Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Prince du sang, duc de Chartres puis d’Orléans, Louis-Philippe d’Orléans (1747-1793), dit Philippe Égalité, fut grand maître de la maçonnerie française de 1771 à 1793. C’est sous son nom, et sous l’impulsion du duc de Montmorency-Luxembourg, que naquit en 1773 le Grand Orient de France. Député à la Convention, il vota la mort de Louis XVI, renia publiquement l’Ordre en 1793 et mourut guillotiné.
Un prince du sang
Né le 13 avril 1747 au château de Saint-Cloud, Louis-Philippe d’Orléans porte successivement les titres de duc de Montpensier, de duc de Chartres (1752) puis de duc d’Orléans et premier prince du sang à la mort de son père (1785). Il est le père du futur roi Louis-Philippe Ier.
Tenté par la marine, il commande l’arrière-garde de l’escadre de Brest au combat d’Ouessant (1778), engagement indécis qui lui vaut les railleries de la cour ; il renonce ensuite à cette carrière. À Paris, il transforme le Palais-Royal en vaste opération immobilière, avec ses galeries et ses arcades, qui deviendra un haut lieu de sociabilité et d’agitation politique.
Le grand maître de la fondation du Grand Orient
À la mort du comte de Clermont en 1771, le duc de Chartres est appelé à la grande maîtrise de la Grande Loge de France. L’institution est alors minée par les querelles ; c’est l’administrateur général, Anne-Charles-Sigismond de Montmorency-Luxembourg, qui conduit la réforme. Les nouveaux statuts mettent fin à l’inamovibilité des maîtres de loges, donnent aux députés des ateliers une place dans les assemblées et fondent en 1773 le Grand Orient de France, dont l’installation solennelle du grand maître marque la naissance.
Le prince conserve son titre et son rang, mais s’implique peu : il n’assiste à une séance du Grand Orient qu’en 1777. L’obédience n’en connaît pas moins un essor rapide, avec près de deux cents loges dès 1776, dont trente-sept à Paris. Une partie des maîtres parisiens, hostiles à la réforme, maintient une Grande Loge rivale, dite de Clermont, jusqu’à la réunion de 1799.
De la Révolution à l’échafaud
Élu député de la noblesse aux États généraux de 1789, il rejoint le tiers état avec quarante-sept nobles. En 1792, les titres princiers étant abolis, il prend le nom de Philippe Égalité et est élu à la Convention par le département de la Seine ; il siège à la Montagne et vote la mort de Louis XVI.
Au début de 1793, accusé de diriger un « parti », il fait publier dans le Journal de Paris une lettre où il déclare ne plus vouloir se mêler du Grand Orient. L’obédience prend acte de cette démission et laisse la grande maîtrise vacante. Arrêté, jugé par le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné à Paris le 6 novembre 1793.
Une mémoire disputée
Le rôle de grand maître de Philippe Égalité a nourri, dès la fin du XVIIIe siècle, la thèse d’un complot maçonnique à l’origine de la Révolution. Les historiens ont depuis montré la faiblesse de cette lecture : le prince fut un grand maître largement honorifique, et les loges comptaient des membres de toutes opinions. Son nom reste attaché à la fondation du Grand Orient de France, plus qu’à son action personnelle.
Repères
- Naissance : 13 avril 1747, château de Saint-Cloud
- Décès : 6 novembre 1793, Paris (guillotiné)
- Profession : Prince du sang, officier de marine, député
- Obédience : Grande Loge de France puis Grand Orient de France
- Fonction : Grand maître
- Mandat(s) : 1771-1793
- Distinctions : Duc de Chartres (1752), duc d’Orléans (1785), premier prince du sang
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grand Orient, Maçonnerie et Révolution française, Convent.
Pour aller plus loin sur 450.fm
Tous les articles de 450.fm sur le Grand Orient de France : 450.fm/tag/godf/

