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G comme Griffe en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La griffe, ou griffe de Maître, désigne dans le vocabulaire maçonnique français l’attouchement propre au troisième degré, cette manière particulière de se saisir la main qui permet aux Maîtres de se reconnaître. Elle est liée à la légende d’Hiram, au cœur de la cérémonie d’élévation à la maîtrise : c’est par une prise ferme que le Maître symboliquement mort est relevé, au moment des cinq points de la maîtrise. Sans en décrire la forme, que les rituels réservent, on peut en retracer le vocabulaire, la place dans la légende et les interprétations, qui font de ce geste discret l’un des symboles les plus chargés de sens du troisième grade.

Le mot et ses équivalents

Griffe

Le mot griffe évoque la serre ou la patte d’un animal qui saisit avec force. En maçonnerie, il désigne un attouchement, c’est-à-dire l’un des moyens de reconnaissance par le toucher qui, avec les signes et les mots, distinguent chaque grade. Les rituels anglophones parlent de grip et, pour le troisième degré, d’une prise volontiers appelée « griffe du lion » (lion’s paw).

Cette dernière expression est souvent rapprochée du « lion de la tribu de Juda », figure biblique de la force et de la résurrection dans l’Apocalypse (5, 5). Le lion, symbole de vigueur et de royauté, donne au geste sa signification : une force capable de relever ce qui est tombé.

Au cœur de la légende d’Hiram

La cérémonie d’élévation à la maîtrise met en scène la légende d’Hiram, l’architecte du Temple de Salomon assassiné par trois mauvais compagnons qui voulaient lui arracher les secrets de Maître. Les Maîtres partis à sa recherche retrouvent son corps, repéré grâce à une branche d’acacia. Plusieurs tentatives pour le relever échouent ; la dernière réussit, grâce à une prise plus ferme.

La griffe garde la mémoire de ce relèvement. Elle n’est pas seulement un signe d’identification : elle rejoue, dans un geste bref, le passage de la mort symbolique à la vie nouvelle qui fonde la maîtrise. Le nouveau Maître est lui-même relevé de la sorte au cours de la cérémonie.

Les cinq points de la maîtrise

Le relèvement s’accomplit selon les cinq points parfaits de la maîtrise, qui rapprochent symboliquement les corps des deux Maîtres et dont l’existence est attestée dès les divulgations du XVIIIe siècle. Les anthropologues des rites y voient une phase d’agrégation : le candidat, après la mort symbolique, est réintégré dans la communauté par un contact direct. La griffe est l’un de ces points ; l’ancienne notice la présentait comme le cinquième et dernier, mais l’ordre de leur énumération varie selon les rites et les époques.

Une reconnaissance entre Maîtres

Griffe

Comme tous les attouchements, la griffe appartient aux moyens de reconnaissance transmis lors de la cérémonie et que le Maître s’engage à ne pas divulguer. Leur fonction pratique, au temps où les loges devaient vérifier l’identité des visiteurs, s’est doublée d’une fonction symbolique : rappeler, par le corps, l’engagement pris et la communauté d’expérience entre ceux qui ont traversé la même épreuve.

Chaque grade possède son propre attouchement : celui d’Apprenti, celui de Compagnon, puis celui de Maître, qui les couronne. Le passage de l’un à l’autre matérialise la progression du maçon : la prise se transforme à mesure que s’approfondit l’engagement. Les divulgations imprimées depuis le XVIIIe siècle montrent que cette gradation est ancienne.

Lectures symboliques

  • La force : la griffe est une prise ferme, qui ne lâche pas ; elle dit que la maîtrise suppose énergie et vigilance.
  • La solidarité : on ne se relève pas seul ; le geste rappelle le devoir d’entraide entre Maîtres.
  • La résurrection : par le relèvement, la mort symbolique d’Hiram devient transmission.
  • La discrétion : un contact bref, invisible pour l’observateur, qui unit sans s’exhiber.

Le saviez-vous ?

Branche d'acacia dans les mains sur tissu rouge
Branche d’acacia dans les mains sur tissu rouge

Les rituels du troisième degré relient la chute d’Hiram à la perte de la « parole de Maître », remplacée par un mot substitué. La quête de cette parole perdue a inspiré de nombreux hauts grades, qui se présentent comme la poursuite de la légende entamée au troisième degré.

Pour approfondir

La légende d’Hiram et le relèvement sont analysés dans les ouvrages classiques sur le symbolisme du troisième degré et dans les études consacrées aux divulgations du XVIIIe siècle, à commencer par Masonry Dissected de Samuel Prichard (Londres, 1730), premier texte imprimé décrivant un grade de Maître construit autour de cette légende.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Attouchements, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Cinq points parfaits de la maîtrise, Acacia, Parole perdue.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grenade en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La grenade est le fruit qui orne, dans de nombreux temples maçonniques, le sommet des deux colonnes Jakin et Boaz placées à l’entrée. Elle vient directement de la description biblique du Temple de Salomon, dont les chapiteaux étaient entourés de rangées de grenades. Sa forme, son écorce dure et ses graines innombrables serrées dans une même enveloppe en font un symbole riche : fécondité, abondance, unité dans la diversité, trésor caché sous une apparence modeste. Présentée aux Apprentis dès leurs premiers pas dans le temple, la grenade est l’un des symboles les plus parlants de la fraternité.

Une origine biblique

Grenade
Grenades, monument des droits de l’Homme, Paris

Le Premier Livre des Rois (chapitre 7) décrit les deux colonnes de bronze fondues par Hiram de Tyr pour le Temple de Salomon : leurs chapiteaux étaient ornés de réseaux, de lis et de grenades, deux cents pour chaque chapiteau, quatre cents au total. Le livre de Jérémie (52, 23) en reprend la description. La grenade apparaît aussi dans l’Exode (28, 33-34), où grenades et clochettes d’or alternent sur la bordure de la robe du grand prêtre, ainsi que dans le Cantique des cantiques.

La franc-maçonnerie, qui fait du Temple de Salomon le modèle symbolique de ses loges, a repris ces ornements. Dans beaucoup de temples, les colonnes sont surmontées de grenades entrouvertes, laissant voir leurs grains.

Une place à l’entrée du temple

Les grenades ne sont pas propres au seul premier degré : elles restent au sommet des colonnes quels que soient les travaux. Mais c’est aux Apprentis, qui siègent à proximité des colonnes et étudient leur symbolisme, qu’on en propose d’abord la méditation. La disposition des colonnes elles-mêmes varie : dans les rites issus des « Modernes », comme le Rite Français et le Rite Écossais Rectifié, Jakin et Boaz n’occupent pas la même place que dans les rites issus des « Anciens », comme le Rite Écossais Ancien et Accepté.

Dans la tradition anglaise, les colonnes sont souvent surmontées non de grenades, mais de deux globes, terrestre et céleste, qui expriment l’universalité de la maçonnerie.

Fécondité et abondance

Dans la plupart des civilisations méditerranéennes, la grenade est un symbole de fécondité et de prospérité. Son nom vient du latin granatum, « fruit à grains » ; la ville de Grenade et l’arme du même nom lui doivent leur appellation. En loge, cette abondance est lue comme celle des fruits que peut porter le travail initiatique : idées, compréhensions, actes.

L’unité dans la diversité

Grenade
Grenades

Chaque grain est distinct, enveloppé de sa propre pulpe, mais tous sont réunis sous une même écorce et séparés par de fines cloisons. L’image s’applique naturellement à la loge : des personnalités différentes, rassemblées sans être confondues. Les auteurs maçonniques y voient l’image de la fraternité, où la cohésion ne suppose pas l’uniformité, et parfois celle de la chaîne d’union.

Un trésor caché

La grenade présente une écorce dure et peu engageante, qui protège une richesse intérieure éclatante. Cette opposition entre l’apparence et le contenu en fait un symbole du travail initiatique : comme la pierre brute, l’être humain cache des potentialités qu’il appartient à chacun de découvrir. La couleur rouge du jus a aussi inspiré des lectures liées à la vie, au sang et au sacrifice.

Mythes et traditions

  • Dans la mythologie grecque, Perséphone, enlevée par Hadès, mange quelques grains de grenade aux Enfers et se trouve liée à lui une partie de l’année : le fruit devient symbole du cycle des saisons, de la mort et du retour.
  • Dans l’iconographie chrétienne, la grenade évoque la résurrection et l’unité de l’Église.
  • La tradition juive associe parfois ses grains, réputés nombreux, à l’abondance des commandements.
  • Le monument des droits de l’Homme du Champ-de-Mars, à Paris, intègre des grenades parmi ses symboles.

Le saviez-vous ?

Grenade
Grenades

Sur la robe du grand prêtre décrite dans l’Exode, grenades de laine colorée et clochettes d’or alternaient le long de la bordure, afin que le son des clochettes se fasse entendre lorsqu’il entrait dans le sanctuaire. Le fruit muet et la clochette sonore ont souvent été lus comme une image du couple silence et parole, cher au travail de l’Apprenti, qui apprend d’abord à se taire avant de prendre la parole en loge.

À retenir

  • Les grenades ornaient les chapiteaux des colonnes du Temple de Salomon (1 Rois 7).
  • Elles surmontent les colonnes Jakin et Boaz dans de nombreux temples.
  • Elles symbolisent la fécondité, l’unité dans la diversité et la richesse intérieure.
  • La tradition anglaise leur préfère souvent des globes au sommet des colonnes.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Apprentissage, Pierre brute, Hiram, Fondation de la loge Aux Trois Globes à Berlin, 13 septembre 1740 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grand Prieuré en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Un Grand Prieuré est, dans le Rite Écossais Rectifié, l’instance qui gouverne l’Ordre intérieur, sa classe chevaleresque, et qui veille, souvent avec un Directoire, à l’ensemble du régime. Le terme vient de l’organisation des ordres religieux et militaires du Moyen Âge, que la Stricte Observance templière avait reprise au XVIIIe siècle. Après la réforme de Lyon et de Wilhelmsbad, le régime a survécu au XIXe siècle grâce au Grand Prieuré d’Helvétie, avant d’être réveillé en France en 1935. Il existe aujourd’hui plusieurs Grands Prieurés, liés ou non à des obédiences, ce qui explique la diversité des structures rectifiées.

Un vocabulaire chevaleresque

Grand Prieuré

Dans les ordres militaires comme l’ordre du Temple ou celui de Saint-Jean de Jérusalem, le prieuré désignait une circonscription dirigée par un prieur ; le grand prieuré en regroupait plusieurs. Au XVIIIe siècle, la Stricte Observance templière, système maçonnique né en Allemagne qui se réclamait de l’héritage des Templiers, reprend cette organisation en provinces et préfectures.

Le Rite Écossais Rectifié, issu de la réforme de ce système, conserve ce vocabulaire. Les neuf provinces prévues à l’origine devaient chacune être gouvernées par une préfecture appelée Grand Prieuré. Le titre de Grand Prieur désigne le chef de ce gouvernement.

La naissance du régime rectifié

Le Lyonnais Jean-Baptiste Willermoz est la figure centrale de la réforme. Le convent des Gaules, tenu à Lyon en 1778, puis le convent de Wilhelmsbad, en 1782, sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick, abandonnent la prétention d’une filiation templière directe et fixent un régime d’inspiration chrétienne. Les rituels, rédigés en grande partie par Willermoz, organisent un parcours continu des loges symboliques à l’Ordre intérieur.

La structure du régime

  • Loges de Saint-Jean, dites bleues : Apprenti, Compagnon, Maître.
  • Loges de Saint-André, dites vertes : Maître Écossais de Saint-André.
  • Ordre intérieur : Écuyer novice, puis Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (CBCS).
  • Classe secrète : Profès et Grand Profès.
  • Le Grand Prieuré gouverne l’Ordre intérieur ; un Directoire ou une Grande Loge administre souvent les loges symboliques.

La survie par l’Helvétie

Grand Prieuré

Après la Révolution et la mort de Willermoz en 1824, le régime s’éteint presque en France. Il survit en Suisse, au sein du Grand Prieuré indépendant d’Helvétie, héritier de l’ancienne préfecture de Zurich. C’est de là que vient le réveil : en 1910, Camille Savoire, Édouard de Ribaucourt et Gustave Bastard y sont reçus Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, et une loge rectifiée est réveillée à Paris l’année suivante.

Le Grand Prieuré des Gaules et ses héritiers

Le 23 mars 1935, avec des patentes du Grand Prieuré d’Helvétie, Camille Savoire fonde le Grand Directoire des Gaules, souvent appelé Grand Prieuré des Gaules, dont il devient le Grand Prieur. L’histoire ultérieure est marquée par des conventions et des ruptures : accord avec la Grande Loge Nationale Française en 1958, rompu en 2000 ; création d’un Grand Prieuré de France en 1962, d’un Grand Prieuré rectifié de France par la GLNF au début des années 2000, puis d’autres structures, y compris féminines.

Au Grand Orient de France, le rite est administré par le Grand Prieuré indépendant de France. Le paysage rectifié français compte ainsi plus d’une quinzaine de structures ; une charte signée à Avignon en 2008 par plusieurs Grands Prieurés a amorcé une reconnaissance mutuelle encore partielle.

Rôle d’un Grand Prieuré aujourd’hui

Un Grand Prieuré confère les grades de l’Ordre intérieur, veille à la conformité des rituels et à la fidélité au caractère chrétien du régime, entretient les relations avec les autres structures rectifiées et, selon les cas, exerce une autorité sur les loges de Saint-André, voire sur les loges symboliques. Il conjugue ainsi une fonction administrative et une mission de transmission spirituelle.

Ailleurs que dans le régime rectifié

Grand Prieuré

Le titre de Grand Prieuré se rencontre aussi dans d’autres systèmes chevaleresques d’inspiration maçonnique. Dans le monde anglophone, les ordres maçonniques du Temple et de Malte sont gouvernés par un Great Priory ; le Grand Prieuré des Gaules a d’ailleurs reçu en 1992, du Grand Prieuré d’Angleterre, la transmission de ces ordres. Le terme désigne donc, plus largement, l’instance supérieure d’un ordre chevaleresque maçonnique.

Repères

  • 1778 : convent des Gaules à Lyon.
  • 1782 : convent de Wilhelmsbad, acte fondateur du régime rectifié.
  • XIXe siècle : survie du régime en Suisse, au Grand Prieuré d’Helvétie.
  • 1935 : fondation du Grand Directoire des Gaules par Camille Savoire.
  • 2008 : charte d’Avignon entre plusieurs Grands Prieurés.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Stricte observance templière (Rite maçonnique), Naissance du Directoire écossais helvétique à Zurich, 1778-1779 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grande Loge en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le terme Grande Loge désigne d’abord une obédience : l’autorité qui fédère les loges d’un territoire, leur délivre des patentes, fixe les règles communes et entretient les relations avec les autres puissances maçonniques. Il désigne aussi l’assemblée périodique où les représentants des loges se réunissent pour délibérer. Née à Londres en 1717, la forme « Grande Loge » est devenue le modèle de l’organisation maçonnique mondiale. En France, l’usage l’oppose parfois au « Grand Orient », la Grande Loge étant traditionnellement associée à la pratique d’un rite dominant.

Naissance d’une institution

Grande Loge
Grands Maîtres des Grandes Loges d’Amérique

Le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean d’été, quatre loges de Londres se réunissent à la taverne de l’Oie et du Gril et constituent la Grande Loge de Londres et de Westminster, sous la présidence d’Anthony Sayer. Pour la première fois, des loges jusque-là autonomes se dotent d’une autorité commune, d’un Grand Maître et de règlements, publiés en 1723 avec les Constitutions d’Anderson. Une Grande Loge rivale dite des « Anciens » apparaît en 1751 ; leur union donne naissance en 1813 à la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Les deux sens du mot

  • L’obédience : institution permanente regroupant les loges d’une juridiction, avec ses dignitaires et ses statuts.
  • L’assemblée : réunion des délégués des loges, en tenue solennelle, pour élire, voter les règlements et entendre les rapports.
  • Par extension, « la Grande Loge » désigne aussi l’ensemble des Grands Officiers qui l’administrent.

Grande Loge et Grand Orient

Dans la tradition française, on distingue volontiers la Grande Loge, dont les loges travaillent en principe au même rite, et le Grand Orient, qui accueille plusieurs rites sous une même autorité. Cette distinction est historique plus que juridique : la Grande Loge de France, reconstituée en 1894, travaille principalement au Rite écossais ancien et accepté, tandis que le Grand Orient de France, constitué en 1773, pratique le Rite Français et plusieurs autres rites. D’autres obédiences ont adopté le nom de Grande Loge tout en pratiquant plusieurs rites, comme la Grande Loge Nationale Française ou la Grande Loge suisse Alpina.

Souveraineté et territoire

Grande Loge
Crédit : Grande Loge d’Argentine des Francs-Maçons Libres et Acceptés

Dans la tradition anglo-saxonne, une Grande Loge est souveraine sur un territoire : chaque État des États-Unis, chaque province canadienne possède la sienne. Les principes de reconnaissance mutuelle, formulés notamment par la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1929, fondent la notion de régularité et le réseau des relations entre obédiences, entretenu par des représentants appelés « garants d’amitié ».

Gouvernance et assemblées

La Grande Loge est dirigée par un Grand Maître, entouré de Grands Officiers dont les fonctions reprennent celles de la loge : Grands Surveillants, Grand Secrétaire, Grand Trésorier, Grand Orateur, Grand Maître des cérémonies. Les loges y sont représentées par des délégués réunis en assemblée générale, souvent appelée convent ou Grande Loge, selon une périodicité fixée par les statuts de chaque obédience. Cette assemblée élit les dirigeants, adopte le budget et les règlements, et constitue la mémoire vivante de l’obédience.

Quelques Grandes Loges

  • Grande Loge Unie d’Angleterre (1813), héritière de la Grande Loge de 1717.
  • Grande Loge de France (1894), principale obédience du REAA en France.
  • Grande Loge Nationale Française (1913), seule française reconnue par Londres.
  • Grande Loge Féminine de France (Union maçonnique féminine de France en 1945, nom actuel depuis 1952).
  • Grande Loge suisse Alpina (1844), qui réunit des loges de six rites.

Une fonction de cohésion

La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.
La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.

Au-delà de l’administration, la Grande Loge assure la cohérence de l’ensemble : elle délivre les patentes qui rendent une loge « juste et parfaite », veille au respect des rituels, organise la formation et représente l’Ordre à l’extérieur. Elle incarne l’équilibre, propre à la franc-maçonnerie, entre l’autonomie de chaque atelier et l’unité de l’obédience.

Le saviez-vous ?

La date du 24 juin 1717 repose principalement sur le récit qu’en donne James Anderson dans l’édition de 1738 des Constitutions. Les historiens britanniques ont récemment réexaminé ces origines, sans remettre en cause l’importance fondatrice de la Grande Loge de Londres.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Grand Orient, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Convent, Régularité, Patente, Élection de Laurence Dermott comme Grand Secrétaire des Anciens, 5 février 1752 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grand Orient en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Un Grand Orient est une obédience maçonnique, c’est-à-dire une fédération de loges placées sous une autorité commune, généralement à l’échelle d’un pays. Le nom vient de l’Orient, côté du temple où siège le Vénérable et d’où vient symboliquement la Lumière ; par extension, l’orient désigne la ville d’une loge, et le Grand Orient le centre qui les rassemble. Le plus ancien à porter ce nom est le Grand Orient de France, né en 1773 de la réforme de la première Grande Loge de France. D’autres Grands Orients existent en Belgique, en Italie, au Brésil ou en Haïti, avec des orientations diverses.

Pourquoi « Orient » ?

Grand Orient

Dans la loge, l’Orient est la partie du temple opposée à l’entrée, où siègent le Vénérable Maître et les dignitaires ; c’est le côté du soleil levant, source symbolique de la Lumière. Par extension, on dit qu’une loge travaille « à l’Orient de Paris » ou « à l’Orient de Lyon » pour désigner la ville où elle est établie. Bazot rappelait déjà que l’orient, au sens figuré, désigne la ville.

Le Grand Orient est donc, au sens propre, l’Orient de tous les Orients : l’instance centrale qui réunit les loges d’un territoire. Le Vocabulaire de Bazot le définit comme l’assemblée générale des députés de chaque loge régulière, investie du pouvoir de régir l’ordre et de constituer les loges.

Le Grand Orient de France

De 1728 à 1771, les loges françaises relèvent d’une première Grande Loge à l’autorité incertaine. En 1773, au terme de dix-sept réunions plénières, elle est réformée et prend le nom de Grand Orient de France. Deux principes nouveaux s’imposent : l’élection à tous les offices et la représentation de toutes les loges, y compris celles de province. Le duc de Chartres, futur Philippe Égalité, est Grand Maître en titre ; le pouvoir réel appartient à l’Administrateur général, le duc de Montmorency-Luxembourg. Une circulaire de 1789 qualifie la constitution de l’obédience de « purement démocratique ».

En 1877, sur un rapport du pasteur Frédéric Desmons, le Grand Orient supprime l’obligation de croire en Dieu et à l’immortalité de l’âme ; l’invocation du Grand Architecte de l’Univers devient facultative. Cette décision provoque la rupture avec la Grande Loge unie d’Angleterre et fonde la distinction entre maçonnerie dite régulière et maçonnerie adogmatique ou libérale.

Plusieurs rites sous un même toit

Un Grand Orient pratique en principe plusieurs rites. Au Grand Orient de France, le Rite Français demeure la référence historique, mais les loges peuvent travailler au Rite Écossais Ancien et Accepté, au Rite Écossais Rectifié, au rite de Memphis-Misraïm, au rite d’York ou à d’autres rites. Les hauts grades sont administrés par des juridictions associées : Grand Chapitre Général pour le Rite Français, Grand Collège des Rites écossais pour le REAA, Grand Prieuré indépendant de France pour le RER.

Le Grand Orient de France aujourd’hui

Grand Orient
  • Siège : 16, rue Cadet, Paris 9e, où se trouve aussi le Musée de la franc-maçonnerie, labellisé musée de France.
  • Effectifs : environ 52 000 membres répartis dans plus de 1 400 loges, en France et à l’étranger.
  • Direction : le président du Conseil de l’Ordre, qui porte le titre de Grand Maître, élu pour un mandat court.
  • Mixité : les loges sont désormais libres d’initier ou d’affilier des femmes.
  • Membre fondateur du CLIPSAS, réseau international d’obédiences libérales, qu’il a depuis quitté.

Les Grands Orients dans le monde

Le nom s’est répandu, surtout dans les pays latins : Grand Orient d’Italie, fondé en 1805, Grand Orient de Belgique, constitué en 1833, Grand Orient Lusitanien au Portugal, Grand Orient du Brésil, Grand Orient d’Haïti, entre autres. L’appellation ne préjuge pas de l’orientation : certains Grands Orients sont reconnus par la Grande Loge unie d’Angleterre, d’autres appartiennent à la mouvance libérale. Dans les pays anglo-saxons, l’instance équivalente porte le nom de Grande Loge.

Grand Orient et Grande Loge

Grand Orient

En France, la distinction entre Grand Orient et Grande Loge tient à l’histoire plus qu’à la nature des institutions. La Grande Loge de France, reconstituée à la fin du XIXe siècle autour du Rite Écossais Ancien et Accepté, et la Grande Loge Nationale Française, issue de la Grande Loge indépendante et régulière fondée en 1913, sont elles aussi des obédiences. Le terme Grand Orient évoque toutefois, dans l’usage français, une tradition de pluralité des rites et d’engagement dans la vie de la cité.

À retenir

  • Grand Orient : obédience nationale fédérant des loges, en principe pluri-rites.
  • Le nom vient de l’Orient, place du Vénérable et, par extension, ville d’une loge.
  • Le Grand Orient de France naît en 1773 de la réforme de la première Grande Loge.
  • 1877 : abandon de l’obligation de croire en Dieu, rupture avec la Grande Loge unie d’Angleterre.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Orient, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Grande Loge, Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Convent.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grand Maître adjoint en Franc-maçonnerie

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Le Grand Maître adjoint est un haut dignitaire d’une obédience, qui seconde le Grand Maître, le représente et peut le suppléer en cas d’absence, d’empêchement ou de démission. Selon les obédiences, il peut y en avoir un seul ou plusieurs, chacun chargé d’un domaine : relations extérieures, régions, culture, communication. La fonction est ancienne : dès les années 1720, la Grande Loge de Londres connaît un Deputy Grand Master, et au Grand Orient de France, Cambacérès, Grand Maître adjoint sous Joseph Bonaparte, en fut le véritable dirigeant. Charge de confiance et de continuité, elle prépare souvent à la grande maîtrise.

Définition

Grand Maître adjoint
Fabrice Millon-Desvignes, Grand Maître adjoint chargé de la Culture et de la Communication – Photo © Yonnel Ghernaouti

Le Grand Maître adjoint appartient à l’exécutif national d’une obédience. Ses attributions sont fixées par les constitutions et règlements généraux, qui varient beaucoup. Il assure trois fonctions principales : seconder le Grand Maître dans l’exercice de sa charge, le représenter auprès des loges, des autres obédiences ou des institutions, et le suppléer en cas d’empêchement, selon les règles prévues par les textes.

Aux origines : le Deputy Grand Master

La Grande Loge fondée à Londres en 1717 élit d’abord des Grands Maîtres roturiers, puis, à partir de 1721, des aristocrates. Ces nobles, souvent peu présents, s’appuient sur un Deputy Grand Master qui gouverne au quotidien. Jean Théophile Désaguliers, Grand Maître en 1719, fut ensuite deux fois Deputy Grand Master auprès de Grands Maîtres de prestige, et c’est largement par lui que s’organisa la jeune institution.

La Grande Loge unie d’Angleterre a conservé et enrichi cette architecture : lorsque le Grand Maître est un membre de la famille royale, un Pro Grand Master exerce l’essentiel de la charge ; viennent ensuite un Deputy Grand Master et un Assistant Grand Master.

En France : une longue tradition

Au Grand Orient de France, la grande maîtrise a souvent été confiée à des princes, l’autorité réelle étant exercée par un adjoint ou un administrateur. Sous le Premier Empire, Joseph Bonaparte est Grand Maître de 1805 à 1814, mais c’est l’archichancelier Cambacérès, Grand Maître adjoint, qui dirige effectivement l’obédience. La liste des dirigeants du Grand Orient mentionne ensuite d’autres Grands Maîtres adjoints, comme le maréchal Macdonald entre 1821 et 1833.

Aujourd’hui, les obédiences françaises organisent diversement cette fonction. La Grande Loge de France compte plusieurs Grands Maîtres adjoints, numérotés et chargés de domaines distincts ; d’autres obédiences parlent de vice-présidents du conseil ou de Grands Maîtres délégués. Les photographies de dignitaires en exercice, comme celle d’un Grand Maître adjoint chargé de la culture et de la communication, illustrent cette spécialisation croissante des charges.

Les missions habituelles

Grand Maître Adjoint en franc-maçonnerie – Delegates and Officers of the Grand Lodge of North Carolina at the Oxford Orphan Asylum -
  • Les relations extérieures : liens avec les obédiences étrangères, traités d’amitié, congrès internationaux.
  • Le suivi d’un ensemble de régions ou de loges, avec visites et installations.
  • La culture, la communication, la formation ou les publications de l’obédience.
  • La présidence de commissions ou de groupes de travail.
  • La suppléance du Grand Maître, en cas d’absence ou de vacance de la charge.

Une charge de continuité

La fonction garantit la continuité de la direction nationale : aucune vacance ne doit interrompre la vie administrative, rituelle et représentative de l’obédience. Elle constitue aussi souvent une étape vers la grande maîtrise. À la Grande Loge de France, par exemple, le Grand Maître élu en 2025 avait auparavant exercé les fonctions de Second Grand Maître adjoint. Le passage par cette charge permet d’acquérir une connaissance d’ensemble de l’institution et de ses relations.

Une autorité de service

Comme toute haute charge maçonnique, celle de Grand Maître adjoint est temporaire, élective ou désignée selon les textes, et conçue comme un service. Elle n’ajoute rien au grade de celui qui l’exerce : redevenu simple membre de sa loge à la fin de son mandat, il conserve seulement, selon les usages, le titre de Passé Grand Maître adjoint. Les décors de la fonction, sautoir et bijou, appartiennent à la charge et passent à son successeur.

Le saviez-vous ?

Sous l’Empire, la grande maîtrise du Grand Orient était un enjeu politique : en plaçant son frère Joseph à sa tête et Cambacérès comme adjoint, Napoléon s’assurait du contrôle d’une institution alors en pleine expansion, notamment dans l’armée. L’adjoint y était, de fait, l’homme de confiance du régime.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Obédience, Grand Orient, Convent, Grande Loge, Dignitaires.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grand Maître en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Grand Maître est la plus haute dignité d’une obédience maçonnique : il en préside les instances, la représente à l’intérieur comme à l’extérieur et veille à l’application de ses constitutions. Élu pour un mandat limité, il n’est pas un souverain mais le premier serviteur de l’institution. La fonction remonte à la fondation de la Grande Loge de Londres en 1717, qui élut Anthony Sayer à sa tête ; en France, elle fut longtemps confiée à des princes du sang, du comte de Clermont au duc de Chartres, puis à des membres de la famille impériale. Son histoire éclaire l’évolution de la franc-maçonnerie, de la protection aristocratique à la démocratie interne.

Définition

Grand Maître

Le Grand Maître dirige une obédience, c’est-à-dire une fédération de loges. Selon les constitutions propres à chacune, il préside le conseil exécutif et l’assemblée annuelle des députés des loges — le convent —, signe les patentes des loges nouvelles, représente l’obédience auprès des autres obédiences et des pouvoirs publics, et veille à l’harmonie entre les ateliers. Son autorité est encadrée par les textes et par les votes des loges.

Aux origines : Londres, 1717

Le 24 juin 1717, quatre loges londoniennes réunies à la taverne de l’Oie et du Gril élisent Anthony Sayer à la tête de la nouvelle Grande Loge. Lui succèdent George Payne, puis Jean Théophile Désaguliers en 1719. À partir de 1721, la Grande Loge choisit ses Grands Maîtres parmi la noblesse, afin d’accroître son prestige ; l’administration quotidienne revient alors à un Deputy Grand Master. Depuis, la Grande Loge unie d’Angleterre a souvent été présidée par des membres de la famille royale.

En France : des princes aux élus

La première Grande Loge de France est longtemps placée sous l’autorité de Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, Grand Maître de 1743 à sa mort en 1771. Lors de la fondation du Grand Orient de France, le duc de Chartres, futur Philippe Égalité, devient Grand Maître, tandis que le duc de Montmorency-Luxembourg exerce l’autorité réelle. Sous l’Empire, Joseph Bonaparte occupe la charge, avec Cambacérès comme adjoint ; sous le Second Empire, le prince Lucien Murat puis le maréchal Magnan.

La Troisième République transforme la fonction. Au Grand Orient de France, le titre de Grand Maître s’efface au profit de celui de président du Conseil de l’Ordre ; les mandats deviennent courts, souvent d’un an, renouvelables. Aujourd’hui encore, le président du Conseil de l’Ordre porte le titre de Grand Maître pour un mandat limité. Dans d’autres obédiences, comme la Grande Loge de France, le Grand Maître est élu par l’assemblée des députés des loges.

Repères

Grand Maître
Jose Manuel Valdes Grand Maitre de la Grande Loge de Cuba
  • 1717 : Anthony Sayer, premier Grand Maître de la Grande Loge de Londres.
  • 1721 : premier Grand Maître issu de la noblesse en Angleterre.
  • 1743-1771 : le comte de Clermont, Grand Maître des loges de France.
  • 1773 : le duc de Chartres, Grand Maître du Grand Orient de France naissant.
  • 1805-1814 : Joseph Bonaparte, Grand Maître du Grand Orient de France.
  • 1813 : le duc de Sussex, premier Grand Maître de la Grande Loge unie d’Angleterre.

Titres et usages

Le Grand Maître est souvent désigné, selon les traditions, comme « Très Respectable » ou, dans le monde anglophone, Most Worshipful Grand Master. À l’issue de son mandat, il devient Passé Grand Maître et conserve, selon les usages, une place d’honneur dans les cérémonies. Il ne faut pas confondre la grande maîtrise d’une obédience avec la direction des juridictions de hauts grades, comme le Souverain Grand Commandeur d’un Suprême Conseil du Rite Écossais Ancien et Accepté. En Angleterre, le prince Edward, duc de Kent, cousin de la reine Élisabeth II, occupe la grande maîtrise de la Grande Loge unie depuis 1967, illustrant la permanence du lien entre cette obédience et la famille royale.

Une autorité de service

Grand Maître
Thierry Zaveroni, Passé Grand Maître de la GLDF

La conception maçonnique de l’autorité fait du Grand Maître un premier parmi des égaux. Il préside sans régner, coordonne sans uniformiser et doit respecter l’autonomie des loges. Dans les obédiences françaises, la souveraineté appartient au convent, où chaque loge est représentée : le Grand Maître en exécute les décisions. Cette dimension de service, rappelée lors des installations, distingue la fonction de tout pouvoir personnel.

Le saviez-vous ?

Le futur Philippe Égalité, Grand Maître du Grand Orient de France depuis 1773, renonça publiquement à la franc-maçonnerie au début de 1793, en pleine Terreur. Le Grand Orient, privé de son chef, traversa alors une période de quasi-sommeil, et le titre de Grand Maître resta vacant plusieurs années.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître adjoint, Obédience, Convent, Grand Orient, Grande Loge, Installation de Jean-Luc Fauque comme Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, 18 juin 2010 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grand Architecte de l’Univers (GADLU) en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Grand Architecte de l’Univers, souvent abrégé GADLU, est l’expression par laquelle de nombreuses loges désignent un principe créateur ou ordonnateur du monde. Formulée de manière à accueillir des croyants de diverses religions, elle figure dans l’invocation qui ouvre les travaux et en tête de nombreux documents maçonniques. Sa place est au cœur d’un débat historique : certaines obédiences en font une croyance obligatoire en Dieu, d’autres un symbole laissé à la libre interprétation, d’autres encore l’ont retirée de leurs rituels.

Une expression plus ancienne que la franc-maçonnerie

Grand Architecte de l'Univers (GADLU)

L’idée d’un ordonnateur du monde est ancienne : on la trouve chez Cicéron, et Calvin, dans son Institution de la religion chrétienne, désigne Dieu à plusieurs reprises comme l’architecte de l’univers. La franc-maçonnerie a adopté cette image, qui convenait parfaitement à une société de bâtisseurs. Le manuscrit maçonnique écossais Dumfries n° 4, vers 1710, parle d’honorer le Grand Architecte du ciel et de la terre, et l’expression apparaît, semble-t-il, dans les Constitutions d’Anderson de 1723.

Une formule pour rassembler

Au XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe, l’expression remplace de plus en plus souvent le mot « Dieu » dans les textes maçonniques. Elle convient aux déistes comme aux croyants de différentes confessions, conformément à l’esprit des Constitutions d’Anderson, qui veulent que la loge réunisse des hommes que leurs religions séparent. Le GADLU est ainsi une formule d’union, qui permet à chacun de mettre sous ce nom sa propre conception du divin.

L’invocation rituelle

Dans les obédiences qui l’emploient, les travaux sont ouverts « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », formule souvent abrégée A∴L∴G∴D∴G∴A∴D∴L∴U∴. Elle figure aussi en tête des planches, des documents officiels et de la correspondance. Elle place les travaux sous une orientation qui dépasse les intérêts humains, sans imposer de contenu théologique précis. Dans certains rites, comme le Rite Écossais Rectifié, la référence est explicitement chrétienne.

La querelle du Grand Architecte

Grand Architecte de l'Univers (GADLU)

La seconde moitié du XIXe siècle voit naître un conflit majeur. En 1875, le convent de Lausanne, qui réunit des Suprêmes Conseils du REAA, définit le GADLU comme un « principe créateur », formule jugée trop vague par certains. En 1877, le Grand Orient de France, sur proposition du pasteur Frédéric Desmons, supprime de ses constitutions l’obligation de croire en l’existence de Dieu et en l’immortalité de l’âme, au nom de la liberté absolue de conscience. La Grande Loge Unie d’Angleterre rompt alors ses relations avec lui.

  • Obédiences dites régulières (GLNF, Grande Loge Unie d’Angleterre) : croyance en un Être suprême requise, Volume de la Loi sacrée sur l’autel.
  • Grande Loge de France : travail « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », sans exiger de croyance définie.
  • Grand Orient de France : liberté absolue de conscience depuis 1877 ; la référence est facultative selon les rites et les loges.
  • Obédiences mixtes et féminines : positions variables, souvent proches de la liberté de conscience.

Les interprétations

Pour les croyants, le GADLU est Dieu lui-même, désigné par un nom qui évite les querelles confessionnelles. Pour les déistes, il est un principe ordonnateur sans révélation. Pour d’autres, il est un symbole : celui de l’ordre du monde, de l’idéal ou de la loi morale, que chacun interprète librement. La GLNF insiste, pour sa part, sur la croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers, comme référence commune de la maçonnerie régulière. Ces lectures coexistent, parfois difficilement.

Un symbole architectural

Grand Architecte de l'Univers (GADLU)

Quelle que soit l’interprétation, l’image est architecturale. L’architecte conçoit un plan, ordonne les parties, harmonise l’ensemble. Le maçon, artisan du chantier, travaille à réaliser ce plan dans sa propre vie. La métaphore invite à penser le monde comme une œuvre ordonnée et l’homme comme un bâtisseur responsable de sa part de l’édifice.

Cette image avait déjà nourri l’iconographie médiévale, où Dieu est parfois représenté un compas à la main, traçant le monde.

À retenir

  • Le GADLU désigne un principe créateur ou ordonnateur, d’origine théologique ancienne.
  • Il figure dans l’invocation d’ouverture et sur les documents officiels de nombreuses obédiences.
  • Sa place a provoqué une rupture durable entre maçonneries régulière et libérale à partir de 1877.
  • Il est interprété comme Dieu, principe ou symbole, selon les obédiences et les consciences.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Régularité, Volume de la loi sacrée, Liberté de conscience (antimaçonnisme).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

G comme Grand en Franc-maçonnerie

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Le qualificatif « Grand » placé devant le nom d’une fonction désigne, en franc-maçonnerie, la charge correspondante exercée à l’échelon d’une obédience : Grand Maître, Grand Secrétaire, Premier Grand Surveillant, Grand Orateur, Grand Maître des cérémonies. Les charges nationales reprennent ainsi, à une autre échelle, celles de la loge. Hérité de la Grande Loge de Londres de 1717, cet usage traduit une architecture en niveaux plus qu’une hiérarchie de prestige : le titre désigne une responsabilité temporaire, au service de l’ensemble de l’Ordre.

Un usage né en 1717

Grand
Didier Ozil – Passé Grand Maître de l’OITAR

Lorsque quatre loges londoniennes fondent en 1717 la première Grande Loge, elles se donnent un Grand Maître, Anthony Sayer, et deux Grands Surveillants. Le modèle de la loge est transposé à l’échelle supérieure : la Grande Loge est en quelque sorte une loge des loges, avec ses propres officiers. Les Constitutions d’Anderson (1723) fixent les attributions du Grand Maître, de son Député et des Grands Surveillants.

Des fonctions en miroir

Chaque charge de loge trouve son équivalent au niveau de l’obédience. Ce parallélisme facilite la compréhension de l’organisation et rappelle que le dignitaire national accomplit, pour l’ensemble des loges, ce que l’officier accomplit pour son atelier.

  • Vénérable Maître → Grand Maître.
  • Premier et Second Surveillants → Premier et Second Grands Surveillants.
  • Secrétaire → Grand Secrétaire.
  • Trésorier → Grand Trésorier.
  • Orateur → Grand Orateur.
  • Maître des cérémonies → Grand Maître des cérémonies.
  • Expert, Hospitalier, Couvreur → Grand Expert, Grand Hospitalier, Grand Couvreur.

Variantes selon les obédiences

Les titres varient. La Grande Loge Unie d’Angleterre connaît un Pro Grand Maître et un Grand Directeur des cérémonies, ainsi que des rangs de Grands Officiers honoraires. Au Grand Orient de France, le président du Conseil de l’Ordre porte le titre de Grand Maître. Certaines obédiences ont un Grand Chancelier chargé des relations extérieures. On parle aussi de « Passé Grand Maître » pour un ancien titulaire, qui conserve souvent un rang protocolaire.

Dans les hauts grades

Grand
Thierry Zaveroni, Passé Grand Maître de la GLDF

Le mot apparaît aussi dans les intitulés de degrés et de juridictions : le 33e degré du Rite écossais ancien et accepté est celui de Souverain Grand Inspecteur Général, le Suprême Conseil est présidé par un Souverain Grand Commandeur. Ici, « Grand » n’indique plus un échelon territorial mais une élévation symbolique dans la progression initiatique.

Une charge, non un privilège

Dans l’esprit maçonnique, la fonction prime sur la personne. Les charges de « Grands » officiers sont électives ou nominatives, limitées dans le temps et assorties de devoirs précis. Le Grand Maître est élu par l’assemblée de l’obédience pour un mandat défini par les statuts. Le titre ne confère pas de supériorité initiatique : un Grand Maître reste un Maître maçon parmi ses frères ou sœurs.

Coordination et représentation

Les Grands Officiers assurent la cohérence de l’obédience : circulation de l’information, respect des règlements, formation, protocole, relations avec les puissances maçonniques étrangères. Ils représentent l’Ordre lors des visites officielles, des installations et des cérémonies, où ils reçoivent des honneurs particuliers comme la voûte d’acier.

Grand, Grande, Grand Orient

Le même préfixe sert à nommer les institutions elles-mêmes : Grande Loge, qui désigne une obédience et son assemblée, et Grand Orient, terme apparu en France en 1773 pour l’obédience qui succède à l’ancienne Grande Loge. L’Orient étant, dans la loge, le lieu d’où vient la lumière et où siège le Vénérable, le « Grand Orient » est en quelque sorte l’Orient de toutes les loges. Dans les obédiences féminines et mixtes, les titres se déclinent au féminin : on parle de Grande Maîtresse, de Grande Secrétaire ou de Grande Oratrice.

Le saviez-vous ?

Dans la maçonnerie anglaise, de nombreux membres de la famille royale ont exercé la charge de Grand Maître ; depuis 1967, le duc de Kent est Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Grande Loge, Grand Orient, Obédience.

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G comme Grades symboliques en Franc-maçonnerie

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Les grades symboliques sont les trois premiers degrés de la franc-maçonnerie : Apprenti, Compagnon et Maître. Conférés dans les loges dites « bleues », sous l’autorité d’une obédience, ils forment le socle commun de presque tous les rites, avant les éventuels hauts grades ou ordres supérieurs. Leur ensemble, fixé en Angleterre dans les années 1720-1730, constitue ce que les Anglais nomment la Craft Masonry, la maçonnerie du métier. Comprendre cette architecture en trois temps, c’est disposer de la grille de lecture de toute la vie maçonnique, du premier pas de l’initié à la légende d’Hiram.

Trois grades, trois temps

Grades symboliques

L’Apprenti est reçu par l’initiation ; il apprend à écouter, à observer et à dégrossir la pierre brute. Le Compagnon y accède par le « passage » ou l’« augmentation de salaire » ; il voyage, découvre les sciences et les arts libéraux, la lettre G et l’étoile flamboyante. Le Maître est « élevé » à la maîtrise au terme d’une cérémonie centrée sur la légende d’Hiram, qui met en scène la mort et le relèvement.

Chaque grade possède, selon une définition ancienne reprise par Bazot au début du XIXe siècle, ses mots, signes et attouchements, ainsi que son décor : tablier, et pour le Maître, cordon. Les trois forment une progression cohérente : apprendre, comprendre, transmettre.

Le passage d’un grade à l’autre n’est pas automatique. Dans la plupart des obédiences, il suppose un temps de maturation, souvent d’une année ou davantage, la présentation de travaux écrits — les planches — et un vote de la loge ou des Maîtres. Le rythme varie selon les rites et les ateliers.

Une architecture fixée au XVIIIe siècle

Les Constitutions d’Anderson (1723) semblent ne connaître que deux grades, Apprenti et Compagnon ou Maître. La plus ancienne mention connue d’une réception au grade de Maître date du 12 mai 1725, dans les procès-verbaux d’une société musicale londonienne fréquentée par des maçons. En 1730, la divulgation de Samuel Prichard, Masonry Dissected, présente pour la première fois un système reconnaissable en trois degrés.

Lors de l’union des Anciens et des Modernes, en 1813, la Grande Loge unie d’Angleterre proclame que la maçonnerie ancienne et pure consiste en trois degrés, l’Arche royale étant rattachée au troisième. Cette déclaration fonde la conception anglaise selon laquelle la maîtrise est le grade le plus élevé de la franc-maçonnerie.

Pourquoi « bleus » ?

On appelle loges bleues ou maçonnerie bleue les ateliers qui travaillent aux trois premiers grades, par opposition aux hauts grades, dont les couleurs distinctives sont souvent le rouge, le noir ou le blanc. Le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot définit déjà la maçonnerie bleue comme la maçonnerie symbolique des trois grades. L’origine de la couleur est discutée ; on y voit souvent le bleu du ciel, image de la voûte étoilée qui couvre le temple.

Un socle commun à presque tous les rites

Grades symboliques
  • Rite Écossais Ancien et Accepté : les trois grades sont travaillés en loge symbolique ; les grades du 4e au 33e relèvent d’autres juridictions.
  • Rite Français : aux trois grades symboliques s’ajoutent les Ordres de Sagesse, systématisés à la fin du XVIIIe siècle.
  • Rite Écossais Rectifié : les loges de Saint-Jean, bleues, sont suivies du grade de Maître Écossais de Saint-André, travaillé en loge verte, puis de l’Ordre intérieur.
  • Rite Émulation et rites anglo-saxons : les trois degrés du « Craft », prolongés par l’Arche royale.
  • Rites égyptiens : ils comptent de nombreux degrés, mais partent eux aussi des trois grades symboliques.

Grades symboliques et hauts grades

Dès les années 1730-1740, des grades supplémentaires apparaissent, d’abord en France avec les « Maîtres écossais », puis se multiplient : on en dénombre plus d’une centaine dans les années 1760. Les grades symboliques restent pourtant la référence : un maçon n’accède aux hauts grades qu’après la maîtrise, et dans la plupart des obédiences françaises, c’est dans la loge bleue que se votent les admissions, que se décident les orientations et que s’élisent les députés. Bazot qualifiait déjà ces trois grades d’inaltérables.

Le saviez-vous ?

La première grande divulgation des trois grades, celle de Prichard en 1730, a paradoxalement contribué à les stabiliser : publiée pour révéler le « secret » des loges, elle a servi d’aide-mémoire à de nombreux maçons et a figé, pour une part, le texte des rituels.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, Paris, début du XIXe siècle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Apprentissage, Compagnon, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Loge Bleue ou Loge Symbolique., Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Grade, Augmentation de salaire….

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