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Aujourd’hui, les Francs-Maçons : Demain TV

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« Aujourd’hui, les Francs-Maçons » c’est le thème de cette Edition de Tambour Battant présentée par Antoine Spire et Patrick Tudoret. En première partie d’émission Ils vous proposent un entretien avec : Jean Luc Le Bras, historien de la franc maçonnerie et Françoise Vignon, Dirigeante de la Grande Loge féminine de France.

Ils présentent l’histoire depuis le 17e siècle et les pratiques des francs maçons. Ils insistent sur le sens humaniste de leur engagement et sur leurs rapports au Temple dans lequel ils se réunissent . En deuxième partie d’émission ils vous propose un débat « Sur le gril » entre Patrick Kessel , ancien grand maître du Grand Orient , et Floriane Chinsky, rabbin de « judaïsme en mouvement ». Les deux invités vous donne des éclairages les questions suivantes: Peut on parler d’une spiritualité franc maçonne spécifique ? Dans ce contexte, quelle place prend l’attachement à la laïcité? Enfin le grand témoin de l’émission est : Eric Badonnel , spécialiste de protection sociale et de politique de santé publique Il justifie l’importance des pratiques rituelles et revient sur l’attachement des francs maçons aux symboles ; pour lui les liens de fraternité l’emportent sur le souci opportuniste de se constituer un réseau social.

Lieu symbolique : « Le Temple de l’union » de Gildas Raineau, à Tablier (Vendée)

Mes très chères Sœurs et très chers Frères, chers amis(ies) non Maçons, afin de terminer cette année en beauté, nous vous proposons une balade au cœur d’un lieu nommé « Le Temple de l’union », véritable jardin paradisiaque.

Pour nous Maçons, la Loge est le Centre de l’Union

Considérant les Constitutions d’Anderson* de 1723, nous citons « … Un maçon est obligé d’obéir à la loi morale… Elle consiste à être bon, sincère, modeste, et gens d’honneur, par quelque domination, croyance particulière qu’on puisse être distingué : d’où il s’en suit que la Maçonnerie est le centre de l’Union et de moyen de concilier une sincère amitié parmi des personnes qui n’auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles… »

« Le Temple de l’union » du sculpteur Gildas Raineau est, lui aussi, un éden où règne la Sagesse, la Force et la Beauté , véritables vertus. Mais Sagesse, Force, Beauté ne gratifient-elles pas aussi les trois Grands Maîtres que sont le roi Salomon (Sagesse), Hiram roi de Tyr (Force) et Hiram Abif (Beauté) ? Alors, être le centre de l’union pour devenir, peut-être, un citoyen de l’Univers

Mais, rappelons-le, nul besoin de recevoir la lumière pour devenir ou être un Homme bon. Cela est d’ailleurs souvent rappelé par les guides conférenciers du musée de la franc-maçonnerie, labellisé Musée de France.

Mais revenons à cet amoureux de l’art et de l’histoire qu’est Gildas Raineau, artiste travaillant la pierre afin d’édifier son palais, réel royaume universel. Royal, tout un art ! Son temple s’inspire des philosophies, des religions et des civilisations.


Amoureux de l’art et de l’histoire, l’artiste travaille la pierre afin d’édifier son palais dans la commune du Tablier, commune rurale située dans le département de la Vendée, en région Pays de la Loire. Il réside au lieu-dit le Chaos de Piquet

D’ailleurs la commune Tablier nous fait penser à cette expression, souvent citée au sein de notre respectable Fraternité, à savoir celle de « Maçon sans tablier ». Il existe, hélas, tellement de « Tabliers sans maçon »…

Gildas Raineau, le sculpteur de Piquet, continue, lui, a taillé inlassablement sa pierre, déclarant : « J’ai commencé par la peinture […] Vers 20 ans j’ai pris des cours et je réalisais des peintures d’inspiration naïve, un peu oniriques et surréalistes… »

Nous reproduisons bien volontiers, son interview accordée à Page Vagabonde 365 de Jean-Marie Poirier. Qu’il soit, ici et maintenant remercié pour ce beau témoignage. Un portrait daté du 7 avril 2022.

TV Vendée n’est pas en reste et diffuse une vidéo de Gildas Raineau.

*Nous recommandons la reproduction gratuite sur l’excellentissime site BnF-Gallica des « Constitutions des francs-maçons ou Constitution d’Anderson » de 1723 en anglais et en français Anderson, James (1679-1739) par Maurice Paillard, 33e.

Le jardin sculpté de Gildas, ce fils d’agriculteur, façonnant un magnifique et œcuménique royaume depuis 2003, présente un air de Palais Idéal du Facteur Cheval. C’est sans doute cela le vrai bonheur !

En ce vendredi 30 décembre, en vérité, je vous le dis « Que la paix règne sur la terre ! Que l’amour règne parmi les hommes ! Que la joie soit dans les cœurs ! »

Nous n’hésiterons pas, si besoin est, à revenir sur les œuvres de ce formidable artiste…

Sources : Ouest-France ; france3-regions.francetvinfo.fr ; tvvendee.fr

Complot et réseau maçonnique

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Proposé par la Bibliothèque nationale de France

Qu’est-ce que la théorie du complot maçonnique ? Comment est-elle née au 18e siècle ? Pourquoi et comment s’est-elle développée jusqu’à nos jours ? En quoi est-elle liée à l’idée d’entraide, constitutive de la franc-maçonnerie ?

Thierry Zarcone, directeur de recherches au CNRS, Eric Giacometti, écrivain et auteur, Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, et Jean-Pierre Servel, Grand maître de la Grande Loge Nationale Française, reviennent sur la théorie de « l’arrière-loge » lancée par l’abbé Barruel au 18e siècle, et nous expliquent comment elle va se poursuivre au 19e siècle, avec la thèse d’un complot maçonnique, qui aurait voulu prendre le pouvoir, et mettre à bas la royauté et l’Église catholique.

Retrouvez la vidéo sur les Essentiels de la BnF c.bnf.fr/QP7

50 recrues de la marine américaine accueillies pour le jour de Noël à la loge maçonnique McHenry – Shaw Local

De notre confrère news-24.fr – Par Robinette Girard

Environ 50 recrues de la base navale des Grands Lacs ont été accueillies le jour de Noël au McHenry Masonic Lodge 158 AF & AM où Frank Heabler a déclaré avoir cuisiné au moins 150 œufs et 240 saucisses et 350 crêpes pour le petit-déjeuner.

Pour de nombreux marins du camp d’entraînement à la base de North Chicago, qui sont venus de tout le pays, c’est leur premier Noël loin de chez eux, a déclaré Heabler, le vénérable maître du lodge, construit en 1854, où le jour de Noël a été accueilli. pour les recrues depuis 2003.

Des recrues comme Dylan Rumantier, 19 ans, qui vit son premier Noël loin de sa famille à Riverside, en Californie. Il manque non seulement Noël, mais un certain nombre de fêtes d’anniversaire que sa “grande famille” de plus de 100 parents rassemble pour cette période de l’année, y compris l’anniversaire de son arrière-grand-mère le 31 décembre. Il a également déclaré : “Mes deux huskies me manquent. trop.”

Il a dit qu’il apprécie la pause du stress de la base et de pouvoir utiliser un téléphone portable et manger des collations.

Ayden Coe, 19 ans, de Californie, a déclaré qu’il appréciait la journée et la pause de la base.

J’ai été enfermé sur la base pendant un certain temps”, a déclaré Coe, ajoutant que sa grande famille à la maison lui manquait. Il avait hâte de pouvoir Facetime avec eux dimanche.

Sebastian Valenzuela, 21 ans, également de Californie, a déclaré que sa famille lui manquait et qu’il appréciait le temps passé loin de la base pour pouvoir parler à des personnes qui ne sont pas militaires et mieux connaître ses camarades de bord dans un cadre plus détendu.

C’est agréable de relâcher la tension et (de s’éloigner) du stress du camp d’entraînement”, a déclaré Valenzuela.

Heabler a déclaré que de nombreux maçons ont servi dans l’armée et qu’ils savent ce que c’est que d’être loin de chez eux pour la première fois pendant les vacances.

C’est notre façon de redonner”, a déclaré Heabler.

La journée, qui comprenait également des chiens de thérapie, commence par le petit-déjeuner, puis le déjeuner et le dîner. Les recrues, qui sont transportées en bus au lodge le matin, reçoivent également des tablettes pour pouvoir faire face à la famille à la maison et regarder des films. Ils rentrent à la base vers 18h

Les fonds pour la nourriture et les fournitures sont donnés par les membres du lodge, les entreprises locales et via une page GoFundMe pour offrir un Noël aux marins de la marine de la région.

Heabler a déclaré que lorsque le lodge a commencé à nourrir les recrues en 2003, il venait simplement faire du bénévolat, puis rentrait chez lui auprès de sa famille et célébrait Noël.

Cependant, depuis 2015, il amène sa famille au lodge le jour de Noël et célèbre avec les recrues et les bénévoles.

Ce jour de Noël, sa fille Jessica Heabler, 25 ans, et son fiancé, Michael Zielinski, et leur chien Jackson de 8 mois étaient tous en remorque dimanche.

Zielinski a déclaré qu’il était le technicien de la journée qui aidait avec les tablettes, qui ont été données par la loge des maçons du canton de Nunda.

Le fils de Heabler, Franky, 14 ans, jouait aux cartes avec quelques-unes des recrues, tandis que sa petite amie, Veronica Young, d’Arlington Heights, et sa sœur, Nancy Moreno, de Huntley, étaient occupées à cuisiner dans la cuisine au sous-sol du lodge.

Heabler a déclaré aujourd’hui plus que jamais, avec le monde tel qu’il est, les jeunes recrues ont besoin de savoir qu’elles sont appréciées et “qu’elles font ce qu’il faut”.

Ils rédigent un chèque en blanc qu’ils n’ont aucun moyen de payer… ils pourraient le payer de leur vie”, a déclaré Heabler.

San Gaspare Del Bufalo : Il s’est battu contre la Franc-maçonnerie

De notre confrère italien papaboys.org

San Gaspar Melchiorre Baldassarre del Bufalo était prêtre et fondateur de la congrégation des Missionnaires du Précieux Sang ; il a été proclamé saint par le pape Pie XII en 1954. Il est né à Rome le 6 janvier 1786, c’est pourquoi sa mère lui a donné les noms des trois mages.

Son père Antonio appartenait à une branche de la famille noble del Bufalo, qui déclina plus tard, c’est pourquoi il se préparait à être cuisinier chez les Altieri, une autre famille noble romaine. Il était également connu comme impresario de théâtre. La mère s’appelait Annunziata Quartierini.

Il est ordonné prêtre le 31 juillet 1808  et intensifie son apostolat auprès des classes populaires en fondant le premier oratoire à Santa Maria in Pincis et en se spécialisant dans l’évangélisation des « barozzari », charretiers et paysans de la campagne romaine, qui avaient leur foin dépôts dans le Forum Romano, alors appelé Campo Vaccino.

Entre-temps, les temps sont durs pour l’Église : dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, Pie VII est fait prisonnier et déporté sur ordre de Napoléon Bonaparte. Le 13 juin 1810, Gaspare refuse le serment de fidélité à Napoléon et est condamné à l’exil puis à la prison, qu’il soutient d’un cœur serein pendant quatre ans. De retour à Rome dans les premiers mois de 1814, après la chute de Napoléon, il met sa force et sa vie au service du pape.

Pie VII lui donne l’ordre de se consacrer aux missions populaires de restauration religieuse et morale.

Comme moyen très efficace pour favoriser la conversion des pécheurs, pour éradiquer l’esprit d’impiété et d’irréligion, il choisit la dévotion au Très Précieux Sang de Jésus et devint un ardent apôtre.

Le 15 août 1815, il fonde la Congrégation des Missionnaires du Précieux-Sang, dans laquelle s’inscrivent des hommes d’une grande sainteté, comme le vénérable serviteur de Dieu Don Giovanni Merlini et Giovanni Mastai Ferretti, le futur Pie IX.

Contre la franc-maçonnerie

En 1834, il fonda également l’Institut des Adoratrices du Précieux-Sang, assisté de la bienheureuse Maria De Mattias, qu’il avait lui-même appelée à cette mission.

Il a soutenu la lutte acharnée contre la franc-maçonnerie. Il n’a jamais cessé de prêcher ouvertement contre la maçonnerie et toutes les organisations pouvant « prêcher » pour la laïcité.

Il mourut à Rome le 28 décembre 1837

Je me souviens…

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Quand la mémoire nous fait le cadeau de très bons souvenirs, ils deviennent aussitôt, comme le nom l’indique, un présent, au double sens du terme ! Ainsi…

…Je me souviens de Jacques, ce boulanger-pâtissier de Boulogne-Billancourt, voisin de table lors d’un repas partagé, au restaurant habituel du club-service qui nous réunit, dans les années 1980. Nous échangeons sur nos parcours. Nous avons le même âge, la cinquantaine. Il me raconte sa jeunesse et sa formation professionnelle chez les Compagnons du Devoir, une valeureuse institution.

Je me souviens de son chef d’œuvre de Compagnon qu’il me montre en photo, soigneusement conservée : un moulin à vent à quatre ailes entoilées, assorti d’une roue à eau. C’est la réplique en réduction du moulin de son enfance en Beauce, avec une meule en pierre intégrée pour moudre le blé et le transformer en farine.

 Je lui parle en retour de ma fonction de DRH d’une grande entreprise puis, de la franc-maçonnerie et de la loge à laquelle j’appartiens à Paris. Il veut tout savoir sur cette Confrérie ! A la fin du repas, Jacques m’avoue son désir qu’il a depuis longtemps de frapper à la porte du Temple.

Je me souviens de son altruisme : il me confie que chaque semaine, il fait une fournée de pain gratuite qu’il livre avec sa camionnette au Secours Populaire, à destination des démunis de la ville.

Je me souviens de son intérêt lorsque je lui indique les possibilités de formation interne en entreprise, dont j’ai moi-même bénéficié. Il me dit avec modestie et fierté mêlées, qu’il n’a, pour sa part, que son Certificat d’Etudes, passé au temps où ce diplôme valait presque à ses yeux un baccalauréat ! Il n’y avait pas alors 90% de réussite ! Un vrai passeport pour entrer dans la vie professionnelle, d’ailleurs exigé pour intégrer l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir.

Je me souviens que Jacques m’a remis une lettre manuscrite impeccable, écrite avec pleins et déliés à l’encre violette, pour présenter sa demande d’entrée en franc-maçonnerie. En mots très simples mais touchants, il y détaille sa vie d’écolier à la campagne, puis d’apprenti chez le boulanger de son village, au temps des fours à bois, des fagots enflammés aux brindilles et du gros pétrin tournant à main. Son expression « je souhaite apprendre à me servir de ma tête » m’a marqué.

Je me souviens de son autre missive, à moi destinée, lue dans le métro en rentrant chez moi. Il me demande si je veux bien devenir son parrain et le guider dans son aventure maçonnique. Emotion, un frisson me parcoure. J’ai déjà accepté en sortant du wagon.

Je me souviens de son passage sous le bandeau à la Grande Loge de France. De longs silences de réflexion qui provoquent des questions brèves. Et des réponses courtes mais précises.

Je me souviens de son initiation. Une stature râblée à la lueur vacillante des bougies. Ses bras saillants, que j’imagine musclés par le port des sacs de farine m’impressionnent. Derrière le « costaud » en chemise blanche ouverte, je devine l’homme sensible, à la larme sur sa joue, lorsque tombe son bandeau et découvre ses yeux.

Je me souviens de notre nuit dans son fournil quand il nous a invités à « faire le pain » avec lui. Six frères présents. A chacun un rôle. Farine versée dans le pétrin, brocs d’eau, contrôle du brassage, étirement de la pâte dans les paniers, scarification enfin, d’un trait de lame sur les pâtons. Chaque frère est invité à rouler sa pâte et y graver son prénom avant la cuisson. Après le défournement, surprise, le commis nous a préparé une copieuse soupe à l’oignon. Dégustation assis sur les ballots de farine accompagnée d’un grand verre de beaujolais. A six heures du matin, après un « nuit blanche » ce coup de rouge, c’est la secousse pour les six apprentis-mitrons ! Initiés « à la boulange », un peu endormis, les cheveux poudrés mais heureux maçons opératifs, nous remontons à la surface, notre pain sous le bras, pour redescendre vers le premier métro !

Je me souviens de la planche d’Apprenti de notre frère boulanger, précisément choisie sur la symbolique du pain. Je suis frappé par son économie de mots. Du temps des « rédactions » à l’école, il a gardé un vocabulaire concis et descriptif. Nous le savons, le mot n’est pas la chose. Et pourtant, dit par Jacques, son texte prend vie par les images fortes qu’il suscite. Je vois successivement les flammes bleutées du four, les pâtons gonflés prendre forme, les baguettes brunies à leur sortie. Je sens cette odeur de pain chaud si appétissante. Et je mords à pleines dents, en pensée, dans cette mie à la fois tendre et craquante. Nous comprenons que, symboliquement, nous sommes autant le boulanger que le pain, comme le tailleur de pierre est aussi la pierre. Il faut pétrir la pâte comme il faut tailler la pierre. Les deux symbolismes se rejoignent.

Je me souviens de Jacques devenu (et redevenu !) Compagnon. Sa formation et sa profession semblent le suivre en maçonnerie ! Le boulanger qu’il est nous remémore dans une planche à ce degré que le mot de passe « Shibboleth » veut dire « épi de blé » et que « Compagnon » vient du latin « Companem » : « celui avec qui on partage le pain ».

Je me souviens de son passage à la Maîtrise un soir de décembre, juste avant les fêtes. La succulente bûche de Noël qu’il nous offre à la fin du repas pris en commun dans la loge, puis sa galette des rois après la tenue suivante nous rappelle qu’il est aussi Maître-Pâtissier, la générosité même !

Malheureusement, aujourd’hui, je ne peux plus parler de lui au présent. Jacques est décédé accidentellement, il y a quelque temps déjà.

Je me souviens de cet Etre exceptionnel, « bon comme le pain », l’expression le qualifiait à merveille. Humilité, sobriété, partage, ces symboles exprimés par le pain, cet aliment du quotidien, définissaient exactement notre frère disparu. Qu’il ait pu manifester un jour leur contraire par quelque vanité, excès ou égoïsme, vraiment, je ne me souviens pas !

Regard sur… la Transe

La transe est un état modifié de conscience. Il en existe différentes formes : chamanique, hypnotique, médiumnique, etc.

Étymologie

Le terme transe, qui peut aussi s’écrire trance (terme anglais), est de la même famille que le verbe « transir », qui, au Moyen Âge, signifie « partir », « passer », « s’écouler ». Il vient du latin transire. À partir du ve siècle, il prend souvent le sens de « passer de vie à trépas », tout comme le terme samadhi parfois utilisé dans l’hindouisme.

Bien que l’expression « entrer en transe » au sens d’un état psycho-physiologique particulier soit apparue au xive siècle, l’état de transe est connu depuis plus longtemps.

Définitions

Selon Georges Lapassade, la transe est un « état second », « ayant à la fois une dimension psychologique et une dimension sociale ».
Selon Pierre A. Riffard : « La transe (transport spirituel) est un état modifié de conscience impliquant d’abord un dédoublement, le vécu d’une division ou multiplication de personnalité (corps/âme, esprit propre/esprit étranger…), ensuite un automatisme psychologique, l’impression de subir certains phénomènes psychiques (autonomie de l’âme, incorporation d’un esprit…) ».

Caractéristiques

La transe a été popularisée par les images spectaculaires de « sorciers » dont le corps était agité de soubresauts et les yeux révulsés. Si certains de ces phénomènes sont authentiques, d’autres sont simulés. Dans les soirées « techno » (les rave party), il a pu être noté que, sans connaissance du phénomène, une forme de transe pouvait être produite par entrainement collectif.

La transe résulte de moyens « techniques » particuliers : danse rotative (Danse circulaire), accompagnée de musique percussive ou à tendance obsessionnelle, hyperflexion ou hyperextension du cou, pression sur les globes oculaires et fermeture des paupières, manœuvre de Valsalva, usage de certains procédés sonores, jeûne, respiration accélérée (hyperventilation, rebirth), usage éventuel de psychoactifs comme les plantes enthéogènes, échauffement collectif, etc. Certaines de ces méthodes pouvant présenter un danger, il est fortement déconseillé de les pratiquer sans un encadrement initial de personnes expérimentées.

En psychiatrie, dans le DSM-5, l’expression « transe dissociative » est utilisée pour caractériser un trouble pathologique.

Formes

Lhasa, das Staatsorakel

Les formes de la transe sont nombreuses, et fort différentes. En voici les types principaux, cités par ordre alphabétique.

  • transe cataleptique
  • transe chamanique
  • transe cognitive auto-induite
  • transe convulsive
  • transe de personnalités multiples : trouble dissociatif de l’identité
  • transe de possession
  • transe de vision
  • transe d’inspiration créative, poétique (poïétique) ou divine (théopneustie)
  • transe divinatoire, les plus célèbres étant celles de la Pythie de Delphes, ou encore de l’oracle de Nechung, l’oracle d’État du Tibet, dont Thubten Ngodup est actuellement le médium.
  • transe ecsomatique : sortie-hors-du-corps, voyage astral, Out-of-the-Body Experience (O.B.E.)
  • transe érotique
  • transe extatique (de nature mystique)
  • transe « haineuse » : transe guidée par une certaine haine, pour les kamikazes ou les berserkers.
  • transe hypnotique
  • transe méditative
  • transe médiumnique, la plus célèbre étant celle du médium spirite
  • transe néoténique (à la naissance), liée au « traumatisme de la naissance » selon Otto Rank, à la « matrice périnatale fondamentale » IV (naissance) selon Stanislav Grof
  • transe onirique (durant le rêve)
  • transe orgasmique : orgasme
  • transe psychédélique (sous l’influence de drogues hallucinogènes)
  • transe somnambulique
  • transe terminale (au seuil de la mort) : expérience de mort imminente, Near Death Experience (N.D.E.)

Franc-maçonnerie et religion

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Proposé par la Bibliothèque nationale de France

Est-il possible de pratiquer une religion et d’être franc-maçon ? Pour l’écrasante majorité des francs-maçons au monde, la croyance affirmée en un être suprême ou en Dieu, est une obligation préalable à l’initiation maçonnique.

Dans les loges maçonniques, il y a des musulmans, des chrétiens, des protestants, des catholiques, des Juifs, des pratiquants, des non pratiquants, des croyants, des non-croyants, des agnostiques…
Roger Dachez, président de l’Institut Maçonnique de France, Thierry Zarcone, directeur de recherches au CNRS, Philippe Charuel, Grand maître de la Grande Loge de France, et Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, nous racontent les rapports qu’entretient la franc-maçonnerie avec les religions.

Retrouvez la vidéo sur les Essentiels de la BnF c.bnf.fr/QQa

L’anti-judéo-maçonnisme institutionnalisé sous l’Occupation

Volet 3/3 – Suite et fin de notre série sur le mythe judéo-maçonnique qui nous est offert par Conspiracy Watch l’Observatoire du conspirationnisime. Si vous avez manqué le premier volet, retrouvez-le à cette adresse et le deuxième volet à cette adresse.

Comme Alfred Naquet l’avait été dans les années 1880 et 1890, Bernard Lecache, fondateur (en 1929) et président très actif de la Lica, devenu maçon en 1937, est traité comme l’homme à abattre par les polémistes antijuifs et antimaçons à la fin des années 1930 et sous l’Occupation. Dans la brochure de propagande antijuive intitulée Je vous hais ! confectionnée par Coston et publiée en avril 1944 grâce à l’aide du PPF, Robert Jullien-Courtine (1910-1998) lui consacre un article virulent, « Une organisation juive de combat : la L.I.C.A. », qui commence ainsi : « Une organisation juive… et maçonnique, devrait-on dire ! Car la “Ligue Internationale contre l’Antisémitisme” du Juif franc-maçon Bernard Lecache offrait un magnifique exemple de l’activité de ce que Mgr Jouin, un des premiers, nomma la judéo-maçonnerie : l’alliance des loges et du ghetto. »

Affiches propagande antimaçonnique
Affiches propagande antimaçonnique

Sous l’Occupation, après avoir adhéré au PPF, Coston devient notamment directeur du Centre d’Action et de Documentation (C.A.D.), dont l’objectif déclaré est « la lutte contre la Judéo-Maçonnerie, ses agents, ses filiales, et leurs complices », et collabore, comme Léon de Poncins, aux Documents maçonniques (octobre 1941-juin 1944), revue mensuelle dirigée par Bernard Faÿ (1893-1978), avec pour rédacteurs en chef Robert Vallery-Radot (1885-1970) et Jean Marquès-Rivière (1903-2000), scénariste du film de propagande antimaçonnique et antisémite Forces occultes, sorti à Paris le 9 mars 1943. Jumelant l’antisémitisme et l’antimaçonnisme, Coston publie au C.A.D., en 1941, une compilation malveillante intitulée Les Juifs en France et un libelle titré Quand la Franc-Maçonnerie gouvernait la France, puis, en 1942, L’Amérique, bastion d’Israël, et La Franc-Maçonnerie sous la IIIe République, mise en accusation de la « judéo-maçonnerie ». Ce qui ne l’empêche pas de publier en 1942 aux éditions Jean-Renaud un pamphlet anti-ploutocratique dont il confectionnera par la suite de nombreuses versions augmentées et mises à jour : La Haute Finance juive et les trusts. Outre Les Cahiers de la France nouvelle, le C.A.D. publiait un Bulletin d’information antimaçonnique, bénéficiant des services d’un réseau d’informateurs couvrant toute la France. Il s’agissait de « démasquer les Juifs camouflés et leurs complices francs-maçons ». Les rapports du C.A.D. sont transmis notamment au Service des Sociétés secrètes, au PPF, à l’inspecteur Georges Moerschell (directeur du Service spécial des associations dissoutes, et agent de la Gestapo), à l’ambassade d’Allemagne et à la Gestapo. Coston est également membre de la Commission d’études judéo-maçonniques, créée à l’initiative du lieutenant SS Moritz, chef de l’action antimaçonnique allemande en zone occupée, et présidée par le juriste raciste William Gueydan de Roussel (1908-1996), chargé de mission au Service des Sociétés secrètes. En 1943, Coston devient membre du Cercle aryen (présidé par Paul Chack (1876-1945), déjà président du Comité d’action antibolchevique), où il préside la commission des admissions. Dans les activités anti-judéo-maçonniques de Coston, soutenues par les Allemands et financées sur les fonds secrets de Vichy, il faut également inclure sa collaboration, sous son nom ou sous son pseudonyme « Georges Virebeau », à de nombreux journaux de la Collaboration (Le Cri du peupleLa France au travailAu piloriParis-Soir, etc.) (Sabah, 1996, p. 182-186 ; Lenoire, 1999, p. 375-379 ; Combes, 2001, p. 141-144).

En novembre 1941, Evola publie dans La Vita Italiana un article intitulé « La France a-t-elle surmonté le danger maçonnique ? », à l’occasion d’un pamphlet de Poncins qui venait de paraître : La Franc-Maçonnerie contre la France. Il commence par souligner la spécificité de l’anti-judéo-maçonnisme à la française, tenant à sa radicalité :

« Il y a en France une vieille tradition de lutte contre le judaïsme et la Maçonnerie. C’est précisément parce que la France a été la première, parmi les grandes nations européennes, à subir l’action la plus délétère de ces forces subversives, que devaient venir, de ce pays et de ceux qui “tenaient bon” encore, les réactions les plus énergiques. Souvent, l’antisémitisme et l’antimaçonnisme français ont donc présenté un caractère plus radical que dans d’autres nations, ainsi qu’une orientation traditionaliste et conservatrice, donc fréquemment aristocratique, à la différence de certaines formes plus récentes d’antisémitisme et d’antimaçonnisme, dans lesquelles le point de référence principal a été l’idée moderne de nation et de communauté nationale. »

Puis Evola, réaffirmant la thèse conspirationniste canonique sur la marche de l’Histoire (considérée dans sa « dimension souterraine »), repose la question d’une direction secrète, par des « chefs occultes », de la franc-maçonnerie elle-même, sans écarter l’hypothèse d’une direction juive, mais sans la considérer comme entièrement satisfaisante : « Le point de vue de L. de Poncins – auquel nous-même adhérons –, c’est que l’ensemble de la subversion mondiale qui s’est produite au cours des derniers siècles ne saurait être fortuite, due simplement aux erreurs, aux déviations et à l’aveuglement des hommes, donc que cela amène à penser à l’existence d’un centre inspirateur, occulte et international. » Poncins, pour sa part, ne concluait pas : « Ce que l’on peut dire toutefois, c’est que s’il existe, ce centre est au-dessus de la Franc-Maçonnerie elle-même et celle-ci est une arme entre ses mains. » La réponse classique des barruéliens consistait à supposer l’existence ultra-secrète d’arrières-loges, masquées par les loges visibles. Mais qui donc pouvaient occuper les arrières-loges, sinon les « Princes de Juda » ? À moins que les « Supérieurs inconnus » soient voués à rester à jamais inconnus, parce que, pour des raisons mystérieuses, leur identité ou leur nature serait inconnaissable.

En 1942, André Chaumet, vice-président de l’Association des journalistes antijuifs et directeur du Cahier jaune (lancé en novembre 1941) publié sous l’égide de l’Institut d’étude des Questions juives, réédite le Petit Catéchisme antijuif d’André de Boisandré, dont il s’efforce de monter l’actualité dans une postface qui se termine ainsi : « Les exploiteurs et les parasites n’ont plus place dans la maison péniblement reconstruite. Il n’y a plus de place pour l’usurier et d’abris pour l’usure. Plus de place pour Israël. Plus d’abris pour ses complots et ses machinations. » Le dernier mot du conspirationnisme de Collaboration est dû à Coston qui conclut son article intitulé « Du Talmud aux Protocoles », paru en avril 1944 dans la brochure antijuive Je vous hais ! – article reproduit dans Taguieff (dir.), 1999, p. 521-524 –, par cet avertissement en forme de menace : « Cette guerre constitue l’ultime phase de la lutte millénaire que le Judaïsme mène contre les peuples non juifs. Le triomphe des Juifs et de leurs “alliés” signifierait l’asservissement total de notre planète aux “Sages de Sion”. Français, veux-tu devenir l’esclave du Juif ? »

Avatars contemporains du mythe anti-judéo-maçonnique : courants de l’antimondialisme apocalyptique

Dans l’après-guerre, sur le modèle de la diabolisation de la SDN, le schème du « complot judéo-maçonnique » a été appliqué, sous diverses variantes, à la dénonciation de certaines organisations internationales – à commencer par l’ONU – censées agir en vue d’établir un « Gouvernement mondial » impliquant la destruction des nations, tout en tissant des liens constituant dès à présent un « Gouvernement invisible ». Tel est le leitmotiv de la littérature de combat « antimondialiste » qui fleurit à partir des années 1950 et dont on trouve des variantes dans toutes les sensibilités de ce qu’il est convenu d’appeler « l’extrême droite », des néo-nazis aux traditionalistes catholiques, en passant par les milieux nationalistes. Le conférencier catholique contre-révolutionnaire Pierre Virion (1899-1988), ancien collaborateur de la Revue internationale des sociétés secrètes, reprend du service en dénonçant dans un essai « les forces occultes dans le monde moderne » (1966), texte d’une conférence prononcée à Rome le 25 octobre 1965. Détailler les individus et les groupes faisant partie des « forces occultes » ou de ce que le même Virion appelle « le complot », titre de l’un de ses libelles (1969), c’est là cependant une tâche quasi infinie : ce monde souterrain, celui des « mouvements occultes », est peuplé de très nombreuses familles et tribus. Virion s’impose comme l’un des principaux propagandistes « antimondialistes » de langue française, dans la ligne de Mgr Jouin, auquel il emprunte sa rhétorique, par exemple en publiant un court essai intitulé Bientôt un Gouvernement mondial ? Une super et Contre-Église (1966).

Cependant, pour la plupart des auteurs conspirationnistes, le fondement de la puissance est désormais principalement d’ordre financier : le modèle répulsif de la famille Rothschild tend à détrôner celui de l’Alliance israélite universelle, incarné par Crémieux. Les « banquiers internationaux » ou les « grands banquiers cosmopolites », censés faire partie d’une oligarchie internationale, tendent à remplacer les francs-maçons, ils sont perçus comme une sorte de franc-maçonnerie de la finance cosmopolite. Mais le postulat demeure : toutes les « internationales » sont liées, elles sont toutes de même nature et ont toutes le même objectif final, la création d’un « Gouvernement mondial », dénoncée comme « le vieux rêve du messianisme juif », le rêve d’un « empire universel sous l’autorité d’une oligarchie apatride », selon la formule de Jacques Bordiot (1900-1984), dans son pamphlet intitulé Une main cachée dirige… (1974). S’il y a un « messianisme de la finance internationale », c’est que celle-ci n’est qu’une émanation de la super-puissance occulte, qu’on la dise « juive » ou « judéo-maçonnique ».

À peine sorti d’un long séjour en prison, Henry Coston entame une nouvelle carrière de publiciste conspirationniste, publiant en 1955 un premier ouvrage de compilation, Les Financiers qui mènent le monde, qui comporte un chapitre intitulé « Rothschild, roi de l’époque » et un autre consacré à un Américain célèbre, autant pour sa richesse que pour son antisémitisme : « Un milliardaire anticapitaliste : Ford ». L’ouvrage a une suite, parue en 1958, sous le titre La Haute Banque et les trusts. Entretemps, Coston lance le mensuel Lectures françaises, qu’il dirige de 1957 à 1977. Le n° 53-54 de Lectures françaises, daté d’août-septembre 1961, consacre son dossier central à « l’éternelle question », titre allusif qu’explicite le sous-titre : « Coup d’œil sur les sociétés secrètes ». Le n° 61-62 du mensuel, daté d’avril-mai 1962, comportant un dossier sur le gouvernement de Georges Pompidou, titre à la une : « La République des Rothschild ». Le dossier est présenté en termes conspirationnistes et populistes, dénonçant la « trahison » des élites au profit du système ploutocratique dont le « roi » se nomme Rothschild :

« Pour mieux faire comprendre entre quelles mains la France est tombée, nous présentons l’Empire rothschildien d’aujourd’hui, cette immense toile d’araignée qui couvre la France entière et retient prisonniers tout un peuple d’ouvriers, de bourgeois, de boutiquiers, de laboureurs et de soldats trompés par leurs guides naturels et trahis par leurs chefs politiques. Nous expliquons enfin comment, par un ingénieux système (…), l’avoir, les biens, les économies de M. Dupont, Français moyen, servent à renforcer la puissance des hommes d’argent, en général, et du banquier de Rothschild, en particulier. »

La même vision complotiste, antimondialiste et antiploutocratique se rencontre dans un n° spécial de Lectures françaises publié en 1968 : Le Secret des dieux, ainsi que dans l’un des derniers ouvrages de Coston, La Fortune anonyme et vagabonde, publié en 1984. La formule dont Coston a fait le titre de son livre est extraite d’un célèbre discours du Duc d’Orléans à San Remo, le 16 février 1899. Elle constitue, chez ce publiciste qui fut un professionnel de la judéophobie de 1929/1930 à sa mort (2001) et un défenseur inébranlable de l’authenticité des Protocoles, une métaphore du pouvoir juif international. Persistance du mythe répulsif du « Juif Rothschild », dont la judéophobie anticapitaliste ne cessera de se nourrir. Mais Coston n’oublie pas pour autant la légende du « complot maçonnique » : en 1979, il publie La Conjuration des Illuminés (rééd., 1992). En 1983, il patronne la publication d’un pamphlet conspirationniste de son ami Jacques Bordiot, Le Gouvernement invisible, recueil de tous les clichés « antimondialistes » de l’époque. Le même Bordiot, collaborateur du mensuel d’extrême droite Lectures françaises (dirigé par Coston), avait publié en 1974 un autre essai conspirationniste et « antimondialiste » sous le titre Une main cachée dirige… (2e éd., 1976). En novembre 1976, il publie dans Lectures françaises (n° 235) un article intitulé « L’O.N.U. et le Gouvernement mondial », où il dénonce ceux que Coston appelle les « véritables maîtres du monde » : « Quand on sait (…) que (…) l’influence d’Israël est déterminante dans le choix du président des États-Unis (…), on devine qui tirera les ficelles de ce Gouvernement mondial. » Au même genre de pamphlets appartiennent les ouvrages de Yann Moncomble (1953-1990) : La Trilatérale et les secrets du mondialisme (1980), L’Irrésistible expansion du mondialisme (1981), ou Du viol des foules à la Synarchie ou le complot permanent (1983). Moncomble résume sa vision du monde en février 1984 dans Lectures françaises, où il signe un article intitulé « Franc-Maçonnerie, Trilatérale, Bilderberg, Club Le Siècle… même combat ». L’effondrement du communisme soviétique est perçu comme la victoire du « mondialisme ». En octobre 1991, Lectures françaises (n° 414) titre à la une : « Une internationale chasse l’autre. Du communisme au mondialisme ». Mais la vision paranoïaque de la franc-maçonnerie et son « pouvoir invisible » n’a pas disparu du paysage antimondialiste. En avril 1994, Lectures françaises (n° 444) titre à la une: « La puissance de l’Internationale maçonnique ». Dans l’article qui est consacré à cette sur-puissance occulte, on apprend que « l’Internationale maçonnique est un super-État », « un véritable État supra-national », et qu’en conséquence « le combat contre les sociétés secrètes continue ».

Illuminé qui voit une pyramide en hollograme
Illuminé qui voit une pyramide en hologramme

Ces prétendues « sociétés secrètes » à visée « mondialiste » sont censées rassembler les puissants de ce monde, tel le groupe de Bilderberg, désigné comme l’un des principaux lieux de rencontre, de coordination et de décision de l’oligarchie mondiale ou de « l’élite financière internationale ». Dans la littérature conspirationniste d’extrême droite « classique » (Henry Coston, Gary Allen), le groupe de Bilderberg est inclus dans une série noire d’organisations « mondialistes » supposées omnipotentes et maléfiques : la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations (CFR), le B’nai B’rith, les Skull and Bones, etc. (Taguieff, 2005, p. 117, et 2006, p. 15-19, 74-79). Pour les dénoncer, Coston publie dans les années 1980 une série de brochures « antimondialistes » rééditées dans les années 1990, telles que : Une nouvelle Synarchie. La Trilatérale domine les nations et asservit les peuples. Voici ses agents secrets dans le monde, Le monde secret de BilderbergComment la Haute finance et les technocrates dominent les nations. Mais, parallèlement, l’interprétation satanisante et apocalyptique du « complot judéo-maçonnique » était recyclée par un auteur conspirationniste comme William Guy Carr (1895-1959), fondamentaliste protestant canadien qui, après avoir publié en 1955 son maître livre, Pions sur l’échiquier, a travaillé jusqu’à la veille de sa mort (octobre 1959) à un pamphlet dénonçant la « conspiration luciférienne », moteur du « Mouvement révolutionnaire mondial », conspiration « dirigée contre Dieu et l’homme par ceux qui font partie ici-bas de la Synagogue de Satan » (Satan, prince de ce monde, ouvrage posthume publié en 1966) (Taguieff, 2005, pp. 431-436). Carr a rédigé en 1958 un résumé de sa vision du monde : La Conspiration mondiale dont le but est de détruire tous les gouvernements et toutes les religions en place. Il y précise avec le plus grand sérieux que « la Synagogue de Satan se compose (…) d’hommes et de femmes d’un grand nombre de nationalités qui remontent jusqu’à Caïn, le fils d’Ève ». En France, l’homologue catholique de Carr est le marquis de la Franquerie, auteur de Lucifer & le pouvoir occulte, sous-titré : « La Judéo-Maçonnerie, les Sectes, le Marxisme, la Démocratie : Synagogue de Lucifer & Contre-Église » (1984 ; rééd., 2006). L’ouvrage commence par l’énoncé de la conviction conspirationniste fondamentale de l’auteur, héritier de Mgr Jouin : « Une étude approfondie de la situation actuelle du monde prouve que le Pouvoir occulte, la Franc-Maçonnerie, les sectes, la démocratie, le marxisme et la révolution ne sont que les bras de la pieuvre incarnant la Synagogue de Satan, c’est-à-dire la Contre-Église, et que tous aboutissent très réellement au culte luciférien et en dépendent. »

Auteur de La Face cachée de l’histoire moderne, somme publiée en quatre tomes en langue espagnole (trad. fr., t. 1, 1984 ; rééd., 2008), Jean Lombard (qui signe aussi Jean Lombard Coeurderoy) peut être considéré comme un héritier spirituel de Carr. Dénonciateur du « mondialisme » dans les années 1970 et 1980, Lombard se présente comme un spécialiste de « l’histoire secrète » et de l’action des « forces occultes » ou des sociétés secrètes dans l’histoire universelle depuis la chute de Constantinople (29 mai 1453). Dans Lectures françaises, en octobre 1984 (n° 330), les mérites de l’ouvrage de Lombard sont ainsi vantés : « M. Lombard (…) se meut avec une aisance étonnante dans le dédale des sociétés secrètes, des complots, des doctrines hermétiques ou des combinaisons financières (…). Il explique comment la Haute Banque, la Franc-Maçonnerie et l’Internationale marxiste dominent le monde, établissant leurs conquêtes grâce au binôme guerre-révolution. » Le bulletin « contre-révolutionnaire » Lecture et Tradition (n° 108, juillet-août 1984), dirigé par Jean Auguy, n’est pas moins élogieux : « Félicitons l’auteur que la postérité mettra sûrement au rang des grands maîtres de l’Histoire anti-subversive, les Barruel, Crétineau-Joly, Nicolas Deschamps et Mgr Delassus. »

La Russie soviétique, notamment sous le deuxième règne de Leonid Brejnev (1977-1982), n’a pas été épargnée par la paranoïa anti-judéo-maçonnique, agrémentée de motifs « antisionistes » de style démonologique empruntés à la propagande officielle (Spier, 1979 ; Wistrich, 1991, pp. 181-184 ; Korey, 1978, et 1995, pp. 46-73). En URSS, le « sionologue » (« zionologist ») Valeri Emelianov ou, en langue anglaise, Valery Yemelyanov (1929-1999) est l’un des intellectuels soviétiques qui, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, ont acquis une certaine célébrité en partant en guerre publiquement contre les Juifs (et/ou les « sionistes ») et les francs-maçons. Cet orientaliste de formation, réputé être aussi historien et économiste, intellectuel communiste et néo-païen militant, qui fut directeur du département d’arabe à l’Institut Maurice-Thorez de langues étrangères (Moscou), était un écrivain antisémite connu dès les années 1960-1970 (Korey, 1978, p. 66, et 1995, p. 24-26). Il rejoignit « Pamiat » en 1987 pour en être exclu trois ans plus tard en raison de son extrémisme et surtout de son antichristianisme radical. Le 10 janvier 1977, à Moscou (section internationale du PCUS), paraît le Rapport d’Emelianov sur le « complot mondial », dans lequel est dénoncée la « pyramide internationale judéo-maçonnique », point d’appui des « sionistes ». C’est ainsi qu’ils contrôleraient 80% de l’économie dans les pays capitalistes et 90-95% des médias. Emelianov pose la question conspirationniste par excellence : « Qui se tient derrière Jimmy Carter et les eurocommunistes ? », et y répond en dressant la liste de tous les Juifs ou francs-maçons appartenant au gouvernement Carter (Korey, 1995, p. 25-26). Sa thèse est que les « sionistes s’introduisent parmi les goyim grâce aux maçons » et que chaque maçon est « un informateur actif des sionistes » (Emelianov, cité par Wistrich, 2010, p. 144-145). Il s’agit donc pour lui de dénoncer les membres du gouvernement « sionisto-maçonnique » américain ainsi que ceux de la « mafia sionisto-maçonnique du Congrès », initiateurs et acteurs d’un vaste complot visant à étrangler l’Union soviétique. Pour assurer la défense de cette dernière, Emelianov propose la création d’un « Front mondial antisioniste et antimaçonnique (VASAMF), semblable au front antifasciste des années 1930-1940 », car, précise-t-il, « la menace d’une domination mondiale du sionisme, fixée pour l’an 2000, pèse sur tous les goyim du monde ». Emelianov est aussi l’auteur d’un pamphlet intitulé Desionizatsiia (« Désionisation », Paris, 1978 et 1980 ; Korey, 1995, p. 26), traduit en arabe et publié à Damas. On y apprend notamment qu’une vaste « conspiration de sionistes et de maçons » a été organisée il y a 3 000 ans par le roi Salomon, que l’Église chrétienne était une « secte sioniste » et que Jésus-Christ avait été franc-maçon (Laqueur, 1996, p. 233). La christianisation de la Russie aurait été selon lui le résultat d’un « complot sioniste international » (cité par Wistrich, 2010, p. 145). Ce pamphlet a été réédité à Moscou en 1995 (Rossman, 2002, p. 276, 293).

Marionnette et main de marionnettiste
Marionnette et main de marionnettiste

Les déclarations publiques d’Emelianov sur le « complot judéo-maçonnique » mondial sont parmi les plus délirantes qu’on a pu recueillir au cours des trois dernières décennies du XXe siècle. Quelques extraits suffisent à en donner une idée :

« En soixante-treize ans de communisme, les Juifs ont liquidé ici cent millions de personnes […]. Les Protocoles des Sages de Sion, écrits en 1905 [sic], sont très exactement le programme des Juifs pour le xxe siècle. Tout coïncide. […] Les Juifs écrasent les autres nationalités, jouissent de privilèges considérables. […] Les Juifs ont pris le pouvoir en Russie en 1917. Toute la tête de la Révolution était composée de Juifs, de sionistes [sic], de nazis juifs [re-sic]. Le plus important, c’est l’idéologie qui les unit. […] Les Juifs sont le peuple élu de Dieu. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’ils sont la race supérieure, que les autres sont des inférieurs et doivent les servir ! […] Chez vous, comme chez nous, ce sont les Juifs et les francs-maçons qui ont fait la Révolution. […] Le complot juif mondial fonctionne sur la notion de “peuple élu”. […] Tout est écrit dans la Bible où le Christ apparaît comme un nazi juif. Quand cette idéologie s’est éteinte, Marx, autre nazi juif, est apparu pour la réactualiser. » (Emelianov, interview, 1990 ; cité in Moati & Raspiengeas, 1991, pp. 126-127).

Avec les écrits et les interventions d’Emelianov, la vison apocalyptique du « péril judéo-maçonnique » a connu une renaissance dans les milieux nationalistes russes les plus extrémistes.

L’Amérique du Nord reste cependant l’une des principales terres d’accueil des auteurs conspirationnistes (Berlet, 2004 et 2012). L’un des pamphlets « antimondialistes » d’extrême droite, Descent into Slavery ? (1980 ; édition revue, 1994) de l’éditeur et essayiste américain Des Griffin (né en 1934), centré sur la dénonciation du Nouvel Ordre mondial (New World Order), est ainsi présenté en 2005 sur un site Web l’offrant à la vente : « Dans un livre qui a été décrit comme “dévastateur”, “magnifique” et “superbement documenté” par des lecteurs des trois continents, Des Griffin se dirige droit sur les banquiers internationaux et présente, avec force détails sur la base d’une documentation approfondie, l’histoire de leur participation au complot des Illuminati en vue de créer un gouvernement mondial unique, de type totalitaire. » L’essayiste canadien Henry Makow (né en 1949), l’un des plus prolixes auteurs conspirationnistes contemporains, ne cesse d’affirmer que les Protocoles sont « le schéma directeur du Nouvel Ordre mondial ». Il conçoit l’histoire comme « le produit d’un plan occulte à long terme des banquiers kabbaliste (satanistes) pour subjuguer la race humaine en utilisant la guerre (le génocide), la révolution et l’effondrement financier comme leurs instruments principaux » (« La conspiration juive – le dernier moment de lucidité », 5 juillet 2012). Dans l’avant-propos de son livre traduit en français en 2009, Illuminati. Le culte qui a détourné le monde, il résume ainsi sa vision du mégacomplot : « Le cartel des banques centrales est le seul groupe ayant à la fois le motif et les moyens de conquérir le monde. Constitué principalement de Juifs kabbalistes et de francs-maçons, il est la tête de la pieuvre. Le Sionisme, la Franc-Maçonnerie, la communauté juive organisée, l’impérialisme, les Jésuites, le Vatican les agences de renseignement, les médias, etc., sont parmi les bras innombrables de la pieuvre. » Dans son livre publié en 2012, Illuminati. Le Culte qui a détourné le monde, Makow affirme que les Protocoles des Sages de Sion sont « authentiques » et qu’ils sont « des instructions adressées à une conférence de Juifs lucifériens (Illuminés, Francs-Maçons) détaillant un plan incroyable pour renverser la civilisation occidentale, subjuguer l’humanité, et concentrer “toutes les richesses du monde (…) dans nos mains”. Ils ont été donnés comme une série régulière d’ateliers pour ces francs-maçons juifs à Paris ». Postulant le caractère juif de la franc-maçonnerie, Makow a publié sur son site un article du conspirationniste délirant Fritz Springmeier (né en 1955), « The Jewish Character of the Early Masonic Lodge » (20 octobre 2009), dans lequel, outre Johann Christian Ehrmann (1816) et Eduard Emil Eckert, l’antisataniste Springmeier cite, parmi les pionniers de la dénonciation en Allemagne du « pouvoir des Juifs dans les loges », le jésuite allemand Georg Michael Pachtler (1825-1889) – connu pour son engagement dans la propagande antimaçonnique et antijuive, antilibérale et antisocialiste (Katz, 1995, p. 246-247 ; Gugenberger et al., 1998, p. 81-82, 110 ; Rogalla von Bieberstein, 2002, p. 5, 171-173, et 2008, p. 221, 231 ; Reinalter, 2010, p. 121). Springmeier a la réputation, dans les milieux chrétiens-nationalistes et suprématistes américains, d’être un « expert des Illuminati ».

Transferts politiques et culturels du mythe conspirationniste

Anti maçonnisme

La mythologie conspirationniste des « sociétés secrètes » est aujourd’hui en train de passer des milieux d’extrême droite à certaines mouvances d’extrême gauche, où elle bénéficie d’une structure d’accueil : la croyance que tous les malheurs du monde s’expliquent par les actions criminelles des « nouveaux maîtres du monde » ou des membres du cercle sans frontières des élites dirigeantes, dont le noyau dur constituerait une sorte de gouvernement secret d’extension planétaire, organisant le « Nouvel Ordre mondial ». Pour certains polémistes « antimondialistes », le « New World Order » ne serait qu’un « Jew World Order ». Le mythe des « Juifs maîtres du monde » s’est ainsi recyclé à l’âge de la globalisation. C’est autour de l’opposition manichéenne entre « l’Empire » et les « nations » ou les « peuples » que, depuis le début du XXIe siècle, sont confectionnés la plupart des pamphlets conspirationnistes. On y reconnaît les principaux éléments constitutifs de l’imaginaire des « sociétés secrètes » censées mener le monde vers le pire. La nouvelle entité diabolisée, « l’Empire », remplace la « Dictature judéo-maçonnique » ou la « République judéo-maçonnique universelle » dénoncée en 1924 par le préfacier du pamphlet du Dr Ansonneau (Les Puissances occultes contre la France), une « dictature » mise en place par « la haute finance cosmopolite » et dont l’objectif était « la mise en esclavage de tous les peuples ». Le polémiste français Alain Soral, ancien communiste devenu nationaliste mais resté anticapitaliste, a exposé en 2011 sa vision antimondialiste dans Comprendre l’Empire, sous-titré « Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations ? ». On y trouve tous les poncifs de la littérature conspirationniste produite depuis le début des années 1950 :

« Articulés autour du noyau onusien (…), le CFR, la commission Trilatérale et le groupe Bilderberg, mais encore le FMI (…), l’OMC (…), l’OCDE, les lobbies militaro-industriels, énergétiques, agro-alimentaires et pharmaco-chimiques (servis par l’OMS), ainsi que des clubs plus ésotériques tels que Skull and Bones et Bohemian Club, auxquels il faut encore ajouter d’autres relais français tels que Le Siècle et le Club des Cordelières…Tous ces réseaux de pouvoir, travaillant la main dans la main pour des raisons d’intérêts financiers et de solidarité de caste, constituent ce réseau des réseaux qui est, de fait, la structure combattante de l’Empire. Un Empire travaillant au Nouvel ordre mondial. »

Si l’habillage lexical est nouveau, la rhétorique de la dénonciation du grand complot est la même que celle qu’on trouvait dans les écrits de Mgr Jouin ou d’Urbain Gohier dans les années 1920. Soral et ses semblables se proposent toujours, comme le dénonciateur des « puissances occultes » en 1924, « d’éclairer les peuples, en leur montrant l’œuvre des Sociétés secrètes », qui portent de nouveaux noms.

Parallèlement, de nombreuses prêches du vendredi, dans le monde musulman, dénoncent le « complot judéo-maçonnique » fomenté par l’Occident « impérialiste » contre les pays musulmans. L’accusation n’est pas nouvelle dans les pays arabo-musulmans, qui l’inscrivent dans leur propagande « antisioniste ». En 1950, un pamphlet s’inspirant des Protocoles des Sages de Sion, signé par ‘Abd al-Rahman Sami ‘Ismat et publié à Alexandrie sous le titre Sionisme et franc-maçonnerie (Harkabi, 1974, p. 240 ; Lewis, 1987, p. 13), exposait avec virulence cette vision globalisante et intrinsèquement négative des Judéo-maçons–sionistes, où le thème du complot mondial s’articule avec celui des tendances criminelles : « Le peuple juif et le sionisme ressemblent à un arbre maléfique dont les racines plongent à New York, dont les branches recouvrent le monde entier et dont les feuilles sont les Juifs. Tous sans exception, jeunes et vieux, hommes et femmes, sont autant de feuilles et d’épines distillant un poison violent et mortel. » Les idéologues islamistes contemporains, récusant le projet de « moderniser l’islam », se proposent d’« islamiser la modernité. » Ce qui revient non seulement à la déchristianiser, mais encore à la déjudaïser et à la « démaçonniser ». Car, postulent-ils, la modernité est inséparablement occidentale-chrétienne et « judéo-maçonnique ». Dans un article intitulé « Un coup de massue porté au dogme démocratique » (El-Mounquid, n° 23, septembre 1990), le prédicateur islamiste algérien Ali Belhadj a ainsi résumé sa vision de la démocratie comme un « poison mortel » fabriqué et diffusé par l’Occident :

« L’idée démocratique est au nombre des innovations intellectuelles néfastes qui obsèdent la conscience des gens. […] Il s’agit d’un poison mortel dont le fondement est impie. […] Frères d’islam, sachez que nous refusons tous le dogme démocratique impie, sans la moindre faiblesse. […] Le mot liberté est au nombre des poisons maçonniques et juifs, destinés à corrompre le monde sur une grande échelle. » (Cité dans Al-Ahnaf, Botiveau & Frégosi, 1991, p. 87-90).

Le complot dénoncé prend parfois la forme d’un satanique « complot « judéo-croisé » ou « sionisto-croisé », postulant l’existence d’une super-puissance occulte appelée le « sionisme mondial », dont l’objectif serait de combattre l’islam et les musulmans par tous les moyens. D’autres « savants » musulmans pensent, selon un manichéisme de combat, qu’il n’y a plus rien entre l’islam et la judéo-maçonnerie, l’Occident étant dirigé plus ou moins secrètement par les Juifs dont les francs-maçons sont les instruments.

Dans le discours complotiste de style « antisioniste » diffusé massivement, depuis les années 1990, par des sites islamistes sur le Web, on rencontre de plus en plus souvent la dénonciation du « complot maçonnique » ou « judéo-maçonnique », voire celle des activités sataniques des Illuminati. L’article vingt-deux de la « Charte d’Allah », la Charte du mouvement islamiste palestinien Hamas (« Mouvement de la résistance islamique »), rendue publique le 18 août 1988, fournit une frappante illustration de cette sombre vision de l’histoire moderne (Taguieff, 2006, p. 35-37), empruntée à la mythologie occidentale du grand complot :

« Depuis longtemps les ennemis complotent, habilement et avec précision, pour réaliser leurs objectifs. (…) Avec leur argent, ils ont pris le contrôle des médias du monde entier : presse, maisons d’édition, stations de radio, etc. Avec leur argent, ils ont suscité des révolutions à travers le monde afin de servir leurs intérêts et de réaliser leurs objectifs. Ils étaient derrière la Révolution française, la Révolution communiste et toutes les révolutions dont nous avons entendu parler. Avec leur argent, ils ont créé des organisations secrètes à travers le monde pour saboter les sociétés et servir les intérêts sionistes. Ces organisations sont : les francs-maçons, le Rotary Club, les Lions Club, le B’nai B’rith, etc. (…) Ils ont été derrière la Première Guerre mondiale quand ils ont aboli le Califat islamique, réalisant des gains financiers et contrôlant les ressources. Ils ont obtenu la Déclaration de Balfour, créé la Société des Nations pour diriger le monde. Ils ont été derrière la Seconde Guerre mondiale, dont ils ont tiré d’énormes profits en spéculant sur le matériel de guerre, et ont ouvert la voie à la création de leur État. Ils ont été les instigateurs de l’abolition de la Société des Nations pour la remplacer par les Nations Unies et le Conseil de Sécurité afin de gouverner le monde à travers ces deux organisations. Il n’existe aucune guerre dans n’importe quelle partie du monde dont ils ne soient les instigateurs. »

On trouve une autre illustration involontairement caricaturale de ce complotisme emprunté dans l’article mis en ligne le 18 avril 2004 sur le site islamiste « La Voix des Opprimés » : « La franc-maçonnerie : la pègre sioniste mondiale…» (texte reproduit et commenté dans Taguieff, 2005, p. 518-522). Cet article se présente comme le résumé d’une « leçon du Sheikh Mamdouh Al Haribi sur les origines, les buts et l’organisation de la franc-maconnerie dans le monde et spécifiquement dans le monde arabo-musulman ». La thèse d’un complot « sionisto-maçonnique » mondial y est clairement affirmée, exposée selon les clichés et les poncifs de la littérature « anti-illuministe » occidentale (référence à Weishaupt, Albert Pike, etc.), telle qu’elle a fait tradition à l’extrême droite : les deux auteurs conspirationnistes cités sont Jean Lombard et William Guy Carr. La thèse du grand complot s’avère ainsi transférable dans la culture arabo-musulmane :

« Voici une leçon à écouter du Sheikh Mamdouh Al Haribi sur les véritables buts inavoués de la franc-maconnerie dans le monde, son histoire et sa guerre contre l’Islam depuis le début de sa révélation. (…) De nos jours, des groupes satanistes ou lucifériens gouvernent le monde : Théosophes, Rose-Croix, Illuminés, francs-maçons de hauts grades et autres sectes et clubs avec leurs énormes pouvoir financier et industriel (…). Une secte peu connue, l’ordre des Skull and Bones, surnommée aussi “Fraternité de la mort”, est l’une des plus puissantes d’Amérique… et du monde. Issue de l’ordre des Illuminés de Bavière – Adam Weishaupt – , cette secte, dont la loge mère, ou “loge noire”, se trouve à l’université de Yale, “sélectionne” des fils de la haute société protestante et israélite américaine (WASP). Les membres sont recrutés au sein des plus grandes universités américaines, et définitivement sélectionnés au cours de rituels sataniques dans la loge mère, (…) à Yale, portant le numéro 322. Les “élus” sont ensuite “recrutés” par le Council on Foreign Relations (…), le Bilderberg et la Trilatérale, organismes créés par la secte des Skull and Bones, et tout-puissants de nos jours. Ils influent directement sur la politique des pays, dont la FRANCE. (…) Leur ambition est d’imposer un gouvernement mondial, un “Nouvel ordre mondial”. Aujourd’hui, plus qu’hier, les “chefs” d’État ou de gouvernements, les patrons des grandes institutions financières ou industrielles mondiales sont directement influencés par la puissance et le POUVOIR des Skull and Bones, qui n’hésitent pas à détruire ou abattre tout individu, institution ou pays refusant d’entrer dans leur marche forcée vers leur république universelle… La franc-maçonnerie française, et presque tous ses “frères” politiciens républicains, sont directement liés à cette secte mortelle… la forme est différente, la finalité du programme est identique. C’est vraiment la fraternité de la mort. »

Le 18 juillet 2011, sur la chaîne égyptienne Al-Faraeen, était diffusé un débat sur la franc-maçonnerie et le judaïsme qui illustre l’état de l’imprégnation antijuive et antimaçonnique des milieux de la culture dans ce grand pays arabo-musulman. Au cours du débat, le « savant égyptien » Omar Mahmoud Mutawa déclare ainsi : « [La franc-maçonnerie] est une organisation internationale qui œuvre pour restaurer la domination juive dans le monde entier, au moyen de complots à court et long termes. » Un autre « savant égyptien », Abir Abdel Salam Ibrahim, opine dans le même sens : « Son but ultime est de prendre le contrôle du monde pour le remettre aux mains des Juifs. » Mutawa ajoute : « Avec l’avènement de l’islam, [l’islam] est devenu le seul et unique ennemi de la franc-maçonnerie, parce que l’islam est le seul et unique ennemi des Juifs. Les Juifs contrôlent plus ou moins l’intégralité du monde chrétien occidental : son économie, son commerce, ses médias… Ils contrôlent toutes les principaux [secteurs d’] activités. » Le principal vecteur du mythe est encore le faux antijuif européen le plus exporté dans le monde : les Protocoles des Sages de Sion, régulièrement et massivement réédités dans le monde musulman, en particulier au Proche-Orient. Dans le débat télévisé du 18 juillet 2011, Ibrahim précise que les Protocoles constituent la « Constitution des francs-maçons », voire « le fondement de la franc-maçonnerie ». La leçon conspirationniste d’origine chrétienne a été bien apprise par ces « érudits » de l’islam. Mais elle a été retournée contre le monde occidental/chrétien, supposé « judaïsé » ou « enjuivé », certains disent « sionisés ».

Le mythe de la puissance « judéo-maçonnique » occulte, ou plus exactement son ombre, a orienté vers la « théorie du complot » l’imaginaire anti-mondialisation, devenu une composante majeure de la nouvelle culture populaire mondialisée. Depuis le début des années 1990, cette dernière fait l’objet d’une imprégnation conspirationniste, qui déborde largement le public spécialisé ou le cercle des addictés aux « théories du complot » explicites. Une vaste communauté virtuelle de croyants, hors des religions instituées, s’est formée autour de l’adhésion au mythe des « maîtres secrets du monde », baptisés « Illuminati » (avec un Weishaupt judaïsé pour l’occasion), dont on trouve d’innombrables variantes dans la nouvelle culture ésotéro-complotiste dont le principal vecteur est Internet. Telle est la nouvelle figure répulsive du monde moderne diabolisée par les nouveaux antimodernes : celle d’une « mondialisation » orchestrée par une oligarchie financière prédatrice, conspirant contre « les peuples » dans des réseaux invisibles. Le mythe du « complot judéo-maçonnique » s’est ainsi largement déchristianisé, en même temps qu’il s’est exporté dans des cultures non occidentales. Il a néanmoins conservé sa forte dimension apocalyptique et sa visée radicalement antimoderne. Satan et l’Antéchrist entament ainsi une nouvelle carrière, au seuil du XXIe siècle. Ils n’ont point cessé de mener le bal, mais ils en ont modifié les règles. De l’intransigeantisme catholique au fondamentalisme islamique, en passant par les visionnaires antisatanistes orthodoxes et protestants du grand complot, l’anti-judéo-maçonnisme aura constitué une critique aussi radicale que fantasmatique de la modernité.

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 Source : Pierre-André Taguieff (dir.), Dictionnaire historique et critique du racisme, Paris, PUF, 2013, pp. 345-375.

 (Ce texte a été revu et corrigé par Pierre-André Taguieff début octobre 2021 pour la présente publication en ligne).

25/01/23 : Les Constitutions d’Anderson aux Amphis VdR

Créée en 2011, l’association Les Amphis de la Vallée du Rhône, domiciliée en l’Hôtel de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) à Rillieux-la-Pape (Rhône), a pour but d’organiser toutes conférences, animations, tables rondes, spectacles sur des sujets de recherche artistique, spirituelle, intellectuelle, respectant les croyances de chacun et excluant tout débat d’ordre politique. Ouvrir ces réunions à des profanes intéressés par la démarche maçonnique rentre, aussi, dans son objectif. Et c’est une belle et noble cause !

Programme 2023

Permettre aux familles et proches des Sœurs et Frères Maçons de comprendre les fondamentaux du cheminement initiatique, permettre des échanges profonds entre « obédiences maçonniques amies » sans déroger aux obligations statutaires des uns ou des autres, ouvrir une vitrine spirituelle dans le respect des anciens Landmarks, us et coutumes, c’est bien dans ce cadre-là qu’est proposée, à l’occasion des 300 ans des Constituions d’Anderson, cette interobédientielle.

La table ronde : « LES CONSTITUTIONS d’ANDERSON 1723-2023, 300 ans après, quelle actualité pour les obédiences ? »

Gérard Icart

Les intervenants

GLNF : Gérard ICART, Grand Chancelier

A.-N. Dubart

GLDF : Alain-Noël DUBART, ancien GM

M.-T. Besson

GLFF : Marie-Thérèse BESSON, ancienne GM

Pierre Mollier

GODF : Pierre MOLLIER Directeur de la Bibliothèque et du Musée de la franc-maçonnerie

DH : Jérôme GRYNSZPAN

GLTSO : Pascal BERJOT, ancien GM

Pascal Berjot

Infos pratiques :

« Rencontre Inter-Obédiences »/Mercredi 25 Janvier 2023, à 19h30/Hôtel de la GLNF, 140 avenue de L’Industrie – 69140 Rillieux-la-Pape

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