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Incendie criminel d’un Temple maçonnique

De notre confrère américain wsmv.com – Par Camruinn Morgan-Rumsey et Richard Mason

Les autorités enquêtent sur l’incendie du Temple maçonnique de Powell Valley dans le Tennessee (USA), un membre dirigeant dit avoir reçu une lettre antimaçonnique il y a quelques temps. Le journal titrait « Powell Valley Masonic Lodge et Mountain View United Methodist Church ont été détruits après un incendie dimanche. »

Des responsables du « Tennessee Bureau of Investigation » ont annoncé qu’ils assistaient le bureau du shérif du comté de Claiborne après qu’un incendie s’est déclaré au Powell Valley Masonic Lodge et à l’église méthodiste unie de Mountain View dimanche matin à Speedwell.

Personne n’est mort ou n’a été blessé, selon les autorités.

Mitchell Livesay, un voisin qui a été témoin de l’incendie, a déclaré que le bâtiment était totalement incendié au moment où les pompiers volontaires de Speedwell sont arrivés.

« J’étais chez moi quand c’est arrivé, mais je n’ai vu personne ici jusqu’à ce que le feu ait complètement consumé l’édifice », a déclaré Livesay.

Gary Mayes, un membre dirigeant de la loge, a déclaré que quelqu’un avait glissé une lettre antimaçonnique sous la porte de la loge en juin dernier.

« Ce que la lettre disait, c’est que vous ne pouvez pas être chrétien et être maçon »

a déclaré Mayes. Il y a des antimaçons dans le voisinage.

Bien qu’il ne soit pas sûr que la lettre soit liée à l’incendie, Mayes a déclaré que le Temple était par ailleurs le centre d’activités illégales, telles que la consommation et la vente de drogues. Les propriétaires du Temple ont eu des problèmes avec des trafiquants de drogue dans la région, allant même jusqu’à installer une clôture, des caméras et des lumières sur le parking. L’enquête suit son cours.

SUB ASCIA

Sous la hache. Dès 1740-1750, sur les Tableaux de Loge français, la pierre cubique à pointe est placée, sub ascia pour indiquer son caractère sacré.

L’ascia a parfois été comparée à l’herminette égyptienne. On lui donne le nom d’herminette quand le manche est long et ascia quand le manche est court. Le Dictionnaire Gaffiot en donne la traduction d’«herminette», de «truelle», ou de «marteau de tailleur de pierre».

Les romains donnaient le nom d’ascia à un instrument dont le fer peut agir sur un plan parallèle à celui dans lequel se trouve l’ouvrier (la hache tranche dans un plan perpendiculaire). On trouve ce symbole, de même que l’inscription sub ascia, gravé sur d’anciennes tombes, particulièrement autour de Lyon (Couchoud Paul-Louis, Audin Amable. Requiem aeternam… L’ascia, instrument et symbole de l’inhumation. In: Revue de l’histoire des religions, tome 142, n°1, 1952. pp. 36-66.

Cela a donné lieu à de nombreuses interprétations. On retiendra que l’ascia pourrait être considérée comme un symbole (en fait une croix, crux dissimulata) utilisé pour marquer les tombes par les chrétiens au temps de persécutions comme l’évoque M. Sansas dans sa communication, Symbolisme de l’ascia,  retenue par les Actes de l’académie impériale de Bordeaux de 1866 (à partir de la p. 409 ). C’est donc une allégorie essentiellement chrétienne qui peut signifier : «réformez vos mœurs, retranchez vos vices, devenez ainsi des hommes nouveaux, purs de toute souillure comme le bois et la pierre qu’a polis l’ascia» . L’analogie morale avec la pierre cubique à pointe sub ascia pour le franc-maçon du XVIIIe s. est indéniable. Ainsi, on pourrait dire que la pierre cubique est consacrée par l’ascia, sub ascia dedicavit, par la foi chrétienne.

Un marteau bretté, Broked mall, que l’on lit dans le Manuscrit Chetwode Crawley, serait à l’origine de l’instrument semblable à une hache qui figure sur les tableaux de loge français du XVIIIe siècle, à côté de la pierre cubique à pointe ; ce pourrait être aussi, la corruption de broached urnall, mot qui désignerait la pierre cubique à pointe elle-même.

Pour Jules Boucher, la pierre est sous la Hache pour indiquer son caractère sacré. La Pyramide la protège de l’Eau, comme la Hache la protège du Feu ou de la Foudre, d’où un symbolisme moral. Comme les colonnes antédiluviennes découvertes par Pythagore et par Hermès, la pierre doit être défendue contre l’Eau (forces dissolvantes) et le Feu (forces trop sublimisantes). Elle représente l’idéal maçonnique qu’il faut sans cesse défendre contre ces forces. Le Maçon doit se tenir dans un juste milieu avec sûreté et rectitude.

Pour Irène Mainguy, la Hache au sommet du pyramidion, semblable à la foudre, ferait jaillir l’esprit de la matière. Cette Hache pénétrant le sommet de la pierre indiquerait que la pierre a atteint le fini d’une beauté et d’une perfection. Cela signifierait que la Pierre, après avoir été débarrassée de ses aspérités par le Ciseau et le Maillet, représenterait l’achèvement de l’œuvre lorsqu’elle est surmontée des quatre faces du pyramidion, axe de liaison entre le terrestre et le céleste.

Pour Guénon, la hache n’est ici autre chose que l’hiéroglyphe de la lettre hébraïque qoph (ק). Le sens général attaché à la lettre hébraïque qoph, ou à la lettre arabe qâf, est celui de «force» ou de «puissance» (en arabe qowah), qui peut être d’ordre matériel ou d’ordre spirituel.  

Justifiant que cette pierre soit un des bijoux immobiles, Jules Boucher nous en explique sa valeur propédeutique: «La pierre placée sous la hache pour indiquer son caractère sacré, reste cubique bien que surmontée d’une pyramide qui la protège de l’eau, comme la hache la protège du feu (de la foudre). Pour l’adepte, le sens de ce symbole est le même que celui de l’épée, du poignard ou du marteau ; ces armes blanches désignant les larmes d’argent du sel blanc (petites gouttes) qui hache la matière.

Rabi Zied Odnil (François Lindo-Diez) nous dit que la hache est placée sur le pyramidion pour nous inviter à fendre le sommet de la pierre cubique à pointe  (Oswald Wirth écrivait : la pierre cubique entamée par une hache, …indique sans doute qu’il faut ouvrir la Pierre, la fendre afin d’arriver à son contenu, à son ésotérisme). L’étoile flamboyante apparaît dans les interstices des tétraèdres retournés ; c’est le vide, l’invisible qui montre la forme. Ce sont les vides successifs,  l’invisible questionné, qui ont montré que l’étoile flamboyante est en gestation dans  la pierre brute. En son cœur se trouve la pierre philosophale.

La langue des oiseaux nous permet de retenir, pour la hache, le «H» qui est l’esprit des alchimistes. L’alchimiste Patrick Burensteinas et Georges Combes le montrent magistralement dans leurs films Le voyage alchimique dont voici l’extrait où l’étoile à 5 branches apparaît .

L’acacia maçonnique pourrait bien ne pas être un arbre tel que souvent évoqué. Il pourrait s’agir de la déformation d’ascia. Comme elle aurait servi à tailler les stèles funéraires, asciare aurait comme sens premier: dédier la tombe en aplanissant le bloc funéraire avec l’ascia.  Son sens second, symbolique, pourrait être «sceller une tombe sous l’ascia pour lui conférer un caractère inviolable».  Donc le mot déformé acacia serait un outil doté d’une dimension symbolique, troqué dans le Manuscrit Masonery Dissected (1730) de Prichard par «cassia».(voir l’article sur le journal Qui s’y frotte s’y vit ).

On raconte, à propos d’Athéna (Pallas), sortant du cerveau de Zeus (Jupiter) tranché par Héphaïstos (Vulcain), qu’elle représente la déesse qui préside à la sagesse et on la dit à bon droit car née du cerveau où se trouve le siège de la sagesse.

Illustration de l’article, Emblème XXIII Atalanta fugiens, Michel Maïeur

Un symbole existentiel : la chaîne d’union !

On pourrait définir la chaîne d’union comme un élément rituélique qui associe un rassemblement d’officiants et un recueillement. Ce n’est pas un rituel spécifiquement maçonnique ; il est une variante qui appartient à la grande famille des rituels d’amitié de toutes les communautés culturelles depuis que les êtres humains existent. Les francs-maçons lui ont donné un nom et l’ont incorporé dans leurs rituels, sans toujours percevoir sa spécificité symbolique.

Ce que l’histoire nous a transmis :

o Dans l’Égypte ancienne : L’absence bronze et de fer jusqu’au IIe millénaire avant J.-C. explique que l’on ne retrouve pas l’utilisation de chaînes avec des anneaux métalliques ; par contre, dans d’autres liens qui existent , on retrouve en particulier des chaînes comme bijoux ; puis on constatera que la symbolique du bijou et surtout du collier rejoint celle de la chaîne d’union.

Dans les rituels de la Haute-Égypte, trois éléments méritent d’être mentionnés car ils évoquent le sujet :

  • L’hiéroglyphe Gardiner V28 : il appartient à la catégorie des hiéroglyphes utilisés pour les sacs, cordes et paniers . En rappel, La liste des signes de Gardiner est une liste de hiéroglyphes égyptiens communs compilée par Sir Alan Gardiner. Elle est considérée comme une référence standard dans l’étude des hiéroglyphes égyptiens antiques .
  • L’anneau Shen Le Shen est le cercle en spirale présent dans la culture de l’Égypte antique. Il représente la divinité. Selon les croyances d’alors, la personne dont le nom était écrit dans le symbole de Shen et qui était souvent un roi ou un membre de la royauté, était sous protection divine.
  • Ankh ou la croix de vie : symbole de l’immortalité et symbole de l’union entre Isis et Osiris qui a permis de sauver l’humanité grâce à la victoire d’Horus sur Seth.

o La symbolique du lien dans les mythologies : que cela soit chez les Celtes, en Grèce et à Rome, on retrouve que la symbolique du lien relie les hommes aux dieux : à titre d’exemple, Wotan (dieu principal dans la mythologie nordique) était “le maître des liens occultes” et Héphaïstos (dieu grec du feu, de la forge, de la métallurgie et des volcans) était un “dieu-lieur”.

o La dextrarum iunctio dans la Rome antique : c’est un rite nuptial, une chaîne d’union conjugale entre les deux époux, avec leurs mains droites symbolisant la fides, c’est-à-dire à la fois l’engagement et la fidélité à cet engagement.

o La chaîne (du latin catena) : dans son acception courante, c’est un lien formé d’anneaux métalliques utilisé pour attacher ou maintenir un corps lourd, ou également pour effectuer une mesure de distance ou pour créer un bijou comme un collier ou un bracelet. Par extension, on parlera de chaîne humaine, lorsqu’un certain nombre de personnes se placent en ligne pour effectuer une action commune, ou de chaîne d’assemblage lorsqu’une série de processus permettront l’accomplissement d’une tâche. Le mot désigne aussi un lien affectif pouvant soit aider soit affecter la relation interhumaine. Il y a donc une bivalence dans ce mot.

o La chaîne, symbole de la solidarité : de l’objet chaîne on comprend bien qu’il en découle l’ordre et la cohésion, d’où la protection.

o Dans la tradition compagnonnique on parle de la chaîne d’Alliance. Les Compagnons portant leurs couleurs se tiennent par la main en croisant les bras à la façon des maillons d’une chaîne et forment un cercle fermé, tournant dans le sens de la marche du soleil au milieu duquel se trouvent trois Compagnons ou deux Compagnons et la Mère. Ceux-ci restant immobiles, le Rouleur chante  » les Fils de la Vierge », dont le refrain est repris en chœur. Au cours des funérailles, la Chaîne est également pratiquée mais sans chant et  » ouverte « , symbolisant ainsi le maillon qui vient de se rompre. Pour en savoir plus sur la chaîne d’Alliance.

o Mais la chaîne, c’est aussi le symbole de l’esclavage ; c’était l’usage courant de contrôler les prisonniers et les esclaves en les entravant avec des chaînes. Briser les chaînes est devenu l’emblème des héros de la liberté !

o La chaîne chez les occultistes : « Aurea catena Homeri », (La chaîne d’or d’Homère), est le titre d’un livre occultiste de première importance, publié en 1723 à Leipzig en langue allemande et qui a pour sous-titre « La nature dévoilée ou la théorie de la nature » : Le titre fait référence au chant 8 de l’Iliade, dans lequel Homère raconte l’épreuve que Zeus menace de faire subir aux Dieux : « Tenez, Dieux, faîtes l’épreuve et vous saurez, tous. Suspendez au Ciel un câble d’or, puis accrochez-vous y, tous, dieux et déesses : vous n’amènerez pas du ciel à la terre, Dieu, le Maître suprême, quelque peine que vous preniez ».

o L’union : c’est l’unité et à ce titre un objet désiré. L’union est généralement représentée par cinq symboles : la chaîne, le nœud, les mains enlacées et l’anneau.

o La chaîne d’Union c’est aussi plusieurs chants :

Auld Lang Syne («Depuis longtemps» en scot)) adapté par le poète écossais Robert Burns en 1788 (voir ci-dessous une interprétation par Eddi Reader lors de la session d’ouverture du parlement écossais, en présence de la reine Elisabeth II à Edimbourg en 2004) ; ce chant a été adapté en français en 1920 par un jésuite avec le titre « le chant des adieux » ; une version déchristianisée pour les 2 derniers couplets est ensuite apparue.

La chaîne d’union , quelle émotion !

o La chaîne dans l’islam : on y évoque la chaine initiatique de transmission qui remonte au prophète.

o La chaîne dans les représentations populaires : citons le poème de Paul FORT, à travers l’extrait suivant : « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main, ça pourrait faire une belle ronde, tout autour du monde ».

o Le rôle du scoutisme dans la pratique de la chaîne d’union : créé en 1907 par Lord Robert Baden-Powell (1857-1941), ce mouvement de jeunesse a eu une importante progression mondiale. La pratique de la chaîne d’union par les jeunes scouts de tous les pays a très fortement contribué à sa popularité.

o La chaîne d’union dans le sport : tous les sports sont concernés mais peut-être que le rugby la pratique plus spontanément.

La chaîne d’union en franc-maçonnerie :

L’expression « chaîne d’union » semble être une expression typiquement maçonnique bien que sa réalité se retrouve dans d’autres traditions comme on l’a vu dans les paragraphes qui précèdent.

La première description maçonnique de la chaîne d’union semble apparaître en 1696 dans ces lignes du Manuscrit des archives d’Edimbourg qui fait allusion à la transmission des mots secrets : «Mais pour (être) un maître maçon ou compagnon du métier, il y a plus à faire, et c’est ce qui suit. Tout d’abord tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres… Alors les maçons se murmurent l’un à l’autre le mot en commençant par le plus jeune… après quoi le nouveau maçon doit prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot… Alors le maître lui donne le mot et il lui serre la main à la manière des maçons, et c’est tout ce qu’il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon»

Il est question de la chaîne d’union dans les Constitutions d’Anderson (1723). Très exactement, dans la partie consacrée aux chants. De toutes les chansons publiées par Anderson, celle écrite par écrit par Matthieu Birkhead retient le plus l’attention, car elle accompagne la chaîne d’union qui interrompt momentanément le banquet. «Unissons-nous main dans la main / Pour nous tenir ferme / Soyons joyeux et montrons un visage radieux. »

James Anderson fait également référence au centre l’union : « Ainsi la Maçonnerie devient le « Centre de l’Union » et le moyen de nouer une amitié sincère entre des personnes qui n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères ».

L’expression « chaîne d’union » en français est traduite par « chain of union » en anglais ; mais d’autres expressions s’y rapportent : par exemple « chain of brotherhood » (en allemand « die Weltbruderkette »).


o À quel moment ?

  • Le plus souvent, vers la fin d’une tenue
  • Après une initiation
  • Après la fermeture des travaux dans certaines loges (en particulier au rite émulation)
  • La chaîne d’union se pratique aussi lors d’un banquet rituel avec une gestuelle particulière utilisant les serviettes de table,
  • A l’occasion des obsèques d’un frère ou d’une soeur, soit lors d’une tenue funèbre soit au cimetière ou au funerarium

o À quel degré ?

Le plus souvent, uniquement au 1er degré pour les loges bleues, mais on pratique la chaîne d’union dans certains degrés au-delà du 3ème.

o L’animation de la chaîne d’union :

  • Le vénérable maître généralement
  • Le « chapelain » de la loge au rite Emulation
  • L’expert comme assistant

o La chaîne d’union c’est souvent en cercle autour :

  • du tapis de loge
  • du pavé mosaïque quand il n’y a pas de tapis de loge
  • ou de l’autel

o Quelle posture ?

  • Les corps droit, épaule contre épaule
  • Les mains : sans gants ; les mains nues symbolisent la pureté des sentiments.

· Pendues le long du corps

· Jointes à celles des frères et/ou sœurs voisins

  • Dans la chaîne courte

· L’avant-bras droit au-dessus de l’avant-bras gauche et la main droite au-dessus de la main gauche ;

· Les pieds à l’équerre, la pointe des chaussures joignant la pointe de la chaussure voisine ;

  • Dans la chaîne longue : on ne croise pas les avant-bras et on ne fait pas se toucher les pointes de pieds .


o Le silence du recueillement : C’est un élément fondamental de la chaîne d’union. Les frères et soeurs doivent reposer leur menton sur leur poitrine, fermer les yeux et se concentrer sur l’intention du Vénérable Maître, en restant silencieux et méditatifs.

o Les prises de parole : le contenu est très variable selon les rituels et les loges

  • La déclaration du VM : (exemple au GODF au Rite Français)

« Debout mes F… et unissons nos mains suivant la forme rituelle !

Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains ; que l’Amour fraternel

unisse tous les anneaux de cette Chaîne formée librement par nous. Comprenons la grandeur et la beauté de ce symbole ; inspirons-nous de son sens profond. Cette Chaîne nous lie dans le temps comme dans l’espace ; elle nous vient du passé et tend vers l’avenir. Par elle, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres, nos Maîtres vénérés qui la formaient hier; par elle, doivent s’unir les Francs-Maçons de tous les rites, de tous les pays. Enrichissons-la de nombreux et solides anneaux de pur métal et, élevant nos esprits vers l’idéal de notre Ordre, efforçons-nous de rapprocher tous les hommes par la Fraternité.»

À la fin du recueillement : Le VM dit : « Francs-Maçons, étendons la main droite. Promettons de conserver les uns pour les autres la plus fraternelle affection et de travailler sans relâche à réaliser la Fraternité universelle. »

Ce à quoi, le Grand Expert répond : « Au nom des Francs-Maçons assemblés dans ce Temple, je le promets. ».

Puis le VM termine en disant : « Je prends acte de votre promesse. Quittons la Chaîne et reprenez vos places. »

Autre exemple pour ce qui est dit dans une loge américaine de Virginie :

« Frères: Nous sommes maintenant sur le point de quitter cette retraite sacrée d’amitié et de vertu, se mélanger à nouveau avec le monde. Au milieu de ses préoccupations et de ses emplois, oubliez pas les devoirs que vous avez entendus si souvent inculqués et avec tant de force recommandés dans cette Loge. Rappelez-vous qu’autour de cet autel sacré, vous avez vous vous engagez solennellement à devenir ami et à soulager chaque frère qui aura besoin votre assistance. Vous avez promis, de la manière la plus amicale, de rappeler lui de son erreur, et aider à une réforme. Ces principes généreux doivent étendre un temple de pierres vivantes: Chaque être humain a un droit sur vos bons offices. Faire du bien à tout. Recommandez-le plus particulièrement à la maison des fidèles. Finalement, frères, soyez tous d’un même avis; vivre en paix; et que le Dieu d’amour et de paix se réjouit d’habiter et de vous bénir. »

o Le rôle de l’Expert

  • Sa place : à l’opposé du VM, entre les deux surveillants
  • La main levée de l’expert : le bras droit à l’équerre avec le corps, les doigts réunis, la paume de la main vers le sol

o Le chant : il n’est pas toujours présent

Le plus souvent c’est « Le chant des adieux » : adaptation française sur l’air, transcrit par le poète écossais Robert Burns en 1788 sous le titre d’Auld Lang Syne («Depuis longtemps» en scot) :

Faut-il nous quitter sans espoir,

Sans espoir de retour,

Faut-il nous quitter sans espoir

De nous revoir un jour

Refrain

Ce n’est qu’un au revoir, mes frères

Ce n’est qu’un au revoir

Oui, nous nous reverrons, mes frères,

Ce n’est qu’un au revoir

2e couplet

Formons de nos mains qui s’enlacent

Au déclin de ce jour,

Formons de nos mains qui s’enlacent

Une chaîne d’amour.

3° couplet :

Unis par cette douce chaîne

Tous, en ce même lieu,

Unis par cette douce chaîne

Ne faisons point d’adieu.

4° couplet :

Car l’idéal qui nous rassemble

Vivra dans l’avenir

Car l’idéal qui nous rassemble

Saura nous réunir.

o La fin de la chaîne d’union : « Briser la chaîne » : 3 mouvements des avant-bras vers le bas.

o Après la chaîne :

  • Retour sur les colonnes
  • Ou évacuation du temple.

o Signification : « Le but d’une chaîne d’union est de signifier et de valider l’unité incassable des frères par les liens de la fraternité. Dans cette charge particulière, tandis que les frères sont assemblés, on leur dit qu’autour de cet autel sacré, les frères assemblés en cercle forme une chaîne de l’union, solennellement liés l’un à l’autre. À la fin de la cérémonie, une recommandation leur est prononcée : «soyez tous d’un même esprit ». Dans cette phrase simple, une chaîne psychologique se forme pour renforcer la physique.» (traduction d’un rituel Emulation).

o La question de l’égrégore : la chaîne d’union peut provoquer une sensation de communion collective qui a été appelée « égrégore » et que certains interprètent comme une réalité mystique ; psychologiquement ce ressenti rentre dans le cadre des dépersonnalisations induites par la dynamique de groupe.

o Corde aux lacs d’amour : On fait parfois le lien entre la chaîne d’union et la corde à 13 nœuds (ou lacs d’amour) qui se termine à chaque extrémité par une houppe dentelée.

La pratique de la chaîne d’union dans les loges aux USA – suite de l’article

Symbolisme de la chaîne d’union maçonnique

D’une façon générale la chaîne d’union est un élément d’un rituel qui comprend :

  • Un officiant et un assistant
  • Un groupe d’êtres humains réunis en cercle autour d’un objet symbolique (parfois absent) ou du corps d’un défunt,
  • Parfois l’union des mains nues pouvant être continue ou discontinue
  • Le silence du recueillement et/ou de la prière,
  • Un chant parfois absent.
  • Une prédication qui édicte une conduite.

Ce rituel renvoie à plusieurs symbolismes :

  • La chaîne ou la corde
  • L’or
  • le cercle, l’anneau
  • Le nœud
  • L’équerre
  • Le fil à plomb
  • Le sel.

Par rapport au temps, le rituel de la chaîne d’union se déroule généralement avant une séparation.

Le contenu symbolique :

o La dimension horizontale :

  • L’union fait la force : « Là où un homme seul est renversé, deux résistent, et le fil triple ne rompt pas facilement. » (Ecclésiaste 4:12).
  • La fraternité
  • L’amitié
  • La fidélité

o La dimension verticale :

  • La chaine d’union renvoie à la problématique du lien entre les plans terrestre et céleste
  • Le devoir mémoriel
  • Le lien entre les vivants et les morts

o Fonction annexe de la chaîne d’union : elle permet la transmission des mots de semestre aux seuls frères de la loge.

o Signalons l’existence d’un « Order of the Golden Chain » aux Etats-Unis créé en 1929.

Pour un enrichissement contemporain de la pratique du rituel de la chaîne d’union

Dans le vécu de chacun aujourd’hui, le stress est un facteur qui peut perturber la démarche initiatique. Les découvertes de la fin du XXè siècle concernant les vertus de la méditation devraient nous inciter à l’incorporer dans le rituel maçonnique. La méditation de pleine conscience ou Mindfulness, inventée par Jon Kabat-Zinn est une technique qui consiste à focaliser pleinement son attention sur le moment présent et à analyser les sensations ressenties ; associée à une respiration ventrale, elle apporte une amélioration de la fonction cérébrale. Il suffirait d’augmenter le temps consacré au recueillement dans le timing de la chaine d’union pour apporter à celle-ci un élément méditatif supplémentaire qui la potentialiserait.

Conclusion :

Le rituel de la chaîne d’union en franc-maçonnerie a trois spécificités :

  • Renforcer la fraternité qui unit les frères et soeurs de la loge, présents, absents et futurs, (dimension horizontale)
  • Rappeler la nécessaire spiritualité qui justifie cette fraternité, (dimension verticale)
  • Motiver les frères et sœurs présents dans leur devoir d’engagement.

C’est une pratique rituelle qui tend à disparaître, en particulier dans les loges anglo-saxonnes ; d’une part parce qu’elle est souvent considérée comme une formalité qui allonge le temps de la tenue et d’autre parce qu’elle n’est pas toujours prise au sérieux et se trouve plus ou moins bâclée sans parler du folklore de la transmission des mots. C’est dommage car elle a un sens profond et une fonction, qu’elle seule remplit.

C’est une composante des rituels maçonniques qui mériterait d’être enrichie en transformant le temps du recueillement en temps de méditation, avec toute la méthodologie que l’on doit pratiquer pour en tirer le bénéfice escompté.

Pour terminer cette planche, je vous propose un poème que la pratique de la chaîne d’union m’a inspirée (il constitue les paroles du Chant pour la Fraternité, interprété par Graziella Bertero sur une musique de Christine Jeandroz) :

La chaîne d’union

Partout, on la retrouve,

Avec ou sans nœuds !

Les corps s’approchent,

Les mains se joignent,

Silence et recueillement.

Une voix s’élève !

Un chant poursuit,

Les cœurs battent.

Paupières humides,

Tristesse et Joie,

Tout se mêle !

Dans le désert,

Ou sous les ors,

Au théâtre

Ou dans la loge,

Dans l’église ou la mosquée,

La chaîne relie les cœurs

Et éloigne les peurs !

PS : Je suis particulièrement reconnaissant à Christine Jeandroz et à Graziella Bertero d’avoir composé la musique et interprété ce chant. C’est un grand honneur qu’elles m’ont fait ! Avec solennité et conviction elles ont su répondre à mon attente ! Que ce chant soit un moment de bonheur pour toutes et tous sera mon salaire !

Bibliographie :

Le symbolisme de la chaîne d’union par Marcel Spaeth – Editions Detrad, 2001

– Entering the chain of union par Timothy Hogan – 2012

– La chaîne d’union par Jean Onofrio , Editions MdV, collection « Les symboles maçonniques », 2013

Trabajos masónicos de referencia II: De la era de Newton al filosofismo masónico actual: cuatro siglos de Cadena de Unión de VV. AA. – 2019

Quelques ressources du web :

https://www.isel-europe.org/chain-of-union-romania

https://fr.qaz.wiki/wiki/Gardiner%27s_sign_list#V._Rope,_fiber,_baskets,_bags,_etc.

http://www.lecompagnonnage.com/?+-Chaîne-d-Alliance-

https://fr.scoutwiki.org/Chant_des_adieux

https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1947_num_134_1_5598

https://www.ledifice.net/3005-Q.html

http://www.ordoabchaos.net/pages/la-chaundefinedne-d-union.html

http://www.freemasonryresearchforumqsa.com/theformofthelodge-thechainofbrotherhood.php

Remerciements à notre frère André KERVELLA pour avoir répondu à nos questions. Plus d’infos sur André Kervella

Théorie : La franc-maçonnerie dans Harry Potter

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Tout a commencé en décembre 2019. On nous a contactés pour que La Plume de Poudlard fasse une conférence à propos de liens entre Harry Potter et la franc-maçonnerie lors d’un rassemblement des Francs-maçons…

Notre premier réflexe a été de commencer par faire des recherches mais… Personne n’avait traité le sujet. Probablement parce qu’il n’y avait pas de sujet ? Pourtant en étudiant ce monde, et grâce à certains informateurs faisant partie de cette confrérie, nous avons découvert que celui d’Harry Potter était bel et bien lié à la franc-maçonnerie.

Eloge des inégalités

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Nous avons en commun avec la République la devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». Mais curieusement la liberté et la fraternité peuvent se mettre au pluriel : les libertés ou les fraternités. Pour l’égalité c’est plus compliqué. L’égalité est un principe qui ne souffre pas le pluriel. C’est une notion qui semble une et indivisible. L’emploi du pluriel nous gêne car il semble affaiblir le principe. Mais si on entre dans le concret, l’unité se dissout dans le multiple. 

L’égalité morale portant sur la dignité, le respect, la liberté.

L’égalité civique devant la loi.

L’égalité sociale qui cherche à égaliser les moyens ou les conditions d’existence.

L’égalité politique qui porte sur le gouvernement de la cité.                                          

L’égalité des chances qui nous met sur la même ligne de départ sachant que nous n’arriverons pas tous en même temps. Et sur tous ces sujets, on peut distinguer l’égalité formelle de l’égalité réelle. Bref, comme dirait l’humoriste, si nous sommes tous égaux, il y en a qui sont plus égaux que les autres.

Et pourtant, face au principe d’égalité, nous ne rencontrons aucune difficulté à parler d’inégalités multiples. Imagine-t-on un principe unique dont le contraire serait multiple ?
Et si l’égalité s’oppose à l’inégalité ou aux inégalités, alors le franc-maçon se devrait de combattre les inégalités. Nous savons toutefois que les mots sont souvent des pièges et qu’il ne faut pas « prendre les mots pour des idées ». C’est donc d’un point de vue maçonnique que nous avons à réfléchir.

Le franc-maçon peut et doit adhérer à des principes qu’il s’est librement donné.
Il est là pour vivre selon des valeurs et pour être dans sa vérité.

La différence entre principe et valeur mérite d’être soulignée. Bien sûr, chacun peut avoir sa définition et je vais en formuler une.

Liberté, Égalité, Fraternité
Liberté, Égalité, Fraternité

Un principe est souvent une affirmation première dont d’autres peuvent être déduites et qui ne peut être déduite d’aucune autre. Par exemple, du verset « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique XIX, 18) se déduisent toute la Loi et toute la morale (Mattieu XXII, 40). Quand nous parlons de Grand Architecte de l’Univers, il s’agit d’un principe créateur et organisateur. Il est celui dont tout découle, la source de ce qui est. « Il est la cause sans cause, sans preuve et sans prêtre », pour citer Raymond Abelio.

Une valeur est ce que notre raison autant que notre intuition posent comme étant le plus digne d’estime dans l’ordre social, esthétique ou moral : le Bien, le Beau, le Vrai, la Justice, etc… Les valeurs servent de repères à la conscience pour juger les actes, les œuvres ou les événements. Elles s’organisent en systèmes, auxquels se réfèrent les groupes sociaux pour définir ce qui est louable et ce qui est blâmable.

C’est donc de valeurs dont nous allons parler et de l’égalité et des inégalités comme valeurs. Il est vrai que la notion d’égalité dans le monde profane est une source de débats infinis.

La notion sur laquelle il ne doit y avoir aucun débat, que ce soit dans le monde profane ou dans nos temples, c’est l’égalité ontologique des l’homme. Tous les hommes sont égaux en dignité quelles que soient toutes leurs autres particularités physiques, intellectuelles, philosophiques, spirituelles ou religieuses. C’est le service minimum de l’humanisme maçonnique. Mais au-delà de cette égale dignité, en quoi l’égalité est une valeur maçonnique ?

Il devient difficile de séparer la valeur maçonnique de la valeur profane. L’une de nos formules rituelles nous enjoint « en toute chose préférer la vérité et la justice ». C’est peut-être à l’aune de notre conception de la Justice que nous devons nous poser la question de l’égalité ou de son contraire l’inégalité. Car la justice est une notion plurielle et complexe.

  • Il y a la justice universaliste qui se préoccupe plutôt de l’égalité des droits mais qui laisse de côté des inégalités de situation.
  • Il y a la justice différentialiste qui se préoccupe plutôt de l’égalité des chances, mais qui ne règle pas les inégalités de situation.
  • Il y a la justice correctrice qui se préoccupe plutôt de corriger des inégalités de situation mais qui introduit une inégalité des droits.

La justice renvoie donc à une définition de différents types d’égalités et de proportions dans lesquelles elles doivent être appliquées. Il n’y a pas de conception de la justice sociale qui soit intrinsèquement supérieure aux autres. Cela dépend essentiellement du corpus de valeurs dont nous sommes porteurs.

Si l’on suit John Rawls un des géants de la philosophie politique du XXème siècle et sa « Théorie de la justice », il y a des inégalités injustes, mais aussi des inégalités justes.
Nous savons bien qu’il peut y avoir un intégrisme égalitaire qui transforme la notion d’égalité en égalitarisme. On passe insensiblement de la notion de valeur à celle d’idéologie.

Si l’on se réfère à l’étymologie latine, « equitas » et « equalitas », ont la même racine.
Ces mots sont frères et sœurs, mais aussi parfois frères et sœurs ennemis. Cela a donné lieu à un dialogue musclé entre Platon et Aristote.                                                                       

Pour Platon, « il n’y a pas de choses égales, il n’y d’égal que l’égal ». Il n’y a pas de choses justes, il n’y a que « le juste en soi. »          

Aristote critique Platon et invite à la raison pratique. Il faut distinguer l’égalité arithmétique et l’égalité géométrique. Par exemple, le traitement des files d’attentes aux urgences.

  • Egalité arithmétique – Le premier arrivé sera le premier servi
  • Egalité géométrique – On va discriminer selon l’urgence

Si la loi n’est pas la même pour tous, elle est injuste. Mais si la loi est la même, comme les situations sont particulières, alors un traitement égalitaire conduit à une forme d’injustice. Mais ce sera peut-être un autre développement ou l’on verra que les inégalités ne peuvent pas être condamnables et sont même souhaitables.

L’origine des pierres de Stonehenge enfin découverte

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De notre confrère connaissancedesarts.com – Par Agathe Hakoun

Après plusieurs analyses, les archéologues ont annoncé avoir découvert l’origine des mégalithes de Stonehenge, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces pierres monumentales viendraient du bois de West Woods, à 25 km du célèbre site néolithique britannique.

Il est l’un des sites archéologiques les plus fascinants de la planète et, pourtant, beaucoup de mystère plane encore autour de son histoire. Stonehenge, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, vient de révéler un de ses nombreux secrets. L’énigmatique monument, érigé en deux vagues de construction il y a 5 000 et 4 500 ans dans la plaine de Salisbury au Royaume-Uni, a fait l’objet d’une étude dont les résultats ont été publiés la semaine dernière (29 juillet) dans un article de la revue « Science Advances ». Les archéologues y annoncent la découverte de l’origine des mégalithes.

La fin d’un débat de plus de quatre siècles entre les scientifiques

Cela faisait plus de quatre siècles que les archéologues et les géologues débattaient sur l’origine de ces pierres. Le site de Stonehenge présente deux types distincts de dalles en demi-cercle : des petites pierres bleues et des blocs de grès de 9 mètres de long, également appelés des pierres de sarsen. Si les scientifiques ont retrouvé la trace du premier type dans les collines de Preseline, dans le sud-ouest du Pays de Galles, à 200 km du site, ils ignoraient encore l’origine du second. Initialement, ces mégalithes étaient au nombre de 80 et érigés en arcs carrés. Aujourd’hui, il n’en reste que 52 qui forment l’architecture principale de Stonehenge.

Pour découvrir l’origine de ces gigantesques pierres, une équipe de chercheurs, menée par David J. Nash de l’université de Brighton, a analysé les éléments présents dans les roches pour identifier leur composition chimique. Géochimie, spectrométrie de fluorescence X, spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif, spectrométrie d’émission atomique… Toutes les données obtenues ont permis de conclure que la majorité des pierres de sarsen ont la même composition chimique et proviennent des environs de West Woods, situé dans le comté de Wiltshire, à seulement 25 km au nord du célèbre site néolithique. Surplombant la vallée du Kennet, ce bois du 6 km² contenaient autrefois une forte concentration de sarsen, dont la plupart des pierres ont été brisées et enlevées à partir du XIXe siècle.
A 360° View of Stonehenge
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Une découverte réalisée grâce à un échantillon retrouvé

Les scientifiques n’auraient pas pu obtenir ces précieux résultats sans la redécouverte d’une carotte complète de la pierre numérotée 58. En 1958, lors d’un programme de restauration à Stonehenge, trois monolithes tombés en 1797 ont été à nouveau érigés. Pour conserver certaines pierres, comme la 58, des trous horizontaux ont été percés et des carottes de forage ont été récupérées. Considéré comme perdu depuis la fin du chantier, en 2018 un échantillon complet, de 1,08 m de long pour 25 mm de diamètre, de la pierre 58 a été renvoyé au Royaume-Uni après un séjour de plusieurs décennies aux États-Unis chez Robert Phillips, un ancien tailleur de pierre qui était sur place pendant les opérations de forage. Avec l’autorisation de l’English Heritage, l’association qui gère le site de Stonehenge, un fragment de 67 mm de long de l’échantillon a été donné aux chercheurs afin de les analyser. Cette carotte de forage a notamment permis l’obtention des signatures chimiques à haute résolution, essentielles pour déterminer la provenance du mégalithe.

À présent, des recherches archéologiques et des échantillonnages de sarsen plus précis vont être mis en place à West Woods pour restreindre la zone et identifier la fosse d’extraction préhistorique précise de Stonehenge. Si on ignore la raison pour laquelle les bâtisseurs du site ont utilisé le sarsen de West Woods, David J. Nash et son équipe suggèrent que la taille et la qualité des pierres présentes là-bas y sont certainement pour quelque chose.

Pour rappel, chaque année, des milliers de personnes, adeptes du druidisme, amoureux de la Nature ou simple touristes, se retrouvent à Stonehenge pour célébrer le solstice d’été et perpétuer la mémoire de ce lieu dont la fonction précise continue d’échapper aux chercheurs.

Existe-t-il des liens directs entre le Rotary et les Francs-maçons ?

Du site du Rotary Terre Envol de Toulouse

Existe-t-il des liens directs entre le Rotary et les Francs-maçons? Plaisanterie mise à part, depuis 1905, certains éléments tendent à démontrer l’appartenance de deux des quatre fondateurs du Rotary à la Franc-Maçonnerie – Paul Harris et Gustavus E. Loehr.

Il est avéré que, dès 1919, les Francs-Maçons ont créé, principalement à Londres, quelques loges réservées uniquement aux membres du Rotary – Rotarian Lodge N° 4195, N° 3941, N° 8998, N° 9306, N° 9359, N° 9367, N° 9378 et N° 9389.

Toutefois, ces créations restent anecdotiques dans le développement du Rotary à travers le monde. Afin de faire cesser l’organisation de ces clubs réservés à des membres Rotariens et Francs-Maçons, le Rotary International déclara en 1930 combattre cette pratique en retirant la charte de tout club qui fonctionnerait suivant ce seul principe de double appartenance.

De cette époque, il reste quelques symboles mélangeant l’emblème du Rotary et de la Franc-Maçonnerie ou d’une loge qui gardent encore cette forte empreinte historique. Ce sont ces rares symboles que l’on retrouve encore de nos jours sur Internet pour alimenter le fantasme de lien toujours fort et étroit entre le Rotary et la Franc-Maçonnerie. En effet, il semblerait que le fantasme soit plus présent que les faits.

Symbole Rotary Franc-maçon
Symbole Rotary Franc-maçon

En conclusion, existe-t-il des liens directs entre le Rotary et les Francs-maçons? Certains membres du Rotary peuvent être également Francs-Maçons, au même titre que qu’un individu peut-être membre de deux différentes associations quel que soit leur objet sans qu’il y ait de lien particulier entre elles.

Il y a même fort à parier que tous les francs-maçons n’aient pas connaissance des activités du Rotary et que tous les rotariens n’aient pas connaissance des activités des Francs-Maçons. Pour des organisations liées, on fait mieux !

Lettre Rotary franc-macon

La roue, emblème du Rotary

La roue du Rotary en 1906

La roue est un symbole universel se rapportant à l’idée de perfection. Comme le cercle, elle renvoie surtout à un mouvement. Depuis 1923, l’emblème du Rotary est une roue d’engrenage avec 24 dents et 6 rayons et une rainure de clavetage avec comme couleurs officielles du Rotary le bleu royal et l’or.

Cet emblème, porté comme insigne de boutonnière identifie les rotariens dans le monde entier. Celle du Rotary, présente depuis 1924, a été redessinée à plusieurs reprises dans les premières années de l’organisation. C’est un emblème du club de Chicago, représentant une roue de chariot, qui a influencé les premiers logos des autres clubs US ainsi que celui du Rotary International.

L’emblème du Rotary a toujours été une roue.

Les 24 dents veulent représenter le travail des 24 heures de la journée. La roue est clavetée au centre afin de signifier qu’elle travaille et ne peut pas tourner à vide.

Rotary, emblème actuel

Par ailleurs, elle traduit également tant la continuité et la persévérance dans les actions du club que le fonctionnement même du Rotary. En effet, les responsabilités sont tournantes annuellement en particulier pour tous les présidents. C’est un principe de base respecté dans les 29 000 clubs du monde et naturellement aussi pour la présidence du Rotary International.

Entretien exclusif avec Mme Virginie Tostain, directrice du musée du Compagnonnage de Tours

Madame Tostain nous vous remercions d‘avoir bien voulu accorder à 450.fm quelques instants de votre précieux temps et de nous accueillir dans votre bureau au musée du Compagnonnage de Tours, musée municipal et classé « Musée de France ».

Un lieu des plus magique puisque situé dans l’ancienne abbaye Saint-Julien de Tours. abbaye bénédictine dont l’origine remonte au VIe siècle et qui a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840.

450.fm : Mme Tostain, pouvez-vous nous dire est née cette passion pour le patrimoine et quel est votre parcours ?

Mme Virginie Tostain, directrice du musée du Compagnonnage de Tours – photo®J-H.Machinal

Virginie Tostain : J’ai commencé la médiation du patrimoine à l’âge de 16 ans dans un château près de mon domicile, en Sarthe. C’est ce qui m’a conduite dans la voie du patrimoine architectural. D’abord, je suis devenue guide-conférencière des Villes et Pays d’art et d’histoire en 2009 et j’ai travaillé régulièrement en Sarthe dans des territoires ruraux : recherches, visites guidées, montage d’animations pédagogiques. En 2012, après la fin de mes études (Master de recherche en histoire médiévale puis Master professionnel Régie des œuvres et médiation de l’architecture et du patrimoine), je suis devenue animatrice de l’architecture et du patrimoine à Grand Châtellerault, j’y ai eu en charge pendant 7 ans, la gestion du Label Pays d’art et d’histoire, la programmation des animations et expositions, les suivis de chantiers Monuments historiques et l’inventaire du patrimoine. J’ai eu l’opportunité de travailler souvent avec des artisans sur les chantiers notamment, c’est la raison pour laquelle le musée du Compagnonnage m’intéressait tout particulièrement. Je ne me destinais pas à travailler en musée de Beaux–Arts par exemple car ce sont vraiment les musées de société qui me permettent de rester le plus en contact avec mes valeurs et mon parcours.

450.fm : Quelle est l’histoire de cet emblématique musée ?

VT : Créé officiellement en 1968, le musée a cependant tout un passé avant la création de ce musée municipal. Il est le fruit de la rencontre de deux projets : celui de l’Alliance compagnonnique tourangelle – fondée en 1908 pour fédérer diverses associations de compagnons qui a porté la création du musée compagnonnique de Tours à consonance associative, en 1911, de façon à montrer au grand public les valeurs du Compagnonnage, situé à l’époque place Anatole France d’une part et, d’autre part, l’histoire d’un homme, tourangeau d’origine, l’ethnologue autodidacte Roger Lecotté*, bibliothécaire au Cabinet des manuscrits à la Bibliothèque nationale de France, qui porta un intérêt tout particulier aux Compagnons du Tour de France et commissaire de l’exposition « Paris et les compagnons du tour de France » (21 décembre 1951-28 avril 1952) au Musée national des arts et traditions populaires à l’occasion du bimillénaire de Paris. Dans les années 50, il organisa, avec le muséologue Georges-Henri Rivière**, surnommé « le magicien des vitrines » et fondateur du Musée national des arts et traditions populaires à Paris, un tour de France afin de recueillir, dans les Cayennes, documents, objets compagnonniques et chefs-d’œuvre.

En s’appuyant sur les collections déjà existantes à Tours, Roger Lecotté a commencé par étoffer l’exposition de l’Alliance en tenant à ce que toutes les sociétés compagnonniques soient retenues. C’est ainsi que ce musée a vu le jour, monté entièrement des mains de son premier directeur qui en fut la cheville ouvrière. Inhumé au cimetière communal de Vernou-sur-Brenne (37), une stèle réalisée par les Compagnons ornent sa sépulture.

En 1993, Laurent Bastard*** succède à René Lecotté, marquant, lui aussi, l’histoire du musée. L’état d’esprit est resté le même.

450.fm : Quelles conséquences a eu la pandémie sur le musée ?

VT : Le fait marquant, c’est que nous avons connu de longues fermetures de 3 et 7 mois, en 2020-2021. Nous avions déjà en tête de faire certains aménagements. À mon arrivée et après échanges nourris avec les Compagnons, ces derniers ont exprimé l’envie de ‘’dépoussiérer ‘’ le musée : modernisation, représentation de nouveaux métiers, donner une visibilité au travail des femmes. Reconnaissons qu’il n’est pas simple, compte tenu la densité des collections, de refondre un établissement comme celui-ci. Nous sommes un musée municipal et seule une fermeture longue de plusieurs années permettrait une refonte générale. Afin de pouvoir engager quelques travaux, nous avions prévu, du reste, une petite fermeture début 2021 pour refaire deux espaces : un espace sur le compagnonnage contemporain et un espace thématique sur les métiers de bouche. Deux espaces qui existaient déjà mais auxquels nous avons donné plus de place.

L’art populaire – iconographie notamment du XIXe siècle réalisé par des compagnons peintres (souvenirs du tour de France) – est ainsi mieux conservé mais aussi revalorisé. Après une campagne de mécénat récente, de nombreuses pièces sont en cours de restauration et feront l’objet, en 2024, d’une exposition temporaire importante sur le thème de la conduite, le moment symbolique et solennel où les compagnons accompagnent leurs frères en Devoir à la porte de la ville lors de son départ. Cette exposition restituera tout le sens de cette cérémonie.

Future entrée du musée

450.FM : DEPUIS 2010, LE COMPAGNONNAGE, RÉSEAU DE TRANSMISSION DES SAVOIRS ET DES IDENTITÉS PAR LE MÉTIER, FIGURE SUR LA LISTE REPRÉSENTATIVE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DE L’UNESCO. AVEC QUELLES CONSÉQUENCES POUR LE MUSÉE ?

VT : D’ailleurs, j’en profite pour signaler que bientôt nous aurons un nouvel espace d’accueil (entrée, boutique rue nationale) offrant plus de visibilité. Nous enregistrons quelques 35 à 40 000 visiteurs par an. En 2021, très exactement 37 924 visiteurs, dont 15 715 pour l’exposition temporaire.

Le musée accueille toujours de très nombreux groupes scolaires et leurs enseignants et très connus de tous les Tourangeaux. Très bien référencé dans les guides touristiques, nous accueillons, l’été, de nombreux visiteurs et sommes classés comme « musée pittoresque et original». Toutefois, il ne semble pas que l’inscription au patrimoine culturel immatériel (PCI) a eu un quelconque impact.

Cette notion de PCI est finalement encore peu connue du public alors que l’inscription d’un bien sur la liste du patrimoine mondial est fortement perçu (label, affichage). Cependant, il y a sans doute eu un effet positif chez les compagnons car ils ont travaillé ensemble sur ce dossier dans un esprit de mettre en avant tout ce qui était les valeurs commune du Compagnonnage.

450.fm : Quid de la « Newsletter Musée du Compagnonnage » ?

VT : Dès lors que nous avons connu un engouement pour le digital, nous avons souhaité nous adapter en proposant aux internautes une plus grande visibilité mais aussi, nous l’espérons, de gagner de nouveaux abonnés. Elle complète notre site https://www.museecompagnonnage.fr/index.php/ et notre présence sur les réseaux sociaux, notamment notre page Facebook https://www.facebook.com/MuseeCompagnonnageTours/

La pandémie a permis d’accroître notre présence sur ces nouveaux médias et nous avons désormais une personne dédiée en charge de les enrichir. De notre côté, nous restons aussi toujours en lien avec les compagnons et le tour de France.

Lors d’expositions, nous bénéficions aussi de supports numériques qui permettent de partager, par exemple, des interviews de compagnons, process de travail, etc.

Symbole d’excellence de l’artisanat, les compagnons du Devoir et du Tour de France ont ouvert leurs portes aux femmes

450.fm : Que représentent les femmes dans le Compagnonnage ?

VT : En 2004, les compagnons de l’Association ont acté la présence de femmes et il a fallu attendre deux ans de plus pour que les premières femmes, dont une tailleure de pierre, soit reçue. En 2021, elles étaient 300 reçues. Un chiffre qui, après leur tour de France, devrait être en augmentation. Avec les mêmes motivations que les hommes : acquérir un métier, un savoir, faire son apprentissage mais aussi transmettre.

Tant l’Association ouvrière que la Fédération compagnonnique bénéficient de plusieurs centres de formation des apprentis (CFA) et lycées professionnels qui est mixte, mais les femmes ne pouvaient pas devenir être adoptées et ne pouvaient partir sur le tour de France. Il reste aussi, selon les sociétés, à adapter les rituels de réception.

450.fm : Quels sont les rapports avec les autres musées ?

VT : Avec le Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière (MOPO) de Troyes, les relations sont excellentes et faciles puisque le compagnon qui en est le directeur Christophe Cheutin fait partie du comité consultatif. Mais pas encore l’occasion de faire des projets communs. De plus, à mon arrivée à Tours, il y a eu une refonte des projets des musées – Tours compte quatre 4 établissements muséaux.

Par contre, l’an dernier, pour l’exposition temporaire sur « Le compagnon et son chef-d’œuvre », nous avons sollicité de nombreuses maisons, cayennes et de nombreux sièges.

450.fm : Quelle est votre œuvre préférée ?

VT : Sans vraiment y a voir réfléchi, je pense à une œuvre non présentée actuellement qui est un pseudo casque de pompier, en zinc recouvert d’ardoises. Fin XIXe et début XXe siècle, ce type de travail répondait à une mode chez les charpentiers et les couvreurs. Sa restauration a permis de passer un partenariat entre des compagnons couvreurs et une restauratrice agréée. Une belle rencontre entre gens du métier – expérience pratique – et des gens issus d’un milieu plus académique. 

Logo musée de France

450.fm : Le musée est-il, labelisé ?

VT : nous bénéficions de l’appellation « Musée de France ». Est considéré comme « Musée de France », au sens de cette loi – du 4 janvier 2002 –, « toute collection permanente composée de biens dont la conservation et la présentation revêtent un intérêt public et organisée en vue de la connaissance, de l’éducation et du plaisir du public ». Nous obligeant aussi à respecter obligations et missions, notamment concernant les collections.

450.fm : Le musée a-t-il des publications ?

VT : Fragments d’histoire du compagnonnage est la revue du musée. Après le numéro 18, paru en 2021, notre prochaine livraison sera en 2023. Avec généralement un dossier central. Celui-ci est consacré à Alphonse Fadin, Normand le Bien Aimé du Tour de France. Cette revue avait été créée en 1998 par Laurent Bastard pour les 30 ans du musée.  Laurent Bastard, dans le numéro de 2016, écrivait que la revue « demeure de cerner le plus possible la réalité complexe de cette vieille institution aux multiples facettes qu’est le Compagnonnage ».

NDLR :

*Roger Lecotté (1899-1991) travailla durant plusieurs années dans des banques, et des entreprises commerciales et industrielles avant d’être nommé en 1936 directeur du Pavillon d’Ile-de-France à l’Exposition universelle de 1937.

Sépulture de René Lecotté

En novembre 1941, Roger Lecotté entra à la Bibliothèque Nationale où il se vit confier le classement des fonds maçonniques confisqués par le Gouvernement de Vichy. Il organisa plusieurs expositions sur le compagnonnage et créa à Tours en 1968 le Musée du Compagnonnage, puis celui des vins de Touraine en 1975.

**Georges-Henri Rivière (1897-1985) a joué un rôle important dans la nouvelle muséologie et dans le développement des musées d’ethnographie à l’échelle mondiale au sein du Conseil international des musées (ICOM). C’est un musicien curieux de tout ce qu’apportent les années folles, de l’art moderne au jazz et à la mode, de la photographie et du cinéma au music-hall. Journaliste polémiste, participant aux revues Cahiers d’art et Documents, il s’impose au musée du Trocadéro, après avoir réalisé en 1928 la première exposition sur « Les Arts anciens de l’Amérique ». Infatigable intercesseur et organisateur d’événements chocs, prenant en exemple les musées étrangers, il conçoit le musée de l’Homme autour de ses collections ethnographiques, comme un instrument de partage social et scientifique qui s’ouvre sous le Front populaire à l’occasion de l’Exposition internationale de 1937. Rivière comprend qu’au-delà de l’ethnologie et des cultures exotiques, il faut s’intéresser au bouleversement annoncé des cultures rurales et ouvrières des pays de France, créant durant cette même année 1937 un Musée des arts et traditions populaires.

***Laurent Bastard est né en 1955 en Basse-Normandie, où son père était compagnon tanneur- corroyeur du Devoir (le dernier de sa corporation, reçu à Tours en 1935). Le père, le grand-père et l’arrière-grand-père de ce dernier, ainsi que son oncle, étaient également des compagnons de ce métier. Le Compagnonnage lui était donc familier, et c’est en 1993 qu’il est nommé directeur du musée du Compagnonnage de Tours. Il est l’auteur, avec Jean-Michel Mathonière, de Travail et Honneur, les compagnons tailleurs de pierre en Avignon aux XVIIIe et XIXe siècles (Dieulefit, La Nef de Salomon, 1996). Dans Images des Compagnons du Tour de France (Jean-Cyrille Godefroy, 2010), il a souhaité faire partager la lecture d’une quinzaine d’estampes compagnonniques, qui révèlent des influences très diverses et souvent insolites et qui illustrent l’évolution des Devoirs au cours du XIXe siècle. Nous lui devons aussi Compagnons au fil de la Loire (Jean-Cyrille Godefroy, 2000) et de Chefs- d’œuvre de Compagnons (De Borée, Coll. La mémoire du temps, 2008).

Affiche commémorative pour les 10 ans de l’inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

Le Musée du Compagnonnage à Tours – Val de Loire, une présentation vidéo de Tours Val de Loire Tourisme https://bit.ly/3NzaUtZ ou encore cette vidéo « Le Compagnonnage, réalisations, chef d’œuvres, histoire au musée de Tours, les secrets » https://bit.ly/3WrIUN8

Le dessin de… JISSEY

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L’inspiration et l’admiration sont les mamelles éternelles de la plume ou du pinceau. Il faut faire de son rêve une réalité à défaut de faire l’inverse.

La Franc-Maçonnerie sous l’aigle impérial (1805-1815)

De notre confrère ladepeche.fr – Par Claude Marquié

Les loges carcassonnaises, mises en sommeil pendant une quinzaine d’années, réapparaissent à partir de 1805 avec la réunion de Saint-Jean de l’Amitié et des Commandeurs, suivie deux ans plus tard par la naissance d’une loge Napoléon qui se réunissait dans les dépendances du bastion Montmorency, lesquels possèdent encore des vestiges de cette époque.

On constate peu de différences avec la période qui avait précédé 1789 : absence de discussion, tandis que se succèdent initiations, élévations de grades, réceptions de visiteurs. Les frères carcassonnais manifestaient le même respect envers le pouvoir impérial qu’ils avaient eu envers la royauté, en évoquant « Napoléon sauveur de la France… le héros qui nous gouverne », et ce d’autant plus facilement que les préfets Barante et Trouvé étaient des leurs. De nombreux maçons sont très actifs dans la vie politique puisque Thoron de Lamée ou Georges Degrand furent successivement maires de la ville.

Sociologie des ateliers

Pour l’ensemble de la période, on décompte à Carcassonne 251 frères dont 108 dans la loge Napoléon, 91 en totalisant les deux loges fusionnées en 1805, plus 52 affiliés à la Persévérance. Au demeurant, l’Orient local semble avoir synthétisé l’expérience des frères initiés avant la Révolution avec l’apport des nouveaux ateliers.

L’étude du recrutement de cette époque montre que les nobles (26 %) sont toujours en tête grâce aux militaires, suivis par les négociants qui se maintiennent à 15 %. Il y a cependant un glissement vers les rentiers et propriétaires, dont des exemples bien connus sont les familles Rolland et Airolles, qui ont délaissé la draperie pour la terre. Les hommes de loi sont en régression, tout comme les boutiquiers et les artisans, à la différence des professions intellectuelles et artistiques. Un trait important est la disparition des ecclésiastiques, l’appartenance à l’Art royal paraissant désormais incompatible avec leur état. Ces différentes catégories sociales ne se mélangent pas toujours : si les militaires sont nombreux dans la loge Napoléon, les Commandeurs et Saint-Jean de l’Amitié concentrent richesse et pouvoir, avec des personnalités comme Jean-Pierre Rolland-Fourtou ou les préfets Barante et Trouvé, ce dernier restant en poste tout au long de la période impériale.

Avec le déclin de l’Empire, des temps difficiles commencèrent pour cette maçonnerie « protégée« , et les loges se mirent en sommeil dans l’Aude comme dans toute la France. Mais le nouveau départ qui aura lieu au XIXe siècle fera la preuve qu’au-delà de leur implication dans la gestion des choses matérielles, les maçons recherchaient la vérité lors de leur initiation, puis dans leur progression sur l’échelle des différents grades, la période 1789-1799 apparaissant plus comme une parenthèse qu’une rupture dans la vie des loges carcassonnaises.Marcoul (N.), La Franc-maçonnerie dans l’Aude des origines à 1815, Bull. Sesa, 1993. Tirand (P.), Loges et francs-maçons audois, 1757-1946, C.P.C.C, 2002.