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Découvrir les francs-maçons de Bochum  

De notre confrère allemand bszonline.de – Par Moritz Putz

Si vous vous promenez la nuit dans la Yorckstrasse à Ehrenfeld (Allemagne), vous remarquerez peut-être une vieille villa de ville dans laquelle les lumières sont encore allumées jusqu’au petit matin. Quiconque ose jeter un regard curieux sur le panneau de la sonnette lira : « Loge aux trois boutons de rose ». Et peut-être remarquerez-vous aussi le compas et l’équerre imbriqués sur la porte : le signe des francs-maçons.  

Mais qui sont réellement ces francs-maçons et que font-ils ? 

De toute façon, ils ont déjà un site internet, donc un email suivra au secrétaire de la loge. Seriez-vous capable de venir ? Un certain temps passe, mais finalement une invitation suit. « N’y allez pas », prévient une amie sans savoir pourquoi. Alors j’y vais. Parce que je veux savoir ce qui est vrai dans les nombreux mythes qui entourent encore les francs-maçons. 

Un homme plus âgé ouvre la porte, un homme plus jeune se tient à l’arrière-plan, tous deux me saluent très amicalement. Axel et Maximilian sont deux des 63 membres de la Loge de Bochum. Dans la zone d’entrée, vous remarquerez immédiatement une grande vitrine avec des insignes, des lunettes et d’autres accessoires maçonniques. Mais hormis le carrelage en damier et la vitrine du couloir, les pièces font un peu penser à un club-house. Partout, vous verrez les boutons de roses, le logo du Bochum Lodge, fondé en 1785 et qui est donc non seulement la plus ancienne loge de la Ruhr, mais aussi la plus ancienne communauté de Bochum. Il y avait autrefois un box house beaucoup plus magnifique sur le Westring. « Mais le NSDAP l’a vidé et brûlé lors d’une journée mémorable », explique Axel. De nombreux mythes et fausses affirmations sur la franc-maçonnerie proviennent de cette période sombre. 

Les francs-maçons d’aujourd’hui – y compris ceux de Bochum – remontent aux tailleurs de pierre anglais chargés par le clergé de construire des églises. À un moment donné, le mouvement s’est étendu à l’Allemagne grâce aux vendeurs ambulants. « Nous utilisons encore aujourd’hui le symbolisme et le langage des constructeurs pour nos idées », explique Axel.  

Hier comme aujourd’hui, les francs-maçons se considèrent comme des associations d’hommes éthiques attachés aux idées des Lumières. « L’amour de l’humanité, la tolérance et la fraternité », explique Maximilien, sont les valeurs de la loge. Ensemble, les frères travaillent sur eux-mêmes, la « pierre brute » comme ils la décrivent. « Cela implique de réfléchir sur soi et d’éliminer les limites de l’imperfection. » Cela implique de suivre trois niveaux de formation, dont chacun dure environ un an : apprenti, compagnon et maître, tout comme les maçons. Pour moi, tout cela semble un peu démodé mais pour le moins inoffensif. Un peu comme un coaching de personnalité.  

«Nous offrons un cadre dans lequel les individus peuvent, s’ils le souhaitent, progresser dans des domaines qu’ils ne pourraient pas atteindre dans le monde ordinaire», explique Axel. La clé de ces « expériences maçonniques » – terme qui sera encore fréquemment utilisé – réside dans le travail mensuel du temple et ses rituels. Ces rituels sont la partie autour de laquelle la plupart des mythes sont nés et même si les deux prétendent initialement que rien n’est secret et que tout est ouvert, je dois persister à creuser jusqu’à ce que je puisse reconstituer grossièrement ce qui se passe lors des séances rituelles du temple : avec un costume portant chemises et cravates blanches, les hommes se réunissent une fois par mois dans le temple – une salle bleue au sous-sol de la loge qui rappelle un peu une salle d’audience.  

Un garde armé d’une épée se tient devant la porte lors des réunions et surveille les choses. « Il faut aussi apporter un peu d’histoire ancienne », plaisante Axel. Au cours de la séance suivante de 45 minutes, les mêmes textes sont lus à chaque fois, comme une conversation de questions-réponses, un peu ping-pong, un peu énigmatique, entre trois personnes : le « maître de la chaise », le premier et le deuxième. surveillant. « Je suis dans la maçonnerie depuis presque 30 ans, j’écoute ces textes depuis 30 ans. Je peux dire que j’entends encore des choses que je n’avais jamais entendues auparavant parce que la différence surgit en moi. Même si c’est toujours la même chose qui m’affecte de l’extérieur », explique Axel à propos des rituels. Au fil des échanges, ce qui a été dit est souligné à plusieurs reprises par des gestes rituels. Parfois, un marteau frappe la table, parfois une bougie est soufflée ou de la musique joue. « Il y a une sorte de dramaturgie. » D’ailleurs, le « frère musicien » est responsable de la musique et, bien qu’il possède également un piano, il n’utilise généralement qu’un boîtier Bluetooth. Au cours de leurs rituels, les frères vivent alors leurs expériences maçonniques. Ou non. «Certaines personnes s’endorment même», raconte Maximilien. Dans l’œuvre du temple, chacun est d’une certaine manière très proche de lui-même et en même temps dans la communauté ; le tout a quelque chose de méditatif. Les échanges sont interrompus par une courte conférence sur n’importe quel sujet. 

Ni l’un ni l’autre ne sont plus précis quant au contenu exact des rituels et à la formulation des textes. Au cours de la conversation, ils se ralentissent à plusieurs reprises lorsque l’autre en révèle un peu trop. « On trouve le texte dans toutes les bibliothèques universitaires », explique Max. Axel ajoute : « Si vous connaissiez le contenu des rituels, vous seriez déçu. Si vous vouliez devenir franc-maçon, je serais encore plus secret parce que je ne veux pas vous voler l’expérience de tout vivre pour la première fois. » Cela me semble logique, mais le tout reste encore un peu nébuleux jusqu’à ce que la fin. Et c’est probablement intentionnel : « Nous nous sommes rendus un peu intéressants, le cliquetis fait partie du métier », dit Axel en plaisantant à moitié.  

Mais les hommes de la Yorckstrasse ne se considèrent pas comme une société secrète. La plupart de leurs amis et connaissances savent qu’ils sont francs-maçons. Mais sortir avec un frère reste un tabou absolu. Une relique d’une époque où être franc-maçon était encore bien en danger. Et ils existent toujours, les poignées de main spéciales et les mots de code que les francs-maçons utilisent pour s’identifier. Parce que tout le monde ne porte pas une bague aussi frappante au doigt que Maximilien. Selon Axel, les francs-maçons se comportent toujours un peu bizarrement. « Si vous n’êtes pas sûr de votre interlocuteur, vous pouvez laisser tomber un ou deux mots clés et voir comment l’autre personne réagit. De cette façon, vous pourrez découvrir assez rapidement qui n’est qu’un charlatan et qui est un vrai franc-maçon. D’ailleurs, c’est aussi un jeu sympa. 

À certains endroits, tout cela ressemble vraiment à un jeu d’hommes adultes : mots de passe, gardes, symboles secrets… 

Mais pour eux deux, la franc-maçonnerie est bien plus que cela : après l’œuvre du temple, des discussions et des disputes animées sur une grande variété de sujets ont lieu au cours du dîner. « Amicaux et durs », dit Maximilien, « mais pas méchants ». Quand je leur demande plus tard si une telle « association d’hommes » aussi pure n’est pas tout à fait dépassée de nos jours, j’ai un avant-goût d’un tel argument : Axel est tout à fait d’accord avec moi et décrit l’interdiction d’admission des femmes, qui s’applique à la plupart des loges, comme des fous. « Nous ne pouvons pas nous embellir moralement avec toutes sortes de choses et ensuite échouer ici. » Maximilien, le plus jeune des deux, représente étonnamment la position soi-disant plus conservatrice ici et est en faveur de l’interdiction. Ensuite, il y a un va-et-vient entre les deux pendant un moment. Il est difficile de dire ce que pensent les autres frères de la loge de l’interdiction d’admettre des femmes, mais au moins la question semble être discutée.  

Politiquement et religieusement, la loge est fondamentalement ouverte à tous. Mais Axel ajoute : « Il ne serait pas impossible pour un membre convaincu de l’AfD d’entrer chez nous, mais ce serait probablement difficile, notamment parce que les valeurs fondamentales ne correspondent probablement pas aux nôtres. Mais on devient aussi franc-maçon pour travailler sur soi. C’est pour cela que nous regardons toujours la personne dans son ensemble et que nous décidons ensuite. » En fait, chaque nouveau candidat est examiné de très près par les frères. Ce processus de connaissance peut même prendre une année entière. « Nous allons aussi au domicile des gens et souhaitons connaître leur partenaire. »  

Une fois accepté, vous ne pouvez plus être exclu – à moins que vous ne payiez plus les cotisations. « Vous pouvez partir à tout moment. Certains le font pour des raisons familiales, d’autres sont offensés. Pour moi, un frère reste un frère pour la vie, car il ne peut plus défaire ce qu’il a commencé avec nous. » Les descendants ne manquent pas non plus. La loge compte environ cinq nouvelles admissions par an. Et à la fin, je serai moi aussi chaleureusement invité à l’une des soirées publiques. 

Cet après-midi, j’ai découvert un monde légèrement différent. Certaines choses dans ce monde sont étranges ou même drôles, certaines choses me semblent désuètes et d’autres me semblent moins sympathiques. Mais il y a une chose que les deux francs-maçons de Bochum avec qui j’ai parlé aujourd’hui ne sont absolument pas dangereux : ils sont dangereux.  

Et au final, moins mystérieux que prévus .

Côte d’Ivoire : Beugré Mambé, un membre actif chez les Frères de lumière

De notre confrère afriksoir.net – Par Elvire Ahonon

Robert Beugré Mambé, un membre actif chez les Frères de lumière en Côte d’Ivoire, à en croire Africa Intelligence. Le nouveau Chef du Gouvernement, chrétien fervent et prédicateur au sein de l’Église méthodiste unie de Côte d’Ivoire, est le fils d’un pasteur qui observe la tradition de réciter une bénédiction avant chaque repas.

Il garde toutefois des liens étroits avec la loge maçonnique du Grand Orient de Côte d’Ivoire, introduite dans le pays dans les années 1930. En parallèle de son engagement religieux, Robert Beugré Mambé est également un membre actif du Grand Orient de Côte d’Ivoire, une loge maçonnique introduite dans le pays dans les années 1930 par les colons français. C’est un membre actif chez les Frères de lumière.

Cette loge a la particularité d’être animée par des membres des grandes familles ivoiriennes, à l’instar d’Ernest Boka (ancien ministre), Charles Bauza Donwahi (ancien président de l’Assemblée nationale sous Henri Konan Bédié) et Amadou Thiam (ministre de l’Information de Félix Houphouët-Boigny, et père du banquier Tidjane Thiam).

Le lundi 16 octobre 2023, dans son adresse qui a suivi les premiers instants de sa nomination, Beugré Mambé a prononcé une phrase jugée profonde, dont le sens fut interprété sous divers angles dans l’opinion. « Je tiens tout d’abord à rendre gloire au Seigneur, le miséricordieux, créateur des choses visibles et invisibles », elle a été la première phrase prononcée lors de sa première sortie en tant que Premier ministre, après sa nomination par Alassane Ouattara.

Notons que la Grande Loge Unie de Côte d’Ivoire se classe dans le giron du Grand Orient de France (GODF) et de la Grande loge de France (GLDF). Selon le quotidien d’informations Africa Intelligence, le Grand Orient de Côte d’Ivoire compte actuellement plus de 300 membres, bien que ce chiffre soit six fois inférieur aux 2 000 membres de la Grande Loge de Côte d’Ivoire (GLCI), qui a vu le jour en 1975 à la suite d’une scission au sein du Grand Orient.

Rappelons qu’en son temps, un grand nombre de personnalités, à commencer par le défunt Premier ministre Hamed Bakayoko, alors patron de la GLCI, avaient été cités comme appartenant à la franc-maçonnerie de la Côte d’Ivoire. A cette époque, Robert Beugré Mambé n’avait pas démenti cette information.

Voyages dans la symbolique maçonnique en loge bleue

« Un long cheminement », tel est le titre de la préface de l’ouvrage de Jean-Claude Sitbon*. Rien que cela caractérise une progression ou un développement qui se déroule sur une période étendue… en référence à un parcours personnel, professionnel, spirituel et intellectuel impliquant patience, persévérance et engagement continu.

Philippe Meiffren.

De belles vertus maçonniques ! Nous la devons à la plume de Philippe Meiffren, Passé Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO),une obédience fondée en 1958 et issue d’une dissidence de la Grande Loge Nationale Française (GLNF).

Lors de son mandat, il avait mis l’accent sur l’importance de la communication et de l’ouverture aux jeunes, pour préserver et enrichir l’avenir de l’obédience​. Pour lui, l’engagement maçonnique est un chemin vers la réalisation de soi et la connaissance personnelle, un aspect fondamental de la pratique maçonnique​. Sa préface donne un aperçu du contenu de l’ouvrage de Jean-Claude Sitbon et explique ses intentions.

Jean-Claude Sitbon invite le lecteur à embarquer pour, non pas un voyage, mais des voyages, symboliques qui plus est. Quatorze au total ! Et en loges bleue, rien que cela.

Mais qu’est-ce qu’un voyage maçonnique et symbolique ?

C’est justement l’objet du premier chapitre « Symbolisme et franc-maçonnerie » où l’auteur nous donne une interprétation plurielle du symbole maçonnique qui, il est vrai, offre du sens mais illustre aussi la dualité de la nature.

Illustration FreemasonCollection.com.

Après tout, le voyage maçonnique n’est-il pas comme d’un parcours initiatique, où chaque étape représente un degré de compréhension ou de connaissance ? C’est bien un cheminement personnel et spirituel qui reflète le travail sur soi-même et l’aspiration à la sagesse. Cheminement jalonné de différentes cérémonies et rituels, soulignant la richesse symbolique de l’apprentissage.

Et le symbolisme en franc maçonnerie est un élément fondamental de cette tradition initiatique. Chaque symbole utilisé en maçonnerie est chargé de significations multiples, souvent superposées et entrelacées, qui véhiculent des enseignements moraux et philosophiques. Ces symboles peuvent inclure des outils de maçons opératifs (comme l’équerre, le compas, le niveau, ou le maillet dont l’auteur, fort à propos, consacre un chapitre entier au « Symbolisme du maillet en loge d’Apprenti ».

Jean-Claude Sitbon nous propose un recueil des textes d’une partie des nombreuses conférences maçonniques qu’il a données par l’auteur. Quatorze sujets sont donc traités.

Dont celui, thème de son deuxième chapitre des « Heures symboliques de midi et de minuit ». Et de son interprétation plurielle. Des heures symboliques de midi et de minuit ont une signification particulière. Midi est l’heure où le soleil est à son zénith, symbolisant la lumière, la connaissance et l’illumination. C’est une heure de plein travail maçonnique, où les francs-maçons sont censés être actifs dans leur recherche de la vérité et dans leur travail personnel d’amélioration. Minuit est, quant à elle, l’heure de l’obscurité, représentant l’ignorance, l’inconscience et tout ce qui est encore caché ou inconnu. C’est un moment pour réfléchir sur soi-même et sur les mystères non résolus de la vie et de l’univers. Ces deux heures symbolisant le cycle constant de la vie, la dualité entre lumière et obscurité, et le chemin continu de l’homme vers la sagesse.

L’auteur donne son approche de « L’idée plurielle de Grand Architecte de l’Univers dans la franc-maçonnerie d’aujourd’hui ». cette idée du Grand Architecte de l’Univers (GADLU) représente une conception plurielle de la divinité. Cette expression est utilisée pour permettre aux membres de différentes croyances de se réunir sous une appellation commune de la puissance créatrice suprême. Au Rite Écossais Rectifié , où l’on prête serment à la sainte religion chrétienne, le GADLU, qui est Dieu, est aussi associé à la quête de la vérité et de la sagesse. Les maçons sont encouragés à chercher à comprendre les lois de la nature et l’ordre de l’univers comme un chemin vers la connaissance de la divinité. L’auteur nous explique les deux grands courants : déiste, position philosophique et théologique qui soutient la croyance en l’existence d’un être suprême, d’un créateur de l’univers, sur la base de la raison et de l’observation du monde naturel, sans référence à des révélations religieuses spécifiques ou à des textes sacrés, et théiste où Dieu est un être personnel vu comme aimant, attentif et impliqué dans la vie quotidienne des fidèles. Ce Dieu des francs-maçons chrétiens est perçu comme étant trinitaire, c’est-à-dire un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils (Jésus-Christ), et le Saint-Esprit.

Tapis de loge au 1er grade.

De la mort initiatique nous retenons qu’elle représente la fin d’une ancienne manière de vivre et la naissance d’une nouvelle. C’est une métaphore de la transformation personnelle, où l’initié meurt en tant que profane — quelqu’un qui n’est pas initié aux mystères maçonniques — et renaît en tant que franc-maçon, avec une nouvelle compréhension et perspective sur la vie. Ce qu’explique Jean-Claude Sitbon à travers « La peur de la mort » et « La philosophie maçonnique de la mort ».

Jean-Claude Sitbon décrit la symbolique maçonnique en loge bleue, qui correspond aux trois premiers degrés de la franc-maçonnerie. Il ne traite pas du 4e grade de Maître Écossais de Saint André (MESA) mais nous parle des lumières, du vrai Désir ou du désir du Vrai, du signe d’ordre, de l’Hiram biblique, de Phaleg.

Sem

Que dire de l’énigmatique Phaleg ? Un nom faisant référence à une figure biblique mentionnée dans la Genèse, et son utilisation dans le rite peut être vue comme une allusion à des thèmes de division et de transition, conformément à son histoire biblique où Phaleg est associé à l’époque de la dispersion des peuples et des langues. Au RER, Phaleg est à la fois le nom et le mot de reconnaissance de l’ apprenti. L’auteur l’étudie sous l’angle de la lignée séthienne, de la descendance de Sem, signifiant « nom, renommée, prospérité », personnage de la Genèse, et un des trois fils de Noé, de celle du fils d’Héber et en tant qu’élu.

Il nous éclaire aussi sur la colonne brisée au RER, emblème de l’homme dégradé. Un symbolisme qui invite à la réflexion sur la fragilité humaine et à la grande importance de la reconstruction intérieure.

Le livre offre un regard sur le Rite Écossais Rectifié (RER), un rite peu ou mal connu, car nombreux parmi les frères le décrivent comme christique, un terme dérivé de Christ, qui lui-même vient du grec ancien Christós, signifiant l’oint. L’adjectif « christique » se rapporte donc à ce qui est relatif au Christ, ou qui évoque l’image, les enseignements, ou la qualité de Jésus-Christ tel que reconnu dans la tradition chrétienne. Christique appartient plutôt au vocabulaire développé dans les cercles théologiques, mystiques et ésotériques, probablement à partir du XIXe siècle. Rien de tel dans le rituel d’apprenti où, toutefois, le mot religion apparaît avec 25 occurrences.

Le RER, le premier rite écrit par des français au XVIIIe siècle, a été développé et formalisé lors du Convent de Gaules, qui s’est tenu à Lyon en 1778, et fut ensuite consolidé au Convent de Wilhelmsbad en 1782. Le terme rectifié indiquant une réforme ou une rectification de pratiques maçonniques antérieures… Un très beau rite !

*Jean-Claude Sitbon est auteur et conférencier, spécialiste de l’étude de la symbolique des textes des rituels des rites maçonniques, et plus spécialement ceux du Rite Écossais Rectifié, rite qu’il pratique dans une Loge à Marseille de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), et ce, depuis plus de trente années.

Il dispose d’un site web contenant aujourd’hui près de 150 articles à caractère maçonnique dont il est l’auteur. Depuis 2015, Jean-Claude Sitbon a donné plus d’une centaine de conférences maçonniques partout en France, en Europe (Belgique, Suisse) et plus récemment en Afrique (Côte d’Ivoire).

Il a écrit plusieurs articles pour des revues consacrées à la franc-maçonnerie et il fait partie des membres fondateurs de la Loge de Recherches de la GLTSO « Héritage » n° 2 créée à Paris en 2019. Il réalise ses travaux en faisant souvent appel à l’exégèse biblique et à la « science des symboles ».

Sa bibliographie

Hiram – Exégèses bibliques et maçonniques du mythe fondateur de la Franc-Maçonnerie, Éd. de la Tarente, 2014, rééd. 2018.

L’ouvrage fait largement appel à l’exégèse des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, distinguant l’Hiram biblique et l’Hiram maçonnique Tout ceci rappelle, si besoin était, la profonde parenté qui unit les rites maçonniques et leurs légendes aux écrits bibliques.

L’aventure du Rite Ecossais Rectifiée – Tome I – Approche historique, Éd. de la Tarente, 2013, rééd. 2015, éd. corrigée en 2017.

Le Tome I, intitulé Approche historique suivie de l’étude de deux correspondances et d’un discours de Jean-Baptiste Willermoz, présente un panorama complet de l’histoire de ce rite et commente plusieurs manuscrits significatifs de la pensée et de la doctrine de Jean-Baptiste Willermoz, principal

L’aventure du Rite Ecossais Rectifiée – Tome II – De Tubalcaïn à Phaleg, Éd. de la Tarente, 2013, rééd. 2015.

Le Tome II, De Tubalcaïn à Phaleg, se focalise sur un évènement qui fit grand bruit au sein de la Maçonnerie de l’époque : la substitution emblématique, en 1785, de Tubalcaïn par Phaleg en tant que patron du grade d’Apprenti du Rite Écossais Rectifié. Cette spécificité importante de ce rite donne l’occasion à l’auteur de percer le mystère de ces deux personnages bibliques au travers des textes traditionnels.

Voyages dans la symbolique maçonnique en loge bleue

Jean-Claude SitbonLes Éditions de La Tarente, Coll. fragments maçonniques, 2023, 240 pages, 25 €/Disponible chez l’éditeur ou au Troubadour du Livre.

Le Dessin de… Jissey « Mixité Science Fiction »

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Très bel article de Yonnel Ghernaouti sur une Marianne toute maçonnique qui arrive à l’Orient de Lisbonne. Allumage des feux en juin 2024. Projet maçonnique mixte…. mais la future loge ne sera pas mixte car la Constitution du Grand Orient Lusitanien ne le permet pas.

Une actualité qui a fait sourire quelques soeurs et permis à Jissey d’en croquer une nouvelle histoire de dinosaures !

(Diaporama) « Senghor et les Arts-Réinventer l’universel »

Senghor, le diaporama… Chose promise, chose due. Nous vous le disions lundi 6 courant dans notre article « Senghor et les Arts-Réinventer l’universel » au musée du quai Branly – Jacques Chirac ». Le voici. Et ce n’était donc pas une promesse de Gascon – le Gascon est réputé pour sa vantardise et sa tendance à faire des promesses exagérées ou des fanfaronnades qu’il ne peut tenir – mais bel et bien un promesse de maçon, puisque nous nous sommes, un jour, engagés en entrant dans un ordre initiatique.

De plus, 450.fm a à cœur de mettre en avant les valeurs maçonniques, comme la fraternité et la bienfaisance. Le partage, l’échange, et la transmission étant, pour nous aussi, des valeurs essentielles dans la franc-maçonnerie.

Pour nous, le partage fait référence à la générosité des membres envers les autres, partageant non seulement des ressources matérielles mais aussi des connaissances et des expériences.

Pour nous, l’échange souligne l’importance du dialogue et de la discussion ouverte entre les frères et les sœurs, permettant une diversité de perspectives et une croissance intellectuelle.

Pour nous, la transmission est la pratique de passer le savoir, les connaissances, les traditions de toutes cultures, peuples ou civilisations. Et de les mettre à la portée de toutes et tous !

Des valeurs qui contribuent à l’amélioration morale et spirituelle de l’être humain…

À notre niveau, nous essayons d’encourager l’amour de la culture et de l’histoire.

En utilisant un diaporama, nous souhaitons toucher le plus grand nombre de tous les frères et sœurs, en métropole et outre-mer, qui ne peuvent venir à Paris et profiter de toutes les manifestations culturelles.

À moins que nous nous soyons trompés – ce qui est encore du domaine du possible – le franc-maçon ne doit-il pas progresser sur le chemin maçonnique et pour cela se cultiver et s’instruire (sauf s’il est atteint de cordonnite aiguë). Culture et instruction ne sont-elles pas considérées comme des outils essentiels pour le développement personnel et l’amélioration de soi (réflexion morale et éthique, contribution à un éveil personnel, transmission de valeurs, solidarité fraternelle, etc.).

Mais revenons à notre diaporama…

Vous y découvrirez Léopold Sédar Senghor (1906-2001) figure emblématique du mouvement de la Négritude, un courant littéraire et idéologique né dans les années 1930, principalement parmi les intellectuels africains et afro-caribéens vivant en France.

La Négritude était une réponse à l’expérience coloniale et au racisme que les Noirs africains et de la diaspora subissaient. Ce mouvement visait à rejeter les sentiments d’infériorité inculqués par la domination coloniale et à promouvoir une fierté dans l’héritage africain et noir. Les adeptes de la Négritude cherchaient à réaffirmer l’identité africaine et à revendiquer la dignité culturelle, historique et raciale des peuples noirs. Et elle a eu un impact significatif sur la littérature africaine et sur les mouvements de décolonisation à travers le continent africain. Elle a également influencé d’autres mouvements culturels et politiques qui luttaient pour la reconnaissance et la valorisation des cultures et peuples noirs à travers le monde.

Vous découvrirez aussi L’Étudiant noir, cette revue créée par des étudiants africains et antillais en France, parmi lesquels figuraient Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, qui était un lieu d’expression et de réflexion pour ces jeunes intellectuels noirs.

Mais aussi la magnifique toile d’Alfred Manessier (1911-1993), peintre non-figuratif, rendant hommage à Martin Luther King avec une œuvre créée en 1968, l’année de l’assassinat du leader des droits civiques. Son travail – vitraux abstraits, tapisseries et peintures – est souvent associé à un renouveau de l’art sacré, car il a exploré des thèmes spirituels et religieux à travers un langage visuel moderne et abstrait.  

Plus que quelques jours, l’expo se terminant le 19 prochain. Alors, préparez-vous à être captivé par un kaléidoscope de découvertes ! Bon visionnage !

Merci encore à FDFMD1717 pour le montage. Photos © Yonnel Ghernaouti, YG.

Patience et franc-maçonnerie : Les ouvriers d’Hiram Abiff

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Saint Augustin disait que « la patience est la compagne de la sagesse ». C’est une question très critique à ce niveau, car elle implique plusieurs facteurs qui affectent le comportement des êtres humains, et le plus important d’entre eux est « l’égoïsme », pas « l’ego », ce n’est pas mal, c’est celui qui donne nous Cela nous pousse à nous développer et à progresser intellectuellement, matériellement et même à ouvrir la conscience. Le mal est son dérivé : « l’égoïsme », qui augmente l’impatience. 

En parcourant le livre du Dalaï Lama, Le pouvoir de la patience , nous pouvons trouver de nombreux exemples pour l’équilibrer. Je ne dis pas de l’éliminer, nous, les francs-maçons, ne tuons ni n’éliminons, nous, les francs-maçons, « équilibrons ». Rien sur ce plan n’est éliminé, c’est équilibré. Le mot patience dérive du latin « patiens » .« , c’est-à-dire : celui qui souffre. Cela signifie souffrance : celle de l’attente et celle de l’espérance. Nous vivons dans un monde très mouvementé. Nous avons besoin que les choses aient leurs questions et leurs réponses immédiates avec leurs résultats. Attendre est pénible, c’est ce qu’on appelle « impatient ». J’ai lu une demande d’emploi de personnes présentant la caractéristique suivante : il nous faut une personne pour travailler, et travailler « sous pression ». 

C’est un exemple caractéristique de la société et de l’époque dans laquelle nous vivons. Pour ceux qui lisent la Bible, la vie du maître Jésus est un exemple de « Patience », exemple : la nuit à Gethsémani : « Mon Père, si c’est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ; mais non pas comme je veux, mais comme vous voulez » (Matthieu 26 : 39). Alors qu’il était cloué sur la croix au Calvaire, le Christ a continué à donner son parfait exemple de patience en prononçant ces paroles singulières : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 : 34). L’être humain impatient et naturel nous entoure. La patience pourrait être considérée comme une vertu qui fait naître les autres et qui contribue au progrès et à la force de vertus telles que le pardon, la tolérance et la foi. La patience est protectrice, elle permet de traverser des situations adverses sans s’effondrer, la patience n’est pas apathie ou résignation.

Ce n’est pas un manque d’engagement, car ce n’est pas statique. L’impatient considère que l’objectif est le but, puisque la réalité dit le contraire, l’objectif est le début. La patience, pratiquée avec le cœur, ne se laisse frustrer par aucune éventualité, il y a toujours une porte à ouvrir. L’un des objectifs de la franc-maçonnerie est de creuser des puits pour les passions basses et des cellules pour les vices. La patience est la force, car celui qui a su équilibrer ses passions est patient. Sans patience, le franc-maçon n’ouvre pas la conscience, il ne fait que recevoir des informations et devient un magicien noir. La patience nous guide sur le chemin du pardon, de la tolérance et de la foi. 

La franc-maçonnerie forme les êtres humains de manière à ce qu’ils soient « libérés » du fanatisme, du dogmatisme, de l’hypocrisie et de l’ambition excessive. La patience ne signifie pas faiblesse ou impuissance, mais plutôt la force du « Libre » qui transforme les moments difficiles en « vertu » et le difficile en possible. La patience équilibre l’espace et le temps. C’est la vie éthique de l’être humain et de la liberté. Sans patience, il semble que l’esprit ne sera pas capable de faire ce qu’il doit faire. Pour Kierkegaard (Aabye Kierkegaard, philosophe et théologien danois, considéré comme le père de l’existentialisme),

« la clé de la patience est dans le courage, dans la liberté et donc dans la volonté sans volontarisme ». 

L’impatience est ce qui empêche les êtres humains de vivre comme ils le devraient et la patience est une alliée dans leur tâche éthique. Savoir attendre quand on veut quelque chose, faire quelque chose lentement pour améliorer ce que l’on fait, c’est de la patience. C’est la maîtrise de soi.

Pour pratiquer la patience, vous devez pratiquer le détachement. La patience vient du mot « paix » et « science », la capacité de souffrir, d’endurer quelque chose sans s’énerver. L’impatience ne nous laisse pas penser au présent, nous nous laissons seulement emporter par le futur. C’est caractéristique d’une personne mûre. Se connaître est un acte de patience. Saint Augustin et saint Thomas considèrent la « patience » comme une vertu morale. La patience des justes « donne la force de tout supporter avec force » (Saint Augustin – 457). Sans patience, on ne pourrait supporter les maux sans sombrer dans la tristesse. La patience fait partie de ce par quoi les êtres humains découvrent la tâche de devenir ce qu’ils sont. Les ennemis de la patience : Angoisse et Désespoir. Depuis que nous sommes entrés dans cet avion, nous sommes protégés par la patience, pour pouvoir atteindre les objectifs proposés. L’impatience est l’absence de « paix » et de « science » et est liée à : l’angoisse, l’anxiété, l’intolérance, la colère, l’intransigeance, la tension et la colère. Une grande lecture du livre de la Bible est le livre de « Job », un monument spirituel à la patience. La patience nous permet de vivre dans le temps sans le maltraiter, le perdre ou le briser. Cela nous apprend à savoir attendre et c’est l’une des plus grandes réussites de l’être humain. 

Perdre patience signifie que nous ne savons pas comment vivre avec le temps des autres ni avec le nôtre. La patience est fondamentale pour nos objectifs et nos buts. La patience et le silence sont les vertus des êtres humains sages. Le silence est un signe de respect et de patience : on s’écoute et on se parle. Confucius a dit : « Celui qui ne fait pas preuve de patience et de prudence face aux petits problèmes de la vie, lorsque des difficultés surgissent, se sentira bloqué, incapable de réagir. La patience est une vertu que tout le monde ne connaît pas ou ne peut pas gérer. 

La parole et l’écoute : « de la psychanalyse à la Franc-Maçonnerie »

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La psychanalyse (investigation des processus psychiques profonds) n’existerait peut-être pas si Sigmund FREUD n’avait pas été un amoureux précoce des mots, de sa langue, du langage et de la littérature, et par là même un amoureux de l’écriture et des « signes imprimés ».

« L’aventure psychanalytique » commence, à son insu, dès qu’enfant puis adolescent, il lit les grands auteurs et traduit « les 33 vers de Sophocle » à l’occasion de son baccalauréat (vers qui décrivent la légende d’Œdipe, qui deviendra l’un des piliers de son œuvre).

 L’amour des mots

Pour lui, les mots des autres, ce sont donc d’abord de « l’écriture entendue ». Elle deviendra ensuite « écoutée ». Parce que « ça parle », au fil même de la lecture. Elle fait intervenir tous les sens : la vue, le toucher (du papier), l’olfaction (l’odeur de l’encre), l’ouïe (l’écriture est une voix), le goût (l’écriture peut se « déguster » comme un bonbon de l’esprit !).

Son écriture quasi-calligraphiée, montre son respect du signe, son goût pour l’enchaînement de ces signes et son esthétisme en matière graphique. Sans doute, aurait-il pu être un excellent dessinateur ou peintre.

Sigmund FREUD comprend précocement que ces signes (l’écriture, que l’on doit aux Sumériens) traduisent non seulement la pensée mais contiennent différents sens. C’est en lisant passionnément les auteurs qu’il comprend la richesse de l’écriture. Ce « parler écrit » contient donc des sons, des images, des scènes, des idées, des pensées, des sous-entendus, des demandes, des non-dits aussi. Il constate que l’écriture, qui devient parole à l’oreille du lecteur, contient la personnalité et surtout le désir de l’auteur.

De toute évidence, il avait cette particularité de « voir » écrit (défiler devant ses yeux) les mots prononcés par lui et les autres, ce qui donnait une dimension particulière à son écoute (tels les films sous-titrés). C’est cet amour du mot, du mot juste surtout, qui lui a permis de s’aventurer sur la route du rêve et de découvrir « la clé des songes ». Il fut le premier à comprendre que le rêve est articulé comme un rébus. Pour le décoder, il faut remplacer chaque image par une syllabe ou un mot (ce qui donne une phrase ensuite) et non l’interpréter comme un dessin, ce qu’avaient fait ses prédécesseurs, sans résultat, de ce fait.

 La parole analytique

C’est donc par le langage (et ses multiples formes, hors de l’écrit et de la parole) que « l’on peut entrer dans la vie de l’autre ». Sans attention particulière, on entend l’autre. Avec attention, avec le désir de « vivre sa vie », on écoute l’autre. Ainsi le psychanalyste, par « intérêt », vit plusieurs vies, à longueur de journée. Celui qui dépasse sa simple curiosité et qui aime ses patients, les entend donc mieux. C’était le cas de Sigmund FREUD. Ses analyses ratées ont souvent concerné des patientes, ou patients, qu’il ne parvenait pas à aimer. L’amour, l’amitié, restent une mystérieuse alchimie !

C’est parce qu’il a perçu, par l’écoute, « le manque » des hystériques que Sigmund FREUD a pu différencier cette névrose de l’épilepsie. Ce manque, ce « trou psychique », provient entre autres, du fait que l’homme est un être contradictoire qui veut « être adulte quand il est enfant, et enfant quand il est adulte« . Il a compris qu’il fallait renvoyer ses patients à leur enfance, à leur vécu du passé, pour obtenir la « mise en mots » de leurs anciennes émotions, et entendre puis écouter leur désir en instance, non réalisé, que ce désir se présente sous forme d’amour ou d’hostilité envers d’autres personnes.

La nature de ce désir est ensuite restituée à l’émetteur-analysant par la parole du récepteur-analyste. Le manque verbalisé, le trou, va devenir ensuite un « espace de liberté » , et la souffrance, c’est-à-dire le manque, se transforme en plénitude. Le trou est comblé.

Cette parole libératrice passe par l’organe vocal, ou par le corps sous forme de symptômes, tel un filet d’eau qui ruisselle. « Ça » (l’inconscient) coule de source, en quelque sorte. La parole analytique, c’est à la fois du « Ça » précité et du « Surmoi » (la censure) qui s’évacuent et du « Moi » (l’individualité) qui s’exprime. Un « Moi » qui doit se frayer un passage entre le « Ça » et le « Surmoi » pour exister et prendre de l’amplitude.

 Entendre et écouter

Deux hommes dans la dispute
Deux hommes dans la dispute

Toute parole demande une écoute, elle existe pour être écoutée (de soi et des autres).

L’écoute est d’abord une attitude. Pour être réceptif, il faut s’ouvrir, être disponible pour écouter, c’est-à-dire avoir volonté, patience, curiosité, altruisme, pour recevoir la parole prononcée.

Entendre est difficile : ce n’est pas pour rien que l’oreille est équipée d’un labyrinthe qui filtre les sons. Écouter est encore plus difficile, car l’écoutant doit « neutraliser » ses propres parasites internes (ses soucis, ses préjugés, son stress, etc.) et « maîtriser » le milieu dans lequel s’exerce l’écoute (ambiance environnante). L’écoute n’est pas naturelle en soi, puisqu’en premier lieu, elle met l’écoutant sur la défensive, alors qu’il doit s’ouvrir.

Comment comprendre la parole de l’autre ? L’écoute demande d’être non-directive (donner la liberté d’expression à l’autre) et empathique (sans jugement). Il s’agit de se centrer sur ce que l’écouté vit, plutôt que sur ce qu’il dit. Le psychologue américain Carl Rogers a bien formalisé les règles de l’écoute : accueillir, percevoir (filtrer ce que l’autre dit), s’intéresser d’abord à la personne plus qu’au problème, respecter cet autre, faire le miroir (pas le buvard).

L’écoute est un art : il s’agit d’apprendre à s’écouter soi-même en premier lieu, puis à poser les questions (ouvertes ou fermées), à reformuler (vérifier que l’autre écoute aussi et reconnaît ce qu’il a dit), ne pas avoir peur des silences (le silence parle, il est riche). L’écoute est ainsi une responsabilité partagée. Chacun devient responsable de chacun. Elle demande que l’écoutant installe la confiance, montre son engagement dans l’acte d’écoute (comme dans l’acte de parole) et personnalise l’entretien. L’écoutant est présent uniquement pour l’écouté qui devient le centre de l’échange. Écouter, c’est aussi s’installer dans le cœur de l’autre. Mieux qu’un corps à corps verbal, « la parole-écoute », est un « accord à cœur ».

Les mots sont des fenêtres, il faut les ouvrir. Pour comprendre le sens que leur donne le locuteur. La parole est une musique : l’analyste doit entrer en harmonie avec la mélodie qui se joue à son oreille.

La bonne parole soulage, la bonne oreille guérit. Elle évite des prescriptions inconsidérées. Montrer que l’on écoute bien vaut une ordonnance (qui est en soi un ordre, un « commandement » à acheter un médicament !). La bonne écoute, perceptible par l’écoutant est une prescription de détente. Elle installe l’égalité entre les interlocuteurs.

Sigmund FREUD a parlé « d’attention flottante ». Il veut dire par ces mots que l’écoutant ne doit pas se bloquer dans une concentration crispée qui « rétrécit » l’écoute. Au contraire, en étant détendu (il y a une posture d’écoute, les mains posées sur les genoux, pas de bras ni jambes croisées) en laissant entrer le discours de l’autre, le labyrinthe de l’oreille retient le trop plein, et laisse passer les doubles sens, contre-sens et lapsus… si riches de sens. On peut dire que la parole et l’écoute en harmonie, constituent un contrat de « bonne intelligence ».

Apprécié avec l’outil psychanalytique, (qui s’utilise aussi hors du divan du psychanalyste) ce duo parole-écoute, instruit et enrichit les deux parties, auxquelles un effort de dépassement de soi est demandé.

 La parole échangée

Portrait de trois singes
singes, roux, échanges, jungle, nature, animaux, bois, végétation, nature, accrocher

 « La conversation est un jeu de sécateur où chacun taille la voix de son voisin aussitôt qu’elle pousse ! » observe avec humour Jules Renard, qui fréquentait les cercles littéraires.

 En loge maçonnique, où règne la politesse et l’ordre, ses membres ne prennent pas la parole, ils la demandent. Le principe de « triangulation » la codifie. Elle est d’abord sollicitée par le requérant au surveillant qui en informe le Vénérable Maître lequel donne son accord relayé audit requérant. L’attente du tour de parole impose un ralentissement de l’expression orale : il évite la spontanéité et permet ainsi un temps de « mise en bouche » préalable de sa pensée au locuteur en cause. Le rituel, par cette « manœuvre retardatrice » tend à écarter en séance l’éventuel « parler pour ne rien dire ».

 A méditer : Les opinions jaillissent, les idées mûrissent.

 A constater : le sage pense beaucoup et parle peu.

 La loge doit être, dans l’idéal, un lieu d’échanges d’idées précisément constructives. Les frères, les sœurs – des néophytes aux « vétérans » – la fréquentent pour communiquer, avec eux-mêmes et les autres. Cette communication fonctionne d’autant mieux que la loge est aussi « communicante ». Autrement dit – autant sur la forme que sur le fond – elle doit prendre soin, par ce qui s’y exprime « sans passion » et de manière réfléchie, d’empêcher la formation de clans, castes et autres sous-groupes, nuisibles à son unité. D’où l’intérêt de la présence et l’utilisation des filtres précités dans la gamme de ses outils symboliques. La triangulation en est précisément un.

 Lorsque la parole circule en loge, ce n’est pas, son tour venu, vouloir imposer une idée. C’est comprendre, exprimer la sienne assertivement certes, mais en respectant celles des autres. Lorsque plusieurs peintres posent leur chevalet autour d’un modèle, ils voient et reproduisent tous le même, mais sous un angle différent. A chacun son « point de vue » !

 « Qui y a-t-il de plus brillant que l’or ? La lumière. Qu’y a -t-il de plus éclatant que la lumière ? La parole échangée »

(JOHAN WOLFGANG GOETHE)

Du Figurisme à l’Illuminisme : le Traité de la Réintégration des êtres de Martinès de Pasqually (? – 1774)-La théosophie des Élus Coëns

Titulaire du Diplôme de l’École Pratique des Hautes Études* (EPHE), section des Sciences religieuses,  mention très bien, pour la soutenance en 2022 devant un jury de sa recherche sur le très complexe Traité de la Réintégration des êtres de Martinès de Pasqually, Gérard Gendet nous offre l’immense bonheur de la rendre accessible à un large public érudit.

L’occasion aussi pour nous de remercier les Éditions de La Tarente connues pour leur spécialisation dans l’édition d’ouvrages sur la franc-maçonnerie, l’alchimie, le symbolisme, l’ésotérisme et l’histoire​ mais aussi et surtout de prendre le risque éditorial de publier des thèses universitaires telles celles de Loïc Montanella – prix 2016 de l’Institut d’études et de recherches maçonniques (IDERM), Jacques Rondat ou encore Francis Delon.

Que nos amis de la Tarente soient, ici et maintenant, largement remerciés. Rappelons que La Tarente vient de fêter, très récemment ses 25 ans, à Marseille. Remarquable et riche évènement dont nous nous sommes fait l’écho.

Gérard Gendet.

Revenons sur le parcours tant profane que maçonnique de Gérard Gendet. Ingénieur diplômé d’une grande école, après une carrière dans l’informatique chez International Business Machines Corporation (IBM), et après avoir fondé sa propre entreprise d’informatique, il suit différents séminaires de l’EPHE, section des Sciences Religieuses. Sur le plan maçonnique, Gérard Gendet est, depuis 1976, membre de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), appartenant au courant de la franc-maçonnerie dite traditionnelle et née d’une scission de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) en 1958. L’auteur est passé maître de la respectable loge « La France n° 7 », à l’orient de Levallois-Perret. Il est aussi contributeurs aux cahiers de la Collection Héritage Willermoz, une référence pour qui s’intéressent ou mieux encore, pratiquent, le Rite/Régime Écossais Rectifié (RER).

Croix de CBCS.

Au sein de l’Ordre Intérieur, il occupe la charge de visiteur provincial de la Province d’Auvergne (cf. le Code des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS), Art. III, Du visiteur général de la province).

Ce passionné d’histoire des courants ésotériques qu’est Gérard Gendet nous invite, dès l’introduction, à bien définir l’illuminisme et la théurgie au XVIIIe siècle. L’illuminisme, la franc-maçonnerie et la théurgie étant des mouvements ou des pratiques qui ont exercé une influence significative au cours du siècle des Lumières.

Une précision plus qu’intéressante, puisqu’évitant ainsi tout égarement. L’illuminisme, qui prend ses racines dès la Renaissance de la réforme, il fait généralement référence à des groupes ou à des philosophies qui prônent l’illumination spirituelle ou intellectuelle. Il était souvent lié à des courants de pensée ésotériques et mystiques, et pouvait parfois s’entrelacer avec des éléments de la franc-maçonnerie ou de la théurgie. Quant à cette dernière, elle est une pratique qui implique des rituels ou des invocations destinés à provoquer la présence des divinités ou à exercer une influence divine dans le monde. En son temps, associée à l’occultisme, elle était aussi à la quête d’une connaissance transcendantale.

J.-B. Willermoz.

Après une biographie résumée de Martinès de Pasqually, l’auteur nous confie pourquoi se plonger dans l’étude du Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissance spirituelles et divines, important à plus d’un titre pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’occultisme, à la théologie mystique, à la franc-maçonnerie et aux courants ésotériques du XVIIIe siècle. Nous y puisons une meilleure compréhension historique, une forme unique de mysticisme chrétien ayant eu une influence notable sur certains courants de la franc-maçonnerie et sur des figures comme celles de Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz, une théurgie et une magie cérémonielle mais aussi une philosophie et une théologie, l’œuvre de Pasqually traitant de concepts tels que la chute de l’homme, la rédemption et la réintégration avec le Divin, thèmes universels dans la philosophie religieuse.

Certains découvrirons, sans doute, le Figurisme. C’est d’ailleurs l’objet du chapitre 4 – « Du Figuralisme à l’Illuminisme » – de la première partie – l’ouvrage en comptant six – 5 intitulée « Aperçus sur l’exégèse allégorique et ses évolutions au siècle des Lumières ».

 Le Figurisme – au XVIIe siècle, il a été un courant de pensée jésuite en Chine, où des missionnaires ont vu dans les classiques chinois des allégories ou des symboles de la tradition chrétienne primitive – est une méthode d’interprétation symbolico-allégorique des textes religieux, notamment des Saintes Écritures, qui a pris différentes formes au cours de l’histoire. Notamment celles de croire à la conversion future des Juifs et la venue d’Élie, et chercher des figures ou des symboles de Jésus-Christ et de l’Église dans toutes les Écritures.

Quant à l’illuminisme, c’est un courant de pensée philosophique et religieux qui a émergé au XVIIIe siècle en Europe. Il s’appuie sur le concept d’illumination, considérée comme une inspiration intérieure directe de la divinité ou de sa manifestation. Ce mouvement prône une croyance libérée des religions révélées, reliant l’individu à Dieu de manière purement spirituelle.

Jacob Boehme.

Il se veut une réponse à l’esprit matérialiste des philosophes encyclopédistes de l’époque et est étroitement lié à la théosophie, influencé par des penseurs comme théosophe allemand de la Renaissance Jacob Boehme (1575-1624), surnommé le Philosophus Teutonicus, et cordonnier de son état. L’illuminisme s’est également manifesté dans le romantisme allemand, la Naturphilosophie, et diverses organisations ésotériques, y compris maçonniques et paramaçonnique.

Gérard Gendet nous instruit dont à la façon dont le siècle est passé du Figurisme à l’Illuminisme.

Il faut comprendre que les deux courants s’intéressent à la spiritualité et à l’interprétation de la divinité, mais de manières différentes. Le Figurisme se concentre sur l’interprétation allégorique des textes sacrés, voyant dans l’histoire et les événements actuels des figures ou des symboles de la tradition chrétienne alors que l’illuminisme, en revanche, est fondé sur l’idée d’une illumination intérieure et d’une connexion directe avec le divin, indépendamment des textes religieux formels.

Pour effectuer une transition intellectuelle ou spirituelle entre ces deux idées, il faudrait passer de l’analyse externe des textes à une quête interne de la connaissance divine, en cherchant l’inspiration et la vérité non pas dans des allégories mais dans des expériences personnelles d’illumination.

L’ouvrage permet aussi d’entrer dans la théosophie des Élus Coëns. Rappelons que l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers, est un ordre maçonnique ésotérique et illuministe. Cet ordre avait pour but la réintégration spirituelle de l’homme et enseignait que par une série d’initiations et de pratiques occultes, les membres pouvaient atteindre une connaissance directe de Dieu. La doctrine des Élus Coëns est complexe, mêlant des éléments de théurgie, de cabale chrétienne et d’autres influences mystiques, visant à restaurer en l’homme l’état adamique perdu après la chute. L’auteur accorde une place à la théosophie des Élus Coëns. Elle se caractérise par son approche illuministe, qui promeut une connexion directe et intérieure avec la divinité, indépendante de toute structure religieuse externe. Cette voie se veut être celle qui mène à la connaissance des mystères cachés de la nature et de Dieu, considéré comme l’unité primordiale perdue depuis la chute d’Adam. Pour mémoire, Louis-Claude de Saint-Martin, disciple de Pasqually, a développé et diffusé ces idées, en particulier pendant la Révolution française, les considérant comme un moyen de retrouver la sagesse divine au-delà des institutions religieuses et politiques existantes​​.

Cachet de Martinès de Pasqually.

Le livre décode aussi les conceptions théosophico-maçonniques du thaumaturge – terme dérivé du grec ancien thaumatourgos signifiant « travaillant des merveilles » ou « faiseur de miracles » – Martines de Pasqually. Des conceptions impliquant un travail sur l’illumination spirituelle et la réintégration de l’homme dans l’état de pureté originelle, prônant la connaissance directe de Dieu perdue depuis la chute d’Adam. Cela a évidemment influencé des grandes figures tels le Philosophe inconnu et le soyeux lyonnais Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), personnage majeur de la franc-maçonnerie et de l’ésotérisme européen du XVIIIe siècle et fondateur du RER.

Le grand intérêt de l’ouvrage est de décortiquer ce texte fondamental qu’est le Traité de la réintégration des êtres, base doctrinale de la théurgie martinésiste. Il nous offre aussi un décryptage de l‘herméneutique théosophique de Martinez de Pasqually qui repose sur l’interprétation ésotérique des écritures saintes et d’autres textes sacrés.

C’est ainsi que la théologie mystique de Martines de Pasqually à un théologie chrétienne à cratère théosophique, l’auteur nous éclaire quant à de multiples notions : Dieu caché, Trinité, péché originel, libre-arbitre, Grâce et prédestination, Foi et œuvres,  corps glorieux et Résurrection…

Un magnifique ouvrage publié dans la collection Étienne Dolet, humaniste, écrivain, poète et imprimeur français (c.1509-1546), ayant côtoyé des figures telles que Clément Marot et Rabelais.

*L’École Pratique des Hautes Études (EPHE), cinquième section, est spécialisée dans les sciences religieuses. Fondée en France, cette institution est réputée pour ses recherches en histoire des religions et en études théologiques, offrant un cadre académique pour l’étude avancée des phénomènes religieux sous divers aspects. Cela inclut l’histoire, la sociologie, l’anthropologie des religions, ainsi que l’étude des textes sacrés et des pratiques rituelles.

Le cours « Courants ésotériques dans l’Europe moderne et contemporaine », créé par l’éminent universitaire Antoine Faivre (OE décembre 2021), directeur d’études émérite de l’EPHE ayant largement contribué à l’étude académique de l’ésotérisme, est un sujet de recherche académique qui se concentre sur l’étude des divers mouvements ésotériques et de leurs influences sur la culture européenne de la période moderne à nos jours.  

Du Figurisme à l’Illuminisme : le Traité de la Réintégration des êtres de Martinès de Pasqually (? – 1774)-La théosophie des Élus Coëns

Gérard GendetLes Éditions de La Tarente, Coll. Étienne Dolet, 2023, 588 pages, 54 €

Disponible à La Tarente

Ou chez Le Troubadour du Livre de Philippe Subrini

Des musiciens francs-maçons époustouflants

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De notre confrère freemasonscommunity.life

L’histoire des musiciens francs-maçons

Les musiciens francs-maçons ont une histoire riche qui couvre différents genres et périodes.

Les grands du jazz

En tant que passionnés de musique, nous ne pouvons nous empêcher de nous émerveiller devant la profonde influence que la franc-maçonnerie a eue sur de nombreuses légendes du jazz.

Notamment, Duke Ellington, une figure provocatrice qui s’est opposée aux normes sociétales et a défié les attentes traditionnelles des musiciens noirs à son époque, était également un membre respecté d’une loge maçonnique.

Cet entrelacement de la franc-maçonnerie et du jazz ne se limitait pas aux seuls artistes afro-américains ; de nombreux artistes blancs tels que Glenn Miller et Irving Berlin ont également adopté l’insigne de la franc-maçonnerie.

Leur contribution à la musique jazz est incommensurable ; leurs affinités révolutionnaires, reflétées à la fois dans leur carrière et dans leurs principes maçonniques, ont contribué à façonner le genre que nous continuons de chérir aujourd’hui.

Les fils de Prince Hall

Dans le domaine de la franc-maçonnerie, peu de noms résonnent aussi bien que celui de Prince Hall. Avec 14 autres hommes noirs libres, il a tracé un parcours remarquable dans l’histoire en entrant dans la franc-maçonnerie en 1775, donnant ainsi naissance à ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de franc-maçonnerie noire ou de Prince Hall.

Ils ont construit la plus grande fraternité d’hommes noirs au monde, attirant des sommités telles que Booker T Washington et WEB Du Bois.

Les Fils de Prince Hall sont devenus des personnalités importantes au sein de leurs communautés et au-delà. Les loges maçonniques sont devenues des réseaux de soutien offrant des opportunités de réseautage, de camaraderie et d’interaction sociale entre  des musiciens afro-américains  comme  Duke Ellington  et  Paul Robeson  , tous deux fiers membres de cette association.

Alors que nous approfondissons la compréhension de ces individus extraordinaires qui ont combiné leurs talents musicaux avec les traditions maçonniques pour créer un héritage durable, nous restons captivés par la riche tapisserie musicale influencée par la franc-maçonnerie à travers l’histoire.

Franc-maçonnerie et égyptologie : la connexion Sun Ra

Sun Ra, musicien de jazz et passionné d’égyptologie, forme un récit intéressant dans les annales des francs-maçons musiciens. Né sous le nom d’Herman Poole Blount, il a toujours été un personnage mystérieux créant de la musique d’avant-garde avec son Arkestra.

Son travail s’inspire fortement de la philosophie maçonnique et du symbolisme égyptien antique. La fascination de Sun Ra pour l’égyptologie  remonte au livre influent de George GM James « Stolen Legacy: Greek Philosophy Is Stolen Egypt Philosophy ».

Il croyait que la sagesse avait ses racines profondément ancrées dans les cultures africaines anciennes, à l’instar de l’éthos de la franc-maçonnerie.

L’intégration de ces idées dans ses performances a montré plus qu’un simple épanouissement artistique ; cela les a transformés en explorations profondes de l’afrocentrisme, de la spiritualité et du mysticisme cosmique. Il ne s’agissait pas seulement d’expérimentation musicale, mais reflétait également sa quête personnelle d’identité contre la marginalisation – une incarnation de force et de résilience.

Cette connexion entre la franc-maçonnerie et l’égyptologie via Sun Ra présente une tapisserie complexe mêlant histoire, musique et connaissances ésotériques – un témoignage non seulement de l’éveil spirituel mais aussi de l’autonomisation sociale à travers des expériences partagées.

Musiciens franc-maçons notables

Les musiciens franc-maçons notables comprennent des artistes progressifs comme Rick Wakeman et Pete Townshend, ainsi que des musiciens d’autres genres tels que Louis Armstrong et Lil’ Kim.

Artistes progressifs

Les musiciens progressifs ont été attirés par le monde de la franc-maçonnerie à travers l’histoire. Un exemple notable est  Rick Wakeman, claviériste du groupe de rock progressif Yes . On pense qu’il s’inspire de la philosophie et de la spiritualité maçonniques dans sa musique.

Mozart , compositeur renommé du XVIIIe siècle, était également connu pour être associé à la franc-maçonnerie. De plus,  Pete Townshend et John Entwistle de The Who auraient été membres du Chelsea Lodge à Londres.

Ces artistes illustrent comment la franc-maçonnerie a influencé le monde de la musique rock progressive à travers ses concepts et ses idéologies.

Autres genres

En plus de la présence importante de musiciens franc-maçons dans le jazz et le blues, il existe également des personnalités notables d’autres genres associés à la franc-maçonnerie. L’un de ces genres est  le rock progressif , qui a connu un regain de popularité dans les années 70.

Des artistes comme  Rick Wakeman , claviériste du groupe légendaire Yes, auraient été franc-maçons en raison de son implication dans le Chelsea Lodge à Londres. Un autre musicien progressif souvent lié à la franc-maçonnerie est  Pete Townshend  de The Who.

Il est important de noter que même si ces rumeurs existent, les preuves concrètes de leurs affiliations franc-maçonniques peuvent ne pas être facilement disponibles. Néanmoins, il est fascinant de voir à quel point l’influence de la franc-maçonnerie s’étend au-delà du jazz et dans d’autres genres, démontrant son impact sur diverses communautés musicales à travers l’histoire.

L’influence de la franc-maçonnerie sur leur musique

La franc-maçonnerie a eu une profonde influence sur la musique de nombreux musiciens à travers l’histoire. Un aspect clé de la franc-maçonnerie est son incorporation de l’égyptologie ancienne et des interprétations alternatives des textes religieux, qui ont profondément influencé à la fois les paroles et les compositions de ces musiciens.

Par exemple, Sun Ra s’est inspiré de la franc-maçonnerie dans ses performances. Les textes gnostiques et les références à l’Égypte ancienne au sein de la franc-maçonnerie ont attiré des Afro-Américains politisés qui recherchaient des récits alternatifs en dehors des religions traditionnelles dominantes.

Leur musique reflète souvent ces influences, créant un mélange unique de spiritualité et d’expression artistique.

De plus, l’appartenance à une loge maçonnique offrait des opportunités de réseautage et un soutien aux musiciens qui menaient souvent une vie itinérante. Ce réseau de soutien leur a permis de se connecter avec d’autres acteurs de l’industrie, de collaborer sur des projets et de se familiariser avec de nouvelles idées et techniques.

De nombreux musiciens de jazz blancs tels que Glenn Miller et Irving Berlin étaient également francs-maçons, soulignant encore davantage l’influence généralisée de cette société secrète sur l’industrie musicale.

De plus, la franc-maçonnerie de Prince Hall a joué un rôle important en attirant des personnalités clés du mouvement des droits civiques, notamment le père de Martin Luther King Jr et Medgar Evers. Les principes adoptés par la franc-maçonnerie de Prince Hall s’alignaient sur leur croyance en l’égalité et la justice pour tous les individus.

Cependant, il est important de noter qu’il y a des rumeurs selon lesquelles les artistes hip-hop seraient des francs-maçons . Cependant, il convient de faire preuve de prudence lors de l’examen de ces affirmations, car elles proviennent souvent de sources peu fiables ou de sites Web ayant des préjugés anti-maçonniques ou anti-rap.

En bref, la franc-maçonnerie a laissé une marque indélébile sur le monde de la musique en offrant non seulement des opportunités de réseautage, mais aussi en influençant les expressions artistiques grâce à son incorporation de l’égyptologie ancienne et des textes gnostiques.

L’exploration de ce lien entre les croyances des musiciens francs-maçons au sein de leur métier nous donne un aperçu précieux de la façon dont cette société secrète a eu un impact créatif sur leur vie.

L’impact sur leur vie personnelle

Être franc-maçon a eu un impact significatif sur la vie personnelle des musiciens à travers l’histoire. D’une part, l’appartenance à une loge maçonnique leur offrait un réseau de soutien et une camaraderie particulièrement précieux pour ceux qui menaient une vie itinérante.

Les musiciens étaient souvent confrontés à des difficultés financières, surtout pendant des périodes difficiles comme la Grande Dépression, et faire partie de la fraternité pouvait offrir une certaine stabilité et une certaine aide.

De plus, la franc-maçonnerie offrait aux musiciens des opportunités de réseautage cruciales pour faire progresser leur carrière. En se connectant avec d’autres membres dans leurs loges, ils pourraient avoir accès à des concerts, collaborer avec d’autres artistes et bénéficier du mentorat de personnalités plus établies de l’industrie.

Ce système de soutien au sein de la franc-maçonnerie a contribué à ouvrir la voie au succès de nombreux musiciens.

De plus, la franc-maçonnerie agissait comme une plate-forme sociale où les artistes pouvaient échanger des idées et des expériences avec des personnes partageant les mêmes idées et partageant leur passion pour la musique et la performance. Cela a favorisé un environnement de camaraderie et d’amitié qui a accru leur satisfaction personnelle.

De plus, l’appartenance à la franc-maçonnerie de Prince Hall revêtait une importance particulière pour les musiciens afro-américains à l’époque de ségrégation raciale. La fraternité a offert aux artistes noirs non seulement des opportunités de réseautage, mais aussi un sentiment d’autonomisation et de fierté au sein de leur communauté dans un contexte de lutte continue contre la discrimination.

Cet aspect se reflète chez des personnalités marquantes telles que Booker T Washington ou WEB Du Bois qui ont cherché refuge dans la maçonnerie de Prince Hall.

Dans l’ensemble, l’implication dans la franc-maçonnerie a eu des effets considérables sur la vie personnelle des musiciens – en leur fournissant des réseaux de soutien vitaux et des opportunités d’avancement de carrière grâce à des connexions en réseau, tout en renforçant leur confiance en soi.

Conclusion

Le lien entre les musiciens et la franc-maçonnerie est un aspect fascinant de l’histoire. Des grands noms du jazz comme Duke Ellington aux figures emblématiques du mouvement des droits civiques, la franc-maçonnerie a fourni un réseau de soutien et un sentiment d’appartenance à de nombreux musiciens.

Que ce soit grâce à des opportunités de réseautage ou en s’inspirant du symbolisme maçonnique, il est clair que la franc-maçonnerie a eu un impact significatif sur leur musique et leur vie personnelle.

Malgré les théories du complot qui entourent la société, la franc-maçonnerie reste une partie importante de l’histoire de la musique qui continue d’intriguer les chercheurs et les passionnés d’histoire.

FAQ

Y a-t-il des musiciens célèbres qui sont francs-maçons ?

Oui, il y a eu plusieurs musiciens célèbres à travers l’histoire qui étaient connus pour être des francs-maçons. Quelques exemples notables incluent Wolfgang Amadeus Mozart, Franz Joseph Haydn et Duke Ellington.

LFI et NPA exclus des francs-maçons ?

De notre confrère juste-milieu.fr – Par Marie Berginiat

Le 8 novembre 2023, Emmanuel Macron faisait un grand discours pour les 250 ans du Grand Orient.  Hasard ou coïncidence, le même jour, Le Canard Enchaîné a fait une étonnante révélation sur les députés de La France Insoumise et du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). 

Certains font partie de la plus importante loge maçonnique de France…

… et pourraient bientôt être exclus !

Une demande de La Lumière

La Loge La Lumière, située à Neuilly-sur-Seine, en a assez des propos tenus par plusieurs députés de LFI et du NPA.

Le 17 octobre 2023, elle a envoyé un courrier à Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France. 

Le but ? 

Demander l’exclusion des membres de ces deux partis politiques. 

Selon La Lumière, le refus de nommer le Hamas comme organisation terroriste et de “nommer correctement les choses” entre en compte. 

Il n’en fallait pas plus pour que la loge fasse appel à l’article 76 alinéas 5 et 6

Cet article concerne l’admission des membres dans une loge maçonnique…

… précisant notamment qu’ils ne doivent pas être “adhérent ou sympathisant d’une association ou d’un groupement appelant à la discrimination raciale, à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en prétextant de leur origine, leur appartenance à une ethnie ou à une religion déterminée”.

Dans le même temps, l’interdiction pour les membres de LFI et du NPA d’intégrer une loge maçonnique est en jeu. 

Le Grand Orient a désormais les cartes en main pour statuer…

Affaire à suivre !