Accueil Blog Page 666

EXCLUSIF : Interview de Francis Wolff, professeur émérite de philosophie à l’ENS

Le week-end prochain se tient à Toulouse l’évènement maçonnique le plus important de l’année ! Le 7e Salon Maçonnique, organisé par l‘Institut Toulousain d’Études Maçonniques (ITEM).

Une conférence inaugurale E-X-C-E-P-T-I-O-N-N-E-L-L-E 

Au cœur de ville, samedi 26 novembre à 9 h 45, le salon ouvre avec une conférence plénière du philosophe de l’École normale supérieure (ENS) Francis Wolff, spécialiste reconnu de l’universalisme. Il traitera du sujet « La raison de l’Universel », thème issu des travaux que l’on retrouve dans son ouvrage Plaidoyer pour l’Universel (Hachette, Coll. Pluriel, 2021). Un texte lumineux contre le relativisme d’aujourd’hui.

Francis Wolff a bien voulu répondre à nos questions.

450.fm : Francis Wolff, vous êtes actuellement professeur émérite de philosophie à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Vos écrits rencontrent de plus en plus un écho plus que favorable parmi les francs-maçons. Pourquoi d’après-vous ?

Francis Wolff : Depuis une dizaines d’années, mon travail s’est progressivement recentré autour de la notion d’humanité: les vicissitudes de son histoire scientifique, politique et morale, et les remises en cause contemporaines qu’elle traverse. 

Ainsi, un de mes derniers livres (Plaidoyer pour l’universel) est sous-titré: Fonder l’humanisme. Je n’ignorais pas que cette notion est au centre de la réflexion des francs-maçons, mais ma recherche était purement philosophique, comme le suggère l’idée de « fondement » . 

Il me semble en effet que nous avons perdu tous les fondements traditionnels (un Dieu créateur qui aurait fait tous les hommes égaux à son image; une Nature généreuse qui nous aurait accordé les mêmes droits à tous et à chacun(e)) qui permettaient d’asseoir l’adhésion en l’humanisme: comment y croire encore à l’heure de l’antispécisme et du transhumanisme ? 

Je pense donc que les francs-maçons ont trouvé dans mes travaux de quoi alimenter leurs réflexions, discuter leurs convictions et chercher à en affermir les bases. C’est ce qu’on appelle « philosopher ». Je ne l’ai pas cherché, mais je m’en réjouis vivement.

450.fm : Comment « La raison de l’Universel », thème de votre conférence inaugurale du 7e Salon maçonnique de Toulouse s’inscrit-elle dans la thématique « Transmettre et reconstruire » ?

FW : J’ignore quel était le but des organisateurs en me faisant l’honneur de me confier cette conférence inaugurale. Ce que je peux vous dire, c’est que je ressens moi aussi cette double nécessité, de transmettre et de reconstruire. 

Transmettre le sens de l’humanité, c’est-à-dire non pas seulement l’enseigner ou l’expliquer verticalement, mais aussi le faire vivre horizontalement par le dialogue et l’argumentation. 

Reconstruire les valeurs universelles, à l’heure où elles sont remises en question, à droite comme à gauche: à droite avec la montée des nationalismes et des replis xénophobes, à gauche, avec la montée des revendications identitaires aux lieu et place des revendications égalitaires.

450.fm : Chez Fayard et toujours dans cette belle collection « Histoire de la pensée« , vous avez, en 2017, publié Trois utopies contemporaines. Dans cet opus, vous nous dites que nous avons perdu les deux repères qui permettaient autrefois de nous définir entre les dieux et les bêtes. Quels seraient selon-vous, dans notre période post Covid, les repères qui doivent jalonner la démarche de notre Humanité.

FW : Je ne vous cacherai pas que j’ai vu dans cette pandémie comme la confirmation de ce que j’avais écrit dans Trois utopies contemporaines et dans Plaidoyer pour l’universel. 

Nous avons avec les pandémies et les crises écologiques la preuve que les pires maux sont désormais globaux et qu’ils menacent l’humanité comme telle, ce qui rend un peu dérisoires tous les replis identitaires, même s’ils apparaissent comme un « sauve qui peut » généralisé. 

En outre, nous avons pu constater l’inanité des apologies naïves du « vivant » auxquelles on assiste depuis quelques années. Nous avons vu que tous les vivants ne se valent pas. Qu’est-ce que cette pandémie, sinon le fait qu’une espèce vivante ou se comportant comme telle (virus, bactérie), par son mode d’évolution, d’adaptation à son milieu, de reproduction indéfinie, de mutations permanentes, de création illimitée de variants, menace une autre espèce vivante (l’humanité). Il faut donc choisir entre les vivants. 

Ce sont deux des leçons du Covid.

Et pour répondre plus précisément à votre question, je vous propose trois repères qui sont pour moi la définition de l’humanisme et qu’il s’agit donc d’approfondir ou de fonder. Un : l’humanité est une communauté morale. Deux : l’humanité est la seule source de valeurs. Trois: tous les êtres humains ont une valeur égale.

Le diable dans les cathédrales-Le démon y aurait-il sa place ?

Jean-François Blondel -Éditions Dervy, 2021, 224 pages, 18 €

Passionné par l’histoire des métiers et des sociétés initiatiques, Jean-François Blondel est engagé depuis longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles. Auteur de très nombreux ouvrages, dont l’Encyclopédie du compagnonnage-histoire, symboles et légendes (Éd. du Rocher, 2000), il retrace, sans son dernier opus, toutes les facettes de Satan, à la fois Antichrist, démon, serpent et dragon, meurtrier et menteur dès le commencement…

J.-F. Blondel

Durant le Moyen Âge – du Ve au XVe siècle – pour ce qui est de l’iconographie du diable dans l’architecture romane et celle des cathédrales, véritables livres muets et Bible vivante, puis dans l’architecture gothique – statutaires et vitraux –, nous assistons à une transformation de la représentation du Malin avec cornes, sabots, souvent figuré par des créatures fantastiques. Le lecteur se passionnera aussi pour deux récits légendaires compagnonniques concernant des intentions prêtées au diable afin de faciliter la construction d’un édifice. Employant un langage crypté dont l’auteur n’a malheureusement – ou heureusement ? – pas la clé, il cite hurlement de loup, tombe du compagnon défunt, passage par-dessus celle-ci avec la gilbrette, etc. S’agissant là, bien évidemment, de la légende de maître maçon Pierre Perrat, architecte de la cathédrale de Metz. L’autre légende touche à la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, une des plus vieilles cathédrales d’Europe construite pendant le règne de l’empereur Charlemagne qui y fut inhumé en 814. Jean-François Blondel nous parle des tailleurs de pierres « étrangers » enfants de Salomon, appeler les loups, et de la « Porte des Loups », entrée de ladite cathédrale. Et de nous rapporter l’ancienne « légende des loups » contée par Louis Lachat en 1934.

Un diable de la cathédrale.  Photo C. C. (CLP)

De la chute d’Adam à celle de l’ange, de la légende de Théophile à celle du ferronnier Biscornet, ainsi qu’à celle des ponts du diable, Jean-François Blondel fait œuvre de vulgarisation. De magnifiques illustrations, en cahier central, nous montrent comment les imagiers d’antan avaient déjà façonné le « Daïmôn ».

La Fabrique de l’ignorance : « Les biais cognitifs » – Interview d’Albert Moukheiber

Albert Moukheiber, docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien. Il étudie les biais cognitifs, des « raccourcis » que fait notre cerveau et qui influent sur notre perception du monde. Interview d’Albert Moukheiber, docteur en neurosciences, qui nous explique comment nos biais cognitifs sont omniprésents dans nos raisonnements. Il explore la question du rôle d’internet dans l’amplification de nos biais et propose quelques solutions pour mieux les gérer au quotidien.

https://youtu.be/B_rStLPDn3c

La suite avec le magazine Psychomédia

30 biais cognitifs qui nuisent à la pensée rationnelle

Ces processus de pensée rapides sont souvent utiles mais sont aussi à la base de jugements erronés typiques.

Le concept de biais cognitif a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman (prix Nobel d’économie 2002) et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances vers des décisions irrationnelles dans le domaine économique. Depuis, une multitude de biais intervenant dans plusieurs domaines ont été identifiés par la recherche en psychologie cognitive et sociale.

Certains biais s’expliquent par les ressources cognitives limitées (temps, informations, intérêt, capacités cognitives). Lorsque ces dernières sont insuffisantes pour réaliser l’analyse nécessaire à un jugement rationnel, des raccourcis cognitifs (appelés heuristiques) permettent de porter un jugement rapide.

D’autres biais reflètent l’intervention de facteurs motivationnels, émotionnels ou moraux ; par exemple, le désir de maintenir une image de soi positive ou d’éviter une dissonance cognitive (avoir deux croyances incompatibles) déplaisante.

Voici une liste de 30 biais cognitifs fréquents

Raisonnement et jugement

Le biais de confirmation

Le biais de confirmation est la tendance, très commune, à ne rechercher et ne prendre en considération que les informations qui confirment les croyances et à ignorer ou discréditer celles qui les contredisent.

Le biais de croyance

Le biais de croyance se produit quand le jugement sur la logique d’un argument est biaisé par la croyance en la vérité ou la fausseté de la conclusion. Ainsi, des erreurs de logique seront ignorées si la conclusion correspond aux croyances.

(Maintenir certaines croyances peut représenter une motivation très forte : lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente ; la désinformation, par exemple, mise sur la puissance des croyances : Pourquoi la désinformation fonctionne ?)

Le biais de représentativité

Le biais de représentativité est un raccourci mental qui consiste à porter un jugement à partir de quelques éléments qui ne sont pas nécessairement représentatifs.

L’illusion de corrélation

L’illusion de corrélation consiste à percevoir une relation entre deux événements non reliés ou encore à exagérer une relation qui est faible en réalité. Par exemple, l’association d’une caractéristique particulière chez une personne au fait qu’elle appartienne à un groupe particulier alors que la caractéristique n’a rien à voir avec le fait qu’elle appartienne à ce groupe.

L’illusion de savoir

L’illusion de savoir consiste à se fier à des croyances erronées pour appréhender une réalité et à ne pas chercher à recueillir d’autres informations. La situation est jugée à tort comme étant similaire à d’autres situations connues et la personne réagit de la façon habituelle. Ainsi, une personne pourra sous-exploiter les possibilités d’un nouvel appareil.

L’effet de vérité illusoire

L’effet de vérité illusoire (ou effet d’illusion de vérité) est la tendance à croire qu’une information est vraie après une exposition répétée.

Le biais de la disponibilité en mémoire

Le biais de la disponibilité en mémoire consiste à porter un jugement sur une probabilité selon la facilité avec laquelle des exemples viennent à l’esprit. Ce biais peut, par exemple, amener à prendre pour fréquent un événement récent.

Jugements sur soi et sur les autres

L’illusion positive

L’illusion positive est un optimisme irréaliste lié à une évaluation exagérée de ses capacités. Les études ont montré que la majorité des gens ont tendance à se considérer meilleurs que la moyenne sur une diversité de capacités, ce qui est nécessairement erroné. Un exemple d’illusion positive très répandue est l’illusion de supériorité morale.

L’erreur fondamentale d’attribution

L’erreur fondamentale d’attribution est la tendance à surestimer les facteurs personnels (tels que la personnalité) pour expliquer le comportement d’autres personnes et à sous-estimer les facteurs conjoncturels.

L’excès de confiance

L’excès de confiance est la tendance à surestimer ses capacités. Ce biais a été mis en évidence par des expériences en psychologie qui ont montré que, dans divers domaines, beaucoup plus que la moitié des participants estiment avoir de meilleures capacités que la moyenne. Ainsi, plus que la moitié des gens estiment avoir une intelligence supérieure à la moyenne.

L’effet Dunning-­Kruger

L’effet Dunning-Kruger est le résultat de biais cognitifs qui amènent les personnes les moins compétentes à surestimer leurs compétences et les plus compétentes à les sous-estimer. Cet effet a été démontré dans plusieurs domaines.

Le biais d’autocomplaisance

Le biais d’autocomplaisance est la tendance à s’attribuer le mérite de ses réussites et à attribuer ses échecs à des facteurs extérieurs défavorables.

L’effet Barnum ou effet Forer

Le biais de l’effet barnum (ou effet Forer) consiste à accepter une vague description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à soi-même. Les horoscopes jouent sur ce phénomène.

L’effet de halo

L’effet de halo se produit quand la perception d’une personne ou d’un groupe est influencée par l’opinion que l’on a préalablement pour l’une de ses caractéristiques. Par exemple, une personne de belle apparence physique sera perçue comme intelligente et digne de confiance. L’effet de notoriété est aussi un effet de halo.

Comportements et jugements sociaux

Le biais de conformisme

Le biais de conformisme est la tendance à penser et agir comme les autres le font.

L’ignorance pluraliste

L’ignorance pluraliste, un concept introduit en 1930 par les psychologues Floyd Allport et Daniel Katz, désigne un phénomène dans lequel une majorité de membres d’un groupe rejettent en privé une norme, mais supposent à tort que la plupart des autres l’acceptent, et donc s’y conforment.

Le biais de faux consensus

Le biais de faux consensus est la tendance à croire que les autres sont d’accord avec nous plus qu’ils ne le sont réellement. Ce biais peut être particulièrement présent dans des groupes fermés dans lesquels les membres rencontrent rarement des gens qui divergent d’opinions et qui ont des préférences et des valeurs différentes. Ainsi, des groupes politiques ou religieux peuvent avoir l’impression d’avoir un plus grand soutien qu’ils ne l’ont en réalité.

Le biais de favoritisme intragroupe

Le biais de favoritisme intragroupe (ou endogroupe) est la tendance à favoriser les gens qui appartiennent à un même groupe que nous comparativement aux personnes qui n’en font pas partie.

La croyance en un monde juste

La croyance en un monde juste est la tendance à croire que le monde est juste et que les gens méritent ce qui leur arrive. Des études ont montré que cette croyance répond souvent à un important besoin de sécurité. Différents processus cognitifs entrent en œuvre pour préserver la croyance que la société est juste et équitable malgré les faits qui montrent le contraire.

L’effet de simple exposition

L’effet de simple exposition est une augmentation de la probabilité d’un sentiment positif envers quelqu’un ou quelque chose par la simple exposition répétée à cette personne ou cet objet. Ce biais peut intervenir notamment dans la réponse à la publicité.

L’effet boomerang

L’effet boomerang est le phénomène selon lequel les tentatives de persuasion ont l’effet inverse de celui attendu. Les croyances initiales sont renforcées face à des preuves pourtant contradictoires.

Jugements sur des événements passés, présents ou futurs

Le biais rétrospectif

Le biais rétrospectif (« hindsight bias ») est la tendance à surestimer, une fois un événement survenu, comment on le jugeait prévisible ou probable.

Le biais de négativité

Le biais de négativité est la tendance à donner plus de poids aux informations et aux expériences négatives qu’aux positives et à s’en souvenir davantage.

Le biais de normalité

Le biais de normalité est une tendance à croire que les choses fonctionneront à l’avenir comme elles ont fonctionné normalement dans le passé et donc à sous-estimer, par exemple, la probabilité d’un événement exceptionnel tel qu’une catastrophe et ses effets possibles.

Le biais d’optimisme

Le biais d’optimisme est une tendance à accorder plus d’attention aux bonnes nouvelles qu’aux mauvaises. (En situation de stress, l’anxiété aide à éviter les risques du biais cognitif d’optimisme)

Biais intervenant dans les prises de décision

L’aversion de la dépossession

L’aversion de la dépossession (ou effet de dotation) désigne une tendance à attribuer une plus grande valeur à un objet que l’on possède qu’à un même objet que l’on ne possède pas. Ainsi, le propriétaire d’une maison pourrait estimer la valeur de celle-ci comme étant plus élevée que ce qu’il serait disposé à payer pour une maison équivalente.

Le biais de statu quo

Le biais de statu quo est la tendance à préférer laisser les choses telles qu’elles sont, un changement apparaissant comme apportant plus de risques et d’inconvénients que d’avantages possibles. Dans divers domaines, ce biais explique des choix qui ne sont pas les plus rationnels. (Un biais se rapprochant du biais de statu quo est celui de la tendance à la justification du système.)

Le biais d’omission

Le biais d’omission consiste à considérer que causer éventuellement un tort par une action est pire que causer un tort par l’inaction. Ainsi, le biais d’omission pourrait contribuer à expliquer que, dans l’incertitude, certains choisiront de refuser la vaccination pour leurs enfants.

Le biais de cadrage

Le biais de cadrage est la tendance à être influencé par la manière dont un problème est présenté. Par ex. la décision d’aller de l’avant ou pas avec une chirurgie peut être affectée par le fait que cette chirurgie soit décrite en termes de taux de succès ou en terme de taux d’échec, même si les deux chiffres fournissent la même information.

Le biais d’ancrage

Le biais d’ancrage est la tendance à utiliser indument une information comme référence. Il s’agit généralement du premier élément d’information acquis sur le sujet. Ce biais peut intervenir, par exemple, dans les négociations, les soldes des magasins ou les menus de restaurants. (Dans les négociations, faire la première offre est avantageux.)

Un concept qui se rapproche de celui de biais cognitif est celui de distorsion cognitive qui a développé dans le champ de la psychologie clinique. (10 distorsions cognitives qui entretiennent des émotions négatives)

Franc-maçonnerie et Ndrangheta : Le but était de faire un coup d’Etat

De notre confrère italien corrieredellacalabria.it

A partir du sommet Montalto de 1969 les croisements entre clans, subversion noire et loges déviées. « Il n’y avait qu’un seul sens parmi les systèmes criminels occultes ».

REGGIO CALABRIA « Ces gens amènent beaucoup de sourds ». Le train historique des relations entre la ‘Ndrangheta, la franc-maçonnerie et les services secrets déviants a un arrêt obligatoire fixé au 26 octobre 1969 . Emplacement Serro Juncari, au pied du massif du Montalto sur l’Aspromonte. La veille, la préfecture de police de Reggio Calabria avait dit non au rassemblement prévu par Junio ​​Valerio Borghese à Reggio Calabria , prince et chef du tristement célèbre X Mas, une flottille fidèle à la République de Salò à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Stefano Delle Chiaie et le patron Antonio Nirta, grand admirateur de Borghese, devaient également être présents à ce rallye. Nirta, représentant les clans de Locride, était censé coordonner 4 000 personnes en armes prêtes à participer au coup d’État du « prince noir », a annoncé une tragédie qui s’est terminée par une farce (inquiétante) en décembre 1970.
Pas de prières sur les rives de du détroit, le groupe se déplace dans l’Aspromonte à la rencontre de la « nouvelle ‘Ndrangheta », celle que Paolo De Stefano veut projeter durablement au-delà des frontières de la Calabre, jusqu’au sommet de l’État. Une représentation des sujets « politiques » utiles pour faire ce saut est invitée au sommet qui sera interrompu par la police : Stefano Delle Chiaie, Luigi Concutelli, Fefè Zerbi, Valerio Borghese et Santo Saccucci, tous des extrémistes de droite qui ont joué un rôle dans les soulèvements de Reggio Calabria. Mais la raison de cette rencontre n’est pas seulement politique. « Ces gens prennent beaucoup de sourds », commente De Stefano.

Le sommet isolé entre les politiciens et l’élite de la ‘Ndrangheta

Les récits des repentis, recueillis au fil des années de procès et systématisés dans le massacre de ‘Ndrangheta et les enquêtes de Gotha, reviennent dans le rapport de la Commission parlementaire anti-mafia sur les relations entre la franc-maçonnerie et le crime organisé. C’est le collaborateur de la justice Carmelo Stefano Serpa qui dit qu’« au sein du sommet de Montalto, il y a eu une autre réunion « isolée » à laquelle ont participé quatre ou cinq personnes de l’élite de la ‘Ndrangheta avec Paolo De Stefano et les politiciens ».
Les loges déviantes apparaissent dans le passage suivant du rapport : « Les autorités d’enquête estiment que parmi les organisations subversives d’extrême droite, le crime organisé et les personnalités liées aux logiques maçonniquesil y a eu une exploitation réciproque pour la réalisation d’objectifs en partie différents, mais qui avaient en commun pour but de déstabiliser l’État ». Certains « secteurs déviants de la franc-maçonnerie et des appareils de sécurité », pour l’essentiel, regardaient « d’un œil favorable » la stratégie de massacre des mafias ; « Ils avaient un objectif commun avec la ‘Ndrangheta et la Cosa Nostra : l’élimination de l’ancienne classe politique ».

Les ligues du sud et la contribution de Licio Gelli

Les ligues du sud et la contribution de Licio Gelli
Lycio Gelli

La Commission parlementaire anti-mafia rappelle alors un passage purement politique : « Avant que la stratégie de massacre voulue par Cosa Nostra et soutenue par la ‘Ndrangheta ne décolle, il faut dire que dans certains milieux maçonniques liés à la droite subversive un nouveau projet politique avait été élaboré de type séparatiste-sécessionniste, en lien et parallèlement avec le phénomène croissant de fédéralisme nordique prôné par la Ligue du Nord ». L’épaule de la Ligue du Nord, toujours dans une tonalité anticommuniste, aurait été la Ligue du Sud, du Centre et du Sud de l’Italie, dans laquelle «Licio Gelli et des représentants de la droite subversive ont été insérés. La première « Lega Sud Italia » a été fondée lors d’une réunion organisée le 28 janvier 1990 au théâtre municipal de Reggio Calabria. Le président était telGiuseppe Schirinzi , figure de la droite subversive, étroitement lié aux « émeutes de Reggio » de 1970 et à l’avocat Paolo Romeo », considéré à son tour comme un trait d’union avec les milieux de la ‘Ndrangheta.
L’idée est de constituer une entité politique sudiste unique « vers laquelle convergeraient les poussées autonomistes des régions du centre et du sud du pays ». Un « projet » qui « impliquait des secteurs de la franc-maçonnerie, surtout déviés, mais aussi de la droite subversive qui faisait référence à Stefano Delle Chiaie ».

« Une direction unique pour « reprendre l’État » »

Côme Virgile

Un chaudron : la politique et la ‘Ndrangheta sont des niveaux maintenus ensemble dans des chambres de compensation maçonniques. C’est l’idée de Giuliano Di Bernardo ( nous vous avons dit ici quelle a été sa contribution à la Commission ). L’ancien grand maître du Goi, « concernant le lien entre la franc-maçonnerie, le crime organisé et les mouvements séparatistes (…) a rapporté qu’il était convaincu qu’il n’y avait qu’un seul directeur à l’époque ».
Quatre collaborateurs de justice, les Siciliens Tullio Cannella et Gioacchino Pennino et les Calabrais Filippo Barreca et Cosimo Virgiglio, retracent la même pensée « et attestent de l’existence de systèmes criminels cachés (franc-maçonnerie, services déviants et ceux appartenant à la droite subversive) qui ont mis un projet de renouveau politique à la disposition des hauts dirigeants de la Cosa Nostra et de la ‘Ndrangheta qui déployée à travers les mouvements autonomistes, expression de la méfiance à l’égard de l’ancienne classe politique, et visait à atteindre l’objectif commun de « prise de possession de l’État » ». Selon Virgiglio, les familles ‘Ndrangheta qui se sont liées à la franc-maçonnerie étaient les Molè-Piromalli, les Mancuso, les De Stefano, l’Arena di Isola di Capo Rizzuto, les Barbaro, les Morabito, les Latella, les Pelle, les Strangio et autres. .
Un creuset d’intérêts obscurs qui revient selon les mots des collaborateurs Filippo Barreca et Giacomo Lauro, pour qui «une sorte de “superloggia”» avait été créée à Reggio Calabria et Catane» à laquelle « participeraient les principaux représentants et membres du crime organisé calabraise et de Cosa Nostra ; de cette manière, ils auraient réussi à avoir un flux continu de communications et auraient pu établir une relation de collaboration et de connivence avec les institutions, gérant ainsi la ressource publique ».

« Il n’y avait qu’un seul projet criminel. Et P2 voulait tout contrôler »

Même Pasquale Nucera, un autre collaborateur de la justice, « a rapporté que « dans cette période la ‘Ndrangheta, la Cosa Nostra, les loges maçonniques, les déviées, les services déviés, ont été incorporées et fusionnées en un seul projet criminel » ». C’est toujours Nucera qui évoque (encore) Licio Gelli : le chef du P2 aurait « favorisé » ce « mélange » pour « contrôler la ‘Ndrangheta » et « il avait fait en sorte que chaque composant du « Père Noël » – le haut structure de « l’organisation criminelle – a été automatiquement incluse dans P2 ». « A l’intérieur du P2 – sont les mots de Nucera – il a placé une » santista « d’un club, donc il avait la possibilité de contrôler à la fois les votes, les choses politiques, les emplois, tout « .
La franc-maçonnerie déviée serait donc le ciment d’un système dont le but est de tout contrôler. Dans ce vivier, la Commission trace « des liens indissolubles entre la ‘Ndrangheta et une certaine franc-maçonnerie qui se sont développés et de plus en plus renforcés par la création du rang/dot ‘infâme’ du ‘Saint' ». Des relations qui « permirent à la ‘Ndrangheta d’accroître son pouvoir par le blanchiment et la réutilisation de l’argent, résultat du trafic illicite d’armes et de drogue (géré sous forme de consortium par toutes les organisations mafieuses de Lombardie où elles étaient hégémoniques sur toute la Papalia) », mais aussi par l’ajustement des processus et l’infiltration des politiques et des institutions». «Beaucoup de sourds», ceux évoqués par De Stefano au sommet de Montalto en 1969, et bien plus encore. Dans les replis d’une histoire de trente ans de relations obscures, il y a même une tentative de devenir un État. ( p.petrasso@corrierecal.it )

Regard sur… le Mysticisme quantique

Le mysticisme quantique est un ensemble de réflexions métaphysiques, de croyances et de pratiques connexes qui cherchent à établir un rapport entre la conscience, l’intelligence, certaines philosophies orientales et les théories de la mécanique quantique et ses interprétations venant soutenir une vision panthéiste de l’univers. Du point de vue de la majorité de la communauté scientifique, le mysticisme quantique repose sur des interprétations erronées ou insuffisamment fondées de la mécanique quantique.

Définition

Le fait que la mécanique quantique comporte de profondes difficultés conceptuelles ouvre la porte à diverses spéculations ou sur-interprétations. Parmi les concepts problématiques, on peut citer la dualité onde corpuscule, l’amplitude de probabilité, l’intrication quantique ou encore la non-localité.

Les prémices d’un mysticisme quantique sont apparus au début du xxe siècle parmi les fondateurs de la théorie quantique eux-mêmes alors qu’ils débattaient des interprétations et implications de leur théorie naissante, qui allait devenir la mécanique quantique. Alors que la théorie commençait à devenir une théorie scientifique, les caractéristiques essentielles de la théorie quantique et les questions ontologiques qui en découlent ont confronté les chercheurs à la difficulté de distinguer les discussions philosophiques des débats scientifiques.

Wolfgang Pauli considérait que les connaissances en physique quantique « font apparaître une situation qui transcende la science » et pourrait avoir une « fonction religieuse » dans l’expérience humaine. Einstein s’est opposé sans ambiguïté à ce genre d’assertions. Par exemple, alors que des journaux britanniques écrivaient qu’il était d’accord avec la thèse que « le monde extérieur est une expression de la conscience » (c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas de distinction réelle entre la conscience et l’univers, voire, dans les points de vue les plus extrêmes, que le monde n’existe que dans notre conscience et pas objectivement), il répondit : « Aucun scientifique ne croit cela. Sinon, ce ne serait pas un scientifique (…) Pourquoi quelqu’un prendrait-il la peine de scruter les étoiles, s’il pensait qu’elles n’étaient pas réellement là ? ».

Erwin Schrödinger
1933.

Le débat s’est principalement développé juste après la Seconde Guerre mondiale au travers de publications comme celles de Schrödinger ou de l’article d’Eugene Wigner en 1961 mais, même si de telles interprétations ont continué à apparaître parmi quelques scientifiques de la nouvelle physique, elles sont devenues plus rares et ont été progressivement désapprouvées par la communauté scientifique.

Beaucoup des thèses associées au « mysticisme quantique » ont été critiquées comme étant des erreurs d’interprétation de la mécanique quantique et comme une forme de pseudo-science. Dans son ouvrage The social relations of Physics, Mysticism and Mathematics, Sal Restivo donne le nom de parallélisme au mysticisme quantique.

Un des postulats fondamentaux du mysticisme quantique est que l’acte d’observation affecterait directement la réalité observée (voir Interprétation de Copenhague et Paradoxe EPR). La raison de cette assertion repose sur le fait que dans la démarche scientifique, l’observateur est considéré comme distinct de l’objet d’observation alors que dans l’expérience mystique, il est dit qu’il existerait une unité intrinsèque de toute chose dans l’univers. Une influence de l’un sur l’autre serait donc indicative d’un lien invisible entre les deux.

Versions récentes

Fritjof Capra

En 1970, le physicien Fritjof Capra écrit Le Tao de la physique, souvent considéré comme le point de départ du mysticisme quantique, dans lequel il établit un parallèle entre la physique quantique et certains principes des philosophies orientales. En 1980, le livre de David Bohm, Wholeness and the Implicate Order, expose sa thèse de l’ordre implicite sur des bases de physique quantique. Cet ouvrage, ainsi que diverses prises de position de Bohm, fut sévèrement critiqué par son ami et prix Nobel Steven Weinberg. En 1979, le livre The Dancing Wu Li Masters de Gary Zukav établit des parallèles similaires.

Un livre de Deepak Chopra, en 1988, intitulé Quantum Healing (« Guérison quantique ») expose une théorie de la guérison psychosomatique en utilisant des concepts quantiques. En 1993, son best seller du New York Times : Ageless Body, Timeless Mind se vend à plus de deux millions d’exemplaires à travers le monde. Il y développe des thèses sur le renversement du processus de vieillissement, l’immortalité par l’adoption d’une « vision quantique du monde ». En 1998, Deepak Chopra a reçu le prix Ig Nobel, une parodie de Prix Nobel, dans la catégorie des sciences physiques, pour « son interprétation unique de la physique quantique, telle qu’elle s’applique à la vie, la liberté et la recherche de la prospérité économique ».

Depuis les années 1990, le physicien américain John Hagelin a développé une théorie de champ unifié sur la base des supercordes. Il a reçu le Kilby International Awards (en) pour ses travaux en physique des particules, et dans le développement de la théorie supersymétrique du champ unifié (supersymmetric grand unified field theory). Mais ses recherches au sein du mouvement de Méditation transcendantale, son titre Raja de l’Amérique décerné par Maharishi Mahesh Yogi, et sa candidature au Parti de la loi naturelle ont contribué à lui valoir également le Prix Ig Nobel, parodique, pour avoir déclaré que 4 000 pratiquants de la Méditation transcendantale avaient réduit la criminalité de 18 % à Washington D.C22.

Un film de 2004, What the Bleep Do We Know !? (« Que sait-on vraiment de la réalité !? ») est un docu-fiction pseudo-scientifique, traité avec un éventail d’idées issues du New Age qui récupèrent les concepts de la physique selon un usage jugé hors contexte par la majorité des scientifiques. Le film a été produit par l’école de l’Illumination de Ramtha, fondée par Judy Zebra Knight, qui a affirmé que ses enseignements étaient basés sur son dialogue avec une entité désincarnée âgée de 35 000 ans et nommée Ramtha. Judy Zebra Knight a fait un usage controversé de certains aspects de la mécanique quantique, y compris le principe d’incertitude de Heisenberg et « l’effet de l’observateur », ainsi que de la biologie et la médecine. De nombreux critiques ont rejeté le film comme entrant dans la catégorie des pseudo-sciences. En France, le rapport 2010 de la Miviludes présente le groupe Ramtha comme suspect en raison de ses thèses apocalyptiques et des conditions des stages.

Critiques

Michel Bitbol, expose certains écueils du mysticisme quantique dans La théorie quantique et la surface des choses. Selon lui :

Résumé : On a souvent comparé, dans un esprit analogique, la théorie quantique aux éléments de la philosophie bouddhiste. Dans cet article, la seule pertinence qu’on reconnaît à cette comparaison est son pouvoir thérapeutique. L’assimilation de la critique bouddhique de la métaphysique nous aide à nous libérer du rêve (pré)scientifique de représentation d’une réalité cachée qui, non content d’être sans doute illusoire, est à la source de la plupart des paradoxes quantiques. Une telle libération nous aide à aller jusqu’au bout d’une tendance interprétative présente dès la lecture par Bohr de la nouveauté quantique. Il s’agit de l’interprétation qui consiste à admettre : que la théorie quantique ne révèle nulle nature profonde des choses (particules élémentaires ou autre), mais se contente d’anticiper un ensemble de phénomènes relatifs à un contexte expérimental ou technologique ; que sa fécondité s’explique par le seul fait qu’elle incorpore dans sa structure les limites de l’objectivation des phénomènes. Ce double constat paraît frustrant dans le cadre d’une pensée occidentale gouvernée par la pulsion vers les au-delà. Il s’inscrit en revanche dans la continuité d’une pensée Zen selon laquelle, pour emprunter les mots de Dôgen, « cet univers entier n’a jamais rien de caché (derrière le phénomène) ».

GLNF et LinkedIn… du réseautage ?

0

Le Facebook de la Grande Loge Nationale Française, le 13 octobre dernier, annonçait désormais la présence sur le réseau social professionnel LinkedIn de la GLNF.

Logo LinkedIn

Avant toute chose, qu’est-ce que LinkedIn ?

LinkedIn est un réseau social professionnel en ligne créé en 2002 à Mountain View en Californie.

Le 13 octobre 2022, le message était le suivant : « Découvrez notre compte LinkedIn.

Ce compte a pour premier objectif de rendre notre obédience plus visible à l’extérieur et notamment des utilisateurs professionnels de ce réseau social. En présentant via des posts mais aussi de très courtes vidéo, la franc-maçonnerie pratiquée à la GLNF. En mettant, notamment, en avant les actions de bienveillance, de bienfaisance menées par les Frères. #GLNF #LinkedIn #Francmaçonnerie #Francmaçon #Freemason »

Et le 18 courant : « Le 13 octobre dernier, nous avons ouvert une page GLNF sur le réseau social LinkedIn. Nous venons de franchir le cap des 1 000 abonnés. Merci de l’intérêt que vous manifestez pour la Grande Loge Nationale Française. #GLNF #Francmaçonnerie #Francmaçon #LinkedIn »

GLNF et LinkedIn… du réseautage ? Non, a priori de la bienveillance, de la bienfaisance menées par les Frères.

La GLNF sur LinkedIn
La GLNF sur LinkedIn

« De la bienveillance, de la bienfaisance menées par les Frères », pouvons-nous lire ?

 Mais « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » déclarait Jacques Chirac au journal Le Monde du 22 février 1988.

Pour tous les jeunes Maçons qui ne connaissant pas ce que le monde profane – profané – nomme les affaires…

En date du 22/02/2001, L’Express titre « Francs-maçons : Les frères (ennemis) de la Côte

Rien ne va plus à la Grande Loge nationale de France où, après des années de discrètes affaires, les dénonciations pleuvent

Il y a du rififi dans les loges. Les frères ennemis de la Côte n’en finissent pas de se déchirer, sur fond d’ambitions personnelles et de querelles rituelles. Au point que, le 15 décembre dernier, à Juan-les-Pins, le député grand maître de la Grande Loge nationale française (GLNF), Jean-Charles Foellener, prononçait la dissolution du collège provincial et la mise sous tutelle de la province Alpes-Méditerranée, née, en 1991, d’une scission de celle de Provence. Une autonomie arrachée, dit-on, par le banquier Bernard Merolli, passé de la Grande Loge à la GLNF en 1986, à son ami et «parrain», le grand maître Claude Charbonniaud, ancien président de la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Ce règlement de comptes ne sera pas le dernier. « Dans les trois mois qui viennent, de nouvelles affaires vont sortir, prévient un dignitaire maçon. Des frères, désireux d’assainir les loges locales, ont pris contact avec le procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, pour dévoiler des ententes illicites, des trafics d’influence et autres arrangements occultes qui concernent, essentiellement, l’urbanisme et la construction. »

https://bit.ly/3tNyXMG : Sur le site cannes.maville.com, daté du jeudi 21 octobre 2010

Cannes – Franc-maçonnerie : les frères déçus font bande à part

Née d’une dissension au sein de la GLNF et de la GLTMF, une nouvelle obédience vient d’être créée. Son nom : la Grande Loge de Cannes

Depuis qu’elle avait été mise, bien malgré elle, dans la lumière lors des démêlés judiciaires de l’ancien maire, Michel Mouillot (GLNF), la franc-maçonnerie cannoise avait su se faire discrète. Au point de sembler avoir disparu de la Cité des festivals. […]

Officiellement consacrée depuis le 19 juin 6010 (selon le calendrier maçonnique), cette obédience séparatiste, composée de soixante-dix frères du bassin et répartis en deux loges, a choisi de faire bande à part il y a une dizaine de mois. Ses membres se sont lassés des méthodes des directions de la GLNF et de la GLTMF, dont ils ont fait tour à tour partie. Leur reprochant notamment « des luttes d’influence, des dérives autocratiques et des relents d’affairisme »…

La suite sur https://bit.ly/3i0ykwE

Le Point, publié le 06/01/2011 par Sophie Coignard « Les jolis profits de la Grande Loge

Francs-maçons. Sociétés immobilières, fondations : où passe l’argent ? »

Où passent les 500 euros de cotisation annuelle versés par les 43 000 frères de la Grande Loge nationale française (GLNF), soit plus de 20 millions d’euros chaque année (1) ? La GLNF, deuxième obédience maçonnique derrière le Grand Orient, a doublé ses effectifs en moins d’une décennie. Pendant ces dix années, deux grands maîtres se sont succédé : Jean-Charles Foellner, un homme d’affaires installé sur la Côte d’Azur, puis son avocat (2), tenant actuel du titre, François Stifani.

Aujourd’hui encore, ces deux hommes se partagent la plupart des postes dans la nébuleuse de la GLNF. Ils ont créé deux fondations à caractère humanitaire : Hôpital Assistance International (HAI), destinée à fournir aux pays pauvres du matériel médical, et la Fondation pour la promotion de l’homme, à l’objectif assez flou puisqu’il s’agit d’« œuvrer pour la dignité de l’homme et, partout où cela est possible, apporter un supplément d’humanité et de fraternité ». Cette dernière a pour président l’ex-grand maître Foellner. Elle a été capitalisée notamment par l’Œuvre d’assistance fraternelle (OAF), une association présidée par… Jean-Charles Foellner. Créée en 1918, l’OAF centralise les fonds de bienfaisance destinés aux frères dans la détresse, fonds récoltés notamment lors de la quête effectuée à l’issue de chaque tenue de loge, appelée « tronc de la veuve ». Il y a une dizaine d’années, l’état-major de la GLNF a décidé que cet argent ne serait plus géré localement, mais remonterait au sommet, ce que la plupart des frères ignorent… » La suite sur https://bit.ly/3UYx8sk

Hôpital Assistance International (HAI), à lui tout seul, pourrait faire l’objet d’un long article, amis c’est une autre histoire… Peut-être serons-nous amené à y revenir.

Ou encore « GLNF & héritage Gaston : l’ancien dignitaire Aussel relaxé » sur La Lumière – seul blog rédigé par un journaliste d’un média grand public, le journaliste François Koch, par ailleurs invité très souvent par les obédiences…

https://bit.ly/3EsHc5U

Légende article de L’Express de 2010 (Jean-Charles Foellner n’est plus président de la Fondation, il a été remplacé par le Grand maître actuel Jean-Pierre Servel).

En effet, sauf coup d’État – ou modification du Règlement Général –, le Grand Maître de la GLNF est toujours le président de ladite Fondation…

Toujours sur La Lumière, nous lisons « Nouvelle GLNR, obédience Foellner père & fils »

En lisant les statuts de la toute nouvelle GLNR (« GRANDE LOGE NATIONALE INDÉPENDANTE ET RÉGULIÈRE pour la France, les D.O.M. et les T.O.M. » ), déposés le 5 décembre 2013 à Marseille, une chose frappe l’observateur : le Président Fondateur est Jean-Charles FOELLNER, 70 ans, ex Grand Maître de la GLNF, et le Premier Trésorier est Pascal FOELLNER, 46 ans, administrateur de sociétés à Vidauban (même profession que le père, au Luc-en-Provence, autre commune du Var).

Ce n’est pas banal que sur les trois représentants signataires des statuts d’une obédience figurent le père et le fils. Un brin de népotisme ?

Illustration : Jean-Charles FOELLNER, GM de la GLNF (2001-2007) [photo GLNF]

Jean-Charles Foellner m’a fait savoir qu’il ne répond pas aux questions (comme lorsqu’il était GM de la GLNF de 2001 à 2007). Mais qu’il autorise Alain Cano, ex Député Grand Maître de François Stinani et l’un des 12 fondateurs de la GLNR, à le faire. « Jean-Charles Foellner a choisi son fils, car il fallait un noyau très proche pour le lancement de l’obédience » , m’indique donc Cano.

Alain Cano me précise que parmi les 12 fondateurs figurent Jean-Marie Santini, 60 ans, secrétaire fondateur, administrateur de sociétés marseillais, frère au RER, Manuel Georges, autre frère marseillais, et Alain Moyemont, ex Grand Maître Provincial d’Alsace.

Cano ajoute qu’une soixantaine de frères vont constituer les dix premières loges, tout début 2014 : notamment « L’Aube » , à Bayonne, « Honneur et Tradition » , en Alsace, « Notre-Dame de La Garde » ou « L’Ordre Rétabli », à Marseille. Toujours selon Cano, François Stifani ne figure pas parmi les soixante premiers frères… même s’ils sont en contact avec lui. En fait, Stifani attend le résultat de son procès destiné à faire annuler sa radiation de la GLNF (maintenir cette procédure et s’engager dans une nouvelle obédience ne serait en effet pas très cohérent). Par ailleurs, Jean-Michel Baloup, ex Grand Orateur de la GLNF, m’a indiqué qu’il n’est pas concerné par la GLNR (il dit avoir appris sa création en lisant ce blog). https://bit.ly/3ESqDBF

Ces mêmes Foellner, père et fils, réintégrés par la GLNF en 2022… No comment ! Ou plutôt SI, nous y reviendrons !

Pour faire court, nous ne parlerons pas de l’affaire du tribunal de Nice, une affaire de collusion d’intérêts de certains magistrats du tribunal de Nice, révélée par le procureur du tribunal de Nice depuis 1999, Éric de Montgolfier. Le juge d’instruction Jean-Paul Renard est un de ces magistrats mis en cause par Éric de Montgolfier. Cf. les rapports de Jean-Paul Renard et de Michel Mouillot, ancien maire de Cannes qui se sont rencontrés à la Grande Loge nationale française (GLNF)… https://bit.ly/3EwJkJG

 Et encore, nous vous faisons grâce de :

Les francs-maçons-100 questions sur (Les éditions de la Boétie, 2013) de Sophie Coignard. Un extrait de la 4e de couverture : « Un État dans l’État, le livre de Sophie Coignard, montre que l’influence des loges est toujours aussi forte, notamment dans la haute administration […] Depuis de nombreuses années, cette journaliste d’investigation explore les différents réseaux qu’elle a appris à connaître en profondeur. Sans tabou, sans parti-pris, elle se fait notre guide, notre initiatrice. Bienvenue chez les frères ! »

Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, coauteurs des Frères invisibles (Albin Michel, 2001), portant sur l’influence de la franc-maçonnerie en France. Retrouvez leur interview – partielle car réservé aux abonnés – « Celui qui parle est exclu » https://bit.ly/3EwNK38

Tout cela, afin que nul ne l’ignore et ne puisse dire, un jour, je ne savais pas.

Franc-maçonnerie (partie I) : Mythes ou vérités

De notre confrère elnacional.com – Par Stéphane Oria

« Le gouvernement n’est pas une raison, ce n’est pas non plus l’éloquence, c’est la force. Il opère comme le feu ; c’est un serviteur dangereux et un maître redoutable ; à aucun moment des mains irresponsables ne doivent être autorisées à le contrôler. »

George Washington, maître maçon

Chers lecteurs, encore une fois dans ma chronique, je vais cette fois vous écrire sur une organisation qui est qualifiée de secrète, mais qui, étant liée aux événements les plus marquants de l’histoire moderne, n’est pas secrète du tout. Il s’agit de la franc-maçonnerie. Nous aborderons des jalons d’intérêt qui ont toujours attiré l’attention.

Certains se sont demandé jusqu’à quel point la franc-maçonnerie avait organisé la Révolution française, l’indépendance des États-Unis, du Venezuela, de la Colombie et du reste des pays du continent, la troisième république espagnole, le billet d’un dollar, le vaccin contre la poliomyélite, les Nations Unies, le Concile Vatican II, le voyage sur la lune, les téléphones Apple, la couronne britannique et même l’expulsion de Maduro encore à venir.

À mon avis, rien de tout cela n’est vrai, même si, dans un certain sens, cela donne l’impression que tel est le cas. Croire qu’il existe une organisation mondiale capable de tourner dans les coulisses, toute une série d’événements historiques, comme un scénario que même Nostradamus avec toute la puissance de sa prédiction n’a pas été capable de générer, est assez incroyable et n’a servi qu’à semer pas mal de théories du complot loin de la réalité, cependant, malgré la difficulté de comprendre à quel point il semble logique d’entendre que chaque événement de l’histoire est son propre moteur créatif, la vérité est qu’il semble raisonnable de soupçonner, surtout quand on plonge profondément , et constater que les principaux protagonistes de ces histoires qui vous intéressent tant étaient des francs-maçons.

Cela arrive souvent en politique, quand vous enquêtez les yeux fixés sur les faits, mais que vous vous éloignez suffisamment pour voir tout le terrain, vous découvrez un schéma commun, ce serait comme si vous vous imaginiez organiser une table d’échecs et que vous placez des pièces de chaque côté, dans un Du côté des tyrans, dictateurs, ségrégationnistes, racistes, obscurantistes, réactionnaires, nazis, communistes, et de l’autre côté du plateau, on peut avoir une grosse surprise de retrouver les francs-maçons. C’est peut-être la raison pour laquelle le mythe d’un projet de construction d’un nouvel ordre mondial s’est tant développé, un monde où règne la liberté, qui est l’un des principes fondamentaux des francs-maçons.

Les francs-maçons prennent soin de parler de politique dans la loge, cependant, ils sont profondément politiques au point qu’ils ont mené les principaux processus de transformation culturelle à l’ère moderne.

Observons le cas de l’indépendance des États-Unis menée par les francs-maçons Washington, Ellery, Franklin, Hancock, Hewes, Hooper, Paine, Stockton, Walton et Whipple.

La déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776 est signée par une majorité de francs-maçons. Les loges des treize colonies, New Hampshire, Massachusetts, Rhode Island, Connecticut, New York, New Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud et Géorgie, étaient au centre de la rébellion contre la couronne. Britannique.

A la Révolution française, ce sont des francs-maçons comme Voltaire, Lafayette, Philippe d’Orléans, Danton, Murat qui ont mené à la chute de la couronne française et à l’avènement de la république.

Pendant l’indépendance sud-américaine, la direction de l’indépendance était entre les mains de deux francs-maçons, ils étaient Simón Bolívar et José de San Martín, mais pratiquement la majorité des commandants militaires de l’époque étaient des francs-maçons.

Un peu plus au début du XXe siècle dans la deuxième république espagnole, la liste des francs-maçons était longue, s’étendant depuis son président Manuel Azaña, et comprenant jusqu’à 184 sur un total de 483 députés des Cortès.

L’abolition de l’esclavage en France a commencé avec un gouvernement provisoire où la majorité étaient des francs-maçons. L’internationale, considérée comme l’hymne officiel des travailleurs du monde, a été écrite par le franc-maçon français Eugène Pottier. Alphonse de Lamartine attribue à la franc-maçonnerie la devise de la révolution française Liberté-égalité-fraternité, ainsi qu’à Marianne et au bonnet phrygien, les deux principales icônes républicaines par excellence.

Une grande partie du positivisme, le courant dominant de l’époque, était dirigé par des francs-maçons comme Émile Littré.En médecine, l’une des figures les plus marquantes de notre époque était le scientifique britannique Alexander Fleming, le découvreur de la pénicilline, qui était un franc-maçon. Les plus grands compositeurs musicaux étaient des maçons, de Mozart il y a une liste de compositions maçonniques, ce sont :

Gesellenreise , KV 468, a menti « pour être utilisé dans la nomination de nouveaux officiers », mars 1785.

Die Maurerfreude (La joie du franc-maçon), KV 471, cantate pour ténor et chœur d’hommes jouée pour la première fois le 24 avril 1785.

Maurerische Trauermusik (Musique funéraire maçonnique), KV 477/479a, au plus tard en novembre 1785.

Deux chansons, KV 483 et KV 484, pour célébrer l’ouverture de Zur Neugekrönten Hoffnung ; 14 janvier 1786.

Die ihr die unermesslichen Weltalls Schöpferehrt , KV 619, cantate pour ténor et piano (1791).

Kleine Freimaurer-Kantate (Petite cantate maçonnique) intitulée Lautverkündeunsre Freude , pour solistes, chœur d’hommes et orchestre, KV 623, créée sous la direction du compositeur le 18 novembre 1791.

Il existe de nombreux autres compositeurs de la stature de Mozart qui étaient francs-maçons, parmi lesquels se distinguent Frans List, Louis Spohr, Johannes Brahm, Franz Joseph Haydn.

Des écrivains de la stature d’Oscar Wilde, Alexander Pope, Garcia Lorca, Joseph Rudyard Kipling, Arthur Ignatius Conan Doyle, Johann Wolfgang von Goethe, François-Marie Arouet, plus connu sous le nom de Voltaire, Johann Adam Weishaupt, Jonathan Swift, Mark Twain, étaient tous maçons.

La théorie de la séparation des pouvoirs, fondement de l’État moderne et de la démocratie, a été développée par Montesquieu, qui était également un éminent franc-maçon.

Lors de son investiture en tant que président des États-Unis en 1791, Washington a prêté serment sur une Bible de la Loge de Saint-Jean à New York.

Soit dit en passant, l’un des jalons les plus importants de l’histoire des États-Unis a été la cérémonie de pose de la première pierre du Capitole américain en 1793, un acte que Washington a présidé vêtu de son tablier maçonnique avec ses fidèles collaborateurs, également maçons vêtus de ses tuniques.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce sont précisément deux francs-maçons qui ont dirigé les alliés contre l’Allemagne hitlérienne, ce sont Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt. Son successeur Harry S. Truman, qui a reçu le 33e degré alors qu’il était président des États-Unis, était également franc-maçon.

En première ligne se trouvaient les francs-maçons, le général Douglas MacArthur, commandant américain aux Philippines, le général Omar Bradley et Henry Arnold.

La franc-maçonnerie et le billet d’un dollar

On dit que le billet d’un dollar est truffé de symboles et d’allégories maçonniques, en particulier lorsqu’ils font référence à « l’œil qui voit tout », un symbole placé à la pointe de la pyramide au dos du billet. A ce sujet, je peux vous dire que les loges ont adopté ce symbole puisqu’il est connu et qu’il est d’usage courant.

À ce sujet, le portail freemason.org tente de calmer les spéculations en citant que « selon l’historien maçonnique S. Brent Morris, le seul franc-maçon connu au sein du comité de conception était Benjamin Franklin, et ses idées n’ont pas atteint la conception finale. L’artiste Pierre Du Simitiere n’était pas franc-maçon et a contribué à la conception de l’œil. Un autre non-maçon, Francis Hopkinson, a contribué à la pyramide. Un fait intéressant est que l’apparition de ce symbole sur la facture a dû attendre plus de deux cents ans avant d’être autorisée par le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, un franc-maçon du 32e degré du rite écossais.

Franc-maçonnerie et téléphones Apple

Dans cette section, il y a peu ou rien à dire, sauf que Wozniak est membre de la fraternité des francs-maçons, fondée en 1980 au Charity Lodge No. 362 à Campbell, en Californie. Sa femme est membre de l’Ordre de l’Étoile de l’Est.

Un autre fait curieux est la similitude de la boîte aux lettres Gmail avec le tablier du franc-maçon dans le rite écossais, qui a donné lieu à des histoires de complot controversées.

Le complot des rochers lunaires

On sait qu’au moins 2 astronautes qui ont marché sur la lune sont des francs-maçons, ce sont Buzz Aldrin et Neil SAmstrong. Ci-dessous, nous copions une courte liste de francs-maçons liés aux voyages spatiaux : Colonel Leroy Gordon Cooper Jr. (USAF), Carbondale Lodge No. 82 du Colorado ; le lieutenant-colonel Don F. Eisele (USAF), Luther B. Turner Lodge n° 732, Columbus, Ohio ; le lieutenant-colonel Virgil L. Grissom, Mitchell Lodge, Indiana ; CF Kleinknecht, Fairview Lodge n ° 699 Fairview, Ohio; Commandant Edgar D. Mitchell, Artesia Lodge, Artesia, Nouveau-Mexique; Capitaine Walter M. Schirra, Jr., Canaveral Lodge n° 339 Cocoa Beach, Floride ; Colonel Thomas P. Stafford, Western Star Lodge n° 138, Weatherford, Oklahoma ; Commandant Paul J. Weitz, Lodge n° 708, Erie, Pennsylvanie ; James Edwin Webb, Oxford Lodge No. 122, Oxford, Caroline du Nord : Paul J. Weitz,

Francs-maçons au Vatican

A ce sujet j’ai écrit un chapitre complet que nous publierons prochainement, alors que je ne peux que vous dire que les condamnations contre les Francs-Maçons émises par certains Papes du 19e et du début du 20e siècles sont toujours valables, pour leur défense la Franc-Maçonnerie a affirmé qu’ils sont en désaccord total, les temps ont changé et la plupart des causes alléguées pour lesquelles il a été accusé n’ont ni validité ni sens, en fait la même église a assumé ces valeurs, qui sont celles de l’œcuménisme, de la laïcité et du droit des minorités.

La vérité est que la question de l’acceptation des maçons aurait pu être résolue, si les cardinaux s’étaient conformés aux souhaits du pape Jean XXIII lors du Concile Vatican II, on sait qu’il voulait la suppression des condamnations et l’incorporation des catholiques Maçons dans les églises, le pape était conscient de l’injustice qui était commise contre les francs-maçons, qu’une telle désinformation et diffamation pouvait être utilisée pour nourrir la haine envers les francs-maçons dans l’esprit des dirigeants et des tyrans d’extrême droite qui ont traditionnellement été liés aux secteurs ultras de l’Église catholique, comme ce fut le cas de Franco en Espagne où des milliers de francs-maçons ont été persécutés et assassinés ou plus récemment,En Italie, le parti extrême, la Ligue du Nord eurosceptique et anti-immigration, et le Mouvement 5 étoiles ont signé un décret interdisant l’entrée des francs-maçons au gouvernement.

Pendant le pontificat de Jean-Paul II, l’Église catholique a de nouveau eu l’occasion de se conformer aux souhaits de Jean XXIII, cependant, le bureau de la Doctrine de la Foi, alors dirigé par le cardinal Ratzinger, est revenu pour rétablir l’ancienne condamnation. contre les maçons. Heureusement, les francs-maçons n’ont pas les scandales qui affligent le clergé catholique accusé de milliers de causes de pédophilie, c’est le type d’acte qui nécessite une bulle papale.

On se lit la semaine prochaine avec mon deuxième billet sur la franc-maçonnerie, dans lequel j’aborderai la persécution des francs-maçons pendant la Seconde Guerre mondiale. A bientôt à El Nacional.

Peut-on être franc-maçon et chrétien ?

Patrick Rodner – Édition Dervy, Coll. Les outils maçonniques du XXIe siècle, 2022, 152 pages, 11,90 €

Patrick Rodner

Disciple du romancier, poète, traducteur et philosophe Pierre Boutang (1916-1998), titulaire de la chaire de métaphysique à la Sorbonne de 1976 à 1986, mais également journaliste politique qui a évolué au sein de cercles maurrassiens, royalistes, gaullistes et chrétiens en politique française, Patrick Rodner, professeur agrégé de philosophie à Limoges – enseignant en éthique médicale et en anthropologie – nous offre un magnifique volume, le plus important qui soit en nombre de pages, de cette très intelligente et pédagogique collection – collection qui pose des questions –  des éditions Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel.

Rappelons, mais est-ce vraiment nécessaire, collection dirigée par un collaborateur de 450.fm, notre très cher Frère Jacques Carletto.

Mgr Rey par Claude Truong-Ngoc, avril 2013

L’auteur, Franc-Maçon depuis plus de vingt ans et chercheur dans le domaine du symbolisme ésotérique chrétien, veut cet ouvrage comme une vraie, juste et parfaite réponse à celui de Monseigneur Dominique Rey, nommé évêque du diocèse de Fréjus-Toulon par le saint pape Jean-Paul II le 16 mai 2000 – sa devise étant « Mitis et humilis corde » (Doux et humble de cœur) – Peut-on être chrétien et franc-maçon ? (Salvator, 2021, nouv. éd. rev. et augm., 126 pages, 12 €).

Si tel est votre désir, vous pouvez (re)lire notre présentation faite, ici-même, le 28 octobre 2021 https://bit.ly/3hZvxUA.

Ce dignitaire de l’ordre le plus élevé de la prêtrise chrétienne voulait instruire ses ouailles du point de vue de l’Église catholique apostolique et romaine sur l’Art Royal… Enfin, de ce qu’il croyait en savoir. Rappelons-nous le fameux quatrain du Frère Ricaut – probablement membre de la RL Saint Jean de la discrétion vers 1774, à l’Orient de Paris – : « Pour le public un franc-maçon/Sera toujours un vrai problème/Qu’il ne sauroit résoudre à fond/Qu’en devenant maçon lui-même. »

Toutefois sur cette thématique, il nous faut cependant reconnaître une avancée – non traitée dans le présent opus – que certains Francs-Maçons considèrent comme importante. Nous en voulons pour preuve le numéro 190 de décembre 2018 titrant Christianisme et franc-maçonnerie de Points de Vue initiatiques (PVI), l’excellente revue de la Grande Loge de France, où nous avons, entre autres, un « Entretien avec Monseigneur Jean-Charles Thomas par Jean-Jacques Zambrowski » – devenu depuis lors Grand Maître Honoris Causa – décrivant parfaitement et justement les relations entre l’Église de France et une Franc-Maçonnerie se réclamant régulière et de tradition, selon les principes, les ‘’Landmarks’’ – Basic Principles de 1929 – édictés par la Grande Loge Unie d‘Angleterre, Loge Mère du monde.

En 2012 déjà, un auteur de chez Dervy, un médecin membre de la Grande Loge Nationale Française et écrivant sous le pseudo de Mathieu Métayer avait tenté, avec son Franc-maçon parce que chrétien (Dervy, Coll. Bibliothèque de la Franc-maçonnerie, 2012), de casser l’idée que la Franc-Maçonnerie, enfin celle qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu – minoritaire en France, mais majoritaire de par le monde – et le christianisme s’opposent.

Le dernier opus de Patrick Rodner, qui a déjà commis un ouvrage sur le Rite/Régime Écossais Rectifié (RER), rite maçonnique d’essence chrétienne, recouvre l’ensemble de ce sujet, toujours d‘actualité. Reconnaissons qu’il intéresse surtout plus la Maçonnerie, car l’Église, du moins nous semble-t-il, a l’air bien plus passionné et préoccupé (du ‘’Vaticanement’’ correct ?) par le dialogue islamo-chrétien ou encore après la très médiatique rencontre du pape saint Jean-Paul II et du grand-rabbin Toaff à la synagogue de Rome le 13 avril 1986, par des relances spectaculaires du dialogue judéo-chrétien

Remercions, ici et maintenant, Patrick Rodner d’écrire avec une grande expertise et hauteur de vue sans jamais être  « border-line ». Deux grandes parties forment l’ossature du livre. Après l’avant-propos qui définit quels sont les termes du problème (aspect adogmatique de la Maçonnerie, malentendu, complot bilatéral) – il y a donc problème ! – et d’où vient-il (incompatibilité de façade, etc.), mais aussi surtout comment le résoudre, l’examen historique ouvre le chapitre de la voie intérieure. D’ailleurs ne faudrait-il pas privilégier le silence, s’accorder comme en Loge un moment de respiration ou encore s’adonner à une activité méditative, bref un temps calme, seul ou avec ses Sœurs et frères. La question est posée, le Franc-Maçon peut-il ne pas être chrétien ? Et Patrick Rodner de répondre avec une analyse précieuse de l’apparition de la Franc-Maçonnerie en terre chrétienne au XVIIIe siècle. En Écosse et en Angleterre d’abord puis une sociabilité diffusée ensuite dans toute l’Europe.

Cette partie comprend aussi un examen doctrinal… Si un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu et doit réaliser son examen de conscience, un Franc-maçon ne devrait-il pas faire un examen doctrinal des rites qu’il pratique. Comme l’auteur étudie tant le Rite Écossais Rectifié que le Rite Français (RF), nous comprenons qu’il en maîtrise toutes les arcanes. Il les décortique tant au sein d’une Loge symbolique (en quatre grades, le dernier se déclarant ouvertement chrétien) qu’au-delà – catéchisme ; quel christianisme dans la classe maçonnique ainsi que dans la classe chevaleresque. Il en est de même pour le Rite Français. Cherchant à savoir s’il existe une perspective chrétienne de différents grades au sein des Ordres de Sagesse avec ceux de l’Élu Secret et celui de Grand Élu Écossais. Enfin, le Souverain Prince Rose-Croix, Ordre terminal du système, est-il une allégorie de la figure du Christ ?

La deuxième partie concerne la voie extérieure, s’attachant à développer le contexte doctrinal. Quels sont les indices objectifs de la condamnation de la Franc-Maçonnerie ? Quels sont les textes canoniques de cette condamnation, et quelles sont, surtout, les justifications de cette condamnation ? Le lecteur trouvera des réponses à ces justes interrogations. Enfin, la Franc-Maçonnerie est-elle compatible avec le dogme trinitaire – dans l’Être divin unique, il existe trois Personnes ou existences individuelles : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ou encore de connaître les relations entre Art Royal et salut de l’âme ?

Ce qui nous semble aussi intéressant dans cette étude, c’est de savoir si les rituels maçonniques ont quelque chose en commun avec des rituels chrétiens ou encore si le temple maçonnique diffère du lieu où souffle l’esprit, lieu de culte, église ou temple.

Les conclusions apportent des réponses quant à la dérive antichrétienne de Maçonnerie libérale et adogmatique. Compte tenu du sujet, nous regrettons toutefois l’absence de bibliographie.

Sceau de l’Église catholique romaine en France

Ce que savent les Maçons, c’est que si la Maçonnerie, et sa pratique assidue, permettent de rendre meilleurs des hommes bons, ils pensent, à raison, qu’elle aide aussi l’initié à devenir meilleur chrétien et sans doute s’il s’était détourné de l’Église, d’y revenir. A priori, Rome ne l’a pas encore compris !

Cette collection reprend toujours, en encadré et en fin de chapitre, ce qu’il faut retenir. Nous ne doutons pas que l’ouvrage de Patrick Rodner sera des plus utiles pour celui qui souhaite faire trois points sur la question et savoir s’il est excommunié ou seulement encore en état de péché grave

03/12/2022 : Colloque Politica Hermetica « Ésotérisme et action politique »

Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue du XXXVIIIe colloque international Politica Hermetica le samedi 3 décembre 2022.

Le programme :

Le matin, à 9 heures

• Vincent Roy-Di Piazza : « Emanuel Swedenborg, politicien et prophète ».

• Claude Rétat* : « Louise Michel, l’inconnu et les « forces latentes ».

• Françoise Lesourd : « Nikolaï Fiodorov et l’œuvre commune : ressusciter les morts (sur « la liturgie hors de l’église ») ».

L’après-midi à 14 heures

• Jean Vilbas : « Des Sciences maudites au Communisme spiritualiste : cheminement ésotérique et parcours politique de François Jollivet-Castelot (1874-1937) ».

• Christian Giudice : « Possis nihil urbe Roma visere maius: Arturo Reghini and the cultural, occultural, and political role of ancient Rome in modern Rome ».

• Dominique Clairembault** : « Augustin Chaboseau : martiniste, socialiste, franc-maçon et féministe ».

• Éric Phalippou : « Rolande Renoux-Messerchmitt, ou Janus révoltée (Algérie, 1945-1962) ».

Le dernier numéro paru

Infos pratiques :

Samedi 3 décembre 2022

Institut national d’histoire de l’art (INHA) – 2, rue Vivienne et 6, rue des Petits-Champs 75002 Paris

Salle Walter Benjamin

* Directrice de recherche au CNRS (Centre d’étude de la langue et des littératures françaises, CNRS/Sorbonne Université), ancienne élève de l’ENS, agrégée de lettres classiques et docteure habilitée, Claude Rétat est spécialiste de la littérature du XIXe siècle, en particulier du romantisme (Hugo, Michelet…) et, pour la fin du siècle, de l’œuvre de Louise Michel, dont elle a retrouvé et édité de nombreux inédits, comme le roman La Chasse aux loups (Classiques Garnier, 2015, réédition 2018) ou le volume À travers la mort (La Découverte, 2015, réédition 2021). En 2019, elle a publié aux éditions Bleu autour La Révolution en contant, Histoires, contes et légendes de Louise Michel, et un essai iconoclaste, Art vaincra ! Louise Michel, l’artiste en révolution et le dégoût du politique : « Un régal d’intelligence et de sensibilité » (Le Monde, juin 2019). En 2021, elle a publié la première édition scientifique des Mémoires (1886) de Louise Michel (Folio, Gallimard).

** Dominique Clairembault, historien de l’ésotérisme (EPHE) étudie l’histoire de l’illuminisme et martinisme (du XVIIIe siècle à l’époque contemporaine). En 2003, il crée le site www.philosophe-inconnu.com dans le but de mieux faire connaître Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), le martinisme du XVIIIe siècle et l’illuminisme.

Il est l’auteur de nombreux articles publiés sur le martinisme, notamment sur le site Philosophe Inconnu ou dans des revues comme Pantacle, Politica Hermetica, Renaissance Traditionnelle, Aries, Journal for the Study of Western Esotericism.

Politica Hermetica, la revue

C’est une revue française fondée en 1985 par, entre autres, les historiens Victor Nguyen, Jean-Pierre Laurant et Jean-Pierre Brach et paraissant aux éditions L’Âge d’Homme.

Cette revue annuelle est dirigée par Jean-Pierre Laurant, historien et ancien chargé de cours à l’École pratique des hautes études (EPHE, Ve section, des sciences religieuses) et l’historien Jean-Pierre Brach, directeur d’études à l’École pratique des hautes études et titulaire de la chaire d’Histoire des courants ésotériques dans l’Europe moderne et contemporaine, où il a succédé à Antoine Faivre. Il est membre de l’équipe 4 du Laboratoire d’études sur les monothéismes (UMR 8584).

Le secrétaire de rédaction est Jérôme Rousse-Lacordaire, dominicain, théologien et historien.

La revue publie les actes des colloques annuels organisés à Paris par l’association éponyme, notamment consacrés aux rapports entre l’ésotérisme et la politique, ainsi qu’à des thèmes importants dans ces milieux comme l’antimaçonnisme, les théories du complot ou les sociétés secrètes. Elle comporte également des études et comptes rendus de livres.

Politica Hermetica, à propos…

Qu’est-ce qu’une approche scientifique de l’ésotérisme, quels instruments de mesure prendre en compte et quelles limites donner au champ ? La méthode historique, telle qu’elle a été définie, au cours des dernières décennies, dans les travaux de l’École pratique des Hautes Études, nous guide et fournit la réponse aux deux premières questions ; la troisième renvoie à la réception de l’ésotérique dans les sociétés contemporaines, au «politique», au sens large. Dans ce domaine, tant au niveau de l’opinion publique en général dans la vie de la cité que du rapport aux institutions, qu’elles soient universitaires, religieuses ou proprement politiques, le travail de l’historien doit s’articuler ici à celui du sociologue, dans une approche globale d’un phénomène récurrent en dépit des rejets successifs. C’est dans cette perspective que Politica Hermetica travaille depuis 1985 en publiant les Actes d’un colloque annuel sur des thèmes choisis.

L’association Politica hermetica, loi de 1901, a été constituée en 1984 en groupe d’études s’attachant à éclairer les rapports entre l’ésotérisme et « le politique ». Les fondateurs : † Victor Nguyen, † Jean Saunier, † Étienne Kling, Francis Bertin, Jean-Pierre Brach et Jean-Pierre Laurant, étaient issus d’horizons divers, universitaires ou non.

À partir de 1986, l’association organisa un colloque annuel à la Sorbonne, dans le cadre de l’École pratique des Hautes Études, dont les actes furent publiés dans une revue annuelle par L’Âge d’Homme. Elle travaille dans le même esprit et avec les mêmes méthodes que la recherche universitaire avait appliquées à la littérature, à la philosophie et aux arts.

Qui se tourne vers l’occulte, dans quel but, quels modèles sont suivis et comment s’articulent les discours tenus dans le tissu intellectuel des sociétés modernes ? L’analyse à ces divers niveaux permet de saisir l’ésotérisme « tel qu’il se donne » et la revue « n’engage ni ne s’engage, sinon à comprendre et à rassembler pour comprendre », selon sa déclaration de principes. C’est la seule revue universitaire de langue française, essentiellement transdisciplinaire, portant sur ce domaine. Nous entretenons des liens réguliers avec des universités étrangères. En Italie : Franco Cardini (Florence), Franco Ferraresi (Turin), Giulio Giorello, Umberto Bartocci (Pérouse). Aux États-Unis : James Santucci (Fullerton Californie et American Academy of Religion). En Argentine : Francisco García Bazán (Université J. F. Kennedy, Buenos Aires). En Suisse : Jean-François Mayer (Fribourg). En Belgique : Alain Dierkens, Hervé Savon (ULB, Bruxelles).

La revue comporte également des études et des comptes rendus de livres.

Parmi les collaborateurs des universités et instituts de recherche français :

Mohamed Ali Amir Moezzi (EPHE), Yves-Marie Bercé (École des Chartes), Françoise Champion (CNRS), † Pierre Chevallier, André Combes, Jean-Claude Drouin (Bordeaux), Toufic Fahd (Strasbourg), † Antoine Faivre (EPHE), Claude Gaignebet (Nice Antipolis), Jean-Jacques Glassner (CNRS), Alain Gouhier (Nancy), Claudio Ingerflom (Maison française d’Oxford), Massimo Introvigne (CESNUR), Pierre Lory (EPHE), Catherine Maire (EHESS), Enrique Marini-Palmieri (Valenciennes), † Bruno Neveu (EPHE), † Léon Poliakov (1910-1997), † Émile Poulat (EHESS), Jean-Bruno Renard (Montpellier), Daryush Shayegan, Pierre-André Taguieff (CNRS), Jacques Viard (Aix-en-Provence), † Auguste Viatte, André Vauchez (École française de Rome).

Source : https://politicahermetica.wordpress.com/a-propos/

Société secrète… Fils de la Liberté

Les Fils de la Liberté (en anglais, Sons of Liberty) désignent une organisation secrète de patriotes américains, pendant la rébellion des Treize colonies contre l’Angleterre, à la fin du xviiie siècle. Ils résistèrent à l’oppression britannique en s’attaquant aux symboles du pouvoir britannique en Amérique, mais aussi à ses agents et à ceux qui soutenaient la Couronne. Ils furent impliqués dans les campagnes de boycott et les émeutes urbaines du contexte prérévolutionnaire.

Les autorités britanniques et les loyalistes les considéraient comme une association rebelle et séditieuse ; ils les appelaient les « Fils de la Violence » (Sons of Violence) ou encore « Les Fils de l’iniquité » (Sons of Iniquity).

Histoire

Les Fils de la Liberté, caricature britannique (1774)

L’expression « Fils de la Liberté » est utilisée pour la première fois à la suite d’un débat sur le Stamp Act au Parlement anglais en 1765. Charles Townshend, qui avait pris la parole pour défendre son projet, compara les colons américains à des enfants plantés, nourris et protégés par la Couronne britannique. Isaac Barré, un défenseur des colons, lui répondit en décrivant les Américains comme des fils de la liberté et l’avertit qu’ils résisteraient aux nouvelles taxes imposées par le Stamp Act. L’appellation « Fils de la Liberté » a été diffusée dans les cercles de la franc-maçonnerie.

Le Stamp Act fut adopté par le Parlement et promulgué par le roi le 22 mars 1765, mais n’entra en application effective que le 1er novembre 1765. Il imposait le paiement d’un timbre pour toute publication et imprimé. Il suscita une grande animosité de la part des colons américains et ne fut guère appliqué. Les collecteurs de taxe furent en effet menacés d’être passés au goudron et aux plumes (tarring and feathering) par les colons les plus radicaux. De nombreux colons refusèrent de payer les timbres et la situation se radicalisa.

Ernie Weckbaugh et Claude Rains comédiens du film : Les Fils de la Liberté (Sons of Liberty) est un court métrage américain réalisé par Michael Curtiz en 1939, pour la Warner Bros. Pictures.

À Boston, des membres de l’organisation pendirent et brûlèrent une effigie d’Andrew Oliver, un agent du timbre. Sa maison fut pillée et son bureau incendié. La demeure du gouverneur du Massachusetts, Thomas Hutchinson, fut également vandalisée. De nombreuses associations virent le jour afin d’organiser la protestation : elles seront bientôt connues comme les Fils de la Liberté. Des incidents similaires se produisirent à New York et à Charleston. Les timbres furent saisis et détruits, et les agents molestés. Des comités de correspondance (Committees of Correspondence) se constituèrent pour unir les opposants et relayer les appels au boycott des marchandises anglaises. Lorsque le Massachusetts demanda la tenue d’une assemblée générale, neuf colonies envoyèrent des représentants au Stamp Act Congress qui se tint au Federal Hall de New York en octobre 1765. Le Stamp Act fut finalement abrogé à cause des protestations des colons et des artisans anglais, frappés par le boycott de leurs marchandises.

En 1767, les Fils de la liberté adoptèrent un drapeau à neuf bandes verticales (5 rouges et 4 blanches) correspondant au nombre de colonies représentées au Stamp Act Congress. Le drapeau à 13 bandes rouges et blanches horizontales utilisées par les navires marchands américains pendant la guerre d’indépendance, était également associé aux Fils de la Liberté.

Organisation et actions

Dans l’inconscient populaire américain, les Fils de la Liberté était une organisation secrète dont les leaders étaient pourtant connus. L’expression finit par désigner tout opposant à la politique fiscale et militaire de la métropole. Le profil sociologique des Fils de la Liberté n’était pas uniforme : on trouvait aussi bien des avocats que des ouvriers. Les représentants les plus importants de ce mouvement étaient Paul Revere, Thomas Young, Joseph Warren, Patrick Henry, John Hancock, James Otis, Thomas Crafts Jr, John Adams et son cousin, Samuel Adams, qui fut le meneur de la rébellion en Nouvelle-Angleterre.

Les actions des Fils de la Liberté allaient de la publication de pamphlet à la plantation d’arbres de la liberté, de la tenue de réunions à la violence urbaine. Les comités de correspondance permettaient d’établir un réseau entre les associations des différentes villes américaines.

Après le Tea Act autorisant la Compagnie anglaise des Indes orientales à vendre son thé dans les treize colonies, John Hancock organisa un boycott en 1773. Le 16 décembre 1773, soixante Bostoniens identifiés comme des Fils de la Liberté grimpèrent à bord de trois navires anglais accostés dans le port costumés en amérindiens. Silencieusement, ils ouvrirent les tonneaux et jetèrent leur contenu par-dessus bord, puis les refermèrent pour les remettre à leur place, vide. Rien ne fut volé ni détruit intentionnellement, mis à part les 45 tonnes (90 000 livres) de thé, d’une valeur de 10 000 £. Ce coup d’éclat, connu sous le nom de Boston Tea Party, est l’une des plus fameuses actions des Fils de la Liberté.