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Gabon : promotion en cascade des « fils de la veuve » au sein des institutions de la Transition

Du site gabonmediatime.com – Par Morel Mondjo Mouega

Loin de se cantonner à l’application stricte d’un rituel, aussi beau qu’il soit, une fois tous les quinze jours, ou à la quête de bâtisseur, les ambitions d’un franc maçon ne peuvent s’exprimer qu’avec tous les Frères. Un précepte qui semble avoir été entendu par certains « fraters » tapis au sein de l’exécutif de transition. Et pour cause, selon le site Gabonreview « l’ascension de nombreux membres de cette société secrète sonne semble-t-il le grand retour dans les coulisses du pouvoir »

L’arrivée au pouvoir des militaires à la suite du Coup d’Etat du 30 août 2023 semble avoir contribué à un apaisement et même un retour en grâce des pratiquants de l’Art Royal. Un fait perceptible avec la nomination de certains à des postes clés au sein du gouvernement, du parlement et de l’administration. 

Un retour glorieux pour les « fils de la veuve »

« Nous sommes très heureux aujourd’hui, parce que nos textes disent clairement que c’est celui qui est haut perché qui tend la perche à ses frères pour les faire monter », a confié un membre de la Grande Loge symbolique du Gabon (GLSG) à Gabonreview. En effet, plusieurs personnalités passées sous le bandeau ont fait leur entrée au sein du gouvernement de transition de Raymond Ndong, avant que plusieurs autres ne soient propulsées au sein de l’administration publique et le 6 octobre dernier à l’Assemblée nationale et au Sénat. 

Un fait d’ailleurs qui ne manque pas d’être salué par certains frères de lumière. « Nous n’avons jamais eu autant de frères appelés à toutes ces fonctions – président de l’Assemblée nationale, vice-président du Sénat, ministre du Budget, de nombreux ministres, députés et sénateurs, un très grand nombre de PCA et de directeurs généraux, c’est du jamais vu », se réjouit Jean-Hilaire O., un autre franc-maçon cité par nos confrères.

June 14th-15th, 2024 : 9th Congress on Fraternalism, Social Capital, and Civil Society – (GODF and BnF), save the date !

Soit, dans la langue de Molière, 9e Congrès sur le Fraternalisme, le Capital Social et la Société Civile les 14 & 15 juin 2024 ; Grand Orient de France (GODF) et Bibliothèque nationale de France (BnF).

Tous les deux ans, si tel est votre désir, vous avez la possibilité d’assister à un grand évènement culturel, historique, symbolique ou encore spirituel. Réservez la date !

Nous vous donnons la liste, encore provisoire, des thématiques et des intervenants.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la mise à jour au fur et à mesure de la réception des propositions.

Paul Rich

À aujourd’hui, sept conférences sont prévues :  

1. Huit siècles de franc-maçonnerie : la chronologie du fraternalisme vue à travers les documents de la Conférence mondiale sur le fraternalisme. L’évolution des guildes médiévales en philanthropes portant le Fez – Paul Rich, Policy Studies Organization

2. Genre, nationalisme et fraternité : considérations sur le genre et les controverses nationales dans les ordres fraternels – Guillermo De Los Reyes, Université de Houston

3. La franc-maçonnerie et les Lumières laïques – Margaret Jacob, Université de Californie, Los Angeles

Charles Coutel

4. Le message original de Condorcet : la liberté de conscience ou apprendre à l’être humain à user de son jugement critique – Charles Coutel

Philippe Foussier, ancien Grand Maitre du Grand Orient de France. | VERNIER/JBV NEWS

5. Les 28 années (1849-1877) durant lesquelles le GODF a imposé la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme à ses membres – Philippe Foussier

6. Thomas Paine et Nicolas de Bonneville : un dialogue franco-britannique sur la franc-maçonnerie et la libre pensée – Cécile Révauger

7. La lettre G : Dieu ou la géométrie ou le roi George – Paul Rich, Policy Studies Organization

Cécile Révauger, en 2018

L’organisateur Policy Studies Organization (PSO) est une organisation universitaire dont le but est de faire progresser l’étude de l’analyse des politiques en publiant des revues universitaires, des livres, en parrainant des conférences et en produisant des programmes, des programmes d’études et des vidéos.

Infos pratiques :

Lieux des conférences : GODF 16 rue Cadet, Paris 9e – Bibliothèque François-Mitterrand, Paris 13e

Policy Studies Organization, 1367 Connecticut Ave. NW Washington, DC 20036 6 Tel. (202) 795-9165/Mail dgutierrezs@ipsonet.org

Blason Congress on Fraternalism

Textes initiatiques

Pour avoir une connaissance parfaite de Michel Marie Gaudart de Soulages, directeur de la collection « Grande Hiérophanie » dans laquelle paraît ses Textes initiatiques, avocat et écrivain franco-canadien, au-delà de sa fiche Wikipédia, vous pouvez vous consacrer à la lecture des curriculum vitae – maçonnique, profane et chevaleresque – publiés en fin d’ouvrage.

Michel Gaudart de Soulages, en 2016.

Membre de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) et Sérénissime Grand Hiérophante, le XIIe mondial, du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm Michel Gaudart de Soulages, à qui nous devons, entre autres, deux fort utile ouvrages le Dictionnaire des francs-maçons français (Éditions Albatros, 1980, rééd. Éditions Jean-Claude Lattès, 1995), en collaboration avec Hubert Lamant et le Dictionnaire des francs-maçons européens (Dualpha, 2004), en collaboration avec Hubert Lamant et Karl-Heinz Hoffmeïster, l’auteur voit sa préface signée par Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, Ancien conservateur du Rite de Misraïm et Memphis et Ancien Grand Maître du Rite de Misraïm AA.

Mais qu’entend-on exactement par des textes initiatiques ? Généralement, ce sont des écrits qui jouent un rôle important dans les traditions ésotériques, spirituelles et initiatiques. Ces textes peuvent revêtir diverses formes – écrits religieux, manuscrits ésotériques, des textes philosophiques ou ouvrages littéraires – et visent généralement à transmettre des enseignements, des connaissances ou encore des rituels liés à des pratiques ésotériques ou spirituelles.

Dans Textes initiatiques,  Michel Gaudart de Soulages regroupe, en vérité, les préfaces faites pour les ouvrages du juriste Pascal Gambirasio d’Asseux, passionné d’histoire et par la tradition vivante de la Chevalerie et son langage initiatique, notamment l’héraldique ou art du blason, du remarquable Dictionnaire du Martinisme (essai sur) chez Dualpha en 2009, de Richard Racziynski ou le Robert Ambelain de l’historien Arnaud de l’Estoile (Télètes, 2020), sociétaire de la Société des gens de lettres (SGDL).

Le lecteur trouvera aussi de nombreux articles publiés dans différentes revues comme Héraldique et Généalogies ou encore celle du Suprême Conseil pour la France (SCPLF), ainsi les écrits parus sur le site de la Grande Hiérophanie Mondiale, afin présenter cette dernière.

Il nous entretient de la légitimité ou pas de « L’affaire Cheickna Sylla », de la filiation de Robert Ambelain, de l’organisation de cette Grande Hiérophanie et du Grand Ordre Souverain des Rites Égyptiens. Dans le dernier chapitre, intitulé « Comment contacter le divin ? », Gaudart de Soulages répond à plusieurs questions : pour quelle raison souhaitons-nous nous rapprocher du divin, comment et où le trouver, que faire en pratique, faut-il passer par une initiation… Il nous parle enfin des célèbres Arcana Arcanorum, « Secret des Secrets » – un ensemble de pratiques et d’enseignement –, sans toutefois nous les révéler.

Les annexes, comportant le curriculum vitae initiatique de l’auteur dont nous avons déjà parlé, nous instruit quant à la légitimité du Grand hiérophante et donne aussi les différents traités d’amitié et de reconnaissance.

Dualpha Éditions

Comme c’est l’usage lorsque nous chroniquons pour la première fois un éditeur, nous vous présentons les éditions Dualpha, maison d’édition française créée en 1997 par Philippe André Duquesne dit Philippe Randa, classée à l’extrême droite.

Philippe Randa, en 2016.

Dualpha réédite ou publie des ouvrages portant sur le cinéma, l’homosexualité, l’histoire, l’ésotérisme, la politique, la Guerre d’Algérie, la littérature et la Seconde Guerre mondiale, mais également des ouvrages de fiction (romans policiers, romans de science-fiction et romans historiques). En mars 2010, cet éditeur a publié, sous la marque Déterna, une édition de l’ouvrage antisémite Les Protocoles des Sages de Sion. En savoir plus.

Le catalogue est disponible ICI.

Textes initiatiques

Michel Gaudart de Soulages – Préface de Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie – Dualpha Éditions, Coll. « Grande Hiérophanie », 2023, 170 pages, 23 €

Frédéric Ploquin pour Le Parisien : « La franc-maçonnerie est très implantée dans la police »

De notre confrère le Parisien – Par Jean-Michel Décugis (seulement pour les abonnés)

EXCLUSIF. Le livre « Les réseaux secrets de la police » de Frédéric Ploquin raconte le poids, l’influence et les liens obscurs de la franc-maçonnerie dans la police, avec ses effets positifs mais aussi ses dérives. Un livre décapant sur les coulisses de l’institution.

Spécialiste de la police, du grand banditisme et du renseignement, Frédéric Ploquin, 64 ans, est journaliste d’investigation et auteur de nombreux livres. Il nous explique les liens entre la franc-maçonnerie et la police, thème de sa dernière enquête.

Le scoop de son ouvrage Les réseaux secrets de la police: Loges, influence et corruption, qui paraît ce jour chez Nouveau Monde Éditions, c’est que l’auteur nous apprend que le Président de la République Emmanuel Macron aurait été initié à Lyon par Gérard Collomb, ancien ministre d’État, ministre de l’Intérieur au sein des gouvernements Philippe I et II, alors franc-maçon du Grand Orient de France (GODF). À lire ICI.

La 4e de couverture : « La police est constituée de chapelles qui souvent s’ignorent, quand elles ne se font pas la guerre. Cela laisse une grande marge de manœuvre aux réseaux plus ou moins secrets, souvent transversaux. Une habitude qui remonte à la Résistance et qui s’est solidifiée à l’époque du SAC, le service d’action civique, milice des gaullistes, où se côtoyaient des policiers de tous grades. Pour la première fois, ce livre raconte comment ces « familles » se sont créées, qu’elles soient fondées sur l’origine géographique (Corses, pieds-noirs, Parisiens…), la politique (RPR, PS, clan Pasqua, « Sarko boys »…), la franc-maçonnerie ou plus récemment le sexe.

Une histoire inédite de la Place Beauvau sous la Ve République à travers ses réseaux.Une kyrielle d’affaires de ripoux ont marqué ces dernières années la vie de la police, avec un terreau commun : les liens occultes noués dans le secret des loges ou de ces « écuries » en marge des hiérarchies habituelles. Et avec un moteur récurrent : l’argent, les prébendes, l’influence.

Ce livre raconte aussi ces affaires, avec à l’appui les témoignages de nombreux acteurs de premier plan, gardiens de la paix, commissaires ou préfets. Du brigadier-chef qui régnait sur la préfecture de police de Paris au début des années 80 à la loge Athanor – un scandale récent qui a laissé des cadavres en chemin –, voici mis en lumière quarante ans de coups tordus dans la police. Frédéric Ploquin est journaliste, spécialiste de la police et du grand banditisme. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Les Narcos français brisent l’omerta (Albin Michel, 2021) et La peur a changé de camp (Albin Michel, 2018). »

S’abonner pour lire la suite ici

Ne mélangeons pas les genres : balade entre Loge et divan

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Rencontres et divergences entre franc-maçonnerie et psychanalyse

« L’éthique m’est étrangère et vous êtes pasteur d’âmes. Je ne me casse pas beaucoup la tête au sujet du bien et du mal, mais en moyenne, je n’ai découvert que fort peu de « bien » chez les hommes. D’après ce que j’en sais, ils ne sont pour la plupart que de la racaille, qu’ils se réclament de l’éthique de telle ou telle doctrine-ou d’aucune »

 (Sigmund Freud) Lettre au Pasteur Pfister du 9 octobre 1918

Nous tenions, avec un malin plaisir, à faire figurer cette citation de Freud, en réponse à un courrier du Pasteur Oskar Pfister où ce dernier le louait pour son éthique supposée ! Mais ceci est surtout destiné à mettre une frontière à notre réflexion sur le rapprochement que l’on pourrait tenter de faire entre deux mondes que de multiples choses séparent : la psychanalyse s’inscrit dans le champ thérapeutique (essentiellement celui des névroses) et celui de l’anthropologie, la Franc-Maçonnerie dans celui de la philosophie, voire d’une spiritualité, religieuse ou non. Contrairement à Jung qui s’est détaché de la psychanalyse pour se rattacher à une psychologie analytique, en prônant l’interférence entre les spiritualités et l’inconscient, Freud n’a voulu voir dans les spiritualités que le camouflage imaginaire aux instincts que nous partageons avec le monde animal du fait de l’évolution darwinienne ; bien que toute sa vie il appartint au « Bnai Brith », institution juive ressemblant à la Maçonnerie, où il ne manquait pas de présenter ses recherches sur l’inconscient, en priorité par rapport à ses collègues scientifiques ou le « grand public ». Tout en se déclarant athée et seulement attaché à la culture juive, même s’il ne manque pas d’en montrer les racines imaginaires inconscientes, comme dans ses célèbres « Moïse et le monothéisme », « L’avenir d’une illusion » ou « Malaise dans la civilisation », par exemple.

Psychanalyse et Franc-Maçonnerie partagent cependant, d’emblée, le constat de la déchirure interne des sujets entre deux natures, avec la tentative de « rassembler ce qui est épars » dans la fonction symbolique, complexe et latente, qui embrasse toute l’activité humaine, comportant une part consciente et une part inconsciente, qui est rattachée à la fonction du langage, qui fait de l’homme un « parlêtre », selon la formule de Lacan.

 Franc-Maçonnerie et Psychanalyse en viennent à évoquer un « ordre symbolique » régissant de façon sous-jacente les formes prévalentes de la vie imaginaire comme les effets de compétition, de prestance, d’agression de séduction et toutes les manifestations rituéliques qui se veulent traductrices de « mystères » qui pour la psychanalyse n’en sont pas, mais peuvent être nécessaires au groupe pour assurer sa cohésion. Par-delà l’échange des dons, des pactes d’alliance, la prescription de sacrifices, les rituels, les prohibitions, les tabous, existent en dernière instance des lois de la parole au fondement de ces systèmes et ce, de caractère universel, a-travers les cultures et les croyances. Nous en arrivons ainsi à un rapprochement inattendu entre Franc-Maçonnerie et psychanalyse : le manque symbolique serait la porte ouverte à la pathologie où à ce que nous pourrions nommer le « mal » dans la définition que Paul Ricoeur en donne. Pour lui, « une vie humaine, c’est un hasard transformé en destin par un choix continu ».

L’instinct met alors la parole en esclavage, la « bête » prend le pouvoir sur l’ « ange » ! Tout aboutissement thérapeutique ou spirituel devient alors une démarche vers la restauration du symbolique. En psychanalyse et en Franc-Maçonnerie, le postulat de l’ordre symbolique repose sur le lieu de la parole d’origine  Au commencement était le Verbe ») qu’il soit fait référence au Grand « Autre » ou au « GADLU ». Ce lieu n’étant jamais accessible (sauf chez les mystiques dans de cours instants ou aux psychotiques) il permet cette tension permanente vers « La » parole qui nous dirait tout de nous, la parole des autres étant insuffisante et nous condamnant à une insatisfaction permanente, voire à la solitude qui mettrait en route, pour Freud, l’Instinct de mort qui serait le retour souhaité dans le ventre maternel, hors des tensions et du renouvellement permanent du désir, reposant sur le manque. Cette attirance vers le Principe nous conduit à l’éthique, ce que nous dit avec humour, l’écrivain Philippe Sollers, en évoquant cette référence à une puissance supérieure : « Dieu, c’est une fonction qui introduit, quel travail ! de l’éthique dans les gênes et de la gêne dans l’éthique » ! Nous en arrivons alors à une « métaphysique de la transcendance radicale » qui s’étend au-delà de l’être et de l’intellect.

 Psychanalyse et Franc-Maçonnerie opèrent, sur certaines visions proches, un cheminement parallèle, à bonne distance, sans que le champ d’action puisse se confondre. Bien que la Franc-Maçonnerie soit impliquée de plain-pied dans l’ordre symbolique, elle ne peut se vivre comme solution thérapeutique à ce qu’elle déclenche par le fonctionnement même de son rituel et de ses légendes. Prenons deux exemples :

A- excursion du côté de la sacrée famille !

 La famille est le lieu mythique par excellence de la psychanalyse et de la Franc-Maçonnerie, lieu qui est, dans les deux cas un endroit pas très recommandable où se côtoient sexe et violence. Organisation indispensable au développement du sujet et porte d’entrée dans l’ordre symbolique, la famille vit dans l’imaginaire : la poursuivre si elle fut jugée satisfaisante, la réparer en cas de carences et ce, à-travers la création d’une nouvelle famille, la participation à une vie associative, la Franc-Maçonnerie ! Cette dernière présente tous les caractères requis : des FF. Et des SS., enfants de la Veuve, dont le mari fut assassiné. Nous sommes là en pleine crise œdipienne ! Sur cette trame, chaque maçon va vivre et revivre sa mise en scène personnelle avec sa propre théâtralité, créant ainsi, à chaque tenue, une pièce unique où l’inconscient individuel tente d’y trouver son compte dans un inconscient collectif ritualisé. D’où les tensions, les plaisirs où les conflits suivis de départs. La tenue est-elle le lieu où je rencontre l’autre ou le lieu où je revis des épisodes propres à mon histoire, pas très bien résolus ? Il y a dans cette démarche quelque chose de la recherche ou d’une quête de l’amour dont le sujet est insatiable. Ce que nous dit Pascal Quignard (1) : « Il y a un extraordinaire élan au fond de l’amour, qui décompose entièrement l’état ancien et qui est si puissant qu’il parvient à dévaster la mémoire de l’enfance ».

B- vous avez dit sérendipité ?

L’inconscient, se voulant libre et sans entraves, prend toujours un malin plaisir à contourner ce qu’il en est d’un rituel où d’un discours structuré. Nous nous apercevons ainsi que notre vérité se manifeste par la surprise des associations. Un peu comme Christophe Colomb découvrant l’Amérique, en allant vers les Indes, croyait-il ! Nous pensons nous réfugier dans la tranquillité du rituel ou des planches et nous découvrons alors des territoires en nous, inconnus et parfois inquiétants, « çà parle » …

Maçonnerie et psychanalyse, tout en conservant cette bonne, distance nécessaire adressent à l’homme cependant, cette injonction goethéenne « Werde was Du bist » ! Ce « Deviens ce que tu es » rejoint alors la pensée du grand philosophe indien, Kabir, quand il nous donne cette injonction (2) : « Enfourche la monture de tes pensées, et place ton pied dans l’étrier de l’absolu » …

 Notes

– (1) Quignard Pascal : L’amour-La mer. Paris. Editions Gallimard. 2O22. (Page 30).

– (2) Kabir : Au cabaret de l’amour. Paris. Editions Gallimard. 1959. (Page 131).

La Franc-maçonnerie agit lorsque l’État ne peut ou ne veut pas le faire

De notre confrère roumain cluj24.ro

Un sujet très discuté dans l’espace public et notamment sur Internet est celui lié à la franc-maçonnerie. Un sujet qui a rassemblé de nombreuses opinions contre, mais aussi pour. Certains la considèrent comme une organisation occulte qui gouvernerait le monde et qui influencerait ses destinées, d’autres la perçoivent telle qu’elle est, une organisation qui ne vise qu’à promouvoir le bien dans le monde.

L’historien de Cluj Ioan Bolovan, professeur d’université, directeur de l’Institut d’Histoire « George Bariţiu » de l’Académie Roumaine a interagi et travaillé sur de nombreux projets développés en collaboration avec les francs-maçons et la Grande Loge Nationale de Roumanie (MLNR).

« Je dois commencer par une précision, pour qu’il n’y ait aucun doute : je ne suis membre d’aucune loge maçonnique, mais je ne suis pas non plus contre ces organisations de la société civile. Donc, je n’en suis pas membre, mais je n’ai jamais eu de réserves pour approcher, collaborer avec les gens, avec les institutions. Et avec M. Adrian Crivii, nous avons un projet très important pour notre histoire et notre identité – la promotion des héros d’Apuseni, dans lequel l’Association culturelle Simion Bărnuţiu s’est massivement impliquée, logistiquement, matériellement, humainement, dans la création d’un site Internet pour voir l’histoire de cette partie importante de la Roumanie.

Au printemps, j’ai coordonné à Bistrita, avec la Grande Loge Nationale de Roumanie, un projet très important pour la communauté, une récompense avant tout symbolique, mais aussi matérielle pour les élites de Bistrita, c’est-à-dire ceux qui sont soit nés à Bistrita, soit accomplis dans un plan scientifique, économique, culturel, artistique, civique et démocratique dans la communauté locale.

L’Institut d’histoire George Bariţiu de l’Académie roumaine, que je dirige depuis 5 ans, est tout à fait ouvert à collaborer avec les gens, avec les institutions de l’État roumain, avec les institutions de la société civile, car la société civile est extrêmement importante, elle est ce que Hegel disait il y a plus de deux siècles, à savoir que dans la société, trois choses comptent : l’économie, la démocratie et la société civile. Or, les associations franc-maçonniques constituent une partie importante de la société civile, qui agit lorsque l’État ne peut ou ne veut pas résoudre un problème. De tant de projets caritatifs que je connais personnellement, dans lesquels les associations franc-maçonniques de Cluj avec lesquelles j’ai eu des contacts, celles de Bistriţa, ont résolu des situations limites, dramatiques, pour lesquelles l’État n’a pas trouvé de solutions. Pour envoyer se faire soigner à l’étranger, pour trouver d’autres moyens de tendre la main là où des dizaines de mains désespérées lui ont demandé de l’aide.

Ensuite, j’aime penser que nous partageons les mêmes valeurs. J’ai été invité à présenter une conférence également à Bistriţa, mais aussi à Cluj, sur le patrimoine culturel et historique, sur l’identité nationale. Le mécanisme démocratique qui gouverne cette partie de la société civile, qu’est la franc-maçonnerie, a les mêmes valeurs, partage les mêmes principes avec lesquels je ne peux être en désaccord. Ensuite, pour tous ceux qui ont encore des doutes sur mon affiliation ou non-affiliation, je pense que cette clarification est suffisamment complète pour justifier, d’une part, ma présence ici », a déclaré le Prof. Dr. Ioan Bolovan, à l’occasion de le lancement du livre « Izso Diamant si Industria Sârmei Câmpia Turzii Mémoires d’un entrepreneur franc-maçon (édition critique en roumain par Attila Varga et Adrian Crivii) », un livre publié par les maisons d’édition Argouanut/Mega et qui a été lancé au Transylvania International Book Festival (FICT).

Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ?

Pour comprendre ce qu’est la franc-maçonnerie, nous présentons également quelques idées et extraits rendus publics par le MLNR.

« La franc-maçonnerie est l’une des plus anciennes sociétés fraternelles. Les données ci-dessous tenteront d’expliquer la manière dont la Franc-maçonnerie est pratiquée par la GRANDE LOGE NATIONALE DE ROUMANIE, la Grande Loge qui administre toutes les Loges régulières sur le territoire de la Roumanie. (…)
La franc-maçonnerie ne peut en effet être définie en quelques phrases. La franc-maçonnerie est le plus souvent considérée comme un système de morale allégorique, illustré par des symboles. Il est vrai cependant que cela représente bien plus. On peut parler de la franc-maçonnerie comme d’un cours de morale, qui fait appel à l’allégorie et au symbole, mais, en plus de ce sens, la franc-maçonnerie est aussi une société organisée, une institution avec des règles clairement définies.
(…)

Cultivant parmi ses membres les principes de responsabilité, de moralité et de vérité, la franc-maçonnerie encourage les francs-maçons à suivre dans la vie de tous les jours les leçons apprises lors des rituels allégoriques, rituels soigneusement préservés au fil des siècles.

(…)

La condition essentielle pour être accepté dans l’Ordre est la croyance en la Divinité – génériquement appelée le Grand Architecte de l’Univers – et en l’immortalité de l’âme.
Depuis ses débuts, la franc-maçonnerie a suivi et suit systématiquement les trois grands principes, respectivement :

AMOUR FRATERRENTIEL – tout vrai franc-maçon fera preuve de tolérance et de respect pour les opinions de ses semblables et se comportera en toutes circonstances avec bienveillance et compréhension envers chaque être humain.

AIDE – chaque franc-maçon apprend à pratiquer cette vertu, non seulement pour les membres de sa famille, mais aussi pour les membres de la société dans laquelle il vit, principe qui doit être suivi par des efforts individuels. Le sort des orphelins, des souffrants et des personnes âgées est une préoccupation permanente des membres de l’Ordre depuis l’Antiquité.

LA VÉRITÉ – constitue pour les francs-maçons la pierre de touche de leur formation, ce principe doit prévaloir en toute circonstance.

Les francs-maçons croient fermement que la transposition de ces trois principes dans la vie est le seul moyen d’atteindre les normes comportementales les plus élevées de la vie de chaque être humain.

La franc-maçonnerie n’est pas une société secrète, puisque chaque Grande Loge Régulière est une institution légalement constituée, officiellement reconnue et fonctionnant conformément à la législation de chaque pays.

La franc-maçonnerie est une société discrète et non secrète. Les seuls « secrets » cultivés dans l’Ordre sont ceux liés aux rituels et aux modes de reconnaissance entre Frères, ces « secrets » relevant davantage de la tradition.

Les principes, symboles et coutumes spécifiques, ainsi que les objectifs de l’Ordre, sont publics, et si certaines questions internes ne sont pas rendues publiques, cette attitude fait partie de la normalité de l’attitude de toute association face à ses questions internes avec une dose de discrétion.
Le statut de la Grande Loge nationale de Roumanie est public, étant inscrit au Registre national des personnes morales sans but patrimonial, et la Grande Loge nationale de Roumanie est reconnue par le gouvernement de Roumanie comme association d’utilité publique.

Cluj récompensé par le MLNR

Au moins ces dernières années, le MLNR s’est plus fortement ouvert à la société et mène de nombreux projets publics.

L’un des projets les plus célèbres est le FUTUR DE LA ROUMANIE – PROGRAMME NATIONAL DE CONFÉRENCES ET DE DÉBATS.
Le projet se déroule au niveau national à travers une série de conférences animées par des conférenciers de renom, spécialistes incontestables dans leurs domaines d’activité professionnelle, domaines qui recoupent les thèmes abordés par chacun des grands thèmes du projet.
Gala des PRIX M:.L:.N:.R:.

Un autre grand projet est le Gala des MLNR Awards, organisé en collaboration avec l’Académie roumaine, un projet qui vise à promouvoir et à récompenser l’esprit créatif, innovateur et inventif du peuple roumain dans des domaines vitaux pour notre destin collectif, tout en souhaitant également encourager les jeunes. de suivre cette voie, en leur offrant des repères précieux en ce sens.

Chaque année, le MLNR, lors d’une célébration organisée à l’Académie roumaine, décerne sept prix de 5 000 à 10 000 euros chacun, à des personnalités représentatives du domaine d’activité respectif.

Lors des huit éditions jusqu’à présent, les habitants de Cluj ont également été récompensés. Parmi eux, nous citons : Le Prix de Médecine « Carol Davila » a été décerné au Prof. Dr. Dafin Fior Mureșanu ; PRIX GRIGORE MOISIL – L’académicien EMIL BURZO, qui a publié en 2013, en tant qu’auteur unique, aux prestigieuses maisons d’édition SPRINGER dans le cadre du projet « Matière condensée. Propriétés magnétiques des composés inorganiques non métalliques à base d’éléments de transition », 2 volumes de 307, respectivement 490 pages, sous le titre « Tectosilicates » LANDOLT-BOERNSTEIN HANDBUCH ; PRIX CAROL DAVILA DE MÉDECINE – Lauréats : Mircea GRIGORESCU, Alexandru IRIMIE, Mircea BEURAN. Ouvrage : « Traité d’oncologie » ; PRIX NICOLAE TITULESCU POUR LA DIPLOMATIE ET ​​LA SCIENCE POLITIQUE – -Prof. Univ. Dr. Vasile PUȘCAȘ Article : « Négociations de partenariats.

De nombreuses personnalités du monde et de la Roumanie étaient des francs-maçons. Nous en citons quelques-uns : René Descartes, Isaac Newton, Voltaire, Benjamin Franklin, Johann Wolfgang Goethe, Wolfgang Amadeus Mozart, Nicolae Bălcescu, Mihail Kogălniceanu, Alexandru Vaida Voevod, Sever Frentiu, Nicolae Titulescu, Bogdan Petriceicu Hasdeu, Vasile Alecsandri.

Le chemin d’Hénoch-Essai sur la présence de la mystique juive dans les grades de perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté

Enseignant et franc-maçon de Rite Écossais Ancien et Accepté (RÉAA), Jean-Pierre Casimir appartient à la sensibilité libérale du judaïsme français.

Jean-Pierre Casimir.

Nous lui devons dans Points de Vue Initiatiques (PVI), la revue trimestrielle de la Grande Loge de France (GLDF), plusieurs articles dont « Sacralisation et désacralisation du monde » (N° 171, 2e Trimestre 2014), « Oralité et transmission initiatique » (N° 164, Juin 2012), « La liberté par l’initiation » (N° 165, Septembre 2012) ou encore « L’essence de la Fraternité » (N° 167, 1er Trimestre 2013).

Avec Le chemin d’Hénoch – Hénoch, en hébreu signifiant « l’initié » –, personnage biblique considéré comme un modèle de vertu et de sagesse de l’Ancien Testament mais apparaissant, entre autres, au grade de Chevalier de Royale Arche, 13e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, Jean-Pierre Casimir nous invite à cheminer avec lui. À le suivre sur le chemin initiatique, associé à un voyage intérieur ou spirituel de découverte de soi. Comme pour suivre un processus de transformation personnelle et de croissance spirituelle. Afin, sans doute d’acquérir une sagesse accrue nous permettant à la fois de chercher et trouver des enseignements mais aussi d’explorer de nouveaux domaines de connaissance.

Dans son préambule l’auteur cite et remercie deux acteurs et écrivains majeurs du RÉAA Alain Bernheim (1931-2022), spécialiste de la franc-maçonnerie, et Louis Trébuchet, rédacteur en chef de 2006 à 2009, puis de Directeur de la Rédaction de 2009 à 2012 de PVI.

Alain Bernheim en 2008.

En épigraphe, il ne manque pas non plus, reprenant les écrits d’Hubert Greven, de préciser que « Si la pratique du Rite Écossais Ancien et Accepté a traversé le temps et les modes depuis deux cents ans sans discontinuer, c’est parce que le Rite propose à ses adeptes des outils, une méthode et un projet de vie qu’il transmet intacts depuis ses origines et qui tire leur substance de l’esprit de la Tradition primordiale remontant à un passé immémorial… »

Outils, méthode, projet de vie, nul doute que cet ouvrage y contribue grandement. À commencer par définir et expliquer ce que sont kabbale, Zohar – Zôhar écrit l’auteur –, l’école de Safed, Talmud et mystique juive et leur relations avec les hauts gardes du Rite Écossais Ancien et Accepté, notamment du 12e au 14e degré.

Le glossaire définit lequel des deux Hénoch biblique est l’objet du présent livre et du 13e degré qui est souvent orthographié Enoch dans les rituels maçonniques.

Louis Trébuchet.

Le premier Hénoch mentionné dans la Bible est le fils de Caïn, le fils d’Adam et Ève. Hénoch, fils de Caïn, est mentionné dans le livre de la Genèse, chapitre 4, versets 17 à 18. Il est le fondateur d’une ville appelée Hénok. Ses descendants sont énumérés dans la Bible, mais il est dit très peu de choses à son sujet. Le deuxième Hénoch est Hénoch, fils de Jared. Il est mentionné dans la Bible dans le livre de la Genèse, chapitre 5, versets 18 à 24. C’est lui qui est généralement associé au personnage biblique d’Hénoch. La Bible déclare qu’Hénoch marcha avec Dieu et vécut 365 ans. Ensuite, « Dieu le prit » ou « l’enleva » et il ne mourut pas comme la plupart des gens. Cette traduction peut varier d’une version de la Bible à l’autre, mais l’idée générale est qu’Hénoch a été enlevé par Dieu.

Associé au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) dans les degrés 12 à 14 – degrés portant le nom de Grand Maître Architecte (12e degré), Chevalier de Royal Arche (13e degré) et Grand Élu, Parfait et Sublime Maçon (14e degré), hauts grades maçonniques incorporant des éléments de la légende d’Hénoch, notamment sa réputation de grand constructeur et sa relation avec la construction du Temple de Salomon.

Buste de Moïse de León à Guadalajara (Espagne), effectué par Luis Sanguino.

Jean-Pierre Casimir, riche de son parcours profane et religieux, nous renseigne sur la Zohar, texte kabbalistique central dans la littérature ésotérique juive, traditionnellement attribué au rabbin Shimon bar Yochai, un sage du IIe siècle, bien que des chercheurs modernes estiment que l’œuvre a été écrite plus tard par le rabbin Moïse de León (1240-1305), un kabbaliste espagnol. Il est en réalité

la manifestation de connaissances mystiques anciennes transmises oralement et est composé de plusieurs volumes qui forment un commentaire ésotérique sur la Torah (l’enseignement religieux juif), explorant des concepts kabbalistiques clés tels que les Sephirot (les émanations divines), le Ein Sof (l’infini divin), la tsimtsoum (le retrait divin) et la méditation mystique. Le Zohar utilise un langage symbolique et allégorique pour exprimer des idées spirituelles et mystiques.

Pic de la Mirandole.

Pour nous faire comprendre la pesée mystique juive en franc-maçonnerie, Jean-Pierre Casimir traite de la kabbale juive et chrétienne abordant les écrits du philosophe italien de la Renaissance Pico della Mirandola (1463-1494), Pic de la Mirandole, surtout connu pour son œuvre majeure, De hominis dignitate (De la dignité de l’homme), considérée comme un texte fondateur de la philosophie humaniste – défense du concept du libre arbitre, émancipation par la connaissance,

Opposition à l’astrologie et à la croyance en la prédétermination des événements humains par les astres, etc.

Par pesée mystique juive, il faut entendre kabbale (séphirot ou séfirôt, noms divins, symboles, etc.) parfois évoquée en franc-maçonnerie. Et l’auteur de se référer à cette forme de mysticisme juif qui explore les aspects ésotériques et mystérieux de la religion juive, en mettant l’accent sur la compréhension de la divinité, de l’univers et de l’âme. Une influence sur la franc-maçonnerie en général et sur le RÉAA en particulier…

1re de couverture, détail.

Nous devons aussi à l’auteur la découverte pour certains de ce qu’est l’École de Safed, également connue sous le nom de Kabbale de Safed, une importante école de pensée kabbalistique qui s’est développée dans la ville de Safed (ou Tsfat) en Galilée, en Israël, au XVIe siècle qui a joué un rôle majeur dans l’histoire de la Kabbale et a influencé de manière significative la spiritualité juive, notamment sur la notion de la tsimtsoum (le retrait divin) et le processus de création.

Du Rite Écossais Ancien et Accepté, un des systèmes de hauts grades les plus répandus dans le monde maçonnique, Jean-Pierre Casimir analyse la place d’Enoch dans les rituels maçonniques. Il travaille sur le rituel de Royal Arch d’avant 1783, sur le manuscrit Francken de 1783 en interprétant la légende dudit manuscrit et sur le rituel du 13e degré en 1804, ainsi que son contexte et enfin celui en vigueur au Suprême Conseil de France en 1822. Traitant aussi de la légende des trois mages. Enfin,  avant de conclure, il opère un judicieux retour sur le 12e degré, commentant la mise en correspondance des dix séfirôt et le Temple de Jérusalem. Annexes, glossaire, bibliographie et table des illustrations (18 au total) sont des plus enrichissants.

Voici la « Table des Matières

Préambule

Introduction

I. La kabbale, le Zôhar et l’école de Safed

Le Zôhar/Isaac Louria et l’école de Safed

II. Le Talmud avant la kabbale

III. La mystique juive et d’autres courants de pensée religieuse et mystique

Mystique juive et gnose : convergences et différences/La kabbale chrétienne/Pic, la Trinité et les sefîrôt/Johannès ReuchlinChristian Knorr von Rosenroth/Kabbale et panthéisme

IV. La kabbale et l’union mystique

V. Rencontrer la kabbale sur le chemin de l’initiation maçonnique

VI. La mystique juive et les grades de perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté

Le cinquième degré et le Sēfer Yetsirâ/Hénoch : de la Bible au Rite Écossais Ancien et Accepté/Énoch dans les rituels maçonniques/Les rituels de Royal-Arche avant 1783/Le manuscrit Francken de 1783/Analyse et interprétations de la légende dans le manuscrit de 1783/Le rituel du 13e degré en 1804 et son contexte/Analyses et commentaires/Le rituel en vigueur au Suprême Conseil de France en 1822/Analyse et commentaires/La main droite de Guibulum/Quatre lettres pour dire l’amour/Au-delà de l’ennéade… les dix paroles/Lorsque le Rite Écossais Ancien et Accepté prolonge la pensée mystique…/Le 13e degré et la légende des trois mages/Le récit/Interprétation de la légende des trois mages/Retour sur le 12e degré/Commentaires sur la mise en correspondance des dix sefîrôt et du temple de Jérusalem

ClôtureAnnexes

Transcription des lettres, signes diacritiques et consonnes vocaliques hébraïques/Les degrés de Perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté du 4e au 14e degré

GlossaireBibliographieTable des illustrations »

Ces enseignements centrés sur la recherche de la vérité et de la connaissance doivent encourager les frères et les sœurs à poursuivre l’approfondissement de leur connaissance et à pratiquer la vertu afin de devenir des exemples pour les autres. Le lecteur doit s’approprier le chemin initiatique proposé par Jean-Pierre Casimir, car il s’agit bien d’une expérience personnelle et unique pour chacun. Un ouvrage qui aidera, n’en doutons pas, à accomplir ce beau voyage.

Le chemin d’HénochEssai sur la présence de la mystique juive dans les grades de perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté

Jean-Pierre Casimir – Cépaduès, Coll. de Midi, 2023, 266 pages, 27 €

Hénoch repris par Dieu, peinture à la chaux, église d’Härkeberga, Suède.

Francs-maçons célèbres… : Pierre-Joseph Proudhon

Pierre-Joseph Proudhon, né le 15 janvier 1809 à Besançon et mort le 19 janvier 1865 à Paris (16e ), un polémiste, journaliste, économiste, philosophe, politique et sociologue français. Précurseur de l’anarchisme, il est le seul théoricien révolutionnaire du xixe siècle à être issu du milieu ouvrier.

Proudhon à l’assemblée nationale en 1848.

Autodidacte, penseur du socialisme libertaire non étatique, partisan du mutuellisme et du fédéralisme, il est le premier à se réclamer anarchiste en 1840, partisan de l’anarchie, entendue en son sens positif : « La liberté est anarchie, parce qu’elle n’admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l’autorité de la loi, c’est-à-dire de la nécessité ».

Il est l’auteur de plus de soixante livres.

Proudhon dans sa jeunesse.

En 1840, dans son premier ouvrage majeur, Qu’est-ce que la propriété ? Ou

Recherche sur le principe du Droit et du Gouvernement, il rend célèbre la formule « La propriété, c’est le vol !». Dans ce même ouvrage, il est le premier auteur à utiliser l’expression « socialisme scientifique », lorsqu’il écrit : « La souveraineté de la volonté cède devant la souveraineté de la raison, et finira par s’anéantir dans un socialisme scientifique».

En 1846, il donne, dans son Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère, une explication de la société fondée sur l’existence de réalités contradictoires. Ainsi, la propriété manifeste l’inégalité mais est l’objet même de la liberté. Le machinisme accroît la productivité mais détruit l’artisanat et soumet le salarié. La liberté elle-même est à la fois indispensable mais cause de l’inégalité.

En 1848, dans Solution du problème social, il élabore la théorie du crédit à taux zéro qui anticipe le fonctionnement des mutuelles d’aujourd’hui. Il imagine la création d’une banque d’échange ou « banque du peuple », dont le but est l’abolition de la monnaie, du salariat, la suppression de toute prise d’intérêt et de toute réalisation de profit dans le cadre des structures d’échange entre les individus.

Anticlérical, il publie en 1858 l’ouvrage De la justice dans la Révolution et dans l’Église, véritable somme contre l’Église dans lequel il prône l’abolition de toutes les formes de pensée et d’organisation ecclésiales au profit des formes égalitaires, antihiérarchiques.
En 1863, dans Du Principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le Parti de la Révolution, et en 1865, dans De la Capacité politique des classes ouvrières, il est un des premiers théoriciens du fédéralisme, entendu non pas seulement comme libre association des communes mais comme point de jonction entre l’industrie et la campagne, l’ouvrier et le paysan.

Dans Les Démocrates assermentés et les réfractaires, il pose les bases du refus de toute participation aux élections lorsqu’elles sont truquées, dévoyées par le pouvoir bonapartiste, détournées par le système capitaliste, manipulées par ceux qui font et défont les cartes électorales. Il ne condamne pas la démocratie ou le suffrage universel en eux-mêmes mais leur manipulation au profit des intérêts capitaliste et étatique.

Il entre en Franc-maçonnerie en 1847

Proudhon dans les années 1840

A la Loge Sincérité, parfaite union et constante amitié au Grand Orient de France à Besançon.  L’assistance est fournie car l’impétrant, enfant du pays, est un écrivain sulfureux, jouissant d’un grand prestige dans le mouvement républicain et socialiste.
C’est à cette étape de sa vie, après que la loge ait procédé aux trois enquêtes et voté en sa faveur, qu’il est introduit, la tenue suivante, soit le 8 janvier, dans la « chambre des réflexions » de la loge de Besançon. Ses réponses écrites aux deux premières questions sur les devoirs envers ses semblables et son pays, n’ont pas dû surprendre l’atelier : « justice à tous les hommes » et « dévouement à son pays ». Mais à la troisième : Que doit-il à Dieu ? Il répond par provocation : « la guerre ».

Suivons ensuite le récit de son initiation telle qu’il la rapportera dans « De la justice dans la Révolution et dans l’Eglise » :
« Je demande pardon à mes respectables frères de la surprise que leur causa cette fière parole, sorte de démenti jeté à la devise maçonnique, que je rappelle ici sans moquerie : A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers . »

Une discussion s’ensuit où Proudhon explicite sa position antithéiste. Dans son ouvrage “De la justice dans la Révolution et dans l’Église (1858)”, il s’explique : « Le Dieu des maçons n’est ni Substance, ni Cause, ni Âme, ni Monade, ni Créateur, ni Père, ni Verbe, ni Amour, ni Paraclet, ni Rédempteur, ni Satan, ni rien de ce qui correspond à un concept transcendantal : toute métaphysique est ici écartée. C’est la personnification de l’Équilibre universel : Dieu est l’Architecte ; il tient le Compas, le Niveau, l’Équerre, le Marteau, tous les instruments de travail et de mesure. Dans l’ordre moral, il est la Justice. Voilà toute la théologie maçonnique ».

Tombe de Pierre-Joseph Proudhon au cimetière du Montparnasse (division 2).

La persécution, l’emprisonnement et l’exil politique font qu’il prend quelque distance avec son atelier d’origine pendant quatorze ans. Il ne pénètre à nouveau dans une loge maçonnique qu’en 1861, quatre ans avant sa mort, à Namur en Belgique. Il avoue n’être resté qu’au grade d’apprenti en disant : « Je me suis abstenu, j’ai vécu hors du temple… ».
Plusieurs loges (Écosse, Anvers, Verviers, Strasbourg, Paris, Gand, Reims) participeront à la souscription lancée après sa mort pour rembourser les nombreuses dettes qu’il laissait. Celle des Gymnosophistes de Londres adressera ses condoléances officielles à Mme Proudhon.

Pour aller plus loin : Dictionnaire Larousse

50 nuances de mépris

Nous analysons ici un des mécanismes mentaux qui conduit à la haine et aux passages à l’acte qui défraient actuellement la chronique.  

En français familier, donner un nom d’oiseau à quelqu’un signifie l’insulter. La première explication vient comme l’intention d’annoncer à l’interlocuteur qu’il ou elle est en déficit d’intelligence. On s’appuie là sur la conviction que la cervelle d’oiseau est moins performante que notre merveilleux cortex. Les qualités attribuées par la « sagesse populaire » aux différentes races d’oiseaux permettent de choisir finement le message que l’on souhaite faire passer. L’humour sera aussi appelé en renfort le cas échéant, afin de rendre le message digeste pour la personne visée, ou pour mettre les rieurs de son côté.

Les rapaces diurnes sont parés de qualités positives, comme par exemple la clairvoyance ( «  c’est un aigle ! » ) . On peut soupçonner qu’il y a un peu de fascination devant la force animale brute dans le succès des rapaces, que l’on peut ainsi rapprocher des grands fauves.  Mais bien souvent l’analogie avec des oiseaux recherche des aspects négatifs à mettre en avant.

L’intelligence faible sera soulignée comme tête de linotte .

Le choix s’agrandit quand il est question de femmes peu intelligentes : bécasse, dinde, pintade, oie blanche…La poule, souvent attribuée à la femme, comme par exemple la poule de luxe, peut aussi qualifier l’homme, qui pourrait être poule mouillée : serait-ce alors parce qu’il n’est pas assez viril ? Se raidissant, il se fait alors coq, dressé sur ses ergots ( qui sonnent comme égo ). Le maire déchu de Paimpol disait récemment, en conseil municipal, à la maire nouvellement élue : « je te parle comme je veux ma cocotte ». Cocotte signifiait prostituée jusqu’à l’entre-deux-guerres.

Nous pourrions continuer longtemps comme cela, tant la caisse à outils pour dévaloriser son prochain est garnie. « Prochain », voilà qui nous ramène à ce fichu altruisme paroissial : la compassion/sympathie que nous donnons à nos proches, nous la soutirons à ceux qui sont nos lointains. Pour faire fonctionner ce mécanisme, nous avons besoin de clairement séparer ces deux populations. Et comment ? En nous persuadant que nous avons raison de ne pas aimer les lointains.

Tout de même, est-ce notre génétique ou notre fond culturel, on ne sait pas bien, il y a cette petite voix qui nous susurre que nous sommes tous humains, et que la solidarité de l’espèce est un devoir absolu. Bon d’accord, humains ils sont, mais tout de même moins chouettes ( tiens encore un oiseau ) que nous et nos proches. Ils sont affreux, sales, et méchants, comme dans le film. On peut ajouter bêtes, incultes, etc. « Bêtes », ben tiens, on peut utiliser tous les noms d’oiseaux , mais d’autres bestioles pas agréables en plus : rats, punaises, cancrelats, cloportes, etc.

La voilà l’arme ultime :  il faut déclarer que ce ne sont en fait pas des humains. Controverse de Valladolid, le retour ? Non, pas besoin de faire un truc officiel, suffit qu’on s’en convainque et la séparation se fait dans notre tête :  on pourra être odieux à souhait.

Jusqu’ici, on n’a évoqué que l’individu lambda.

Il y a plus fort au niveau collectif. Les idéologues, sachant que le phénomène du bouc émissaire permet de bien souder les troupes, vont industrialiser le processus.

La palme revient là évidemment à l’extrême droite, comme le rappelait Raphael Enthoven en édito pour Franc-Tireur. Que voyons-nous ? L’usage des étiquettes. Les nazis, un peu gênés par le fait que la qualité de judéité, de tzigane ou de franc-maçon ne se voit pas sur le visage, ont imposé le port des étoiles d’infâmie que l’on sait. N’étant pas au pouvoir, les actuels tenants de ces thèses ont remplacé les étiquettes physiques par des mots gluants qui collent à l’individu. Le vieux Le Pen avait commencé avec son Durafour-crématoire. Dieudonné a renchéri avec son Shoahnanas . Médine persiste avec son resKhanpée stigmatisant Rachel Khan, dont la majorité de la famille a péri dans les camps.  Nous sommes devant un soi-disant humour, qui n’engendre qu’un sinistre ricanement haineux.

Remarquons qu’ici un cap supplémentaire est franchi : on n’utilise même plus une analogie animale, mais une chose. La déshumanisation est alors achevée. 

Chers sœurs et frères, voici pourquoi je ris finalement moins qu’avant mon initiation. Comment ne pas avoir souvent à l’esprit que tant de choses rigolotes ne sont que des véhicules d’intentions négatives ? Nous sommes tant et tant à passer trop de temps à chercher le mème* rigolo sur les réseaux sociaux. Interrogeons-nous sur le pourquoi cela nous fait rire . Mettons nous dans les souliers de la personne visée, ou mettons-y nos proches. Les émotions dégagées changent alors ! En tenue, nous nous appelons exclusivement SS ou FF :  ce n’est pas par hasard.   

Que ta parole soit toujours impeccable, dit le premier accord toltèque. Pour cela, éradiquons l’humour mal intentionné.

* Le terme est utilisé sur internet pour désigner tous les contenus propagés rapidement sur le réseau.

Brésil : L’Ordre DeMolay était honoré ce lundi 16, lors d’une réunion plénière spéciale

De notre confrère brésilien almg.gov.br

Liée à la franc-maçonnerie, une institution pour le développement de la jeunesse fondée en 1919 aux USA achève 40 ans d’activité dans le Minas Gerais.

La Plénière de l’Assemblée Législative du Minas Gerais (ALMG) tiendra une réunion extraordinaire lundi prochain (16/10/23), à partir de 19 heures, pour honorer l’ Ordre de DeMolay pour 40 ans d’activité dans le Minas Gerais, à commencer par la fondation du chapitre n° 12 de Belo Horizonte, le 18 juin 1983.

La demande qui a rendu l’événement possible a été rédigée par 26 parlementaires, avec le député Duarte Bechir (PSD), 2ème vice-président de l’ALMG, comme premier signataire. Dans le document, le parlementaire rappelle l’importance de l’hommage et rappelle l’histoire de l’ordre sur le territoire du Minas Gerais.

« Les activités de l’Ordre de DeMolay sont basées sur les vertus de l’amour filial, du respect des choses sacrées, de la courtoisie, de la camaraderie, de la fidélité, de la pureté et du patriotisme. Rendons hommage à l’effort et au dévouement de ces jeunes pour le bénéfice de la société brésilienne et pour l’encouragement de l’engagement politique et social des jeunes ».

Duarte Bechir, dans la demande de réunion extraordinaire

Le représentant Duarte Bechir, dans la demande de réunion extraordinaire
Le programme de la réunion spéciale comprend la composition de la table d’honneur, l’interprétation de l’hymne national et de l’hymne de l’Ordre de DeMolay, la remise de la plaque avec l’honneur, en plus des discours de Duarte Bechir et du représentant de la personne honorée. .

L’histoire de l’Ordre DeMolay remonte, selon la demande, à février 1919, lorsque neuf jeunes âgés d’environ 16 ans se sont réunis dans un temple maçonnique à Kansas City, Missouri, aux États-Unis, et ont fondé sous le parrainage de la franc-maçonnerie. l’institution qui rassemble actuellement des millions de personnes à travers le monde. Son premier dirigeant fut Frank Sherman Land.

Le nom de l’ordre fait référence à Jacques DeMolay, dernier grand maître de l’Ordre des Templiers qui, brûlé vif le 18 mars 1314, devint un martyr et un exemple d’héroïsme, de loyauté, de courage, de fidélité et de tolérance.

Toujours selon la demande, l’Ordre de DeMolay regroupe deux drapeaux fondamentaux : la lutte pour le maintien des écoles publiques et la promesse de construire un monde avec la meilleure préparation de la jeunesse, qui prendra un jour la direction de toutes les activités de la société contemporaine.

D’une manière générale, l’objectif de la commande est, selon la définition exprimée sur son site Internet ,créer de bons citoyens, qui respectent les lois, qui vivent en harmonie avec la société, qui aident les autres dans leurs besoins fondamentaux et éducatifs et qui, par l’exemple, servent de modèle à suivre par tous les jeunes.