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Quelle est la relation entre le Quadrivium et le développement ésotérique et exotérique en franc-maçonnerie

De notre confrère brésilien sosergipe.com.br – Par Gilberto Costa Silva*

Le Quadrivium est un ensemble de quatre disciplines mathématiques qui faisaient partie du programme des anciennes écoles de philosophie et de sciences, et qui ont également été incorporées à la franc-maçonnerie comme moyen de promouvoir la connaissance et l’évolution des francs-maçons.

Les quatre matières du Quadrivium sont : Arithmétique, Géométrie, Musique et Astronomie. Chacune de ces disciplines joue un rôle important dans la compréhension de l’univers et dans la poursuite de la connaissance.

L’arithmétique est la discipline qui étudie les nombres et leurs propriétés. Il est essentiel pour comprendre les mathématiques plus avancées et est utilisé en franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de l’ordre et de l’organisation.

La géométrie est la discipline qui étudie les formes, les figures et les relations spatiales. C’est un outil essentiel pour la construction de bâtiments, et est utilisé en franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de la symétrie et de l’harmonie.

La musique est la discipline qui étudie les sons et leurs relations. C’est un art impliquant l’harmonie et l’expression, et est utilisé dans la franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de l’harmonie et de la beauté.

L’astronomie est la discipline qui étudie l’univers et ses corps célestes. C’est une science qui aide à comprendre la nature du cosmos et qui est utilisée en franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de la contemplation et de la réflexion sur la grandeur de l’univers.

Ensemble, le Quadrivium est considéré comme un ensemble de disciplines qui enseignent l’importance de l’ordre, de la symétrie, de l’harmonie et de la contemplation dans la poursuite de la connaissance et de l’évolution personnelle. Ces idées sont fondamentales pour la franc-maçonnerie, et le Quadrivium est un moyen important de transmettre ces enseignements à ses membres.

Outre son rôle dans le développement des connaissances et l’évolution personnelle, le Quadrivium a également un rapport avec les aspects ésotériques et exotériques de la franc-maçonnerie. Le terme « exotérique » fait référence aux doctrines et enseignements qui sont publiquement transmis et accessibles à toute personne intéressée à les étudier. Le terme « ésotérique » fait référence aux enseignements et pratiques qui sont réservés uniquement aux initiés ou aux membres d’un ordre particulier ou d’une société secrète, comme la franc-maçonnerie.

Le Quadrivium est considéré comme un enseignement exotérique de la franc-maçonnerie car il est enseigné à tous les membres et constitue une partie importante du programme maçonnique. Cependant, certaines des idées et des enseignements du Quadrivium ont également une signification ésotérique plus profonde, qui n’est révélée qu’aux maçons qui atteignent certains degrés ou niveaux de connaissances au sein de l’organisation.

Par exemple, la géométrie peut être considérée comme une métaphore de la construction du temple intérieur de l’individu, tandis que la musique peut être considérée comme une métaphore de l’harmonie et de l’unité entre les êtres humains. Ces enseignements plus profonds ne sont transmis qu’aux maçons qui font preuve d’un engagement et d’un dévouement significatifs dans la poursuite de la connaissance et de l’évolution personnelle au sein de la franc-maçonnerie.

(*) Docteur et maître de conférences à l’Institut fédéral de Sergipe (IFS-Aracaju) et professeur retraité à l’UNESP Jaboticabal-SP. Maître installé, 33 ans. Membre de l’AMSACL

Les Shriners célèbrent 50 ans, des décennies à redonner à Cambridge

De notre confrère canadien cambridgetoday.ca – Par Joe McGinty

Il ne s’agit pas que de fez et de mini-voitures. Les Shriners de Cambridge célèbrent 50 ans dans la ville et des décennies de solidarité et de collecte de fonds pour des œuvres caritatives locales. Franc-maçon depuis plus de 30 ans et récemment élu président des Shriners de Cambridge, Bill Kindon porte son fez avec fierté et revient sur son passage au sein de l’organisation comme une révélation. 

« Nous faisons beaucoup plus pour la communauté que les gens ne le pensent », a déclaré Kindon. « Nous sommes vraiment déterminés à aider et à collecter des fonds pour la communauté dans laquelle nous vivons et à aider les enfants dans le besoin. » 

Kindon est devenu franc-maçon au début des années 1990, mais s’intéressait à l’organisation depuis son plus jeune âge. Ayant fait partie de la société pendant quelques décennies, sa perception originale de ce qu’est un Shriner a complètement changé. 

« Au début, vous pensez que c’est une société mystérieuse ou quelque chose comme ça, mais c’est vraiment juste un groupe de personnes qui veulent faire du bien à la communauté. » A-t-il dit. 

Localement, le groupe peut être vu dans le défilé de la fête du Canada dans les petites corvettes rouges ou habillé en clown.

Le Cambridge Shrine Club fête ses 50 ans à la Hespeler Legion. Joe McGinty/Cambridge Aujourd’hui

Les Shriners sont connectés au temple maçonnique au 1 Groh Ave. à Cambridge et une fois que les membres atteignent un certain niveau de franc-maçonnerie, ils sont éligibles pour devenir Shriner. 

Kindon résume les Shriners comme des philanthropes dont le but est de collecter des fonds pour la communauté et de faire partie d’une société ou d’une « fraternité », qui ressemble à une grande famille. 

« Nous recueillons des fonds pour la plupart des organismes de bienfaisance pour enfants comme Make A Wish, Cambridge Memorial Hospital, KidsAbility et quelques autres« , a déclaré Kindon. « Rien que pour CMH, nous avons recueilli plus de 150 000 $.

Tous les meilleurs Shriners des clubs environnants sont en ville pour la célébration et pour participer à un dîner et danser à la Légion Hespeler. 

Kindon et ses collègues Shriners veulent que la communauté sache qu’il existe de nombreuses opportunités d’être actif dans la communauté et de redonner. 

« Vous ne savez jamais qui pourrait avoir besoin d’aide. Cela pourrait être votre voisin, votre ami ou un membre de votre famille« , a déclaré Kindon. « Il y a tellement de groupes là-bas, pas seulement les Shriners, mais nous devrions tous faire le bien dans la communauté.« 

Les Shriners ont eu du mal ces dernières années à attirer de nouveaux membres et ils voient actuellement leur nombre baisser. 

Kindon attribue cela à la saturation des groupes caritatifs dans la région et à l’engagement qu’il faut pour être réellement accepté dans les Shriners. 

« Auparavant, il était beaucoup plus difficile de devenir membre, mais ils ont dû changer cela il y a environ 20 ans. Il pourrait y avoir encore plus de place pour des améliorations pour le rendre un peu plus facile, mais vous devez toujours passer par vos niveaux de franc-maçonnerie. » Il a dit. 

Au fil des années avec la société, une expérience se démarque parmi les autres pour Kindon. 

« Nous avons eu cette maman dont nous avons aidé le fils avec l’argent que nous avons collecté. Il a été diagnostiqué avec une maladie très grave et grâce à l’argent que nous avons collecté, il a pu obtenir les soins dont il avait besoin pour survivre« , se souvient Kindon. 

« Elle a amené son fils à l’événement et il courait partout en jouant et en riant. Elle s’est effondrée et a dit qu’il ne serait pas là, capable de sourire et de vivre une vie productive si ce n’était pas pour nous. » 

Des histoires comme celle de cette mère et d’innombrables autres sont la raison pour laquelle les Shriners font ce qu’ils font et continuent de recueillir des fonds pour les jeunes de la région. 

« Nous sommes tout simplement ravis de pouvoir avoir 50 ans dans les livres et nous attendons avec impatience les 50 prochaines« , a ajouté Kindon.

Chez les conspirationnistes | Sous le Bandeau | Épisode #68

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Dans cet épisode spécial, nous discutions de notre passage à l’émission de “En toute franchise” avec Stéphane Hamel et Amélie Paul à propos de sujets variés tels que le complotisme, la politique, les religions du monde et la philosophie.

Au cours de cette émission, Franco et Sylvain partagent leurs points de vue éclairés sur ces sujets d’actualité brûlants, tout en évitant de tomber dans le piège du complotisme. Leur approche franche et nuancée offre une perspective unique et stimulante sur des questions souvent controversées. De plus, dans cet épisode, nous allons expliquer pourquoi les Franc-Maçons ont généralement pour politique de ne pas répondre aux conspirateurs. Rejoignez-nous pour une discussion approfondie et éclairante sur la Franc-Maçonnerie et d’autres sujets passionnants.

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La légende d’Hiram à la lumière du XXIème siècle

Que découvre-t-on sur un tableau de musée représentant Adam ? L’homme premier n’a pas de nombril : Il ne s’est pas conçu lui-même ! Il est la solution mais pas le problème ! Consciemment ou non, son successeur est hanté par son manque d’origine, par son début. Il comble donc ce manque par les constructions de son imaginaire. Ainsi sont nés le mythe, la légende, l’allégorie, la parabole, le conte, la fable, le roman. Parce que, autant que les exigences de sa nature, faim, soif, sexualité, s’impose à l’homo sapiens que nous sommes, un besoin impérieux et transmissible : Le récit ! Nous aimons nous raconter des histoires !

De la légende au mythe

Pour que ces histoires ne meurent pas, il faut donc sans cesse les raconter. C’est à dire les réinventer, les magnifier, les augmenter même. Jusqu’à y croire ! Tous les groupes humains se sont ainsi construits à partir de récits mythiques fondateurs. Sous cet angle, le mythe joue un rôle d’intégrateur social, à savoir qu’il maintient la cohésion des ensembles en cause. Les anthropologues affirment que le mythe est une réalité qui détermine la vie du présent, les activités et les destinées de l’humanité.

A y regarder de plus près, nous pouvons dire que le récit, sous toutes ses formes, a sauvé l’espère humaine, en donnant du sens à la vie. A défaut de s’inventer lui-même, l’homme a inventé des cieux et des dieux, puis un dieu et un diable, un paradis et un enfer. Et sont ainsi entrés en scène par le logos (la raison incarnée par le langage) et le mythos (histoire fabuleuse transmise par la tradition) toute une série de récits, religieux et profanes. Puis, après l’invention de l’écriture et plus tard de l’imprimerie, s’est imposé le livre des livres, la Bible, riche mélange de constructions imaginaires et de réalités magnifiées. Ecrite il y a plus de 3500 ans, elle reste le plus grand succès littéraire occidental. En nous proposant précisément « l’histoire humaine » avec le Verbe pour commencement ! Toutes réserves prises, car n’oublions pas que la Bible a été écrite à l’époque dans un territoire de 40 kms carrés : le pays de Canaan. Elle n’est pas le seul livre sacré sur la planète !

De la sorte, l’Homme est capable de former une structure irrationnelle autour d’un personnage (réel ou non), d’un événement (authentique ou inventé) jusqu’à concrétiser un phénomène fondateur, parfois de portée universelle et qui devient signifiant. Nous pouvons citer dans l’histoire qui nous est familière, parmi d’autres, les mythes de Moïse, Salomon, Jésus, Napoléon, Kennedy, Che Guevara, De Gaulle. Et plus récemment, dans le monde du spectacle, les chanteurs Elvis Presley et Johny Halliday. Mythe ne voulant pas dire vérité mais représentations de faits ou élaborations de l’esprit à partir de traditions et récits amplifiés par l’imagination collective.

A l’image des sociétés primitives qui vénéraient des dieux ou glorifiaient des objets de la nature, la franc-maçonnerie, elle aussi, a éprouvé le besoin de « s’inventer une histoire », à partir d’une création légendaire puis mythique, dès qu’elle est devenue une société initiatique. Il convient ici de différencier la légende du mythe. La légende est un récit qui a un début, un cœur et une fin. Le mythe est un récit qui, lui, a une fin ouverte. Au REAA, cette différenciation permet à la légende d’Hiram qui apparaît au 3ème degré, de devenir ainsi le mythe d’Hiram, du 4ème au 33ème degré, avec une suite de fables, contes et allégories, s’étalant dans le temps.

Les fondateurs de la maçonnerie spéculative moderne, les pasteurs Anderson et Desaguliers, évoquent Hiram Abi, l’architecte du Temple de Salomon dans la première édition des Constitutions maçonniques (1717). Alors qu’il n’est qu’un artisan-bronzier dans la Bible. A noter que le mot « architecte » contient le vocable « arche », c’est à dire un « pont qui relie ». Cet architecte Hiram est encore cité dans la seconde édition des Constitutions (1738) qui évoque le deuil profond provoqué par sa mort soudaine. Mais il n’est pas encore question de meurtre !

Celui-ci n’intervient qu’au cours des années 1740, au sein de plusieurs loges anglaises, dans une « composition tragique » structurée, dit-on, par un membre créatif des Rose-Croix. Il imagine une scène de crime, comme si tout début d’une suite d’aventures humaines, nécessitait d’abord pour le bon fonctionnement social du groupe, non seulement une mort, mais en l’occurrence, un parricide fondateur.

Freud pointera ce thème de la « horde primitive » dans sa théorie du « meurtre du père » par ses fils d’abord impatients de lui succéder, puis repentants. Et après lui, l’anthropologue René Girard verra dans le phénomène de la violence, le fait répétitif historique de la victime innocente – le bouc émissaire à écarter – qui trouve son origine dans la

Hiram en mauvaise compagnie

C’est bien sur ce même thème, qu’est créé au XVIIIème siècle, le premier rituel du 3ème degré symbolique. Au REAA, il nous fait passer sans transition de l’Europe des Cathédrales en Judée. Dans le temple de Jérusalem en construction, sont mis en situation préméditée, trois Compagnons tricheurs, Jubelas, Jubelos et Jubelum, avides du degré de Maître. Transformant leurs outils en armes, ils assassinent Hiram, symbolisant ainsi respectivement, nous dit la légende, l’ignorance, le fanatisme et l’ambition démesurée. Je note au passage que dans les années 1980, le troisième Compagnon symbolisait au REAA, la superstition et non l’ambition. Preuve que le rite vit avec son temps, en l’occurrence celui de la matérialité qui prend aujourd’hui le pas sur la spiritualité religieuse. Il n’est pas inutile de nous arrêter un instant sur les trois défauts des mauvais Compagnons précités, avec un regard contemporain.

D’abord l’IGNORANCE (du latin ignorantia, défaut de savoir). La première « absence de connaissance » qui la définit, est sans aucun doute l’ignorance de nous-mêmes, pilotés que nous sommes par nos pulsions inconscientes. D’où l’intérêt d’être à l’écoute des demandes de notre MOI, constitué par notre « corps-esprit ». Et non de vouloir tuer notre « ego », comme on l’entend parfois de gens, précisément ignorants ! Nous sommes pétris des mots qui nous construisent depuis notre naissance. Bon à savoir en tant que transmetteurs : un individu est isolé, fréquemment hostile et exposés aux risques de la délinquance lorsqu’il possède moins de cent mots de vocabulaire. Deux cents mots lui permettent déjà de mieux communiquer. Quatre cents mots lui donnent la faculté de comprendre le monde et de s’insérer socialement. Il passe alors de l’ignorance à l’éducation, clé des bons rapports humains. Et credo même du maçon, passeur de valeurs !

Branche d'acacia
Branche d’acacia

Ensuite le FANATISME (du latin fanum, relatif au temple, et de fanaticus, homme inspiré, en délire). Dans l’antiquité méditerranéenne, où régnait le polythéisme et des multitudes de croyances, étaient désignés « fanatiques », les prêtres adorateurs de dieux spécifiques. Avec la particularité d’entrer en transes brutales, au cours desquelles ils s’infligeaient des blessures, jusqu’à voir couleur leur sang de leurs plaies ouvertes. Ce comportement a encore lieu aujourd’hui dans l’exercice de certaines cérémonies religieuses monothéistes. Et malheureusement, les séries d’attentats qui affectent l’Europe nous démontrent la fureur aveugle, la barbarie de ces esprits manipulés que sont les fanatiques contemporains. Toutes proportions gardées bien sûr, on peut se demander si, en maçonnerie même, le fait pour certains de fétichiser le rite, jusqu’à devenir « ritolatre », ne relève pas d’un début de fanatisme. D’où l’impérieuse nécessité de conserver son libre-arbitre en toutes circonstances !

Enfin L’AMBITION DÉMESURÉE (du latin ambitio, convoiter, briguer). L’ambition a deux sens bien distincts. Au sens premier, elle est une pulsion axiale, une force psychique inconsciente, présente et précieuse en chacun de nous, qui nous pousse à croître, à persévérer dans notre être et à nous perfectionner. C’est notre capital énergétique qui dépasse le simple instinct de conservation. En second sens, il s’agit, dans la démesure dictée par du désir mégalomaniaque de dominer, de prendre le pouvoir, donc de s’imposer, au prix de l’élimination de l’autre. Cette manœuvre est d’évidence, non seulement nuisible mais contradictoire puisque visant à recevoir l’admiration d’autrui, elle en déclenche au contraire le rejet. Ne nous le cachons pas, cette forme d’ambition existe aussi dans nos rangs. Elle y est dommageable lorsque, par exemple, elle vire à la compétition. Et oppose fiévreusement des frères et des sœurs soudain infantilisés qui, en loge, convoitent le même plateau, comme le pompon à attraper sur le manège !

L’avocat du diable

Pour tenter d’être objectif, il est intéressant d’examiner l’aventure hiramique avec la loupe philosophique. Selon la méthode prêtée à Georg Hegel, thèse, anti-thèse, synthèse. C’est à dire avec un esprit critique, donc avec le doute. Dès lors, il est possible de voir en Hiram – à la manière d’un avocat de la défense des trois mauvais compagnons – un personnage tyrannique, aveuglé par son asservissement à Salomon (roi frivole et dispendieux, ne n’oublions pas) lequel réduit à l’esclavage des milliers d’ouvriers (selon la Bible) pour bâtir un Temple insolent de richesses. Et, poursuit la défense, on peut comprendre que trois compagnons courroucés cherchent à gagner davantage en se révoltant par la force ! Une thèse qui serait défendue aujourd’hui par les syndicats !

Reste bien sûr le meurtre impardonnable, c’est à dire le droit de tuer que se sont arrogés les trois individus. L’avocat de la défense, cet « avocat du diable », répondra ici que la précarité (qui engendre la jalousie) peut déclencher une folie meurtrière, elle-même à prendre en compte quand la faculté de discernement de la personne humiliée est abolie. Le peuple n’a pas fait mieux en 1789, en faisant décapiter le roi Louis XVI et sa femme, qui avaient tenté de fuir par la « porte de l’est » de la France (une autre version du meurtre d’Hiram, en somme !). Ce roi n’était-il pas coupable d’avoir fait construire le Château de Versailles, son Trianon et ses jardins fastueux, pendant que le peuple mourrait de faim ! Victor Hugo en a très bien parlé !

Bref, tout est dans tout et son contraire ! Les mythes et légendes ne sont vraiment productifs que lorsqu’ils sont étudiés au moins sous les deux aspects qu’ils contiennent toujours, le bien et le Mal. Comme les deux côtés d’une carte à jouer ou d’une pièce de monnaie. L’avers et l’envers, le côté pile et le côté face, constituent la même carte et la même pièce ! La vérité n’est pas de ce monde, même en franc-maçonnerie. Après la thèse et l’antithèse, la synthèse.

Ces défauts humains, trop humains, que symbolisent les trois mauvais compagnons acteurs de la légende d’Hiram, et qui jalonnent notre vécu relationnel ont un point commun, l’incivilité. Celle-là même que nous vivons en ce moment sur tout le territoire, lors des fréquentes manifestations sociales de rues. Elles sont « dénaturées » par des casseurs masqués, de noir vêtu, qui défient et attaquent les forces de l’ordre, brisent les vitrines et incendient les voitures ! Triste spectacle de la « guérilla urbaine » au XXIème siècle ! Activée par la pulsion de mort, elle blesse grièvement à la fois les corps, les cœurs et les âmes !

A l’écart de cette terrible violence actuelle, le REAA d’aujourd’hui prend appui sur une autre dramaturgie – certes livresque mais basée sur la violence elle aussi, caractéristique de l’être humain !- celle imaginée au 18ème siècle, pour tenter de dégager du sens. Non seulement, elle traverse le temps, mais elle s’inscrit tout à fait, ô combien, dans la modernité !

Quel est le signifiant valorisé par la légende d’Hiram, sinon le courage, dont a fait preuve l’architecte de Salomon ?! Quel est le signifié exprimé, sinon la vérité, sous forme de mot de passe, que voulaient connaître avant l’heure, les trois tricheurs ?! Ce courage, dont nous devons nous armer chaque matin. Cette vérité, objet même de notre recherche, mais sans précipitation. Il faut prendre le temps des choses et faire chaque chose en son temps !

De la parole perdue, la parole substituée

Hiram dans cercueil
Hiram sortant du cercueil

L’intérêt premier du symbole est la liberté d’interprétation qu’il permet ! Ainsi l’approfondissement de la légende d’Hiram nous entraîne, encore et toujours à réfléchir sur ces mots, cette « parole perdue » partie avec lui dans sa tombe. Comme souvent, une légende vient d’une autre. Allumons un instant notre imaginaire avec la poésie biblique qui nous dit que les mots en cause sont ceux tracés dans le sable par Jésus à l’intention de Marie-Madeleine et effacés par le vent, lors de leur promenade au bord du lac de Tibériade !

Nous le savons, la nature – qu’elle soit cosmique ou humaine – ayant horreur du vide, des mots substitués sont venus le combler dans les légendes suivantes ! Nous sommes ainsi renvoyés, par métaphores interposées, à l’une de nos facultés mentales qui est la substitution. Grâce aux artifices du langage, l’Homme est capable de transformer le sens de la parole et de la travestir. En clair, nous pouvons entendre qu’avec la « parole substituée » succédant à la « parole perdue » il a inventé le mensonge !

Ce mensonge installé aujourd’hui dans la cité, où il est devenu un exercice de style reconnu, pour ne pas dire un véritable « sport national » ! Tant dans la rue que dans les médias, aussi bien dans les affaires qu’en politique. Racontars, manipulations, fausses nouvelles, fausses promesses : telle est le sens profane de la « parole substituée » aujourd’hui ! Pour séduire, vendre, obtenir, flouer, pour paraître, pour faire semblant d’être et d’avoir, beaucoup de gens mentent dans notre sphère de l’immédiateté ! En ce sens, le journalisme, majore souvent l’évènement et l’expression instantanée substitue ainsi l’actuel au réel. La philosophie remarquera ici que cette segmentation du temps – l’empire de l’instant – sert à conjurer sa fuite éperdue et revient à pallier l’angoisse individuelle de la mort, donc à se mentir à soi-même.

C’est à une nouvelle vision du monde, à l’entretien d’une parole saine qu’est invité l’initié (e). C’est aussi, quand il le faut, à des actes de résistance, pacifique j’entends, qu’est engagé le franc-maçon, la franc-maçonne. La tolérance est limitée par l’intolérable : ce moment où il faut savoir dire non ! Avec cette volonté constante, nous pouvons affronter les mauvaises manières et les préjugés, lutter contre les certitudes établies, dénoncer les médisances précitées, chargées de mots qui tuent. Pour redonner sa chance à la vérité, dans tous les lieux de « la comédie humaine », à l’extérieur comme à l’intérieur même de notre mouvement.

 Il n’y aura jamais assez d’instances humanistes pour défendre la trilogie républicaine, incompatible avec l’hégémonie ! Tant que se multiplieront les loges, nous serons en démocratie. Soyons-en conscients, fiers et heureux ! 

Le cœur malgré tout joyeux et l’âme en recherche de tranquillité, j’aime voir la franc-maçonnerie comme un vaste jardin riche de la diversité de ses fleurs, toujours nouvelles, toujours vives et colorées. Et près de la tombe d’Hiram imaginée – qu’il me pardonne ! – j’ose cette pensée avec un sourire malicieux : Ce n’est pas parce que je suis un vieil acacia…que je donne du vieux mimosa !

Gros plan sur la Librairie SCRIBE

Tous les Frères de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) connaissent SCRIBE qui est la boutique maison. Elle est située près du siège de l’Obédience dans le 17e arrondissement de Paris. Notre reporter s’est rendu sur place afin de vous offrir ce reportage photo. Un Frère nommé Paul Studnia crée cette boutique avant de la revendre au début des années 2000 à l’Obédience, qui en fera ensuite un réseau de boutiques dans diverses villes majeures de France : Bordeaux, Toulon, Toulouse, Narbonne, etc.

Lorsqu’une commande arrive via les réseaux informatiques, elle est traitée le matin et expédiée dans la journée. Les boutiques quant à elles traitent jusqu’à la fermeture à 19h30 des ventes au comptoir. Comme l’explique le Frère en charge de la direction du magasin, au début l’Internet réalisait 20 % du chiffre d’affaires et les boutiques 80 %. Désormais, c’est 50/50 entre les deux canaux. Au 31 août 2022, les ventes de la SAS SCRIBE représentaient, 1,2 million d’euros.

Les clients sont issus à 90 % de la GLNF, les autres proviennent des Obédiences voisines. On trouve dans la boutique plusieurs types d’éditions, les livres édités par la GLNF (Éditions GLNF, Éditions Villard de Honnecourt et Éditions de l’Art Royal) mais bien évidemment tous les éditeurs maçonniques connus. Il ne faut surtout pas oublier l’édition des rituels pour les 1400 Loges de la maison GLNF soit 31449 Frères (au 31/12/22) répartis en 36 provinces et 1 district international.

On trouve actuellement plus de 5000 références de livres.

Huit personnes employées assurent la gestion du magasin parisien.

SCRIBE offre aussi des décors maçonniques fabriqués en France. Si l’impression et la diffusion représent 60 %, les décors quant à eux représentent 40 % du chiffre d’affaires de la maison. Toutes les juridictions de tous les rites sont approvisionnées par le magasin.

Le virage numérique : La librairie lance dans quelques semaines une bibliothèque numérique.

Chacun peut y accéder avec une liseuse. Les conditions sont les suivantes : pour moins de 10 €/an chacun obtient un accès à 100 % des publications de la GLNF avec possibilité d’imprimer jusqu’à 25 pages. D’ailleurs, Villard de Honnecourt sera accessible par la liseuse. Il s’agit d’une mutation vers le numérique.

Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire.

115 Rue de Saussure, 75017 Paris – www.scribe.fr

Téléphone : 01 47 63 65 00

Le charme irrésistible des francs-maçon(ne)s

Un parallèle troublant peut être établi entre le plaisir, parfois nommé salaire, qu’éprouvent les francs-maçon(ne)s et celui qu’éprouvent les sapiosexuels. Explications.

Oui, cette fois-ci, allons-y pour nous jeter quelques fleurs. Y a pas d’mal à se faire du bien. Vous comme moi, j’en suis sûr, avez vu votre besoin de culture exploser après votre initiation. Vous avez aussi connu ces moments de pure extase intellectuelle à l’écoute d’une sublime planche ou des brillantes pierres ajoutées lors de la circulation de la parole.

D’où c’est-y que ça vient, cette insatiable envie d’en savoir plus, de comprendre toujours plus profondément ?

Thierry Ripoll, dans son dernier opus «  Pourquoi je prends ma douche trois minutes de trop », nous le rappelle. Nous avons certes développé sciences et technologies nous rendant maîtres du vivant sur terre, mais nous restons équipés d’un bagage génétique datant du paléolithique. Comme chez toutes les espèces vivantes à reproduction sexuée,  une compétition sélective se produit chez l’homme avant la formation des couples. L’évolution inscrit dans les comportements, via le circuit de la récompense, des critères favorisant la survie de l’espèce…et des gènes de ceux qui sont admis à se reproduire. Les mieux adaptés à l’environnement ont plus de chances de se qualifier.

Dans un environnement hostile tel qu’il était du temps des chasseurs-cueilleurs, la force physique était un atout incontestable. Mais voilà que nous vivons dans des métropoles, au sein de sociétés très organisées. Les relations sont structurées par plusieurs hiérarchies et codes. Le plus fort, dans ce nouveau contexte, se reconnaît à son aisance. Assurance et aisance financière, aisance de mouvement , mais aussi d’expression verbale ou écrite, appuyée sur une solide culture.

Nos traditions maçonniques privilégient l’oralité.

Et tiens, Marguerite Duras indiquait que «  les femmes jouissent d’abord par l’oreille », et Fabrice Lucchini en avait un temps fait son expression favorite. Perso, j’adore découvrir d’abord l’intelligence d’un regard, puis la conversation présentant des points de vue personnels et fondés sur des faits, de la raison, de l’imagination, de la poésie, etc. Nous obtenons ainsi notre « salaire ». Vous aussi vous éprouvez alors une certaine excitation ?  Si vous en êtes là ; eh bien je vous le dis :  vous êtes devenu, au moins à un certain degré, sapiosexuel.

Sapiosexualité : voilà le terme utilisé pour désigner ces personnes qui considèrent l’intelligence comme principal facteur d’attraction sexuelle. L’origine du mot provient de “sapiens”, qui signifie sage ou savant. Votre esprit en est maintenant convaincu :  le cerveau est le premier organe sexuel . Une personne du sexe que vous aimez, brillante comme indiqué ci-dessus, vous la trouverez attirante, même sexuellement.

Notons néanmoins  que d’autres critères comme la beauté peuvent continuer à jouer en parallèle.

Cette notion, née dans les années 1990, et depuis bien creusée par les psychologues et les sociologues, date en fait de bien plus longtemps. A témoin, cette citation du père Platon : “L’amour est comme une échelle de gradation qui commence avec la beauté du corps pour ensuite s’approcher des idées et des gens qui bénéficient d’une intelligence privilégiée.”  On y retrouve bien sûr la dualité qui va du matériel vers l’idéal , du monde sensible au monde intelligible, ce dernier ayant toutes les faveurs de Platon.

Nos chercheurs contemporains ont déterminé que les sapiosexuels réagissent émotionnellement face à des stimuli novateurs. Ils prêtent peu d’attention à tout ce qui est répétitif, et présentent souvent un trait de caractère nommé « ouverture à l’expérience ». Ça nous ressemble, non ? Nous sommes en effet particulièrement attirés par les discussions qui ouvrent l’esprit. Cette activation, d’abord seulement mentale, finit par s’étendre à d’autres niveaux comme le niveau physique, le niveau affectif et finalement, éventuellement, le niveau érotique.

Le phénomène,  nous disent les psys, touche les deux genres. Cependant, il est plus souvent détecté chez les femmes. En effet, les stimulations visuelles leur suffisent moins souvent que les hommes. Le goût pour l’inattendu et l’effet de surprise alimente ce qu’on nomme l’intelligence érotique. C’est là qu’un risque peut naître : un effet de domination, par celui des partenaires qui a l’esprit le plus rapide, peut intervenir. Aussi il faut se poser les questions :  « Et si ce n’était que de l’admiration, qui pourrait n’être que passagère ? » Et « Me sens-je inférieur ? »

Autre trait intéressant chez nos sapiosexuels : ils recherchent systématiquement la profondeur…qu’ils utilisent ou non la perpendiculaire.  

A ce stade, j’espère que vous serez comme moi convaincus de l’existence d’un recouvrement partiel des populations maçonnes et sapiosexuelles.

Cela nous éclaire sur les racines darwiniennes du plaisir que nous obtenons en tenue.

Attention, chers frères et sœurs des loges mono-genre, ne vous emballez pas ! N’allez pas vous imaginer que l’on saute comme des animaux sauvages sur la première personne qui fait un brillant exposé ! Tout cela est largement inconscient, et la partie action sera sous le contrôle du filtre du surmoi et du moi conscient .

Je vous souhaite de nombreux petits éclairs de plaisir à l’écoute des riches et originales planches de nos rites continentaux !

27/04/2023 : Diner annuel fm&s avec Gilles Babinet et Jean-Marie Cavada

FM&Société organise à 20h00 son Dîner annuel sur un thème à la fois d’actualité et de fond : civilisation numérique, ère de liberté ou d’emprisonnement, quel futur pour l’esprit des Lumières ?

Gilles BABINET

Co-président du Conseil National du Numérique

Champion digital France auprès de l’Union Européenne

Jean-Marie CAVADA

Président d’IDF Rights, Institut des Droits fondamentaux numériques

Ancien Député européen, Ancien Président de Radio France

Entre l’homme d’entreprise, Gilles BABINET, grand expert des questions liées aux technologies et aux métiers du numérique et Jean-Marie CAVADA, journaliste emblématique de renommée internationale, parlementaire européen très assidu et engagé pour l’humain dans la civilisation numérique, le dialogue s’impose au moment où l’Intelligence Artificielle, les réseaux, les applications du numérique dans tous les domaines pose question. Nous sommes tous interpellés !

Dès maintenant, inscription :

soit, par le lien Weezevent avec frais: https://my.weezevent.com/soiree-numerique-et-esprit-des-lumieres

soit, par virement, sans frais, en adressant la demande d’inscription à fmsociete65@gmail.com pour recevoir l’invitation et les modalités.

Le Pèlerin se polarise sur : cartomancie, astrologie, magie et autres adeptes de l’ésotérisme

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De notre confrère le lepelerin.com – Par Élodie Chermann

Cartomancie, astrologie, magie, mais aussi fantômes, sorcières… l’attrait pour l’occulte revient en force. Ses adeptes y voient une forme de vérité qu’ils ne semblent plus trouver dans la science et les grandes religions.

Cheffe d’entreprise en périphérie de Toulouse, Sandrine, 45 ans, n’en fait pas un secret. Depuis 2018, elle consulte une à deux fois par mois une sophro-analyste qui s’appuie sur l’astrologie. « J’adore son approche! » s’enthousiasme-t-elle. Elle ne me dit pas: “ fais ci, fais ça ”. Elle me demande pourquoi je fais comme ça, ce qui m’aide à mieux me comprendre et à avoir confiance en mes décisions. » À tel point qu’aujourd’hui Sandrine a décidé de se former elle-même à l’astrologie.

Dans une époque où l’avenir suscite plus de peur que d’enthousiasme, l’ésotérisme serait-il devenu notre nouveau refuge? Les chiffres parlent d’eux mêmes. D’après un sondage publié le 16 mars dernier par l’Ifop, 59 % des Français croient en au moins une science dite occulte – cartomancie, astrologie, magie, sorcellerie… On estime aujourd’hui à 100 000 le nombre de voyants dans l’Hexagone. Deux fois plus que le vivier de psychologues. Sur Internet, les spirites 2.0 prolifèrent. Une des plus célèbres, la française Anne Tuffigo, est suivie par 30 700 abonnés sur Instagram.

Jacques pourrait compter parmi ses aficionados. À 23 ans, alors qu’il roule sur une route enneigée en compagnie d’un collègue, cet ancien surveillant de lycée aperçoit la silhouette d’un vagabond. Intrigué, il fait alors demi tour, mais ne retrouve aucune trace de pas dans la neige. Aurait-il rêvé? « Michel qui était assis à mes côtés a eu exactement la même vision que moi, se défend le retraité, qui préside désormais le Cercle spirite Allan Kardec. On peut être halluciné tout seul mais pas à deux. » La preuve selon lui que les esprits existent bel et bien. Il n’est pas le seul à le penser. D’après l’Ifop, 43 % des Français croient aux miracles, tandis que 24 % valident l’existence des fantômes. Près du double par rapport aux années 2000… Pour limiter les abus, la Fédération des astrologues francophones, qui regroupe plus de 300 membres dont 120 professionnels, a même dû se doter d’un code de déontologie. C’est dire l’effervescence autour de ces croyances.

Ésotérisme

© Owen Gent

Un « idéal néopaïen »

Les maisons d’édition ont bien flairé le filon. Dans le sillage d’Exergue (groupe Trédaniel) ou de Jouvence éso, Hachette a ainsi lancé, en 2019, la marque Le Lotus et L’Éléphant, tandis que Larousse a créé le label Nouvelles Énergies. Et ça marche! Selon les données GfK, le secteur a progressé de près de 8 % en valeur entre octobre 2021 et septembre 2022.

Contrairement aux idées reçues, la déferlante touche toutes les catégories de population, y compris les plus diplômées. Si les femmes autour de la quarantaine constituent le plus gros des troupes, les jeunes, biberonnés à Harry Potter et au livre Le seigneur des anneaux, sont aussi de bons clients. Parmi leurs marottes favorites? La sorcellerie. « Très à la mode dans la culture pop comme dans le combat féministe, les sorcières, autrefois torturées, incarnent aujourd’hui un idéal néopaïen », relève le père Jean Christophe Thibaut, prêtre du diocèse de Metz et auteur de l’ouvrage Les nouveaux visages de l’ésotérisme. Un nouveau courant spirituel où les femmes et la nature retrouvent une place centrale.

La cartomancie et l’astrologie, elles aussi cartonnent. Mais plus tout à fait pour les raisons classiques. Oubliés les horoscopes des magazines, qui vous prédisent de belles opportunités ou une sale journée. Place désormais à la philosophie du développement personnel. « Les gens veulent qu’on éclaire leur route, pas qu’on prenne le volant à leur place, résume l’astrologue Christine Haas. Ils cherchent à mieux se connaître pour savoir comment utiliser leur potentiel, vers quelle voie se diriger, qui aimer… » C’est particulièrement vrai chez les milléniaux.

Étudiante en licence d’espagnol, Garance, 23 ans, est très sensible aux énergies depuis son plus jeune âge. Un héritage de sa culture familiale, explique-t-elle. Magnétiseuse, sa grand-mère lisait dans les paumes de la main et le marc de café, tandis que son oncle pratiquait les techniques de reiki – une méthode de relaxation méditative japonaise. Ces dernières années, Garance a élargi le spectre: cartomancie, tarologie, astrologie, lithothérapie – comprenez thérapie par les pierres. Un moyen, pour elle, de s’apaiser dans les moments difficiles. « Ces techniques sont aussi d’excellents guides quand le doute ou la peur m’assaille. »

Des questions existentielles

Au pays de Descartes, les parasciences ont toujours suscité par réaction un vif intérêt. Mais l’engouement s’est fortement amplifié ces dernières années. Entre la crise de confiance politique et le réchauffement climatique, beaucoup ont le sentiment que le monde leur échappe. La pandémie de Covid19 n’a évidemment rien arrangé. Assignés à résidence, les Français se sont retrouvés, du jour au lendemain, prisonniers d’eux-mêmes, avec des questions existentielles plein la tête: pourquoi sommes-nous sur Terre? Avons-nous fait les bons choix? Est-ce que tout cela vaut vraiment le coup? Il a alors fallu trouver des moyens pour se rassurer et des solutions pour reprendre le contrôle.

L’univers scientifique? On s’en méfie. D’après l’Institut Sapiens, la moitié des Français estime que la science et les innovations technologiques ont de plus en plus d’effets négatifs sur notre environnement et notre santé. La parole des savants, souvent trafiquée et sortie de son contexte sur Internet, a aussi perdu de sa valeur dans l’opinion. Pour se renseigner sur les enjeux complexes, on accorde aujourd’hui davantage de crédit à ses proches (67 %) qu’à la parole des experts (62 %).

« Au XIXe siècle, on pensait que la médecine nous sauverait de toutes les maladies », rappelle le père Thibaut. L’arrivée du Sida au début des années 1980 a balayé toutes nos illusions. Quant à Dieu, nous sommes de moins en moins nombreux à y croire: à peine 49 % en 2021, toutes religions confondues, d’après l’Ifop, contre 66 % au sortir de la Seconde Guerre mondiale. « Lorsque la foi est en perte de vitesse, les parasciences reviennent en force », souligne le père Jean Christophe Thibaut. Ce fut le cas lors de l’effondrement de la religion romaine entre le Ier et le IIIe siècle, à la Renaissance durant la crise de la scolastique ou bien après la Révolution française. Rebelote aujourd’hui. Les siècles passent, mais les peurs demeurent.

Trois questions à Damien Karbovnik, enseignant-chercheur en histoire des religions à l’université de Strasbourg

Plusieurs enquêtes ont mis en lumière une corrélation entre la croyance dans les parasciences et l’adhésion aux thèses complotistes. Existe-t-il vraiment un lien?
On constate indiscutablement une porosité entre les deux, que certains chercheurs désignent par le terme de « conspiritualité ». Cela ne veut pas dire que les astrologues sont forcément conspirationnistes ou que les adeptes de la théorie du complot ont tous des pratiques ésotériques. Mais ils seront plus enclins que le reste de la population à se tourner vers les sciences occultes. Pourquoi? Parce que ces deux phénomènes ont la même cause: une défiance croissante vis-à-vis des discours officiels, qu’ils soient politiques ou scientifiques, et un certain relativisme.

Qu’entendez-vous par là?
Aujourd’hui, on évalue moins la pertinence d’une théorie à partir de son objectivité scientifique que d’après son apparente efficacité immédiate. Si en mettant une pierre sous votre oreiller, vous constatez que vous dormez mieux, vous allez tout de suite considérer que la pierre est efficace, sans chercher à savoir si des études prouvent le lien de cause à effet. On est dans des fonctionnements purement symboliques.

Cela ne favorise-t-il pas les dérives?
Le risque existe. Le naturopathe Thierry Casasnovas vient par exemple d’être condamné pour les dangereux conseils en alimentation qu’il délivre à ses milliers d’abonnés sur sa chaîne YouTube… Mais les cas de ce genre restent rares comparés à l’étendue du marché. Et il s’agit, en règle générale, plutôt d’abus commerciaux que sectaires. Pendant les confinements, on a vu fleurir sur TikTok des astrologues qui faisaient des prédictions extrêmement précises. Très peu subsistent encore. Parce que les gens qui ont recours à ces pratiques recherchent de l’efficacité. S’ils n’en retirent pas les bénéfices escomptés ils s’en détournent très vite. Le marché se régule donc en partie tout seul. Recueilli par E. C.

L’Ordre Mondial « Novus ordo seclorum »

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Un journaliste d’investigation du Washington Post enquête sur de nombreux meurtres d’hommes d’affaires, de ministres anglais de Présidents d’Amérique du Nord et du SUD, du  Pdg de la plus grande entreprise mondiale de gestion d’actif et du Pdg d’un groupe de presse mondial de langue anglaise.  Le tueur est-il un justicier ? On entrevoit les rôles de groupe de pression comme Bilderberg  dictant ses vues nécessaires aux dirigeants du monde occidental. Transparait en filigrane les aspects géopolitiques de recomposition d’un monde bipolaire à un multipolaire. Qui est le tueur et pourquoi ? Ces interrogations sont suivies dans ce roman comme un véritable thriller d’actualité politique.

Diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris , MICHEL WARNERY est un homme d’affaires international. Admirateur de Gandhi et de Kipling, c’est aussi un fin observateur de la société. Il est auteur de nombreux articles dans les revues maçonniques suisses et de plusieurs ouvrages dont :

  • Le livre de l’immortel  – 1999 Desclée de Brouwer
  • Règlements de compte  à la Grande Loge – 2016 Cepaduès
  • L’auréole des justes – 2018 L’Harmatan
  • Le roi du monde, une élection présidentielle  aux USA – 2020 ECE-D
  • Le maître de l’Orgue – 2022 ECE-D

Lieu symbolique : Le Mont-Saint-Michel a 1000 ans !

L’abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel a été officiellement fondée en 966 et la construction de l’édifice actuel a débuté peu après, en 1023. Mille ans plus tard, la « Merveille de l’Occident » s’offre à notre regard.

Blason de l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

Le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurent depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Borne des mille kilomètres à Moustey (Landes) sur la via Turonensis.

Depuis 1998, le Mont-Saint-Michel bénéficie en outre d’une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante des « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France, tout comme 70 autres monuments, tout comme la Tour Saint-Jacques à paris, le pont du Diable à Saint-Jean-de-Fos dans l’Hérault ou l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques et ancien pont à Toulouse (Haute-Garonne) et 7 portions de chemins.

Marquage du chemin conduisant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le Mont-Saint-Michel, depuis 1862, est inscrit au titre des monuments historiques nationaux.

Désormais, des navettes de transport gratuites et des cheminements piétonniers mènent les visiteurs jusqu’au Mont.

C’est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom se réfère directement à l’archange saint Michel. Avant l’année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L’abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.

Le Mont et l’eau semblaient jusqu’alors indissociables… avant la création de la digue route, achevée en 1878, on vivait au rythme des marées.

Se poser la question des rapports du Mont et de l’eau, c’est réfléchir à l’histoire même du sanctuaire, au choix de la montagne de l’archange Michel comme retraite et comme lieu de pèlerinage et à la symbolique qui en découle, aux relations entretenues par les Montois avec la mer au cours de leur histoire, à l’iconographie du rocher enfin qui a joué un rôle fondamental dans la construction de la légende du Mont…

Saint Michel et Saint Aubert, Legenda aurea (La Légende dorée)de Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, XIIIe siècle, Biblioteca Medicea Laurenziana, Florence. Italie. Premier ouvrage imprimé en langue française en 1476, à Lyon.

En son temps, nous vous avions parlé, dans cette même rubrique, « Lieux symboliques : les 7 sanctuaires à saint Michel et l’épée de l’archange » des différents sanctuaires de par le monde liés au culte de l’Archange.

Le millénaire du Mont est l’occasion de vous faire découvrir plus avant ce rocher occupé par des moines avant que la dévotion à l’archange apparaisse. La première église dédiée à l’archange saint Michel sur le Mont aurait été entreprise en 708 par Aubert, évêque d’Avranches, sous le règne du roi mérovingien Childebert III (695-711), un lointain descendant de Clovis.

Le Mont dans la brume.

Le texte de la Revelatio rappelle les circonstances légendaires de cette fondation : « Dans un temps, comme le prélat de la susdite ville d’Avranches s’était livré au sommeil, il fut averti par une révélation angélique de construire au sommet du lieu précité un édifice en l’honneur de l’archange, afin que celui dont la vénérable commémoration était célébrée au mont Gargan fût célébré avec non moins de ferveur au milieu de la mer. » Après avoir fait ce rêve à trois reprises, l’évêque gagne le mont pour y édifier un oratoire.

Ne sachant pas à quel endroit précis le construire, Aubert s’en remit à l’archange. Saint Michel lui affirma alors qu’il trouverait un taureau attaché en haut du rocher : l’église devait occuper l’aire foulée par l’animal.

Saint Aubert entreprit donc de bâtir une église d’une capacité d’une centaine de personnes. Elle fut consacrée le 16 octobre 709.

Aubert ne s’en tient pas à cette fondation. Il installa sur le mont douze religieux chargés du service divin et de l’accueil de ceux « qu’un amour ardent de la vertu emporte vers le ciel ».

Le Moyen Âge : Des temps tumultueux

L’abbaye du Mont Saint-Michel va devenir au fil des ans un lieu de culte, de prière et de pèlerinage. Les moines bénédictins, présents depuis 966 et qui ont traduit les textes d’Aristote, et les reliques de Saint-Michel, attirent les fidèles en quête de spiritualité. L’emplacement stratégique de l’abbaye en faisait également une cible. Les extensions apportées à l’abbaye sont couplées au renforcement des défenses de l’île. On peut voir les vestiges de la guerre de Cent Ans lors d’une visite. Et en 1204, l’abbaye est attaquée par des chevaliers bretons belliqueux agissant sous le commandement de Guy de Thouars.

L’abbaye et ses prisons

C’est sous le règne du roi Louis XI que le Mont Saint-Michel devient la version française d’Alcatraz. Transformé en centre de détention, il accueille des prisonniers jusqu’en 1860. La Révolution française a enfermé les dissidents dans des cellules situées dans l’abbaye. Lorsque la prison ferme un siècle plus tard suite à un décret impérial, les 650 prisonniers sont transférés sur le continent. Victor Hugo, grand amateur de l’abbaye, fut l’un des nombreux défenseurs de la fermeture de la prison.

Le Mont-Saint-Michel de nos jours

Pour faciliter l’accès des pèlerins, une route construite sur un remblai a été aménagée en 1879. En 1983, un projet de restauration de l’aspect maritime de l’île a été lancé. Cependant, ce projet est aujourd’hui sérieusement remis en question car il provoque l’accumulation de sable. Le parking a été supprimé et un accès construit sur des piliers a été aménagé, permettant ainsi aux eaux de la Manche de circuler librement. Quant à l’ancienne route, elle est progressivement érodée par l’arrivée des eaux.

Le défi du XXIe siècle est de continuer à assurer l’accès à l’abbaye pour les 3 500 000 visiteurs qui s’y rendent chaque année.

Et, pour mettre à toute polémique, le Mont-Saint-Michel est normand. Même s’il est vrai que le Mont-Saint-Michel a appartenu à la Bretagne pendant plusieurs années, il appartient à la Normandie sans partage depuis 1009 !

Le symbolisme du nombre 1000

Le nombre 1000 recèle un symbolisme profond, étroitement lié à celui des chiffres 0, 1, 10 et 100.

Par ailleurs, 1000 est un nombre composé du 0 et du 1, deux chiffres qui composent le premier “couple cosmique” : le zéro (0) peut représenter la volonté créatrice et le un (1) représente la manifestation, la réalisation.

Nombre globalisant, mille traduit l’idée d’éternité et évoque aussi bien la multitude (et la multiplication) que l’unité. Mais ce nombre est le plus souvent associé à la parousie, c’est-à-dire la seconde venue du Christ sur la Terre, à la fin des temps…

Sources : herodote.net-le média de l’histoire ; Pixabay ; Wikipédia ; Wikimedia Commons, Photos Yonnel Ghernaouti, YG ; Bridgemanimages.com ; jepense.org

Traversée de la baie.
Affiche métro parisien – avril 2023.