Voici quelques-unes des principales actualités et événements qui ont touché le Grand Orient d’Italie en 2023.
21 janvier. Goi annonce une action en justice contre Di Bernardo.
1er février. Adhésion à la Franc-Maçonnerie incompatible pour Conte. The Goi : « Nous sommes légaux, transparents et pas secrets ».
16 février. Mafia: Bisi, ‘Les liens avec la franc-maçonnerie n’ont jamais émergé à Campobello Mazara ou Castelvetrano’.
7 avril. Allez. Lettre à La Russa pour récupérer le Palazzo Giustiniani.
8 mars Reconnaissance du Grand Orient d’Italie par les Ugle restaurée.
14 15 avril. « Devoirs anciens, valeurs éternelles ». La Grande Loge 2023 démarre à Rimini.
15 juin Avis d’affectation de contributions en faveur des personnes défavorisées et des étudiants résidant dans les zones touchées par les inondations en Émilie-Romagne et dans les Marches.
11 juillet La Grande Loge de l’État d’Israël a demandé au Grand Orient d’Italie de rétablir la reconnaissance mutuelle.
27 août Messine Argent. Bisi (Goi), « les enquêteurs ont conclu que la franc-maçonnerie n’avait rien à voir là-dedans ». Le Grand Maître invité à La Piazza, l’événement organisé par Affartitaliani.it, qui a lieu à Ceglie Messapica.
20 septembre. « L’histoire dans le futur ». Célébrations Goi pour l’équinoxe d’automne et la prise de Porta Pia.
10 octobre Solidarité du Grand Orient d’Italie avec la Grande Loge de l’État d’Israël.
17 novembre. « Devoirs anciens, valeurs éternelles » est publié, le nouveau livre du Grand Maître Stefano Bisi. Le volume rassemble tous ses discours de 2014 à 2023.
21 novembre. Annonce pour l’affectation de contributions en faveur des personnes défavorisées et des étudiants résidant dans les zones touchées par les inondations dans la région Toscane.
Novembre. A l’occasion de la dix-neuvième Communication Annuelle de la Grande Loge Souveraine de Malte, tenue à La Valette, le Grand Maître du Grand Orient d’Italie, Stefano Bisi, a décerné au Grand Maître de la SGLM Simon Cusens l’honneur de classe or Giordano Bruno.
Novembre. Le Grand Maître Bisi a décerné la classe or Giordano Bruno au Grand Chancelier de la Grande Loge Unie d’Angleterre Paul Engeham.
13 décembre. Le Grand Maître du Grand Orient d’Italie à la Grande Loge de la GLUA. C’est la première fois après 30 ans.
Fabriquer ses propres croyances pour se distinguer de celles de sa famille, ériger la phrase « prendre du temps pour soi » en nouveau mantra, remplacer la religion par du développement personnel : le monde spirituel est-il devenu un objet de consommation comme les autres ? Pour beaucoup d’individus devenus adultes au tournant de l’an 2000, les conséquences de l’individualisme et du néolibéralisme ont eu aussi un impact sur leur rapport à la spiritualité.
Damien Karbovnik, Sociologue des religions, Université de Strasbourg
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
Avez-vous déjà essayé le puppy yoga ou le yoga wine, déclinaisons les plus récentes et les plus branchées d’un yoga sans cesse réinventé ? À moins que vous ne soyez davantage tenté par une « retraite spirituelle laïque » ? Ou alors avez-vous ressenti en vous l’appel de votre « sorcière intérieure » ? Mais peut-être êtes-vous plutôt « appli de méditation » ?
La « révolution spirituelle », constatée dès les années 1990 par les sociologues Paul Heelas et Linda Woodhead, semble plus que jamais en marche et ne cesse de gagner en ampleur.
Dans les librairies, les rayons qui sont dédiés à la spiritualité ne font que croître et absorbent ceux dédiés à la religion, au bien-être, au développement personnel ou même à l’ésotérisme.
Associée à de multiples croyances et pratiques – du chamanisme à l’écologie en passant par la sorcellerie – la notion de « spiritualité » a le vent en poupe et de plus en plus de personnes se définissent grâce à elle, afin de mieux se distinguer de la religion. Que cherche-t-on à exprimer aujourd’hui par ce terme ? Pourquoi l’oppose-t-on à la religion ?
La difficulté à définir la spiritualité se dissipe en partie lorsqu’on la met en rapport avec le contexte de notre modernité tardive, période contemporaine déterminée par l’accélération technologique, notamment, en suivant le philosophe Harmut Rosa. Plus souple que la religion, il convient de comprendre la « spiritualité moderne » comme une multitude de systèmes individualisés, en permanente évolution et animée par une quête de sens et d’épanouissement personnel.
En filigrane, dans ces nouvelles spiritualités, s’observent aussi les conséquences de l’individualisme et du néolibéralisme, autant dans le rapport qu’ont les individus avec que dans l’idéologie qui les anime.
Une notion dépendante de son contexte
Depuis deux décennies, les définitions académiques de la spiritualité ne manquent pas, rappelant en cela le problème de définition que connaît la religion.
La notion de « spiritualité » trouve son origine dans le christianisme et prend le sens qu’on lui prête aujourd’hui à la fin du XVIe siècle. Elle désigne alors un rapport individuel et intériorisé avec Dieu, dans le cadre de la religion chrétienne, mais en dehors des voies institutionnelles.
Avec le temps, et en fonction des contextes, la notion évolue et renvoie à des pratiques et à des croyances extérieures au christianisme. En ce sens, la découverte du bouddhisme et des philosophies orientales, tout comme l’émergence, au XIXe siècle, du spiritisme ou de l’occultisme joue un rôle déterminant. Ainsi les sociologues ont-ils pris l’habitude de distinguer les spiritualités dites historiques de ces nouvelles spiritualités qualifiées de « modernes ».
En effet, comme l’a mis en évidence l’anthropologue Peter van der Veer, ces spiritualités modernes ne peuvent se comprendre que dans le contexte à la fois historique et culturel de la modernité euro-américaine. Affectées par la sécularisation et l’individualisme, elles sont devenues, dans notre société, un véritable phénomène « de masse », tranchant avec la nature plutôt élitiste des spiritualités historiques. L’ampleur du phénomène a même poussé certains chercheurs, à l’instar de Jeremy Carette et Richard King, à proposer de voir dans la spiritualité moderne la nouvelle forme qu’aurait prise la religion pour s’adapter à la modernité.
La religion liquide
Bien qu’il ne soit pas possible d’arrêter une définition universelle de la spiritualité, les discours de ceux qui s’en réclament s’articulent autour de quelques caractéristiques récurrentes et qui fonctionnent souvent en opposition avec leur perception de « la religion » – fondée sur leur compréhension du christianisme – et de « l’Occident ». La spiritualité se construit donc notamment sur un imaginaire qui oppose l’Occident moderne, à la fois chrétien et rationaliste, au reste du monde – et en particulier à l’Orient, terre par excellence de la spiritualité.
Contrairement à la religion, elle est vécue comme un système souple, sans dogmes ni institutions et comprenant très peu de contraintes. Elle se caractérise par une démarche personnelle, centrée sur soi et qui vise à établir une relation directe avec ce que certains appellent « le sacré », « le divin », « la transcendance », voire carrément « l’univers » – car les termes ne manquent pas.
La pratique n’est pas nécessairement collective et tend, de fait, à être de plus en plus strictement personnelle. En témoigne la sorcellerie solitaire, rendue populaire dans les années 1980 par Scott Cunningham. Dès lors, un sondage comme celui réalisé récemment par l’IFOP qui met en avant que 18 % des Français croiraient aux sorcières, est difficile à interpréter. Les notions de « sorcières » et de « sorcellerie » ne renvoient à rien d’évident et peuvent exprimer, de fait, des croyances et des pratiques très hétérogènes.
La pratique n’est pas non plus obligatoirement attachée à des moments ni à des lieux spécifiques et peut s’exprimer aussi bien au cours d’une promenade en pleine nature que pendant qu’on fait la vaisselle, selon une technique de méditation devenue célèbre grâce au moine bouddhiste Thích Nh?t H?nh.
Les spiritualités modernes représentent ainsi une forme de « religion liquide », à l’image de la « société liquide » dans laquelle nous évoluons aujourd’hui, décrite par le philosophe Zygmunt Bauman.
Des spiritualités à la carte
De nos jours, la spiritualité est devenue une sorte de catégorie dans laquelle se retrouve un grand nombre de croyances et de pratiques très différentes certes, mais qui ont en commun une même démarche intime et individuelle qui vise à établir un rapport direct avec autre chose que la réalité sensible et immédiate.
De fait, on ne saurait trouver un sens à imaginer la spiritualité comme étant un ensemble homogène et stable de croyances et de pratiques, car elle est bien davantage un ensemble de ressources à partir desquelles sont élaborés des systèmes individualisés et subjectifs.
Le puppy yoga, l’un des derniers courants à la mode de la pratique, interroge les nouveaux rapports au bien-être et à la spiritualité. karolina grabowska/pexels, CC BY-NC-ND
Chacun évolue dans cet espace en fonction de ce qui, pour lui, « fait sens » et devient un « chercheur de vérité », un spiritual seeker, de sorte que les systèmes religieux sont décomposés et réagencés par les individus qui composent des « religions à la carte », en pratiquant une sorte de « bricolage syncrétique ». Ainsi a-t-on pu voir apparaître une hypnose chamanique, des « méditations quantiques » ou des individus qui en fonction des moments s’adonnent à des pratiques appartenant à différentes traditions religieuses.
Dans son enquête publiée en 2015, Jean-François Barbier-Bouvet dresse un portrait type des « nouveaux aventuriers de la spiritualité », articulé autour d’un profil principalement urbain, féminin et doté d’un fort capital social et culturel. Mais le véritable point commun entre tous ces individus réside dans leurs attentes vis-à-vis de la spiritualité.
Des croyances utiles
Si la question du sens de l’existence apparaît comme le cœur même de la quête spirituelle, celle-ci, en fonction des individus, passe par bien des chemins. Malgré l’apparente diversité des voies spirituelles modernes, ces dernières convergeraient toutes à leur manière vers une même et unique vérité qui constituerait le fonds commun à toutes les religions du monde.
Cependant, lorsqu’on prête attention aux discours des « spiritual seekers », la spiritualité est souvent l’expression d’un désir d’accomplissement de soi et de dépassement d’une condition humaine associée à la souffrance et à la mort. La spiritualité se propose ainsi d’aider à l’amélioration de soi et à l’apaisement des souffrances, ce qui explique sa proximité avec les milieux du bien-être et du développement personnel. Plus ou moins implicitement, le véritable objet de la spiritualité moderne est bel et bien la recherche du bonheur dans ce monde-ci et de son vivant.
L’intérêt pour la spiritualité manifeste donc une dimension fortement utilitaire. La croyance dogmatique, rejetée par la démarche spirituelle, est remplacée par une croyance profitable, dans le sens où elle est susceptible d’améliorer son quotidien. La spiritualité est, en quelque sorte, une forme de religion qui « fait du bien ».
Entre sa souplesse et son utilité, la spiritualité moderne peut être envisagée comme étant un « style de vie », une manière de vivre au quotidien, qui réordonne le monde selon une logique adaptée à chacun. Ainsi réinvesti d’un sens à la mesure de soi, le monde redevient un espace dans lequel les individus peuvent se projeter et vivre sereinement.
Se reconnecter… au néolibéralisme
En vantant notamment les mérites de l’adaptabilité, du dépassement de soi et de la résilience, cette « reconnexion » au monde se révèle être en adéquation avec l’esprit néolibéral. Plus encore : comme le suggère l’anthropologue Lionel Obadia, la spiritualité est devenue un bien de consommation comme un autre et le « chercheur de spiritualité » a tout du « consommateur de spiritualité ».
De fait, comme l’a mis en évidence Hildegard van Hove, il existe un véritable « marché spirituel », à l’intérieur duquel les individus consomment croyances et pratiques en fonction de leurs besoins et des circonstances, sans tenir compte des systèmes auxquels elles appartiennent. Dans cette perspective, les spiritualités modernes peuvent être envisagées comme le résultat d’un processus de transformation de la religion, de telle sorte à s’adapter aux nouvelles exigences d’un marché dominé par une nouvelle pratique de consommation, celle du bricolage religieux.
Malgré des discours parfois contestataires, les spiritualités modernes s’avèrent bien souvent être des rouages essentiels du néolibéralisme, ce qui explique l’importance que prend dans le monde du travail la question de la spiritualité, pendant que le Yoga et la Mindfulness deviennent les nouveaux remèdes miracles susceptibles de résoudre tous les maux de notre société.
Un ensemble de ressources dans un monde profondément instable
Bien qu’envisagées comme une alternative au néant existentiel de la société contemporaine, les nouvelles spiritualités se révèlent être bien davantage des produits de la modernité, comme en atteste leur symbiose avec le néolibéralisme.
Elles constituent un ensemble de ressources que chaque individu agence à son gré et au fil de ses expériences, afin de donner du sens à son quotidien et trouver sa place dans un monde devenu profondément instable.
La séparation entre la spiritualité et la religion permet aussi de reformuler un même objet dans des termes mieux en phase avec les aspirations de nos sociétés sécularisées, comme peut en attester le dernier ouvrage de Frédéric Lenoir, L’Odyssée du sacré, dans lequel le terme de « spiritualité » permet d’extraire de la religion ce qu’elle peut avoir de noble pour nous aujourd’hui, pour mieux faire oublier le reste.
Cependant, la sensibilité de la question de la spiritualité rappelle de nos jours qu’elle touche directement à notre intimité, à nos émotions, et à notre manière de voir le monde, et que, bien souvent, est bien poreuse la frontière entre quête spirituelle et démarche scientifique.
Vous avez dit « don » ? Le texte de Marcel Mauss « Essai sur le don » (première publication en 1925) analyse « les logiques du don dans les sociétés traditionnelles » * de la Mélanésie à l’Alaska, et dans les sociétés indo-européennes anciennes.
Que faut-il entendre par « don » en l’espèce ? Un ensemble de pratiques de réciprocité, don et contre-don. Ce texte permet une mise en distanciation formidable de tous les mécanismes de notre société occidentale. Ainsi, des peuples qu’on appela longtemps « primitifs » avant de les appeler « premiers » puis « autochtones » avaient fait du don l’élément majeur de stabilité de leur économie sociale.
Même si l’on sait grâce aux historiens sociologues que la perspective bouddhique ne porte pas de vision sociale en tant que telle, quand on en observe le « fruit », il saute aux yeux littéralement que le spirituel fonde dans les aires culturelles bouddhistes le lien humain dans toutes ses dimensions. Si l’expression « le religieux innerve tout » n’était pas une injure dans nos contrées, on pourrait comprendre que ce lien d’échange induit un état de stabilité sociale particulièrement intéressant pour nous bouddhistes occidentaux… Et on se retrouve stupéfait face à une richesse, une profusion de rapports sociaux en tous genres où le don s’incarne à toute occasion.
En somme, si l’on avait au moins une chose du bouddhisme à faire vivre dans notre quotidien, ce pourrait être cette disponibilité à l’échange, au don, fondement de la responsabilité individuelle. Ou pour le dire simplement, la prise en considération de notre groupe humain.
Il n’est pas inutile de rappeler ici que le maillon essentiel de ce réseau du don s’incarne tout spécialement au sein de la plupart des aires culturelles dans la personne du religieux (pour ce qui est du tibétain : lama qui en tibétain signifie «le suprême », « celui qui porte la force de vie grâce à ses réalisations» « qui a le suprême pouvoir », celui de la réalisation intérieure).
Voilà pour nous de quoi au moins, nous l’espérons, vous donner envie d’aller chercher plus avant du côté du sens. Essai sur le don – Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques Marcel Mauss, introduction de Florence Weber, P.U.F. 2007
Ce texte a été publié dans La Lettre Des Deux Voies pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.
La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr
En cette fin d’année 2023, la rédaction a reçu une communication émanant du Secrétaire Général du CLIPSAS. Le message du Président Iván Herrera Michel, initialement destiné aux membres, a suscité une vague de surprises et de questionnements au sein des Obédiences adhérentes. Les messages présidentiels annuels, habituellement imprégnés de symbolisme maçonnique, se sont toujours tenus à distance des sujets politiques ou religieux.
Iván Herrera Michel – Président-CLIPSA du
En cette fin d’année 2023, la rédaction a reçu une communication émanant du Secrétaire Général du CLIPSAS. Le message du Président Iván Herrera Michel, initialement destiné aux membres, a suscité une vague de surprises et de questionnements au sein des Obédiences adhérentes. Les messages présidentiels annuels, habituellement imprégnés de symbolisme maçonnique, se sont toujours tenus à distance des sujets politiques ou religieux.
Cependant, cette année, le Président a notablement dévié de cette tradition en choisissant de s’adresser directement aux parents et enseignants du monde entier, un auditoire nettement distinct du cercle habituel des « Sœurs et Frères » maçonniques.
Cette rupture inattendue a généré une ambiguïté autour du message présidentiel, éveillant des interrogations essentielles sur la convenance de ce discours avec des thématiques étrangères à la franc-maçonnerie, en particulier la politique et la religion. La réaction fut telle que des membres du CLIPSAS se sont même interrogés sur la pertinence de ce message à leur égard.
Cette initiative, loin d’être perçue comme un geste insignifiant, soulève de sérieuses préoccupations quant à l’incursion de la politique dans des messages présumés neutres et bienveillants. La démarche du président d’une organisation maçonnique internationale, qui semble prétendre influencer les valeurs et orientations éducatives à l’échelle planétaire, interpelle profondément.
Ce geste pourrait-il signifier une tentative du Président de se mêler à la politique mondiale, influençant ainsi les directives éducatives et les perspectives idéologiques à une échelle bien plus vaste ?
Il est essentiel de rappeler que le CLIPSAS n’est pas une Super Obédience. Sa mission, telle que décrite sur son site web (https://clipsas.org), consiste à aborder certains aspects sociaux, majoritairement via des commissions telles que l’ODH, ECOSOC, ou UNESCO, et non à dicter ou à influencer directement les politiques éducatives ou idéologiques à l’échelle mondiale.
Des fissures au sein du bureau du CLIPSAS ?
Des murmures de dissension au sein du bureau exécutif du CLIPSAS commencent à se faire entendre. Des sources fiables internes suggèrent une montée de mécontentement face aux décisions prises de manière unilatérale par le Président Iván Herrera Michel.
De plus, une observation attentive des membres du CLIPSAS a révélé une tendance récente : les communications émanant du Président sont exclusivement libellées en son nom propre, sans aucune mention des autres membres du bureau. Cette situation soulève des questions sur la cohésion et l’unité au sein de l’organe dirigeant de l’organisation. Nous attendons une clarification officielle du bureau du CLIPSAS pour confirmer ou infirmer ces allégations, afin de comprendre pleinement la dynamique actuelle au sein de cette structure maçonnique internationale.
Est-ce la fin du CLIPSAS ?
Face à cette série de développements inquiétants au sein du CLIPSAS, une question brûlante se pose : assistons-nous à l’effritement de l’intégrité et de l’unité de cette institution maçonnique respectée ? Les agissements récents du Président Iván Herrera Michel, s’écartant des principes maçonniques et s’immisçant dans des domaines politiques et éducatifs, ébranlent profondément la confiance des membres et des Obédiences affiliées. Ces actions, loin d’être des incidents isolés, semblent révéler une tendance à la centralisation du pouvoir et à l’autoritarisme, éclipsant les voix collectives du bureau et, par extension, de la communauté maçonnique dans son ensemble.
Ce mode de gouvernance, s’il se poursuit, risque de transformer le CLIPSAS en un véhicule pour les ambitions personnelles et les perspectives idéologiques du Président, au détriment des valeurs fondamentales de fraternité, d’équité et de recherche de la vérité qui sont chères à la franc-maçonnerie.
L’absence de transparence et de consultation au sein du bureau du CLIPSAS, comme le souligne notre précédent article ‘Du rififi au CLIPSAS : est-ce qu’il y a un président à bord ?’, n’est pas seulement un signe de mauvaise gestion ; c’est une alarme retentissante signalant une dérive potentiellement dangereuse.
L’heure est grave. Si le CLIPSAS souhaite maintenir son statut de phare de la pensée et de l’action maçonnique, une réévaluation immédiate de ses pratiques de leadership et de communication est impérative. Il en va de la préservation de l’intégrité de l’organisation et, plus largement, de la confiance de ses membres et de la communauté internationale envers la franc-maçonnerie. Les membres et les Obédiences doivent exiger transparence, responsabilité et respect des traditions maçonniques, faute de quoi le CLIPSAS risque de se retrouver dans une spirale irréversible de déclin et de discorde interne.
La qualité de notre vie est conditionnée par la qualité de nos actions. Le bouddhisme nous enseigne à avoir une ferme croyance dans le potentiel de l’être humain. Il dit que nous sommes des créatures qui possèdent la capacité merveilleuse de pouvoir assumer la responsabilité de ce qu’elles pensent, font ou disent, et qui peuvent faire de leur vie l’expression de la sagesse et de la compassion, plutôt que de l’égoïsme, de la peur et de l’avidité.
Nous pouvons développer notre force et notre capacité à réfréner les actions, les paroles et les pensées qui pourraient être source de souffrance pour nous-mêmes et pour autrui. Nous pouvons apprendre à avoir des gestes, des paroles et des pensées qui génèrent bonheur et paix. Nous pouvons purifier notre esprit. Le bouddhisme se soucie de la nature de notre existence et des moyens par lesquels nous pouvons éradiquer l’insatisfaction et le vide qui l’affligent. De ce fait, l’enseignement du bouddhisme ne doit pas être perçu comme un dogme auquel il faudrait adhérer, mais comme un outil que nous pouvons utiliser pour développer le potentiel qui est en chacun de nous.
Le bouddhisme est une religion qui place la sagesse, plutôt que la foi, comme vertu première. Le Bouddha a dit que si nous nous observons de manière attentive et honnête, tels que nous sommes, nous trouverons, en nous, un puits de mal-être et de conflit. Il a dit que la racine sous-jacente de cette souffrance est l’ignorance, la vision fondamentalement erronée de ce que nous pensons être la vraie nature de notre existence. La voie qui mène au bonheur véritable consiste donc à remédier aux idées fausses que nous avons sur la manière dont les choses sont. Pour cette tâche, nous avons besoin d’une sagesse fondée sur la générosité et la morale, renforcée par une paisible clarté de l’esprit. Dans la perspective bouddhiste, notre existence acquiert du sens et de la dignité dans la mesure où elle est orientée vers la vérité et qu’elle en témoigne.
Le don
Au niveau le plus élémentaire, notre compréhension erronée de l’existence, caractérisée par notre attachement tenace aux notions de « moi » et de « mien », se manifeste extérieurement par notre égoïsme et notre possessivité. Le premier niveau de la pratique bouddhiste implique de lutter contre ces tendances erronées en contrant leurs manifestations. Nous devons donc développer la générosité du cœur. Le Bouddha nous a encouragés à donner, à bon escient et de manière désintéressée, sans attendre une quelconque récompense en retour.
Il a évoqué trois sortes de dons : le don de choses matérielles à ceux qui le méritent — par exemple, les offrandes faites aux moines et l’aumône aux pauvres ; le fait de pardonner à ceux qui nous ont causé du tort; enfin, et le plus grand, le don de la vérité, le partage de toutes les connaissances sur ce monde ou la compréhension spirituelle que nous avons pu acquérir.
La générosité, outre de permettre la diminution des préoccupations égoïstes, procure joie et légèreté de l’esprit ; elle favorise aussi les liens amicaux au sein de la société. Moins nous sommes attachés aux choses, plus nous pouvons nous ouvrir au monde qui nous entoure et y contribuer en bien.
La conduite morale
La conduite morale, le deuxième aspect de la formation bouddhiste, est aussi profondément en lien avec les choses que nous faisons et que nous disons. Les actions et les paroles issues d’états mentaux négatifs nuisent aussi bien à nous-mêmes qu’aux autres. Dans le bouddhisme, la morale est définie comme la volonté de s’abstenir de tels actes et de telles paroles. En ne renforçant pas le pouvoir des émotions négatives — que ce soit en les réprimant ou en les exprimant — simplement en les observant et en attendant patiemment qu’elles passent, nous pouvons affaiblir l’emprise de ces afflictions sur nous-mêmes et commencer à nous en libérer.
Cet entraînement à la discipline morale est un engagement à respecter certains préceptes comme principes directeurs de notre vie quotidienne. Pour les bouddhistes laïcs, ces préceptes sont au nombre de cinq, soit : – s’abstenir de prendre la vie, – s’abstenir de prendre ce qui n’est pas donné, – s’abstenir d’inconduite sexuelle, – s’abstenir de paroles futiles ou mensongères – s’abstenir de consommer des substances intoxicantes. Ces préceptes ne sont pas des commandements ou des ordres à suivre aveuglément, mais des outils qui doivent être employés habilement afin de mettre notre vie en harmonie avec les vérités spirituelles.
Bien qu’énoncés de manière négative, les préceptes engendrent naturellement les vertus de la bonté, de l’honnêteté, du contentement, de la sincérité et de l’attention. Ceux qui suivent ces préceptes de tout cœur, constateront que les sentiments de culpabilité et de remords sont supplantés par le bien-être et le respect de soi. L’esprit tend vers la paix et la clarté. La morale est ainsi une base solide pour tous nos efforts spirituels, de même que la fondation indispensable à une société intelligente et solidaire.
La méditation
Le troisième aspect du bouddhisme est la méditation, le développement du calme mental et de la vision pénétrante. Dans son état normal, l’esprit a tendance à se disperser et à échapper à notre contrôle. Nous constatons qu’il est difficile de l’arrêter de penser, ne serait-ce qu’un moment. La formidable énergie de l’esprit n’est ainsi jamais retenue pour être utilisée à bon escient. La méditation offre la possibilité de recentrer l’esprit, afin de lui permettre de se dégager de ses préoccupations habituelles et de pénétrer la vraie nature de notre existence.
La méditation n’est pas seulement un moyen de se détendre, pas plus qu’une technique pour échapper au stress de nos responsabilités en glissant dans une extase bienfaisante. Il s’agit plutôt d’un moyen efficace d’aiguiser, de fortifier et enfin de purifier nos facultés mentales. Au départ, on concentre son esprit sur un objet, tout comme on dompte un animal sauvage en l’attachant à un poteau. Il existe de nombreux objets sur lesquels méditer. Un de ceux qui sont le plus employés est la sensation du souffle passant par les narines mais, quel que soit l’objet choisi, l’important est de maintenir une attention pointue et soutenue en se concentrant dessus.
Au début, bien sûr, on n’y parvient pas. La concentration est difficile à maintenir. Elle va à l’encontre de nos habitudes. Mais avec de la patience, de la persévérance et de la bonne humeur, ce n’est pas impossible. Quand l’esprit s’égare loin de son objet, on le ramène à l’attention, gentiment mais fermement, encore et encore et encore…
Finalement, on arrive à maintenir la concentration quasiment sans effort et l’esprit devient stable et lumineux. Alors, abandonnant l’objet initial, on maintient une ferme attention pointée vers tout ce qui survient dans la conscience – que ce soit une sensation physique, un sentiment, une pensée, une perception… – et l’on s’attache à voir la nature changeante de tous les phénomènes plutôt que leur contenu.
Si l’esprit a été suffisamment calmé par la concentration, on est capable de maintenir un regard empreint d’équanimité sur la réalité présente et une vision directe et non-conceptuelle de la vraie nature de notre existence commence à croître en nous. Tandis que nous en venons à comprendre la nature changeante, incertaine et sans importance de tout ce qui constitue notre existence, les idées fausses et les a priori que nous avons sur nous-mêmes s’effondrent et notre attachement avide aux choses est complètement remis en cause. C’est là que la paix véritable et la Libération, l’objectif le plus noble de l’être humain et la finalité du bouddhisme, sont enfin atteints.
Ajahn Jayasaro est né sur l’Ile de Wight en Angleterre en 1958. C’est à la Retraite de la Saison des Pluies de 1978 qu’il rejoint, en tant qu’anagarika, la communauté d’Ajahn Sumedho. En novembre de la même année il part pour Wat Pa Pong, dans le Nord-Est de la Thaïlande, où il se fait ordonner novice l’année suivante, et bhikkhu en 1980, avec le Vénérable Ajahn Chah comme précepteur. De 1997 à 2002, Ajahn Jayasaro fut l’abbé de Wat Pah Nanachat. Il vit actuellement seul dans un ermitage au pied des montagnes Khao Yai, dans la province de Nakhon Ratchasima.
Ce texte a été publié dans LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.
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Également connus sous le nom de Fobs maçonniques, les globes dorés ou les porte-clés en croix sont en fait constitués de six minuscules pyramides qui se réunissent pour former une petite boule. Une fois ouvert, le porte-ballon ressemble à une croix.
À la fin des années 1800 et au début des années 1900, les porte-montres décoratifs étaient très à la mode et étaient généralement portés avec les chaînes de montre suspendues aux montres de poche. Leur taille variait jusqu’à 1″. Les porte-montres à boule maçonnique sont disponibles en quatre variétés : allemand, vieil anglais, nouvel anglais et écossais. Bien que de taille et de forme similaires, les quatre variétés sont différentes, elles varient dans la façon dont la boule s’ouvre et dont les fermoirs se fixent à la boule.
Les faces des pyramides portent vingt-quatre symboles maçonniques différents, dont l’équerre et le compas, le crâne et les os croisés, le brin d’acacia et l’étoile à six branches (ou sceau de Salomon). Les plus courants sont :
Équerre et Compas: Emblème de la Franc-Maçonnerie le plus reconnaissable, il représente la justice et la vertu.
Le sceau de Salomon, également connu sous le nom d’étoile de David : représente la connaissance et la direction divine.
Crâne et os croisés : Cette représentation de la mort et de la nature éphémère de la vie sert à rappeler aux maçons la valeur de mener une vie pleine de sens.
Acacia printanier : Représentation de la croyance maçonnique en l’au-delà, c’est un signe d’immortalité et de résurrection.
Piliers B**z et J****n : Basés sur le récit biblique du Temple du roi Salomon, ces deux piliers représentent la stabilité et la force.
L’œil qui voit tout : une représentation de la providence divine et de l’œil vigilant de Dieu.
Carré : représente la morale et la justice.
Niveau : représente l’équité et l’impartialité.
Plumb : Symbolise la droiture/la droiture.
Les orbes maçonniques sont encore fabriqués aujourd’hui et peuvent être trouvés auprès de bonnes entreprises d’insignes maçonniques ou de bijoutiers. Pourtant, retrouver une pièce antique est toujours un plaisir !
« Soyez à vous-mêmes votre propre flambeau et votre propre refuge »
(Précepte du Bouddha dans le Parinibbhâna sutra)
Lieu de rencontres, de fraternité et d’échanges, les salons du livre maçonnique sont toujours d’heureuses parenthèses permettant de « rassembler ce qui est épars ». Dans cet idéal d’harmonie, le salon de Lyon a répondu parfaitement à cet idéal.
L’objet de notre réflexion, accompagné d’un sourire un peu malicieux, pourrait nous faire songer aux discussions pédagogiques au sein de la Troisième République, dans un temps où les maîtres d’écoles (Nombreux en Franc-Maçonnerie !) s’interrogeaient et militaient sur le but de l’enseignement, ses orientations et son aboutissement dans l’épanouissement d’un homme, avant tout, citoyen.
L’époque ne reflète plus les mêmes attentes : désormais l’épanouissement personnel importe plus que le destin collectif. Cela se traduit par un déclin de la vie associative, de l’attirance vers des spiritualités unificatrices, des engagements politiques ou syndicaux. « Les lendemains qui chantent » ne déclenchent plus guère d’enthousiasme !
Mais dans le fond, est-ce un mal ? Qu’attendre d’un collectif, souvent factice et réducteur, permettant de se dissimuler dans des discours d’une éthique qui sent le toc et de la recommandation d’une philosophie pseudo-humaniste qui dissimule à peine le fonds de commerce de ceux qui en profitent. Las de cette théâtralité qui sent la pièce de patronage, le sujet désire se tourner vers une dimension authentique qui peut lui faire découvrir ce qui l’intéresse le plus : lui-même ! C’est là où se situe la rencontre possible entre le « cherchant » et la Franc-Maçonnerie. Immédiatement, deux éléments vont se trouver en confrontations : la place de celui qui transmet et celle de ce que nous pourrions appeler la conversion.
I- LE VRAI MAÎTRE EST CELUI QUI TE DELIVRE DE TOI-MÊME ET…DE LUI-MÊME !
La Franc-Maçonnerie est apophatique, elle est comme disent les hindouistes « netti-netti », « ni ceci, ni cela » : elle n’est ni un catéchisme, ni une religion de remplacement, ni la « Vérité », ni un vague club politique ou ni un club d’affairistes. Elle pourrait se définir comme l’unité qui serait composée par une diversité qui, ne renonçant pas à ses différences, les cultivent pour les mettre au service de l’ensemble. L’envers de la démarche idéologique. Cela pose d’emblée la question de la fonction de l’Institution dans son rôle de transmettre et surtout du rôle de ceux qui en sont chargés.
Dans chaque culture s’est toujours posé la question de la justification de la transmission et d’un savoir éventuel. Ainsi, en Chine, Lao Tseu, le grand penseur taoïste écrit (1) :
« C’est pourquoi le sage adopte La tactique du non-agir Et pratique l’enseignement sans parole Tous les êtres du monde surgissent Sans qu’il en soit l’auteur Il produit sans s’approprier Il agit sans rien attendre Son œuvre accomplie il ne s’y attache pas Puisqu’il ne s’y attache pas Son œuvre ne passera pas ».
La littérature et la philosophie occidentales ne sont pas en reste. Par exemple, Pascal Quignard débute l’un de ses ouvrages par cette phrase (2) : « J’aurai passé ma vie à chercher des mots qui me faisaient défaut » et, le philosophe Ludwig Wittgenstein, enseignant lui-même, attire notre attention sur la prétention du savoir. Il écrit, dans son célèbre « Tractatus logico philosophicus » : « Ce dont on ne peut parler il faut le taire ».
II-QU’AURAIS-JE A T’APPRENDRE ALORS QUE TU SAIS TOUT !
La Franc-Maçonnerie est avant tout une maïeutique, une accoucheuse de personnalités Dans ce sens elle est socratique et pointe, au-delà des différences, à donner naissance à des richesses intérieures cachées grâce à la tolérance, au libre-arbitre, à une parole, à des traditions, et à des rituels non contraignants qui ne ressemblent en rien à un catéchisme mais à une sorte de musicalité dans laquelle on peut jouer de son instrument personnel pour participer à une harmonie commune. La diversité dans l’unité, mais plus encore prendre conscience qu’il ne peut y avoir d’unité sans prendre soin des de conserver jalousement la diversité ! Transmettre, c’est interpréter une œuvre commune avec des instruments différents. Dans le « Ménon » le bon vieux Socrate (dont la mère était sage-femme !), démontre qu’un esclave illettré peut résoudre par lui-même un très complexe problème géométrique montrant ainsi que la vérité des choses est en nous et non à l’extérieur.
Le Maçon est dans la dynamique permanente d’une conversion au sens hébraïque du terme « Techouva » qui signifie « retour sur soi », « introspection ». Pas question de suivre quelqu’un ou quelque chose qui n’est pas moi. Le monde extérieur, l’interpellation de l’autre, n’étant qu’une invitation au voyage intérieur. « Je me voyage » La plus belle illustration étant Ulysse qui, las de ses aventures, n’aspire qu’à retrouver son monde intérieur. « Il n’y a pas d’Ithaque hors d’Ithaque » conclut Homère à l’Odyssée.
III-UN DROIT DE PASSAGE ? OUI : L’OUBLI !
Se pose bien entendu le but de la demande d’entrée en Maçonnerie : que vient chercher un profane qui frappe à la porte du temple ? Nous pourrions avancer l’idée que, dans un type de projection parentale, il quête un savoir. Mais, il s’aperçoit qu’à cette demande de savoir il répond lui-même au fil des travaux et relativise ainsi ceux de qui il espérait la révélation d’un pouvoir ésotérique qui le transformerait ! C’est de l’intérieur que le savoir se manifeste. Dès lors, le rôle du « gourou » supposé s’estompe : il n’est qu’un autre qui a modifié l’image négative, incomplète, que je me faisais de moi-même. Transmettre, c’est montrer à l’autre que nous sommes « inter pares ». Le prix de ce savoir est la solitude car celui qui ne croit plus ni au père ni au maître ne trouve plus refuge derrière une image protectrice, ce qui crée sa propre dignité. Le maître imaginaire disparaît, seul le frère subsiste, partageant avec nous la vacuité de l’être. Transmettre, c’est parler à l’autre de cette vacuité commune. Le « transmetteur » n’est qu’un passeur. Vers quoi ? Pour y répondre, laissons la parole au psychanalyste Otto Rank qui écrit (3) : « L’important, c’est que tout ce qui est créateur, quel que soit son genre de manifestation-même la névrose-est dû à cette aspiration personnelle de se libérer du code moral traditionnel et de puiser en lui-même son idéal éthique personnel qui, en plus des normes qu’il lui fixera, lui donnera l’assurance de pouvoir créer et d’être heureux. Ce processus de formation d’idéal personnel, qui commence par l’établissement de règles morales intimes, est une grandiose tentative pour transmuter la contrainte en liberté »
Celui qui transmet ne fait qu’éveiller l’autre à un destin commun à-travers ses propres mots enfin retrouvés. Il le délivre de l’angoisse de l’innommé. Puis, discrètement, avec ses mots à lui, il s’en retourne à une solitude qui est une liberté enfin acceptée, mais qu’il partage avec ses Frères en humanité.
(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)
Dans l’effervescence du Nouvel An, souvent aussi bruyante qu’enivrée, fusent, comme des milliers de feux de Bengale, des vœux joyeux et sincères, lancés d’un cœur léger à la face d’un destin mystérieux – et qui seront sans doute plus éphémères que les feux de détresse qui embrasent le monde. Mais voilà : sur la vitrine d’un nouveau millésime, nous nous plaisons à tracer des rêves mus par des désirs de paix et d’amour, qui nous tiennent ensemble. Et nous avons raison. L’espoir est un carburant indispensable. Sans quoi, non seulement le monde serait pire, mais nous ne saurions plus voir les beautés qui le traversent et s’y frayent leur chemin le plus souvent à bas bruit.
« Que la Joie soit dans les cœurs[1] ! » comme nous y enjoint certain rituel. La joie de vivre, d’aimer, de partager et de réaliser une œuvre que d’autres poursuivront à leur manière après nous, comme nous l’avons reprise de nos anciens et accommodée à nos envies et à nos moyens. C’est l’inlassable pari que nous relançons dans l’Histoire. Le XXe siècle eut ses heures sombres, dont les ombres, au demeurant, se prolongent dans les drames d’aujourd’hui. Nous avons aussi d’autres défis à affronter dans cette civilisation technologique proliférante[2] qui voit se dresser devant elle mille autres périls liés à son expansion destructrice.
Ce qu’à la Rédaction, nous vous souhaitons – comme à nous-mêmes, d’ailleurs –, c’est d’avoir tous la volonté et l’énergie de conduire des actions de bien-être et d’harmonie, tout autour de nous, sans céder aux multiples frénésies qui nous entourent, en renouant le plus profondément possible avec les principes de vie qui garantissent, outre un bonheur paisible, la saine et insatiable curiosité de l’Homme pour la compréhension des univers qui peu ou prou sont tous les siens… et sont solidaires (en bien comme en mal). Ce ne sont pas, pour autant, de vaines suppliques ignorantes des dangers. C’est aussi bien un appel à la lucidité qui n’est pas exempte des combats qui préservent et promeuvent des libertés réciproques. C’est un appel à une fraternité aussi exigeante que confiante, dont chacun sait bien qu’elle est mise à l’épreuve, tous les jours.
C’est ainsi que nos souhaits se faufilent jusqu’à vous, comme un murmure guidant nos pas.
[1] C’est bien volontiers que nous renvoyons à l’essai culturellement très ouvert de Jean-Pierre Thomas, Que la joie soit dans les cœurs, préf. Pierre Pelle Le Croisa, Montesson : Numérilivre – Éditions des Bords de Seine (coll. : Le franc-maçon dans le Temple), nov. 2020 (1ère éd. 2009), 132 p., 20 €. Où l’on trouve en exergue cette belle citation de Spinoza extraite d’Éthique III – De l’origine et de la nature des sentiments :
«La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection. Je dis passage, car la joie n’est pas la perfection elle-même. Si en effet, l’homme naissait avec la perfection à laquelle il parvient, il la posséderait sans sentiment de joie. »
Manière d’élever très hautement le débat et de placer le lecteur dans la perspective constructive et même constructrice de la joie, force de vie liée à l’accomplissement.
[2] Cet édito, comme aucun de mes écrits, ne doit rien à ChatGPT, même si l’inverse n’a rien d’impossible, de la façon la plus infinitésimale qui soit, bien entendu…
De notre confrère europe1.fr en collaboration avec BTLV
Qui sont les rois cachés ? Que racontent-ils de notre tradition primordiale, de ce “savoir qui vient des temps les plus anciens” ? Paul-Georges Sansonetti est diplômé de l’Ecole du Louvre et de l’Ecole Pratique des Hautes Études, il a été chargé de nombreuses conférences et il est titulaire d’un doctorat de lettres traitant de l’ésotérisme et des romans arthuriens. Il est l’invité de Bob Bellanca dans cet épisode du podcast « Mystères & Inexpliqués ».
« Mystères & Inexpliqués » est un podcast créé par BTLV, adapté et diffusé par Europe 1. Si vous aimez les histoires paranormales et les événements qui dépassent la rationalité, ou que vous êtes curieux de nouvelles découvertes, ce podcast est fait pour vous. Les propos tenus dans cet épisode n’engagent que la ou les personnes invitées.
Notre équipe éditoriale a utilisé un outil d’Intelligence artificielle pour accompagner la création de ce contenu écrit.
Crédits
Production : Europe 1 Studio
Visuel : Axelle Maurel avec Sidonie Mangin
Direction artistique : Xavier Jolly
Enregistrement Voix : Marc O. Grunfeld et Victor Naulleau