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Né à Paris dans une famille d’origine franc-comtoise et mort à Boulogne-Billancourt, Charles Riandey est un haut fonctionnaire de la préfecture de la Seine, déporté à Buchenwald pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’une des figures majeures du Rite écossais ancien et accepté en France au XXe siècle. Grand Commandeur du Suprême Conseil de France à partir de 1961, il est l’artisan de la scission de 1964 qui donne naissance au Suprême Conseil pour la France. Ses mémoires, Confessions d’un Grand Commandeur de la Franc-Maçonnerie, ont paru à titre posthume.
Un serviteur de l’administration parisienne

Charles Marcel Riandey fait carrière à la préfecture de la Seine et appartient au cabinet d’André Le Troquer, figure socialiste de la IIIe et de la IVe République. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est déporté à Buchenwald, épreuve qui le range parmi les nombreux francs-maçons frappés par la répression de l’Occupation.
Du compagnonnage de loge au 33e degré
Initié en 1917 à la loge « Union et Bienfaisance », à Paris, il devient vénérable maître de son atelier dès 1922. Son ascension dans les hauts grades est rapide : il reçoit en 1927 le 33e degré du Rite écossais ancien et accepté, ce qui l’intègre durablement aux instances du Suprême Conseil de France, la juridiction qui administre les hauts grades écossais en lien avec la Grande Loge de France.
Grand Commandeur au cœur de la crise de 1964
En 1961, Charles Riandey est élu Grand Commandeur du Suprême Conseil de France. Trois ans plus tard, il s’oppose au traité d’alliance conclu entre la Grande Loge de France et le Grand Orient de France, rapprochement qu’il juge incompatible avec la régularité maçonnique telle qu’il la conçoit.
En 1964, avec une partie des membres du Suprême Conseil, il fait scission et rejoint la Grande Loge nationale française pour constituer le « Suprême Conseil pour la France », dont il devient le Souverain Grand Commandeur. Il le dirige jusqu’en 1976, avant d’en être nommé Grand Commandeur honoraire. Cet épisode reste l’un des tournants de l’histoire de l’écossisme français : il redessine durablement la carte des juridictions de hauts grades.
Des mémoires posthumes et une figure étudiée

Les souvenirs de Charles Riandey ont été publiés après sa mort aux Éditions du Rocher sous le titre Confessions d’un Grand Commandeur de la Franc-Maçonnerie. Le livre offre un témoignage de l’intérieur sur la vie des hauts grades et sur les débats qui ont conduit à la crise de 1964.
Sa personnalité a suscité d’autres travaux : Raoul-Louis Mattei lui a consacré La Face cachée d’un franc-maçon : Charles Riandey (Detrad, 2010), et l’historien Alain Bernheim a fait de lui le point d’arrivée de son étude Le Rite en 33 grades. De Frederick Dalcho à Charles Riandey (Dervy, 2011).
Principaux ouvrages
- Confessions d’un Grand Commandeur de la Franc-Maçonnerie (mémoires posthumes), Éditions du Rocher
Un acteur clé de l’histoire du Rite écossais en France
Charles Riandey est moins un écrivain qu’un témoin et un acteur. Son nom est indissociable de la refondation, en 1964, d’une juridiction écossaise liée à la Grande Loge nationale française, décision qui pèse encore sur l’organisation des hauts grades en France. Ses Confessions constituent à ce titre une source de première main, à lire en regard des études historiques qui, depuis, ont replacé son action dans la longue histoire du Rite écossais ancien et accepté.
À lire sur 450.fm : Le Rite Écossais Ancien et Accepté en France, Le Rite Écossais Ancien et Accepté en France, Franc-maçonnerie et ésotérisme en Russie depuis le XVIIIe siècle.
Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Régularité.

