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La christianisation des francs-maçonneries britanniques (3/4)

Partie 3. Perdition française : « … car quelle communion y a-t-il entre la justice et l’injustice » ? (Ou quel rapport la justice a-t-elle avec l’autosatisfaction ?)

Durant les terribles années 1939-45, de nombreux ecclésiastiques et maçons étaient unis dans leurs idéaux, parfois dans leur martyre.

Revenir simplement à un statu quo hostile leur paraissait impossible, immoral.

C’est bien de cette époque que l’on peut dater cet effort sincère des deux côtés pour dresser le bilan des causes d’incompréhension, et, sans précipiter les choses, du moins pour étudier en commun une difficulté commune.

(Alec Mellor, Nos frères séparés, les francs-maçons.)

Cette série en quatre parties considère :

(i) la séparation des francs-maçonneries britanniques du Grand Orient de France (GOdF) ; et

(ii) maintenir la fraternité avec la Grande Loge prussienne des Trois Globes. Les deux décisions ont un impact sur la relation des francs-maçonneries avec la religion, toutes deux, à leurs différentes manières, peuvent être comprises comme des batailles pour l’âme (« essence », Carnarvon) de la franc-maçonnerie.

Cependant, les francs-maçonneries et les religions sont « déchirées par des schismes » – un échec à s’entendre sur des principes fondamentaux.

Partie 1. L’infidélité française : une nouvelle alliance . Suite à l’examen de la décision du Grand Orient de France (GOdF) de supprimer l’obligation pour les initiés de ;

(je crois en Dieu; ou (ii) croire en l’immortalité de l’âme ; Le Pro Grand Maître Carnarvon considérait cela comme contraire aux principes sur lesquels reposaient la civilisation et la franc-maçonnerie.

Un comité a été formé « pour enquêter sur les faits de l’affaire et faire rapport avec des recommandations ».

Si cela ne suffisait pas pour une nuit, elle a été suivie par « La question allemande ».   

Partie 2. La fidélité allemande : Car si la trompette donne un son incertain, qui se préparera au combat ?

Les affirmations du comte de Limerick et du grand registraire McIntyre selon lesquelles, avant l’Union en 1813, les francs-maçonneries anglaises étaient exclusivement chrétiennes, furent contestées par le révérend Smith PGChaplain, mais sans effet.

Était présent à la réunion RF Gould, qui devint le plus grand historien de la franc-maçonnerie anglaise ; sûrement, il savait le contraire mais restait silencieux.

Il a été décidé que les juridictions exclusivement chrétiennes n’ont pas besoin de reconnaître la franc-maçonnerie des non-chrétiens, même si elles se trouvent dans des juridictions reconnues. Un son incertain’ ?

Partie 4. L’arrivée de Post Truth en 1877-8 : «…. de nouveaux cieux et une nouvelle terre… on ne se souviendra pas des premiers ».

SCEAU DE LA GRANDE LOGE MÈRE NATIONALE « LES TROIS GLOBES » DE BERLIN EN ALLEMAGNE PAR AKAZIA030 – TRAVAIL PERSONNEL, DOMAINE PUBLIC – WIKIMEDIA.

Partie 3. Perdition française : « … car quelle communion y a-t-il entre la justice et l’injustice » ?

(Ou quelle communion la justice a-t-elle avec l’autosatisfaction ?)

L’ARBRE DU GRAND ORIENT, GRAVURE ALLÉGORIQUE DU GRAND ORIENT DE FRANCE COMME CENTRE DES ORGANISATIONS MAÇONNIQUES FRANÇAISES
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Lors de la réunion de décembre 1877, un comité fut nommé pour examiner les modifications apportées par le GOdF aux 1er et 2e paragraphes de sa Constitution.

AVANTMAINTENANT
1. Ses principes sont l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme et la solidarité humaine.1. Ses principes sont la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine
2. Elle considère la liberté de conscience comme le droit commun de tout homme et n’exclut personne en raison de sa croyance.2. Cela n’exclut personne en raison de sa croyance.

Le Comité avait délibéré et recommandé quatre résolutions pour la réunion de mars 1878.

Le paragraphe 2 ci-dessus disant : « Cela n’exclut personne en raison de sa croyance » était, bien entendu, faux.

Pour être un maçon GOdF, vous deviez croire en la liberté absolue de conscience et en la solidarité humaine.

La solidarité humaine implique vraisemblablement des politiques, des pratiques et des procédures humanistes ; ceux-ci doivent être décrits et compris en termes « naturels », à l’exclusion des termes relatifs aux concepts, entités ou nomenclatures « surnaturels ». 

EUROPE : UNE PROPHÉTIE, [FRONTISPICE] WILLIAM BLAKE, LAMBETH, 1794
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

« Liberté de conscience absolue » ? « En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël, chacun faisait ce qui lui semblait droit. » (Juges 21v25 KJV.)

Comment la « liberté de conscience » peut-elle être différenciée des choix égoïstes/égocentriques : la droiture de l’autosatisfaction ?

La Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies 1945/8, sur laquelle se fonde la loi britannique sur l’égalité de 2010, consacre le droit à

(i) avoir une religion ;
(ii) changer de religion ; et
(iii) n’avoir aucune religion.

Serait-ce la base juridique d’une compréhension contemporaine de la liberté de conscience ? Les francs-maçons bénéficient-ils de ces droits ?

Le COMTE DE Carnarvon (depuis le Trône) : « Le Comité a soigneusement examiné cette action de la part du GOdF et, compte tenu de toutes les circonstances de l’affaire, il a convenu à l’unanimité de recommander les résolutions suivantes pour l’adoption de la Grande Loge :

1ère résolution : Que cette Grande Loge considère avec un profond regret que GOdF retire de sa Constitution la croyance en l’existence du TGAOTU parce qu’une telle modification est opposée aux traditions, aux pratiques et aux sentiments de tous les maçons « vrais et authentiques », du plus ancien au plus ancien. Temps présent.

2e résolution : Que cette Grande Loge ne puisse reconnaître comme Frères « vrais et authentiques » tous ceux qui ont été initiés dans des Loges qui nient ou ignorent cette croyance.

3e résolution : Qu’il soit ordonné aux Maîtres W. de toutes les Loges relevant de la Grande Loge d’Angleterre de ne pas admettre de Frère étranger comme Visiteur à moins qu’au préalable, il ne soit dûment attesté ou à moins que son Certificat montre qu’il a été initié selon les Rites et cérémonies anciens dans une Loge professant sa croyance en TGAOTU et deuxièmement pas à moins qu’il reconnaisse lui-même que cette croyance est un repère essentiel de l’Ordre.

4ème Résolution : Qu’une copie des résolutions précédentes soit transmise aux Grandes Loges d’Écosse et d’Irlande, à chaque Grande Loge avec laquelle cette Grande Loge est en communication, et aux Maîtres W. de toutes les Loges relevant de la Grande Loge d’Angleterre. .’

FRÉDÉRIC DESMONS, PRÊTRE CALVINISTE ET FRANC-MAÇON FRANÇAIS
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Frédéric Desmons, prêtre calviniste et franc-maçon français qui a persuadé le  Grand Orient de France  lors d’un vote de supprimer le terme de  Grand Architecte de l’Univers  de sa Constitution.

Cela a précipité une scission avec la  Grande Loge Unie d’Angleterre  et la naissance de la franc  -maçonnerie libérale ou latine .

– Source : Wikipédia  

Il s’agissait de l’action la plus ambitieuse proposée par la franc-maçonnerie britannique depuis l’union en 1813.

Il exclut une juridiction, longtemps en amitié fraternelle, décidant que jusqu’à présent ses initiés ne seraient pas considérés comme de « vrais et authentiques » maçons (ou, dans le langage contemporain, de « faux » maçons). 

Lors de la réunion précédente, les changements du GOdF ont été condamnés comme étant « contraires à l’essence et aux principes de la civilisation et de la franc-maçonnerie ».

Pourtant, lors de cette réunion, les changements étaient désormais considérés comme étant « en opposition avec les traditions, les pratiques et les sentiments de tous les maçons « vrais et authentiques » depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.

De toute évidence, la rhétorique s’est refroidie. Cependant, il semble qu’aucun principe, tradition, pratique ou sentiment n’était impliqué si des maçons britanniques non chrétiens, cherchant la fraternité avec la Loge reconnue des Trois Globes, se voyaient refuser l’admission, « ils frappaient à la mauvaise porte ».

Ceci, malgré une pétition, signée par un tiers des loges anglaises, affirmant que la politique des Trois Loges était « contraire aux premiers principes de la franc-maçonnerie ».

Tout comme les Maçons initiés dans le GOdF après 1877, devaient être considérés comme des frères non vrais et authentiques ; de la même manière, les Trois Globes considéraient les maçons britanniques non chrétiens.  

Plus substantiellement, lors de la réunion précédente, le principe de croire en l’immortalité de l’âme a été jugé co-égal à celui de croire en Dieu.

Pourtant, les actes de la réunion de mars 1878 ne font aucune mention de l’immortalité de l’âme.

Cet auteur est incapable de trouver une publication officielle antérieure à 1877, ou depuis, indiquant que les francs-maçons anglais étaient/sont tenus de croire en « l’immortalité de l’âme ».

D’où est-ce que sa vient? Est-ce toujours en vigueur ?

LA RÉUNION DE L’ÂME ET DU CORPS, TIRÉ DE « THE GRAVE », UN POÈME DE ROBERT BLAIR. D’APRÈS WILLIAM BLAKE, GRAVURE DE LUIGI SCHIAVONETTI.
IMAGE LIÉE : MET OPEN ACCESS PD-ART ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

« La vraie question de la vie après la mort n’est pas de savoir si elle existe ou non, mais même si elle existe, quel problème cela résout réellement. »

– Ludwig Wittgenstein.

Il reste un « son incertain » quant au moment où une juridiction peut chercher à « s’ingérer ».

Évidemment, autrement que par la subversion, une juridiction ne peut s’immiscer dans le fonctionnement d’une autre ; il ne peut que porter plainte et, s’il est suffisamment offensé, cesser de reconnaître cette compétence pour cause d’irrégularité alléguée.

C’est-à-dire incapable d’accepter une variante franc-maçonnerie. Pourtant, comment une franc-maçonnerie exclusivement chrétienne peut-elle être reconnue comme régulière aux yeux d’une franc-maçonnerie universelle et vice versa ?

Le VSL demande :

« … quelle communion y a-t-il entre la justice et l’injustice et quelle communion y a-t-il entre la lumière et les ténèbres ? »

– 2Cor 6v14 KJV

Cela soulève la question : quand la justice devient-elle l’autosatisfaction et le fait de faire ce qui est juste à ses propres yeux ?

BERTRAND RUSSELL, PHILOSOPHE – PHOTO PAR UNDERWOOD & UNDERWOOD
IMAGE LIÉE : ATTRIBUTION DE LA COLLECTION NUMÉRIQUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

« Je ne mourrais jamais pour mes convictions ; ils ont peut-être tort.

– Bertrand Russell

Partie 4 : Cherchera à aller au-delà de l’héritage des réunions de 1887-88.

À la lumière du Post Truth contemporain , l’esprit de l’époque , des voies à suivre seront proposées pour fournir une base pour la continuation d’une franc-maçonnerie qui, véritablement, n’est ni une religion ni un substitut à elle ; et « se libérer du passé » . chapitre précédent← 

ARTICLE DE : Gérald Reilly

Gerald Reilly a été initié en 1995 au Prieuré Lodge 2063 de St Osyth, Essex. Angleterre (UGLE). 

Il a été membre fondateur d’Allthingsmasonic de Josh Heller, et avec Josh a co-écrit « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006), il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.

Récipiendaire du prix Norman B Spencer, 2016.

L’humanisme est-il soluble dans l’écologie ?

Ce qu’on appelle l’humanisme est né autour du XVIème siècle. C’est un vaste mouvement d’émancipation intellectuel qui fait suite à l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg en 1450. Soudainement, les connaissances circulent librement à travers l’Europe, en latin, et déjà en langue vulgaire.

Ainsi, on n’est plus obligé de passer sous la férule du clergé, qui tient les universités et les scriptoriums, pour savoir ce qu’on a le droit de savoir. Les croyants vont directement aux textes sacrés, et cela donne la Réforme, les chercheurs vont à la connaissance comme Pic de la Mirandole, l’Homme essaie de réfléchir sur lui-même à l’instar de Montaigne, il cherche à comprendre le sens de sa destinée. Il veut pouvoir décider lui-même de la gouvernance de la cité, en débattre.

On peut considérer que l’humanisme repose sur quatre piliers : une réflexion sur l’homme et sa destinée, des discussions sur la gouvernance de la cité, une volonté de rassembler toutes les connaissances scientifiques disponibles et enfin une méthode. Cette méthode repose sur la raison et sur la validation par les pairs. Ne dépendre d’aucune autorité supérieure et d’aucun dogme, faire ses preuves par soi-même. C’est cette méthode qui va produire le siècle des Lumières dont la franc-maçonnerie se réclame.

Petit arbre qui pousse entre les mains
Petit arbre qui pousse entre les mains

L’écologie est une science. A la différence des naturalistes du XVIIIème siècle, elle étudie les êtres vivants dans leur milieu, comment ils vivent en groupe, leurs relations avec leurs voisins, leur manière de gérer les ressources, leurs écosystèmes. Au début, on l’appelait économie de la nature. A l’époque des Lumières, la conception que nous avions de l’Homme était encore directement liée à l’interprétation des textes sacrés, selon laquelle il serait d’une essence différente du reste de la Création, à part et au-dessus. Le reste du vivant ne se justifierait que par lui. Il serait le but ultime, la raison d’être de cette Création. Il en serait le roi et pourrait en user à sa guise. Il aurait pour mission de croître et multiplier et de dominer le règne animal.

Abeilles en train de butiner des fleurs
Abeilles en train de butiner des fleurs

Nul n’imaginait, quand la population humaine au début de l’Histoire comptait cent millions d’individus, qu’elle puisse un jour saturer la Terre. Nul n’imaginait non plus que l’aventure humaine ne soit qu’un épisode de l’Histoire de la Terre : 300 000 ans sur 4 milliards. Qu’il n’existe pas de séparation de nature entre les humains et les animaux, que presque tout ce que nous croyons savoir sur eux est faux : ils sont dotés d’une mémoire, d’une sensibilité, certains ont conscience d’eux-mêmes, pratiquent des formes de langages élaborés, sont capables de construire des raisonnements, d’utiliser des outils. Le Vivant est un continuum et l’Humain n’est qu’un maillon de cette méga chaîne. Selon la formule prêtée au chef indien Seattle “tout ce qui arrive à la Terre arrive au fils de la Terre”.

Personnes entourant un arbre avec ses bras
Personnes entourant un arbre avec ses bras

Alors l’écologie bouscule-t-elle notre conception de l’humanisme ? Oui. Elle l’ébranle de fond en comble. Sur son premier pilier : la conception de l’Homme. La Terre a tourné sans lui et elle tournera sans lui le jour où il viendra à disparaître. Peut-il passer du rôle de prédateur à celui de protecteur ? Sur le deuxième pilier : nos systèmes politiques sont impuissants à résoudre les problèmes qui se posent à nous. Comment réinventer une nouvelle gouvernance qui sache être à la fois mondiale et locale, à la fois unique et diverse, à la fois démocratique et efficace ? Sur le troisième pilier, celui des connaissances. Nous qui mettons la science sur un piédestal qu’avons-nous fait pour la laisser dévoyer à ce point ? Pour la laisser ronger par les obscurantismes et par les délires conspirationnistes ? Comment trouver le moyen de rebâtir un socle commun permettant de dire : voilà ce que nous savons du monde ? Le quatrième pilier est celui de la méthode. Nous n’avons jamais eu autant d’outils qui aident à réfléchir, calculer, comprendre. Reste à savoir s’en servir. Ce chantier-là reste à ouvrir, celui d’un humanisme à rebâtir, qui corresponde au monde d’aujourd’hui comme l’humanisme du XVIè siècle a correspondu au monde d’hier.

Le Dessin de… Jissey : « Agapes »

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L’anniversaire des 20 ans de la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité ainsi que l’arrivée du nouveau Grand Maître Pierre Lacagne ont été ponctués par un dîner de gala somptueux.

Diner bien loin, parfois, de certaines Agapes plus frugales qui ne manquent pas de faire sourire l’éternel moqueur JISSEY.

« La Corse est une terre très dynamique en matière de franc-maçonnerie » selon le GM du GODF Guillaume Trichard

De notre confrère France 3 france3-regions.francetvinfo.fr – Par Caroline FERRER

Grand Maître du Grand Orient de France, Guillaume Trichard est actuellement dans l’île pour célébrer l’anniversaire de la vieille loge insulaire l’Émancipation ajaccienne. L’occasion d’évoquer avec lui la place de la franc-maçonnerie en Corse, ainsi que certaines thématiques de société comme le processus d’autonomie.

Plus ancienne obédience maçonnique du pays, le Grand Orient de France « défend l’idéal républicain, en particulier les valeurs de la démocratie, la laïcité, la solidarité, la dignité humaine », comme le mentionne son site internet.

Depuis ce vendredi, son Grand Maître, Guillaume Trichard, est à Ajaccio. Élu en août dernier, il effectue une visite de trois jours en Corse afin de célébrer les 120 ans de l’Émancipation ajaccienne, une vieille loge insulaire.

Dans l’île, le GODF compte près de 500 frères et sœurs répartis sur 14 loges (sept en Corse-du-Sud, sept en Haute-Corse). Une présence plutôt importante sur un territoire qui compterait « entre 60 et 80 loges » toutes obédiences confondues. Une manière de rappeler l’influence de la franc-maçonnerie dans l’île qui aurait aussi joué un rôle lors de discussions politiques antérieures concernant la Corse. 

À l’issue de la Tenue qui s’est déroulée dans un temple maçonnique de la région ajaccienne, Guillaume Trichard a répondu aux questions de France 3 Corse.

France 3 Corse : Dans quel cadre s’inscrit votre venue en Corse ? 

Guillaume Trichard : Je suis venu participer aux 120 ans de la loge l’Émancipation ajaccienne. C’est l’occasion pour moi d’être au contact des frères et sœurs, de les rencontrer, d’échanger avec eux sur leurs préoccupations dans la vie de tous les jours. 

Vous êtes à Ajaccio pendant deux jours. Quel est le programme de cette visite ? 

Je vais rencontrer des frères, des sœurs, des différentes loges. On va débattre de tous les sujets, parler de la situation nationale et internationale. Vous savez que les attentats terroristes islamistes ont frappé la France, ont frappé Bruxelles, ont frappé Israël et évidemment, la laïcité est menacée dans notre pays et sur ces sujets-là comme sur le sujet de la fin de vie. Eh bien nous allons échanger, débattre tous ensemble. 

Selon vos chiffres, il y aurait environ 500 membres rattachés au Grand Orient dans l’île, répartis sur 14 loges. Peut-on dire que la Corse est une terre maçonnique ? 

Oui. La Corse est une terre très dynamique en matière de franc-maçonnerie. Le Grand Orient y compte 500 frères et sœurs répartis en 14 loges. Ensuite, il y a évidemment les loges des autres obédiences. On estime donc entre 2000 et 2500 frères et sœurs en Corse, et entre 60 et 80 loges réparties sur toute l’île.

Créée il y a 120 ans, l'Émancipation ajaccienne une vieille loge corse rattachée au Grand Orient de France..
Créée il y a 120 ans, l’Émancipation ajaccienne une vieille loge corse rattachée au Grand Orient de France.. • © FTV/

Actuellement, un processus de discussions sur l’avenir institutionnel de la Corse est en cours entre les élus insulaires et le Gouvernement. Il y a une vingtaine d’années, lors d’un précédent processus, en l’occurrence celui de Matignon, certains maçons auraient œuvré en coulisses lors des pourparlers… 

Écoutez, cela appartient au livre d’histoire. Ce qui est important, c’est l’histoire de la Corse. Je crois qu’il y a un fait corse et donc la spécificité de l’île, son histoire, sa culture, font qu’il y a en franc-maçonnerie des frères et des sœurs qui s’intéressent évidemment à l’avenir et au devenir de la Corse et s’impliquent à titre personnel sur ces sujets. 

Des maçons pourraient donc s’impliquer dans le processus actuel concernant une éventuelle autonomie de la Corse ? 

Le Grand Orient de France, lui, ne jouera pas de rôle institutionnel en la matière. Il y a un processus démocratique qui est en cours, qui doit d’ailleurs intégrer toutes les parties prenantes. Évidemment, mais je crois que c’est assez naturel, comme dans toutes les familles de Corse ou de France, on parle des sujets politiques. Et comme dans les loges, il y a certainement des opinions très diverses sur le sujet. 

Pensez que l’autonomie pourrait remettre en question le principe d’indivisibilité de la République ? 

L’indivisibilité de la République, ça ne veut pas dire l’invisibilité des cultures. Comme je vous l’ai dit, il y a un fait corse et je crois que la culture corse participe à la richesse de cette République. Il n’y a donc pas d’uniformisation. La République est riche de ces cultures. 

L’interview vidéo de Guillaume Trichard réalisée par Caroline Ferrer et Jennifer Cappaï-Squarcini :

Histoire du Rite Standard d’Écosse (RSE)

Appellation convenue en France – il fait partie de la même famille de ce que l’on a coutume d’appeler : les Rites Anglo-saxons. Au même titre que le Rite York ou le Rite Anglais de Style Émulation qui sont aussi des rites d’oralité.

Il reste mal connu en France à ce jour, car sa genèse en Ecosse, ainsi que ses principes fondateurs sont au final très peu écrits et pas étudiés. De plus, en terre d’Ecosse particulièrement, histoires et légendes du passé, se mêlent intimement avec la vie quotidienne d’aujourd’hui.

On ne parle pas de Rite en Écosse, mais de façon de travailler car chaque Loge ancienne possède son propre rituel ; et à ce jour ; il existe encore dix-sept Loges écossaises, dont l’existence est prouvée et datée d’avant 1590. Ce qui en fait la plus ancienne façon de travailler au monde. Et bien que les différences soient souvent infimes, il est hors de question pour ces Loges vénérables de modifier la moindre parcelle de leurs rituels.

Le rituel du Standard écossais est une création bien ultérieure, destiné, par esprit de service et de simplicité, aux nouvelles Loges en création qui le souhaitaient.

Ce style de travail est le seul à se rattacher totalement à ses origines Opératives.

En effet toutes ces Loges anciennes, d’origines Opératives sont devenues spéculatives avec le temps ; à l’exemple de la Loge d’Aberdeen – pour n’en citer qu’une – qui porte le numéro 1 ter sur la matricule de la Grande Loge d’Écosse et qui possède un livre de ses archives datant de 1670. Selon ses archivistes elle daterait sans interruption de 1359, l’année de la reconstruction de la cathédrale Saint Machar et formée par les maçons constructeurs de l’abbaye de Melrose. Pas de preuves historiques… mais quelques traces écrites comme en 1544 ou Alexander Rutherford offre officiellement à la Loge des Maçons d’Aberdeen, quatre magnifiques chandeliers de fer, ou encore en 1527 ou les magistrats de la ville reconnurent formellement la Loge maçonnique en légiférant sur les devoirs de l’association. Peu de Loges possèdent des registres aussi variés et anciens que celle-ci. Le plus notable est leur Livre des Maçons de Marque qui à été commencé en 1670 par l’enregistrement des noms et des marques de quarante-neuf Compagnons et Maîtres Maçons et de onze apprentis. A noter qu’à cette date de 1670, seulement 10 membres de la Loge étaient des Opératifs.

En France, cette façon de travailler a été introduite en 1985 au sein de la Loge de la Grande Loge Nationale Française : Gilbertus N° 478 d’Autun par le regretté, RF Jean-Claude Debrosse (1948-1999), prêtre du diocèse d’Autun. Issue de l’émerveillement et de l’émotion ressentis par ces Frères voyageurs lors de leurs visites de Loges en Ecosse. Le rituel à été dès le départ un compromis de quatre rituels de Loges ayant accepté de les communiquer. D’où l’appellation logique et retenue de Standard.

Existant bien avant la création de la Grande Loge Unie d’Angleterre et avant la date charnière du 24 Juin 1717 cette façon de travailler incluait dans les travaux de loge bleue les degrés dits « complémentaires » de compagnon et maîtres de la Marque ainsi que de Maître Installé. De même que les degrés complémentaires de l’Arche Royale n’étaient accessibles à leurs débuts qu’à ceux ayant reçus le cursus complet de Loge bleue. Au fur et à mesure, il a fallu composer avec les décisions de l’Angleterre et séparer des institutions qui étaient communes à l’origine, mais le cursus n’a pas été modifié.

Ce rite est pratiqué par plusieurs Obédiences françaises : la Grande Loge Nationale Française, la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, le Grand Prieuré Des Gaules – sous l’appellation Rite Écossais d’Écosse -, et plus récemment la Grande Loge Indépendante Française et la Grande Loge Traditionnelle de France avec là aussi quelques nuances selon leur volonté de respecter l’organisation anglaise ou l’origine de leurs rituels. Elles réunissent une centaine de Loges … Ce qui renforce le côté peu connu.

Tous offrent la même échelle de degré : Apprenti, Compagnon, Maître, Maître Installé, puis les degrés de La Marque, les degrés cryptique sur, et, les degrés de l’arche Royale, voyage maçonnique complété par les degrés de chevalerie du Temple et de Malte.

Il est souvent reproché au système écossais d’avoir une progression trop rapide notamment dans les premiers degrés. Il est normal en effet, d’y être reçu aux quatre premiers degrés en a peine deux ans. Néanmoins c’est à tort, puisque l’on parle bien d’une vingtaine de degrés à découvrir avant d’arriver au bout des apports maçonniques de ce rite. Soit à raison d’un degré par an près d’une vingtaine d’années. Auxquelles vient se rajouter le système des cliquets qui impose aux jeunes maîtres l’engagement de pratiquer tous les postes d’officiers à raison d’un par an et dans l’ordre : second puis premier diacre, second puis premier surveillant, Vénérable de la Loge, passé Vénérable Maître et Tuileur.

C’est un Rite d’oralité qui ne peut se comprendre que s’il est intimement vécu.

Ainsi il n’y a pas de planches dans ce rite, bien qu’un certain travail intellectuel, plutôt sous la forme de partage de réflexion est courant, mais le plus souvent dans le cadre des agapes – très organisées et codifiées – continuité de la tenue, ou éventuellement lors d’une suspension de travaux.

L’ensemble des tenues est consacré à la transmission. Soit à des cérémonies émouvantes basées sur la joie, la convivialité, et la fraternité qui s’exaltent dans la charité.

Il ne doit pas y avoir de rituel en Loge, les rituels sont faits pour travailler et apprendre « par cœur » ou plutôt au « par le cœur » signifiant ainsi à partir du cœur ! Et mettent en valeur avant tout, la vertu fondamentale de la fraternité.

Ce travail est une véritable ascèse.

Dans l’acceptation de ce terme : du grec « exercer » et dans la compréhension romaine du terme « la discipline ».

Son Altesse Royale le Prince Albert, Frederick Arthur George, duc d’York qui deviendra plus tard le roi George VI . A été affilié à la Loge Glamis n°99 dans la province du Forfarshire le 2 juin 1936 francs-maçons écossais ; Les bijoux de collier de certains indiquent qu’ils étaient des Grands Maîtres (Pro/District) . Site : Centre maçonnique, Queanbeyan, Nouvelle-Galles du Sud

C’est une façon de travailler qui ne supporte pas l’amateurisme car pour pouvoir vraiment prendre toute sa portée opératoire ; il est nécessaire d’allier d’une part, la simplicité et la bonne humeur ; et d’autre part, la rigueur et l’efficacité. Pour arriver à un tel détachement apparent, il faut du temps. Moins que dans les autres rites en fait, car cet apprentissage et la restitution des exhortations au par cœur permet au rituel, d’opérer la  » bonification  » de l’officiant sans même qu’il ne s’en rende compte.

L’apport initiatique du Rite Standard opère différemment de tous les autres Rites dits continentaux, sans aucune référence à l’alchimie ou à l’ésotérique. La notion de symbole est approchée d’une façon synthétique sous le voile de l’allégorie. Cette façon de travailler apporte une perception particulière de la Franc-maçonnerie qui s’impose avec le temps avec une force et une pertinence éblouissante.

C’est la simplicité et la transparence qui prédominent au quotidien, égalitaire en tous points, tout se passe sur le niveau, l’initié n’ayant qu’une mission au cours de ses premières années : devenir un Frère.

Rien n’est laissé au hasard pour que cette promesse d’amour et de fraternité qu’est la Franc maçonnerie puisse passer de l’image à la réalisation.

Ce « style de travail » conserve précieusement le même esprit que les bâtisseurs de cathédrales,

« Pas pour nous mon Dieu, mais pour toi ! » et met au sommet de toute spiritualité, l’esprit de service et la Fraternité.

« Si le Seigneur ne bâtit pas la maison ; en vain travaillent les bâtisseurs. »

Comme par définition le message Maçonnique est proposé à des hommes libres, de conscience comme de culte, cette façon de travailler à la capacité de toucher le cœur de tous les hommes, quelles que soient leurs croyances.

L’héritage des Opératifs dans ce Rite est particulièrement vivant à l’image des vertus qui y sont développées :

Sur la Base de la Fraternité et de l’Égalité et avec Rigueur et Droiture !

Rejeter tout égo en déposant réellement ses métaux à la porte du Temple.

Travailler par l’intuition et la méditation à devenir utile à ses Frères et à s’améliorer par le rituel ; afin de devenir utile à tous les hommes. Puis faisant preuve de force de caractère, de prudence, de patience, faire enfin sienne une des plus hautes vertu de la Franc-Maçonnerie : la Tempérance.

18/11/23 : « Apports des philosophies et des religions à la Franc-maçonnerie », par l’Académie Maçonnique de Lille, à Ronchin (Nord)

Dans le cadre de son cycle annuel de conférences, l’Académie Maçonnique de Lille invite les SS & les FF maîtres maçons à assister à une matinée de conférences consacrées aux apports des philosophies et des religions à la Franc-maçonnerie.

La Franc-maçonnerie, avec ses origines dans les guildes de maçons médiévales d’Europe, a évolué au fil des siècles pour incorporer une variété de traditions philosophiques, religieuses et ésotériques. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une religion en soi, la franc-maçonnerie contient de nombreux éléments qui reflètent et intègrent des enseignements provenant de diverses sources ou de principales contributions des philosophies et des religions à l’art royal (christianisme, Kabbale, islam,  hermétisme, philosophie des Lumières, religions de l’Antiquité, etc.).

N’hésitez plus, inscrivez-vous, une journée lumineuse s’offre à vous !

Académie Maçonnique de Lyon.
Académie Maçonnique.

Le programme :

9H 15 : Introduction par le Président

9H30 : Fondamentaux du Régime Écossais Rectifié par le TRF Guy WILLERMOZ – Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française

10H 30 : Initiations Bouddhistes, Initiations Maçonniques par le TRF Christophe RICHARD- Grand Orient de France

11H 30 : De James Anderson au Convent de Lausanne par la TRS Michèle LEQUARRE – Fédération Française du DROIT HUMAIN et le TRF Alain-Noël DUBART – Grande Loge de France

12H 30 : Conclusions

Académie Maçonnique
Académie Maçonnique

Les conférences se tiendront au 3 Rond-point des Acacias, site de la Grande Loge de France, Ronchin 59790

Règlement : Journée seule : 20 €/Chèque à l’ordre de : Le Cercle de l’Acacia

Patrick Weslinck ; 27 Impasse de la Forge, 59190 MORBECQUE

Ou par virement sur le compte : Association le Cercle de l’Acacia

FR76 16706000215395557953073. AGRIFRPP867

Pour tous renseignements : lecercledelacacia@gmail.com

Visio possible (si inscrits) pour les sœurs et les frères hors du Nord-Pas de Calais via

www.lavouteetoilee.net

Infos pratiques :

Samedi 18 Novembre 2023 de 9H à 13H

Le bulletin d’inscription

49 petites histoires dans l’Histoire de l’Antiquité… et dans l’Histoire de France

Commençons par jouer avec un mot cher à nos amis Marc Labouret et Jean-Michel Mathonière, celui de « zozotérisme » ! Et de vous parler ainsi du nombre, oh combien ésotérique et spirituel, 49.

Hautement symbolique car il est le résultat de 7×7, représentant la perfection du nombre 7 multiplié par lui – le chiffre est mathématiques, le nombre est connaissance.

Inutile de faire insulte à votre intelligence en vous rappelant que le nombre 7 exprime le cycle achevé mais aussi l’union des contraires (l’impair et le pair, l’unité et la dualité, l’esprit et la matière, le Soleil et la Lune, etc.), autrement dit une certaine totalité cosmique. D’ailleurs, le 7 ne provient-il pas aussi de l’addition du 3 (chiffre du ciel, du divin et de la trinité, forme de la bavette d’apprenti) et du 4 (chiffre de la terre et du monde manifesté, forme du tablier) ?

Ces ouvrages veulent-ils donc nous faire entrer dans une nouvelle dimension ou dans une nouvelle dynamique ? Sans doute oui. Et d’une façon fort originale !

49, c’est tout simplement le nombre, non pas d’historiettes, c’est-à-dire les récits de petites aventures ou d’évènements de peu d’importance, mais bien de petites histoires qui resteront gravées dans nos mémoires…

Clothilde Chamussy

Pour cela, la vidéaste, archéologue et créatrice de la chaîne YouTube Passé sauvage (150 000 abonnés) Clothilde Chamussy et l’enseignant d’histoire et archéologue Lucas Pacotte, qui écrit depuis plusieurs années les textes des vidéos pour les chaînes YouTube Passé sauvage et Nota Bene (2,3 millions d’abonnés), pour les 49 petites histoires dans l’Histoire de l’Antiquité ainsi que l’enseignant féru d’histoire et de littérature Marc Lefrançois enseigne de la culture générale à l’École Supérieure des Pays de la Loire qui publie des chroniques régulières sur LinkedIn, où il est suivi par 55 000 abonnés, ont su trouver les ingrédients pour passionner un très large public avec notre histoire nationale. Faire aimer l’histoire de l’Antiquité et de la France est un défi passionnant ! Pari gagné, car avec eux l’histoire devient captivante en nous narrant des histoires fascinantes et personnelles et mettant l’accent sur des figures historiques charismatiques et des anecdotes croustillantes. Tous connus pour communiquer de façon moderne (réseaux sociaux, podcasts, YouTube par exemple) leurs fidèles followers retrouveront avec plaisir, sous format papier traditionnel – une forme immersive à redécouvrir ? –, de quoi étancher leur soif d’apprendre.

Et puis, avec l’Antiquité, nous retrouvons des relations avec notre monde actuel. Que ce soit en philosophie, en politique, en architecture ou en littérature, les racines de notre civilisation peuvent être retracées jusqu’à l’Antiquité. Clothilde Chamussy et Lucas Pacotte nous montrent comment l’Antiquité a influencé notre monde moderne. Prenons-en pour preuve leurs écrits sur « La démocratie athénienne, un héritage impérissable ». Une démocratie – terme venant du grec demos (peuple) et kratia (pouvoir), signifiant le pouvoir du peuple – athénienne – analysée au point 19 sur 49 –, qui a vu le jour au Ve siècle avant J.-C., et qui est souvent considérée comme le berceau de la nôtre. Des ressemblances allant de la participation citoyenne à l’égalité devant la loi. Ou encore le quarante-huitième sur « L’oracle de Delphes » où l’on nous parle de l’omphalos, le nombril du monde. Concernant celui sur l’Antiquité, nous avons tout particulièrement aimé les ressources bibliographiques, les cartes de tous les lieux cités dans l’ouvrage ainsi que la frise chronologique.

Quant à celui traitant de l’histoire de France, sur les 49 chapitres, tous passionnants, deux retiennent essentiellement l’attention du maçon. Le dixième avec « Qu’est devenu l’or des templiers ? » et le trente-septième intitulé « Mort du chevalier d’Éon : le mystère levé ? » Chaque chapitre se terminant par un « Le saviez-vous ? » donnant ainsi matière à penser et à poursuivre notre réflexion.

Le chevalier d’Éon.

Faire aimer l’Histoire de l’Antiquité et de l’Histoire de France nécessite de la rendre vivante, pertinente et engageante. Raconter des histoires, susciter la curiosité en mettant l’accent sur des personnages notoires et montrer comment, parfois, les événements du passé ont façonné notre monde d’aujourd’hui, cela est d’une aide précieuse pour que le lecteur comprenne la pertinence de l’Histoire. Après tout, le secret de la réussite de ces deux opus, n’est-il pas dans le fait que, au lieu de se concentrer uniquement sur les grands événements, ils auteurs sont passés par tant de petites histoires et ainsi ont su réellement créer une connexion émotionnelle avec le passé.

De Boeck Supérieur (DBS), un des principaux éditeurs universitaires en francophonie, avec un catalogue de près de 3000 titres, résume parfaitement cela avec « Se cultiver autrement : quand l’anecdote vous fait découvrir l’Histoire ! »

49 petites histoires dans l’Histoire de l’Antiquité

Clothilde Chamussy, Lucas Pacotte – De Boeck Supérieur, 2023, 192 pages, 17,90 €

Marc Lefrançois

49 petites histoires dans l’Histoire de France

Marc Lefrançois – De Boeck Supérieur, 2023, 192 pages, 17,90 €

49 petites histoires dans l’Histoire de l’Antiquité, le sommaire :

Attila, le fléau de Dieu/Comment Pompée débarassa-t-il la Méditerrannée des pirates ?/Spartacus, le gladiateur qui défia Rome/Le songe de Constantin/Vercingétorix dépose les armes/Formule célèbre : « Alea jacta est »/Les Thermopyles, un sacrifice pour l’honneur ?/La bataille de Marathon, une course contre la montre/Le culte impérial, un instrument politique unificateur ?/Alexandre et Roxane, histoire d’un conquérant conquis/Une victoire à la Pyrrhus/Les éléphants de guerre d’Hannibal/Formule célèbre : « Il faut détruire Carthage ! »/Pourquoi Jésus a-t-il été crucifié ?/Diogène, le philosophe qui fit scandale/L’insoluble nœud gordien/Le mur d’Hadrien, frontière de l’Empire romain/Le mécanisme d’Anticythère, un anachronisme ?/La démocratie athénienne, un héritage impérissable/Antoine et Cléopâtre, une passion politique ?/Engagez-vous, qu’ils disaient…/4 septembre 476 : une date à retenir ?/Le pourpre, couleur impériale/

Représentation de la bibliothèque d’Alexandrie sur une gravure du XIXe siècle.

La bibliothèque d’Alexandrie, centre universel du savoir/L’année des quatre empereurs, ou comment Rome sombra dans le chaos/S.P.Q.R, la devise de Rome/Les eunuques sont-ils de meilleurs esclaves ?/Pythéas a-t-il découvert l’Islande ?/Les oies du Capitole, symboles de la résistance romaine/Cybèle, Isis, Mithra et les nouveaux dieux orientaux/Socrate boit la ciguë/La hutte de Romulus, première trace archéologique de Rome ?/Les frères Gracques ou la naissance du populisme/Quelles sont les sept merveilles du monde ?/Le grand incendie de Rome : accident ou crime ?/Les Jeux Olympiques, l’an 1 des Grecs/

Le Vésuve, vue aérienne.

Le jour où le Vésuve s’est réveillé/César et la césarienne/Formule célèbre : Eurêka !/Les Lesbiennes ou l’homosexualité invisible/Riche comme Crésus/Le plomb à toutes les sauces/Mithridate ou le poison comme antidote/Le pomerium, une frontière sacrée/Parthénon ou Panthéon ?/La Table claudienne, des Gaulois au Sénat ?/Formule célèbre: « Du pain et des jeux »/L’oracle de Delphes/Tous les chemins mènent-ils vraiment à Rome ?

49 petites histoires dans l’Histoire de France, le sommaire :

Clovis et le vase de Soissons, Grandes Chroniques de France, XIVe siècle.

1. Le vase de Soissons (487, présentation de Clovis, début de l’histoire de France).
2. Exécution de Brunehaut (613, rivalité avec Frédégonde).
3. 732 Charles Martel arrête les Arabes à Poitiers.
4. 800 Couronnement de Charlemagne (renaissance carolingienne).
5. 911 Rollon et Charles III le simple (naissance de la Normandie, invasions vikings).
6. 1095 : Urbain II prêche la croisade (présentation des différentes croisades).
7. 1157 répudiation d’Aliénor d’Aquitaine (empire des Plantagenêts).
8. 1163 : Notre-Dame de Paris (art gothique).
9. 1214 Bataille de Bouvines (Philippe Auguste, naissance du sentiment national).
10. Saint Louis rendant la justice sous un chêne.

Jacques de Molay – Gravure anonyme – Reproduit sous forme électronique.


11. 1314 : fin des Templiers (Philippe le Bel, Rois maudits, Vendredi 13…).
12. 1347 : les bourgeois de Calais (explication guerre de Cent ans).
13. 1348 : La peste noire.
14. 429 : Jeanne d’Arc rencontre le roi à Chinon.
15. Les cages de fer de Louis XI, « l’universelle aragne ».
16. François Ier et Léonard de Vinci (art, humanisme, Renaissance).
17. 1559 : Joute fatale d’Henri II (Nostradamus).
18. 24 août 1572, Saint-Barthélemy, Catherine de Médicis.
19. Henri IV (Edit de Nantes, amour, assassinat…).
20. 1608 : fondation de Québec (explorations françaises, début colonisation…).
21. Richelieu et Mazarin.
22. La cour de Louis XIV.
23. L’homme au masque de fer.
24. Mandrin contre les fermiers généraux.
25. Louis XV et ses amours.
26. 1751 : premier tome de l’Encyclopédie (la France des Lumières).
27. Le chevalier d’Eon.
28. L’affaire du collier (la reine discréditée).
29. 1789 : La prise de la Bastille (histoire Révolution française).
30. 1791 : fuite de Varennes (fin monarchie).
31. 1799 : ascension de Napoléon Bonaparte.
32. 1805 : Austerlitz (et l’ensemble des réalisations napoléonienne).
33. 1812 : début de la fin de l’empire (Berezina, cent jours, Waterloo).
34. 1816 : Naufrage de la Méduse.
35. 1822 : Champollion et les Hiéroglyphes.

Pour Lamartine, le drapeau rouge symbolise le sang de la Terreur, les heures sombres de la Révolution. Le drapeau tricolore, quant à lui, se pose comme l’emblème de la concorde républicaine, de l’avenir, des réformes progressives.

36. 1848 : Lamartine et le drapeau tricolore.
37. La révolution industrielle.
38. Le Second empire (Victor Hugo et « Napoléon le petit », 1870).
39. Pasteur et vaccin contre la rage.
40. 1898 : J’accuse de Zola, affaire Dreyfus.
41. La fée électricité, seconde révolution industrielle.
42. La France de la Belle Epoque.
43. Septembre 1917, les taxis de la Marne (résumé Grande Guerre).
44. Les années folles.
45. 1940 : appel du 18 juin (histoire Seconde Guerre mondiale).
46. Trente Glorieuses (décolonisation, présidents IVe République…).
47. Mai 1968.
48. Chocs pétroliers.
49. Fin de la guerre froide.

La christianisation des francs-maçonneries britanniques (2/4)

Partie 2. La fidélité allemande : Car si la trompette donne un son incertain, qui se préparera au combat ?

Durant les terribles années 1939-45, de nombreux ecclésiastiques et maçons étaient unis dans leurs idéaux, parfois dans leur martyre.

Revenir simplement à un statu quo hostile leur paraissait impossible, immoral.

C’est bien de cette époque que l’on peut dater cet effort sincère des deux côtés pour dresser le bilan des causes d’incompréhension, et, sans précipiter les choses, du moins pour étudier en commun une difficulté commune.

(Alec Mellor, Nos frères séparés, les francs-maçons.)

Cette série en quatre parties considère :

(i) la séparation des francs-maçonneries britanniques du Grand Orient de France (GOdF) ; et

(ii) maintenir la fraternité avec la Grande Loge prussienne des Trois Globes. Les deux décisions ont un impact sur la relation des francs-maçonneries avec la religion, toutes deux, à leurs différentes manières, peuvent être comprises comme des batailles pour l’âme (« essence », Carnarvon) de la franc-maçonnerie.

Cependant, les francs-maçonneries et les religions sont « déchirées par des schismes » – un échec à s’entendre sur des principes fondamentaux.

HENRY HERBERT, LE TRÈS HONORABLE. 4E COMTE DE CARNARVON (1831-1890)
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

La caractéristique déterminante de notre espèce est peut-être que nous apprenons et croyons à travers des histoires, des récits, des fictions et des inventions.

La croyance en la même histoire crée la confiance entre les croyants ; cela a fourni la base d’une coopération humaine à grande échelle.  

Comment la bataille pour les âmes des francs-maçons pourrait-elle être identifiée de manière à garantir leur prospérité au 21 ème siècle ?

Il n’y a aucune garantie de l’immortalité de l’âme de la franc-maçonnerie ! « Nous étudions le passé pour nous en libérer. » (Hariri)

Partie 1. L’infidélité française : une nouvelle alliance . Suite à l’examen de la décision du Grand Orient de France (GOdF) de supprimer l’obligation pour les initiés de ;

(je crois en Dieu; ou (ii) croire en l’immortalité de l’âme ; Le Pro Grand Maître Carnarvon considérait cela comme contraire aux principes sur lesquels reposaient la civilisation et la franc-maçonnerie.

Un comité a été formé « pour enquêter sur les faits de l’affaire et faire rapport avec des recommandations ».

Si cela ne suffisait pas pour une nuit, elle a été suivie par « La question allemande ».   

Partie 3. Perdition française : « … car quelle communion y a-t-il entre la justice et l’injustice » ? (Quelle communion y a-t-il entre la justice et l’autosatisfaction ?)

Partie 4. L’arrivée de Post Truth en 1877-8 : «…. de nouveaux cieux et une nouvelle terre… on ne se souviendra pas des premiers ».

Partie 2. La fidélité allemande : Car si la trompette donne un son incertain, qui se préparera au combat ? 

Avec les victoires militaires prussiennes sur le Danemark, l’Autriche et la France entre 1864 et 1872, le roi Guillaume Ier de Prusse devint Kaiser (empereur) et grand maître de nombreuses juridictions civiles et maçonniques germanophones.

Tout comme la question française concernait une juridiction en France, la « question allemande » ne concernait pas une Grande Loge mais l’une des congéries (collecte informelle – comme par exemple un cluster au sein d’une province) basée à Berlin mais connue sous le nom de Grande Loge . des Trois Globes .

Les congrégations sont devenues des moyens d’assurer le soutien maçonnique à l’Empire allemand, à l’État prussien et à la communauté religieuse luthérienne.

Certaines des premières loges étaient réservées aux chrétiens ; dont certains, dans le cadre d’une libéralisation générale au XIXe siècle , ont commencé à admettre des initiés non chrétiens et des visiteurs maçonniques.

Ce processus a été en partie inversé, au point même de refuser l’admission aux francs-maçons britanniques non chrétiens en visite.

SCEAU DE LA GRANDE LOGE MÈRE NATIONALE « LES TROIS GLOBES » DE BERLIN EN ALLEMAGNE PAR AKAZIA030 – TRAVAIL PERSONNEL, DOMAINE PUBLIC – WIKIMEDIA.

En 1841, cela fut porté à l’attention du Grand Maître Zetland ; à ce sujet, il était loin d’être satisfait mais soucieux d’éviter de « s’ingérer » dans une autre juridiction.

Cependant, Zetland, suivi de Ripon (1870-4) furent les derniers grands maîtres whigs. Initialement, la franc-maçonnerie anglaise soutenait (a) la monarchie contractuelle ; (b) l’aristocratie; et (c) plus de déistes et de dissidents que la religion dominante.

Étant donné que la religion était un élément de division clé au cours des guerres civiles anglaises , la distance par rapport à la religion était une valeur fondamentale de la Royal Society, créée en 1663.

La déclaration de la Royal Society (« Antient Charges ») déclarait : « …ne pas jeter les bases d’une philosophie anglaise, écossaise, irlandaise, papiste ou protestante ; mais une philosophie de l’humanité ». (« la solidarité humaine » ? Voir la première partie.)

Il est très peu probable que les membres de la Royal Society auraient rejoint la franc-maçonnerie britannique si ses valeurs avaient été différentes des leurs ; la « Première charge d’un franc-maçon » de 1723, « De Dieu et de la religion » était tout à fait compatible avec la Déclaration .

Suite à la nomination en 1874 du prince de Galles comme Grand Maître, en 1877, la franc-maçonnerie anglaise soutenait désormais ; (a) monarchie contractuelle ; (b) l’aristocratie; (c) le Parti conservateur et (d) l’Église d’Angleterre.

LES ARMOIRIES DE LA ROYAL SOCIETY OF LONDON POUR LA PROMOTION DES CONNAISSANCES NATURELLES.
IMAGE LIÉE : WELLCOME COLLECTION – ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

La Constitution des Trois Globes exigeait que seuls ceux qui avaient une croyance chrétienne puissent être initiés ou reçus comme visiteurs.

Il fallait pour cela confirmer leur tentative, jusqu’ici, de remplir leurs devoirs de citoyens chrétiens ; et l’assurance, ils continueraient à le faire.

Cependant, tout comme la nouvelle Constitution du GOdF n’a pas bénéficié d’un soutien total . Les francs-maçonneries exclusivement chrétiennes ne bénéficiaient pas du soutien de certaines grandes loges allemandes ou de certaines loges anglaises.

En mars 1877, la Loge Montefiore n° 1017 , réunie au Regent Masonic Hall ,  Café Royal, Regent Street, Londres, invita les loges anglaises à signer une pétition à soumettre à la Grande Loge.

Il a demandé que des démarches soient faites pour modifier la politique des Trois Globes.

De manière significative, étant donné la religiosité chrétienne qui tourbillonnait autour de la maçonnerie anglaise à l’époque, trois cents loges anglaises, soit un tiers du total, ont signé la pétition.

Dans sa thèse intitulée « Le 4e comte de Carnarvon (1831-1890) et la franc-maçonnerie dans l’Empire britannique » (Sheffield 2010), Jim Daniel’s écrit : « Tenterden a soutenu que contrairement aux souhaits de quelque 300 pétitionnaires (principalement juifs)… ». (p. 88).

Il n’est pas clair que tel ait été le cas, la pétition a été envoyée aux loges pour être discutée et votée en loge ouverte : il est peu probable qu’il y ait eu trois cents loges « juives » dans la juridiction anglaise.

LIVRE DES PROCÈS-VERBAUX. LA LOGE SAINTE MARIE N°1312, 27 MARS 1877
CRÉDIT IMAGE : FOURNI PAR L’AUTEUR

En effet, l’un des signataires de la pétition était la Loge Sainte-Marie n° 1312, prétendument nommée d’après le doyen local de Sainte-Marie-la-Vierge.

Le procès-verbal de la réunion disait : « Une lettre reçue de Montefiore Lodge avec une pétition contre l’exclusion des Hébreux en Allemagne ».

Il a été résolu à l’unanimité que « la pétition soit signée par la WM ».

Il était le révérend HS Elliot, ancien grand aumônier provincial du Warwickshire ; aucun des membres de la Loge ne semblait avoir eu des noms juifs. 

La pétition disait :

« Nous, soussignés, Maîtres, Gardiens, Officiers et Membres des différentes Loges, demandons très sincèrement et respectueusement que la Grande Loge prenne cela en considération sérieusement et utilise les moyens qu’ils jugeront les plus appropriés pour garantir une modification permanente et satisfaisante des lois desdites grandes loges d’Allemagne, lesquelles lois, vos pétitionnaires soumettent humblement, sont, dans leur interprétation actuelle, contraires aux premiers principes de la franc-maçonnerie.

Il y a peut-être trois « principes » à l’étude :

(a) Le principe selon lequel une juridiction peut considérer que les privilèges de la franc-maçonnerie sont exclusivement réservés aux chrétiens. 

(b) Étant donné (a), ces juridictions nieront, en principe, la régularité et refuseront donc la reconnaissance et l’accueil des maçons non chrétiens – non reconnus comme « vrais et authentiques frères », même s’ils proviennent de juridictions reconnues.

(c) Qu’en principe, les juridictions ouvertes aux non-chrétiens reconnaîtront et n’interféreront pas avec le fonctionnement des juridictions exclusivement chrétiennes.

Un son incertain ?

La motion devant la Grande Loge était la suivante : 

(1) Qu’il recevrait la pétition.

(2) Inviter les Trois Globes à reconsidérer leur politique ; et,

(3) Communiquez-le aux Trois Globes.

Il a été affirmé lors du débat sur la question française que des questions de principe justifiaient une « ingérence » dans les affaires d’une autre juridiction.

En parlant de la pétition, le révérend frère Simpson a affirmé que refuser l’admission dans leurs loges de maçons non chrétiens provenant de juridictions reconnues « remet en question l’ essence de la franc-maçonnerie ».

(Comme Carnarvon l’a dit en examinant la question du GOdF.) 

Seigneur Tenterden :

(1) « Lorsque la franc-maçonnerie a été introduite en Allemagne au siècle dernier, elle était constituée sur le système chrétien de Saint-Jean . L’Angleterre reconnaissait cette Grande Loge allemande comme Loge Chrétienne depuis 137 ans.

(2) Il y avait d’autres Loges où une personne non chrétienne pouvait se rendre en Allemagne et y être reçue. Quand [un maçon anglais non chrétien] se rendait dans une Loge chrétienne en Allemagne , il frappait à la mauvaise porte. une erreur en le faisant.

Israël Abrahams :

Ce n’est pas une question juive, mais une question anglaise. En tant que franc-maçon anglais, il exigeait le droit d’entrer dans n’importe quelle loge.

Le comte de Limerick :

C’est la Grande Loge d’Angleterre qui jugea bon de s’écarter de ces principes en 1813, jusque-là la profession de christianisme était exigée de tous les candidats. [Si c’est vrai, ce qui n’était pas le cas, cela ne pourrait-il pas être considéré comme « une innovation surprenante méritant d’être exclue par la juridiction exclusivement chrétienne ?]

Samuel V. Abrahams :

Si une modification est souhaitée sur les principes fondamentaux, il convient d’aller à la source ; et à la tête de cette Grande Loge se trouve le nom de l’Empereur d’Allemagne comme Grand Patron de l’Ordre.

Aeneas J. McIntyre, cr, grand registraire :

(1) Nous devrions considérer que c’est le comble de l’impertinence qu’une autre Grande Loge s’approche de nous et nous dise quelle devrait être notre loi. [Apparemment pas dans le cas du GOdF !]

(2) Jusqu’en 1813, les deux Grandes Loges d’Angleterre étaient des Grandes Loges chrétiennes. En 1813, au moment de l’Union, nous sommes devenus une Grande Loge Universelle et les Juifs ont été admis parmi nous. [Une preuve de cela ? Il y a le contraire.)

(3) La question est totalement différente de la position dans laquelle nous nous trouvons à l’égard du GOdF. Là, ils font une innovation. [Et le prétendu changement au sein de l’Union de Chrétien à Universel ne l’était pas ? Si cela avait été le cas, ce qui n’a pas été le cas, les Trois Globes auraient pu rompre leurs relations avec l’UGLE naissante en 1813 à cause d’une possible « innovation surprenante » consistant à admettre des non-chrétiens, puis à informer qu’elle n’accepterait pas de membres de l’UGLE. UGLE nouvellement formé.]

(4) L’empereur d’Allemagne pourrait tout aussi bien venir dire à la reine d’Angleterre : « Pourquoi, selon vos lois, un Juif ne peut-il être Lord Chancelier ? Vous abrogez cette loi, sinon quoi ? [La loi a été abrogée.]

(5) Il me semble que c’est le pire précédent au monde que d’interférer avec les lois délibérément adoptées par une autorité souveraine. [Le GOdF n’était-il pas une autorité souveraine ?]

(6) Il y a ici certaines Loges qui ne reçoivent que des classes particulières. L’Apollo University Lodge d’Oxford accueille uniquement les membres de l’Université. [Pour l’Initiation oui, mais il a reçu des visiteurs non universitaires en provenance de juridictions reconnues !]

Révérend RJ Simpson, PGAumônier :

« En ce qui concerne le point mentionné par frère McIntyre, concernant la Constitution de l’Angleterre avant 1813, il devait encore savoir quels mots on pouvait trouver dans les Constitutions, semblables à ceux qu’on trouvait dans les Constitutions allemandes des Trois Globes. , ce qui exclut les hommes de persuasion juive. [Réponse attendue.]

Le comte de Carnarvon ProGM, du Trône :

(1) « REGRETtaNT la direction prise par les Trois Globes.

(2) « Nous ne pouvions pas prendre notre position sur le même terrain que nous avions occupé à l’égard du Grand Orient de France, cet organisme ayant apporté une innovation distincte et surprenante.

(3) La Grande Loge, enfin, doit garder à l’esprit : si elle a accepté cette résolution et a demandé à SAR le Prince de Galles, le Grand Maître MW, de transmettre une résolution à la Grande Loge allemande et à l’Empereur d’Allemagne, en tant que à la tête de cette Grande Loge, cette Grande Loge a placé son Grand Maître dans une position dont il [Carnarvon] reconnaissait franchement qu’il ne voyait pas comment le Prince de Galles pourrait s’en sortir de manière satisfaisante, car il avait été initié dans une juridiction exclusivement chrétienne.

ROBERT FREKE GOULD – L’HISTOIRE DE LA FRANC-MAÇONNERIE (1885)
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Était présent à cette réunion Robert F. Gould , le plus grand historien vivant de la franc-maçonnerie anglaise.

Il devait savoir que les déclarations clés faites par le comte de Limerick et AJ McIntyre QC, grand registraire, selon lesquelles les francs-maçonneries britanniques jusqu’en 1813 étaient exclusivement chrétiennes, étaient incorrectes.

Pourquoi Gould est-il resté silencieux et n’a-t-il pas soutenu le commentaire du révérend Simpson ?

Les fils des Articles Noahide et les fils des Grands Originaux ont-ils sûrement le droit d’être reconnus et reçus comme francs-maçons ? Évidemment pas.

De toute évidence, le révérend Smith a subi des pressions pour retirer les deuxième et troisième parties de sa motion ; ainsi, la pétition a été reçue et rien de plus. 

Dans la troisième partie, le rapport du Comité sur la Constitution révisée du Grand Orient de France sera examiné et la décision qui en résultera ; on la comparera à celle faite sur La Question allemande.

Une fois de plus, RF Gould était présent ; sa seule contribution fut de seconder la reconduction du prince de Galles comme Grand Maître. chapitre précédent← 

ARTICLE DE : Gérald Reilly

Gerald Reilly a été initié en 1995 au Prieuré Lodge 2063 de St Osyth, Essex. Angleterre (UGLE). 

Il a été membre fondateur d’Allthingsmasonic de Josh Heller, et avec Josh a co-écrit « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006), il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.

Récipiendaire du prix Norman B Spencer, 2016.

Le Syndrome de la Porte Fermée | Les Frangins sont pas tous gâteux #04

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Les Frangins sont pas tous gâteux… mais y’en a ! Episode numéro 4 consacré aujourd’hui à ce que j’appelle Le Syndrome de la porte fermée !

Oui, la porte de nos temples reste fermée et c’est vrai, nous travaillons loin des yeux et des oreilles profanes. Cela veut-il dire pour autant que ce qui se se joue derrière cette porte est néfaste et que nous travaillons à l’élaboration de plans diaboliques contre les non-maçons? Pourquoi cela serait-il le cas ? Pourquoi craindre autant une porte fermée et les discussions auxquelles on n’assiste pas ?
C’est le sujet de ce nouvel épisode des Frangins sont pas tous gâteux, qui reviendra sur cette sorte de névrose qui nous touche tous.

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17-18/11/23 : Toulouse, colloque sur « Les 300 ans des Constitutions d’Anderson »

L’Institut Toulousain d’Études Maçonniques (ITEM), associé à la Grande Loge Provinciale d’Occitanie (GLPO), organise un mini colloque autour des 300 ans des Constitutions d’Anderson les 17 et 18 novembre prochains.

Blason ITEM
Blason GLPO

Les Constitutions d’Anderson de 1723 sont un texte fondateur de l’histoire de la franc-maçonnerie moderne dite spéculative. Elles énoncent les principes de base de l’Art Royal, tels que la croyance en un être suprême, l’importance de l’éthique et de la moralité, et les devoirs des Francs-Maçons envers la société. Le texte est divisé en quatre parties. La première est une histoire de la Franc-Maçonnerie qui comprend un récit légendaire des origines du métier, ainsi qu’une description de l’organisation et de la structure de la fraternité. La deuxième traite des « Devoirs » ou des « Obligations », la troisième des « Règlements généraux » et la quatrième est un recueil de chants.


James-Anderson (1679-1739), par Travis-Simpkins*

Le programme :

Vendredi 17 novembre 2023, 5 rue de Lorient, Toulouse

15h – Première conférence avec Roger Dachez et Philippe Langlet

« Aux origines du Grand Orient de France, les Constitutions d’Anderson », suivies d’une dédicace des ouvrages des conférenciers.

20h – Cocktail dînatoire au Cercle M, Zone Thibault, 15, rue Boudeville, 31100 Toulouse

(35 €, Inscription obligatoire avant le 4 novembre. Bulletin juin ci-dessous).

Samedi 18 novembre : 32/34, rue Gabriel Péri, Toulouse

Photo source Bohemond Heraclius Pictures

10h – Présentation du film « Le chemin de lumière » de Jean-Luc Leguay et Jean-Bohémond Leguay par Yves Saez, suivi de la projection.

10h30 – Deuxième conférence avec Gérard Icart et Thierry Zarcone

« Présentation de l’ouvrage sur les Constitutions maçonniques du XVIIIe siècle » par Gérard Ricard, grand chancelier de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), suivi de « Généalogie des Constitutions d’Anderson » par Thierry Zarcone, Vénérable Maître de la Loge Nationale de Recherche Villard de Honnecourt, suivi d’une dédicace des ouvrages des conférenciers.

Le bulletin de réservation, à retourner avant le 4 novembre.

La biographie des intervenants

Médecin et universitaire, Roger Dachez a été chargé d’enseignement à l’Université Paris 7- Denis-Diderot et président de l’Institut Alfred Fournier à Paris. Président de l’Institut Maçonnique de France depuis sa fondation en 2002, il est aussi membre du Comité scientifique du musée de la franc-maçonnerie (Musée de France) à Paris et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington). Parallèlement, il dirige depuis 1992 la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, créée en 1970.

Considéré comme un historien majeur de la franc-maçonnerie, il est l’héritier de la méthode historique appliquée par son maître et père spirituel René Guilly (René Désaguliers). Depuis près de trente ans, il a présenté de nombreuses conférences en France et en Grande-Bretagne et il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie, publiés dans des revues françaises ou étrangères.

Nous lui devons plus d’une vingtaine d’ouvrages, et notamment : L’Invention de la franc-maçonnerie (Véga, 2008), Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015), mais également plusieurs volumes de la Collection « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France – dont : Histoire de la franc-maçonnerie française (2003), Les 100 mots de la franc-maçonnerie (avec Alain Bauer, 2007), Le Rite Écossais Rectifié (avec Jean-Marc Pétillot, 2010). Plus récemment il a publié un important volume sur la Nouvelle histoire des francs-maçons en France avec Alain Bauer (Tallandier, 2020) ainsi que Les francs-maçons en 100 questions (Talllandier, 2021), une Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié (Dervy, 2021), un Précis de maçonnerie de la Marque (La Tarente, 2021) et son De Salomon à James Anderson – L’invention de la franc-maçonnerie (Dervy, 2023).

Né en 1948, Philippe R. Langlet a suivi une formation
universitaire en anglais (Maîtrise), puis en sciences du langage (Doctorat). Il a exercé plusieurs métiers autour du livre, dans une structure de la fonction publique. Il a été initié au Rit Écossais Ancien et Accepté en 1969, et pratique aussi le Rit Émulation depuis 1996, avec les grades qui les complètent. Il a travaillé sur les textes fondateurs, les premiers rituels, et les aspects anthropologiques de la Maçonnerie, tout en collaborant à des périodiques universitaires ou de différentes obédiences : Ordo ab chao (SCDF), Cahiers d’Occitanie et Cahiers de Villard de Honnecourt (GLNF), Points de Vue Initiatiques (GLDF), La Chaîne d’Union (GODF), la
plus ancienne revue maçonnique, Epistolae latomorum (GLTSO), et Renaissance
traditionnelle
. Certains articles sont traduits en espagnol (Papeles de Masonería, CIEM). Il est membre de l’Académie maçonnique (Paris), depuis sa fondation et de l’Université maçonnique (Paris), où il est intervenu comme conférencier, ces dernières
années. Il a participé aux colloques de l’Institut d’Études et Recherches Maçonniques(IDERM), à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), à des sessions de formation des Maîtres (GLDF et GLTSO), et à des Loges de recherche, dont celle de la Grande
Loge Régulière de Belgique. Philippe R. Langlet a publié une trentaine d’ouvrages,
et autant d’articles dans des revues connues des Maçons. Quelques-uns de ses ouvrages :

Ramsay-Une étude raisonnée du discours, Séléna, 2022/Sceaux et soubresauts à la GLDF à travers ses sceaux officiels, ses logos et ses médailles, GLDF, 2022/Schibboleth, Le blé du ciel, Numérilivre, 2022/Les trois coups espacés-The Three Distinct Knocks, Dervy, 2022/La Bible et la Loge, Cépaduès, 2021/Le Regius, Cépaduès, 2021/La Constitution des francs-maçons 1723, Honoré Champion, 2018/Les Textes fondateurs de la franc-maçonnerie, Dervy, 2006

Gérard Icart, universitaire, a été Professeur de Lettres ; franc-Maçon régulier depuis 35 ans ; LGR de la Grande Loge Unie d’Angleterre et Grand Chancelier de la Grande Loge Nationale Française. Auparavant, il eut la charge à la Grande Loge de la formation et de l’instruction des Frères pendant une quinzaine d’années. Il est directeur de la Collection Transmettre l’Histoire et d’une dizaine d’ouvrages sur la formation, l’instruction, l’histoire et les origines de la Franc-Maçonnerie de tradition.

Guide & Compendium du Franc-Maçon (Cépaduès, Coll. de Midi, 2022)

Bernard E. Jones nous propose une œuvre considérable publiée en 1950, augmentée et enrichie, à plusieurs reprises. Pendant de nombreuses années, il a travaillé, cherché, vérifié, fait des rapprochements auprès de différents érudits pour construire et étayer son récit.

de Bernard E. Jones (Auteur), Georges Lamoine (Traduction), Gérard Icart (Traduction)

Les Constitutions des Francs-Maçons-Constittions de 1723 et 1738, Ahiman Rezon de 1756 par Laurence Dermott-Tricentenaire 1723-2023 (GLNF, 2022), pour la première fois en langue française, traduction et adaptation du professeur Georges Lamoine, spécialiste des écrits maçonniques anglais du XVIIIe siècle et Gérard Icart.

Thierry Zarcone est directeur de recherches au CNRS (Groupe sociétés religions laïcités), rattaché à l’Ecole pratique des hautes études où il dirige des thèses de doctorat. Il est également chargé d’enseignement à Sciences Po Aix-en-Provence depuis 2013.

Spécialiste de l’histoire intellectuelle et religieuse des mondes turc et iranien (Turquie, Asie centrale, Turkestan chinois), il s’est tout particulièrement intéressé à la mystique musulmane (soufisme), aux confréries et à leurs liens avec le politique. Il a vécu plusieurs années en Turquie et en Asie centrale (Ouzbékistan), pays dans lesquels il effectue toujours des missions régulières, et a été professeur invité à l’université de Kyoto et à celle de Fribourg. Sa Bibliographie : – Le Croissant et le compas. Islam et franc-maçonnerie, de la fascination à la détestation, Paris, Dervy, 2015/Avec C. Stépanoff, Le Chamanisme de Sibérie et d’Asie centrale, Paris, Gallimard, 2011/Le Soufisme. Voie mystique de l’islam, Paris, Gallimard, 2009 et 2013/Sufi Pilgrims from Central Asia and India in Jerusalem, Kyoto, Kyoto University, 2009/La Turquie. De l’Empire ottoman à la République d’Atatürk, Paris, Gallimard, 2005/La Turquie moderne et l’islam, Paris, Flammarion, 2004/Secret et sociétés secrètes en islam, Paris, Arche, 2003/Mystiques, philosophes et francs-maçons en islam, Paris, Maisonneuve, 1993 (ouvrage couronné par l’Institut de France, Académie des sciences morales et politiques).

*Il n’existe vraisemblablement pas de portait officiel d’époque de James Anderson. La représentation faite par Travis-Simpkins est une interprétation libre de sa part

 

Source : ITEM