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Le Grand Maître adjoint est un haut dignitaire d’une obédience, qui seconde le Grand Maître, le représente et peut le suppléer en cas d’absence, d’empêchement ou de démission. Selon les obédiences, il peut y en avoir un seul ou plusieurs, chacun chargé d’un domaine : relations extérieures, régions, culture, communication. La fonction est ancienne : dès les années 1720, la Grande Loge de Londres connaît un Deputy Grand Master, et au Grand Orient de France, Cambacérès, Grand Maître adjoint sous Joseph Bonaparte, en fut le véritable dirigeant. Charge de confiance et de continuité, elle prépare souvent à la grande maîtrise.
Définition

Le Grand Maître adjoint appartient à l’exécutif national d’une obédience. Ses attributions sont fixées par les constitutions et règlements généraux, qui varient beaucoup. Il assure trois fonctions principales : seconder le Grand Maître dans l’exercice de sa charge, le représenter auprès des loges, des autres obédiences ou des institutions, et le suppléer en cas d’empêchement, selon les règles prévues par les textes.
Aux origines : le Deputy Grand Master
La Grande Loge fondée à Londres en 1717 élit d’abord des Grands Maîtres roturiers, puis, à partir de 1721, des aristocrates. Ces nobles, souvent peu présents, s’appuient sur un Deputy Grand Master qui gouverne au quotidien. Jean Théophile Désaguliers, Grand Maître en 1719, fut ensuite deux fois Deputy Grand Master auprès de Grands Maîtres de prestige, et c’est largement par lui que s’organisa la jeune institution.
La Grande Loge unie d’Angleterre a conservé et enrichi cette architecture : lorsque le Grand Maître est un membre de la famille royale, un Pro Grand Master exerce l’essentiel de la charge ; viennent ensuite un Deputy Grand Master et un Assistant Grand Master.
En France : une longue tradition
Au Grand Orient de France, la grande maîtrise a souvent été confiée à des princes, l’autorité réelle étant exercée par un adjoint ou un administrateur. Sous le Premier Empire, Joseph Bonaparte est Grand Maître de 1805 à 1814, mais c’est l’archichancelier Cambacérès, Grand Maître adjoint, qui dirige effectivement l’obédience. La liste des dirigeants du Grand Orient mentionne ensuite d’autres Grands Maîtres adjoints, comme le maréchal Macdonald entre 1821 et 1833.
Aujourd’hui, les obédiences françaises organisent diversement cette fonction. La Grande Loge de France compte plusieurs Grands Maîtres adjoints, numérotés et chargés de domaines distincts ; d’autres obédiences parlent de vice-présidents du conseil ou de Grands Maîtres délégués. Les photographies de dignitaires en exercice, comme celle d’un Grand Maître adjoint chargé de la culture et de la communication, illustrent cette spécialisation croissante des charges.
Les missions habituelles

- Les relations extérieures : liens avec les obédiences étrangères, traités d’amitié, congrès internationaux.
- Le suivi d’un ensemble de régions ou de loges, avec visites et installations.
- La culture, la communication, la formation ou les publications de l’obédience.
- La présidence de commissions ou de groupes de travail.
- La suppléance du Grand Maître, en cas d’absence ou de vacance de la charge.
Une charge de continuité
La fonction garantit la continuité de la direction nationale : aucune vacance ne doit interrompre la vie administrative, rituelle et représentative de l’obédience. Elle constitue aussi souvent une étape vers la grande maîtrise. À la Grande Loge de France, par exemple, le Grand Maître élu en 2025 avait auparavant exercé les fonctions de Second Grand Maître adjoint. Le passage par cette charge permet d’acquérir une connaissance d’ensemble de l’institution et de ses relations.
Une autorité de service
Comme toute haute charge maçonnique, celle de Grand Maître adjoint est temporaire, élective ou désignée selon les textes, et conçue comme un service. Elle n’ajoute rien au grade de celui qui l’exerce : redevenu simple membre de sa loge à la fin de son mandat, il conserve seulement, selon les usages, le titre de Passé Grand Maître adjoint. Les décors de la fonction, sautoir et bijou, appartiennent à la charge et passent à son successeur.
Le saviez-vous ?
Sous l’Empire, la grande maîtrise du Grand Orient était un enjeu politique : en plaçant son frère Joseph à sa tête et Cambacérès comme adjoint, Napoléon s’assurait du contrôle d’une institution alors en pleine expansion, notamment dans l’armée. L’adjoint y était, de fait, l’homme de confiance du régime.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Obédience, Grand Orient, Convent, Grande Loge, Dignitaires.
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