Joseph Bonaparte (Grand Maître du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Frère aîné de Napoléon, roi de Naples puis d’Espagne, Joseph Bonaparte (1768-1844) fut grand maître du Grand Orient de France pendant tout le Premier Empire. Initié à Marseille en 1793, il prêta son nom à une obédience que l’empereur entendait contrôler, la direction effective revenant à l’archichancelier Cambacérès. Sous ce patronage, le nombre de loges connut une croissance spectaculaire.

L’aîné de la fratrie Bonaparte

Joseph Bonaparte

Né le 7 janvier 1768 à Corte, alors capitale de la Corse indépendante, Joseph Bonaparte est l’aîné des enfants de Charles Bonaparte et de Letizia Ramolino. Fréquentant les clubs révolutionnaires, il suit la carrière de son frère, dont il devient un diplomate et un relais politique.

L’Empire fait de lui un souverain : roi de Naples de 1806 à 1808, puis roi d’Espagne de 1808 à 1813, dans un pays soulevé contre l’occupation française. Après la chute de Napoléon, sous le nom de comte de Survilliers, il s’établit aux États-Unis, notamment dans son domaine de Point Breeze, à Bordentown (New Jersey). Il meurt à Florence le 28 juillet 1844 ; ses restes reposent aux Invalides.

Initiation et engagement maçonniques

Joseph Bonaparte est initié en 1793 à Marseille, dans la loge La Parfaite Sincérité, en même temps que Saliceti ; son parrain est le commissaire ordonnateur Chauvet. Rien n’indique une activité maçonnique soutenue de sa part avant l’Empire : son élévation à la grande maîtrise relève d’abord d’un choix politique.

Grand maître sous l’Empire

Dans les jours qui suivent le plébiscite de novembre 1804, Joseph est appelé à la grande maîtrise du Grand Orient de France, à la demande de Napoléon, soucieux de placer sous la tutelle du régime une institution qu’il préfère encadrer plutôt qu’interdire. Joachim Murat et surtout l’archichancelier Cambacérès, grands maîtres adjoints, assurent l’administration effective.

Cette maçonnerie impériale attire dignitaires, maréchaux, généraux, ministres et membres de la famille impériale. Le nombre de loges passe d’environ trois cents à plus de mille deux cents en une dizaine d’années. Devenu roi d’Espagne, Joseph favorise aussi la création d’une Grande Loge nationale à Madrid en 1809. La chute de l’Empire met fin à son magistère : la grande maîtrise reste ensuite vacante jusqu’en 1852.

Un grand maître de façade ?

Les historiens voient dans la grande maîtrise de Joseph un rôle surtout honorifique, au service d’une politique de contrôle des corps intermédiaires. Elle n’en marque pas moins l’apogée numérique de la maçonnerie française sous l’Empire et la réconciliation de l’Ordre avec l’État après la tourmente révolutionnaire.

Repères

  • Naissance : 7 janvier 1768, Corte (Corse)
  • Décès : 28 juillet 1844, Florence (grand-duché de Toscane)
  • Profession : Diplomate, homme d’État, roi de Naples puis d’Espagne
  • Obédience : Grand Orient de France
  • Fonction : Grand maître
  • Mandat(s) : 1804/1805-1814
  • Loge(s) : La Parfaite Sincérité (Marseille)
  • Distinctions : Roi de Naples (1806-1808), roi d’Espagne (1808-1813)

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grand Orient, Grand Maître Adjoint, Obédience maçonnique.

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