Le 8 novembre 2023, Emmanuel Macron faisait un grand discours pour les 250 ans du Grand Orient. Hasard ou coïncidence, le même jour, Le Canard Enchaîné a fait une étonnante révélation sur les députés de La France Insoumise et du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).
Certains font partie de la plus importante loge maçonnique de France…
… et pourraient bientôt être exclus !
Une demande de La Lumière
La Loge La Lumière, située à Neuilly-sur-Seine, en a assez des propos tenus par plusieurs députés de LFI et du NPA.
Le 17 octobre 2023, elle a envoyé un courrier à Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France.
Le but ?
Demander l’exclusion des membres de ces deux partis politiques.
Selon La Lumière, le refus de nommer le Hamas comme organisation terroriste et de “nommer correctement les choses” entre en compte.
Il n’en fallait pas plus pour que la loge fasse appel à l’article 76 alinéas 5 et 6.
Cet article concerne l’admission des membres dans une loge maçonnique…
… précisant notamment qu’ils ne doivent pas être “adhérent ou sympathisant d’une association ou d’un groupement appelant à la discrimination raciale, à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en prétextant de leur origine, leur appartenance à une ethnie ou à une religion déterminée”.
Dans le même temps, l’interdiction pour les membres de LFI et du NPA d’intégrer une loge maçonnique est en jeu.
Le Grand Orient a désormais les cartes en main pour statuer…
Il est d’usage d’écrire que La Chaîne d’Union (LCU) est la revue trimestrielle d’études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Une revue entièrement vouée à la réflexion maçonnique. Créée en 1864 à Londres par des francs-maçons français exilés, fuyant le régime autoritaire de Napoléon III.
Aujourd’hui, nous vous faisons part aussi de tous ses atouts, car LCU est importante pour plusieurs raisons :
– elle sert de lien entre les membres du Grand Orient de France, en permettant de partager des informations, des réflexions, des études maçonniques, et des actualités de l’obédience.
– la revue propose des articles de fond sur la philosophie, l’histoire et les symboles maçonniques, offrant ainsi un espace de réflexion et d’échange intellectuel.
– elle contribue à la transmission des valeurs maçonniques telles que la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité, qui sont des principes fondateurs du GODF.
– elle renforce le sentiment d’appartenance des membres au Grand Orient de France et à la communauté maçonnique dans son ensemble.
– elle permet de présenter une diversité d’opinions et de débats sur des sujets d’actualité qui sont au cœur de la démarche initiatique menée par les frères et sœurs du Grand Orient.
– les archives de la revue constituent une riche source d’information sur l’histoire et l’évolution de la franc-maçonnerie française.
– la revue reflète également l’engagement du GODF dans une d’études maçonnique, philosophique et symbolique.
En page 2, vous trouverez l’historique de la revue, détaillant les circonstances de sa création, puis l’ère Gloton, le rôle du GODF depuis 1982 qui décida de relancer la revue, dont le titre lui appartient, et enfin le contenu et la provenance des textes.
« Fabrique spéciale de Décors Maç. pour tous les Rites et tous les Degrés V.Gloton », Dans l’Album illustré de l’almanach Didot-Bottin, annuaire de la fabrique & de l’industrie, Paris, Librairie Firmin-Didot & Cie, 1877
Pour mémoire, rappelons qu’Edmond Gloton est une figure notable dans l’histoire de la Franc-Maçonnerie française. Il était un éditeur spécialisé dans les ouvrages maçonniques, contribuant ainsi à la diffusion de la littérature et des connaissances maçonniques. Et par son travail d’éditeur, Gloton a joué un rôle important dans la préservation et la transmission des rituels et des écrits maçonniques, qui sont essentiels à la pratique et à l’étude de la Franc-Maçonnerie.
LCU, une revue symbolique
Et c’est justement ce que précise le grand maître du Grand Orient de France, Guillaume Trichard, dans son introduction « De la construction du temple… » au dossier consacré au temple des francs-maçons.
Guillaume Trichard, grand maître.
Extrait : « En franc-maçonnerie, il est souvent question de temples, qu’il s’agisse du Temple de Salomon qui avait un haut degré de perfection, du temple qui dans certains rituels abrite la loge symbolique, du temple qui, dans d’autres, tels que le rite français est face à la Loge, mais aussi et surtout du temple intérieur de chaque frère, de chaque sœur.
Ainsi la construction du temple intérieur est au cœur de la symbolique maçonnique. Il s’agit pour le franc-maçon d’entreprendre un travail de perfectionnement, de construction voire de déconstruction puis de reconstruction… travail intellectuel, symboliste, mais aussi un travail spirituel… »
Le sommaire :
Chaine d’Union N° 106 – À propos du Temple des francs-maçons
ÉDITORIAL Jacques Garat
MATIÈRE À DÉBATS – La fraternité en question Naudot Taskin – Musiques vespérales à l’aube du baroque Naudot Taskin
CHRONIQUE INACTUELLE « Après vous » Politesse, Vertu, et Maçonnerie Daniel Beaune
DOSSIER : À PROPOS DU TEMPLE DES FRANCS-MAÇONS – De la construction du temple par Guillaume Trichard – Comment le Temple vint aux Maçons – Ludovic Marcos – Le Temple de Salomon Philippe – R. Langlet – La consécration du temple – Dominique Jardin – Entrer dans le Temple pour vivre les questions – Joëlle Marchal
ÉTUDES ET RECHERCHES – Numismatique de la Franc-maçonnerie. – L’exemple de la Loge « La Franchise » à l’Orient de Chartres Pierre Morin
NOTES DE LECTURE Jean-Marc Berlioux/Philippe Foussier/Yonnel Ghernaouti/Naudot Taskin
La Chaîne d’Union – Octobre 2023
Collectif – Conform édition, N° 106, octobre 2023, 96 pages, 13 €/15 €, port inclus, en 24h (prix spécial lancement) À commander chezConform édition ou en vente chez DETRAD.
Un ouvrage qui nous propose de nous désencombrer des objets inutiles, mais pas que. L’activité coach de l’auteure conduit aussi le lecteur à faire le tri sur le plan personnel et relationnel. Grâce à ses conseils pratico-pratiques, on apprend à se détacher du matériel, à écarter les relations toxiques et à se jouer des normes sociales.
Comment éviter la surconsommation ou, pire, la surstimulation générée par l’esprit de compétition qui pousse à faire toujours plus vite et toujours de plus en plus ?
En élaguant sa vie, petit à petit, il devient possible d’accéder à nos besoins véritables.
Voici une invitation à cultiver le minimalisme à la manière de Sénèque pour donner un sens à sa vie en visant l’essentiel. Se contenter de peu. S’accepter tels que nous sommes, se reconnecter à notre nature et à nos valeurs profondes.
L’auteure
Mino RAKOTOZANDRINY est coach certifiée. Elle est aussi conférencière et blogueuse
( mamanminimaliste.com) Elle est l’auteure de Maman minimaliste aux Edition Idéo – 2017
« Femmes, vie, liberté. Où en est la lutte des femmes iraniennes ? » Telle est la thématique proposée à l’occasion du deuxième Café Laïque Paris.
Un an après la mort de Mahsa Amini et le début de la révolte des femmes iraniennes qui ne veulent plus de l’oppression islamiste sur leur corps, la répression n’a pas cessé. Malgré cela, soutenues par beaucoup d’hommes, elles se battent et résistent.
Les conférenciers, tous deux Iraniens en France, parleront de cette lutte acharnée et héroïque :
– Iris Farkhondeh*, enseignante-chercheuse franco-iranienne, Co-commissaire de l’exposition « Dessins de presse, retour d’exil. La révolution en Iran ». Co-organisatrice du Pavillon Iran au Festival d’Avignon.
– Hirbod Dehghani-Azar**, avocat, ancien membre du Conseil de l’Ordre, membre du Conseil National des Barreaux, spécialiste de la révolution iranienne.
Iris Iran Farkhondeh.
*La biographie de Iris Iran Farkhondeh
Iris Iran Farkhondeh a été allocataire de recherche et monitrice de sanskrit à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. En annexe de sa thèse de doctorat intitulée « Représentations des femmes dans la littérature sanskrite du Cachemire (VIII-XIIe siècles) », elle a proposé une traduction française intégrale de la Samayamātṛkā, « la matrone par contrat », un poème satirique de Kṣemendra (XIe siècle). En parallèle du travail d’édition critique de ce texte qu’elle a entrepris durant son séjour postdoctoral à Leyde (bourse de la fondation Gonda), elle a commencé en 2019 des recherches sur l’étude diachronique des manuscrits sanskrits produits au Cachemire en écriture śāradā. Elle a organisé en mars 2020 deux journées d’études sur les manuscrits śāradā au CSMC de Hambourg où elle a séjourné en tant que Petra Kappert fellow. Elle projette d’approfondir ce travail en couplant l’étude matérielle des manuscrits cachemiriens datés à une étude systématique de leurs colophons.
Unité Laïque (UL).
Elle envisage également de collaborer avec des chercheurs du CSMC pour réaliser des analyses physico-chimiques qui permettront d’en savoir plus sur la production des manuscrits du Cachemire. Elle travaille actuellement sur les collections cachemiriennes de la BnF et du musée du quai Branly. Son projet intitulé « Regards croisés de philologues et de photographes sur le Cachemire de la fin du XIXe siècle à travers les collections réunies par Marc Aurel Stein et Alfred Foucher, indianistes, et par Isabelle Massieu, exploratrice » lui a valu d’obtenir une bourse sur l’histoire des collections de ces deux institutions.
Hirbod Dehghani-Azar.
**la biographie de Hirbod Dehghani-Azar
Sa responsabilité à l’Institut Catholique de Paris : Directeur de l’Institut de Formation à la Médiation et à la Négociation (IFOMENE)
ICP
Sa présentation : Ancien membre du Conseil de l’Ordre des Avocats à la Cour d’Appel de Paris/Membre du Conseil National des Barreaux/Membre du Conseil d’administration de l’École de Formation des Barreaux de la Cour d’Appel de Paris/Membre du Comité Justice Administrative et Médiation (groupe de travail du Conseil d’État)/Membre du Comité Pédagogique de l’École International des Modes Alternatifs (EFB)/Ancien Président de l’Association des Médiateurs Européens/Ancien élu municipal et intercommunal/Disciplines enseignées et domaines d’expertise : Médiation, négociation, droit public
Unité laïque s’engage dans la défense, la promotion et le développement de la laïcité sur la base d’une Déclaration de principe. Cette Déclaration, qui s’attache à faire apparaître la profondeur historique de la République laïque et le caractère ambitieux et original des principes et idéaux de la laïcité, est le socle de notre engagement et le cadre de notre action. L’adhésion à notre association vaut approbation pleine et entière de la Déclaration de principe d’Unité laïque.
Infos pratiques :
Le Chevalier de la Barre et Unité Laïque ont le plaisir de vous convier à notre prochain Café Laïque qui aura lieu le 23 novembre 2021 à 18h30
Au REGENT, 70 rue Lafayette, 75009 PARIS/Métro CADET
Philippe Josserand est un historien français spécialisé dans l’histoire médiévale – croisade, orient latin, ordres religieux-militaires, Méditerranée.
Il est agrégé d’histoire et a été formé à l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et à la Casa de Velázquez, de 1997 à 2000. Il a occupé le poste de maître de conférences en histoire médiévale à l’Université de Nantes en 2011. Philippe Josserand détient un doctorat en histoire et ses recherches se concentrent sur l’histoire médiévale, un domaine dans lequel il enseigne à l’Université de Nantes.
Jacques de Molay.
Il a également publié des travaux sur les Templiers, une commande militaire et chevaleresque du Moyen Âge qui continue de susciter un vif intérêt en Europe et au-delà. Philippe Josserand s’est intéressé à la manière dont la fiction s’est emparée du souvenir des Templiers en France, un sujet qui semble avoir captivé le public. Nous invitons aussi à lire son texte « Les Templiers en France : histoire et héritage », dans la Revue historique (2014/1, n° 669, p. 179 à 214), publiée aux Éditions Presses Universitaires de France. En outre, il a présenté, en 2019, une remarquable biographie de Jacques de Molay (Les Belles Lettres, 2019), Prix d’histoire Daniel Ligou, le dernier grand-maître de l’ordre du Temple, soulignant l’impact durable et la fascination que cette figure historique a suscitée depuis le XVIIIe siècle avec les Lumières.
Philippe Josserand.
Nous lui devons aussi, en coordination avec l’universitaire et historienne spécialiste du Moyen Âge Nicole Bériou Prier et combattre-Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge (Fayard, 2009), Les Templiers en France (Jean-Paul Gisserot, 2013) et L’histoire, l’ordre et le chaos-Une anthropologie de soi (Dépaysage, 2022).
Dans les mémoires des lecteurs en général et des maçons en particulier, le souvenir de Jacques de Molay (c. 1244-1314) et du templarisme, qui se réfère généralement à l’ensemble des idées, des mythes, des représentations culturelles et des croyances qui entourent l’histoire et le légendaire de l’ordre des Templiers – ont émergé à partir du XVIIIe siècle avec les Lumières, le romantisme – mouvement européen, dont les racines s’ancrent en Allemagne à la fin dudit siècle – et la franc-maçonnerie. Les maçons, au XVIIIe siècle, ont souvent idéalisés, dans leurs récits, les Templiers, chevaliers et moines, comme des détenteurs de connaissances secrètes, en intégrant, dans leur tradition et dans les hauts grades de la maçonnerie écossaise toute une symbolique.
Baussant sur une fresque (XIIIe s.) de la Commanderie de Pérouse (Italie).
Philippe Josserand, avant de nous plonger en immersion total dans les sept récits et donc les sept vies du dernier grand-maître de l’ordre du temple, nous instruit quant à la façon dont François Dosse, écrit une vie, explore les complexités de l’écriture biographique, oscillant entre la fidélité aux faits historiques et les libertés narratives de la fiction. Nous voilà prévenu. S’appuyant sur sa formation en histoire, l’auteur ouvre donc des pistes de réflexion littéraires…
François Just Marie Raynouard.
Considérant cet ouvrage comme historique, il donne vie à Jacques de Molay grâce à sept personnages « Giorgio – 1318 » est le valet et le camérier du grand-maître, « Pere – 1317 », Pere de Sanjust en vérité naguère commandeur de la province catalano-aragonaise du Temple,
« Hugues – 1321 », Hughes de Pairaud, En Occident le principal collaborateur de Jacques de Molay, « Lucie – 1314 », Lucie de Dommarien qui, six mois après la mort du grand-maître, dialogue avec le frère cadet de ce dernier, Pierre de Molay, doyen de la cathédrale de Langres, « François-Just-Marie – 1813), François Just Marie Raynouard (1761-1836), historien, philologue romaniste et dramaturge,
Alain Demurger.
« Alain – 2019 », Alain Demurger, l’historien médiéviste, « Philippe – 2023 », qui n’est autre que l’auteur himself.
Phillipe Josserand a su très intelligemment nous faire revivre de scènes du passé en entremêlant réalité et fiction de belles manières (recherche approfondie, contextualisation, narration vivante, etc.). Pour cela, il utilise l’écriture chorale qui, dans ce contexte tant littéraire qu’historique, fait référence à une forme de narration, ici sous forme de lettres datées, dialogue et monologues, présentés chronologiquement. Intégrant les points de vue de plusieurs personnages, et donc plusieurs voies, au fil des siècles, ils se concentrent sur le personnage emblématique qu’est Jacques de Molay.
Templiers, illustration des Chronica maiora de Matthieu Paris (XIIIe s.).
Nous imaginons, bien volontiers, tout le plaisir qu’a eu à écrire Philippe Josserand. Nous ne doutons pas un seul instant tout le plaisir qu’auront les lecteurs à s’immerger dans l’ouvrage.
C’est avec le dernier chapitre « Sources et ressources » que nous prenons pleinement conscience de la richesses desdites sources, l’auteur puisant aux meilleures références.
Jacques de Molay, le dernier grand-maître des Templiers, continue d’inspirer, encore au XXIe siècle, le franc-maçon. C’est ainsi qu’autour de sa figure et de l’ordre des Templiers, mythes et légendes perdurent, fascinant les amateurs d’histoire médiévale et hélas, trois fois hélas, les adeptes de théories du complot. Sa résistance et son intégrité font de Jacques de Molay un exemple face à l’injustice. Et puis, avouons-le, les Templiers, avec leur spiritualité et leur ésotérisme, restent une star, dans la popculture… Entrons donc, avec ce dernier opus de Philippe Josserand, dans les voies qui nous sont désormais pénétrables !
Nous offrant quelques bonnes feuilles, nous adressons à l’éditeur notre reconnaissance et nos remerciements.
Les sept vies de Jacques de Molay
Philippe Josserand – Les Belles Lettres, 2023, 192 pages, 21 €
Le grand salon d’honneur de l’Hôtel de Ville de Paris résonne, ce mercredi 8 novembre 2023, des ovations nourries qui saluent la remise des prix que le Comité Laïcité République décerne annuellement à ses lauréats qui, à des titres divers, ont honoré la Laïcité, par leurs propos, leurs engagements, leurs écrits.
Anne Hidalgo.
Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, ouvre le ban par l’interrogation récurrente « comment en est-on arrivé là ? », en traçant un état des lieux des facteurs inquiétants qui ébranlent la société française et le nécessaire équilibre de la République. Elle porte l’accent principalement sur la question des dangers que courent les femmes et sur ceux que génèrent les terrorismes de tout poil. Contre ces volontés de saper la démocratie, seul l’attachement républicain peut être porteur de courage, par la vigilance de l’éducation et de la laïcité.
Gilbert Abergel.
Après les remerciements d’usage et après avoir rappelé l’insondable tristesse que suscite la trop longue liste des victimes de ces terrorismes, Samuel Paty et Dominique Bernard entre autres, le président du Comité Laïque République (CLR) Gilbert Abergel fustige la dynamique mortifère qu’illustrent tant la Shoah de sinistre mémoire que l’antisémitisme hélas plus que jamais d’actualité, il dénonce les confusions qu’entretient la supercherie autour de l’islamisme et de l’islamophobie, avant de placer cette soirée sous le sceau de la résistance et de l’espoir.
Abnousse Shalmani.
Abnousse Shalmani, qui a présidé le jury du Prix 2023, évoque l’exil imposé à sa famille iranienne et mesure la chance de cette liberté de parole et de comportement que lui offrent la France et la laïcité, tout en s’indignant qu’on se voie contraint à la défendre contre le mensonge d’un islamisme qui « promet les ténèbres pour tous ». Ni oubli ni pardon, scande-t-elle, avec une véhémence de bon aloi, forte de la certitude qu’il « y aura un après de la mollarchie ». Des propos rafraîchissants et sans langue de bois.
Azadé.
Les ors de la République, dans une émotion palpable, vibrent ensuite des accents de la chanteuse Azadé, qui interprète dans la traduction française qu’elle en a élaborée, l’hymne de la liberté iranienne, « Femme Vie Liberté« .
Sont ensuite remis successivement les Prix décernés par le CLR.
L’avocate Hilda Dehghani-Schmitt, en son nom et celui de son frère Me Dehgani-Azar, reçoit le Prix International. Après avoir cité Victor Hugo « Instruire, c’est construire », elle dédie ce prix à tous les résistants à Téhéran.
Robert et Élisabeth Badinter.
Pour leur attribuer un Prix Spécial en visioconférence, un vibrant hommage est rendu au couple Robert et Élisabeth Badinter pour la lucidité et la constance de leur engagement en faveur de la liberté et de la laïcité. Alain Seksig rappelle l’affaire de Creil en 1989, la vindicte raciste et les menaces dont ils ont tous deux été la cible, tant de la part de la classe politique que de celle des islamistes, l’intolérance croissante et aveugle qui rend de plus en plus durs les nécessaires combats.
Delphine Girard, fondatrice du réseau Vigilance Collège Lycée, rappelle judicieusement que Boko Haram signifie « le livre est un péché », tout en s’étonnant de l’anesthésie des citoyens face au péril que fait courir à l’éducation et à l’École un tel mot d’ordre.
Richard Malka présentant Michaël Delafosse.
Le Prix National est remis au maire de Montpellier, Michaël Delafosse, qui invoque la mémoire de tous ceux qui ont, par le passé, porté haut les couleurs de la liberté de conscience, huguenots, Calas défendu par Voltaire, ceux qui ont rédigé la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ceux qui ont marqué le grand courant politique de gauche, donc laïque insiste-t-il, de Clémenceau à Jaurès. « Parlons avec clarté », dit le lauréat. S’autoriser de la force des mots que permet le génie de la langue française, voilà le moyen de lutter contre le fanatisme en ne cédant pas à la peur, en donnant confiance au service public, parce que dire c’est agir, en s’adressant à l’intelligence. Et M. Delafosse dédie ce prix à tous les professeurs.
Florence Bergeaux-Blackler.
Le Prix Science et Laïcité est ensuite attribué à Florence Bergeaux-Blackler, anthropologue dangereusement menacée pour la teneur de ses recherches sur l’islamisme, entre autres son dernier ouvrage en date, Le Frérisme et ses réseaux. Elle réaffirme la nécessité du courage et de la résolution à vouloir être libre, en citant l’injonction des Lumières « Aude sapere« , « ose savoir », c’est-à-dire « aie le courage de penser par toi-même ».
La Troupe du Pompon.
Pour terminer ces hommages scandés avec enthousiasme par les ovations de tous les participants, très nombreux, à cette manifestation, les quatre comédiennes de la joyeuse Troupe du Pompon se voient gratifiées du Prix Culture et Laïcité, que leur vaut leur pièce 100% Marianne, qu’elles jouent dans de nombreux lieux, scolaires en particulier, à travers la France. À déclarer d’utilité publique !
Pour clore cet événement, un verre de l’amitié est offert par Madame la Maire de Paris.
Bérangère Couillard, ministre déléguée auprès de la Première ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
En ces temps mondialement chahutés entre bourrasques météorologiques et trombes bellicistes, l’amitié et la fraternité évidentes d’une telle manifestation remettent un baume au cœur à ne pas mésestimer et insufflent un nouvel élan à tous ceux et toutes celles qui sont indéfectiblement ancrés dans la certitude de la Laïcité.
Le diaporama de la 17e cérémonie de remise des Prix de la Laïcité.
Barayé // Pour // برای // ( Baraye French version ) par l’artiste Azadé.
Quels sont les outils maçonniques qui permettent de travailler sur l’écologie ? En tout premier lieu : le fil à plomb. Car lorsque les francs maçons se penchent sur l’écologie, ce n’est pas pour savoir s’il faut installer des panneaux photovoltaïques ou si la voiture électrique est réellement écologique. C’est le monde profane qui traite ces sujets. Les maçons, eux, vont s’intéresser aux valeurs, à l’humanisme, à la morale, au régime de vérité, aux principes de solidarité qui sont engagés par les réflexions sur l’écologie, à la philosophie de l’écologie : la deep ecology.
Cette dimension est essentielle. Comme l’a montré Floran Augagneur dans Le Souci de la Nature, ce ne sont pas les raisonnements logiques qui font changer d’attitude vis-à-vis des questions écologiques, c’est la prise de conscience qui fait changer de raisonnement logique. Un nouveau regard sur ces questions qu’on désigne sous le nom de “conversion écologique”. Souvent sous l’interpellation de proches, les enfants, les petits enfants. Quand la prise de conscience se fait, elle est guidée par le fil à plomb, c’est lui qui mène vers la conscience.
Le deep ecology cherche à définir la place de l’homme parmi le vivant et le rôle qui doit être le sien, après cette prise de conscience. En 1973, son principal théoricien Arnes Naess énonce huit principes directeurs. Ils ne sont pas seulement des concepts théoriques, ils débouchent sur des engagements qui servent de guide aux écologistes radicaux. Ils parlent de valeurs de la vie et de changement idéologique radical. On est bien sur le fil à plomb :
“1. La vie humaine et non-humaine ont l’une comme l’autre une valeur en soi.
2. La richesse et la diversité de la vie contribuent à réaliser ces valeurs, et ont
elles-mêmes de la valeur.
3. Les êtres humains n’ont aucun droit de réduire la richesse ou la diversité, sauf pour
satisfaire des besoins vitaux.
4. La vie humaine peut s’épanouir avec une réduction substantielle de sa population qui
est requise pour l’épanouissement de la vie non-humaine.
5. L’interférence humaine actuelle avec le monde non-humain est déjà excessive, et
elle empire.
6. Il faut changer de politiques économiques, technologiques et idéologiques pour
modifier radicalement le fonctionnement actuel du monde humain.
7. Le changement idéologique doit engager le respect de la valeur en soi de toute vie,
plutôt que l’accroissement continuel de nos standards de vie matériels.
8. Ceux qui s’accordent avec les points précédents ont l’obligation de mettre en œuvre
les changements nécessaires. »
Le philosophe Michel Serres a tenté de concevoir ce que serait un Contrat Naturel, la version XXIème siècle du Contrat Social de Rousseau. Dans le Contrat Social, Rousseau dégageait les principes qui devaient régir les relations des hommes entre eux et avec la société. Dans le Contrat Naturel, paru en 1990, Michel Serres remarque que l’Homme se comporte comme un parasite par rapport à la nature, en l’exploitant sans conscience et en feignant d’ignorer qu’il est en train de détruire l’hôte qui le fait vivre. Le philosophe appelle à passer du rôle de parasite à celui d’un symbiote : celui qui “vit avec”, celui qui entretient avec le vivant une relation où chacun prend soin de l’autre. Le Contrat Naturel définit comme principe qu’on ne doit pas prendre à la nature plus qu’on ne lui donne, c’est une relation équilibrée qu’il faut viser. Mais pour que ce contrat puisse avoir une chance d’être respecté, il faudrait que la Terre devienne un sujet de droit. Si Michel Serres a disparu en 2019, ses travaux sont aujourd’hui repris et prolongés par la Fondation Michel Serres qui dépend de l’Institut de France et par l’Institut Michel Serres installé au cœur de Ecole Normale Supérieure de Lyon. Son œuvre demeure centrale dans la pensée écologique.
L’idée de donner une personnalité juridique aux non-humains pourrait paraître farfelue, sauf qu’elle est déjà mise en œuvre ici ou là dans le monde. L’Inde a donné au Gange une personnalité juridique en 2017. Ce qui permet d’engager des recours devant les tribunaux quand ses équilibres sont menacés. Dans sa Constitution, l’Equateur a reconnu la Nature comme sujet de droit en 2008, la Bolivie a fait de même et a voté en 2012 une loi-cadre sur les droits de la Mère-Terre. Même à l’ONU, à l’initiative des peuples amérindiens, la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique, a élaboré un pendant de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui s’appelle: Déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère. Elle prend acte de la dégradation de la biosphère, dénonce l’exploitation aveugle des ressources qui met en péril les écosystèmes et menace la vie. Elle définit la Terre comme une communauté indissociable du Vivant où tous sont solidaires.
Elle édicte des droits et devoirs basés sur le principe que “La recherche du bien-être humain ne doit pas nuire au bien-être de la Terre-Mère, actuel ou futur.” Bien sûr, cette déclaration n’a pas, pour l’instant, été adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, mais le combat pour y parvenir continue. En tous cas, travailler sur l’essence de ce qu’est la Terre, (du point de vue des humains) la reconnaître comme un sujet, ne serait-ce que de droit, c’est bien un travail de réflexion qui se conduit sur l’axe de la verticale, avec le fil à plomb.
La deep ecology concerne aussi les religions, même si c’est de manière récente. Bien sûr, pour elles, la dimension verticale les conduit plutôt vers le haut que vers le bas, vers le ciel que vers les profondeurs. La plus engagée, au moins par le discours au sommet, est le catholicisme avec l’Encyclique Laudato Si du pape François. Il y qualifie la Terre de “Maison Commune”. Face à la crise écologique, il appelle les croyants à repenser la relation de l’Homme et de la Nature, il aspire à une conversion écologique. Ce texte est complété par une nouvelle encyclique parue en octobre 2023: Laudate Deum qui invite, sur la même base à repenser la relation à Dieu. Les Protestants français, souvent plus en phase avec les évolutions de la société, travaillent aussi ces questions, à leur manière qui est plus horizontale. L’Eglise Protestante Unie a adressé au président de la République, le 21 avril 2020, un “Plaidoyer pour une transformation écologique, solidaire et démocratique”. Elle y appelle à un “profond changement civilisationnel, spirituel et éthique”, basé sur des principes comme :
“reconnaissons notre finitude, nos fragilités et nos limites, et faisons preuve
d’humilité ;
comprenons notre humanité comme intrinsèquement relationnelle et partie
intégrante d’un tout écologique interdépendant, dont la vulnérabilité est aussi la
nôtre”.
Le judaïsme n’est pas en reste avec des interrogations sur la protection de la nature, qui s’inscrit dans une relecture des textes à la faveur des problèmes nouveaux posés par l’écologie. L’islam aussi, se basant sur l’injonction à ne pas gaspiller les ressources, la seule des religions du Livre qui se soit posé la question de l’âme des animaux. Quant au bouddhisme, le fait de ne jamais avoir rompu avec l’animisme lui confère un rapport avec la nature sans doute plus facile. Parmi les cinq préceptes qu’il défend, on trouve :
Ne pas nuire aux êtres vivants ni prendre la vie
Ne pas prendre ce qui n’est pas donné
Et la franc-maçonnerie dans tout ça ? A priori on aurait pu penser qu’elle se soit engagée depuis longtemps dans une réflexion de fond sur les questions d’écologie. Elle se réclame de l’humanisme. Or l’écologie invite à repenser la relations de l’homme avec le vivant donc à repenser ce qu’est l’homme lui-même, un parasite ou un symbiote, comme dirait Michel Serres ? Repenser la nature même de l’homme, comme l’a fait Edgar Morin dans la Nature de la Nature ou dans l’Humanité de l’Humanité. Mais non. Dans les loges, ces réflexions sont encore embryonnaires, peut-être faute d’avoir trouvé la bonne approche. Celle qui inviterait à explorer le coeur de la Terre porteuse de vie, l’essence-même de ce qu’est le vivant, et en en corrigeant les erreurs que nous avons faites dans nos relations avec elle, trouver une nouvelle pierre philosophale.
Emmanuel Macron a rendu visite ce 8 novembre au Grand Orient de France dans son Hôtel du 9e arrondissement de Paris pour les 250 ans de la première obédience maçonnique française. Retour sur l’histoire de la franc-maçonnerie et sur les liens au pouvoir qu’on lui impute.
Après Émile Loubet (1899-1906) et son prédécesseur François Hollande, Emmanuel Macron est seulement le troisième président de la République en exercice à se déplacer rue Cadet, à Paris, au siège du Grand Orient ; pour marquer le 250e anniversaire de la première obédience maçonnique de France et manifester la « reconnaissance de la République » à son égard, selon l’Élysée. Si cette visite présidentielle n’est donc pas habituelle, il ne faut rien y voir d’exceptionnel pour Pierre-Yves Beaurepaire, professeur d’histoire moderne à l’Université Côte d’Azur et auteur de nombreux ouvrages sur la franc-maçonnerie. Selon l’universitaire, la venue de Macron s’inscrit surtout dans une démarche certes politique, mais surtout mémorielle. Quelle réalité recouvre l’appellation « Grand Orient de France », la franc-maçonnerie a-t-elle des relations avec le pouvoir aussi étroites qu’on le lui impute, quelles causes défend-elle encore ?
pierre-Yves Beaurepaire.
Elle est parfois prise, à tort, pour une société secrète très ancienne… Pouvez revenir sur les origines de la franc-maçonnerie ?
Elle arrive en France au début du XVIIIe siècle. Le reste tient du mythe, mais de cela on est sûr parce que l’on dispose d’archives. En effet, comme toute nouveauté, cette société secrète fait peur sous l’Ancien régime, donc il y a des descentes de police dans les années 1720-1730-1740, avec des saisies de documents.
La franc-maçonnerie vient des îles britanniques, et on pense à ce moment-là qu’il s’agit d’une mode anglaise parmi d’autres, et qu’elle ne va pas durer. Mais c’est tout le contraire qui se passe. Elle connaît un essor considérable, non seulement en France mais dans toute l’Europe des Lumières, et ce malgré les nombreuses guerres.
Derrière la franc-maçonnerie, il y a la dimension de l’architecture, de la géométrie, qui fascinent les hommes du XVIIIᵉ siècle – je dis « les hommes » parce que les femmes sont très, très minoritaires. Mais en réalité, ils le font en amateurs : ce ne sont pas des ouvriers du bâtiment, ce sont des gens qui appartiennent aux strates supérieures de la société et qui veulent revisiter, avec un projet philosophique, culturel, artistique, toutes les grandes réalisations de l’Antiquité, mais aussi leur donner un sens en phase avec l’époque. Pour eux, le projet maçonnique, c’est permettre à des hommes qui seraient restés sans cela « à distance », c’est l’expression qu’ils utilisent, de se découvrir comme « frères ». Ils peuvent être catholiques, protestants – car au départ la franc-maçonnerie s’inscrit vraiment dans un monde chrétien, ce qui ne sera plus le cas ensuite -, ils peuvent se reconnaître et dialoguer entre eux. Pour une Europe fortement marquée par les conflits religieux, c’est vraiment quelque chose de nouveau.
Et pour ce qui est du Grand Orient de France, en particulier ?
Le Grand Orient a une prédécésseure : la Grande Loge de France. Une « loge » est un atelier, donc une réunion de deux maçons, soit avec un temple bien identifié, soit chez l’un, chez l’autre… Il n’existe pas de vision administrative de la franc-maçonnerie à cette époque, comme cela a pu apparaître par la suite. C’est assez souple au départ. Quand il y a un groupe de loges, on appelle cela une « grande loge ». La Grande Loge de France (ou de Paris) devient le Grand Orient de France en 1771, en fait deux ans avant l’anniversaire célébré cette année. Mais celui destiné à être le grand maître de l’obédience, le duc de Chartres, futur duc d’Orléans, est condamné à un exil de deux ans suite à des intrigues dans la famille royale. Ce qui explique que l’inauguration du Grand Orient soit repoussée à 1773. On dit « Grand Orient », « Grande Loge du Grand Orient ». C’est une fédération de loges.
Il y a toute une réflexion au XVIIIᵉ siècle, à la fois sur la lumière et sur les lumières ; et la lumière vient de l’Orient. Les francs maçons travaillent symboliquement entre midi et minuit et de ce fait, ils se tournent vers la lumière. Symboliquement, ils ont donc choisi l’Orient, comme d’autres références connues : l’équerre, le compas, etc. Dans une loge, celui qui préside, qu’on appelle « le vénérable », siège à l’Orient.
Quelles ont été les grandes étapes, les grandes évolutions du Grand Orient de France et de la franc-maçonnerie ?
Le premier grand tournant a lieu à la Révolution française. On croit souvent que les francs-maçons ont voulu la Révolution mais pas du tout : ils sont souvent très légalistes. On pense toujours à Philippe Égalité, le grand maître du Grand Orient qui vote la mort de son cousin Louis XVI. Mais la plupart des francs-maçons sont jeunes, comme les révolutionnaires de 1789 ; ils ont grandi à la fin de l’Ancien Régime. Comme pour le reste de la société, la Révolution leur tombe un peu dessus, ils sont déstabilisés par la situation. Il y a ceux qui s’engagent dans la Révolution, il y a ceux qui partent en émigration, ceux qui se mettent en retrait en attendant de voir comment ça va tourner… La franc-maçonnerie reflète tout le spectre des opinions de cette époque-là. Mais après la Révolution, il y a une sorte de relecture à posteriori de ce qu’était la franc-maçonnerie au siècle des Lumières. Si on appartient à une famille noble, on va se dire qu’on a eu des attitudes coupables, qu’on a trop accepté les idées nouvelles ; donc on fait disparaître des archives familiales ou des engagements familiaux le souvenir d’avoir été franc-maçon. Au lendemain de la Révolution, et notamment de la Restauration des Bourbons, la franc-maçonnerie qui comptait vraiment la sociabilité huppée, mondaine, qui avait très bonne réputation au XVIIIᵉ siècle, devient quelque chose de sulfureux. La plupart des francs-maçons modérés se mettent en retrait. Les effectifs diminuent, ceux qui restent sont des convaincus qui ont des positions beaucoup plus radicales, beaucoup plus politisées qu’au XVIIIᵉ siècle. Il va devenir très difficile d’avoir une sorte de consensus modéré comme c’était le cas avant ; ne serait ce que parce que l’Église catholique, qui se reconstruit après la Révolution, est une Église de combat, ultra conservatrice, très hostile aux Lumières, à tout ce qui est ouverture sociale. Elle fait de la franc-maçonnerie une de ses cibles privilégiées, alors qu’au XVIIIᵉ siècle même des abbés étaient vénérables de loges.
Elle reconstruit de toutes pièces une image de la franc-maçonnerie qui serait proche des protestants, par la suite proche des Juifs… progressivement on va vers le complot judéo-maçonnique. À la fin du XIXᵉ siècle, elle parlera de la « synagogue de Satan ».
Au cours du XIXᵉ siècle, la franc-maçonnerie entre en politique pour transformer la société, développer l’éducation pour tous… Elle réfléchit à la place des femmes dans la société. Bien évidemment, ses effectifs fondent parce que plus elle est engagée, plus les gens lui reprochent d’aller trop loin.
Cette franc maçonnerie-là, très active à la fin du XIXᵉ siècle, veut une laïcité militante. Dans la France de la IIIe République, elle est associée de très près au pouvoir parce que la plupart de ses députés, radicaux ou autres, viennent de ses rangs.
Alors qu’elle est à l’acmé de son pouvoir politique, arrive le régime de Vichy, qui la dissout…
Je n’aime pas trop l’expression mais on parle d' »Église de la République » pour la franc-maçonnerie de la IIIe République, comme si c’était une sorte d’Église laïque, et c’est ce qui est absolument impossible à accepter pour la France de Vichy. En 1940, quand Vichy enterre la IIIe République et donne naissance à l’État français, une de ses premières décisions est d’enterrer la franc-maçonnerie. Quand le maréchal Pétain choisit de créer un organisme chargé de lutter contre les sociétés secrètes, il ne confie pas la tâche à un policier ou à un haut-fonctionnaire… Pas du tout ! Il va choisir un spécialiste du XVIIIᵉ siècle qui s’appelle Bernard Faÿe en lui disant : « Il faut aller chercher dans les archives des francs-maçons les causes de l’effondrement de la France en 1940 face à l’Allemagne nazie. » La Révolution de Vichy se construit sur la diabolisation de la Révolution de 1789. La troisième République, c’était « Liberté, égalité, fraternité », ça sera « Travail, famille, patrie », etc. Et d’ailleurs, dans les affiches de Vichy, on voit la France de la « révolution nationale », c’est le terme employé par Vichy, comme l’antithèse de la révolution de 1789. Cela a des conséquences tout à fait directes : on fait des listes des francs-maçons vivants, on les chasse de la fonction publique, on en déporte certains, on pille leurs archives, et ce que Vichy ne prend pas, les nazis le volent.
Après la Seconde Guerre mondiale, la franc-maçonnerie renaît mais ses liens avec la politique et le pouvoir se distendent. Pourquoi ?
Alain Bauer.
Pour une raison très simple : la franc-maçonnerie s’est largement émiettée. Cela ne veut pas dire qu’il y a moins de monde, mais il y a « beaucoup de tout ». Aujourd’hui, il existe de très nombreuses obédiences. Il y en a de beaucoup plus traditionalistes que le Grand Orient de France : la Grande Loge nationale française, par exemple. Le Grand Orient a été considéré comme à gauche de l’échiquier politique pendant longtemps, mais cela ne veut plus dire grand chose. Prenez l’une des grandes figures récentes et médiatiques du Grand Orient de France, Alain Bauer : aujourd’hui, vous aurez du mal à le situer sur le spectre politique. Il a été conseiller aussi bien de Nicolas Sarkozy que d’autres. Les francs-maçons se distribuent sur l’ensemble du spectre politique.
Le Grand Orient est encore un lieu d’échange : il y a chaque année des questions sociétales sur lesquelles les loges réfléchissent. La contraception, l’IVG, sont des questions qui ont été discutées en loge pendant longtemps et qui ont pu donner lieu à des travaux législatifs. C’était ça le canal de d’influence. C’était une sorte de laboratoire de la République et des transformations sociales mais c’est un ressort qui marche moins aujourd’hui. La franc-maçonnerie se consacre davantage à la « défense »; de la laïcité, de la République, etc.
Pourtant il y a toujours beaucoup de fantasmes et de théories complotistes circulant au sujet de la franc-maçonnerie. Par exemple, le discours d’investiture d’Emmanuel Macron en 2017, devant la pyramide du Louvre, avait donné lieu à beaucoup de spéculations, la pyramide étant un symbole maçonnique. La question des rites initiatiques fascine également…
Comme toujours, on ne prête qu’aux puissants. En 2001, deux journalistes, Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, avaient fait paraître un livre au titre un peu racoleur, qui avait eu beaucoup de succès : Les Frères invisibles. Dedans, ils prétendaient que Jacques Chirac avait été reçu par une loge particulièrement influente et secrète qui s’appelait « Alpina ». En fait Alpina est la Grande Loge de Suisse. Elle a pignon sur rue comme la Grande Loge d’Angleterre, elle n’a rien de secret et Jacques Chirac n’en a jamais fait partie. Ces spéculations sont très fréquentes et vivent sur le souvenir de l’époque où la franc-maçonnerie était un lieu de puissance.
Déjà au XVIIIᵉ siècle, il y a plein livres qui ont des titres comme « Le secret des francs-maçons dévoilés », etc. C’est un effet de librairie. Mais de fait, il suffit de consulter des livres ou d’aller sur internet pour connaître tous les détails d’un rituel maçonnique. Mais comme dans toute forme de sociabilité initiatique, il s’agit d’un lien d’initiation partagé, et les francs-maçons diraient que, quel que soit ce qui est révélé, dès lors qu’on ne le vit pas de l’intérieur, le sens profond échappe. Il y a énormément de rituels qui se sont créés depuis le XVIIIᵉ siècle. Certains sont vraiment totalement dépouillés de toute valeur religieuse, et d’autres pas du tout. Il y a une franc-maçonnerie chrétienne, d’inspiration templière par exemple, qui date du XVIIIᵉ siècle et qui est encore très présente aujourd’hui. Il y en a une autre qui est vraiment purement symbolique. Et le Grand Orient lui, fait une sorte de synthèse avec une dimension symbolique, et une autre très sociétale.
Auteur, compositeur et interprète de chansons à texte, Guillaume Soa* s’adonne, depuis quatre ans déjà, à un genre littéraire bien particulier: le thriller historique. Ce genre combine les éléments d’un thriller traditionnel – suspens, tension, intrigue, et souvent un rythme rapide – avec un cadre historique. Ces romans sont construits autour d’événements, de personnages ou de périodes réels de l’histoire, mais sont enrichis d’éléments de fiction pour créer une histoire captivante et divertissante, tant au XIe siècle que de nous jours.
Et le cadre est celui de la préfecture du département d’Eure-et-Loir, puisque l’auteur est chartrain.
Voici comment LA PLUME, l’éditeur décrit Le Mystère de l’Apocalypse :
« XIème siècle. Chartres Ecole de Fulbert.
Le sage évêque Yves de Chartres envoie Foulques, son plus brillant disciple, en Terre Sainte suivre la première croisade, sa fureur, ses reliques et ses trésors. D’indices en révélations, il démasquera, à l’insu des puissants, la terrible vérité sur Jésus-Christ, l’Apocalypse et la Foi originelle.
De Nos Jours. Chartres. Lycée Marceau.
Matt, orphelin élevé par son grand-père historien, reconnait un symbole étrangement lié à ses parents disparus. Commence alors une quête aussi érudite que périlleuse remontant le fil du passé. Ce qu’il y apprendra fera voler en éclat sa propre identité et l’Histoire établie.
Et vous, qu’allez-vous découvrir ?
Le Mystère de l’Apocalypse – Book trailer – Guillaume Soa
Quant à La Filiation des Templiers, voici la quatrième de couverture :
« Février 1939, préfecture d’Eure-et-Loir
Dans une Europe à feu et à sang, Jean Moulin est accueilli dans son nouveau département par de mystérieuses menaces. Commence alors une quête intime, l’amenant à défier une société secrète et à décrypter l’indéchiffrable cathédrale.
De nos jours, Chartres
Matt, orphelin élevé par son grand-père historien, brave son destin à la recherche de ses racines. Ses découvertes, de symboles en révélations, l’entraineront au cœur du danger, bouleversant sa propre filiation. »
[NDLR : Nous avons tout d’abord apprécié la façon dont Guillaume Soa s’est fait connaître afin de diffuser ses ouvrages. Au XVIIIe siècle, nous dirions de lui qu’il est un frère à talent. Au XVIIIe siècle, l’expression frère à talent dans une loge maçonnique désignait donc un membre qui avait des compétences, des connaissances ou des capacités spéciales qui étaient estimées et valorisées par ses frères maçons. C’était souvent un musicien. L’avantage en était l’exonération de la capitation !
Ensuite, dans son premier thriller historique Le Mystère de l’Apocalypse, l’ajout de la carte de Chartres, au début d’un roman – une technique utilisée aussi dans les genres de la fantasy – permet au lecteur de se situer dans l’univers du roman et en renforce la crédibilité. Cela aide à comprendre la géographie fictive ou historique dans laquelle l’histoire se déroule et facilite le suivi des déplacements des personnages.
Et puis, à l’école, j’ai toujours aimé la géographie ! De mon temps, on ne parlait de World-building ou de storytelling, etc., mais c’était avant.
De toute façon, avec ces deux premiers romans, nous ne manquons pas d’immersion, sans complexité narrative. Nous suivons avec grand plaisir les énigmes et autres intrigues.]
*Guillaume Soa, auteur, compositeur et interprète de chansons à texte, a enregistré plusieurs albums et obtenu, tout au long de sa carrière musicale, différents prix et nominations (Sacem, France Télévisions, Région Centre, etc.). Accompagné d’un collectif artistique, il a également écrit des scénarios, réalisé des courts métrages et des vidéoclips.
Le dernier opus de Guillaume Soa, sorti en octobre dernier.
Après un premier roman paru en 2020, puis un autre en 2022, il publie, en octobre 2023, son troisième thriller historique, La Protection de l’Ordre – là l’auteur nous parle de Jean Moulin découvrant un parchemin qui l’entraine sur les traces des Templiers et d’un jeune seigneur rêvant de devenir Templier, à la fin du XIIe siècle. La plume toujours aiguisée. Soa revient dans son univers musical qu’il affectionne, celui où l’on s’affranchit de cases, d’étiquettes, pour marcher au feeling et glisser dans ce melting-pot les influences qui le font vibrer. Entre Soprano, OrelSan et Oxmo Puccino. Des chansons joyeuses, d’autres plus sombres. Des textes affutés, d’autres plus légers. Des musiques dansantes, d’autres douces. il y brasse ce qu’il aime, avec envie et passion, des musiques du monde pour faire générique. Le résultat est un ensemble de onze titres qui se déroulent tout seul, où les mélodies s’inscrivent rapidement, les textes invitent à la réflexion, sans pesanteur.
La Plume, le nom des éditions…
Passionné d’histoire, ce chartrain a choisi celle de sa ville pour entamer une série de romans à la Dan Brown, mélangeant le suspens des intrigues, la forte personnalité des personnages et la pédagogie de l’Histoire naturellement riche en rebondissements. Amateur dans l’âme et professionnel dans l’œuvre, il participe à des résidences et ateliers d’écriture. Il rencontre ainsi différents auteurs reconnus tel que Philippe Krhajac ; prix des lycéens Folio pour Un Dieu dans la poitrine.
La co-cathédrale Saint-Jean à La Valette, capitale de Malte, est un monument historique et un lieu de culte remarquable qui témoigne de la riche histoire riche de l’île et de l’Ordre de Malte.
Girolamo Cassar
Des bâtisseurs aux Chevaliers…
La co-cathédrale Saint-Jean a été construite par les Chevaliers de Malte entre 1572 et 1577. Elle a été conçue par l’architecte militaire maltais Ġlormu Cassar aussi connu comme Girolamo ou Gerolamo Cassar (c. 1520 – c. 1586), célèbre pour ses contributions significatives à l’architecture de l’île pendant la période où Malte était sous la domination de l’Ordre de Saint-Jean ou Chevaliers hospitaliers. Il a probablement été formé par des maîtres bâtisseurs locaux et a eu l’occasion d’étudier l’architecture militaire, qui était cruciale à l’époque en raison des constantes menaces d’invasion. Il est devenu l’architecte de l’Ordre de Saint-Jean et a été influencé par les styles architecturaux qu’il a rencontrés lors de ses voyages avec l’Ordre, notamment en Italie.
Parmi ses constructions les plus notables, nous comptons aussi l’Auberge de Castille, qui abrite aujourd’hui le bureau du Premier ministre maltais, et plusieurs autres auberges qui hébergeaient les différentes langues (groupes nationaux) des Chevaliers de l’Ordre.
La co-cathédrale, initialement conçue dans le style maniériste, elle a été ensuite embellie dans un style baroque opulent au XVIIe siècle, notamment par le peintre italien Mattia Preti qui a peint l’intérieur.
La co-cathédrale, église conventuelle de l’Ordre de Saint-Jean
Tout d’abord, pourquoi la nomme-t-on co-cathédrale ?
Saint-Jean à La Valette, Malte, porte le titre de co-cathédrale parce qu’elle partage le siège épiscopal avec une autre cathédrale, ce qui est assez rare dans la hiérarchie ecclésiastique catholique. Dans le cas de Malte, la co-cathédrale Saint-Jean partage le siège de l’archidiocèse de Malte avec l’ancienne cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, située à Mdina, ville fortifiée capitale de Malte jusqu’en 1530.
Saint-Jean a été consacré comme l’église conventuelle de l’Ordre de Saint-Jean, servant de lieu de culte principal pour les Chevaliers de l’Ordre. Elle est dédiée à Saint-Jean-Baptiste, le saint patron de l’Ordre.
Les œuvres d’art
À l’intérieur, elle abrite des œuvres d’art d’une immense valeur, dont la plus célèbre est sans doute « La Décollation de Saint-Jean-Baptiste » par Le Caravage, peinte en 1608 et considérée comme l’une des meilleures œuvres du peintre et la seule signée par lui.
Le Caravage, de son vrai nom Michelangelo Merisi (1571-1610), est un peintre lombard dont l’influence sur l’art de la peinture a été profonde et durable. Il est célèbre pour son utilisation dramatique du clair-obscur, une technique appelée ténébrisme, caractérisée par de forts contrastes entre lumière et obscurité. Ses œuvres sont connues pour leur réalisme cru et leur représentation psychologique intense des sujets, souvent des figures religieuses ou des scènes de genre avec un naturalisme marqué. Rappelons qu’il meurt en 1610 dans des circonstances mystérieuses alors qu’il tentait de retourner à Rome…
Le sol est incrusté de marbre, composé de plus de trois cents tombes, où reposent les chevaliers et officiers de l’Ordre. Chaque tombe est décorée de motifs complexes qui reflètent les armoiries et les symboles des chevaliers enterrés.
La co-cathédrale Saint-Jean de nos jours
Elle est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO et l’un des principaux sites touristiques de Malte.
Joyau de la Valette, la paroisse est heureuse d’accueillir tout le monde en permettant de s’ouvrir à l’Esprit du Seigneur, d’aller vers tous les frères et sœurs en Humanité et ainsi d’être témoins de l’Amour de Dieu ! Des messes sont régulièrement dites. Elle est également un musée où les visiteurs peuvent admirer son architecture et ses œuvres d’art.
La co-cathédrale Saint-Jean est donc un symbole durable de l’histoire de Malte et de l’héritage de l’Ordre de Malte, reflétant à la fois la puissance passée de l’Ordre et l’importance continue de la foi chrétienne sur l’île.
Armoiries de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à partir de 1153.
Vous avez dit Ordre de Saint-Jean ?
Aussi connu sous le nom d’Ordre de Malte ou de Chevaliers hospitaliers, il s’agit d’une organisation religieuse et militaire catholique qui a joué un rôle central dans l’histoire de Malte.
Sa genèse
L’Ordre a été fondé à Jérusalem au XIe siècle pour fournir des soins aux pèlerins malades ou blessés en Terre sainte – nom donné par les chrétiens à la région où est né et a vécu Jésus-Christ –, quelle que soit leur race ou religion.
Il devient rapidement un ordre religieux et militaire, prenant part aux Croisades et acquérant des territoires et des richesses.
Levée du Siège de Malte par Charles Philippe Lariviere.
Sa venue à Malte
Après avoir été chassés de la Terre sainte puis de Rhodes, l’Empereur Charles Quint donna l’archipel maltais à l’Ordre en 1530. L’Ordre transforma Malte en un bastion chrétien contre l’Empire ottoman et en un centre de commerce et de diplomatie en Méditerranée.
Jean Parisot de la Valette.
Le Grand Siège de 1565 :
L’un des événements les plus célèbres de l’histoire de Malte est le Grand Siège, où l’Ordre, sous la direction de Jean Parisot de la Valette, résista à un assaut massif de l’armée ottomane.
Après leur victoire, les Chevaliers construisirent la ville de La Valette, qui devint la nouvelle capitale de Malte.
Vie ma vie de Chevaliers à Malte
Les Chevaliers de l’Ordre ont fortement influencé la culture, la langue et l’architecture de Malte. Ils ont construit des palais, des églises, des hôpitaux et des fortifications qui caractérisent toujours le paysage de l’île. L’Ordre était organisé en langues, ou groupes nationaux, chaque langue ayant sa propre auberge ou palais.
La perte Malte
L’Ordre a été expulsé de Malte par Napoléon en 1798 lors de sa campagne égyptienne. Bien que l’Ordre ne contrôle plus Malte, il existe toujours en tant qu’organisation souveraine de secours et de soins médicaux, reconnue internationalement et ayant le statut d’observateur aux Nations Unies.
L’Ordre toujours vivant, son héritage
L’Ordre de Saint-Jean laisse un héritage durable à Malte, avec des monuments historiques et un patrimoine culturel riche qui attirent des visiteurs du monde entier.
Panorama historique de la franc-maçonnerie à Malte
La présence de la franc-maçonnerie à Malte remonte au XVIIIe siècle, époque à laquelle l’île était sous la règle de l’Ordre de Saint-Jean, aussi connu sous le nom de Chevaliers de Malte.
Quelques repères…
Début de la Franc-Maçonnerie à Malte :
Les premières loges maçonniques à Malte ont été établies pendant la période où l’île était un refuge pour les chevaliers après leur expulsion de Rhodes et avant l’arrivée de Napoléon. Cela a coïncidé avec le siècle des Lumières, où la franc-maçonnerie gagnait en popularité parmi les élites européennes.
La période napoléonienne :
Lorsque Napoléon Bonaparte a pris Malte en 1798 sur son chemin vers l’Égypte, il a apporté avec lui des idéaux maçonniques, car il comptait plusieurs francs-maçons parmi ses officiers et supporters. Malte est ainsi devenue un point d’échange d’idées maçonniques.
Sous le règne britannique :
Avec l’arrivée des Britanniques au début du XIXe siècle, la franc-maçonnerie a continué à se développer, car l’Empire britannique était très favorable à ces sociétés. Des loges ont été établies et fréquentées par les militaires et les civils britanniques ainsi que par des Maltais influents.
Oratoire et Décollation de St-Jean-Baptiste.
La Franc-Maçonnerie à Malte de nos jours
La franc-maçonnerie existe toujours à Malte aujourd’hui, avec plusieurs loges en activité. Comme partout dans le monde, elle est associée à des activités philanthropiques. La présence britannique fait qu’il s’agit d’une maçonnerie dite « régulière et de tradition ».
Armes du Vatican
Controverses avec l’Église de Rome
La relation entre la franc-maçonnerie et l’Église catholique a été historiquement tendue, et à Malte, un pays avec une forte identité catholique, cela a conduit à des périodes de méfiance et de controverses. Il y a donc eu des périodes où les francs-maçons ont été persécutés ou où leurs activités ont été sévèrement restreintes, en particulier sous le régime de l’Ordre de Saint-Jean, qui était très lié à l’Église catholique.
La franc-maçonnerie à Malte, comme dans de nombreuses régions du monde, joue encore un rôle dans les cercles politiques…
En savoir plus, avec l’historien Pierre Mollier, spécialisé en maçonnologie, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), on lira utilement son « Malte, les chevaliers et la Franc-maçonnerie » (p. 1-15), dans La Franc-Maçonnerie en Méditerranée (XVIIIe – XXe siècle) Lumières, sociabilité et espace public : le XVIIIe siècle, Cahiers de la Méditerranée.