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Après le meurtre d’Oscar Dufrenne, la presse titre : « franc-maçonnerie du vice »

De notre confrère actu.fr – Par Antoine Blanchet

Il y a 90 ans, l’assassinat d’un directeur de théâtre déchaînait les réactions homophobes à Paris. Le 25 septembre 1933, le directeur de plusieurs théâtres parisiens Oscar Dufrenne est assassiné au Palace à Paris. Dans les journaux, l’homophobie est omniprésente.

Le 25 septembre 1933, Oscar Dufrenne, directeur de plusieurs théâtres à Paris et homme politique en vogue, est sauvagement assassiné dans son bureau au Palace, l’un des cinémas qu’il dirige. Le coupable ? Un mystérieux marin avec qui la victime, notoirement homosexuelle, avait rendez-vous. La presse s’emballe et l’homophobie se déchaîne. Retour sur cette affaire emblématique. 

Une ascension sociale fulgurante 

La vie d’Oscar Dufrenne a des allures balzaciennes. Fils d’un tapissier originaire de Lille, il assiste son père avant de se lancer dans le théâtre. Jeune comédien, il monte à Paris. Il abandonne la scène pour se faire imprésario, puis trouve le succès en gérant de multiples théâtres.

Les Bouffes du Nord, Le Palace, Le Bataclan, Le Casino de Paris… Oscar Dufrenne devient l’empereur de la scène parisienne. Il côtoie les vedettes de son temps telles que Mistinguett et Joséphine Baker. En parallèle, il se lance en politique et devient conseiller municipal dans le 10ᵉ arrondissement de la capitale. Très apprécié par ses concitoyens, notamment dans son engagement pour de nombreuses œuvres de charité, il reçoit la Légion d’honneur en 1926.  

Côté vie personnelle, Oscar Dufrenne ne cache pas son homosexualité : « Il avait de nombreux amants et des relations plus sérieuses. Malgré le conservatisme de l’époque, il évoluait dans le milieu artistique, qui était beaucoup plus tolérant que le milieu bourgeois », détaille Florence Tamagne, historienne et auteure de l’ouvrage Le Crime du Palace Enquête sur l’une des plus grandes affaires criminelles des années 1930. 

Rendez-vous avec un mystérieux marin 

L’ascension fulgurante se termine brutalement. Le 25 septembre 1933, son corps est retrouvé le crâné fracassé dans son bureau du Palace. La victime a été partiellement déshabillée et enroulée dans un tapis.

Interrogés par la police, les employés de l’établissement révèlent qu’Oscar Dufrenne avait rendez-vous avec un homme habillé en marin. Un accoutrement qui ne va pas orienter les enquêteurs vers l’océan : « À l’époque, les marins étaient des objets de désir, et de nombreux prostitués hommes s’habillaient de cette façon », précise Florence Tamagne. 

Railleries de la presse populaire 

Dans un premier temps, les policiers piétinent, ce qui n’empêche pas une partie de la presse de déverser des diatribes homophobes dans ses colonnes. « Certains titres n’en parlent pas comme La Croix ou sont dans l’allusion comme Le Temps, détaille Florence Tamagne. Mais la presse populaire va faire du Crime du Palace sa Une pendant plusieurs jours ». 

Lorsque ces journaux évoquent la victime et les faits, le ton est narquois : « La presse n’écrit à destination que des hommes hétérosexuels. Le ton est souvent moqueur et injurieux. On va parler « d’individus abjects ». Ce qui est constant, c’est aussi le stéréotype homophobe et sexiste de « l’inverti ». Par exemple, on donne à la victime des caractéristiques féminines et les prostitués homosexuels interrogés sont appelés des filles », poursuit Florence Tamagne. 

Une homophobie ambiante 

Très vite, les diatribes ne se cantonnent pas à la seule victime. « Les médias d’extrême droite vont fantasmer une communauté homosexuelle qui se connaît et s’entraide.

On parle de ‘franc-maçonnerie du vice’ ». Antisémitisme oblige, l’Action Française va de son côté parler d’un « vice juif ». D’autres évoquent un « vice allemand ». 

Le climat délétère va mener jusqu’à des actions publiques contre ce que l’on appelle la « propagande homosexuelle » : « Bien que non pénalisée à l’époque, l’homosexualité va provoquer des débats entre le Conseil de Paris et la Préfecture de Police pour « nettoyer la capitale », relate Florence Tamagne. Des descentes ont lieu dans plusieurs bars à Montmartre afin d’arrêter les prostitués hommes. 

Règlements de comptes en politique 

<< Le meurtre d’Oscar Dufrenne est, au-delà des mœurs, un moyen de régler ses comptes dans le monde politique d’alors. Nous sommes dans les années 30. Les ligues d’extrême droite sont très puissantes. Elles vont se servir de l’affaire pour traîner certains politiciens dans la boue. Le fils du président de la commission des finances est ainsi accusé un temps du meurtre de Dufrenne, même s’il n’était pas à Paris ! Une calomnie qui fait les choux gras de l’Action Française> . 

Paul Laborie, un malfrat accusé du meurtre 

Après deux années d’investigations sans résultat, un suspect est enfin arrêté. Il s’agit de Paul Laborie. Multirécidiviste impliqué dans de nombreuses affaires de cambriolages et de violences, il était à Paris le jour des faits. Par ailleurs, il s’est déjà fait passer pour un prostitué afin de faire chanter des hommes influents. Peu après le meurtre, il avait pris la fuite en Espagne. 

L’affaire semble trouver son dénouement, mais ce n’est hélas pas le cas. Le procès de Laborie tourne au fiasco, comme le rappelle Florence Tamagne. « Lors de l’audience, plusieurs témoins auraient été intimidés par la famille de l’accusé. Le procès va aussi devenir celui de la victime, où l’on dénonce ses mœurs et son mode de vie ». Paul Laborie est finalement acquitté sous les applaudissements du public. 

Après ce dernier soubresaut, le crime tombe dans l’oubli. Contrairement à l’affaire Violette Nozière, commis à la même période, aucune campagne de soutien ne tente de réhabiliter Oscar Dufrenne. Aujourd’hui, seule la tombe discrète au Père Lachaise de l’Empereur des théâtres rappelle ce meurtre irrésolu. 

France Culture : Aux origines de la papauté : comment l’évêque de Rome est-il devenu le pape ?

De notre confrère radiofrance.fr

Alors que le pape François est en visite à Marseille, retour aux origines de la papauté afin de comprendre comment la façon de concevoir et d’exercer l’autorité pontificale a évolué au cours des siècles.

  • Dominique Iogna-Prat Médiéviste, directeur de recherche émérite au CNRS et directeur d’études émérite à l’EHESS
  • Céline Béraud Sociologue, directrice d’études à l’EHESS et membre du Centre d’études en sciences sociales du religieux

Aux origines de la papauté, comment l’évêque de Rome est-il devenu le pape ? Un formidable parcours qui ne fut pas sans embûches. L’histoire s’écrit parfois sous forme de dictionnaires… Passons les dictionnaires des papes, recueil de petites notices biographiques. Plus remarquable est le Dictionnaire historique de la papauté, paru en 1994, dirigé par Philippe Levillain, grand historien et, pendant longtemps, voix des Lundis de l’histoire sur France Culture. Il existe aussi un Dictionnaire d’histoire de l’Église, mais que se passe-t-il si, dans le titre, apparaît le mot “critique” ? L’histoire des religions ne peut s’écrire qu’en prenant en compte les autres champs de la recherche et les autres disciplines des sciences sociales. Dès lors, il est envisageable de papoter.

Un travail d’interdisciplinarité

Qui était le premier papa ? Comment celui qui n’était à l’origine que l’évêque de Rome est-il devenu vicaire du Christ ? Comment comprendre l’évolution du concept d’Église au prisme des transformations de l’autorité pontificale ? Dominique Iogna-Prat et Céline Béraud nous éclairent sur l’histoire de la papauté à travers une approche critique, défendue dans leur Dictionnaire critique de l’Église (PUF, 2023).

« L’objet de notre travail, c’est de montrer dans quelle mesure l’Église est un terme tout à fait polysémique, difficile à maîtriser dans son évolution, y compris dans sa sécularisation. (…) Ce dictionnaire rend compte des théologies catholiques, protestantes, orthodoxes, dans leur pluralité, mais toujours dans une confrontation avec les sciences sociales », explique Dominique Iogna-Prat, historien.

« La sociologie est aussi au cœur de ce dictionnaire. (…) Les directeurs du volume ont placé le dictionnaire sous la figure tutélaire des pères fondateurs de la sociologie, Emile Durkheim et Max Weber. (…) Ce dictionnaire a été une véritable expérience de l’interdisciplinarité », souligne Céline Béraud, sociologue.

Le pape, une figure en évolution constante

Le pape est une catégorie qui apparaît vers le IIIe siècle. « Il s’agit de désigner la paternité spirituelle du pasteur. C’est une appellation tout à fait générale, mais qui va peu à peu se spécialiser. On va progressivement prendre l’habitude — notamment à l’époque carolingienne — de désigner en Occident le pape par cette appellation », explique Dominique Iogna-Prat.

Une rupture théocratique s’établit à partir du XIIe siècle dans le contexte de la réforme grégorienne. « Le pape n’est plus simplement le vicaire, le remplaçant, le représentant de Pierre. Il est le représentant et l’incarnation du Christ. Une forme d’institution hiérarchique va se matérialiser et se confondre dans sa majesté avec le pape. L’instance spirituelle devient une instance monarchique qui se matérialise à travers la réunion du diadème et des deux couronnes », souligne l’historien.

Pour aller plus loin

  • Frédéric Gabriel, Alain Rauwel, Dominique Iognat-Prat (dir.), Dictionnaire critique de l’Église, Presses universitaires de France, septembre 2023.

Références sonores

  • Extrait de l’Évangile selon Matthieu, chapitre 16, versets 13 à 23
  • Archive du juriste et sociologue des religions Gabriel Le Bras, Heure de culture française, RTF, 1955
  • Chanson de Sheila Papa t’es plus dans le coup, 1963
  • Archive de Robert Minder, professeur au Collège de France, RTF, 1960
  • Chanson de Georges Brassens Tempête dans un bénitier, 1991
  • Musique du générique : Gendèr par Makoto San, 2020

« Des racines & des ailes » avait braqué ses caméras sur la Franc-maçonnerie

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De notre confrère ina.fr

Reportage consacré à la franc-maçonnerie avec la participation de Philippe GUGLIELMI, Grand Maître du Grand Orient de France à l’époque du reportage. En tournée à travers la France pour faire mieux connaître son obédience auprès des profanes, il est filmé à Troyes lors d’une conférence publique.

Cependant, le Grand Orient reste un organisme mystérieux comme le prouve un micro-trottoir réalisé devant son siège à Paris et lors d’une visite du musée. Pierre MOLIER, bibliothécaire au Grand Orient de France, propose une visite privée de ce lieu, ouvrant les portes de plusieurs temples, expliquant la symbolique qu’on y trouve et comment la franc-maçonnerie est organisée : institutions, hiérarchie, règles, mode de travail.

A Mulhouse, Edouard BOEGLIN, maître vénérable, présente quelques membres de la loge : Philippe GUILLAUME, Jean SERRE, Paul HELBRUNNER, Denis LAEDLEIN, Jean-Pierre WALTER. Ils expliquent que le but des francs-maçons, quelles que soient leurs opinions politiques, est de construire une société meilleure.

Puis, parallèlement à la diffusion d’extraits du film de 1968 « Les Francs-maçons », jamais diffusé à la télévision, montrant une cérémonie d’initiation, Pierre MOLLIER et les six maçons de Mulhouse expliquent comment se passe l’initiation (cabinet de réflexion, symboles à méditer, épreuves…), ce qu’ils ont ressenti pendant leur propre initiation. Evocation du recrutement des nouveaux francs-maçons et des bienfaits de la pratique maçonnique dans leur vie et dans la vie du groupe.

Paul HELBRUNNER, ancien mineur, choisit les musiques qui accompagnent les rituels. Il a une préférence pour « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss pour les cérémonies d’initiation, et pour clore les « tenues », c’est Mozart qu’il choisit. Jean-Pierre WALTER, chez lui, nous parle de sa façon de vivre le fait qu’il soit franc-maçon : discrétion, relation très forte avec les autres francs-maçons. Sa femme LILIANE avoue qu’elle sait peu de choses de ses activités, mais affirme qu’il a changé depuis qu’il est franc-maçon. Il est plus altruiste.

Son ami Vincent BILGER évoque la solidarité qui unit les francs-maçons. Puis, les maçons de Mulhouse évoquent leurs séances de travail, les « tenues » ou « ateliers », ainsi que les « planches », dossier sur lequel chaque franc-maçon travaille afin de rédiger un rapport. Ils évoquent l’esprit démocratique qui prévaut dans l’organisation de la franc-maçonnerie.

Entrevue avec Stéphane Hamel | Sous le Bandeau | Épisode #72

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Dans cet épisode spécial de Sous le Bandeau, nous sommes ravis d’accueillir notre Frère Stéphane Hamel, une personnalité reconnue dans le monde de la radio et co-animateur de l’émission « En tout Franchise » sur YouTube.

🌐 Au programme : Découverte du parcours maçonnique de Stéphane Hamel. Discussion sur ses expériences à la radio et sa complicité avec Amélie Paul. Exploration de l’histoire et des coulisses de l’émission « En tout Franchise ».

🎤 Ce que vous découvrirez : Le Frère Stéphane nous ouvre les portes de son univers, partageant son expérience maçonnique, ses aventures radiophoniques et l’histoire de son émission. Un échange riche et profond qui offre un regard intime et éclairé sur son parcours et ses passions.

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Exposition anniversaire : 50 ans d’héritage maçonnique à la Vadiana St.Gallen

De notre confrère suisse dieostschweiz.ch

Depuis 1972, la Bibliothèque cantonale de Saint-Gall possède une importante bibliothèque maçonnique, la « Bibliothèque maçonnique August Belz ». La fondation et Vadiana fêtent leur 50ème anniversaire avec une exposition anniversaire. L’exposition offre un aperçu de la franc-maçonnerie historique et contemporaine.

Dans l’exposition anniversaire, la Fondation Bibliotheca Masonica August Belz présente la fondatrice de la bibliothèque et son œuvre. Il présente des particularités et des raretés issues de 50 ans de collection pour le livre maçonnique. 

Lors de l’ouverture, Maria Geldmacher donne également un aperçu de la vie de son père, le fondateur de la bibliothèque August Belz. Des visites guidées de l’exposition sont également proposées.

Origine de la Bibliotheca Masonica

La Bibliotheca Masonica trouve ses origines avec August Belz (1907-1971). Au cours de plusieurs décennies de collecte, le fabricant de Rorschach et franc-maçon a constitué une bibliothèque complète de littérature maçonnique, qu’il a léguée dans son testament à sa loge « Humanitas in Libertate » à Saint-Gall. Les quelque 4 000 œuvres du legs constituent la base de la Bibliotheca Masonica August Belz, fondée en 1972.

La collection de livres unique d’August Belz est depuis devenue une bibliothèque de recherche de renommée internationale. Aujourd’hui, la collection, conservée à la bibliothèque cantonale de Vadiana et ouverte au public, comprend plus de 20 000 ouvrages, avec un accent sur la franc-maçonnerie ainsi que sur les mouvements et alliances gnostiques-théosophiques et alchimiques-rosicruciens, le mysticisme et les mystères, ainsi que comme symbolisme.

Exposition anniversaire « Pour le livre – 50 ans de la Bibliotheca Masonica August Belz »

• Dates d’exposition : du mercredi 20 septembre au vendredi 6 octobre 2023

• Lieu d’exposition : Bibliothèque cantonale Vadiana, Notkerstrasse 22, 9000 Saint-Gall

• Horaires d’ouverture : du mercredi au vendredi, de 14h à 18h. L’exposition est ouverte jusqu’à 20h certains jours : 21, 27 et 28 septembre et 5 octobre

• Vernissage : mardi 19 septembre, 18h30

• Visites : mercredi 27 septembre, 17h45, jeudi 5 octobre, 18h00

À propos de la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie moderne est apparue au siècle des Lumières. Depuis Londres au XVIIIe siècle, il s’est rapidement répandu à travers l’Europe, outre-mer et dans les colonies – malgré la grande résistance des gouvernements absolutistes de l’époque contre les francs-maçons et leurs valeurs des Lumières : liberté, égalité, fraternité, tolérance et humanité. Les premières loges voient le jour rapidement en Suisse et en 1861 la première loge saint-galloise, Concordia, est fondée. Deux autres loges suivirent au XXe siècle, la Humanitas in Libertate et Bauplan. L’histoire de la franc-maçonnerie est encore méconnue de beaucoup aujourd’hui et la confrérie, enveloppée de mystère, est encore entourée d’un brouillard de mystification et de spéculation.

À propos de la Bibliotheca Masonica August Belz (BMAB)

Le BMAB est bien plus qu’une simple collection de livres. C’est l’héritage d’un homme qui était non seulement un franc-maçon passionné, mais aussi un érudit d’une profondeur et d’une sagesse impressionnantes. August Belz a poursuivi la recherche de la connaissance et de l’amour de la franc-maçonnerie tout au long de sa vie, ce qui a finalement conduit à la naissance du BMAB après sa mort. Cette institution, qui trouve ses origines en Suisse, révèle un trésor de littérature qui traite non seulement de la franc-maçonnerie, mais explore également des sujets connexes. Des rites et rituels à la symbolique et aux influences de la franc-maçonnerie sur la société, le BMAB est un lieu où se révèlent les secrets de la franc-maçonnerie et son contexte historique.

Mais le BMAB ne s’adresse pas qu’aux francs-maçons. Ses portes sont ouvertes à tous ceux qui ont soif de connaissances et s’intéressent à cette sphère unique de secrets, de rituels et d’histoire. Ici, vous pourrez plonger dans les profondeurs de l’histoire humaine, explorer le lien entre la franc-maçonnerie et d’autres sociétés et apprendre la sagesse des générations passées.

(Image : PD)

La cérémonie de la Franc-Maçonnerie rassemble les plus hautes autorités

De notre confrère chilien nationworldnews.com

La Grande Loge du Chili, la Grande Loge des Femmes et la Grande Loge Mixte tiendront ce samedi 9 septembre la cinquième édition de la Fraternitas de la Repblica.

« Comprendre dans la paix et la justice » est le message que la franc-maçonnerie chilienne propose dans la cinquième édition de Fraternitas de la Repblica, une cérémonie républicaine, laïque et démocratique au cours de laquelle l’institution invite les citoyens et les plus hautes autorités politiques du pays à réfléchir sur la nation que nous voulons construire.

L’événement, comme toujours, aura lieu ce samedi 9 septembre à 11h00 au Grand Temple de la Grande Loge du Chili. Il rassemblera diverses agences gouvernementales, dont le Congrès national, les forces armées et les forces de l’ordre, les syndicats et les dirigeants syndicaux, les hautes autorités universitaires, les représentants du pouvoir judiciaire et les pompiers, entre autres.

« Trois institutions à visée éthique, la Grande Loge du Chili, la Grande Loge Mixte et la Grande Loge des Femmes, ont également accepté cette année de réaliser un acte dans lequel la vertu et l’éthique sont au cœur des anniversaires. » doivent le faire, toujours unis, la patrie et ses enfants, ainsi que ceux qui sont venus dans notre république à la recherche d’une vie meilleure », a déclaré le Grand Maître de la Grande Loge du Chili, Sebastián Jans Pérez.

Dans cet esprit, Jans a ajouté : « Nous sommes convaincus que, compte tenu de l’abondance d’évaluations, d’interprétations ou de positions cohérentes, l’importance de la construction éthique comme point de référence dans notre communication entre différentes personnes et groupes est fondamentale. »

Les autorités attendues à l’événement: le Président du Sénat, Juan Antonio Coloma Correa, sera présent, ainsi que le Ministre Secrétaire Général de la Présidence, lvaro Elizalde Soto ; la ministre du Travail et des Affaires sociales, Jeannette Jara Román ; la ministre des Mines, Aurora Williams Baoussa ; le président du Parti libéral, Vlado Mirosevic Verdugo ; le secrétaire général du Renouveau National, Diego Schalper Seplveda ; les politiques de divers partis politiques ; et des composants conventionnels.

Comme dans la version 2022, la Fraternitas de la Repblica est convoquée par la Grande Loge du Chili, la Grande Loge des Femmes du Chili, dirigée par le Grand Maître Soledad Torres Castro, en plus de la Grande Loge Mixte du Chili, dirigée par la Grande Maîtresse Margarita Carvajal. Salinas.

Le crâne et les os croisés apparaissent dans certains ordres maçonniques…

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par William Régal

Le crâne et les os croisés apparaissent dans certains ordres maçonniques. Cela représente-t-il du piratage au sein de l’artisanat ? Ou quelque chose de différent dans son ensemble ? La tête de mort et les os croisés du drapeau Jolly Roger sont l’un des symboles les plus facilement reconnaissables que l’on puisse trouver dans le monde. Si vous lisez un morceau de littérature pour enfants, vous verrez le Jolly Roger voler fièrement du mât d’un bateau pirate. Dans la littérature, les pirates sont quelque peu romancés.

Pour tous ceux qui ont vu Pirates des Caraïbes de Disney, il suffit de réfléchir au personnage du capitaine Jack Sparrow pour constater que de tels personnages sont vénérés et appréciés. Mais la réalité de la piraterie est bien différente. Les pirates étaient des voleurs agressifs et insensibles, qui assiégeaient une partie particulière du monde et faisaient des ravages dans les communautés riveraines.

La notion romantique des pirates en tant que vaillants aventuriers est un peu erronée et serait fortement contestée par les personnes qui ont souffert aux mains de ces criminels du Moyen Âge. Mais quelle que soit la manière dont ils sont représentés dans la culture populaire, la tête de mort est la bannière sous laquelle ils sont représentés. Si vous montrez à quelqu’un une tête de mort blanche sur fond noir, il pensera immédiatement à des pirates.

Le drapeau remonte en fait aux années 1720, lorsque des pirates bien connus comme Black Sam Bellamy assiégeaient la haute mer. Les pirates hissaient le drapeau alors qu’ils s’apprêtaient à attaquer un autre navire de mer. La piraterie en haute mer a atteint son paroxysme à la fin de la guerre de Succession d’Espagne en 1714, et de nombreuses personnes en ont souffert.

Compte tenu de son histoire néfaste, vous pourriez très bien vous demander pourquoi diable le symbole en est venu à être utilisé au sein de la franc-maçonnerie. Et que représente-t-il aujourd’hui au sein du métier ? Jetons un coup d’œil maintenant.

Cela représente la certitude de la mort

Avant que la tête de mort ne soit utilisée sur le drapeau Jolly Roger, elle était couramment inscrite sur les pierres tombales pour symboliser le passage d’un être humain dans l’au-delà. C’est la principale raison pour laquelle le symbole peut être trouvé au sein de la franc-maçonnerie, et cela n’a rien à voir avec le piratage.

Comme vous le savez probablement, les frères apprennent à ne pas craindre la mort. On nous enseigne que la mort est quelque chose qui arrive naturellement et que nous ne pouvons pas éviter. Au lieu d’attendre cette fatalité, les frères apprennent à accomplir de grandes choses dans la vie et à accepter la mort lorsqu’elle fait partie du voyage.

De cette façon, les frères garderont un souvenir affectueux à leur décès, pour avoir accompli de grandes choses au cours de leur vie. Vous connaissez peut-être l’expression latine « memento mori », qui est courante dans la maçonnerie. Sa traduction littérale est « rappelez-vous que vous devez mourir » et elle accompagne généralement le symbole du crâne et des os croisés.

Même si à première lecture on pourrait penser que c’est terriblement morbide, c’est en fait un conseil pertinent que les frères feraient bien de suivre. Après tout, si vous vivez votre vie en acceptant pleinement qu’un jour vous mourrez inévitablement, vous pouvez vivre sans regret ni inhibition. Vous pouvez vivre pleinement votre vie, tout en restant fidèle aux valeurs cardinales de la maçonnerie.

Peu de frères pourraient affirmer que de tels conseils avisés ne sont pas chaleureusement accueillis. Par conséquent, comme le crâne et les os croisés sont utilisés comme un rappel opportun de ce conseil au sein de la franc-maçonnerie, il est beaucoup moins controversé qu’on le craignait initialement.

Les Templiers

Un ordre maçonnique qui attire régulièrement beaucoup de curiosité de l’extérieur est celui des Templiers. Peut-être à cause de la réputation notoire qui a précédé les défenseurs des pèlerins chrétiens tout au long des Croisades, l’ordre est parfois terni par un pinceau peu élogieux.

Leur choix du crâne et des os croisés comme symbole important n’aide probablement pas non plus leur cause. Au cours des croisades du XIIIe siècle [400 ans avant que les « pirates » ne soient un fléau en haute mer], les chevaliers commettaient de nombreux actes que l’on pourrait qualifier de piraterie. Ils ont pris des otages, volé des biens et des marchandises et ont agi d’une manière qui ne serait pas jugée appropriée pour les défenseurs de l’honneur chrétien.

De nombreux historiens ont souligné le fait que les actes brutaux commis par les chevaliers racontent une autre histoire de leur formation et de leur existence. Quelle que soit son interprétation, vous trouverez dans des documents historiques des exemples de chevaliers brandis comme des pirates et des criminels, ajoutant encore à la controverse sur l’apparition du symbolisme dans l’Artisanat.

Alors, l’utilisation de la tête de mort au sein de la franc-maçonnerie est-elle appropriée ?

Lorsqu’on interprète tout type de symbolisme maçonnique, il faut adopter une position nuancée. Bon nombre des symboles les plus importants de la franc-maçonnerie, tels que l’ Œil de la Providence , ont été représentés de très nombreuses manières au cours de l’histoire. Ce n’est pas parce qu’ils sont utilisés dans les enseignements maçonniques que leur utilisation a quelque chose de sinistre.

C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre l’utilisation du symbole de la tête de mort. Il ne fait aucun doute que la piraterie a été un terrible fléau pour les communautés côtières aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais l’utilisation de ce symbole par la franc-maçonnerie ne soutient certainement pas les actes barbares de ces hommes. Même si les liens entre les Templiers et la maçonnerie moderne peuvent être durables.

Il est donc préférable de considérer l’utilisation de la tête de mort au sein de la franc-maçonnerie comme un rappel opportun aux frères de la certitude de la mort. L’expression latine « memento mori » est extrêmement pertinente et constitue une excellente manière pour les frères de vivre leur vie. En reconnaissant le caractère inévitable de la mort, on est capable de vivre pleinement sa vie, et c’est l’un des enseignements fondamentaux de la franc-maçonnerie.

Lieu symbolique : Maison Maria Deraismes, les vitrines patrimoniales de la rue Pinel

La semaine dernière notre « Lieu symbolique » était consacré au bâtiment classé monument historique du 5 de la rue Jules-Breton, à Paris dans le 13e arrondissement. Le Temple de l’Ordre Maçonnique Mixte international LE DROIT HUMAIN ou LE DROIT HUMAIN international, obédience maçonnique mixte fondée en 1901, évolution structurelle à vocation internationale de la première obédience mixte fondée en 1893 par Georges Martin et Maria Deraismes sous le nom de « Grande Loge Symbolique Écossaise de France : LE DROIT HUMAIN ».

Cette semaine, notre rubrique s’intéresse à la Maison Maria Deraismes située, toujours dans le même arrondissement au 9 de la rue Pinel.

Et plus particulièrement à ces vitrines patrimoniales.

Pour mémoire, LE DROIT HUMAIN, créé en 1893, est la deuxième plus ancienne organisation maçonnique de France. Elle est la première dans l’histoire de la franc-maçonnerie à n’avoir, depuis ses origines il y a maintenant 130 ans, que des loges mixtes où hommes et femmes travaillent ensemble avec les mêmes rituels, en pleine égalité de droits et de responsabilités.

La Fédération française du DROIT HUMAIN est par ailleurs la composante hexagonale de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, présent en 2023 dans plus de 60 pays des 5 continents. En France, LE DROIT HUMAIN rassemble, à ce jour, 15 200 membres se réunissant régulièrement dans près de 740 loges situées en métropole et outre-mer. Selon sa Constitution internationale, LE DROIT HUMAIN affirme et met en pratique l’égalité de l’homme et de la femme et est porteur d’un projet, d’une vision du monde et d’une utopie sociale voulant que « tous les êtres humains parviennent, sur toute la terre, à bénéficier, d’une façon égale, de la justice sociale dans une humanité organisée en sociétés libres et fraternelles » (article 1er). Les francs-maçons du DROIT HUMAIN veulent « réaliser pour tous les êtres humains, le maximum de développement moral, intellectuel et spirituel, condition première du bonheur qu’il est possible à chaque individu d’atteindre dans une humanité fraternellement organisée » (article 3).

Sylvain Zeghni, Grand Maître National du DROIT HUMAIN.
Sylvain Zeghni, Grand Maître National du DROIT HUMAIN.

Le dirigeant de la Fédération porte le titre de : « Président du Conseil National », dénommé « Grand Maître National » depuis 2015 et est élu parmi les 39 Conseillers nationaux. L’actuel Grand Maître National est le frère Sylvain Zeghni (depuis 2023). Retrouvez son interview exclusive donnée à 450.fm.

Le représentant du Suprême Conseil est la première autorité initiatique de l’Ordre dans la Fédération et porte le titre de « Très Puissant Grand Commandeur » de celle-ci. L’actuel président du Grand Conseil est le frère Michel Meley (depuis 2022).

Nous vous invitons à visiter les vitrines muséales de la Fédération française du DROIT HUMAIN. Un véritable patrimoine. Ainsi que le mobilier ayant appartenu à la fondatrice Maria Deraismes. Et la déclaration de principes signée de sa main au soir de son initiation, accompagnée de son testament philosophique…

Concernant Maria Deraismes, vous pouvez relire notre article intitulé Statue de Maria Deraismes, franc-maçonne du 3 mars 2023.

Pour mieux découvrir encore LE DROIT HUMAIN, nous vous invitons à lire ces deux dernières parutions que sont :

Lumière et Lumières-La Franc-Maçonnerie entre transmission initiatique et vocation émancipatrice

Claude Ber – OMMIDH-Fédération française, 2023, 292 pages, 19 €

Centenaire de la Fédération française LE DROIT HUMAIN

Collectif – APHDH, 2023, 146 pages, 17 €

Disponible sur le site du DH et les sites marchands en ligne.

Sources : Site LE DROIT HUMAIN ; Photos © Yonnel Ghernaouti, YG

Le Pape fait-il un salut maçonnique devant l’ancien Président ? Photo et vidéo nous interpellent ?

De notre confrère benoit-et-moi.fr

Giorgio Napolitano est né le 29 juin 1925 à Naples et il mort le 22 septembre dernier à Rome. C’était un homme d’État italien. Il fut Président de la République italienne du 15 mai 2006 au 14 janvier 2015. Le Pape lui a rendu un dernier hommage et son salut nous interroge sur le sens de ce geste qui rappelle plus la Franc-maçonnerie que le clergé Romain.

Me référant à des informations issues des médias italiens (blogs et agences), j’avais écrit que le Pape n’avait pas fait le signe de la croix sur la dépouille, mais était resté « les bras ballants » devant la catafalque de son ami. Ce n’était pas tout à fait exact. Le Pape avait à plusieurs reprises posé la main sur son cœur. Geste d’hommage, anodin, sans signification autre que l’intention de signaler sa proximité et son affection? Ou geste d’appartenance maçonnique?

Voir ici plus de détails, dans cette vidéo commentée par Cionci lui-même: https://youtu.be/6MVFFPqGgpk

Je lis aujourd’hui sur le blog d’AM Valli, qui publie une lettre de lecteur:

Certes, le pape n’a pas fait le signe de croix, mais il ne s’est pas contenté, comme vous l’écrivez, de rester les bras ballants. Il a porté à plusieurs reprises la main à son cœur. Le même geste qu’il a fait, dès son élection, en apparaissant au balcon de Saint-Pierre.
Et alors ? diront certains?.
Et alors, répondrai-je immédiatement : la main sur le cœur est un salut typiquement maçonnique.

La Lettre de Laurent Ridel : le rôle des meurtrières

Il y a 3 ans et demi, j’écrivais un article sur mon blog qui mériterait peut-être aujourd’hui d’être réécrit : les meurtrières des châteaux forts sont-elles efficaces ?

Lors de vos visites, vous avez sûrement repéré ces fentes verticales qui entaillent les murs des tours et des courtines. Dans cet article, je mettais en avant l’avis de chercheurs qui doutaient de l’efficacité de ces postes de tir. Dans les années 1990, le castellologue Philippe Durand expérimenta le tir à l’arc à partir de ces ouvertures et en conclut que faire mouche était difficile. « Les défenseurs devaient tirer dans le tas », estimait son collègue Jean Mesqui. De là à penser que ces meurtrières, appelées notamment archères, ne servaient à rien si ce n’est à impressionner l’adversaire, il n’y a qu’un pas.  Voilà où en était restée ma réflexion. Mais, cette semaine, je suis tombé sur un post Facebook de l’historien Nicolas Savy.

Sur ce réseau social, il est rare de tomber sur des messages d’aussi bonne qualité. Nicolas Savy, spécialiste de la guerre de Cent Ans dans le sud-ouest, est cependant coutumier du fait.  Dans ce post, il revient sur le rôle « symbolique » supposé des meurtrières. D’un côté, il reconnaît qu’elles étaient peu utiles pour le tir. La défense dans les châteaux, on l’oublie, se faisait principalement du haut des tours et des courtines. La garnison tirait à partir des créneaux, des mâchicoulis et des hourds, rarement à partir des meurtrières.  Prise de Veies, enluminure du manuscrit Fr 365
D’un autre côté, Nicolas Savy n’exclut pas un rôle militaire aux meurtrières mal conçues. Selon cet historien, elles permettaient « d’observer avec une relative sécurité les abords des défenses, l’efficacité des tirs, les mouvements de l’ennemi, etc. ». On n’y tirait peut-être pas mais les défenseurs s’en servaient quand même. Je ne donnerai pas tort à la remarque de Nicolas Savy. Dans les enluminures de siège, je n’ai jamais vu de meurtrières d’où jaillissent des flèches ou des carreaux d’arbalètes. 

Allons plus loin. Ces ouvertures ont-elles un rôle encore plus basique ? Celui d’apporter un peu de lumière dans les pièces sans trop exposer les occupants aux tirs ennemis.  Comme quoi, encore au 21e siècle, les chercheurs débattent encore d’un dispositif militaire aussi minimaliste et aussi courant dans les châteaux forts ou les remparts urbains.

On peut regretter cette incertitude. Ou au contraire, comme moi, être stimulé par ces débats : la recherche universitaire n’a pas encore tout éclairci. Comme une série TV, cela nous promet de nouveaux épisodes et des rebondissements. Vos questions Vincent : L’un des grands architectes du style néogothique est Viollet-le-Duc mais pourquoi être revenu vers ce style d’architecture 600 ans après ? Notamment pour les constructions d’églises aux USA ? Eglise néogothique de Vimoutiers
Au XIXe siècle, de nombreuses églises sont en effet construites en copiant ou s’inspirant du style gothique qui dominait la fin du Moyen Âge. Plus précoce en Angleterre, ce renouveau concerne la France à partir des années 1830 et trouve plusieurs explications qui se conjuguent. 

La période est au romantisme. L’élite du pays prend goût pour le Moyen Âge et donc pour ses monuments. C’est le moment où Victor Hugo publie le roman Notre-Dame de Paris et où l’État met en place une commission des monuments historiques pour leur protection.  Derrière ce goût médiéval, se cache souvent une nostalgie politique. Nostalgie de l’Ancien Régime, avant la Révolution, quand le clergé et la noblesse étaient puissants et que le christianisme commandait les valeurs et les rites de la société. Au XIXe siècle, certains aristocrates ou gens d’Église, regrettant ce temps, recréent des pastiches ou des réinterprétations de monuments du Moyen Âge.

En France, en Angleterre et au-delà, s’élèvent des églises néogothiques mais aussi des châteaux, des villas néogothiques. Aux yeux de l’Église, le gothique est l’expression artistique d’un âge d’or du christianisme en France. Construire une église néogothique, c’est donc s’inscrire dans cette filiation prestigieuse.  Bien que de plus en plus laïc, l’Etat favorise ce retour au style ancien. Le gothique représente une fierté nationale, car la France est à l’origine de ce style et, sans chauvinisme, possède les plus belles cathédrales gothiques. Une boucle vertueuse s’enclenche. Ces cathédrales et autres églises sont parfois en mauvais état, notamment après les dégâts et l’abandon pendant la Révolution. À l’exemple de Viollet-le-Duc et de la cathédrale Notre-Dame de Paris, elles sont restaurées.

Ce travail met les architectes et les artisans au contact de l’art gothique, les aident à mieux le comprendre et finalement à l’appliquer dans de nouvelles constructions. Les États-Unis sont aussi emportés dans ce mouvement néogothique. Le premier facteur joue : le gothique est une architecture prestigieuse qui donne une certaine antiquité à l’église. De toute façon, que faire d’autre ? Rares sont à l’époque les architectes et les commanditaires qui peuvent imaginer une autre architecture pour une église. L’architecture religieuse est généralement traditionnelle. On s’en tient souvent aux styles anciens.  Cathédrale Saint-Patrick à New York (Wikimedia Commons) Les nouveautés
Je reviens à ce problème pointé au début de ce mail : est-ce que je communique suffisamment bien sur mon travail de vulgarisation ? Afin de mieux le diffuser, j’expérimente un nouveau canal de communication : les courtes vidéos sur Instagram (appelées Reels) et sur YouTube (appelés aussi par un anglicisme, les Shorts). 
À raison d’une vidéo par jour, je traite en moins d’une minute d’un thème d’architecture religieuse, d’iconographie, de castellologie (étude des châteaux forts)… Au programme de cette semaine passée : Les quatre mystérieuses lettres au-dessus du Christ crucifié. La définition des mâchicoulis sur les châteaux forts. La description de la scène religieuse du jugement dernier Sculptures insolites Je vous invite à les regarder. C’est avec plaisir que je lirai vos propositions de thèmes et vos questions en réponse à cette infolettre. Elles pourront alimenter ces brèves vidéos. 
À dimanche prochain, Laurent Ridel