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Le chiffrage de l’Alphabet maçonnique

Il existe un cryptage kabbalistique de l’alphabet hébreu nommé Aïq Bekar qui utilise 9 chambres avec un ou deux points pour différencier chacune des 3 lettres se trouvant dans chaque portion (les lettres sont placées dans l’ordre de droite à gauche). évoqué par Albert G. Mackey dans son Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie…, au mot «cipher», ce procédé est documenté par Spartakus FreeMann. Cet alphabet aurait inspiré l’alphabet maçonnique.

L’alphabet maçonnique est un alphabet crypté, qui remplace chaque lettre à écrire par la forme d’une portion du carré de Saturne (3 x 3) ouvert, ou d’une croix de Saint-André dans laquelle elle se trouve. Ce système n’est pas sans rappeler la numérotation cistercienne. C’est la forme géométrique dans un espace dédié qui représente sa valeur.

De nombreuses variantes existent, documentées entre autres, dans Systèmes de cryptage maçonnique de Philippe Langlet, éd. de La Hutte.

La source la plus probable semble être le Khatam Pharouq ou Sceau Rompu publié en 1745 : «L’écriture Maçonne réunit à la même simplicité l’avantage d’être une écriture universelle et propre à toutes sortes de langues. Ce merveilleux alphabet consiste en deux lignes parallèles perpendiculaires, coupées de deux lignes horizontales aussi parallèles, ce qui forme au milieu un quarré régulier, quatre quarrés ouverts et quatre angles égaux. Toutes ces divisions forment neuf cases, tant ouvertes que fermées.» Pour compléter l’alphabet on utilise deux droites qui se coupent en croix de St André donnant 4 cases. Il existe plusieurs alphabets maçonniques qui placent différemment les lettres dans les 13 cases (1748, 1791, original english, improved english, original continental, United states….). C’est pourquoi on l’appelle l’alphabet pigpen. Le terme de parc à cochons vient de la manière de préparer les symboles utilisés pour substituer les lettres. On trace en effet des enclos dans lesquels est placé l’alphabet. Il suffit ensuite de copier la zone correspondant à la lettre désirée. Ainsi, pour prendre des exemples concrets de l’alphabet maçonnique actuel numérique, les lettres a et b se construisent à partir de la case en haut à gauche, tronquée dans laquelle elles se trouvent. La lettre « a » prend comme clé la case vide ; le « b » étant la lettre suivante, on inscrit un point dans cette même case . Le « c » sera la case suivante, un carré ouvert vers le haut , le « d » … On alterne case vide et case pointée ; la lettre U aura  la forme de la partie gauche de la croix de St André , le V aura la forme.. d’un V.

Dans les écrits, l’abréviation du mot loge est la lettre L codée en alphabet dit français de 1804 (dans lequel on remplace l’absence de lettres j par le i ; k par le c ; v et w par le u), figurée par carré (ou un rectangle)  avec, ou pas, un point en son milieu. Au pluriel, le mot “loges” s’écrit avec 2 carrés entrelacés que l’on retrouve sur certains pin’s.

Souvent,  les lettres M et B brodées sur les tabliers de maître sont remplacées par leur cryptage.

En rassemblant ce qui est épars, c’est-à-dire les deux structures, on obtient une figure renfermant toutes les formes des lettres de notre alphabet, ainsi que nos chiffres [qui se sont arrondis à l’usage].

Combiner les lettres avec des carrés magiques -tel celui utilisant le carré magique de Mars 5×5 d’Agrippa)- pour donner leur position ordinale dans une phrase avec un alphabet maçonnique -tel le numérique- permet de coder un message  mystérieux (sans espace entre les mots cependant).

 

Quelques alphabets maçonniques

Les hiéroglyphes qui cryptent les lettres et les nombres varient selon les lieux, les époques et les grades.

Consulter le remarquable travail de recherche de Gustave Bord dans son livre La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, Tome1, à partir de la p. 539.

Au XIXe siècle le Dr Olivier identifia 6 formes d’alphabets
Angleterre et Hollande, p.539 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57547726/f573
Alphabet du Rituel du marquis de Gage, 1763

Le plus connu des alphabets de 1804, p.543  

Des curiosités maçonniques en 1804p. 542

Alphabets contemporains

ARGENTINE : Francisco Bano, un maçon émigré qui fonda la ville argentine de Necochea

De notre confrère espagnol lavozdegalicia.es – Par MARTIN FERNANDEZ

Il a émigré très jeune avec son frère Maximino en Argentine, où les deux étaient banquiers d’affaires.

Dans son poème, La mythique Fondation de Buenos Aires , Borges s’interroge :

« Et est-ce par ce fleuve de rêves et de boue que les proues sont venues fonder ma patrie ? ». 

Et il répond lui-même :

« Il me semble que Buenos Aires a commencé : Je la juge aussi éternelle que l’eau et l’air ».

 Et peut-être que oui, Buenos Aires sera éternelle. Mais la vérité est que les émigrants madrilènes qui ont fondé, ou co-fondé, des villes et des cités sont descendus des bateaux : Manuel Candia , Copetonas, de la Brasserie ; les frères Moreno , Rivadeo, dans le parti du Puán ; Miranda Luaces de Mindon , la ville de Rafael Calzada ; et Francisco Baño , Necochea, l’une des villes touristiques d’Argentine.

Baño  était riche et MaçonIl a présidé Hijos del Partido de Vivero et a été décisif dans la construction des écoles de Xove, Cervo et Burela et dans la publication de l’ouvrage sur la navigation aérienne de son oncle, Tomás Mariño, et le financement en 1921 d’une plaque dans sa ville natale, la même dans laquelle il est né en 1850. Sa vie et son œuvre sont rassemblées dans Horas perdidas, un livre publié en 1920, et dans des œuvres de Pablo Javier Junco, Alihuen Luz et Mariel Nielsen, entre autres.

Il émigre très jeune, avec son frère Maximino, en Argentine. Les deux étaient des banquiers d’affaires : lui, directeur de la Banque d’Espagne et d’Amérique, et son frère, directeur de la Sociedad Argentina de Credits, une entité au capital espagnol également appelée Banque d’escompte et, en 1908, Banco de Castilla y Río de la Silver. Francisco opérait dans la capitale et à Tandil. En 1879, il était déjà membre de la loge maçonnique de la vallée de Quequén, près de Necochea, où il possédait un ranch et du bétail.

Vol de bétail et de femmes

La région connaît alors un grave problème : les malones indigènes font des ravages dans les fermes et les lieux, en volant du bétail et des femmes . Certains notables, dirigés par Ángel Ignacio Murga, décidèrent alors que, pour le résoudre, le mieux était de fonder une ville qui les protégerait des attaques. Ainsi naquit Necochea le 12 octobre 1881. L’acte de constitution – qui est conservé par le Musée régional – dit :

« Les frères des trois points déclarent officiellement fondée la ville de Necochea, invoquant pour cet acte le nom du Grand Architecte de l’Univers (GADLU), source de tout pouvoir et progrès, et en accordant la demande de quelques voisins l’a mis sous l’invocation de María del Carmen.

Les signataires sont le susdit Murga, Grand Maître de la Loge Sol Argentino n°160, et Francisco Baño, Pedro Iraola et Román de Lucía, membres de celle-ci, et d’autres tels que J. González, Nicanor Duarte, J. Querencio et J. Mª Muñiz. La ville – dédiée à Mariano Necochea, général de l’Armée de libération de San Martín et maître de la Loge Virtud y Unión de Lima – est définie par l’équerre et le compas, symboles de la franc-maçonnerie, et contient de nombreuses allégories, constructions et dessins.

Un centre à l’écart de la côte et de nombreux symboles de l’ordre

Lorsque les fondateurs de Necochea l’eurent conçu, ils voulurent placer le centre administratif et social sur le littoral. Mais Bano suggéra de le séparer à trois kilomètres de la mer « pour éviter les désagréments que pourraient causer les dunes, le sable et le vent ». Cette sage décision amena ses collègues à lui accorder l’honneur d’être celui qui planta le premier drapeau de la fondation.

L’orientation de Necochea est mise en évidence – en plus des églises, des bâtiments, des cinémas, des théâtres, des statues et des noms de places et de rues – dans ce qui est le premier monument maçonnique de la ville et du pays qui, en même temps, recueille l’idéologie de la maçonnerie. Il y a deux Colonnes qui représentent l’entrée du Temple du Roi Salomon : selon la Bible, l’une porte le nom de Jakin (J) et l’autre, celui de Boaz (B) et symbolise la Beauté et la Force. Le Temple est une allégorie de l’intérieur de chaque personne. Et ses initiales ALGDGADU- signifient : « A la gloire du grand architecte de l’Univers ».

La pierre est brute, elle représente l’essence naturelle de la personne. Le Maillet fait allusion à la volonté de s’éduquer et de s’améliorer. Et le Ciseau est la métaphore de l’intelligence pour modeler la pierre, afin que l’être humain se perfectionne. La chaîne c’est l’union et la solidarité que les humains doivent avoir pour aider les défavorisés. L’équerre est un symbole de rectitude et le compas, de justice. Dans la pierre sont gravés les mots Liberté, Égalité, Fraternité et au dos, les quatre vertus cardinales : tempérance, prudence, force et justice.

Necochea est situé sur la côte et l’embouchure de la rivière Quequén. Sa planification était liée à l’économie agro-exportatrice et aux loisirs touristiques dérivés de ses plages interminables. Son rapide développement fut marqué par trois facteurs : l’arrivée du train en 1892, la construction du port de Quequén en 1911 et la première station thermale en 1890.

Il présida Hijos de Vivero à Buenos Aires, l’entité qui construisit des écoles à Cervo, Burela, Xove et San Cibrao

Francisco Baño était l’un des sept partenaires que le Centro Vivariense de Buenos Aires – présidé par Francisco Donapetry – exclu en 1908 pour avoir cherché à ce que l’entité soit non seulement de loisirs et de récréation, mais aussi qu’elle se positionne politiquement et collabore avec la société Vivero et ses Shire à Cuba pour construire des écoles. Les exclus étaient influents, avaient des idées républicaines et galiciennes et étaient surtout liés à Cervo, Xove et O Vicedo. Ainsi, en 1909, ils créèrent une nouvelle société – Centro Hijos del Partido de Vivero à Buenos Aires – qui a repris ces principes et ces idées.

Dans ce document, on remarqye, surtout, Ramón Manuel Fernández Álvarez , de Daián, alma mater, promoteur et président; Miguel Crego , de Cervo, secrétaire et rédacteur des Statuts ; et Francisco Baño, de Xove, également président. Crego et Baño ont écrit une lettre à Rafael Altamira – historien, pédagogue et régénérateur lié à l’Institution libre d’éducation – le 26 juillet 1909, l’informant de sa nomination en tant que membre honoraire de Hijos del Partido de Vivero.

Le nouveau centre d’émigrants compta  300 associés et a son siège au 3761, rue Bartolomé Mitre. Ses services visaient à l’octroi de prêts, une bourse du travail, une mutuelle d’assurance, des formations et des cours du soir et l’aide apportée aux personnes défavorisées. Mais, surtout, il se distingua par la promotion et la construction d’écoles à Cervo (1919), Burela (1924) et Xove (1929) et l’achat du terrain sur lequel se dresse San Cibrao , financé par le philanthrope José Mª Montenegro et inauguré en 1931.

La Crise

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’admire Newton. Ah ! sa pomme… Et avec lui, pas de surprise : les phénomènes qui se produisent dans le monde suivent des lois naturelles ; parfois divines quand c’est vraiment trop compliqué, mais c’est rare. Le hic, c’est quand on est obligé d’en arriver là. Certes, le problème est résolu, mais pas la question, et c’est vraiment très ennuyeux… Mais bon, ce détail mis à part, on peut affirmer avec Newton que tout est déterminé, que tout effet a sa cause et que la manière dont le monde s’organise est mathématique, géométrique, bref scientifique : on peut tout mettre en équations, et avec ça, tout est dit. Il suffit après, ben… de trouver l’équation !

D’ailleurs Victor Hugo nous rapporte que lorsque le grand astronome Laplace mit un point final à sa Mécanique céleste en cinq tomes, l’empereur Napoléon, qui avait été son élève à l’École militaire, lui asséna tout-à-trac :

  • « Vous avez écrit un livre entier sur l’Univers sans mentionner une seule fois son Créateur ! »
  • « Sire, lui aurait répondu Laplace, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ».

Car tout est logique, rigoureusement logique. Einstein avait bien raison de s’écrier, au conseil Solvay de 1927 : « Dieu ne joue pas aux dés ! », le hasard n’existe pas, il n’y a que des rencontres, et qui ne sont rien d’autres que des retrouvailles. Voilà tout ! Et j’ajouterai à l’attention de ceux qui ont une curiosité exigeante, qu’ils en soient loués !, que Platon avait déjà eu cette intuition-là. D’après Jean Tzétzès, le célèbre grammairien et poète byzantin du XIIe siècle qui le rapporte dans ses Chiliades  (VIII, 974-7), il avait fait graver sur sa porte : « Nul ne doit entrer sous mon toit, s’il n’est géomètre ». Cela nous explique pourquoi la pupille est ronde, le pubis triangulaire et la tête au carré.

Malheureusement pour ces merveilleux savants, Dieu est dans les détails. Selon certains auteurs et non des moindres, il se les partage avec le diable. Examinons la situation de plus près, car il faut être prudent : ce ne sont pas les détails qui manquent ! Et les détails, c’est comme les piquants du coussin de belle-mère (je parle de la plante grasse, pas de la mienne de belle-mère, qui n’est pas maigre non plus), les piquants, ça empêche de cueillir les fleurs.

Revenons à la science, c’est un sujet suffisamment sérieux pour qu’on ne le prenne pas à la légère. Si tout est réglé comme du papier à musique, pourquoi la crise, hein ? Voilà la vraie question ! Le réponse m’est venue grâce à Edward Lorenz. Vous savez, c’est l’inventeur de « l’effet papillon » dont il a parlé dans sa fameuse conférence de 1972 : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Il faut dire que, depuis, j’ose à peine remuer le petit doigt. Une tornade au Texas, ça fait au mieux trois minutes à la télé, c’est tout, mais en France, chez moi, au village, une tornade ! Je n’en dirai pas plus… La dernière qu’on ait eue, c’est quand la nièce de l’instituteur est venue en vacances… Quels ravages ! Mais ne nous éloignons pas de notre sujet. Vous avez bien compris que la moindre petite cause peut produire de grands effets. Par exemple, mes grands-parents, une petite cause de rien du tout dans un champ en été, et ils en sont déjà à cinquante ans de mariage.

Eh bien, pour la crise, c’est pareil. Je vais tout vous raconter. Un jour que je me demandais comment gagner de l’argent, ce qui n’a rien d’original, j’ai ajouté « Eh bien, sur le dos des autres, pardi ! ». Je savais que ce n’était pas très original non plus, mais là où ça l’est devenu, c’est quand je me suis demandé « le dos de qui ? » Après avoir écarté : la loterie, la visite guidée de mon appartement pour attirer les touristes, ou creuser dans le jardin pour trouver un puits de pétrole, j’ai fini par me creuser les méninges pour essayer de répondre à ma fichue question. La réponse m’est venue en un éclair : « Sur le dos d’acheteurs, évidemment ! Je vais monter une boîte internet. Mais de quoi ? Ou alors un magasin. Mais pour vendre quoi ? Tiens, ça y est, un journal ! Je l’appellerai 450.fm… Oh, zut, c’est déjà pris ! Non, tout ça, c’est pas bon… Ah ! Ça y est ! Je vais m’enrichir sur le dos des électeurs. En voilà une bonne idée ! Je m’engage dans un parti, tant qu’à faire celui qui a la cote auprès des journalistes, mais est-ce qu’il payera bien ? Aujourd’hui, ça vaut moins le coup depuis qu’on parle sans arrêt de morale, surtout les voleurs d’ailleurs… Ou bien en créer un… mais il y en a tant ! Ou alors, tiens ! monter une secte. Ça c’est une super idée, ça rapporte gros ! Il me suffit d’écrire un bouquin ésotérique, du genre Comte de Gabalis mais plus axé sur la modernité, annoncer en préface que le livre m’a été dicté directement par Dieu dont je suis l’élu, non l’Élu avec une majuscule il faut voir les choses en grand, moi son humble prophète, et que les fidèles, dûment initiés, auront le bonheur sur terre et la jouissance dans l’au-delà, et bingo !, les adeptes payent, deviennent de plus en plus nombreux, on les habille en bleu ciel et en jaune soleil, je me laisse pousser la barbe, je choisis les plus belles initiées qui auront l’honneur de partager ma couche, et je suis le roi ! Aaaaah ! Mais… ça demande du temps tout ça et il me faut devenir riche tout de suite ! Tiens ! et pourquoi pas gigolo, c’est pas mal non plus. Il me reste plus qu’à trouver une vieille de vingt-cinq ans de plus que moi, et hop !, l’avenir est assuré. À moins que… Bon, c’est pas mon truc, mais à la rigueur un vieux… »

« J’en étais là de mes méditations quand… j’en ai encore la chair de poule, oui, de poule, vous savez bien que depuis Henri IV, la poule a toujours eu du pot ! J’étais tranquillement assis sur un banc du jardin public en train de me demander de quoi demain serait fait, lorsqu’elle est passée devant moi, La Crise, en personne ! On m’avait dit qu’elle était hideuse, mais lorsque je l’ai vue, elle m’a parue plutôt accorte, élancée, avec un mouvement de hanches chaloupant vers le futur, tandis que sur son visage flottait comme un air de famille… Je l’ai abordée poliment et ça l’a sans doute décidée à s’asseoir à mes côtés. De près, elle était pâle, un peu trop peut-être, avec des yeux battus comme quelqu’un qui ne mange pas à sa faim et qui dort mal.

  • « Vous avez l’air fatiguée », lui dis-je sans laisser rien paraître de ma pitié.

Elle me regarda avec des yeux, mais des yeux…

  • « Oh merci ! Merci de vous intéresser à moi autrement que pour vous plaindre » – me dit-elle avec un sourire meurtri.
  • « Que vous est-il arrivé ? » lui demandai-je après un long silence d’observation mutuelle, moi avec ma barbe de trois jours et mes maigres indemnités chômage, elle avec son jean et son tee-shirt troués aux bons endroits.
  • « Oh, c’est malheureusement très simple. Je suis passée du travail en entreprise au travail en bourse. J’étais au service des personnels lorsque mon patron m’a convoquée pour une introduction en bourse. J’imaginai que ce serait une affaire juteuse. J’ai donc tout misé sur le développement de son entreprise. J’ai pris la chose en main. Au début ça allait doucement mais j’ai aidé à sa croissance et de microentreprise, c’est devenu une petite, puis une moyenne entreprise, avant d’être une entreprise de taille intermédiaire, ce qui était déjà convenable. Tout au long du processus, je l’ai aidé dans son analyse sectorielle en valorisant ses actifs. Ensuite ce fut l’introduction même. Parfaitement réussie. Dès le lendemain, à l’ouverture de la séance sa cote était au plus haut. C’était une action à fort rendement. Il en fut ainsi durant des mois. Mais on connaît les bourses, ça va ça vient jusqu’au moment où le marché explose avant de revenir à son cours plancher… L’opération de contrepartiste aurait pu durer mais je ne voulais pas me contenter de quelques dividendes ; il me fallait un fonds commun de placement, je voulais du long terme. C’est lorsqu’il y a capitalisation boursière, qu’il faut veiller à son portefeuille et à sa plus-value. Mais lui, prétextant un risque d’inflation, me proposa une manœuvre de contournement. Je m’y opposai. C’était l’orthodoxie ou rien. Ce qui devait arriver arriva : ce fut la bulle. Il exigea une opération de liquidation, avec un ordre d’exécuter, sinon annuler (FOK). Je refusai tout net. Dès lors ce fut l’arrêt des opérations sur le titre et la clôture du marché, juste avant le crack. Et je n’ai même pas pu prendre mes bénéfices. Voilà, cher monsieur. J’en suis là. »
  • « C’est une bien triste histoire. Et maintenant, qu’allez-vous faire ? »
  • « Je vous répondrai avec les mots du physicien Niels Bohr : « La prévision est un art difficile, surtout quand elle concerne l’avenir ». Alors, j’essaie de prendre de la distance en suivant le proverbe : « Si tu veux voir de près, place-toi loin », et je garde espoir, j’ai encore un joli capital » – et elle me lança un air enjôleur, avant d’ajouter, d’une voix mystérieuse : « La Bruyère disait, dans ses Caractères : « Ce qui barre la route fait faire du chemin »… Vous ne voudriez pas qu’on en fasse un bout ensemble ? À deux on serait moins seuls ! »

Face à une telle logique, comment dire non ?

« Et c’est comme ça, monsieur, que La Crise a gagné le monde. L’effet papillon… »

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ITALIE : Entretien avec le professeur Luigi Pruneti sur le Comte de Cagliostro

De notre confrère italien opinione.it

« Giuseppe Balsamo était un fils de son temps, une époque extraordinaire, au cours de laquelle naissent et se développent des tendances et des caractères opposés : De Sade et Beccaria, rationalisme et irrationalisme, noble privilège et revendications révolutionnaires. Dans les loges de ce siècle savants et soi-disant magiciens, empiristes et occultistes, chimistes et alchimistes se mêlaient. Cagliostro a joué sa comédie humaine sur cette scène ». Luigi Pruneti , écrivain, journaliste et chercheur, parle de la figure fascinante et énigmatique du comte de Cagliostro.

C’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort du comte de Cagliostro, décédé le 26 août 1795. Était-il vraiment un personnage aussi extraordinaire qu’il en devint une « légende » ?

 Sans aucun doute, il était certainement un personnage exceptionnel pour les actes marquants de sa vie, pour sa renommée, pour le mystère qui planait autour de lui, pour sa fin tragique. Ce n’est pas un hasard si Cagliostro a fait l’objet d’innombrables essais, de nombreux romans, de nombreux récits et films.

Qui était réellement le comte de Cagliostro : un érudit, un alchimiste, un magicien, un faiseur de miracles, Giuseppe Balsamo de Palerme, un escroc astucieux ?

L’un et l’autre. Certains disent qu’il était un Portugais d’origine noble, même le fils du roi Jean V, en réalité il est né à Palerme, le 2 juin 1743, de Felicia Bracconieri et Pietro Balsamo, un marchand de draps. Il fut l’un des nombreux aventuriers du XVIIIe siècle, comme Giacomo Casanova ou Barry Lyndon, le protagoniste du célèbre film de Kubrick, d’après l’opéra William Makepeace Thackeray. Giuseppe Balsamo est donc un homme de son temps, d’une époque extraordinaire, au cours de laquelle naissent et se développent des tendances et des caractères opposés : De Sade et Beccaria, rationalisme et irrationalisme, noble privilège et revendications révolutionnaires. Dans les loges de ce siècle savants et soi-disant magiciens, empiristes et occultistes, chimistes et alchimistes se mêlaient. Cagliostro a joué sa comédie humaine sur cette scène. Généreux et charmant, curieux et approximatif, escroc et initié, vantard et innovateur. Il a sûrement trompé quelques puissants, créé des panacées improbables et détourné l’argent des nobles avides de pierres philosophales ou d’un rajeunissement irréaliste. C’était pourtant un anticonformiste, un libertaire aux traits picaresques et un martyr, condamné à une terrible agonie, dans le « puits » de San Leo.

Que doivent les disciplines latomistiques et la franc-maçonnerie aux expériences et pratiques du Comte ?

Les disciplines latomistiques doivent à Cagliostro au moins deux choses. La première est constituée par la fonction du « Grand Cofto » en tant que passeur de différentes expériences maçonniques, la seconde est représentée par la primauté qu’il avait à avoir répandu l’idée d’une franc-maçonnerie égyptienne. Remarquez qu’il était le diffuseur, pas le créateur, car l’idée d’un tel courant maçonnique est né avec le « Sethos » de l’abbé Terrasson et l’Ordre des architectes africains.

Le procès de Cagliostro fait-il partie de l’histoire de la Sainte Inquisition ?  Pouvez-vous nous raconter comment cela s’est déroulé et l’épilogue de l’histoire ?

Au printemps de 1789, Cagliostro se rendit à Rome, dans la gueule du loup, convaincu que la protection de l’évêque-comte de Trente suffisait à le protéger. A Rome, il fut imprudent et de plus il fut trahi par sa belle-famille et par sa femme elle-même, la fameuse Serafina. Par conséquent, le 27 décembre de la même année, il a été arrêté et emprisonné dans les cachots de Castel Sant’Angelo. À ce moment-là, la Sainte Inquisition a décidé d’utiliser le procès Cagliostro comme un acte médiatique, pour frapper la franc-maçonnerie et démontrer comment les « faits de France » étaient une conspiration due à la secte de l’équerre et du compas. Ses livres et objets rituels ont été brûlés, avec une grande théâtralité, à Pazza Sopra Minerva ; il fut condamné à mort, peine qui fut ensuite déclassée en prison à perpétuité dans la Forteresse de San Leo, où il était difficile de survivre plus de quelques années. Enfin, la Très Révérente Chambre Apostolique Romaine a publié le « Compendium de la vie et des actes de Giuseppe Balsamo, dit Comte de Cagliostro… », en cinq chapitres, dont un consacré à sa vie et quatre aux « méfaits » de la Franc-Maçonnerie .

San Leo se dresse sur une falaise près de Saint-Marin. Dans la forteresse visible, a été emprisonné et a terminé ses jours, dans une cellule exiguë, l’un des protagonistes les plus énigmatiques du Siècle des Lumières. Son histoire continue d’attirer la curiosité et l’attention de beaucoup. 

Y a-t-il toujours des événements à San Leo qui commémorent le comte de Cagliostro ?

Je ne peux le dire. À un moment donné, le 26 août, un événement a été organisé, parrainé par la municipalité de San Leo, appelé « Alchimia Alchimie ». C’était une bonne initiative qui comprenait une sorte de foire, des conférences, des spectacles ; J’étais membre du comité technico-scientifique. Puis les choses ont changé, aussi parce que cette formule n’était pas appréciée de tout le monde. Depuis, je ne m’y suis plus intéressé, je ne sais pas s’il existe encore quelque chose. Peut-être que oui, mais je ne connais pas les caractéristiques.

A l’intérieur du complexe fortifié de San Leo, il y a un petit musée dédié à Cagliostro, avec quelques plaques et reliques. La cellule du comte peut être visitée ; J’ai vu son petit lit, honoré de lauriers et de bouquets de fleurs. Quels étaient ses mérites et quels sont les fruits de son existence aventureuse à ce jour ?

J’ai déjà répondu en partie. Le principal mérite était celui de devenir un mythe et une icône d’un aspect particulier de son époque. La légende de Cagliostro a, à son tour, inspiré des récits plus ou moins fantastiques et des œuvres littéraires comme un roman d’Alexandre Dumas. Ce n’est pas rien.

Parmi les diverses légendes, une, notamment, raconte qu’après sa mort présumée, le corps n’a jamais été retrouvé, comme pour témoigner des capacités magiques de cet homme. Quelles sont, en réalité, les constats historiques documentés sur ce point ?

Cagliostro mourut le 26 août 1795 vers 22h30. Ses geôliers l’ont enterré comme un hérétique impénitent, dans une terre profanée, dans un point non spécifié à l’ouest de la falaise de San Leo. Son corps n’a jamais été retrouvé. Cela a donné lieu à d’autres légendes et histoires fantastiques. Collin De Plancy, dans son « Dictionnaire Infernal » déclare qu’il se serait étranglé. D’autres affirment qu’il n’y serait pas mort, d’autres encore émettent l’hypothèse qu’à San Leo un sosie des siens est allé dans l’autre monde… bref, même avec sa mort Cagliostro a nourri le mythe.

L’attirance pour le monde égyptien, y compris les enseignements occultes et théurgiques, a inspiré des études et des rituels maçonniques. Je sais que vous avez analysé le sujet et rédigé un texte sur ce sujet en collaboration avec d’autres auteurs. Que pouvez-vous en dire ?

J’ai eu affaire à Cagliostro il y a longtemps, en 1996, lorsque j’ai écrit un essai : « La franc-maçonnerie de Cagliostro et le rite égyptien » qui a été publié dans le collectif « Procès de Cagliostro deux cents ans après sa mort ». Je suis revenu sur le sujet près de vingt-cinq ans plus tard, en publiant avec Antonio Donato, traducteur des rituels palermitains, le livre « Rituel égyptien de Cagliostro, avec des essais historiques et biographiques » (L’Arco e la Corte, Bari 2020). J’ai tellement aimé le sujet que, ce printemps, toujours avec Antonio Donato, j’ai publié les « Rituels de la franc-maçonnerie égyptienne de Cagliostro » (L’Arco e la Corte, Bari 2021). Ce dernier volume est un ouvrage complet, qui rapporte les textes latomistiques de notre précédent ouvrage. Par conséquent, moi aussi j’ai été fasciné et captivé par le « Gran Cofto »,

Etonnant Maître Rabelais !

A travers son œuvre, François Rabelais, écrivain humaniste de la Renaissance, est devenu constitutif d’un mythe de l’Esprit français et un mythe tout à fait soluble dans la Franc Maçonnerie !  

En France, nombreuses loges maçonniques ont choisi de prendre son nom en titre distinctif : «  Rabelais », ou utilisent les pseudonymes qu’il avait utilisés pour raison de censure. Dans la région de la Loire et de la Touraine, berceau de sa naissance, sont ainsi actives les loges : «  Les enfants de Rabelais » au Grand Orient  à Chinon;  à Tours au Grand Orient encore « Alcofibras Nasier » (son anagramme). D’autres loges ont carrément emprunté une de ses formules célèbres comme « Fais ce que voudras » (loge mixte au Grand Orient) ou évoquent un lieu idéal comme « Les Portes de Thélème » loge de la Grande Loge Féminine de France ! Sans doute cet inventaire peut-il aisément se poursuivre dans nombre d’obédiences ou juridictions maçonniques ?

Portés par le souci de décrypter les écrits de Rabelais, des chercheurs-historiens ou des exégètes de l’œuvre s’adonnent à promouvoir sa belle figure dans des revues ésotériques ou philosophiques et interviennent dans des colloques organisés par les institutions maçonniques. Leur intention ? Grâce à la tradition rabelaisienne : mettre en évidence la nécessité de l’effort de connaissance, proposer des grilles de lectures et éclairer les sens cachés, surtout attester que chaque esprit peut se forger une ligne de conduite en regard de l’Amour du Prochain, au creux d’une spiritualité agissante. Maniant la parodie et la satire, voulant une langue populaire et proche de tous ceux qui ne savaient ni lire ni écrire, Rabelais, a déployé en effet la critique de son époque avec autant de prudence que de fermeté… En dépit des esprits chagrins, il a osé écrire que le rire est un remède contre le chagrin et la douleur qui rongent l’humanité. Ses cibles ? Les autorités abusives : l’Église et les indulgences, les cercles de prétendus savants qui font preuve d’un esprit étroit et conformiste, les politiciens qui s’engagent dans « des guerres picrocholines, en raison de leur bile et de leur amertume »… Avec des farces diverses : grossières, scatologiques, érotiques, morales, fines, obscènes, tout lui semblait, au niveau du peuple sans différenciation, propos appropriés pour surprendre, éveiller l’esprit, lutter contre l’ignorance et l’intolérance. Même ne sachant ni lire ni écrire, chacun pouvait entendre et comprendre un récit clamé et parodié en un lieu public !

A l’étranger, la pensée de Rabelais est enseignée à l’université de Princeton aux Etats Unis mais aussi à Buenos Aires, en Argentine, au Japon, en Europe, à Londres et à Bruxelles  … Le génie de l’écrivain y jouit d’un grand crédit. Sa conception sur le plaisir de la vérité qu’il situe au sein de l’organique interpelle toujours. En effet il nous faut l’admettre, l’homme est un composite bizarre : il n’est ni pur esprit, ni corps dominé par des fonctions triviales comme boire, manger, déféquer, pisser.… L’évidence est d’embrasser ensemble sa dimension spirituelle et sa dimension physique. Notre irrévérencieux Maître l’atteste : la quête du Graal n’est que la « queste de la Dive bouteille » et ses contenus : le vin, la quintessence, le breuvage d’immortalité sont associés à une ivresse hystérique dont le rire énorme vous affranchit de toutes les antinomies et l’absurdité du monde. A chacun, d’être dans la vie « joyeusement et en bonne compagnie » et savoir « lire gaiement pour le plaisir des corps et la santé des reins ! ». Cet engagement tient la parole comme un véritable trait d’union !

Rabelais l’érudit  a produit des écrits nourris de la lecture de multiples textes : ceux présents dans les bibliothèques des abbayes, issus des civilisations grecque, latine, hébraïque, mais aussi d’ouvrages qui disent la médecine, la science des plantes, ou encore la géographie et l’astronomie, la musique, la poésie… Une quête qui démontre à tout lecteur attentif que bien des champs du Savoir restent féconds pour stimuler imagination et réflexion et développer un esprit responsable car : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

Les préconisations de Maitre Rabelais ont la saveur du miel pour qui est en Franc Maçonnerie et qui lit : « Entrez par la porte étroite. Large, en effet et spacieux le chemin qui mène à la perdition et il en est beaucoup qui s’y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie et il en est peu qui le trouvent »,  ou encore cette déclaration de confiance pour celui ou celle qui a  un esprit prudent et éclairé : « Fay ce que voudras ». Cette invitation gravée au fronton de l’Abbaye de Thélème est présentée à la fin du Cinquième livre comme si les leçons apprises aboutissaient à ce lieu idéalement architecturé. Curieux bâtiments que ceux de l’Abbaye ! Ils sont hexagonaux et les éléments choisis correspondent à des mesures et une nature précises, comme les marches qui sont « part de porphyre, part de pierre numidique, part de marbre serpentin, longues de XXII pieds, l’épaisseur de trois doigts, l’assiette par nombre de douze entre chacun repos ». Située au creux d’une nature charmante, la rivière « découle sur l’aspect de septentrion » ce qui fait du lieu un bonheur où science, nature et culture s’accordent. Une sorte d’île, où règnent la paix et la joie et où chaque hôte sait évidemment « lire, écrire, chanter, jouer d’instruments harmonieux, parler cinq à six langages », et dans chacune composer tant en vers qu’en prose !

Il est vrai que Thélème est la récompense d’un persévérant chemin de réflexion, de lucidité sur le monde, de connaissances acquises par l’étude, et de cette envie « à mordre l’os et à sucer la substantifique moelle », conseillée dans les romans précédents. Un chemin endurant qui libère le héros Panurge, de toutes ses dettes, c’est-à-dire des besoins, des attaches, des envies, des peurs. L’immortalité est la fin du voyage des Géants vers le pays du centre. Un centre de sociabilité noble et vertueuse ! Fondées sur la foi et la droiture, se construisent ainsi l’élévation morale et la cohésion sociale. Le fil à plomb indispensable à toute construction de vie pourrait il en constituer la métaphore ?

Etape par étape, dans le voyage, le lecteur accompagne Pantagruel et Panurge. Comme eux, il était au départ en position instable, mal assurée, cerné par le questionnement. Au fur et à mesure du périple, il acquiert des compétences, des qualifications et de précieuses connaissances. Au travers d’une descente aux enfers, les scories des conditionnements de son moi se sont brûlées. Comme le proclame Rabelais, c’est un voyage dans « la merde du monde », dans une folie dont il faut savoir s’extraire ! A chaque intelligence de saisir progressivement à quelles conditions s’engagent des métamorphoses et comment se transforme le vil en bien précieux. Toute expérience dans la traversée du chaos se révèle fructueuse. À la fin du parcours initiatique, Panurge accède à un statut où sa force individuelle tient à un acquiescement à la liberté et l’éternité de l’Être, une alliance avec la vie en toutes ses dimensions, un accord avec les rythmes qui disent l’universel !

La démarche d’humaniste de Maître Rabelais dans Les Cinq livres des faits et dits de Gargantua et Pantagruel accorde du relief à la démarche initiatique proposée par les loges et les ateliers maçonniques. A l’ombre des premiers mots souvent déroutants de la langue française, cet homme, chrétien, libre penseur, moine un temps, médecin et bon vivant sait entrainer, au-delà des folâtreries, à observer, penser, agir, transmettre….  même notre monde contemporain !

Apprenti, Compagnon, Maître, revenez aux Livres de l’Extravagant François ! Prétendez au final « au mot de la bouteille trismégiste : “Trinch” », car ce mot descendu de l’Olympe est le mot sacré qui est « célébré et entendu de toutes les nations et nous signifie “Buvez !” »

Rabelais (1483 ou1494 ?-1553) Bibliographie :

Les Cinq Livres des faits et dits de Gargantua et Pantagruel, de François Rabelais, Gallimard 2017,

Rabelais, la Devinière ou le havre perdu, de Jean Marie Laclavetine, Édition Christian Pirot, 2000

Descente au Paradis, Gallimard 2011

Chinon, voyage au pays de Rabelais, Gallimard 2017

Rabelais, que le roman commence ! de Lakis Prognidis, Édition Pierre Guillaume de Roux, 2017

L’Année rabelaisienne, Classique Garnier, 2017

Rabelais, Franc maçon, de Paul Naudon, Edition La Balance, 1954, 171 pages

Autres sources :

L’Association Les Amis de Rabelais  et de la Devinière

Une littérature Jeunesse, (Contes et littérature pour les 9-13 ans) propose, en images et textes adaptés de l’œuvre de Rabelais des petites histoires courtes (Le torche cul,  Pantagruel, Thélème ..)

ANGLETERRE : Les francs-maçons aident 1,4 million de personnes souffrant de problèmes de santé mentale

De notre confrère anglais nottinghampost.com

Les francs-maçons font un don de plus de 550 000 £ pour aider plus de 1,4 million de citoyens du Royaume-Uni confrontés à des problèmes de santé mentale. De nombreuses personnes atteignent un point critique avec leur santé mentale en raison de la pandémie. Selon les données de prévalence du NHS 2020, un jeune sur six souffre d’un trouble mental probable, tandis que l’enquête Young Minds 2020 a révélé que 83% des jeunes ont déclaré que la pandémie avait aggravé leur santé mentale.

Pour aider la population à sortir de la pandémie dans un meilleur état de santé mentale, la Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE), l’instance dirigeante de la franc-maçonnerie en Angleterre et au Pays de Galles, soutient diverses institutions, écoles et universités.

Parmi les institutions bénéficiant d’un soutien, les francs-maçons font également un don de 125 000 £ à Young Minds pour aider à soutenir les jeunes.

L’objectif est d’augmenter la portée de Young Minds de 10 % et d’aider beaucoup plus de jeunes à trouver le soutien dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin, et à pouvoir prendre des mesures pratiques et concrètes pour améliorer leur santé mentale.

Le don permettra au projet de recruter de manière proactive plus de jeunes noirs et de personnes handicapées, de diversifier le pool de blogueurs de Young Minds pour élargir les expériences et les voix sur le site Web.

L’idée est de créer plus de contenu sur le racisme et la santé mentale, ainsi que pour les personnes vivant avec un trouble bipolaire.

Le Dr David Staples, directeur général de l’UGLE, a déclaré : « La pandémie a été dévastatrice et la santé mentale est un sujet très important pour nous et nos membres.

« Pendant la pandémie, des milliers de francs-maçons ont soutenu des personnes dans leurs communautés, prévenant les problèmes de santé mentale et soutenant de nombreuses familles.

« Ce problème doit être l’une de nos priorités et nous unissons nos forces pour assurer la sécurité et le bien-être de la population.

« L’UGLE a soigneusement choisi les institutions que nous soutenons, en se concentrant sur celles qui ont des objectifs importants à atteindre dans les domaines de la lutte contre le racisme, les problèmes de santé mentale, la vie avec le trouble bipolaire et la prévention du suicide chez les jeunes.

« Nous devons faire tout notre possible pour aider le plus de personnes possible. »

Pendant la pandémie de coronavirus, les francs-maçons ont fait don de millions de livres pour soutenir les personnes dans le besoin.

Ils ont fait don de nourriture, de médicaments pour les hôpitaux, les ambulances et les EPI, ainsi que pour soutenir les soignants, les refuges pour femmes, les maisons de soins, les hôpitaux, les hospices et des fonds pour les travailleurs du NHS.

En 2020, le total des dons de charité des francs-maçons a dépassé 51 millions de livres sterling.

En plus du 1 million de livres sterling donné en 2020, les francs-maçons ont engagé un fonds supplémentaire de 2,1 millions de livres sterling pour soutenir la réponse à la crise de Covid-19 en cours.

Sur ces 2,1 millions de livres sterling, 850 000 livres sterling ont été allouées au soutien des sans-abri par le biais de plusieurs organisations caritatives avec lesquelles UGLE s’associe, tandis que 715 000 livres sterling sont réservées au soutien des adultes, des jeunes et des parents aidants.

PORTUGAL : Inquiétude pour une loi visant à stigmatiser la franc-maçonnerie

De notre confrère portugais periodistas-es.com

Le président de la République portugaise,  Marcelo Rebelo de Sousa , a approuvé la loi qui oblige les politiciens et hauts fonctionnaires portugais à déclarer leur appartenance à des entités associatives, une loi qui visait à l’origine à stigmatiser les fonctionnaires appartenant à la maçonnerie.

Cependant, le conflit avec la Constitution portugaise a conduit à la modification du projet en mars, rapporte El Oriente de la Grande Loge d’Espagne.

Dans un communiqué justifiant la promulgation, la Présidence de la République rappelle que le texte définitif exclut « de cette obligation les données susceptibles de révéler spécifiquement des convictions religieuses, toutes, ou politiques, également toutes et pas seulement partisanes ».

Au cours des dernières semaines, les médias portugais ont publié diverses opinions contradictoires quant à savoir si les changements introduits protègent le droit à la vie privée des francs-maçons portugais ou si, au contraire, ils sont obligés d’avouer leurs convictions philosophiques.

Dans une tribune publiée dans  Diario de Noticias , le grand maître de la franc-maçonnerie portugaise,  Armindo Azevedo , a rappelé que ce sont les fondamentalismes politiques et religieux qui persécutent la franc-maçonnerie dans le monde :

«S’il existe un excellent indicateur concernant la séparation entre les pays qui respectent et défendent la liberté de leurs citoyens et ceux qui limitent les droits civiques et humains, cet indicateur est la légitimité ou non de l’existence de la franc-maçonnerie dans les différents pays. Maintenant que les événements d’Afghanistan préoccupent naturellement tous ceux qui y voient une régression de la civilisation, la franc-maçonnerie régulière voit aussi avec tristesse et grande appréhension la probable résurgence d’un régime fondamentaliste semblable à ceux qui interdisent l’existence d’une institution qui, comme La maçonnerie, a dans l’évolution de chaque individu et dans l’autonomie de son cheminement spirituel le noyau de son activité. En effet, dans les pays à majorité islamique, seuls la Turquie et le Maroc ont autorisé la création de Grandes Loges.».

Armindo Azevedo rappelle également qu’en 1907 l’émir d’Afghanistan,  Habibullah Khan , a débuté comme franc-maçon. « Son règne a été caractérisé par l’introduction de la médecine moderne et d’autres avancées scientifiques en Afghanistan et par l’institution de diverses réformes juridiques, abrogeant bon nombre des sanctions pénales les plus sévères et démantelant l’organisation policière interne répressive que son père avait lancée. Ces initiatives étaient étroitement liées à ses valeurs de franc-maçon. Hier comme aujourd’hui, les ennemis de la franc-maçonnerie existent là où il y a des intégrismes et nombre d’actions de solidarité maçonnique, toujours développées de manière discrète, incluent le soutien aux victimes de ces mêmes régimes .

BRESIL : « SOCIÉTÉ DISCRÈTE » – PERCER LES MYSTÈRES DE LA FRANC-MAÇONNERIE

De notre confrère brésilien aventurasnahistoria.uol.com.br par FABIANO DE ABREU, NEUROSCIENTIFIQUE, BIOLOGISTE ET HISTORIEN

En savoir plus sur l’origine de la franc-maçonnerie et connaître des personnages historiques qui en ont fait partie

Franc-maçonnerie : Un mot que beaucoup de gens ont entendu, mais peu le savent vraiment ce qu’il revêt. Précisément à cause de ce caractère « caché », la société en général ne la connaît pas en profondeur, ce qui alimente un vaste réseau de rumeurs et de désinformation à son sujet.

Pour ceux qui l’ignorent, il est défini par des organisations fraternelles qui remontent aux anciennes confréries de maçons. C’est à la fin du XIVe siècle que cette profession voit ses qualifications réglementées et ses interactions avec les autorités et les clients. Selon son statut, la Franc-Maçonnerie est divisée en trois degrés : « Apprenti », « Compagnon » et « Maître Maçon ».

Le candidat de ces trois degrés apprend progressivement la signification des symboles de la franc-maçonnerie et se voit confier des salutations, des signes et des paroles pour indiquer aux autres membres qu’il a été initié ou fait partie de l’ordre.

En outre, de nombreuses autres compétences sont enseignées, comme une école de la connaissance avec de nombreuses bases historiques et scientifiques. Lorsque l’on parle de sciences, donc, cette fausse idée de sciences occultes a été créée affirmant que les francs-maçons sont une secte du diable.

Cela a commencé quand la franc-maçonnerie en opposition avec le clergé de l’Église catholique , dans la période dites des Lumières, s’appuyant sur des scientifiques est devenue une grande menace pour l’Église qui exigea l’éviction de ces chercheurs qui voulaient découvrir toute la vérité.

La franc-maçonnerie n’a pas accepté l’expulsion car, l’un des commandements fondamentaux de l’ordre est de ne pas distinguer la couleur, la profession, la croyance ou toute différence. C’est alors que certains groupes de la franc-maçonnerie fondèrent, une structure à part les Illuminati, afin de mener des études scientifiques. C’est alors que l’Église catholique a commencé à promouvoir que les Illuminati étaient liés à Satan, créant l’amalgame avec la franc-maçonnerie.

Certains membres de diverses religions utilisent encore cela aujourd’hui pour nourrir l’idée chez les fidèles de l’existence de quelque chose de mal essayant de les convaincre de la nécessité de rester dans l’église. En évoquant l’existence de quelque chose de mauvais, cela créait une peur et cela remet en cause l’espoir d’un salut. C’est l’instinct qui agit pour apporter plus de sécurité.

Retour à la franc-maçonnerie

Le lieu de réunion des maçons est appelé loge, qui est généralement supervisé au niveau régional (état, province) par une obédience ou pouvoir maçonnique. En fait, l’un des problèmes les plus débattus concerne la présence des femmes dans la franc-maçonnerie. Traditionnellement, seuls les hommes en font partie, mais certains groupes acceptent la participation des femmes, la franc-maçonnerie féminine, elle se développe dans plusieurs pays développés.

On estime qu’il y a actuellement entre 4 et 6 millions de francs-maçons dans le monde. Au Brésil, le premier point de rencontre surgit en 1796, à Pernambuco, par l’ancien prêtre carmélite Manuel Arruda Câmara , qui quitta sa soutane et partit étudier la médecine en France. À son retour au Brésil, il fonda une société philosophique qui allait influencer la révolution du Pernambuco. Presqu’un Illuminati (rires).

Il faut comprendre que la franc-maçonnerie n’est ni une religion ni un mouvement politique. Pourtant, ses membres comptaient parmi les principaux réformateurs politiques et sociaux de l’histoire. Le groupe ne peut pas non plus être qualifié d’association caritative ou de club philanthropique, mais plusieurs de ses membres dirigent d’excellentes œuvres caritatives.

Ce succès derrière les membres de la franc-maçonnerie n’est pas donné, comme beaucoup le pensent, par une aide de l’ordre maçonnique ou une puissance d’au-delà, mais par le simple fait que, parmi tant d’exigences, l’une d’entre elles est d’être retenu par l’ordre. la capacité d’être initié qu’a la personne après une enquête qui va du présent au passé du futur membre.

Image illustrative de la franc-maçonnerie uniquement / Crédit: OpenClipart-Vectors Image par Pixabay

Mais pourquoi est-elle considérée comme une société secrète ? Contrairement à cette expression, celle qui correspond le mieux au nom de la franc-maçonnerie est « société discrète ». C’est parce que le groupe comprend que le secret est nécessaire pour éviter la vulgarisation ou la profanation des connaissances et des valeurs qui guident les actions de la confrérie.

Aux États-Unis, par exemple, les francs-maçons sont liés au grand développement que le pays a connu tout au long de son histoire. En France, l’une des phrases les plus connues et reconnues de la nation, qui est « Liberté, Égalité et Fraternité » est l’un des fondements de la philosophie de la Franc-Maçonnerie. Autrement dit, cela montre que le mouvement a toujours été présent dans les moments cruciaux de l’humanité.

Par curiosité, certains des francs-maçons les plus célèbres au fil des ans sont : George Washington , Charlie Chaplin, Winston Churchill , Walt Disney , Bill Clinton , Neil Armstrong, Benjamin Franklin , Carlo Collodi de Pinocchio , King Edward of England , Eberhard Faber of Faber Castell , Frédéric II de Prusse , Mozart et bien d’autres.https://3339a5b5aa8ce8f71e03127477954dc9.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

comprendre le symbole

Quant au célèbre symbole qui définit l’identité de la franc-maçonnerie, il est formé de trois éléments : le compas, l’équerre et la lettre G. Le premier renvoie aux différentes formes de pensée et de raisonnement ou à l’esprit en général. Un autre détail est la construction des cercles, qui représentent les loges maçonniques, et les boussoles, qui génèrent les points de départ.

L’équerre est le résultat de l’union de la ligne horizontale avec la verticale, c’est-à-dire de l’action de l’homme sur la matière et sur lui-même. Il est également considéré comme un symbole de justice, car la doctrine est assez claire selon laquelle les individus doivent réguler leurs actions et leur conduite le long de la ligne générée par le Créateur.

La lettre « G » représente la géométrie comme la principale science maçonnique. Mais il y a ceux qui plaident pour une référence à G ( Dieu en anglais) ou à un mystère qui n’a jamais été révélé. Vous voyez, tous les symboles de la franc-maçonnerie ont une signification philosophique intellectuelle, mais aucun d’entre eux ne renvoie sur une divinité maléfique telle qu’elle est propagée sur les réseaux sociaux.

Journée de la franc-maçonnerie au Brésil

Les récits historiques montrent que le 20 août 1822, le franc-maçon Gonçalves Ledo a prononcé un discours émouvant et inspirant, appelant à l’indépendance du Brésil cette année-là. Lui, qui est toujours désigné comme le membre le plus éminent de la franc-maçonnerie brésilienne dont l’ancien empereur Dom Pedro II faisait aussi parti, était également un journaliste et un homme politique libéral, il avait donc une influence dans la société à l’époque.

Le discours prononcé ce jour-là a eu des impacts directs sur l’instant politique que traversait le Brésil. Les rapports de l’époque renforcent que c’est par impulsion de la société maçonnique que le prince régent Dom Pedro I aurait proclamé l’indépendance du Brésil le 7 septembre de la même année, soit moins d’un mois après la déclamation du célèbre texte. Pour cette raison, la date du 20 août est devenue la Journée de la franc-maçonnerie brésilienne. TFA.

FILM : Le Symbole perdu – bande-annonce de la série préquel à Da Vinci Code

De notre confrère cineserie.com

« Le Symbole perdu » de Dan Brown va avoir son adaptation en série. L’intrigue se déroulera avant celles des films avec Tom Hanks et on peut désormais en voir plus au travers d’une première bande-annonce dévoilée par la plateforme Peacock.

Le Symbole perdu : Dan Brown encore adapté

Auteur à succès, Dan Brown a vu ses oeuvres les plus populaires avoir les honneurs d’une adaptation au cinéma. Pour la première fois, c’est sur le petit écran que l’un de ses écrits sera transposé. Il sera toujours question du populaire Robert Langdon, le personnage au centre d’une saga consacrée aux mystères obscurs de l’histoire de l’humanité. Après trois passages sur grand écran (Da Vinci CodeAnges et Démons et Inferno), il ne reste que deux romans jamais concernés par un travail d’adaptation. Origin devra attendre, car c’est Le Symbole perdu qui voit son heure arriver. Le projet de série a longtemps été incertain avec NBC à la barre, puis c’est la plateforme Peacock qui a débloqué la situation en commandant une saison.

Elle se déroulera avant les événements vus dans les films, en suivant un Robert Langdon plus jeune. Plus de Tom Hanks pour l’incarner, le rôle a été confié cette fois à Ashley Zukerman. Il sera au centre d’une enquête qui abordera le monde des francs-maçons. Cette société secrète continue de nourrir des fantasmes et c’est sans grande surprise que Dan Brown s’y est attaqué dans son travail. Lorsque Peter Solomon (Eddie Izzard) réclame l’aide de Robert après une découverte inquiétante, ils vont comprendre ensemble qu’une terrible conspiration est en train de se préparer dans l’ombre.

Le Symbole perdu
Robert Langdon (Ashley Zukerman) – Le Symbole perdu ©Peacock

Une bande-annonce pleine de mystère

On ne change pas une recette qui marche. Des énigmes complexes vont se mêler à des révélations surprenantes. C’est exactement ce que l’on trouve dans la première bande-annonce de Le Symbole perdu. De quoi nous mettre en appétit avec une ambiance teintée de mystère. Les lecteurs sauront déjà quel est le fin mot de l’histoire mais les autres pourront sûrement prendre du plaisir à suivre cette enquête. Reste, tout de même, à voir si Ashley Zukerman saura tenir la baraque dans le rôle principal. Passer après une star comme Tom Hanks n’est pas chose aisée. Reste, aussi, à savoir comment va s’organiser la diffusion. Aucune date n’est annoncée par Peacock et, en ce qui concerne la France, il faudra attendre de voir si un diffuseur se positionne car la plateforme n’est pas en service chez nous.

https://www.youtube.com/watch?v=z5w0MSaRgsk

Election du Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française

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Selon les informations publiées ce jour par le Myosotis Dauphine Savoie le TRF Jean-Pierre Rollet Grand Maître de la GLNF serait candidat à sa propre réélection le vendredi 10 septembre 2021.
Il appartiendra aux représentants des Loges de valider en Assemblée Générale le 1er samedi de décembre cette candidature.

Lire l’article du Myosotis Dauphine Savoie