Jean-Nicolas Démeunier (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean-Nicolas Démeunier, parfois écrit Desmeuniers, naît le 15 mars 1751 à Nozeroy, dans le Jura, et meurt à Paris en février 1814. Essayiste, traducteur prolifique de récits de voyage anglais, député du tiers état de Paris aux États généraux puis président de l’Assemblée constituante, il traverse la Révolution et l’Empire jusqu’au Sénat conservateur. Il appartient à la célèbre loge des Neuf Sœurs, foyer maçonnique des Lumières parisiennes.

Un homme de lettres jurassien à Paris

Jean-Nicolas Démeunier – portrait
Source : Wikimedia Commons – After Jean-Baptiste Vérité – Public domain

Après des études dans sa région natale, Démeunier s’installe à Paris. Il devient secrétaire du comte de Provence, le futur Louis XVIII, puis censeur royal. Parallèlement, il se fait connaître comme essayiste avec L’Esprit des usages et des coutumes des différens peuples (1776), vaste tableau comparatif des mœurs.

Il traduit de l’anglais de nombreux récits de voyage, dont ceux de Phipps, de Brydone, de Forrest, et surtout le Troisième Voyage de Cook, publié en cinq volumes en 1785. Il collabore aussi à l’Encyclopédie méthodique, pour laquelle il rédige les volumes d’économie politique et diplomatique (1784-1788).

Un constituant modéré

Partisan de la Révolution, il est élu en 1789 député du tiers état de la ville de Paris aux États généraux. Il siège dans la majorité, devient secrétaire puis président de l’Assemblée et fait partie du comité de Constitution. Il intervient sur la responsabilité ministérielle, le jury, le tribunal de cassation ou la limitation des assignats.

Élu ensuite administrateur de la ville de Paris, il démissionne lors de l’arrivée de Pétion à l’Hôtel de ville. Pendant la Terreur, il se réfugie aux États-Unis, pays auquel il avait consacré un Essai sur les États-Unis (1786) et L’Amérique indépendante (1790).

Du Tribunat au Sénat conservateur

Rentré en France en 1796, il est nommé au Tribunat sous le Consulat et en devient président au début de l’année 1800. Il entre ensuite au Sénat conservateur, reçoit la sénatorerie de Toulouse, le titre de comte de l’Empire et la dignité de grand officier de la Légion d’honneur. Élu mainteneur de l’Académie des Jeux floraux en 1804, il meurt deux mois avant la chute de Napoléon et repose au Panthéon de Paris.

Aux Neuf Sœurs, parmi les savants et les écrivains

Jean-Nicolas Démeunier
Source : Wikimedia Commons – Beljambe, Pierre-Guillaume-Alexandre (Rouen, 10–05–1759 – Paris, vers 1820), gra – CC0

Démeunier figure parmi les membres de la loge des Neuf Sœurs, l’atelier parisien qui réunissait sous l’Ancien Régime écrivains, savants, artistes et futurs acteurs de la Révolution. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni les fonctions qu’il y aurait exercées.

Son profil d’encyclopédiste, de traducteur et d’observateur de la jeune république américaine correspond bien à l’esprit de cette loge, où se croisaient les réseaux des Lumières et ceux des admirateurs de l’indépendance américaine.

Principales œuvres

  • L’Esprit des usages et des coutumes des différens peuples, 1776
  • Encyclopédie méthodique, Économie politique et diplomatique, 1784-1788
  • Troisième Voyage de Cook (traduction), 1785
  • Essai sur les États-Unis, 1786
  • Des Conditions nécessaires à la légalité des États-Généraux, 1788
  • L’Amérique indépendante, 1790
  • Voyage de découvertes à l’océan Pacifique du Nord (traduction de Vancouver), 1798

Un maçon des Lumières devenu notable d’Empire

Jean-Nicolas Démeunier illustre la trajectoire de nombreux membres des Neuf Sœurs : formés dans la sociabilité savante et maçonnique des Lumières, engagés dans la Constituante, éprouvés par la Terreur, puis intégrés aux institutions napoléoniennes. Son nom rappelle combien la loge parisienne a servi de vivier aux élites intellectuelles et politiques de la fin du XVIIIe siècle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean-Nicolas Démeunier.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Lumières (trois).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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