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Les maçons de Californie font un don de 126 824 $

Du site globenewswire.com

Les maçons de Californie font un don de 126 824 $ au Giants Community Fund, dépassant ainsi les 2 millions de dollars versés depuis 2009. Donation Milestone est l’un des quatre dons aux fondations communautaires de la MLB à travers la Californie, totalisant plus de 286 000 $ versés cette saison seulement.

S’appuyant sur 15 ans de partenariat, les maçons de Californie , en affiliation avec le Giants Community Fund , sont fiers d’annoncer qu’ils ont collecté 126 824 $ cette saison pour des programmes de développement de la jeunesse grâce à leur collecte de gants de baseball Masons4Mitts, représentant un total de 2 millions de dollars versés par l’intermédiaire des fondations communautaires de la MLB depuis la création de Masons4Mitts en 2009. Depuis lors, grâce à ce chèque, les dons des maçons de Californie ont fourni plus de 59 000 gants à des garçons et des filles de zones mal desservies. Californie du Nord via le Giants Community Fund et plus de 100 000 mitaines aux joueurs de tout l’État.

Chaque année, Masons4Mitts s’associe aux Giants de San Francisco, aux Angels de Los Angeles d’Anaheim, aux Dodgers de Los Angeles et aux Padres de San Diego pour acheter de véritables gants de baseball en cuir qui sont offerts gratuitement aux jeunes joueurs de baseball des ligues juniors de Californie. Grâce au baseball pour les jeunes, Masons4Mitts et ses partenaires offrent aux enfants un endroit sûr où jouer pendant qu’ils développent des compétences de collaboration clés, en apprennent davantage sur la santé et la nutrition, développent des habitudes d’étude productives et bien plus encore.

En reconnaissance de cette étape importante, les maçons de Californie et le Giants Community Fund ont organisé une célébration spéciale d’avant-match avant le match Giants-Padres d’hier. Lors de la cérémonie d’avant-match, les maçons de Californie ont présenté un chèque au Giants Community Fund sur le terrain. Parmi les personnes présentes à cet événement spécial figuraient :

  • Sean Metroka, Grand Maître adjoint, Maçons de Californie
  • Doug Ismail, Président, Fondation maçonnique de Californie
  • David San Juan, Grand Maître, Prince Hall Masonry
  • Aaron Washington, Grand Surveillant principal, Prince Hall
  • Alexander Teodoro et Mark McNee, membres du conseil d’administration, Fondation maçonnique de Californie
  • John Feeley , membre du conseil de direction des anciens du conseil d’administration, Giants Community Fund

Masons4Mitts est l’une des nombreuses façons par lesquelles les maçons de Californie soutiennent l’éducation et le développement des jeunes. D’autres efforts philanthropiques comprennent : le programme de bourses Investment in Success pour les lycéens qui démontrent un potentiel extraordinaire malgré des circonstances difficiles ; leur partenariat avec Raising A Reader pour proposer des programmes d’alphabétisation aux écoles primaires sous-financées ; et leur partenariat avec les Padres de San Diego à travers le programme de bourses Johnny Ritchey pour soutenir les lycéens mal desservis de première génération.

À propos des maçons de Californie
La franc-maçonnerie est la première et la plus grande organisation fraternelle au monde, guidée par la conviction persistante que chacun a la responsabilité de rendre le monde meilleur. Depuis 300 ans, la franc-maçonnerie a amélioré et renforcé le caractère de ses membres en leur offrant des opportunités de camaraderie, de charité et de recherche de la vérité, en eux-mêmes et dans le monde en général. Grâce à la franc-maçonnerie, nous nous faisons de vrais amis, nous améliorons et avons un impact positif sur nos communautés. Les maçons de Californie comptent plus de 40 000 membres et plus de 330 loges réparties dans tout l’État. La California Masonic Foundation s’engage à faire une profonde différence dans notre communauté locale et touche la vie de milliers de Californiens chaque année. Apprenez-en plus sur freemason.org et suivez-nous sur Facebook et Instagram .

À propos de Masons4Mitts
Depuis 2009, Masons4Mitts est la campagne de collecte de fonds publique emblématique des maçons de Californie. En collaboration avec des partenaires de fonds communautaires des Giants de San Francisco, des Dodgers de Los Angeles, des Angels de Los Angeles et des Padres de San Diego, Masons4Mitts permet aux membres de la fraternité de donner des fonds pour acheter et livrer des gants de baseball en cuir de haute qualité aux jeunes joueurs de baseball de tout l’État. beaucoup d’entre eux n’ont pas accès à un tel équipement autrement. Grâce à Masons4Mitts, les jeunes joueurs disposent d’un endroit sûr pour apprendre et jouer, développer des compétences de collaboration, en apprendre davantage sur la santé et la nutrition, développer des habitudes d’étude productives, et bien plus encore. Masons4Mitts a collecté plus de 2 millions de dollars pour des programmes de baseball pour les jeunes depuis 2009 et est le plus grand sponsor de bon nombre des fonds communautaires de ses partenaires MLB. Apprenez-en davantage sur masons4mitts.org .

À propos du Fonds communautaire Giants
Le Fonds communautaire Giants utilise le baseball et le softball pour promouvoir la santé, l’éducation et le développement du caractère afin de propulser les jeunes des régions mal desservies à devenir des forces positives dans leurs communautés. Le Fonds, un organisme de bienfaisance public de type 501(c)(3), est géré par un conseil d’administration bénévole et soutenu par les contributions de particuliers, d’entreprises et de fondations par le biais d’un certain nombre de partenariats spéciaux et de collectes de fonds. Depuis sa création en 1991, le Fonds a versé 40 millions de dollars aux efforts communautaires et a servi 400 000 jeunes. Pour plus d’informations sur le Giants Community Fund, visitez Giantscommunityfund.org et suivez sur les réseaux sociaux – X | Instagram | Facebook | LinkedIn .

Contact média
Sophie Booth
sophie@ideahall.com
(562) 230-3051

Regard sur les variations régionales de la Franc-maçonnerie

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par:William Régal

La franc-maçonnerie, une fraternité vieille de plusieurs siècles avec des débuts modestes dans les guildes médiévales de tailleurs de pierre d’Europe, s’est depuis transformée en une organisation mondiale avec un large éventail de pratiques régionales. À la base, la franc-maçonnerie cherche à promouvoir la fraternité et le développement personnel, en utilisant des rituels allégoriques et le symbolisme pour transmettre des leçons morales et spirituelles. Cet article de blog explorera le parcours fascinant de la franc-maçonnerie tel qu’elle a évolué et s’est adaptée aux différentes cultures et traditions à travers le monde.

L’importance de comprendre les variations régionales ne peut être sous-estimée. Au fur et à mesure que la franc-maçonnerie s’est répandue aux quatre coins du globe, elle a rencontré une myriade de coutumes, de croyances et de contextes historiques locaux, dont chacun a laissé une marque indélébile sur la fraternité. En examinant ces variations régionales, nous pouvons non seulement apprécier la riche tapisserie de l’histoire de la franc-maçonnerie, mais également reconnaître les influences culturelles uniques qui ont façonné son développement.

Cette exploration des variations régionales nous entraînera dans un voyage captivant à travers le monde de la franc-maçonnerie, des îles britanniques aux Amériques, en passant par l’Europe continentale, l’Afrique, l’Asie et l’Océanie. En chemin, nous approfondirons les influences historiques et culturelles qui ont donné naissance aux pratiques et traditions maçonniques distinctes de chaque région, offrant ainsi un aperçu complet et engageant de l’évolution de cette organisation fascinante.

Franc-maçonnerie britannique

Origines et premiers développements

L’histoire de la franc-maçonnerie britannique commence avec les guildes de tailleurs de pierre de l’Europe médiévale. Ces artisans qualifiés, responsables de la construction des cathédrales et des châteaux impressionnants de leur époque, formaient des communautés très unies avec leurs propres rituels et codes de conduite. Les guildes fournissaient non seulement un soutien professionnel, mais servaient également de point d’ancrage social et moral à leurs membres.

Au fil du temps, l’orientation de ces guildes a commencé à changer. À mesure que la demande de tailleurs de pierre diminuait, une nouvelle race de membres, appelés maçons « spéculatifs », est apparue. Ces individus, souvent issus des échelons supérieurs de la société, n’étaient pas eux-mêmes des artisans mais étaient attirés par les enseignements moraux et philosophiques des corporations. Peu à peu, les guildes de tailleurs de pierre se sont transformées en loges spéculatives de la franc-maçonnerie moderne, mettant davantage l’accent sur le développement moral et spirituel.

Formation de la Grande Loge Unie d’Angleterre

La fondation de la Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE) en 1717 marque un tournant dans l’histoire de la franc-maçonnerie. Quatre loges de Londres se sont réunies pour créer un organe directeur unique, qui servirait de pierre angulaire de la franc-maçonnerie organisée. Des personnalités clés telles qu’Anthony Sayer, George Payne et le Dr John Theophilus Desaguliers ont joué un rôle central dans la création de l’UGLE, façonnant sa constitution et ses rituels.

La formation de l’UGLE a eu un impact profond sur la diffusion et le développement de la franc-maçonnerie dans le monde. À mesure que l’Empire britannique s’étendait, la fraternité grandissait également, avec la formation de loges dans ses colonies et territoires. L’UGLE a non seulement fourni une autorité centrale pour la communauté maçonnique en plein essor, mais a également établi la norme en matière de pratiques et de rituels qui seraient adoptés par d’autres organisations maçonniques à travers le monde.

Traditions maçonniques britanniques notables

L’une des caractéristiques de la franc-maçonnerie britannique est son fort engagement en faveur de la charité et du soutien social. Les loges s’engagent souvent dans des activités philanthropiques, apportant une aide à ceux qui en ont besoin au sein de leurs communautés. Cet esprit caritatif fait partie intégrante de l’éthos maçonnique, reflétant le dévouement de la fraternité à favoriser un monde meilleur.

La franc-maçonnerie britannique est imprégnée de symbolisme et d’allégorie et utilise ces outils pour transmettre des leçons morales et des vérités spirituelles. Les rituels et cérémonies pratiqués au sein des loges sont conçus pour transmettre la sagesse et promouvoir le perfectionnement personnel des membres. Cette riche tapisserie de symbolisme, inspirée des outils et des pratiques des premiers tailleurs de pierre, ajoute de la profondeur et du sens à l’expérience maçonnique, en faisant un voyage unique et fascinant pour ses membres.

Franc-maçonnerie britannique

Franc-maçonnerie américaine

Introduction aux États-Unis

La franc-maçonnerie a trouvé un terrain fertile dans les colonies américaines au début du XVIIIe siècle. De nombreuses personnalités influentes de l’époque, dont Benjamin Franklin et George Washington, ont été attirées par les principes de fraternité et de développement personnel de la fraternité. À mesure que les loges se multipliaient, elles devinrent des centres vitaux d’échanges sociaux et intellectuels, attirant certains des esprits les plus brillants de l’époque.

L’influence de la franc-maçonnerie ne se limite pas aux activités intellectuelles ; elle a également joué un rôle important dans la Révolution américaine. Les liens de fraternité tissés au sein des loges contribuent à unir les révolutionnaires, leur offrant un réseau de relations et de soutien. Les idéaux maçonniques de liberté, d’égalité et de fraternité ont trouvé un écho dans les principes fondateurs de la nouvelle nation, laissant une empreinte durable sur les États-Unis.

Croissance et expansion

Répartis à travers les États-Unis

À mesure que les États-Unis s’étendaient vers l’ouest, la franc-maçonnerie s’est également développée. De nouvelles loges furent établies dans les territoires frontaliers et la fraternité devint partie intégrante du tissu social américain. L’influence de la franc-maçonnerie s’est fait sentir non seulement dans la politique mais aussi dans les arts, les sciences et l’éducation, façonnant ainsi le développement de la nation.

Influence sur la société et la politique américaines

L’impact de la franc-maçonnerie sur la société et la politique américaines est évident tout au long de l’histoire du pays. De nombreuses personnalités politiques éminentes, de George Washington à Harry S. Truman, étaient membres de cette fraternité. Les principes de la franc-maçonnerie, tels que la recherche de la connaissance, de la vérité et de la justice, ont laissé un héritage durable dans le paysage politique américain.

Des traditions américaines uniques

Le développement du Rite Ecossais et du Rite York

Au fur et à mesure de son évolution aux États-Unis, la Franc-Maçonnerie a donné naissance à deux branches distinctes : le Rite Écossais et le Rite York. Chaque branche offre un chemin unique pour l’avancement maçonnique, avec son propre système de diplômes et ses propres enseignements. Le rite écossais, qui met l’accent sur la philosophie et les arts libéraux, et le rite de York, axé sur les valeurs chrétiennes et les idéaux chevaleresques, ont tous deux laissé leur marque sur la franc-maçonnerie américaine.

Les Shriners et leurs efforts philanthropiques

Les Shriners, une organisation fraternelle fondée en 1870, sont une émanation notable de la franc-maçonnerie américaine. Connus pour leurs chapeaux fez distinctifs et leurs défilés colorés, les Shriners sont fortement engagés dans la philanthropie, en particulier dans le domaine de la santé des enfants. Leur réseau d’hôpitaux Shriners pour enfants fournit des soins médicaux spécialisés aux enfants dans le besoin, illustrant ainsi la tradition maçonnique de charité et de service envers autrui.

Franc-maçonnerie américaine

Franc-maçonnerie française

Débuts et influence

Les origines de la franc-maçonnerie française remontent à la création du Grand Orient de France en 1733. Cet organe directeur central a joué un rôle central dans le développement et l’expansion de la franc-maçonnerie en France, ses loges servant de centres dynamiques de vie intellectuelle et sociale. activité.

L’impact de la franc-maçonnerie sur la société française a été plus évident pendant la Révolution française. De nombreuses figures clés de la révolution étaient membres de la fraternité, et les idéaux maçonniques de liberté, d’égalité et de fraternité trouvèrent une résonance dans la ferveur révolutionnaire qui balaya la nation. Les loges ont servi de terreau pour les idées révolutionnaires et ont contribué à forger des liens entre les révolutionnaires, renforçant ainsi l’influence de la franc-maçonnerie sur l’histoire de France.

Evolution de la franc-maçonnerie française

À mesure que la franc-maçonnerie française évoluait, elle commença à s’éloigner de son homologue britannique. La franc-maçonnerie française a mis davantage l’accent sur la laïcité et les activités intellectuelles, ce qui en a fait un foyer d’expression philosophique et artistique. Les loges deviennent des lieux de débats et de discussions, attirant certains des esprits les plus éclairés de l’époque.

La riche tapisserie de la culture française a également laissé sa marque sur les rituels et les pratiques de la franc-maçonnerie française. Les aspects cérémoniels de la fraternité étaient imprégnés d’éléments de l’art, de la littérature et de l’histoire française, créant une expérience maçonnique unique et distinctement française.

Pratiques maçonniques françaises distinctives

Un aspect notable de la franc-maçonnerie française est son adhésion au concept de « laïcité », une forme de laïcité qui met l’accent sur la séparation de l’Église et de l’État. Ce principe est profondément enraciné dans la tradition maçonnique française et sert de force directrice dans l’approche de la fraternité en matière de religion et de spiritualité.

Une autre particularité de la franc-maçonnerie française est son ouverture aux membres féminins et aux loges co-maçonniques, qui admettent aussi bien des hommes que des femmes. Bien que cette pratique reste relativement rare dans d’autres parties du monde, elle est devenue une partie importante du paysage maçonnique français, reflétant l’engagement de la fraternité en faveur de l’inclusion et du progrès.

Franc-maçonnerie française

Franc-maçonnerie allemande

Origines et développement

La franc-maçonnerie allemande a émergé au début du XVIIIe siècle, fortement influencée par les traditions maçonniques britanniques et françaises. Les premières loges allemandes furent établies dans des villes comme Hambourg et Berlin, favorisant un mélange unique d’idéaux intellectuels et sociaux issus de la franc-maçonnerie britannique et française.

Au fur et à mesure que la franc-maçonnerie allemande se développait, elle donna naissance à plusieurs organisations maçonniques distinctes. Parmi celles-ci figuraient la Stricte Observance, qui mettait l’accent sur les valeurs chevaleresques et chevaleresques, et l’Ordre des Illuminati, une société secrète éphémère mais très influente fondée en 1776. Ces organisations ont contribué au paysage riche et diversifié de la franc-maçonnerie allemande.

La franc-maçonnerie sous le Troisième Reich

La montée du Troisième Reich dans les années 1930 a marqué un chapitre sombre de l’histoire de la franc-maçonnerie allemande. Les nazis, considérant la franc-maçonnerie comme une menace pour leur régime totalitaire, ont soumis la fraternité à de graves persécutions et répressions. Les loges furent fermées, les biens confisqués et de nombreux maçons furent arrêtés ou envoyés dans des camps de concentration.

Malgré l’intense persécution, la franc-maçonnerie allemande a fait preuve d’une résilience remarquable. De nombreux maçons sont entrés dans la clandestinité, maintenant en secret leurs liens fraternels et leurs idéaux maçonniques. D’autres ont rejoint la résistance contre le régime nazi, risquant leur vie pour défendre les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

Franc-maçonnerie allemande d’après-Seconde Guerre mondiale

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la franc-maçonnerie allemande a connu un renouveau, avec le rétablissement de loges en Allemagne de l’Est et de l’Ouest. La chute du mur de Berlin en 1989 et la réunification de l’Allemagne qui a suivi ont permis la consolidation de la communauté maçonnique, donnant naissance à une nouvelle ère de coopération et d’unité entre les loges allemandes.

Au cours des années qui ont suivi sa renaissance, la franc-maçonnerie allemande a fortement mis l’accent sur la tolérance, l’humanitarisme et la recherche de la paix. L’engagement de la fraternité envers ces idéaux, forgés dans le creuset des persécutions du Troisième Reich, témoigne de la puissance durable des principes maçonniques face à l’adversité. La franc-maçonnerie allemande se présente aujourd’hui comme une lueur d’espoir et un exemple de fraternité, célébrant les valeurs qui unissent ses membres dans une quête commune d’un monde meilleur.

Franc-maçonnerie allemande
Crédit : Freimaurer

Franc-maçonnerie scandinave

La franc-maçonnerie scandinave trouve ses racines au XVIIIe siècle, lorsque les idées et les rituels de la franc-maçonnerie britannique et française se sont propagés vers le nord. Les premières loges furent établies en Suède et peu après, la fraternité s’étendit au Danemark, en Norvège et en Finlande.

Aux débuts de la franc-maçonnerie scandinave, le rite suédois s’est développé. Ce système unique de diplômes et de rituels, fortement influencé par les traditions britanniques et françaises, est devenu la forme dominante de franc-maçonnerie pratiquée dans la région. Le rite suédois, avec son mélange distinctif d’éléments maçonniques et chrétiens, témoigne de l’adaptabilité de la franc-maçonnerie à différentes cultures et contextes.

Aspects uniques du rite suédois

L’une des caractéristiques clés du rite suédois est sa forte orientation chrétienne. Les rituels et le symbolisme du Rite sont imprégnés de thèmes et de valeurs chrétiennes, reflétant le paysage religieux de la Scandinavie. Cet accent mis sur le christianisme distingue le rite suédois des autres formes de franc-maçonnerie, qui sont généralement de nature plus laïque.

Le rite suédois présente également un système de diplômes unique, comprenant dix diplômes organisés en trois divisions : les diplômes de Saint-Jean, les diplômes de Saint-André et les diplômes de chapitre. Cette structure hiérarchique offre un chemin de progression maçonnique distinct à la fois du rite écossais et du rite York pratiqués ailleurs.

La franc-maçonnerie dans d’autres pays nordiques

En plus de sa prévalence en Suède, le rite suédois a eu une profonde influence sur la franc-maçonnerie dans d’autres pays nordiques, comme la Norvège, le Danemark et la Finlande. Les loges de ces pays pratiquent souvent le rite suédois ou une variante de celui-ci, soulignant les liens forts qui unissent la communauté maçonnique scandinave.

L’accent mis par le rite suédois sur les valeurs chrétiennes, combiné à son système de diplômes distinctif, a contribué à façonner le développement de la franc-maçonnerie dans la région nordique. Le mélange unique d’éléments maçonniques et religieux du Rite offre un aperçu fascinant de l’adaptabilité de la franc-maçonnerie et de sa capacité à évoluer et à prospérer dans divers contextes culturels.

Le rite suédois
Le rite suédois

Franc-maçonnerie africaine

Introduction et croissance précoces

Les graines de la franc-maçonnerie ont été plantées en Afrique à l’époque coloniale, lorsque des loges maçonniques britanniques et françaises ont été établies sur leurs territoires respectifs. Ces loges servaient de points de rassemblement pour l’échange d’idées et la promotion de la fraternité entre les colons européens et les élites africaines locales, souvent attirées par les idéaux et les principes de la fraternité.

La franc-maçonnerie a joué un rôle important dans la lutte pour l’indépendance de l’Afrique au XXe siècle. De nombreux pères fondateurs et personnalités politiques clés du continent étaient membres de la fraternité, et les loges maçonniques servaient de réseaux essentiels pour l’échange d’idées et la coordination des efforts de résistance. Les idéaux maçonniques de liberté, d’égalité et de fraternité ont trouvé un écho dans les aspirations des nations africaines émergentes, laissant un impact durable sur leurs paysages politiques et sociaux.

Variations régionales à travers l’Afrique

En Égypte et en Afrique du Nord, la franc-maçonnerie a été façonnée par le mélange unique d’influences culturelles et religieuses de la région, puisées dans les traditions islamiques et occidentales. Les loges de ces régions incorporaient souvent des coutumes et des symboles locaux dans leurs rituels, favorisant ainsi une forme distinctive de franc-maçonnerie nord-africaine.

En Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe, les traditions maçonniques britanniques et françaises ont continué à prévaloir, même si elles ont souvent été adaptées aux contextes locaux. Au fur et à mesure que la fraternité s’est répandue à travers le continent, elle a donné naissance à un large éventail de pratiques et de traditions maçonniques africaines, reflétant le riche héritage culturel du continent.

Franc-maçonnerie africaine moderne

Aujourd’hui, la franc-maçonnerie africaine se caractérise par ses rituels et son symbolisme uniques, qui s’inspirent à la fois des traditions maçonniques occidentales et du riche héritage culturel du continent. Ces rituels intègrent souvent des langues, des coutumes et des symboles locaux, créant ainsi une expérience maçonnique distinctement africaine.

Dans l’Afrique moderne, la franc-maçonnerie continue de jouer un rôle important dans les communautés et sociétés locales. L’accent mis par la fraternité sur le développement personnel, l’éducation et la charité résonne avec les besoins et les aspirations de nombreuses communautés africaines, et ses loges servent souvent de centres importants d’échange social et intellectuel. En favorisant un esprit de fraternité et de coopération, la franc-maçonnerie africaine contribue au développement et au progrès continus du continent.

Franc-maçonnerie africaine

Franc-maçonnerie latino-américaine

Propagation de la franc-maçonnerie pendant la période coloniale

La franc-maçonnerie a fait son chemin en Amérique latine pendant la période coloniale, portée par les colons espagnols et portugais qui ont apporté avec eux les traditions maçonniques de leur pays d’origine. Malgré l’opposition de l’Église catholique à la franc-maçonnerie, la confrérie a réussi à prendre pied dans la région, en établissant des loges dans les grandes villes et en attirant des membres influents des populations européennes et locales.

Comme en Afrique, la franc-maçonnerie a joué un rôle crucial dans la lutte pour l’indépendance de l’Amérique latine au XIXe siècle. Bon nombre des personnalités politiques les plus importantes de la région, telles que Simón Bolívar et José de San Martín, étaient des francs-maçons. Les loges maçonniques ont fourni une plate-forme pour la diffusion des idées révolutionnaires et la coordination des efforts visant à renverser le régime colonial, consolidant ainsi la place de la fraternité dans l’histoire de la région.

Variations régionales

Au Mexique et en Amérique centrale, la franc-maçonnerie a évolué pour refléter le mélange unique d’influences indigènes, espagnoles et européennes de la région. La fraternité est devenue une force puissante dans la société mexicaine, ses loges jouant un rôle déterminant dans la lutte du pays pour l’indépendance et dans le développement politique ultérieur.

En Amérique du Sud, l’influence des traditions maçonniques espagnoles et portugaises est restée forte, même si les loges ont souvent adapté leurs rituels et pratiques aux contextes locaux. La confrérie a joué un rôle important dans l’histoire politique et sociale du continent, nombre de ses dirigeants et intellectuels étant membres de la confrérie maçonnique.

Franc-maçonnerie latino-américaine contemporaine

La franc-maçonnerie latino-américaine moderne se caractérise par un syncrétisme qui mélange les rituels et le symbolisme maçonniques traditionnels avec les cultures et croyances locales. Cette fusion unique crée un paysage maçonnique dynamique et diversifié, reflétant le riche patrimoine culturel de la région.

Aujourd’hui, la franc-maçonnerie continue d’exercer une influence significative sur la politique et le développement social de l’Amérique latine. Les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité de la fraternité résonnent avec les luttes en cours pour la justice et le progrès dans la région, tandis que ses loges offrent des espaces cruciaux pour l’échange intellectuel et le renforcement des liens sociaux. Grâce à son mélange unique de tradition et d’innovation, la franc-maçonnerie latino-américaine reste une partie intégrante du tissu culturel et historique de la région.

La franc-maçonnerie au Mexique

Franc-maçonnerie asiatique

L’introduction de la franc-maçonnerie en Asie peut être largement attribuée à l’influence coloniale britannique aux XVIIIe et XIXe siècles. Des loges maçonniques britanniques ont été établies dans des colonies telles que l’Inde, Hong Kong et Singapour, attirant à la fois des colons européens et des élites locales qui ont adopté les valeurs et les principes de la fraternité.

Au fur et à mesure que la franc-maçonnerie s’est répandue à travers le continent, elle a pris racine dans diverses régions telles que les Philippines, l’Inde et d’autres pays. Dans de nombreux cas, la fraternité a joué un rôle dans la lutte pour l’indépendance et la formation des identités nationales, tout comme son impact en Afrique et en Amérique latine.

Variations régionales

En Asie du Sud-Est, la franc-maçonnerie a développé des caractéristiques uniques qui reflètent la diversité culturelle et religieuse de la région. Les loges de pays comme l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande incorporaient souvent des coutumes et des symboles locaux dans leurs rituels, créant ainsi des formes distinctes de franc-maçonnerie d’Asie du Sud-Est.

En Asie de l’Est, la franc-maçonnerie a été confrontée à des défis uniques en raison du paysage politique et culturel distinct de la région. Malgré ces défis, la confrérie a réussi à établir une présence dans des pays comme la Chine et le Japon, où elle a adapté ses rituels et ses pratiques aux contextes et croyances locaux.

Adaptations et défis culturels

L’un des aspects les plus fascinants de la franc-maçonnerie asiatique est son intégration des philosophies et croyances orientales. La fraternité a cherché à harmoniser ses traditions maçonniques occidentales avec des concepts locaux tels que le confucianisme, le bouddhisme et l’hindouisme, ce qui a donné lieu à une riche tapisserie d’idées et de pratiques qui incarnent l’esprit de fraternité mondiale.

La franc-maçonnerie asiatique a été confrontée à de nombreux défis dus à des contraintes religieuses et politiques. Dans certains pays, la confrérie a eu du mal à se faire accepter ou a été purement et simplement interdite, obligeant ses membres à pratiquer leurs croyances en secret. Malgré ces défis, la franc-maçonnerie en Asie continue d’évoluer et de s’adapter, démontrant la résilience de la fraternité et son engagement envers ses valeurs fondamentales.

Le mélange unique de traditions occidentales et orientales de la franc-maçonnerie asiatique offre un aperçu fascinant de la capacité d’adaptation de la confrérie maçonnique. Alors que la fraternité continue d’évoluer en réponse aux divers contextes culturels, religieux et politiques de la région, elle reste un témoignage de l’attrait universel des idéaux et des principes de la franc-maçonnerie.

Grande Loge des Philippines

Franc-maçonnerie d’Océanie

Arrivée et croissance en Australie et en Nouvelle-Zélande

L’arrivée de la franc-maçonnerie en Océanie remonte à la colonisation britannique de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. La franc-maçonnerie britannique a joué un rôle important dans le développement précoce de la fraternité dans la région, avec la création de loges pour servir les colons européens et, plus tard, l’adhésion à la population locale.

Au fur et à mesure que la fraternité se développait en Australie et en Nouvelle-Zélande, des loges locales furent formées, aboutissant finalement à la création de Grandes Loges indépendantes. Ces Grandes Loges, tout en conservant des liens avec leurs origines britanniques, ont développé leurs propres coutumes et pratiques, reflétant le caractère unique de la région.

Expansion vers les îles du Pacifique

L’influence de la franc-maçonnerie s’est étendue au-delà de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande jusqu’aux îles du Pacifique, où des loges ont été établies dans des pays comme les Fidji, les Tonga et les Samoa. La présence de la fraternité dans ces îles a favorisé les liens entre les communautés locales et le monde maçonnique au sens large, favorisant l’échange d’idées et favorisant un esprit de fraternité.

Au fur et à mesure que la franc-maçonnerie s’est répandue dans les îles du Pacifique, elle s’est adaptée aux cultures et coutumes uniques de la région. Les rituels et le symbolisme de la fraternité ont souvent été modifiés pour incorporer les croyances et pratiques locales, ce qui a donné naissance à une tradition maçonnique riche et diversifiée qui reflète l’esprit des îles du Pacifique.

Caractéristiques uniques de la franc-maçonnerie d’Océanie

L’une des caractéristiques déterminantes de la franc-maçonnerie d’Océanie est l’accent mis sur la communauté et la charité. Les lodges de la région s’engagent activement dans des œuvres caritatives, soutiennent des causes locales et contribuent au bien-être de leurs communautés. Cet accent mis sur l’implication communautaire démontre l’engagement de la fraternité envers les principes d’amour fraternel et de secours.

La franc-maçonnerie d’Océanie se caractérise également par son intégration des coutumes et du symbolisme indigènes. Les lodges de la région intègrent souvent des éléments de la culture locale dans leurs rituels, tels que des danses traditionnelles, de la musique et de l’art. Cette fusion des traditions maçonniques occidentales avec le riche patrimoine culturel de l’Océanie crée une expérience maçonnique vibrante et unique qui reflète l’histoire diversifiée et interconnectée de la région.

La franc-maçonnerie d’Océanie est un exemple de la capacité de la fraternité à s’adapter à de nouveaux environnements, en intégrant les coutumes et croyances locales tout en restant fidèle à ses principes fondamentaux. Le caractère unique de la franc-maçonnerie d’Océanie met en valeur l’attrait universel de la confrérie maçonnique, alors qu’elle continue d’évoluer et de s’épanouir dans cette région diversifiée et dynamique.

Grande Loge d'Australie du Sud

Conclusion

Comprendre les variations régionales de la franc-maçonnerie offre un voyage fascinant et perspicace sur l’évolution de la fraternité. En plongeant dans la riche histoire de la franc-maçonnerie et ses diverses influences culturelles, nous acquérons une appréciation plus profonde de ses principes et valeurs universels qui transcendent les frontières géographiques.

L’évolution continue de la franc-maçonnerie montre sa capacité à s’adapter aux sociétés, aux valeurs et aux défis modernes. Alors que la fraternité continue de prospérer, elle reste engagée dans la croissance personnelle, l’amélioration de l’humanité et la promotion de l’amour fraternel, du soulagement et de la vérité. Ces principes fondamentaux unissent les francs-maçons du monde entier, favorisant un sentiment de fraternité et de camaraderie mondiale.

En explorant les variations régionales de la franc-maçonnerie, nous apprécions non seulement sa riche histoire, mais reconnaissons également son impact continu sur les sociétés mondiales. La résilience et l’adaptabilité de la franc-maçonnerie lui ont permis de rester pertinente et influente au fil des siècles. À mesure qu’elle continue d’évoluer, la fraternité inspirera sans aucun doute les générations futures à rechercher la sagesse, la fraternité et l’illumination, renforçant ainsi son héritage durable sur le monde.

La christianisation des francs-maçonneries britanniques (1/4)

De notre confrère thesquaremagazine.com

Cette série en quatre parties considère : (i) la séparation des francs-maçonneries britanniques du Grand Orient de France (GOdF) ; et, (ii) maintenir la fraternité avec la Grande Loge prussienne des Trois Globes.

Les deux décisions ont un impact sur la relation des francs-maçonneries avec la religion, toutes deux, à leurs différentes manières, peuvent être comprises comme des batailles pour l’âme (« essence », Carnarvon) de la franc-maçonnerie.

Cependant, les francs-maçonneries et les religions sont « déchirées par des schismes » – un échec à s’entendre sur des principes fondamentaux.

La caractéristique déterminante de notre espèce est peut-être que nous apprenons et croyons à travers des histoires, des récits, des fictions et des inventions.

La croyance en la même histoire crée la confiance entre les croyants ; cela a fourni la base d’une coopération humaine à grande échelle.  

Comment la bataille pour les âmes des francs-maçons pourrait-elle être identifiée de manière à garantir leur prospérité au 21 ème siècle ?

Il n’y a aucune garantie de l’immortalité de l’âme de la franc-maçonnerie ! « Nous étudions le passé pour nous en libérer. » (Hariri)

Durant les terribles années 1939-45, de nombreux ecclésiastiques et maçons étaient unis dans leurs idéaux, parfois dans leur martyre.

Revenir simplement à un statu quo hostile leur paraissait impossible, immoral.

C’est bien de cette époque que l’on peut dater cet effort sincère des deux côtés pour dresser le bilan des causes d’incompréhension, et, sans précipiter les choses, du moins pour étudier en commun une difficulté commune.

 – Alec Mellor, Nos frères séparés, les francs-maçons.

Cette série en quatre parties considère :

(i) la séparation des francs-maçonneries britanniques du Grand Orient de France (GOdF) ; et,

(ii) maintenir la fraternité avec la Grande Loge prussienne des Trois Globes.

Partie 1. L’infidélité française : une nouvelle alliance

Partie 2. La fidélité allemande : « Car si la trompette donne un son incertain, qui se préparera au combat » ?

Partie 3. Perdition française : « … car quelle communion y a-t-il entre la justice et l’injustice » ? Quelle communion y a-t-il entre la justice et l’autosatisfaction ?

Partie 4. L’arrivée de Post Truth en 1877-8 : «…. de nouveaux cieux et une nouvelle terre… on ne se souviendra pas des premiers ».

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
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L’infidélité française : une nouvelle alliance. 

Certains de ceux qui ont fui la Révolution française de 1848 ont cherché sécurité et protection en Grande-Bretagne.

Ces émigrés comprenaient des francs-maçons de différentes juridictions avec des compréhensions différentes de ce qui pourrait être considéré comme « les objectifs et les relations de l’art royal ».

La mentalité maçonnique française de Liberté, égalité, fraternité ; et la liberté de conscience était très différente de la liberté britannique « Amour fraternel, soulagement et vérité ».

La franc-maçonnerie anglaise à l’époque du Livre des Constitutions de 1723 était Whig et déiste ; en 1877, la franc-maçonnerie était au centre du soutien maçonnique à la monarchie (conventionnelle/constitutionnelle), à ​​l’aristocratie et à l’Église d’Angleterre : le GODF ne reprennait pas ce positionnement !

Comme peu de maçons émigrés étaient assimilés à la franc-maçonnerie anglaise, ils formèrent leurs propres loges/juridictions ; il a fallu un certain temps pour évaluer leur « régularité ».

(Pour un aperçu de cela, voir Andrew Prescott, The Cause of Humanity : Charles Bradlaugh and Freemasonry. )   

La défaite française lors des guerres franco-prussiennes de 1870-1872 mit fin au règne de Napoléon III ; la Troisième République commençait ; Les monarchistes, l’Église catholique et les militaires n’ont pas pu empêcher une croissance de la sécularisation.

Le républicanisme était considéré comme « la forme de gouvernement qui divise le moins la France ».

Les relations entre la Grande-Bretagne et la Troisième République étaient calmes ; en acquérant 44 % des actions en 1875, la Grande-Bretagne obtint la copropriété avec la France de la Compagnie du canal de Suez.

Ainsi, elle acquit la propriété et le contrôle d’un raccourci vers son empire d’Orient : en 1877, Victoria devint impératrice des Indes – l’« Orient » de l’Empire.

La « question française » concerne une seule juridiction, le Grand Orient de France (GOdF). En 1849, sa Constitution disait :

« La franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressiste, repose sur ;

(i) l’existence de Dieu,

(ii) l’immortalité de l’âme

Son objectif est l’exercice de la charité, l’étude de la morale universelle, des sciences et des arts, ainsi que la pratique de toutes les vertus.

Sa devise est « Liberté, Égalité et Fraternité ».

FALCO – LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
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En 1865, on ajoutait : « Elle considère la liberté de conscience comme un droit qui appartient à tout homme et n’exclut personne en raison de ses convictions. » La « liberté de conscience » peut être comprise comme incluant :

(a) le droit d’avoir une religion;

(b) le droit de changer de religion ;

(c) le droit de ne pas avoir de religion.

Cette définition est inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies et dans la loi britannique sur l’égalité de 2010.

Pour le GOdF, la liberté de conscience l’emportait sur la nécessité de croire en l’une ou l’autre ; (i) l’existence de Dieu; ou (ii) l’immortalité de l’âme.

À la lumière de cela, des pressions ont été exercées pour obtenir des éclaircissements. Sous la direction du Président ( « Grand Maître ») du GODF, le Révérend Desmons ; La motion IX a été approuvée lors de l’Assemblée générale de septembre 1877 et la Constitution a été révisée.  

FRÉDÉRIC DESMONS, PASTEUR DE L’ÉGLISE RÉFORMÉE DE FRANCE
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Frédéric Desmons, pasteur de l’Église réformée de France, a obtenu son doctorat en théologie à Genève.

Ce fut le berceau de la République de Calvin dont l’Institution de la religion chrétienne prônait le républicanisme et la séparation des « deux royaumes » de l’Église et de l’État.

C’est-à-dire aucune église établie. (Une position très similaire à celle des radicaux Whig parmi les fondateurs de la Grande Loge d’Angleterre en 1723.)

Courant 1877, Desmons démissionna de son ministère pour entrer dans le gouvernement local ; élu ensuite député puis sénateur du Gard ; a exercé deux autres mandats en tant que président du GOdF. 

Lors de la réunion « inhabituellement bondée » de la Grande Loge Unie d’Angleterre le 5 décembre 1877, le Pro Grand Maître, le 4e comte de Carnarvon , a attiré l’attention sur la Constitution nouvellement amendée du GODF. 

Carnarvon :  

  • « … quelques questions qui touchent aux principes les plus élevés du métier. »
  • … Les questions vitales sont telles que nous ne pouvons ni en sagesse ni en conscience les mettre de côté.
  • … Une modification des règles et principes fondamentaux par lesquels la maçonnerie française et toute la maçonnerie étaient liées : à savoir (i) l’existence de Dieu ; et (ii) l’immortalité de l’âme.
  • … Les deux principes qui ont été les deux principes directeurs de la civilisation – qui ont fait plus pour élever et élever l’homme que tous les deux autres que je puisse citer – qui, dans les périodes les plus sombres du monde, les ont illuminés, et depuis laquelle chaque pensée noble et chaque action généreuse ont à leur tour surgi.
  • … Ces questions, sont vraiment de l’essence de la Franc-Maçonnerie. …… si ces principes doivent être rejetés, ils perdent leur sens, et pire que dénués de sens, ils deviennent une moquerie presque offensante.
  • … Ces deux grands principes fondamentaux , la croyance en un Dieu et en l’immortalité de l’âme, ont été supprimés et remplacés simplement par une liberté de conscience illimitée et illimitée et par « la solidarité humaine », quelle que soit l’expression. peut signifier… cela signifie probablement l’unité et l’indissolubilité de la race humaine.
  • Frères, si c’était effectivement le cas… questions de régulation interne qui sont la propriété exclusive de chaque Grande Loge nationale, il serait impertinent de s’en mêler…… Mais nous intervenons…. ils ne peuvent pas affecter ainsi les principes directeurs de la maçonnerie … sans affecter l’ensemble du corps maçonnique ; et c’est à la fois notre droit et notre devoir d’élever la voix.
  • … Soixante seize Loges en France ont voté contre ce changement. La Grande Loge irlandaise n’a pas hésité à adopter une résolution… réprimandant et censurant l’action entreprise par le Grand Orient.
HENRY HOWARD MOLYNEUX HERBERT, 4E COMTE DE CARNARVON
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Le Pro Grand Maître Carnarvon disait qu’en principe, il ne pouvait y avoir ni civilisation ni franc-maçonnerie sans (i) la croyance en Dieu ; et (ii) la croyance en l’immortalité de l’âme.

D’où vient cette affirmation ? Dans le cadre de l’expédient impérial, des membres des élites dirigeantes indigènes, sans antécédents chrétiens, furent initiés ; pour certains d’entre eux, le concept de l’immortalité de l’âme aurait été étranger.

Où, dans les publications officielles de la franc-maçonnerie britannique, avant et depuis cette réunion de 1877, la croyance en l’immortalité de l’âme était-elle identifiée comme un repère ancien, une condition préalable essentielle à l’initiation ?

Comment était-ce possible pour un Pro Grand Maître ? Après de brillantes études à Eton et Oxford, le ministre britannique des Colonies, veuf avec trois enfants, avous quelques difficultés à traduire le stermes « la solidarité humaine », et ce quelle que soit la signification de cette expression…

Depuis assez longtemps, ces mots ont imprégné la littérature européenne, y compris celle du GODF, suffisamment longtemps pour que les francs-maçonneries britanniques les accommodent.

Carnarvon avait démissionné du gouvernement à cause de la deuxième loi de réforme de Disraeli de 1867, conçue pour étendre le droit de vote aux travailleurs ; dont certains, il serait déraisonnable d’en douter, étaient francs-maçons ! 

Peut-être implicitement dès la formation du GODF en 1773, mais certainement à partir de 1865, il était peu probable que les chemins des francs-maçonneries britanniques et ceux du GOdF se rejoignent ; ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne se croisent !

Les relations à l’étranger n’étaient pas fondées sur des sentiments :

« Nous n’avons pas d’amis permanents. Nous n’avons pas d’ennemis permanents. Nous avons juste des intérêts permanents. » Benjamin Disraeli (Premier ministre du Royaume-Uni 1874-1880)

Cela ne semble peut-être pas maçonnique, mais cela a guidé les dirigeants de la franc-maçonnerie britannique.

La franc-maçonnerie dans les États-Unis républicains était encore plus chrétienne qu’en Grande-Bretagne ; introduite en 1864, la monnaie américaine portait le mantra « In God We Trust ».

À la lumière de cela, l’équivalence étroite entre républicanisme et athéisme proposée par Carnarvon ne semble pas convaincante et ne constitue pas un bon calvinisme.

Malgré la menace qui pèse sur l’ensemble de la civilisation ; L’ action du GOdF a été perçue comme une menace fondamentale pour les principes de la franc-maçonnerie confessionnelle ; apparemment il n’y avait pas d’autre type, il fallait faire quelque chose !

Carnarvon :

… la solution que je recommande à la Grande Loge est qu’un comité soit nommé… qu’ils devraient enquêter sur les faits de l’affaire ; qu’ils devraient ensuite rechercher tous ces documents anciens… obtenir des explications sur tout ce qui peut maintenant être mis en doute et… rapportez à la Grande Loge le cours qu’ils recommandent.

Le comité, composé de onze personnes, comprenait Aeneas J. McIntyre QC, grand registraire. (Voir les parties 2 et 3.)

Si cela ne suffisait pas pour une nuit, l’examen de « La question allemande » devait suivre ! 

Il faut considérer qu’avant la réunion, une consultation avait été entreprise avec le Grand Maître, le Prince de Galles, et que des décisions avaient déjà été prises tant sur la question française que sur la question allemande.

Il était nécessaire de construire un récit qui, de manière convaincante, permettrait l’exclusion du GODF tout en maintenant la fraternité avec l’Allemagne.

C’est-à-dire interférer avec les droits d’une juridiction mais pas avec ceux d’une autre, tout en émetttant son propre avis.

ARTICLE DE : Gérald Reilly

Gerald Reilly a été initié en 1995 au Prieuré Lodge 2063 de St Osyth, Essex. Angleterre (UGLE). 

Il a été membre fondateur d’Allthingsmasonic de Josh Heller, et avec Josh a co-écrit « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006), il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.

Récipiendaire du prix Norman B Spencer, 2016.

Dossier spécial : « Formation de la croyance chez l’homme »

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1ère partie : la pensée magique (Gil Garibal)

2e partie : le fait religieux (Jo Adès)

Préambule

Gil GARIBAL :

Gilbert Garibal
Gilbert Garibal

Pour ma part, je ne peux pas dire, à propos des premiers pas de l’Homme su la terre “J’y étais, j’ai tout vu ! Je ne peux pas dire non plus “Dieu existe, je l’ai rencontré Alors, quant aux fondements du phénomène religieux, thème général de notre année et de la formation de la croyance, en particulier, vous me permettrez mes Frères, pour lancer le sujet, d’être le poste de service. C’est-à-dire d’imaginer d’abord comment notre ancêtre a pu voir le monde, en se redressant sur le seuil de sa caverne, puis aufil de l’Histoire, de chercher à comprendre sa pensée magique – origine de la nôtre – pour vous présenter une réflexion, si je puis dire… qui tient debout !

Jo ADÈS :

Jo Ades

Et si… et si, d’un coup de baguette magique, notre ancêtre Homo Erectus revenait parmi nous en nous demandant ce qui serait son droit

  • « Où en est l’Homo religiosus qui m’a succédé ?! »
  • « Et que sont mes croyances devenues ? »

À ces questions imaginaires – en constatant le fait religieux et observant l’Homme de l’an 2000 en quête de transcendance – le scientifique de service, après le poète, tentera de trouver des réponses !

Gil GARIBAL

1ère partie : LA PENSÉE MAGIQUE

1. Au commencement était le verbe …

Les premiers mots de l’évangile de Saint-Jean nous l’indiquent, dans leur symbole même : une Parole – donc une intelligence – est supposée par l’esprit humain, être à l’origine du monde. Dès son apparition sur la terre, l’homme ressent cette force supérieure et invisible qui le domine.

 « Que signifient au-dessus de ma tête, ce ciel immense parcouru de nuages aux formes bizarres et cloutés de milliards d’étoiles?! Cette lumière du jour qui me fait découvrir l’horizon, et cette nuit noire qui me rend aveugle ? Pourquoi ce vent, cette eau, cette grêle, cette neige qui me cinglent le visage? Pourquoi ce froid glacial, puis cette chaleur étouffante? Quels sont ces grondements inquiétants sous mes pieds, ces rivières qui sortent de leur lit, ces montagnes en colère qui crachent le feu?

Et de fait, moi-même, qui suis-je, petit être fragile entouré d’animaux monstrueux ? »

Que puis-je espérer en me dressant sur mes pattes de derrière? Quel est mon rôle, le sens de ma vie, au milieu de ces éléments et créatures hostiles ?!

Ainsi – il y a un million d’années- a pu s’exprimer dans son for intérieur, avant même d’articuler un langage, notre lointain prédécesseur. Qu’il s’appelle LUCIEN ou LUCY, affectueux prénom opportunément synonyme de lumière, choisi par le paléontologue Yves COPPENS, pour désigner notre ancêtre homo erectus, dont il a récemment découvert les ossements en Afrique de l’est.

Ce mystère de l’Univers aujourd’hui encore au centre de toutes les interrogations du sapiens sapiens que nous sommes, a conduit l’hominidé a de multiples réflexions et hypothèses. Elles n’ont pas manqué d’installer en lui, accompagnés de leur cortège d’étonnements et de peurs, les croyances les plus diverses.

Un schéma de pensée retrouvé au fil des siècles – avec une belle unité, remarquons-le, dans toutes les civilisations du globe et qui peut nous permettre, non sans malice, de paraphraser la Bible. En ajoutant simplement un mot à la célèbre phrase initiale, pour constater que :

Au commencement était le verbe croire.

Personne priant sur une Bible
Personne priant sur une Bible

CROIRE “du latin credere, avoir confiance. Tenir quelque chose pour vrai, l’admettre comme une certitude”, nous indique le dictionnaire. Cette disposition de l’homme à accepter un principe premier, en l’espèce à se persuader de l’existence d’une puissance cachée, surnaturelle, qui de toute évidence le dépasse, l’a d’entrée amené à déduire – ne serait-ce que pour Se rassurer – qu’il devait “pactiser” avec elle. C’est-à-dire, en quelque sorte, s’attirer ses bonnes grâces, puisqu’il en est de fait, complètement dépendant Ainsi, du besoin si fort de croire, est née la pensée magique, et dans la foulée la magie, cet ensemble de rites et de pratiques, qui depuis l’aube des temps, suggère au fils d’Adam de se faire bien voir de l’énergie inconnue, de l’amadouer, comme lui indique son instinct de conservation. Aux fins, bien sûr, d’en obtenir à la demande, toutes sortes de bénéfices à son profit ou de maléfices contre ses ennemis !

Pour le cerveau humain primordial – mot que je préfère au péjoratif vocable primitif – se concilier la force suprême, jouir de sa bienveillance, signifie donc également être capable d’agir sur elle et par là-même de s’attribuer quelque pouvoir! Puisque cette organisation supérieure est en soi un langage, pourquoi ne pas dialoguer avec elle…et espérer l’influencer ?! Jusqu’à en devenir le manipulateur, … autant dire le maître à volonté ! Ainsi ont vraisemblablement commencé à cheminer la magie, le mage et son imaginaire – indissociable trilogie – sur la longue route des croyances qui traverse les millénaires.

2. La naissance de la magie “primitive”

Un pentacle qui brule à côté d'un crane
Un pentacle qui brule à côté d’un crane

Croire, c’est imaginer. Le cerveau humain a vite fabriqué des représentations d’êtres surnaturels, bons génies ou affreux démons, qui ne peuvent être que célestes. Le soleil, la lune, les étoiles, les nuages ne sont-ils des entités dont notre ancêtre constate l’action sur sa vie ? Mais s’il parvient à communiquer avec ses congénères, comment communiquer avec les créatures cachées que sa pensée lui projette ? Comment leur répondre aussi, quand elles se manifestent par des coups de tonnerre et des éclairs qui zèbrent la nuit? || tente bien, en précurseur des jeux du stade, d’envoyer des lances de bois vers l’azur. Ou même, dès qu’il fabrique un arc, d’expédier quelques flèches vers les cumulo-nimbus pour les faire pleuvoir ou au contraire les éloigner. Mais peine perdue, l’orage tonne quand bon lui semble, la pluie ruisselle à sa guise et le soleil luit quand il veut !

L’hominidé prend tout-à-coup conscience du pouvoir de ses onomatopées et de ses gestes. Il sait qu’avec eux, il peut attirer ses semblables et les animaux. Alors tout naturellement, il lève les yeux et les bras au ciel puis il enjoint les forces mystérieuses de l’écouter et de lui obéir. Au fil de ses incantations. il se persuade de son pouvoir et suprême satisfaction, il se rassure en même temps. Euréka! L’homme de Cro-Magnon vient d’inventer la magie!

Ainsi, lorsqu’il personnalise son environnement, il attribue aux choses visibles et invisibles, la faculté de penser et d’agir. En cela sa raison « déraisonne » d’entrée avec une perception fausse du monde. Sa compréhensible ignorance l’empêchant d’étudier logiquement les phénomènes cosmiques – démarche que la science fera beaucoup plus tard – c’est son imaginaire qui les explique sur le champ! On peut donc dire qu’une forme de délire, de “rêve éveillé”, ont constitué la première manifestation de la pensée humaine, entièrement appuyée sur la croyance, et ce dans toutes les cultures primordiales, dites primitives. Cette vision de la nature, où lesdits phénomènes se produisent comme par enchantement, et sur lesquels l’homme préhistorique prétend agir de même, permet ainsi d’évoquer l’intervention d’une pensée magique.

Aujourd’hui notre connaissance sans cesse plus approfondie de la matière et de ses lois, peut nous faire juger ces conduites ancestrales bien naïves. Pourtant nous ne devrions jamais oublier que, comme chaque être humain, notre esprit est passé par ce stade de la vision magique du petit enfant Puis de cet enchantement au pré-logique avant d’accéder au rationnel. Nous gardons sans nul doute une part de ce rêve initial dans un coin de notre tête!

3. La matérialisation de la pensée magique originelle

Livre magique
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Le constat de sa solitude, la crainte des éléments et du milieu, la peur d’une mort imminente ont d’évidence été les premières angoisses de l’homme. C’est de leur terrible pression que sont nées les pratiques exutoires de la magie.

L’ethnologie a pu observer dans toutes les peuplades de la planète, un même système de sauvegarde » qui a franchi les millénaires. Le descendant des primates a directement subordonné sa survie à des cérémonies conjuratoires, chants et danses rituelles, déguisements et maquillages, offrandes de fleurs, combustions de résines aromatiques et malheureusement, sacrifices d’êtres humains et d’animaux, Selon l’anthropologue britannique George FRAZER (1854-1941) qui établit précocement une filiation entre la magie et la religion, suite à ses travaux auprès des peuplades océaniques, les premiers hommes pensèrent qu’il suffisait de s’unir par « sympathie » avec les éléments pour les reproduire. Cette conception aurait donné lieu à deux types de magie, basées sur les lois fondamentales de la pensée (la similarité et la contiguïté).

Ainsi la magie homéopathique (ou imitative) résulte de l’association d’idées similaires. Exemple : l’homme préhistorique décorait les grottes avec des représentations d’aurochs et de bisons dans l’intention d’attirer ces animaux et de les tuer pour se nourrir. Posséder l’image revenait à posséder la chose et à agir sur elle. Les marabouts africains, nos médiums et autres magnétiseurs ne font pas autre chose aujourd’hui quand ils « travaillent » sur la photographie d’une personne!

De son côté la magie contagieuse s’appuie sur l’association d’idées contiguës

Exemple Notre ancêtre exposait au ciel une petite quantité d’eau avec l’espoir de faire tomber la pluie, en fait pour que l’eau du ciel rejoigne celle du récipient. Posséder une partie de la chose équivalait à obtenir le tout. Ce que continuent de pratiquer les sorciers de nos campagnes quand ils veulent nuire à quelqu’un en jetant des sorts sur une mèche de cheveux où une rognure d’ongle lui appartenant !

4. Le circuit magique

magie des nombres
Homme assis regardant la fin du monde

Les hommes préhistoriques étaient persuadés que les pierres, les plantes, le soleil la lune, possédaient une conscience et à leur image, une force vitale. N’est-il pas troublant de savoir que cette croyance, dont ils nous ont laissé des traces, ait existé sur tous les continents simultanément, à une époque sans moyens de communication, cela va sans dire ?! Notons que ladite conviction, base même de l’animisme, est encore répandue chez les aborigènes d’Australie et les Papous de Nouvelle-Guinée ou des îles Fidii. L’idée d’une force surnaturelle, donc énigmatique, parait imprimée dans l’inconscient collectif polynésien depuis le fond des âges. Sous l’appellation de mana, elle représente pour plusieurs groupes d’autochtones des archipels – Iles Marquise, Touamotou, Tonga, entre autres – une mystérieuse source locale d’énergie où les sorciers puisent magiquement leurs pouvoirs salutaires, au service la communauté. Je citerai également pour mémoire, l’Afrique central, les Antilles et le Brésil où le Vaudou, ce culte animiste, greffé sur une croyance monothéiste, est toujours largement pratiqué.

S’il est donc effectif que la pensée magique a concerné, dès leur origine, toutes les civilisations du globe sous diverses formes, c’est autour du bassin méditerranéen qu’elle semble avoir vraiment pris son essor, environ quatre mille ans avant Jésus-Christ. Elle nous est ainsi, par essence, plus familière que celle qui s’est développée sur les autres rivages. Et nous bondissons ici d’un trait de la préhistoire à l’antiquité.

Penser « magiquement” revient a se projeter vers l’avenir. Tous les historiens s’accordent à dire que ce désir de savoir de quoi demain sera fait et d’agir sur lui est né dans l’esprit curieux des Chaldéens. Le mot magie vient d’ailleurs de la langue chaldéenne, de magdin exactement, qui signifie science. À noter que c’est ensuite le grec puis le bas-latin, qui en le prononçant respectivement mageia et magia, ont donné au mot magie le sens de religion.

Arts libéraux

Si en Chaldéen, magie veut dire science, c’est que ce peuple créatif a développé une pensée rationnelle, parallèlement à la pensée magique. Ainsi, de la patiente observation de l’univers et de ses cycles a surgi la science de l’astronomie, puis dans la foulée l’astrologie, et pratiquement toutes les formes de divination. Ce savoir s’est ensuite rapproché de celui des régions voisines, Sumérie, Mésopotamie, Babylonie, Perse, notamment, pour offrir au monde avec les sciences occultes, des outils el des arts aussi précieux que l’écriture et la littérature, les mathématiques, la musique où l’architecture

Qui dit magie antique, dit également sorcellerie. Les Babyloniens, habitants de l’lrak actuel, se croyaient entourés de forces du bien et de forces du mal. 15demandaient donc à leurs mages de solliciter des divinités, amour, santé et biens matériels et à leurs sorciers, d’intercéder auprès des démons pour nuire à leurs ennemis. Les mêmes pratiques existaient en Egypte où les prêtres, à la fois mages, guérisseurs et devins, faisaient parler le sphinx, le soir au pied des pyramides, nous dit la légende!

Pour leur part, les Grecs, nous le savons, choisirent de vénérer plusieurs milliers de dieux et déesses, par eux créés et calqués sur l’homme. Les grands philosophes, tels Platon et Pythagore, qui croyaient à la survie de l’âme, se firent presque naturellement les promoteurs des pratiques magiques. Ce d’autant mieux que les pythonisses en poste, qui prédisaient l’avenir en observant le vol des oiseaux ou le foie des génisses mortes avaient habitué chacun au surnaturel !

Quant aux Romains, c’est des Etrusques qu’ils reçurent le savoir magique, Leurs augures, pratiquantes des rites incantatoires étaient les fameuses Sybilles, qui non seulement interprétaient le vol des oiseaux, mais déchiffraient aussi leurs cris. C’est également aux Etrusques que les Romains empruntèrent les jeux du cirque. Curieusement, l’histoire a peu ébruité que les milliers de sacrifices humains qui eurent lieu dans les arènes, pour le plaisir malsain de la foule, avait le plus souvent valeur adoration divine.

Si l’on en croit la loi hébraïque, la pratique de la magie était interdite au peuple juif. Seul le prophétisme lui était permis, que ses porteurs accrédités distinguaient de la divination. Pourtant, Moïse, le premier des Hébreux, ne prouva-t-il ses fantastiques dons de mage en ouvrant la mer rouge, pour conduire ses compatriotes vers la terre promise?! Ne dit-on pas qu’après lui le roi Salomon, expert également en rituels magiques, savait se rendre invisible ?! En tout cas, bravant l’interdiction reçue, les Hébreux ont réussi à confirmer leur véritable “génie de l’occulte” en concevant la Kabbale, cette fascinante philosophie qui leur permettait de communiquer avec les esprits et qui aujourd’hui encore, ne semble pas avoir livré tous ses secrets !

À la même époque, naît une civilisation antéislamique en Arabie, alors que s’ouvre le commerce caravanier et que le pays est parcouru en tous sens par les tribus nomades. Chacune d’elles vénèrent ses dieux et ses fétiches. Les Bédouins croient à des êtres invisibles peuplant le désert, les djinns, envoyés d’Allah autant adorés que craints et les Ifrits, démons réputés hostiles à l’homme. Aux étapes, les groupes se réunissent autour des bétyles, grandes pierres levées comparables aux menhirs bretons pour invoquer ces forces surnaturelles. Ainsi l’existence d’un dieu “supérieur est reconnue, bien avant l’intervention du prophète Mahomet. C’est au VIIème siècle, rappelons-le, que celui-ci lancera son message à la Mecque et persuadera toutes les tribus de se tourner vers l’Islam, dont il a reçu les règles de l’Archange Gabriel.

Nous devons revenir mille ans avant Jésus-Christ pour rencontrer les Celtes, ce groupe de peuples qui a envahi le sol gaulois, mais aussi l’Espagne, l’Italie et les iles britanniques. Animistes convaincus, ils vénéraient les quatre éléments. Comme les arabes, ils pensaient le monde peuplés d’esprits fantastiques que les contes ont perpétué avec les lutins, les fées, les nains et autres farfadets, dont les aventures continuent d’endormir les petits enfants en pays d’Armor.

De croyances en rituels est né le druidisme, religion basée sur l’éternité de l’âme, sous le signe du gui. Plante sacrée, elle était censée favoriser la fécondité et concrètement, le poison de ses fleurs permettait aussi aux druidesses d’envoyer les gêneurs au cimetière!

Lorsque Jules César conquiert la Gaule, le druidisme se révèlera un obstacle difficile pour la christianisation naissante. Il ne sera aboli qu’au VIème siècle. De cette rivalité entre les deux croyances a probablement surgi- par réaction des païens, ce qui à pu être appelé une ‘magie « anticléricale », qui fut assimilée à la sorcellerie. Ainsi s’installait l’idée du Mal, qui en prenant corps dans l’imaginaire collectif devint le Malin, et plus communément le Diable. Tout pratiquant de l’occulte était alors censé pactiser avec ce « prince des démons ». D’où la terrible Inquisition et sa « chasse aux sorcières », qui vu à la suite de Jeanne d’Arc, des centaines de milliers de femmes brûlées vives à travers l’Europe du XIIIème au XVème siècle !

Il faut attendre la Renaissance pour qu’un esprit d’ouverture permette à la pensée magique – première religion de l’homme – de se montrer à nouveau au grand jour à travers les devins, mais aussi par le biais des alchimistes et des kabbalistes, et que les cultes cessent de la diaboliser. Les XVIIIème et XIXème siècles la verront ensuite en quelque sorte “récupérée” par le magnétisme du franc-maçon Mesmer, le spiritisme d’Allan Kardec, la radiesthésie de l’abbé Bouly, l’hypnotisme du Professeur Charcot, autant de pratiques non complètement élucidées encore aujourd’hui, toujours empreintes de mystères sinon de mysticisme et en soi, de magie. Notre XXème siècle finissant n’est pas en reste avec elle puisque sous l’appellation générique de parapsychologie continuent d’être étudiés dans beaucoup de pays du monde, les “perceptions extra-sensorielles” de l’homme qui ont pour nom télépathie, clairvoyance et autre psychokinésie, c’est-à-dire le déplacement des objets ou leur déformation par la seule force de l’esprit. Nous sommes encore bien là dans le domaine de la magie!

5. Magie et religion

La Cène (bas-relief, Wieliczka, Pologne)
La Cène (bas-relief, Wieliczka, Pologne)

Par bonds successifs, de pays en pays, de siècles en siècles, nous venons de boucler notre circuit magique Il constitue en même temps ce que l’on pourrait appeler l’aventure de la magie.

Avant de passer la parole à notre frère Jo ADÈS, qui va développer le fait religieux, et sans empiéter sur son thème, il me parait précisément intéressant de différencier magie et religion, la seconde découlant de la première.

On peut se contenter de définir la religion comme un moyen de reconnaissance par l’être humain d’un pouvoir ou d’un principe Supérieur de qui dépend sa destinée. Co quí nous limite au traditionnel religare, relié.

Les linguistes modernes s’accordent aujourd’hui sur une autre racine qui verrait « religio » venir plus justement du verbe relegere, à traduire par “vénérer” et qui s’oppose à neglegere, c’est-à-dire négliger, regarder avec détachement. Cette seconde acception n’annule pas la première mais elle est pertinente parce qu’elle nous permet d’aller plus loin dans l’analyse, au sens où elle indique bien, selon la formule de Benjamin CONSTANT que “le sentiment religieux ‘est un attribut essentiel, une qualité inhérente à notre nature’ En se persuadant de l’existence d’une force surnaturelle, l’homme dit “primitif” a en quelque sorte inventé Dieu. Ce que pense FREUD dans sa théorie du “meurtre du père”. Qu’elles nomment Dieu dans leur langue Tout-Puissant, Allah, Yahvé ou Visnu, les principales religions – filles de la magie – se défendent pourtant vivement de son invention, puisqu’elles affirment toutes avoir été inspirées par le Créateur lui-même Au-delà de cette révélation qui n’est pas ici mise en cause, c’est l’attitude des deux ‘croyants’ qui nous intéresse nous pouvons constater que le « magiste » prétend agir sur les éléments cosmiques à l’aide d’incantations, alors que le “religieux”, lui, par la prière, se soumet inconditionnellement à la volonté de Dieu avec une grande dévotion et une totale humilité. Bref, l’incantation vise à influencer, à séduire, la véritable prière, elle, dans son vrai sens religieux, est avant tout un acte verbal d’adoration, qui ne veut pas charmer et ne demande rien, sinon le courage de supporter la volonté de Dieu. Que ta volonté soit faite, dit la prière.

En réalité, lorsque le croyant prie son Dieu – ou ses saints – ne le fait-il afin de solliciter le plus souvent quelque chose pour lui ou ses proches, qu’il s’agisse de protection ou de réussites diverses ?! Dès lors, avec cette demande d’avantages particuliers à l’instance divine, ne s’agit-il d’un retour pur et simple à la magie ? La question mérite d’être étudiée. Nous sommes renvoyés ici à la foi religieuse et aux interprétations individuelles, du type adhésion totale à une croyance, engagement à une promesse (baptême par exemple) où adhésion déiste pour obtenir quelque chose, nous venons de le dire. || n’est donc pas si évident, à mon sens, d’établir une nette distinction entre magie et religion. Même si la seconde condamne la première et la juge sacrilège!

6. Magie, religion et superstition

On ne peut enfin parler de magie et de religion sans parler de superstition. Définie classiquement comme une croyance à des influences irrationnelles, et plus précisément même comme la conviction de la survenue d’un évènement particulier – malheureux ou heureuxsuite à un fait matériel fortuit, nous sommes bien renvoyés à nouveau à la pensée magique. Plusieurs centaines de pratiques superstitieuses ont été recensées en France, qui ont surtout à voir avec le malheur. Au plan du bonheur, que nous le voulions ou non, lorsque nous croisons les doigts (pour appeler le succès d’un évènement) ou touchons du bois (pour pérenniser une bonne chose), nous sommes bien en plein dans la magie et sa gestuelle

Si magie et superstition se rejoignent et ne constituent qu’un seul et même système de croyances, il est clair que nombre de pratiques cultuelles restent imprégnées de la pensée magique, aux antipodes même d’une authentique religiosité. Lorsque dans le cadre du rite catholique – celui que je connais – une prière est faite & Saint-Antoine pour retrouver un objet perdu, ou à Saint-Christophe pour effectuer un bon voyage, nous sommes bien dans une pratique superstitieuse. I! en est de même avec le cierge que Ton fait brûler pour réussir un examen ou avec la médaille bénie portée sur soi dans un but protecteur. Loin de moi l’idée de heurter tout pratiquant religieux mais force est de constater avec l’œil du sociologue, qu’il y a ici, total amalgame entre religion et superstition. L’Eglise est évidemment consciente qu’un effet magique est à tout moment attendu de la pratique cultuelle. Il n’est donc pas étonnant qu’elle montre la plus grande prudence quand survient une guérison dite “miraculeuse” sur un lieu de pèlerinage. Les mots « miracle », du latin mirari « s’étonner », et magie. différents pour l’Eglise, ne sont-ils alors susceptibles d’être confondus? Autre question qu’il est bon de se poser. A en juger par le nombre de porte-bonheur qui pendent aux rétroviseurs des voitures, il est possible de déduire qu’une bonne partie de la population française est superstitieuse. Le succès des émissions télévisées sur le paranormal confirme cette impression.

Qui est superstitieux, c’est-à-dire animé par une pensée magique? Les enquêtes psychosociologiques nous répondent que ce sont les jeunes, suite à une formation religieuse sommaire et les femmes, qui seraient plus crédules mais pourraient ainsi mieux s’affirmer socialement, après une éducation souvent plus stricte que les hommes. La superstition serait enfin plus active en milieu urbain – ce qui est étonnant au regard des praticiens du surnaturel dans le monde rural – et elle affecterait principalement les ‘classes moyennes. Pourquoi est-on superstitieux? Bien entendu, pour satisfaire le besoin primordial de “gérer” son environnement, d’avoir de la sorte, une conduite adaptée. Ce qui prouve que la fonction magique, blottie quelque part dans notre cerveau reptilien est toujours active et a encore de beaux jours devant elle ! La superstition dont on peut certes se moquer, a pourtant pour beaucoup de gens, par le biais de ses divers rituels affectifs et en situation d’attente, de doute, de frustration ou d’insécurité, un pouvoir anxiolytique. En cela, elle n’est guère éloignée de la fonction religieuse.

Au commencement était le verbe. N’évoque-t-on toujours, comme pour en souligner le merveilleux, la magie du Verbe! Parvenus à la première étape de notre voyage, nous espérons avoir montré le rôle fondateur de la croyance, ou comment, grâce à la chaine universelle du langage, la société humaine est lentement passée d’une vision “délirante” du monde à la culture. De la magie dite primitive aux religions.

Précisément, le XXIème siècle sera religieux, nous a-t-on annoncé. À quelles conditions peut-il l’être? Notre frère Jo ADÈS va maintenant nous donner ses réponses.

Temps infini
montre, temps, spirale, infini, spirale, nombres, blanc, or

Jo ADÈS

DEUXIÈME PARTIE

Je suis toujours confondu d’admiration devant les déclarations des paléontologues modernes, qui, à chaque découverte d’un fragment de tibia où de débris de mâchoire datant de millions d’années, n’hésitent pas à reconstituer son propriétaire dans son intégralité : sa taille, ses mouvements, ses maladies d’enfance voire même ses habitudes alimentaires, son mode de vie domestique, son statut social. Certes les techniques modernes et une certaine dose d’imagination autorisent de telles extrapolations et nous permettent plus ou moins consciemment de nous comparer à notre lointain ancêtre : dimension de la boîte crânienne longueur des membres antérieurs, pouvoir préhensif des orteils etc. et de mesurer non sans une certaine autosatisfaction le chemin parcouru, bien entendu dans le sens de notre conception de progrès.

Il en va tout autrement si l’on se propose d’explorer son univers mental, ses premiers émois et les questions qu’il n’a pu s’empêcher de se poser devant les mystères qui l’entouraient: la naissance la maladie, la mort, l’obsession de survie dans un milieu particulièrement hostile.

Egypte Anubis dieu de la mort
Egypte, spiritualité, pyramide, oeil, anubis, dieu, mur, Dieu, mort, sombre, représentation,triangle

Et pourtant, comme nous il a été homme, comme nous il a aimé, comme nous il a souffert, comme nous il a vécu d’espoir et crié son désespoir ! S’il ne nous a laissé aucun écrit ou aucune représentation significative de ses états de conscience ou des croyances qui l’ont habité, il a réussi à nous transmettre, bien avant la lettre, l’expression physique de ses élans de spiritualité Encore aujourd’hui des traditions remontant à des temps très anciens (cultes, rites, cérémonies initiatiques ou commémorative, représentations artistiques…) sont toujours observables dans de nombreuses régions, et constituent une matière première de travail infiniment précieuse. Elles ont été développées dans la première partie de cette étude.

Dans cette deuxième partie nous nous poserons la question de savoir dans quelle mesure, ce que nous nommons aujourd’hui “religions” est issu de ce terreau primitif, ce qu’il nous en reste où ce que nous en avons fait. Tenter de remonter à la source de notre spiritualité, à la recherche de nos premières croyances voyage fascinant mais en même temps entreprise périlleuse.

A plus d’un titre :

1° Le premier réside dans notre forme de pensée : celle d’occidentaux éclairés, bardés de certitudes, prompts à porter le qualificatif de primitif dans le sens de primaire aux fait et gestes qui n’entrent pas dans la sphère de nos références.

Un exemple : si nous avons encore aujourd’hui la chance d’observer dans certains groupes de population des rites miraculeusement préservés, trop de nos contemporains ne veulent y voir que des comportements excentriques sinon aberrants ou folkloriques sans tenter de comprendre le sens qui les anime. Le Spectacle de nos charters de touristes en mal d’exotisme en short blanc et Ray Ban vidéoscopant à tout va des cérémonies d’initiation africaines en sont la douloureuse illustration.

2° Autre piège : l’ampleur et la diversité du domaine à explorer-celui du fondement des croyances humaines- tant dans le temps que dans l’espace. dans le meilleur des cas nous avons quelques chances de nous familiariser avec des visions religieuses encore observables et plus proches de notre culture, tenter d’aller plus loin avec des traditions aussi riches qu’anciennes telles que celles du Mexique, Chine Japon ou Inde c’est risquer une dilution et une dispersion qui faute de compétences spécialisées, n’ont pu trouver leur place dans le cadre de cette réflexion.

C’est dire que les propos qui vont suivre n’ont nullement la prétention de faire autorité en la matière et qu’ils ne se veulent témoigner que d’un point de vue qui s’efforcera de rester le plus objectif possible dans le cadre des deux grandes conceptions spirituelles qui s’offrent à notre champ de recherches :

– La conception « déiste » de la croyance : qui reconnait l’existence d’une puissance ou d’une divinité supérieure Conception qui rejette toute révélation ‚tout dogme et qui s’appuie sur la raison. C’est l’homme qui est en quête et qui trouve. En simplifiant à l’extrême, c’est lui qui construit sa croyance autour d’un principe supérieur qu’il nomme et qu’il organise.

– La conception « théiste » qui fait intervenir un seul Dieu, personnel, transcendant, créateur de l’univers et de l’homme. 1 y à révélation, dogme et envoyés charismatiques. En simplifiant toujours c’est Dieu qui vaà la rencontre de l’homme avec lequel il conclut en quelque sorte un partenariat, une alliance. Je me propose de parcourir ces deux grandes options et tenter d’en analyser le contenu, bien entendu en refusant de les relier entre eux ou d’y chercher une quelconque échelle de valeurs tant sur le plan de la chronologie historique que sur celui de la spiritualité.

De la croyance au fait religieux

L’homme en quête de transcendance

Homme seul musulman en lecture
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Imaginons… imaginons notre ancêtre « homo » tout juste « sapiens »sur le devant de sa grotte ou au seuil de sa forêt. De la complexité de la nature qui l’entoure il a acquis au moins une certitude, c’est qu’il est mortel qu’il mourra un jour, que son instinct de survie le porte à retarder le plus possible cette échéance. Il a conscience de faire partie d’un environnement naturel qui ne lui est a priori, ni hostile ni favorable, dans lequel il s’intègre et dont il doit tirer et sa subsistance et sa sécurité.

Mais cette nature le dépasse : ses manifestations, ses colères sont hors de toute logique hors proportion. L’orage, le tonnerre, la pluie, la grêle, le vent, les éclairs l’arc en ciel cela vient d’en haut, du ciel Il releva tête. Là serait la demeure de la « toute puissance” la demeure des dieux. La simple observation de la voûte céleste est déjà une expérience religieuse. Tout juste ‘sapiens’ voici notre ancêtre promu « religiosus », « homo religiosus ».

De cette « toute puissance »qui réside dans le ciel il a compris qu’il a tout intérêt à s’en concilier la bienveillance pour mener bien ses entreprises la chasse, la victoire, la fécondité, etc., voire même, et pourquoi pas tenter défaire modifier le cours des éléments sur lequel l n’a pas prise. En même temps que faire soumission, contracter une espèce d’assurance tous risques.

Sacrifice
Sacrifice

Cet être suprême, bien sûr ne peut l’imaginer ni même le concevoir … il ne peut en percevoir que les effets bénéfiques ou néfastes à son égard. En bon psychologue il a compris qu’il ne fallait pas le contrarier, mais lui être agréable voire même lui offrir des cadeaux. Il faut aussi que le cadeau soit en proportion du service rendu ou à rendre. Ce ne peut être que ce qui pour lui a e plus de valeur, un feu, un chant, un sacrifice, humain ou animal les prémisses d’une récolte, offrandes spontanées concrètes d’abord, intellectuellement symboliques plus tard.

Mais voilà, difficile de s’adresser à un interlocuteur aussi invisible qu’inaccessible, difficile aussi de l’imaginer compétent dans tous les secteurs d’une vie quotidienne qui devient de plus en plus complexe. Chasseur ou pasteur, nomade ou sédentaire vainqueur ou vaincu les besoins sont aussi variés que nombreux. Voilà aussi qu’il se déplace : il voyage, il guerroie, découvre d’autres cieux, d’autres dieux, plus séduisants ou plus efficaces. Pourquoi un seul dieu qui semble s’être retiré bien loin ? D’autres figures apparaissent dans son panthéon ancêtres mythiques, déesses mères dieux fécondateurs, etc. de plus en plus spécialisés.

« Homo religiosus » va mériter son nom. Il sacralise, il fait la séparation de ce qui pour lui est du domaine des dieux et de ce qui ne Test pas .Avec un sens surprenant de l’art l va donner des formes à son imaginaire : il dessine il sculpte des animaux normaux ou singuliers, des êtres grimaçants, des monuments symboliques. Le monde des dieux s’organise, se hiérarchise aux divinités principales s’ajoutent des divinités secondaires voire même des familles entières qui épousent la vision du cosmos qu’il s’est bâti : des dieux naissent, se marient, se séparent, voire s’entretuent et disparaissent. Une hiérarchie s’instaure, une communication plus structurée devient nécessaire. Une organisation aussi. Il n’est plus seul. Il est social : il appartient à une famille, à un clan, à un groupe avec des passages obligés où l’intervention supérieure paraît nécessaire dans tous les actes de la vie naissances initiations, mariages, mort construction de la maison, début de la récolte etc. Des lieux de culte se définissent ‚un rituel s’instaure, des périodes bénéfiques ou maléfiques s’instituent.

Très vite des intermédiaires intercesseurs s’avèrent indispensables chaman, sorciers, magiciens personnages possédés assurent et codifient les relations dans une espèce de dialogue à trois nature-hommes-dieux. Des pratiques rituelles naissent et se transmettent consécration d’autels, offrandes, sacrifices, prières, initiations, masques, musiques, danses, magie, sorcellerie, possession.

La croyance dépasse l’expérience psychique individuelle : elle s’inscrit dans un quotidien relationnel institutionnalisé qui distingue en les reconnaissant les deux domaines du sacré et du profane.

Assistons-nous ainsi à la naissance des “religions” selon la définition généralement donnée à ce mot: « ensemble des croyances qui déterminent la relation de l’homme au sacré ? Ou selon celle qu’en donne Leroi-Gourhan, plus proche à mon sens à ce stade d’évolution : système organisé de mythes et de rites destinés à établir de manière permanente des relations entre l’homme et les puissances de l’invisible »(ancêtres, esprits, divinités) dans l’intérêt de la communauté.

L’ennui avec les définitions c’est qu’à vouloir être généralistes, elles en viennent être terriblement réductrices. Aussi, avant d’aborder le deuxième volet de ce travail, celui de la naissance des monothéismes, il m’a semblé nécessaire d’extraire du scénario historico imaginaire ci-dessus, quelques lignes de forces significatives.

– La croyance est un comportement individuel ou collectif qui remonte aux temps les plus immémoriaux de l’humanité.

– File témoigne de la perception d’une puissance qui se reconnaît aussi bien dans des états affectifs subjectifs qu’à des signes objectifs naturels – Elle se propose de relier l’être humain à un autre plan de réalité suprasensible et invisible le divin.

– Qu’elle que soit sa charge émotionnelle, ne s’enferme pas dans une intimité personnelle, mais se prolonge par une représentation intellectuelle et physique.

– Elle se partage avec d’autres membres d’une même communauté et aboutit à une mise en forme collective par l’intermédiaire de rites qui vont prendre des formes symboliques. Exemple un arbre : Lorsque on devient capable de voir en lui ‚non pas une forme végétale dotée de qualités techniques ou esthétiques mais l’expression analogique de la vie universelle, de la fécondité cosmique, de l’immortalité des êtres.

– Elle se fixe dans un modèle facile à intérioriser et à transmettre dans des formes très diversifiées (animisme, fétichisme, polythéisme, panthéisme …

– Elle poursuit un double but: dégager une transcendance et consacrer un ordre social.

Sommes-nous si éloignés de notre concept actuel de ‘religion’ ? C’est l’objet de cette deuxième partie.

« Déisme » ou « Théisme »

« Evolution » ou « Révolution » : autre approche de la croyance.

« Le monothéisme »

les 3 religions monothéistes
symbole, musulman, chrétien, juif, judaïsme, catholique, lune, croix, étoile, david, croissant, islam, religion, paix, croyance, monothéisme

À ce stade de la réflexion la tentation est grande de situer le concept monothéiste dans un schéma linéaire à étapes successives : animisme, totémisme, fétichisme polythéisme, monothéisme.

L’hypothèse la plus vraisemblable étant le passage en douceur de la croyance en une infinité de dieux ramenée à un seul qui serait en quelque sorte au-dessus. Hypothèse qui ne serait à vrai dire, ni nouvelle ni originale dans la mesure où des tentatives de réforme ont pu être observées: la Bible regorge d’allusions à des pratiques polythéistes (culte de plusieurs dieux.) syncrétistes { culte du Dieu d’Israël associé à des dieux cananéens), monolâtriques (culte d’un dieu national) vite étouffées ou violemment réprimées.

Le nouveau concept qui prônait la négation explicite de tous les autres dieux eut toutes les peines à s’imposer même au sein du peuple d’Israël qui en tenait l’origine. Très schématiquement, trois grandes périodes furent nécessaires.

– Celle des patriarches : Abraham, Isaac, Jacob, Mole intuition, révélation, institution de l’unicité.

– Celle qui va de Canaan à l’exil déviationnisme, syncrétisme, perte d’identité.

– Celle de l’exil : les Prophètes : retour aux sources et fixation des canons.

En fait pour celui qui s’intéresse à l’origine des croyances l’apparition du monothéisme, constitua un véritable traumatisme dans un univers ordonné de divinités La nouvelle croyance, pas encore “religion”, revendiquait pour le groupe humain qui en avait reçu la révélation, la foi en un DIEU unique celui que depuis des millénaires, judaïsme, christianisme, islam enseignent, celui d’Abraham, Isaac, Jacob, Jésus, Mahomet et exclusivement pour eux. Sans pour autant nier l’existence d’autres dieux, d’autres cultes, ceux-ci tant du domaine des autres ethnies.

Soutenir, comme l’affirment encore certains dictionnaires de théologie, que 1e” monothéisme est la religion selon laquelle il n’existe qu’un seul Dieu » surprendrait bien des prophètes de la Bible qui n’eussent jamais osé gommer ainsi l’univers spirituel de l’humanité. En fait on ne trouve dans la Bible aucune trace polémique contre les mythes et mystères des croyances polythéistes preuve d’une rare tolérance. Leur seule volonté étant de vivre en conformité avec la volonté de Yahvé exprimée dans sa Loi révélée.

– Comment une conception aussi originale d’une si apparente ascétique pauvreté : un Dieu unique, sans nom, sans histoire présent dans un seul sanctuaire a-t-elle- pu s’imposer dans un environnement païen, autrement plus représentatif ?

– Comment a-t-elle réussi d’abord à exister, à séduire, à convaincre, à essaimer, résister aux vicissitudes de l’Histoire ? Nous ne pouvons ici que proposer quelques pistes de réflexion : peut-être cette conception était-elle :

– Révélation ? Ce n’est plus l’homme qui cherche Dieu mais l’inverse : Dieu s’adresse à l’homme travers des envoyés charismatiques : Moïse, Jésus, Mahomet.

– Révolution ? Dieu n’est pas le roi des dieux et le roi terrestre détenteur du pouvoir temporel n’est pas lui-même divinité.

– Vocation universelle ? Le message n’est pas limité à un peuple, mais à l’humanité entière.

– Éthique ? Apparition des valeurs morales associées à la religion interdiction des rituels sacrificiels, orgiaques, etc. Notion du bien et du mal.

– Messianisme? Alliance ? Promesse de vie future Loi qui régit la vie quotidienne, les rapports sociaux,

– Concept d’amour qui se substitue au sentiment de crainte, la prière à l’incantation, la responsabilité à la fatalité, etc.

Énumération forcément limitative tant l’univers des croyances résiste à la simplification !

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

« 2000 ans déjà … et pas une religion nouvelle ! » disait Nietzche. Voire !

Sous nos yeux, et en particulier dans nos sociétés occidentales qu’on aurait cru protégées par des valeurs intangibles, prolifèrent devins, astrologues, magiciens, mages, sorciers , gourous ou autres maîtres à penser De nouvelles chapelles sectaires attirent un nombre toujours croissant de nos contemporains vers des paradis imaginaires en même temps que se désertifient églises, synagogues et mosquées.

Tout se passe comme si le déclin du religieux entrainant une banalisation du sacré créait un vide orphelin que l’homme s’est dépêché de combler avec des ersatz (bienfaits de la civilisation industrielle, extase des drogues, possession des sectes, transes ludiques, intellectualisme outrancier…) le libérant ainsi d’une transcendance devenue encombrante.

Le sacré issu de la religion cesse de séduire. De même le sacré issu du mystère et de l’interdit. Certes le monde s’est diversifié, et devient plus complexe dans ses structures dans ses formes de culture, dans ses idéologies. L’homme est-il encore préparé à croire, à recevoir ?

Qui sait lire aujourd’hui dans les cathédrales ? Qui y voit autre chose qu’expression figurée, harmonies ou couleurs ?

Peut-être encore nous, les Francs-Maçons, pour qui le sacré issu de la séparation des genres, celui qui refuse l’amalgame, reste une fin en soi, une fin dans l’inaccessible, l’absolu, le transcendant

Sacré dont nous pouvons nous considérer comme les gardiens et qui ne saurait appartenir ni à une personne, ni à une institution, ni à un lieu, ni à un objet.

Ni dogme, ni religion la Franc Maçonnerie telle que nous la concevons ne prétend détenir aucune vérité et n’a l’ambition. d’en imposer aucune.

Elle se propose de réunir des hommes de conviction au-delà des clivages socio-professionnels, au-delà de l’intransigeance des idéologies, autour d’un Principe Créateur : le Grand Architecte de l’Univers dans une totale liberté de conscience et le respect de celles des autres.

Une autre source de spiritualité … de la même façon qu’il y plusieurs demeures dans la maison du Seigneur.

Dans le Manifeste du Convent de Lausanne de 1875 était une recommandation ainsi conçue ” Aux hommes pour qui la religion est la consolation suprême la Maçonnerie dit : cultivez sans obstacle votre religion, suivez les aspirations de votre conscience : la Franc Maçonnerie n’est pas une religion, elle n’a pas un culte, sa doctrine est toute entière dans cette belle prescription : « Aime ton prochain ».

Les religions se devaient de réunir les hommes. L’intransigeance des croyances les ont séparés.

Conjuguer le verbe « croire » ne suffit plus : il faut aujourd’hui décliner un autre verbe c’est le verbe « aimer ».

Et si vous deveniez maçon en Tasmanie ?

La Grande Loge de Tasmanie recrute ! La question qui se pose est : « Où se trouve donc cette région ? ». La Tasmanie est un État australien situé à 199 km de la côte sud-est de l’Australie continentale, dont il est séparé par le détroit de Bass. Le site Internet de l’Obédience propose une opération séduction.

Un aperçu des informations

La franc-maçonnerie est unique. Elle ne peut être assimilée à aucune institution dans la mesure où elle propose des expériences que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Les francs-maçons sont des hommes ordinaires de la communauté, âgés de 18 ans et plus, de toutes religions et de toutes origines raciales, qui partagent le souci des valeurs humaines, des normes morales et des droits des individus. Ces personnes s’efforcent de vivre selon les principes fondamentaux d’intégrité, de bonne volonté et de charité.

La franc-maçonnerie offre à ses membres un aperçu et une connaissance de l’histoire et de la philosophie, ainsi qu’une appréciation des rituels et du symbolisme anciens, du développement personnel, du service public et d’une implication pratique dans des activités caritatives. La franc-maçonnerie est une organisation à but non lucratif fortement impliquée dans le soutien aux œuvres caritatives et au service communautaire.

Localisation de la Tasmanie (en rouge) au sud-est de l’Australie.

La franc-maçonnerie offre également la possibilité de socialiser avec des hommes de tous horizons, sans barrières religieuses ou politiques, et vise à unifier les hommes aux idéaux élevés, sans distinction de couleur, de croyance, de race ou de statut mondain.

Les membres sont interdits de toute discussion politique ou religieuse lorsqu’ils sont en loge, afin de garantir que la paix et l’harmonie soient constantes. Une fois le rituel de la Loge terminé, les membres se réunissent pour partager un repas, et la famille et les amis sont souvent invités à participer. Les francs-maçons font souvent référence à l’expression « se rencontrer sur le terrain et se séparer sur la place », ce qui signifie qu’ils se rencontrent sur un pied d’égalité et se séparent en amis.

La famille doit être valorisée avant tout

La franc-maçonnerie peut offrir aux hommes et à leurs familles une vie sociale agréable et active avec des personnes partageant les mêmes idées et issues de tous horizons. La famille et les valeurs familiales constituent une partie importante de la vie d’un franc-maçon.

Il convient de noter qu’en tant que franc-maçon, la famille doit être valorisée avant tout et doit à tout moment faire preuve de prudence quant à son appartenance maçonnique. Cependant, il est important que la famille d’un membre comprenne son association maçonnique et le soutienne dans son développement.

Développement personnel

La franc-maçonnerie offre aux hommes la possibilité de développer les valeurs fondamentales de prudence, de tempérance, de courage et de justice. La prudence doit nous aider à prendre des décisions correctes et justes ; la tempérance nous maintient dans le droit chemin ; le courage favorise la confiance en soi et une forte estime de soi ; et la justice nous guide dans la vie.

Les membres reçoivent également une formation sur le développement personnel, qui comprend la prise de parole en public, le mentorat, la tolérance, les compétences en communication et la confiance en soi.

Franc-maçonnerie et Église orthodoxe

Du site orthodoxhistory.org – par MATTHIEU NAMEE

Si vous recherchez sur Internet l’Orthodoxie et la Franc-maçonnerie, la plupart de ce que vous trouverez seront des condamnations du mouvement. Vous pourrez également trouver mon article de 2012 sur la franc-maçonnerie dans l’histoire orthodoxe américaine . Mais, à ma connaissance, peu de travaux ont été réalisés pour documenter l’histoire fondamentale de l’Orthodoxie et son interaction avec le mouvement maçonnique.

La franc-maçonnerie semble avoir fait sa première apparition dans le monde grec orthodoxe dans les années 1740. En 1744, une loge maçonnique fut fondée à Constantinople, et quelques années plus tard, le patriarche œcuménique Photius II condamna le mouvement dans une ou plusieurs encycliques patriarcales. Quelque temps après, un éminent professeur de Chypre nommé Éphraïm l’Athénien (qui fut plus tard patriarche de Jérusalem de 1766 à 1770) prêcha contre la franc-maçonnerie, la qualifiant de « nouvelle foi infidèle ». En 1793, le patriarche œcuménique Néophyte VII énumérait les francs-maçons parmi d’autres « organes de parfaite impiété et d’athéisme » dans une encyclique.

Malgré cette résistance, la franc-maçonnerie se répandit dans le monde grec. De nombreux personnages clés de la guerre d’indépendance grecque étaient des maçons, notamment des évêques et des prêtres. La société secrète maçonnique adjacente (spin-off ?) Filiki Eteria (Société des Amis) a été organisée en 1814 et a servi de moteur à la révolution qui a été lancée sept ans plus tard. Certains ont affirmé que le patriarche œcuménique Grégoire V – un saint canonisé – était un franc-maçon, même si je ne sais pas s’il existe des preuves réelles de cela.

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Tsar Alexandre Ier

Simultanément, la franc-maçonnerie s’est également répandue en Russie, devenant une tendance parmi les classes supérieures à partir des années 1770. Au moins certains membres du clergé, et peut-être quelques évêques, étaient maçons dans la Russie de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. À la suite de la Révolution française, Catherine la Grande interdit la franc-maçonnerie en 1794, préoccupée par son potentiel de subversion de l’autorité de la monarchie. Lorsque le petit-fils de Catherine, Alexandre, accéda au trône en 1801, il renversa la politique impériale, devenant un protecteur de la franc-maçonnerie, permettant au mouvement de croître et de s’épanouir, et s’entourant de conseillers maçonniques.

Une source (Jean-François Var, cité à la fin de cet article) affirme que saint Philarète de Moscou était franc-maçon – une affirmation plutôt choquante et qui ne résiste pas à un examen minutieux. La source du Var est un texte français de Tatiana Bakounine, Répertoire biographique des Francs-Maçons russes,  initialement publié en 1940 puis de nouveau en 1967. Je n’ai pas lu cette source (elle est difficile à trouver), mais d’après ce que je comprends, Bakounine n’avait pas nécessairement de listes officielles de membres – elle essayait de reconstituer une liste partielle de maçons, plus d’un siècle après les faits. Il est possible qu’il s’agisse d’un cas de culpabilité par association : de nombreux francs-maçons étaient impliqués dans la Société biblique russe (dont le procureur général du Saint-Synode, le prince Alexandre Golitsyne), et saint Philarète était également profondément impliqué dans la Société biblique à la fin. Années 1810 et début des années 1820. (L’implication de saint Philarète était enracinée dans son engagement en faveur de la traduction de la Bible et de l’enseignement de l’Orthodoxie dans la langue vernaculaire – un engagement qui a duré tout au long de sa vie et a finalement conduit à la production d’une traduction officielle de la Bible en russe, béni par le Saint-Synode.)

D’un autre côté, il existe un nombre considérable de preuves selon lesquelles saint Philarète n’était pas maçon et, en fait, était très opposé à la franc-maçonnerie. Son père spirituel, le père Antoine Medvedev (disciple de saint Séraphin de Sarov) était lui-même un opposant déclaré à la franc-maçonnerie. Saint Philaret s’est toujours opposé aux influences occultes et extérieures et a plaidé pour le sacrement de confession et de loyauté envers les autorités civiles.

En 1822, le tsar Alexandre Ier fit volte-face et interdisa la franc-maçonnerie dans l’Empire russe. Cela a coïncidé avec un changement plus large dans la vision et le comportement d’Alexandre, alors qu’il approfondissait son engagement envers la foi orthodoxe dans les années qui ont précédé sa (prétendue) mort en 1825. Cela a également coïncidé avec l’ascension de saint Philarète, qui est devenu archevêque de Moscou. en 1821 et rédige le testament secret d’Alexandre, qui abandonne l’héritier présomptif du tsar (son frère Constantin) pour donner le trône à son jeune frère Nicolas. Au contraire, les preuves dont nous disposons pourraient suggérer que saint Philarète aurait pu jouer un rôle dans l’ interdiction de la franc-maçonnerie en Russie. Il n’y a aucune base raisonnable permettant de suggérer qu’il était maçon ou même sympathisant.

(En ce qui concerne saint Philaret, je suis redevable au professeur Nicolas Racheotes, auteur de l’excellent  La vie et la pensée de Filaret Drozdov, 1782-1867 : Le chemin épineux vers la sainteté , qui a gracieusement répondu à mes questions par courrier électronique.)

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Archevêque Dionysius Latas de Zante

Tout au long du XIXe siècle, à l’instar de la Grèce, de nombreux pays à majorité orthodoxe ont obtenu leur indépendance et, en règle générale, la franc-maçonnerie a joué un rôle important. Jean-François Var écrit : « Au sein de ces francs-maçonneries engagées politiquement et nationalement, on trouve comme membres des prêtres, des moines, voire des évêques. La franc-maçonnerie et les Églises orthodoxes ont donc étroitement coopéré dans la lutte pour la liberté nationale.»

Même si de nombreux dirigeants indépendantistes grecs étaient maçons, le mouvement n’était pas universellement accepté en Grèce. Une controverse sur la franc-maçonnerie a éclaté sur l’île de Zakynthos (Zante) dans les années 1880. L’archevêque Denys de Zante était l’un des évêques les plus éminents et respectés de l’Église de Grèce et, plusieurs années plus tard, il serait le premier évêque grec orthodoxe à mettre les pieds dans l’hémisphère occidental lorsqu’il vint en Amérique pour assister à l’Assemblée mondiale de Chicago en 1893. Équitable. Denys publiait un magazine et répondait aux questions de ses lecteurs. En 1884, quelqu’un envoya une question sur la franc-maçonnerie. La réponse de Denys fut prudente : il ne savait pas grand-chose de la franc-maçonnerie mais s’inquiétait de leur secret. Il avait rencontré de nombreux maçons dans divers pays et ils lui avaient dit que leur seul objectif était de faire le bien, mais Denys a rétorqué que nous avons l’Église pour cela et que nous n’avons pas besoin d’une organisation parallèle comme la franc-maçonnerie. Cependant, Denys a conclu qu’il ne pouvait rien dire de trop définitif à ce sujet parce qu’il manquait de connaissances suffisantes et qu’il avait entendu à la fois des points positifs et des points négatifs.

Quelques années plus tard, l’un des prêtres expérimentés de Denys, le père Ioannis Stratis, devint maçon, ce qui provoqua un grand scandale parmi les fidèles. Le 9 mai 1887, Denys a convoqué une réunion de son clergé pour discuter de la crise, et tous ont convenu que la franc-maçonnerie est une secte antichrétienne, totalement incompatible avec l’orthodoxie. Denys a exigé que le père Stratis se repente, retire son serment maçonnique et demande pardon à l’Église. Stratis a refusé, disant qu’il était maçon et qu’il le resterait. Le lendemain, Denys prêcha une homélie anti-maçonnique enflammée et condamna tout prêtre qui rejoignait une loge maçonnique. Certains journaux critiquent l’archevêque et défendent Stratis, qui est alors convoqué devant le Saint-Synode d’Athènes. Là, Stratis a finalement cédé et a renoncé à son serment maçonnique, et le Synode l’a déclaré pardonné et réintégré. Stratis retourna à Zante, mais l’archevêque Dionysius doutait de sa sincérité et tout le clergé de l’île refusa de concélébrer avec lui. Denys interdit alors à Stratis de servir dans son diocèse.

Un an plus tard, le 28 mai 1888, Denys fut convoqué devant le Saint-Synode, qui le pressa de lever l’interdiction imposée à Stratis. Denys a répondu qu’il préférerait avoir les mains coupées et être pendu. Mais alors que Denys était en pèlerinage à Jérusalem, le Saint-Synode a rétabli Stratis lui-même.

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Le président Truman et l’archevêque Athenagoras, février 1947

Au tournant du XXe siècle, la franc-maçonnerie avait fait des incursions plus profondes dans l’Église orthodoxe. En 1900, Photios Peroglou devient patriarche d’Alexandrie. L’année suivante, Joachim III – connu sous le nom de « le Magnifique » – est élu pour son deuxième mandat de patriarche œcuménique. Selon la Grande Loge de Grèce , les deux hommes étaient francs-maçons. À son époque, certains étaient perplexes face aux messages contradictoires de Joachim sur la franc-maçonnerie, qui commencent à prendre plus de sens à la lumière de l’évidence selon laquelle il était lui-même maçon.

Et ce n’était que la pointe de l’iceberg : parmi les nombreux évêques maçons du siècle dernier figuraient le patriarche œcuménique Basile III (1925-29), l’archevêque Chrysanthus d’Athènes (1938-41), le patriarche Benoît de Jérusalem (1957-80). , et, plus célèbre encore, les patriarches œcuméniques Meletios Metaxakis (1921-23 ; également patriarche d’Alexandrie de 1926-35) et Athenagoras Spyrou (1948-72). Meletios rejoignit la Loge de l’Harmonie à Constantinople en mars 1910, juste avant de partir pour Chypre, où il avait été élu évêque de Kition. Athénagoras – qui, lorsque Mélétios était métropolite d’Athènes, était son archidiacre – a continué à entretenir une amitié bien connue avec un autre franc-maçon, le président américain Harry Truman.

Aux États-Unis, la franc-maçonnerie était également répandue parmi les immigrants orthodoxes, dont beaucoup la considéraient innocemment comme un outil de réseautage qui pourrait les aider à être acceptés dans la société américaine. Certains prêtres et même évêques rejoignirent les rangs maçonniques. Le plus remarquable est Athénagoras, qui, avant de devenir patriarche œcuménique, fut archevêque grec de l’Amérique du Nord et du Sud de 1930 à 1948. Le métropolite antiochien de longue date Antony Bashir (1936-66) était également maçon, et l’archevêque Aftimios Ofiesh fut largement accusé d’être un, bien que cela n’ait pas été définitivement confirmé.

D’un autre côté, des saints américains comme Nicholai Velimirovich et Raphael Hawaweeny se sont fermement opposés à la franc-maçonnerie. Dans sa lettre de 1911 contre l’Église épiscopale , saint Raphaël accusait les anglicans d’être envahis par le clergé et les évêques maçonniques. En 1914 — un an avant la mort de saint Raphaël — il écrivit au patriarche Grégoire d’Antioche pour lui poser des questions sur le métropolite Germanos Shehadi en visite : la rumeur était parvenue à Raphaël selon laquelle Germanos était maçon ; était-ce vrai ? Le patriarche Grégoire a répondu : « Nous avons interrogé le métropolite Germanos et il a nié cette accusation… Mais s’il se rend aux États-Unis, terre de liberté, nous découvrirons peut-être sa vraie nature. » La même année, Aftimios Ofiesh, confronté à des allégations d’appartenance maçonnique, renonça publiquement à la franc-maçonnerie à Saint-Raphaël. Après la mort de Raphaël en 1915, Germanos et Aftimios sont devenus des rivaux acharnés, rivalisant pour le contrôle des paroisses syro-antiochiennes.

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À mesure que le XXe siècle avançait, certains synodes d’évêques tournèrent leur attention vers le problème de la franc-maçonnerie. Le Synode des évêques du ROCOR, dirigé par le métropolite Antoine Khrapovitsky, le condamna officiellement en 1932. À peu près au même moment, l’Église de Grèce nomma une commission de quatre évêques pour étudier le mouvement et, le 12 octobre 1933, la commission présenta son rapport. premières constatations. Le Saint-Synode a également entendu les rapports de la Faculté de théologie de l’Université d’Athènes. Après cela, le Synode a adopté à l’unanimité plusieurs conclusions. Voici quelques morceaux sélectionnés :

  1. « La franc-maçonnerie n’est pas simplement une union philanthropique ou une école philosophique, mais constitue un système mystagogique qui nous rappelle les anciennes religions et cultes mystérieux païens – dont elle descend et en est la continuation et la régénération. »
  2. « Un tel lien entre la franc-maçonnerie et les anciens mystères idolâtres se manifeste également par tout ce qui est mis en scène et exécuté lors des initiations. »
  3. « Ainsi, la franc-maçonnerie est, comme on l’admet, une religion à mystères, tout à fait différente, distincte et étrangère à la foi chrétienne. »
  4. « Il est vrai qu’il peut sembler au premier abord que la franc-maçonnerie peut se réconcilier avec toutes les autres religions, car elle ne s’intéresse pas directement à la religion à laquelle appartiennent ses initiés. Ceci s’explique cependant par son caractère syncrétiste et prouve qu’en ce point également il s’agit d’une descendance et d’une continuation des anciens mystères idolâtres qui acceptaient pour initiation les adorateurs de tous les dieux. […] Cela signifie que par l’initiation maçonnique, un chrétien devient le frère du musulman, du bouddhiste ou de tout rationaliste, tandis que le chrétien non initié à la franc-maçonnerie devient pour lui un étranger.
  5. « D’un autre côté, la franc-maçonnerie […] se révèle en ce sens en contradiction flagrante avec la religion chrétienne. »
  6. « Ainsi, la contradiction incompatible entre le christianisme et la franc-maçonnerie est tout à fait claire. […] [L]’Église catholique orthodoxe, maintenant dans son intégrité le trésor de la foi chrétienne, [a] proclamé contre elle chaque fois que la question de la franc-maçonnerie était soulevée. Récemment, la Commission interorthodoxe, qui s’est réunie sur le Mont Athos et à laquelle ont participé les représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales, a qualifié la franc-maçonnerie de « système faux et antichrétien ».

En conclusion, le synode grec a déclaré :

La franc-maçonnerie ne peut pas du tout être compatible avec le christianisme dans la mesure où elle est une organisation secrète, agissant et enseignant dans le mystère et le secret et déifiant le rationalisme. La franc-maçonnerie accepte comme membres non seulement les chrétiens, mais aussi les juifs et les musulmans. Les ecclésiastiques ne peuvent donc pas être autorisés à participer à cette association. Je considère comme digne d’être dégradé tout ecclésiastique qui le fait. Il est nécessaire d’exhorter tous ceux qui y sont entrés sans y réfléchir et sans examiner ce qu’est la franc-maçonnerie, à rompre tout lien avec elle, car le christianisme seul est la religion qui enseigne la vérité absolue et répond aux besoins religieux et moraux des hommes. À l’unanimité et d’une seule voix, tous les évêques de l’Église de Grèce ont approuvé ce qui a été dit, et nous déclarons que tous les enfants fidèles de l’Église doivent se tenir à l’écart de la franc-maçonnerie…

Archevêque Chrysanthus d’Athènes

Malgré cela, cinq ans plus tard, l’Église de Grèce se retrouva dirigée par un maçon, l’archevêque Chrysanthus. Le Synode grec a dû renouveler sa condamnation de la franc-maçonnerie en 1949, puis à nouveau en 1969 – il semble que le problème ne disparaisse pas.

En 1937, le Patriarcat de Roumanie condamna également la maçonnerie. Le chef de l’Église roumaine à cette époque était le patriarche Miron, qui – paradoxalement – ​​a été accusé d’être lui-même franc-maçon.

En 1949, le Saint-Synode de la Métropole russe en Amérique (aujourd’hui OCA) a adopté la décision de l’Église de Grèce de 1933 comme sienne, et en 1960, la Métropole a réaffirmé cette décision.

Pour autant que je sache, ce sont les seules condamnations synodales formelles de la franc-maçonnerie. Il semble peu probable que nous en voyions davantage, car le nombre de membres maçonniques est en fort déclin depuis des décennies. En Amérique, d’un sommet de 4,1 millions de membres en 1959, leur nombre est tombé à 800 000 en 2021 – et le nombre de membres a diminué d’environ 100 000 par an ces dernières années . Des déclins correspondants semblent se produire partout dans le monde. À la lumière de cela, je serais surpris si les futurs synodes orthodoxes devaient à nouveau aborder le problème de la franc-maçonnerie.

Sources principales

Franc-maçonnerie : Déclaration officielle de l’Église de Grèce (1933)

Nésiotès Eutychios, « La franc-maçonnerie et l’Église grecque », Échos d’Orient 95 (1912), 333-341. ( lien )

Nésiotès Eutychios, « La franc-maçonnerie et l’Église grecque en Grèce et en Turquie (1898-1908) », Échos d’Orient 100 (1913), 232-236. ( lien )

Oleksii Krykunov,  La franc-maçonnerie dans l’histoire de l’Europe de l’Est : son influence politique et culturelle (Bonn, 2022). ( lien )

Jean-François Var, « La franc-maçonnerie et les Églises orthodoxes »,  Manuel de la franc-maçonnerie  (Brill, 2014), 155-161.

La franc-maçonnerie allemande donne un aperçu de sa philosophie et de ses activités

De notre confrère allemand allgemeine-zeitung.de

La loge maçonnique « Zum Burning Bush » à Alzey ouvrira ses portes au public le samedi 4 novembre pour donner un aperçu de la loge historique, qui est depuis des décennies le siège du centre de jeunesse et culturel de la région. La journée portes ouvertes à partir de 14h sera consacrée au lien entre jeunesse, culture et franc-maçonnerie.

L’ancienne loge, riche en histoire, sert non seulement de lieu de rencontre pour les jeunes et les amateurs de culture d’Alzey, mais abrite également la loge maçonnique depuis sa rénovation. Le lieu allie les traditions des francs-maçons avec le travail moderne de jeunesse et culturel.

Les visiteurs ont la possibilité d’explorer les salles d’exposition spécialement conçues, qui donnent un aperçu de l’histoire et des valeurs de la franc-maçonnerie. Les sujets incluent la philosophie et les activités des francs-maçons, engagés depuis longtemps en faveur de la tolérance, de l’humanité et du développement personnel.

L’aperçu d’un temple maçonnique ainsi que les tables d’exposition avec des objets de la franc-maçonnerie et des tables de livres visent à remplir la loge d’une atmosphère particulière. Il y aura également une conférence sur la franc-maçonnerie et les expositions à 15h, 17h et 19h. En plus des différentes idées, il y aura également une représentation visuelle du travail et de la philosophie des francs-maçons.

L’événement offre la possibilité d’avoir des conversations et de réseauter avec des personnes partageant les mêmes idées. Les portes de la Römerstraße 18 ouvriront un quart d’heure avant le départ à 14 heures. Une réception au champagne suivra à 14h15.

Lieu symbolique : Freemason’s Hall, Grande Loge Unie d’Angleterre, Londres (Royaume-Uni)

Le Freemasons’ Hall de Londres est le siège de la Grande Loge Unie d’Angleterre et du Grand Chapitre Suprême des Royal Arch Masons of England, en plus d’être un lieu de rencontre pour de nombreuses loges maçonniques de la région de Londres.

Il est situé sur Great Queen Street, au n° 60, entre Holborn et Covent Garden et est un lieu de rencontre maçonnique depuis 1775.

Certaines parties du bâtiment sont ouvertes au public quotidiennement et son style Art déco classique préservé, ainsi que son utilisation régulière comme lieu de tournage de films et de télévision, en ont fait une destination touristique.

En 1846, l’Alliance évangélique mondiale est fondée à Freemason’s Hall.

Son histoire

En 1775, la première Grande Loge achète une maison donnant sur la rue, derrière laquelle se trouvent un jardin et une seconde maison. Un concours a été organisé pour la conception d’un Grand Hall reliant les deux maisons. La maison de devant était la taverne des francs-maçons , la maison de derrière devait devenir des bureaux et des salles de réunion. Le design gagnant a été réalisé par Thomas Sandby .

Le bâtiment actuel, le troisième sur ce site, a été construit entre 1927 et 1933 dans le style Art déco selon les plans des architectes Henry Victor Ashley (1872 – 1945) –  élu membre du Royal Institute of British Architects (FRIBA) en 1907 – et F. Winton Newman (1878-1953) en mémoire des 3225 francs-maçons morts en service actif pendant la Première Guerre mondiale.

Le Grand Temple.

Il s’agit d’un imposant bâtiment Art déco, l’un des plus beaux bâtiments Art déco du Royaume-Uni,  s’étendant sur deux acres et quart (0,9 ha). Initialement connu sous le nom de Mémorial maçonnique de la paix , le nom a été changé en Freemason’s Hall, soit, littéralement, Salle des Francs-Maçons, lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Le financement de la construction de la salle a été collecté par un Fonds commémoratif maçonnique. Ce fonds a permis de récolter plus d’un million de livres sterling.

Le Grand Temple

Au centre du bâtiment actuel se trouve le Grand Temple, utilisés non seulement pour les cérémonies maçonniques (nationales, provinciales, etc.) mais aussi par de nombreuses organisations non maçonniques pour des événements aussi divers que des défilés de mode et des cérémonies de remise de prix polytechniques. Des portes en bronze, pesant chacune une tonne et quart, s’ouvrent sur une salle de 123 pieds (37 m) de long, 90 pieds (27 m) de large et 62 pieds (19 m) de haut pouvant accueillir 1 700 personnes.

Le plafond.

L’anse du plafond est en mosaïque et, en plus des figures et des symboles du rituel maçonnique, comprend, dans le coin, des figures représentant les quatre vertus cardinales – Prudence , Tempérance , Courage et Justice – et les armes du prince Arthur, duc de Connaught et Strathearn (deuxième plus jeune fils de la reine Victoria ) Grand Maître 1901-1939, sur la suggestion duquel le Mémorial maçonnique de la paix a été construit.

Un grand orgue à tuyaux, construit par les principaux facteurs d’orgues Henry Willis & Sons , a été installé en 1933. Quelque 80 ans plus tard, il a été restauré par Harrison et Harrison de Durham, les travaux étant financés par le Grand Chapitre Suprême. La restauration a été achevée en 2015 et comprenait la fourniture d’une nouvelle section « Grand » de l’instrument logée dans un nouveau boîtier assorti immédiatement derrière et au-dessus de la console, créant ainsi trois structures à la place des deux d’origine. Le récital inaugural sur l’instrument restauré a été donné le 30 septembre 2015 par le Dr Thomas Trotter , organiste de l’hôtel de ville de Birmingham et de St Margaret’s, Westminster.

Le Grand Temple comprend, hasard ou divine providence, 1717 places !

Le bâtiment en lui-même

En plus du Grand Temple, il y a 26 autres temples, utilisés par les loges, pour la maçonnerie ‘’bleue’’ ou symbolique et par les chapitres du Royal Arch. Tous sont très ornés dans leurs différents styles Art déco, et il n’y en a pas deux identiques. Parmi les temples particulièrement remarquables, le temple n°1 était très grand (pouvant accueillir jusqu’à 600 personnes) et contenait une série de portraits d’anciens grands maîtres. Cependant, le temple a été transformé en espace de conférence, en supprimant le mobilier et l’orgue Willis (bien que les portraits demeurent).

Grand temple, l’Orient.

Le temple n° 3, bien que sans style inhabituel en soi, contient un orgue de chambre remarquable du XIXe siècle (entièrement restauré vers 2012) ; Le temple n° 10 (où les concepteurs disposaient d’une hauteur et d’un espace supplémentaires en raison de son emplacement sous la grande tour de l’horloge) est construit dans un style qui combine l’art déco classique avec le design égyptien, et comprend un haut plafond en forme de dôme impressionnant, ainsi qu’un orgue Willis . (en attente de restauration) ; Le temple n° 11 a été en grande partie financé par des dons du Japon et de l’Extrême-Orient, et est par conséquent décoré dans un style somptueux, dominé par des chrysanthèmes stylisés , la fleur nationale du Japon ; Le temple n° 12 est connu sous le nom de temple de Birmanie pour des raisons similaires et est décoré d’œuvres d’art birmanes stylisées et d’une plaque enregistrant les contributions des francs-maçons de Birmanie britannique .

Temple (Rite Anglais Style Émulation).

Le temple n° 16 possède un plafond voûté en berceau distinctif et très décoré ; Le temple n° 17 a été en grande partie financé par les francs-maçons du Buckinghamshire et possède un très grand cygne sculpté (le symbole du Buckinghamshire) sur un mur ; il bénéficie également d’un style décoratif plus que d’habitude orné, avec de vastes lambris en chêne, et est utilisé en particulier par les loges les plus anciennes de Londres, y compris les trois loges restantes (sur quatre originales) antérieures à 1717 et à la formation du Grand Logez-vous; jusqu’en 2018, le temple n° 23 était le plus petit (pouvant accueillir environ 35 personnes) et contenait une série de portraits d’anciens grands secrétaires, [5] mais cette année-là, ce temple fut rebaptisé « The Kent Room » et mis à la disposition du public pour examen dans le cadre de la Bibliothèque et du Musée de la Franc-Maçonnerie (bien qu’elle puisse également être utilisée pour les réunions de loge) ; en même temps, trois nouveaux petits temples furent créés (d’une capacité d’environ 20 personnes chacun), numérotés temples 25, 26 et 27, pour permettre les réunions de très petites Loges ; ces nouveaux temples ont été créés à partir d’un espace qui était autrefois constitué de deux appartements résidentiels, le nombre de personnel résidentiel vivant dans le bâtiment ayant considérablement diminué.

Vertus cardinales, détail plafond.

En plus de ces 26 Temples et du Grand Temple, il existe plusieurs temples très simples et réservés aux « Loges d’Instruction » et aux « Loges de Répétition ». Contrairement au Grand Temple et à la Kent Room (dont des visites publiques sont disponibles quotidiennement), les autres temples (et les temples de répétition) ne sont normalement pas ouverts au public, car ils sont constamment demandés par les loges et chapitres privés de Londres pour leurs réunions régulières. Environ 1800 loges et chapitres se réunissent régulièrement à Londres, et une forte proportion d’entre eux se réunissent au Freemasons’ Hall.

Le Musée de la franc-maçonnerie

Le Musée de la franc-maçonnerie comprend aussi une bibliothèque et des archives.

En 2007, la collection du Musée de la Franc-maçonnerie a été reconnue par le biais du programme de désignation du Conseil des musées, bibliothèques et archives comme étant d’une qualité et d’une importance exceptionnelles et d’une importance nationale et internationale.

Le Musée est ouvert au grand public et l’entrée est gratuite. Le musée possède une collection d’œuvres d’art maçonniques, d’objets de cérémonie et d’insignes, ainsi que d’objets du quotidien à décoration maçonnique , notamment des horloges, des meubles, de la verrerie, des bijoux, de la porcelaine, de la poterie et de l’argenterie.

La taille immense de ce trône de cérémonie reflète la stature du grand maître royal pour lequel il a été conçu en 1791 : le prince de Galles, qui deviendra plus tard le roi George IV. Il est fabriqué à partir de bois de tilleul doré, a duré trois mois et a coûté 157 £ 10s (environ 12 000 £ en argent d’aujourd’hui). Source UGLE.

La bibliothèque est ouverte au public pour référence et les utilisateurs doivent s’inscrire. La bibliothèque contient une collection complète de livres imprimés et de manuscrits sur toutes les facettes de la franc-maçonnerie en Angleterre, ainsi que des documents sur la franc-maçonnerie ailleurs dans le monde et sur des sujets associés à la franc-maçonnerie ou aux traditions mystiques et ésotériques. Le catalogue de la bibliothèque est disponible en ligne.

En plus de ses principales collections maçonniques, le Musée de la Franc-maçonnerie possède une large sélection d’objets relatifs aux sociétés amicales telles que les Oddfellows , les Foresters et de nombreuses autres sociétés actuelles et n’existant plus. Une grande collection de livres sur les sociétés amicales, notamment concernant les Oddfellows et les Foresters, est également conservée par la bibliothèque.

Constitution d’Anderson, 1723.

Le Musée qui offre aussi un service d’enquêtes généalogiques, présente également des ateliers, des événements et une grande exposition thématique, ainsi que plusieurs petites expositions au cours de l’année. L’entrée à toutes les expositions est gratuite.

En 2016, une partie du film Assassin’s Creed a été tournée au Grand Temple. Rebaptisé « La salle du Grand Templier », le temple est utilisé comme lieu de la cérémonie de remise des prix de l’antagoniste vers la fin du film. La salle arbore des doubles croix des Templiers sur la façade du temple. Le Grand Temple est également utilisé pour des concerts et des événements musicaux – bénéficiant d’une excellente acoustique et de lignes de visibilité dégagées. En septembre 2014, le Freemasons’ Hall a accueilli plusieurs défilés de mode dans le cadre de la London Fashion Week 2014.

Le bâtiment est utilisé à la fois en interne et en externe comme remplaçant de Thames House (la maison du MI5) dans la série télévisée Spooks et dans la série télévisée Spy et a également été largement présenté dans les films et a également servi de toile de fond dans plusieurs vidéoclips.

Guided tour of Freemasons’ Hall

Sources : Wikipédia, Wikimedia Commons, Tripadvisor, United Grand Lodge of England (UGLE), Facebook UGLE

Elle envoie des photos de nus de son ex à sa Loge maçonnique. Elle finit par être condamnée

De notre confrère brésilien otempo.com.br – Par Bruno Daniel

Un homme de Montes Claros, au nord du Minas Gerais (Brésil), recevra 20 000 Reals de compensation de la part de son ex-compagne, après que la femme a publié des « nus » de lui à des proches de l’homme. Selon le Tribunal de Justice de Minas Gerais (TJMG), le contenu a été partagé avec la Loge maçonnique que fréquentait l’homme, ainsi qu’à l’administration de l’entreprise où il travaillait ainsi qu’aux les amis et la famille de la victime.

Selon la procédure, la victime et la femme ont entretenu une relation extraconjugale pendant cinq mois. Après la fin de la relation, la femme, par vengeance, a partagé des photos et des conversations intimes avec les patrons de l’homme et à sa famille, puis à la franc-maçonnerie. La divulgation des messages et des photos a conduit à l’exclusion de la victime de l’entreprise où elle travaillait depuis plus d’années, en plus de sa radiation de la franc-maçonnerie. 

Lors du procès en première instance, le district de Montes Claros a refusé d’indemniser la victime, arguant qu’il y avait eu des attaques mutuelles entre l’homme et la femme. La défense de la victime a affirmé qu’il n’y avait aucune preuve de réciprocité et a fait appel de la décision. 

En deuxième instance, le juge Marcelo de Oliveira Milagres a modifié la sentence. Il a conclu qu’il s’agit d’un cas de vengeance pornographique, « lorsqu’une partie, insatisfaite de la fin d’une relation ou pour toute autre raison, partage de la nudité et des actes à caractère sexuel sans le consentement de l’autre, ce qui constitue une violation flagrante de la droits à l’intimité et à la vie privée de l’individu ». 

Le rapporteur a également rappelé que la victime avait perdu son emploi à cause de la publication des photos et des messages. Ce jugement a été suivi par les juges Arnaldo Maciel et João Cancio. 

Un duo arrêté après avoir volé le temple maçonnique à Várzea Grande

De notre confrère brésilien olhardireto.com.br – Par Gustavo Castro

Deux hommes ont été arrêtés lundi soir , après avoir cambriolé un temple maçonnique situé à l’intérieur du Rotary Club de Várzea Grande. Les suspects, âgés de 21 et 28 ans, sont également impliqués dans des vols à Cuiabá.

Selon le rapport de police, l’incident s’est produit à 20 h 30, dans le quartier Cristo Rei. Une caméra de sécurité a enregistré le moment où le duo est arrivé sur une moto Honda Titan, prenant en charge les victimes et volant plusieurs objets, puis s’est enfui. L’un d’eux est surveillé par un moniteur électronique à la cheville.

Avec les caractéristiques en main, les militaires ont effectué des patrouilles dans la région et ont localisé les suspects dans le quartier de Jaime Campos. Lors de l’approche, l’un d’eux a tenté de s’enfuir, mais a été capturé. Tous deux ont été emmenés au Flagrant Center.

Au commissariat, deux victimes francs-maçons du braquage ont identifié les suspects. L’un d’eux a déclaré que la veille, un des malfaiteurs s’était rendu sur place et avait demandé de l’eau et de la nourriture, probablement dans l’intention d’inspecter l’établissement.

En outre, d’autres témoins présents à l’unité ont déclaré que les criminels étaient impliqués dans des opérations de vols à Cuiabá et Várzea Grande.

Au vu des faits, ils ont été arrêtés et conduits au Commissariat de la Police Civile.