».
  • Chaque grade a ses symboles, sa cérémonie et ses moyens de reconnaissance.
  • Le grade se distingue de l’office (fonction en loge) et des dignités obédientielles.
  • Le nombre de grades varie de trois à plusieurs dizaines selon les rites.
  • La maîtrise reste partout la référence.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Grades symboliques, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Degré, Augmentation de salaire…, Décors.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Gnose en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le mot gnose, du grec gnôsis, « connaissance », désigne une connaissance qui transforme celui qui l’acquiert, distincte du simple savoir. En franc-maçonnerie, il apparaît surtout comme l’une des lectures de la lettre G placée au centre de l’étoile flamboyante, à côté de la Géométrie ou de la Gravitation. Il ne faut pas le confondre avec le gnosticisme, ensemble de courants religieux des premiers siècles chrétiens. Le terme a aussi nourri l’antimaçonnisme, qui accuse les loges de professer une gnose occulte, voire luciférienne.

Gnose et gnosticisme

Gnose

La gnôsis grecque désigne la connaissance, mais le mot a pris très tôt une coloration religieuse. Aux IIe et IIIe siècles, des maîtres comme Valentin ou Basilide enseignent que le salut passe par une connaissance révélée de l’origine divine de l’âme, prisonnière d’un monde matériel souvent jugé mauvais. Ces courants, que les historiens appellent gnosticisme, furent combattus comme hérétiques par les Pères de l’Église. La découverte en 1945 des manuscrits de Nag Hammadi, en Égypte, a renouvelé leur connaissance.

Le mot gnose a ensuite été employé plus largement, pour désigner toute forme de connaissance spirituelle intérieure, distincte à la fois de la foi reçue et du savoir rationnel. C’est dans ce sens large qu’il circule dans les milieux ésotériques et, parfois, maçonniques.

La lettre G et ses lectures

Au grade de compagnon, le récipiendaire découvre l’étoile flamboyante et la lettre G qui l’habite. Les rituels et les auteurs maçonniques en ont proposé de nombreuses lectures. La plus ancienne et la plus attestée est la Géométrie, science fondatrice de l’art du bâtisseur ; dans la tradition anglaise, le G renvoie aussi à God. D’autres sens se sont ajoutés au fil du temps, selon les rites et les auteurs.

  • Géométrie : la mesure, science des bâtisseurs.
  • God : Dieu, dans la tradition anglo-saxonne.
  • Gnose : la connaissance intérieure.
  • Gravitation : l’ordre newtonien de l’univers.
  • Génération, Génie : la vie et l’intelligence créatrice.

Une connaissance qui transforme

Dans le langage maçonnique, la gnose désigne moins une doctrine qu’une manière de connaître. Elle ne s’accumule pas comme des informations ; elle se gagne par l’expérience, le travail sur les symboles, la méditation. Elle transforme celui qui connaît. C’est en ce sens qu’elle rejoint la démarche initiatique : on ne transmet pas une vérité toute faite, on propose une méthode pour que chacun la découvre en lui. Cette connaissance est réputée sans fin, car l’esprit peut toujours approfondir. Le vieil adage grec « Connais-toi toi-même », souvent cité en loge, en donne une formulation simple.

Gnose et franc-maçonnerie : des liens historiques

Gnose

À la fin du XIXe siècle, plusieurs francs-maçons se sont intéressés aux courants gnostiques. Jules Doinel, archiviste et membre du Grand Orient de France, fonde en 1890 une Église gnostique qui se veut la restauration du gnosticisme antique. L’occultisme de cette époque, autour de figures comme Papus, croise souvent la franc-maçonnerie et les rites dits égyptiens. Ces milieux restent toutefois minoritaires : la gnose n’a jamais été la doctrine des grandes obédiences.

L’accusation de gnose luciférienne

L’antimaçonnisme a exploité ce rapprochement. Converti au catholicisme, Doinel publie sous le pseudonyme de Jean Kostka Lucifer démasqué, où il présente la franc-maçonnerie comme une gnose luciférienne ; il participe avec Léo Taxil à la fondation d’une ligue antimaçonnique en 1895. L’aveu de Taxil, en 1897, a discrédité ces récits, mais l’idée d’une « gnose maçonnique » secrète reste un thème récurrent de la littérature complotiste.

Interprétations contemporaines

Gnose

Aujourd’hui, les francs-maçons emploient le mot avec prudence. Pour certains, attachés à une approche spiritualiste, il désigne la dimension intérieure et quasi mystique du travail initiatique. Pour d’autres, il évoque surtout l’exigence de connaissance par soi-même, sans dogme, et se rapproche de l’esprit critique. Dans tous les cas, il rappelle que la franc-maçonnerie se veut une voie de connaissance plutôt qu’un ensemble de croyances.

À retenir

  • Gnose : du grec gnôsis, connaissance intérieure et transformante.
  • À distinguer du gnosticisme, courant religieux des premiers siècles.
  • En loge, l’une des lectures de la lettre G, avec la Géométrie.
  • Thème exploité par l’antimaçonnisme, notamment dans l’entourage de Taxil.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : la lettre G, Étoile flamboyante, Compagnon, Géométrie, Ésotérisme, Affaire Léo Taxil (antimaçonnisme), Initiation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Globe en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le globe est un symbole rattaché au grade de Compagnon. Dans la tradition maçonnique anglo-saxonne, et dans de nombreux tableaux de loge, les deux colonnes du porche du Temple de Salomon sont surmontées de globes : l’un terrestre, l’autre céleste. Ils signifient l’universalité de la maçonnerie et invitent le Compagnon à étudier le monde, de la terre jusqu’aux astres. Le symbole prend sa source dans la description biblique des chapiteaux des colonnes, interprétée par les maçons du XVIIIe siècle à la lumière de la science et des arts libéraux de leur temps.

Des chapiteaux bibliques aux globes

Globe

Le Premier Livre des Rois (chapitre 7) décrit les deux colonnes de bronze, Jakin et Boaz, élevées devant le Temple de Salomon. Elles portent des chapiteaux ornés de lis, de réseaux et de rangées de grenades, et le texte évoque des « globes » ou renflements surmontant les colonnes. Les maçons ont développé cette indication : dans les instructions anglaises puis américaines du second degré, les colonnes sont dites surmontées de deux grands globes portant les cartes du ciel et de la terre.

Globe terrestre, globe céleste

Le globe terrestre représente le monde habité, mesurable et parcouru par l’homme ; il invite le Compagnon à connaître la réalité concrète, les peuples et les cultures. Le globe céleste représente l’ordre du cosmos, les astres et leurs lois ; il élève le regard vers l’harmonie universelle. Réunis, ils expriment la totalité du savoir et l’accord entre le bas et le haut, la terre et le ciel.

Un symbole du Compagnon

Le grade de Compagnon est traditionnellement celui de l’étude : les rituels l’associent aux sept arts libéraux (grammaire, rhétorique, logique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie) et aux sciences. Les globes en sont l’illustration naturelle. Après l’Apprenti, tourné vers lui-même et la pierre brute, le Compagnon ouvre son regard au monde et au ciel.

Universalité de la maçonnerie

Globe

Les instructions anglo-saxonnes interprètent explicitement les globes comme le signe de l’universalité de la maçonnerie, qui s’étend sur toute la terre et sous toute la voûte céleste. La loge est elle-même dite s’étendre de l’Orient à l’Occident, du Midi au Septentrion, de la terre au zénith : les globes donnent à cette image une forme visible.

Les colonnes dans les loges françaises

Dans les temples français, les colonnes Jakin et Boaz sont plus souvent surmontées de grenades, fidèles au texte biblique, que de globes. Les globes apparaissent néanmoins sur de nombreux tableaux de loge, gravures et décors, et certains rites ou obédiences les ont adoptés. La forme des colonnes, leur ordre et leurs ornements varient selon les rites et les traditions locales.

Une sphère sans commencement ni fin

Au-delà de l’astronomie, la sphère est une figure de perfection : sans angle, sans début ni fin, elle évoque la totalité et l’unité. Les auteurs maçonniques en tirent une leçon de fraternité universelle, ouverte à l’humanité entière. La sphère armillaire, instrument d’astronomie représentant les cercles célestes, est d’ailleurs fréquemment associée à ce symbolisme.

Globes et science des Lumières

Globe
Planisphère, détail

Au XVIIIe siècle, les globes terrestre et céleste sont des instruments emblématiques du savoir. On les trouve dans les cabinets de curiosités, les bibliothèques et les portraits de savants. Les maçons de cette époque, souvent attirés par les sciences, ont tout naturellement associé ces objets au grade de Compagnon, consacré à l’étude. Les tableaux de loge et les gravures maçonniques les représentent fréquemment, aux côtés de l’équerre, du compas, du niveau et de la perpendiculaire. Le globe dit ainsi la curiosité encyclopédique qui caractérise la maçonnerie des Lumières.

À retenir

  • Deux globes, terrestre et céleste, surmontent les colonnes dans la tradition anglo-saxonne.
  • Ils dérivent de la description biblique des chapiteaux de Jakin et Boaz.
  • Ils sont associés au Compagnon, grade de l’étude et des arts libéraux.
  • Ils signifient l’universalité de la franc-maçonnerie.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Colonnes, Compagnon, Grenade, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Glaive ou épée droite en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le glaive, ou épée droite, est en loge une épée à lame droite et à deux tranchants, dont la garde dessine une croix. Il n’a rien d’une arme de combat : il signe la vigilance, la protection du lieu sacré, l’honneur rendu et la loyauté exigée. On le trouve aux mains du Couvreur qui garde la porte, de l’Expert lors de l’initiation, et de toute la loge quand elle forme la voûte d’acier. À distinguer de l’épée flamboyante du Vénérable, il fait partie de l’héritage chevaleresque que la maçonnerie française a intégré dès le XVIIIe siècle.

Description

Glaive ou Épée droite en franc-maçonnerie – Masonic Sword and Scabbard of H.C. Meyer

Le glaive maçonnique est une épée droite de cérémonie, souvent à poignée de laiton ou de cuivre, dont les quillons forment une croix avec la lame. Contrairement à l’épée flamboyante, dont la lame ondulée évoque la flamme, il présente une lame plate et rectiligne. Dans de nombreux ateliers, chaque frère ou chaque sœur dispose d’un glaive lors des tenues solennelles ; dans d’autres, seuls certains officiers en sont armés. Les usages varient selon les rites et les obédiences.

Une origine chevaleresque

Les loges opératives n’avaient aucune raison de porter l’épée. Son introduction est liée à la maçonnerie du XVIIIe siècle, en particulier en France, où le port de l’épée est un privilège de la noblesse et un signe de condition. Le discours de Ramsay (1736-1737), qui rattache la maçonnerie aux chevaliers des croisades, et l’essor des grades « écossais » et chevaleresques donnent à l’épée une place que la maçonnerie anglaise lui accorde beaucoup moins. En loge, porter le glaive, c’est accéder symboliquement à une égalité de rang entre membres venus de conditions différentes.

Dans les rituels

  • Le Couvreur (ou Tuileur) tient le glaive à la porte du Temple : il garde l’entrée et s’assure de la qualité des arrivants.
  • L’Expert, lors de l’initiation, présente la pointe du glaive au candidat dans certaines phases de la cérémonie, rappel du sérieux de l’engagement.
  • La voûte d’acier : les membres croisent les glaives au-dessus du passage pour honorer un dignitaire, un nouvel initié ou une délégation.
  • Les serments : selon les rites, le glaive peut être associé à l’engagement solennel, posé ou présenté pendant la prestation.
  • Les hauts grades : de nombreux grades chevaleresques font du glaive leur attribut principal.

La voûte d’acier

Glaive ou Épée droite en franc-maçonnerie – Sword Pointing to Naked Heart

La voûte d’acier est l’usage le plus spectaculaire du glaive. Les frères ou les sœurs, rangés sur deux lignes, élèvent leurs glaives et les croisent pour former une voûte sous laquelle passe la personne honorée. Le geste est réservé à des moments précis : entrée d’un Grand Maître ou d’un dignitaire, accueil d’une délégation, sortie du nouvel initié dans certains rituels. Il signifie la protection et l’honneur : la force des armes se fait abri. La voûte d’acier a d’ailleurs des équivalents dans les traditions militaires, notamment lors des mariages d’officiers.

Glaive et épée flamboyante

Il ne faut pas confondre le glaive, épée droite, avec l’épée flamboyante. Cette dernière, à lame ondulée, est l’attribut du Vénérable Maître dans plusieurs rites, notamment au Rite Écossais Ancien et Accepté, où elle sert à la consécration du nouvel initié. Elle évoque l’épée des chérubins qui gardent l’entrée de l’Éden dans le récit de la Genèse. Le glaive, lui, est l’arme de tous : il dit la vigilance partagée plutôt que l’autorité de la chaire.

Le sens symbolique

Le glaive est d’abord symbole de droiture : sa lame ne dévie pas. Il évoque la justice qui tranche, la parole qui sépare le vrai du faux, la décision qui coupe court à l’hésitation. Ses deux tranchants rappellent que tout jugement peut se retourner contre celui qui le porte, et que l’exigence vaut d’abord pour soi. Pointé vers le sol ou porté au repos, il signifie la paix ; levé, l’honneur ; croisé avec d’autres, la solidarité. Sa garde en forme de croix a souvent été lue comme une image de l’équilibre entre l’horizontale et la verticale.

À la table

Le mot appartient aussi au vocabulaire des banquets d’ordre : dans la langue imagée des agapes rituelles, le couteau est appelé « glaive », comme la cuillère est la « pelle » et la fourchette la « pioche ». Le glaive des travaux devient ainsi l’humble instrument du partage fraternel.

À retenir

  • Le glaive est une épée droite à deux tranchants, à distinguer de l’épée flamboyante.
  • Son usage en loge vient de la culture chevaleresque du XVIIIe siècle, surtout en France.
  • Il est l’attribut du Couvreur et de l’Expert, et sert à former la voûte d’acier.
  • Il symbolise vigilance, justice, honneur et protection, jamais la violence.

Voir aussi dans le glossaire : Épée flamboyante, Couvreur, Expert Officier, Initiation, Serment, Banquet d’ordre.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Glaive en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le glaive est, dans la langue des loges, le nom traditionnel de l’épée et, à la loge de table, celui du couteau. Ce double emploi résume bien le vocabulaire maçonnique : un mot ancien, solennel, d’origine biblique et chevaleresque, appliqué tantôt à un objet rituel, tantôt à un simple ustensile. Lors des banquets d’ordre, dont le lexique emprunte largement à l’artillerie, les convives lèvent leur glaive pour certaines santés et forment la chaîne « glaive en main ». Comprendre ce mot, c’est entrer dans la culture des travaux de table, codifiée dès le XVIIIe siècle et toujours vivante dans de nombreux ateliers.

Le mot

Glaive en franc-maçonnerie – Crossed swords on stained-glass window, Liskeard Masonic Hall, Cornwall - September 2026

Glaive vient du latin gladius, l’épée courte du légionnaire romain, dont dérive aussi gladiateur. En français, le mot prend très tôt une valeur noble et symbolique : la Bible parle du « glaive de l’Esprit », la justice est représentée tenant un glaive. Au début du XIXe siècle, le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot le définit simplement : glaive signifie épée.

Le glaive en loge

Dans les travaux rituels, l’épée — ou glaive — tient une place importante. Bazot indique que chaque Frère la tenait en main pour recevoir les visiteurs de marque et au moment de l’initiation. Aujourd’hui encore, selon les rites, l’Expert, le Couvreur ou le Maître des cérémonies portent une épée, et les Frères forment parfois une voûte d’acier pour honorer un visiteur ou un dignitaire. Le Vénérable du Rite Écossais Ancien et Accepté dispose quant à lui d’une épée flamboyante, à lame ondulée, utilisée lors des consécrations.

Symboliquement, l’épée exprime la protection du temple, la loyauté et l’honneur ; elle peut aussi représenter le discernement qui tranche entre le vrai et le faux. Elle n’est jamais une arme de combat : elle est un signe.

Le glaive à la loge de table

Les banquets maçonniques, appelés travaux de table ou loge de table, ont développé dès le XVIIIe siècle un vocabulaire particulier, largement emprunté au monde militaire. Le couteau y devient glaive, comme le verre devient canon et la boisson poudre. Le manuel de Bazot décrit la dernière santé, portée à tous les maçons répandus sur la terre : les Frères se lèvent et forment la chaîne, les glaives en main. Les commandements du Vénérable invitent à se tenir « debout et à l’ordre, glaive en main ».

Le même manuel détaille l’ordre des santés d’obligation sous le Premier Empire : celle du souverain, puis celle du Grand Maître et des officiers du Grand Orient, celle du Vénérable, celle des Surveillants, celle des visiteurs, celle des officiers et membres de la loge, enfin celle de tous les maçons répandus sur la terre. Chaque santé obéit à un cérémonial précis : charger, aligner, puis faire feu au commandement, avant la triple batterie et le triple vivat.

Le lexique des travaux de table

Glaive
Source : Wikimedia Commons – G.Garitan – CC BY-SA 4.0
  • Le verre : canon ; le remplir : charger ; boire : tirer une canonnade ou faire feu.
  • Le vin : poudre forte ou rouge ; l’eau : poudre faible.
  • La bouteille : barrique ; l’assiette : tuile ou plateau.
  • La fourchette : pioche ; la cuillère : truelle.
  • Le pain : pierre brute ; les mets : matériaux ; manger : mastiquer.
  • La serviette : drapeau ; les bougies : étoiles ; le sel : sable blanc ; le poivre : sable jaune.

Pourquoi un vocabulaire guerrier ?

L’influence militaire sur ce lexique est généralement expliquée par la forte présence d’officiers dans les loges du XVIIIe siècle et du Premier Empire, y compris dans les loges régimentaires qui suivaient les armées. Il ne s’agit pas d’exalter la guerre : le langage martial, détourné et ritualisé, transforme le repas en cérémonie fraternelle, avec ses commandements, sa discipline et sa bonne humeur. Les maçonneries d’adoption et les chapitres de Rose-Croix ont développé leurs propres variantes, où le couteau reste souvent un glaive.

Une mémoire vivante

Tous les ateliers ne pratiquent pas ce vocabulaire, et beaucoup se contentent d’agapes moins formelles. Mais les banquets d’ordre, notamment lors des fêtes solsticiales de la Saint-Jean, restent l’occasion de faire revivre ces termes. Le glaive y rappelle que, même à table, la loge demeure un espace ordonné, où les gestes les plus simples participent d’un langage commun.

À retenir

  • Glaive, du latin gladius : l’épée en loge, le couteau à table.
  • Les épées servent à honorer les visiteurs et interviennent dans les cérémonies.
  • La dernière santé du banquet se porte en chaîne, glaive en main.
  • Le lexique de table, d’inspiration militaire, est codifié dès le XVIIIe siècle.

Voir aussi dans le glossaire : Loge de Table, Canon, Poudre du Liban, Épée flamboyante, Filet.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Géométrie en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La géométrie occupe en franc-maçonnerie une place à part : dans les plus anciens textes du métier, elle est purement et simplement l’autre nom de la maçonnerie. Les Old Charges médiévaux font remonter l’art de bâtir à Euclide, et les catéchismes du XVIIIe siècle expliquent déjà que la lettre G désigne la géométrie. Science de la mesure et des proportions, cinquième des sept arts libéraux, elle est devenue dans les loges un langage symbolique : apprendre à mesurer, à tracer et à ordonner, c’est apprendre à se construire soi-même avec justesse.

Géométrie et maçonnerie : une vieille équivalence

Géométrie en franc-maçonnerie – Restorations of masonic geometry

Le manuscrit Regius, poème de 794 vers rédigé vers 1390, et le manuscrit Cooke, un peu plus tardif, sont les plus anciens témoins des « Old Charges », ces textes réglementaires et légendaires des maçons opératifs anglais. Tous deux racontent que l’art de bâtir fut fondé en Égypte par Euclide, qui l’aurait appelé géométrie, et qu’il passa ensuite aux Hébreux puis en Angleterre. On connaît environ 130 versions de ces Charges, copiées jusqu’au XVIIIe siècle : toutes célèbrent la géométrie comme la science qui fonde le métier.

La maçonnerie spéculative hérite directement de cette équivalence. Lorsqu’elle se structure à Londres à partir de 1717, elle se dit « art royal » et place la géométrie au cœur de son enseignement, en particulier au grade de Compagnon.

La géométrie parmi les sept arts libéraux

Les Old Charges énumèrent les sept arts libéraux hérités de l’Antiquité et des universités médiévales : grammaire, rhétorique et logique (le trivium), arithmétique, géométrie, musique et astronomie (le quadrivium). La géométrie y est présentée comme la science par excellence, celle sans laquelle aucun des autres arts ne pourrait s’exercer. Dans de nombreux rituels du deuxième degré, les voyages du Compagnon sont mis en relation avec ces arts, la géométrie occupant une place centrale.

La lettre G

La lettre G, inscrite au centre de l’étoile flamboyante ou suspendue à l’Orient, est l’un des symboles les plus connus des loges. Dès 1730, l’ouvrage de divulgation de Samuel Prichard, Masonry Dissected, indique qu’elle signifie la géométrie, « la cinquième science ». D’autres lectures se sont ajoutées par la suite, en anglais God, en français gnose, génération ou génie selon les auteurs, mais le sens géométrique est le plus anciennement attesté.

Repères

Géométrie en franc-maçonnerie – G is for Geometry
  • Vers 1390 : manuscrit Regius, qui rattache le métier à Euclide.
  • XVe siècle : manuscrit Cooke, avec un éloge de la géométrie et des arts libéraux.
  • 1730 : Masonry Dissected de Prichard associe la lettre G à la géométrie.
  • Tradition anglaise : le bijou de l’Ancien Maître porte la 47e proposition d’Euclide, le théorème de Pythagore.
  • Outils : équerre, compas, règle, niveau et perpendiculaire sont des instruments de géométrie appliquée.

Les outils du géomètre

L’équerre et le compas, qui forment avec le Volume de la Loi sacrée les trois grandes lumières de la loge, sont d’abord des instruments de tracé. L’équerre donne l’angle droit, condition de toute construction stable ; le compas trace le cercle et mesure les distances. Le niveau et la perpendiculaire, bijoux des Surveillants, vérifient l’horizontale et la verticale. La géométrie maçonnique est donc une géométrie de chantier avant d’être une spéculation mathématique : elle sert à poser des pierres justes.

Une méthode de construction intérieure

Transposée sur le plan moral, la géométrie devient une discipline de soi. Mesurer, c’est apprendre la proportion et refuser l’excès ; tracer, c’est concevoir avant d’agir ; vérifier l’équerre, c’est confronter sa conduite à une règle. Les auteurs du symbolisme maçonnique, comme Oswald Wirth ou Jules Boucher, ont développé cette lecture où le Temple à bâtir est l’être humain lui-même. La géométrie enseigne enfin l’harmonie : un édifice tient parce que ses parties sont dans un rapport juste, non parce qu’elles sont identiques.

Géométrie sacrée et prudence

Le thème de la « géométrie sacrée », nombre d’or, tracés régulateurs des cathédrales, figures pythagoriciennes, a inspiré une abondante littérature. Elle peut nourrir la méditation, mais les historiens rappellent que les connaissances réelles des bâtisseurs médiévaux étaient surtout pratiques, faites de tracés à l’échelle un et de recettes d’atelier. La loge gagne à distinguer le symbole, qui donne à penser, de l’histoire, qui exige des preuves.

Pour approfondir

  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Les Old Charges, dont le manuscrit Regius (British Library) et le manuscrit Cooke, éditions et traductions diverses.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : la lettre G, Compagnon, Équerre, Compas, Étoile flamboyante, Anciens Devoirs (Old Charges).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Garant d’amitié en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le garant d’amitié est, dans le vocabulaire maçonnique français, l’équivalent d’un ambassadeur : un frère ou une sœur désigné pour représenter une obédience auprès d’une autre avec laquelle elle entretient des relations d’amitié ou de reconnaissance. Ce système de représentants croisés, que la maçonnerie anglo-saxonne appelle Grand Representative, structure depuis le XIXe siècle la « diplomatie » maçonnique. Il donne un visage aux traités d’amitié, facilite les visites et les échanges, et entretient dans la durée les liens entre puissances maçonniques souveraines.

Définition

Garant d'amitié
Traité d’amitié GODF – Grande Loge ANI du Canada – à gauche : Franco Huard, au centre : Guillaume Trichard GM du GODF et à droite : Sylvain Paquette.

Les glossaires maçonniques définissent le garant d’amitié comme le représentant d’une Grande Loge ou d’un Grand Orient auprès d’une obédience avec laquelle ont été établis des contacts d’amitié et de collaboration. Le terme insiste sur la dimension fraternelle de la relation : le garant ne négocie pas des intérêts, il atteste et entretient une amitié.

Un système de représentants croisés

Dans l’usage le plus répandu, chaque obédience partenaire désigne un membre de l’autre obédience pour la représenter. Ainsi, le garant d’amitié d’une Grande Loge étrangère auprès d’une obédience française est généralement un maçon français, choisi en accord entre les deux puissances. Il porte souvent un bijou ou une médaille spécifique lors des tenues solennelles et des assemblées.

Ses missions

  • Entretenir la relation entre les deux obédiences et en être l’interlocuteur.
  • Transmettre les informations, invitations et messages officiels.
  • Accueillir les délégations et faciliter les visites de frères ou de sœurs.
  • Représenter l’obédience amie lors des grandes assemblées et des installations.
  • Signaler toute difficulté susceptible d’affecter la relation.

Traités d’amitié et reconnaissance

Deux mains entrelacées pour s'aider
Deux mains entrelacées pour s’aider. Fraternité, entraide.

La désignation de garants accompagne la signature de traités d’amitié ou d’accords de reconnaissance mutuelle. Dans la maçonnerie dite régulière, la reconnaissance obéit aux critères formulés notamment par la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1929 ; dans la maçonnerie libérale, les relations s’organisent souvent au sein de réseaux comme le CLIPSAS ou par des accords bilatéraux. Le Grand Orient de France, par exemple, a signé de nombreux traités d’amitié avec des obédiences étrangères.

Une fonction diplomatique

La charge exige tact, discrétion et sens des formes. Le garant doit concilier fidélité à son obédience et ouverture à l’autre, éviter les malentendus et respecter les sensibilités de chacun. Il intervient dans un univers où les gestes protocolaires, l’ordre des préséances et les mots comptent beaucoup. Les obédiences disposent généralement d’un service des relations extérieures ou d’un Grand Chancelier qui coordonne l’action des garants.

La fraternité au-delà des frontières

L’existence des garants d’amitié rappelle que la franc-maçonnerie, malgré sa diversité et ses divisions, se pense comme une chaîne universelle. Ses obédiences sont souveraines mais non isolées ; elles se reconnaissent, s’invitent et coopèrent. Le garant rend cette chaîne concrète, en donnant un nom et un visage à des liens qui, sans lui, resteraient abstraits.

Une fonction honorifique et active

La charge de garant d’amitié est souvent confiée à des maçons expérimentés, anciens Vénérables ou Grands Officiers, connaissant bien l’obédience partenaire, parfois sa langue et sa culture. Elle est à la fois honorifique, puisqu’elle traduit une confiance, et active, car le garant doit faire vivre la relation : assister aux assemblées, répondre aux demandes, accompagner les visites. Une relation qui n’est pas entretenue s’étiole ; c’est le rôle du garant d’empêcher que l’amitié signée ne reste lettre morte. Il rend compte régulièrement aux instances de son obédience.

À retenir

  • Le garant d’amitié est l’ambassadeur d’une obédience auprès d’une autre.
  • Il est en général choisi au sein de l’obédience auprès de laquelle il représente l’autre.
  • Sa désignation accompagne traités d’amitié et reconnaissances.
  • Sa mission est de liaison, de représentation et de fraternité.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Reconnaissance, Régularité, Grande Loge.

Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Gants en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les gants blancs font partie, avec le tablier, du vêtement maçonnique traditionnel. Portés pendant les tenues dans la plupart des obédiences, ils signifient la pureté des mains et des intentions : le maçon doit pouvoir travailler sans se salir, c’est-à-dire agir sans compromission. Leur usage plonge ses racines dans les chantiers médiévaux, où l’on fournissait des gants aux tailleurs de pierre, et dans les rituels du XVIIIe siècle, où le nouvel initié recevait deux paires de gants, dont une destinée à une femme de son choix. Simples en apparence, ils condensent toute une éthique.

Des gants de chantier aux gants de loge

Gants

Les comptes de construction du Moyen Âge mentionnent régulièrement l’achat de gants pour les maçons, destinés à protéger leurs mains de la chaux et de la pierre. Lorsque la maçonnerie devient spéculative, cet équipement de travail se transforme en ornement symbolique. Les divulgations du XVIIIe siècle montrent que la remise de gants au récipiendaire faisait partie de la cérémonie de réception.

Les deux paires de l’initiation

Dans la maçonnerie française du XVIIIe siècle, l’initié recevait, avec son tablier, une paire de gants d’homme pour lui-même et une paire de gants de femme à offrir à celle qu’il estimait le plus. Le geste associait symboliquement les femmes, alors exclues des loges masculines, à l’engagement du nouveau maçon. Une anecdote célèbre rapporte que Goethe, initié en 1780 à Weimar, offrit ainsi ses gants à Charlotte von Stein. Cet usage subsiste dans certaines loges et certains rites.

Pureté et innocence

Le blanc est la couleur de la lumière et de l’innocence. Les gants rappellent la formule biblique des « mains innocentes » : le maçon doit garder des mains pures de toute action injuste. Ils ne prétendent pas à une perfection naïve, mais indiquent un idéal de rectitude vers lequel tendre. Le blanc signale aussi l’égalité : tous portent les mêmes gants, quelle que soit leur condition.

Dans les loges aujourd’hui

  • Dans la plupart des obédiences françaises, les gants blancs sont de règle pendant les tenues.
  • Ils peuvent être retirés à certains moments du rituel, notamment lors de la chaîne d’union selon les usages.
  • Dans certains rites, les gants sont ornés ou de couleur pour les hauts grades ou les dignitaires.
  • Dans la maçonnerie anglaise, l’usage est plus variable et souvent réservé aux officiers ou aux cérémonies.

Un vêtement rituel

Gants

Comme le tablier, les gants font de la tenue vestimentaire un langage. Ils marquent la séparation entre le temps profane et le temps rituel : on les enfile en entrant dans le temple, on les ôte en sortant. Ils rappellent que le maçon est un ouvrier, mais un ouvrier dont les mains travaillent sur une matière intérieure. Le vêtement rituel uniformise et apaise, en effaçant les signes extérieurs de distinction sociale.

Interprétations

Certains auteurs voient dans le gant une protection : il sépare la main de ce qu’elle touche, tout en lui permettant d’agir. Le maçon doit agir avec précaution, sans brutalité. D’autres y lisent un engagement de loyauté, la main gantée tendue au frère étant le signe d’une parole donnée. Au troisième degré, certains rituels rappellent que le maître doit garder les mains pures de tout crime, en écho à la légende d’Hiram.

Le saviez-vous ?

Au XVIIIe siècle, il était d’usage que le nouvel initié offre ou paie à la loge les gants des frères présents, coutume qui figure dans plusieurs règlements anciens. Le gant était alors un accessoire coûteux et un cadeau d’honneur.

Gants et tablier

Grande Loge d'Italie
Grande Loge d’Italie

Les gants forment avec le tablier le cœur du vêtement maçonnique. Tous deux viennent du chantier, où ils protégeaient l’ouvrier, et tous deux sont devenus blancs, en peau ou en tissu, pour signifier l’innocence et le travail sur soi. Le tablier de l’Apprenti est remis lors de l’initiation, souvent avec les gants, dans un même geste de réception. Les décors des grades supérieurs et des officiers, cordons, sautoirs, bijoux, viennent s’ajouter à cet ensemble de base, qui reste le même pour tous et rappelle l’égalité fondamentale des membres.

À retenir

  • Hérités des chantiers, les gants sont devenus symbole de pureté.
  • L’initié recevait autrefois une paire de gants de femme à offrir.
  • Ils signalent l’égalité et la séparation du temps rituel.
  • Leur usage varie selon les obédiences et les pays.

Voir aussi dans le glossaire : Tablier, Décors, Initiation, Tenue, Opératif.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Gamma en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Gamma (Γ), troisième lettre de l’alphabet grec, a la forme exacte d’une équerre. C’est cette ressemblance qui lui donne sa place dans le symbolisme maçonnique : l’équerre est le bijou du Vénérable et l’un des outils fondamentaux de la loge. Certains glossaires en font le symbole des quatre éléments, l’Air, l’Eau, la Terre et le Feu, une lecture qui s’éclaire par le gammadion, figure formée de quatre gammas disposés autour d’un centre. René Guénon a consacré à ces figures des pages souvent citées, et la lettre G des compagnons a parfois été rapprochée du gamma.

Une lettre en forme d’équerre

Gamma

Le gamma majuscule est formé de deux traits à angle droit : il dessine une équerre. Dans un langage symbolique où l’équerre signifie la rectitude, la droiture morale et la juste mesure, cette coïncidence graphique n’est pas passée inaperçue. L’équerre étant l’emblème du Vénérable, et l’une des trois grandes lumières de la loge, le gamma peut se lire comme sa transcription alphabétique.

Il faut garder à l’esprit que le gamma n’apparaît pas comme tel dans les rituels des trois premiers degrés : il relève surtout des glossaires et des études symboliques, qui l’utilisent pour éclairer la symbolique de l’équerre et de l’angle droit.

Le gammadion : quatre équerres autour d’un centre

Le gammadion (pluriel gammadia) est une figure composée de quatre gammas, donc de quatre équerres. René Guénon, dans l’article « El-Arkân » repris dans Symboles fondamentaux de la Science sacrée (chapitre XLV), en distingue deux formes : quatre équerres dont les sommets sont tournés vers le centre, laissant apparaître une croix dans l’espace vide, et quatre équerres placées aux angles d’un carré autour d’une croix centrale.

Dans la seconde forme, Guénon voit la projection d’un édifice sur son plan : les équerres figurent les pierres d’angle de la base, la croix renvoyant à la pierre angulaire du sommet. Cette lecture architecturale intéresse directement la symbolique maçonnique du Temple.

Pourquoi les quatre éléments ?

L’association du gamma aux quatre éléments découle de cette quadripartition. Quatre équerres orientées autour d’un centre évoquent les quatre directions de l’espace, et, par extension, les quatre éléments de la physique ancienne, que la tradition hermétique répartit aux quatre angles du monde. Le centre, lieu de l’unité, figure alors un cinquième principe, la quintessence ou l’éther.

Guénon précise toutefois que ces correspondances ne sont pas des identités : les « agents naturels » de la tradition chinoise qu’il rapproche du gammadion ne coïncident pas exactement avec les éléments occidentaux. L’équivalence gamma = quatre éléments doit donc être comprise comme une clé de lecture symbolique, non comme une règle rituelle.

Gamma et lettre G

Gamma en franc-maçonnerie – Square (Worshipful Master) collar jewel, Liskeard Masonic Hall, Cornwall - September 2026

Plusieurs auteurs maçonniques ont rapproché la lettre G, placée au centre de l’étoile flamboyante au grade de Compagnon, du gamma grec, en raison de leur forme et de la symbolique géométrique de l’équerre. Cette hypothèse coexiste avec bien d’autres interprétations de la lettre G (Géométrie, God, Gnose, Génération, Gravitation). Aucune n’est imposée par les rituels, qui laissent le compagnon méditer sur cette pluralité.

Le saviez-vous ?

Guénon soulignait que les véritables « croix gammées » sont les gammadia, formés de quatre gammas, et que les modernes ont appliqué ce nom à tort au svastika. Dans l’art paléochrétien, des motifs en forme de gamma, également appelés gammadia, ornaient d’ailleurs les vêtements et les tissus liturgiques.

Dans le symbolisme maçonnique

  • Le gamma rappelle l’équerre, bijou du Vénérable et instrument de la rectitude.
  • Quatre gammas forment le gammadion, figure du quaternaire et de l’orientation.
  • Le quaternaire renvoie aux quatre éléments, évoqués notamment lors des voyages de l’initiation.
  • Le centre de la figure évoque l’unité, principe qui ordonne la diversité.
  • Le rapprochement avec la lettre G reste une hypothèse parmi d’autres.

Gamma, équerre et rectitude

Si l’on suit la piste du gamma, toute la morale de l’équerre s’y retrouve. L’angle droit est la mesure de ce qui est juste : la pierre est « équarrie » quand ses faces sont d’équerre, et l’homme droit quand sa conduite l’est. Les quatre gammas du gammadion multiplient cette exigence dans les quatre directions, comme pour dire que la rectitude doit s’exercer partout, et non dans un seul domaine de la vie.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • René Guénon, Symboles fondamentaux de la Science sacrée, Gallimard, 1962 (chapitre « El-Arkân »).
  • René Guénon, Le Symbolisme de la Croix, Véga, 1931.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Équerre, la lettre G, Étoile flamboyante, Élection de Portalis comme vénérable de L’Étroite Persévérance des Amis Réunis à Aix, 1768 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme G∴A∴D∴L∴U∴ en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G∴A∴D∴L∴U∴ est l’abréviation de « Grand Architecte de l’Univers », l’une des expressions les plus célèbres de la franc-maçonnerie. Héritée de la théologie chrétienne et adoptée par les maçons anglais dès le XVIIIe siècle, elle désigne Dieu sous la figure d’un bâtisseur du monde, ou, selon les obédiences, un principe créateur ou un symbole de l’ordre universel. Les travaux s’ouvrent traditionnellement « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers ». La place donnée à cette référence est au cœur de la grande fracture entre maçonnerie dite régulière et maçonnerie libérale.

Origine de l’expression

G∴A∴D∴L∴U∴

L’image de Dieu architecte du monde est ancienne : on la trouve chez les Pères de l’Église et elle est souvent associée à Jean Calvin, qui parle de Dieu comme de l’architecte de l’univers. Les maçons du XVIIIe siècle, héritiers d’un métier de bâtisseurs, l’ont naturellement adoptée. Dans les textes anglais, le « Grand Architect of the Universe » s’impose pour désigner la divinité de manière acceptable par des chrétiens de différentes confessions. L’abréviation à trois points, caractéristique de l’usage français, apparaît au XVIIIe siècle.

La formule d’ouverture

Les travaux de nombreuses loges s’ouvrent « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », abrégé A∴L∴G∴D∴G∴A∴D∴L∴U∴, formule qui figure aussi en tête des planches et des documents officiels. Elle place le travail maçonnique sous une référence qui dépasse la loge et ses membres.

1877 : la querelle du Grand Architecte

En 1875, le convent des Suprêmes Conseils du Rite écossais réunis à Lausanne définit le Grand Architecte comme un « principe créateur », formule jugée ambiguë. Le 13 septembre 1877, sur le rapport du pasteur Frédéric Desmons, le convent du Grand Orient de France supprime de sa constitution l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme, au nom de la liberté absolue de conscience. La Grande Loge Unie d’Angleterre rompt alors ses relations avec le Grand Orient ; cette fracture structure encore la maçonnerie mondiale.

Les positions des obédiences

G∴A∴D∴L∴U∴
  • Maçonnerie régulière (Grande Loge Unie d’Angleterre, Grande Loge Nationale Française) : la croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers, est une condition d’admission, selon les principes de 1929.
  • Grande Loge de France : travaille à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, sans imposer de définition dogmatique.
  • Grand Orient de France : la référence est facultative et laissée à la liberté de chaque loge.
  • Droit Humain et obédiences libérales : liberté absolue de conscience, référence variable selon les rites pratiqués.
  • Rite écossais rectifié : référence explicitement chrétienne au Grand Architecte.

Un symbole ouvert

Pour de nombreux maçons, le Grand Architecte n’est pas défini dogmatiquement : chacun l’entend selon sa conscience, comme le Dieu de sa religion, comme un principe d’ordre, comme une intelligence organisatrice ou comme un pur symbole de l’idéal. Cette ouverture permet à des personnes de convictions différentes de travailler ensemble sous une même référence, sans que la loge prétende trancher ce que chacun croit.

L’idée d’architecture

Le mot architecte est central. Il suppose que l’univers n’est pas un chaos mais un ensemble ordonné, mesurable et harmonieux, conçu selon un plan. Le maçon, invité à tailler sa pierre et à bâtir son temple intérieur, se pense comme un ouvrier de ce plan. Le Grand Architecte devient ainsi le modèle d’une intelligence structurante et l’horizon du travail initiatique.

Le saviez-vous ?

GADLU
GADLU

La célèbre gravure de William Blake, The Ancient of Days (1794), montre un vieillard penché hors des nuées et traçant le monde avec un compas. Elle illustre souvent les articles consacrés au Grand Architecte, bien qu’elle relève de la mythologie personnelle de Blake et non de la franc-maçonnerie.

À retenir

  • G∴A∴D∴L∴U∴ signifie Grand Architecte de l’Univers.
  • L’expression vient de la théologie chrétienne et du monde des bâtisseurs.
  • Sa suppression obligatoire au GODF en 1877 a divisé la maçonnerie mondiale.
  • Son interprétation varie selon les obédiences et les consciences.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Volume de la loi sacrée, Régularité, Liberté de conscience (antimaçonnisme), Compas, Suspension des réunions du Grand Orient de France après le coup d’État, 10 décembre 1851 (date historique).

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