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De la responsabilité du Franc-maçon (et de la Franc-maçonne)

« La responsabilité est constitutive de la vie sociale : elle est ce par quoi nous nous concevons comme des personnes morales capables de suivre des règles, d’agir et de juger l’attitude d’autrui sur la base de celles-ci. Mais cette notion présuppose la liberté du sujet : je ne peux être responsable que d’un acte que je suis libre de réaliser (volonté libre) et capable de juger de façon autonome (libre-arbitre). Enfin, nulle responsabilité sans contrainte: la responsabilité est obligation de respecter les critères de cette responsabilité sous peine de sanctions. » (Emmanuel Diet , psychanalyste)

En faisant le pas de l’initiation maçonnique, le profane qui devient franc-maçon s’engage.

Il s’engage d’abord à se perfectionner, à devenir « meilleur », et aussi à œuvrer pour dans le monde profane.

Chacun peut comprendre que cette responsabilité est énorme !

Les francs-maçons sont avant tout des êtres humains confrontés aux difficultés de la vie quotidienne, aux passions, aux désirs et aux frustrations.

Théoriquement, pour aider l’initié à évoluer sur le chemin du perfectionnement, le travail en loge maçonnique est censé apporter une méthode, un soutien et un accompagnement.

Pratiquement, c’est très aléatoire car on sait bien que cela suppose de nombreuses conditions à remplir.

Le rite pratiqué importe peu ; certains sont plus exigeants que d’autres sur la gestuelle mais on est plus dans le formel.

L’essentiel, à mon humble avis, c’est la difficulté à assumer cette responsabilité qui nous tombe sur les épaules et dont on ne parle que très rarement.

« Quelle place a la responsabilité quand le désir s’est substitué à la morale ?  » (Emmanuel Diet , psychanalyste)

La 1ère responsabilité c’est de faire ce qu’il faut pour apprendre !

Celles et ceux qui croient que le bavardage est suffisant pour demander la parole se trompent. Chacun et chacune peut avoir une opinion sur n’importe quel sujet mais en quoi cela mériterait d’être partagé ?

En loge il n’y a pas de contrôle des connaissances maçonniques et philosophiques et on estime que chaque membre de la loge doit savoir ce qu’il a à faire !

La réalité, c’est que pour de multiples raisons, mais il me semble que la principale c’est le manque de disponibilité, il n’y a pas une réelle homogénéité et les échanges ne peuvent être que biaisés.

Apprendre, c’est lire, écouter, questionner, se faire expliquer ; c’est à la loge de faciliter ce travail d’acquisition des connaissances ! Combien de loges le font ? La loge n’est-elle pas irresponsable d’initier des profanes sans les accompagner dans leur parcours de connaissances ?

Comment s’étonner qu’une proportion importante d’apprentis et de compagnons démissionnent lorsqu’on donne le sentiment que tout cela n’est pas très sérieux ?

Une autre responsabilité : le savoir vivre !

Si nous sommes des francs-maçons et des francs-maçonnes rassemblés pour faire vivre un idéal, n’oublions pas que nous sommes des êtres humains qui avons à respecter un « savoir être » et un savoir vivre !

La familiarité ne justifie pas le laisser-aller, le non respect des codes de la politesse élémentaire et l’absence de discrétion !

Que cela soit en tenue, sur les parvis ou aux agapes, c’est pas toujours « la classe » ! L’ambiance 3ème mi-temps n’est pas faite pour élever le niveau ! Il suffit d’un fort en gueule, à l’humour facile pour imposer le style sans que personne ose s’en étonner !

Autre responsabilité : Que celles et ceux qui acceptent une charge l’assument !

C’est évident mais pour beaucoup c’est « Courage fuyons ! » « D’accord pour les honneurs mais pour le reste, j’ai d’autres choses à faire » !

Des archives qui traînent chez les uns ou les autres ou perdues, une bibliothèque de vieux livres poussiéreux, etc.

Ces trois déclinaisons d’une obligation morale pourraient être complétées par d’autres !

Les obédiences maçonniques sont manifestement handicapées par cette irresponsabilité chronique qui affecte plus ou moins tous les niveaux de la structure ! Heureusement, il y a des êtres conscients qui jouent complètement leurs rôles ! Que d’abnégation leur faut-il pour persévérer !

L’irresponsabilité c’est finalement la démission lente et progressive devant tout effort ! Quelle tristesse !

Comment redonner sa place à la responsabilité dans le parcours maçonnique ?

Quelques idées :

  • Rien de tel que l’exemple ! L’exemple est pédagogique !
  • Former les officiers ! Aujourd’hui il n’y a aucune formation sérieuse des officiers d’une loge ; pourquoi ne pas imaginer que la fonction d’officier ne serait accessible qu’à condition de suivre une formation d’un week-end organisée par la Région ou le conseil de l’Ordre ?
  • Soumettre les travaux présentés en loge à une commission de « sages » de la loge chargée d’évaluer son intérêt.
  • Proposer que les échanges consécutifs à la présentation d’une planche soit réalisés après la tenue sur une boucle d’échanges type « Telegram« .
  • Etre très sélectif sur les qualités morales des candidats aux fonctions ordinales, en particulier par les travaux personnels et l’engagement sociétal.

Que des contraintes de chantier !

L’architecte Hiram comme chaque soir parcourait lentement le chantier du Temple commandé par le roi Salomon. Il scrutait avec attention et évaluait l’état d’avancement de la cour des lévites et de l’autel des sacrifices. Il prenait aussi la peine de vérifier où en était le stock des cèdres et de cyprès venus du Liban, mais aussi la quantité de matériaux qui arrivait chaque semaine des montagnes.

Son souci était également que les magnifiques pierres de taille pour les fondements du Saints des Saints soient bien gardées par des vigiles qu’il avait lui-même choisis dans la confrérie de ses gardes. Vérifier que les feux continuent à être entretenus dans les fours pour cuire l’argile des briques et travailler le coulage du fer et du bronze, et que les pigments des peintures ne sèchent pas dans les nombreuses vasques des grands ateliers où des ouvriers restaient à pied d’œuvre toute la nuit…

Hiram trouvait ce soir-là que le palais du Roi s’édifiait bien et selon les règles de l’art et que Salomon serait content de s’y installer avant l’entrée de l’hiver. Le bois de cèdre à l’intérieur de la maison offrait déjà des sculptures de coloquintes et de fleurs épanouies. L’or pur restait cependant à poser pour rendre l’endroit éclatant, ainsi que les chérubins de bois d’olivier sauvage à sculpter sur les dix coudées de hauteur proposées aux grands prêtres.

Avec trois des meilleurs compagnons qu’il avait placés à ses côtés, il lui semblait que les choses progressaient selon ses vues et son idée de perfection sur cet énorme chantier, le plus grand de l’Antiquité. Il avait consenti à faire redoubler les cadences des manœuvres, des tailleurs de pierres, des charpentiers et des chaudronniers, mais Hiram, Architecte du Grand Salomon, restait intransigeant sur la qualité de l’œuvre, n’hésitant pas à faire refaire si malfaçon il y avait, fût-elle légère ! 

Avec la surveillance qu’il exerçait, il fallait reconnaître que son souci du beau et du sublime n’arrangeait pas l’humeur des artisans, des artistes ou des ouvriers diversement qualifiés, qui s’arcboutaient avec ardeur sur la tâche d’édification du Temple et de ses péristyles. Selon l’avis de ces milliers attachés au projet divin, une étape des engagements pris avec Salomon avait été pourtant bien réalisée, mais leur paye était loin de tenir le compte de toutes ces heures accomplies pour satisfaire les strictes exigences de l’architecte en chef !

Ses trois collaborateurs préférés, l’un pour coordonner et contrôler l’approvisionnement des matériaux, l’autre pour conduire les lourds travaux de taille et de soutènement des murs, le dernier pour superviser, conseiller, maîtriser les travaux délicats, étaient auprès de lui des hommes fidèles et zélés. Hiram les aimait comme des fils. D’ailleurs ne chuchotait-on pas (avec quelque raison) sur la gigantesque place encore bien encombrée, que ces trois là étaient ses fils illégitimes ? D’ailleurs, Hiram ne cachait pas sa fierté de les voir tous les trois reconnus pour leur savoir-faire, chacun dans son domaine, par tous les corps de métiers assemblés.

Reconstruction du Temple (illustration de Gustave Doré d’après La Sainte Bible de 1866).

De fait si les ouvriers grondaient et si ses fils veillaient de manière avisée sur le triangle d’or de la gestion de ce projet prestigieux et inédit, Hiram ne lâchait rien sur l’excellence des livrables du gros œuvre comme sur la justesse de la taille et l’assemblage des poutres, la beauté du cisèlement et du polissage de l’orfèvrerie, la grandeur des colonnes Jakin et Boaz « en préparation », ni sur « les finitions peinture » des parois de la chambre des Nazirs, dédiée aux ascètes ou de celle des lépreux, anciens malades.

Dès que l’éclat du jour avait chassé les ténèbres, avec ses « fils », Hiram effectuait un suivi rigoureux de l’avancement des travaux et des rampes d’accès au site, mais c’est seul qu’il définissait si tout était satisfaisant pour pouvoir plaire à Salomon qui, de son côté, répondait lui directement et en secret à l’Éternel.

Depuis quelque temps, Hiram n’ignorait pas que le Roi s’agaçait de l’insupportable lenteur d’accomplissement des lots et des tranches de travaux prévues dans ses plans ambitieux d’occupation du mont Moriah. Il savait aussi que le Roi s’adressait de plus en plus à ses trois et chers collaborateurs, en espérant gagner quelques années sur les livraisons attendues… Mais il fut tout de même surpris, ce soir-là, quand au détour de la cour du coin Est, près de la loge où se gardaient les plans et les outils, le premier de ses compagnons aimés, lui infligea un coup de règle sur la tête qui l’étourdit mais qu’il réussit avec habileté à détourner sur l’épaule gauche… Pourquoi cette agressivité de son premier fils ? Lorsqu’il vit le second surgir à son tour, non pas pour lui porter secours, mais pour lui asséner un grand coup de levier qui l’atteignit sur la nuque du cou, il soupira…

  • Vous deux, mes fils ensemble contre moi ?

Son état d’hébétement redoubla lorsqu’il vit se jeter sur lui son troisième et dernier fils en hurlant avec un lourd maillet et en le frappant violemment au front…

Hiram déclara dans un murmure en les regardant tous les trois se pencher sur son corps chu sur la dalle froide de l’esplanade :

  • Mais pourquoi ? Pourquoi mes fils tant aimés ?

Et sa voix exprimait alors autant d’affliction que d’étonnement… Les trois se penchant vers lui répondirent :

  • Père, Père, rien de personnel ! Mais nous perdons trop de temps avec votre goût du parfait, et le roi ne croit plus que vous tiendrez les délais ! Nous n’avons rien contre vous Papa : ce sont juste les contraintes du chantier.
Siège et destruction de Jérusalem par les Romains (peinture de 1850 de David Roberts).

Et ils lui assénèrent tous les trois ensemble un dernier coup fatal !

Avant d’expirer, les dernières paroles de l’architecte pinailleur furent :

  •  Ah, je m’excuse, je ne voulais pas vous mettre en difficulté, c’est vrai que j’aime pinail…, aïe, aïe.

Ce fut son dernier souffle…

Note : ci-dessus, exemple même de faits réels d’une affaire interprétée plus tard différemment lors du complot judéo-maçonnique !             

Qu’en pensez-vous aujourd’hui ? 450 FM attend vos conclusions personnelles

Arc de Titus montrant le butin du temple de Jérusalem.

Maurice ouvre grand ses bras à la Grande Maîtresse de la GLFF

De notre confrère defimedia.info

La Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, Catherine Lyautey, sera à L’Ile Maurice du 29 mars au 1er avril. Elle rencontrera des sœurs et des femmes qui voudraient découvrir la franc-maçonnerie féminine. Ce déplacement se fait dans le cadre du 40e anniversaire de La rose de l’aurore, première loge de la Grande Loge Féminine de France dans l’océan Indien. Dans cet entretien accordé à Le Dimanche/L’Hebdo, elle explique les objectifs de la franc-maçonnerie et brise quelques mythes.

Depuis quand êtes-vous dans la franc-maçonnerie ? 
Je suis maçonne depuis un peu plus de trente ans.

Qu’est-ce qui vous a attirée et incitée à entrer dans la confrérie ?
J’avais 40 ans et comme beaucoup de personnes arrivées à ce moment, je me suis demandé quel sens donner à ma vie. Pourquoi sommes-nous sur cette terre ? Quelle empreinte peut-on laisser ? Comment peut-on aider ce monde à s’améliorer ? Comment m’améliorer ? 
C’est à la suite d’une rencontre avec un ami que j’ai découvert la franc-maçonnerie, que je ne connaissais absolument pas.

Quelle image aviez-vous de la franc-maçonnerie avant d’y entrer ?
Je dois vous dire que je ne connaissais rien du tout. C’était une découverte totale. Je n’en avais même pas entendu parler, donc je suis entrée sans aucun préjugé.

Comment êtes-vous entrée ? 
C’est ce collègue de travail qui m’a mise en contact avec ce qu’on appelle chez nous une sœur. Elle m’a parlé de la démarche maçonnique…

Quel parcours avez-vous suivi pour devenir Grande Maîtresse de la Grande Loge féminine de France ?
J’ai suivi les degrés-étapes de la formation d’une maçonne. Je ne dévoile rien en disant qu’il y a trois étapes : apprenti, compagnon et maître. Je me suis toujours intéressée à ce qu’il se passait dans ma loge. Je m’intéressais aussi à ce qu’il se passait dans ma région, car on travaille par région. Puis, comme j’étais très curieuse de notre institution, je me suis intéressée à elle. C’est comme ça que j’ai fait un premier mandat de ce qu’on appelle conseillère fédérale. C’est-à-dire que j’étais membre du conseil d’administration. 

Ensuite, j’ai présenté ma candidature pour être élue Grande Maîtresse. Car chez nous, tout se passe de façon très démocratique. J’ai donc été élue à ce poste en mai 2021. C’est un mandat d’un an renouvelable deux fois, soit un maximum de trois ans.

Il y a plein d’idées préconçues. C’est probablement parce que nous sommes discrets. Mais nous ne sommes pas secrets. Nous sommes avant tout une école de perfectionnement, une école de questionnement 

Que devenez-vous après avoir été Grande Maîtresse de la Grande Loge féminine de France ?
Vous redevenez sœur de base et vous retravaillez avec toutes les autres sœurs. Je retournerai dans ma loge d’origine et je reprendrai ce que je faisais avant. Je m’investissais beaucoup dans des commissions d’études qui travaillent sur différents sujets. Elles abordent le droit des femmes, la laïcité, les rituels et le patrimoine. Je retournerai travailler dans les commissions dans lesquelles j’avais l’habitude de travailler. 

Y a-t-il une attirance, un intérêt accru de la part des femmes pour la franc-maçonnerie ? 
Oui, je pense qu’il y a une appétence de la part des femmes à s’accorder du temps pour la réflexion. Elles approfondissent qui elles sont, abordent des sujets de société à travers le regard d’autres femmes, et échangent avec d’autres femmes. Donc oui, il y a une demande en ce moment, parce qu’il y a une recherche de sens. Il y a une quête personnelle, spirituelle, pour le perfectionnement de soi et de l’humanité. 

Depuis quand la Grande Loge féminine de France existe-t-elle ? 
Nous avons été créées en 1945, le jour où les femmes sont devenues des citoyennes à part entière et ont mis un bulletin de vote dans l’urne. C’était un symbole très fort. 

Qui sont derrière sa création ?
Elle a été créée par une association de femmes. Dans notre histoire d’avant la Grande Loge féminine de France, on était ce qu’on appelait des loges d’adoption. C’est-à-dire qu’on travaillait sous l’aimable protection de nos frères de la Grande Loge de France. Donc, il y a toujours eu des femmes maçonnes et en 1945, nous avons décidé de devenir indépendantes.

Beaucoup d’obédiences masculines étaient présentes à Maurice. C’est en partie parce que c’est une île et qu’il y avait des marins. Beaucoup de marins étaient maçons

La Grande Loge féminine de France est-elle la principale loge qui regroupe des femmes ? 
C’est la première obédience féminine mondiale en tant qu’obédience mono genre féminin. 

Que faut-il comprendre par obédience ? 
C’est un regroupement de loges. Il y a de grandes obédiences en France comme le Grand Orient de France et la Grande Loge de France, par exemple.

Combien de membres, réparties dans combien de pays, la Grande Loge féminine de France compte-t-elle ? 
Nous sommes 13 000 membres réparties dans 450 loges et nous couvrons la métropole et les départements et territoires d’outre-mer, l’Afrique, le Maghreb, l’Europe de l’Est. Nous sommes répartis partout dans le monde. Nous avons été à l’origine de la création d’autres obédiences féminines nationales que nous appelons, entre nous et très gentiment, nos filles.

Et qu’en est-il pour Maurice ? 
Maurice a toujours été une terre maçonnique, mais surtout masculine. Et les femmes se sont intéressées à la maçonnerie comme partout dans le monde. 

Dans notre structure, dès le début de notre existence, on a créé la loge La rose des vents. Comme son nom l’indique, cette structure permet, là où il n’y avait pas de loge de la Grande Loge féminine de France, d’aider des femmes. Elles étaient dans des territoires éloignés et pouvaient ainsi créer leur loge avec un accompagnement pour prendre leur envol. C’était le cas de la première loge à Maurice. Par la suite, il y a eu deux autres loges. 

Donc, la Grande Loge féminine de France compte trois loges à Maurice… 
C’est tout à fait ça. Il y a La rose de l’aurore, Le flamboyant et La Shooting Star. La rose de l’aurore va avoir 40 ans. Le flamboyant a été créée en 2004 et La Shooting Star a vu le jour en 2015. 

Maurice a trois loges féminines. Il y a La rose de l’aurore, Le flamboyant et La Shooting Star. La rose de l’aurore va avoir 40 ans. Nous avons 120 à 150 soeurs

Combien de membres y a-t-il à Maurice ?
Nous avons 120 à 150 sœurs. 

Dans quelles circonstances La rose de l’aurore a-t-elle vu le jour ? 
Plusieurs femmes avaient envie de créer une loge et c’est comme ça que La rose de l’aurore a été créée. C’est pour pouvoir, comme nous disons avec nos termes, apporter la lumière à des femmes qui étaient en quête.

Y a-t-il beaucoup d’intérêt de la part des femmes pour rejoindre la franc-maçonnerie ?
Je pense qu’il y a des intérêts partout dans le monde de la part des femmes pour devenir maçonnes.

Vous avez dit que Maurice a toujours été une terre maçonnique. Qu’est-ce que cela veut dire ? 
Il y avait beaucoup d’obédiences masculines qui étaient présentes à Maurice. C’est en partie parce que c’est une île et qu’il y avait des marins. Beaucoup de marins étaient maçons, car la maçonnerie s’est aussi développée par les voies maritimes. 

En quoi la franc-maçonnerie féminine se distingue-t-elle de la franc-maçonnerie masculine ? 
La méthode symbolique est exactement la même. Nous sommes un ordre initiatique. Le terme peut surprendre, mais il faut surtout retenir : initiation. Et ce qui diffère avec une obédience mixte ou une obédience masculine est que l’initiation est donnée par des femmes pour des femmes. Donc c’est très différent, mais sinon nous sommes des maçonnes avec les mêmes rituels et symboles.

De temps en temps, les gouvernements peuvent nous demander des avis sur différents sujets. Nous parlons juste de nos valeurs et de nos principes

Si une Mauricienne veut devenir franc-maçonne, que doit-elle faire ?
Nous sommes entre tradition et modernité comme tout le monde. Elle peut se rendre sur notre site où elle aura des informations et où elle pourra envoyer sa candidature. Une des sœurs, d’une des loges de Maurice, la contactera pour lui faire préciser pourquoi elle souhaite entrer en franc-maçonnerie. Parce que parfois une personne ne sait pas très bien exprimer sa demande. On lui demandera d’expliquer sa démarche, ce qu’elle pense qu’on peut lui apporter et ce qu’elle peut nous apporter pour cheminer ensemble.

À Maurice, il y a beaucoup de mystère et de mythes autour de la franc-maçonnerie. Est-ce le cas ailleurs aussi ?
C’est partout, je pense. Il y a plein d’idées préconçues. C’est valable partout. C’est probablement parce que nous sommes discrets. Mais nous ne sommes pas secrets. Certains ont l’impression qu’il y a plein de choses qui se passent, alors que ce n’est absolument pas le cas. Nous sommes avant tout une école de perfectionnement, une école de questionnement. Et nous travaillons pour que l’humanité soit plus juste, plus égale et pour que l’être humain soit au centre des préoccupations. 

Il y a la perception de réseau qui permettrait d’influer sur des décisions importantes dans un pays. Qu’est-ce que vous répondez à cet argument ? 
Si la franc-maçonnerie a eu un pouvoir d’influence, c’était sous la 3e République française. C’était évident. Depuis, les choses ont énormément évolué. 
Il y a eu la Seconde Guerre mondiale avec les décrets anti francs-maçons bien avant les décrets anti-juifs. Depuis, nous avons préféré travailler dans la discrétion et nous focaliser sur ce qu’est la franc-maçonnerie. C’est-à-dire la recherche de savoir qui nous sommes et comment nous pouvons nous perfectionner. C’est pour partager avec l’extérieur ce que nous portons en nous. 

Mais à titre individuel, je dirais que chaque maçonne ou chaque maçon peut, dans son entourage, apporter des réflexions qu’il ou elle a entendues dans le temple. Ce qui n’a pas un pouvoir de pression. 

Certes, de temps en temps, les gouvernements peuvent nous demander des avis sur différents sujets. Il n’y a pas très longtemps, ce fut le cas sur la fin de vie en France, mais nous ne donnons jamais une position. Nous parlons juste de nos valeurs et de nos principes. Et nous travaillons toujours sur ce sujet à travers le prisme de liberté, d’égalité et de fraternité. 

Beaucoup de gens pensent qu’il faut être quelqu’un d’important, de riche, pour pouvoir entrer dans la franc-maçonnerie. Que répondez-vous à cela ? 
La notion d’élitisme est une idée absurde et totalement fausse. On demande à n’importe quel aspirant-maçonne ou maçon d’être sincère dans sa démarche, de dire qu’il veut s’améliorer et de savoir ce qu’il est. Il doit être en quête d’une recherche spirituelle hors des dogmes puisque nous sommes des obédiences adogmatiques. 

Alors, que vous soyez surdiplômée, vendeuse ou fonctionnaire, si votre démarche est sincère, vous pouvez venir nous rejoindre. Comme on dit chez nous, vous pouvez frapper à la porte du temple.

Pourquoi continuer en 2023 avec cette discrétion ? Est-ce qu’il n’est pas temps de lever le voile ? 
Je pense qu’on essaie toujours de lever le voile dans beaucoup d’endroits. Nous donnons énormément de conférences publiques. Il nous paraît important de parler de nous-mêmes directement, plutôt que de faire parler les autres à notre place. Nous faisons beaucoup de colloques en visioconférence, beaucoup de choses pour justement lever le voile. 

Il y a une autre idée reçue à Maurice qui veut qu’un franc-maçon ne peut se révéler…
La franc-maçonne ou le franc-maçon peut tout à fait révéler son appartenance. Il n’y a aucun souci. Par contre, ce qu’il ou elle ne peut pas faire, c’est révéler l’appartenance à la franc-maçonnerie de quelqu’un d’autre. Une sœur, un frère peut dire je suis franc-maçon, je suis fier d’être franc-maçon, mais il ne dira pas : mon voisin est franc-maçon. 

Pourquoi votre visite à Maurice ?
C’est pour fêter les 40 ans de la première loge féminine de Maurice. Je vais rencontrer les sœurs, échanger avec elles. Et je vais leur assurer qu’elles sont membres à part entière de la Grande Loge féminine de France, malgré la distance.

Un seul commandement suffirait pour une morale sociétale ?

La réflexion éthique est une interrogation sur les actes et les abstentions. La morale gouverne les actes et les abstentions mais aussi les intentions, même si elles restent à l’état caché. La déontologie guide les actes et les abstentions. Le droit s’intéresse aux actes.

« Bon appétit, Messieurs! ô ministres intègres ! Conseillers vertueux! Voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison. »

Non, il ne sera pas question de Ruy Blas, quoique… mais vous êtes invités à une lecture, ni pieuse ni religieuse, des versets qui se trouvent au 2ème chapitre de la Genèse versets 16 et 17. Il y est question de l’interdit de manger de l’Arbre de la connaissance. Ce texte est traité, en général, de manière réductrice, à la limite de la magie. Si on demande à tout un chacun ce qui se passe autour de ces versets il dira : Dieu avait donné un ordre de ne pas manger d’un certain arbre, comme si les autres étaient comestibles. Adam et Ève ont transgressé et ont changé l’histoire de l’humanité. Comme si, n’ayant pas su résister à cette seule tentation, ils auraient modifié l’ordonnancement de l’humanité et nous auraient mis dans un sale pétrin.

Et pourtant, des enseignements par des commentaires de ces versets répondent pour nous aider à mieux comprendre notre vie et nos comportements au regard de ce texte, car il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un interdit alimentaire, mais de la première injonction morale à l’humanité.

Alors essayons de reprendre les choses. Après avoir créé l’homme, mais avant de créer la femme, D. donne Un seul ordre à Adam au 2ème chapitre verset 16 et 17, ce fut sa première parole à l’humain : « L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu mangeras de tous les arbres du jardin, et tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras». Adam, seul auditeur doit transmettre cette loi à ceux qui viendront après lui, en l’occurrence Ève. Dans le 3ème chapitre, suite à l’échange avec le serpent, Ève répond : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin,  Mais, « quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. La femme cueillit de son fruit et en mangea; puis en donna à son époux, et il mangea« . Cherchez l’erreur de l’ordre originel : l’homme a mal enseigné à la femme et elle communique dans l’erreur avec le tentateur et si faute il y a, c’est parce qu’il y a faute sur la transmission (comme s’il y avait rupture entre Hochmah et Binah, les séphiroth de la dualité primordiale). Cependant, Adam et Ève en mangent mais ne meurent pas de suite. Ici la mort n’est donc pas qu’un phénomène physique. Mais leur conduite dans l’histoire entraînera l’existence de la mort et en perspective le meurtre d’Abel.

Que signifie alors manger de la connaissance ?

Sans occulter le mot «arbre» qui évoque tout ce qui monte de la nature, nous rappellerons seulement que du point de vue symbolique, nous le savons bien ici, l’arbre peut évoquer aussi l’humain dressé entre ciel et terre. Le sachant, ne pas manger de la connaissance, c’est ne pas manger tout ce que symbolise l’arbre. Ce n’est pas l’objet de la nature (les fruits etc…) qui est évoqué ici. Mais alors, que veut dire «manger»? Que veut dire «connaître»?

Manger, c’est satisfaire un besoin corporel, consommer de la nourriture, de la culture, du sexe, c’est ramener à soi le monde pour satisfaire son quant-à-soi, son égo. C’est faire sien, c’est avoir la maîtrise, la domination des choses. Connaître est à l’opposé de manger. Plus on connaît, plus des richesses sont découvertes et laissent apparaître de la complexité et sans s’approprier cela. L’objet de la consommation trouve vite sa satisfaction, on a vite fait le tour,  et on a besoin de renouveler le champ du désir. On a besoin alors d’aller connaître ailleurs, au-delà de ce que l’on connaît déjà, dans un ailleurs toujours ailleurs. Pour pouvoir être dans la continuité de la relation à l’autre, cela nécessite de ne pas le réduire à l’objet de notre satisfaction première mais de l’accompagner loin de soi et de lui conserver son étrangeté à nous-mêmes. Nous entendons donc que l’acte de connaître ne peut pas se laisser consommer.

Et pourtant on ne peut dissocier l’acte de manger de l’acte de connaître. Prenons un exemple simple, manger du pain. C’est se rassasier, mais ce morceau de pain peut-être aussi nécessaire à celui qui a faim. Il s’agit d’accommoder  mon besoin et de connaître, par rapport à cette nourriture que je consomme, le besoin de celui qui est autre que moi-même. N’est-ce pas le sens du partage du pain au début du banquet d’ordre ? Le pain se dit en hébreu לחם de valeur 78. Partager en deux (39) il devient le kouzou (כוזו), la mise en mouvement du tétragramme (en faisant avancer d’un pas chaque lettre du יהוה cela donne כוזו de valeur 39) mais aussi la rosée tal (טַל de valeur 39). Parce qu’il y a partage du pain et du vin, il y a surgissement par l’éthique de la métaphysique, secret de l’eucharistie. À remarquer qu’en hébreu, «je suis avec [le] pain a pour valeur guématrique 144 de même valeur que l’expression אחלקה  qui veut dire «Je partagerai». C’est ce qu’Emmanuel Lévinas développe magistralement dans son livre Le temps et l’autre. Au centre de la pensée kabbaliste, il y a le pain quotidien, le pain azyme, le pain du ciel et le pain de la honte.

Le pain est présent dans le cabinet de réflexion.  Il prend sens comme nourriture des Mystères, comme triomphe de la vie sur la mort comme dans le tombeau égyptien, comme dans la résurrection évoquée dans la Bible ; oui, pareille à la rosée (39) du matin est ta rosée (39) : grâce à elle, la terre laisse échapper ses ombres (Isaïe 26,19). Remarquons que le sel (ח ל מ) et le pain (מ ח ל), en hébreu ont la même valeur guématrique, 78, et sont des anagrammes l’un de l’autre. Mais le mot (מ ח ל) signifie aussi la guerre !

À chaque fois que l’on mange, il s’agit de prendre en compte les besoins qui composent la société qui nous entoure. C’est à cela que sert de dire une bénédiction avant chaque repas. Pas seulement pour remercier une hypothétique providence, mais pour considérer, dans le respect de l’égalité en dignité de tous les hommes, que les besoins des autres ne sont pas moins légitimes que les miens, pour qu’il n’y ait pas d’injustice des destins et qu’il y ait un minimum d’équité pour que les autres aient leur part de survie. C’est ce qu’enseigne le père à son fils le soir de la Pâque juive : au « Quel est le sens des lois de témoignage, des décrets et des lois sociales mentionnés dans la Torah ? », le père répond : « On ne mange plus après l’afikomane » (ce morceau de matsa consommé après le repas, qui symbolise l’agneau pascal et qui marque la fin de toute consommation jusqu’au lendemain). La réponse paraît étrange face à la question. En fait, le père ajoute : « Mon fils si tu veux saisir le sens des commandements il suffit de comprendre le sens de l’afikomane : mettre une limite à son appétit de vivre, à sa jouissance totalitaire». La limite permet de se situer, certes, par rapport à D. qui a donné l’ordre, mais surtout par rapport au prochain qui lui aussi à son propre appétit de vivre. Accepter ou pas un profane est du même ordre. N’a-t-il pas, lui aussi, le droit à la chance d’être F\M\ s’il est libre et de bonnes mœurs ?

La Franc-Maçonnerie ne nous appartient pas.

Chaque fois que je consomme, je prive le monde de ce que je viens de détruire. Manger de la connaissance c’est ignorer cela et ce serait la mort de la société. Dès que l’on a conscience d’être au  monde, se joue, pour moi, le problème suivant : ne suis-je pas en train de consommer le monde en ignorant ce que je dois connaître pour que le monde survive ?

Dans le premier ordre d’hominisation donné à Adam, dans cette loi tout fut dit. À cause de son échec de la comprendre, elle fut redonnée à Noé, sous la forme des 7 lois noachides.

C’est une liste de sept impératifs moraux, considérée comme le code civil le plus ancien de l’humanité, avec comme commandements :. établir des tribunaux,. l’interdiction de blasphémer,. l’interdiction de l’idolâtrie,. l’interdiction des unions illicites,. l’interdiction de l’assassinat;. l’interdiction du vol,. l’interdiction de manger la chair arrachée à un animal vivant.

Faute de respect, la loi fut répétée dans les 10 commandements et encore diffractée dans les 613 commandements de la loi mosaïque. Les 613 préceptes normatifs délivrés à Moïse, dont 248 positifs (qui imposent certains actes) et 365 négatifs (qui en interdisent d’autres), sont formulés dans les chapitres du Deutéronome 12 à 27. Le nombre 365, celui des préceptes négatifs, est, en plus des jours de l’année, le nombre des nerfs et des tendons dans le corps humain, tandis que le nombre 248, celui des préceptes positifs, correspond au nombre des ossements du corps humain. Le respect de ces commandements, par les juifs pieux, seraient la réparation de la supposée faute de la dégustation de l’arbre de la connaissance et de l’ignorance des lois noachides. En pratique, aucune liste définitive expliquant les 613 lois n’a pu être établie et leur pratique est presque impossible.

Alors, David vint et les réduisit à 11, ainsi qu’il est dit :

. « Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur. Il ne calomnie point avec sa langue, il ne fait point de mal à son semblable, et il ne jette point l’opprobre sur son prochain. Il regarde avec dédain celui qui est méprisable, il ne se rétracte point, s’il fait un serment à son préjudice. Il n’exige point d’intérêt de son argent, et il n’accepte point de don contre l’innocent. (Psaumes 15:1-5).»

Isaïe vint et les réduisit à six :

. « Marcher dans la justice, parler selon la droiture, mépriser un gain acquis par extorsion, secouer les mains pour ne pas accepter un présent, fermer l’oreille pour ne pas entendre des propos infamants, et se bander les yeux pour ne pas voir le mal…» (Isaïe 33:15).

Michée vint et les réduisit à trois :

. pratiquer la justice,. aimer la miséricorde,. marcher humblement. (Michée 6:8).

Isaïe vint encore une fois, et les réduisit à deux :

. observer ce qui est droit, . pratiquer ce qui est juste. (Isaïe 56:1).

Dans les Actes des Apôtres, Luc raconte que, lors du concile de Jérusalem, sous la présidence de Jacques et en présence de Pierre, on convint d’imposer aux païens qui se convertissaient à la religion de Jésus (qui ne s’appelait pas encore le christianisme), des obligations dont il donne à trois reprises la liste et qui ressemble fort aux commandements noachides :

. s’abstenir des viandes immolées aux idoles (comparer la troisième loi noachide: interdiction de l’idolâtrie),

. s’abstenir de l’impudicité (comparer la quatrième loi noachide: interdiction des unions illicites, c’est-à-dire l’inceste),

. s’abstenir des animaux étouffés, c’est-à-dire des viandes non-saignées (à comparer à la dernière loi noachide, dont la formulation rabbinique, toutefois, ne correspond pas exactement: interdiction d’arracher un membre d’un animal vivant),

. s’abstenir du sang (comparer la cinquième loi noachide; interdiction de l’assassinat).

Vus comme des devoirs, formalisant une morale sociétale, les commandements élaborés par le judéo-christianisme et leurs avatars s’imposèrent par l’exhortation, l’excommunication, la torture, le feu, la lapidation et autres exactions.

Depuis les versets 16 et 17, l’homme a cherché à se donner, d’abord, des devoirs de sociabilisation puis des droits immanents et supérieurs, des droits «inhérents à sa personne, inaliénables et sacrés», droits naturels, et donc opposables en toutes circonstances à la société et au pouvoir, à travers une législation qui, aujourd’hui, pose heureusement, en principe, la séparation des pouvoirs religieux et judiciaire  à partir d’un socle développé au XVIIIe siècle et qui évolue encore de nos jours : La première génération fut celle des droits de l’homme civils et politiques ; puis la deuxième génération celle des droits économiques et sociaux ; la troisième génération celle des droits de solidarité ; la quatrième génération celle des droits globaux. Aujourd’hui, les principes des devoirs de l’homme sont devenus, en Europe, les droits de l’Homme inscrits dans la  Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, usuellement appelée Convention européenne des droits de l’homme.  Les principes sont articulés en 18 articles que l’on peut regroupés en grands thèmes parmi lesquels :

. la personne physique (Art. 2 : droit à la vie, Art. 3 : interdiction de la torture, Art. 4 : interdiction de l’esclavage, Art. 5 : droit à la liberté et à la sûreté) ,

. la personne et l’esprit (Art. 9 : liberté de pensée, de conscience et de religion,  Art. 10 : droit à la liberté d’expression,  Art. 11 : droit à la liberté de réunion et d’association),

. la vie privée et familiale de la personne (Art. 8 : droit au respect de la vie privée et familiale, Art. 12 : droit au mariage),

. le droit au procès équitable et les garanties procédurales (Art. 6 : droit à un procès équitable, Art. 7 : légalité des peines, Art. 13 : droit à un recours effectif),

. la non-discrimination (art. 14).

La Convention a évolué au fil du temps et comprend plusieurs protocoles. Par exemple, le protocole N° 6 interdit la peine de mort, excepté en cas de guerre. C’est la Cour européenne des Droits de l’Homme qui est chargée d’en sanctionner leurs transgressions, elle concerne les habitants des 47 pays signataires. Toute personne s’estimant victime d’une violation de la Convention peut la saisir afin de recevoir une indemnisation, contrairement à la Charte universelle des droits de l’ONU de 1948, qui ne prévoit aucune sanction.

Si d’un point de vue personnelle ce sont des droits, par leur observance, ils n’en sont pas moins des devoirs, des obligations, puisque leur transgression est sanctionnée. Comme l’écrit Nietzsche  « Nos devoirs, ce sont les droits que les autres ont sur nous » (Aurore, 1881).

La Convention postule une identité de règles universelles parce qu’elles concernent l’humain. En tant qu’unité, on peut donc dire qu’on on retrouve avec la Convention une supra loi morale des temps modernes régissant les divers systèmes juridiques nationaux. À la différence de la morale religieuse qui veut élever l’humain vers le «vivre ensemble» et surtout vers Dieu, la morale des droits de l’Homme protège l’Homme contre la société, pour lui permettre d’y vivre en égalité de dignité. Le ciel a laissé place à la terre.

Ainsi les quelques 140000 articles de loi, répartis dans les Codes, qui dirigent notre droit français aujourd’hui et qui sont soumis aux 18 principes fondamentaux de la Convention, ne seraient-ils pas l’image fractale du premier commandement du texte de la genèse pour nous obliger à devenir encore plus humain ?

Tu ne mangeras pas du fruit de la connaissance, c’est la reconnaissance de la valeur absolue d’autrui. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui : elle a pour principe, la nature ; pour règle, la justice ; pour sauvegarde, la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.

Alors mangeons pour nous nourrir de la conscience de l’autre en réalisant la congruence ponctuelle du manger et du connaître et Abel sera épargné. Bon appétit mes frères et mes sœurs, mes compagnons. 

Qui est l’auteur de l’évangile de Jean ? : 1h40 de conférence

Découvrez cette interview de Jean Staune réalisée par VERTICAL PROJECT MEDIA (https://vertical-project.com/)  et menée par Jocelin Morisson.

L’intervenant nous dévoile des éléments extrêmement bien documentés sur son dernier ouvrage intitulé : « Jésus, l’enquête », édité chez Plon. Que l’on soit croyant ou non, il est clair que Jésus est la personnalité ayant eue le plus d’impact sur l’histoire de l’humanité. Mais que sait-on exactement de lui ?

Cet  ouvrage est une enquête qui ramène le lecteur 2000 ans en arrière, basée sur des sources réelles indiscutables, mais souvent peu connues, même par les plus passionnés.

Pendant longtemps, l’expression populaire « Paroles d’Evangile » montrait que l’on prenait leur contenu au pied de la lettre. Puis, avec la modernité est venue la critique des textes, et certains auteurs, y compris chrétiens, en sont venus à dire que, finalement, on ne savait que très peu de choses sur Jésus, et encore moins sur les paroles qu’il avait prononcées. Mais est-ce vrai ou juste un a priori de notre époque ? Ne serait-ce pas extraordinaire si l’on pouvait avoir sur lui un témoignage de première main dont on pourrait montrer qu’il est extrêmement fiable jusque dans d’infimes détails ?

En menant une véritable enquête haletante  « à la Hercule Poirot » , à partir de l’analyse de l’ensemble des ressources disponibles dans les premier et deuxième siècles de notre ère qu’il a analysé, Jean Staune nous montre que c’est bien le cas avec le 4e Evangile, qui est fort différent des trois autres.

Mais cela implique quelque chose de stupéfiant : le principal disciple de Jésus, celui qui se présente comme le  « Disciple que Jésus Aimait » n’a jamais été l’un des Douze Apôtres !

Cela ouvre des perspectives nouvelles et inattendues sur les origines du christianisme.

Mais surtout, à partir du moment où l’on prend ce témoignage et les propos de Jésus qu’il contient au sérieux, cela implique une compréhension nouvelle de la nature de Jésus qui surprendra même les chrétiens, qui pourtant placent déjà la barre très haut en le considérant comme « le fils de Dieu ». Cela nous dévoilera aussi des choses essentielles sur notre propre nature et notre propre destinée.

A l’opposé de toute  « démarche à la Da Vinci code », cette enquête, qui ramène le lecteur 2000 ans en arrière, est basée sur des sources réelles indiscutables, mais souvent peu connues, même par ceux passionnés par les origines du mouvement qui a le plus impacté l’histoire humaine.

28/03/2023 : Les Maillotins accueillent Georges Sérignac en conférence

De notre confrère presse-evasion.fr – Par Thierry BRET

Les habitants de Joigny dans l’Yonne, ville d’Art et d’Histoire, reçoivent ce mardi soir le Grand Maître du GODF avec une intervention dont la thématique sera : « éclairer les profanes sur les fausses informations qui circulent sur les loges… » 

Elles sont suffisamment rares ces initiatives, il ne faut donc point les ignorer. D’autant qu’elles répondent à un seul et unique objectif : en finir avec l’image véhiculée par ces structures auprès de l’opinion publique, entre secrets, complots et mystères ! La Franc-maçonnerie s’attèle à faire toute la lumière ou presque sur ce qu’elle représente, à travers ses valeurs et celles de la République française. Ce sera précisément la thématique choisie par le grand maître du Grand Orient de France, Georges SERIGNAC, en conférence exceptionnelle ce 28 mars à Joigny.

JOIGNY : Démystifier et expliquer ce qu’est réellement la Franc-Maçonnerie dans la France d’aujourd’hui ! Voilà en filigrane l’objectif avoué du Grand Orient de France (GODF) qui proposera le 28 mars prochain à la salle Claude Debussy une passionnante conférence animée par le plus haut dignitaire de ses représentants, le grand maître national, Georges SERIGNAC.

En évoquant les valeurs de cet ordre philosophique au service de la République française, le Grand Orient de France (GODF), l’une des obédiences maçonniques en exercice dans le pays – elle a été la première de ces structures prônant les vertus de la fraternité à avoir été créée sous la direction du duc d’Orléans –  entend bien remettre les pendules à l’heure de la véracité, éradiquant au passage toutes les rumeurs les plus folles circulant sur la toile, depuis l’assimilation à une secte ou à une religion, voire un réseau de conspirateurs, étroitement liés, aux « Illuminatis » !

« Cette conférence a pour but de montrer ce qu’est vraiment la Franc-Maçonnerie, explique l’un des membres de la loge auxerroise des « Frères Unis », à l’origine de ce rendez-vous oratoire, beaucoup de choses se propagent sur Internet renforçant l’opinion négative de nos initiés… ».

Une plongée maçonnique à travers l’histoire de la France…

Lors de cette soirée, le grand maître du Grand Orient de France montrera le rôle essentiel de la Franc-Maçonnerie aux XIXème et XXIème siècle dans la proposition de lois sociales. En effet, les membres du Grand Orient de France ont abordé de nombreux sujets sociétaux, notamment par ses travaux. Ceux-ci sont à l’origine de grandes avancées sociales et républicaines comme par exemple : la séparation des Eglises et de l’Etat, la liberté d’association, la protection sociale, les mutuelles, les congés payés, le planning familial, le droit à l’avortement, la contraception, le mariage pour tous, la dignité en fin de vie, etc.

Seront également évoqués les œuvres des maçons célèbres à l’instar de Victor SCHOELCHER, Jules FERRY, Léon BOURGEOIS, Henri LAUGIER, Jean ZAY, Henri CAVAILLET,…

Bref, le public pourra découvrir la réalité de cette structure associative et son rôle au service de l’humanité.

Grand Orient de France – Liberté-Égalité-Fraternité – Faire avancer concrètement la société
Grand Orient de France – Liberté-Égalité-Fraternité – Faire avancer concrètement la société

En savoir plus :

Conférence publique du Grand Orient de France le mardi 28 mars à 18h30 à la salle Claude Debussy 61, rue Saint Jacques à Joigny sur « Les valeurs de la Franc-Maçonnerie et la République Française ».

Elle sera animée par le Grand Maître du Grand Orient de France, Georges SERIGNAC.

Inscription

https://framadate.org/tYBGyHQRadG8ao4Y

Renseignements et contact : conference089@orange.fr

Les francs-maçons chinois célèbrent 160 ans de soutien communautaire et culturel au Canada

De notre confrère canadien cbc.ca – Par Winston Szeto

En 2003, Fung et d’autres membres des francs-maçons chinois ont installé une pierre tombale du 140e anniversaire au cimetière historique des mineurs d’or chinois à Barkerville, où l’organisation a établi sa première succursale canadienne en 1863.

« [J’]ai vu beaucoup de valeur historique et beaucoup de satisfaction personnelle à toucher nos racines et l’histoire des Chinois au Canada« , a-t-il déclaré à propos de la visite.

Vingt ans plus tard, Fung, un chef des francs-maçons chinois du Canada, est maintenant prêt à célébrer une autre étape importante pour l’organisation.

Jusqu’à 600 membres de 19 succursales à travers le pays doivent se rassembler dimanche à son siège national à Vancouver, où ils effectueront des rituels tels que rendre hommage aux divinités chinoises et se saluer avec des gestes de la main hérités de leurs fondateurs. 

Commencé en tant que sociétés secrètes dans le sud de la Chine

Plus ancienne que la Confédération, l’organisation des francs-maçons chinois du Canada – également connue sous le nom de Hongmen (洪門) en chinois – a joué un rôle essentiel dans le soutien des communautés chinoises, par exemple, en fournissant des services d’établissement aux immigrants, et en promouvant et préservant la culture chinoise.

Il a également conservé un côté controversé dans son objectif déclaré de promouvoir l’unité chinoise, malgré une histoire imprégnée de révolution.

L’organisation peut retracer son histoire encore plus loin au milieu du XVIIe siècle dans le sud de la Chine où, selon l’historienne de l’Université de Notre-Dame Dian Murray, elle a commencé comme un groupe de sociétés secrètes qui visait à renverser la dynastie impériale Qing dirigée par les Mandchous et restaurer la dynastie Ming contrôlée par les Han.

Deux siècles plus tard, de nombreux membres de Hongmen – principalement des hommes – ont émigré en Californie pour la ruée vers l’or et ont établi le premier chapitre nord-américain de leur organisation à San Francisco en 1849. La plupart d’entre eux ont ensuite déménagé dans la région de Cariboo en Colombie-Britannique pour jalonner de nouvelles concessions aurifères, selon au regretté chef des francs-maçons chinois  Harry Con .

Un groupe d'hommes en costume se tient debout sur les balcons et le sol d'un immeuble de deux étages.
Des membres des francs-maçons chinois sont représentés debout à l’intérieur de leur loge Zhigongtang à Revelstoke, en Colombie-Britannique, vers 1900. La branche n’existe plus. (Musée et archives de Revelstoke)

On ne sait pas comment Hongmen a adopté son nom anglais et son lien avec le mouvement plus large de la franc-maçonnerie. 

Les gens rejoignent l’organisation sur invitation, avec le parrainage des membres existants.

Contrairement à une grande partie de la franc-maçonnerie occidentale, les francs-maçons chinois ont toujours été ouverts à l’adhésion féminine, selon leurs dirigeants.

Au cours du siècle dernier, de nombreuses branches de francs-maçons chinois à travers la Colombie-Britannique – y compris à Barkerville, qui est devenue une ville fantôme – ont disparu en raison du vieillissement des membres, mais de nombreuses nouvelles ont vu le jour à travers les Amériques, l’Australasie et l’Europe en tant que sociétés d’entraide.

En Chine continentale et à Taïwan, les francs-maçons chinois sont un parti politique reconnu nommé Zhigongdang (致公黨).

C’est une autre histoire à Hong Kong, où la police  considère les sociétés Hongmen comme des groupes criminels organisés. Les sociétés sont également connues sous le nom de sociétés triades (三合會); selon le sociologue Harold Traver , qui a enseigné à l’Université de Hong Kong, il s’agit d’un vestige de la domination coloniale britannique, où devenir ou prétendre être membre d’une triade et accomplir des rituels de triade était une infraction pénale. La loi persiste à ce jour.

Financer la révolution chinoise

Les francs-maçons chinois du Canada ont également joué un rôle clé dans la révolution réussie du Dr Sun Yat-sen contre le régime impérial pour construire une démocratie chinoise en 1912.

Bien connu à Vancouver grâce au jardin chinois classique qui porte son nom , Sun – qui est devenu membre des francs-maçons chinois à Honolulu en 1904 – a fait trois voyages au Canada pour amasser des fonds pour la révolution, selon les archives de l’organisation.

Le vice-président Ken Liu dit que l’organisation a hypothéqué plusieurs propriétés dans le quartier chinois de Vancouver – y compris son ancien pavillon au 5 W. Pender St. où Sun a déjà séjourné – afin de financer l’insurrection.

Un homme en costume est assis sur une chaise.
Le Dr Sun Yat-sen lors de son séjour à Vancouver en 1911 avant le succès de sa révolution contre le régime impérial chinois. La photo a été prise par le photographe sino-canadien Yucho Chow. (Archives de l’Université de Victoria)

Après le succès du soulèvement, Sun est devenu le premier président provisoire de la République de Chine, un régime qui s’est retiré à Taiwan pendant la guerre civile en 1949 et y est basé depuis. Il reste également une personnalité politique vénérée dans la République populaire de Chine dirigée par les communistes.

Mais les francs-maçons chinois ne se souviennent pas aussi affectueusement de lui, qui affirment que Sun ne lui a pas rendu l’argent récolté comme promis. 

« Son surnom, 孫大炮 [Soleil, le grand menteur] vient en fait de Hongmen« , a déclaré Liu.

Préservation culturelle

Malgré le manque à gagner de la réhypothèque, l’organisation a levé suffisamment de fonds pour conserver ses propriétés, y compris le bâtiment du journal Chinese Times (大漢公報) au 1 E. Pender St. La publication a tenu les communautés chinoises à travers le pays informées de 1906 à 1992.

Un bâtiment de trois étages au carrefour, avec des poteaux électriques et une tente à proximité.
Le bâtiment des francs-maçons chinois au 5 W. Pender St. à Vancouver en octobre 1911. (Archives de la ville de Vancouver (AM54-S4-1-M-14-: M-14-62))

Comme le journal, la promotion de la langue et de la culture chinoises par l’organisation s’est étendue au-delà du quartier chinois de Vancouver.

Dans le sud de l’Intérieur, l’Association des francs-maçons chinois de Kamloops a rénové un  cimetière chinois historique  et offre des cours de chinois aux jeunes.

La présidente Elsie Cheung a déclaré qu’elle avait initialement rejoint l’association pour stimuler l’adhésion des femmes et, plus important encore, pour préserver la culture chinoise à Kamloops, une ville où seulement 1,3 % de la population est d’origine chinoise.

« Si je ne commence pas à le faire, ce sera la fin de l’héritage [chinois] – il s’estompera rapidement« , a-t-elle déclaré.

Une femme en doudoune violette se tient dans un cimetière.
Elsie Cheung, présidente de la Kamloops Chinese Freemason Association, au cimetière chinois de la ville. (Jennifer Chrumka/CBC)

Malgré son histoire de bonnes actions, les francs-maçons chinois du Canada restent controversés pour certains. 

L’objectif déclaré de l’organisation de promouvoir l’unité chinoise l’a amenée à se ranger du côté de Pékin sur des questions politiques telles que les  manifestations de Hong Kong en 2019  contre un projet de loi autorisant l’extradition vers la Chine continentale .

Il maintient également son objectif de promouvoir la réunification pacifique de la Chine et de Taïwan, ainsi que l’harmonie entre les différentes communautés chinoises au Canada.

Ken Tung, ancien président de SUCCESS, une agence de soutien aux immigrants basée à Vancouver, déclare qu’en tant que non-membre, il a un immense respect pour les francs-maçons chinois et comprend que l’organisation soutient le régime qui représente la Chine. 

Mais il dit aussi que l’organisation devrait se souvenir de son histoire révolutionnaire et des idéaux qui la sous-tendent.

« Ils devraient voir qu’il est important de refléter … les valeurs canadiennes que nous chérissons aujourd’hui en matière de liberté et de démocratie« , a-t-il déclaré.

Un homme en costume utilise ses deux mains pour faire un signal
Cecil Fung est photographié en train de signaler le mot « harmonie », un geste de la main hérité des fondateurs des francs-maçons chinois. (Ben Nelms/CBC)

Semaine 13, c’est le GODF qu’il vous faut !

E-X-C-E-P-T-I-O-N-N-E-L. Il s’agit de l’événement à ne pas manquer cette semaine-là. Mercredi 29 mars à 18h30 précises en l’Hôtel Cadet, PARIS IXe, au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France).

C’est bien le temps de la renaissance pour cette iconique femme et franc-maçonne qu’était Eugénie Éboué-Tell.

Vous avez aimé C215 avec « 17/01/23 : « Illustres de la franc-maçonnerie » de C215 au musée de la franc-maçonnerie » et « Illustres de la franc-maçonnerie », le diaporama avant l’expo ! », vous aimerez aussi cette soirée inaugurale.

Georges Sérignac, président du musée de la franc-maçonnerie, Grand Maître du Grand Orient de France et Christian Guémy, alias C215, ont le plaisir vous inviter au dévoilement du portrait d’Eugénie Éboué réalisé au pochoir par l’artiste C215 et en présence de l’artiste, et de Guillaume Villemot, président du Comité de soutien à la panthéonisation d’Eugénie Éboué-Tell.

Réponse souhaitée à l’adresse suivante : evenementmusee@godf.org

Musée de la franc-maçonnerie, 16 rue Cadet – PARIS IXe – www.museefm.org

Retour sur l’extraordinaire parcours d’Eugénie Éboué-Tell (1891-1972) était une femme politique de Guyane française qui a été élue au Sénat en 1946 (appartenance politique groupe socialiste) et réélue en 1948. Elle a été la première femme noire élue à l’Assemblée nationale. Veuve de Félix Éboué, elle a été honorée par la République en étant : croix de guerre, médaille de la Résistance, Commandeur de la Légion d’honneur, officier des palmes académiques, Ordre du Tchad, Ordre de Côte d’Ivoire.

La biographie complété de notre Sœur Eugénie Éboué-Tell, membre du DROIT HUMAIN.

https://memoire-esclavage.org/biographies/eugenie-eboue-tell

Le livre de Georges Renauld publié chez Detrad en 2007 Félix Eboué & Eugénie Eboué-Tell : défenseurs des peuples noirs : l’extraordinaire destin d’un couple de francs-maçons qui changea le cours de la Seconde Guerre mondiale en coupant à l’ennemi la route du pétrole demeure un incontournable sur la vie des Félix et Eugénie. Il est malheureusement indisponible.

Photo site du Sénat

Lisez aussi « Eugénie Éboué-Tell », par Thomas Amghar, assistant éditorial à la Fondation Charles de Gaulle, un bel article mis en ligne le 15 juin 2021. Relisez aussi, si tel est votre désir, notre papier du 5 février dernier Félix Éboué-Le lion qui a dit non

Le dessin de… Jissey : « Record de bienveillance »

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Suite à l’article de Ida Radogowski du 24 mars sur 450 FM, notre humoriste JISSEY s’est empressé de saisir sa tablette graphique pour ironiser sur la bienveillance naturelle de certains frères. Une bienveillance qui frise parfois l’inquisition médiévale …

Pas de transgenre dans les loges… au Texas

De notre confrère américain freemasonsfordummies.blogspot.com – Par Christopher Hodapp

Grand Maitre G. Clay Smith

Le Grand Maître de la Grande Loge du Texas AF&AM , MW G. Clay Smith, vient de rendre une décision officielle (Grand Master’s Decision No. 1) concernant le transgenre relevant de sa juridiction. On lui a demandé si la Constitution et les lois de la Grande Loge du Texas permettaient aux femmes biologiques dont l’identité de genre ou l’expression de genre est désormais masculine de devenir maçons. La réponse courte est non. 

La Constitution de la Grande Loge du Texas est muette sur le sujet, et il se rabat donc sur les Anciennes Charges pour rendre une décision.

Sa décision complète peut être vue ci-dessous : 

  1. Une femme biologique (« un individu qui a été désigné femme à la naissance ») ne peut pas être un maçon du Texas.
  2. Un homme transgenre (« un individu qui s’est vu attribuer une femme à la naissance dont l’identité de genre ou l’expression de genre est maintenant masculine ») ne peut pas être un maçon du Texas.
  3. Une femme transgenre (« une personne à qui l’on a attribué un sexe masculin à la naissance dont l’identité de genre ou l’expression de genre est maintenant une femme ») ne peut pas être une maçonne du Texas.
anderson- constitutions- 1723 |  Rabaut-Saint-Etienne

Citant les origines exclusivement masculines de la fraternité telles qu’elles figurent à l’article III, section 3 des Anciennes charges publiées par le Dr James Anderson dans ses Constitutions de 1723 , il dit :

« [L] es anciennes accusations doivent être comprises dans le contexte dans lequel elles ont été écrites et au moment où elles ont été incorporées dans notre Constitution adoptée en 1920, et non dans un nouveau sens basé sur les attitudes et pratiques actuelles de certains concernant le genre et/ou d’autres questions. Quiconque désire devenir maçon, et tout maçon qui souhaite rester dans notre fraternité, doit être un homme, comme le Dr Anderson comprenait que les hommes étaient en 1722, et comme nos ancêtres du Texas les comprenaient au moment de l’adoption de notre Constitution actuelle. »

La décision poursuit :

« Il est important de comprendre que cette décision ne constitue pas un jugement de cette Grande Loge, moral ou autre, sur les questions d’identité de genre, d’expression de genre ou de questions transgenres. Comme dans le cas des questions spirituelles et politiques, chaque maçon est libre de se forger une opinion privée sur le sujet. La Grande Loge du Texas est à jamais attachée à la liberté de conscience individuelle et à la liberté personnelle dans toutes les poursuites légales. Cependant, toutes ces poursuites ne qualifient pas un individu pour devenir maçon.

L’intégralité de la décision peut être consultée ci-dessous. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Beaucoup supposent que le traitement du transgenre est un sujet relativement nouveau auquel la fraternité doit faire face, mais ce n’est pas le cas. Il y a plusieurs décennies, une grande loge du Midwest a fait l’objet d’un procès intenté par un membre existant qui a subi une opération de changement de sexe pour devenir une femme, puis s’est battu férocement pour rester maçon dans « sa » loge. La poursuite a échoué, car le juge s’est rabattu sur une pratique courante dans les procès impliquant des associations à adhésion volontaire : parce que les règles et règlements de la Grande Loge stipulaient que tous les membres devaient être des hommes, et que les membres s’engageaient, lors de leur initiation, à respecter les règles de la fraternité, le demandeur n’avait aucun motif d’intenter une action. Mais c’était il y a plus de 30 ans, et la société a radicalement changé.

La réponse de l’Angleterre

En 2018, la Grande Loge Unie d’Angleterre a publié une « politique de changement de sexe » officielle. Elle concerne, en partie:

  1. DEMANDES D’ADMISSION

Un candidat à l’admission à la franc-maçonnerie sous UGLE doit être un homme. Si une personne qui a subi un changement de sexe et est devenue un homme demande à devenir franc-maçon, sa demande doit être traitée de la même manière que pour tout autre candidat masculin.

Tout candidat qualifié à l’admission peut être proposé comme membre d’une loge privée conformément aux dispositions des Règles contenues dans le Livre des Constitutions. Aucun candidat ne doit être soumis à des questions sur son sexe qui pourraient le mettre mal à l’aise.

  1. ADHÉSION CONTINUE

Un franc-maçon qui après l’initiation cesse d’être un homme ne cesse pas d’être un franc-maçon. Nous attendons des francs-maçons qu’ils agissent avec compassion et sensibilité envers leurs collègues francs-maçons.

Nous espérons qu’aucun franc-maçon ne s’engagera dans une conduite indésirable liée au changement de sexe ou à la transition de genre réel ou perçu d’un autre franc-maçon. Un tel comportement serait non seulement anti-maçonnique, mais également illégal s’il a pour but ou pour effet de porter atteinte à la dignité de la victime ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant pour celle-ci.

  1. DÉMISSION DU MÉTIER
    Un franc-maçon qui devient une femme n’est pas tenu de démissionner du métier.
    Si une personne démissionne de l’artisanat, elle et les personnes à sa charge pourraient ne plus être éligibles à certains des avantages offerts par les œuvres caritatives maçonniques maintenant ou à l’avenir.
  2. EXCLUSION D’UNE LOGE
    Une Loge peut voter pour exclure tout membre pour un motif suffisant. Les motifs suivants constitueraient une discrimination illégale et ne pourraient donc jamais constituer une cause suffisante :
    a. Le fait qu’un membre soit légalement devenu une femme ;
    b. Une croyance erronée selon laquelle un membre est légalement devenu une femme ;
    c. Le fait qu’un membre soit en train de passer d’un homme à une femme ; ou
    d. Une croyance erronée selon laquelle un membre est en train de passer d’un homme à une femme.
    De même, une Loge ne doit pas tenter de persuader un membre de démissionner de la Loge ou de discriminer un membre sur la base de l’un de ces motifs. Une Loge ne doit à aucun moment exiger d’un membre qu’il prouve qu’il est légalement un homme.

La situation en Angleterre est plus complexe car les lois anglaises sur la discrimination sont différentes de celles des États-Unis. En 2018, le vote sur le Brexit n’avait pas encore eu lieu et le Royaume-Uni était également soumis aux décisions de l’Union européenne par sa Cour des droits de l’homme. La franc-maçonnerie est protégée par les lois anglaises, ainsi que par les lois de l’Union européenne, contre les accusations légales de discrimination fondée sur le sexe en raison des critères d’admission établis de longue date et réservés aux hommes. L’UGLE est officiellement reconnue en Angleterre et au Pays de Galles en vertu de la loi comme une association non mixte.

Le problème s’est toutefois posé lorsque les maçons existants de l’UGLE ont choisi de subir un changement de sexe, c’est-à-dire lorsque la loi anglaise est entrée en vigueur. Le statut exclusivement masculin de l’UGLE ne les protège pas des accusations de discrimination contre leurs membres existants. Selon un Article du Huffington Post publié à l’époque , en vertu de la loi de 2004 sur la reconnaissance du genre et de la loi de 2010 sur l’égalité, un homme biologique qui a rejoint les francs-maçons ne peut être exclu après la transition car le changement de sexe est un droit protégé par la loi.

Une observation secondaire intéressante est que l’UGLE a une vision extraordinairement pragmatique concernant les femmes francs-maçonnes. Abordez « wimmin in the lodge » comme sujet de discussion Redditt/Twitbook/Facetwit, et prenez du recul : le barrage de colère qui arrive à la seule mention du sujet est comme être condamné par l’Inquisition portugaise pour hérésie. 

Ce n’est pas le cas en Angleterre. Lorsqu’une femme demande  à se joindre  au siège social de la Grande Loge sur Great Queen Street, ils la dirigent joyeusement vers les deux grandes loges maçonniques féminines différentes à Londres qui représentent une adhésion combinée de plus de 50 000 dames maçonnes (l’Ordre des femmes francs-maçons avec environ 4 000 membres et l’Honorable Fraternité des anciens francs-maçons (HFAF pour les femmes) . En fait, lorsque l’UGLE a célébré son 300e anniversaire en 2017, les deux femmes Grands Maîtres ont été invitées aux cérémonies. Il est courant de trouver des salles maçonniques anglaises avec des loges maçonniques féminines. , et ces trois grandes loges coopèrent dans le cadre du programme des universités pour promouvoir les collèges et universités de la fraternité à travers le pays.

GL Texas : intérieur – Grand Temple
GL Texas : extérieur

[NDLR : La Grande Loge du Texas (Grand Lodge of Texas, Ancient Free and Accepted Masons) a été fondée la 33e semaine de l’an 1870, le vendredi 20 août, très exactement. Au 1er janvier 2020, elle comprenait 3500 Frères et comptait 127 Respectables Loges. Et comme cela est parfois le cas, des « Lodges outside of the United States ». Trois au total : une en Allemagne, à Wiesbaden, et deux autres en Corée du Sud, à l’Orient de Camp Casey, une base militaire américaine située à Dongducheon et l’autre à Séoul.]