7e Salon maçonnique de Toulouse (novembre 2022) avait pour thème « Transmettre et reconstruire ». L’Institut Toulousain d’Études Maçonniques nous propose de revivre le « Forum des Grands Maîtres » ou de leurs représentants… Où il sera question des grands enjeux de la Franc-Maçonnerie !
Une conférence animée par Dominique Delpiroux, journaliste et éditorialiste à La Dépêche du Midi est aussi auteur de romans policiers et passionné de paléontologie.
Fondée en avril 2012, la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, couramment dénommée L’Alliance, s’inscrit dans la fidélité à la grande Tradition initiatique occidentale. Elle propose à ses membres un chemin de perfectionnement moral et spirituel dans le respect de la foi personnelle de chacun, au-delà des conditionnements sociaux. Son enseignement est fondé sur le message symbolique de la construction du temple intérieur à laquelle tous les Hommes sont appelés et qui s’exprime par une expérience rituelle symbolique, progressive et partagée.
Fort justement et intelligemment, L’Alliance innove et lance les « e-Dialogues de L’Alliance ». Ils ont pour ambition de partager la réflexion sur les grands sujets intemporels de la pensée maçonnique et de faire mieux connaître la tradition initiatique spirituelle à laquelle elle se réfère.
Ils reprendront et développeront, en grande partie, les thèmes publiés et diffusés par les Cahiers de L’Alliance, la revue d’études et de recherche créée par la GL-AMF en 2018 et qui vient de publier son 14e numéro traitant d’un remarquable sujet qui résonne au cœur de chaque Maçon : « La Mort au présent face à l’éternel Orient ».
La première web-conférence aura pour thème :
« Silence, secret & spiritualité – S’enfermer en Loge pour mieux s’ouvrir au monde ».
L’expérience du silence dans un monde bavard.
Le secret au XXIe siècle, face à l’impératif de transparence.
Silence et secret dans la lente infusion de la méthode maçonnique.
Elle se tiendra samedi 22 avril, de 10h à 11h30, avec Francis BARDOT, Gaston-Paul EFFA et François-Xavier TASSEL, membres de la Conférence des auteurs des Cahiers de L’Alliance, les échanges seront animés par Jean DUMONTEIL.
Cette web-conférence interactive sera diffusée en direct et en accès libre.
Francis BARDOT, Grand Orateur de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, anime le Pôle « Dialogues, Recherche et Spiritualité » de L’Alliance.
Dans les Cahiers de L’Alliance, il a publié « L’homme de lumière dans l’hermétisme », « Humanisme et crise de l’identité de l’humain », « Foi, raison, vérité et fraternité »,
« Honneur, vertu et voie initiatique » et « L’artiste et l’initié » où il développe tout particulièrement la voie singulière de la Franc-maçonnerie initiatique de Tradition.
Francis Bardot est rédacteur en chef de la revue « Salix » et animateur des « Rencontres Écossaises » du Suprême Conseil pour la France.
Gaston-Paul EFFA
Professeur de philosophie, membre de la Loge Nationale de Recherche de L’ « Alliance », Gaston-Paul EFFA est l’auteur de nombreux essais et romans.
Parmi ses publications: La Verticale du cri, Ed. Gallimard, 2019, Le Dieu perdu dans l’herbe – Animisme, une philosophie africaine, Ed. Presses du Châtelet, 2016 – Prix « Symbolisme » de l’Institut Maçonnique de France, 2016, Le livre de l’Alliance, co-écrit avec André Chouraqui, Daniel Radford Ed., 2003.
Gaston-Paul Effa vient de publier, chez Gallimard, L’enfant que tu as été marche à côté de toi.
François-Xavier TASSEL
François-Xavier TASSEL est membre de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française et de la Loge Nationale de Recherche de L’Alliance. Il est par ailleurs Grand Orateur du Grand Chapitre du Rite Français.
Praticien de l’urbanisme, il est aussi chercheur et intervient dans diverses formations universitaires en ce domaine ; il a, en particulier, enseigné la sociologie du travail au CRA-CNAM de Reims et collaboré à « La revue de l’économie sociale ».
François-Xavier Tassel a publié nombre d’articles dans diverses revues maçonniques, notamment sur la symbolique de l’espace et sur les relations entre l’Église catholique et la Franc-maçonnerie.
Jean DUMONTEIL dirige la rédaction des « Cahiers de L’Alliance ». Il est Vénérable Maître de la Loge nationale de recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française et, à ce titre, anime les activités de recherche de L’Alliance.
Il vient de publier Sentiment océanique – Lettres à un Frère et Que la force le soutienne et l’achève dans la collection « Le franc-maçon dans le Temple » (Numérilivre, 2023).
Il a publié, chez Fayard, La France des possibles préfacée par Erik Orsenna de l’Académie française.
Essayiste et conférencier, il anime un blog personnel “Sentiment océanique“ sur l’intelligence spirituelle et la vie de l’esprit : https://sentimentoceanique.blog
Les boutiques ésotériques artisanales sont un moyen fascinant et magique de découvrir des produits qui peuvent apporter une dimension spirituelle et personnelle à votre vie. Dans cet article, nous allons explorer ce qu’est une boutique ésotérique artisanale, les avantages qu’elle offre, la magie des produits qu’elle propose et comment trouver une boutique près de chez vous. Préparez-vous à découvrir une expérience inoubliable !
Les avantages d’une boutique ésotérique artisanale
Les boutiques ésotériques artisanales offrent un grand nombre d’avantages aux clients. Les produits sont généralement faits à la main avec des matériaux de qualité supérieure, ce qui signifie que vous obtenez une pièce unique et faite sur mesure. Le personnel des boutiques est habituellement très qualifié et bien informé sur l’ésotérisme et les arts magiques, ce qui en fait un endroit idéal pour poser des questions et obtenir des conseils. La plupart des boutiques proposent également des classes et des services personnalisés, ce qui permet aux clients d’approfondir leurs connaissances en ésotérisme et de découvrir de nouvelles pratiques.
Alchimiste écrivant à la plume sur un grimoire
La magie des produits offerts par les boutiques ésotériques artisanales
Les boutiques ésotériques artisanales proposent un large éventail de produits pour tous les goûts et tous les budgets. Elles offrent une variété de produits uniques qui sont le résultat de la passion, de la créativité et des compétences des artisans locaux. Ces produits peuvent aller des bijoux à l’artisanat, en passant par des herbes et des huiles essentielles. Les magasins proposent également des accessoires pour la méditation et le yoga, ainsi que des livres sur divers sujets spirituels et ésotériques.
Les produits proposés par les boutiques ésotériques artisanales sont connus pour être très puissants, car ils ont été créés avec intention et amour par des artisans locaux. Ces produits sont chargés d’un pouvoir magique qui peut être utilisé pour aider à attirer l’abondance, à guérir les émotions et à réaliser l’harmonie. Les produits ésotériques artisanaux peuvent également être utilisés pour se connecter à son propre pouvoir intérieur et invoquer des forces spirituelles positives.
En plus de ces avantages, les boutiques ésotériques artisanales sont connues pour leur atmosphère chaleureuse et accueillante. Les marchands prennent le temps de connaître leurs clients et de discuter avec eux de leurs besoins et de leurs objectifs spirituels. Ils sont toujours prêts à partager des conseils et des informations sur leurs produits afin que leurs clients puissent trouver ce dont ils ont besoin pour réussir.
Les boutiques ésotériques artisanales offrent aux clients une expérience unique qui leur permet de découvrir un monde rempli de magie et de possibilités infinies. Leurs produits sont uniques et puissants, et peuvent être utilisés pour aider à atteindre les objectifs spirituels des individus. La combinaison des avantages pratiques et spirituels offerts par ces magasins en font une destination incontournable pour quiconque souhaite explorer l’ésotérisme ou simplement trouver quelque chose de spécial.
Comment trouver une boutique ésotérique artisanale près de chez vous ?
Avec la popularité grandissante des boutiques ésotériques artisanales, il est plus facile que jamais de trouver une près de chez vous. Les meilleurs endroits pour commencer votre recherche sont en ligne ou dans les petites annonces locales. Vous y trouverez de nombreuses informations sur les différentes boutiques proposant un large éventail de produits ésotériques, tels que des herbes magiques, des pierres précieuses et semi-précieuses, des produits à base de plantes et des articles pour la méditation et le yoga. Vous trouverez souvent des conseillers qualifiés qui peuvent vous aider à choisir et à utiliser ces produits pour atteindre vos objectifs spirituels.
Une autre façon de trouver une boutique ésotérique artisanale est de demander à votre entourage s’ils connaissent une boutique près de chez eux. Les amis et la famille sont souvent une excellente source d’informations sur les magasins locaux qui proposent des produits ésotériques spécialisés. Vous pouvez également contacter des associations spirituelles locales telles que des cercles de méditation ou des groupes d’étude pour obtenir des recommandations sur les boutiques ésotériques artisanales près de chez vous.
N’oubliez pas d’utiliser les moteurs de recherche sur Internet pour trouver rapidement une boutique ésotérique artisanale près de chez vous. Une fois que vous aurez trouvé l’endroit parfait, assurez-vous de visiter le magasin personnellement afin d’en apprendre plus sur les produits et les services offerts par le propriétaire. En visitant la boutique, vous pourrez non seulement découvrir l’atmosphère unique et magique qu’elle propose, mais aussi profiter pleinement de l’expérience que cette boutique peut offrir.
Conclusion
Les boutiques ésotériques artisanales sont une expérience magique à ne pas manquer. En choisissant ces boutiques, vous aurez l’occasion de découvrir les secrets de la magie et de trouver des produits uniques et fabriqués à la main. Ces boutiques sont une source d’inspiration et de créativité, vous offrant des produits qui peuvent être adaptés pour répondre à vos besoins magiques. La magie est une partie essentielle de la vie quotidienne et ces boutiques offrent tout ce dont vous avez besoin pour en profiter pleinement. Alors n’attendez pas, découvrez les secrets des boutiques ésotériques artisanales et faites de votre vie quelque chose de magique !
Vidéos
Présentation de la boutique ésotérique Le Temple d’Heydinès
Le Temple d’ Heydinès est une boutique ésotérique en ligne avec divers « créations artisanales » et des produits liés aux …
Le Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (mahJ) présente, du 20 avril au 27 août 2023, la première exposition consacrée à Pierre Dac (1893-1975). Plus de 250 documents issus des archives familiales, extraits de films, émissions télévisées et radiophoniques éclairent le parcours personnel et l’œuvre de ce maître de l’absurde, qui présida à la naissance de l’humour contemporain.
Qui sait que, dans les années 1950, Pierre Dac fut l’inventeur du schmilblick, cet objet au nom yiddish « qui ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout » ? Qui se souvient du biglotron ? Qui a en mémoire la désopilante série radiophonique Bons baisers de partout, diffusée sur France Inter de 1966 à 1974 ? Des années 1930 au milieu des années 1970, l’imagination et l’inventivité de Pierre Dac ont nourri la culture française d’un extraordinaire arsenal humoristique que l’exposition fera redécouvrir.
mahJ – cour intérieure – Photo YG
Né André Isaac à Châlons-sur-Marne, Pierre Dac est issu d’une famille juive alsacienne qui choisit la France après Sedan. Il s’engage durant la Première Guerre mondiale, animé du désir de rendre l’Alsace-Lorraine à la France. Après l’armistice, il se tourne vers le métier de chansonnier ; ses sketchs, chansons, et surtout ses « pensées », lui valent un succès immédiat. Dans les années 1930, il produit les premières émissions d’humour à la radio (La société des loufoques, La course au trésor…), puis fonde l’hebdomadaire L’Os à moelle.
Résistant de la première heure, il rejoint la France libre en 1943. Dans les Français parlent aux Français, au micro de Radio Londres, il mène une guerre des mots contre Radio Paris. Au lendemain de la guerre, Pierre Dac rencontre Francis Blanche, avec lequel il crée « Sans issue ! » aux Trois Baudets, puis le célèbre « Sâr Rabindranath Duval » et le feuilleton Signé Furax, la série la plus écoutée de l’histoire de la radio, tout en militant à la Lica, ancêtre de la Licra.
L’exposition éclaire la créativité musicale et littéraire de Pierre Dac, ses modes d’expression très divers – et notamment l’utilisation de tous les nouveaux médias (cinéma, radio et télévision), tout en restant attaché au cabaret et au théâtre. Elle évoque ses compagnons de route : Francis Blanche, Jean Yanne et René Goscinny. Enfin, elle replace l’oeuvre de Pierre Dac parmi celles des maîtres de l’absurde (Beckett, Ionesco, Dubillard…), redevable tant à l’argot des bouchers qu’au Witz freudien, et aborde les résonances de sa judaïté dans son parcours personnel et ses choix artistiques. Initialement proposée d’octobre 2020 à février 2021, cette exposition avait dû fermer ses portes quinze jours après son inauguration en raison de la pandémie de Covid-19.
Commissaires : Anne Hélène Hoog et Jacques Pessis
« Pierre Dac. Le parti d’en rire » est une exposition éco-responsable : les mobiliers et éléments graphiques conçus il y a 3 ans ont pu être stockés. Ainsi, 40 % des cloisons, 85 % du mobilier de scénographie et 70 % des cartels sont réemployés. Par ailleurs, les bancs et 90% des capots de vitrine proviennent de nos expositions antérieures.
Depuis plusieurs années, le mahJ est activement engagé dans une démarche de développement durable et d’éco-responsabilité, afin de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, de préserver les ressources naturelles et de réduire sa production de déchets.
Source : Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme
Pierre DAC, le Maçon
Pierre Dac (1895-1975) a été membre de la Grande Loge de France, initié au sein de la Loge « Les Inséparables d’Osiris ». Humoriste bien connu, il a rédigé ce rituel de la Grande Loge des Voyous :
A.°. L.°. G.°. D.°. G.°. A.°. D.°. L’U.°.
GRANDE LOGE DES VOYOUS RITUEL du PREMIER DEGRÉ SYMBOLIQUE
Ouverture et fermeture des travaux
Le Taulier
Frangin deuxième Maton, quel est le premier turbin d’un maton en carrée?
2ème Maton
Taulier, c’est de bigler si la carrée n’a pas de courants d’air et si la lourde est bien bouclée.
le Taulier
Veux-tu bien gaffer frangibus ?
2ème Maton
Frangin Bignoleur, veux-tu bigler si la carrée est aux pommes et décambuter en loucedé pour arnaquer les loquedus ?
le Bignoleur (de retour)
Y’a que dalle, Chef !
2ème Maton
Frangin Taulier, la cabane est réglo.
le Taulier
Quel est le boulot du premier Maton ?
1er Maton
Frangin Taulier, c’est de se rencarder si tous les gonzes d’ici sont bien des potes et non des demi-sels.
le Taulier
Premier et deuxième Matons, vos zigues, faites votre turbin. Biglez s’il n’y a pas de loquedus, les argougnez et me les bonnir aussi sec. Debout tas de fainéants face au bourguignon !
[Au passage des Matons, les frangins leur font un superbe bras d’honneur !]
1er Maton
Boss, tous les fiasses qui sont sur leurs guibolles sont bien des affranchis.
le Taulier
Il en est de même au bourguignon. Tous ceux qui sont à coté de mézigues sont aussi de la cabane. Au nom du Mec des Mecs, la cabane est affranchie. Pour sa pomme, on va lui filer une sacrée batterie.
[Tous tapent dans leurs pognes]
le Taulier
Posez vos derches les mecs. Frangin Greffier, veux tu nous filer le rapport du dernier turbin?
le Greffier (après avoir vainement essayé de lire ses papiers)
J’ai dit Frangin Taulier !
le Taulier
Vous mes pommes et vous les Matons, esgourdez s’il y a des niards qui réclament après le baratin du Greffier.
1er Maton
Boss, les affranchis n’ont pas jaspiné.
le Taulier
Mes potes, avant de chiquer contre, on va demander au Baratineur ce qu’il en pense.
le Baratineur
Tous les mecs ont bien entravé, c’est banco !
le Taulier
Le dernier turbin est donc affranchi. Et pour pas vous voir roupiller en écoutant le Baratineur déboiser des conneries qui en foutent plein les esgourdes, je m’en vais lourder la taule.
Frangins Matons, demandez aux potes de vos milieux s’il n’ont rien à baratiner. Je fais circuler l’sac aux baratins et celui de l’artiche pour aider les frangins qui sont tombés. Les boulots sont-ils contents ?
1er Maton
Ils le sont frangin Taulier.
le Taulier
Second Maton, quel est ton âge ?
2ème Maton
Trois berges vieux.
le Taulier
Quel est le temps du boulot ?
2ème Maton
Du bourguignon au plumard, patron.
le Taulier
1er Maton, quelle heure est-il ?
1er Maton
C’est l’heure du plumard, Boss. J’entends sonner douze plombes et on en a ras le bol !
le Taulier
Debout, mes niards ! Au nom du Mec des Mecs, et pour sa bonne pomme, on va lui en filer une toute neuve, puisque la taule est débouclée. Allez les gars, tapez dans vos pognes. Ne bonnissez rien au dehors sur le turbin de ce soir et allons filer au paddok avec nos nanas. Mais avant, allons en écluser un !
Avec la GLDF, découvrez la vie et l’histoire des Francs-maçons célèbres !
GLDF : aujourd’hui, le 5e épisode avec Pierre Dac, le 12 avril 2022.
Le célèbre Dictionnaire de la franc-maçonnerie, sous la direction de Daniel Ligou (PUF nouvelle éd. augm., Quadrige Dicos poche, 2012) précise : « mentionné comme Maçon de la Grande Loge par Le carré long (bulletin de la Ligue universelle des Francs-Maçons, janvier 1982). Nous savons effectivement qu’il se fait initier sous l’influence de son ami Campion, mais fut déçu. »
Infos pratiques :
Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan, 71 rue du Temple – 75003 Paris
plaque commémorative ville de Paris – Photo YG
Mardi, mercredi, jeudi, vendredi : 11h-18h/Nocturne le mercredi jusqu’à 21h/Samedi et dimanche : 10h-19h
Le musée est fermé le lundi sauf pour les groupes scolaires
Consulter les informations pratiques pour connaître les nocturnes
Clôture des caisses 45 minutes avant la fermeture du musée.
Sur le thème « La Franc-Maçonnerie, quelle modernité ? », le Grand Orient de Francevous prie de bien vouloir assister, le jeudi 27 avril 2023, à la conférence publique qui se tiendra à l’Hôtel du GODF, Temple Groussier.
Selon un schéma bien défini depuis l’origine dédites « Rencontres », le jeudi 28 mai 2015. Organisées conjointement par la GLNF et le GODF, une année chez l’un, puis ensuite, alternativement, chez l’autre, les propos des deux conférenciers représentant de leurs Obédiences sont enrichis de ceux de deux grands témoins, dénommés, cette année, les discutants.
Franck Frégosi.
Les conférenciers :
Franck FRÉGOSI,
Anthropologue et sociologue, Directeur de recherche au CNRS
Dominique LAMOUREUX, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, Président du Cercle d’Éthique des Affaires, Président du comité éthique du Groupe SNCF
Les discutants :
Yann-Arzel Durelle-Marc.
Yann-Arzel DURELLE-MARC, maître de conférences en Histoire du Droit et des institutions – Université de Paris 13, directeur exécutif de l’Université Numérique Juridique Francophone
Bruno PINCHARD, professeur Émérite et Doyen honoraire de la Faculté de Philosophie de l’Université Jean Moulin-Lyon III, écrivain et philosophe
Les auteurs dédicaceront leurs ouvrages avant la conférence, dès 18h00.
GODF, écran hall d’accueil.
Le musée de la franc-maçonnerie sera accessible jusqu’à 19h pour les auditeurs sur simple présentation de la confirmation de réservation.
N’ayant, à cette heure, trouvé aucun renseignement de cet événement sur le site public de la GLNF ou sur son Facebook officiel, nos sources proviennent du GODF.
Infos pratiques : GODF, 16 rue Cadet – Paris 9e
Statue du marquis de Lafayette, campus du Lafayette College à Easton – Pennsylvanie, USA. Cette statue est celle qui a servi de base à la réalisation de l’affiche et de la communication des « Rencontres Lafayette ».
De notre confrère français philomag.com – Par Ariane Nicolas
Le mot du jour : Le schibboleth “palyanitsya” ou la survie par le langage
C’est un terme jusque-là inconnu des Français, et sans doute du monde entier en dehors des frontières de l’Ukraine : паляниця,« palyanitsya ». Il a fait son apparition dans plusieurs vidéos documentant la guerre actuellement menée par la Russie : les Ukrainiens l’utilisent pour identifier si un passant au comportement suspect est ami… ou ennemi.
« Palyanitsya » est ce que l’on appelle un schibboleth(ortographié aussi shibboleth). C’est un mot qui se prononce d’une manière bien précise dans une zone linguistique déterminée, que seules les personnes maîtrisant parfaitement la langue locale peuvent prononcer sans accroc. Une astuce bien pratique, en temps de guerre, qui n’est d’ailleurs pas propre au conflit en Ukraine. Retour sur une pratique langagière qui sauve des vies, depuis des temps (quasi) immémoriaux.
Le mot « palyanitsya » fait partie du vocabulaire ukrainien. Il désigne un pain spécial, à base de farine de blé, que l’on rompt entre amis pendant certaines fêtes. En ukrainien, il s’écrit : паляниця. Aux yeux et aux oreilles d’un Français, il a tout l’air d’un mot russe, et pourtant : en russe, il est impossible d’accoler la lettre я(« ya ») aux lettres л et ц (« l » et « ts »), car c’est une voyelle dite « mouillée », qui n’est pas compatible avec toutes les consonnes. Ainsi, même un parfait russophone qui n’a jamais mis les pieds en Ukraine fait une faute de prononciation qui est repérée par les Ukrainiens, et par eux seulement.
Cette technique d’identification de l’ennemi apparaît depuis quelques jours dans des vidéos postées sur les réseaux sociaux. Par exemple, sur cesimages, un homme se promène sur une route enfumée et croise deux soldats.
Powerful. A Ukrainian approaches unknown soldiers and yells at them to say "palyanitsa". Realizing they're Russian, he tells them they can't tell him not to videotape, as Ukrainians constitution allows him to. pic.twitter.com/sPUA4uM6R4
Il leur demande de prononcer le mot magique, ce que les hommes refusent de faire : conclusion, ils sont Russes. Les militaires lui demandent d’arrêter de filmer, l’Ukrainien désobéit, faisant mine de filmer les arbres : « Je suis chez moi, la constitution de l’Ukraine m’autorise à filmer. » La séquence se finit bien. Un peu plus violente, sur une vidéo o nous montre un individu en civil, suivi et menacé par des Ukrainiens dans une rue non identifiée, qui refuse lui aussi de dire palyanitsya. Il s’agirait donc d’un saboteur, un pro-russe venu espionner ou dessiner des signes pour guider l’armée russe. On ne sait pas ce qu’il est advenu de cet homme.
Ce n’est pas la première fois que l’astuce langagière est utilisée en temps de guerre. Ce type de mots permettant d’identifier un ami ou un ennemi porte même un nom : un « schibboleth ». Mot d’origine hébraïque (שִׁבֹּלֶת), on le retrouve notamment dans la Bible, où il signifie « épi » ou « branche ». Les Galaadites (ou Guiléadites) l’auraient employé pour vérifier si les personnes traversant le fleuve Jourdain étaient des Éphraïmites, leurs ennemis : si l’un d’entre eux prononçait Sibboleth au lieu de Schibboleth, alors c’en était fini de lui. D’autres schibboleths ont traversé l’histoire – et la géographie. Les pirates frisons avaient le leur au XVIe siècle ; les Alsaciens aussi, par rapport aux Allemands, pendant la Première Guerre mondiale (barabli, pour dire « parapluie ») ; les Haïtiens, dans les années 1930, les Dominicains aussi (perejil, « persil ») ; ou encore pendant la guerre des Malouines, les Britanniques face aux Argentins (« Hey, Jimmy »).
Si l’ampleur et l’efficacité de leur usage restent difficiles à établir, les schibboleths montrent que la guerre est aussi affaire de langage. Pas seulement dans les campagnes de propagande ou de désinformation, ni dans la technicité du langage militaire, mais aussi de façon plus informelle, sur le terrain. En ce sens, le langage courant permet parfois de sauver des vies, si la réponse permet de se mettre à l’abri – ou de s’en prendre à l’ennemi, si la rencontre dégénère. Dans le cas de la guerre en Ukraine, le schibboleth palyanitsyamet également en lumière la complexité du conflit, car certains Ukrainiens russophones qui seraient passés du côté russe peuvent bien prononcer le mot et donc échapper à l’identification. Parfois, l’ennemi est un ami qui a changé de camp. La guerre en Ukraine semble d’autant plus tragique qu’elle contient cette dimension fratricide, dont le langage est comme le révélateur intime.
De notre confrère belge max.sudinfo.be – Par PAR PIERRE JACOBS
Ordre religieux et militaire fondé en 1128 lors du concile de Troyes, les Templiers ont durablement marqué les esprits de leur aura de mystère. De ces chevaliers du Christ, il reste encore quelques petites traces en Wallonie.
L’ordre des Templiers avait été créé afin de protéger et d’accompagner les pèlerins pour Jérusalem alors que le contexte de l’époque était à la guerre sainte. Pour mener à bien cette mission, ils avaient été pourvus de nombreux privilèges fiscaux et dotés de biens fonciers (dont un réseau de commanderies) qui leur ont assuré la fortune pendant près de deux siècles. En 1312, l’ordre fut dissous par le pape Clément V et les Templiers furent accusés d’hérésie, puis persécutés. Aujourd’hui encore, ils hantent les esprits, tout comme leur fabuleux trésor qui serait toujours caché quelque part.
Et peut-être en Wallonie ? Qui sait… L’histoire des Templiers en Belgique remonte en effet au début du 13e siècle, lorsque l’ordre a commencé à s’installer dans le pays. Ici également, ils étaient riches et puissants, possédant des terres et des bâtiments. Avec leur disparition, leurs biens et propriétés en Belgique ont été transférés à d’autres ordres religieux, notamment l’Ordre de Malte. Mais il reste encore aujourd’hui quelques bâtisses et monuments qui témoignent de leur présence sur nos terres.
Vestiges en Wallonie
Le village de Villers-le-Temple, en province de Liège, peut ainsi difficilement cacher son origine puisque son nom provient d’une ancienne commanderie de l’Ordre. Son château, situé dans le cœur historique, a d’ailleurs été fondé par Gérard de Villers, un chevalier templier. L’église dispose encore d’une dalle tumulaire à son nom.
À Thines, près de Nivelles, vous pouvez profiter de la salle et du service traiteur de la commanderie de Vaillampont dont l’existence remonterait à la fin du 12e siècle. Après la dissolution des Templiers, le domaine sera repris par l’Ordre de Malte pour être ensuite vendu à l’État à la Révolution française. La commanderie de la Neuve-Court à Wavre a été offerte vers 1140 aux Templiers par Godefroid 1er. Le domaine possédait alors près de 100 hectares de terres qu’ils valoriseront avant que le lieu ne passe dans les mains des Hospitaliers de Saint-Jean. La ferme actuelle date néanmoins du 17e siècle mais possèderait encore quelques pierres d’époque.
Située entre Courtrai et Tournai, la petite commune d’Estaimpuis possède toujours en ses murs la commanderie de Saint-Léger qui se dresse aujourd’hui dans la rue des… 9 Templiers. Certains vestiges de la ferme actuelle datent toujours du 13e siècle. À l’origine, l’ensemble était composé d’un grand manoir avec baies, d’une chapelle et d’une grange au milieu d’un vaste domaine. L’ancienne Ferme du Temple ou « Maison de Fliémet », à Frameries, a également une origine templière et relevait à l’époque de la commanderie du Hainaut. Elle fut transformée en maison de campagne par le chapitre de Sainte-Waudru après la dissolution de l’Ordre.
Mais si les Templiers ont laissé quelques traces en Belgique, malgré les siècles et les destructions, c’est surtout dans la topologie et l’origine des noms. En Flandre, il n’est pas rare de croiser un Tempelaere ou Tempels parmi les habitants tandis que l’on se promènera dans la Tempelstraat ou Tempeliersstraat. En Wallonie également, on ne compte plus les rues du Temple ou des Templiers.
De notre confrère bolivien paginasiete.bo – Par Oscar Cordoue Sanchez
Alors que la demande de découverte des rituels et des cérémonies se faisaient sentir en secret et augmentait, le public s’intéressait à la franc-maçonnerie et les débats dans la presse étaient constants à cette époque.
Dans les premières décennies du siècle dernier, avec les nouvelles réformes du gouvernement libéral, il a été possible d’établir des lois et des décrets pour réformer le pays. Dans le cas de la viabilité de la liberté religieuse, l’Église catholique a dressé plusieurs obstacles pour empêcher l’importation d’autres croyances, ainsi que de nouvelles organisations secrètes telles que la franc-maçonnerie, ce qui a conduit à une singulière controverse dans la presse de La Paz.
Depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, l’Église a demandé de tenir ses paroissiens attentifs à toute croyance étrangère et de rejeter toute forme de religion non catholique. Le mécontentement était plus visible après la promulgation de la loi pour l’abolition de la juridiction ecclésiastique en 1906. La presse catholique, la voix de tous les événements ecclésiastiques du pays, critiquait sévèrement toute action qui dénigrait le mouvement catholique.
1917 est arrivé, une année de plusieurs événements sociaux, dont le crime des militaires et de l’ancien président José Manuel Pando. L’église, justifiant son droit d’être la voix du peuple, cherchait des indices pour identifier un coupable qui pourrait être débordé dans la presse et dans les médias. En septembre, et après cet événement malheureux, la nouvelle d’une organisation secrète dirigée par divers membres libéraux parvint dans notre pays.
La polémique surgit avec une note dans l’édition du 20 septembre du journal El Hombre Libre. Dirigé par Franz Tamayo, il a publié une chronique intitulée « Puissante organisation secrète maçonnique », exposant une « société de l’ombre cachée ». Le journal indique que plusieurs politiciens éminents sont membres de ladite organisation, l’Illimani Lodge, fondée en 1916, située au 21 Castro Street à cette époque.
Une chronique est faite de l’aventure d’un de ses reporters dans cette maison, décrivant les ornements, nappes et personnages qui se trouvent à l’intérieur du lieu et les rituels pratiqués tard dans la nuit. Compte tenu de cette situation, la réponse du lendemain ne tarderait pas à arriver.
Leo Tax, défenseur des droits maçonniques, du journal El Fígaro, commence par décrire la franc-maçonnerie et ses fonctions à qui « nous devons le fait que notre statut d’esclaves s’élèvera à celui de citoyens à l’ère dite de l’indépendance ». Il raconte l’origine des loges maçonniques modernes avec Francisco de Miranda à la tête, développant une société pour travailler à l’indépendance américaine. Il note la question de la compatibilité entre la religion et la franc-maçonnerie, donnant des exemples de réciprocité entre les représentants de loges telles que San Martín, Bolívar, O ́Higgins et leur alliance avec le clergé lors de l’indépendance américaine. De plus, il met en cause le journal de Tamayo pour s’être opposé à l’importation de nouvelles doctrines et contredire sa fonction de lutte contre l’intolérance catholique.
Cette même semaine, une chronique intitulée « Franc-maçonnerie en Bolivie » est parue dans le journal catholique La Verdad, dirigé par l’homme politique Abel Iturralde, où il a accusé la franc-maçonnerie d’être un petit groupe qui s’est beaucoup ingéré dans la politique du pays ainsi que dans les événements récents du crime de Pando, accusant la loge de cet acte, constituée de « véritables repaires des crimes les plus terrifiants ». Ils accusent le colonel et aide de camp du président Ismael Montes, Lizandro Cortez, d’être l’organisateur des rassemblements de la récente organisation maçonnique de la ville et d’être Grand Maître, chef de la loge.
El Hombre Libre, ajoutant plus de données, mentionne que ladite fondation de cette organisation est due à M. Williams, directeur d’une maison commerciale de la ville . De plus, il envoie une liste des membres qui assistent aux rassemblements nocturnes. Parmi ceux-ci figuraient Ismael Montes, George Rouma, Ezequiel Romecin, Isaac Tellería, d’éminents membres libéraux.
La réponse, le lendemain, de Leo Tax a été de développer des informations sur la franc-maçonnerie, ses membres et les exigences pour en faire partie. Entre autres points, il a nié le lien avec le crime de l’ancien président Pando, puisqu’il était répertorié comme franc-maçon depuis 1885 et membre vénérable de la Loge Iris de La Paz ; niant ainsi la participation de la franc-maçonnerie au crime de Kenko et démontrant la mauvaise condition morale de ses collègues de la presse, essayant de diffamer ladite organisation pour être une institution discrète et fermée à certains cercles.
Ainsi, pendant des semaines, une discussion animée s’ensuit entre Tax et les journalistes de La Verdad y El Hombre Libre. Plus tard, La Razón rejoindra le débat, dirigé par Bautista Saavedra, un journal qui commente l’audace de cette organisation secrète pour mener à bien ces activités « qui ont été guidées (…) pour constituer des repaires de crimes contagieux ».
Tax est rejoint par le journal de Humberto Muñoz Cornejo, El Tiempo, et tous deux commencent à commenter les crimes commis par l’église et ses représentants à différents moments de l’histoire. Ils témoignent de la bonne volonté des pays sud-américains aux diverses loges à accepter cette nouvelle organisation au service du développement moral, promouvant un large éventail d’informations encore méconnues du public bolivien.
Tax se retrouve notamment dans un vif débat avec Marco (Juan Bardina), un journaliste de La Verdad, sur l’influence du clergé pour manipuler la société et les mensonges cachés sous la franc-maçonnerie.
Dans plusieurs publications sur l’actualité du débarquement de la loge située rue Castro, la crédibilité de ce groupe et son association avec divers événements néfastes dans d’autres lieux sont remises en question, mais sans rendre l’information vraie. Entre menaces, descriptions historiques et critiques mutuelles, ils ont commencé à démanteler toutes les informations sur la Loge Illimani, financée par des éléments étrangers, dont des marchands anglais, français et allemands, membres de loges à Antofagasta, chargés d’en créer d’autres et de générer une morale, l’éducation et l’ascension spirituelle de chaque nouveau membre parrainé. Au fur et à mesure que la demande de connaissance des rituels et cérémonies secrets augmentait, le public s’intéressait à la franc-maçonnerie et à son histoire.
C’est Pedro German Muller Carmona, écrivain chilien, sous le pseudonyme de Leo Tax, qui publiera en 1918 le livre La Masonería en Bolivie, dans lequel figurent toutes les chroniques journalistiques sur le débat, pendant trois mois, qui s’est déroulé autour du rejet et la défense de cette organisation dans le pays.
Presque… un petit adverbe comme ça, qui n’a l’air de rien, qu’on glisse à côté de l’adjectif auquel on préfère attribuer une nuance. Comme pour en atténuer l’éventuelle violence, au risque de l’édulcorer totalement.
« Celui qui a toujours tort est évidemment bête, mais celui qui a toujours raison est presque pire… », énonce Michel Serres, s’interrogeant sur l’impertinence.
Le champ lexical latin auquel appartient cet adverbe est significatif de l’incertitude qui l’assortit.
*Paene, qui le désigne en latin, contribue à former la péninsule, pas tout à fait une île, comme si cet entre-deux comportait une faute. La pénurie marque un manque qui n’a pas encore atteint la disette voire la famine. L’insatisfaction apparaît dans l’expression latine *me paenitet, je ne suis pas satisfait de ce que j’ai fait ou n’ai pas fait, d’où ma repentance. Donc je fais pénitence.
Même l’innocente avant-dernière syllabe d’un mot, en grammaire, est stigmatisée, c’est la pénultième! Elle est même précédée d’une antépénultième !
Presque, ce tout petit mot s’inscrit dans l’idée d’approximation floue, matière à reproche. Ce que signifie son étymologie, celle de *premere, presser, accabler.
Le presque, le pas-tout-à-fait, l’inabouti. Comme une minuscule friche entre deux territoires nettement délimités. On peut constater cette dénaturation dans des domaines spécifiques, celui des couleurs par exemple, si propres à susciter des hésitations en fonction des traditions culturelles qui peinent à les définir autrement que par métaphore. Quelques couleurs franches sont reconnues, blanc, noir, rouge, jaune, mais le terrain se fait mouvant dès qu’on aborde la zone floue entre le bleu et le vert. Est-ce le turquoize, ou le reflet du ciel dans la mer par beau temps des Bretons ? Quand on connaît la versatilité des ciels marins…
Selon le point de vue où l’on se place, l’adolescent est-il un presque adulte, qui à son tour serait déjà presque vieux ?
Caractère volatil de ce presque, point nodal sans épaisseur et pourtant si essentiel, dans la fluidité du temps, comme la musique que Vladimir Jankélévitch, grand mélomane, définissait comme un « presque-rien« , justement parce que la note, la mesure, l’harmonie, à peine sont-elles jouées et mises en oeuvre, elles se sont déjà enfuies, mais elles laissent une trace indélébile dans la mémoire, qui en fomente aussitôt la nostalgie.
Pourquoi toujours ce besoin de normes qui stigmatisent le « juste avant » et le « juste après » ? Pourquoi ne pas percevoir dans le « presque » la liberté de l’imaginaire intime, cet espace où s’ébattre, dans les relations humaines, dans un délicieux manque indéfinissable, qui évite la satiété, l’insupportable « trop » ?
Presque ressortit au même champ lexical que proche, prochain. Ce qui en rend vivaces le désir et la curiosité… sans tracer la limite…
A la mort de Clémence Royer (1830-1902), intellectuelle touche-à-tout surdouée, Ernest Renan écrivit : « Elle était presque un homme de génie ». L’inclassable Clémence, allergique à toute étiquette, à plus forte raison sur filigrane misogyne, se serait à coup sûr réjouie de ce « presque »…
Annick DROGOU
Le presque resté sur le seuil qui ne sera pas franchi.
Le presque de ce qu’on ne peut circonscrire ni enfermer dans les certitudes. L’insaisissable, l’entrevu. Le jamais atteint. Comme une trace, une nostalgie d’un jadis absolu. Comme une espérance.
Le presque comme des points de suspension. Trois points c’est tout. Quand il n’y aurait rien à ajouter sauf à rompre le charme, à être péremptoire, dans la bêtise à front de taureau.
Le presque comme une paix ou une joie qui ne peuvent s’installer dans le confort paresseux du point final, du couvercle qui remiserait nos belles et tendres interrogations.
Le presque comme une apostrophe, un fragile signe qui fait liaison. Seulement liaison sans devenir glu. Le presque aussi difficile à définir que le mot âme.
Le presque de la nuance qui approche, qui affleure, qui révèle la fragilité de toute vie, qui empêche l’absurde, qui donne sens et exorcise le néant.
Le presque, toujours sur le qui-vive, à la recherche du point d’équilibre, entre le presque rien et le presque tout qui résume l’essentiel du mystère de toute chose. Douceur et pudeur du presque.
Il faut aimer ce presque, oser un presque. Le contraire du bruit, du tonitruant. Ce presque qui émerge du silence. Il faudra en accepter la résignation, pas la frustration mais plutôt l’émerveillement. Le presque va avec la contemplation, une consolation qui nous fait humain, pleinement humain. Je te connais. Non, je te connais presque. De ce que je sais de toi, de ce que tu connais de toi. Tu es le proche. Proche est le presque, dans la proximité qui empêche l’accaparement.
Le presque de l’horizon que jamais on ne touche.
Le presque de Moïse qui n’atteint pas sa terre promise. Qui tiendra la promesse ? Mieux que toute victoire, mieux que tous les Everest des conquêtes provisoires et illusoires.
Le presque comme une danse, une souplesse, une légèreté d’allégresse, débarrassée de toute aliénation. Liberté du presque.
Le presque davantage évocation que définition.
Le presque toujours allusif.
Le presque qui nous dit qu’aucun fossé ne sera comblé.
Le presque qui danse avec le peut-être de ce qui n’est pas encore advenu. Capacité, potentialité et puissance de ces presque et de ces peut-être, non comme un lâche relativisme mais comme la force de la confiance.
Le presque au goût d’inachevé parce que toujours en commencement. Presque, sans fin, toujours le non fini, l’in-fini.
Et puis, le presque comme une tangente. L’accepter et prendre la tangente dans l’art du presque.
Le Prieuré de Sion est une association fondée et dissoute en 1956 en France par Pierre Plantard dans une tentative infructueuse de créer un ordre néo-chevaleresque. Au cours des années 1960, Plantard avance que son ordre est le dernier front d’une société secrète prétendument fondée par le chevalier croisé Godefroy de Bouillon en 1099, sur les lieux de l’actuel monastère de l’abbaye de la Dormition de Jérusalem (à l’époque dans le royaume de Jérusalem) situé sur le mont Sion. Cette abbaye rétablit la tradition monastique d’une basilique du Ve siècle qui tomba en ruine après la défaite des Croisés en 1291.
Plantard affirme être à la fois le « Grand Monarque » prophétisé par Nostradamus et un prétendant mérovingien, et qu’en outre le Prieuré de Sion s’était engagé au fil des siècles dans une conspiration pour installer une lignée secrète de la dynastie mérovingienne sur les trônes de France et d’Europe.
Emblème officiel du Prieuré de sion basé en partie sur la fleur de lys, symbole des rois de France
Les prétentions de Plantard n’ont pas résisté longtemps à l’analyse des historiens et se sont révélées être une mystification dont les prétendues preuves ont été fabriquées de toutes pièces par Plantard et d’autres membres de l’association. Plantard finit lui même par admettre ultérieurement la supercherie.
Toutefois, à la surprise de Plantard, ses revendications ont été assimilées avec le thème de la descendance de Jésus de Nazareth et de Marie Madeleine, popularisé en 1982 par les auteurs du livre The Holy Blood and the Holy Grail dont les conclusions sont ensuite reprises, en 2003, par Dan Brown dans son roman Da Vinci Code.
Histoire d’une mystification
Fondation du Prieuré de Sion
Église Saint-Joseph d’Annemasse
Le Prieuré de Sion a été fondé dans la ville d’Annemasse en 1956 en tant qu’association sous le régime de la loi de 1901. Bien que les statuts et les documents d’enregistrement soient datés du 7 mai 1956, l’enregistrement a eu lieu auprès du représentant de la préfecture de Saint-Julien-en-Genevois le 25 juin 1956 et a été publié au Journal officiel de la République française le 20 juillet 1956.
Le siège social du Prieuré de Sion et son journal Circuit étaient basés dans l’appartement de Plantard, dans un bloc de logement social construit en 1956.
Les fondateurs et signataires sont pour certains inscrits sous leurs vrais noms, les autres faisant usage d’un pseudonyme. André Bonhomme (Stanis Bellas) en était le président, Jean Deleval le vice-président, Pierre Plantard (Chyren) le secrétaire général et Armand Defago le trésorier. Circuit mentionne également Plantard en tant que président de l’Association des locataires d’Annemasse.
Le nom de « Sion » s’inspire de celui d’une colline au sud de Annemasse connue sous le nom de « Mont Sion » où les fondateurs du Prieuré de Sion avaient l’intention d’établir un centre de retraite spirituelle.
L’objectif du Prieuré de Sion était résumé par la devise « Chevalerie d’Institutions et Règles Catholiques d’Union Indépendante et Traditionaliste » dont l’acronyme est CIRCUIT. Cet acronyme est en sous-titre de l’association et aussi le nom du bulletin ronéotypé de l’association.
Les statuts de l’association expriment l’objectif de créer un ordre de chevalerie catholique traditionaliste. L’article 7 indique que ses membres devaient avoir l’espérance « de réaliser de bonnes actions pour aider l’Église catholique romaine, enseigner la vérité, défendre les faibles et les opprimés ».
Vers la fin de l’année 1956, l’Association avait prévu de forger des partenariats avec l’Église catholique locale qui auraient impliqué un service de bus scolaire géré par le prieuré de Sion et l’église Saint-Joseph d’Annemasse.
La majeure partie des activités réelles du Prieuré de Sion n’a toutefois aucun rapport avec les objectifs tels que décrits dans ses statuts. Circuit, le journal officiel du Prieuré de Sion, est décrit comme le « bulletin d’information & défense des droits & de la liberté des foyers H.L.M » et non comme assurant le travail de bienfaisance inspiré par la chevalerie. Le premier numéro de la revue est daté du 27 mai 1956 et, au total, douze numéros sont parus. Certains articles prennent des positions politiques dans le cadres de l’élection du Conseil municipal. Dans d’autres numéros figurent des critiques et attaques à l’encontre des promoteurs immobiliers d’Annemasse.
L’association a été dans les faits dissoute peu de temps après en octobre 1956, sans jamais l’être officiellement. Plantard a tenté de la faire revivre sous différents motifs entre 1961 et 1993. L’association du Prieuré de Sion est considérée par la préfecture comme étant en sommeil et n’a plus eu d’activité depuis 1956.
André Bonhomme n’a joué aucun rôle dans l’association après 1956. Il en a officiellement démissionné en 1973 lorsqu’il a entendu dire que Plantard utilisait son nom dans ses tentatives de faire revivre le Prieuré de Sion. Depuis la mort de Plantard, en 2000, plus personne n’a le droit d’utiliser le nom de Prieuré de Sion.
Mystification Après avoir attiré l’attention du public de la fin des années 1960 jusqu’aux années 1980, l’histoire mythique du Prieuré de Sion s’est avérée être une mystification élaborée sous la forme d’un puzzle ésotérique, créée par Plantard. Les éléments de preuve, présentés à l’appui de l’existence et de l’activité du Prieuré de Sion avant 1956, tels que les soi-disant Dossiers secrets d’Henri Lobineau, ont en réalité été créés et disséminés à divers endroits en France par Plantard et ses complices.
Bien que les affirmations du Prieuré de Sion aient été démystifiées de manière exhaustive par des journalistes et des érudits comme une des plus grandes falsifications littéraires en français, de nombreux théoriciens du complot persistent toujours à croire que le prieuré de Sion était une cabale millénaire dissimulant un secret subversif religieux. Quelques chercheurs indépendants, en dehors des universitaires, affirment toutefois, sur la base d’informations d’initiés, que le prieuré de Sion subsiste toujours en tant que société secrète conspiratrice.
Certains sceptiques expriment leur inquiétude quant au fait que la multiplication et la popularité des livres pseudohistoriques, des sites web conspirationnistes et des films inspirés par la mystiification du prieuré de Sion contribuent à propager des théories du complot auprès du grand public20 ; tandis que d’autres sont troublés par la façon dont ces œuvres romancent des idéologies antisémites.
Les affabulations de Plantard
Pierre Plantard a pensé le Prieuré de Sion comme un ordre de chevalerie chrétien ésotérique dont les membres seraient des personnes influentes dans les domaines de la finance, de la politique et de la philosophie, et dévoué à l’arrivée du « Grand Monarque » sur le trône de France.
En 1957 Plantard abandonne le Prieuré de Sion (première formule), le journal Circuit, le projet de maison sur le mont Sion à Annemasse et la collaboration avec l’Église catholique pour se consacrer à sa prétendue ascendance personnelle mérovingienne et à l’avènement du « Grand Monarque ».
Seconde version de Les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin en 1637
En 1960, Plantard a été marqué par l’histoire de Dagobert II parue dans un magazine Les Cahiers de l’histoire, un roi mérovingien assassiné au Viie siècle. Il a également adopté Et in Arcadia ego, titre de deux peintures de Nicolas Poussin (en français Les Bergers d’Arcadie), comme la devise de sa famille et du Prieuré de Sion, parce que la tombe qui apparaît dans ces peintures ressemblait à une autre dans la région de Razès près de Rennes-le-Château. Il fera de cette tombe un symbole pour ses revendications dynastiques.
La tour Magdala à Rennes-le-Château
À partir de 1961, Plantard met au point une histoire mythique pour le Prieuré de Sion affirmant qu’il s’agissait d’un vénérable ordre religieux catholique logé à l’abbaye de Notre-Dame du mont Sion qui avait été fondée par Godefroy de Bouillon dans le royaume de Jérusalem lors de la première croisade en 1099. Il s’agit ici d’une première erreur historique. Le prieuré est une abbaye, l’abbaye date de 415, liée à la basilique Hagia Maria Sion (Sainte-Marie de Sion) tombée en ruines après la défaite des Croisés en Terre sainte puis reconstruite de 1900 à 1910.
Entre 1964 et 1967, Plantard et son ami Philippe de Chérisey créèrent des supposées preuves pour donner de la crédibilité à la lignée et à l’origine inventées. Ils déposèrent à la Bibliothèque nationale de France une série de faux documents dont le plus célèbre d’entre-eux est intitulé Dossiers secrets d’Henri Lobineau.
L’abbé Saunière
Plantard va ensuite se servir de la popularité de Bérenger Saunière et du soi-disant trésor de Rennes-le-Château pour attirer l’attention sur ces faux documents déposés à la BnF. Il fait appel à Gérard de Sède avec qui il avait déjà travaillé, en 1962, sur Les Templiers sont parmi nous : L’Énigme de Gisors. Il l’aide, en 1967, à réécrire un livre basé sur son manuscrit jamais publié et les documents de la BnF, L’Or de Rennes : La Vie Insolite De Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château qui fut un vrai succès populaire.
Grands maîtres allégués
Le Prieuré de Sion est supposément dirigé par un « Nautonnier », ce qui signifie grand maître dans la nomenclature intérieure ésotérique du Prieuré.
La liste suivante des grands maîtres provient de l’appendice de L’Énigme sacrée, présenté comme étant issue des Dossiers secrets d’Henri Lobineau compilés en 1967 par Plantard sous le nom de plume de Philippe Toscan du Plantier en 1967. Tous ceux qui sont nommés sur cette liste étaient morts avant cette date. Tous sauf deux figurent également sur la liste des imperators présumés (chefs suprêmes) et des « membres distingués » de l’Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix qui circulaient en France à l’époque où Plantard était en contact avec cet ordre rosicrucien. La plupart des prétendus grands maîtres ont en commun d’être connus pour s’être intéressés à l’occultisme ou à l’hérésie.
Les Dossiers Secrets d’Henri Lobineau ont affirmé que le Prieuré de Sion et les Templiers ont toujours partagé le même grand maître jusqu’à ce qu’un schisme se produisit en 1188. À la suite de cet événement, les grands maîtres du Prieuré de Sion sont énumérés comme suit :
Un document ultérieur, Le cercle d’Ulysse, identifie François Ducaud-Bourget, un prêtre catholique traditionaliste avec qui Plantard avait travaillé comme personnel d’entretien d’une église pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le grand maître après la mort de Jean Cocteau. Plantard lui-même est ensuite identifié comme le prochain grand maître.
Lorsqu’il fut démontré par des chercheurs français que Les Dossiers Secrets étaient une falsification, Plantard est resté silencieux.
Lors de sa nouvelle tentative, en 1989, de faire revivre le Prieuré de Sion, Plantard a cherché à prendre ses distances avec la première liste discréditée. Il publia une deuxième liste des grands maîtres du Prieuré qui incluait les noms du défunt Roger-Patrice Pelat et son propre fils Thomas Plantard :
En 1993, Plantard a reconnu que les deux listes étaient frauduleuses lorsqu’il a été entendu par un juge d’instruction lors de l’enquête sur la mort de Roger-Patrice Pelat.
L’Énigme sacrée
Château de Rennes-le-Château
En 1969, l’écrivain britannique Henry Lincoln est intrigué après avoir lu Le Trésor Maudit de Rennes-le-Château de Gérard de Sède et y avoir découvert un supposé message crypté. Il y voit une possible allusion à la tombe et au sanctuaire de Sigebert IV, un supposé fils de Dagobert II inventé par Plantard, qui prouverait non seulement que la dynastie mérovingienne ne s’est pas terminée avec la mort du roi, mais que le Prieuré de Sion a reçu mission de protéger ses reliques comme un trésor. Après avoir lu Le Trésor Maudit, Lincoln persuade la BBC Two d’y consacrer trois documentaires dans la série Chronicle.
Dans les années 1980, Lincoln s’associe avec Michael Baigent et Richard Leigh pour de nouvelles recherches. Cela les conduits à prendre connaissance des Dossiers secrets d’Henri Lobineau à la Bibliothèque nationale de France, alléguant des centaines d’années d’histoire médiévale. Ne sachant pas que ces documents étaient des faux, ils les utilisent comme source principale pour écrire, en 1982, leur livre L’Énigme sacrée (The Holy Blood and the Holy Grail) dans lequel ils ont présenté ces mythes comme des faits avérés pour soutenir leur théorie :
Il existe une société secrète connue sous le nom de Prieuré de Sion qui a une longue histoire remontant à 1099 et dont des personnages illustres comme Léonard de Vinci ou Isaac Newton avaient été les grands maitres.
Cette société secrète a créé l’ordre du Temple comme son bras armé et sa branche financière.
Son but est la restauration de la dynastie mérovingienne parce qu’ils sont selon elle les descendants en ligne directe de Jésus-Christ et de sa supposée femme Marie-Madeleine.
Le Saint-Graal ou Sang Real est en même temps l’utérus de Marie-Madeleine et sa descendance.
Des auteurs comme Franck Marie, Pierre Jarnac, Jean-Luc Chaumeil et plus récemment Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir en 2004, n’ont jamais considéré Plantard et le prieuré de Sion aussi sérieusement que Lincoln, Baigent et Leigh. Ils ont finalement tous conclu que le Prieuré de Sion était une Imposture et une mystification, décrivant en détail les raisons de leurs positions et donnant des preuves détaillées.
Les historiens et les érudits ayant étudié le sujet contestent la thèse de l’assimilation du Holy Blood (Sang Real) et du Holy Grail (le Saint-Graal).
The Messianic Legacy
À la suite de la parution des premières études contestant leurs conclusions, Lincoln, Baigent et Leigh répondent en écrivant en 1986 un nouveau livre, une suite à The Holy Blood and the Holy Grail : The Messianic Legacy. Les auteurs affirment que le Prieuré de Sion n’est pas seulement la cabale archétypale mais un référentiel idéal de l’héritage culturel du messianisme juif pouvant mettre fin à la crise de la signification dans le monde occidental en fournissant un roi sacré mérovingien comme une figure messianique dans laquelle l’Occident et, par extension, l’humanité peut placer sa confiance.
Plantard ayant démissionné du titre de grand maître du Prieuré de Sion en 1984, les auteurs sont conduits à y voir la conséquence d’une lutte de pouvoir interne entre Plantard et un contingent anglo-américain ainsi que d’une campagne contre Plantard dans la presse et des livres écrits par des sceptiques.
Bien que Lincoln, Baigent et Leigh restent convaincus que l’histoire pré-1956 du Prieuré de Sion soit vraie, ils avouent la possibilité que toutes les revendications de Plantard sur un Prieuré de Sion post-1956 font partie d’une mystification élaboré dans les cercles ésotristes et monarchistes français.
Prolongements
Nouvelles tentatives de Plantard
En 1989, Plantard a essayé, sans réussir, de sauver sa réputation. Il se présente en mystagogue dans les cercles ésotériques en prétendant maintenant que le Prieuré de Sion avait été fondé en 1681 à Rennes-le-Château. Il était davantage axé sur l’exploitation du pouvoir paranormal des ley lines ou sunrise lines et d’un promontoire appelé « Roc Noir » que d’installer un prétendant mérovingien sur le trône restauré de la France.
Affaire Pelat
Roger-Patrice Pelat avec François Mitterrand lors de sa visite à Rennes-le-Château, le 2 mars 1981. (crédit André Galaup)
Roger-Patrice Pelat avec François Mitterrand lors de sa visite à Rennes-le-Château, le 2 mars 1981.
En septembre 1993, après le jugement en première instance dans l’affaire Pechiney-Triangle, il avait été porté à l’attention du juge d’instruction que Roger-Patrice Pelat, accusé mais non jugé car décédé en mars 1989, avait été un grand maître d’une société secrète appelée le Prieuré de Sion. Le nom de Pelat avait été ajouté sur la deuxième liste des grands maîtres par Plantard après sa mort.
Pelat ayant été un ami personnel de François Mitterrand, ils avaient visité ensemble Rennes-le-Château, le 2 mars 1981, peu de temps avant son élection comme président de la République, le juge ne pouvait pas rejeter les informations portées à son attention sur l’affaire. Il ordonne alors un complément d’instruction et une perquisition au domicile de Plantard qui a permis de découvrir toute une série de faux documents que Plantard admit sous serment les avoir tous fabriqués y compris la participation de Pelat au Prieuré de Sion.
The Da Vinci Code
Dan Brown (Crédit Philip Scalia)
Dan Brown
Sceau de l’Opus Dei
Armoirie de l’Ordre souverain de Malte
La Joconde
En 2003, Dan Brown fait paraître son quatrième roman, Da Vinci Code. Le livre est largement inspiré par L’Énigme sacrée, l’essai publié en 1982 par les trois journalistes britanniques Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh (qui lui intenteront sans succès un procès en plagiat). Le roman de Dan Brown relance l’intérêt du public pour, entre autres, la version pré-1956 du Prieuré de Sion.
Dans leur livre, les auteurs de L’Énigme sacrée, suggèrent qu’il existait un conflit entre le Prieuré de Sion et l’ordre souverain de Malte héritier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ils émettent l’idée, avérée, d’une opposition entre les Templiers et les Hospitaliers pendant les Croisades. Cependant, pour le ressort dramatique du Da Vinci Code, Brown a préféré un conflit entre l’Opus Dei, une prélature catholique controversée, et le Prieuré de Sion.
Dans le roman de Brown, l’Opus Dei s’oppose au Prieuré pour sauvegarder l’Église catholique alors que le Prieuré doit sauvegarder la descendance de Jésus-Christ et de Marie-Madeleine.
The Sion Revelation
En 2006, Lynn Picknett et Clive Prince publient à leur tour un essai pseudohistorique sur Plantard et le Prieuré de Sion : The Sion Revelation. Picknett et Prince admettent que l’histoire pré-1956 du Prieuré était bien une mystification créée par Plantard et que son affirmation selon laquelle il était un dynaste mérovingien était un mensonge. Mais ils insistent sur le fait que cela serait un procédé de narration destiné à égarer le lecteur des véritables prétentions cachées de Plantard.
Ils font valoir que le Prieuré de Sion était une organisation de façade pour l’une des nombreuses sociétés crypto-politiques qui se sont engagées à créer les États-Unis d’Europe en ligne avec la vision occulte synarchique d’Alexandre Saint-Yves d’Alveydre d’une forme idéale de gouvernement.