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Nicolas Des Étangs, que son acte de naissance nomme Nicolas Chaales Desetangts, naît le 7 septembre 1766 à Allichamps et meurt le 4 mai 1847 à l’âge de 80 ans. Surnommé « héros de la Bastille », volontaire de 1792 puis commissaire dans les territoires occupés, il fait ensuite carrière dans l’administration de la librairie. Initié à Brest, il devient l’une des figures du Grand Orient de France sous la Restauration, vénérable des Trinosophes à dix-neuf reprises et auteur d’ouvrages de défense de l’Ordre.
Un vainqueur de la Bastille

Les sources hésitent sur son nom : le registre paroissial d’Allichamps porte Nicolas Chaales Desetangts, le fichier Bossu le désigne comme Nicolas-Charles Des Étangs, et d’autres auteurs considèrent « Chaales Des Étangs » comme son patronyme. C’est sous la forme Des Étangs qu’il signe ses écrits et qu’il est passé à la postérité maçonnique.
Participant à la prise de la Bastille, il reçoit le diplôme et la médaille de « Vainqueur de la Bastille », distinctions attribuées en 1790 à ceux qui avaient pris part à l’assaut de la forteresse. Ce titre lui vaut le surnom de « héros de la Bastille », qui l’accompagne toute sa vie.
Du volontariat à l’administration de la librairie
En 1792, il s’engage comme volontaire dans les armées de la Révolution. Il est ensuite nommé commissaire dans les territoires occupés, d’abord à Liège, puis en Allemagne, au service de l’administration française des pays conquis.
En 1810, il entre à la Direction générale de l’imprimerie et de la librairie, l’administration impériale chargée de contrôler l’édition. Il y reste jusqu’à sa retraite, menant une carrière discrète de fonctionnaire parallèlement à une activité maçonnique de premier plan.
Le vénérable des Trinosophes
Nicolas Des Étangs est initié à Brest, dans la loge « L’Heureuse Rencontre ». Un diplôme maçonnique à son nom, délivré par la loge bruxelloise « L’Espérance », témoigne de ses affiliations successives. Installé à Paris, il rejoint plusieurs ateliers de la capitale.
Il est surtout associé à la loge « Les Trinosophes », fondée par Jean-Marie Ragon, dont il occupe le plateau de vénérable à dix-neuf reprises. En 1826, il devient officier du Grand Orient de France, ce qui le place parmi les cadres de l’obédience sous la Restauration.
Un défenseur de l’Ordre par la plume

Auteur maçonnique prolifique, il compose des rituels et publie en 1825 Le véritable lien des peuples ou la vraie Maçonnerie rendue à ses vrais principes, plaidoyer pour une maçonnerie fidèle à sa vocation fraternelle et universelle.
En 1829 paraît La Franc-maçonnerie justifiée, conçue comme une réponse à l’abbé Augustin Barruel, dont les Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme avaient accusé les francs-maçons d’avoir préparé la Révolution. Des Étangs y défend l’Ordre contre la thèse du complot maçonnique.
Principales œuvres
- Le véritable lien des peuples ou la vraie Maçonnerie rendue à ses vrais principes, 1825
- La Franc-maçonnerie justifiée, 1829
Un passeur entre Révolution et Restauration
Ancien combattant de la Bastille devenu dignitaire du Grand Orient, Nicolas Des Étangs incarne la continuité entre l’engagement révolutionnaire et la maçonnerie parisienne de la Restauration. Par ses nombreux vénéralats aux Trinosophes, aux côtés de Jean-Marie Ragon, et par ses écrits apologétiques, il compte parmi ceux qui ont défendu publiquement la franc-maçonnerie face aux accusations de l’abbé Barruel.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Nicolas Des Étangs.
Voir aussi dans le glossaire : Vénérable (Vénérable Maître en chaire), Rituel, Affaire Dreyfus (antimaçonnisme), Jean-Marie Ragon (Auteur).

