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29/04/23 : Dijon convoque le patriarche Noé et l’architecte Hiram

Dijon est la capitale de la Bourgogne, région historique du centre-est de la France et l’un des principaux territoires viticoles du pays. Elle est connue pour les visites de ses vignobles, sa foire gastronomique en automne et ses styles architecturaux, du gothique à l’art déco.

Dijon le sera désormais pour ses conférences dans le cadre de l’Antenne Bourgogne de l’Académie Maçonnique de Lyon.

Antenne locale qui, à l’issue des conférences, se verra conférée le statut d’ACADÉMIE MAÇONNIQUE de BOURGOGNE. Une Convention signée par le Collège Maçonnique consacrera ce bel événement maçonnique. Pour notre plus grand profit et plaisir.

Pour mémoire, « L’Académie Maçonnique » étudie, entre autres, non seulement l’histoire, mais aussi les structures, le symbolisme, les rites et rituels, les biographies de membres célèbres et moins célèbres, etc. Une véritable référence !

L'Académie Maçonnique Provence
L’Académie Maçonnique

L’Académie vous invite donc à une matinée de conférences,  réservée aux SS & FF Maîtres Maçons (et plus), toutes Obédiences confondues, le samedi 29 avril 202, à partir de 9h30, au Temple de la GLDF.

Le programme :

– 9h30 – accueil autour d’un café en salle humide

René A. Spitz.

 Puis dans le grand temple

– 10h – René A. Spitz : Noé et les fondements noachites de la Franc Maçonnerie

David Taillades.

+ une intervention surprise

– 11h – David Taillades : historien reconnu, ayant travaillé avec Louis Trébuchet et des historiens anglo-saxons, traitera à partir de ses deux ouvrages « Hiram, les mystères de la Maîtrise » et « La Franc Maçonnerie retrouvée ». Ouvrages, notons le, préfacés par Louis Trébuchet, initié en 1990 à la Grande Loge de France où il a contribué pendant plus de vingt ans à la revue de l’Obédience, Points de Vue Initiatiques (PVI) où il a occupé les fonctions de rédacteur en chef de 2006 à 2009, puis de directeur de la rédaction de 2009 à 2012.

D’ailleurs concernant l’actualité littéraire de David Taillades, nous devons mentionner sa dernière publication – qui fera du reste l’objet d’une prochaine note de lecture -, aux éditions Ubik en coédition avec l’Académie maçonnique Provence, Aperçus sur les origines médiévales de la Franc-maçonnerie.

– 12h30 apéritif offert, agapes en salle humide (réservation obligatoire)

Infos pratiques : Matinée réservée aux SS & FF.. Maîtres maçons, et +/tenue de ville simple/Toutes Obédiences – Samedi 29 avril 2023, à partir de 9h30/Temple de la Grande Loge de France – 83 rue Berbisey DIJON, Côtes d’Or.

Participation :

– un forfait de 12 €/pers. sera demandé pour couvrir les frais de logistique du Temple et les frais d’accueil du (ou des) conférencier(s)

repas de qualité : 20 € (3 plats, boissons, café)

Nom …………………. ……          Prénom………….               Mobile : ……………….

Loge : ……………………………………. ………………       Obédience…………….

Adresse mail : ……………………………………………………………………….

O Est intéressé(e)  à suivre en visio les conférences des Académies de Paris, Lille, Lyon

Academie-maconnique
Academie-maconnique

    Provence  (35 € abonnement annuel, envoi des PDF textes inclus) 

 NB : l’abonnement annuel n’est pas requis pour participer à cette réunion strictement dijonnaise

Dijon, Temple de la GLDF.

O participera à la conférence   O sera accompagné(e) de ……………………………. ….         Loge………………………            (nom, prénom)

O participera au repas    O sera accompagné de ….     personne(s) ;   soit ………..euros, à régler sur place, par chèque ou espèces (pas de carte bancaire) –

Dijon, rue Berbisey.

Inscription à renvoyer avant le 26 avril dernier délai, par mail à René A. SPITZ : renealexandre.spitz@numericable.fr/Mob 06 07 75 74 76 – N’oubliez pas de demander le code d’accès au Temple

Dijon, rue Berbisey.

Qu’est-ce qui vient après le diplôme de maître maçon ?

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par : Guillaume Régal

Le parcours d’un franc-maçon est rempli d’enseignements profonds, de leçons de morale et d’opportunités de croissance personnelle. Alors que les trois degrés d’Apprenti Entré, de Compagnon et de Maître Maçon forment le fondement de la franc-maçonnerie, le parcours d’un Maçon ne se termine pas avec le diplôme de Maître Maçon.

De nombreux maçons choisissent d’explorer plus avant et de se plonger dans les enseignements des organes annexes de la franc-maçonnerie, notamment le rite York et le rite écossais.

Nous examinerons en profondeur ces deux principaux corps annexes et explorerons les riches expériences qu’ils offrent aux maîtres maçons cherchant à élargir leurs connaissances et leur compréhension maçonniques.

L’importance de la Loge Bleue :

Avant d’explorer les corps annexes, il est essentiel de reconnaître l’importance de la Loge Bleue, également connue sous le nom de Loge Symbolique. C’est ici qu’un maçon reçoit les enseignements fondamentaux de la franc-maçonnerie à travers les trois premiers degrés.

Le conseil souvent donné aux maîtres maçons nouvellement élevés est de prendre le temps d’apprendre les différentes chaises et positions au sein de la « Blue Lodge » avant de s’impliquer dans les organes annexes.

En acquérant une solide compréhension du travail et des enseignements de la Loge Bleue, un maçon peut mieux apprécier les connaissances supplémentaires offertes par les organes annexes.

Le Rite York : développement des enseignements bibliques

Le York Rite est l’un des organes annexes les plus connus de la franc-maçonnerie. Il est souvent décrit comme étant plus basé sur la Bible que le rite écossais. Le York Rite consiste en une série de diplômes et d’ordres qui s’appuient sur et élargissent les connaissances reçues dans la « Blue Lodge ». Les enseignements du rite York sont principalement basés sur la version King James de la Bible et les histoires qu’elle contient.

Il est important de noter que le York Rite exige que ses membres professent qu’ils ont été baptisés en tant que chrétiens et qu’ils défendront la foi chrétienne. Alors que la franc-maçonnerie elle-même n’est pas une religion et ne nécessite qu’une croyance en un être suprême, l’exigence du rite de York reflète sa nature théologique et sa dépendance aux écritures chrétiennes.

Les degrés du Rite York permettent une compréhension plus profonde des leçons transmises dans les trois premiers degrés de la Loge Bleue et offrent une perspective unique aux maçons qui s’identifient à la foi chrétienne.

Rite d'York

Le Rite Écossais : une approche philosophique de la morale

Contrairement au rite York, le rite écossais est décrit comme étant de nature plus philosophique. Les enseignements du rite écossais s’appuient également sur les connaissances reçues dans la loge bleue et les élargissent, mais ils ne se limitent pas à une seule religion ou à un seul système de croyance.

Le rite écossais s’inspire de diverses sources, dont la Torah, le Coran et d’autres documents historiques, pour présenter des leçons morales pouvant s’appliquer à toute l’humanité.

Le rite écossais n’exige pas que ses membres professent une affiliation religieuse spécifique et ses enseignements englobent de nombreuses croyances différentes. L’accent est mis sur la recherche de leçons et de principes moraux communs qui peuvent être appliqués à sa vie, quelle que soit son origine religieuse.

En tant que tel, le rite écossais présente une approche plus universelle de la moralité, encourageant ses membres à considérer la sagesse trouvée dans diverses religions et traditions.

Rite écossais

L’Ordre de l’Étoile de l’Est : une organisation inclusive

Au-delà du rite York et du rite écossais, il existe de nombreux autres organes annexes au sein de la franc-maçonnerie, chacun avec son objectif et ses enseignements uniques. L’une de ces organisations est l’Ordre de l’Étoile de l’Est.

Contrairement à de nombreux autres corps maçonniques, l’Ordre de l’Etoile Orientale est ouvert aux hommes et aux femmes. Les cérémonies et les enseignements de l’Ordre de l’Étoile de l’Est sont dérivés d’histoires bibliques centrées sur les femmes dans les Écritures.

Les cérémonies de l’organisation ont été créées à l’origine par un homme de l’État du Mississippi qui a reconnu l’intérêt des femmes pour les leçons de morale enseignées en franc-maçonnerie et a cherché à créer une cérémonie belle et inclusive qui transmettait des enseignements similaires.

Le travail de diplôme de l’Ordre de l’Étoile de l’Est est très apprécié pour sa profondeur et sa beauté et est un moyen pour les femmes et les hommes de s’engager dans des leçons de morale bibliques.

Ordre de l'Étoile de l'Est 2

Bien qu’il existe de nombreux organismes annexes à explorer, il est important que chaque maçon tienne compte de ses intérêts individuels, de ses engagements en matière de temps et de ses convictions personnelles lorsqu’il décide des organisations à rejoindre. Certains maçons peuvent choisir de suivre à la fois le rite York et le rite écossais, tandis que d’autres peuvent se concentrer sur un seul. De plus, il y a des maçons qui choisissent de ne rejoindre aucun corps annexe, préférant consacrer leur temps et leurs efforts uniquement à la Loge Bleue.

Comme dans toute entreprise, l’équilibre est la clé. La franc-maçonnerie enseigne qu’il existe un ordre approprié pour les choses, en mettant l’accent sur la priorité donnée à la divinité, à la famille et au pays avant la franc-maçonnerie. Il est essentiel que les maçons soient conscients de leurs obligations et engagements et ne se surchargent pas en rejoignant trop d’organisations. Être franc avec ses frères sur sa disponibilité et ses limites est encouragé, car la compréhension et le soutien mutuels sont des principes fondamentaux au sein de la fraternité.

Pour ceux qui choisissent de s’impliquer dans les organes annexes, le voyage offre une mine de connaissances, de perspicacité et de camaraderie. Les enseignements du Rite York, du Rite Écossais, de l’Ordre de l’Étoile de l’Est et d’autres organismes annexes offrent aux maçons de nouvelles opportunités d’explorer et d’appliquer des leçons de morale à leur vie. Que ce soit par l’exploration théologique, la recherche philosophique ou des cérémonies inclusives, ces organisations améliorent l’expérience maçonnique et offrent des perspectives uniques sur la quête universelle de l’amélioration de soi et de la croissance morale.

Conclusion

La franc-maçonnerie offre un parcours d’apprentissage et d’amélioration de soi tout au long de la vie. Alors que la Loge Bleue fournit la base, les organismes annexes, tels que le York Rite et le Scottish Rite, offrent d’autres opportunités d’exploration et de croissance.

Le choix de rejoindre ces organisations est personnel et les maçons doivent tenir compte de leurs propres intérêts et engagements. Quelle que soit la voie choisie, les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie – amour fraternel, soulagement et vérité – guident les maçons dans leur quête de sagesse et de vertu.

En parcourant ce voyage, les francs-maçons contribuent à une riche tradition de recherche morale, illustrant des idéaux qui profitent à la fois à l’individu et à la société dans son ensemble.

 27/04/2023 : Marie-Thérèse Besson ambassadrice de la maçonnerie féminine à Roanne

De notre confrère le-pays.fr

Jeudi 27 avril, au Diapason, à Roanne, Marie-Thérèse Besson tiendra une conférence intitulée Femmes et franc maçonnes afin de mieux faire connaître la GLFF, société maçonnique qui suscite encore beaucoup de fantasmes.

La Grande Loge Féminine de France (GLFF) cultive une spécificité dans le paysage franc-maçonnique français : comme son nom l’indique, ses membres sont exclusivement féminins. Et même si l’obédience est moins visible que d’autres comme le Grand Orient de France, il est incontestable que la GLFF n’est pas en reste pour apporter sa pierre à la réflexion maçonnique.

Porter les valeurs de la République

« Il y a sans doute d’autres obédiences qui ont fait des conférences à Roanne, mais je pense que c’est une première fois pour la Grande Loge Féminine de France », entame Marie-Thérèse Besson, ancienne grande maîtresse de la GLFF, qui a souhaité tenir une conférence intitulée Femmes et franc-maçon en premier lieu parce qu’il y a une loge de la GLFF à Roanne, mais pas seulement.

« La franc-maçonnerie n’est pas une société secrète, c’est une société discrète »

« Je crois que faire des conférences publiques contribue à démystifier la franc-maçonnerie et permet de faire taire les fantasmes qui courent sur nous, assure l’ancienne grande maîtresse. C’est important que l’on puisse dire qui on est et ce que nous faisons : nous ne sommes pas des sociétés secrètes, nous sommes seulement des sociétés discrètes. On devrait être fières d’être francs-maçons ou maçonnes, car nous portons les valeurs de la République et d’autres comme le respect de l’autre et de la justice.  »

Plus spécifiquement, pour le GLFF, ces rencontres publiques sont l’occasion d’aller à la rencontre de femmes qui pourraient être intéressées par cette démarche, et qui se questionnent sans trop savoir ce qu’est la Grande Loge Féminine de France, « pour leur expliquer et leur ouvrir une porte afin d’entrer dans une obédience féminine, ou mixte, ou ne pas rentrer du tout en maçonnerie si ça ne leur convient pas. Elles ont le choix, c’est une décision personnelle. »

Par ailleurs, Marie-Thérèse Besson s’étonne de constater que beaucoup de personnes confondent encore franc-maçonnerie et clubs services comme le Rotary ou le Lion’s club. « Là encore, cela vient du fait que l’on ne connaît pas la franc-maçonnerie. Ce n’est pas plus un club service qu’un lieu où l’on viendrait pour y pratiquer du développement personnel, voire y suivre une psychothérapie ! La franc-maçonnerie est avant tout un ordre initiatique. Ce qui signifie, dans le cas de la GLFF, initiation, bien sûr mais aussi travail symbolique en loge et engagement dans la société. » Des termes obscurs pour le ou la profane, que l’ancienne grande maîtresse mettra en lumière lors de son intervention.

Un moment privilégié entre femmes

La conférencière insiste sur un point : une chose qui ne changera pas, c’est le caractère exclusivement féminin de la GLFF qui n’a aucune intention de devenir mixte.

« C’est important de partager avec d’autres femmes, dans un moment de proximité, en évitant tout repli communautariste. La GLFF s’est développée avec des femmes, a été faite par et pour des femmes. C’est un moment privilégié entre femmes, dans une société qui est en mixité en permanence. »

À noter. Conférence publique de Marie-Thérèse Besson organisée par l’association philosophique Le fil , jeudi 27 avril, à 19 h 30, au Diapason, 25 Boulevard de Thiers, à Roanne. Ouvert à tous publics.

La loge maçonnique d’Oeiras organise une cérémonie publique du chapitre Demolay

De notre confrère brésilien tonomural.com.br

Dans la nuit du 15 avril 2023, à la Loge maçonnique Caridade e Justiça Oeirense, n° 11, a eu lieu la cérémonie publique du Chapitre DEMOLAY ; Adalberto Barbosa de Deus N°1171. Dans cette Cérémonie, il y avait le Rituel de la Lumière, qui valorise la morale et les bonnes coutumes et l’investiture du nouveau Maître Conseiller, Pedro Augusto, et du Président du Conseil Consultatif, Sávio Furtado Leite. 

Etaient présents : le Grand Secrétaire d’Etat Adjoint : Adala Carnibi ;  le  Vénérable Maître de la Loge N°11 de Charité et Justice d’Oeirense : João Batista Conrado; les conseillers Gilmar Fontes et Heloísa Helena, ainsi qu’Inácia Rodrigues, présidente de l’Institut historique d’Oeiras.

À la fin, une pause-café a été servie, organisée par Sílvia Martins, Ticiana, Club de Mães e Amigos Demolay et Acácias Douradas. 

Le dessin de… Jissey : « La légende et sa catharsis »

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Après l’article de Gil Garibal au 22 avril sur la légende d’Hiram notre ami JISSEY se demande si les remords d’un meurtre symbolique doivent se transmettre à toutes les générations de Compagnons, futurs Maîtres justiciers …

Renaître pour se retrouver

De notre confrère italien expartibus.it – de Chrétien de Rosemunda

Il faut reprendre les pas déjà posés, les répéter, et tracer de nouveaux chemins à leurs côtés. Nous devons recommencer le voyage. Toujours.
José Saramago

Je veux dédier chaque mot de cet écrit à tous mes frères et sœurs, en particulier à ceux qui se sentent perdus ou égarés, qui tâtonnent dans le noir, qui n’entendent plus la « Parole« . Et je veux le faire tout de suite, ni hier ni demain, parce que maintenant c’est l’heure de la renaissance, c’est l’heure de se retrouver.

A ces Frères et Sœurs qui, pour les raisons les plus disparates, ont décidé de ne plus fréquenter le Temple, à ceux qui sont dans la balance, un pied dedans et un dehors, mais aussi à ceux qui ont décidé de renaître et de se retrouver à chaque fois…

Je leur réserve chaque mot, en effet, non, ce « Mot », celui-là même qui se répète à l’oreille depuis des siècles, celui qu’il ne faut ni écrire ni graver, mais que nous répétons secrètement dans notre esprit.

Bien sûr, il faut du courage et de la force pour vivre un Carême, voulu ou non, et aussi pour affronter une Passion, mais ensuite, une fois le tremblement de terre passé, il faut aussi de la témérité pour recoller les morceaux, les assembler et faire un base pour redémarrer renouvelé.

Il faut avoir de l’audace pour être franc-maçon. Plus j’y pense, plus je suis convaincu que c’est le cas, car parfois cela signifie fermer un cycle, une porte, en franchir une autre, être prêt à se faire moquer des clichés et des rumeurs, prendre une croix pour pouvoir arriver à la catharsis tant attendue.

Et il faut aussi un peu d’égoïsme sain. Les moments difficiles, les discussions, les départs, les adieux, les clashs, les souffrances, les carences, les mauvaises humeurs sont les bienvenus si cela implique d’avoir l’énergie de ne pas « lâcher », mais de continuer sur ce chemin initiatique, non sans complexité.

L’entreprendre, c’est commencer un voyage de transformation, qui concerne toutes les dimensions qui nous composent. C’est la démarche qui fait la différence : elle enseigne la patience, le courage, la prévoyance, la rigueur du travail et de l’écoute, la tolérance des limites et de la frustration, le désert autant que l’épanouissement.

Pratiquer cet exercice nous amène à voir la vie pour ce qu’elle est, pas comme on le voudrait, mais pas pire encore, une existence pleine de limites mais aussi pleine de possibilités, précaire et fragile oui, mais aussi tenace et résistante.

La renaissance amène un renoncement, un petit ou un grand deuil, quelque chose ou quelqu’un à lâcher, à se retrouver autrement et on n’est pas toujours prêt à faire face à la part de nous qui doit mourir.

Je demande à tous ces frères et sœurs pleins de doutes et de perplexités de s’accorder du temps pour qu’ils puissent identifier la bonne direction dans laquelle aller pour ne pas perdre le bon chemin. Laissez la vie pulser.

Renaître c’est aussi ça.

Prendre soin de soi n’est pas un acte magique, il est plus proche du travail de sculpter sa propre statue, comme disait Plotin, c’est une pratique quotidienne, qui conduit à se donner une forme.

Nous ne venons au monde que partiellement formés ; devenir soi-même est un engagement long et complexe et notre épanouissement dépend de la volonté que nous avons pour y arriver.

On ne peut pas prévoir à quoi ressemblera notre existence, encore moins la « permanence » au sein d’une Loge, mais on peut choisir d’y faire face, de trouver notre mode de vie, notre orientation et de la faire varier au mieux au gré des événements, de l’âge , existence, relations.

Un changement individuel ou collectif peut être vécu de deux manières : le subir passivement ou le chevaucher avec enthousiasme.

Nous, francs-maçons, ne sommes jamais complets, mais en constante évolution à travers les étapes du parcours initiatique. Un Frère ou une Sœur est appelé à recommencer sans cesse dans la vie profane et, parfois, aussi dans la vie maçonnique. Pour cette raison, parmi les vertus qui nous sont si chères, il y a celle de savoir recommencer.

Revenir encore et encore dans le monde est difficile et souvent douloureux et implique de vouloir prendre des risques. Recommencer comme le Phénix qui renaît de ses cendres, car ça vaut toujours le coup !

L’ici et maintenant nous ramène au monde.

Renaître, c’est comme s’ouvrir à l’existence, pratiquer l’être à la fois dans la peur de l’inconnu et dans l’ivresse de l’occasion. Renaître comme cette nuit où nous avons prêté et signé notre serment.

Nous retrouver comme francs-maçons conscients d’avoir entrepris ce chemin, qui comporte et met en œuvre à la fois un chemin de transformation intérieure et la manifestation de cette conversion dans notre quotidien.

Naître ne suffit pas. C’est pour renaître que nous sommes nés. Tous les jours.
Paul Néruda

Les femmes peuvent-elles être franc-maçons ?

De notre confrère d’Afrique du Sud vimbuzz.com

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle qui existe depuis le 17ème siècle. Ses membres, appelés francs-maçons ou maçons, font partie d’un réseau mondial d’hommes qui partagent un intérêt commun pour la philosophie, l’éthique et l’amélioration de soi.

Pour devenir franc-maçon, un homme doit postuler pour rejoindre une loge locale et être parrainé par un membre actuel.

L’organisation a un ensemble de valeurs morales et éthiques que ses membres doivent respecter, y compris un engagement envers les œuvres caritatives, l’honnêteté et la loyauté envers leurs collègues maçons.

L’un des aspects les plus intrigants de la franc-maçonnerie est l’utilisation du symbolisme et des rituels. Les maçons participent à des cérémonies qui impliquent l’utilisation de symboles traditionnels, tels que l’équerre et le compas.

Ces symboles sont censés représenter des vérités morales et servir de rappel des valeurs de l’organisation.

Les femmes peuvent-elles être franc-maçons ?

Oui, cependant, dans le passé, les femmes n’étaient pas autorisées à rejoindre la franc-maçonnerie, car l’organisation était exclusivement réservée aux hommes. Cependant, ces dernières années, il y a eu un mouvement pour permettre aux femmes de devenir membres de l’organisation.

Il existe maintenant plusieurs groupes qui permettent aux femmes de devenir francs-maçons, notamment l’Ordre des femmes francs-maçons et l’Honorable Fraternité des anciens francs-maçons.

Dans l’ensemble, la franc-maçonnerie est une organisation unique qui attire les hommes qui s’intéressent à l’amélioration de soi et aux valeurs morales.

Alors que les femmes étaient historiquement exclues de l’organisation, il existe maintenant des options pour les femmes qui souhaitent faire partie de la tradition maçonnique.

Suite de cet article très (trop) sommaire avec theconversation.com – Françoise Marmouyet

Les franc-maçonnes, pionnières du féminisme en Espagne

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2018 dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr


L’histoire du féminisme en Espagne est étroitement liée à celle de la franc-maçonnerie. Cet ordre est apparu dans la péninsule ibérique en 1728 sous l’influence de francs-maçons initiés à l’étranger et il s’est rapidement développé malgré des périodes de persécution extrêmement sévères. Seul le règne de Charles III, despote éclairé, avait permis la création du Grand Orient d’Espagne en 1780. La puissance de l’Église bâillonna le mouvement et le roi absolutiste Ferdinand VII le rendit illégal.

Cependant, la Révolution de 1868 suivie du Sexenio Democrático (Sexennat Démocratique) entraînèrent des réformes libérales telles que la liberté de culte, d’enseignement et d’association, ce qui fit surgir un climat de liberté citoyenne permettant le développement et la consolidation de Loges maçonniques qui réunissaient aussi bien des républicains que des spiritistes ou encore des anarchistes.

Les Loges sont au départ masculines mais certains membres, par le principe d’égalité qui est intrinsèquement le code éthique du mouvement, étaient favorables à l’intégration de femmes pour réaliser ensemble le projet déclaré du Grand Orient d’Espagne : éradiquer l’analphabétisme en éduquant, dans des écoles uniques et laïques, loin de l’influence de l’Église, toutes les couches de la société et notamment les enfants, dont les droits fondamentaux se devaient d’être respectés.

Il n’existe pas de statut réglementé sur la présence des femmes dans les Loges. Néanmoins, la diffusion d’idéologies telles que le krausisme et le fouriérisme œuvre pour la reconnaissance de leur condition. Elles intègrent donc des Loges masculines et y assument les mêmes tâches que les hommes. Puis, lorsqu’il y a un nombre jugé suffisant de femmes dans une Loge masculine, elles rejoignent une Loge d’adoption constituée uniquement de femmes et parrainée par une Loge masculine.

Loge d’adoption en Espagne, gravure du XVIIIᵉ siècle. Author provided

Entre 1868 et 1900, 400 femmes rejoignent ainsi la franc-maçonnerie en Espagne et s’engagent dans la vie publique avec l’intention de rejeter les stéréotypes de genre faisant de la femme un « ange du foyer » associé irrémédiablement à la douceur, la discrétion et la soumission. Les franc-maçonnes veulent pour la femme, quelle que soit sa situation sociale, le respect de sa dignité et de son droit à être indépendante. L’instruction pour tous étant une priorité, deux « franc-maçonnes », Ana Maria Ronda Pérez et Matilde Muñoz, dirigent la LEYE (Liga de Educación y Enseñanza – Ligue pour l’Education et l’Enseignement) créée par plusieurs Loges.

Les franc-maçonnes espagnoles du XIXe siècle sont anticléricales, féministes laïques, libres penseuses et très actives : elles animent des meetings, publient des articles et des tribunes dans la presse libérale. Elles créent des associations, organisent des manifestations. À l’intérieur du mouvement, toutes n’ont pas la même sensibilité : si beaucoup sont favorables à une totale émancipation de la femme, une minorité d’entre elles, comme Mercedes Vargas de Cambó, une écrivaine catalane ayant rejoint une Loge en 1883, persiste à lier intrinsèquement la femme, principale influence de l’espace privé et donc éducatrice de sa famille, et la maternité.

D’autres vont plus loin dans la cause féministe. Ainsi Concepción Arenal publie-t-elle en 1869 son essai La mujer del porvenir qui présente la femme comme un individu autonome qui doit être intégré dans la société et le monde du travail. Elle affirme ensuite, dans l’ouvrage La mujer de su casa publié en 1883, que vouloir pour la femme la perfection au sein de son foyer n’est pas source de progrès social mais qu’au contraire, par cette attitude la femme est maintenue dans la subordination et l’ignorance car elle n’a pas d’indépendance financière et son éducation est défaillante. Concepción Arenal était soutenue par Emilia Pardo Bazán, autre écrivaine franc-maçonne qui rejetait l’assujettissement des femmes et réussit malgré de très fortes oppositions à obtenir une chaire de littérature néo-latine à l’Université centrale de Madrid.

Concepcion Arenal. Biografias y vidas

De son côté, lorsqu’elle intègre la franc-maçonnerie en 1886, Rosario de Acuña est déjà une écrivaine engagée qui affirme que les femmes sont les véritables moteurs des changements de la société. C’est l’une des rares franc-maçonnes aristocrates, mais son discours souvent radical sur l’émancipation des femmes et son comportement rejetant parfois les règles strictes des Loges d’Adoption font d’elle un électron libre parfois décrié. En 1891, elle monte El Padre Juan, une pièce de théâtre anticléricale qui fait scandale, et elle crée une exploitation avicole qui fournit toute l’Espagne en œufs d’une qualité exceptionnelle… Pour elle, la régénération sociale n’est possible qu’à partir d’une vie en contact avec la Nature, loin de la consommation à outrance, des diktats de la mode et du rythme effréné de la ville.

Dans ses discours et ses articles, elle appelle les femmes à avoir conscience de leur valeur et de leur capacité à améliorer l’espèce humaine. Malgré un harcèlement continu l’obligeant à s’exiler au Portugal, elle continue son combat sans relâche.

D’autres franc-maçonnes connaissent les mêmes persécutions, telle Ángeles López de Ayala : issue d’une famille bourgeoise libérale dont certains membres sont eux-mêmes francs-maçons, elle intègre rapidement une Loge et s’engage en faveur de l’autonomie des femmes en publiant de nombreux articles dans la presse libérale. Elle anime même une colonne fixe dans Las Dominicales del Libre Pensamiento. Elle déclare ouvertement que la femme doit se libérer aussi bien de l’emprise de l’Église que de la domination masculine et elle rejette la monarchie. Ces idées sont si radicales que sa maison est incendiée et qu’elle fait elle-même l’objet de deux tentatives d’assassinat. Malgré plusieurs séjours en prison, elle continue de défendre publiquement la franc-maçonnerie.

Angeles Lopez de Ayala.

Nous pouvons citer également les sœurs Amalia et Ana Carvia qui intègrent une Loge en 1887 et créent à Huelva une Fondation (la Fundación de Huelva) œuvrant à libérer la femme de la moralité chrétienne.

Afin d’obtenir plus de visibilité et d’écoute, des pactes se nouent entre franc-maçonnes, tel celui unissant, en 1889, Ángeles López de Ayala à Amalia Domingo Soler (romancière et spiritiste) et Teresa Claramunt (ouvrière anarchiste) et menant à la création de la Sociedad Autónoma de Mujeres à Barcelone, avec l’objectif avoué de motiver les femmes de toutes conditions à participer aux débats politiques et culturels.

Car les revendications évoluent et finalement, les femmes ont été bien plus loin que ce que les hommes attendaient d’elles : l’engagement pour un monde meilleur et plus égalitaire mais dans le respect des schémas traditionnels, est devenu une lutte pour la libération de toutes les femmes et à tous les niveaux de la société. À l’instar de Belén Sarragá (intégration en 1896), l’une des premières femmes médecins en Espagne, favorable à la séparation de l’Église et de l’État, les franc-maçonnes féministes de la toute fin du XIXe siècle, refusant de plus en plus la bureaucratie et la hiérarchisation des membres, œuvrent à l’intégration des femmes ouvrières dans les Loges, une nécessité selon elles dans la lutte commune qui s’annonçait à l’aube du XXe siècle : obtenir l’égalité des droits politiques et le suffrage des femmes.

76 ans de la Confédération maçonnique interaméricaine

De la Grande Loge du Chili granlogia.cl

Le 17 octobre 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Grandes Loges d’Uruguay, d’Argentine et du Chili signent un appel conjoint adressé à la Franc-Maçonnerie Universelle, dans lequel elles invitent tous les gouvernements symboliques à se joindre à une initiative commune de défense de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité.

Quatre ans plus tard, le 14 avril 1947, lors de la Journée des Amériques, réunies à Montevideo, les puissances maçonniques de notre continent fondèrent la Confédération maçonnique interaméricaine.

Du point de vue de la Grande Loge du Chili, ce fut un premier grand pas pour la constitution future d’une franc-maçonnerie universelle.

À cette occasion, la Confédération maçonnique interaméricaine a indiqué quels seraient les objectifs fondamentaux de l’organisation :

a) Contribuer par tous les moyens à sa disposition au développement et à la consolidation de l’idéal franc-maçon universaliste ;

b) Tracer les grandes lignes qui servent de base à la mise en œuvre d’une éducation maçonnique qui, sans remettre en cause les préférences ritualistes de chaque Puissance symbolique, constitue le moyen le plus efficace d’accomplir les nobles fins visées dans la lettre précédente ; et

c) Coordonner l’Action Maçonnique des Puissances Symboliques adhérentes autour des problèmes qui leur sont communs.

Aujourd’hui, célébrant ses 76 ans d’existence, le CMI compte 94 puissances maçonniques, de 26 pays des Amériques, des Caraïbes et d’Europe, avec un demi-million de membres.

La Grande Loge du Chili se joint aux célébrations de cet anniversaire, réaffirmant sa foi en un avenir meilleur pour l’Humanité.

Les maux des mots

Les mots peuvent être des caresses ou des balles de révolver !

Ainsi en est-il, à l’ère des logiciels… des vocables logique et morale.

L’expérience de la vie nous apprend qu’il y a autant de logiques et de morales, que de sociétés et d’époques, c’est à dire de philosophies et de points de vue ! A l’école, entre quatre murs protecteurs et devant le tableau noir de notre enfance ces mots étaient inoffensifs : Nous faisions de l’analyse logique après la dictée, la pensée du jour (« bien mal acquis ne profite jamais ! ») nous servait de leçon de morale. Et la preuve par 9 nous montrait que notre raisonnement arithmétique « tombait juste ». Voire que la vérité était dans les chiffres !

C’est en quittant l’école que tout a changé, pour ne pas dire que tout s’est gâté ! Adultes devenus, nous constatons que le « camarade de classe » c’est maintenant « l’Autre » dans sa grande diversité compétitive (ethnies, coutumes, religions, individualismes, hiérarchies de dominance, etc) et qu’il faut – malgré ces différences et contraintes – « vivre ensemble » sur la planète. Facile à dire avec des mots choisis, difficile à faire avec des actes positifs!

A partir de mon histoire (années 1930/40), je retiens pour ma part qu’un grand pays comme l’Allemagne, éduqué et cultivé s’il en est, suit alors dans un bel élan patriotique le raisonnement d’un fou furieux. Celui-ci, le sinistre Hitler, met dans l’entonnoir de la logique tous les paramètres « normatifs » qui lui conviennent (revanche de la guerre précédente, difficultés économiques, pureté de la race aryenne à protéger, etc) pour recueillir à la sortie, une épouvantable « rationalisation » qui lui apparaît pourtant « naturelle » : l’extermination des juifs ! Heidegger, l’un des plus grands philosophes du XXème siècle, que l’on peut supposer intelligent, adhère à cet antisémitisme ! Sa maîtresse, Annah Arendt, philosophe talentueuse elle-même, ouvre les yeux à temps et le quitte pour décrire ce que, effarée, elle découvre : la banalité du mal. Dit autrement, il est tout à fait logique de tuer son semblable quand on en reçoit l’ordre d’un supérieur et que l’on est obéissant et scrupuleux. C’est normal, banal, on ne fait que son devoir (encore un mot dont il faut se méfier, n’en déplaise à Kant !) La logique et la morale détruisent ici tout discernement!

Les convoyeurs et les exécutants de l’holocauste avaient aussi une logique : « Mon honneur est ma fidélité ». De leur côté, les militaires nazis portaient un ceinturon – à hauteur de mes yeux de gamin – dont la boucle arborait leur morale : Gott mit uns (Dieu avec nous). Bilan en 1945 de ces logique et morale funestes : 6 millions de morts.

Il est aisé de comprendre que l’on puisse se méfier aujourd’hui de ces deux mots…qui n’auraient jamais dû quitter la salle de classe ! Croire que les doctrines, l’instruction et le progrès peuvent seuls parfaire l’Homme est la grande illusion des Lumières… et des francs-maçons ! Parce que l’Homme est autant capable de détestation et d’égoïsme, que de bonté et d’amour, il nous reste, pour éliminer (en tout cas réduire) notre part d’ombre, encore et toujours, à apprendre et mettre en pratique LA LIBERTÉ, L’EGALITÉ, LA FRATERNITÉ. Alors que l’islamisme est en train de prendre le relais du nazisme, quelques grandes obédiences maçonniques françaises, ont aussi leur logique et leur morale. Ivres d’une puissance factice, elles cultivent les interdits et, partant, n’ont jamais été aussi « enfermantes » pour leurs membres ! C’est à dire, qu’au titre d’un « marché captif » (gestion financière oblige) elles prohibent toute autre appartenance hors de leur champ et entravent ainsi la transmission, donc l’étendue de la trilogie républicaine à un moment où celle-ci n’a jamais autant été nécessaire, pour ne pas dire vitale ! Cherchez l’erreur !

Les REHFRAM d’Oyo : trahison de l’idéal maçonnique ?

Par le COC (Collectif des Orphelins Congolais)

Les Rencontres Humanistes et Fraternelles d’Afrique Francophone et de Madagascar (REHFRAM) c’est le rassemblement annuel de la Conférence des Puissances Maçonniques Africaines et Malgaches (CPMAM). Cet évènement rassemble les francs-maçons africains francophones, depuis 1992. Pour tout franc-maçon, c’est l’occasion d’échanger sur les valeurs morales et philosophiques avec ses « frères » et « sœurs » actifs dans d’autres obédiences du continent. En février 2023, ces rencontres ont réuni à Oyo les francs-maçons venus de toute l’Afrique, de Madagascar et d’Europe.

La précédente réunion qui s’était tenue à Abidjan en 2022 avait créé une certaine surprise en décidant d’organiser la réunion 2023 à Oyo en République du Congo, une localité qui n’est pas un Orient maçonnique. On pourrait se limiter à une évidence : la fête fut belle, les agapes mémorables. Mais ne serait-ce pas étrange de reprendre le refrain déjà entendu selon lequel bien souvent, trop souvent, les REHFRAM riment avec « chambre humide » ? Toutefois, quelles leçons peut-on tirer de ces rencontres, dans une bourgade comme Oyo qui n’abrite aucune loge maçonnique ? Les francs-maçons, hommes qui se proclament libres et de bonnes mœurs, peuvent-ils occulter les préoccupations relatives aux droits de l’homme et refuser de prendre en compte la dynamique des mouvements citoyens qui contribue au renouveau de plusieurs pays africains ? Doit-on tolérer longtemps que certains Frères puissent aussi allégrement bafouer les principes de la Franc-maçonnerie, en abandonnant leur liberté de conscience et en adulant un personnage qui foule systématiquement aux pieds les principes élémentaires de la morale et de la probité ? En définitive, que retiendra-t-on des REHFRAM d’Oyo 2023 ?

Les REHFRAM d’Oyo, « un contrat » léonin exclusivement en faveur du pouvoir de Brazzaville

Dans certains pays, l’engagement maçonnique est essentiellement associé au soutien d’œuvres sociales, caritatives ou de solidarité. Alors que le Franc-maçon par sa « fibre » humaniste, doit s’impliquer dans tous les problèmes de la société, y compris le vote des lois, au Congo, depuis le retour au pouvoir par les armes de Sassou, en Octobre 1997, cette institution spirituelle, philosophique et progressive « prospère » hélas sur un foyer de miasmes et d’abjections. La violation des droits de l’homme y est devenue la règle. Nul n’oublie en effet que les Francs–maçons ont payé un lourd tribut à la guerre déclenchée en 1997. Et faut-il le rappeler, si besoin est, qu’aucun frère, aucune sœur, nul franc-maçon n’est censé ignorer la « loi » ; en l’occurrence celle qui frappe au Congo toutes celles et tous ceux dont la seule faute aura été d’oser dire « non » au frère que d’autres francs-maçons par flagornerie, ont surnommé « L’Empereur » !

Par le fait de ce frère, l’enténèbrement de la société se poursuit chaque jour dans le tréfonds congolais. L’effondrement des repères maçonniques traverse désormais beaucoup de loges. Par la laideur morale de ses actions, Denis Sassou Nguesso est allé très loin dans l’ignominie : il a non seulement assuré sa pérennité dictatoriale en jetant aux orties sa propre constitution de janvier 2002, il a en plus institutionnalisé l’impunité dans sa nouvelle constitution du 6 novembre 2015. En inscrivant l’Article 96 dans ladite constitution, Denis Sassou Nguesso et ses sbires du PCT apportent la preuve d’une volonté d’institutionnaliser l’absolution des crimes et délits pendant leur règne. « Aucune poursuite pour des faits qualifiés de crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction, ne peut plus être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctionsLa violation des dispositions ci-dessus constitue le crime de forfaiture ou de haute trahison conformément à la loi. ». Une constitution liberticide qui met les crimes de sang, les crimes économiques et les violations des droits de l’Homme au rang de droit constitutionnel, ne peut pas être une Constitution d’État pour un pays du 21ème siècle.

Disons-le sans ambages que, pour être cohérents avec le thème de leur rencontre de 2023, « les hommes libres et de bonnes mœurs » que sont les francs-maçons par définition, ne devraient s’aplatir devant personne. Et si, comme à l’accoutumée ils ont le devoir d’échanger avec tout franc-maçon, ils savent que tout échange doit contribuer à l’amélioration de la société. Dans le cadre des REHFRAM d’Oyo, il serait vain de rechercher les améliorations apportées par les échanges, quand on sait qu’au final, malgré les multiples appels à la solidarité lancés à travers le monde pour la libération du frère Jean Marie Michel MOKOKO, les francs–maçons qui exercent le pouvoir d’État au Congo ne répondent que par le mépris. Qui plus est le frère Denis Sassou Nguesso considère le Frère Mokoko comme son « prisonnier personnel ». Le cas du « condamné aux travaux forcés » qu’est André OKOMBI Salissa jouit du même cruel traitement. Exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes et vis-à-vis des autres frères, les francs-maçons du Congo-Brazzaville n’auraient pas dû accepter de participer à une telle messe, sans rien demander en retour !

Les Maçons doivent regarder le monde, sans esprit partisan, ni sur le plan politique ni sur le plan religieux, et agir avec toute l’indépendance qui les caractérise. L’enfermement dans leur tour d’ivoire de la plupart des « Présidents francs-maçons », et notamment du Président Denis Sassou Nguesso qui n’écoute plus son peuple, devrait être un sujet de préoccupation permanente pour les francs-maçons congolais.

L’obéissance aveugle, qui ôte le libre arbitre, est un grand danger pour tout individu et pour les francs-maçons qui président à la destinée du pays, puisqu’ils ne peuvent plus penser par eux-mêmes. Nous avons en mémoire cette ruée, chaque année vers Edou-Oyo, de tous les cadres militaires et civils du pays, parmi lesquels figurent de nombreux francs-maçons, lors de la commémoration de la mort de Lucie Édith Bongo, qui de son vivant n’a jamais rien représenté au Congo à part le fait d’être la fille aînée de « l’empereur » !

L’excursion des REHFRAM 2023 a laissé aux profanes congolais la même triste et funeste impression de pèlerinage d’allégeance ! Sinon, pourquoi alourdir les frais de transport des participants en allant se réunir dans un coin qui ne revêt aucun intérêt maçonnique ? Si ce n’est pour donner aux frères hôtes l’opportunité de déployer leur insolente opulence (au vu de la crise que traverse le pays) et s’ériger en généreux bienfaiteurs tout en obligeant certains de leurs hôtes (frères accueillis) !

Des initiés motivés par une bonne dose d’opportunisme

Loin des préoccupations essentielles visant l’amélioration de la société, les REHFRAM d’Oyo étaient axées entre autres, sur la guerre de succession au sommet du pouvoir à Brazzaville. Cette guerre qui s’était prolongée dans les espaces feutrés d’Oyo était larvée depuis un moment dans la maçonnerie congolaise et dans les services secrets français. C’est de notoriété publique : Jean Dominique Okemba a arrosé cet espace d’enveloppes de pétro-CFA, pour se créer des allégeances qui, pour certaines d’entre elles, commenceraient même à gêner le Président Sassou lui-même.

Est-il normal que la Securitate congolaise ait pignon sur rue sur la Franc-maçonnerie congolaise, au point où deux des trois grandes obédiences maçonniques du pays soient désormais dirigées par deux sécurocrates du régime : Jean Dominique Okemba et Philippe Obara ? On voit comment Jean Dominique Okemba s’adonne à la manipulation au sommet de la Franc-maçonnerie en plaçant ses hommes liges à la tête de beaucoup d’obédiences maçonniques. C’est ainsi qu’aux REHFRAM d’Oyo, en qualité de simple « Invité exceptionnel » qu’il était, il a eu l’insigne effronterie de payer la totalité de la facture des agapes !

Nous apprenons chaque jour des choses avilissantes auxquelles seraient soumis nombre de nos compatriotes qui pour aspirer à une réussite matérielle rejoignent la Franc-maçonnerie : ils sont détruits dans leur humanité etleur dignité.Le nouveau Congo que nous appelons de tous nos vœux recommande l’émergence d’une nouvelle conception du patriotisme, plus « kimuntienne » (néologisme congolais signifiant « humanisme ou humain »). En attendant, on est en droit de se demander si sous ces cieux, il est toujours question de respect des constitutions d’Anderson, s’il y a toujours incitation à l’excellence, à la grandeur d’âme ; si l’on œuvre toujours à l’élévation de temples à la vertu… Retenons qu’il n’y aura pas de Grand Congo avec d’aussi mauvais francs-maçons…

La Franc-maçonnerie est du domaine du spirituel et tout domaine qui se revendique comme tel se souille dès lors que la matérialité prend le pas sur la spiritualité. C’est d’ailleurs le drame de notre monde, le drame qui tue doucement notre planète à cause de la convoitise et de la cupidité de quelques-uns.

Tout porte à croire que l’engouement suscité par les REHFRAM d’Oyo s’explique par les préoccupations bassement matérielles sans valeur ajoutée spirituelle ni philosophique. Beaucoup d’initiés (ou plutôt d’apprentis-sorciers) étaient simplement motivés par une dose d’opportunisme : les uns pour tisser des liens avec les officines d’Oyo, les autres pour côtoyer le grand Manitou, distributeur illimité et source intarissable de pétro-CFA ; au grand damn de la population congolaise qui tire le diable par la queue !

Tout compte fait, les francs-maçons du Congo ne peuvent plus se contenter de débats à huis clos, confinés dans l’atmosphère compassée de nos temples… Le moment est venu pour les maçons d’Afrique et de Madagascar d’être les artisans du renouveau politique, économique et social de leurs pays respectifs, au service d’une vision adogmatique du monde, prônant la liberté absolue de conscience.

Nous nous devons d’œuvrer sans relâche à la réconciliation de notre idéal maçonnique avec lui-même, et dans son universalité ; en vue d’une autre réconciliation, celle de la société africaine avec elle-même, où tradition et modernité, y compris dans ce domaine de la spiritualité, pourront enfin s’accorder et ne plus jamais s’exclure…

Il est certain qu’au regard des réalités de l’Orient du Congo, tout Orateur inspiré aurait pu rappeler le propos suivant du frère Joseph Badila, franc–maçon de notoriété publique, relatif au rôle de la maçonnerie africaine dans la société : « Vous avez la corruption qui gangrène la société et donc la maçonnerie peut être cet outil essentiel pour qu’il y ait des hommes qui doivent absolument améliorer cette société », espère-t-il. Ce frère s’exprimait ainsi sur les antennes de RFI le 06 février 2016. De même, sa phrase suivante portée à la postérité doit inspirer la Franc-maçonnerie politique : « On ne peut pas être Franc-maçon et dictateur ». Qu’est-ce que les francs-maçons congolais font-ils de ces sages conseils ? Peuvent-ils continuer à prêcher la morale, la verticalité et, en même temps, encenser ceux qui incarnent l’impudence et l’opulence, à côté d’un flot de misère qui étreint le plus grand nombre ? Tout franc-maçon qui se respecte se doit d’en prendre de la graine, pour supporter l’épreuve du miroir qui prépare au vitriol.

De Dakar à Oyo, comment une certaine FM prête le flanc aux détracteurs !

Pour conclure, nous exhortons humblement et fraternellement les dignitaires de toutes les obédiences à tirer les leçons de la volée de bois verts orchestrée par une coalition de congrégations religieuses extrémistes, qui en 2018 a fait avorter les REHFRAM de Dakar.

Autant nous déplorons l’annulation de ces REHFRAM, et espérons que ce camouflet ne se reproduise plus ; autant on peut reconnaître que les comportements indélicats de certains frères et sœurs nourrissent les clichés et nous exposent aux critiques les plus virulentes.

C’est dans ce contexte que le choix d’Oyo, bourgade dépourvue de la moindre appétence maçonnique, interroge les observateurs. Et les spéculations vont bon train sur la crainte de voir les puissances maçonniques africaines, malgaches et européennes s’embourber dans une guerre de succession interne au régime de Brazzaville, dont Oyo constitue l’épicentre ou l’arrière-cour du théâtre des hostilités, pour l’instant feutrées.

Tout cela participe à alimenter dans l’opinion publique, le sentiment de dévoiement de notre idéal maçonnique ou de détournement de la puissance maçonnique, spirituelle par essence, à des fins d’ascension politique individuelle de quelques frères ou sœurs.

Ce qui complique forcément la tâche de rectification qui nous incombe à tous et à laquelle nous devons nous atteler inlassablement, avec force et vigueur ; sans quoi, nous n’aspirerons jamais au repos…

Le COC (Collectif des Orphelins Congolais) a dit !