Installation de Jean-Luc Fauque comme Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, 18 juin 2010 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 18 juin 2010, le Suprême Conseil pour la France (SCPLF) installe Jean-Luc Fauque comme Souverain Grand Commandeur, six jours après la démission de Serge Poulard. Le SCPLF administre alors les hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté pour les frères de la Grande Loge nationale française. Le nouveau chef prend ses fonctions en pleine crise de la GLNF et doit d’emblée démentir les rumeurs qui imputent les troubles de l’obédience à sa juridiction. Son mandat verra la rupture entre la GLNF et le SCPLF, consommée en 2014.

Date : 18 juin 2010
Lieu : France

La fonction de Souverain Grand Commandeur

Installation de Jean-Luc Fauque comme Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, 18 juin 2010
Source : Wikimedia Commons – Zerxa – CC BY-SA 4.0

Dans le Rite Écossais Ancien et Accepté, le Souverain Grand Commandeur préside le Suprême Conseil, collège de membres du 33e et dernier degré qui gouverne les ateliers de perfectionnement : loges de perfection, chapitres, aréopages, tribunaux et consistoires. Il incarne l’autorité initiatique du rite et en assure les relations avec les autres Suprêmes Conseils dans le monde.

Une succession rapide

Selon la chronologie Kronobase, Serge Poulard démissionne le 12 juin 2010, officiellement pour raisons de santé. Le 18 juin, le SCPLF installe Jean-Luc Fauque à sa tête. Cette rapidité traduit la volonté d’assurer la continuité d’une institution exposée, au moment où la principale obédience avec laquelle elle travaille traverse une grave crise de gouvernance.

Un communiqué pour apaiser

En 2010, Jean-Luc Fauque signe en qualité de Souverain Grand Commandeur un communiqué adressé à tous les frères du REAA. Il y répond aux rumeurs selon lesquelles le Suprême Conseil aurait provoqué les troubles de la GLNF, dément ces accusations, rappelle les principes et la mission de la juridiction, annonce qu’il répondra à l’invitation du grand maître et appelle à la patience et à la fidélité. Ce texte rappelle aussi la filiation revendiquée par le SCPLF avec le Suprême Conseil fondé en 1804 par le comte de Grasse-Tilly.

Une juridiction issue de la scission de 1964

Le SCPLF est né de la rupture de 1964-1965 : opposé au traité d’alliance entre la Grande Loge de France et le Grand Orient, le Souverain Grand Commandeur Charles Riandey quitte le Suprême Conseil de France et organise, en lien avec la GLNF, un nouveau Suprême Conseil reconnu par les juridictions américaines. Le SCPLF se présente comme le deuxième plus ancien Suprême Conseil du monde après celui de la Juridiction Sud des États-Unis, en vertu de cette filiation.

De la crise à la rupture

Installation de Jean-Luc Fauque comme Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, 18 juin 2010
Source : Wikimedia Commons – Henry Salomé – CC BY-SA 3.0

La sortie de crise de la GLNF, avec l’élection de Jean-Pierre Servel le 1er décembre 2012, ne rapproche pas les deux institutions. Le 29 septembre 2014, un Suprême Conseil national de France est créé pour accueillir les frères de la GLNF ; le 9 décembre suivant, un décret de l’obédience rompt toute relation avec le SCPLF. En janvier 2015, le Suprême Conseil d’Angleterre suspend à son tour sa reconnaissance.

Portée

L’installation de Jean-Luc Fauque s’inscrit dans un moment charnière. Elle illustre la dépendance réciproque entre une obédience symbolique et une juridiction de hauts grades : lorsque la confiance se rompt, chacune peut chercher à reconstituer de son côté ce que l’autre lui apportait. Le paysage écossais « régulier » français s’en trouve durablement recomposé.

Le saviez-vous ?

Les frères de la GLNF qui travaillent au REAA utilisent plusieurs rituels : celui dit « Cerbu », tiré d’un rituel de 1829 conservé à la Bibliothèque nationale de France, le rituel rétroactivement appelé « 1802 », et un rituel « Hiram » élaboré avec le Suprême Conseil pour la France. Ce dernier témoigne de la collaboration étroite qui unissait l’obédience et le SCPLF avant leur rupture.

Repères chronologiques

  • 1804 : premier Suprême Conseil de France, fondé par le comte de Grasse-Tilly.
  • 1964-1965 : scission de Charles Riandey.
  • 12 juin 2010 : démission de Serge Poulard.
  • 18 juin 2010 : installation de Jean-Luc Fauque.
  • 29 septembre 2014 : création du Suprême Conseil national de France.
  • 9 décembre 2014 : la GLNF rompt avec le SCPLF.
  • 8 janvier 2015 : suspension de la reconnaissance par le Suprême Conseil d’Angleterre.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Aréopage, Charles Riandey (Auteur).

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