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Tableau de réception de compagnon

De notre confrère histoire-image.org – Auteur : Hélène DELPECH

Une tradition légendaire rattache le compagnonnage à la construction du Temple de Jérusalem par le roi Salomon, Maître Jacques et Soubise. Mais les premiers documents écrits remontent à la fin du Moyen Age : enquêtes ou condamnations pour des rixes, des grèves ou des cérémonies jugées blasphématoires.

Malgré la suppression des associations en 1791, le compagnonnage reste toléré au XIXe siècle, car il assure une formation, un accueil et de l’embauche dans ses villes du tour de France. Tout en préservant ses secrets rituels, il se dévoile alors grâce aux publications de quelques compagnons, en particulier le menuisier Agricol Perdiguier, au soutien des romantiques comme Hugo, Lamartine et surtout George Sand, aux images répandues par la lithographie.

ANALYSE DES IMAGES

D’un type courant, personnalisée par des inscriptions manuscrites, cette lithographie représente le nouveau compagnon charpentier lyonnais devant la place Bellecour, avec un chien tenant sa gourde, symbole du voyage sur le Tour. L’habit souligne sa dignité. Il a reçu son surnom, ses rubans aux couleurs de son « devoir » et sa canne, à la fois souvenir du jonc de Maître Jacques, signe traditionnel d’autorité, soutien sur la route et arme dans les combats. Disposé en zones symétriques superposées, le décor alentour est riche. Il rappelle le rôle formateur du compagnonnage :
– La formation professionnelle avec les chefs-d’œuvre (charpente, escaliers) et les outils mis à l’honneur (fil à plomb et compas pour la conception dans l’espace, le « trait » ; herminette, hache, scie, gouge, bisaiguë acérée aux deux bouts pour l’usage.
– La formation morale, par l’exaltation en vers du travail, de l’honneur et de la vertu.
– La formation culturelle, remarquable chez des autodidactes, exprimée par de nombreux symboles à l’antique : Amours, Renommées, Architecture avec le compas, Vérité au miroir, Sagesse en Minerve, Justice avec le glaive et la balance, l’entrée du Temple de Jérusalem qu’évoquent deux colonnes.

Le décor révèle des habitudes particulières comme le goût du secret, cultivé par tradition, pour échapper à la surveillance de la police, peut-être aussi pour ceux qui ne savaient déchiffrer que les premières lettres de formules apprises par cœur : U.V.G.T. (Union, Valeur ou Vertu, Génie, Travail) ; U.P.F.S. (Union, Prudence, Franchise, Sagesse) ; G. (Gloire), L. (Louange) ; J.M.J. (Jésus, Marie, Joseph). A la fin du XIXe siècle, sous l’influence de la franc-maçonnerie, trois points ponctuent parfois chaque lettre.
Il montre aussi les gestes rituels effectués au grand jour : en bas à gauche un champ de conduite, où le premier compagnon porte la canne et le baluchon de celui qui part et doit faire mine de le retenir ; à droite, la « guilbrette », signe de reconnaissance où l’on boit ensemble, bras et cannes croisés.
L’aspect religieux est traité en deux zones où se mêlent tradition chrétienne et récits légendaires : en haut le saint patron, saint Joseph dans son atelier, et les pères fondateurs — Salomon sur le chantier du Temple dans la lanterne centrale ; à droite Maître Jacques (ou Soubise ?) ; à gauche, la découverte du corps d’Hiram, autre fondateur dont la légende se répand au XIXe siècle avec la franc-maçonnerie. Assassiné par des ouvriers mécontents, il est retrouvé grâce à son chien et à l’acacia qui pousse sur sa tombe. En bas, le site de la Sainte-Baume, la colline du Saint-Pilon et l’église Saint-Maximin (à gauche), Marie-Madeleine dans sa grotte (à droite), important lieu de pèlerinage qui lie le souvenir de la Madeleine et la légende de Maître Jacques. Après l’achèvement du Temple, Maître Jacques et Soubise se seraient séparés, Soubise débarquant à Bordeaux, Maître Jacques à Marseille. Retiré à la Sainte-Baume, il aurait été assassiné par des disciples de Soubise, qui l’aurait regretté, dit-on. Destiné à commémorer un événement majeur dans la vie d’un compagnon, cette image populaire est une somme de la culture compagnonnique. Mais c’est une image idyllique.

INTERPRÉTATION

Regroupant des hommes jeunes, habitués à user de leur force et fiers de leurs traditions, le compagnonnage est un lieu de violence : arbitraire des aînés, épreuves brutales infligées lors de la réception. Des batailles meurtrières opposaient fréquemment les « Bons Drilles Compagnons Passants du Devoir », ou « Devoirants » (enfants de Maître Jacques et de Soubise), et les « Gavots » ou « Etrangers du Devoir de Liberté », groupe né d’une scission en 1804 (enfants de Salomon). Au nom des idées de la Révolution et de la fraternité universelle rêvée par le romantisme, certains, comme Perdiguier, luttent contre l’obscurantisme et pour l’union, sans grand résultat.
Concernant à l’origine les métiers du bâtiment, le compagnonnage a accueilli avec réticence d’autres professions. A Lyon, les « Ferrandiniers » (du nom d’une étoffe, la ferrandine), constitués en 1832 chez les ouvriers tisseurs, n’ont été reconnus par le « Devoir des Enfants de Maître Jacques » qu’en 1841.
A la fin du XIXe siècle, avec les lois sur le droit de grève et de coalition (1864) et sur la liberté syndicale (1884), le monde ouvrier a d’autres moyens de se défendre. Artisanal et élitiste, peu soucieux d’action politique, le compagnonnage n’est pas adapté aux nouvelles conditions créées par la révolution industrielle. Avec le chemin de fer et l’enseignement professionnel, il perd la spécificité du tour de France. Les progrès du rationalisme ont miné les légendes. Mais il reste la qualité de sa formation professionnelle, la curiosité pour le mystère et, avec l’intérêt pour l’art populaire, le charme des chefs-d’œuvre et des images.

Remerciement : Hélène DELPECH, « Tableau de réception de compagnon », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 29/12/2022. URL : histoire-image.org/etudes/tableau-reception-compagnon

Les étrennes et le bon plan livres ! D’occasions ou neufs à prix réduits…

L’an dernier, le lundi 19 décembre 2022, nous vous invitions à prendre connaissance de notre papier Beaux-Livres de la Franc-Maçonnerie : Notre sélection de Noël… en cadeau !

Aujourd’hui, en ce début d’année 2023, vient le moment des étrennes et de celui de faire des présent à l’occasion du premier jour de l’année. Dans ce cas, le mot étrenne est toujours employé au pluriel.

Vous avez donc dit étrennes ?

Titus Tatius

C’est de Rome que nous vient l’usage du premier jour de l’an et des étrennes. Tatius, roi des Sabins – qui par la suite régna sur les Romains conjointement avec Romulus – ayant, après la réunion des deux peuples, regardé comme un augure favorable qu’on lui eût fait présent, au premier jour de l’an, de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strena, déesse de la force ou de la santé selon d’autres, convertit en coutume ce qui n’avait été que l’effet du hasard, et donna aux présents qu’il reçut depuis au renouvellement de chaque année le nom de Strenae, dont nous avons fait étrennes.

Figues sèches et dattes

À des branches d’arbre, bientôt les Romains substituèrent des figues, des dattes, du miel : symboles, comme nos confitures et nos dragées, de toutes les douceurs qu’ils souhaitaient à leurs amis pendant le cours de l’année nouvelle. Les clients joignaient une pièce d’argent aux étrennes qu’ils donnaient à leurs patrons, ce qui était un signe de tribut. Les trois ordres de l’État donnaient à Auguste des étrennes dont il employait le prix à l’achat de la statue de quelque divinité. Il pensait que les deniers du peuple devaient être consacrés à des objets d’utilité publique, et ne devaient pas entrer dans l’épargne de l’empereur. L’usage de recevoir des étrennes, tantôt imité, tantôt négligé par ses successeurs, ne s’est définitivement conservé qu’entre particuliers.

Simple don de plantes porte-bonheur à l’origine, elles se sont rapidement développées sous l’Empire romain : elles étaient constituées de don de nourriture, puis de vêtements, argent, objets précieux, meubles… D’origine païenne, les étrennes ont été condamnées comme pratique « diabolique » par les Pères de l’Église, dont saint Augustin.

Quant aux livres…

L’expression « livres d’étrennes » est couramment utilisée en France entre le milieu du XIXe siècle et au moins jusqu’à la Première Guerre mondiale pour désigner des beaux livres édités à cette occasion. Nos cousins québécois définissent le livre d’étrennes de cette façon : « Livre de grande qualité, généralement illustré, dont la couverture rigide est souvent richement dorée, que les éditeurs mettent en vente peu avant les fêtes de fin d’année et que les gens offraient traditionnellement en cadeau au jour de l’An, mais qui maintenant se donne aussi à Noël ».

Photo © Yonnel Ghernaouti

Tout en ajoutant cette note linguistique : « De nos jours, même si de beaux livres sont encore publiés et vendus peu avant les fêtes, avec cette idée que les gens les offriront en cadeau à Noël ou au jour de l’An, les éditeurs et les libraires ne semblent plus les placer dans cette catégorie. On emploie peu le terme livre d’étrennes, sauf lorsqu’il s’agit d’un livre ancien qui était classé comme tel. »

Au nouvel an, mais pas seulement, profitez des livres neufs soldés ou d’occasion.

En général, le cadeau d’occasion a, depuis peu, le vent en poupe. Reconditionné, upcyclé ou encore remis à neuf, n’hésitez pas à sauter sur l’occasion de la seconde main !

C’est donc de saison, offrez un cadeau « développement durable », un cadeau écolo, équitable, en un mot un cadeau éthique !

L’Usine Mode & Maison à Vélizy-Villacoublay – Photo © Yonnel Ghernaouti

Pour offrir à une Sœur ou un Frère ou pour vous-mêmes !

N’hésitez donc plus à franchir les portes de soldeurs et/ou déstockeurs de livres neufs à prix réduits ou de libraires d’occasion et profitez de promotions exceptionnelles sur des centaines de titres, avec de belles remises immédiates ! C’est ainsi que vous pourrez retrouver une sélection d’ouvrages de Franc-Maçonnerie. Avec des arrivages de petits prix tous les jours. Trouvez le livre qu’il vous faut ou le cadeau qui fera plaisir.

Photo © Yonnel Ghernaouti

« Lisons Moins Cher », boutique située au Centre Commercial L’Usine Mode & Maison à Vélizy-Villacoublay, propose une large sélection de livres neufs à prix réduits. Profitez d’un déstockage d’éditeurs allant jusqu’à 80 % moins cher que le prix d’origine ! Non sans humour, la devise de cet espace culturel est « Tout pour l’équipement de la pensée ». À retrouver aussi à Usine Center Gonesse.

Quelques exemples en photos !

Le croissant et le compas de Thierry Zarcone, vendu 14,40 € au lieu de 26 €

La Fabrique de la franc-maçonnerie française-Histoire, sociabilité et rituels 1725-1750, sous la direction de Thierry Zarcone, vendu 15,55 € au lieu de 28 €

Femmes et franc-maçonnerie-Trois siècles de franc-maçonnerie féminine et mixte en France de 1740 à nos jours d’Yves Hivert-Messeca et Gisèle Hivert-Messeca, vendu 17,60 € au lieu de 29,90 €

Le Diable dans les cathédrales-Le démon y aurait-il sa place ? de Jean-François Blondel, vendu 11,25 € au lieu de 18 €

TROIS CENTS ANS DE FRANC-MAÇONNERIE (éd. classique), collectif sous la direction de Jean-François Variot, par ailleurs « Prix spécial Tricentenaire » des prix littéraires de l’Institut Maçonnique de France (IMF) 2017, vendu 21,90 € au lieu de 35 €

Photo © Yonnel Ghernaouti

Mais vous trouverez aussi des ouvrages du Seuil, de Guy Trédaniel, des jeux de Tarots, etc.

Un grand merci à Mme Farida Moorel qui nous a réservé un très bel accueil.

Photo © Yonnel Ghernaouti

Les Franciliens connaissent aussi sans doute la célèbre librairie du 26. Du 26 boulevard saint Michel, Gibert Joseph bien sûr. Librairie généraliste et scolaire proposant des ouvrages, DVD et CD neufs et d’occasion, selon les magasins… À vous de chercher et detrouver dans votre ville, votre canton, votre département et votre région de telles possibilités d’achat, si tel est votre désir.

Photo © Yonnel Ghernaouti, 28.XII.2022

Sans oublier nos amis bouquinistes. D’ailleurs, la première apparition du terme « bouquiniste » est relevée dans le Dictionnaire universel français et latin, vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux : contenant la signification et la définition des mots de l’une et l’autre langues… en 1752, avec cette définition : « Qui se dit des vendeurs de vieux livres, de bouquins. »

Photo © Yonnel Ghernaouti, 28.XII.2022

Plus de 200 bouquinistes gèrent près de 900 boîtes sur les quais de Seine et proposent près de 300 000 livres, ainsi qu’un grand nombre d’estampes, revues, cartes de collection, etc.

En 2019, les 230 petites librairies à ciel ouvert, installées sur les quais de Seine font leur entrée au patrimoine culturel immatériel français. Un premier pas vers la reconnaissance au patrimoine mondial de l’Unesco. Les bouquinistes rejoignent ainsi un patrimoine prestigieux ou figurent, entre autres, la gastronomie, les métiers d’art, ou bien encore les métiers d’autrefois…

Le terme de « boucquain », sans doute dérivé du flamand boeckijn (« petit livre »), fait son apparition en 1459 et est attesté sous la forme « bouquin » vers la fin du XVIe siècle.

« Lisons Moins Cher » Vélizy, Rayon Franc-Maçonnerie, photo © Yonnel Ghernaouti

Comment ne pas évoquer aussi la célèbre librairie de référence au marché aux puces de de Saint Ouen, dans le 93. Avec ses 600 m2 et son kilomètre de rayonnage la « Librairie de l’avenue« , pilotée par l’inoxydable M. Henri Veyrier – célèbre soldeur, libraire et éditeur dans la seconde moitié du vingtième siècle – propose, depuis 1961, plus de 150 000 titres… Merci à Laurence, sa fille, pour son accueil !

J’en profite aussi pour souhaiter à mes Sœurs et Frères en humanité aussi, une bonne et heureuse année 2023 !

Que cette nouvelle année apporte Bonheur, Paix, Joie, Allégresse, Harmonie, Concorde, Amour et Fraternité à toutes et à tous. Mais aussi succès dans tous leurs projets et surtout l’accomplissement de leurs rêves. J’en profite pour citer Antoine de Saint-Exupéry « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité » disait Antoine de Saint-Exupéry.

Que la paix règne sur la terre !

Que l’amour règne parmi les hommes !

Que la joie soit dans les cœurs ! Je vous souhaite de belles lectures pour l’année à venir… Et n’oubliez pas…

#DansMaZone, slogan de la région Occitanie
Librairie de l’avenue, Saint Ouen – photo © Yonnel Ghernaouti

Portons ainsi des santés à tous ceux qui nous sont chers !

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Les « éditos » de Christian Roblin paraissent les 1er et 15 de chaque mois.)

« Jadis, adolescent, moi le premier, j’enviais les autres, » aurais-je ainsi pu, par un calembour, inaugurer l’année dans un esprit très français, à ceci près que je n’ai jamais aimé fumer la cigarette et que j’ai attendu mes dix-sept ans pour entrer dans la carrière de l’amour où, s’il m’est arrivé de subir quelques licenciements, je n’ai guère connu le chômage. Aussi bien, mes camarades qui couraient après les clopes et les filles m’amusaient ou m’indifféraient, selon les circonstances. Il est vrai que je ne suis pas jaloux de tempérament.

Quant à mes obligations morales, ma longue pratique maçonnique m’a appris à les accomplir loyalement envers moi-même comme envers la société, sans escompter que d’autres s’en acquittent de même manière. La vertu de l’initiation est de placer les exigences sur son propre chemin et, ce faisant, d’aiguiser son regard, d’abord, sur soi-même, puis sur autrui, sans pour autant l’accabler des mêmes attentes. Certes, en maçonnerie, j’ai parfois été déçu par certains comportements mais, pour m’en tenir à mon expérience directe et ne pas enfler ma conscience de tous les potins qui se propagent comme des nuages de sauterelles, j’ai coutume de dire que c’est encore en loge que j’ai trouvé le meilleur rendement humain à l’hectare. Cet avantage n’a fait que s’accroître avec le temps. Peut-être suis-je devenu plus perspicace et plus magnanime, à la fois…  

Vite, vite, faisons des vœux, c’est le jour. Eh bien, que cette année, malgré les soucis qui la hanteront, vous caresse des beautés du monde et de la vie !  En cette période de libations, on pourrait ajouter, comme Jules Massenet dans son Werther : « Vivat Bacchus ! Semper vivat ! [1]» Portons ainsi des santés à tous ceux qui nous sont chers !


[1] Littéralement : « Vive Bacchus ! Qu’il vive à jamais ! » Bacchus était, dans l’Antiquité, le dieu de la Vigne, du Vin et des Festivités. On ne saurait exclure qu’il y ait ici une double allusion : l’une, au banquet d’ordre de la Saint-Jean d’hiver où l’on porte des santés rituelles ; l’autre, à l’acclamation : « Vivat, vivat, semper vivat ! », qui résonne en écho aux oreilles exercées…  

Quant à ce dieu romain, qui a gardé pour nom l’épithète de Dionysos, Βάκχος (Bákkhos) signifiant en grec ancien : « qui tonitrue », il a donné comme dérivés :  

  • « bachique », relatif au vin ou à l’ivresse ;  
  • « bacchanale », qui, en dehors des fêtes célébrées en l’honneur de Bacchus, désigne aussi des fêtes où l’on danse, où l’on mange, où l’on boit avec excès voire où l’on se déchaîne jusqu’à la débauche  – on parle parfois, de manière moins acerbe, de « la grande bacchanale de Noël », expression que l’on trouve sous la plume de Julien Green qui, dans son Journal (Le Bel aujourd’hui, 1955-58, p. 149), ne sait « quel autre nom [lui] donner » ;
  • Enfin, « bacchante », prêtresse de Bacchus et, originellement, d’un culte à mystères dédié à Dionysos – sa forme plurielle Βάκχαι (Bákkhai): Les Bacchantes, constitua le titre d’une tragédie d’EuripideDionysos, de retour à Thèbes, venge notamment sa mère des insultes proférées à son encontre par ses tantes ; une comédie musicale burlesque: Ah ! les belles bacchantes, réalisée en 1954 pour le cinéma par Jean Loubignac, d’après une pièce de Robert Dhéry, avec Louis de Funès et une distribution éblouissante, ne marquera, cependant, pas les annales d’une empreinte aussi profonde (à noter que les bacchantes renvoient ici non à l’appellation argotique facétieuse des moustaches mais bien à des prêtresses ayant tendance à se mettre à poil dans un spectacle de music-hall, faisant ainsi le lien entre bacchante et bacchanale). 

Pour en revenir à Jules Massenet, dans cet art de « polyphonie narrative » (Nicole Biagioli) associant le librettiste Édouard Blau à ce chef-d’œuvre qu’est Werther (créé en allemand à Vienne, en Autriche, en 1892, puis donné en français, un an plus tard, à Paris), il n’insère cette référence à Bacchus qu’au prélude de l’acte II, ce que nous visons ici – et non son Bacchus, opéra en 4 actes sur un livret en français de Catulle Mendès (Paris, 1909).

Que ces dernières heures vous soient douces

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Toute l’équipe de rédaction du Journal 450fm s’unit pour vous souhaiter un bon réveillon de nouvel an et surtout pour démarrer l’année 2023 avec des informations toujours plus « fraiches » et intéressantes.

Fraternellement

La direction du journal

Revenons sur la saint Sylvestre

Chef reliquaire de Sylvestre Ier, de 1367.

Sylvestre Ier († en 335) est le 33e pape de l’Église catholique, de 314 à 335.

C’est sous son pontificat que Constantin fait édifier la basilique Saint-Jean de Latran, la basilique de Sainte-Croix de Jérusalem, la basilique de Saint-Paul hors les Murs, la basilique de Saint Laurent. Saint Silvestre intervient pour le mobilier liturgique, les ornements. Il aménagea les catacombes.

En ce 31 décembre, le dicton du jour est : « Saint-Sylvestre ne peut être qu’une fois l’an, c’est la veille du premier de l’an. »

Quid du réveillon ?

Le réveillon de la Saint-Sylvestre, réveillon du jour de l’an ou encore réveillon du Nouvel An est une coutume qui consiste à fêter l’arrivée du Nouvel An, en veillant jusqu’à minuit le soir du 31 décembre, dernier jour de l’année du calendrier grégorien. Le réveillon se fête généralement en famille ou avec des amis.  

Alors, faut-il se mettre sur son « 31 » ?

« Se mettre sur son 31 » signifie s’habiller élégamment ou de manière luxueuse. « Mettre sur soi » fait logiquement référence à la manière de se vêtir, cependant c’est l’explication du nombre « 31 » qui est moins claire. Deux hypothèses de l’origine de cette expression :

  • La première est historique. En Prusse, les militaires recevaient tous les « 31 du mois » la visite de leur hiérarchie militaire. Cela n’arrivait que sept fois par an. Pour l’occasion, les soldats devaient nettoyer leurs casernes de fond en comble et se vêtir afin d’être les plus impeccables possibles. Après cette inspection, les militaires recevaient une sorte de supplément d’entretien afin de mieux finir le mois ;
  • La seconde explication est d’ordre linguistique, car l’expression viendrait de la déformation du mot trentain, un tissu somptueux reconnu pour sa richesse. Au Moyen Âge, le trentain était un drap composé de 30 fois cent fils. Concrètement, ceux qui étaient vêtus d’un tel tissu voulaient soit montrer leur richesse soit célébrer un événement particulier (jour de fête). L’expression serait dès lors apparue bien plus tard, du moins si cette hypothèse est la bonne…

Alors, de toute les manières, c’est le réveillon que je préfère ! Bon et joyeux réveillon à toutes et à tous !

Le Feu dans tous ses états

Noëlle Martin, Françoise Sabadell, Collectif GLL – Préface Catherine Lyautey

Il y a 350 000 ans – peut-être même 500 000 – commence une histoire entre les êtres humains et le feu… Des mythes liés à la conquête du feu, du Titan Prométhée, surtout connu pour avoir dérobé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains, à ce feu qui va permettre de lutter contre les vulnérabilités humaines. Le feu est fondamental. Production d’une flamme et de la dégradation visible d’un corps par une réaction chimique exothermique d’oxydo-réduction appelée combustion, il fonde une civilisation du possible. Possible de construire, de bâtir, de cuire et conserver les aliments, de se chauffer, bref, de vivre et de développer une civilisation. Plus que symbolique, le feu est constitutif de notre histoire. D’où l’intérêt de cet ouvrage qui vient après celui consacré à « L’Eau, la vie, les femmes ».

Le Feu, avec un F majuscule, est suivi, dans le titre, non pas par cette locution adverbiale dans tous ses états comprise au sens figuré, soit dans un état d’émotion très perturbé, mais bien dans son sens propre qui est cellui de traiter le sujet dans sa globalité, en totalité et sous tous les angles.

Feu de bois

Cet ouvrage s’intéresse également au feu dont les évènements de l’actualité rappellent l’importance dans la vie humaine.

Dans sa préface, Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la GLFF se réjouit que « Voix d’initiées », une collection dirigée par Corinne Drescher-Lenoir, s’enrichisse de son 21e ouvrage, témoignant ainsi de la vitalité de la réflexion au sein de sa Grande Loge. Elle rappelle aussi le dramatique incendie en 2019 de Notre-Dame de Paris, rappelant ainsi la fragilité des constructions humaines. Au-delà des expressions symboliques familières aux franc-maçonnes et aux francs-maçons que sont la terre, l’eau, l’air et le feu, il est donc naturel de s’intéresser à ce sujet. Catherine Lyautey constate que les êtres humains sont toujours confrontés à la double nature du feu, qui protègent, réchauffe, nourrit, mais aussi qui détruit. Elle se réjouit aussi que le fruit essentiel du travail fait en Loge enrichissant le chemin de formation puisse ainsi être partagé. Le premier article « De la découverte du feu aux mythes et religions » commence… au commencement ! Dès l’apparition du feu et de la foudre. De l’ère préhistorique aux mythes de la Bible cet article, que nous devons à notre Sœur Noëlle Martin, coautrice de plusieurs ouvrages et membre de la Commission d’histoire et de recherche de la GLFF, couvre un large champ de l’histoire de l’humanité – Grèce, Rome, Inde – mais aussi du symbolisme, des rites, de passage notamment, et des allégories ( celle du chaudron magique). Sans oublier la place du feu dans les différentes religions.

Activités humaines au Paléolithique sous le porche d’une grotte et à proximité. Peinture d’Hugo Darnaut, 1885.

L’intéressant article consacré au « Feu dans la Bible » est traité par Françoise Sabadell, Vénérable Maître de la Loge Nationale de Recherche Bathilde Vérité N° 1, dont nous vous avions présenté, le 31 octobre 2022 , le premier volume.

Cet élément naturel, tant dans la religion juive que dans la chrétienne, occupe une place primordiale, car représentant la puissance du divin Créateur. Cinq parties – « Feu, instrument de Dieu » ; « Feu sacré et paroles de Dieu » ; « Alliance de l’eau et du feu » ; « Feu terrestre » ; « La renaissance du feu purificateur » – structure l’article.

Fête autour d’un feu à l’Âge de la pierre. Peinture de Viktor Vasnetsov (détail), 1883.

S’ensuit six autres chapitres. Traitant du feu nourricier et du feu destructeur – du progrès social à la destruction –, des fêtes et du feu, mais aussi du feu au service de l’art. Un chapitre passionnant intitulé « Bestiaire enflammé » retient toute notre attention. Il traite bien évidemment de la salamandre, créature légendaire et animal royal – François Ier en avait fait son emblème qui était surmontée d’une couronne portant la devise Nutrisco et Extinguo, qui signifie « je me nourris du bon feu, j’éteins le mauvais ». N’était-elle pas associée au feu car on lui prêtait des pouvoirs magiques dès le Moyen Âge. Quant au phénix, oiseau fabuleux originaire d’Ethiopie, il précède les présentations du dragon cracheur de feu et du vert blanc. Un animal peu connu décrit par Michel Pastoureau, dans son Bestiaire du Moyen Âge, comme de taille immense et « dont la vue est si perçante qu’elle traverse les murs et les montagnes. Son nom, le lynx. Puis, questions d’actualité  « les mégafeux, un nouvel âge du feu » et « Le choix du feu, une question contemporaine », deux travaux qui parle de notre devenir en matière d’écologie et de développement durable. Nous pouvons aussi consulter la bibliographie ainsi que les sources Internet.

Le triangle du feu montrant les trois éléments indispensables pour une combustion chimique.

Lors de la cérémonie de réception/initiation, le Vénérable Maître prononce, ce qui pourrait faire trembler le néophyte, la sentence suivante : « qu’il passe mais qu’il soit purifié par le Feu »…

Cherchons, grâce à cette lecture enrichissante, nous aussi l’idée derrière le symbole. Le feu éclaire, réchauffe et brûle. Il est destructeur, purifiant et régénérateur !

Après l’épreuve du feu, le Vénérable Maitre déclare alors : « Les flammes que vous avez traversées heureusement, ont complété votre purification. Puissent celles de l’Amour embraser votre coeur !

C’est bien ce qu’a réalisé cet opuscule. Embraser notre coeur, de la chaleur des propos tenus, de cette chaleur si communicative. Puisse-t-il attiser la flamme qui est en vous…

Conform édition, Coll. Voix d’initiées, N° 21, 2022, 80 pages, 13 €. Disponible chez Conform édition https://bit.ly/3I3XMw8

Antimaçonnisme : L’infiltration maçonnique est-elle responsable de l’apostasie généralisée du clergé catholique ?

De notre confrère lifesitenews.com – Par Raymond Maria

Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies.

Quelque chose a sérieusement mal tourné au sein de la hiérarchie de l’Église. L’hérésie généralisée, le scandale, la corruption et l’apostasie des bergers que le Christ a condamnés à juste titre comme des « loups déguisés en brebis » sont trop systématiques, et maintenant manifestes, pour être le fruit du hasard ou de la faiblesse humaine.

Une planification ingénieuse et une exécution impitoyable et calculée ont amené la hiérarchie de l’Église à un tel état que les mauvais évêques ne cachent plus leur rejet du Dépôt de la Foi, leur haine de la morale chrétienne ou leur mépris envers les catholiques croyants et fidèles.

L’agenda pro-LGBT, pro-contraception, pro-avortement, pro-femmes-prêtres de la « voie synodale » des évêques allemands, le « rite de bénédiction » des évêques flamands pour les couples homosexuels, l’étiquetage dérisoire des catholiques traditionnels par le cardinal Arthur Roche plus protestants que catholiques, l’élévation par le pape de nombreux évêques pro-LGBT au Collège des cardinaux, la dissimulation de la tristement célèbre affaire McCarrick, le vaste réseau du lobby gay parmi les évêques et à l’intérieur des murs de Rome, la remise de l’Église clandestine en Chine au Parti communiste chinois (PCC) par le Vatican, l’approbation et l’adhésion du Saint-Siège à l’Accord de Paris sur le climat fortement pro-avortement, le culte de la Pachamama et la participation aux invocations indigènes des esprits des morts … La liste se rallonge de plus en plus.

L’apostasie massive à laquelle nous assistons aujourd’hui dans les rangs des plus hauts membres de l’Église n’a cependant pas été l’œuvre d’un seul jour ni d’une seule année. À cet égard, quelques faits aideront à mettre la situation actuelle en perspective. Le rapport ci-dessous comprendra les éléments suivants :

  • Le plan maçonnique d’infiltrer la hiérarchie de l’Église énoncé dans la « Alta Vendita » et la correspondance vaticane/maçonnique témoignant d’une tentative de prise de contrôle des séminaires italiens dans les années 1960.
  • Liste de Pecorelli de 1978 identifiant 120 fonctionnaires du Vatican qui étaient membres de la franc-maçonnerie, y compris leurs dates d’entrée, leurs numéros de code et leurs acronymes.
  • Faits sur la loge maçonnique romaine Propaganda Due (P2) et son chef Licio Gelli, en arrière-plan de la liste de Pecorelli.
  • L’enquête Gagnon commandée par le Vatican concernant l’infiltration des francs-maçons au sein du Saint-Siège et les circonstances entourant la mort de Jean-Paul I.
  • Le travail d’infiltration du père Luigi Villa contre les francs-maçons au Vatican, une mission confiée par Padre Pio et confirmée par Pie XII.
  • Des noms notables sur la liste de Pecorelli et les dommages causés à l’Église par les prélats maçonniques.

L’Alta Vendita : un plan maçonnique élaboré

À la fin du XIXe siècle, le document « L’Instruction permanente sur l’Alta Vendita » ordonnait aux membres de la loge maçonnique d’entreprendre un effort d’un siècle pour saper l’Église catholique de l’intérieur. Le document indiquait :

Le pape, quel qu’il soit, ne viendra jamais dans les sociétés secrètes. C’est aux sociétés secrètes de venir à l’Église… L’œuvre que nous avons entreprise n’est pas l’œuvre d’un jour, ni d’un mois, ni d’une année. Cela peut durer de nombreuses années, un siècle peut-être, mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue…

Une fois votre réputation établie dans les collèges… et dans les séminaires – une fois que vous aurez captivé la confiance des professeurs et des étudiants, faites en sorte que ceux qui sont engagés dans l’état ecclésiastique aiment à rechercher votre conversation… Alors peu à peu vous amenez vos disciples au degré de cuisson désiré. Lorsque sur tous les points de l’état ecclésiastique à la fois, ce travail quotidien aura répandu nos idées comme une lumière, alors vous apprécierez la sagesse du conseil dont nous prenons l’initiative…

Cette réputation ouvrira la voie à nos doctrines pour passer au sein du jeune clergé et aller jusqu’au fond des couvents. Dans quelques années le jeune clergé aura, par la force des choses, envahi toutes les fonctions. Ils gouverneront, administreront et jugeront. Ils formeront le conseil du Souverain. Ils seront appelés à choisir le Pontife qui régnera ; et que le Pontife, comme la plupart de ses contemporains, sera nécessairement imprégné des… principes humanitaires que nous allons mettre en circulation…

Que le clergé marche sous votre bannière en croyant toujours qu’il marche sous la bannière des Clés Apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige de la tyrannie et de l’oppression ? Posez vos filets comme Simon Bar Jona. Couchez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents, plutôt qu’au fond de la mer… Vous vous réunirez en amis autour de la Chaire Apostolique.

Au moment de la publication de l’Alta Vendita, la franc-maçonnerie italienne portait une animosité particulièrement anticléricale et une haine de la papauté et de l’Église. En 1877, la Loge, Propaganda Massonica, également connue sous le nom de Propaganda Due (P2), a été créée à Rome pour les personnes politiques dont l’adhésion a été gardée totalement secrète en raison des condamnations papales de la maçonnerie. Mais en 1917, pour célébrer leur 200e anniversaire, les maçons ont marché effrontément sur la place Saint-Pierre en brandissant une bannière qui disait : « Satan régnera au Vatican, le pape sera son esclave.

Plusieurs décennies plus tard, suite aux incitations de l’Alta Vendita, les francs-maçons en Italie ont commencé à exécuter un plan concret pour saper l’Église de l’intérieur. En 1961, le président de la Commission pontificale pour le patrimoine culturel de l’Église, Monseigneur Francesco Marchisano, qui portait le nom de code maçonnique FRAMA, écrivit trois lettres au grand maître du Grand Orient d’Italie (GOI) concernant un projet de sur les séminaires sacerdotaux dans les régions italiennes du Piémont et de la Lombardie.

Les séminaires de Trente, Turin et Udine ont été identifiés comme des lieux idéaux pour la tentative, où un bon nombre d’autres francs-maçons étaient connus pour s’être déjà infiltrés. Les lettres ont été obtenues et publiées en septembre 2002, par le P. Luigi Villa, dans un dossier intitulé « An Appointment Scandal », et encore en septembre 2019 , dans la revue fondée par le P. Villa, Chiesa Viva .

La publication de 2002 est venue en réponse à la nomination de Marchisano au poste de vicaire général de la Cité du Vatican et de président des Œuvres de San Pietro. Villa avait précédemment exposé les données complètes d’enregistrement maçonnique de Marchisano en juin 1981 à Chiesa Viva . Les lettres de Monseigneur au Grand Maître se lisent comme suit :

23 mai 1961

Vénérable et Illustre Grand Maître,

Avec une grande joie j’ai reçu, par F. MAPA [Mgr. Pasquale Macchi, secrétaire du pape Paul VI], votre tâche délicate : organiser tranquillement dans tout le Piémont et la Lombardie, un plan de destruction des études et de la discipline dans les séminaires. Je ne nie pas que la tâche est immense et j’ai besoin de nombreux collaborateurs, notamment parmi le corps enseignant. Vous devriez m’informer afin que je puisse les approcher dès que possible avec quelques tactiques d’étude. Je réserve des communications plus précises après une rencontre et un entretien personnel avec MAPA.

En attendant, veuillez accepter mes salutations priantes.

Frama

A Ven G. Maître du GO (remis en main propre)

12 septembre 1961

Illustre et Révérend G. Maître,

Après avoir approché et contacté à plusieurs reprises FF Pelmo et Bifra [Franco Biffi, Recteur de l’Université du Latran], je suis retourné au MAPA pour soumettre un premier plan de travail. Il recommande de commencer par la désintégration du curriculum, en faisant pression sur nos fidèles professeurs, car avec une nouvelle mise à jour des sujets de pseudo-philosophie et de pseudo-théologie, ils jetteront la semence chez les étudiants, désormais assoiffés de nouveauté. Ainsi, le bouleversement disciplinaire sera une simple conséquence qui se produira spontanément, sans que nous ayons à nous en occuper : les élèves penseront qu’ils l’ont fait eux-mêmes. Il est donc primordial que vous rémunériez bien ces professeurs dont vous avez déjà la liste. Je serai un surveillant diligent et je vous rapporterai tout, fidèlement.

Avec les salutations les plus dévouées et les plus amicales

Frama

Le Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en main propre)

14 octobre

Illustre et Révérend G. Maître,

Lors de la réunion, hier soir, FF [Fellow Freemasons] Pelmo, Mapa, Bifra, Salma [Salvatore Marsili, OSB Abbé de Finalpia], Buan [Abp. Annibale Bugnini, Commission de Liturgie], Algo [Alessandro Gottardi, Archevêque de Trente] et Vino [Virgilio Noe, Maître des Cérémonies] étaient présents, j’ai pu conclure que : – Premièrement, nous devrions commencer des expériences dans certains séminaires d’Italie, ceux de Trente et de Turin, ou celle d’Udine où nous avons un bon nombre de FF[Fellow Freemasons]; – Deuxièmement, nous devons répandre notre conception de la liberté et de la dignité humaine, dans tous les séminaires sans aucune hésitation de la part d’aucun des Supérieurs, ni par aucune loi. Nous avons besoin d’une impression complète. À ce stade, nous avons besoin d’une réunion avec vous tous pour décider comment agir et à qui confier les différentes tâches.

Avec mon salut priant

Frama

Le Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en main propre)

« Liste de Pecorelli » : 120 fonctionnaires du Vatican nommés francs-maçons

Le 12 septembre 1978, près d’un siècle après la publication de l’Alta Vendita et à peine deux décennies après le lancement du complot visant à reprendre les séminaires italiens, l’avocat et journaliste d’investigation italien Carmine Minor Pecorelli, directeur d’une agence de presse et d’un journal spécialisé dans les scandales politiques et les crimes, L’Osservatorio Politico , a publié une liste de cardinaux, d’évêques et de prêtres du Vatican de haut rang qu’il a identifié comme membres de loges maçonniques. La liste est devenue connue sous le nom de «Liste de Pecorelli» et comprenait les noms, les dates d’entrée dans la franc-maçonnerie, les numéros de code et les acronymes de 120 fonctionnaires du Vatican.

Pecorelli lui-même appartenait à la loge maçonnique romaine, Propaganda Due (P2), qui a été découverte par la police italienne comme ayant des membres de haut rang de presque toutes les branches du gouvernement du pays, y compris la défense nationale. Une enquête officielle a mis au jour des listes de membres regroupés par bureau politique, tous sous la coupe de Licio Gelli, vénérable maître de la loge maçonnique.

ABONNEZ-VOUS À NOS TITRES QUOTIDIENSNOUSCanadacatholique

On ne saura peut-être jamais pourquoi Pecorelli a publié une liste de membres de haut rang du Vatican qui, selon lui, comptaient également parmi les francs-maçons. Était-ce de la calomnie ? Était-ce pour discréditer l’Église ? Ou était-ce parce que sa liste aurait juste révélé le plus grand scandale dans les murs du Vatican de son (ou de notre) vie, un travail pas désagréable pour un journaliste politique avec des informations privilégiées sensibles.

Ce que l’on sait, c’est que Pecorelli a été abattu à Rome six mois plus tard, presque jour pour jour, le 20 mars 1979. Il a été tué de quatre coups de feu dans le quartier de Prati à Rome. Apparemment, les balles étaient de la marque Gevelot, un type de balle particulièrement rare que l’on ne trouve pas facilement sur les marchés légaux ou clandestins. Le même type de balle a été découvert dans le stock d’armes de la « Banda della Magliana », dissimulé dans le sous-sol du ministère de la Santé du gouvernement italien. Parmi les personnes visées par les enquêtes policières figurait le chef de Propaganda Due, Licio Gelli.

Propaganda Due et Licio Gelli

Licio Gelli n’avait rejoint la franc-maçonnerie italienne que quelques années auparavant en 1965. Cependant, il a rapidement accédé à un rôle d’une puissance incroyable au sein de la maçonnerie et en Italie lorsque, en 1970, Lino Salvini, alors Grand Maître de la Grande Loge d’Orient d’Italie, a chargé Gelli de restructuration de la Propaganda Due Loge de Rome, dont il devint le vénérable maître en 1975. Cette loge, fondée à l’origine en 1877 pour les politiciens romains dont l’appartenance à la maçonnerie devait être tenue totalement secrète en raison de leur fonction publique et de la proximité de la papauté, s’éleva de seulement 14 membres au milieu des années 1960 à près de 1 000 à la fin des années 1970 sous la direction de Gelli.

Le 17 mars 1981, la police italienne a fait une descente au domicile de Gelli dans le cadre d’une enquête sur l’enlèvement présumé du banquier sicilien Michele Sindona. Les autorités ont découvert des listes de 962 membres de la loge maçonnique Propaganda Due. Les noms comprenaient 43 membres du Parlement, 3 membres du cabinet, 43 généraux, 8 amiraux, les chefs de toutes les forces armées italiennes, les chefs des services de sécurité, des diplomates, des chefs de police dans les quatre plus grandes villes d’Italie et des fonctionnaires du Vatican, pour ne donner que quelques-unes des personnalités politiques les plus en vue.

Pour les autorités italiennes ne comptant pas parmi les membres de P2, le vaste réseau de maçons de Gelli qui lui était secrètement responsable constituait un « État dans l’État » et menaçait la stabilité et la souveraineté de la nation. Après s’être jeté dans la mêlée de la politique italienne, P2 a été impliqué dans des choses telles que l’attentat à la bombe du train « Italicus » de 1974, dans lequel 12 personnes ont été tuées, et le massacre de la gare de Bologne, dans lequel 85 personnes ont été tuées.

Il a également été découvert que ses membres avaient pris le contrôle de la Banque du Vatican, amenant le Saint-Siège au bord de la faillite dans un scandale financier qui a éclaté au milieu des années 1980 et dont le Vatican ne s’est pas encore complètement dégagé. Dans les années 1970, les activités de P2 ont fait sensation même au sein de la franc-maçonnerie, aboutissant finalement à la dissolution officielle de la Propaganda Due Lodge en 1981 par le Grand Orient d’Italie.

Le rapport Gagnon

Simultanément à la publication de la Liste de Pecorelli, dans l’enceinte du Vatican, les conclusions d’un audit officiel de trois ans de tous les bureaux du Saint-Siège, mené par Mgr Edouard Gagnon, concernant des allégations selon lesquelles certains prélats et clercs de la Curie romaine étaient secrètement membres de la franc-maçonnerie, ont été présentés en personne au pape Jean-Paul I. Selon les mémoires récemment publiés du secrétaire de Gagnon, le père Charles Murr, « Mgr Gagnon a constitué un dossier exhaustif qui ne laissait aucun doute sur le fait que ces allégations choquantes étaient en fait vrai. »

L’enquête de Gagnon sur la franc-maçonnerie au sein de la curie romaine avait été officiellement commandée par Paul VI en réponse à l’accusation particulière selon laquelle deux prélats de haut rang étaient des francs-maçons : Annibale Bugnini et Sebastian Baggio. Bugnini était en charge de la Commission pour la réforme de la liturgie latine à la suite du Concile Vatican II, qui a produit le Novus Ordo Missale Romanum . Baggio était préfet de la Congrégation pour les évêques, responsable de la nomination et du choix des évêques dans tout le monde catholique.

Bien que le contenu complet de l’enquête de Gagnon ne soit pas connu publiquement, certains détails sur l’affaire ont été divulgués. Parmi ces détails, il y a le fait que Gagnon a fait savoir qu’il avait en fait des preuves confirmant que l’archevêque Bugnini et le cardinal Baggio étaient membres de la franc-maçonnerie. Ces preuves comprenaient l’authentification de documents par INTERPOL, l’Organisation internationale de police criminelle, chargée d’enquêter sur les crimes internationaux. Les découvertes de Gagnon corroboraient ainsi la liste de Pecorelli, qui comprenait également les noms de ces cardinaux.

À la suite de l’enquête de Gagnon, Bugnini a été envoyé dans les dernières années de sa vie en Iran en tant que nonce apostolique, où il ferait ostensiblement le moins de mal à l’Église, étant donné la rareté des catholiques en Iran et l’interaction presque inexistante entre le Saint-Siège et le gouvernement islamique iranien.

Baggio, cependant, s’est avéré plus difficile à éliminer. En fait, il restera à la tête de la Congrégation pour les évêques jusqu’en 1984, plusieurs années après le pontificat du pape Jean-Paul II, occupant un mandat de douze ans à ce poste. La durée de son mandat contribuerait considérablement au mal incalculable causé à l’Église par ce faiseur de rois épiscopal maçonnique.

En prenant du recul, quelques faits frappants sur le pontificat d’un mois de Jean-Paul I soulèvent la question de la profondeur des complots maçonniques au sein du Vatican. Le 12 septembre 1978, Pecorelli a publié sa liste des fonctionnaires du Vatican qui étaient membres de la franc-maçonnerie. Le 25 septembre 1978, Mgr Gagnon rencontre en privé Jean-Paul Ier pour lui présenter les conclusions de son enquête de trois ans sur la même affaire. L’archevêque portait un gros dossier et fit savoir à son secrétaire qu’il avait abordé au Pontife le sujet de l’appartenance de Baggio à la Loge maçonnique. Il a également dit à son secrétaire que le pape avait accepté de traiter avec le cardinal maçon.

Le 28 septembre, Jean-Paul I appela personnellement Baggio pour qu’il vienne rencontrer le Pontife dans son bureau ce jour-là. Baggio a rencontré en privé le pape dans son appartement personnel plus tard dans la soirée à 20 heures pendant environ une heure et a été entendu crier après le pape par les gardes suisses qui étaient présents à l’extérieur de la pièce, ce dont ils ont témoigné plus tard. Le lendemain matin, 29 septembre, Jean-Paul Ier est retrouvé mort dans sa chambre. Le médecin a déclaré qu’il était décédé la veille vers 23 heures. Six mois plus tard, le 20 mars 1979, Pecorelli est abattu à Rome.

Compte tenu des circonstances et des questions entourant la mort de Jean-Paul Ier – le fait que le Pontife est décédé si soudainement à peine deux semaines après la publication de la Liste de Pecorelli, trois jours après avoir reçu le rapport de Gagnon en audience privée et seulement deux heures après sa confrontation avec Baggio, le maçon nommant les évêques de l’Église et le dernier homme à avoir vu le pontife avant qu’il ne soit retrouvé mort – le père Luigi Villa, un fonctionnaire du Vatican travaillant sous la protection du Saint-Office (dont nous parlerons plus loin), a ordonné Cardinal Palazzini pour faire procéder à une autopsie. Trois autopsies, officiellement appelées «examens médicaux», ont été pratiquées, le verdict de chacune confirmant que le pape avait été assassiné. Les résultats des autopsies n’ont pas été publiés par le Vatican,

Pr. Villa Luigi

Pour ajouter à l’intrigue maçonnique au sein de l’Église, en plus du travail de Mgr Gagnon dans l’enquête sur la franc-maçonnerie au Vatican, il y avait un autre prêtre qui, pendant plusieurs décennies, avant et après, a également été engagé dans la même mission.

En 1956, le P. Luigi Villa, en visite à Padre Pio, a été chargé par le saint de consacrer toute sa vie à la défense de l’Église contre le travail des francs-maçons, en particulier ceux de l’Église. Par la suite, le pape Pie XII a personnellement confirmé cette mission en donnant à Villa un mandat papal pour faire exactement cela. Le pape place le prêtre sous la protection des cardinaux Alfredo Ottaviani, préfet du Saint-Office, Pietro Parente et Pietro Palazzini.

Villa a travaillé sans relâche au cours de sa carrière sacerdotale pour découvrir et entraver les manœuvres des francs-maçons qui s’étaient infiltrés dans les rangs de la hiérarchie, endurant sept tentatives d’assassinat à cause des ennemis qu’il s’était fait.

En 1971, Villa fonde la revue Chiesa Viva , avec des correspondants de tous les continents, pour exposer le travail des maçons au sein de l’Église. Villa lui-même a mené des enquêtes sur l’appartenance des prélats et des prêtres au sein de la franc-maçonnerie, vérifiant les documents avec les dossiers de police et les listes des loges maçonniques. En 1992, Chiesa Viva a réédité la Liste de Pecorelli avec une présentation du magistrat Carlo Alberto Agnoli, auteur de « La Massoneria alla Conquista della Chiesa », qui a souligné la fiabilité de la Liste.

Noms notables sur la liste de Pecorelli

Des volumes pourraient être écrits sur les dommages causés à l’Église par les cardinaux, les évêques et les prêtres nommés francs-maçons sur la liste de Pecorelli. Je me limite à n’en considérer que quelques-uns.

L’archevêque Annibale Bugnini est répertorié comme ayant rejoint la franc-maçonnerie le 4 avril 1963, avec le numéro de code 1365/75 et l’acronyme BUAN. Bugnini était l’homme qui a dirigé les changements apportés à la liturgie, dont les objectifs étaient de supprimer du rite romain de la messe tout ce qui serait répréhensible pour les protestants. Les textes des anciennes prières de l’Église et ses sélections de l’Écriture ont été dépouillés d’une grande partie de leur contenu doctrinal ainsi que de l’accent tridentin prisé sur le caractère sacrificiel de la messe, si crucial pour contrer les hérésies protestantes. Les modifications apportées à la disposition du sanctuaire ont été calquées sur le style du temple maçonnique, dans lequel l’autel se dresse au centre plutôt que face à l’est.

Les connotations anthropocentriques notées de la liturgie Novus Ordo et le virage drastique vers une libéralisation de la doctrine et de la pratique dans l’Église, qui a accompagné les changements liturgiques de la messe, sont le fruit sans surprise du travail d’un franc-maçon autorisé à changer sans scrupule à volonté. tout ce qu’il voulait et croyait pouvoir imposer impunément à toute l’Église latine.

Tout aussi dommageable pour l’Église a été le long mandat du cardinal Sebastian Baggio dans son rôle de préfet de la Congrégation pour les évêques, ce qui a fait de lui une sorte de marionnettiste maçonnique. Selon la liste de Pecorelli, Baggio s’est inscrit à la loge maçonnique le 14 août 1957, avec le numéro de code 85/2640 et l’acronyme SEBA. En 1962, il a été nommé préfet de la Congrégation pour les évêques, après que le cardinal Jean Villot – également répertorié par Pecorelli comme maçon, et qui était à l’époque secrétaire d’État sous Paul VI – ait fait pression pour que Baggio soit nommé à ce poste. Il aurait été déjà assez grave qu’un franc-maçon ait une quelconque part dans le choix d’un évêque, mais que Baggio ait été nommé préfet de la Congrégation pour les évêques et était donc libre de nommer libéral, moderniste, homosexuel,

Dans une lettre à son vénérable grand maître, datée du 4 janvier 1969, Baggio a remercié la loge maçonnique d’avoir obtenu son élévation au Sacré Collège des cardinaux, assurant ses collègues maçons de sa coopération continue dans la pénétration des cercles ecclésiastiques, en particulier les rôles de leadership, pour dans le but de « ruiner toute l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs ». Cette lettre a été photographiée et récemment publiée en 2019 dans Chiesa Viva :

4 janvier 1969

Au Vénérable Grand Maître

Aux assistants les plus estimés

Je viens de recevoir de la Mapa la communication de ma nomination comme cardinal, obtenue de Vous par toutes Vos puissantes voies. Je m’empresse de vous exprimer à tous, Frères bien-aimés et estimés, mes remerciements reconnaissants et dévoués. Comme par le passé, je suis toujours à votre disposition concernant nos programmes d’expansion et de pénétration dans les milieux ecclésiastiques, en particulier dans ces sphères de leadership qui seront, demain, les points principaux pour ruiner toute l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs.

Avec une fidélité renouvelée, VF vous souhaite la bienvenue.

SB (Sébastien Baggio)

Pour ajouter l’insulte à l’injure à l’Épouse du Christ et assurer la retraite totale de l’arrière-garde des évêques orthodoxes dans l’Église, c’est pendant le règne de Baggio en tant que faiseur d’évêques que l’âge de la retraite de 75 ans a été fixé pour la première fois dans le L’histoire de l’église. L’effet immédiat de la nouvelle législation a été que de nombreux sièges épiscopaux à travers le monde sont devenus vacants lorsque les évêques de plus de 75 ans ont remis leurs lettres de démission. Cette situation a particulièrement permis à Baggio d’avoir les mains libres pour remplacer la quasi-totalité de l’épiscopat de l’Église en très peu de temps et tenter de le remodeler à son image. Rarement un homme, qu’il soit pape ou évêque, n’a été en mesure d’influencer une si vaste partie de l’épiscopat catholique en si peu de temps.

C’est à partir de cette époque que l’Église aux États-Unis a reçu des évêques tels que McCarrick, Weakland, Mahony, Brown et Bernadin. Les crimes et les péchés de ces hommes comprennent le viol homosexuel, une liaison homosexuelle, les abus sexuels sur mineurs, la dissimulation de prêtres violents, la défense des femmes prêtres, un militant piétinant la musique et la liturgie traditionnelles de l’Église, l’interdiction aux catholiques de s’agenouiller avant le Saint-Sacrement de la Sainte Communion, et l’édulcoration de l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie humaine pour l’enfant à naître, pour ne mettre que quelques péchés et scandales à leurs noms.

Parmi les autres personnes nommées sur la liste de Pecorelli figurent le cardinal Villot, secrétaire d’État du Saint-Siège sous Paul VI, qui a agi comme une sorte de patron de Baggio, le faisant nommer à la Congrégation pour les évêques. Également nommé était l’évêque Paul Marcinkus, chef de la Banque du Vatican, qui a rejoint la maçonnerie le 21 août 1967, avec le numéro de code 43/649, et l’acronyme MARPA, qui a été impliqué dans le scandale bancaire qui a failli renverser financièrement le Saint-Siège en les années 1980.

Un autre nom important était le cardinal Agostino Casaroli, ministre des Affaires étrangères sous Paul VI et secrétaire d’État sous Jean-Paul II. Casaroli est entré dans la maçonnerie le 28 septembre 1957, avec le numéro de code 41/076, sous l’acronyme CASA. C’est Casaroli qui était responsable de l’attitude ouverte du Vatican envers les communistes pendant le pontificat de Paul VI, une politique appelée Ostpolitik , qui a conduit le pape à destituer le cardinal József Mindszenty comme primat de Hongrie, entraînant la création d’une église d’État sous le contrôle des dirigeants communistes hongrois. Cette politique a ensuite été rejetée par Jean-Paul II, venant comme il l’a fait de derrière le rideau de fer, mais le mal à l’Église en Europe de l’Est avait déjà été fait.

Maintenant, de peur que l’on pense que les maçons nommés sur la liste de Pecorelli appartiennent au passé, il faut souligner qu’au cours de la dernière décennie, des noms sur sa liste continuent d’apparaître dans les événements du Vatican. Un seul de ces cas est Monseigneur Pio Vito Pinto, que Pecorelli a identifié comme étant entré dans la maçonnerie le 2 avril 1970, avec le numéro de code 3317/42 et l’acronyme PIPIVI. Pinto a régné en tant que doyen de la plus haute cour de l’Église, la Rote romaine, de septembre 2012 à mars 2021, faisant la une des journaux lorsqu’il a pris sur lui de critiquer les quatre cardinaux qui avaient soumis la « dubia » au pape François concernant son enseignement dans Amoris Laetitia sur l’admission des divorcés remariés à la Sainte Communion.

Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies. Une vérification complète de la liste, bien que difficile, est certainement possible, étant donné la saisie par la police des documents de Licio Gelli nommant tous les membres de la loge maçonnique de Rome, Propaganda Due. Le rapport de Mgr Gagnon est également inédit dans les archives du Vatican. A ces sources s’ajoutent les enquêtes menées par le P. Luigi Villa, dont certains ont été publiés dans la revue Chiesa Viva.

Avec des prélats italiens tels que l’évêque Francesco Soddu de Terni qui ont récemment prétendu assister publiquement à l’inauguration d’une nouvelle entrée à la loge maçonnique du Grand Orient d’Italie, une nouvelle enquête sur la franc-maçonnerie dans les rangs de la hiérarchie de l’Église se fait attendre depuis longtemps. Ce n’est qu’alors que les dommages que la Maçonnerie a causés et causent au Corps du Christ commenceront à être mis en lumière.

Laurent Kupferman et ses « 3 minutes pour comprendre… » : la note de lecture

L’histoire, les loges, les rituels, les mythes, le langage symbolique, la spiritualité…

Vous avez dit Franc-Maçonnerie ? Bien sûr, vous en avez déjà entendu parler, mais savez-vous vraiment de quoi il s’agit ? S’il est vrai que ce genre d’ouvrage s’adresse plus à un public curieux et désireux apprendre, force est de reconnaître qu’il sera bien utile aux frères pour acquérir et comprendre les bases de l’Art Royal.

Laurent Kupferman – Préface de Jacques Ravenne – Postface de Pierre Mollier

Le Courrier du Livre, 2016,158 pages, 18 €

Hier, nous vous avons proposé l’entretien télévisé de notre très cher Frère Laurent Kupferman par TV5 Monde. Ce matin, nous vous invitons à prendre connaissance de notre note de lecture…

Interview par Jacques carletto

C’est donc un livre de « vulgarisation intelligente », qui aidera à comprendre les 50 principes fondamentaux de la maçonnerie. Il met les idées ou thèmes chers aux Sœurs et aux Frères en texte et en image et les explique de façon claire et accessible à tous, même celles qui peuvent paraître des plus complexes en 30 secondes, 2 pages, 300 mots et 1 photo ou plusieurs photos, soit 3 minutes en tout pour connaître. Ainsi le maçon pressé verra son appétit livresque satisfait.

Sept grands thèmes sont étudiés avec le même souci pédagogique : les francs-maçons des origines – les premières loges, les statuts Schaw, les travaux spéculatifs, la Franc-Maçonnerie obédientielle, l’installation en France de l’ordre maçonnique ainsi que le profil de James Anderson –, les rituels – la méthode maçonnique et les différents rites (Français, Écossais Ancien et Accepté, Rectifié, Émulation et Égyptien –, le langage symbolique – avec l’analyse de différents symboles : équerre, compas, maillet, ciseaux et truelle –, les mythes – géométrie, alchimie, kabbale, chevalerie –, l’universalisme de la franc-maçonnerie, les valeurs, la spiritualité et la religion en franc-maçonnerie. Plus de trois cents ans de pratique du noble art sont ainsi parcourus.

Jacques Ravenne

Dans sa préface, l’auteur de romans policiers Jacques Ravenne énonce que, loin des approximations historiques ou des approches idéologiques, cette « synthèse permet enfin de découvrir le vrai visage de la franc-maçonnerie », qui est, selon lui, « une fraternité de réflexion et d’échange, centrée sur l’humain, engagée auprès de son prochain ».

Pierre Mollier

Dans sa postface Pierre Mollier, conservateur du musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), rappelle que Laurent Kupferman « s’emploie avec bonheur à faire découvrir au grand public les richesses de la tradition maçonnique ». Nous applaudissons des deux mains !

1re de couverture, détail.

Enrichi de sources bibliographiques et d’un index, nous pouvons que nous féliciter aussi de découvrir différents profils. Une façon d’aborder simplement la vie et l’œuvre maçonnique de grand personnages qui ont marqué l’histoire de la Fraternité, tels que James Anderson, Johann Wolfgang von Goethe, André Michel Ramsay, dit le chevalier de Ramsay, Maria Deraismes, le sans doute moins connu homme politique Léon Bourgeois – président du Conseil des ministres, législateur aguerri, un des rares hommes politiques à avoir présidé les deux chambres du Parlement français, considéré comme l’inspirateur et le théoricien du solidarisme et qui en 1920, devint président du premier Conseil de la Société des Nations, ainsi que lauréat du prix Nobel de la paix – et Rudyard Kipling.

Rudyard Kipling, un maçon, un vrai!

Revenons sur le plus célèbre de ces profils, celui de l’écrivain britannique Rudyard Kipling (1865-1936),dont les cendres reposent dans le Poets’ Corner de l’abbaye de Westminster. Ses ouvrages pour la jeunesse ont connu dès leur parution un succès qui ne s’est jamais démenti, notamment Le Livre de la jungle (1894), Le Second Livre de la jungle (1895), Histoires comme ça (1902) et Puck, lutin de la colline (1906).

Il est également l’auteur du roman Kim (1901), de poèmes Mandalay (1890), Gunga Din (1890), et If  (1910) – adapté par André Maurois dans son livre Les Silences du colonel Bramble (publié en 1918) sous le titre Tu seras un homme, mon fils – sont parmi les plus célèbres. Il est aussi l’auteur de nouvelles, dont L’Homme qui voulait être roi (1888).

Médaille du prix Nobel de littérature.

Il a été considéré comme un « innovateur dans l’art de la nouvelle », un précurseur de la science-fiction et l’un des plus grands auteurs de la littérature de jeunesse. Son œuvre manifeste un talent pour la narration qui s’est exprimé dans des formes variées.

En 1907, il est le premier auteur de langue anglaise à recevoir le prix Nobel de littérature. Premier lauréat anglophone et le plus jeune à l’avoir reçu, à 42 ans, pour ces motifs : « en raison de la puissance d’observation, de l’originalité d’invention, de la vigueur des idées et du remarquable talent narratif qui caractérisent les œuvres de cet écrivain mondialement célèbre. » Par la suite, il a refusé d’être anobli.

Au sujet de son parcours maçonnique, contrairement à ce que l’on lit ici et là, il ne semble pas que le père de Kipling ait été Maçon, ni n’ai usé de ses relations pour le faire enter en Maçonnerie. Tout commence à Lahore… dans Quelque chose de moi écrit vers la fin de sa vie.

Les minutes de la Loge Hope and Perseverance n° 782 relate abondamment son initiation, passage et élévation.

Le procès-verbal de la tenue ordinaire de la Loge Hope and Perseverance n° 782, qui s’est déroulée au Masonic Hall (Anarkali), Lahore, Inde, le lundi, le 5 Avril 1886 rapporte que « … Le candidat, M. Joseph Rudyard Kipling, a ensuite été admis et initié en due forme dans les mystères et les secrets de l’ancienne franc-maçonnerie, le Vénérable Maître lui ayant conféré le grade… »

Tempel maçonnqiue Lahore, Inde.

Il en est de même pour son passage lors de la tenue régulière le lundi 3 mai 1886 : « Le Frère Kipling, candidat au 2ème grade – Compagnon-, a été dûment examiné dans au premier grade,- Apprenti -, et ayant prouvé ses compétences, il a été autorisé à se retirer pour être préparé. La Loge fut alors ouverte au 2° grade. Le candidat a ensuite été réadmis et passé au 2° grade, en due forme selon les anciens rites. »

Quant à son élévation, elle a lieu lors de la tenue ordinaire du lundi 6 Décembre 1886, dont il est amusant de savoir que les minutes de cette élévation au 3e grade ont été écrites de la main même de Kipling. La loge cherchait effectivement un Frère Secrétaire… Par ailleurs, il a été avancé à la marque dans la Loge Fidélité n ° 98, à Lahore, le 14 Avril 1887, puis élevé au Royal Ark Mariner dans la Loge Mont Ararat n ° 98, le même jour.

Il est aussi membre fondateur de la Loge « Builders of the Silent Cities » (« Les Bâtisseurs des Cités Silencieuses »), de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises (GLNIR). Une Respectable Loge consacrée le 7 janvier 1922, à l’Orient de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Un nom que nous devons à l’écrivain, dont le fils John avait disparu dans les combats sur la Somme en 1915. Rudyard Kipling resta membre de l’Atelier jusqu’à sa mort le 18 janvier 1936, mais il n’assista à aucune tenue.

Avec un tel ouvrage entre les mains, les Surveillants et Vénérables Maîtres, pourront, à loisir, instruire et former, en puisant à une source sérieuse.

Joséphine Baker en 1940, photographie Studio Harcourt.

Fils de l’historien Fred Kupferman et de l’auteure Sigrid Kupferman, Laurent Kupferman, essayiste, chroniqueur et documentariste est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués sur la franc-maçonnerie et a publié, en collaboration avec Emmanuel Pierrat, Les Grands textes de la Franc-Maçonnerie décryptés (Éditions First, 2010), Ce que la France doit aux Francs-maçons et ce qu’elle ne leur doit pas (Éditions First, 2012), Le Paris des Francs-Maçons (Cherche-Midi, 2013), Les Aventuriers de la République (Fayard, 2015) et 3 minutes pour comprendre l’histoire, les fondements et les principes de la République française (Le Courrier du Livre, 2017) et Rassembler-La franc-maçonnerie : une voie vers soi et vers les autres (Dervy, 2021).

Il est à l’origine de la panthéonisation de la chanteuse Joséphine Baker avec le président Emmanuel Macron suite à la pétition « Osez Joséphine Baker au Panthéon » qu’il initie en 2021 et qui recueille 40 000 signatures.

Le Courrier du Livre excelle à publier des ouvrages de qualité dans de nombreux domaines tels que : médecine chinoise, quantique, thérapies énergétiques et spiritualité.

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Claudia Trédaniel, sa directrice éditoriale, fait la part belle à la cause animale, à la vulgarisation des sciences, et à toutes les formes de santé au naturel-phytothérapie, aromathérapie, homéopathie, etc. Beaux livres illustrés, petits guides pour mieux vivre au quotidien ou livres pratiques accompagnés d’un DVD, font le succès de cette marque éditoriale qui accorde un soin tout particulier au sérieux de ses auteurs et à l’esthétisme de ses publications.

Le Courrier du Livre est une des composantes du Groupe Guy Trédaniel, proposant les plus grands noms en spiritualité et nous offrant des ouvrages de référence.

3 minutes pour comprendre est une collection scientifique pour aborder tous les grands domaines de la connaissance qui offre plus de quatre-vingt ouvrages. Pour chaque théorie, une double page : une explication simple, claire et concise sur la première, des schémas ou photographies pour mieux comprendre sur l’autre.

La 4e de couverture.

De l’obscurité à la lumière

De notre confrère expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda

Soyez La Lumière et laissez-la rayonner en vous, rejetant les ténèbres ; soyez l’amour et laissez l’amour couler librement en vous, et aidez ainsi à répondre à l’énorme besoin dans le monde.
Carla Dragoni

Il y a des moments importants qui célèbrent des cycles fondamentaux impliquant la terre, le soleil, la lune, toute la nature, la vie, l’univers lui-même. Ces anniversaires sont célébrés régulièrement chaque année et ont joué un rôle très important dans de nombreuses sociétés anciennes.

Les récurrences telles que les solstices font donc partie de la vie de nombreux êtres humains et le souvenir est sûrement en chacun de nous même si nous n’en sommes pas conscients.
Chaque année, presque à l’approche de Noël, est célébré le solstice d’hiver, qui tombe cette fois à 22h47 le 21 décembre.

Au-delà de la compréhension des mécanismes naturels et astrologiques qui la régissent, ce qui m’a toujours fasciné, c’est la signification symbolique qu’elle porte en elle.

Ce jour-là, il y a un changement de témoin dans la vie de la nature, le vieux soleil est accueilli pour en accueillir un nouveau.

La nuit du 21 décembre est la plus longue de l’année, celle où est franchie la frontière du domaine des ténèbres, qui atteint ici son apogée, avec le retour de la Lumière.

La nature nous apprend à vivre, car c’est la vie qui se manifeste honnêtement, authentiquement, dans son alternance d’obscurité et de lumière.

La danse des polarités anime le monde de manière totalitaire, elle se révèle, impeccablement, dans l’alternance de chaque jour de la domination du soleil et, par la suite, de celle de la lune avec la nuit.

Ce rythme accompagne notre vie, profane et maçonnique.

Le terme « Solstice » vient du latin solstitium , composé de « sol » , Soleil, et « sistere » qui signifie « s’arrêter » : le Soleil s’arrête, dans le ciel, pendant trois jours, jusqu’à Noël et à cette date magique dans dont nous nous souvenons de la naissance de Jésus, nous assistons aussi à la renaissance du Soleil qui, après une longue période de déclin, se lève à nouveau et fait prévaloir la Lumière sur les ténèbres.

Le solstice d’hiver représente donc un début, le moment où l’on assiste à une nouvelle aube intérieure. C’est le symbole de la renaissance spirituelle, la défaite des ténèbres par le Soleil, le triomphe de la Lumière et, cette dernière, est le symbole central de l’initié.

Mais ce n’est pas la seule manifestation de polarité ; on le retrouve dans l’alternance de la respiration, passant d’une phase inspiratoire active, qui rappelle le Soleil, à une phase expiratoire passive, ou lunaire, dans un rythme incessant qui détermine la vie de chacun. Comme l’action et le repos. Joie et tristesse. Naissance et mort. Santé et maladie. Le oui et le non. Le positif et le négatif. Chaque aspect de l’existence peut être attribué à ces deux éléments essentiels ; yin et yang, le cœur de la culture chinoise.

Dans son symbole le plus intime, la Lumière fait référence à la puissance de l’âme, au rayonnement qui peut illuminer notre esprit, nos actions, la vie, soutenant des actes élevants, quelque chose de sage, de neutre, de positif. Il nous montre la possibilité de vivre heureux en relation avec notre âme.

L’obscurité nous ramène la perception de la perte, du tourment, de ne pas pouvoir voir où nous sommes, qui nous sommes et où nous voulons aller. Une sorte d’état involutif ou d’être bloqué, perdu dans le labyrinthe de son propre esprit et de la souffrance et de la limitation humaines.

Combien de « franc-maçonnerie » y a-t-il dans un solstice ?

Si je réfléchis à l’opportunité que me donne le solstice d’hiver de renouveler ma présence dans ma Lumière, ma pensée se tourne immédiatement vers le mantra Wahe Guru, l’un de ceux qui m’est le plus cher, qui résume parfaitement l’essence du jeu de l’alternance entre l’obscurité et Lumière, dans un sens qui honore la préciosité des deux états.

Analysons le mot Gourou : GU est l’obscurité et RU la Lumière. Il y a donc un mouvement des premiers vers les seconds ; Je ne peux trouver la Lumière que dans l’obscurité. Ou nous pourrions l’interpréter autrement. Dans les ténèbres les plus profondes la Lumière est enfermée, mais aussi que nous pouvons aller des ténèbres vers la Lumière. Ou encore, que l’un n’existe pas sans l’autre.

Un vieux Maître Maçon est un « Guru », surtout pour les jeunes Frères, qui se tournent vers lui pour les doutes, les perplexités et les incertitudes. Nous savons bien que le chemin de la connaissance ésotérique est semé d’embûches ; Qui d’entre nous ne s’est pas retrouvé « dans le noir », pour ensuite entrevoir la Lumière et retrouver le bon chemin ?

L’attente de la Lumière et l’effort pour recommencer le voyage signifient qu’il est difficile d’être libre, tandis que le sommeil, l’obscurité et l’aliénation sont plus faciles.

Un franc-maçon le sait et, à travers les Solstices, boucle les cercles, fait le point, se remet en question et, après un certain militantisme, parvient à devenir une référence pour les autres Frères, éclaire et devient un phare.

C’est pourquoi, à chaque solstice d’hiver, essayons de vivre avec la conscience de ce moment extraordinaire de nouvelle Lumière et souvenons-nous de l’enseignement de Jean l’Évangéliste :

La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas reçue.
Jean 1.5

Rituel 1er grade du Rite Écossais Rectifié – « Sur le mur oriental, à la hauteur d’environ six pieds au dessus du gradin, et cependant en dessous du dais, est représenté un triangle ; des rayons de lumière sortent par ses trois côtés, avec cette inscription : ET TENEBRAE EAM NON COMPREHENDERUNT.

Un couplet intense, qui explique trois concepts merveilleux : il n’y a pas que des ténèbres dans notre monde ; la lumière brille et est pleine de force et de vie ; il brille dans l’obscurité, pas en dehors.

Qu’est-ce que la maçonnerie et comment fonctionne-t-elle ?

De notre confrère diarionucleo.com – Par Par Núcleo Daily Newsroom

Son président, Esteban Tagliaferro, a raconté à Diario Núcleo l’histoire fascinante des francs-maçons de Pergamine et a expliqué pourquoi ils étaient une société secrète et qu’ils décident aujourd’hui d’ouvrir leurs temples à la société.

Aucune des sociétés secrètes qui se sont formées au cours de l’histoire n’a inspiré autant de fantasmes et autant de mythes dans l’inconscient populaire que la franc-maçonnerie. Pendant des siècles, ils sont restés anonymes célébrant leurs rencontres fraternelles dans des temples cachés à travers le monde, gardant vivants des rituels anciens et leurs principes philanthropiques originaux. Mais le monde change, et la franc-maçonnerie a également changé, et c’est pourquoi aujourd’hui ils ont décidé de montrer au monde qui ils sont et quel est l’objectif de l’institution.

« Nous ne sommes plus secrets, nous sommes discrets »

Esteban Tagliaferro est le président de la Logia XX de septembre 144  fondée en 1898 par des immigrants italiens qui ont apporté les idéaux maçonniques d’Europe à la ville de Pergamino. Il est actuellement composé de plus de 20 personnes qui se réunissent tous les 15 jours pour discuter de problèmes spécifiques de société et, par un travail intellectuel, chercher une solution. « La franc-maçonnerie essaie, au sein de ses loges, de former des hommes honnêtes, c’est-à-dire des personnes intellectuellement qualifiées et éclairées, dotées d’un sens élevé de l’éthique et de la morale. Ensuite, ces hommes se tournent vers la société pour l’influencer vertueusement. Dans les loges, essayez de cultiver le plus de disciplines possible sachant qu’on ne saura jamais tout, car leUne condition sine qua non pour tout franc-maçon est de se reconnaître définitivement comme apprenti«  , déclare Esteban .

– Comment devient-on franc-maçon ?

– C’est du libre choix. Vous vous présentez, sollicitez un entretien et après deux ou trois rencontres on voit si vous réunissez les qualités nécessaires pour entrer dans l’ordre, qui pour nous sont celles d’ être un homme libre et de bonnes manières . Libre de tout dogme et de tout fanatisme, et dans le respect des bonnes mœurs, soyez un homme moral, une bonne personne.

– Quel est le rôle d’un président de loge maçonnique ?

– Ce n’est pas un patron mais un leader, et en franc-maçonnerie nous comprenons le leadership comme un service. Nous devons servir nos frères . La chose la plus importante que nous ayons dans cette institution est la fraternité, se reconnaissant comme frères . Le fait que nous nous considérions comme des frères est quelque peu déroutant, nous ne sommes pas frères d’un point de vue religieux mais d’un point de vue humaniste et philanthropique. Nous nous reconnaissons comme des enfants de la nature, nous respectons notre dignité d’homme et c’est à partir de là que nous nous reconnaissons comme tels . En ce sens, le vénérable maître de loge est un premier parmi ses pairs. C’est une position méritocratique de l’intelligentsia, pas d’une autre connotation.

– Pensez-vous que les mythes qui se sont créés autour de la franc-maçonnerie en raison de son secret ont une certaine logique ?

– Nous étions à l’origine secrets parce qu’au Moyen Âge , la Sainte Inquisition t’a saisi et t’a mis en pièces. Et n’allons pas si loin dans l’histoire, les fascismes européens du 20e siècle vous ont également persécuté, nous avons eu notre propre holocauste à cette époque. Donc, à ces moments-là, le secret était impératif. Au contraire, nous vivons aujourd’hui dans un État de droit et nous n’avons à nous cacher de personne.

Franc-maçonnerie sur parchemin

La  Loge XX de septembre 144  a été fondée à la fin du XIXe siècle par la première vague d’immigrants italiens dans notre pays, avant la deuxième vague due à la Première Guerre mondiale . La loge Pergaminense a établi son premier temple au siège de la Société italienne de bienfaisance et d’entraide , où se trouve actuellement l’ école Nº1 .

– En Europe, vous pouvez trouver de nombreux bâtiments historiques qui ont des symboles maçonniques. Pouvez-vous voir des constructions avec des références maçonniques en parchemin ?

– Non. Nous sommes une jeune nation. En Europe on peut voir une cathédrale ou un château avec des marques allusives mais parce qu’ils datent du moyen-âge. 

– Alors comment se rendre compte du travail réalisé par ces premiers maçons ?

– Comme je vous l’ai déjà dit, la franc-maçonnerie travaille avec les besoins spécifiques du moment. Ces personnes ont laissé leur empreinte dans la fondation de la coopérative Pergamino Electric Limited, dans la construction de la première statue de San Martín, dans l’ouverture de la première bibliothèque publique de Pergamino et dans la création de la Normal 1 . C’étaient les préoccupations de l’époque et les premiers maçons se concentraient là-dessus. En ce qui concerne les symboles de la franc-maçonnerie, vous les trouverez à l’endroit le moins attendu, dans les cimetières . 

– Et venant plus au présent. Y a-t-il une pièce sur laquelle vous travaillez aujourd’hui ?

– Si je réponds à cette question, je pourrais révéler un frère et c’est le secret le mieux gardé. Je peux vous dire que je suis maçon mais il ne sortira jamais de ma bouche lequel de mes frères en est un aussi. Cela est dû au secret que nous faisons dès que nous entrons dans l’institution, c’est un ordre de chevaliers.

Une nation forgée par des francs-maçons

La liste des grandes personnalités de l’humanité, dans absolument toutes les disciplines, qui ont été francs-maçons, est bien connue et étendue. On sait aussi que des héros nationaux comme Belgrano, Sarmiento et San Martín pratiquaient aussi la franc-maçonnerie, « les membres de la Primera Junta, à l’exception d’Azcuénaga, étaient tous frères . C’est une nation forgée par les francs-maçons » , ajoute Esteban et ajoute, « le La loi 1420, qui est la loi originale de l’enseignement libre et gratuit en Argentine, est également issue d’une loge » .

– Dans votre cas particulier, qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre la loge ?

– Je suis entré parce que je cherchais un environnement de débat et d’étude qui ne soit pas soumis à ces deux grandes passions qui nous divisent les hommes, je parle de la religion et de la politique partisane. En effet, dans cet établissement, il est strictement interdit de parler de l’un ou l’autre de ces deux sujets. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas qu’on ne parle pas de politique parce qu’on en parle, on ne parle pas de politique partisane. Et en ce qui concerne la religion, nous considérons qu’elle est réservée exclusivement à la juridiction intime des hommes et qu’elle ne relève pas du débat public. De même , cela ne veut pas dire que nous sommes des hommes religieux, nous ne sommes pas des libertins .

– Pourquoi pensez-vous que la franc-maçonnerie devrait être importante aujourd’hui ?

– Il me semble que c’est un lieu plus que propice au débat d’idées de manière sereine et sans préjugés . Parfois, on entend dans les médias que des questions sont débattues à partir d’une orbite biaisée par une sorte d’idéologie partisane et vous vous rendez compte que le débat qu’ils ont déjà eu lieu il y a de nombreuses années et qu’il n’a pas fonctionné. Il me semble que la richesse de l’institution est d’être un lieu neutre de débat d’idées . Mais avant tout, je considère que la chose la plus importante que l’institution a à offrir à la société post-pandémique est d’être un point de rencontre et de fraternité entre égaux. 

3 minutes pour tout comprendre sur la franc-maçonnerie

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De notre confrère TV5 Monde

Entretien avec Laurent Kupferman, journaliste, auteur de « 3 minutes pour comprendre les 50 principes fondamentaux de la franc-maçonnerie » aux éditions Courrier du Livre. La franc-maçonnerie fascine, intrigue, exaspère. Discrète, elle est présente sur les tous les continents. Que veut, que prône et que pèse-t-elle ? Réponse avec l’un des meilleurs spécialistes de la question.