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Regard sur… La Naturphilosophie

Vous avez dit Naturphilosophie ? Elle désigne un courant de pensée, essentiellement allemand. « Le concept germanique de Naturphilosophie, expression privilégiée du romantisme allemand, n’a pas d’équivalent linguistique en français ou en anglais ». La traduction littérale en français par l’expression « philosophie de la nature » en déformerait le sens, c’est pourquoi il est préférable de conserver son appellation Naturphilosophie non traduite.

Ce courant, dominé par la figure scientifique et philosophique de Schelling, apparaît en Allemagne dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et se propage ensuite dans le reste de l’Europe, où il reste cependant discret. Ancré dans le contexte du romantisme et de l’idéalisme allemand, il vise à rendre compte de l’intégralité des phénomènes de toute nature, matériels et spirituels, avec l’ambition de dévoiler l’être total de la nature par la remise en cause de la frontière rigide entre la nature et l’esprit. Il s’appuie sur une vision organique et dynamique du monde, se présentant ainsi comme une alternative à la vision atomiste et mécaniste de la science moderne. Selon Antoine Faivre, « on ne peut comprendre la Naturphilosophie qu’en remontant jusqu’à la Physica sacra. Cette dernière est la connaissance de la nature qui présuppose que cette nature porte les signes du divin ».

La Naturphilosophie prétend donner une explication métaphysique aux récentes découvertes de la science, notamment en physique et en biologie. Les Naturphilosophen de l’époque, tels que Oken, disciple de Schelling, vont tenter de rendre compte de phénomènes physiques comme le magnétisme et l’électricité, ou plus tard, de phénomènes biologiques comme celui de la cellule vivante.

Définition du concept de Naturphilosophie

 Introduction à l’Esquisse d’un système de la Naturphilosophie, 1799

Selon Gilles Marmasse, la Naturphilosophie « désigne la science romantique de la nature » qui se développe avant tout dans les pays de langue allemande de la fin du xviiie siècle aux années 1830-1840. Elle introduit « des préoccupations philosophiques propres au postkantisme dans l’examen de la nature » et s’oppose à la science mécaniste d’inspiration galiléenne et newtonienne, dans la mesure où celle-ci privilégie les mathématiques, « se méfie de la métaphysique » et voit dans l’expérimentation le critère de la vérité scientifique, tandis que la Naturphilosophie, quant à elle, « considère son objet comme une totalité vivante » qui « doit être saisie de manière unitaire à l’aide des principes intellectuels a priori ». Herder est un précurseur de la Naturphilosophie où vont dominer ensuite les œuvres de Goethe, Baader, Novalis, Eschenmayer, Schelling, Ritter et Hegel. La philosophie de la nature reprend « la devise de Lessing léguée par Jacobi: hen kai pan » (« Un et Tout ») pour l’appliquer à la nature.

Les sources de la Naturphilosophie

« La Révolution française et la Doctrine de la Science de Fichte, ces événements que Friedrich Schlegel associait, provoquaient en Allemagne au tournant du xixe siècle, chez les penseurs et les étudiants un soulèvement des esprits, un tumulte confus d’idées et de rêves » écrit Xavier Tillette. C’est dans une atmosphère romantique et chargée de résonances religieuses et mystiques que se lève un courant de pensée fait « d’exaltation de la liberté et d’admiration pour la richesse de la raison humaine, et de volupté à la perspective d’une destination mirifique, vers le lieu où tout est pur, tout est intellectuel, l’Absolu sans rivages ». Kant participe indirectement aux origines de la Naturphilosophie , avec ses Premiers principes métaphysiques de la science de la nature où le couple attraction-répulsion, qui aura une grande postérité, en particulier chez Schelling, apparaît pour la première fois. Mais c’est avec Schelling que la Naturphilosophie se hisse au sommet de la métaphysique, le livre de la Nature étant d’après lui grand ouvert pour que nous y retrouvions l’histoire de notre esprit. La métaphysique ainsi renouvelée devait permettre de dépasser l’idéalisme transcendantal de Kant, qui interdisait les spéculations philosophiques sur la nature elle-même, du fait de la limitation de la portée de l’entendement au donné empirique.

Les thèmes de la Naturphilosophie

En réaction contre le mécanisme rigide de la physique mathématique d’Isaac Newton, alors paradigme dominant de la science moderne, la Naturphilosophie fait ressurgir la question du vivant, de l’organique, de l’organisation. Émile Bréhier note que cette vive opposition accompagne le développement des sciences expérimentales dont on commence à percevoir qu’elles possèdent des particularités qualitatives dont il est impossible de donner une expression mathématique. « la Naturphilosophie est inconcevable en dehors des influences de Goethe et de Herder, restaurateurs ou instaurateurs d’une vérité cosmique ».

Pour les penseurs romantiques de cette époque, les progrès anti-mécanistes d’une science tendant à effacer les frontières entre l’inorganique et l’organique (le magnétisme et le galvanisme) donnaient le spectacle d’une nature capable de devenir esprit contre le courant traditionnel d’une philosophie insistant plutôt sur la spécificité du sujet humain. Il s’agissait alors, pour eux, de défendre la primauté de l’Esprit et de la Nature sur le monde visible et rationnel.

La Naturphilosophie introduit des distinctions qualitatives qui ont pour résultat de faire ressortir la richesse et la fécondité du monde. Il s’agit, note Émile Bréhier, de récuser l’explication purement mécanique, qui, selon l’opinion de Schelling, détruit l’unité de la nature. Cette unité présupposée ne provient plus de la loi physique qui s’impose depuis Descartes, mais de « l’intuition immédiate d’une parenté des formes ». Concrètement, il s’agit de répondre à la question de l’origine de la multiplicité des espèces. La Naturphilosophie substitue alors à la vieille méthode de classification des concepts, une méthode d’intuition qui suit les transformations du même dans l’autre. Leibniz anticipera cette idée en parlant de « continuité des formes ». La Naturphilosophie , résume alors Émile Bréhier, est ainsi dominée par deux idées que le progrès des sciences a suggéré au philosophe : l’idée de polarité et celle de la continuité des formes.

Fortement marquée par la pensée de Spinoza (on est dans le contexte du Pantheismusstreit , la « Querelle du panthéisme », lié à la redécouverte de Spinoza à la fin des Lumières allemandes), la Naturphilosophie se veut une « science spéculative », capable d’aller et venir entre la natura naturata (« nature naturée ») et la natura naturans (« nature naturante »). Autrement dit, le philosophe-scientifique doit s’élever du produit fini au « produire », à l’activité productrice infinie de la nature elle-même, qui s’auto-limite dans des produits finis. Selon Gœthe, précurseur de cette approche, la nature est travaillée par une force vivifiante et rajeunissante dans laquelle se retrempent tous les êtres ; cette force « schellingienne », de nature quasi-divine, rapproche la Naturphilosophie de la doctrine panthéiste. Dans la perspective schellingienne, la « Nature naturante » est moins un objet d’étude pour le philosophe, que le véritable sujet d’un procès dynamique se développant et se réfléchissant lui-même à travers les objets naturels. Cette interprétation de la nature s’oppose à celle de Hegel, qui est étranger à l’idée d’un monde conçu comme un « Tout », le Tout représentant pour lui l’œuvre divine par excellence.

La synthèse schellingienne

Schelling vers 1800

Schelling est le premier à employer systématiquement, à partir de 1799, le terme de Naturphilosophie de préférence à celui de « philosophie de la nature » (Philosophie der Natur). Dans une véritable synthèse originale, il conçoit la nature, cet « être total », comme traversée par une dynamique de forces originaires commandant l’ensemble de ses métamorphoses et encadrée par des polarités. Schelling y voit une puissance intégratrice telle qu’elle en vient à constituer, au-delà même de son œuvre, « l’un des principaux programmes de recherche de la philosophie et de la science allemande entre 1790 et 1820 ».

Pour Schelling et ses disciples, la Naturphilosophie n’est au début « qu’une simple généralisation de la physique. Il s’agit de montrer que l’univers est un organisme qui trouve en lui-même le principe de son propre rajeunissement, telle est la thèse de l’Âme du monde », affirme Émile Bréhier.

Tout le projet du premier Schelling fut de réconcilier le kantisme et la pensée de Fichte avec celle de Spinoza, c’est-à-dire de dévoiler les deux faces de l’Absolu que sont l’esprit et la nature. La Naturphilosophie est également liée au projet esthétique du romantisme allemand, de chercher dans la nature ce qui la rapproche de l’art et vice versa. Schelling « naturalise » la philosophie transcendantale de Fichte en attribuant à l’objet lui-même – la nature – l’activité d’auto-génération du sujet ou du Moi. Procédant par déduction, il identifie les conditions de possibilités de l’expérience concrète qui se manifeste dans son auto-construction. Il affirme l’« Identité » absolue de la nature et de l’esprit : « la nature est l’esprit invisible, l’esprit la nature invisible . Moi et non-moi, sujet et objet, phénomène et chose en soi ne forment qu’un ».

Pour Schelling, le monde est unité essentielle, il n’y a pas lieu d’opposer le monde idéal et le monde réel. Humain et nature ne sont que les deux faces d’un seul et même être, l’ Un, l’Absolu. C’est du sein de l’Absolu que naissent Nature et esprit, coexistant et se développant parallèlement dans une parfaite identité. Les contradictoires procèdent d’un Absolu « indifférent » à l’objectif et au subjectif, d’une unité indifférenciée. Il ressort que le rythme de la nature est le même que celui de l’Esprit ; c’est cette thèse qui se trouve identifiée sous l’appellation de philosophie de l’Identité qui n’est ni le « Moi absolu de Fichte », ni le Dieu de la théologie.

Contre le mécanisme cartésien ou newtonien, Schelling considère la nature comme un tout qui règle l’action des forces opposées qui tendent à la mutuelle destruction : « retour offensif de l’antique pensée ionienne d’un Logos régulateur des contraires », note Émile Bréhier.

Dans le livre grand ouvert de la Nature, Schelling lit l’histoire de notre esprit. Toute sa démarche consiste à expliquer avec l’Esquisse d’un système de philosophie de la nature, la constitution des êtres naturels à partir de la productivité infinie de la nature. Il reprend une distinction spinoziste en comprenant la Nature comme une activité au sein de laquelle il distingue la « Nature naturante », avec l’esprit en exercice, s’objectivant dans ses êtres et une « nature naturée » ou produite. Cette dernière est l’objet d’une philosophie naturelle que traite la physique mathématique mécaniste, alors que la première est processuelle et dynamique. On peut, précise Bernard Mabille, rapprocher cette vision schellingienne de la Phusis φύσις aristotélicienne ou même de l’élan et de la durée bergsonniens.

Par sa dimension « réaliste » et « métaphysique », cette démarche s’oppose à la philosophie transcendantale.

Xavier Tilliette en 2017

Comme le montre Xavier Tilliette8, Schelling ne renonce pas à son projet métaphysique, ce qui est visible dans les Éclaircissements de la Doctrine de la Science où il rédige une série de dissertations qui décrivent la genèse de l’esprit dans la « diastole » de l’univers. Ce qui intéressait le plus Schelling d’après Xavier Tilliette (1921-2018), c’était le « Commencement », autrement dit, « l’absolu et l’intuition intellectuelle ». Mais d’après lui, la pensée de Schelling se perd dans une « contemplation quiétiste » lorsqu’il « gémit de l’écran des choses, de l’interposition des objets, qui troublent et obscurcissent l’intuition du suprasensible et du monde idéal. »

Schelling, portrait de Joseph Karl Stieler (1770–1858), 1835

« La dernière philosophie de Schelling se veut une philosophie positive c’est-à-dire qu’elle se présente comme un récit. Dieu est point de départ, à la fois existence nécessaire, mais dès l’origine « puissance » (possibilité) d’une autre existence. La création est actualisation de cette puissance de l’être autre. L’homme est le point où l’unité des puissances est restaurée mais actualisant à nouveau cette puissance, cette fois sur le plan de la conscience : c’est l’odyssée religieuse de l’humanité d’abord sous la forme imaginaire de la mythologie puis sous la forme d’une conscience délivrée, en personne dans la Révélation » écrit l’auteur anonyme de l’article numérique.

Fichte, de son côté, préféra prendre ses distances avec cette forme de philosophie, y voyant une trahison méthodologique du projet transcendantal, et pointant son incompatibilité avec celui-ci. Pour Fichte, la Naturphilosophie ne permettait pas non plus de dépasser ce projet, bien qu’il ait exprimé une position moins critique dans certains passages isolés de son œuvre. Il accuse en particulier Schelling, rapporte Xavier Tilliette, « d’absolutiser gratuitement la Nature, de sorte que l’Absolu s’en va « dans les champignons » ».

Selon Françoise Dastur, la différence entre Schelling et Hölderlin réside dans leur compréhension opposée de la « totalité ». Le premier ne la conçoit que comme une simple « identité » alors que l’autre y voit « une totalité vivante et temporelle intégrant en elle un processus de différenciation interne ». « La nature est le nom de la totalité elle-même, du processus tout entier de différenciation qui est à l’œuvre dans l’univers et qui inclut en lui-même l’être humain et ses productions ». Cette union intime de l’homme et de la nature implique :

Françoise Dastur

1/La créativité de l’homme doit finalement être attribuée à la nature elle-même
2/« La puissance de la nature ne vient pas seulement de ce qu’elle accomplit sa propre perception mais aussi qu’une telle auto-perception est créatrice et non pas seulement réceptrice, au sens où son regard sur elle-même est un processus poétique, comme l’est l’intuitus originarius du dieu de la théologie rationnelle qui crée et perçoit tout à la fois » écrit Françoise Dastur.

La Naturphilosophie dans l’histoire des sciences

Il reste que le courant de la Naturphilosophie peut être crédité d’un certain nombre de découvertes scientifiques, telles que celle de la continuité des phénomènes électriques et magnétiques, avec Hans Christian Ørsted.

Malgré les critiques qu’on a pu lui apporter, la Naturphilosophie est le dernier projet conséquent en date à avoir proposé une alternative à la science orthodoxe moderne initiée par Galilée, sur laquelle se sont appuyés le positivisme, puis le néo-positivisme (le Cercle de Vienne), ainsi que nombre de philosophes, épistémologues et scientifiques. Mais sa prétention à pouvoir se substituer aux sciences positives, et son recours à des principes métaphysiques abstraits l’ont définitivement reléguée du côté de l’histoire des sciences.

La question de l’unité de la nature et de la façon dont on peut la comprendre au sein d’une conception philosophique continue toutefois de se poser alors que les sciences spécialisées voient dans la nature différents niveaux d’objectivité irréductibles les uns aux autres.

L’Œil de l’INA : Ardéchois cœur fidèle, l’ultime succès de l’ORTF

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De notre confrère le Figaro – Par Jacques Pessis

Le feuilleton historique à succès de l’année 1974 est désormais visible sur le site Madelen. Cette mini-série raconte l’histoire de Toussaint Rouveyre (Sylvain Joubert), un ancien capitaine de l’armée napoléonienne.

C’était à la fin de l’année 1974 , en un temps où l’on ne parlait pas d’«audimat», mais seulement d’«indice de satisfaction». Si les deux mesures avaient alors existé, le succès des six épisodes de 55 minutes Ardéchois cœur fidèle aurait figuré en bonne place dans la courte liste des fictions ayant cumulé le succès d’audience et de qualité.
Les téléspectateurs comme les critiques ont en effet été unanimes à saluer la qualité de ce feuilleton diffusé sur la deuxième chaîne de l’ORTF, entre le 21 novembre et le 19 décembre 1974. L’engouement a été tel que l’histoire a été suivie chaque semaine, dans près de 90% des foyers possédant un téléviseur ! Les créateurs ont alors assuré que cet engouement qu’ils n’imaginaient pas avait pour origine la longue grève affectant alors une ORTF en passe d’être démantelée et remplacée, au début de 1975, par sept sociétés . Dans cette période agitée de transition, Ardéchois cœur fidèle a été l’un des rares programmes dont la diffusion annoncée a été maintenue aux jours et horaires prévus.

Madelen vous propose de faire grimper un peu plus encore cette audience record, en découvrant, ou en redécouvrant, l’intégralité de cette histoire écrite par Jean Cosmos et Jean Chatenet, réalisée par Jean-Pierre Gallo. Cette mini-série, présentée comme un «western à la française» raconte l’histoire de Toussaint Rouveyre, ancien capitaine de l’armée napoléonienne, décidé à venger son frère, membre de l’association des Compagnons du Devoir, assassiné par un membre de l’association rivale, les Compagnons du Devoir de Liberté. Il se transforme en menuisier et part sur les traces de l’assassin présumé, un certain Tourangeau Sans-Quartier.

La présence en filigranes, tout au long du récit, de cet «esprit Compagnons», a, de toute évidence, constitué un «plus» dans l’intérêt que les téléspectateurs ont porté à ce récit. Au milieu des années 70, certains s’interrogent sur ces artisans. On les présente comme des membres d’une espèce de société secrète, dont les origines demeureraient particulièrement mystérieuses. Le voile est tombé depuis. On sait aujourd’hui que le Compagnonnage est né aux alentours du XIIIe siècle. À l’exception des périodes de la Révolution et de l’Empire, où il a été mis en sommeil, il a permis de recruter en milieu ouvrier, des travailleurs manuels soucieux de «créer» plutôt que de produire.

Un tournage sans doublage

Avant un tournage de plus de deux mois à Paris sur le plateau du Larzac, et près du pont du Gard, Sylvain Joubert et Claude Brosset,- les interprètes principaux, ont joué le jeu dans tous les sens du terme. Ils ont effectué un stage de trois semaines, parmi des Compagnons, dans un atelier de menuiserie. Toucher du bois leur a porté bonheur .

Sportif accompli, Sylvain Joubert, qui interprète le rôle de Toussaint, a refusé d’être doublé, et multiplié des combats qui lui ont valu quelques blessures, mais aussi une grande popularité. Elle est à l’origine d’autres succès. Avant de disparaître en 2000, à l’âge de 55 ans seulement, il a marqué le petit écran avec un personnage de précepteur candide et idéaliste dans Au plaisir de Dieu et celui de Félicien Grevèche, en 1986, récompensé par un Sept d’or.

Claude Brosset, son partenaire, mais aussi son copain au Conservatoire, a également tiré son épingle de jeu. Après avoir figuré, en 1971, au générique Des Rois maudits, il est entré, grâce au personnage de Tourangeau Sans-Quartier, dans le club très fermé des «seconds rôles» régulièrement demandés par les producteurs. Il a tourné, entre autres, dans Le comte de Monte-CristoSans Famille et La Rivière Espérance. Avant de nous quitter en 2007, à 63 ans, il s’était installé à Carcassonne où il avait ouvert un restaurant à l’enseigne du Cyrano. C’est dire si, à son métier, son cœur était resté fidèle.

Ardéchois cœur fidèle de Jean-Pierre Gallo en 1974, avec Sylvain Joubert, Claude Brosset, Max Doria…

Mystères anciens et sociétés secrètes qui ont influencé le symbolisme maçonnique moderne

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Manly P. Hall

Le troisième volet du chapitre de Manly P. Hall sur les anciens mystères étudie le lien entre la franc-maçonnerie et les rites romains cryptiques de Mithra – leur origine, leur propagation et leur impact non seulement sur la société romaine mais sur le tissu même de la maçonnerie moderne.


Lorsque les Mystères persans ont immigré en Europe du Sud, ils ont été rapidement assimilés par l’esprit latin. Le culte s’est développé rapidement, en particulier parmi les soldats romains, et pendant les guerres de conquête romaines, les enseignements ont été portés par les légionnaires dans presque toutes les parties de l’Europe. Le culte de Mithra devint si puissant qu’au moins un empereur romain fut initié à l’ordre, qui se réunissait dans des cavernes sous la ville de Rome. Concernant la propagation de cette école des Mystères à travers différentes parties de l’Europe, CW King, dans ses Gnostiques et Leurs Restes, dit :

« Les bas-reliefs mithriaques taillés sur les faces des rochers ou sur des tablettes de pierre abondent encore dans les pays anciennement les provinces occidentales de l’Empire romain; il en existe beaucoup en Allemagne, plus encore en France, et dans cette île (Bretagne) ils ont souvent été découvertS sur la ligne du mur des Pictes et celui de Bath. »

Alexander Wilder, dans sa Philosophie et éthique des Zoroastres, déclare que Mithra est le titre Zend du soleil, et qu’il est censé habiter dans cet orbe brillant. Mithra a un aspect masculin et un aspect féminin, bien qu’il ne soit pas lui-même androgyne. Comme Mithra, il est le gué du soleil, puissant et rayonnant, et le plus magnifique des Yazatas (Izads, ou Génies, du soleil). Comme Mithra, cette divinité représente le principe féminin ; l’univers mondain est reconnu comme son symbole. Elle représente la Nature comme réceptive et terrestre, et comme féconde uniquement lorsqu’elle est baignée dans la gloire de l’orbe solaire. Le culte mithriaque est une simplification des enseignements plus élaborés de Zarathoustra (Zoroastre), le magicien du feu persan.

Selon les Perses, il y a coexisté dans l’éternité deux principes. Le premier d’entre eux, Ahura-Mazda, ou Ormuzd, était l’Esprit du Bien. D’Ormuzd est sorti un certain nombre de hiérarchies de bons et beaux esprits (anges et archanges). Le second de ces principes existant éternellement s’appelait Ahriman. C’était aussi un esprit pur et beau, mais il s’est ensuite rebellé contre Ormuzd, jaloux de son pouvoir. Cela ne se produisit cependant qu’après qu’Ormuzd eut créé la lumière, car auparavant Ahriman n’avait pas été conscient de l’existence d’Ormuzd. A cause de sa jalousie et de sa rébellion, Ahriman est devenu l’Esprit du Mal. De lui-même, il a individualisé une foule de créatures destructrices pour blesser Ormuzd.

Quand Ormuzd a créé la terre, Ahriman est entré dans ses éléments les plus grossiers. Chaque fois qu’Ormuzd faisait une bonne action, Ahriman y plaçait le principe du mal. Enfin, quand Ormuzd créa la race humaine, Ahriman s’incarna dans la nature inférieure de l’homme de sorte que dans chaque personnalité , l’Esprit du Bien et l’Esprit du Mal luttent pour le contrôle. Pendant 3 000 ans, Ormuzd a régné sur les mondes célestes avec lumière et bonté. Puis il créa l’homme. Pendant encore 3 000 ans, il a gouverné l’homme avec sagesse et intégrité. Puis le pouvoir d’Ahriman a commencé et la lutte pour l’âme de l’homme se poursuit pendant la prochaine période de 3 000 ans. Au cours de la quatrième période de 3 000 ans, le pouvoir d’Ahriman sera détruit. Le bien reviendra dans le monde, le mal et la mort seront vaincus, et enfin l’Esprit du mal s’inclinera humblement devant le trône d’Ormuzd. Tandis qu’Ormuzd et Ahriman luttent pour le contrôle de l’âme humaine et pour la suprématie dans la Nature, Mithra, Dieu de l’Intelligence, fait office de médiateur entre les deux. De nombreux auteurs ont noté la similitude entre Mercure et Mithra. Comme le mercure chimique agit comme un solvant (selon les alchimistes), Mithra cherche à harmoniser les deux opposés célestes.

Il existe de nombreux points de ressemblance entre le christianisme et le culte de Mithra. L’une des raisons en est probablement que les mystiques persans ont envahi l’Italie au cours du premier siècle après Jésus-Christ et que l’histoire des débuts des deux cultes était étroitement liée. L’Encyclopædia Britannica fait la déclaration suivante concernant les mystères mithriaques et chrétiens :

« L’esprit fraternel et démocratique des premières communautés et leur humble origine ; l’identification de l’objet d’adoration avec la lumière et le soleil ; les légendes des bergers avec leurs dons et leur adoration, le déluge et l’arche ; la représentation en l’art du char de feu, puiser l’eau du rocher ; l’usage de la cloche et du cierge, de l’eau bénite et de la communion ; la sanctification du dimanche et du 25 décembre ; l’insistance sur la conduite morale, l’accent mis sur l’abstinence et la maîtrise de soi ; la doctrine du ciel et de l’enfer, de la révélation primitive, de la médiation du Logos émanant du divin, le sacrifice expiatoire, la guerre constante entre le bien et le mal et le triomphe final du premier, l’immortalité de l’âme , le jugement dernier,la résurrection de la chair et la destruction ardente de l’univers – [ce sont] quelques-unes des ressemblances qui, réelles ou seulement apparentes, ont permis au mithraïsme de prolonger sa résistance au christianisme »,

Les rites de Mithra étaient exécutés dans des grottes. Porphyre, dans sa Caverne des Nymphes, déclare que Zarathoustra (Zoroastre) fut le premier à consacrer une grotte au culte de Dieu, parce qu’une caverne était symbolique de la terre, ou du monde inférieur des ténèbres. John P. Lundy, dans son Christianisme monumental, décrit la grotte de Mithra comme suit :

« Mais cette grotte était ornée des signes du zodiaque, du Cancer et du Capricorne. Les solstices d’été et d’hiver étaient surtout remarquables, comme les portes des âmes descendant dans cette vie, ou en sortant dans leur ascension vers les Dieux ; le Cancer étant la porte de la descente et le Capricorne de l’ascension. Ce sont les deux avenues des immortels qui montent et descendent de la terre au ciel et du ciel à la terre. »

La soi-disant chaise de Saint-Pierre, à Rome, aurait été utilisée dans l’un des mystères païens, peut-être celui de Mithra, dans les grottes souterraines desquelles les adeptes des mystères chrétiens se sont rencontrés dans les premiers jours de leur foi. Dans Anacalypsis, Godfrey Higgins écrit qu’en 1662, en nettoyant cette chaire sacrée de Bar-Jonas, les douze travaux d’Hercule y furent découverts, et que plus tard les Français découvrirent sur la même chaire la confession de foi mahométane, écrite en arabe.

L’initiation aux rites de Mithra, comme l’initiation à de nombreuses autres anciennes écoles de philosophie, consistait apparemment en trois degrés importants. La préparation à ces degrés consistait en l’auto-purification, le renforcement des facultés intellectuelles et le contrôle de la nature animale. Au premier degré, le candidat recevait une couronne sur la pointe d’une épée et était instruit des mystères du pouvoir caché de Mithra. On lui a probablement appris que la couronne d’or représentait sa propre nature spirituelle, qui doit être objectivée et dévoilée avant qu’il ne puisse vraiment glorifier Mithra ; car Mithra était sa propre âme, se tenant comme médiateur entre Ormuzd, son esprit, et Ahriman, sa nature animale. 

Au deuxième degré, il reçut l’armure de l’intelligence et de la pureté et fut envoyé dans les ténèbres des fosses souterraines pour combattre les bêtes de la luxure, passion et dégénérescence. Au troisième degré, il reçut une cape sur laquelle étaient dessinés ou tissés les signes du zodiaque et d’autres symboles astronomiques. Une fois ses initiations terminées, il fut salué comme celui qui était ressuscité des morts, fut instruit des enseignements secrets des mystiques persans et devint un membre à part entière de l’ordre. 

Les candidats qui passaient avec succès les initiations mithriaques étaient appelés Lions et étaient marqués sur leur front de la croix égyptienne. Mithra lui-même est souvent représenté avec une tête de lion et deux paires d’ailes. Tout au long du rituel, des références répétées à la naissance de Mithra en tant que Dieu Soleil, son sacrifice pour l’homme, sa mort pour que les hommes aient la vie éternelle, et enfin, sa résurrection et le salut de toute l’humanité par son intercession devant le trône d’Ormuzd. (Voir Heckethorn.) et la dégénérescence. 

Au troisième degré, il reçut une cape sur laquelle étaient dessinés ou tissés les signes du zodiaque et d’autres symboles astronomiques. Une fois ses initiations terminées, il fut salué comme celui qui était ressuscité des morts, fut instruit des enseignements secrets des mystiques persans et devint un membre à part entière de l’ordre. 

John O’Neill conteste la théorie selon laquelle Mithra était censée être une divinité solaire. Dans La Nuit des dieux, il écrit :

« L’Avestan Mithra, le yazata de la lumière, a ’10 000 yeux, hauts, en pleine connaissance (perethuvaedayana), forts, insomniaques et toujours éveillés (jaghaurvaunghem).’ Le dieu suprême Ahura Mazda a aussi un œil, ou bien il est dit que ‘avec ses yeux, le soleil, la lune et les étoiles, il voit tout.’ La théorie selon laquelle Mithra était à l’origine un titre du dieu suprême des cieux – mettant le soleil hors de cour – est la seule qui réponde à toutes les exigences. Il sera évident qu’ici nous avons des origines en abondance pour l’Œil et le ‘ son nunquam dormio.’ » Le lecteur ne doit pas confondre le Mithra persan avec le Mitra védique. Selon Alexander Wilder, « Les rites mithriaques ont remplacé les Mystères de Bacchus et sont devenus le fondement du système gnostique, qui a prévalu pendant de nombreux siècles en Asie, en Égypte,

Les sculptures et les reliefs les plus célèbres de ce prototokos montrent Mithra agenouillé sur la forme couchée d’un grand taureau, dans la gorge duquel il enfonce une épée. L’abattage du taureau signifie que les rayons du soleil, symbolisés par l’épée, libèrent à l’équinoxe vernal les essences vitales de la terre — le sang du taureau — qui, jaillissant de la blessure faite par le Dieu Soleil, fertiliser les graines des êtres vivants. Les chiens étaient sacrés pour le culte de Mithra, symbolisant la sincérité et la fiabilité. Les Mithraïques utilisaient le serpent comme emblème d’Ahriman, l’esprit du mal, et les rats d’eau étaient sacrés pour lui. Le taureau est ésotériquement la Constellation du Taureau ; le serpent, son opposé dans le zodiaque, le Scorpion ; le soleil, Mithra, entrant dans le côté du taureau,

Qui était Allan Kardec, dont la tombe est l’une des plus fleuries du Père Lachaise à Paris

De notre confrère actu.fr – Par Antoine Blanchet

La tombe d’Allan Kardec est l’une des plus fleuries du cimetière du Père Lachaise à Paris. Découvrez pourquoi cette sépulture est aussi populaire.

Le cimetière du Père-Lachaise à Paris, c’est une véritable société peuplée de milliers de défunts. Comme chez les vivants, il y a les chouchous où les fleurs s’amoncellent et les laissés pour compte où une feuille morte daigne se poser de temps en temps. Même dans le tombeau, nous ne sommes pas tous égaux !

Parmi ce palmarès nécrologique du Père Lachaise, on pense aux sépultures de célébrités telles que Jim Morrisson ou bien Édith Piaf. Pourtant, l’une des tombes les plus fleuries du Père Lachaise est celle d’un homme peu connu : Allan Kardec. On vous en dit plus sur cette superstar d’outre-tombe. 

Du théâtre au spiritisme 

La première chose à savoir sur Allan Kardec, c’est qu’il ne s’appelle pas vraiment comme ça ! Hippolyte Léon Denizard Rivail de son vrai nom est né en 1804, à Lyon. Il s’installe à Paris et devient notamment contrôleur au théâtre des Funambules, situé sur l’ancien boulevard du Temple (surnommé boulevard du Crime en raison des drames joués dans les multiples théâtres qui y étaient installés). 

Il faut savoir qu’à cette l’époque où la science faisait doucement son chemin, l’occultisme était très présent. Magnétiseurs, mages ou encore alchimistes étaient la coqueluche des salons. Venu d’Amérique, le spiritisme est une pratique consistant à appeler les défunts et communiquer avec eux  via des tables tournantes. Des personnalités comme Victor Hugo ou Théophile Gautier étaient très friandes de ces sessions.

Aux alentours des années 1850, Rivail va découvrir le monde du spiritisme. Il va alors aussi commencer à converser avec les esprits. C’est lors d’une vision que Rivail va, selon lui, découvrir qu’il était un druide dans une vie antérieure, appelé Allan Kardec. Notre Panoramix en herbe va alors se lancer dans un projet : créer la religion philosophique du spiritisme.

Tombe d'Allan Kardec dans la 44e division du cimetière du Père Lachaise.
Tombe d’Allan Kardec dans la 44e division du cimetière du Père Lachaise. (©Wikimédia – CC)

Une religion populaire au Brésil 

Au fil de plusieurs ouvrages, dont le principal est le Le livre des esprits, Allan Kardec va développer sa pensée. Il meurt en 1889 à Paris. Sa doctrine va continuer à se développer, mais est aujourd’hui marginale en France. Pourtant le spiritisme a voyagé et a trouvé une seconde vie… au Brésil ! Selon une étude datée de 2010, 2% des brésiliens sont spirites, soit un peu plus de quatre millions de personnes ! 

La tombe d’Allan Kardec est donc devenue un lieu de pèlerinage pour ces adeptes d’outre-Atlantique. De nombreuses personnes viennent chaque année fleurir la sépulture en forme de dolmen du fondateur de spiritisme, située dans la 44e division du cimetière du Père Lachaise. 

« Le secret des francs-maçons, c’est qu’il n’y a pas de secret ! »

De notre confrère republicain-lorrain.fr – Par Olivier JARRIGE

L’association Georges Troispoints se fait la porte-parole des loges maçonniques de Metz. Le 9 novembre, elle organise une conférence pour parler fraternité, une des valeurs de la franc-maçonnerie. Pour Stéphane Gebler, son président, il est grand temps et utile de casser les préjugés autour des loges.

Les francs-maçons dirigent le monde. Les francs-maçons se partagent des affaires, pratiquent l’assassinat, la magie et ont des rites ésotériques. Les francs-maçons se reconnaissent dans la rue dans leur poignée de main… Les préjugés sur les francs-maçons ont la vie dure. Et les réseaux sociaux les répandent hardiment, notamment auprès des adolescents. Pour lutter contre tout ça, l’association Georges Troispoints multiplie les interventions , les cafés trimestriels, et, une fois, l’an, les conférences. La prochaine aura lieu le 9 novembre, autour d’une valeur de la franc-maçonnerie : la fraternité. Georges Troispoints est portée par des membres de la loge du Droit humain, et présidée par Stéphane Gebler. Elle représente aussi les autres loges messines.

À l’origine de bien des préjugés, il y a le secret…

Stéphane GEBLER  : « Le secret de la franc-maçonnerie, c’est qu’il n’y a pas de secret ! Le problème d’un certain nombre de francs-maçons est de continuer à croire que, comme dans les années 1940, il faut se planquer… Je n’ai pas de raison de me planquer, parce que je ne fais rien d’illégal et que la franc-maçonnerie me permet d’être un citoyen raisonnable. De travailler sur moi. Il n’y a pas d’honneur, être maçon n’est pas un diplôme, c’est un engagement à travailler sur soi. »

Certains maçons préfèrent la discrétion par peur de réactions extrêmes…

« J’ai hérité de la honte du franc-maçon. On n’a pas à avoir honte ! C’est sûr que s’exposer est toujours une prise de risque. Il faut faire preuve de davantage de courage. »

On imagine que les francs-maçons sont des patrons, des cadres, des universitaires…

« Il faut être simplement humain et avoir un peu de courage. On a une mixité de genre, de catégorie sociale, d’âge. Ce n’est pas un truc qu’on fait deux fois par mois, il faut travailler hors des sentiers battus, ça ne suffit pas d’avoir le tampon maçonnique, il faut bosser tout le temps ! À la loge du Droit humain, on a un effectif stable mais vieillissant. Maintenant, il faut le reconnaître, il y a encore une forme d’élitisme au sein des loges et c’est regrettable. Il y a encore une forte proportion d’intellos de plus de 40 ans, il faut aller vers d’autres couches sociales, on a besoin de se renouveler. »

Pour autant, il faut être coopté…

« C’est encore possible mais d’une manière générale, celui qui veut devenir franc-maçon recherche les loges sur le Net, envoie sa candidature et si son casier judiciaire est vierge, comme chez les enseignants, il y aura une prise de contact. Ce n’est ni plus ni moins que la même démarche qu’un employeur… Les cafés trimestriels permettent aussi de toucher quelques personnes. »

Qu’apporte le fait d’être maçon ?

« La franc-maçonnerie n’a pas pour but de changer le monde, mais de permettre à des hommes et à des femmes de changer, de devenir authentiquement eux-mêmes. Tous les ans, on travaille sur un thème. Après la bioéthique ou le transhumanisme, cette année, c’est la fraternité. On apprend qu’il n’y a pas de vérité absolue. »

Temple de la Grande loge de France, à Saint-Avold.  Photo d’illustration RL /Thierry SANCHIS

Un millier de maçons à Metz

Plusieurs loges se regroupent dans un même local, à Queuleu. Pour autant, il n’y a pas de photo des lieux. Si la loge du Droit humain est favorable à une ouverture, ce n’est pas forcément le cas de ses « homologues ». À Metz, on trouve donc la loge du Droit humain, le Grand Orient de France, la Grande Loge féminine, la Grande Loge mixte unifiée, entre autres. « Au total, il y en a six ou sept », explique Stéphane Gebler, partagé entre l’envie de dire, et celle de respecter la discrétion volontaire des autres loges. Les deux plus importantes loges sont celles du Droit humain (six ateliers de minimum 50 personnes) et du Grand Orient. Chacune a plus de 300 membres. Les autres ont moins d’effectifs. On peut estimer le nombre de francs-maçons de Metz à plus d’un millier. Un beau nombre. « Les maçons de Metz viennent de tout l’ouest de la Moselle. »

Claude Ber, autrice.  Photo RL /Olivier JARRIGE
La fraternité, par l’autrice Claude Ber

Claude Ber sera l’invitée de l’association Georges Troispoints, ce mercredi 9 novembre à 19 h, à l’hôtel de ville de Metz. Elle donnera une conférence sur le thème : « Et si on parlait de fraternité ? » « Nous voulons croiser un regard profane, spirituel, d’une dramaturge, avec celui de notre association », avance Stéphane Gebler, président de l’association Georges Troispoints. Claude Ber est écrivaine, essayiste, poétesse. Elle a publié une quinzaine de livres, sans compter les anthologies. Elle a reçu le prix international de poésie Yvan-Goll, du nom de l’auteur messin (1891-1947).

Le Cercle Philosophique de la Malmaison organise sa 1re soirée fraternelle

Depuis une quinzaine d’années, le « Cercle Philosophique de la Malmaison » à Rueil-Malmaison (92) organise des réunions fraternelles à caractère philosophique, symbolique ou culturel. Comme pour toutes les organisations maçonniques, la Covid-19 a mis au ralenti cette association composée d’une centaine de participants.

À l’occasion de l’Assemblée Générale de septembre dernier, le bureau a élu Franck Fouqueray comme nouveau Président.

Ce dernier, nourri d’une expérience de 7 années avec le Réseau On Va Rentrer et ses 5500 membres, se fait fort de (re)dynamiser cette association fraternelle pleine de potentiel selon lui.

cocktail au travail discussion
cocktail au travail discussion rencontre

Pour relancer la dynamique, une soirée de reprise est prévue :

MERCREDI 16 NOVEMBRE À 19H30.

Au programme de la soirée :

Le comédien Pierre Santini

La soirée se poursuivra par un moment d’échanges et de contacts fraternels entre les membres.

Le nouveau Président Franck Fouqueray précise que le but de ces soirées sera de créer du lien entre les Frères et Sœurs de toutes les obédiences maçonniques françaises.

Pour recevoir le programme de la soirée, vous pouvez vous préinscrire en envoyant un message à l’association (ici)

Société secrète… Conspiration La Fayette

La Conspiration La Fayette ou Association de Janvier ou encore Association des Patriotes est une société secrète française paramilitaire d’étudiants et d’ouvriers, créée en janvier 1830 dans le but de préparer la révolution de Juillet.

Il s’agissait d’un mouvement parfaitement organisé qui reposait sur un système d’embrigadement puis d’encadrement des insurgés par des étudiants. Cette société secrète a eu un rôle déterminant dans la préparation et le déclenchement de la révolution de Juillet. Cette organisation est longtemps restée mal connue et son action pendant les Trois Glorieuses est souvent dénommée Mouvement des Écoles ou assimilée comme l’action globale des étudiants insurgés. En 1997, l’historienne Jane Gilmore a démontré son rôle primordial sur la base d’archives inédites.

Origine et organisation

Peinture historique romantique. Commémore les Trois Glorieuses (la Révolution de Juillet) le 28 juillet 1830.

À l’origine de l’association on trouve un projet politique d’Association des écoles publié par les étudiants républicains Morhéry et Sambuc dans le journal La Tribune des départements, le 29 décembre 1829. Ce premier projet d’association étudiante, servira de base à la naissance, le mois suivant, de l’Association de Janvier : opposés à la politique de Charles X, et voulant organiser les moyens de défense contre un éventuel coup de force constitutionnel, Morhéry et plusieurs autres étudiants républicains, arrêtèrent en commun le projet de former une association politique ayant pour but « de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui » (Morhéry, 1832).

Dès sa création, l’Association se met en relation avec le Comité d’Action Républicain qui demande que les étudiants commencent à recruter et à entraîner plusieurs milliers de jeunes gens de tous âges, de toutes professions, et jusqu’à des pompiers qui livreraient leurs armes à leurs coassociés au moment du combat. C’est ce à quoi se consacrent les étudiants de la conspiration, entre janvier et juillet 1830.

L’association s’organise en ventes (groupuscules) de 5 membres. Le journal La Tribune des départements sert de couverture à l’association dont le but affiché est de recueillir des souscriptions pour le quotidien. Son éditeur, Augustin Fabre est choisi comme commandant en second de l’Association, avec l’appui d’Armand Marrast, rédacteur en chef du journal. La Fayette en est le commandant en chef (titre surtout honorifique). Le comité supérieur, d’où les ordres partent, est formé de Morhéry et de ses trois lieutenants : Danton, Vimal et Sampoil.

Louis-Adolphe Robin-Morhéry

L’association compte rapidement douze à quinze mille hommes, outre le contingent que fournissent les départements. Au mois de juin, au Banquet Breton, où Morhéry est commissaire, La Fayette mentionne ouvertement les activités clandestines des étudiants de Morhéry et l’appui qu’il leur apporte. De nombreux discours enflammés, pour ne pas dire séditieux se font alors entendre. L’excitation monte et des échauffourées entre la police et les étudiants de l’Association créent pendant quelques jours une forte émotion populaire.

Dès le mois de mai, des rumeurs circulent laissant entendre que Charles X projette un coup d’État qui lui permettrait d’abroger la Charte et de s’octroyer les pleins pouvoirs. Ainsi les préparatifs révolutionnaires s’accélérèrent dans le plus grand secret et la plus grande clandestinité. La machine mise en marche par les républicains est désormais bien organisée et structurée, et commence à donner de brillants résultats.

Rôle de l’Association pendant les Trois Glorieuses

« Les gueusards. Ils me laissent tout sur le dos, avec ça qu’il n’y a plus de Bornes », s’écrie Charles X, succombant sous le poids du lourd crochet chargé des décisions funestes prises en juillet 1830 et avant, tandis que ses ministres l’abandonnent au beau milieu d’un chemin où les bornes, qu’ils ont fait tomber en les dépassant, n’offrent plus de soutien. Estampe satirique contre les ordonnances de Charles X, 1830.

Le 26 juillet, les étudiants lisent à haute voix les ordonnances de Saint-Cloud sur les places publiques. Vers huit heures du soir, Morhéry et une centaine de membres de l’Association de Patriotes affluent vers l’appartement de Marrast pour tenir un conseil de guerre. Fabre, Marrast et Morhéry se hâtent de lancer leurs plans pour déclencher l’insurrection.

Morhéry, Fabre et Marrast avaient fixé les missions du lendemain et celles de la nuit : Sampoil devait alerter les pompiers, cochers et charretiers avant l’aurore afin qu’aucune diligence ou malle-poste ne quitte Paris. Morhéry avait donné l’ordre de s’attaquer au seul autre moyen de communication dont disposait l’administration pour assurer la liaison avec les préfectures et les régions militaires : le télégraphe Chappe. Des équipes de jeunes gens avaient donc escaladé les tours et les clochers pour saboter le plus grand nombre possible d’installations. Il avait également ordonné de briser les lampes à gaz de la capitale, et dans le quartier du Palais-Royal, cette guérilla urbaine avait provoquée une première échauffourée avec les forces de l’ordre.

Le 27 juillet au matin, Danton avait réuni 5 000 à 6 000 hommes dans le faubourg Saint-Marcel. Il les conduisit piller les armureries. Morhéry s’occupait sur la rive gauche de propager l’insurrection dans le faubourg Saint-Germain, de désarmer les postes qui s’y trouvaient, de construire des barricades, tandis que Sampoil, sur la rive droite, s’engageait avec la colonne insurrectionnelle qui se dirigea sur les Petits-Pères et la place de la Bourse. Sur l’ordre de Fabre, Sabbatier, sonna le premier tocsin de l’insurrection à onze heures dans l’église des Petits-Pères, à deux pas des masses de la garde royale.

Danton fit construire la première barricade à l’entrée de la rue Montmartre. Il combattit au marché des Innocents, à la place du Châtelet. Le soir, il prit part à une attaque qui rompit la ligne que Marmont avait établie de la Seine aux boulevards, permit aux insurgés du faubourg Saint-Antoine de tourner la position de l’Hôtel-de-Ville, et eut ainsi une grande influence sur le sort du combat.

Le premier rassemblement vraiment insurrectionnel fut formé le 27 au soir au faubourg Saint-Marcel par Vimal et d’autres lieutenants de l’Association. Les émeutiers tués sont alors exposés sur des brancards et promenés dans les rues de Paris.

Gilbert du Motier de La Fayette

Dans la nuit du 27 au 28, alors que Paris semblait endormi, on dresse des barricades dans les rues entourant l’Hôtel de Ville, et dans celles qui mènent au Louvre, où le maréchal Marmont avait son quartier général, solidement défendu par l’armée royale. Près de ces forteresses les étudiants de l’Association accumulent des pavés. Fabre, se rend chez les députés au nom de l’Association, et leur demande de proclamer un gouvernement libre, de nommer La Fayette chef des troupes nationales et de se montrer au milieu des insurgés. En vain, les députés se séparent sans prendre de décision.

Toute la matinée du 28 juillet, les insurgés construisent des barricades dans les rues et même sur certains boulevards. On s’apprêtait cette fois-ci à ce qu’éclate une bataille de bien plus grande échelle que les affrontements de la veille.

Durant la matinée, les insurgés tentent de prendre l’Hôtel de Ville, bâtiment hautement symbolique. Par trois fois, Morhéry repousse une colonne aux abords de l’Hôtel de Ville. Soudain un drapeau tricolore fut déployé au sommet de l’Hôtel de Ville, puis un autre sur une tour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, provoquant une intense émotion dans la population parisienne.

Aux quatre coins de Paris, les étudiants se mêlent aux ouvriers et livrent combat. Morhéry accompagné d’un groupe d’étudiants et de polytechniciens, recruta des combattants dans le faubourg Saint-Marceau et les mena à la Bastille où la lutte était acharnée. Le soir, les insurgés durent battre en retraite. Mais durant la nuit, les troupes royales se replièrent, épuisées, à court de munitions et ayant subi de lourdes pertes.

Les combats du 29 juillet sont décisifs : les étudiants se battent avec la foule. Morhéry se joint à la prise des Tuileries. À la tête d’un détachement, il prend la rue du Bac jusqu’au quai de l’Institut. Dans la soirée, les Tuileries étaient prises et l’insurrection était maîtresse de Paris.

Louis Auguste Blanqui photographié par Ernest Charles Appert.

Une fois Paris aux mains des insurgés, le rôle de l’Association de Janvier devint plus difficile : il s’agissait de rendre la chute du trône réellement utile à la nation, c’est-à-dire, en leur sens, proclamer la République. Le 30 juillet, vers minuit, Morhéry se rendit à l’Hôtel-de-Ville au nom de l’Association et de la part des combattants des Trois jours, afin de supplier La Fayette de proclamer la République.

Le 3 août, Morhéry conduisit la protestation contre la nomination du duc d’Orléans comme Lieutenant-Général du Royaume, puis, le 5 août, avec Lecalvé, Sampoil, Divel, Danton et Chalmeuton, Morhéry prit la tête d’un mouvement populaire dirigé contre la chambre des Députés pour les empêcher de voter la constitution aristocratique de Bérard (« charte Bérard »).

Le comportement provocateur des membres de l’Association fut à l’origine du fameux procès des 21 républicains dont on demandait la tête : Sambuc, Plocque, Danton, Blanqui furent arrêtés. Morhéry put quitter Paris in-extremis le 30 décembre.

Quelques membres de l’Association

Morhéry, Fabre, Marrast, Marchais, Sempoil, Mahé, Mathé, Larié, Papu, Delaunay, Sambuc, Danton, Cavagnac, Emile Lebreton, Guilhem (fils du député), Kersausie, Calvé, Martin, genest, Boullé (de St Malo), Richard, Bertrand, Jules bernard (fils du député), Sébilot, Mestivier, Chauveau, Henri (de Laval), Potier (de la Mayenne), Barnico (de Pougibeau), Vimal (de Clermont), Roger (de la Vendée), Bouvier (du Jura), Divel, Guérin, Benjamin Clemenceau, Sabbatier, Chalmeuton, Blanqui, Plocque.

Légendaires, maudits ou égarés : histoire de quelques trésors

De notre confrère belge rtbf.be

Dans « Le temps d’une histoire », ce vendredi 4 novembre à 20h40 sur La Une, Patrick Weber vous propose de découvrir le documentaire de Nicolas Brénéol, « Toutankhamon, du trésor à la malédiction ». De nos jours, des trésors – maudits, disparus ou simplement légendaires – il y en a encore beaucoup qui ouvrent nos esprits aux rêves… En voici quelques-uns.

Selon la Bible, l’Arche d’alliance ou Arche du témoignage est un coffre de bois d’acacia recouvert d’or, surmonté de deux chérubins se regardant, ailes déployées. L’Arche serait le réceptacle terrestre de Yahvé et abriterait les Tables de la Loi, reçues par Moïse. L’objet a longtemps voyagé jusqu’à ce qu’il soit placé vers le milieu du VIIe siècle av. J.-C., dans le saint des saints du Temple de Salomon, à Jérusalem.

L’Arche d’alliance représentée dans une mosaïque carolingienne de l’église de la Très-Sainte-trinité, à Germigny-des-Prés (Loiret, France). https://www.tourisme-valdesully.fr/
L’arche d’Alliance représentée dans une mosaïque carolingienne de l’église de la Très-Sainte-trinité, à Germigny-des-Prés (Loiret, France). https://www.tourisme-valdesully.fr/ https://www.tourisme-valdesully.fr/

En 597 av. J.-C., le roi de Babylone, Nabuchodonosor, s’empare de la ville, la pille et l’incendie, y compris le Temple. Certains textes signalent qu’averti des faits, le prophète Jérémie aurait emporté l’Arche pour l’abriter dans une grotte du Mont Nébo… Depuis lors, on ne l’aurait plus jamais revue. Serait-elle enterrée sous le Mont du Temple, à Jérusalem ? En 2009, Sa Sainteté l’Albuna Paulos, 5e patriarche et catholicos d’Éthiopie a expliqué au pape Benoît XVI que l’Arche était installée dans son pays, en l’église Sainte-Marie-de-Sion à Aksoum… Il s’agit là en réalité d’une pierre d’autel sacrée. Patience… Selon le deuxième Livre des Maccabées, l’Arche ne réapparaîtra qu’au retour du Seigneur !

Le trésor de Childéric

Partie du trésor de Childéric, in « Anastasis Childerici I », 1655.
L’anneau sigillaire découvert en 1653 à Tournai, dans le tombeau de Childéric. Offert en 1665 à Louis XIV, il fut déposé à la bibliothèque royale ou il fut volé en 1831. Avant sa disparition, trois moulages avaient été faits : l’un en plâtre conservé à la Bibliothèque nationale et deux en cire à cacheter, l’un conservé à la bibliothèque Sainte-Geneviève et l’autre à la bibliothèque boldéenne d’Oxford.
Quelques abeilles du trésor de Childéric…
Le tombeau de Childéric contenait plus de 80 kilos d’or et également 300 abeilles d’or aux ailes serties de grenats. Napoléon s’intéressa beaucoup à celui-ci et il se dit qu’une fois devenu empereur, il remplaça le symbole royal de la fleur de lys par l’abeille.
Partie du trésor de Childéric, in « Anastasis Childerici I », 1655.
Le trésor comprenait aussi l’épée du roi, agrémentée d’un somptueux travail d’orfèvrerie : garde, pommeau, entrée et bouterolle rehaussés d’or cloisonné de grenats et d’émaux, ornements s’inspirant de la bijouterie des Huns très en vogue chez les Barbares

Le roi des Francs saliens, Childéric Ier (v. 436-481), résidait à Tournai au moment de son décès. C’est donc sur les bords de l’Escaut qu’il sera inhumé. Sa tombe a été retrouvée le 27 mai 1653 par Adrien Quinquin, un maçon occupé à la reconstruction de l’hospice Saint-Brice. Le caveau était rempli de ce que l’on appellera le trésor de Childéric : de nombreux objets précieux, souvent incrustés de grenats, telles 300 abeilles, ne représentant pas moins de 80 kg d’or.

L’ensemble sera remis aux Habsbourg et c’est l’empereur Léopold Ier qui l’offrira à Louis XIV en 1665. Le trésor est alors déposé au Cabinet des Médailles, rue Vivienne à Paris, où il sera volé la nuit du 5 au 6 novembre 1831. Seules quelques pièces jetées dans la Seine – dont deux abeilles – seront retrouvées, le reste ayant été dépecé et fondu.

Le mystère de Rennes-le-Château

L’abbé Saunière (1852-1917) a-t-il véritablement découvert un trésor à Rennes-le-Château, dans l’Aude, en France ? Le curé s’installe au village en 1885. L’église Sainte-Marie-Madeleine, remontant au XIIe siècle, est très délabrée… Le presbytère aussi… Des réparations urgentes sont effectuées dès 1886 et c’est l’année suivante, au cours de la rénovation de l’autel, que des parchemins sont découverts dans le pilier dit  » wisigothique « . Ils sont confiés à Béranger Saunière…

Des rénovations profondes vont alors débuter à l’église, des découvertes vont se produire. Le presbytère est restauré, des nouvelles constructions voient le jour : la villa Béthanie, la tour Magdala, un jardin avec ménagerie… Une véritable folie des grandeurs. Saunière engage aussi une gouvernante, Marie Denarnaud (1868-1953), âgée de seulement 18 ans ! Les ragots iront bon train, d’autant qu’il en fait sa légataire universelle…

L’abbé Béranger Saunière.
François, Bérenger Saunière, souvent appelé abbé Saunière (1852-1917), prêtre catholique, affecté comme curé de Rennes-le-château en 1885
La Tour Magdala, à Rennes-le-Château.
Tour Magdala, Saunière en avait fait sa bibliothèque et son lieu de méditation, mais ce bâtiment est devenu aujourd’hui l’emblème du mystère de Rennes. La tour symbolise à la fois la richesse de l’abbé et ses goûts assez mystérieux, à l’origine d’une légende de trésor fabuleux

Saunière sera accusé de pillage de tombes, il truquera les comptes de la paroisse et il sera prouvé qu’il pratiquait du trafic de messes ! Il finira par être interdit de messe en 1915. De nos jours, aucune trace tangible de la découverte d’un trésor n’existe… mais les formidables réalisations de l’abbé Saunières sont toujours visibles et ouvertes au public à Rennes-le-Château !

Trésor des Cathares et trésor des Templiers

La religion cathare est apparue en Occident vers l’an 1000. Les Cathares étaient, en quelque sorte, des Protestants avant la lettre, ce qui explique leur rejet par l’Église qui les considère comme hérétiques ! Le catharisme sera largement répandu dans le sud de la France, en Occitanie, et s’éteindra en 1244, avec la chute de la forteresse de Montségur où ses derniers représentants étaient retranchés. 200 hérétiques seront immédiatement brûlés vifs au pied des remparts, les autres étant jugés par l’Inquisition.

La forteresse de Montségur veille toujours sur le pays cathare.
Dressé à 1207 m d’altitude, sur la plus haute partie d’un éperon rocheux appelé « pog », le château de Montségur est cité dans les textes dès la fin du XIIe siècle. Il veille toujours sur le pays cathare !

La légende veut que la veille de la réédition de Montségur, quelques chevaliers auraient exfiltré le Trésor des Cathares vers l’Italie. Parmi les pièces du trésor, se serait trouvé le Graal… Même Heinrich Himmler organisera au début de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs expéditions archéologiques autour de Montségur, pour retrouver le fameux trésor… dont certains auteurs pensent qu’il aurait été déposé dans les environs de Montségur, chez les Templiers !

Le Trésor des Templiers, autre grande interrogation ! Cet Ordre chevaleresque, fondé en 1129, avait pour but de protéger les États latins d’Orient, les lieux saints et d’aider les pèlerins souhaitant se rendre à Jérusalem, Bethléem ou Nazareth. L’Ordre est rapidement devenu richissime, jouant le rôle de banquier auprès de nombreuses grandes familles et ordres religieux. Les Templiers posséderont aussi d’innombrables terres et commanderies.

La chute de l’Ordre du Temple est complexe, le souhait de Philippe IV le Bel de s’emparer de leurs richesses n’en étant qu’un élément… Le trésor demeure introuvable. Parmi les nombreuses pistes, il y a celle de ce document conservé au Vatican, signalant que frère Gérard de Villiers, un dignitaire de l’Ordre, averti de l’imminence d’arrestations massives, serait parti en mer, avec 50 chevaux chargés sur 18 galères… Voici quelques années, Rudy Cambier, un habitant de Wodecq, dans l’entité d’Ellezelles, a affirmé que le trésor des Templier se trouvait dans sa propriété…

Des trésors maudits, chimériques ou perdus, il en existe encore bien d’autres – six œufs de Fabergé introuvables, la Chambre d’ambre de Tsarskoïe Selo disparue depuis 1941, la Ménorah du second temple de Jérusalem, emmenée par Titus en l’an 70… – mais il en est un dont l’existence a finalement été éclaircie en 1948.

L’expédition Sanders-Hardmuth au Pérou.
L’expédition Sanders-Hardmuth au Pérou. https://tintin.fandom.com/fr/wiki/Wiki_Tintin

L’expédition ethnographique belge Sanders-Hardmuth, partie au Pérou et en Bolivie en 1946, avait, entre autres, ramené la momie de l’Inca Rascar Capac. Chez eux, tous ses membres sont subitement tombés dans un sommeil léthargique, rentrant en transe, tous les jours et à la même heure ! Finalement, seuls l’Inca et ses adeptes, vivant au Temple du Soleil dans les montagnes du Pérou, connaissaient la raison de cet étrange mal. On finira par apprendre que le dignitaire demeure le défenseur du Trésor des Incas, longtemps recherché par les conquistadors espagnols…

L’Amour et le Franc-Maçon

Un principe de vie et un état consubstantiel

Lucien Millo – LiberFaber, 2021, 364 pages, 25 €

« Vous cultivez l’amour fraternel qui est le fondement et la pierre angulaire, de même que le ciment et la gloire de cette ancienne Fraternité » édicte les Constitutions d’Anderson de 1723. C’est dire que Lucien Millo, auteur de nombreux ouvrages sur le Rite Écossais Ancien et Accepté, s’attaque à un vaste sujet dont l’inspiration lui est venue en période de confinement. Depuis toujours la Franc-Maçonnerie, lieu de rencontre privilégié, permet de tisser des liens d’amitié. Ici, l’auteur nous parle des vertus de l’amour – générosité, charité, solidarité.

En fonction du rite pratiqué, résonne toujours au cœur du Maçon des phrases comme « Je promets d‘aimer tous mes Frères » lors de la prestation de serment ou encore « Que l’Amour règne parmi les Hommes ! » Qui n’a jamais entendu en loge cette courte phrase d’une portée générale, précepte de morale, voire maxime qui sonne comme une sentence ! L’auteur tente donc de définir ce qu’est l’amour pour un franc-maçon.

Éros

Même si les Grecs avaient plus de huit mots pour décrire l’amour, l’auteur en retient trois, impliquant de forts sentiments : l’Éros – amour physique -, la Philia – amour amical et fraternel – et l’Agapè – amour inconditionnel.

Agapé

Cette consubstantialité, énoncée en sous-titre, s’exprime tant dans la première partie du livre « Penser et Dire l’amour » que dans la seconde « Vivre l’amour à la manière du Franc-Maçon ». Son but étant de conceptualiser l’amour pour mieux le comprendre. Une approche de l’amour dans les philosophies occidentales – la philosophie n’est-elle pas l’amour de sagesse -, invite à se replonger dans Aristote, Socrate et Platon…

Lucien Millo

Tout comme la franc-maçonnerie, école de pensée et de spiritualité, qui prône aussi avec ferveur son amour de la sagesse, Lucien Millo balaie un large spectre allant jusqu’à Jean-Paul Sartre. Il porte aussi, avec sérieux, un regard rigoureux sur une vision arabo-persane et sa théologie mystique et asiatique de l’amour, sans oublier un regard psychanalytique – amour freudien libido, narcissisme et désir, amour lacanien, « hainamoration ». Amour chanté par les poètes de l’Antiquité à la « fin’ amor », de la Vita Nova de Dante à l’amour idéalisé de la révolution romantique avec Lamartine, Apollinaire, Breton et Éluard à la cristallisation amoureuse de Stendhal. À chaque étape, comme pour marquer l’importance de ce sentiment dans la vie du maçon, l’auteur nous ramène à la franc-maçonnerie et au rituel. Lucien Millo aborde, en seconde partie, la notion de Dieu chez le franc-maçon et ce, dès la naissance de la Fraternité.

Fin’ Amor

Amour de Dieu par la foi et l’Agapè maçonnique, envisagée dans sa dimension verticale. La grille de lecture proposée par Lucien Millo embrasse tous les aspects de l‘amour, depuis la naissance de l’Art Royal, fondée sur trois grands principes – amour fraternel, bienfaisance et recherche de la Vérité. Amour de Dieu, amour de soi, amour de l’Autre, tel pourrait être le message de cet ouvrage qui ne peut que renforcer notre idéal de paix et de fraternité. Finalement, l’amour fraternel n’est-ce pas notre Chaîne d’Union en continu ?

Vita Nova de Dante

Rappelons que cette citation de Virgile dans ses Bucoliques « Omnia vincit amor » mise en exergue sur la première de couverture -, signifie « L’amour triomphe de tout ». 

L’exposition Hoyt dévoile les secrets, les symboles des maçons et des Compagnons

De notre confrère américain businessjournaldaily.com

Sociétés secrètes ou sociétés de secrets ? Arts & Education à la nouvelle exposition de Hoyt, « Mystery & Benevolence: Masonic and Odd Fellows Art », explore l’art et les accessoires de deux organisations fraternelles imprégnées de symboles et de systèmes codés – des poignées spéciales, des gestes et des mots de passe aux performances ritualisées dont on pense qu’ils sont originaires du Moyen Âge.

Elle ouvre le 8 novembre et ferme le 26 janvier.

Pour les non-initiés, les décors minutieusement peints et les insignes décorés de manière complexe sont presque aussi mystérieux que les pratiques elles-mêmes. Pourtant, selon l’American Folk Art Museum, ce mystère était intentionnel.

Les objets exposés de la collection Kendra et Allen Daniel ont été conçus pour insuffler un sentiment d’émerveillement tout en incarnant une foi profonde en la fraternité exprimée à travers les liens du rituel.

Les thèmes de la charité, de la fraternité, du travail, du passage et de la sagesse peuvent être trouvés dans les plus de 80 sculptures, textiles, sculptures et ornements dans les galeries principales, ainsi que de brèves histoires de l’influence des francs-maçons et des Odd Fellows en Amérique. En fait, un certain nombre de pères fondateurs de l’Amérique ont atteint les niveaux supérieurs de la franc-maçonnerie, notamment George Washington, Benjamin Franklin et Paul Revere.

« Il y a souvent beaucoup de chevauchement dans les symboles utilisés par les sociétés fraternelles, en particulier entre les francs-maçons et les Odd Fellows », explique la directrice exécutive de Hoyt, Kimberly Koller-Jones, « mais il y a des différences dans la façon dont ces symboles se manifestent, aussi, qui sont explorés tout au long de l’exposition ».

Les emblèmes de l’ancien ordre des francs-maçons, établi pour la première fois en Amérique du Nord en 1730, sont rationnels, ordonnés et abstraits. Les emblèmes des Odd Fellows, fondés en 1819, sont un peu plus modernes en comparaison et adoptent une approche plus littérale pour exprimer leurs idéaux.

Alors que les francs-maçons considéraient la charité comme l’un de leurs « grands principes » d’amour fraternel, de soulagement et de vérité, les Odd Fellows étaient plus explicites sur l’instruction des membres dans leurs objectifs caritatifs avec des devoirs tels que enterrer les morts, soulager les personnes en détresse, visiter les malades et l’éducation des orphelins.

Bien que les deux confréries aient mis l’accent sur les comportements idéaux, elles ont également attiré leur juste part de critiques depuis leur création en raison de leur exclusivité. Les chiffres cryptiques, les rituels et les vœux qui lient encore leurs membres dans un système de croyances partagées, les enveloppent également d’un secret que les étrangers trouvent souvent troublant. 

De plus, les confréries ont été développées par et pour les hommes blancs, selon les normes culturelles de l’époque, qui excluaient les femmes et les Noirs. Les Odd Fellows ont été les premiers à créer une organisation sœur dans les Filles de Rebekah en 1851. Un marin noir, Peter Ogden, a organisé le Grand United Order of the Odd Fellows pour les noirs en Amérique en 1843. Les deux sont également représentés dans cette exposition.

La méfiance a failli conduire à la destruction de ces organisations dans les années 1830. Cependant, les hommes qui recherchaient la camaraderie étroite qu’ils avaient vécue dans l’armée après la guerre civile ont ravivé l’intérêt à la fin des années 1860. En fait, près de 200 000 hommes ont été initiés à « l’âge d’or » du fraternalisme, qui a duré jusqu’au début du XXe siècle.

Le comté de Lawrence, en Pennsylvanie, n’a pas fait exception. Une exposition gratuite dans le Hoyt’s Blair Sculpture Walkway, Fraternity of Brothers: Freemasonry in the Valley of New Castle, prêtée par la cathédrale du rite écossais, explore l’histoire régionale de la franc-maçonnerie qui a incité la construction de la cathédrale du rite écossais en 1924-1925.

À la fin de la Première Guerre mondiale, près de 6 000 maçons se réunissaient au Temple Building au centre-ville de New Castle.

La croissance économique de la région a encouragé les membres à envisager la construction d’une installation beaucoup plus grande. Plusieurs parcelles de terrain ont été acquises sur Lincoln Avenue, alors considérée comme l’un des meilleurs biens immobiliers de la communauté, et les entreprises de Milwaukee RG Schmidt, architecte, et SM Seisel, entrepreneur général, ont été embauchées. 

Pour ceux qui sont curieux d’en savoir plus, une série de conférences en galerie, des ateliers d’une journée, des visites de la cathédrale (y compris un aperçu des salles du pavillon) et d’autres activités offrent de nombreuses occasions d’explorer le contenu de l’exposition de différentes manières. Bien que la plupart des activités soient gratuites, l’inscription est obligatoire en visitant www.hoytartcenter.org/masons. Le programme complet est également disponible ici.

 Les deux expositions resteront visibles au Hoyt jusqu’au 26 janvier. Les heures de visite sont les mardi, mercredi et jeudi de 11 h à 20 h, et les vendredi et samedi de 11 h à 16 h. L’entrée est gratuite.

Sur la photo en haut : ce bijou de maître maçonnique, créé en 1825, fait partie d’une exposition au Hoyt.

Copyright 2022 The Business Journal, Youngstown, Ohio.