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Général de la Révolution, éphémère ministre de la Guerre, puis sénateur de l’Empire et maréchal de France sous la Restauration, Pierre Riel de Beurnonville (1752-1821) fut aussi un maçon de longue date. Grand conservateur puis premier grand maître adjoint du Grand Orient de France de 1814 à sa mort, il guida l’obédience dans la transition délicate de l’Empire à la monarchie restaurée.
Un soldat de la Révolution
Né le 10 mai 1752 à Champignol-lez-Mondeville (Aube), Pierre Riel de Beurnonville sert d’abord dans la marine sous Suffren, aux Indes, puis dans les troupes coloniales des Mascareignes. Aide de camp de Luckner au début de la Révolution, il combat à Valmy et à Jemmapes au sein de l’armée du Nord.
Nommé ministre de la Guerre par la Convention en février 1793, il est envoyé auprès de Dumouriez, qui le livre aux Autrichiens avec les commissaires de la Convention. Détenu notamment à Olmütz pendant environ trente mois, il est échangé contre Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI. Il commande ensuite plusieurs armées, dont celle de Sambre-et-Meuse.
Du Consulat à la Restauration
Bonaparte en fait un diplomate, ministre plénipotentiaire à Berlin puis ambassadeur à Madrid, avant de le nommer sénateur et comte de l’Empire. En 1814, il vote la déchéance de Napoléon et entre au gouvernement provisoire. Rallié aux Bourbons, il devient ministre d’État et pair de France, suit Louis XVIII à Gand pendant les Cent-Jours et reçoit en 1816 le bâton de maréchal de France, puis le titre de marquis. Il meurt le 23 avril 1821 à Paris.
Un demi-siècle de maçonnerie
Initié jeune dans la loge parisienne La Vraie Lumière, Beurnonville fonde en 1777 à l’île Bourbon (La Réunion) la loge La Parfaite Harmonie. De retour à Paris, il rejoint Les Amis réunis et devient en 1790 expert de la chambre des grades du Grand Orient. En 1804, il est nommé grand expert et grand administrateur de l’obédience.
À la chute de l’Empire, alors que Joseph Bonaparte et Cambacérès sont écartés, la grande maîtrise reste vacante. Beurnonville prend en 1814 la tête de l’obédience comme grand conservateur, puis, dès 1815, comme premier grand maître adjoint. Sa position auprès de Louis XVIII permet au Grand Orient de traverser sans dommage majeur le changement de régime, au prix d’une grande prudence politique. Il exerce cette charge jusqu’à sa mort en 1821 ; le maréchal Macdonald lui succède.
Repères
- Naissance : 10 mai 1752, Champignol-lez-Mondeville (Aube)
- Décès : 23 avril 1821, Paris
- Profession : Militaire, ministre, diplomate, sénateur, maréchal de France
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Grand conservateur, puis premier grand maître adjoint
- Mandat(s) : 1814-1821
- Loge(s) : La Vraie Lumière (Paris) ; La Parfaite Harmonie (île Bourbon), fondateur ; Les Amis réunis (Paris)
- Distinctions : Maréchal de France (1816), marquis, pair de France, grand-croix de la Légion d’honneur
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître Adjoint, Grand Orient, Dignitaires, Obédience maçonnique.
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