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Orfèvre, magistrat de la Chambre des comptes puis directeur de la Monnaie de Paris, Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau (mort en 1808) est l’homme qui sauva le Grand Orient de France pendant la Révolution. Après avoir caché ses archives sous la Terreur, il relança l’obédience avec le titre de grand vénérable et conduisit en 1799 sa réunion avec la Grande Loge de Clermont.
Une dynastie d’orfèvres et de graveurs

Né à Paris, Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau appartient à une famille d’artistes au service des souverains : son père, Jacques Roëttiers de La Tour, avait été graveur général des monnaies de Grande-Bretagne et orfèvre du roi ; son frère Jacques-Nicolas réalisa pour Catherine II le célèbre service Orloff. La famille entretient des liens anciens avec les Stuarts.
Orfèvre du roi en 1772, il abandonne bientôt cette charge pour un office de conseiller auditeur à la Chambre des comptes, dont il devient maître en 1787. La même année, il est nommé directeur de la Monnaie de Paris, poste qu’il conserve jusqu’en l’an V. Fin novembre 1793, soupçonné de trafics, il est arrêté ; les perquisitions ne révèlent rien et il est libéré au début de 1794 sur ordre du Comité de salut public.
Un maçon de l’administration du Grand Orient
Initié à la loge L’Amitié, à Paris, il y est élevé maître en 1775 et en devient vénérable à plusieurs reprises. Il siège à la Chambre des provinces du Grand Orient dès les années 1770, puis la préside jusqu’en 1794. Cofondateur du Grand Chapitre général, devenu Souverain Chapitre métropolitain, il le préside une dizaine d’années ; on lui reconnaît un rôle dans la fixation du Rite français moderne. Il appartient aussi, de 1784 à 1787, au comité directeur de la Société philanthropique de Paris.
Le « grand vénérable » de la renaissance
Sous la Terreur, alors que les loges cessent leurs travaux et que le grand maître Philippe Égalité a renié l’Ordre, Montaleau met à l’abri chez lui les archives du Grand Orient. Dès que les circonstances le permettent, il réunit les loges survivantes et accepte, plutôt que celui de grand maître, le titre de grand vénérable, qu’il porte de 1795 à 1805.
Son œuvre majeure est la réunion avec la Grande Loge dite de Clermont, héritière des maîtres parisiens hostiles à la réforme de 1773 : le concordat de mai-juin 1799 met fin à un quart de siècle de division et permet au Grand Orient de se présenter comme l’unique héritier de la première Grande Loge de France. Il préside la chambre d’administration de l’obédience en 1799 et 1802, avant que Joseph Bonaparte n’accède à la grande maîtrise.
Postérité
Montaleau meurt à Paris en 1808 et reçoit des obsèques religieuses à Saint-Sulpice le 1er février. Le Grand Orient de France lui a rendu hommage en donnant son nom à l’un des temples de son siège, rue Cadet : celui de l’homme sans qui l’obédience n’aurait peut-être pas survécu à la Révolution.
Repères
- Naissance : Paris (1748 selon la tradition, date à confirmer)
- Décès : 1808, Paris
- Profession : Orfèvre, magistrat de la Chambre des comptes, directeur de la Monnaie de Paris
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Grand vénérable
- Mandat(s) : 1795-1805
- Loge(s) : L’Amitié (Paris)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Orient, Rite français, Maçonnerie et Révolution française, Dignitaires.
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