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Ange Marie d’Eymar du Bignosc naît le 8 septembre 1747 à Forcalquier et meurt le 11 janvier 1803 à Genève. Homme de lettres, député de la noblesse aux États généraux de 1789 rallié parmi les premiers au Tiers état, il devient diplomate sous le Directoire puis premier préfet du département du Léman. Admirateur de Rousseau et de Voltaire, il était franc-maçon, membre de la loge genevoise « La Fraternité », relevant du Grand Orient de France.
Un noble provençal acquis aux Lumières

Issu de la petite noblesse provençale, Ange Marie d’Eymar se consacre d’abord à la littérature. Au début de 1789, il publie des articles dénonçant l’intransigeance des ordres privilégiés, prenant position dans le débat qui précède la réunion des États généraux.
Élu député de la noblesse de la sénéchaussée de Forcalquier, il compte parmi les premiers nobles à rejoindre le Tiers état, puis siège à l’Assemblée constituante de 1789 à 1791. Il s’y distingue notamment en demandant que de grands honneurs soient rendus à Jean-Jacques Rousseau.
Commissaire et diplomate de la République
Commissaire de la République chargé de surveiller l’armée des Alpes, il réside à Gênes, où il s’oppose à Barras et Fréron, qui accusent le général Brunet de trahison ; ce dernier est finalement guillotiné.
Sous le Directoire, il est ambassadeur à Turin. Il participe aux préliminaires de paix consécutifs aux premières victoires de Bonaparte en Italie et contribue, selon le Dictionnaire historique de la Suisse, à obtenir l’abdication de Charles-Emmanuel IV en 1798. Il est ensuite commissaire du Directoire auprès de la République cisalpine.
Premier préfet du Léman
Membre en mars 1799 de la commission provisoire du département du Léman, il en devient le premier préfet en 1800. Il s’efforce de concilier les intérêts français et genevois et fait élever une statue de Voltaire à Genève, où il reste en poste jusqu’à sa mort, en 1803.
Lettré, il publie en 1802 Les Amusements de ma solitude, des souvenirs sur le naturaliste Dolomieu qu’il avait fréquenté, ainsi que des Anecdotes sur Viotti dans La Décade philosophique. Son cœur repose avec son épouse au cimetière du Père-Lachaise.
La loge « La Fraternité » de Genève
Ange Marie d’Eymar est membre de la loge genevoise « La Fraternité », fondée en 1798, qui relève du Grand Orient de France. L’article ne précise ni la date de son initiation, ni les fonctions qu’il y exerça.
Cette loge, née au moment de l’annexion de Genève, participe à l’implantation de la sociabilité maçonnique française dans le nouveau département ; l’appartenance du préfet en fait l’un des points de rencontre entre l’administration française et les élites genevoises.
Principales œuvres
- Anecdotes sur Viotti, précédées de quelques réflexions sur l’expression en musique, dans La Décade philosophique
- Les Amusements de ma solitude, 1802
- Notice historique sur la vie et les écrits de Dolomieu
Un préfet maçon des Lumières
Noble rallié au Tiers, diplomate puis préfet, Ange Marie d’Eymar illustre la figure de l’administrateur éclairé pour qui l’héritage de Rousseau et de Voltaire, l’action publique et la loge relevaient d’un même idéal. Son appartenance à « La Fraternité » de Genève rattache son nom à l’expansion du Grand Orient de France dans les territoires annexés sous le Directoire et le Consulat.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Ange Marie d’Eymar.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Lumières (trois).

