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En Franc-maçonnerie, célébrer la Saint Jean d’Hiver c’est exalter le paradoxe de la Présence dans l’Absence

Que reste t-il lorsque tout semble endormi dans les frimas de l’hiver. Quelle Lumière reste t-il pour réchauffer notre Fraternité meurtrie par le froid de nuits trop longues ? Au Septentrion de nos aurores boréales, les particules de Lumière peinent à rendre au jour son plein éclat. Nous ne sommes pas nyctalopes et au cœur de nos « asynchronicités » nocturnes c’est à tâtons que nous marchons, trébuchons, gémissons. Parfois nous nous arrêtons, nous semblons rendre l’âme lorsqu’au jour le plus court où nous pouvons perdre de vue l’espoir de notre « invincible été ».

Rendre l’âme certes… mais à qui ? À qui appartient-elle ? Et où la rendre si on ne sait pas où on l’a prise ? Pour le savoir il faut relever la tête, redresser son corps et enjamber le Léthé qu’est cette nuit la plus longue.

Gémir certes… mais espérer toujours !

L’Absence – Photographie – ©Stefan von Nemau

Espérer tant que la Vie reste un questionnement fût-il quantique… qu’elle soit corpusculaire ou ondulatoire c’est la Vibration qui témoigne de la Vie… peut-être l’a-t-elle créée ? Ou peut-être est-ce l’inverse : la Vie créant la Vibration… je ne sais pas encore… patience… la réponse sera derrière la Porte… peut-être !

La Voie alchimique quantique – Aquarelle sur papier – Collection particulière – ©Stefan von Nemau

Il faudrait convoquer monsieur Schrödinger pour connaître ce qu’il a à dire sur ce sujet mais dans sa « qu’est-ce » de bois est-il mort ou vivant ? Je n’entends que l’écho de son Absence faire résonner mon « corps-diapason » de « clerc-audiant ». Les mots ne sont pas que des mots. Les mots de l’artiste sur sa Voie ne lui appartiennent pas tous. Ils sont intention, énergie, vibration ; mais aussi matière, forme et ego lorsqu’ils créent ou détruisent. Ils sont oubli de soi lorsqu’ils entrent en résonance avec « l’uni-vers » et transmettent La Lumière.

Le Pélican – Photographie – ©Stefan von Nemau

Ce que je connais par contre, c’est qu’au cœur de nos nuits hivernales, glaciales, humides et solitaires, de ces nuits où même le Pélican perd l’espoir du Phénix, il subsiste un battement… une pulsation vitale… un futur « né-an » entre deux décisions… une « dé scission » à accepter : onde ou corpuscule ? Quelle porte de la fente de Young emprunter ?

« Jamais un coup de dé n’abolira le hasard » nous murmure le poète en apparence si Mallarmé

La Beauté secrète de l’hiver : La porte « sub-rosa »

La Voie Sub-Rosa – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

La porte « Sub-Rosa » c’est la secrète, celle du Poète, celle du prince des nuées aux ailes d’albatros.

Elle est pavée des mots que ce « Myste-errant » laisse comme seules traces dans la neige de son labyrinthe. Il a pour seule carte le tracé d’un dessin. Celui d’une caisse vide avec trois trous sur le devant, dessinée par un aviateur perdu en plein Désert à mille milles de toutes les terres habitées. Pour les plus curieux d’entre nous, mille milles cela fait 1852 kilomètres, ça paraît long comme ça mais c’est « juste » l’enjambement du Léthé, l’arc septénaire du Chemin de l’Élan vital qui mène vers l’Invincible Été.

Ainsi le poète se révèle et le Poète se relève lorsqu’il comprend que c’est le temps qu’il a perdu pour sa rose qui fait cette rose si importante. Là seulement son sillage enlumine le Temps.

La Voi(e)(x) du Poète parle par allusions, métaphores, nombres et assonances. Ces mots recèlent souvent une apparente absence de sens. Liberté suprême qu’il nous accorde que celle de nous laisser assez de ciel pour nous envoler vers notre Sens profond. Il lui arrive même « d’oublier » toute forme de ponctuation afin de nous laisser nous approprier son Golem en lui insufflant notre propre rythme ; Don de soie ultime fait à la chrysalide.

L’Absence participe au présent actif d’absum « JE suis absent, JE suis [déjà] ailleurs ». C’est par cet absum que le Poète embrase l’âme de son Puits.

Dans la « via Sub-Rosa » le Poète relevé est celui qui « dys-paraît » en franchissant les labyrinthes du Sens et du Non-sens pour nous transmettre les échos tracés au Compas de « l’uni-méta-verT » de l’émeraude du Sur-sens.

La Force de l’été : la Porte Fractale

La Voie Fractale – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

De l’autre côté de la Voie de la Rose se trouve la Voie Fractale, entrée secrète du Géomètre. Il explore son Monde par sa fracture en chevauchant le dragon impitoyable de la logique, des théorèmes, de la mesure, de la rationalité et des chiffres.

Cette raison résonnante poussée jusqu’à l’abstraction pure de la Forme tente de révéler la Non-forme pour atteindre « l’uni-méta-verS » de la Sur-forme.

Dans l’univers du Géomètre, le solfège du cercle devient musique des Sphères ; les « ternes-aires » se vêtent de leurs pyramidions et deviennent les « Ternaires » « aur-és » de leur Gloire ; les verticales parfaites « s’orthogonnent » aux horizontales absolues. Elles révèlent l’Équerre.

Arrivé aux confins de son Désert le Géomètre rencontrera son Puits. Il s’y désaltérera des Nombres Infinis, irriguant la racine des carrés de ses constructions, cultivant les cercles de son univers, séparant les figures en leurs justes proportions, asymétriques à s’y méprendre.

Il se remémorera ce jour où l’esprit de la Forme a terrassé son dragon retourné ainsi à la « Taire » d’où il était sorti enorgueilli de son « ça-voir » . Ce jour si particulier où au cœur de sa nuit glaciale, juste éclairé par la lueur de son crépuscule austral, il a réalisé que de « d’Eux » « Un » n’est pas la juste moitié.

Au matin de ce soir là, par l’Absence revenu à sa rectitude, le Géomètre ouvrira sa propre Voi(e)(x). Il transmutera les chiffres en « N-ombre » par la secrète opération dévoilées : (1 + 8) + (5 + 2) => 9 + 7 => 16 => 1 + 6 = 7 . En enjambant son Léthé il retrouvera pacifiquement le Poète sur la Voie du « Myste-errant » vers le royaume « Un-fini » du Sur-sens.

Cette nuit là, un autre Puits sera transmuté en phare flamboyant sur l’Infini, guidant le pèlerin jusqu’à cette Porte que le Poète nomme La Destination et que le Géomètre nomme L’Équation : retrouver l’inconnue de soi-même. Les mains jointes dans leur Chaîne d’Union, ils auront ensemble ainsi tracé la Sphère reliant un Pôle à l’autre.

La SAGESSE : Voie de l’équinoxe

La Voie de l’Equinoxe – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

Enfin, il existe une troisième Voie possible pour transcender cette quête de l’Absence. Une voie qu’aucun saumon ne peut explorer ou remonter ; une voie que seule la transmutation du salmonidé en homo-erectus permet d’atteindre le seuil.

Il faut des jambes pour s’agenouiller et franchir la Porte-basse. Il faut être debout pour escalader les marches de la Spirale et cheminer vers l’Orient. C’est une Voie qui commence par la descente au Secret Sacré de la nuit du genre humain.

Ainsi c’est dans le secret que les choses se créent ; paliers après « pas-liés » la Spirale découvre ses épreuves, ses joies et ses peines, ses apogées et ses hypogées, ses doutes et ses exaltations, ses pleins et déliés.

L’aveuglement, le dé et les empereurs – Aquarelle sur papier – ©Stefan von Nemau

En explorant l’Absence, les oscillations aux déséquilibres apparents permettent cette Marche de l’Empereur vers les confins du Mystère dont l’Absence révèle la Présence.

C’est la Voie de ce Puits que certains nomment « Art Royal » et d’autres plus simplement Franc-maçonnerie. Elle nécessite l’abandon de nos « espères-rances ». Elle pose comme certitude l’incertitude de rencontrer notre part des anges, cet idéal d’Espérance.

Et… toujours plus profondément « des-cendres »… dans le sillage du souffle des ailes d’Hermès mettre les derniers vestiges de notre Ombre dans ce pari fou pris contre l’Infini : nous retrouverons notre Nombre Racine dans l’espace-temps sacré d’un battement de « si-Il ».

Cheminer vers l’Aube Nouvelle : révéler la Lumière

La Présence – Photoplastique – ©Stefan von Nemau

Alors, dans ce futur présent de ce moment là seulement…

Alors, à force de raison, d’intuitions et d’expériences, Chronos embrassera Kaïros et l’Amour des deux Frères retrouvés embrasera l’Aiôn de sa Lumière d’Aur révélée…

Alors à ce moment là le Pélican transmutera en Phénix

Alors à ce moment là le Tout dansera l’Unité

Alors à ce moment là la Beauté exaltera la Joie, la Force rayonnera l’Amour, la Sagesse réalisera la Paix

Alors à ce moment là la Maya sera transcendée.

A ce moment là et à ce moment là seulement, l’Absence deviendra Présence, l’Absurde révélera la Grâce et la Vie s’envolera de son Hiver vers son invincible Été.

L’envol vers l’invincible été – Photographie – ©Stefan von Nemau

Plans déposés pour le plus haut bâtiment d’Adélaïde

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De notre confrère australien indaily.com.au

Des plans pour une tour de 37 étages et 183 mètres et un hôtel derrière le Freemasons Hall, classé au patrimoine de l’État, ont été déposés, dans l’espoir que le gratte-ciel de North Terrace incorporera un nouveau musée de l’histoire de l’Australie du Sud d’ici 2026.

Le Freemasons Hall Trust a déposé une demande de développement le 30 octobre pour sa « Keystone Tower » longtemps évoquée derrière le Freemasons Hall sur North Terrace, le plan étant inscrit au registre public des développements ce mois-ci.

Le projet, d’une valeur estimée à 400 millions de dollars, comprend un hôtel de 240 chambres, des bureaux, un salon d’affaires, un espace de réception, un centre de « bien-être” et un balcon au dernier niveau.

Le History Trust espère également abriter un nouveau musée d’Adélaïde sur l’histoire de l’Australie du Sud sur les cinq premiers étages de la nouvelle tour et dans la salle des francs-maçons, sous réserve du financement du gouvernement de l’État.

Dessins architecturaux déposés auprès de PlanSA. Image : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fourni

Tour des francs-maçons

L’emplacement du site de la tour Keystone. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

Avec ses 183 mètres, la Keystone Tower serait le bâtiment le plus haut d’Adélaïde, éclipsant de 45 mètres l’actuel détenteur du titre Crowne Plaza sur Frome Street.

La proposition est également plus haute qu’un Plan d’hôtel et d’appartements de 180 mètres et 55 étages de l’année dernière < a i=3>approuvé pour le coin de Pulteney et Flinders Street. Depuis, le développeur aurait tenté de confier ce site à un autre acheteur.

Le plan des francs-maçons exigera la démolition de la Grande Salle située à l’arrière de la salle des francs-maçons classée au patrimoine national, tout en conservant sa façade. .

La salle des francs-maçons au 254 North Terrace. Photo : Tony Lewis/InDaily

Le grand bâtiment North Terrace a été érigé en 1927 et ajouté au registre du patrimoine national en 1984.

Henry Davis, adjoint au grand registre des francs-maçons SA/NT, a déclaré que le groupe espérait l’approbation de la planification avant mars 2024 et l’achèvement du projet en 2026.

« L’intention est que ce soit un véritable bâtiment pour Adélaïde et ses habitants et pour que les visiteurs viennent découvrir Adélaïde et voient Adélaïde d’une manière différente », a-t-il déclaré.

Les Plans d’aménagement fournis à InDaily montrent les étages de l’hôtel du niveau 13 au niveau 29, les bureaux au niveau 30 et un espace fonctionnel au niveau 31.

Une plateforme d’observation publique sur trois niveaux comprenant un observatoire, une mezzanine et un balcon est prévue aux niveaux 33 à 35.

Dessins internes présentés au Bureau du design et de l’architecture du gouvernement de l’État. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

L’exploitant de l’hôtel devrait être annoncé la semaine prochaine.

Le PDG de History Trust, Greg Mackie, a déclaré à InDaily que son organisation travaillait avec les francs-maçons et leurs consultants depuis trois ans pour créer un nouveau. Le musée est un « élément majeur dans la reconversion de la Grande Loge des Francs-Maçons ».

« Le musée» ferait 8 000 mètres carrés et, par conséquent, seule une petite partie de cette superficie s’intégrerait dans le bâtiment patrimonial existant », a-t-il déclaré.

« Les cinq premiers étages de la tour seraient reliés au bâtiment de 1927 et offriraient des musées contemporains et des espaces ouverts vraiment souhaitables pour le 21st

Dessins internes présentés au Bureau du design et de l’architecture du gouvernement de l’État. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

Le History Trust, qui gère déjà le Migration Museum de l’État, le National Motor Museum et le South Australian Maritime Museum, envisage depuis longtemps de créer un nouveau musée documentant l’histoire de l’Australie du Sud.

L’ancien gouvernement Marshall a également reçu 250 000 $ pour étudier une analyse de rentabilisation du concept, la salle des francs-maçons étant l’une des trois options identifiées.

Une vue de la tour Keystone la nuit. Image : fournie

Mackie a déclaré que la proposition du musée Freemasons Hall nécessiterait un accord de financement pour le gouvernement « dont aucune institution culturelle publique n’aurait jamais bénéficié auparavant en Australie ».

Il a également déclaré que la proposition d’AMOSAH était particulièrement importante étant donné l’approche du bicentenaire de l’Australie du Sud en 2036.

« L’opportunité d’aligner AMOSA dans nos préparatifs pour cette célébration à l’échelle de l’État est, je pense, culturellement passionnante et assez convaincante », a déclaré Mackie.

Plans détaillés de la manière dont le musée proposé sera intégré à la salle des francs-maçons et à la nouvelle tour Keystone. Images : Walter Brooke and Associates et Freemasons Hall Trust/fournis

Davis a déclaré que la hauteur supplémentaire était due à la demande du secteur hôtelier pour plus de chambres.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi cette proposition de tour réussirait alors que d’autres développements majeurs ont échoué, Davis a répondu : « Nous avons l’argent.

« Nous avons signé l’accord hôtelier hier, et je pense que la vraie différence est que les personnes derrière cet accord ont une vision… elle n’est pas motivée par l’argent.

L’influence des Constitutions d’Anderson sur la constitution américaine

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De la Chaine officielle de la GLNF

Dans le cadre du tricentenaire des Constitutions d’Anderson, la GLNF a reçu le 29 novembre 2023, Akram R. Elias, Passé Grand Maître de la Grande Loge de Washington D.C. qui a prononcé une conférence sur le thème : « Les Constitutions de 1723. Consolider les fondations de l’Amérique ». Nous vous proposons de revivre cette conférence publique « Villard de Honnecourt ».

00:16 Introduction de Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la GLNF 1:35 Jean-Luc Leguay 23:06 Gérard Icart 30:39 Akram R. Elias 01:09:00 Bruno Pinchard 01:18:26 Thierry Zarcone 01:42:57 Conclusion de Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la GLNF

La Grande Loge d’Argentine donnerait-elle un coup de canif au fameux « Basic Principles » de 1929 ?

C’est notre confrère Guido Berrini, le 13 courant, dans Tiempo de San Juan qui n’hésite pas à titrer « Les francs-maçons se positionnent au second tour : pour qui votent-ils ? » suivi de « Le Grand Maître franc-maçon d’Argentine a établi la position de la loge pour le scrutin du 19 novembre ».

[NDLR : La Grande Loge d’Argentine, fondée en 1857, fait partie d’un paysage maçonnique en Argentine, où le Rite Écossais Ancien et Accepté a eu une grande supériorité, mais d’autres rites tels que le Rite Français, le Rite Anglais Style Émulation et différents Rites Égyptiens se sont également établis. L’histoire de la maçonnerie en Argentine est intimement liée à des événements politiques et sociaux significatifs, notamment la Révolution de mai en 1810 et l’indépendance du pays, où des loges maçonniques ont joué un rôle actif. Des figures importantes de l’histoire argentine, comme le Général Giuseppe Garibaldi et le Général Justo José de Urquiza, ont été associées à la franc-maçonnerie, indiquant l’influence du mouvement sur la formation de la nation.

Quant aux « Basic Principles for Grand Lodge Recognition », souvent appelés les « Basic Principles of 1929 », ils sont un ensemble de règles établies par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) pour déterminer la reconnaissance de la régularité maçonnique d’autres Grandes Loges. Ces principes sont considérés comme des critères pour établir et maintenir les relations entre les différentes obédiences maçonniques à travers le monde et sont souvent référés en tant que landmarks ou repères de la franc-maçonnerie dite régulière et de tradition. Ils définissent les normes en matière de croyance, de souveraineté, d’indépendance, de rituel, et d’autres aspects qui sont essentiels à l’inter-reconnaissance des Grandes Loges.

Le point 7, sur les 8 que comprennent les « Basic Principles », stipule « Prohibition of Certain Discussions: Discussion of religion and politics within the lodge is strictly prohibited », soit « Interdiction de certains débats : La discussion sur la religion et la politique au sein de la loge est strictement interdite ».

Un grand maître qui a tout compris car c’est en loge qu’il ne faut pas avoir de discussion sur la politique et sur la religion.

Les landmards seraient-ils en train de bouger dans cette maçonnerie qui se prétend « régulière et de tradition » ?

Déjà le 10 novembre dernier, le Suprême Conseil du REAA d’Angleterre et du Pays de Galles vient d’écrire à tous ses membres que désormais ils ne seront plus tenus d’adhérer au dogme de la Trinité…

Déjà qu’à la GLUA, pour célébrer la Journée internationale de la femme, le podcast Craftcast sur la franc-maçonnerie féminine avec Christine Chapman, Grand Maître de l’Honorable Fraternité des Anciens Francs-Maçons (HFAF) est toujours en ligne et lecture sur leur site.

https://www.ugle.org.uk/discover-freemasonry/blog/womens-rites

D’autant que depuis 2018, Les francs-maçons anglais de la GLUA acceptent les femmes transgenres qui ont rejoint le groupe en tant qu’hommes…

Mysticisme de Samara Art Nouveau – Partie 1

De notre confrère russe sgpress.ru – Par Tatyana Gridneva

Le personnel du Musée d’Art Nouveau, avec sa nouvelle exposition, a soulevé un sujet intéressant, qui faisait partie de l’atmosphère générale qui régnait dans la société au tournant des XIXe et XXe siècles. C’est une passion pour diverses pratiques mystiques, les nouveaux mouvements philosophiques et les théories psychologiques.

Séances spiritualistes, divination, étude de la théorie de Sigmund Freud, des œuvres d’Helena Blavatsky et de Nicholas Roerich, participation à des sociétés et pratiques spirituelles secrètes. Tout cela se reflétait dans la littérature et les beaux-arts de l’âge d’argent. Belle époque est le nom donné à cette période de transition. D’une part, il était plutôt prospère. D’un autre côté, les personnes les plus sensibles et les plus créatives de l’époque ressentaient les signes d’une catastrophe imminente : de longues années de révolutions et de guerres à venir. Les gens ont perdu confiance en eux et se sont tournés vers des forces d’un autre monde. 

Selon la directrice du musée, Irina Sviridova, le mysticisme, comme un dôme, recouvre toute la culture de l’ère moderne. 

Dans la famille Kurlin

Les Kurlins, propriétaires du manoir le plus luxueux de Samara, n’étaient pas non plus étrangers au mysticisme. Surtout si l’on se souvient de leur sort malheureux, malgré tout leur bien-être matériel. Diplômé de la Faculté de droit de l’Université de Moscou, commerçant prospère et personnalité publique respectée, Alexander Kurlin a soudainement perdu la tête. Sa jeune épouse a été obligée de rendre visite à son mari dans un hôpital psychiatrique, contribuant financièrement à son organisation jusqu’à la mort prématurée de son mari. Leur unique enfant est mort en bas âge. Et après la révolution, la belle Alexandra elle-même partit pour Moscou et mourut complètement seule dans une pièce exiguë d’un appartement commun. On peut imaginer comment cette dame la plus en vogue de Samara prédit l’avenir avec des cartes dans un salon décoré d’orchidées en stuc ou organise une séance, invoquant l’ombre de son mari décédé et la consultant sur ce qu’il faut faire dans les circonstances actuelles. 

L’une des sections de l’exposition est spécifiquement dédiée à la croyance en l’autre monde. Ici vous pouvez voir une grande table ronde qui tournait sous les mains des participants à la séance au rythme des murmures et des cris du médium. Si vous retournez les cartons disposés ici, vous pourrez lire le décryptage des termes utilisés par les esprits voyants. Par exemple, la transfiguration. Il s’agit d’un changement dans l’apparence du médium jusqu’au degré de similitude avec la personne qu’il appelle. La transe est un sommeil magnétique profond permettant de reproduire les actions des esprits. L’ectoplasme est une substance qui apparaît de l’air lors d’une séance et contribue à la matérialisation des fantômes. 

Les visiteurs se voient présenter un portrait photographique des premiers médiums, les sœurs Fox, qui vivaient aux États-Unis.  

Voici des échantillons des premières photographies « transcendantales » qui ont suscité un véritable engouement. Ils représentent des images de personnes réelles, prétendument représentées en compagnie d’esprits surpris. Il est difficile de juger s’il s’agissait d’erreurs dans l’élaboration des planches ou d’actions conscientes des photographes. Parmi ceux qui croyaient en l’authenticité des photographies de ce genre se trouvait Arthur Conan Doyle lui-même. La nature de ces effets a peut-être été discutée par les membres de la Samara Photographic Society, qui se réunissaient régulièrement dans le fumoir d’Alexander Kurlin. 

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1
Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1

Aksakovs et télékinésie

L’un des monuments du mysticisme de Samara est la maison détruite du gouverneur, à l’emplacement de laquelle est aujourd’hui aménagé le parc Aksakov. 

Écrivain et traducteur, neveu de l’auteur de « La Fleur écarlate », Alexandre Nikolaïevitch Aksakov était un ardent partisan du spiritualisme. Il est même devenu l’auteur du terme « télékinésie ». Et dans la seconde moitié des années 1860, il trouva une confirmation de sa philosophie dans les écrits du spiritualiste américain E. J. Davis. Il a écrit des articles sur le magnétisme animal et le spiritualisme et réalisé des traductions thématiques de l’allemand et de l’anglais. Il les publia à Saint-Pétersbourg et à Leipzig. Depuis 1870, il commence lui-même à participer à des séances mystiques. 

Depuis 1874, Aksakov publie à Leipzig la revue mensuelle Psychische Studien, consacrée à l’étude de phénomènes peu connus de la vie mentale. En 1893, en réponse au traité Der Spiritismus d’Eduard Hartmann, il publie son propre livre, Animisme et spiritualisme. 

Le gouverneur de Samara, Grigori Aksakov, et toute sa famille avaient entendu parler des excentricités de leur proche. Mais peut-être ne les ont-ils pas condamnés, mais séparés. Il est désormais difficile de déterminer si Alexandre Aksakov a rendu visite à son cousin à Samara. Mais on peut supposer que les habitants de la maison du gouverneur ont tenté d’évoquer l’esprit de Pouchkine. A cette époque, les cendres du poète étaient bouleversées par tout le monde. D’après les souvenirs de ma grand-mère, un jour, regardant des parents plus âgés prédire l’avenir des mariés à l’aide d’une soucoupe en porcelaine et évoquant l’esprit d’Alexandre Sergueïevitch, elle a également osé poser la question : qui sera ma fiancée ? A quoi « l’esprit de Pouchkine » a répondu : tu es toujours vert ! Cet incident l’a affectée pour le reste de sa vie. Et l’homme croyait fermement au spiritualisme. 

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1
Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1

Extrait du livre « Animisme et spiritualisme » d’Alexandre Aksakov :

« Hartmann dit qu’une relation étroite doit être établie entre le médium et les participants à la séance avant que les transfigurations et les matérialisations puissent avoir lieu. Cette relation s’établit, selon lui, par la répétition fréquente de séances du même médium avec le même cercle. Les phénomènes de transfiguration sont le plus souvent découverts dans les photographies spiritualistes, lorsque la figure du médium, déguisée ou apparaissant de manière floue sur la photographie, ressemble dans ses traits à l’apparence d’une autre personne décédée. 

En 1848, deux très jeunes filles de l’État de New York, les sœurs Maggie et Katie Fox, convainquirent leurs parents et leurs voisins qu’elles pouvaient communiquer avec les morts, qui auraient répondu aux questions par une série de coups. Au départ, ce n’était qu’une blague. Cependant, Leah, la sœur aînée des filles, a vu le potentiel de profit du tirage au sort. Elle a commencé à emmener Maggie et Katie à des séances avec des personnes prêtes à payer pour avoir l’opportunité de parler avec leurs proches décédés. La performance des jeunes spiritualistes prenait de l’ampleur. Bientôt, les filles partirent en tournée en Amérique. Leur activité a prospéré pendant des décennies. D’autres charlatans, voyant le succès des sœurs Fox, reprennent leur idée et se déclarent médiums.

À suivre.

Mysticisme de Samara Art Nouveau. Partie 1

Photos de l’auteur

Une loge dépose plainte contre une autre loge pour l’usage de son nom

De notre confrère brésilien tjsp.jus.br

La 1ère Chambre Réservée de Droit des Affaires du Tribunal de Justice de São Paulo au Brésil a maintenu la décision du 2ème Tribunal de Commerce et d’Arbitrage des Conflits, rendue par le juge Guilherme de Paula Nascente Nunes, qui ne reconnaissait pas le droit exclusif d’utiliser un nom par une Loge maçonnique. 

La Loge a porté plainte pour concurrence déloyale en raison d’une utilisation abusive de sa marque. L’argument est que le défendeur utilise le même nom et le même titre distinctif, sans avoir d’enregistrement légal et, par conséquent, sans personnalité juridique. L’entité est accusée de se présenter de manière inappropriée comme l’auteur, de divulguer des informations et de les représenter devant des organismes publics, créant ainsi une confusion. 

Le rapporteur de l’appel, le juge Fortes Barbosa, a souligné dans son vote que le terme Rangel Pestana ne peut être considéré comme à usage exclusif, car il fait référence à une personnalité historique. Quant au mot loge, « il est utilisé dans la franc-maçonnerie d’une manière tout à fait courante, comme une structure organisée par des assemblées pour les réunions périodiques et les rituels de ses membres ». Pour le juge, « la foi n’est pas un produit et sa propagation, sa diffusion et son culte ne sont pas des services à mettre à disposition sur le marché, ce qui signifie que la pratique d’actes de concurrence en soi n’est pas envisagée ».  Les juges J. B. Franco de Godoi et Cesar Ciampolini constituaient également le jury de première instance. La décision a été unanime.

Reportage pour les 200 ans de la Loge « La Constance » – Suisse

De la chaine suisse rts.ch – Journaliste : Jacques-André Schneider

Le 23 septembre 1998, l’émission d’actualité régionale Tout à l’heure consacre un reportage à l’anniversaire de la loge maçonnique d’Aubonne, « La Constance », qui fête ses 200 ans d’existence.

Jean-Claude Bedert est dentiste et franc-maçon. Il est membre de « La Constance » depuis plus d’une année et témoigne.

Les francs-maçons traînent une réputation tenace d’entraide affairiste, on dit même qu’ils se tiennent comme les barreaux d’une échelle. Cependant Paul Eric Davoine, le président de la loge d’Aubonne, le dit clairement: la franc-maçonnerie n’est pas une société de service ni une secte, elle refuse les dogmes et n’a pas de gourou.

Martín Fierro, José Hernández et la franc-maçonnerie argentine

De notre confrère argentin diariopopular.com.ar – Par Antonio Las Heras

L’un des aspects les moins connus de l’écrivain José Hernández est son appartenance à la franc-maçonnerie, où il a atteint les plus hauts niveaux d’engagement.

Je viens de célébrer la Journée de la Tradition – vendredi dernier -, en hommage à José Rafael Hernández – poète, homme politique, journaliste et soldat argentin -, auteur de Martín Fierro, la plus grande œuvre de la littérature gaucho, à l’occasion de l’anniversaire de sa mort, est un moment propice pour connaître certains aspects peu connus de sa vie et de son œuvre.

« Frères, soyez unis, car telle est la première loi, ayez une véritable union, à tout moment, car s’ils se battent entre eux, ceux du dehors les dévoreront« . Lorsque, enfant, l’enseignante nous faisait mémoriser ces versets, peut-être n’avait-elle même pas conscience de la quantité de lecture symbolique qu’ils contenaient.

«C’est un quatrain que la franc-maçonnerie argentine utilise tel qu’il a été écrit pour eux par leur distingué frère», écrit le journaliste Marcelo O`Connor dans un article de SimboloNet (N* 56, novembre 2006) organe électronique officiel de la Grande Loge d’Argentine des maçons libres et acceptés. Et il ajoute : « Les proverbes soi-disant gauchos de Martín Fierro, selon les analystes littéraires, sont extraits de l’Ancien Testament, des Évangiles, du Coran, de Confucius et de l’Épithète. Hernández était, comme il se doit, un homme de culture universelle. »

De José Hernández (1834/1886), neveu de Juan Martín de Pueyrredón (éminent franc-maçon initié à Cadix, en Espagne) et déjà à Buenos Aires (Aires, membre de la Loge Lautaro), son affiliation maçonnique est très peu connue, sans laquelle, très probablement, Martín Fierro aurait été écrit différemment ou, peut-être, n’aurait jamais vu le jour.

La carrière maçonnique de José Hernández

Hernández a accompli le rituel d’initiation, indispensable pour entrer dans la franc-maçonnerie, le 3 ​​mars 1865 dans la Loge Asilo del Litoral N* 18 (de Paraná, entre Ríos) où après un an il était déjà secrétaire. De ces jours est resté le fragment d’un discours prononcé par le poète dans cette loge : « … prêchant l’égalité, l’harmonie et la concorde ; apprendre aux hommes à défendre la justice, la moralité et les intérêts de la société ; enseigner l’humanité dans la prospérité, la résignation dans le malheur et la persévérance dans les entreprises que la prudence a commencées ; diriger sagement toutes les passions humaines ; En un mot : stimuler les hommes à accomplir tous les devoirs qu’ils ont envers Dieu, envers leurs semblables et envers eux-mêmes. C’est la franc-maçonnerie révélée par ses actes. »

Au milieu de l’année 1867 Hernández participe à la réorganisation de la Logia Constante Unión N* 23 1868/69 en est le Vénérable Maître. Déjà, au sein de la ville de Corrientes, étant élu au poste d’Orateur (dans une loge maçonnique, il appelé à prononcer les meilleurs discours, mais il interprète et administre au mieux les lois et règlements de l’Ordre) et il a été ensuite, pendant plusieurs années, élu premier maillet.

Sautoir 32e degré – Source Nos Colonnes.

Hernández a également travaillé dans le domaine maçonnique dans la ville de Buenos Aires. Le 30 décembre 1879 il était affilié à la Loge d’obéissance à la loi n° 13 à laquelle il a continué à participer jusqu’à sa mort. José Hernández dans sa carrière maçonnique a atteint le 32e degré. Rappelons que le point culminant de ce voyage initiatique (appelé par certains « l’Université de la Franc-maçonnerie ») est le 33ème Degré.

En outre, il a occupé des postes au sein du gouvernement de la Grande Loge de la franc-maçonnerie argentine, le plus notable étant celui de l’époque (ce qui doit être compris en tant que deuxième vice-président .) Grand Premier Gardienau cours de laquelle il fut élu1880/81

Peut-être l’affiliation maçonnique de l’auteur de Martín Fierro peut-elle surprendre, tout comme le fait de savoir qu’il a consacré beaucoup de temps et d’efforts à travailler dans cet Ordre. Mais il faut souligner qu’il n’était pas le seul. Les écrivains et poètes également francs-maçons étaient – ​​par exemple – Hilario Ascasubi, Estanislao del Campo, Eduardo Wilde, Olegario V. Andrade, José Mármol, José María Ramos Mejía, Eugenio Cambaceres, Joaquín V. González, Agustín Alvarez, Leopoldo Lugones, Alejandro Korn, José Ingenieros, Esteban Echeverría, Miguel Cané et Juan J. Garcia Velloso.

Antonio Las Heras est docteur en psychologie sociale, philosophe, historien et écrivain. « La franc-maçonnerie en Argentine : énigme, secret et politique » est son livre le plus récent. www.antoniolasheras.com

A 25 ans, Simon est le nouveau jeune prévôt à Lamothe-Landerron

De notre confrère actu.fr

Simon Demaegdt, 25 ans, est le nouveau prévôt de la Maison des Compagnons du Devoir depuis le 21 août dernier. Rencontre.

« En classe de 3ᵉ, j’ai demandé à faire mon stage d’une semaine avec les Compagnons du Devoir chez un charpentier. Le travail m’a intéressé, se souvient Simon Demaegdt. Puis j’ai laissé mûrir ce projet quelques années ».

C’est ainsi que celui qui est aujourd’hui à la tête de la Maison, à Lamothe-Landerron (Gironde), a fait connaissance avec les Compagnons du Devoir.

De Rouen à Lamothe-Landerron

Après avoir obtenu un bac scientifique, le jeune Simon, originaire de Normandie, entre à 18 ans, en 2016, chez les Compagnons du devoir à Rouen.

Il commence son apprentissage de charpentier dans une entreprise située à côté de leur Maison dans laquelle il devient interne.

De naturel casse-cou, les toitures ne m’ont pas fait peur. Et deux ans après, j’avais mon CAP de charpentier.

Et la vie chez les Compagnons ? 

« Une vie assez dense. On travaille 35h dans l’entreprise et le soir de 20h à 22 h, on suit les cours théoriques, calcul, réglementation… tout comme le samedi. »

Deux ans à Rouen et le Tour de France d’entreprises et de Maison commence.

D’abord à Strasbourg, puis Troyes, Bordeaux, la Guadeloupe et Nantes.

 Le Tour de France est obligatoire tout comme le travail pour devenir prévôt. Mon travail de réception est une tour ronde tronquée, présentée à Nantes, lors d’une cérémonie.

Simon a ensuite fait un passage à Montpellier où il est devenu responsable du corps des métiers de charpentier.

« J’y ai animé les cours du soir à vingt jeunes. Une expérience très enrichissante. Certains, très libres, suggèrent des idées. D’autres attendent d’être guidés. Une expérience de l’enseignement qui m’a plu. »

Mission prévôt

L’évolution professionnelle se passe facilement pour Simon Deamaegdt, rentré chez les Compagnons tout juste cinq ans plus tôt. « C’est alors qu’on m’a proposé d’être prévôt. Et après avoir passé les deux sessions de recrutement, j’ai été nommé à la tête de la Maison de Lamothe-Landerron. On ne choisit pas ».

Voilà donc Simon, dès le 21 août dernier, responsable du site d’un centre de formation, charpentier, maçon, tailleur de pierre pour « trois à quatre ans ».

Trente jeunes y sont internes, avec quarante stagiaires hébergés seulement deux semaines toutes les six semaines. 

Je dois entretenir la maison, conserver ce patrimoine en bon état pour le confort des jeunes. Je suis responsable des jeunes, des salariés, de la formation. Le système d’internat fonctionne avec la bienveillance de chacun, de façon que tous se sentent bien avec des règles élémentaires de savoir-vivre. 

En ce moment, la Maison recrute une maîtresse de maison, un enseignant en mathématiques, en français et en anglais.

À la question « Y a-t-il des stagiaires féminins chez les Compagnons, la réponse est : « Oui, trois filles en métier de bouche, pâtisserie, en formation à Bordeaux. Mais elles ont leur place même en charpente, menuiserie ou maroquinerie ». 

Quel projet personnel ?

« Pour l’instant, c’est encore l’inconnu, mais les toits risquent de me manquer. Peut-être qu’un jour, j’aspirerai à accéder à des postes comme conducteur de travaux. Il faut que j’apprenne le travail administratif. Je suis à la bonne place ici pour cet apprentissage, ici. »

Est-il nécessaire de croire que tous les Francs-maçons sont nos frères ?

Du Blog de la GLIF – Par Gérard Lefèvre

Notre TCF Gérard Lefèvre nous présente des réflexions historiques sur le sentiment de fraternité, en particulier en Franc-maçonnerie, et sur leur actualité. Il écrit :

Ils sont « frères » parce qu’ils s’isolent du monde « profane » (de pro fanum, qui signifie à l’extérieur du temple). Ils se distinguent par des signes de reconnaissance, un vocabulaire distinct et un langage maçonnique authentique. La fraternité serait-elle le véritable « secret » des francs-maçons.

Une société sélective mais … universelle ?

Il est vrai que la franc-maçonnerie est une organisation sélective qui recrute ses membres par cooptation et pratique des rites initiatiques se référant à un secret maçonnique et à l’art de bâtir.

Cependant, il est important de noter que tous ceux qui se disent francs-maçons ne sont pas nécessairement membres d’une même obédience ou partagent les mêmes valeurs.

En effet, la franc-maçonnerie est une organisation très diversifiée qui a connu de nombreuses scissions et dissensions au fil des siècles.

Elle se décrit, suivant les époques, les pays et les formes, comme une « association essentiellement philosophique et philanthropique », comme un « système de morale illustré par des symboles » ou comme un « ordre initiatique ».

Ses membres sont attachés, inébranlablement à ce principe fondamental de la Maçonnerie que tous les Maçons répandus sur la surface de la terre ne forment qu’un seul peuple de Frères.

Auteur de l’une des plus remarquables apologies de l’ordre maçonnique, en 1744, Joseph Uriot, l’affirme clairement : « Lorsque nous sommes rassemblés, nous devenons tous frères ; le reste de l’univers nous est étranger : le prince et le sujet, le gentilhomme et l’artisan, le riche et le pauvre y sont confondus, rien ne les distingue, rien ne les sépare ; la vertu les rend égaux : elle a son trône dans nos loges, nos cœurs sont ses sujets, et nos actions le seul encens qu’elle y reçoive avec complaisance. »

Cette fraternité est bien celle de la clôture du temple, des amis choisis, qui se reconnaissent comme frères.

La fraternité est-elle un vain mot ?

La fraternité est un concept important qui a été mis en avant dans la devise de la République française, “Liberté, Égalité, Fraternité”. Cependant, il est vrai que la fraternité peut être difficile à définir et à mettre en pratique.

Dans un article de la revue Études, Agnès Mannooretonil soutient que la fraternité est souvent mal définie dans le droit et dévitalisée par l’individualisme, ce qui la rend difficile à réaliser.

Cela dit, le pape François a déclaré lors d’une rencontre sur la fraternité humaine que « croire que l’autre est frère, dire à l’autre ‘’Frère’’ n’est pas un vain mot, mais la chose la plus concrète que chacun de nous puisse faire. »

En somme, la fraternité est un concept important qui peut être difficile à réaliser, mais qui reste une valeur fondamentale pour de nombreuses personnes.

La « fraternité » a-t-elle un sens entre hommes et femmes ?

Il est juste que la question de la fraternité s’élargit à la dimension du genre, c’est-à-dire à la possibilité d’une présence féminine en loge.

En effet, l’adelphité est un terme qui regroupe à la fois la fraternité et la sororité (La sororité est un concept féministe qui se développe en réaction à la notion de fraternité), sans dimension ni mention genrée, et désigne la solidarité entre ses semblables, qu’ils soient hommes, femmes ou non binaires.

Ce terme est de plus en plus présent dans certains milieux militants, en particulier les milieux féministes et queers (Personne dont l’orientation ou l’identité sexuelle ne correspond pas aux modèles dominants). Il permet d’exprimer ce que le mot “sibling” exprime en anglais, c’est-à-dire les mots “frère” ou “sœur” ou “frère et sœur”. L’adelphité permet également d’entretenir un sentiment d’appartenance à une même communauté, sans que la binarité (homme ou femme, frère ou sœur) entre en compte.

Logiquement, la question de la fraternité s’élargit alors à la dimension du genre, à savoir la possibilité d’une présence féminine en loge. En d’autres termes, la fraternité peut-elle se conjuguer au féminin ?

Si la loge est une société d’hommes qui se reconnaissent comme frères, quelle place accorder aux « sœurs » même si dans la société environnante, elles sont d’éternelles mineures passantes de l’autorité de leur père à celle de leur mari, selon les textes anciens de la franc-maçonnerie (par référence au Code civil de 1804 qui plaçait les femmes sous l’autorité de leur père, puis de leur mari) ?

La réponse est emblématique de la conception qu’ont eue les francs-maçons de la Fraternité.

Ne pas confondre « fraternité » et amalgame.

Pour Bonneville (Nicolas de Bonneville, né le 13 mars 1760 à Évreux et mort le 9 novembre 1828 à Paris, est un libraire-imprimeur, journaliste, écrivain et franc-maçon français), c’est une évidence car « dans cette Société universelle, la Franc-maçonnerie, on n’ignore pas que tout s’y confond, Juif, Musulman, Anglais, Germain, Espagnol, etc. » soutient-il, « or c’est précisément ce que les francs-maçons ont toujours voulu éviter. »

Tous les Francs-maçons croient-ils que nous sommes tous Frères ?

Leur fraternité est éminemment sélective et leur Art Royal est un art de la distinction : du frère par rapport au profane, des élus par rapport aux frères servants, des citoyens de la République universelle par opposition à ceux qui ne sont pas dignes d’intégrer la chaîne d’union, des hommes de couleur aux blancs, des hommes aux femmes, fussent-ils frères et sœurs… En sortira une conception militante de la fraternité radicalement différente.

Selon Pierre Benoit, la fraternité est une valeur qui doit être vécue et apprise dans tous les temps éducatifs, y compris à l’école. Elle est liée à l’idée de don et commence là où termine l’empathie. Elle ne doit pas être réduite à son aspect affectif, émotionnel, mais doit être comprise comme une relation fraternelle en éducation. Elle est liée à la dignité et au respect, il s’agit d’accueillir l’autre en soi.

Pour François d’Assise, la fraternité n’est pas un don statique, une fin en soi. Elle se nourrit et grandit en se nourrissant de la charité. Et cela apporte toujours la paix.

La Fraternité : une valeur à vivre.

En somme, la fraternité est une valeur qui doit être vécue et apprise dans tous les temps éducatifs, y compris à l’école. Elle ne doit pas être réduite à son aspect affectif, émotionnel, mais doit être comprise comme une relation fraternelle en éducation. Elle est liée à la dignité et au respect, il s’agit d’accueillir l’autre en soi. Toutefois, elle n’est pas une fin en soi, mais plutôt un moyen pour atteindre la paix et la charité.