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Société secrète… Rose-Croix

Au début du xviie siècle paraissent en Allemagne les manifestes de la fraternité de la Rose-Croix. La Rose-Croix y est présentée comme un ordre secret qui aurait été fondé au xve siècle par un personnage mythique, Christian Rosenkreutz. Relevant de l’hermétisme chrétien, du néoplatonisme et de paracelsisme, ils en appellent aux savants et aux gouvernants de l’Europe, proposant de leur révéler leur mystérieuse sagesse. Ils sont vraisemblablement l’œuvre d’un groupe de jeunes théologiens, médecins et philosophes de l’université luthérienne de Tübingen, autour de Johann Valentin Andreae (1586-1654). Ils eurent un retentissement considérable à l’époque, suscitant enthousiasmes et controverses dans toute l’Europe.

Le Temple de la Rose-Croix, gravure du Speculum Sophicum Rhodostauroticum (Miroir de la sagesse des Rose-Croix) de Teophilus Schweighardt Constantiens (pseudonyme de Daniel Mögling), 1618.

À partir du xviiie siècle, en marge et au sein de la franc-maçonnerie, puis dans les milieux occultistes du xixe siècle jusqu’à aujourd’hui, de nombreux mouvements se sont réclamés de l’ordre de la Rose-Croix ou se sont référés à une « tradition rosicrucienne ».

Les manifestes Rose-Croix

Introduction

Les « manifestes Rose-Croix », la Fama Fraternitatis et la Confessio Fraternitatis, furent publiés en Allemagne de 1614 à 1615 et firent pour la première fois, mention de cette Fraternité en une période de tensions politiques et religieuses (la guerre de Trente Ans commence en 1618), et d’avancées scientifiques. On leur associe généralement un autre texte : Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz publié en 1616.

La Fama Fraternitatis (1614)

Édition originale de la Fama Fraternitatis, 1614.

En 1614, paraît à Cassel, à l’imprimerie de Wilhelm Wessel (en), un ouvrage anonyme en allemand : Réforme générale et commune de l’univers entier, suivie de la Fama Fraternitatis de la Très Louable Confrérie de la Rose-Croix, à l’adresse de tous les savants et souverains d’Europe, accompagnée d’une brève réponse du Seigneur Haselmeyer qui pour ce motif a été jeté en prison par les Jésuites et mis aux fers dans les galères. Aujourd’hui donnée à imprimer et portée à la connaissance de tous les cœurs sincères.

Cette « réforme générale » est un récit satirique sur les projets de réforme qui fleurissaient à l’époque. En appendices de ce texte, se trouve la Fama Fraternitatis, (Les Échos de la Confrérie) manifeste de l’ordre de la Rose-Croix, ainsi que la réponse d’un certain Adam Haselmayer.

Le nom du fondateur (C.R.C.), ainsi que ceux des membres de la Fraternité ne sont mentionnés que par leurs initiales.

La Fama Fraternitatis narre la vie du fondateur mythique de l’ordre. Allemand, orphelin d’une famille noble mais désargentée, il est élevé et éduqué dans un couvent. Un périple entrepris autour de la Méditerranée lui permet d’acquérir les sagesses et les connaissances de l’Orient et de les confronter à celles de l’Occident. À son retour, il s’entretient avec les savants d’Europe « leur montrant les erreurs de nos Arts, comment les corriger, d’où l’on pourrait tirer des indices certains sur les siècles suivants et en quoi ils devaient concorder avec les siècles passés ; aussi comment réformer les défauts de l’Église et toute la philosophie morale ». Mais ces derniers, se voyant contraints de se remettre en question et craignant que leur réputation n’en souffre, le rejettent. Il fonde alors en Allemagne un cloître appelé « maison du Saint-Esprit »; afin d’y rassembler, conserver et consigner ses connaissances, il y invite trois de ses anciens condisciples qui lui jurent fidélité et silence : « Ainsi commença la Fraternité de la Rose-Croix, avec quatre personnes seulement ». L’Ordre se donne une règle, et se disperse à travers le monde.

L’histoire relate que 120 ans après la mort du fondateur de l’Ordre, les Frères de la troisième génération, refaisant en « bons architectes » la maçonnerie de leur « maison », redécouvrent son tombeau. L’inscription « Post 120 annos patebo » (« après 120 ans, je m’ouvrirai ») indique que cette découverte apparemment fortuite avait été prévue.

Dans ce « temple-tombe », illuminé « par un autre soleil », se trouve le corps intact de C.R.C. tenant dans ses mains un petit livre d’or, intitulé Livre T. L’autel circulaire est entouré de formules de sagesse et d’axiomes comme « Nequaquam vacuum (« nulle part n’est le vide » en latin) ». Les Frères décident alors de révéler au monde cette sagesse chrétienne censée réconcilier les connaissances du passé et celles de l’avenir, et proposer une réforme universelle des sciences, de l’art et de la religion. Ils expliqueront les 37 raisons de cette décision dans une Confessio, et promettent plus d’or « que le roi d’Espagne n’en peut rapporter des deux Indes ». La Fama Fraternitatis, qui devait être écrite en cinq langues, invite les sages, savants et chefs de l’Europe intéressés par cette offre à se faire connaître de quelque manière « et en quelque langue que ce soit ».

La Fama s’achève par la phrase : « Sub umbra alarum tuarum Jehova » (À l’ombre de tes ailes Jéhovah).

L’ouvrage se termine par la Courte réponse faite par Adam Haselmayer qui, pour cela, a été arrêté et emprisonné par les Jésuites et mis aux fers sur les galères.

Bien que la Fama fût en général publiée seule par la suite, l’ensemble de l’ouvrage original (Reformatio, Fama et la Réponse de Haselmayer) forme un tout, dont le sens général est que la vraie réforme ne peut se faire de l’extérieur comme le promouvaient penseurs et législateurs, mais qu’elle doit être intérieure, spirituelle et mystique.

La Confessio Fraternitatis (1615)

De Macrocosmi historia, de Robert Fludd.

En 1615, une seconde édition de la Fama paraît chez le même éditeur. Il y est joint un second texte, en versions latine et allemande (d’ailleurs sensiblement différentes) : « Confessio Fraternitatis Rosæ Crucis. Ad eruditos Europæ. » (« Confession de la Fraternité de la R. C. Aux savants de l’Europe »).

Cette « Confession » (ou profession de foi), où s’expriment les Frères de la Rose-Croix, fait référence à la Fama, et renouvelle son appel aux savants, mais aussi aux humbles, et ses promesses de réforme chrétienne universelle et de révélation des secrets de la Nature. Dans la forme, elle s’inspire de la Confession d’Augsbourg. Plus que la Fama, elle met l’accent sur le millénarisme et l’antipapisme.

Les Frères se défendent des accusations d’hérésie :

« Comment pourrions-nous être jamais soupçonnés d’hérésie, de menées et de complots coupables contre l’autorité civile, quand nous condamnons les sacrilèges dont Notre-Seigneur Jésus-Christ est l’objet, et dont l’Orient comme l’Occident se rendent coupables (entendons Mahomet et le pape), et quand nous présentons au chef suprême de l’Empire romain notre prière, nos mystères et nos trésors ? »

Ils font l’éloge de la Bible et de la vie évangélique :

« Contre eux, nous professons et témoignons publiquement qu’il n’a pas existé depuis les débuts de ce monde de livre supérieur, de livre meilleur, de livre aussi merveilleux, aussi salutaire que justement la sainte Bible. Et bienheureux son détenteur, bienheureux plus encore son lecteur assidu, au comble de la félicité celui qui en a épuisé l’étude. Qui sait la comprendre ne peut être plus près de Dieu ni plus semblable à lui. »

Le prénom du fondateur de la Fraternité apparaît : Christian R.-C. Il serait né en 1378 et aurait vécu cent six ans. La Confessio Fraternitatis propose une philosophie chrétienne, et aussi un état de vie merveilleux qui « figurait à l’origine du monde avec Adam » accessible à l’homme régénéré. La Confessio annonce la fin du mahométisme et du catholicisme, et la venue d’une nouvelle ère liée à l’avènement d’une mystérieuse quatrième monarchie et à l’apparition de signes, d’étoiles dans les constellations du Serpentaire et du Cygne.

Les Frères disposent d’une « écriture magique », semblable à la langue originelle des patriarches bibliques Adam et Hénoch, qui leur permet de lire et de comprendre la volonté divine.

La Confessio évoque l’alchimie en tant que force guérissante, capable certes d’opérer la transmutation des métaux (ce qu’ils ne prisent pas), mais surtout comme « remède suprême » pour la libération de l’humanité :

« Maintenant, il est nécessaire que cède toute erreur, ténèbre et servitude qui se sont progressivement emparées des sciences, des œuvres et du gouvernement des humains… de sorte que la majorité des hommes se sont obscurcis… Il n’est cependant d’autre philosophie pour nous que Celle qui est la Couronne de toutes les facultés, sciences et arts. En ce qui concerne notre siècle elle comprend surtout la Théologie, la Médecine, et avant tout la Science du Droit ; c’est une philosophie qui sonde le ciel et la terre à l’aide d’un excellent art d’analyse ou qui, en un mot exprime essentiellement que l’homme est un microcosme, et l’étendue de son art dans la nature. »

Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz (1616)

Édition originale (1616) des Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz

En 1616 paraît à Strasbourg chez Lazare Zetzner, sans nom d’auteur et en allemand, Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. Si ce texte, plus long que les deux manifestes Fama et Confessio, et dont la qualité littéraire est largement reconnue, est aujourd’hui celui qui retient le plus l’attention tant des ésotéristes que des historiens, il n’eut à l’époque que peu d’influence : jamais traduit en latin, il ne le fut en anglais qu’en 1690, et en français qu’en 1928.

Ce texte allégorique et mystique narre, à la première personne, l’expérience initiatique de Christian Rosenkreutz, nom symbolique qui peut se traduire par « le chrétien à la Rose et à la Croix » ; les rosicruciens francophones le nomment « Christian Rose-Croix ». L’action se situe en 1459. Au cours de sept journées, pleines d’évènements merveilleux et symboliques, Christian Rosenkreutz participe aux noces alchimiques du roi et de la reine, qui culminent avec la décollation et la résurrection du couple royal. Cet ouvrage est suivi en 1619 d’une interprétation de l’auteur dans le PRACTICA LEONIS VIRIDIS. En effet, dans l’édition de 1616 des Noces Chymiques, ce dernier y écrit page 23 lorsqu’il mentionne deux colonnes du portail des Noces : « je les décrirai et les expliquerai dans peu de temps si Dieu me le permet ». Trois ans plus tard paraît ce LEONIS VIRIDIS, dont on peut considérer en toute logique qu’Andreae lui-même est l’auteur.

L’avertissement introductif indique le caractère ésotérique de l’œuvre :

« Les arcanes s’avilissent quand ils sont révélés ; et, profanés, ils perdent leur grâce. Ne jette donc pas de marguerites aux pourceaux, et ne fais point à un âne une litière de rose »

L’alchimie, dans les Noces chymiques de CRC comme dans les autres « manifestes », est considérée comme un processus de régénération spirituelle et une source de purification et de renaissance intérieure.

Ce texte a fait l’objet de nombreux commentaires.

Analyse des manifestes rose-croix

Hypothèses sur les auteurs des manifestes et leurs motivations

Depuis leur parution anonyme, de nombreuses hypothèses ont été faites sur l’identité du ou des auteurs des manifestes, ainsi que sur leurs motivations et leurs desseins.

Antoine Caron, Les Funérailles de l’Amour (1560-1570) (musée du Louvre) – ce tableau allégorique typique du maniérisme constitue selon Bernard Gorceix une illustration du style des Noces Chymiques.

En ce qui concerne les Noces Chymiques, Johann Valentin Andreæ (1586-1654) déclarera dans son Autobiographie, qui ne fut publiée qu’en 1799, en avoir été l’auteur dans sa jeunesse (entre 1602 et 1604). Il s’agissait d’« une plaisanterie (ludibrium)) pleine de scènes d’aventures. À (ma) surprise ce livre fut apprécié par certains et expliqué par des interprétations subtiles, quoique ce ne soit qu’une petite œuvre insignifiante et qu’il représente les vains efforts de la curiosité ». Inspecteur ecclésiastique, chargé de fonctions diplomatiques puis prédicateur de la cour de Stuttgart, Andreæ fut aussi connu pour ses écrits satiriques qu’il justifiera ainsi : « C’est l’affaire du Christianisme qui me tenait à cœur et je voulais le faire progresser par tous les moyens ; et comme je ne pouvais le faire par des chemins rectilignes, je tentai de la faire par des détours et des pitreries, non point, comme il a semblé à certains, avec un esprit de raillerie mais en recourant à la manière dont usent beaucoup de gens pieux, en ce sens que par le truchement d’une plaisanterie et par une charmante malice, je poursuivais un but sérieux et j’insufflais l’amour du christianisme ».

Le ou les auteurs des manifestes ne sont pas connus avec certitude. L’analyse stylistique et thématique des différents textes (Fama et Confessio mais aussi leurs préfaces, la Reformatio et la Réponse de Haselmayer), tend à montrer qu’il s’agit de l’œuvre de plusieurs auteurs. Il semble probable que ces textes ont été écrits au sein d’un groupe d’intellectuels luthériens, rassemblés à partir de 1607 avec Andreæ sous la houlette du théologien Johann Arndt (1555-1621). Ce groupe, qu’on appelle Cénacle de Tübingen, promouvait notamment l’imitation de la vie de Jésus-Christ. Si Andreæ eut sans doute un rôle inspirateur et central, on trouve également la marque de ses amis, en particulier Wilhelm Wense, Tobias Hess et Christoph Besold (1577-1638). Ainsi un groupe de jeunes luthériens allemands, qui avait eu maille à partir avec les autorités universitaires « s’est dressé clandestinement contre l’orthodoxie desséchante à laquelle il a opposé tout à la fois la mysticité antique et médiévale, l’esprit scientifique naissant et l’œuvre sociale enseignée notamment par Campanella, avec ses études et sa Cité du Soleil socio-théocratique »

La publication des manifestes : le rôle de Adam Haselmayer

Johann Valentin Andreæ a publié Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz en 1616.

La Fama semble avoir été rédigée vers 1608 et avoir rapidement circulé sous forme manuscrite (quatre exemplaires originaux ont aujourd’hui été retrouvés) dans les milieux alchimiques : en 1611, le médecin danois Ole Worm en avait reçu une copie, probablement de la part de Johannes Hartmann (en), qui tenait la première chaire de « Chymie » d’Europe, à l’université de Marbourg.

Mais c’est Adam Haselmayer, l’auteur d’une réponse à la Fama publiée en même temps qu’elle, qui joua un rôle déterminant dans la publication des manifestes. Donné dans la préface comme secrétaire de l’archiduc Maximilien, il a longtemps été considéré comme un personnage fictif. Des recherches récentes ont permis de retrouver sa trace. Il s’agit d’un paracelsien du Tyrol. Ayant lu la Fama dès 1610, il en offrit en 1612 une copie qu’il tenait de Tobias Hess à son protecteur Auguste d’Anhalt-Plötzkau, féru d’alchimie et des textes de Paracelse et de Valentin Weigel dans l’espoir que ce dernier devint le leader politique de la réforme universelle annoncée par les Rose-Croix. Ce fut sans succès, car Auguste de Anhalt qui avait renoncé à toute ambition politique en laissant le gouvernement de la principauté d’Anhalt à son frère, se contenta de faire imprimer secrètement une centaine d’exemplaires de la réponse de Haselmayer, dans l’espoir de susciter la réaction des Rose-Croix. L’enthousiasme de Haselmayer se tourna alors vers son suzerain le catholique archiduc Maximilien III d’Autriche, qui cependant le fit arrêter et envoyer aux galères.

On a retrouvé une version de ce texte imprimée en 1612, et il s’agirait donc de la première « réponse » à l’appel de la Fama. Haselmayer déclare avoir lu un manuscrit de la Fama en 1610 (ce qui permet de supposer que le texte circulait quelques années avant sa publication en 1614). Dans ce texte apocalyptique et mystique, il voit dans les frères de la Rose-Croix des disciples de Paracelse, et annonce l’imminence de la fin du monde et l’avènement de l’empire du Saint-Esprit (règne dénommé « Quatrième Monarchie » dans la Fama).

Les sources et les références

Une des gravures alchimiques de l’Atalanta Fugiens de Michael Maier : le sage marchant dans les traces de la Nature.

Tant par le style que par le fond, les manifestes sont caractéristiques de la pensée de l’époque, au tournant de la Renaissance et de l’âge baroque. Ils puisent leur inspiration, comme la multitude d’écrits alchimiques qui fleurissent alors, dans le fond séculaire de la littérature mystique et hermétique. Ainsi, on peut y trouver des références et allusions au néo-platonisme, aux pythagoriciens, à la philosophie arabe, à la kabbale, à la Gnose, et même aux sages de l’Inde.

Paul Arnold a remarqué que les Noces Chymiques sont inspirées par le Livre I du poème The Færie Queene (1590) d’Edmund Spenser. En particulier, on y trouve les aventures similaires d’un « chevalier de la Croix-Rouge », qui deviendra le « Frère de la Rose-Croix rouge » dans les Noces Chymiques, avec le glissement en allemand de Rotes-Kreutz à Rosen-Kreutz. Andreæ a pu aussi s’inspirer de son blason familial qui comprenait quatre roses rouges entre les branches d’une croix rouge, blason lui-même peut-être inspiré des armes de Luther, représentant une croix noire sur un cœur rouge entouré d’une rose blanche.

La General reformatio, est en fait l’adaptation en allemand de l’avis LXXVII d’un ouvrage satirique de Trajano Boccalini : Ragguagli di Parnasso (Nouvelles du Parnasse), publié à Venise en 1612. Cet ouvrage eut un grand succès à l’époque et était connu des membres du Cénacle de Tübingen et en particulier de Christoph Besold.

Sceau de Luther.

Les textes de la Fama et de la Confessio sont probablement inspirés de l’utopie de Tommaso Campanella : La cité du soleil. Parmi les contemporains allemands, on y trouve l’influence d’écrits alchimiques tels que l’Amphitheatrum Sapientiæ Æternæ (1595) de Heinrich Khunrath (~1560-1605) et la Naometria (1604) de Simon Studion (1543-1605).

Le personnage de Christian Rosenkreutz ferait référence aux vies de Joachim de Flore, de Thomas a Kempis, ainsi que d’un certain Ægidius Gutman (1490-1584) dont la biographie touche à la légende.

Controverses sur l’existence et l’origine de l’ordre

Il n’existe aucune preuve historique de l’existence d’un ordre de la Rose-Croix avant ou au moment de la parution des manifestes, au début du xviie siècle. Les mouvements qui se sont par la suite baptisés « Rose-Croix » n’ont pas le moindre lien de filiation directe avec le groupe des auteurs des manifestes (le Cénacle de Tübingen). La société rosicrucienne AMORC (fondée en 1915) se prévaut, quant à elle, de « l’authentique » tradition Rose-Croix.

Les opinions sur l’existence et l’origine de l’ordre peuvent schématiquement être classées en quatre catégories différentes :

  1. Pour les universitaires Yates, Arnold, Edighoffer, Faivre (« Bien que, de 1615 à l’époque actuelle, quantité de faussaires n’aient cessé de brouiller les pistes, on peut affirmer qu’entre 1614 et 1620 il n’existe pas de « Fraternité Rose-Croix », à moins d’entendre par là qu’une amitié spirituelle rapprochait les amis du cénacle »), Christian Rosenkreutz et l’ordre de la Rose-Croix sont des fictions inventées par les auteurs des manifestes, et ces textes relevaient à l’origine du « ludibrium » (c’est-à-dire du « jeu », de la « plaisanterie ») ésotérique d’un jeune luthérien malicieux et cultivé, Johann Valentin Andreæ. Les manifestes de la Rose-Croix ne seraient pas une preuve de son existence mais seulement la narration de son mythe. Ils auraient pris rapidement une dimension polémique dans l’âpre contexte de la Réforme. Les affiches parues à Paris en 1623 (voir ci-dessous) ne seraient quant à elles qu’un canular. Les idées développées dans les manifestes n’ayant rien de particulièrement original ni de spécifique, leur succès non démenti tient à leur qualité littéraire, à leur parfum de secret et de mystère, et à l’association, puissamment évocatrice dans la culture occidentale, des noms et symboles de la rose et de la croix.
  2. Ceux qui, tout en croyant à l’existence d’une fraternité de la « Rose-Croix », estiment que les détails historiques fournis dans les manifestes sont à prendre au moins en partie dans un sens symbolique. L’ordre aurait été constitué du regroupement d’esprits brillants autour de Johann Valentin Andreæ. La Rose-Croix exprimerait les aspirations spirituelles et profondes qui imprègnent encore aujourd’hui l’imaginaire de l’Occident.
  3. D’autres tenants de l’interprétation symbolique des manifestes croient à une existence ancienne voire antique de l’ordre. C’est ainsi que plusieurs auteurs rosicruciens du xxe siècle, parmi lesquels Harvey Spencer Lewis, le fondateur de l’AMORC, ont affirmé que l’ordre de la Rose-Croix avait une origine traditionnelle égyptienne.
  4. Certains enfin ont réinterrogé avec Serge Hutin le concept d’ordre initiatique en y voyant un courant de pensée — organisé par des principes et fondé sur la reconnaissance tacite entre ses contributeurs de leurs autorités morales respectives — plutôt qu’une organisation secrète hiérarchisée de manière formelle.

Les réactions au xviie siècle

Un retentissement considérable

Robert Fludd.

Les manifestes Rose-Croix eurent très vite un retentissement considérable. Il y eut rapidement plusieurs rééditions. Leur appel (et surtout les références à Paracelse) fut reçu par nombre de « chymistes » d’Allemagne, et aussi d’Europe. La Bibliotheca Hermetica Philosophica d’Amsterdam a recensé 400 réponses imprimées dans les dix années qui suivirent leur parution et environ 1 700 entre les xviie et xviiie siècles. Pour Carlos Gilly : « le succès des manifestes Rose-Croix tenait non seulement à leur habillage mythique (sans lequel ils n’auraient suscité que fort peu d’intérêt), mais aussi et surtout à l’idée d’avoir présenté la Fraternité comme déjà constituée, et au fait d’avoir invité les savants et les princes d’alors à y donner réponse par la voie de l’imprimé ».

Des polémiques ne tardèrent pas à naître. Les rose-croix furent accusés d’imposture et, plus grave à l’époque, de sorcellerie et d’hérésie.

Michael Maier.

Cependant, Michael Maier, l’influent médecin de l’empereur Rodolphe II28, prit fait et cause pour les Rose-Croix dans son Silentium post clamores (1617) puis son Themis Aurea (1618), voyant en eux les héritiers d’une antique tradition philosophique. L’Anglais Robert Fludd, qui publie en Allemagne, médecin et auteur d’un certain nombre de traités rosicruciens, se voulut, principalement dans Apologia Compendiera (1616), dans le Tractatus apologeticus Integritatem Societatis de Rosea Cruce defendens (1617) puis dans le Summum bonum (1629), un porte-parole de cette fraternité. Fludd et Maier furent les principaux défenseurs et promoteurs des Rose-Croix, leur donnant leurs lettres de noblesse et accréditant l’existence d’une fraternité immémoriale de sages possédant toutes connaissances et vertus. Ils expliquèrent et développèrent les idées rosicruciennes en y adjoignant certaines qui leur étaient propres.

Parmi les autres défenseurs des idées rosicruciennes, le médecin et astronome Daniel Mögling fait éditer coup sur coup plusieurs ouvrages en réponse aux calomnies. Tout d’abord en 1617 , il fait imprimer un justificatif de la Fama sous le pseudonyme de Florentinus de Valentia : « Jhesus Nobis Omnia Rosa Florescens ». Cet ouvrage est une description de la Fraternité de la Rose-Croix et une défense de ses membres contre les accusations d’un certain Menapius (Friedrich Grick)31. Puis, toujours en 1617, « Pandora ou le miroir de la grâce » qu’il considèrera comme le préliminaire de l’ouvrage suivant publié en 1618, sous le pseudonyme de « Theophilus Schweighardt Constantiensem », « Speculum Sophicum Rhodostauroticum (Miroir de la sagesse des rose-croix). En 1620 Il poursuit son projet de description des travaux de l’Ordre de la Rose-Croix dans « prodromus rhodo-stauroticus parergi philosophici, » qui traite de la pierre philosophale.

Mystérieuse, sans existence avérée, la Fraternité inspira les interprétations et les réactions les plus diverses et parfois les plus fantaisistes. Ce ne furent pas seulement des théologiens et des hommes de science qui se jetèrent dans le débat, mais aussi des âmes en quête de spiritualité, et parfois même des escrocs.

Des princes comme Frédéric V du Palatinat et Gustave Adolphe de Suède ont pu être inspirés par certaines idées des manifestes. Frances Yates note que ces derniers ont été publiés dans le contexte politique d’une tentative d’union des princes protestants européens, projet qui culminera en 1613 avec le mariage de la princesse Élisabeth Stuart d’Angleterre avec Frédéric V du Palatinat, et l’acceptation par ce dernier de la couronne de Bohême alors en rébellion contre l’empereur Ferdinand II de Habsbourg. Selon Frances Yates, les manifestes rose-croix seraient le reflet ésotérique de ces projets de réforme politique, sous l’influence de l’astrologue et mathématicien anglais John Dee (1527-1608). Cela expliquerait la bonne réception que reçurent les manifestes en Angleterre, dans la lignée de Robert Fludd : en 1652 Thomas Vaughan, sous le pseudonyme de Eugene Philatete, traduisit la Fama et la Confessio, et publia plusieurs ouvrages sur la Rose-Croix qui influenceront Elias Ashmole (1617-1692). La thèse de Yates manque cependant de preuves historiques directes . Quoi qu’il en soit, le « règne d’un hiver » de Frédéric V du Palatinat s’acheva en 1620 avec la victoire des impériaux catholiques à la bataille de la Montagne-Blanche.

Les réactions des membres du Cénacle de Tübingen

Daniel Mögling, médecin, astronome, professeur de l’université de Tübingen.

Pour leur part, les auteurs des manifestes semblèrent dépassés tant par leur succès que par les polémiques engendrées, et se désolidarisèrent. Tobias Hess mort en 1614, Andreæ fut le principal suspecté, sa participation semblant avoir été notoire. Il adopta une attitude complexe et ambigüe (voir les analyses de Arnold et Edighoffer) pour se défendre des accusations et calomnies. Il semble avoir voulu d’abord rectifier l’interprétation des Manifestes en publiant les Noces Chymiques et le Theca Gladii Spiritus (fourreau du glaive de l’esprit). En même temps, il attaqua ou dénigra dans ses écrits (MenippusTurris Babel) certains aspects des manifestes, tout en défendant d’autres. Et finalement, il essaya tout au long de sa vie de promouvoir des sociétés d’union chrétienne, dans lesquelles on peut retrouver une part du projet utopique des rose-croix, dépouillé de leur contenu alchimique et hermétique.

Christoph Besold fit éditer en 1623 De la monarchie espagnole de Tommaso Campanella, pourtant l’un des inspirateurs des manifestes, avec cette phrase mettant en doute l’existence même de la fraternité et le sérieux des manifestes :

« Et déjà la fameuse Fraternité des Rose-Croix déclare que dans tout l’univers circulent des vaticinations délirantes. En effet, à peine ce fantôme est apparu (bien que Fama et Confessio prouvent qu’il s’agissait du simple divertissement d’esprits oisifs) il a aussitôt produit un espoir de réforme universelle, et a engendré des choses en partie ridicules et absurdes, en partie incroyables. Et ainsi, des hommes probes et honnêtes de différents pays se sont prêtés à la raillerie et à la dérision pour faire parvenir leur franc parrainage, ou pour se persuader qu’ils auraient pu se manifester à ces frères, à travers le Miroir de Salomon ou d’autre façon occulte. »

Quoi qu’il en soit, la Fraternité ne s’exprima plus publiquement.

L’affaire des placards en France

En juin ou juillet 1623, alors qu’en Allemagne les polémiques s’éteignent peu à peu devant le silence des rose-croix et face aux débuts de la guerre de Trente Ans (1618-1648), des affiches reprenant l’appel des manifestes sont placardées dans tout Paris. Les auteurs de ces affiches sont restés longtemps inconnus, mais selon un témoignage de Nicolas Chorier découvert en 1971, il s’agirait d’un canular lancé par un jeune étudiant en médecine, Étienne Chaume, avec quelques amis.

Il existe plusieurs versions du texte de ces affiches, et il semble qu’en fait plusieurs textes aient été affichés simultanément.

« Nous Députés du Collège principal des Frères de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible en cette ville, par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tourne le cœur des Justes. Nous montrons et enseignons à parler sans livres ni marques, à parler toutes sortes de langues des pays où nous voulons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d’erreur et de mort. »

Cette première affiche est rapidement suivie par une seconde :

« S’il prend envie à quelqu’un de nous voir par curiosité seulement, il ne communiquera jamais avec nous ; mais si la volonté le porte réellement et de fait de s’inscrire sur le Registre de notre Confraternité, nous qui jugeons des pensées, lui ferons voir la vérité de nos promesses ; tellement, que nous ne mettons point le lieu de notre demeure, puisque les pensées jointes à la volonté réelle du Lecteur, seront capables de nous faire connaître à lui et lui à nous. »

Leur texte est reproduit dans un ouvrage publié la même année par Gabriel Naudé, qui mena une enquête : Instruction à la France sur la Vérité de l’Histoire des Frères de la Rose-Croix où l’auteur expose la légende de Christian Rosenkreutz et ironise sur la prétention des Frères de la Rose-Croix de réformer le monde. Il voit en eux des êtres acharnés à détruire la religion catholique et le pouvoir royal. La réaction française, à la différence de l’accueil anglais et allemand, fut extrêmement négative et pour tout dire, les textes et proclamations rosicruciennes y provoquèrent la panique. L’avis général fut que les rosicruciens pratiquaient la magie noire et que ces « invisibles » étaient donc des sorciers. Les idées rosicruciennes y furent perçues comme des idées d’agents de l’étranger, principalement de l’Angleterre, Robert Fludd en étant la figure emblématique.

Dépassé par l’ampleur des réactions et des polémiques, Chaume s’enfuit de Paris pour faire ses études à Montpellier.

Cyrano de Bergerac (1619-1655), dans son Histoire comique des États et Empires du soleil, en parle comme d’« une certaine cabale de jeunes gens que le vulgaire a connus sous le nom de « Chevaliers de la Rose-Croix ».

Controverses autour de Descartes, Leibniz, Comenius et d’autres personnalités

Afin d’accréditer l’existence et l’influence de la fraternité, les auteurs rosicruciens ont souvent mis en avant les relations que des personnalités illustres, notamment Descartes, Leibniz et Comenius, mais aussi Spinoza ou Newton, auraient eues avec la Rose-Croix. Ces relations iraient parfois jusqu’à l’appartenance effective à l’Ordre.

Leurs contradicteurs objectent que les éléments historiques disponibles relèvent de l’anecdote tant pour la vie et l’œuvre de ces personnages que pour l’histoire du rosicrucisme. Ces éléments font d’eux des hommes de leur temps plutôt que des membres de la Rose-Croix ou même de la mouvance rosicrucienne :

« On a voulu voir également du rosicrucisme chez Leibniz et chez bien d’autres ; jeu stérile, puisqu’au xviie siècle l’ésotérisme moniste est de toute manière la philosophie de presque tous les gens qui pensent. »
— Antoine Faivre

Sociétés rosicruciennes et rosicrucianisme au xviiie siècle

Après un oubli relatif pendant la seconde moitié du xviie siècle, une nouvelle efflorescence rosicrucienne apparaît au xviiie siècle. Parallèlement à l’essor de la franc-maçonnerie, différents mouvements et groupements rosicruciens se forment, touchant les sphères aisées de la société.

Les plus importants de ces groupements furent les différents groupes dénommés « Rose-Croix d’or » et celui de la « Rose-Croix d’or d’ancien système » (ces organisations n’ont pas de lien historique avec le Lectorium Rosicrucianum contemporain, dont il est question plus loin, hormis une prétention alchimique commune).

L’ordre de la Rose-Croix d’Or (1710)

Détail d’une des gravures d’Altona, 1785.

En 1710, parut à Breslau et en allemand, sous le nom de Sincerus Renatus (pseudonyme du prédicateur silésien Samuel Richter (de)) : La vraie et parfaite préparation de la Pierre Philosophale par la Fraternité de l’Ordre de la Rose-Croix d’Or.

Ce texte, qui est essentiellement un traité d’alchimie, se termine par l’énumération des cinquante-deux règles de l’Ordre (instituant comme chef suprême le grade d’« Imperator » qui sera repris plus tard).
L’ordre décrit par Richter ne semble pas avoir existé, mais divers conventicules, de doctrine plutôt floue et reliés entre eux de façon assez lâche, prirent le nom de Rose-Croix d’or et se développèrent en Allemagne, en Pologne, en Tchécoslovaquie, aux Pays-Bas et jusqu’en Russie. C’est au sein de ces groupements que serait née vers 1750 la théorie de la filiation templière de la franc-maçonnerie, avec pour intermédiaires les rose-croix. Cette théorie se développa ensuite au sein de la branche dite rectifiée de la franc-maçonnerie, avant d’être démentie par le convent de Wilhelmsbad en 1782. Toutefois, cette mise au point ferme sur le plan historique n’empêcha pas une partie du symbolisme alchimique et chevaleresque introduit dans les hauts grades maçonniques à cette occasion d’y demeurer par la suite.

Les Figures secrètes de la Rose-Croix des xvie et xviie siècles, imprimées en deux parties, en 1785 puis en 1788, à Altona près de Hambourg, constitueraient le « testament spirituel » des Rose-Croix d’or. Elles comportent entre autres 36 planches d’images et de symboles alchimiques, théosophiques et hermétiques. L’auteur en est inconnu. On y distingue l’inspiration de Valentin Weigel, Heinrich Khunrath et Jacob Boehme, précurseurs des pensées rosicruciennes et théosophiques.

L’ordre des Rose-Croix d’or d’ancien système (1777)

Détail d’une des gravures d’Altona, 1785.

En 1777, un officier prussien, Johann Rudolf von Bischoffswerde, et un ancien pasteur, Jean Christophe Wöllner, fondent à Berlin l’« Ordre des Rose-Croix d’or d’ancien système » à partir de la loge maçonnique des Trois Globes. Ils font remonter la généalogie des rose-croix, non au fondateur supposé Christian Rosenkreutz, mais à « Adam lui-même ». Cette sapience divine aurait ensuite été conservée et transmise par les patriarches bibliques, les sectes à mystères, les pythagoriciens et les druides. L’ordre lui-même aurait été fondé par Ormus, un prêtre d’Alexandrie baptisé par saint Marc. Il se serait perpétué en Palestine jusqu’à l’époque des croisades, où il se serait transporté en Europe. La Rose-Croix d’or d’ancien système eut un succès certain et compta, dès 1779, 26 cercles et 200 membres en Allemagne. Les deux fondateurs, grâce à diverses mystifications teintées d’occultisme, parvinrent à s’attirer les bonnes grâces des hautes sphères politiques. Ils furent ainsi nommés ministres en 1786 et suspendirent alors les activités de l’ordre qui devenait suspect et comptait alors plusieurs milliers de membres.

La symbolique rosicrucienne dans les milieux maçonniques

Le premier document connu rapprochant la rose-croix et la franc-maçonnerie date de 1638 à Édimbourg. Il s’agit d’un bref extrait du poème de Henry Adamson La Thrène des muses :

« For what we do presage is not in grosse,
For we be brethren of the Rosie Crosse:
We have the Mason word and second sight,
Things for to come we can foretell aright. »

Il est possible que des personnes sensibles aux idéaux de l’utopie rosicrucienne se soient affiliées aux loges maçonniques du xviie siècle en Angleterre et en Écosse.

Dans la seconde moitié du xviiie siècle, le mot « rose-croix » fait beaucoup plus référence à un état d’ultime sagesse et de complète réalisation qu’à une organisation : on dit à l’époque « un rose-croix » pour désigner un de ces supposés initiés ultimes et « l’ordre des Rose-Croix » pour parler de leur organisation.

Mention du grade de « chevalier de Rose-Croix » dans un rituel maçonnique français de 1769.

C’est dans cette acception qu’apparaît en franc-maçonnerie, vers 1760, le grade dénommé « chevalier rose-croix ». Il se présente alors comme un grade terminal de l’écossisme avant de devenir, en 1801, le 18e grade du rite écossais ancien et accepté. Le « bijou » traditionnel de ce grade est un compas orné d’une rose-croix et d’un pélican qui nourrit ses petits avec son propre sang. Dans certains autres de ces rituels maçonniques, on trouve des développements ésotériques du mythe de la construction du temple de Salomon qui rappellent la symbolique du temple-tombe de Christian Rose-Croix, « image et abrégé de l’Univers ». À l’inverse, on trouvera, dans les rituels de nombreux groupes rosicruciens contemporains ou fondés au xixe siècle, des emprunts à des rituels maçonniques attestés dès la fin du xviiie siècle. Ces influences mutuelles s’expliquent aisément par le fait qu’à l’instar de Papus, Lewis, Hutin et bien d’autres, les auteurs rosicruciens des xixe et xxe siècles seront très souvent également francs-maçons.

Bijou maçonnique du grade de chevalier rose-croix.

À la même époque, Martines de Pasqually fonde un « ordre des Chevaliers élus Cohen » au sein duquel il enseigne sa doctrine, proche de l’hermétisme chrétien (comme celle des rose-croix) et dont les membres les plus avancés pratiquent la théurgie et portent le titre de « réaux-croix ». Le mot « réaux-croix » semble avoir été inventé par Pasqually, par analogie avec rose-croix, tout en s’en distinguant, réau signifiant le « grand Adam » et « puissant prêtre ». Ses successeurs Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint-Martin (« le philosophe inconnu ») mirent l’ordre en sommeil après la mort de Pasqually en 1774, mais sa doctrine inspira en partie Willermoz dans sa contribution à la rédaction des derniers hauts grades maçonniques du rite écossais rectifié à l’occasion du « convent des Gaules » en 1778.

En 1798, l’abbé Augustin Barruel publie ses Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme dans lesquelles il accuse les Illuminés de Bavière (fondés en 1776, interdits en 1784 et éteints en 1790) d’être à l’origine d’un complot mondial qui aurait été la véritable cause de la chute de la monarchie en France. Bien que réfutée depuis longtemps par la plupart des historiens, cette théorie du complot et ses dérivées ont encore aujourd’hui un certain nombre de partisans qui estiment que les rose-croix faisaient eux aussi partie de ce supposé complot. Quoique les idées des « illuminés » de Bavière, branche radicale des Lumières, semblent incompatibles avec la doctrine mystique « illuministe » des rose-croix et des rosicruciens, la confusion lexicale fut et reste fréquente.

Les rose-croix dans l’art et la littérature au xviiie siècle

Les proches des rosicruciens contemporains voient de fréquents symboles rosicruciens dans l’art et la littérature des xviie et xviiie siècles. Certaines de ces influences sont avérées, d’autres sont plus discutables. Les symboles utilisés par les rosicruciens sont comparables à ceux utilisés par d’autres mouvements férus d’ésotérisme et d’alchimie déjà existants.

Les manuels initiatiques des Rose-Croix d’or et le texte des Noces Chymiques marquèrent une partie de l’œuvre de Gœthe, notamment dans Les Mystères, le Conte et le second Faust61. Dans son poème inachevé Les Mystères (1784-1786) on trouve notamment la phrase : « Qui donc a marié les Roses à la Croix ? ».

Pour les rosicruciens, l’opéra La Flûte enchantée de Mozart constituait une allusion à peine voilée aux rites initiatiques supposés de la Rose-Croix, notamment pour ce qui concerne les épreuves du feu et de l’eau que traversent les deux héros à la fin de l’opéra. Il est néanmoins communément admis que, Mozart et Emanuel Schikaneder — son librettiste — étant tous deux francs-maçons, cette œuvre adopte une symbolique maçonnique.

Personnages célèbres

L’appartenance de certaines personnalités aux organisations rosicruciennes du xviiie siècle a parfois été évoquée.

Influencé par les idées de Josef Hoëné-Wronski, l’occultiste Éliphas Lévi a prétendu que Napoléon Bonaparte était rosicrucien, et avait reçu pour mission d’unifier l’Europe. D’autres auteurs, tels Papus ou Harvey Spencer Lewis ont aussi soutenu cette idée.

La Golden Dawn (1887)

Nous avons eu l’occasion d’en parler dans les colonnes de 450.fm à plusieurs reprises.

En 1887, à Londres, est fondée la « Fraternity of the Esoteric Order of the Golden Dawn », connue plus tard sous le nom d’« Hermetic Order of the Golden Dawn » (« ordre hermétique de l’Aube dorée ») par le Dr. William Wynn Wescott, William R. Woodman et Samuel Liddell MacGregor Mathers, membres de la SRIA.

Un de ses membres importants sera l’occultiste et alpiniste Aleister Crowley, par ailleurs membre d’un ordre martiniste et de l’Ordo Templi Orientis. On y rencontre aussi l’écrivain Bram Stoker et le poète irlandais William Butler Yeats.

Sous l’impulsion de Mathers se développa au sein de l’ordre un « cercle intérieur » rosicrucien, l’« ordre de la Croix d’Or et de la Rose Rubis », dont les membres pratiquaient la théurgie et qui eut une influence considérable sur la pensée rosicrucienne moderne.

Hostiles à Crowley et à la magie opérative, Arthur Edward Waite (auteur d’études historiques sur la Rose-Croix) et Yeats réforment l’ordre et fondent le Saint Ordre de l’Aube dorée. La Golden Dawn traditionnelle survit sous la forme de la Stella Matutinaat.

L’ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1888)

Alexandre Séon, Portrait de Joséphin Peladan (vers 1892), musée des beaux-arts de Lyon.

Fondé en 1888, en France, par Stanislas de Guaita et Joséphin Peladan, l’ordre kabbalistique de la Rose-Croix a compté, parmi ses membres Papus, Paul Sédir, l’abbé Alta. L’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix enseignait la Kabbale et l’occultisme au sein d’une université libre. L’ordre décernait des grades de « bachelier en kabbale », « licencié en kabbale » et « docteur » au cours d’examens écrits et oraux. Selon Jean-Pierre Bayard, le but en était « de mener simultanément une action occulte en vue de préserver la civilisation judéo-chrétienne et une action diffusante au cœur d’un public de profanes mais curieux de sciences occultes ». L’épisode de la guerre « occulte » de ces rosicruciens avec le moine défroqué Joseph-Antoine Boullan, mage noir réputé et exorciste, a alimenté les chroniques mondaines de l’époque et fut l’occasion de proclamations et d’anathèmes jetés par journaux interposés. Prétextant un refus de la magie opérative, Peladan se sépare du groupe en 1891 pour fonder l’ordre de la Rose-Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal. Cet ordre sera à l’origine des « Salons de la Rose-Croix » qui connurent une grande fréquentation. Le compositeur Erik Satie fut un moment proche de Peladan, en témoigne, quelques titres de ces compositions : Le Fils des Étoiles, Wagnerie Kaldéenne de Sâr Peladan, Première Pensées et Sonneries de la Rose+Croix. Entre mai 1890 et mars 1893 éclata « la guerre des deux roses ». Il s’agit de l’opposition entre Stanislas de Guaita, fondateur de l’ordre kabbalistique de la Rose-Croix, et de son ancien ami Joséphin Peladan, fondateur de l’ordre de la Rose-Croix Catholique du Temple et du Graal.

De 1920 à 1942 Pierre Piobb réserve son enseignement à un petit nombre d’élus mais refuse de fonder un ordre. Cependant, cet ordre existe et est encore actif de nos jours. Son siège est aux USA, à Las Vegas, dans le Nevada.

L’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC) (1915)

Le Château d’Omonville, en Normandie, est le siège de la juridiction francophone de l’AMORC, ainsi que de l’Université Rose-Croix Internationale (URCI).

Nous avons l’occasion de présenter l’AMORC grâce à son Grand Maître Serge Toussaint. Nous vous livrons un texte de présentation sur le lien qu’il nous avait offert.

À la suite de son initiation à Toulouse le 12 août 1909, Harvey Spencer Lewis fonde l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix ou AMORC le 1er avril 1915 aux États-Unis.

Pour l’AMORC, Christian Rose-Croix, ou Christian Rosenkreutz, est un personnage légendaire. L’ordre aurait été créé par un collège d’initiés : le Cercle de Tubïngen (début du xviie siècle) et sur le plan traditionnel, remonterait aux écoles de mystères de l’Égypte antique.

L’AMORC a publié en 2001, ce qu’il définit comme étant un « quatrième manifeste rosicrucien », suivi en 2014 de l’Appellatio Fraternitatis Rosæ Crucis et en 2016 d’un sixième manifeste, Les Nouvelles Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz.

Le symbolisme de la rose et de la croix

Rose-croix brodée sur une nappe d’autel.

Ce symbole classique au xviie siècle a été repris par l’AMORC sous forme d’une croix en or trilobée ayant en son centre une seule rose rouge : la croix représenterait le corps physique, et la rose l’âme en voie d’évolution, comme la fleur s’ouvre lentement à la lumière. Il désignerait symboliquement un état spirituel à atteindre, et l’aboutissement de la quête d’une connaissance d’ordre cosmologique en rapport avec l’hermétisme chrétien. Cette vision toute moderne du symbole de l’ordre ne saurait en limiter la signification. À ce titre, il est intéressant de rappeler que, d’après Robert Fludd, le symbole de l’ordre serait une rose rouge sur une croix rouge (Summum bonum, 1629). S’inscrivant dans la lignée des manifestes rosicruciens du xviie siècle, Robert Fludd situe cette symbolique dans le christianisme en ajoutant que « les Rose-Croix s’appellent Frères parce qu’ils sont tous fils de Dieu et que la rose est le sang du Christ, que, sans la croix interne et mystique, il n’y a ni abnégation, ni illumination ».

Les sociétés rosicruciennes passées et présentes ont décliné le symbolisme de la rose et de la croix de diverses manières : l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix de Stanislas de Guaita et Joséphin Peladan avait pour symbole une croix inspirée de la croix de Malte ornée d’un pentagramme et de quatre roses, la Rosicrucian Fellowship a pour symbole une croix ornée d’une couronne de roses, etc.

L’École de la Rose-Croix d’Or désigne la rose épanouie comme étant le symbole de la perfection divine de l’âme, matérialisée par l’or. La croix d’or représente le corps de l’homme transfiguré. Cette école évoque un chemin, vécu à travers trois roses, soit trois phases de transformation :

  • la rose blanche représente la purification ;
  • la rose rouge évoque le sang de l’amour répandu pour tous, par le service à autrui ;
  • la rose d’or est l’accomplissement, la réintégration du corps, de l’étincelle divine (l’âme) et de l’esprit dans l’harmonie originelle divine.

La tradition, un renouvellement perpétuel

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent les 1er et 15 de chaque mois.)

« La tradition n’est pas le culte des cendres, mais la préservation du feu », on attribue cette citation tantôt à Gustav Mahler, qui semble ne jamais avoir rien écrit de tel[1], tantôt à Jean Jaurès chez qui l’on en trouve l’idée, non la formule[2], tandis que l’on prétend parfois qu’il s’agirait d’une paraphrase de Thomas More dont nul, non plus, n’est parvenu à retrouver précisément l’écho.

J’aime ces belles sentences – on eût dit ces apophtegmes[3], si ce mot était encore compris en son sens originel – qui résonnent comme des adages, c’est-à-dire comme des vérités communément admises recélant des principes d’action et qui se perdent dans la nuit des temps, en ourlant de prudence et d’injonction la sagesse des nations.

En tout cas, cette maxime illustre à merveille le sens de nos exercices qui revivifient des pensées immémoriales, certes, parfois à la diable, sans qu’on s’efforce toujours d’en saisir le suc, mais souvent avec une heureuse résonance contemporaine.  

Or nous avons ces débats, notamment entre ceux qui se veulent les gardiens du temple, habiles et ombrageux jongleurs de symboles, et de farouches indifférents épris de modernité, qui jettent volontiers le bébé avec l’eau du bain.

Difficile équilibre, toujours à redéfinir, pour trouver une compréhension plus haute – en définitive, une voie d’élévation qui conjugue en s’accroissant, notamment grâce à l’apport des Sœurs et des Frères, expérience et imaginaire, raison et sensibilité. La clé ? Un travail personnel honnête, c’est-à-dire à la fois critique et ouvert, hors des sentiers battus comme à l’écart des controverses idéologiques, que l’on peut se représenter comme un bosquet d’arbres, ces vivants symboles axiaux qui fortifient leurs troncs de la terre au ciel, aussi bien par leurs réseaux racinaires que par leurs canopées forestières.

Bref, un souci de l’éveil qui n’interdit rien à personne[4] mais pousse devant soi une exigence toujours plus fine et rassembleuse, voyant dans la tradition un renouvellement perpétuel.


[1] V. en allemand : Cliquez ici

[2] Voici comment s’exprimait Jean Jaurès, dans un discours prononcé, en janvier 1910, à la Chambre des Députés, et repris dans une édition annotée par Vincent Duclert, sous le titre : Pour la laïque – 1910, dans les Classiques de Poche (LGF/Livre de Poche, 2016) :

 Messieurs, oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre (c’est nous qui soulignons).

[3] Paroles mémorables d’illustres personnages, plutôt anciennes voire antiques, ayant valeur de préceptes, souvent rangées en recueils, d’où le mot a pris un sens péjoratif, pour se gausser de graves maximes se rapportant à des sujets jugés importants mais en réalité fort banals, une érudition superficielle et convenue servant alors à dispenser du goût de l’étude et de tout effort de pensée personnelle.

[4] Je fais ici un clin d’œil appuyé à la génération Woke (éveillée, en anglais) qui, se sentant « offensée » à la moindre contradiction, rejette dans les ténèbres extérieures toute opinion contraire à la sienne, au prétexte que les auteurs en cause manifestaient parfois, en leur temps, des incohérences majeures – surtout, vues du nôtre –, si bien qu’en déboulonnant les statues, c’est de proche en proche tout le trésor de l’humanité que l’on se verrait obligé de reléguer dans « le néant vaste et noir », comme aurait dit Baudelaire. Shakespeare ne serait-il pas, d’ailleurs, lui-même l’archétype du Mâle Blanc Cisgenre ? À moins qu’il ne soit sauvé par une supposition qui faisait scandale autrefois : son éventuelle homosexualité ou plutôt bisexualité  (v., en anglais, l’analyse que font de cette question Paul Edmondson et Stanley Wells dans leur nouvelle édition de All the Sonnets of Shakespeare, parue le 10 septembre 2020, aux Presses universitaires de Cambridge, Cambridge University Press étant un « département » de l’Université de Cambridge, et plus commodément, en français, un  article de Vanity Fair : Cliquez ici). Vous noterez que je néglige prudemment le cas des pauvres contemporains, dans lequel on me rangerait sûrement d’office. 


Secrets et mystères du dollar : symboles maçonniques et signes occultes

De notre confrère russe 9111.ru – Par Efremov O. V.

Le dollar américain est le billet de banque le plus reconnaissable au monde. Il est devenu un symbole de l’économie mondiale, de la richesse et de l’argent en général. Cependant, peu de gens regardent de près le billet lui-même. Cependant, ils montrent de nombreux signes intéressants. Les chercheurs discutent des symboles du dollar religieux, mystiques et occultes. Nous vous dirons quels secrets se cachent dans la conception de la monnaie américaine. Est-il vrai que les francs-maçons ont participé à la création des billets de banque ? Combien de fois le chiffre 13 apparaît-il sur les billets les plus populaires ? Découvrons-le.

Colonnes d’Hercule, serpents – d’où vient le symbole du dollar.

Commençons par le symbole du dollar lui-même : $. Il existe plusieurs théories sur son origine.

Version 1. Le signe dollar vient de la pièce de monnaie espagnole piastres (thaler). La pièce représente les armoiries de l’Empire espagnol, dont une partie représente la colonne d’Hercule, entrelacée d’un ruban.

Selon la mythologie, la colonne d’Hercule se dressait au bout du monde, à l’entrée du détroit de Gibraltar. Derrière lui a commencé le chemin vers le Nouveau Monde – l’Amérique.

En Amérique, les thalers étaient largement distribués. Sa popularité était principalement due au développement de nouveaux territoires par les Portugais et les Espagnols. Ces pièces étaient appelées « dollar avec des bâtons » (« dollar » de daler). Ces symboles sont désormais utilisés dans les livres comptables pour les abréviations.

Oliver Pollock a été le premier à utiliser cette désignation, et d’autres ont adopté ses idées.

Armoiries de l’Empire espagnol

Version 2. Le symbole provient du thaler allemand, au revers duquel un serpent est représenté, tressant la croix du Seigneur

À quoi ressemble un billet d’un dollar

Le billet d’un dollar est le billet le plus utilisé aux États-Unis. Il y a beaucoup de détails dans sa conception qui ont une signification symbolique.

Recto du billet

Quels mystères cache un billet d’un dollar

Alpha et Omega

Le revers du billet de 1 $ présente un portrait de George Washington, le premier et le plus respecté président des États-Unis. Le portrait était encadré et c’était le premier symbole religieux sur le papier-monnaie. Elle ressemble à la lettre grecque oméga, qui fait référence à la révélation de l’évangéliste Jean : « Alpha et Oméga sont la fin et le commencement de toutes choses ».

Balance, clé et étoiles

À droite du portrait du président se trouve le sceau du Trésor américain. Il représente une balance – symbole de justice, une clé – symbole de pouvoir, la date de la fondation du Département et un champ de 13 étoiles représentant les 13 états d’origine. Il est bon de se souvenir de ces détails.

Pyramide

Le verso du billet est plus intéressant, car il représente de nombreux symboles et détails qui sont interprétés différemment par différents chercheurs. Le dollar comporte les deux côtés du sceau national américain.

Sur la gauche se trouve une pyramide inachevée avec le chiffre romain 1776 (l’année de l’adoption de la déclaration d’indépendance). On pense que cette pyramide symbolise la croissance future des États-Unis et la poursuite de l’excellence. Les 13 étapes sont les 13 premiers états.

Oeil qui voit tout

De nombreuses questions sont soulevées par le symbole de « l’Oeil qui voit tout » dans un triangle encadré par les rayons du soleil.

L’œil ˗ est un ancien symbole dans de nombreuses religions, il montre une puissance supérieure qui veille sur le monde.

Au-dessus se trouve l’inscription en latin « Annuit Coeptis », qui signifie : « Il (Dieu) approuve nos actions ». Sous la pyramide se trouve un autre slogan du Novus Ordo Seclorum : « Le Nouvel Ordre ».

Aigle

Sur le côté gauche de l’avers se trouve un deuxième timbre représentant un pygargue à tête blanche, l’emblème des États-Unis d’Amérique. Il tient un rameau d’olivier dans une main et 13 flèches dans l’autre. Au-dessus de l’aigle se trouvent 13 étoiles (également les premiers États d’Amérique).

Certains pensent que les oliviers aux pieds de l’aigle symbolisent la paix et que les flèches symbolisent la guerre. La tête d’aigle, pointant vers les branches, est interprétée comme le désir de paix et de prospérité du pays ; jusqu’en 1945, la tête d’oiseau sur les billets de banque était dirigée dans la direction opposée.

Étoile de David

Au-dessus de l’aigle, vous pouvez voir l’étoile de David à six branches, composée de 13 étoiles blanches à cinq branches. Le plus souvent, ce signe est associé aux juifs ou aux maçons, mais en fait, l’étoile ˗ est un symbole plus ancien, dont les images se retrouvent partout dans le monde.

La signification chrétienne de l’hexagone de David est les six jours de la création du monde ou l’étoile de Bethléem.

Douzaine de boulanger

Comme vous l’avez peut-être remarqué, le chiffre 13 est très courant sur les billets d’un dollar, on pense que ce chiffre porte malheur. Il existe également de nombreuses légendes autour de lui, et la plupart d’entre elles véhiculent un message négatif.

Pour être plus précis, le chiffre 13 apparaît sur le billet plus d’une fois, voire deux fois. Les chercheurs occultes l’ont trouvé dans les éléments suivants :

13 rayures sont représentées sur le bouclier sur lequel l’aigle « est assis »;

13 lettres dans le slogan E PLURIBUS UNUM;

13 lettres dans le slogan ANNUIT COEPTIS;

13 feuilles et baies sur une branche d’olivier ;

13 flèches sont tenues par un aigle ;

13 la lettre de l’alphabet latin (N) apparaît exactement 13 fois sur le billet ;

13 étoiles sont situées sur le sceau;

13 marches du pied au sommet de la pyramide ;

13 chiffres dans la somme du nombre romain MDCCLXXVI (9 + 4 chiffres dans le nombre 1776).

Les occultistes croient que la répétition fréquente du nombre 13 n’est rien de plus qu’une autre énigme ésotérique qui ne peut pas encore être résolue. Mais pourquoi la putain de douzaine est-elle si importante ?

Selon la version officielle, les États-Unis étaient formés de 13 colonies. Ce n’est que plus tard que le pays a été divisé en 50 États. C’est avec treize bandes et étoiles que les auteurs du premier drapeau du pays ont voulu refléter l’histoire de 13 territoires dépendants qui se sont unis en un État.

trace maçonnique

Certaines personnes ont tendance à voir des symboles maçonniques sur le billet d’un dollar.

Les francs-maçons sont membres d’une organisation ésotérique secrète populaire en Europe aux 18e et 19e siècles. Le point de repère de leur activité est la perfection morale et la croyance en la capacité de construire un nouveau monde heureux.

Il y a vraiment assez de détails faisant référence à la loge maçonnique sur un billet d’un dollar. Par exemple, ils utilisaient souvent le symbole de « l’œil qui voit tout » dans un triangle, des pyramides ou l’étoile de David. Ils disent aussi que les locutions latines ˗ sont des anagrammes. À partir d’eux, vous pouvez faire le mot « Mason ».

Les chercheurs et les scientifiques soutiennent que «l’empreinte maçonnique» dans la conception du dollar n’est rien de plus qu’une autre théorie du complot. Les images sur le billet n’ont rien à voir avec l’organisation secrète. Ils ont une signification tout à fait compréhensible et banale, différente de la philosophie de l’organisation. Et de nombreux détails de la facture se retrouvent également sur les billets de banque d’autres pays. Ce sont des symboles religieux universels et plus anciens.

Faits intéressants sur le dollar

Le mot familier « bucks », qui s’appelle la monnaie américaine, vient du mot « greenbacks » (« dos vert ») : c’était le nom des nouveaux billets de banque pendant la guerre civile, qui étaient peints en vert.

Il existe une version selon laquelle le célèbre artiste, philosophe et mystique russe Nikolai Roerich, qui était proche du gouvernement du pays, était l’auteur du design moderne du dollar. Ceci explique l’abondance de détails religieux et occultes sur le billet. Mais maintenant, la plupart des scientifiques nient cette version, car elle n’est pas étayée par des faits fiables.

Conférence video : « Transitions – la réinvention du genre »

Le 16 janvier 2023, à l’invitation de la commission Ethique-Bioéthique de la Fédération française du DROIT HUMAIN, le docteur Serge HEFEZ (psychiatre – psychanalyste) donnait une conférence à la Maison Maria Deraismes sur le thème « Transitions : quand des êtres humains réinventent le genre ».

Elle est à découvrir sur la chaîne YouTube du DROIT HUMAIN via ce lien

Quelle est la position officielle de l’Église sur la Franc-maçonnerie? 

De notre confrère italien difesapopolo.it

L’adhésion aux associations maçonniques « reste interdite par l’Église »

Le Magistère de l’Église a dénoncé dans la franc-maçonnerie les idées philosophiques et les conceptions morales opposées à la doctrine catholique.

L’Église catholique, en référence à la franc-maçonnerie, s’est toujours exprimée de manière claire, spécifique, déterminée et sans ambiguïté. Depuis que le magistère a commencé à se prononcer sur la franc-maçonnerie, son jugement négatif a été inspiré par de multiples raisons pratiques et doctrinales. Il n’a pas jugé la franc-maçonnerie responsable des seules activités subversives à son encontre, mais depuis les premiers documents pontificaux en la matière et notamment dans l’encyclique « Humanum Genus » de Léon XIII, le magistère de l’Église a dénoncé dans la franc-maçonnerie des idées philosophiques et morales contraires conceptions à la doctrine catholique. En particulier, il convient de noter que le concept de « Grand Architecte de l’Univers » est au centre de la pensée maçonnique. 

Malgré la manifestation de bonne volonté dans la tentative d’embrasser toutes les religions, c’est une conception polythéiste. Cette représentation d’un Architecte universel qui gouverne tout l’univers et ses principes reste inconciliable avec les fondements de la conception chrétienne de Dieu et leur réponse au Dieu unique qui les interpelle en Jésus-Christ l’unique Seigneur. Le document de référence le plus récent est la « Déclaration sur la franc-maçonnerie » de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le document est signé par le cardinal Joseph Ratzinger et a été approuvé par Jean-Paul II qui a ordonné sa publication en 1983. Il précise expressément que l’inscription dans les associations maçonniques « reste interdite par l’Église » et que les fidèles qui s’y inscrivent « sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la Sainte Communion ». Par cette dernière expression, la Congrégation indique aux fidèles que cette inscription constitue objectivement un péché grave et, précisant que les adhérents d’une association maçonnique ne peuvent recevoir la Sainte Communion, elle souhaite éclairer la conscience des fidèles sur une grave conséquence qu’ils doivent attirer par leur appartenance à une loge maçonnique. Enfin, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi déclare que :

« les autorités ecclésiastiques locales ne sont pas compétentes pour statuer sur la nature des associations maçonniques, avec un jugement qui implique une dérogation à ce qui précède établi ». 

A cet égard, le texte renvoie également à une précédente déclaration du 17 février 1981, qui réservait déjà au Saint-Siège tout prononcé sur la nature de ces associations qui auraient impliqué des dérogations au droit canonique en vigueur à l’époque. De la même manière, le nouveau document, émis par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en novembre 1983, exprime des intentions identiques quant aux propos qui s’écartent du jugement formulé sur l’inconciliabilité des principes de la franc-maçonnerie avec la foi catholique, sur la gravité de l’acte de s’inscrire dans une loggia et sur la conséquence qui en découle pour l’accès à la Sainte Communion. En fait, seul Jésus-Christ est le Maître de la Vérité et ce n’est qu’en Lui que les chrétiens peuvent trouver la lumière et la force pour vivre selon le plan de Dieu,

Coucou, il est l’heure du sacré en Franc-maçonnerie !

Le TEMPS

Le temps, en hébreu, se dit « zeman » זְמַן, ce qui signifie littéralement : « c’est quoi ? » C’est de lui que surgit la possibilité de la question, de l’interrogation Quand on réfléchit, « manger » n’est-ce pas consommer du temps, celui de l’existence de ceux qui ont participé à la production de ce que l’on ingurgite ?

La conception du temps dans la philosophie alexandrine spécifie trois temps : chronos, aeon et kaïros comme l’explique Jean Solis.

Le monde créé, est un monde temporel, c’est un « monde temps », au point que l’idée d’un non-temps est impensable, inconcevable. C’est quoi le temps ? Réponse donnée par Nassim Haramein: le temps n’est qu’un concept humain manifesté dans la mémoire, pas celui de l’univers ; seule l’information est sur l’espace.

Pour Étienne Klein, la polysémie du mot « temps » a pour conséquence l’impossibilité sinon l’erreur métaphorique de le définir par le langage, mais sa structure formate notre pensée du temps?

Que savons-nous du temps? Étienne Klein tente d’y répondre.

D’où vient le temps qui passe ?

La durée du temps sacré maçonnique

Le temps sacré maçonnique est la durée qui est comprise seulement entre deux évènements donnée par le rituel d’ouverture des travaux et de fermeture des travaux.  Temps pendant lequel les membres laissent leurs métaux à la porte du temple, durant lequel le vouvoiement cérémonieux, remplace le tutoiement fraternel,  durant lequel l’ordre est établi et dirigé par le Vénérable Maître élu et installé, aidé en cela par ses officiers.  C’est le temps durant lequel tout ce qui est dit et réalisé doit respecter la règle intangible de la tradition maçonnique, selon le rite et le grade.  Ce temps immobile entre deux bornes a une caractéristique dynamique et créatrice, puisque c’est en lui, en sa présence, que s’effectue le travail véritablement initiatique. Il est une figuration de l’éternel présent, car il se recrée en permanence ; du moins pour autant qu’il soit réalisé par l’attention, la disponibilité, la présence réelle du maçon. En sortant de la succession temporelle, on peut se rapprocher d’une conception d’ordre métaphysique. C’est un espace-temps dans l’incessant troc du temps pour de l’espace ou de l’espace pour du temps.

Si les premiers degrés travaillent de midi à minuit, on trouve dans les rituels, à différents degrés, des durées différentes : de l’aube à fin du jour, de la 1ère heure du jour à la 5ème heure du jour, du point du jour à 7h du soir,  de la 1ère heure après minuit à l’heure du retour à l’heure où les 9 flambeaux illuminent le Temple, de 5h du matin à 6h du soir, quand le génie parle jusqu’au soleil a disparu, du coucher du soleil à l’aube, de midi plein à minuit plein, de l’heure prédite à l’heure accomplie, le jour et l’heure que le fils d’Hiram doit venir pour sacrifier au GADLU au jour et l’heure que le fils d’Hiram est venu pour sacrifier au GADLU, une heure à quatre heures, 10h à 4h, quand l’heure a sonné de répandre la Bonne Nouvelle à l’heure de préparer la seconde venue du Fils de l’Homme…

Au 1er degré du Rite Charbonnier les travaux ont lieu depuis la fine aiguille, jusqu’au soleil couché.

Le temps sacré se distingue du temps maçonnique, c’est-à-dire de celui qui se situe avant le rituel d’ouverture et après le rituel de fermeture des travaux, avec la mise en conformité du temple par les apprentis, contrôlé par le second surveillant et validé par le Grand Expert, avec le revêtement du tablier, des décors et des gants blancs, parfois celui l’habillement. Le temps, une fois sacré, devient un espace/temps sans heure des horloges ni celle des méridiens. Ce n’est plus la lumière du soleil qui éclaire la loge mais celui de la lumière de la Connaissance ; la loge est alors dans un temps apodictique (nécessairement vrai car postulé par le rituel et accepté comme tel par les membres présents).

Dans Ahiman Rezon, Lawrence Dertnott dit que « les heures de loge, c’est-à-dire le temps où il est permis à une loge de travailler ou de faire affaire, sont du 25 mars au 26 septembre, entre sept heures et dix, et du 25 septembre au 25 mars, entre six et neuf heures » ; d’où il a tiré une loi inconnue, très peu observée, même par les loges des Ancients pour qui son Ahiman Rezon a été écrit.

Les Heures maçonniques

 « L’office divin, d’après l’antique tradition chrétienne, est constitué de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu. » C’est ce que l’on appelle la liturgie des heures. Pour les laïcs, la liturgie retient sept heures :

  • Lectures : entre minuit et le lever du jour, ou à toute autre heure de la journée
  • Laudes : à l’aube
  • Tierce (troisième heure après le levant) : à 9 heures
  • Sexte (sixième heure après le levant) : à midi environ
  • None (neuvième heure après le levant) : à 15 heures environ
  • Vêpres : au début de soirée (vers 17 heures)
  • Complies : le soir, avant/après le coucher du soleil

Selon Gallatin Mackey, dans les systèmes français et allemand de métier, nos anciens frères auraient été appelés au travail jusqu’à faible douze (low twelve), ou minuit, ce qui est donc le moment supposé ou fictif auquel la loge française ou allemande est fermée… Dans le système de Zinnendorf, on dit qu’il y a dans une Mason’s Lodge cinq heures, à savoir : « douze coups » (la 12ème heure), midi, midi plein, minuit et minuit plein; qui sont ainsi expliquées : douze coups, frappés avant l’ouverture de la Loge ; midi quand le maître est à flot pour ouvrir la loge ; midi plein, quand elle est dûment ouverte (sans doute équivalent aux « douze grandes » de la Maçonnerie disséquée de Prichard, 1730)  ; minuit quand le Maître est sur le point de la fermer ; et minuit plein, quand elle est fermée et les non initiés sont autorisés à s’approcher. On comprend qu’entre midi (la Loge est à couvert) et minuit plein s’est effectué le rituel qui a effectivement ouvert les travaux (reconnaissance des présents appartenant au moins au degré des travaux, allumage des flambeaux, VLS ouvert, tableau de Loge révélé, …).

On peut retrouver plus de détails sur la différence entre l’heure et l’heure pleine dans l’article de Roland Bermann, La notion de temps au RER selon l’ouverture et la fermeture des travaux au 1er grade.

Georges 3 Points Moselle organise son café maçonnique à Metz ce vendredi

Les cafés maçonniques

Le vendredi 3 février à 18h30 au café les 2 Marronniers à Metz, l’association Georges3Points Moselle va à la rencontre du public. C’est l’idée des cafés Maçonniques: trouver un thème, qui parle à tous, et de l’aborder sous tous ses angles, y compris en prenant en compte le regard parfois spécifique de la franc Maçonnerie telle qu’elle peut être pratiquée dans un atelier du Droit Humain.

C’est une pratique initiée en 2016 par des Francs-maçons du Droit Humain qui ont à cœur de faire connaitre la franc-maçonnerie et surtout de ne passer germer dans les esprits qu’ils ne seraient que des complotistes ou des élites à la tête d’un empire mondial. La franc-maçonnerie c’est autre chose. Et ce n’est pas toujours facile à comprendre de l’extérieur, et parfois même de l’intérieur, car il s’agit d’abord d’un cheminement initiatique!

L’idée est donc de rendre lisibles et compréhensibles nos pratiques en allant se présenter dans un espace convivial, autour d’un verre ou deux le public curieux. Là les membres présentent un thème, et échangent.

Résister au prêt-à-penser ? Regards de francs-maçons.

Ce sera le thème de ce vendredi 3 février. Alors qu’est ce que le prêt-à-penser ? On peut imaginer qu’il y a une similitude avec le prêt à porter. Et en effet, c’est peut être d’abord l’expression du souci de faciliter l’accès à la connaissance, à l’information par le biais du numérique, des médias. Mais c’est aussi la manifestation d’une manière de prendre possession du monde : en facilitant la compréhension, on simplifie parfois trop les choses.

Bref, l’idée de ce café maçonnique est d’inviter l’assemblée à questionner les manifestations du prêt-à-penser, ses conséquences sur notre libre arbitre, sur nos manières de pensées, mais aussi et surtout de présenter comment il est possible de comprendre ce phénomène au regard des pratiques maçonniques.

Georges 3Points

L’association Georges Troispoints s’est fixé un but : présenter la Franc-Maçonnerie en général et le Droit Humain de France (dont ses fondateurs sont membres) en particulier, de manière simple et sans détours. Fondée en 2016 et inscrite au Tribunal de Grande Instance de Metz, l’association « mère« , Georges Troispoints Moselle, accompagne toutes les actions locales de ses « filles » sur le territoire national. En effet, notre association, a grandi, s’est développée (Auvergne, Alpes Maritimes, Touraine, Vosges, Ile de France….) et nous espérons la voir s’étendre encore à d’autres régions de l’Hexagone et des Outre-Mer. Vous pouvez donc nous contacter en vue d’organiser des Cafés maçonniques ou autres événements dans votre région, votre ville, au sein de vos Orients. Georges Troispoints partagera avec vous ses expériences, sa communication, ses conseils, sur un socle fondateur de valeurs communes, avec pour seule ambition de présenter la Franc-Maçonnerie en général et le Droit Humain de France (dont ses fondateurs sont membres) en particulier, de manière simple et sans détours loin des idées reçues et des préjugés.…Un de ses objectifs est de faire connaître « au dehors », dans le monde « profane », qui sont vraiment les francs-maçons. Nous sommes fiers de notre idéal. Partageons-le. 

Méditations Initiatiques

Constant-Martin Chevillon (1880-1944) est né à Annoire (Jura) –  une rue porte désormais son nom. Ses heures de loisirs furent toutes entières consacrées aux choses de l’esprit ; travailleur infatigable, penseur profond, c’est en lui-même qu’il puisait ses idées ; pierre par pierre, il avait construit son temple .

L’emblème de la Milice, un gamma stylisé.

Cependant il était toute modestie, il était aussi toute-bonté, il ignorait la haine et pourtant, tragiquement assassiné par la Milice française le 25 mars 1944, il en fut la victime.

Constant Chevillon avait publié de son vivant divers ouvrages d’une grande profondeur  : Orient-Occident ? Contribution à l’étude comparée des philosophies et religions de l’Inde et de l’Europe (publié en 1926), Réflexion sur le Temple Social (1936), Le vrai visage de la franc-maçonnerie (1939), Du néant à l’être (1942), Et verbum caro factum est (1944)et La tradition universelle, œuvre posthume en 1946.

Après l’édition originale de 1953, publiée à Lyon chez Paul Derain dans la collection « Bibliothèque des annales initiatiques », désormais épuisée, Méditations initiatiques fait l’objet, tout comme en 2013, d’une intéressante et instructive réédition. Dans son préambule, les éditions du Cosmogone précise qu’il s’agit d’un fac-similé.

Papus

Rappelant aussi son parcours maçonnique, nous apprenons que Constant Chevillon fut initié à l’Art Royal vers 1913 et fit la connaissance du médecin et occultiste Gérard Anaclet Vincent Encausse (1865-1916), dit Papus, et de l’ occultiste et franc-maçon Jean (dit Johannès) Bricaud (1881-1934).

Jean Bricaud

À sa mort, il lui succéda dans toutes ses fonctions, à savoir Grand Maître du rite maçonnique de Memphis Misraïm et de l’Ordre martiniste. Recteur de la Rose-Croix kabbalistique et Gnostique, Chevillon fut aussi patriarche de l’Église Gnostique Universelle.

Sceau de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix.

Si nous considérons que la méditation est l’action de penser avec une grande concentration d’esprit pour approfondir sa réflexion et qui plus est, en religion, un exercice spirituel préparant à la contemplation, cet ouvrage offre de quoi satisfaire le désir du lecteur.

Constant Chevillon

Présentés sous forme courte, ces dix-neuf chapitres sont une véritable aide quant à notre quête (étude et recherche) dans le domaine de la spiritualité. S’ouvrant sur Dieu (acte pur- amour- conscience humaine), c’est vers la charité qui, selon l’auteur, est le plus beau mot du langage humain que s’offrent à nous les premières pensées de Chevillon. Citant cette personnalité du christianisme primitif qu’est saint Paul, rappelant que l’amour c’est la vie, l’auteur nous amène aussi à côtoyer l’humilité, sentiment ou état d’esprit d’une personne humaine qui a conscience de ses insuffisances, de ses faiblesses et est portée à rabaisser ses propres mérites. Humilité, un terme connu des Maçons, puisqu’apparaissant dans certains rituels, tel celui du 3e grade rite anglais de style émulation qui, dans l’exhortation, stipule que la Franc-Maçonnerie « … vous apprenait surtout, à vous soumettre, avec humilité et résignation, à la volonté du Grand Architecte de l’Univers… » ou encore dans la cérémonie complète de Maîtres Installés, largement tombée en désuétude bien qu’une partie en soit bien connue de ceux ayant droit de connaître ses secrets. Extrait : « Adoniram, soit qu’il ne comprit pas le geste, soit à cause de l’humilité qui accompagne le vrai génie, hésita à avancer, et le Roi par deux fois encore, lui fit signe d’approcher… »

Quatrième de couverture.

Constant Chevillon soulignant comment la foule,  en réalité le monde profane, conçoit cette idée qui, ainsi définie, ne peut être considérée comme une vertu. L’auteur nous rappelle les paroles du Christ qui confèrent à l’humilité une tout autre portée. Rappelons que le Seigneur s’est écrié un jour « Je suis doux et humble de cœur ». Une vertu qui s’étend partout et dans tous les domaines. Si « l’humilité est en Dieu, la source du Bien, de la Bonté et de la miséricorde, elle est, en l’homme, la matrice ou germe la vie spirituelle ».

Des titres de chapitre qui ne peuvent qu’évoquer, pour l’initié, des moments vécus en Loge, comme « mors et vita », la mort et la vie, « ne judices », ne juge pas ou encore « Moïse enlève ta chaussure… » car ce lieu est sacré – ainsi parlait Iaveh dans le buisson d’Horeb.

Si l’avant dernier chapitre « Évolution de la gnose » débute par « Dieu a donné à l’homme l’intelligence, c’est-à-dire la faculté de comprendre, d’analyser, de synthétiser… », c’est à nous qu’est laissé l’opportunité de mettre en œuvre les fruits de ces Méditations Initiatiques, à condition de s’y prêter de notre pleine et libre volonté. Et d’y consentir. Ainsi, cet enseignement progressif et continu activera, peut-être, cette graine endormie au fond de nous-même et qui s’appelle l’Amour.

Le site de l’éditeur

Constant Chevillon- Éditions du Cosmogone, 2023, 98 pages, 12,50 €

Les francs-maçons russes parlent de Frères rejoignant la confrérie depuis les nouveaux territoires du pays

De notre confrère russe govoritmoskva.ru

Désormais, les membres des Loges de ces régions doivent venir aux Tenues dans des villes reconnues par l’ONU comme russes. Dans une conversation avec la station de radio « Moscou parlant », le Grand Maître de la Grande Loge de Russie Andrei Bogdanov a expliqué que cela était dû au statut international de l’organisation. Il a noté que tout citoyen avec un passeport russe peut demander à devenir membre, mais il n’est pas encore question de créer des loges à part entière dans ces matières.

« Tant que le territoire n’est pas reconnu par l’ONU, puisqu’il s’agit d’une organisation internationale – la franc-maçonnerie, nous ne pouvons pas accepter les gens. D’autre part, selon toutes les lois maçonniques, je peux accepter des citoyens de mon pays, c’est-à-dire des citoyens de Russie, même d’Amérique, même d’Amérique latine. Ce n’est pas un problème s’il a un passeport russe. Par conséquent, dans nos loges, il y a des citoyens russes de ces territoires, qui sont des citoyens russes, par exemple, de Crimée, mais ils travaillent dans des loges situées sur le territoire reconnu par l’ONU comme le territoire de la Russie – Anapa, Krasnodar, Rostov-on-Don, Mines dans la région de Rostov. Nous avons des loges là-bas et les gens viennent travailler là-bas. »

Le 30 septembre dernier, Vladimir Poutine a signé un accord sur l’adhésion de la RPD, de la LPR, ainsi que des régions de Zaporozhye et de Kherson à la Russie. Le 5 octobre, il a nommé les chefs intérimaires de ces régions.

Souviens-toi que tu es vivant avec Yves Vaillancourt | Sous le Bandeau | Épisode #65

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Découvrez la nouvelle publication de Yves Vaillancourt intitulée « Souviens-toi que tu es vivant »! Cet ouvrage écrit par un écrivain et photographe québécois, qui enseigne également la philosophie à Montréal, offre une réflexion surprenante sur la franc-maçonnerie libérale en France. En explorant les idées de Spinoza et Jung, l’auteur questionne la valeur de l’humanisme des Lumières et sa pertinence dans notre monde actuel. Rejoignez Yves dans sa quête d’un sacré connecté avec notre époque en découvrant les rituels et symboles maçonniques. 

Ce livre est un incontournable pour tous les amateurs d’initiation maçonnique.  

Boutique Sous le Bandeau: https://sous-le-bandeau.myspreadshop.ca/all 

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